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Théorème des nombres premiers et fonctions zêta

Le document traite du théorème des nombres premiers, établissant que pour x tendant vers l'infini, le nombre de nombres premiers π(x) est asymptotiquement équivalent à x/log(x). Il présente une série de 7 lemmes et des démonstrations associées, notamment la fonction zêta de Riemann et ses propriétés. L'objectif est de démontrer la distribution des nombres premiers à travers des outils analytiques et des résultats de convergence.

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Théorème des nombres premiers et fonctions zêta

Le document traite du théorème des nombres premiers, établissant que pour x tendant vers l'infini, le nombre de nombres premiers π(x) est asymptotiquement équivalent à x/log(x). Il présente une série de 7 lemmes et des démonstrations associées, notamment la fonction zêta de Riemann et ses propriétés. L'objectif est de démontrer la distribution des nombres premiers à travers des outils analytiques et des résultats de convergence.

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Théorème des nombres premiers

François DE M ARÇAY
Département de Mathématiques d’Orsay
Université Paris-Saclay, France

1. Introduction
On note :
P := 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, . . .


l’ensemble des nombres entiers positifs premiers. Pour x > 1 réel, soit :
π(x) := Card p ∈ P : 1 6 p 6 x .


L’objectif de ce chapitre est d’établir le


Théorème 1.1. [des nombres premiers] Asymptotiquement lorsque x −→ ∞ :
x
π(x) ∼ .
log x
La démonstration s’organise en une série de 7 lemmes ‘capitaux’, accompagnés d’un
théorème de type ‘taubérien’ dû à D.J. Newman, montrant qu’une certaine intégrale dépen-
dant d’un paramètre réel 0 6 T < ∞ a une limite quand T −→ ∞.
Convention 1.2. La lettre p désignera toujours un nombre premier.

2. Sept lemmes capitaux


Les 7 lemmes dévoilent progressivement des propriétés de 3 fonctions, la fonction zêta
de Riemann :

X 1
ζ(s) := ,
n=1
ns
holomorphe en s ∈ C avec Re s > 1, puis la fonction dérivée :
 
d X 1
Φ(s) := −
ds p∈P ps
X log p
= s
,
p∈P
p

elle aussi holomorphe dans {Re s > 1}, et enfin la fonction, positive et croissante par sauts,
d’un réel x > 1 : X
ϑ(x) := log p.
p∈P
p6x
1
2 François DE M ARÇAY, Département de Mathématiques d’Orsay, Université Paris-Saclay, France

En effet, on se convainc aisément (exercice de révision) que les séries définissant ζ(s)
et Φ(s) sont normalement, donc uniformément, convergentes sur les demi-plans fermés
{Re s > 1 + δ}, quel que soit δ > 0, d’où leur holomorphie.
Lemme 2.1. [Euler] Pour Re s > 1, on a la formule de produit d’Euler :
Y 1
ζ(s) = 1 .
p∈P
1 − ps

Démonstration. La factorisation unique des entiers n > 1, et la convergence justifient le


calcul formel :
X 1 Y X 1 
ζ(s) = s =
r2 ,r3 ,r5 ,···>0
2r2 3r3 5r5 · · · p∈P r>0
prs
Y 1
= 1 ,
p∈P
1 − p s

les détails étant laissés au lecteur — qui n’a pas l’interdiction de s’aider du fait que ces
détails ont déjà été fournis dans un chapitre qui précède ! 
P∞ 1
En s = 1, il y a divergence de ζ(1) = n=1 n = ∞, mais après soustraction d’un pôle
simple :
1
Lemme 2.2. La fonction ζ(s) − s−1
se prolonge holomorphiquement à {Re s > 0}.
Démonstration. En effet, avec Re s > 1, il apparaît dans la différence une série :
∞ Z ∞ ∞ Z n+1  
1 X 1 1 X 1 1
ζ(s) − = s
− s
dx = dx s
− s
s−1 n=1
n 1 x n=1 | n n x
{z }
=: an (s)

de fonctions holomorphes qui sont majorables grâce à l’inégalité de la moyenne :


