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Résumé Droit commercial
Les sources du droit commercial
Définition des sources du droit
Le terme "sources" désigne tout ce qui crée ou a contribué à créer l'ensemble des règles
juridiques applicables dans un État à un moment donné (le droit positif et le droit non-écrit).
Classification des sources du droit commercial
On distingue généralement quatre catégories de sources du droit commercial :
1. Les sources nationales
Lois: Les lois sont des textes votés par le Parlement et promulgués par le Président de
la République. Elles constituent la source principale du droit commercial.
Règlements: Les règlements sont des textes pris par le pouvoir exécutif
(gouvernement) pour compléter ou appliquer les lois.
Coutumes: Les coutumes sont des pratiques commerciales répétées et acceptées par
tous les acteurs d'un secteur d'activité. Elles peuvent devenir une source de droit si
elles sont reconnues par les juges.
Usages: Les usages sont des pratiques commerciales répétées dans une région ou une
profession. Ils peuvent devenir une source de droit si elles sont reconnues par les
juges.
Jurisprudence: La jurisprudence est l'ensemble des décisions de justice prises par les
tribunaux. Elle constitue une source importante du droit commercial, car les juges
interprètent et appliquent les lois et les règlements.
Doctrine: La doctrine est l'ensemble des écrits des juristes (universitaires et
praticiens). Elle n'est pas une source de droit formelle, mais elle peut influencer les
juges et les législateurs.
2. Les sources internationales
Conventions internationales: Les conventions internationales sont des accords
passés entre plusieurs États. Elles peuvent créer des règles directement applicables
dans les États signataires, ou bien nécessiter une transposition en droit national.
Accords bilatéraux: Les accords bilatéraux sont des accords passés entre deux États.
Ils ne sont applicables qu'aux deux États signataires.
Accords multilatéraux: Les accords multilatéraux sont des accords passés entre
plusieurs États. Ils peuvent être universels (signés par tous les États du monde) ou
régionaux (signés par les États d'une région donnée).
Exemple d'accords internationaux
Accord de libre-échange Maroc-UE
Accord de libre-échange Maroc-Turquie
Convention de Vienne sur la vente internationale de marchandises
Convention de Genève sur les lettres de change et le billet à ordre
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L'acquisition de la qualité de commerçant
Définition du commerçant
Un commerçant est une personne physique ou morale qui exerce des actes de commerce de
manière habituelle et indépendante.
Conditions pour être commerçant
Deux conditions doivent être réunies pour être commerçant :
1. Conditions liées à la personne
Capacité: Il faut avoir l'âge légal et ne pas être sous tutelle ou curatelle.
Incapacité, déchéance ou interdiction: Certaines personnes ne peuvent pas être
commerçants, comme les fonctionnaires ou les personnes condamnées pour certains
crimes.
2. Conditions liées à l'activité
Acte de commerce: Il faut accomplir des actes de commerce de manière habituelle.
Les actes de commerce sont définis par les articles 6 et 7 du Code de commerce.
Profession habituelle: L'activité commerciale doit être exercée de manière régulière
et non occasionnelle.
Indépendance: Le commerçant doit exercer son activité à son propre compte et non
pour le compte d'un tiers.
Exemple d'actes de commerce
Achat et vente de biens meubles
Transport de marchandises
Banque et assurance
Intermédiation commerciale
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Résumé : Les obligations commerciales
Définition des obligations commerciales
Les obligations commerciales sont un ensemble de règles imposées aux commerçants par le
Code de Commerce. Ces obligations visent à protéger les intérêts des tiers et à garantir la
sécurité des transactions commerciales.
Catégories d'obligations commerciales
On distingue trois catégories principales d'obligations commerciales :
1. Obligations d'ordre public
Les obligations d'ordre public sont des règles impératives qui ne peuvent pas être écartées par
les parties. Elles visent à protéger les intérêts généraux de la société.
Exemples d'obligations d'ordre public
Obligation de publicité au Registre du Commerce (RC) : Cette obligation permet
aux tiers de connaître l'identité du commerçant, son activité et sa situation financière.
Obligation de tenir une comptabilité régulière : Cette obligation permet de garantir
la transparence de la situation financière du commerçant.
Interdiction de la vente à perte : Cette obligation vise à protéger les consommateurs
contre les pratiques commerciales abusives.
2. Obligations contractuelles
Les obligations contractuelles sont des règles qui découlent des contrats conclus par les
commerçants. Elles sont définies par les parties elles-mêmes et peuvent être modifiées par
accord mutuel.
