0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
83 vues35 pages

Géométrie des Cercles de Miquel

L'article présente les cercles du triangle de trois géomètres : Amédée Morel, Urbain Victor Calabre et Raphaël Malloizel, qui découlent du théorème des six cercles d'Auguste Miquel. Chaque section inclut une biographie succincte et un historique de l'institution d'enseignement associée, ainsi que des applications pratiques. Les figures et théorèmes sont présentés de manière générale et peuvent être démontrés synthétiquement.

Transféré par

vunamtruongtdn
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
83 vues35 pages

Géométrie des Cercles de Miquel

L'article présente les cercles du triangle de trois géomètres : Amédée Morel, Urbain Victor Calabre et Raphaël Malloizel, qui découlent du théorème des six cercles d'Auguste Miquel. Chaque section inclut une biographie succincte et un historique de l'institution d'enseignement associée, ainsi que des applications pratiques. Les figures et théorèmes sont présentés de manière générale et peuvent être démontrés synthétiquement.

Transféré par

vunamtruongtdn
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

DES SIX CERCLES DE MIQUEL

AUX CERCLES DE

MOREL * CALABRE * MALLOIZEL

Jean - Louis AYME 1

A
1

B'

A'
B A" C

C'

Résumé. L'article met en valeur trois cercles du triangle à savoir les cercles du professeur
Amédée Morel, du lieutenant d’artillerie Urbain Victor Calabre et du professeur
Raphaël Malloizel qui tous résultent d'une particularisation du théorème des six
cercles d'Auguste Miquel.
Pour chaque géomètre, l'auteur présente une courte biographie, suivie d'un petit
historique de l'institution où il professe ou de l'école de formation dont il est issu.
Des applications sont proposées.
Les figures sont toutes en position générale et tous les théorèmes cités peuvent tous
être démontrés synthétiquement.

Remerciements. Ils vont tout particulièrement au professeur Ercole Suppa de Teramo


(Italie) qui a relu et corrigé nombre de mes articles ainsi qu'au
géomètre-amateur Jean-Louis Breuil. Leur passion pour la
Géométrie du Triangle mérite d'être remarquée par les Géomètres
contemporains.

1
St-Denis, Île de la Réunion (Océan Indien, France), le 30/10/2012 ; [email protected]
2

Abstract. The article highlights three circles of the triangle the circles of Professor Amédée
Morel, lieutenant of artillery Urbain Victor Calabria and Professor Raphaël Malloizel
that all result from a particularization of the Auguste Miquel's six circles theorem.
For each Geometer, the author presents a short biography, followed by a short history
of the institution where he professes or training school which he comes. Applications
are available.
The figures are all in general position and all cited theorems can all be demonstrated
synthetically.

Aknowledgment. They go to the Professor Ercole Suppa of Teramo (Italy) who has
reviewed and corrected many of my articles as well as for the
enthusiast-geometer Jean-Louis Breuil. Their passion for the
Geometry of the Triangle deserves to be noticed by the
contemporary Geometers.

Sommaire
A. Le professeur Auguste Miquel 3
1. Le théorème des six cercles à partir de deux triangles
La règle d’accentuation
2. Le théorème des six cercles à partir d'un quadrilatère cyclique
3. Une coute biographie d'Auguste Miquel
4. L'institution Barbet
5. Application : Quatre points cocycliques
B. Le professeur Amédée Morel ou Auguste Morel 11
1. Le cercle de Morel
2. Une courte biographie d’Amédée Morel
3. Le collège Sainte-Barbe
4. Application 1. A small circle
5. Application 2. Perpendiculaire à une médiane d'un quadrilatère cyclique
C. Le lieutenant d'artillerie Calabre 18
1. Le cercle de Calabre
2. Une coute note sur le lieutenant Calabre
3. L'École Polytechnique
4. Application 1. Un triangle isocèle
5. Application 2. Une droite passe par un point fixe
6. Application 3. Deux droites perpendiculaires
D. Le professeur Raphaël Malloizel 27
1. Le cercle de Malloizel
2. Une très courte biographie de Raphaël Malloizel
3. Le lycée Louis-le-Grand
E. Appendice 32
1. Le triangle absent
F. Annexe 33
1. Theorem of shamrock ou théorème de Jules Mention
2. La tangente au sommet
3. D'une hauteur à une bissectrice
4. Le théorème des trois cercles concourants

2
3

A. LE PROFESSEUR AUGUSTE MIQUEL

1. Le théorème des six cercles à partir de deux triangles 2

VISION

Figure :

1
A'
B

2
6
B'
A

5
C'
3
4

Traits : ABC, A'B'C' deux triangles,


1, 2, 3 les cercles circonscrits des triangles A'BC, AB'C, ABC'
et 4, 5, 6 les cercles circonscrits des triangles AB'C', A'BC', A'B'C.

Donné : 1, 2 et 3 sont concourants si, et seulement si, 4, 5 et 6 sont concourants.

Commentaire : ceci est la présentation moderne du "théorème des six cercles".

Scolies : (1) mise en valeur de l'accentuation

2
Miquel A., Mémoire de Géométrie, Journal de Liouville, vol. X (1844) 347 ; http://www-mathdoc.ujf-grenoble.fr/JMPA/.

3
4

1, A'BC
A'
B

2, AB'C
6, A'B'C
B'
A

5, A'BC'
C'
3, ABC'
4, AB'C'

• Notons (A'BC), (AB'C), (ABC') les cercles 1, 2, 3


et (AB'C'), (A'BC'), (A'B'C) les cercles 4, 5, 6.

• Conclusion : (A'BC), (AB'C) et (ABC') sont concourants

si, et seulement si,

(AB'C'), (A'BC') et (A'B'C) sont concourants.

(2) La règle d'accentuation : * accentuation d'un point (A)' = A'


* double accentuation (A')' = A
* accentuation d'un cercle (AB'C')' = A'BC.