Z n+1 Z x
s du s
an (s) = dx s+1
6 1 · max s+1
n n u n6u6n+1 u

|s|
= 1+Re s ,
n
ce qui montre la convergence uniforme sur {Re s > 0} vers une fonction-limite holo-
morphe. 
Lemme 2.3. Il existe une constante universelle C < ∞ telle que, pour tout x > 1 :
X
(0 6) ϑ(x) = log p 6 C x.
p∈P
p6x

Démonstration. Pour n > 1 entier, il est clair que :


       
n
2n 2n 2n 2n 2n Y
4 = 1+1 = + ··· + + ··· + > > p
0 n 2n n n<p62n

= eϑ(2n)−ϑ(n) ,
(n+1)···(n+n)
puisque les nombres premiers n < p 6 2n au numérateur de 1···n
ne peuvent être
effacés par le dénominateur.
2. Sept lemmes capitaux 3

Ainsi :
n log 4 > ϑ(2n) − ϑ(n).
Or une sommation téléscopique :
ϑ 2k+1 − ϑ(2k ) 6 2k log 4,


······················ · ·
ϑ(4) − ϑ(2) 6 21 log 4,
ϑ(2) − ϑ(1)◦ 6 20 log 4,
donne :
ϑ 2k+1 6 2k+1 log 4,


et comme pour tout x > 1 réel, il existe un unique entier kx > 1 encadrant :
2kx 6 x < 2kx +1 ,
il vient par croissance de ϑ :
ϑ(x) 6 ϑ 2kx +1 6 2kx 2 log 4 6 x 4 log 2.


−1
La formule d’Euler ζ(s) = p 1 − p1s
Q
garantit, grâce aux propriétés générales
des produits infinis convergents de fonctions holomorphes, que ζ(s) 6= 0, quel que soit
Re s > 1. L’énoncé suivant est un point-clé.
Lemme 2.4. Hors du pôle {s = 1}, la fonction ζ, holomorphe dans {Re s > 0}\{1}, ne
s’annule jamais sur {Re s = 1} :

ζ 1 + it 6= 0 (∀ t ∈ R∗ ).

Rappelons que :
X log p
Φ(s) := (Re s > 1).
p∈P
ps
Q
Démonstration. Pour Re s > 1, une dérivée logarithmique du produit ζ(s) = p∈P (1 −
p−s )−1 donne :
ζ 0 (s) X
−s log p
0 X p−s log p
− = log 1 − e =
ζ(s) p∈P p∈P
1 − p−s
X log p
(2.5) = Φ(s) + .
p∈P
ps (ps− 1)

Pour tout c > 12 , cette dernière somme converge normalement-uniformément sur {Re s >
c}, donc définit une fonction-reste holomorphe dans {Re s > 12 }.
Dans l’éventualité où ζ(s) a un zéro en un point s0 = 1 + it0 avec t0 6= 0 :
ζ(s) = (s − s0 )µ0 η(s),
avec µ0 > 1 entier, et avec η(s) holomorphe au voisinage de s0 satisfaisant η(s0 ) 6= 0, il
vient :
ζ 0 (s) µ0
− = − + reste holomorphe (s ∼ s0 ).
ζ(s) s − s0
4 François DE M ARÇAY, Département de Mathématiques d’Orsay, Université Paris-Saclay, France

Par conséquent, Φ(s) se prolonge méromorphiquement à un voisinage ouvert de {Re s >


1}, avec des pôles d’ordre 1 en tous les zéros de ζ sur {Re s = 1}\{1}, et aussi un pôle
0 (s)
1
d’ordre 1 en s = 1, puisque ζ(s) ∼ s−1 , d’où − ζζ(s) 1
∼ s−1 .

