La douleur – cours 6
Universelle
Complexe
Invisible
Source de détresse
Adaptative
− La douleur chronique affecte près de 20% de la population adulte au Canada )
− La douleur chronique est non soulagée dans plus de 55% de la population des
cas
Fonction
1. FONCTION D’ALARME
Permet de signaler un problème avec un organe interne
2. FONCTION PROTECTRICE
Permet d’éviter des stimuli ou des actions qui causeraient des lésions
Définition de la douleur
La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion
tissulaire réelle ou potentielle, ou à ce qui ressemble à une telle lésion (IASP, 2020).
1. Toujours une expérience personnelle influencée par des facteurs bio-psycho-sociaux
Biologiques (par exemple, le sexe),
psychologiques (par exemple, l’anxiété)
sociaux (par exemple, le statut socio-économique).
2. Ne peut pas être inférée à partir de l’activité de neurones sensoriels.
(Ne peut être mesurée directement)
3. Le concept de douleur est appris par l’expérience personnelle.
4. L’expression d’une expérience de douleur doit être respectée.
5. Peut produire des effets indésirables sur la fonction et le bien-être psychologique et social.
Malgré son rôle adaptatif.
6. L’expression verbale de douleur est seulement une des façons d’exprimer la douleur.
L’impossibilité d’exprimer la douleur n’empêche pas qu’une personne ou un animal puisse
avoir de la douleur.
Composante sensoridiscriminative
Sensation/discrimination de la douleur elle-même
J’ai vraiment mal sur le côté de mon pied.
Composante motivoaffective
Facteurs émotionnels et motivationnels qui modulent la perception de la douleur
J’ai peur de ne pas être capable de travailler.
Composante sensori-discriminative
Se réfère à la dimension qui concerne la sensation et la discrimination de la douleur elle-même. Cette
composante met l'accent sur les aspects perceptifs de la douleur. Points clés de la composante sensori-
discriminative de la douleur : Qualité, intensité et caractéristiques spatio-temporelles (localisation et
durée) de la douleur
Qualité
Nature ou qualité de la douleur ressentie
• Sensation de brûlure / sensation de picotement, / pression/ de douleur lancinante.
• Aide les professionnels à mieux comprendre cause possible.
Intensité
Perception de la gravité ou de l'intensité de la douleur
Légère à sévère
• Échelles de douleur pour évaluer et quantifier une perception subjective.
Combien est votre douleur de 1 à 10
Caractéristiques spatio-temporelles
Localisation
Capacité de localiser la source de la douleur dans le corps.
• Aide au diagnostic de la cause sous-jacente.
• Aide à orienter les interventions thérapeutiques.
Durée
Perception de la durée pendant la douleur ressentie.
Aiguë (de courte durée) ou chronique (persistante).
• Est-ce que vous ressentez une douleur constante ou des élancements?
Après six mois, Catherine rapporte que la douleur est présente tous les jours et qu’elle
est même plus intense qu’avant la chirurgie
Oriente évaluation et traitement
En comprenant la composante sensori-discriminative de la douleur, les professionnels de la santé
peuvent mieux évaluer et traiter les patients souffrant de douleur en tenant compte de ces aspects
perceptifs spécifiques de la sensation douloureuse. Cela peut inclure des interventions visant à réduire
la sensation douloureuse, à améliorer la localisation et à fournir un soulagement adapté à l'intensité et
à la qualité de la douleur ressentie par le patient.
Composante motivo-affective
Désagrément associé à la perception d’une menace pour l’intégrité corporelle qui incite à réagir à la
source de la douleur. Pensées, émotions et comportements
La douleur est plus qu’une sensation physique, influencée par des facteurs émotionnels et
motivationnels qui peuvent moduler la perception de la douleur et les réponses
comportementales qui y sont associées. (Motiver une personne à éviter les activités ou les
situations qui exacerbent la douleur ou à rechercher des moyens de soulager la douleur, comme
prendre des analgésiques ou rechercher des soins médicaux.)
Émotionnelle :
Douleur souvent accompagnée d'émotions (peur, l'anxiété, la frustration, détresse émotionnelle)
et peuvent être déclenchées par la douleur elle-même et ou circonstances entourant la douleur.
Exemple : anticipation de la douleur future, la frustration liée à l'incapacité à soulager la douleur,
la détresse émotionnelle causée par la souffrance persistante.