2. Le théorème des six cercles à partir d'un quadrilatère cyclique

VISION

Figure :

4
5

5 D C
D'
C' 3

A'
1 B'

A B

Traits : ABCD un quadrilatère cyclique,


1 le cercle circonscrit à ABCD,
2, 3, 4, 5 les cercles passant resp. par A et B, par B et C, par C et D, par D et A,
et B', C', D', A', les seconds points d'intersection resp. de 2 et 3, de 3 et 4, de 4 et 5, de 5 et 2.

Donné : si, trois des quatre points A', B', C', D' ne sont pas alignés
alors, A', B', C', D' sont cocycliques.

Énoncé traditionnel : les cercles qui ont pour cordes les côtés d'un quadrilatère cyclique se recoupent en
quatre points cocycliques.

Commentaire : ceci est la présentation initiale du "théorème des six cercles".


Une preuve synthétique est présentée dans l'article
"Du théorème de Reim au théorème des six cercles"3 .

Scolies : (1) ce résultat reste vrai dans les cas de tangence.

(2) Terminologie

• Notons 6 le cercle circonscrit à A'B'C'D'.

• Nous dirons que 1 est le cercle de départ


2, 3, 4, 5 sont les cercles intermédiaires
6 est le cercle d'arrivée.

3
Ayme J.-L., Du théorème de Reim au théorème des six cercles, G.G.G. vol. 2 ; http://perso.orange.fr/jl.ayme.

5
6

(3) Le retour aux deux triangles

5 D C
D'
C' 3

A'
1 B'

A B

• Considérons B comme point de concours de 1, 2 et 3 ;


en dehors de B, nous avons : 1 = (ACD) , 2 = (AA'B') , 3 = (B'CC') ;
en retenant le point commun à chaque couple de cercles,
nous déterminons le triangle de départ i.e. AB'C.

• Considérons D' comme futur point de concours de 4, 5 et 6 ;


en retenant le point en dehors de A, B', C
nous déterminons le triangle d'arrivée i.e. DA'C' ;
pour pouvoir appliquer la règle d'accentuation, nous devons considérer C'DA'.

• Conclusion : AB'C et C'DA' sont les deux triangles à considérer.

(4) Des deux triangles au quadrilatère cyclique

6
7

1
A'
B
C

X
2
6
Y B'
A

5
C'
3
4

• Considérons les triangles AB'C et C'DB.

• Notons X le point de concours de 1, 2, 3


et Y le second point d’intersection de 4 et 5.

• Considérons le quadrilatère cyclique BXAC' ;

* 3 est le cercle de départ


* 1, 2, 4 et 5 sont les cercles intermédiaires

• Conclusion : d’après A. 2. Le théorème des six cercles à partir d’un quadrilatère cyclique,
C, B', Y et A' sont cocycliques.

3. Une courte biographie d'Auguste Miquel

Son nom est associé au théorème du pivot

Auguste Miquel est né à Albi (Tarn, France) en 1816.


Il obtient son baccalauréat de lettres, puis de sciences (1834-1835) à Toulouse.
Ayant pris connaissance dans les Annales XVIII de Gergonne de 1827-1828 de l'énoncé sans démonstration d'un
théorème de Jakob Steiner, articulé en dix propositions4, l'élève Auguste Miquel de l'institution Barbet à Paris
commence en 1836 par en écrire quelques démonstrations dans l'éphémère journal mathématique Le Géomètre
fondé par Antoine Philippe Guillard.
Pour les passionnés d'histoire, l'origine du théorème du pivot reste très obscur ; il a été démontré par Auguste
Miquel en 1838 dans le Journal de mathématiques pures et appliquées de Liouville et peu de géomètres de cette
époque, ont vu qu'il allait devenir la pierre angulaire d'un grand nombre de théorèmes à venir.
En 1838, il publie dans le Journal de Liouville plusieurs articles concernant la théorie des courbes et les
intersections de cercles et de sphères.
Selon Antonio Gutierrez5, Auguste Miquel a été Régent i.e. professeur adjoint à Nantua en 1838, puis professeur
de 1844 à 1846 au Collège de Castres où il publie en 1844 et 1846, un mémoire de géométrie en trois parties.
Il enseigne par la suite dans le Gard au collège de Bagnols-sur-Cèze et du Vigan.
4
F. G.-M., Livre II, Exercices de Géométrie, 6-ième Édition (1920) ; rééditions Jacques Gabay, Paris (1991) 301.
5
http://agutie.homesread.com/.

7
8

Notons que Isaac Moisevitch Yaglom considère que

la proposition concernant le théorème des Six cercles de Miquel, est assez élégante mais ne
paraît pas particulièrement féconde, simple théorème comme il y en a beaucoup en géométrie.
Cependant les conséquences qu'on peut tirer de cette figure peuvent, sans exagération, être
qualifiées de remarquables.

Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, William Clifford donne de ce théorème, une extension remarquable
dont l'intérêt réside essentiellement dans son caractère récurrent, mais sa démonstration est purement analytique.
En 1916, Henri-Léon Lebesgue publie dans les Nouvelles Annales de Mathématiques, un article intitulé Sur deux
théorèmes de Miquel et de Clifford dans lequel il a le mérite d'introduire une notation numérique pour les droites,
leurs points d'intersection et les cercles, et de montrer qu'il existe un lien entre le Pentagramme de Miquel et le
théorème des Six cercles alors qu'Eugène Catalan, Auguste Miquel, Paul Terrier et William Clifford ne l'avaient
pas vu.

Auguste Miquel décède en 1851.

4. L'institution Barbet

Jean François Barbet est né le 15 juin 1799 à Pagnoz, près de Salins (Jura, France).
Fils d'un paysan-propriétaire, maire de son pays pendant trente ans, et de Jeanne Trochet, Jean-François Barbet a
la possibilité de suivre des études. Vers 1820, il entre à l'École Normale Supérieure dans la section scientifique.
Après la suppression de l'École par la Restauration, il suit des cours à la faculté de Médecine à Paris. A cette
époque, il est mis en relation avec la famille Briot, de Saint Hyppolyte, dans la Haute vallée du Doubs, dont le
père avait occupé un emploi à la cour de Murat à Naples. Celui-ci devait être parent du tanneur de même nom,
dont le fils est devenu un mathématicien connu. Il s'amouracha de la fille Briot, l'épousa en 1827, abandonna ses
études médicales, et racheta à Paris, la même année, l'ancienne pension Brissaud, probablement avec la dot de sa
femme.

