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Complementarite

Cet article explore le concept de complémentarité dans la géométrie du triangle, en commençant par un historique et des contributions de figures clés comme Maurice d'Ocagne. Il présente des exemples concrets et conclut par une généralisation géométrique introduite par Adolphe Mineur, élargissant la perspective sur ce sujet. Les théorèmes évoqués sont démontrés de manière synthétique et les figures sont en position générale.

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Complementarite

Cet article explore le concept de complémentarité dans la géométrie du triangle, en commençant par un historique et des contributions de figures clés comme Maurice d'Ocagne. Il présente des exemples concrets et conclut par une généralisation géométrique introduite par Adolphe Mineur, élargissant la perspective sur ce sujet. Les théorèmes évoqués sont démontrés de manière synthétique et les figures sont en position générale.

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COMPLÉMENTARITÉ

HISTORIQUE - EXEMPLES - GÉNÉRALISATION

Jean-Louis AYME

M
C'
B'
Q
R

B A' C

Résumé. Nous présentons le concept de complémentarité dans le cadre de la Géométrie du


Triangle.
L'article commence par un court historique, relate l'apport de Maurice d'Ocagne, se
poursuit par des exemples et se termine par une généralisation géométrique amorcée
algébriquement par Adolphe Mineur qui offre aux géomètres un nouveau point de vue
nettement plus large.
Les figures sont toutes en position générale et tous les théorèmes cités peuvent tous
être démontrés synthétiquement.
2

Sommaire

A. Historique 3
B. Maurice Philbert d'Ocagne 5
C. Définitions 6
1. Point complémentaire ou la construction d'Ocagne
2. Le point d'Ocagne
3. Point anticomplémentaire - construction
D. Exemples 14
1. Complément du complément et point médian d'un quadrilatère
2. Complément du complément et points médians partiels d'un quadrilatère
3. Complément du complément et gaussienne d'un quadrilatère
4. Complément d'un point de Ceva
5. Anticomplément d'un point de Ceva
6. Anticomplément du point de Bevan ou le point de Longuet-Higgins
7. Anticomplément du point de Feuerbach ou le point X100
E. Généralisation ou la P-complémentarité 31
1. Le point de vue adopté
2. La P-complémentarité
3. Cohérence
F. Annexe 36
1. Le théorème faible de Desargues
2. Tiers-point et milieu

Avertissement : les références indiquées sont celles trouvées par l'auteur et peuvent donc être modifiées.

2
3

A. HISTORIQUE

C'est au début du III-ième siècle avant notre ère qu'Euclide1 d'Alexandrie évoque le centre O du cercle
circonscrit d'un triangle dans ses Éléments. Quelques décennies plus tard, Archimède2 de Syracuse s'intéresse à
deux points remarquables d'un triangle, le point médian G qu'il appelle "χεντρον βαρϖν" et à l'orthocentre3 H
qui, durant de nombreux siècles, sera appelé "point d'Archimède".

H G O

En 1765, Léonhard Euler4 est le premier géomètre a avoir l'intuition de regrouper l'orthocentre, le point médian
et le centre du cercle circonscrit d'un triangle sur une droite qui aujourd'hui porte son nom. Cette démarche allait
donner à la future "Géométrie du Triangle", le premier moule d'une synthèse d'un ordre plus élevé dont la nature
allait être expliquée par ses successeurs.
En 1836, Christian von Nagel5 écrit un livre intitulé Le développement de la géométrie moderne du triangle dans
lequel il présente quatre autres triades6 analogues à celle d'Euler par exemple, les trois triades formées par

(1) le point de Nagel, le point médian et le centre du cercle inscrit

Na G I

(2) le point de Gergonne Ge, le point médian G et le Mittenpunckt

Ge G Mt

(3) le centre du cercle circonscrit O, le point médian G et le centre du cercle d'Euler

O G N

En 1866, Carl Gustave Reuschle7 du lycée de Stuttgart (Allemagne), généralise le résultat d'Euler en considérant
les couples de points (P, P') relativement à un triangle donné pour lesquels G est le second tiers-point du segment
[PP'] à partir de P.

P G P'

Reuschle observe que cette relation est vérifiée par un sommet du triangle et le milieu du côté opposé, ainsi que
par les points extrêmes participant aux triades précédentes. Travaillant sur la relation de conjugaison qui lie P à

1
Euclide (vers 325 - vers 265 a. J.-C.), proposition 5, Livre IV des Éléments.
2
Archimède, proposition 13, Sobre el equilibrio de los platos, Livre I (vers 225 a. J.-C.).
3
Archimède, Scolies, lemme 5.
Heath T. L., Works of Archimedes, Cambridge, 1897, Lemmas 5.
4
Euler, Solutio facilis, 1765.
5
Nagel (von) C., Untersuchungen ueber die wichtigsten zum Dreieck gehoerigen Kreise (1836)
6
Baptist P., Die Entwicklung der Neueren Dreiecksgeometrie, Wissenschaftsverlag, Mannheim (1992).
7
Reuschle C. G. (1812-1875), Über die Punckte des dreiecks, deren Verbindungsstrecken wom Schwerpunckt gedrittelt, Zeitschrift
für Mathemùatik und Physik 11 (1866) 475-493.