Exemples d'obligations contractuelles
Obligation de livraison : Le vendeur est tenu de livrer le bien vendu à l'acheteur dans
les délais convenus.
Obligation de paiement : L'acheteur est tenu de payer le prix du bien vendu au
vendeur dans les délais convenus.
Garantie légale de conformité : Le vendeur est tenu de garantir que le bien vendu est
conforme à la description qu'il en a faite et qu'il est exempt de défauts.
3. Obligations quasi-contractuelles
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Les obligations quasi-contractuelles sont des obligations qui naissent de situations
particulières et qui ne sont pas fondées sur un contrat. Elles sont imposées par la loi ou par la
jurisprudence.
Exemples d'obligations quasi-contractuelles
Obligation de gestion d'affaires : Une personne qui gère les affaires d'une autre
personne en son absence est tenue de le faire avec prudence et diligence.
Enrichissement sans cause : Une personne qui s'enrichit au détriment d'une autre
personne est tenue de lui restituer cet enrichissement.
Sanctions en cas de non-respect des obligations commerciales
Le non-respect des obligations commerciales peut entraîner des sanctions civiles, pénales ou
administratives.
Sanctions civiles
Dommages-intérêts
Annulation du contrat
Résolution du contrat
Sanctions pénales
Amendes
Emprisonnement
Sanctions administratives
Avertissements
Amendes
Fermeture de l'établissement
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La vente commerciale
Définition du contrat de vente commerciale
Le contrat de vente commerciale est un contrat par lequel une partie (le vendeur) transfère à
une autre partie (l'acheteur) la propriété d'un bien contre une somme d'argent (le prix). Il s'agit
de l'acte de commerce type et du contrat commercial le plus courant.
Distinction de la vente civile
La vente commerciale se distingue de la vente civile par deux éléments clés :
La qualité des parties: La vente commerciale implique au moins un commerçant,
tandis que la vente civile peut impliquer des personnes non commerçantes.
L'objet du contrat: La vente commerciale porte généralement sur des biens meubles
corporels destinés à la revente, tandis que la vente civile peut porter sur une plus
grande variété de biens.
Conséquences de la qualification de vente commerciale
La qualification de vente commerciale emporte plusieurs conséquences majeures :
Nature de l'opération: La vente commerciale se distingue des opérations voisines
comme l'échange, le mandat, la commission, etc.
Forme de l'acte: La vente commerciale peut être conclue oralement pour certains
montants, alors que la vente civile exige un écrit pour des montants plus élevés.
Prescriptions applicables: Les actions en justice découlant d'une vente commerciale
sont soumises à des délais de prescription spécifiques.
Régime juridique de la vente commerciale
La vente commerciale est régie par un ensemble de règles issues de différentes sources :
Code de commerce (DOC): Le DOC contient des dispositions spécifiques à la vente
commerciale, telles que les règles sur la formation du contrat, les obligations du
vendeur et de l'acheteur, la livraison, le transfert de propriété, les risques, les garanties,
etc.
Usages et pratiques commerciales: Les usages et pratiques commerciales peuvent
compléter les dispositions du DOC, à condition qu'ils ne soient pas contraires à l'ordre
public.
Droit civil: Le droit civil s'applique en supplément des règles commerciales, dans la
mesure où il ne les contredit pas.
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Autres lois applicables
En plus des règles générales mentionnées ci-dessus, la vente commerciale peut également être
soumise à des lois spécifiques, telles que :
Loi sur la concurrence: Cette loi vise à protéger la concurrence libre et loyale et
interdit les pratiques anticoncurrentielles.
Loi sur la protection du consommateur: Cette loi vise à protéger les consommateurs
contre les pratiques commerciales abusives et leur confère certains droits spécifiques,
tels que le droit de rétractation et le droit à la garantie légale.
Convention de Vienne sur la vente internationale de marchandises: Cette
convention s'applique aux contrats de vente internationale de marchandises entre des
parties situées dans des États différents.
Résumé : Fonds de commerce (FC)
Définition du fonds de commerce (FC)
L'article 79 de la loi n° 15-95 relative au Code de commerce (CC) définit le fonds de
commerce (FC) comme un bien meuble incorporel constitué de l'ensemble des biens
mobiliers affectés à l'exercice d'une ou de plusieurs activités commerciales.
Fonctionnement du FC
Ce n'est pas une personne morale : Le FC n'est pas une entreprise à proprement
parler, mais plutôt une enveloppe juridique regroupant les éléments nécessaires à son
exploitation.