Rappelons que cette institution privée secondaire pour garçons fondée en 1803 par André Marie Ruinet, rue de
la Harpe dans le 5ème, transférée au 3, impasse des Feuillantines toujours dans le 5ème a été reprise en 1820 par
son gendre Jean Baptiste Brissaud.

Jean-François Barbet commence par sélectionner sa clientèle dans le sens de la rentabilité et vers 1840
l'institution devient célèbre pour faire recevoir ses élèves à l'École Polytechnique, Normale supérieure, St-Cyr,
de la Marine, forestière. Les élèves suivaient les cours de Mathématiques spéciales au collège St-Louis, de
préférence les cours de Delisle surnommé ''le père Pancu car il parlait de perpenculaire'' au lieu de
perpendiculaire et de Vincent. Précisons que le mathématicien Eugène Catalan a donné un cours particulier à
l'institution Barbet pour mieux préparer les élèves aux concours.

En 1864, Jean-François Barbet vend les bâtiments de l'institution à la ville de Paris et l'aventure de cet
établissement privé prend fin.
En 1872, il reçoit la Légion d’Honneur.
Il décède ruiné le 16 mai 1880 au 17 rue des Ursulines (qui deviendra le n°5), dans sa maison qu'il avait fait
bâtir.

A Pagnoz, il laissera une trace de sa bienveillance en faisant édifier un lavoir sur lequel figure un médaillon, le
représentant avec son père.

5. Application : quatre points cocycliques 6

VISION

6
Specht E., Problem 2824, Crux Mathematicorum ; http://math.ca/crux/.

8
9

Figure :

M
F
A S B
E

L
C
K
1

Traits : [AB], [CD] deux segments perpendiculaires, sécants,


S le point d'intersection de [AB] et [CD],
K, L, M, N les symétriques de S par rapport à (AC), (CB), (BD), (DA),
1 le cercle passant par K, S, L,
2 le cercle passant par M, S, N,
E le second point d'intersection de (AL) avec 1
et F le second point d'intersection de (AM) avec 2.

Donné : K, N, F et E sont cocycliques.

VISUALISATION

• Scolies : C est le centre de 1


D est le centre de 2.

9
10

D
N
5
3

M
F
A S B 4
E

L
C

K 1

• Notons 3 le cercle de centre A passant par K, S, N


et 4 le cercle de centre B passant par M, S, L.

• D'après Monge "Le théorème des trois cordes"7, E, L, M et F sont cocycliques.

• Notons 5 ce cercle.

7
Ayme J.-L., Le théorème des trois cordes, G.G.G. vol. 6 ; http://perso.orange.fr/jl.ayme.

10
11

D
N
5
3

M
F
A S B 4
E

L
C

K 1

• Nous admettons que K, E et F ne sont pas alignés.

• Considérons le quadrilatère dégénéré LSSM ;


le cercle de départ est 4 ;
les quatre cercles intermédiaires sont 1, 3, 2, 5.

• Conclusion : d'après A. 2. Le théorème des six cercles à partir d'un quadrilatère cyclique,
K, N, F et E sont cocycliques.

B. LE PROFESSEUR AMÉDÉE MOREL OU AUGUSTE MOREL

1. Le cercle de Morel

VISION

Figure :

11
12

1
C' D'

A'
B'

A B

Traits : ABCD un quadrilatère cyclique,


1 le cercle circonscrit à ABCD,
et A', B', C', D' les pieds des perpendiculaires abaissées des sommets de ABCD sur les
diagonales (AC), (BD) comme indiqué sur la figure.

Donné : A', B', C' et D' sont cocycliques 8.

VISUALISATION

D 3

5 C'
D'
1

A'

B'

A B

• Notons 2 le cercle de diamètre [AB] ; il passe par B' et A' ;


3 le cercle de diamètre [BC] ; il passe par A' et C' ;
4 le cercle de diamètre [CD] ; il passe par C' et D' ;
et 5 le cercle de diamètre [DA] ; il passe par D' et A'.
8
Morel A., Réponse à la Question 908, Lemme 1, Nouvelles Annales (2) 8 (1869) 317.

12
13

• Nous admettons que trois des quatre points A', B', C', D' ne sont pas alignés.

• Conclusion : d'après A. 2. Le théorème des six cercles à partir d'un quadrilatère cyclique,
A', B', C' et D' sont cocycliques.

Énoncés traditionnels :

(1) les cercles qui ont pour diamètres les côtés d'un quadrilatère cyclique
conduisent par leur intersection à un quadrilatère cyclique.

(2) Les quatre projections des sommets d'un quadrilatère cyclique sur ses
diagonales, conduisent à un quadrilatère cyclique.

Scolie : le cercle passant par A', B', C', D' est ''le cercle de Morel de ABCD''.

Note historique : c'est en répondant à la question 908 posée par Émile Lemoine9 dans les Nouvelles
Annales de 1867 qu'Amédée Morel cite le résultat précédent sous la forme du
lemme 1 et que l'on retrouve chez Eugène Catalan10.

Commentaire : ce résultat est utilisé par l'auteur pour proposer une nouvelle preuve, purement
synthétique, du théorème de Feuerbach.11

2. Une courte biographie d'Amédée Morel ou d'Auguste Morel 12

Amédée Edme Morel est né à Pontoise (Seine et Marne, France).


Admis à l’Ecole polytechnique en 1809, il est nommé capitaine au corps royal d'artillerie le 9 décembre 1813.
Répétiteur puis, professeur à l'École préparatoire de Sainte-Barbe à Paris, Amédée Morel publie de nombreux
articles dans le Journal de Mathématiques Élémentaires et dans le Journal de Mathématiques Spéciales en 1883
(10, 33, 62, 97, 169), en 1889 (251) et en 1890.
Il se fait aussi connaître en proposant une solution d'une question d'Émile Lemoine publiée dans les Nouvelles
Annales de 1869 (47, question 908) concernant le point de concours des quatre droites de Simson d'un
quadrilatère cyclique.
En 1878, il publie dans JME à la page 353, une étude sur les axes radicaux.
En 1879 et 1880, il traduit une étude du triangle de James Booth (?-1878) qui introduit en particulier le mot
''orthocentre''.
En 1883, dans JME (p. 70), Amédée Morel donne le nom de ''Brocard'' aux points et au cercle trouvés par le
commandant Henri Brocard.