C Im s

1 + 2it0

1 + it0

Re s
0 1 1
2

1 − it0

1 − 2it0

Pour aboutir à une contradiction, un raisonnement particulièrement astucieux consiste à


regarder aussi le point 1 + 2it0 , en lequel ζ a un certain ordre d’annulation ν0 > 0.
Puisque la relation ζ(s) = ζ(s), valable pour Re s > 1, est héritée par continuité via
le Lemme 2.2 sur la droite épointée {Re s = 1}\{1}, la fonction ζ a les mêmes ordres
d’annulation en 1 + it et en 1 − it, quel que soit t 6= 0. Ainsi :
 ζ 0 (1 + ε)   ζ 0 (1 + ε ± it ) 
0
1 = lim ε − , − µ0 = lim ε − ,
ε&0 ζ(1 + ε) ε&0 ζ(1 + ε ± it0 )
 ζ 0 (1 + ε ± 2it ) 
0
− ν0 = lim ε − ,
ε&0 ζ(1 + ε ± 2it0 )
d’où par holomorphie du reste dans (2.5) :

1 = lim ε Φ(1 + ε), − µ0 = lim ε Φ 1 + ε ± it0 ,
ε&0 ε&0

− ν0 = lim ε Φ 1 + ε ± 2it0 .
ε&0

Le point-clé de l’astuce est alors la reconstitution algébrique d’une puissance quatrième


positive :
X  4   X  4  X log p
Φ 1 + ε + ilt0 =
−26l62
2 + l −26l62
2 + l p∈P p1+ε+ilt0
X log p X  4   1 l+2  1 −l+2
=
p∈P
p1+ε −26l62 2 + l pit0 /2 p−it0 /2
X log p  4
it0 /2 −it0 /2
= p + p
p∈P
p1+ε
> 0,
car en appliquant alors lim (·) à cette inégalité :
ε&0

− ν0 − 4 µ0 + 6 − 4 µ0 − ν0 > 0,
2. Sept lemmes capitaux 5

on déduit que µ0 = 0 nécessairement (exercice visuel). En définitive, ζ(1 + it) 6= 0 pour


tout t ∈ R∗ . 

Maintenant, récrivons (2.5) sous la forme :


ζ 0 (s)
Φ(s) = − − R(s),
ζ(s)
avec une fonction-reste R(s) qui est holomorphe dans Re s > 21 . Nous venons de dé-

0 (s)
montrer que ζ(s) 6= 0 dans Re s > 1 {1}, et donc − ζζ(s)
 
puis Φ(s) sont holomorphes
 
au voisinage de tout point appartenant à Re s > 1 {1}.
0 (s)
Mais comme ζ(s) ∼ s−1 1
pour s ∼ 1, d’où − ζζ(s) ∼ s−11
pour s ∼ 1, en soustrayant
cette partie singulière, on élimine la singularité en s = 1 et on obtient une fonction qui est
aussi holomorphe au voisinage de s = 1.

C Im s

Dδ(t) (1+i t)

Dη (1)
Re s
0 1 1
2

Dδ(t) (1+i t)

Lemme 2.6. La fonction :


1 ζ 0 (s) 1 X log p
Φ(s) − = − − −
s−1 ζ(s) s − 1 p∈P p (ps − 1)
s

est holomorphe dans un certain voisinage ouvert :


Ω ⊃ {Re s > 1}.
0
Démonstration. Comme on a éliminé la partie singulière de − ζζ(s) (s)
, il existe un rayon η >
0 tel que cette
 fonction est holomorphe dans Dη (1). Comme ζ(s) n’a aucun  zéro dans
Re s > 1 {1}, et comme la fonction-reste R(s) est holomorphe dans Re s > 21 ,
pour tout nombre 1 + i t avec t ∈ R∗ , il existe un rayon δ(t) > 0 tel que Φ(s) − s−1 1
est

holomorphe dans le disque ouvert Dδ(t) 1 + i t . Alors la fonction incriminée est bel et bien
holomorphe dans l’ouvert :
 [ 
Ω := Re s > 1 ∪ Dη (1) Dδ(t) 1 + i t
t∈R∗

⊃ Re s > 1 . 
6 François DE M ARÇAY, Département de Mathématiques d’Orsay, Université Paris-Saclay, France