Motivationnelle :
La douleur peut influencer la motivation et le comportement : Motivation à éviter la douleur et à
rechercher le soulagement peut jouer un rôle crucial dans les choix et les comportements des
individus souffrant de douleur chronique.
Exemple
•Retirer sa main exposée à la chaleur en ressentant la sensation désagréable de douleur.
« Catherine se dit découragée et exprime qu’elle panique lorsqu’elle ressent de nouveau les
sensations associées à sa douleur. »).
Approche holistique : divers facteurs
En comprenant la composante motivo-affective de la douleur, les professionnels de la santé peuvent
adopter une approche plus holistique pour évaluer et traiter la douleur, en tenant compte de la sensation
physique, des facteurs émotionnels et motivationnels qui influencent la perception et les réponses
comportementales qui en découlent. Cela peut inclure des interventions visant à réduire l'anxiété et la
détresse émotionnelle associées à la douleur, ainsi qu'à aider les patients à faire face à la douleur de
manière plus adaptative et fonctionnelle.
Processus physiologique : Comment perçoit-on la douleur?
La stimulation douloureuse déclenche l’activation des récepteurs somatosensoriels périphériques, les
nocicepteurs, pour signaler le problème :
1. Fibres A-delta (réaction rapide, aigue et localisée)
Légèrement myélinisées
2. Fibres C (réaction lente, diffuse et continue)
Type de fibres nerveuses sensorielles non myélinisées
Nociception (récepteurs somatosensoriels périphériques)
• Activation des récepteurs périphériques par des stimuli dommageables pour les tissus, ou qui
deviendraient dommageables s’ils perduraient + traitement de cette information par le système
nerveux.
Les nocicepteurs
Récepteurs sensoriels spécialisés responsables de la détection des stimuli
potentiellement nocifs ou dangereux, tels que la douleur, les températures
extrêmes et les pressions intenses.
Lorsqu'un nocicepteur est activé par un stimulus nocif, il envoie des signaux
électriques le long des nerfs périphériques vers la moelle épinière et le
cerveau, déclenchant ainsi la perception de la douleur et des réponses
réflexes visant à éviter ou à minimiser les dommages.
Les nocicepteurs jouent un rôle essentiel dans le système de défense de
l'organisme en signalant les menaces potentielles à l'intégrité physique.
Douleur vs nociception
Exemple de nociception sans douleur
Le soldat blessé au champ de bataille : analgésie induite par le stress
Exemple de douleur sans nociception
La douleur du membre fantôme : même plusieurs années après une amputation, certains patients
rapportent de la douleur au niveau du membre amputé.
1 Douleur aigue 2 Douleur chronique
Douleur « ordinaire » ou « nociceptive » Au moins 3 mois ou 3X en 3 mois
Temporaire Réponse prolongée et anormale
Facilement traitée Difficilement traitée (traitement multidisciplinaire)
* Douleur chronique récurrente
* Douleur chronique persistante
Théories de la douleur
Premières théories
• Modèles simples de stimulus-réponse
• Douleur = réponse automatique à un stimulus externe
• Il existe une voie directe entre la source de la douleur et une aire cérébrale qui détecte cette
sensation.
Limitation
• Ne peuvent pas expliquer la variabilité inter-individuelle dans l’expérience de la douleur
Expérience de Beecher, effet placebo (1956)
• Ne prend pas en compte les facteurs psychologiques dans l’expérience de la douleur
L'expérience de Beecher menée en 1956 est souvent citée comme une
étude classique dans le domaine de la douleur et de la perception de la
douleur. Cette étude a été menée par le Dr Henry Beecher, un anesthésiste
américain renommé.
Dans cette étude, Beecher a examiné les effets de l'analgésie sur la
perception de la douleur chez des soldats blessés pendant la Seconde
Guerre mondiale. Il a observé que même lorsque les soldats étaient
gravement blessés, certains d'entre eux semblaient ressentir moins de
douleur que ce que l'on aurait pu s'attendre à voir en se basant uniquement
sur la gravité de leurs blessures. Beecher a noté que certains soldats
semblaient tolérer la douleur de manière surprenante, parfois même en
l'absence d'analgésiques puissants.
Cette observation a conduit Beecher à formuler l'hypothèse de l'existence
d'un phénomène qu'il a appelé "l'effet placebo". Selon cette hypothèse,
l'attente de soulagement de la douleur, même en l'absence réelle
d'analgésiques puissants, pouvait induire une réduction de la perception de
la douleur. Il a suggéré que des facteurs psychologiques et émotionnels,
tels que la confiance dans le traitement médical et la relation avec le
personnel médical, pouvaient jouer un rôle important dans la façon dont les
patients perçoivent la douleur.