Auguste Morel est né à à Brumath près de Strasbourg, en 1830, d'un père meunier, qui se disait étudiant
en mathématiques à Paris en 1855, qui aurait été élève de l'école des Ponts et Chaussées, qui aurait passé quelque
temps au Creusot comme ingénieur chez Schneider, qui s'y serait marié avec une demoiselle Jeanne Rougeau et
qui aurait été ensuite professeur de physique mathématique à la faculté des Sciences de Lyon ...

9
Lemoine E., Question 908, Nouvelles Annales (2) 8 (1869) 47 ; http://www.numdam.org/numdam-bin/feuilleter?j=NAM&sl=0.
10
Catalan E., Théorème 13, Théorèmes et problèmes de Géométrie Elémentaire, Dunod (1879) 39.
11
Ayme J.-L., Le théorème de Feuerbach, G.G.G. vol. 1 ; http://perso.orange.fr/jl.ayme.
12
Signalé par le géomètre-amateur Jean-Louis Breuil

13
14

3. Le collège Sainte-Barbe

Le collège Sainte-Barbe de Paris a été fondé en 1640 par le professeur Geoffroy Le Normand et par
Pierre de Lanneau sur la montagne Sainte- Geneviève et situé rue Valette. Le succès de Sainte-Barbe est si
rapide que les familles des parlementaires y envoient leurs enfants, et le roi du Portugal lui confie une colonie de
cinquante élèves. Le collège jouit alors d'un grand renom, l'effectif s'accroît et le collège se développe par des
acquisitions de terrains et de bâtiments.
Au temps de la Ligue, la vie du collège est troublée et les classes de Sainte-Barbe ferment à la fin de 1589.
En 1607, une vie nouvelle en qualité de ''petit collège'' commence. Les élèves sont tenus de suivre les cours des
collèges de plein exercice de l'Université.
Au mois d'avril 1793, le ''petit collège'' est obligé de fermer ses portes à cause de la Révolution, ses bâtiments
ayant été réquisitionnés comme bien national et attribués au collège de l'Égalité qui devient le Prytanée français
(actuel lycée Louis-le-Grand)
A la fin de la Révolution, Sainte-Barbe renaît grâce à l'initiative de Victor Lanneau, directeur-adjoint du
Prytanée depuis 1797, qui, l’année suivante, rachète les locaux de l'ancien collège. Le passé de Victor de
Lanneau est polémique. Ancien prêtre, il intègre en 1795 le Grand Orient de Paris et reste, comme beaucoup de
barbistes, lié à la franc-maçonnerie.
La maison est à nouveau appelée ''Collège Sainte-Barbe'' et le nouveau directeur reprend le modèle de l'ancienne
Sainte-Barbe : il établit une hiérarchie au sein de l'établissement, tout en maintenant un esprit familial. Le choix
des élèves est scrupuleux, et la sélection se veut d'être au mérite et non aux possibilités financières de la famille.
Si le collège a donné quelques cours, il est avant tout une pension pour le secondaire en 1815. Les élèves suivent
donc les cours du lycée, ou du collège, voisin de leur pension. A Sainte-Barbe des cours sont donnés le soir, et
des répétiteurs assistent les élèves et suivent leur évolution au sein de leurs études.
À sa mort de Victor de Lanneau, son fils, Adolphe prend la direction du collège. Le 3 avril 1838, Alexandre
Labrouste est appelé au poste de directeur et obtient la possibilité de choisir tous les maîtres et ses
collaborateurs. Après un procès gagné, Sainte-Barbe peut démolir et rebâtir à son compte des locaux vétustes.

Pour répondre à une nouvelle demande, Sainte-Barbe s'augmente d'une école préparatoire en 1835 sous la
direction du mathématicien Duhamel qui choisit en particulier Amédée Morel et Eugène Catalan comme
répétiteurs.
Le succès de la nouvelle école est rapide car, en 1853, plus du tiers de la promotion reçue à Polytechnique était
pensionnaire à Sainte-Barbe.

En 1892, Sainte-Barbe obtient une aide financière de l’État. Six ans plus tard, l'État achète le collège. L'année du
nouveau siècle, Sainte-Barbe est à nouveau au bord de la faillite. Suite à cette situation bancale, les locaux du
collège Sainte-Barbe sont attribués à la bibliothèque Sainte-Geneviève et détruits. Les élèves de Sainte-Barbe
suivent alors leurs cours dans les bâtiments de l'ancienne école préparatoire à partir de 1960. Toujours géré par

14
15

un conseil d'administration, le collège Sainte-Barbe, en proie à de perpétuelles difficultés financières, dues


notamment à sa volonté de rester entièrement privé et de ne pas passer de contrat avec l’État, augmente ses frais.
En juin 1999, Sainte-Barbe le plus ''vieux'' collège de Paris, ferme définitivement ses portes aux élèves.

4. Application 1. A small circle

VISION

Figure :

1a
I
B'
Q
B C
P A'

1'a
C'

Ia

Traits : ABC un triangle,


I le centre de ABC,
Ia le A-excentre de ABC,
1a le A-cercle de Mention de ABC,
P, Q les pieds des perpendiculaire abaissées resp. de I, Ia sur (BC)
et B', C' les pieds des perpendiculaires abaissées resp. de B, C sur (AI).

Donné : P, Q, B', et C' sont cocycliques. 13

VISUALISATION

• Scolie : 1a est le cercle de diamètre [IIa] ; il passe par B et C.

• Conclusion : d'après B. 1. Le cercle de Morel,


appliqué au quadrilatère cyclique BIaCI, P, Q, B', et C' sont cocycliques.

• Notons 1'a ce cercle.

Scolies : (1) 1'a est "A small circle" par Quang Tuan Bui
et ''le A-cercle de Morel de ABC'' par l'auteur.