Avant
∞ de poursuivre, faisons remarquer qu’il est tout à fait possible qu’il existe une suite
ρn n=1 de zéros de ζ(s) avec :
<
Im ρn −→ ±∞ tandis que Re ρn −→ 1,
n→∞ n→∞

ce qui force alors ∂Ω à devenir de plus en plus « plaqué » contre Re s = 1 quand |t| −→
0 (s)
∞, car − ζζ(s) n’est pas holomorphe au voisinage de tout ρ ∈ C en lequel ζ(ρ) = 0.
En vérité, la région la plus grande contenue dans Re s > 12 où on sait actuellement

démontrer que ζ(s) n’a aucun zéro est de la forme :
C
σ > 1−  23 1 ,
log |t| log log |t| 3
pour |t| > t∗, où C > 0 est une constante, et une région de cette forme « épouse » asymp-
totiquement Re s > 1 lorsque |t| −→ ∞.
En résumé, dès que ζ(s0 ) = 0 possède un zéro de partie réelle 0 < Re s0 < 1 éventuelle-
0 (s)
ment très proche de 1, la fonction − ζζ(s) possède un pôle en s = s0 , donc les raisonnements
précédents ne produisent aucun contrôle explicite sur le voisinage ouvert Ω ⊃ {Re s > 1}
1
dans lequel le Lemme 2.6 affirme que Φ(s) − s−1 est holomorphe. Autrement dit, quel que
−3 −5 −137
soit ε = 10 , 10 , 10 , . . . , personne sur Terre n’est jamais parvenu jusqu’à présent à
démontrer que ζ(s) n’a aucun zéro dans un demi-plan ε-décalé Re s > 1 − ε , bien que
ceci semble a priori moins difficile qu’établir l’Hypothèse de Riemann, d’après laquelle
tous les zéros de ζ(s) dans
1
la bande critique 0 < Re s < 1 devraient être situés sur la
droite médiane Re s = 2 .
Mais reprenons le cours de nos raisonnements en direction du théorème des nombres
premiers.
Lemme 2.7. L’intégrale :
Z ∞ T
ϑ(x) − x ϑ(x) − x
Z
dx = lim dx
1 x2 T →∞
1 x2
converge.
Démonstration. Pour Re s > 1, une intégration par parties dans l’intégrale de Riemann-
Stieltjes donne :
X log p Z ∞
dϑ(x)
Φ(s) = =
p∈P
ps 1 xs
 ∞ Z ∞
ϑ(x) ϑ(x)
[Lemme 2.3] = s
+s dx
x 1 1 xs+1
Z ∞◦
e−st ϑ et dt.

[x = et ] = 0+s
0
Introduisons la fonction :
ϑ(et )
−1
f (t) := (t ∈ R+ ),
et
discontinue sur un ensemble de mesure nulle puisque ϑ(et ) est constante par morceaux,
donc localement (Riemann-)intégrable, et bornée en vertu du Lemme 2.3 :
f ∈ L1loc (R+ ) ∩ L∞ (R+ ).
2. Sept lemmes capitaux 7

Introduisons aussi, pour Re z > 0 :


Φ(z + 1) 1
g(z) := − .
z+1 z
Le Lemme 2.6 garantit que g se prolonge holomorphiquement à un voisinage ouvert dans
C de {Re z > 0}. De plus, un calcul simple fait voir, pour Re z > 0, que :
Z ∞ Z ∞
Φ(z + 1) 1 − (z+1) t t
e−zt dt

g(z) = − = e ϑ e dt −
z+1 z
Z0 ∞  
0

ϑ et e−t − 1 e−zt dt

=
Z0 ∞
= f (t) e−zt dt.
0
Ainsi, toutes les hypothèses du théorème suivant, dont la démonstration est repoussée à une
section ultérieure, sont vérifiées.
Théorème 2.8. Sur [0, ∞[, soit f ∈ L1loc (R+ ) ∩ L∞ (R+ ). Si la fonction :
Z ∞
g(z) := f (t) e−zt dt,
0

holomorphe dans {Re z > 0}, se prolonge holomorphiquement


RT à un voisinage ouvert dans
C du demi-plan fermé {Re z > 0}, alors limT→∞ 0 f (t) dt existe et vaut :
Z ∞
g(0) = f (t) dt.
0