L'étude de Beecher a eu un impact significatif sur la compréhension de la
douleur et de la manière dont elle est perçue et traitée. Elle a mis en lumière
l'importance des aspects psychologiques et contextuels dans l'expérience
de la douleur, et elle a contribué à l'introduction du concept d'effet placebo
dans la recherche médicale.
La théorie du portillon
Ronald Melzack
• Le circuit neuronal de douleur n’est pas un « one-way »
• Un « portillon » situé dans la moelle épinière ouvert ou fermé à différents degrés module
l’expérience de douleur détectée par le cerveau.
Trois sources d’infos
1. L’activité des nocicepteurs tend à OUVRIR la porte. (stimuli nocif détecté)
2. L’activité des fibres périphériques tend à FERMER la porte. (Réponse-Reflexe)
3. Les influences centrales descendantes du cerveau des circuits efférents
peuvent OUVRIR ou FERMER la porte.
Influences descendantes du cerveau
QUI OUVRENT LA PORTE QUI FERMENT LA PORTE
• anxiété, inquiétudes, tension • émotions positives
• dépression • relaxation
• focus sur la douleur • repos
• ennui, désœuvrement • concentration ou distraction
• engagement dans des activités significatives
Mesure : Comment mesurer la douleur?
1. Expérience subjective
2. Mesurer les deux dimensions
Sensoridiscriminative: décrire la douleur elle-même
Motivoaffective: déterminer à quel point la douleur est dérangeante
Différentes stratégies
1. Mesures auto-rapportées
2. Par observation (par ex., réflexes, comportements)
3. Mesures psychophysiologiques (rythme respiratoire, température de la peau, etc.)
4. Imagerie cérébrale
Seuil
Évaluer la sensibilité à la douleur - d'un individu à un moment donné - comprendre les variations
individuelles dans la perception de la douleur.
• Seuil de Perception: plus faible intensité perceptible
niveau le plus bas de stimulation nécessaire pour qu'une personne commence à ressentir une
sensation douloureuse.
• Seuil de douleur: plus faible expérience de douleur
le point où un stimulus est perçu comme douloureux
• Seuil de tolérance: plus importante expérience de douleur qu’une personne est prête à tolérer
1) Mesure par évaluation auto-rapportées.
A. Échelles analogiques, numériques, catégorielles
B. Journal de bord
C. Questionnaires
Melzack ou Mc Gill questionnaire: description verbale, intensité, patron douleur
D. Aspects cognitifs (Pain beliefs and Perceptions Inventory): croyances associées
Outils utilisés pour évaluer la douleur en demandant directement aux individus de décrire leur propre
expérience douloureuse. Ces mesures reposent sur les rapports subjectifs des patients concernant
l'intensité, la localisation, la qualité et d'autres caractéristiques de leur douleur. Permettent aux patients
de jouer un rôle actif dans l'évaluation et le traitement de leur douleur, ce qui favorise une approche de
soins centrée sur le patient
A) Échelles analogiques, numériques, catégorielles
Échelles analogiques
Ligne avec des extrémités marquées "pas de douleur" et "douleur maximale imaginable".
Les patients indiquent où se situe leur douleur sur cette échelle en traçant une marque.
Échelles numériques 0-10
Évaluer leur douleur sur une échelle numérique généralement de 0 à 10
0 représente l'absence de douleur / 10 représente pire douleur imaginable.
Échelles catégorielles
Échelles visuelles pour utilisation auprès d’enfants : Série de visages exprimant différentes
intensités de douleur, du visage souriant (pour l'absence de douleur) au visage très anguished
(pour une douleur sévère).
B) Journal de bord
Permet d’obtenir une meilleure compréhension de sa douleur et des déclencheurs pouvant aider à
mieux la gérer et à améliorer sa qualité de vie.
− Intensité sur une échelle
− Localisation sur votre corps.
− Facteurs déclenchants ou aggravants (par exemple, activités spécifiques, stress, fatigue, etc.).
− Stratégies adaptation/traitements utilisé + efficacité.
− Émotions / état d'esprit au moment de ressentir la douleur.