3
4

P', il donne à (P, P') le nom de "couple de Nagel" et à (PP'), le nom de "droite d'Euler". Il présente à son tour,
quatre nouveaux couples de Nagel dont celui-ci

Fe

O
I G
N Na

B C

où X est le point d'intersection de la droite joignant l'orthocentre au point de Feuerbach Fe avec la droite joignant
le point de Nagel au centre du cercle circonscrit d'un triangle, et Y le point diamétralement opposé à Fe sur le
cercle d'Euler de ce triangle. Précisons que ses trois autres couples de Nagel mettent en oeuvre les points adjoints
de Fe et les trois cercles exinscrits.

M
C'
B'
Q
R

B A' C

En 1882, Maurice d'Ocagne découvre une construction des couples (P, P') en considérant les symétriques de P
par rapport aux sommet du triangle médian A'B'C' de ABC.

4
5

En 1884, Émile Hain8 revisitant la relation de conjugaison en prenant pour exemple un sommet d'un triangle et le
milieu du côté opposé, observe que celui-ci est le sommet correspondant du triangle complémentaire (médian,
médial). En conséquence, il préfère envisager cette conjugaison sous l'aspect de la complémentarité. Ainsi, ce
milieu devient le point complémentaire du sommet correspondant et par extension, P', le complémentaire de P.
En 1886, Gaston Gohierre de Longchamps9 envisage la relation réciproque. Ainsi, P devient l'anticomplément de
P'.
L'année suivante, Émile Vigarié10, est apparemment le premier géomètre à formuler dans le langage vectoriel,
cette complémentarité.

Comme la recherche ne désire nullement s'arrêter en si bon chemin, le professeur Adolphe Mineur (1867-1950)
de l'université de Bruxelles (Belgique) écrit en 1924 Cubiques Anallagmatiques11 un livre de 77 pages dans
lequel il présente la meilleure description des cubiques d'un triangle selon le regretté Steve Sigur12. Dans ce livre,
Mineur expose algébriquement en recourrant aux coordonnées barycentriques et trilinéaires, une extension du
concept de complémentarité que de récents chercheurs traduiront géométriquement.

B. MAURICE PHILBERT D'OCAGNE

La géométrie pure, classique,


prolongement naturel des éléments d'Euclide
est une source intarissable d'enchantement
pour l'esprit auquel elle ouvre
les plus gracieuses, les plus captivantes perspectives
et fait goûter le plaisir délicat des démonstrations les plus fines,
des développements les plus ingénieux.

Maurice D'Ocagne est né le 26 mars 1862 à Paris (France).


Issu d'une vieille famille normande, fixée à Paris au XVIII-ème siècle, son père Mortimer d'Ocagne est connu
pour avoir publié un ouvrage sur les Grandes Écoles de France.

8
Hain E., Archives de Grunert (1885) 214.
9
Longchamps (de) G., Journal de Mathématiques Élémentaires (1886) 131.
10
Vigarié E., Mathesis 7 (1887) 6, 57.
11
Mineur A., Cubiques Anallagmatiques, Librairie J. van Dijl, 38-38a Rue des Étudiants, Bruxelles.
12
http://www.paideiaschool.org/Teacherpages/Steve_Sigur/resources/analagmatic%20cubics/analagmatic%20cubics.html.

5
6

Élève du collège Chaptal, puis du lycée Fontanges, il entre en 1880 à l'École Polytechnique après avoir déjà
publié dans le Journal de Mathématiques de Bourget, et en sort comme ingénieur dans le corps des Ponts et
Chaussées.
En 1883, il écrit un article dans les Nouvelles Annales de mathématiques où il introduit le terme de "symédiane"
lequel allait remplacer celui de "médiane antiparallèle" introduit par Lemoine dans les Nouvelles Annales de
1873.
En 1885, il est affecté à Cherbourg pour y construire une station hydraulique.
En 1892, il reçoit le prix Leconte pour sa Nomographie publiée l'année précédente et en 1894 le prix Dalmont
pour l'ensemble de ses travaux mathématiques, ces deux prix étant décernés par L'Académie des Sciences.
Répétiteur à l'École polytechnique en 1893, puis professeur de géométrie à l'École Nationale des Ponts et
Chaussées l'année suivante, il prend la direction du Service des cartes en 1901.
Nommé professeur à l'École Polytechnique en 1912, il est invité deux années après au colloque de la Edinburgh
Mathematical Society pour donner deux conférences.
En 1920, il devient Inspecteur général des Ponts et Chaussées et est élu Académicien libre à l'Académie des
sciences, le 30 janvier 1922,
Il décède le 23 septembre 1938 au Havre (France).13

En 1955, son ami René Dugas, ingénieur des Mines, complète et publie une Histoire abrégée des sciences
mathématiques.
Rappelons que sous le pseudonyme de Pierre Delix, Maurice d'Ocagne a produit quelques essais littéraires, et
notamment une comédie en un acte, la Candidate, qui a eu plus de cent représentation à Paris au théâtre Cluny
(1888-89).
Pour terminer, notons aussi qu'une avenue et une école maternelle du XIV-ème arrondissement de Paris portent
son nom.