On conclut alors bien que l’intégrale :


Z ∞ Z ∞ 
ϑ et e−t − 1 dt

g(0) = f (t) dt =
0
Z0 ∞
ϑ(x) − x
= dx.
1 x2
existe. 
Le septième et dernier lemme capital précise ce que cachait la constante C du
Lemme 2.3.
Lemme 2.9. Asymptotiquement quand x −→ ∞, on a :
ϑ(x) ∼ x.
Démonstration. Supposons par l’absurde que pour un λ > 1, il existe une suite (xn )∞n=1
avec xn −→ ∞ telle que :
ϑ(xn ) > λ xn (∀ n > 1).

Comme ϑ croît, pour tout t > xn , on a ϑ(t) > ϑ(xn ) > λ xn , ce qui conduit à un jeu
contradictoire d’inégalités :
Z λ xn Z λ xn Z λ
ϑ(t) − t λ xn − t λ−u
0 ←− 2
dt > 2
dt = 2
du > 0.
∞←n
| {z } x n
t x n
t 1 u
Lemme 2.7
8 François DE M ARÇAY, Département de Mathématiques d’Orsay, Université Paris-Saclay, France

De manière similaire, si pour un λ < 1, avec xn −→ ∞, on avait ϑ(xn ) 6 λ xn quel que


soit n > 1, d’où ϑ(t) 6 ϑ(xn ) 6 λ xn pour t 6 xn , ceci impliquerait aussi contradiction :
Z xn Z xn Z 1
ϑ(t) − t λ xn − t λ−u
0 ←− 2
dt 6 2
dt = 2
du < 0. 
∞←n
| {z } λ x n
t λ x n
t λ u
Lemme 2.7

Fin de la démonstration du Théorème 1.1. En partant de l’inégalité (non fine) :


X X
ϑ(x) = log p 6 log x = π(x) log x,
p∈P p∈P
p6x p6x

il vient premièrement grâce à l’information cruciale x ∼ ϑ(x) du Lemme 2.9 :


x ϑ(x)
∼ 6 π(x).
log x log x
Pour l’inégalité inverse, avec ε > 0 arbitrairement petit :
X X
ϑ(x) > log p > log x1−ε
x1−ε <p6x x1−ε <p6x
h i
= π(x) − π x1−ε (1 − ε) log x
h i
1−ε
[− π(y) > −y] > π(x) − x (1 − ε) log x,

et donc deuxièmement :
x ϑ(x) h i
∼ > (1 − ε) π(x) − x1−ε ,
log x log x
x
et comme x1−ε est négligeable devant log x
lorsque x −→ ∞, ceci conclut. 

3. Démonstration du théorème analytique


Il ne reste plus qu’à démontrer le Théorème 2.8, dont nous recopions l’énoncé.
Théorème 3.1. Sur [0, ∞[, soit f ∈ L1loc (R+ ) ∩ L∞ (R+ ). Si la fonction :
Z ∞
g(z) := f (t) e−zt dt,
0

holomorphe dans {Re z > 0}, se prolonge holomorphiquement


RT à un voisinage ouvert dans
C du demi-plan fermé {Re z > 0}, alors limT→∞ 0 f (t) dt existe et vaut :
Z ∞
g(0) = f (t) dt.
0

Démonstration. Pour T > 0, la fonction :


Z T

gT (z) := f (t) e−zt dt


0

est clairement holomorphe entière en z ∈ C. On doit montrer que limT→∞ gT (0) existe, et
vaut g(0).
3. Démonstration du théorème analytique 9

Im z Im z
ER

DR− CR+ CR−


ΩR
−δR R Re z R Re z
0 0

DR− CR+ CR−

ER

Soit un rayon R  1, et soit l’ouvert :



ΩR := z ∈ C : |z| < R, Re z > −δR ,
où δR > 0 est choisi assez petit pour que g soit holomorphe au voisinage de sa fermeture
ΩR . Sa frontière ∂ΩR = DR− ∪ ER ∪ CR+ se décompose en :
DR− := |z| 6 R, Re z = −δR ,


ER := |z| = R, −δR 6 Re z 6 0 ,
CR+ := |z| = R, Re z > 0 .