C) Questionnaire
Questionnaires auto-administrés demandent de répondre à des questions sur leur douleur : intensité,
durée, localisation et son impact sur leur fonctionnement quotidien.
L’expérimentation avec le Questionnaire de
Melzack (MPQ) description verbale, intensité,
patron douleur
Utilisation pour évaluer et quantifier la douleur chez
les participants dans le cadre d'études cliniques et
de recherche. Compréhension + approfondie de la
douleur : aspects sensoriels et affectifs
Interprétés pour tirer des conclusions sur la nature et
l'intensité de la douleur, comprendre la douleur dans
différents contextes cliniques, identifier les facteurs
qui influent sur la perception de la douleur et à
guider le développement de stratégies de gestion de
la douleur.
2) Mesure par Observation
Réflexe nociceptif de flexion
Observation des comportements douloureux
• En réponse au stimulus nociceptif, le système nerveux
déclenche un réflexe de flexion, entraînant le retrait rapide
de la partie du corps exposée au stimulus.
• Observation de la vitesse et l'ampleur de la réponse de
flexion, ainsi que d'autres réactions associées, grimaces,
expressions de douleur.
• Ces observations peuvent fournir des informations sur le
fonctionnement du système nociceptif et la sensibilité
individuelle à la douleur.
3) Mesure par Imagerie cérébrale
• L'imagerie cérébrale souvent utilisée étudier les processus neurologiques associés à la
perception de la douleur.
• Enregistre l'activité électrique du cerveau utilisé pour étudier les changements dans les ondes
cérébrales associées à la douleur et à son traitement.
4) Mesures psychophysiologiques
• (Rythme respiratoire, température de la peau, etc.)
Traitement de la douleur
Douleur Aiguë
− Anesthésie: Abolition complète de la sensation (par exemple, pour une chirurgie)
− Analgésie: Réduction ou disparition de la douleur suite à une stimulation normalement
douloureuse (exemple morphine)
Douleur chronique
La thérapie cognitivo-comportementale
− Parmi les approches psychologiques, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est le modèle mieux
validé sur le plan scientifique dans la prise en charge de la douleur, fondé sur les principes
d’[Link] auteurs regroupent l’histoire de la TCC en trois grands paradigmes ou vagues
(Dionne et Neveu, 2010; Fishman, Rego, & Muller, 2011; Hayes, 2004; O’Donohue, 2009).
La thérapie cognitive
Dramatisation de la douleur
Se définit comme un état mental ou une perception amplifiée de ses symptômes douloureux.
Amplification, impuissance, rumination « C’est atroce: je n’irai jamais mieux »
Dramatisation est associée à :
1) Niveau élevé
De douleur
De comportements douloureux
D’incapacité et la qualité de vie est faible.
2) L’utilisation des services de santé et de durée de l’hospitalisation
3) L’augmentation de la médication analgésique.
Interventions cognitives
1) La restructuration cognitive
2) La distraction
3) La résolution de problème
Thérapie ACT
(Acceptance and commitment therapy, ACT à prononcer comme « acte »)
La thérapie d’acceptation et d’engagement constitue une approche prédominante dans les thérapies
de troisième vague. Steven Hayes, Ph.D. -Kirk Strosahl, Ph.D. - Kelly Wilson, Ph.D.
ACCEPTER EST BÉNÉFIQUE POUR LA SANTÉ PHYSIQUE ET MENTALE
↑ qualité de vie ↓ intensité de la douleur
↑ santé mentale ↓ incapacité physique
↑ fonctionnement cognitif ↓ anxiété reliée à la douleur
↑ emploi ↓ dépression
↓ visites chez le médecin
↓ analgésiques
ÉTUDES DE CHEZ NOUS
Projet pilote (article à lire, Pichette-Leclerc, S., Dionne, F., & Pinard, A-M., 2017)
Limites?
Intervention ACT bibliothérapie (2 mois)
La douleur est-elle produite par le corps ou par le cerveau?