C. DÉFINITIONS

1. Point complémentaire ou la construction d'Ocagne

VISION

Figure :

M
C'
B'
Q
R

B A' C

13
http://www-groups.dcs.st-and.ac.uk/~history/BiogIndex.html.

6
7

Traits : ABC un triangle,


M un point,
A'B'C' le triangle médian de ABC
et P, Q, R les symétriques de A, B, C resp. par rapport à A', B', C'

Donné : (AP), (BQ) et (CR) sont concourantes. 14

VISUALISATION

M
C'
B'
Q
R

B A' C

• D'après Thalès "La droite des milieux"


appliqué resp. aux triangles ABC et MPQ, (AB) // (A'B') et (A'B') // (PQ) ;
par transitivité de la relation //, (A'B') // (PQ).

• Mutatis mutandis, nous montrerions que (B'C') // (QR) et (C'A') // (RP).

M
C'
B'
Q
R

M'
B A' C

• Conclusion : d'après Desargues "Le théorème faible" (Cf. Annexe 1)


appliqué aux triangles indirectement homothétiques ABC et PQR,

14
d'Ocagne M. (1882).

7
8

(AP), (BQ) et (CR) sont concourantes.

• Notons M' ce point de concours.

Énoncé traditionnel : le triangle déterminés par


les symétriques d'un point par rapport aux sommets du triangle médian d'un triangle
est en perspective avec ce triangle.

Scolies : (1) miliosité de M'

M
C'
B'
R Q
M'

B A' C

• D'après Thalès "La droite des milieux" appliqué resp. à ABC et MPQ, AB = 2.A'B' et 2.A'B' = PQ ;
par transitivité de la relation =, AB = PQ.

• Le quadrilatère ABPQ ayant deux côtés opposés égaux et parallèles, est un parallélogramme ;
en conséquence M' est le milieu de [AP] et [BQ].

M
C'
B'
Q
R

M'
B A' C

• Mutatis mutandis, nous montrerions que M' est le milieu de [CR].

8
9

• Conclusion : M' est le milieu de [AP], [BQ], [CR].

(2) Le point médian de ABC

G
M'

B A' C

• Notons G le point d'intersection de (AA') et (MM').

• Par définition, G est le point médian du triangle MAP et est situé au tiers de [AA'] à partir de A'.

• Conclusion : G est le point médian de ABC

(3) Un alignement et une relation

M G M'

M, G et M' sont alignés dans cet ordre et GM' = ½. GM.

(4) Terminologie

* M' est "le point complémentaire15 de M relativement à ABC".

Pour faire court,


M' est le complément de M relativement à ABC.

* M' est le point subordonné ou inférieur ou image médiale16 de M relativement à ABC

Note historique : le terme "points complémentaires"17 a été initié Christian von par Nagel18 en 1836,
repris par Maurice P. d’Ocagne en 1882, par Émile Hain en 1885, par Gaston Gohierre
de Longchamps19 en 1886, et formulé par Émile Vigarié20 en 1887.

15
En anglais, inferior, subordinate ou medial image i.e. the complement of a point with respect to a triangle is the image of this
point in the homothety centered at the centroid of this triangle and having factor -1/2.
16
Terminologie de John Horton Conway.
17
Hain E., Archives de Grunert (1885) 214.
18
Von Nagel C. H., Le développement de la géométrie moderne du triangle (1836).
19
de Longchamps G., Journal de Mathématiques Élémentaires (1886).
20
Vigarié E., Mathesis 7 (1887).

9
10

Commentaire : nous avons une technique pour construire le complément d'un point relativement à un
triangle.

(5) Deux parallèles

G
M'

B A' C

• Conclusion : (AM) // (A'M').

Commentaire : cette technique pour construire le complément d'un point relativement à un triangle
sera plus efficace par la suite.
Rappelons que nous partons de M pour aller à un sommet du triangle, puis nous allons
par parallélisme au sommet correspond du triangle médian.
Pour résumer, nous allons du triangle ABC à son triangle complémentaire A'B'C'.

2. Le point d'Ocagne

VISION

Figure :

10
11

A 0

M
1
C' B'

Q
R

M'
B A' C

Traits : ABC un triangle,


0 le cercle circonscrit à ABC,
M un point de 0,
A'B'C' le triangle médian de ABC,
P, Q, R les symétriques de A, B, C resp. par rapport à A', B', C',
M' le point d'intersection de (AP), (BQ), (CR)
et 1 le cercle d'Euler de ABC.

Donné : M' est sur 1. 21

VISUALISATION

A 0

C' B'

Q
R

M'
B A' C

21
d'Ocagne M..

11
12

• Scolie : d'après C. 1. Le point complémentaire, [AP], [BQ] et [CR] concourent en leur milieu M'.

A 0

M
1
C' B'

Q
R

M'
B A' C

• D'après Thalès "La droite des milieux" appliqué

(1) au triangle MAP, (M'A') // (MA) ;


(2) au triangle ABC, (A'B') // (AB) , (B'C') // (BC) ;
(3) au triangle MCR, (C'M') // (CM).

