DIFFRACTIONS
Par : Mohammed Bellioua 1
Plan de cours
A. DIFFRACTION PAR DES FENTES
1. Le phénomène de la diffraction
2. Mise en évidence du phénomène de diffraction
3. Principe de Huygens-Fresnel
4. Diffraction par une ouverture rectangulaire
5. Diffraction par une fente
6. Diffraction par deux fentes (fentes D’Young).
B. RESEAU OPTIQUE
1. Géométrie d’interférence d’un réseau
2. L’Amplitude et l’Intensité de réseaux:
3. La formation des spectres
2
2
1. Le phénomène de la diffraction
La diffraction est le comportement ondulatoire
déformant une onde plane en onde sphérique lorsque
celle-ci rencontre un obstacle ou une ouverture. La
déformation dépend de la taille de l’obstacle/ouverture
a et de la longueur d’onde de la lumière .
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2. Mise en évidence du phénomène de diffraction
Diffraction par une fente rectangulaire
(largeur<<longueur)
4
Diffraction d’un faisceau laser par une pupille circulaire
La Diffraction nécessite une ouverture de
petite taille (non négligeable devant la
longueur d’onde)
La répartition lumineuse dépend de la
forme de l’ouverture
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90 % de l’énergie
lumineuse se trouve
dans la frange centrale.
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3. Principe de Huygens-Fresnel
Tous les points d’une surface
d’onde peuvent être
considérés comme des
sources secondaires qui
émettent des ondes.
Il donne une interprétation qualitative et
quantitative du phénomène de diffraction.
Il permet d’expliquer et de calculer la répartition
de l’intensité lumineuse dans une tâche de
diffraction.
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Contribution de Huygens
Soit une source lumineuse placée dans un milieu
homogène d'indice de réfraction n, chaque point non obstrué
de la surface d'onde primaire est une source secondaire qui
émet des ondelettes sphériques.
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Contribution de Fresnel
L'amplitude complexe de l'onde lumineuse en un point M
s(M,t) est la superposition des amplitudes complexes des
ondelettes, qui sont émises par toutes les sources secondaires
appartenant à S(t) et atteignent le point M.
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4. Diffraction par une ouverture rectangulaire
Fente rectangulaire
Ecran
On considère R(O,x,y,z) Repère orthonormé direct:
Soient M de coordonnés (x,y,0) et P de coordonnés (X,Y,D)
D étant très supérieur à X et Y, on prendra :
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2 2
𝑂𝑃⃗.𝑂𝑀⃗ 𝑥𝑋 +𝑦𝑌
𝑂𝑃 2 𝑂𝑃
La différence de marche
L'amplitude Sxy (dS) émisse par un élément de surface dx dy
de l'ouverture, arrivant en P est :
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𝑎 𝑏
2 𝑋 2 𝑌
−𝑗 2𝜋 𝑥 −𝑗 2𝜋 𝑦
𝑆 = 𝑆0 𝑒 −𝑗𝜑 𝑑𝑥 𝑑𝑦 = 𝑆0 𝑒 𝜆𝐷 𝑑𝑥 𝑒 𝜆𝐷 𝑑𝑦
𝑎 𝑏
−2 −2
0 𝟎
L’intensité de la lumière en P très éloigne de O est donc:
2 2
∗ 𝟐 𝟐
𝑚 2 2 𝒎
( I = Im au cente de la tache (O’) quand X = 0 et Y = 0 )
Im=(S0ab)2
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La fonction sinus cardinal
On définit la fonction sinus cardinal normalisée de la maniéré
suivante :
Sinc(0) = 1 en effet lorsqu'on
est proche de 0 sin(x)= x.
Sinc(n) = 0 pour tout entier
naturel n non nul.
Sinc(x) est une fonction paire
13
13
Figure de diffraction par une ouverture rectangulaire
𝟐 𝛑𝐚𝐗 𝟐 𝛑𝐛𝐘
𝐦 𝛌𝐃 𝛌𝐃
(1)
sinc(x) : Sinus cardinal non normalisé
Les franges sur les
sinc(x) : Sinus cardinal normalisé deux axes X et Y.
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5. Diffraction par une fente
Supposons b très grand devant a : l’ouverture (s) est une fente
de largeur a, dont les bords sont parallèles à Oy; donc b peut
considérer comme infini,
𝜋𝑏𝑌
1 sin
π bY est nul et le terme 𝜋𝑏𝑌
𝜆𝐷
λD 𝜆𝐷
L’amplitude de la lumière dans le plan de l’écran est
partant nulle sauf sur la droite Y=0 c’est-à-dire sur l’axe O’X
de ce plan, perpendiculaire à la fente (voir figure ci-dessus).
