Campagne Fulda
Campagne Fulda
se sont jamais produits, mais une généra- condamner l’utilisation d’une zone particulière et jeter toutes les
tion complète de combattants s’y est prépa- forces sur un point précis du front. Les moyens de défense antichars
rée sans relâche en Europe, ou a mené des sont privilégiés. Le front est réparti entre Britanniques (nord de la
guerres périphériques loin de l’Occident, RFA), Français (sud et sud-ouest de la RFA), Américains au centre,
au prix de sacrifices que le plaisir du jeu
ne saurait faire oublier. en coordination avec les unités de la Bundeswehr, l’armée de la ré-
publique fédérale d’Allemagne, créée en 1955.
Le théâtre de la campagne Fulda ’85 se situe à la jonction entre
deux divisions américaines :
Background 3rd Armoured Division « Spearhead »
(région de Frankfurt)
V corps
3rd Infantry Division «Marne Division»
LES EVENEMENTS (région de Würzburg)
14 février 1985. Le choc que tout l’Occident craint depuis le dé- VII corps
but de la guerre froide a lieu. Le pouvoir soviétique se sent faiblir
depuis la mort de Leonid Brejnev en 1982. Le règne de Yuri An-
dropov s’achève brutalement en 1984, et les décideurs du Pacte de
Varsovie (PAVA) souhaitent passer à l’action avant d’avoir engagé
trop de moyens dans la « guerre des étoiles ». Après un travail com-
plet de planification en grand secret l’opération est prévue pour la
mi-février 1985.
Les dirigeants soviétiques misent sur un engagement essentiel-
lement conventionnel, en menant des actions offensives sur l’essen-
tiel de la frontière entre les deux Allemagnes, avec un effort dans le
nord. Le but est d’avoir des gains territoriaux rapides pour tester la
faiblesse des gouvernements européens, puis leur porter si néces-
saire un coup fatal. Les Soviétiques se gardent donc la possibilité
de graduer les moyens employés : laisser aux Américains l’initia-
tive de frappes nucléaires tactiques en Allemagne de l’Est, malgré la
présence des populations, ne peut que décrédibiliser Washington.
Créer la division entre les gouvernements européens et le comman-
dement militaire de l’OTAN est le meilleur moyen d’anéantir toute
capacité de défense cohérente et coordonnée. Les heures du monde
capitaliste sont comptées.
Les premières heures de cette troisième guerre mondiale tant
annoncée ne ressemblent donc pas à la plupart des scénarios envisa-
gés : les premiers combats ne se font pas avec des frappes nucléaires
tactiques, et si dans la trouée de Fulda se livrent de terribles com-
bats elle n’est pas la zone choisie par les forces du PAVA pour mener
leur attaque principale. C’est pourtant le point le plus avancé dans le ATTAQUE SUR DEUX AXES
dispositif défensif occidental. Le terrain, très boisé, n’est pas propice
aux grandes offensives mécanisées qui font la fierté des troupes so-
viétiques et de leurs alliés. 14 FEVRIER - PREMIERS CONTACTS
La zone est même particulièrement contraignante. La doctrine Les premiers contacts ont lieu dès le 14 février au matin. Un
en vigueur pousserait à éviter les zones urbaines pour ne pas se lais- premier contact a lieu vers 8 heures, à Bad Kissingen (scénario
ser retarder, or tous les axes qui coupent les massifs forestiers en di- 3 – They are coming). Les premiers éléments de la 79ème division
rection de Frankfurt am Main et Karlsruhe débouchent immanqua- de chars de la garde s’engagent en force contre la 3rd Armoured Di-
blement sur des bourgades de taille variable. Schweinfurt, Steinau vision « Spearhead ». Au cours de cette escarmouche les troupes
an der Strasse, Bad Kissingen et tant d’autres localités pittoresques américaines parviennent tant bien que mal à contenir l’attaque so-
sont condamnées à être le théâtre d’affrontements violents entre viétique, mais au prix de lourdes pertes. L’effort soviétique est fait
des troupes occidentales très entraînées et les forces soviétiques qui sur Schweinfurt, sur l’axe sud, qui dont les défenses chancellent
n’ont qu’un objectif : écraser l’ennemi capitaliste. pendant l’après-midi. Les reliquats de l’OTAN font tout leur possi-
ble pour se réorganiser et empêcher une relance de l’action au cours
de la nuit (scénario 5 – The great escape).