• Scolies : (1) 1 est le cercle circonscrit de A'B'C'


(2) le quadrilatère A'B'C'M' est homothétique à ABCD.

• Le quadrilatère ABCD étant cyclique, A'B'C'M' est cyclique.

• Conclusion : d'après "Le cercle d'Euler"22, M' est sur 1.

Scolies : (1) M' est "le point d'Ocagne de M relativement à ABC".

(2) Un alignement et une relation

M G M'

• Notons G le point médian de ABC.

• Conclusion : M, G et M' sont alignés dans cet ordre et GM = 2.GM'.

3. Point anticomplémentaire – construction

VISION

22
Ayme J.-L., La fascinante figure de Cundy, G.G.G. vol. 2, p. 3 ; http://perso.orange.fr/jl.ayme.

12
13

Figure :

M
C'
B'
Q
R
M'

B A' C

Traits : ABC un triangle,


M' un point,
P, Q, R les symétriques de A, B, C par rapport à M'
et A'B'C' le triangle médian de ABC.

Donné : (A'P), (B'Q) et (C'R) sont concourantes.

VISUALISATION

• La preuve se calque inversement sur la démarche mis en œuvre dans C. 1. Le point complémentaire.

• Conclusion : (A'P), (B'Q) et (C'R) sont concourantes.

• Notons M ce point de concours.

Énoncé traditionnel : le triangle déterminés par


les symétriques d'un point par rapport aux sommets d'un triangle est en perspective
avec le triangle médian de ce triangle.

Scolies : (1) miliosités

• Conclusion : A', B', C' sont resp. les milieux de [MP], [MQ], [MR].

(2) Un alignement et une relation

• Notons G le point médian de ABC

M G M'

13
14

M, G et M' sont alignés dans cet ordre et GM = 2.GM'.

(3) Terminologie

* M est le point anticomplémentaire de M' relativement à ABC.


Pour faire court,
M est l'anticomplément de M' relativement à ABC.

* M est le point supérieur23 de M' relativement à ABC.

Commentaire : nous avons une technique pour construire l'anticomplément d'un point relativement à un
triangle.

(4) Deux parallèles

M'

G P

B A' C

• Conclusion : (AM) // (A'M').

Commentaire : cette technique pour construire le complément d'un point relativement à un triangle
sera plus efficace par la suite.
Rappelons que nous partons de M" pour aller à un sommet du triangle
complémentaire, puis nous allons par parallélisme au sommet correspond du triangle.
Pour résumer, nous allons du triangle (médian) A'B'C' à son triangle
anticomplémentaire ABC.

D. EXEMPLES

1. Complément du complément et le point médian d'un quadrilatère

VISION

Figure :

23
Terminologie de John Horton Conway.

14
15

M
A

M"

B C

Traits : ABC un triangle,


et M, M" deux points.

Donné : M" est le complément du complément de M relativement à ABC


si, et seulement si,
M" est le point médian du quadrilatère ABCM.

VISUALISATION NÉCESSAIRE

M
A

B A' C
M'

• D'après C. 1. Le point complémentaire, scolie 6,


construisons le point complémentaire de M relativement à ABC.

• Notons A' le milieu de [BC],


G le point médian de ABC
et M' le point d'intersection de la parallèle à (AM) passant par A' avec (MG).

• Conclusion partielle : (1) M' est le complément de M relativement à ABC


(2) M, G et M' sont alignés dans cet ordre
(3) GM = 2.GM'.

15
16

M
A

M"

B A' C
M'

• D'après C. 1. Le point complémentaire, scolie 5,


construisons le point complémentaire de M' relativement à ABC.

• Notons M" le point d'intersection de la parallèle à (AM') passant par A' avec (M'G).

• Scolies : (1) M" est le complément de M' relativement à ABC


(2) M', G et M" sont alignés dans cet ordre
(3) GM' = 2.GM".

• Conclusion partielle : M" est le complément du complément de M relativement à ABC.

M
A*
A

M"

B A' C
M'

• Scolie : M" est le milieu de [MM'].

• Notons A* le milieu de [AM].

• D'après Thalès "La droite des milieux" appliqué au triangle AMM', (A'M') passe par A*.

• D'après l'axiome de passage IIIb appliqué à la bande de frontières (AM) et (A'M'),


M" est le milieu de [A'A*].

• Conclusion : M" étant le milieu de la médiane [A'A*] du quadrilatère ABCM,


M" est le point médian du quadrilatère ABCM.

VISUALISATION SUFFISANTE

16
17

M
A*
A

M"

B A' C

• Notons A' le milieu de [BC]


et A* le milieu de [AM].

• Scolie : M" est le milieu de [A'A*]

M
A*
A

M"

B A' C

• Notons G le point médian de ABC

• Scolie : G est le premier tiers-point de [AA'] à partir de A'.

• D'après "Tiers-point et milieu" (Cf. Annexe 2) appliqué au triangle AA'A*, G, M" et M sont alignés.

