Chapitre 7 : Induction électromagnétique et auto-induction.
I. Notion de flux magnétique.
• Définition :
On appelle flux magnétique à travers un circuit fermé, le nombre de ligne de champ par
section de ce circuit.
• Expression :
Le flux magnétique est défini par : 𝚽=𝐵 ⃗̂
⃗ 𝑛⃗𝑺=𝑩𝑺𝐜𝐨𝐬𝜽 𝒂𝒗𝒆𝒄 𝜽(𝐵 , 𝑛⃗)
Le flux s’exprime en weber (Wb). Cas particulier : si 𝜃=0 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 Φ=𝐵𝑆 ; Θ=𝜋 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠
𝜋
Φ=−𝐵𝑆, 𝜃=2 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 Φ=0
Lorsque le circuit comprend N spires le flux magnétique à travers le circuit est :
𝚽 = 𝑵𝑩𝑺𝐜𝐨𝐬𝜽
II. Mise en évidence du phénomène d’induction électromagnétique.
1) Observation :
Lorsqu’on approche le pôle nord de l’aimant de façon rapide à l’un des faces de la bobine, le
galvanomètre décèle un courant temporaire qui s’annule dès que le mouvement de l’aimant
cesse (figure a).
La bobine revenue à sa position initiale ; approchons maintenant le pôle sud de l’aimant, le
galvanomètre indique un courant temporaire dans le sens contraire que celui observé dans le
cas précédent et s’annule dès que le mouvement de l’aimant cesse (figure b).
On observe le même résultat en gardant l’aimant fixe et en déplaçant la bobine.
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2) Interprétation :
Le déplacement de l’aimant ou de la bobine provoque une variation du flux magnétique à
travers la bobine. Cette variation de flux est la cause du courant induit dans la bobine. Ce
courant s’annule dès que le flux à travers le circuit cesse de varier.
La bobine est le circuit induit et l’aimant est le circuit inducteur.
3) Loi de Lenz :
Le courant induit a un sens tel que par ses effets, il s’oppose à la cause qui lui donne
naissance.
III. Force électromotrice induite.
• Enoncé de la loi de faraday :
La force électromotrice d’induction notée (e) est égale à l’opposé de la dérivée par rapport au
temps du flux magnétique inducteur.
𝑑𝜙
• Expression : 𝒆=− 𝑑𝑡
Si R est la résistance du circuit induit. L’intensité du courant induit est :
𝑒 1 𝑑𝜙
I=𝑅 = − 𝑅 𝑑𝑡
Si I>0, le courant induit circule dans le sens positif ; si I<0, il circule en sens inverse.
IV. Champ électromoteur.
1) Observation :
Soit le circuit suivant :
Un courant électrique circule dans le circuit ne comportant pas de générateur lorsqu’on
déplace la barre CD. On a le phénomène d’induction électromagnétique.
2) Interprétation :
Lorsque la barre se déplace dans le champ magnétique, les porteurs de charge (électrons)
possèdent une certaine vitesse par rapport au champ, ils sont alors soumis à la force
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électromagnétique qui en provoque leur mouvement à l’intérieur du fil : On a une circulation
de courant si le circuit est fermé.
3) Champ électromoteur :
⃗ ⋀𝐵
Le porteur de charge est soumis à la force de Lorenz : 𝐹 = 𝑞𝑉 ⃗ lorsque le conducteur CD est
en translation.
Tout se passe comme si l’électron était soumis à la force électrostatique : 𝐹 =𝑞𝐸⃗ 𝑚
⃗ ⋀𝐵
𝐹 =𝐹 ⟹𝑞𝑉 ⃗ =𝑞𝐸⃗ 𝑚 ⟹𝐸⃗ 𝑚 =𝑉
⃗ ⋀𝐵
⃗
En module : 𝐸𝑚 =𝑉𝐵sin𝛼 (𝛼=90° 𝑐𝑎𝑟 𝑉⊥𝐵)
𝑬𝒎 =𝑽. 𝑩
Les électrons se déplacent dans la barre dans le sens opposé à 𝐸⃗ 𝑚. Le sens du courant induit
est dont celui de 𝐸⃗ 𝑚.
4) Force électromotrice induite :
⃗ ; α=0)
Le flux magnétique à travers le circuit M1DCM1 est : ϕ=BS (car 𝑛⃗ ∕∕ 𝐵
𝑆 = 𝐶𝐷×𝐷𝑀1 = 𝐿×𝑥
𝜙= 𝐵×𝐿×𝑥 La force électromotrice est :
𝑑𝜙 𝑑(𝐵×𝐿×𝑥) 𝑑𝑥
e=− 𝑑𝑡 =− = −𝐵𝐿 𝑑𝑡
𝑑𝑡
𝒆=−𝑩.𝑳.𝑽
|𝑒| 𝐵𝐿𝑉
Si R est la résistance totale du circuit alors l’intensité du courant est : 𝐈 = 𝑅 = 𝑅
La tension U aux bornes d’un conducteur de résistance r est : 𝐔=𝐫𝐈−𝐞
Si r=0⟹U=−e ; (U et e sont de sens opposé)
Le conducteur CD est soumis à la force de Laplace ⃗⃗⃗
𝐹𝐿 dont le sens est l’opposé du celui de la
𝐵𝐿𝑉
⃗ et de l’intensité : 𝑭𝑳 =𝑩𝑰𝑳 𝒐𝒓 𝑰=
vitesse 𝑉 𝑅
𝑉𝐵 2 𝐿2
𝐹𝐿 =
𝑅
V. Les transformateurs et les alternateurs Consigne :
1) Transformateur :
• Définition : Un transformateur est un quadripôle qui permet de modifier les tensions
et les intensités alternatives. Il est constitué par un cadre de fer doux sur lequel sont
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enroulés deux circuits indépendants : le primaire (N1 spires) et le secondaire (N2
spires).