Douleur produite par cerveau 100% du temps
Aigue Tissus endommagé, blessure au dos
Encourager à rester actif
Chronique : lésions tissues pas au cœur du problème
Touche 1 individu sur 5
Cerveau produit constamment de la douleur : tissus corporels guérit
Douleur continue d’être produite par le cerveau : moins en lien avec changement structurelle à
l’intérieur du corps
: plus en rapport avec la sensibilité du système nerveux centrale
Rééducation du cerveau (SNC)
Examiner toutes les choses affectant système nerveux contribuant à la douleur
Observer douleur chronique point vue plus générale
1) Médication
2) Chirurgie
3) Pensée, croyances (influx nerveux du cerveau)
Émotion, Humeur, niveau de stress sur système nerveux
4) Hygiène de vie
Alimentation : tabagiste, alcool
5) Sens plus profond de la douleur
Émotion associé
6) Activité physique et mouvement
Douleur provient du cerveau et peut être reprogrammé
Bilan : échelle globale de l’individu
Plus facile à traiter
Objectif
Action
Nociception :
• La nociception est le processus physiologique par lequel les stimuli nocifs sont détectés par les
terminaisons nerveuses périphériques, transmis par le système nerveux périphérique jusqu'au
système nerveux central.
• Les stimuli nocifs peuvent être thermiques, mécaniques ou chimiques, et ils activent les
nocicepteurs, qui sont des récepteurs sensoriels spécialisés pour détecter les dommages
potentiels ou réels aux tissus du corps.
• La nociception est un processus essentiel qui permet au corps de détecter les blessures et d'y
réagir pour minimiser les dommages.
Douleur :
• La douleur est une expérience subjective et multidimensionnelle associée à des stimuli nocifs.
C'est un processus complexe qui implique à la fois des composantes sensorielles (la sensation
de douleur elle-même) et des composantes émotionnelles et cognitives (telles que la perception
de l'intensité de la douleur, la souffrance émotionnelle associée et la réponse comportementale).
• La douleur peut être influencée par des facteurs psychologiques, émotionnels, sociaux et
environnementaux, en plus des signaux de nociception eux-mêmes.
• Ainsi, bien que la nociception soit nécessaire à la perception de la douleur, la douleur dépasse
largement la simple détection des stimuli nocifs et implique des processus complexes de
traitement et d'intégration dans le cerveau.
BREF : la nociception est le processus physiologique de détection des stimuli nocifs, tandis que la
douleur est l'expérience subjective résultant de la perception et du traitement de ces stimuli nocifs par
le cerveau.
La théorie du portillon,
développée par Ronald Melzack et Patrick Wall dans les années 1960, est une théorie importante
dans le domaine de la douleur et de la physiologie de la douleur. Cette théorie a été proposée pour
expliquer comment la douleur est transmise et modulée dans le système nerveux.
• Selon la théorie du portillon, la douleur est modulée par des mécanismes de contrôle situés
dans la moelle épinière. L'idée centrale est que la transmission de l'information douloureuse
peut être facilitée ou inhibée par des signaux qui entrent dans la moelle épinière.
• Voici les principaux éléments de la théorie du portillon :
• Nocicepteurs : Les stimuli nocifs activent les nocicepteurs, des récepteurs sensoriels
spécialisés qui détectent les dommages aux tissus.
• Fibres de la douleur (A-delta et C) : Les signaux de douleur sont transmis par les fibres
nerveuses A-delta et C vers la moelle épinière.
• Interneurones inhibiteurs : Dans la moelle épinière, des interneurones inhibiteurs agissent
comme un "portillon" pour contrôler la transmission des signaux de douleur vers le cerveau.
Lorsque ces interneurones inhibiteurs sont activés, ils bloquent la transmission des signaux de
douleur, ce qui entraîne une réduction de la perception de la douleur. En revanche, lorsque
ces interneurones inhibiteurs sont inhibés, le "portillon" s'ouvre et la transmission des signaux
de douleur est facilitée, entraînant une augmentation de la perception de la douleur.
• Signaux de modulation : Les signaux de modulation provenant du cerveau et d'autres parties
du système nerveux peuvent influencer l'activité des interneurones inhibiteurs, modulant ainsi
la transmission des signaux de douleur.
• En résumé, la théorie du portillon propose que la perception de la douleur soit modulée par
des mécanismes de contrôle dans la moelle épinière, où les signaux de douleur peuvent être
inhibés ou facilités en fonction de l'activité des interneurones inhibiteurs. Cette théorie a
contribué de manière significative à la compréhension de la physiologie de la douleur et a
fourni une base pour le développement de nouvelles approches de gestion de la douleur.
La thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT), développée dans les années 1980 par Steven C.
Hayes et ses collègues, est une forme de thérapie cognitivo-comportementale (TCC)
Se concentre sur l'acceptation de ce qui est hors de contrôle et l'engagement dans des actions qui sont
alignées avec les valeurs personnelles.