M
A*
A

M"

B A' C
M'

• Notons M' le point d'intersection de la parallèle à (AM) passant par A' avec (MG).

• D'après C. 1. Le point complémentaire, scolie 5, M' est le complément de M relativement à ABC.

17
18

• D'après l'axiome de passage IIIb appliqué à la bande de frontières (AM) et (A'M'),


M" est le milieu de [MM'].

• Conclusion : d'après la condition nécessaire,


M" est le complément du complément de M relativement à ABC.

Note historique : en 2002, Darij Grinberg24 s'est intéressé au cas où M est le centre du triangle ABC.
Dans ce cas, M" est répertorié sous X1125 chez ETC.

2. Complément du complément et points médians partiels d'un quadrilatère

VISION

Figure :

B'

C'
M
Gb
Gc

Ga

B A' C

Traits : ABC un triangle,


M un point,
A'B'C' le triangle M-cévien de ABC
et Ga, Gb, Gc les points médians resp. des triangles MBC, MCA, MAB.

Donné : (AGa), (BGb) et (CGc) sont concourantes. 25

VISUALISATION

• Commentaire : Ga, Gb, Gc sont trois des quatre points médians partiels du quadrilatère ABMC,
le quatrième étant le point médian G de ABC.
Pour faire court, nous pouvons faire référence au résultat de Jakob Steiner suivant :

24
Grinberg D., Message Hyacinthos # 7892 du 28/12/2002.
25
Bui Q. T., Three Centroïd around Cevian Triangle, Message Hyacinthos # 13793 du 28/07/2006 ;
http://tech.groups.yahoo.com/group/Hyacinthos.

18
19

(AGa), (BGb), (CGc) et (MG) concourent au point médian du quadrilatère ABMC


ainsi que ses deux médianes et la droites joignant les milieux de ses deux diagonales.

Pour éviter "d'écraser" ce problème, l'auteur a préféré reprendre une partie de la


preuve et faire découvrir ainsi au lecteur certains liens avec d'autres problèmes.

A* B'

C'
M
Gb
Gc

Ga

B A' C

• Notons A* le milieu de [AM].

• Scolies : (1) A*, Gc et B sont alignés


(2) A*, Gb et C sont alignés.

• D'après Thalès "Rapports", (GbGc) // (BC).

B'

C'

Gc M Gb

M"

Ga

B A' C

• Mutatis mutandis, nous montrerions que (GcGa) // (CA)


(GaGb) // (AB).

• Conclusion : les triangles GaGbGc et ABC étant homothétiques,

19
20

d'après Desargues "Le théorème faible" (Cf. Annexe 1),


(AGa), (BGb) et (CGc) sont concourantes.

• Notons M" ce point d'intersection.

Note historique : ce résultat de Quang Tuan Bui datant de 2006 a été redécouvert par Nguyen Van
Linh26 en 2009.
Rappelons que l'origine de cette question revient à Jakob Steiner27.

Scolies : (1) une autre droite passant par M"

B'

C'
M
Gb
Gc
M"

Ga

B A' C

• Notons G le point médian de ABC.

• Conclusion : mutatis mutandis, nous montrerions que (MG) passe par M".

Commentaire : G est le dernier des quatre points médians partiels du quadrilatère ABMC.

(2) Nature de M"

26
A concurrent problem, Mathlinks du 10/07/2009 ; http://www.artofproblemsolving.com/Forum/viewtopic.php?f=46&t=287985
27
Steiner J., Gesammelte Werke 1, p. 128 ; Annales de Gergonne 19.

20
21

B'
A*

C'

Gc M Gb

M"

Ga

B A' A" C

• Notons A" le milieu de [BC].

• D'après "Le trapèze complet" appliqué au trapèze BCGbGc, A*, M" et A" sont alignés.

B'
A*

C'
B"
Gc M Gb

M"
B*

Ga

B A' A" C

• Notons B* le milieu de [BM]


et B" le milieu de [CA].

• Mutatis mutandis, nous montrerions que B*, M" et B" sont alignés.

• Conclusion partielle : M" est le point médian du quadrilatère ABCM.

• Conclusion : d'après D. 1. Complément du complément et le point médian d'un quadrilatère


M" est le complément du complément de M relativement à ABC.

(3) Un point sur une gaussienne

21
22

• (B*B") est la gaussienne28 du quadrilatère complet ABCM ; elle passe par le milieu de [A'C'].

• Conclusion : (B*B") passe par M".

Note historique : la nature géométrique du point de concours a été redécouverte par Éric Danneels 29.

3. Complément du complément et gaussienne d'un quadrilatère

VISION

Figure :

B'
A*
C'
B"
C" M

C*

B*

B A' A" C

Traits : ABC un triangle,


M un point,
A'B'C' le triangle M-cévien de ABC,
A", B", C" les milieux resp. de [BC], [CA], [AB]
et A*, B*, C* les milieux resp. de [B'C'], [C'A'], [A'B'].

Donné : (A"A*), (B"B*) et (C"C*) sont concourantes. 30

VISUALISATION

• Notons M" le complément du complément de M.