13
Bui Q. T., A Small Tour Through Some Small Circles, Message Hyacinthos du 22/03/2006 ;
http://tech.groups.yahoo.com/group/Hyacinthos/.

15
16

(2) Le centre de 1'a

• Notons A' le milieu de [BC].

• D'après Mention "Theorem of shamrock"14 (Cf. Annexe 1), le centre de 1'a est le milieu de [IIa].

• D'après l'axiome de passage IIIb appliqué à

* la bande de frontières (IP), IaQ), A' est sur la médiatrice de [PQ]


* la bande de frontières (B'B), (C'C), A' est sur la médiatrice de [B'C'].

• Conclusion : A' est le centre de 1'a.

(3) A' est sur le cercle d'Euler de ABC.

Commentaire : ce résultat est utilisé par l'auteur pour proposer une nouvelle preuve, purement
synthétique, du théorème de Feuerbach.15

5. Application 2. Perpendiculaire à une médiane d'un quadrilatère cyclique

VISION

Figure :

N
0
B'
D
A'

F D' C'

E A M B

Traits : ABCD un quadrilatère cyclique,


0 le cercle circonscrit à ABCD,
M, N les milieux resp. de [AB], [CD],
E le point d'intersection de (AB) et (CD),
A', B', C', D' les pieds des perpendiculaires abaissées de A, B, C, D
resp. sur (CD), (AC), (CD), (AB)
et F le point d'intersection de (A'B') et (C'D').

Donné : (EF) est perpendiculaire à (MN).

14
trèfle en français.
15
Ayme J.-L., Le théorème de Feuerbach, G.G.G. vol. 1 ; http://perso.orange.fr/jl.ayme.

16
17

VISUALISATION

N
0
B'
D
A' V

U
F
D' C'
1
E A M B

• D'après B. 1. Le cercle de Morel, A', B', C', D' sont cocycliques.

• Notons 1 ce cercle,
2 le cercle de diamètre [AB] ; il passe par A', B' ;
3 le cercle de diamètre [CD] ; il passe par C', D' ;
et U, V les points d'intersection de 2 et 3.

• D'après Monge "Le théorème des trois cordes"16 appliqué à 1, 2 et 3, F est sur (UV).

N
0
B'
D
A' V

U
F D' C'
1
E A M B

• D'après Monge "Le théorème des trois cordes" appliqué à 0, 2 et 3, E est sur (UV).

• D'après l'axiome d'incidence Ia, E, F, U et V sont alignés.

16
Ayme J.-L., Le théorème des trois cordes, G.G.G. vol. 6 ; http://perso.orange.fr/jl.ayme.

17
18

• Scolie : (MN) est la droite des centres de 2 et 3.

• Conclusion : d'après "Le théorème de la médiatrice", (EF) est perpendiculaire à (MN).

Scolie : (MN) est une médiane de ABCD.

C. LE LIEUTENANT D'ARTILLERIE CALABRE

1. Le cercle de Calabre

VISION

Figure :

A
0

B'
A'
B A" C

C'
I

Traits : ABC un triangle,


0 le cercle circonscrit à ABC,
I le milieu de l'arc BC ne contenant pas A
A' le milieu du côté [BC],
A" le pied de la hauteur de ABC en A,
B' le pied de la perpendiculaire abaissée de B sur (AI)
et C' le pied de la perpendiculaire abaissée de C sur (AI).

Donné : A', B', A" et C' sont cocycliques.

VISUALISATION

• Scolie : (AI) est le A-bissectrice intérieure de ABC.

• Conclusion : d'après B. 1. Le cercle de Morel,


appliqué au quadrilatère cyclique ABIC, A', B', A" et C' sont cocycliques.

• Notons 1"a ce cercle.

18
19

Commentaire : ce résultat, cas particulier de celui d'Amédée Morel, a été utilisé par l'auteur pour
proposer une nouvelle preuve, purement synthétique, du théorème de Feuerbach.17
L'auteur montrera dans le paragraphe suivant que le centre de 1"a est sur le cercle
d'Euler de ABC.

Scolies : (1) 1"a est le "A-cercle de Calabre de ABC".

(2) Nous pouvons remplacer "intérieure" par "extérieure".

(2) Six nouveaux points sur le cercle d'Euler

en considérant chacune des trois bissectrices intérieures de ABC,


nous avons trois cercles de Calabre et trois centres sur le cercle d'Euler ;

en considérant chacune des trois bissectrices extérieures,


nous avons trois cercles de Calabre et trois centres sur le cercle d'Euler.

2. Une très courte note sur le lieutenant Calabre

Urbain Victor Calabre est né en 1846.


En 1866, Calabre est élève du collège Sainte-Barbe et intègre l'École Polytechnique en 1870.
Promu lieutenant d'artillerie, Calabre transmet sans démonstration sa conjecture concernant quatre points
cocycliques, au professeur de Sainte-Barbe, Raphaël Malloizel qui l'a publie en 1878 dans le Journal de
Mathématiques Élémentaire. La première démonstration complète a été donnée par John P. Taylor dans la
Nouvelle Correspondance 2 et un développement en a été donné par W. H. Levy dans Ladies' and gentlemen's
diary de 1875.