• Principe de fonctionnement :
Lorsque le circuit primaire est alimenté par un courant alternatif, il s’y crée un champ
magnétique alternatif. Les lignes de champ magnétique canalisées par le cadre de fer doux,
provoquent dans le secondaire une variation de flux et par conséquent la naissance d’une f.é.m.
induite.
Le rapport des tensions efficaces aux bornes des bobines est égal au rapport de leur nombre
respectif de spires
𝑈2 𝑁2
=
𝑈1 𝑁1
𝑁2
𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐞 𝐫𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭 𝐝𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧.
𝑁1
𝑁
Si 𝑁2 >1 ; U2 > U1 alors le transformateur est survolteur (ou élévateur de tension).
1
𝑁
Si 𝑁2 < 1 ; U2 <U1 alors le transformateur est sous-volteur (ou abaisseur de tension).
1
𝑁
Si 𝑁2 =1 ; U2 =U1 ; le transformateur est dit d’isolement.
1
Le rendement de transformation est le rapport de la puissance consommé par le secondaire,
𝑃2
par la puissance fournit par le primaire : r= avec P1 =U1I1 et P2 =U2I2
𝑃1
𝐼 𝑈 𝑁
Un transformateur est dit parfait si 𝐫=𝟏⟹𝐔𝟏𝐈𝟏 =𝐔𝟐𝐈𝟐 ⟹ 𝐼1 = 𝑈2 = 𝑁2
2 1 1
2) Alternateur : (Uniquement TSE)
• Définition : Les alternateurs sont des générateurs de courants alternatifs. Ils
transforment l’énergie mécanique en énergie électrique.
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Il comprend : Un inducteur produisant un champ magnétique et un induit dans lequel est
engendré le courant produit par une induction électromagnétique.
• Principe de fonctionnement :
Tout déplacement relatif de l’inducteur ou de l’induit crée un flux variable dont la variation de
ce flux engendre un courant de même nature que ce dernier.
On distingue deux types d’alternateurs :
⎯ Alternateur à induit tournant :
Soit une bobine tournant à la vitesse angulaire ω autour d’un axe xx’ dans un champ uniforme
⃗.
horizontal 𝐵
̂
⃗ , 𝑆 )= 𝜔𝑡. La bobine
La position de la bobine est à tout instant est repérée par l’angle 𝛼= (𝐵
tourne, alors le flux varie.
𝜙 = 𝑁𝐵𝑆𝑐𝑜𝑠𝜔𝑡
𝑑𝜙
𝑒=− = 𝑁𝜔𝐵𝑆𝑠𝑖𝑛𝜔𝑡
𝑑𝑡
⎯ Alternateur à induit fixe :
Soit un aimant tourne à vitesse angulaire constante (ω = 2πn) devant une bobine fixe. La bobine
est traversée par un courant alternatif dont la fréquence (f) est égale à celle de la rotation (n) de
la bobine : n = f => 𝛚 = 𝟐𝛑𝐟.
Pour les alternateurs à plusieurs bobines, la fréquence de rotation des bobines (ou la vitesse
𝑓
du synchronisme) n= 𝑃 (en tour/s) tel que p est le nombre de paires de pôles.
VI. Mise en évidence du phénomène d’auto-induction Réalisons le
montage ci-dessous.
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1) Observation :
Lorsqu’on ferme l’interrupteur K, la lampe L1 s’allume instantanément alors que la lampe L2
s’allume progressivement. Lorsqu’on ouvre l’interrupteur K, la lampe L1 s’éteint
instantanément alors que la lampe L2 s’éteint progressivement. La bobine est donc la cause du
retard à l’établissement du courant dans CD. Ce phénomène porte le nom de l’auto-induction.
2) Interprétation :
Lorsqu’on ferme le circuit, le flux magnétique augmente dans la bobine. Il s’y crée un courant
induit qui s’oppose pendant un bref instant à l’établissement du courant conformément à la loi
de Lenz. Lorsqu’on ouvre le circuit, le flux diminue dans la bobine. Le courant induit apparaît
de nouveau et s’oppose à la rupture du courant.
VII. Auto-inductance
• Définition du flux propre :
Le flux propre ϕP (flux d’auto-induction) est le flux crée par un circuit à travers lui-même.