• D'après D. 2. Complément du complément et points médians partiels d'un quadrilatère, scolie 3,

28
Ayme J.-L., La droite de Gauss et la droite de Steiner, G.G.G. vol. 4 ; http://perso.orange.fr/jl.ayme.
29
Danneels E., Three Centroïd around Cevian Triangle, Message Hyacinthos # 13797du 28/07/2006 ;
http://tech.groups.yahoo.com/group/Hyacinthos.
30
A concurrent problem, Mathlinks du 10/07/2009 ; http://www.artofproblemsolving.com/Forum/viewtopic.php?f=46&t=287985.
Concurrent lines II, Mathlinks du 23/05/2007 ;
http://www.artofproblemsolving.com/Forum/viewtopic.php?t=150123&ml=1.

22
23

(1) la gaussienne (A*A") du quadrilatère complet ABMC passe par M"

(2) la gaussienne (B*B") du quadrilatère complet BCMA passe par M"

(3) la gaussienne (C*C") du quadrilatère complet CAMN passe par M".

• Conclusion : (A"A*), (B"B*) et (C"C*) sont concourantes.

4. Complément d'un point de Ceva

VISION

Figure :

X
B'

A"
C'

C"
Z
B"

Y
B A' C

Traits : ABC un triangle,


M un point,
A'B'C' le triangle M-cévien de ABC,
A", B", C" les milieux resp. de [B'C'], [C'A'], [A'B'],
et X, Y, Z les symétriques de P resp. par rapport à X, Y, Z.

Donné : (AX), (BY) et (CZ) sont concourantes. 31

VISUALISATION

• Scolie : M est le point de Ceva de A'B'C' relativement à ABC.

31
Believe me it's not very hard [reflections in midpoints], Mathlinks du 13/06/2004 ;
http://www.artofproblemsolving.com/Forum/viewtopic.php?f=47&t=6187.

23
24

X
B'
A*
A"
C'

M"
C"
Z
B" M'

Y
B A' C

• Notons A* le milieu de [AM]


et M" le complément du complément de M.

• D'après 2. Complément du complément et points médians partiels d'un quadrilatère,


la gaussienne (A*A") du quadrilatère complet ABMC passe par M".

X
B'
A*
A"
C'

M"
C"
Z
B" M'

Y
B A' C

• Notons M' le complément de M.

• D'après D. 1. Complément du complément et le point médian d'un quadrilatère,


M" est le milieu de [MM'].

• Conclusion partielle : (AX) passe par M'.

24
25

X
B'
A*
A"
C'

M"
C"
Z
B" M'

Y
B A' C

• Mutatis mutandis, nous montrerions que (BY) passe par M'.


(CZ) passe par M'.

• Conclusion : (AX), (BY) et (CZ) sont concourantes.

Scolie : les quadrilatères XB'MC', YC'MA' et ZA'MB' sont des parallélogrammes. 32

5. Anticomplément d'un point de Ceva

VISION

Figure :

32
Nicula V., Concurrence in a triangle, Mathlinks du 27/02/2009 ;
http://www.artofproblemsolving.com/Forum/viewtopic.php?f=47&t=261303.

25
26

B'

C'
C"
M B"
Lb

Lc

La

B A' A" C

Traits : ABC un triangle,


M un point,
A'B'C' le triangle M-cévien de ABC,
A", B", C" les isotomiques de A", B", C" resp. par rapport à [BC], [CA], [AB]
et La, Lb, Lc les parallèles à (AA'), (BB'), (CC') passant resp. par A", B", C".

Donné : La, Lb et Lc sont concourantes. 33

VISUALISATION

B'

C'
C"
M B"
Lb

Lc
M*
La
A*
B A' A" C

A+

33
Funny Lemma, Mathlinks du 16/06/2008 ; http://www.artofproblemsolving.com/Forum/viewtopic.php?f=47&t=210277.

26
27

• Notons M* le point d'intersection de La et Lb,


A* le milieu de [BC]
et A+ le point d'intersection de (M*A*) et (AA').

• D'après l'axiome de passage IIIb, A* est le milieu de [M*A+]


ou encore, A+ est le symétrique de M* par rapport à A*.

• Conclusion partielle : (AA') passe par le complément de M* relativement à ABC.

• Mutatis mutandis, nous montrerions que (BB') passe par le complément de M* relativement à ABC.

• Par hypothèse et par définition, M est le complément de M* relativement à ABC.

• Conclusion partielle : par définition, M* est l'anticomplément de M relativement à ABC.

B'

C'
C"
M
B"
Lb

Lc
M'*

B A" C

• Notons M'* le point d'intersection de Lb et Lc.

• Mutatis mutandis, nous montrerions que M'* est l'anticomplément de M relativement à ABC ;
en conséquence, M'* et M* sont confondus.

• Conclusion : La, Lb et Lc sont concourantes.

6. Anticomplément du point de Bevan ou le point de Longuet-Higgins

VISION

Figure :

27
28

R23

R12 B
C

R31

Traits : ABC un triangle,


1 le cercle de centre A et de rayon AB + AC,
2 le cercle de centre B et de rayon BC + BA,
3 le cercle de centre C et de rayon CA + CB,
et R12, R23, R31 les axes radicaux resp. de 1 et 2, de 2 et 3, de 3 et 1.