3. L'École Polytechnique

Lors de sa création en 1794 sous le nom d'École centrale des travaux publics, un concours d'entrée avait
été mis en place par la Convention pour éviter le favoritisme et les passe-droits.
Installée au Palais Bourbon, l'École organisée par Jacques-Elie Lamblardie, Gaspard Monge et Lazare Carnot
accueille 272 élèves à son ouverture. Après une deuxième session d'examen, la première promotion de 400
élèves doit suivre une instruction en mathématiques, physique et chimie sur une période de trois ans mais
l'établissement rencontre de nombreuses difficultés : les laboratoires n'étaient pas prêts, certains professeurs
s'avèrent médiocres et les premiers cours ne se font parfois que devant une trentaine d'élèves.
Claude Prieur décide alors de réformer l'École qui deviendra École polytechnique en 1795 et qui sera transférée à
l'hôtel de Lassay. L'adjectif ''polytechnique'' est apparu pour la première fois dans un document publié par lui-
même Programmes de l'enseignement polytechnique de l'École centrale des travaux publics afin de symboliser
la pluralité des techniques enseignées.
En 1805, Napoléon Ier donne à l'École un statut militaire et l'installe sur la montagne Sainte Geneviève, dans les
anciens locaux des collèges de Navarre, Tournai et Boncourt. Considérant qu'« il est dangereux de donner une
scolarité avancée à des gens qui ne sont pas issus de familles riches », il met fin à la gratuité des études en
imposant des frais annuels très élevés et modifie les épreuves du concours d'entrée afin de rendre indispensable
le passage par les lycées, payants, réservés de fait aux enfants de la bourgeoisie.
Le 13 avril 1816, l'École est congédiée pour indiscipline par Louis XVIII. Elle est recréée le 17 janvier 1817
sous le nom d'École royale polytechnique, puis prend le nom d'École impériale polytechnique sous le Second
Empire.
L'École est surnommée l' « X » depuis le milieu du XIXe siècle en raison de l'insigne de l'École, deux canons
croisés, ou par assimilation, de la prééminence des mathématiques dans la formation des polytechniciens.
En 1976, l'École déménage à Palaiseau (Essonne).

17
Ayme J.-L., Le théorème de Feuerbach, G.G.G. vol. 1 ; http://perso.orange.fr/jl.ayme.

19
20

4. Application 1. Un triangle isocèle

VISION

Figure :

I D Q

B C

Traits : ABC un triangle,


I le centre de ABC,
D, E les pieds des perpendiculaires abaissées resp. de A et C sur (BI)
et Q le milieu de [AC].

Donné : le triangle QED est Q-isocèle. 18

VISUALISATION

A
2 3
F E

R 1
I D Q

B O C

18
Atshiller-Court N., College Geometry, Barnes & Noble (1952) Exercice 2 p. 73.

20
21

• Notons F, R les pieds des B, C-hauteurs de ABC


et O le milieu de [BC].

• Notons 1 le cercle de diamètre [BC] ; il passe par E, F et R ;


et 2 le cercle de diamètre [AB] ; il passe par D et F.

• D'après B. 1. Le cercle de Morel


appliqué à ABC et à la B-bissectrice intérieure (BI), D, Q, E et F sont cocycliques.

• Notons 3 ce cercle.

• Les cercles 3 et 2, les points de base F et D, les moniennes (QFA) et (EDB),


conduisent au théorème 0 de Reim ; il s'ensuit que (QE) // (AB) ;
le triangle BRC étant R-rectangle, (AB) ⊥ (RC) ;
d'après l'axiome IVa des perpendiculaires, (QE) ⊥ (RC).

A
3
F E

Tq
R
I D Q 1

B O C

• Scolies : (1) E est le milieu de l'arc RC ne contenant pas B


(2) (QE) étant perpendiculaire à la corde [RC], (QE) passe par O.

• Notons P le second point d'intersection de (QEO) avec 1


et Tq la tangente à 3 en Q.

• Le quadrilatère PCEB ayant ses diagonales se coupant en O, est un rectangle ;


en conséquence, (BE) // (PC).

• Les cercles 1 et 3, les points de base E et F, les moniennes (PEQ) et (CFQ),


conduisent au théorème 1 de Reim ; il s'ensuit que (PC) // Tq ;
par transitivité de la relation //, (BE) // Tq.

• Conclusion : d'après "La tangente au sommet" (Cf. Annexe 2), le triangle QED est Q-isocèle.

21
22

Raphaël Malloizel est connu pour avoir écrit des articles dans le Journal de Mathématiques Élémentaires de
1879 et de 1881.

5. Application 2. Une droite passant par un point fixe

VISION

Figure:

A 0

K M

N
Bb

B C

Traits: 0 un cercle,
ABC un triangle inscrit dans 0,
Bb la B-bissectrice intérieure de ABC,
M, N les points d'intersection de Bb resp. avec les médiatrices de [BC], [BA],
et K le point d'intersection de la parallèle à (BC) passant par M
avec la parallèle à (BA) passant par N.

Donné: lorsque B varie sur 0, (BK) passe par un point fixe.19

VISUALISATION

19
An easy one. [perpend. Bisectors, parallels, fixed point], Mathlinks du 31/04/2004 ;
http://mathlinks.ro/viewtopic.php?p=20005.

22
23

A 0

K M
D Q
N
Bb

B C

• Notons D, E les pieds des perpendiculaires abaissées resp. de A et C sur Bb


et Q le milieu de [AC].

• D’après C. 4. Application 1. Un triangle isocèle, (1) (QD) // (KM)


(2) (QE) // (KN)
(3) le triangle QED est Q-isocèle ;
en conséquence, le triangle KMN est K-isocèle.

A 0

P E

K M
D Q
N
Bb

B C

• Notons P le point tel que DQEP soit un parallélogramme.

• Scolies : (1) Bb est la médiatrice de [PQ]


(2) B, K et P sont alignés
(3) (BQ) est la B-médiane de ABC.

• Conclusion partielle : (BK) est la B-symédiane de ABC.

23
24

B*

A 0
Ta

P E

K M
D Q
N
Bb

B C

Tc

• Notons Ta, Tc les tangentes à 0 resp. en A, C


et B* le point d'intersection de Ta et Tc.

• Par construction dune symédiane, (BK) passe par B*.

• Conclusion : lorsque B varie sur 0, (BK) passe par le point fixe B*.

6. Application 3. Deux droites perpendiculaires

VISION

Figure :

B'
C"
M

C' H B"

P
N

B A' C

24
25

Traits : ABC un triangle,


H l'orthocentre de ABC,
A'B'C' le triangle orthique de ABC,
M, N, P les milieux resp. de [B'C'], [C'A'], [A'B'],
B" le symétrique de B par rapport à N
et C" le symétrique de C par rapport à P.

Donné : (MH) est perpendiculaire à (B"C").

VISUALISATION

C" B'
M
C'
B"

H
P
N

B A' C

• Scolies : les quadrilatères BA'B"C' et CB'C"A' sont des parallélogrammes.