Son expression est : 𝛟𝐏 =𝐋𝐢
Le coefficient constant L est appelé inductance ou auto-induction ou self et s’exprime en
Henry(H).
• Inductance d’un solénoïde :
𝑁
Induction magnétique de la bobine : B=4π× 10−7 𝑖
𝑙
Le flux d’auto-induction à travers la bobine est : 𝛟=𝐍𝐁𝐒 (𝐜𝐚𝐫 𝛉=𝟎) ;
𝑁
ϕ= N × 4π× 10−7 𝑖 × 𝑆 ; or ϕP =Li : 𝜙=𝜙𝑃
𝑙
4π × 10−7 𝑁 2 𝜋𝑑𝑆2
𝐿= 𝑆 , 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑆 = 𝜋𝑅𝑆2 = (𝑠𝑜𝑙é𝑛𝑜ï𝑑𝑒(𝑐𝑦𝑙𝑖𝑛𝑑𝑟𝑒))
𝑙 4
4𝜋 2 × 10−7 𝑁 2 𝑅𝑆2 𝜋 2 × 10−7 𝑁 2 𝑑𝑆2
𝐿= =
𝑙 𝑙
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Autres formules importantes :
𝑵
𝒏= Où n (est le nombre de spire par mètre et l, la longueur du solénoïde)
𝒍
𝒍
𝑵 = 𝒅 où df est le diamètre du fil
𝒇
𝒍
𝑹 = 𝝆 𝑺𝒇
R est la résistance en ohm (𝛀), 𝝆 est la résistivité en (𝛀𝐦), l est la longueur
du fil en (m) et S est la section (surface ou aire) en (m2)
VIII. La force électromotrice et les tensions.
Réalisons le montage ci-dessous dans lequel l’intensité du courant passe de 0 à la valeur i à
l’installation du courant.
Le circuit comprend une résistance R ; un générateur de tension E ; et une bobine
d’inductance L et de résistance r.
1) La f.é.m. induite d’auto-induction et la tension :
⎯ La force électromotrice d’auto-induction :
A l’installation du courant dans la bobine, le flux propre à travers la bobine varie, il apparaît
alors une force électromotrice d’auto-induction.
𝑑𝜙𝑃 𝑑𝑖
𝑒=−
= −𝐿
𝑑𝑡 𝑑𝑡
⎯ La tension aux bornes de la bobine :
Une bobine est l’ensemble d’une résistance et d’un générateur de force électromotrice en
série.
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𝑑𝑖
La tension aux bornes de la bobine est 𝑢 = 𝑟𝑖 − 𝑒 = 𝑟𝑖 + 𝐿 𝑑𝑡
2) La tension aux bornes du générateur : UAB = E
𝑑𝑖
D’après la loi d’unicité de la tension entre A et B : UAB =Ri + u ⟹ E= Ri + ri + L 𝑑𝑡
𝑑𝑖
𝑅𝑇 = 𝑅 + 𝑟 ⟹ 𝐸 = 𝑅𝑇 𝑖 + L 𝑑𝑡 : nous avons une équation différentielle.
La solution de cette équation différentielle est :
𝐸 𝑅𝑇 1
𝑖= (1 − 𝑒 𝐿 𝑡 ) = 𝑖0 (1 − 𝑒 𝜏 𝑡 )
𝑅𝑇
𝐿
𝜏 = 𝑅 est appelé constante de temps du circuit.
𝑇
Durant l’annulation du courant, le générateur délivre une tension nulle :
𝐸 1𝑡
𝑖= 𝑒𝜏 ; 𝐸 = 0 ⟹ 𝑖 = 0
𝑅𝑇
𝐸
à 𝐭=𝟎; 𝐢 = 𝑖𝑚 = 𝑖0 = 𝑅
𝑇
𝑑𝑖
La puissance reçue à chaque instant par la bobine est : 𝐏=𝐔𝐀𝐁 𝐢 = (𝑅𝑇 𝑖 + 𝐿 𝑑𝑡) 𝑖
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𝑑𝑖 𝑑 1
𝑃 = 𝑅𝑇 𝑖 2 + 𝐿𝑖 = 𝑅𝑇 𝑖 2 + ( 𝐿𝑖 2 ) = 𝑃𝑗 + 𝑃𝑚
𝑑𝑡 𝑑𝑡 2
PJ =RTi2 : puissance joule transformée en chaleur (terme toujours positif).
𝑑 1
Pm = 𝑑𝑡 (2 𝐿𝑖 2 ) : puissance magnétique (en W).
1
L’énergie emmagasiné par une bobine : 𝐄𝐦 = 2 𝐿𝑖 2
3) Différence entre induction et auto-induction :
• Dans l’induction électromagnétique il y a inducteur et induit. Dans l’auto-induction,
l’inducteur et l’induit sont les mêmes.
• Il y a induction chaque fois qu’il y a variation du flux (que le circuit soit fermé
inductif ou non) alors qu’il ne peut y avoir auto-induction que dans un circuit
parcouru par un courant variable.
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