Donné : R12, R23 et R31 sont concourants. 34

VISUALISATION

• Commentaire : nous admettons que les trois cercles sont sécants deux à deux.

• Conclusion : d'après Monge "Le théorème des trois cordes" 35,


R12, R23 et R31 sont concourants.

• Notons Lh ce point de concours.

Scolies : (1) nature de Lh

34
Longuet-Higgins M. S., On the principal Centers of a Triangle, Elemente der Mathematik 56 (2001) 122-129.
35
Ayme J.-L., Le théorème des trois cordes, G.G.G. vol. 6 ; http://perso.orange.fr/jl.ayme.

28
29

Oa'
C"

1'a
B"
A B'
C' Be
G

X C
B

A'
2

• Notons A'B'C' le triangle antimédian de ABC,


1'a le A'-excercle de A'B'C',
Oa' le centre de 1'a
et B", C" les points de contact de 1'a resp. avec (A'C), (A'B').

• Un calcul segmentaire : BB" = BC' + C'B" ;


BC' = CA , C'B" = ½ (A'B' + B'C' + C'A') – A'C' ;
A'B' = 2.AB , B'C' = 2.BC , C'A' = 2.CA ;

BB" = CA + AB + BC + CA – 2.CA
BB" = AB + AC ;

en conséquence, 1'a passe par B".

• Mutatis mutandis, 1'a passe par C".

• Par définition, * 1'a est orthogonal à 2 et 3


* Oa' est sur R23.

• Notons Be, Be' les points de Bevan resp. de ABC, A'B'C'.

• R23 étant perpendiculaire à (B'C'), R23 passe par Be'.

• Mutatis mutandis, nous montrerions que R31 passe par Be'


R12 passe par Be' ;
en conséquence, Be' et Lh sont confondus.

• Conclusion : Lh est l'anticomplément de Be relativement à ABC.

(2) Lh est "le point est le Longuet-Higgins de ABC".

29
30

Note historique : ce problème a été posé par Floor van Lamoen36 en 1999 de le Monthly.
Une solution en a été donnée par J. C. Binz37 l'année suivante.
Ce même problème a été reproposé en 1999 par Jiro Fukuta38 dans le College
Mathematical Journal.

7. Anticomplément du point de Feuerbach ou le point X100

VISION

Figure :

Fe 0

G Na

B C

Traits : ABC un triangle,


0 le cercle circonscrit à ABC,
O le centre de 0,
G le point médian de ABC,
Fe le point de Feuerbach de ABC
et Na le point de Nagel de ABC.

Donné : (ONa) et (GFe) concourent sur 0.

VISUALISATION

36
van Lamoen F., E10734, Amer. Math. Montly 106 (1999) 470.
37
Binz J. C., E10734, Amer. Math. Montly 107 (2000) 658-659.
38
Fukuta J., problem 664, College Math. J., (nov. 1999).

30
31

Fe 0

O
G
I
Na
N

B C

X100

• Notons I le centre de ABC


et N le centre du cercle d'Euler de ABC.

• D'après "Le point de Feuerbach" 39, I, N et Fe sont alignés.

• D'après "La droite d'Euler" 40, N, G et O sont alignés et GO = 2.GN.

• D'après "La droite de Nagel" 41, I, G et Na sont alignés et GNa = 2.GI.

• D'après Thalès "Rapports", (INFe) et (ONa) sont parallèles.

• Notons X le point d'intersection de (GFe) et (ONa).

• D'après Thalès "Rapports", OX = 2. NFe.

• D'après Feuerbach "Le centre N" 42, X est sur 0.

• Conclusion : (ONa) et (GFe) concourent sur 0.

Scolies : (1) X est répertorié sous X100 chez ETC

(2) X100 est l'anticomplément de Fe relativement à ABC.

E. GÉNÉRALISATION

OU LA

P-COMPLÉMENTARITÉ

39
Ayme J.-L., Le théorème de Feuerbach, G.G.G. vol. 1 ; http://perso.orange.fr/jl.ayme.
40
Ayme J.-L., La fascinante figure de Cundy, G.G.G. vol. 2, p. 3 ; http://perso.orange.fr/jl.ayme.
41
Ayme J.-L., Cinq théorème de Christian von Nagel, G.G.G. vol. 3, p. 10 ; http://perso.orange.fr/jl.ayme.
42
Ayme J.-L., La fascinante figure de Cundy, G.G.G. vol. 2, p. 4 ; http://perso.orange.fr/jl.ayme.

31
32

1. Le point de vue adopté

M
B'
C'
G
M'

B A' C

Rappelons la démarche historique sous le point de vue des triangles.

Pour le point complémentaire

Nous partons d'un triangle ABC et de son triangle complémentaire (médian) A'B'C' en perspective de centre G,
point médian de ABC et A'B'C', et admettant la droite à l'infini pour axe de perspective.
Ensuite, nous envisageons un point M et la droite (MG).
Enfin, nous considérons le complément M' de M, intersection de la parallèle à (MA) passant par A' avec (MG).