C" B'
M
C'
B"

H
D
P
N
E

B A' C

• Notons D, E les points d'intersection resp. de (A'B") et (CC'), de (A'C") et (BB').

• Par hypothèse : (CC') ⊥ (AB) ;


nous avons : (AB) // (A'B") ;
d'après l'axiome IVa des perpendiculaires, (CC') ⊥ (A'B") ;
en conséquence, le triangle DB"C' est D-rectangle.

• Mutatis mutandis, nous montrerions que le triangle EB'C" est E-rectangle.

25
26

1
C" Y B'

M
C'
Z B"
A*
H D
P
N
E

B A' C

• Notons Y, Z les points d'intersection de (AA') resp. avec (B'C"), (C'B")


et A* le pied de la A'-hauteur de A'B'C'.

• D'après Naudé "D'une hauteur à une bissectrice" (Cf. Annexe 3), (A'A) est la A'-bissectrice de A'B'C'.

• D'après C. 1. Le cercle de Calabre


appliqué à A'B'C' et à la A'-bissectrice intérieure (A'A), A*, M, Y et Z sont cocycliques.

• Notons 1 ce cercle.

1
C" Y B'

M
C' U
Z B"
A* 3
H
D
P
2
N
E

B A' C

• Notons 2 le cercle de diamètre [A'C'] ; il passe par A*, D et Z ;


3 le cercle de diamètre [B"H] ; il passe par D et Z ;
et U le second point d'intersection de 1 et 3.

• D'après Miquel "Le théorème des trois cercles concourants" (Cf. Annexe 4)
appliqué à 1, 2 et 3 concourants en Z et au triangle MC'H avec A* sur (MC'), D sur (C'H),
M, U et H sont alignés.

26
27

• Conclusion partielle : d'après Thalès "Triangle inscriptible dans un demi cercle", (B"U) ⊥ (MUH).

5
A

1
Y B'
C"
M 4
C' U, V
Z B"
A*
H
D
P
N
E

B A' C

• Notons 4 le cercle de diamètre [A'B'] ; il passe par A*, E et Y ;


5 le cercle de diamètre [C"H] ; il passe par E et Y ;
et V le second point d'intersection de 1 et 5.

• D'après Miquel "Le théorème des trois cercles concourants" (Cf. Annexe 4)
appliqué à 1, 4 et 5 concourants en Y et au triangle MHB' avec U sur (MH), E sur (HB'),
M, V et H sont alignés ;
en conséquence, U et V sont confondus.

• D'après Thalès "Triangle inscriptible dans un demi cercle", (MUH) ⊥ (C"U) ;


d'après l'axiome IVa des perpendiculaires, (B"U) // (C"U) ;
d'après le postulat d'Euclide, (B"U) = (C"U) ;
en conséquence, B", U et C" sont alignés.

• Conclusion : (MH) est perpendiculaire à (B"C").

D. LE PROFESSEUR RAPHAËL MALLOIZEL

1. Le cercle de Malloizel

VISION

Figure :

27
28

A
0

B'

A'
B A" C
C'
I

Traits : ABC un triangle,


0 le cercle circonscrit à ABC,
I un point de l'arc BC ne contenant pas A
A' le pied de la perpendiculaire abaissée de I sur [BC],
A" le pied de la hauteur de ABC en A,
B' le pied de la perpendiculaire abaissée de B sur (AI)
et C' le pied de la perpendiculaire abaissée de C sur (AI).

Donné : A', B', A" et C' sont cocycliques. 20

VISUALISATION

A
1

B'

A'
B A" C
C'
I
1a

• Considérons le quadrilatère ABIC et ses diagonales (AI) et (BC).

• Conclusion : d'après B. 1. Le cercle de Morel, A', B', A" et C' sont cocycliques.

• Notons 1a ce cercle.

Scolies : (1) 1a est "le A-cercle de Malloizel de ABC"


ou encore "le A-cercle généralisé de Calabre de ABC".

20
Malloizel R., Journal de Mathématiques Élémentaires (1878) 91.

28
29

(2) Le centre de 1a est sur le cercle d'Euler de ABC

3 2 4
B"

C" B'

A'
B A" L C

C'
I

• Notons B", C" les pieds des B, C-hauteurs de ABC,


2 le cercle d'Euler de ABC,
3 le cercle de diamètre [AB] ; il passe par A", B', B" ;
et 4 le cercle de diamètre [AC] ; il passe par A", C', C".

• D'après "Le triangle absent" (Cf. Appendice 1)


appliqué à 3 et 4, et à la monienne (B'AC'), (B"B') et (C"C') se coupent sur 2.

• Notons L ce point.

3 B" 4

C" B'

A'
B A" L C
C'
1a I
X

• D'après "Le triangle absent" (Cf. Appendice 1)


appliqué à 3 et 4, et la monienne (B''AC), (B"B') et (CC') se coupent sur 1.

• Notons X ce point.

29
30

3 B" 4

C" B'
Y
A'
B A" L C

C'
1

• D'après "Le triangle absent" (Cf. Appendice 1)


appliqué à 3 et 4, et à la monienne (BAC'') (C"C') et (BB') se coupent sur 1.

• Notons Y ce point.

3 3 B" 4

C" B'
Y
A'
B A" L C

C'
1
X

• D'après Thalès "Triangle inscriptible dans un demi cercle", [B'X] et [C'Y] sont deux diamètres de 1 ;
en conséquence, L est le centre de 1.

• Conclusion : le centre L de 1a est sur le cercle d'Euler de ABC.

2. Une très courte biographie de Raphël Malloizel

Raphaël Hippolyte Malloizel est né le 15 février 1847) à Paris (France).


Il a été élève au Lycée Louis Le Grand et a été lauréat au concours21 de la classe de rhétorique (science) en 1863.
Ancien élève de l'École Polytechnique, nous savons qu'il a été professeur au collège Sainte-Barbe et de
mathématiques spéciales au collège Stanislas à Paris.