2
Avec le poids astucieux utile plus tard ez T 1 + zR2 sans pôle, le théorème des résidus de
Cauchy donne :
z 2  dz
Z
1  zT 
g(0) − gT (0) = g(z) − gT (z) e 1+ 2
2iπ ∂ΩR R z
Z Z Z 
1
= + + .
2iπ DR− ER CR+

Il s’agit de démontrer que ces trois intégrales tendent vers 0 quand T −→ ∞.


Lemme 3.2. Sur le demi-cercle CR+ 3 z, l’intégrande est borné par :
 zT  z2  1 2 ||f ||L∞
g(z) − gT (z) e 1+ 2 6 .
R z RR

Démonstration. En tout point z ∈ CR+ avec Re z > 0 :


Z ∞ Z ∞
−zt
g(z) − gT (z) = f (t) e dt 6 ||f ||L∞ e−t Re z dt
T T
−T Re z
e
= ||f ||L∞ .
Re z
Ensuite, comme zR = eiθ avec − π2 < θ < π2 :
 z2  1 1 1 z 1
ez T 1 + 2 = ez T · 1 + e2iθ · = eT Re z e−iθ + eiθ = eT Re z 2 Re
R z R R R R
T Re z
2e Re z
6 .
RR
10 François DE M ARÇAY, Département de Mathématiques d’Orsay, Université Paris-Saclay, France

Une multiplication de ces deux majorations conclut. 


R
Grâce à cela, avec CR+ |dz| = π R, on majore la troisième intégrale par une quantité qui
tend vers zéro :
2 ||f ||L∞
Z
1 1
6 πR
2iπ CR+ 2π RR
||f ||L∞
(3.3) = −→ 0.
R R→∞

Maintenant, pour les deux intégrales sur DR et sur ER , on traite g(z) et gT (z) séparément
dans g(z) − gT (z) .
RT
Puisque gT (z) = 0 f (t) e−zt dt est holomorphe entière, grâce à Cauchy, le contour
d’intégration DR− ∪ ER peut être remplacé par le demi-cercle :
CR− := |z| = R, Re z 6 0 ,


à savoir :
z2  1
Z Z
1  1
− gT (z) ez T 1 + 2
 
dz = même intégrande .
2iπ DR− ∪ER R z 2iπ CR−

Or pour Re z < 0, on a :
Z T Z T
−t Re z
gT (z) 6 ||f || L∞ e dt 6 ||f || L∞ e−t Re z dt
0 −∞
−T Re z
e
= ||f ||L∞ ,
|Re z|
et alors exactement la même estimée qu’à l’instant donne :
z 2  dz e−T Re z 2 eT Re z |Re z|
Z Z
1  zT  1
− gT (z) e 1+ 2 6 ||f ||L∞ |dz|
2iπ CR− R z 2π CR− |Re z| RR
1 2
= ||f ||L∞ πR
2π RR
||f ||L∞
(3.4) = −→ 0.
R R→∞

Il reste à contrôler :
z 2  dz
Z
1 
g(z) ez T 1 + 2

.
2iπ DR− ∪ER R z
Il y a ici le produit d’une fonction indépendante de T, holomorphe au voisinage de DR− ∪ER ,
donc intégrable, par la fonction ez T dépendant de T, de module 6 1, et satisfaisant :
ez T 6 eT Re z −→ 0 (∀ Re z < 0),
T→∞

donc le théorème de convergence dominée de Lebesgue donne :


z 2  dz
Z
 zT 
(3.5) 0 = lim g(z) e 1+ 2 .
T →∞
DR− ∪ER R z
Au total, ces trois majorations (3.3), (3.4), (3.5) offrent :
||f ||L∞ ||f ||L∞
lim sup g(0) − gT (0) 6 + + 0,
T→∞ R R
4. Exercices 11

et comme R  1 pouvait être choisi arbitrairement grand, c’est terminé ! 


4. Exercices
Exercice 1. EE
Exercice 2. EE

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