Notons que (MA) et (M'A) se coupent sur la droite à l'infini.

Pour le point anticomplémentaire

M'
B'
C'
G

B A' C

Nous partons d'un triangle A'B'C' et de son triangle anticomplémentaire (antimédian) ABC en perspective de
centre G, point médian de A'B'C' et ABC, et admettant la droite à l'infini pour axe de perspective.
Ensuite, nous envisageons un point M' et la droite (MG).
Enfin, nous considérons l'anticomplément M de , intersection de la parallèle à (M'A') passant par A avec (M'G).

Notons que (M'A') et (MA) se coupent sur la droite à l'infini.

2. La P-complémentarité

32
33

Pour le point complémentaire

M
P
A

A"
B'

C' P

M'

B A' C

Nous partons d'un triangle ABC et d'un triangle cévien A'B'C' en perspective de centre P, et admettant la droite P
pour axe de perspective.
Ensuite, nous envisageons un point M et la droite (MP).
Enfin, nous considérons le complément M' de M, intersection de la droite brisée (MAA') en A" sur P avec (MP).

Pour le point anticomplémentaire

33
34

M'
P
A

B'

C' P

M
B A' C

A"

Nous partons d'un triangle A'B'C' et d'un triangle anticévien ABC en perspective de centre P, et admettant la
droite P pour axe de perspective.
Ensuite, nous envisageons un point M' et la droite (M'P).
Enfin, nous considérons l'anticomplément M de M', intersection de la droite brisée (MA'A') en A" sur P avec
(M'P).

3. Cohérence

VISION

Figure :

34
35

A"
A

B'
P

C' P
M'

U
B A' C

B"

C"

Traits : ABC un triangle,


P un point,
A'B'C' le triangle P-cévien de ABC,
U, V, W les points d'intersection de (BC) et (B'C'), de (CA) et (C'A') de (AB) et (A'B'),
M un point,
et A", B", C" les point d'intersection resp. de (MA), (MB), (MC) avec (UVW),

Donné : (A'A"), (B'B") et (C'C") sont concourantes.

VISUALISATION

• Scolie : (UVW) est l'axe de perspective de A'B'C' et ABC.

• Notons M' le point d'intersection de (A'A") et (B'B").

• Les triangles M'A"B" et PAB admettant (A'B'W) pour axe de perspective, sont perspectifs.

• D'après Desargues "Le théorème des deux triangles"43, (M'P), (A"A) et (B"B) sont concourantes.
43
Ayme J.-L., Une rêverie de Pappus, G.G.G. vol. 6, p. 39 ; http://perso.orange.fr/jl.ayme.

35
36

• Conclusion partielle : M', P et M sont alignés.

• Notons M'1 le point d'intersection de (B'B") et (C'C").

• Mutatis mutandis, nous montrerions que M'1, P et M sont alignés.


en conséquence, M'1 et M' sont confondus.

• Conclusion : (A'A"), (B'B") et (C'C") sont concourantes.

Scolies : (1) M' est le P-complément de M relativement à ABC.

(2) Lorsque P est le point médian G de ABC, nous retrouvons la définition originale.

(3) Lorsque I est le centre de ABC, nous dirons que

* le triangle central A'B'C' est le triangle supplémentaire de ABC


* M' est le supplément de M relativement à ABC.

Commentaire : l'auteur laisse le soin au lecteur d'envisager le P-anticomplément et l'antisupplément


de M relativement à ABC.

Note historique : les termes de supplément et d'antisupplément sont de Joseph Neuberg.


Pour le regretté Steve Sigur44, ces concepts se trouvent dans le livre d'Adolphe Mineur
écrit en 1924 et intitulé Cubiques Anallagmatiques

Remerciements : ils vont particulièrement à Bernard Gibert45 qui a su m'éclairer sur le concept de
P-complément.

4. Vers une généralisation plus large

Nous partons d'un triangle ABC


Ensuite, nous envisageons un triangle P-cévien de ABC, d'axe P et un second triangle M-cévien
la droite (MP).
Enfin, nous considérons le complément M' de M, intersection de la droite brisée (MAA') en A" sur P avec (MP).

F. ANNEXE

1. Le théorème faible de Desargues

44
Sigur S., Triangle Geometry, http://www.paideiaschool.org/Teacherpages/Steve_Sigur/geometryIndex.htm.
45
Gibert B., Cubics in the Triangle Plane, http://bernard.gibert.pagesperso-orange.fr/index.html.

36
37

C'

C B'
B

O A A'

Traits : ABC un triangle,


et A'B'C' un triangle tel que (1) (AA') et (BB') soient concourantes en O
(2) (AB) soit parallèle à (A'B')
(3) (BC) soit parallèle à (B'C')

Donné : (CC') passe par O si, et seulement si, (AC) est parallèle à (A'C').

2. Tiers-point et milieu

F
E

B C D

Traits : ABC un triangle,


F le second tiers-point de [BA] à partir de B,
E le milieu de [AC]
et D le point d'intersection de (EF) et (BC).

Donné : C est le milieu de [BD].

37

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