LE PLAN DE DEFENSE DE L’OTAN
Depuis trente ans les forces alliées implantées en République 15 FEVRIER - AXE NORD
Fédérale d’Allemagne (RFA) se préparent à y mener un combat dé-
Le lendemain 15 février l’offensive est lancée sur deux axes. Au
fensif contre un ennemi essentiellement blindé, doté d’une doctrine
nord la 39ème division de fusiliers motorisés s’élance en direction de
très offensive où les appuis de la troisième dimension sont essentiels.
Frankfurt am Main. La défense de Steinau an der Strasse par la 3rd
La probabilité que le PAVA réalise des frappes nucléaires tactiques
Armoured Division fonctionne (scénario 1 – Lunch at Frankfurt),
et des tirs de munitions chimiques est forte. Cela leur permettrait
2
mais les Soviétiques parviennent à contourner la ville et à poursuivre
leur action. Ils sont stoppés dans l’après-midi à hauteur de Gelnhau-
sen (scénario 2 – The Breakthrough). Les forces américaines y sont
renforcées par des éléments de la Bundeswehr, qui ont une connais- `
Elements de
sance avancée du terrain et sont particulièrement préparées au com-
bat urbain. Pour cette phase de l’offensive soviétique Frankfurt am
Main est hors d’atteinte.
`
regles importants
15 FEVRIER - AXE SUD
En parallèle, sur l’axe sud, la 79ème division de chars de la Gar-
de atteint Würzburg vers 10.00 mais ne parvient pas à y prendre
NUIT ET CONDITIONS METEO
le contrôle du pont au centre de la ville. Les troupes américaines Le jour s’étend de 07.30 à 17.30. Les températures sont froides,
mènent des actions de harcèlement sur les arrières soviétiques : em- mais les axes sont dégagés et les quelques zones enneigées ne sont
buscades, coup de main de nuit (scénario 4 – Shadows). Les forces pas une contrainte pour les mouvements.
communistes organisent rapidement le contrôle du terrain chère-
Les scénarios 4 (Shadows) et 5 (The Great Escape) se déroulent
ment acquis, mais la contre-offensive occidentale est lancée sans
de nuit. La fiche scénario de chacun des joueurs mentionne les blocs
délais et violemment. La 3rd Infantry Division américaine « Rock
équipés de matériel de vision nocturne. Concernant les règles de
of the Marne », renforcée d’unités blindées françaises, affronte la
nuit, se reporter à la section 9 du livret de règles.
27ème division motorisée de la Garde à Schweinfurt le 16 février
(scénario 6 – No mercy). Elle ne reprend le contrôle de la ville que
le 18, mais l’action du PAVA échoue. EVENEMENTS
Le PAVA ne parvient pas à s’emparer de Frankfurt am Main et Chacun des scénarios utilise un système d’événements utilisant
de Karlsruhe. Il lui faudra sans doute basculer son effort vers le nord une table spécifique (en dernière page de ce livret) dont l’un des
de l’Allemagne, où les résultats sont plus prometteurs, ou envisager résultats peut conduire au tirage d’une carte «événement». Cha-
l’option nucléaire. que joueur devra donc, lors de la mise en place du jeu, constituer
une pioche avec les cartes «événements» (campagne Fulda) de son
camp. Concernant les événements, se reporter à la section 6 du li-
vret de règles.
MUSIQUE
Le Capitaine Bolden est un fan inconditionnel de U2, tout par-
ticulièrement du dernier LP « War » sorti deux ans avant les évène-
ments. Le Lieutenant Simonov, lui, a emporté un radiocassette dans
son engin et écoute en boucle l’album « Radio Africa » d’Aquarium
(Аквариум - Радио Африка). Les joueurs pourront agrémenter
leurs parties de la BOF de « The hunt for Red October » en musique
de fond.
Campagne
Les 6 scénarios simulent les 3 jours de combats hypothétiques
du 14 au 16 février 1985, sur les 3 axes d’offensive du Pacte de Var-
sovie. Ils peuvent être joués indépendamment les uns des autres, ou
bien enchaînés deux à deux, chaque résultat d’un scénario pouvant
avoir une influence sensible sur le suivant.
PETITES CAMPAGNES
Deux scénarios peuvent être enchaîné sur une même ligne en
une petite campagne dont l’objectif est de remporter une victoire
sur un axe d’offensive. Le joueur qui remporte les deux scénarios ob-
tient une victoire tactique décisive, celui qui remporte uniquement
le second scénario remporte une victoire tactique marginale.
GRANDE CAMPAGNE
Les six scénarios peuvent être enchaînés deux à deux, donc ligne
par ligne, dans n’importe quel ordre des lignes. Le joueur qui rem-
porte une victoire sur les 3 lignes obtient une victoire stratégique
décisve, celui qui en reporte deux obtient une victoire stratégique
marginale.