L’amplitude des vibrations est :
𝟎
L’intensité est :
(2)
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On éclaire la fente
de largeur a avec
un laser rouge :
𝟐
𝐦
La figure représente le
𝐼
graphique de en fonction de
𝐼𝑚
. On observe sur l’écran des
franges alternativements
sombres et lumineuses. Ce
sont les franges de
diffraction.
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6. Diffraction par deux fentes (fentes D’Young).
On éclaire deux
fentes (F1) et (F2)
de même largeur a
avec un laser rouge :
Est-ce que c’est un phénomène de diffraction ou d’interférence?
Pour la vibration diffractée par la fente (F1) l’amplitude en point p de
𝛑𝐚𝐗
l’écran est : 𝟏 𝟎 .
𝛌𝐃
Pour la vibration diffractée par la fente (F2) l’amplitude en point p de
𝛑𝐚𝐗 𝐣𝛗
l’écran est : 𝟐 𝟎 17
𝛌𝐃
= (F2) - (F1) est la différence de phase entre les vibrations issus de F1 et F2 qui
𝑋 𝜆𝐷
arrivent en P. On montre que ; i= est l’interfrange, b distance entre 2
𝑖 𝑏
𝑋𝑏
fentes. Avec
𝐷
L’amplitude résultante est : S(x)=S1(X)+S2(X)
L’intensité lumineuse au point P est : I=SS*
𝟐 𝛑𝐚𝐗
Donc 𝐦 𝛌𝐃
𝟐 𝛑𝐚𝐗 𝐛𝐗
𝐦 avec Im=2(S0a)2.
𝛌𝐃 𝛌𝐃
On observe donc une figure d’interférence ‘modulée’ par la tache de diffraction. En
𝜆𝐷
supposant a très petit devant F1F2, l’interfrange i est petit devant . On présente
𝑎
l’intensité I, limité à la tache centrale de diffraction, sur la figure si-dessous.
Il y a donc deux dimensions caractéristiques dans ce profil d’intensité :
la modulation à petite échelle (λ/b) due à la présence des deux fentes, et
celle à plus grande échelle (λ/a) due à chacune des deux fentes prise
séparément. 18
Diffraction
Interférence
Interférence
modulée par
diffraction
Phénomène de
Diffraction
Phénomène
d’interférence
𝟐 𝛑𝐚𝐗 𝐛𝐗 19
𝐦 𝛌𝐃 𝛌𝐃
Si les fentes diffractantes deviennent infiniment fines (a et trés petit),
D/a deviennent infiniment grand et l’éclairement des maximums est
uniforme dans tout le chanp: c’est un résultat de l’étude des franges
d’Young (voir figure ci-dessous).
m=2
y m=1
q m=0
m=1
m=2
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D
B. RESEAU OPTIQUE
Définition : un réseau est un ensemble de fentes fines
appelés traits du réseau, parallèles et équidistantes, situées
dans un même plan et séparées par des intervalles
opaques. La distance entre deux traits est appelée pas du
réseau (a).
On caractérise souvent un réseau par le nombre de traits par
unité de longueur : n = 1/ a.
Exemple : un réseau de 500 traits/mm à un pas a = 2 μm
puisqu’on a n = 1 / a avec a en mm.
5 6 -1
Ordre de grandeur : 10 < n <10 traits m .
Les réseaux peuvent être utilisés par réflexion ou par transmission.
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1. Géométrie d’interférence d’un réseau
Interférence constructive :
=m avec mZ.
a : Distance entre deux fentes
consécutives (pas du réseau) (m)
N : Nombre de fentes
: Différence de marche de deux
fentes consécutives
D : Distance entre le réseau et l’écran (m)
X : Position verticale sur l’écran par rapport à l’axe central
(m)
q : Angle formé à l’aide de la relation tanq= X / D
: Longueur d’onde de la source (m)
et L=Na: Taille du réseau (m)
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Différence de marche
Diffraction par transmission
=
=a(sinθ – sinθ0)
Pour que les rayons
interfèrent de façon
constructive (déphasage
= m 2π)
=a(sinθ – sinθ0)=m
avec mZ
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Diffraction par réflexion
Avec et mZ.
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Déviation d’un réseau
Diffraction par transmission
En transmission, la
déviation D est l’angle
entre la direction incidente
et la direction diffractée.
En réflexion, D est
l’angle entre la direction
de réflexion (selon la loi
de Descartes) et la Diffraction par réflexion
direction diffractée.
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2. L’Amplitude et l’Intensité de réseaux:
Soit N le nombre total de fentes du réseau. le
déphasage "à l'infini" entre les ondes diffractées par
deux fentes successives s’ écrit :
Désignons par :
U1 Ae it la vibration diffractée par la 1ère fente
it i(p 1)
U p Ae e la vibration diffractée par la pème fente.