Groupement de biens : Le FC est une entité incorporelle distincte des éléments qui la
composent. Il représente une partie du patrimoine du commerçant.
Eléments du FC
La loi distingue deux catégories d'éléments au sein du FC :
1. Éléments obligatoires
Clientèle et achalandage : Ce sont les personnes qui s'approvisionnent habituellement
chez le commerçant.
2. Éléments non obligatoires
Droit au bail : C'est un élément crucial, car il s'agit souvent du seul actif disponible en
cas de liquidation. Le droit au renouvellement du bail est particulièrement important.
Nom commercial : C'est l'appellation sous laquelle le commerçant exerce son activité
(nom de famille ou nom de fantaisie).
Enseigne : Plaque apposée sur le lieu d'exploitation du fonds. Elle peut être un nom
commercial, un logo ou un symbole.
Autorisations administratives et licences : Délivrées par les autorités compétentes
pour exercer l'activité commerciale.
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Propriété industrielle (brevets, marques, dessins et modèles) : Droits accordant une
exclusivité temporaire d'exploitation sur une invention, un signe distinctif ou une
création.
Importance du FC
Le FC est un élément essentiel de l'activité commerciale. Il représente la valeur de l'entreprise
et son potentiel de rentabilité future. Son transfert est une opération juridique complexe
nécessitant une évaluation précise de ses différents éléments.
Résumé : Opérations sur le fonds de commerce (FC)
Le fonds de commerce (FC) peut faire l'objet de plusieurs opérations juridiques
importantes.
1. Vente du FC
La vente d'un FC est soumise à des conditions strictes :
Conditions de fond : capacité des parties à contracter, consentement libre et éclairé,
objet et cause licites.
Conditions de forme : le contrat de vente doit mentionner obligatoirement :
o Le chiffre d'affaires réalisé sur les trois dernières années.
o Un écrit (acte notarié ou sous seing privé) est exigé par l'article 97 du Code de
Commerce.
o Le prix convenu entre les parties.
o L'enregistrement de la vente au registre du commerce.
2. Gérance-libre (location-gérance)
Dans ce type de contrat, le propriétaire du FC (le bailleur) le confie à un gérant commerçant
(le preneur) contre le versement de redevances. Le gérant exploite le fonds à son propre
compte, assumant les risques et percevant les bénéfices.
3. Location-salariée
Ici, le commerçant locataire (le bailleur) rémunère un gérant qui travaille en son nom et pour
son compte. Le gérant agit en tant qu'employé du commerçant.
Tableau comparatif des opérations sur le FC
Opération Description
Vente du FC Transfert complet de la propriété du FC.
Location du FC avec exploitation par un commerçant
Gérance-libre
indépendant.
Location du FC avec exploitation par un employé du
Location-salariée
propriétaire.
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Nantissement sans
Garantie d'un prêt accordée par le FC au créancier.
dépossession
Intégration du FC au capital d'une société en échange de parts
Apport en société
sociales ou d'actions.
drive_spreadsheetExport to Sheets
4. Nantissement sans dépossession
Cette opération permet de garantir un prêt accordé sur le FC. Le créancier conserve une sûreté
sur le fonds jusqu'au remboursement complet de la dette. Il existe deux formes de
nantissement : conventionnel (décidé par les parties) et judiciaire (ordonné par un tribunal).
5. Apport en société
Le propriétaire du FC peut le transférer à une société en échange de parts sociales ou
d'actions. Il devient alors associé de la société et participe à son capital.
Résumé : Bail commercial
La loi accorde un régime particulier au bail commercial afin d'assurer la stabilité des
commerçants locataires. La loi n° 49-162 relative aux baux d'immeubles à usage
commercial, industriel et artisanal vise à protéger les locataires commerçants. Elle leur
confère des avantages et des droits spécifiques par rapport au droit commun des baux.
Pour bénéficier de ce statut protecteur, le locataire doit remplir certaines conditions :
Le local loué doit servir à l'exploitation d'un fonds de commerce.
Le bail doit être conclu par écrit pour une durée d'au moins deux ans.
Le local doit être situé dans le champ d'application de la loi n° 49-162.
Un Dahir (décret royal) datant de 2016 a promulgué la loi n° 49-16 relative aux baux
commerciaux. Cette nouvelle loi comporte 38 articles, contre 47 sous l'ancien régime, et
abroge certaines dispositions du Code de Commerce.