21
Problème proposé au concours général dans la classe de rhétorique (sciences, année 1863),
Nouvelles annales de mathématiques, journal des candidats aux écoles polytechnique et normale, Sér. 2 (1853) 515-519 ;
http://www.numdam.org/item?id=NAM_1863_2_2__515_0

30
31

3. Le lycée Louis-le-Grand

Le lycée Louis-le-Grand ou Louis le Grand situé au 123 de la rue Saint-Jacques (Vième, Paris) est en
plein cœur du Quartier latin.
Guillaume du Prat, évêque de Clermont, qui avait rencontré en 1542 Claude Le Jay, au concile de Trente invite
les Jésuites à ouvrir un Collegium Societatis Iesu dans son hôtel parisien. Ce collège qui ouvre ses portes le 1er
octobre 1563, connaît rapidement un grand succès si bien qu'un agrandissement est envisagé. Rappelons que ce
collège sera désigné sous le nom de collège de Clermont par ses élèves.
En 1594, le roi Henri IV ayant été frappé d'un coup de couteau par un ancien élève du collège de Clermont, Jean
Châtel, décide après de nombreuses querelles de fermer le collège.
En 1606, les Jésuites obtiennent du Roi de pouvoir reprendre possession de leur collège mais à condition de ne
pas y enseigner et ceci jusqu'en 1610 où ils retrouveront le droit de donner toutes sortes d'enseignement. Il faut
attendre le 15 février 1618 pour la réouverture effective du collège.
En 1682, le Roi-Soleil lui accorde son patronage officiel et l'établissement reçoit le nom de Collegium Ludovici
Magni i.e. Collège de Louis le Grand.
À la suite de la banqueroute du père Lavalette, le Collège Louis le Grand reçoit le 3 mai 1762 l'avis officiel
d'avoir à congédier sans délai maîtres et élèves. Les Jésuites étant expulsés, Louis-le-Grand devient le chef-lieu
de l'université de Paris qui rassemble 28 collèges dont celui de Sainte-Barbe et le roi Louis XV en devient le
second fondateur.
Le nouveau principal relance la compétition intellectuelle avec l'université de Paris en instituant en 1766 le
concours de l'agrégation et organise dans son sein une École Normale préparant à l'agrégation.
Rappelons que les élèves qui devaient rester au collège pour toute la durée de leurs études, avaient après le
baccalauréat, la possibilité de choisir entre la préparation à l'agrégation, les études de médecine, de droit ou de
théologie.
De 1792 à 1794, le collège est nommé Collège Égalité. En 1800, il est appelé Collège de Paris, puis en 1802
reçoit le titre de Lycée de Paris, premier établissement à recevoir la dénomination de ''Lycée'' en France. En
1805, il est connu sous le nom de Lycée impérial, puis de Louis le Grand sous la Restauration,, de collège royal
de Louis le Grand sous la seconde restauration en 1848, de lycée Descartes sous la jeune et éphémère
République, de Lycée Louis le Grand en 1849, de lycée impérial Louis le Grand sous le second Empire, de
Lycée Descartes de 1870 à 1873, et définitivement de lycée Louis le Grand en mars 1873.

31
32

F. APPENDICE

1. Le triangle absent

VISION

Figure :

Z
X
Y
P
A
Ma
P'

3 2
B

Traits : 1, 2 deux cercles sécants,


A, B les points d'intersection de 1 et 2,
Ma une monienne passant par A,
P, P' les seconds points d'intersection de Da resp. avec 1, 2,
3 un cercle passant par B,
X, Y les seconds points d'intersection de 3 resp. avec 1, 2
et Z le point d'intersection de (PX) et (P'Y).

Donné : Z est sur 3.

VISUALISATION

• Conclusion : d'après Miquel "Le théorème des trois cercles concourants" (Cf. Annexe 4)
appliqué au triangle ZPP' avec X sur (ZP), A sur (PP'), Y sur (P'Z), Z est sur 3.

32
33

G. ANNEXE

1. Theorem of shamrock22 ou théorème de Jules A. Mention

3 A
Q'
R'
I 0 2

B C

P'
1

Traits : ABC un triangle,


0 le cercle circonscrit à ABC,
I le centre de ABC,
P', Q', R' le points d'intersection resp. de (IA), (IB), (IC) avec 0
et 1, 2, 3 les cercles de centres resp. P', Q', R' passant resp. par B et C, C et A, A et B.

Donné : 1, 2 et 3 sont concourants en I.

2. La tangente au sommet

A Ta

B C

Traits : ABC un triangle,


0 le cercle circonscrit à ABC
et Ta la tangente à 0 en A.

Donné : ABC est A-isocèle si, et seulement si, Ta est parallèle à (BC).

3. D'une hauteur à une bissectrice23

22
trèfle en français.
23
Naudé P., Miscellana Besolinensia 5 (1737) 17.

33
34

VISION

Figure :

B'
C'

B A' C

Traits : ABC un triangle acutangle,


et A'B'C' le triangle orthique de ABC.

Donné : la A-hauteur de ABC est la A'-bissectrice intérieure de A'B'C'.

Commentaire : lorsque ABC est A-obtusangle, le résultat reste inchangé.

4. Le théorème des trois cercles concourants24

R
3

B
2
C M

Ma
P A Q
1

Traits : 1, 2, 3 trois cercles concourants,


M le point de concours de 1, 2, 3,
A le second point d'intersection de 1 et 2,
Ma une A-monienne de 1 et 2,
P, Q les seconds points d'intersection de Ma resp. avec 1, 2,
B, C les seconds points d'intersection de 3 resp. avec 2, 1
et R un point de 3.

Donné : (QBR) est une monienne de 2 et 3

24
Miquel A., Théorèmes de Géométrie, Journal de mathématiques pures et appliquées de Liouville 3 (1838) 485-487.
Forder H. G., Geometry, Hutchinson (1960) 17.

34
35

si, et seulement si,


(PCR) est une C-monienne de 1 et 3.

Commentaire : ce résultat est une réciproque du pivot de Miquel25.


Il reste vrai dans les cas de tangence des droites ou de deux cercles

25
Miquel, Théorèmes de Géométrie, Journal de mathématiques pures et appliquées de Liouville vol. 1, 3 (1838) 485-487.

35

Vous aimerez peut-être aussi