La vibration totale est :
N
U
p 1
Up Ae it 1 ei e 2i ... ei( N1)
26
iN iN272
iN
1 e iN
e 2
e e 2
i t
U Ae i
U Ae it
1 e i i i
e 2 e 2 e 2
(Addition de type Fraunhofer)
sin N
L’amplitude de i t
i(N 1)
2
U Ae e 2
vibration d’un
sin
réseaux est: 2
2
L'intensité diffractée est :
sin N 2
IA
2
sin
2
La courbe I = I()
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m entier ≠ 0 et non multiple de N.
Pour φ = 2kπ (k entier), l'expression de I est indéterminée; étant
donnée la périodicité de I(φ), on peut lever cette indétermination
en examinant le comportement de I(φ) au voisinage de φ = 0.
Au voisinage de φ = 0 :
Les variations de I(φ) pour N = 6. Dans la pratique
29 N est
beaucoup plus grand.
N2A2 représente l'intensité Io du maximum principal
correspondant à φ = 0.
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Entre deux minima nuls on obtient des maxima secondaires
(ou des maxima principaux, deux fois plus "larges", pour φ =
k2π). Une discussion graphique de dI/dφ = 0 permet de
montrer que ces maxima secondaires sont très peu marqués.
On peut le vérifier en calculant I pour φ = 3π/N, c'est-à-dire
pratiquement pour le premier maximum secondaire bordant le
maximum principal correspondant à φ = 0 :
2
A
I1 I(3 / N)
(sin(3 / 2N)) 2
si N >> 1, sin (3π/2N) 4N 2
= 3π/2N et I1 A 2 4 102 N 2 A 2
9
or N2A2 représente l'intensité Io du maximum principal
correspondant à φ = 0.
Pour :
Les maxima secondaires sont pratiquement invisibles, seuls
seront observés les maxima principaux correspondant à :
2
Conclusion sin N 2
I A2
sin
2
La position des maxima principaux est obtenue
en annulant la valeur des deux sinus ce qui
correspond à la condition d’annulation du sinus
qui se trouve au dénominateur c’est à dire :
La position des minima est obtenue en annulant
le sinus qui se trouve au numérateur sans annuler
celui qui est au dénominateur (puisque quand les
deux s’annulent en même temps on obtient un
maximum principal) soit à chaque fois que :
La position des maxima secondaires est obtenue
en écrivant que le sinus du numérateur vaut 1
soit :
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En résumé on retiendra qu'éclairé par une radiation
monochromatique de longueur d'onde λ, un réseau dont les
fentes sont équidistantes de a donne des maxima principaux
d'intensité dans les directions définies par:
a(sin( q ) sin(i)) k
(angle d’incidence i=q0)
Ces maxima ont la position prévue par la théorie élémentaire
et sont entourés par des maxima secondaires invisibles dans
la pratique.
Amélioration du calcul précédent
On peut améliorer la dernière expression en appliquant à
chaque fente du réseau les résultats de la théorie de la
diffraction par une fente
On remarque sur cette courbe un affaiblissement des spectres
d'ordre k par rapport au faisceau non diffracté (φ = 0).
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36
3. La formation des spectres
Réseau éclairé en lumière blanche
On éclaire un réseau par une source de lumière blanche
sous une incidence donnée (par exemple nulle).
Image de la fente
k=2
k=1
réseau
k=1
Fente k=2
source
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La formule 38
sin(q ) k sin(i)
a
montre que pour k donné, chaque longueur d'onde est
diffractée dans une direction dépendant de λ. On obtient
donc des spectres pour fentes les valeurs non nulles de k. À
chaque valeur de k correspond un spectre que l'on appelle:
spectre d'ordre k. Pour k = 0, sin(θ) = sin(i) quel que soit λ;
on obtient donc une image blanche de la fente source.
On retiendra donc que le réseau disperse un faisceau de lumière
blanche, un peu à la manière d'un prisme. Le "mécanisme" qui régit
cette dispersion est cependant très différent dans les deux cas. En
particulier, pour un réseau, les radiations rouges sont plus déviées que
les radiations bleues (pour un ordre k donné), ce qui est le contraire du
phénomène observé par un prisme.
L'expérience montre qu'à partir d'une certaine valeur de k, il
y a empiètement des spectres les uns sur les autres. Ce
phénomène est facile à comprendre: il y a empiètement
lorsqu'une même direction correspondant à deux longueurs
d'ondes différentes (et à deux valeurs différentes de k).
Cherchons à partir de quel ordre commence l'empiètement
des spectres.
D'après l'expression de sinθ, l'empiètement commence entre
les spectres d'ordre k et k + 1 tels que:
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FIN DU CHAPITRE 3
MERCI DE VOTRE
ATTENTION
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