Vise à aider les individus à vivre une vie riche, pleine de sens et en accord avec leurs valeurs, même
en présence de douleur, de souffrance ou de difficultés.
Voici quelques principes clés de la thérapie d'acceptation et d'engagement :
Acceptation : L'ACT encourage les individus à adopter une attitude d'acceptation envers leurs
pensées, émotions et sensations corporelles, y compris la douleur. Plutôt que de lutter contre ou de
chercher à éliminer ces expériences, l'ACT propose d'apprendre à les accueillir pleinement, sans
jugement.
Prise (pleine) de conscience : L'ACT met l'accent sur la prise de conscience de l'instant présent, en
observant et en s'engageant pleinement dans l'expérience actuelle. La pleine conscience est utilisée
pour aider les individus à se reconnecter avec leurs valeurs et à agir de manière alignée avec celles-
ci.
Défusion cognitive : La défusion cognitive consiste à prendre du recul sur ces pensées et à les voir
pour ce qu'elles sont : des événements mentaux temporaires. – Ne pas les considérer comme des
faits ou des ordres à suivre.
Permet de réduire l'impact négatif de leurs pensées sur leur comportement.
Clarification des valeurs : encourage les individus à identifier leurs valeurs personnelles
fondamentales - ce qui est vraiment important pour eux dans la vie et prendre des mesures alignées
avec ces valeurs, même en présence de douleur ou de difficulté.
Engagement dans l’action : encourage les individus à s’engager activement dans des actions qui
sont en accord avec leurs valeurs, même si cela peut être difficile ou inconfortable. L’accent est mis
sur le fait de vivre une vie pleine et significative, plutôt que de chercher à éviter la douleur ou l’inconfort.
En résumé, la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT) propose une approche holistique et axée
sur les valeurs pour aider les individus à faire face à la douleur, à la souffrance et aux difficultés de la
vie quotidienne, en cultivant l'acceptation, la pleine conscience et l'engagement dans des actions
alignées avec leurs valeurs personnelles.
TROIS GRANDS PARADIGMES TCC
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) a évolué au fil du temps en trois grands paradigmes ou
vagues, chacun caractérisé par des avancées théoriques et méthodologiques significatives. Voici un
aperçu de ces trois vagues :
Première vague : La première vague de la TCC s'est développée dans les années 1950 et 1960. Elle
était principalement axée sur le comportement et s'inspirait des travaux du psychologue américain
Burrhus Frederic Skinner et de la théorie du conditionnement opérant. Les interventions de la première
vague étaient centrées sur la modification des comportements observables et étaient souvent basées
sur des techniques telles que la désensibilisation systématique, la modification des contingences de
renforcement et la thérapie d'exposition.
Deuxième vague : La deuxième vague de la TCC a émergé dans les années 1970 et a apporté un
élargissement de la portée théorique et pratique de la thérapie. Cette vague a introduit une attention
accrue sur les processus cognitifs, en reconnaissant l'importance des pensées et des croyances dans
l'expérience et la régulation des émotions. Des théoriciens tels que Aaron Beck (avec la thérapie
cognitivo-comportementale) et Albert Ellis (avec la thérapie rationnelle-émotive comportementale) ont
joué un rôle majeur dans cette évolution. La deuxième vague a introduit des techniques telles que la
restructuration cognitive, qui visait à identifier et à modifier les schémas de pensée dysfonctionnels
associés à la détresse émotionnelle.
Troisième vague : La troisième vague de la TCC a émergé dans les années 1990 et a continué d'élargir
la portée de la thérapie en intégrant des perspectives issues de la psychologie clinique, du
développement personnel et des approches orientées vers la pleine conscience. La troisième vague
reconnaît l'importance de l'acceptation, de la pleine conscience et de l'engagement dans l'action en
tant que composantes clés du changement thérapeutique. Des approches telles que l'ACT (thérapie
d'acceptation et d'engagement), la thérapie des schémas, la thérapie comportementale dialectique
(TCD) et la thérapie d'activation comportementale sont représentatives de cette vague.
En résumé, l'histoire de la TCC peut être conceptualisée en trois grandes vagues, chacune
représentant une évolution significative dans la compréhension et la pratique de la thérapie, de l'accent
initial sur le comportement observable à l'intégration des processus cognitifs et émotionnels et à
l'adoption de perspectives plus holistiques et contextualisées dans la troisième vague.