Les Ondes mécaniques
I. Définition
On appelle onde mécanique le phénomène de propagation d'une perturbation dans un milieu
élastique matériel, sans transport de matière mais avec transfert d'énergie. On peut classer les
ondes suivant le sens de la perturbation comparé à la direction de la propagation. On distingue
alors des ondes longitudinales et les ondes transversales.
II. Les ondes transversales
La perturbation (déformation) du milieu est perpendiculaire à la direction de propagation de
l'onde. Exemple : onde électromagnétique, onde progressant sur une corde, une vague.
III. Les ondes longitudinales
La perturbation (déformation) à la même direction que le déplacement (propagation). Exemple
le ressort
propagati
Onde
Déformati
IV. Front d'onde : Onde plane – Onde sphérique
IV-1 Surface d’onde ou front d’onde
La lumière est une onde électromagnétique caractérisée par les champs 𝐵 ⃗ , 𝐸⃗ une direction de
⃗ . L’ensemble des plans perpendiculaires à 𝑘
propagation caractérisée par le vecteur d’onde 𝑘 ⃗ et
périodiquement espacés constituent les surfaces d’onde d’où le terme d’onde plane.
1
Pour une source qui rayonne de façon identique dans toutes les directions depuis un point O, les
surfaces d’ondes correspondent à des sphères de centre O.
En général, un front d’onde est un ensemble de points pour lesquels la fonction d’onde a la même
phase.
IV-2 Rayon d’onde
On appelle rayon d'onde une ligne de propagation de l'onde. Un rayon d'onde est toujours en
tout point perpendiculaire aux fronts d'onde.
V. Outils mathématiques - Equation d’ondes de d’Alembert
Pour décrire une onde, il est nécessaire de la représenter par une fonction u décrivant la
déformation du milieu en chacun de ses points ; u est appelée fonction d’onde. Elle est solution
de l’équation de propagation. L’onde évoluant au cours du temps, u sera une fonction de la
variable temps (t) et espace (x, y, z). Dans un mouvement unidimensionnel, une seule coordonnée
(x par exemple), sera suffisante.
L’équation de propagation des ondes appelée équation de d'Alembert à une dimension est de la
2u 1 2u 1 2u
forme : - = 0 ou u
x 2 c 2 t 2 c 2 t 2
𝑐 = célérité de l’onde ; Δ = opérateur Laplacien.
En coordonnées cartésiennes le Laplacien s’écrit :
𝝏𝟐 𝝏𝟐 𝝏𝟐
∆= 𝟐 + 𝟐 + 𝟐
𝝏𝒙 𝝏𝒚 𝝏𝒛
Solution unidimensionnelle : Soit la fonction 𝑢(𝑥, 𝑡), la solution générale de l’équation d’onde
(équation de d’Alembert) est de la forme :
𝒙 𝒙
𝒖(𝒙, 𝒕) = 𝒇(𝒙 − 𝒄𝒕) + 𝒈(𝒙 + 𝒄𝒕) ou 𝒖(𝒙, 𝒕) = 𝒇 (𝒕 − 𝒄 ) + 𝒈 (𝒕 + 𝒄 ) avec f et g des fonctions
continues quelconques.
Interprétation physique : les ondes planes progressives ou régressives
2
𝒙
La fonction f(𝒕 − 𝒄 ) correspond à un signal qui se propage dans le sens des x positifs.
𝒙
La fonction g (𝒕 + 𝒄 ) correspond à un signal qui se propage dans le sens des x négatifs,
généralement due à une réflexion (présence d’obstacle). On parle pour f d'onde progressive et
pour g d'onde régressive.
VI. Ondes planes progressives sinusoïdales
a) Définitions et exemples
Une onde mécanique progressive est dite sinusoïdale si elle est engendrée par une perturbation
sinusoïdale.
Exemples : une corde élastique dont l’une des extrémités est reliée à un diapason ; ondes
progressives produites à la surface d’une cuve à eau, ou plonge une pointe liée à l’une des
branches d’un diapason.
Ondes sinusoïdales le long d’une corde (à gauche) ; rides circulaires à la surface de l’eau d’une cuve.
b) Points en phase et en opposition de phase
Des points sont en phases s’ils ont le même état vibratoire (même élongation et même vecteur
vitesse). Ils sont en opposition de phase si les élongations sont opposées et les vecteurs-vitesse
opposés.
Deux points séparés par une distance multiple de la longueur d’onde λ vibrent en phase
si: d = k.λ , avec k Є N*.
Deux points distants d’un nombre impair de demi-longueurs d’onde sont dits en
𝜆
opposition de phase si : d = (2k + 1) 2 , avec 𝑘 Є 𝑁.
VII. Fonction d’onde
Soit 𝑦(0, 𝑡) = 𝐴 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡), l’équation du mouvement de la source. Un point M à la distance x de
la source reprend le mouvement de la source avec un retard égal à 𝑡0 = 𝑥/𝑣, t0 étant le temps
mis pour parcourir la distance x. A la distance x de la source et au temps t, l’onde a la valeur
qu’avait la source au temps 𝑡 − 𝑡0 = 𝑡 − 𝑥/𝑣.
On a donc : 𝒚(𝒙, 𝒕) = 𝒚(𝟎, 𝒕 − 𝒙/𝒗) = 𝑨 𝒄𝒐𝒔𝝎(𝒕 − 𝒙/𝒗).
Une onde progressive sinusoïdale se déplaçant à la vitesse v dans le sens des x positifs, est
représentée par :
𝒙 𝝎𝒙
𝒖 (𝒙, 𝒕) = 𝒚(𝒙, 𝒕) = 𝑨 𝒄𝒐𝒔𝝎 (𝒕 − ) = 𝑨 𝒄𝒐𝒔 (𝝎𝒕 − )
𝒗 𝒗
3
2𝜋
Avec : ω = et 𝜆 = 𝑣𝑇, on trouve
𝑇
𝟐𝝅 𝟐𝝅𝒙
𝒚(𝒙, 𝒕) = 𝑨 𝒄𝒐𝒔 ( 𝒕 − )
𝑻 𝝀
2𝜋
Posons 𝑘 = 𝜆 , k est appelé nombre d’onde. Alors nous obtenons :
𝒚(𝒙, 𝒕 ) = 𝑨 𝒄𝒐𝒔(𝝎𝒕 − 𝒌𝒙)
Soit, en mettant en évidence les deux périodes (spatiale et temporelle)
𝒕 𝒙
𝒚(𝒙, 𝒕) = 𝑨 𝒄𝒐𝒔𝟐𝝅 ( − )
𝑻 𝝀
Si l’onde se déplace en sens inverse, dans le sens des x négatifs, le même calcul donne :
𝒚(𝒙, 𝒕) = 𝑨 𝒄𝒐𝒔(𝝎𝒕 + 𝒌𝒙)
En général, la solution de l’équation de propagation d’une onde progressive sinusoïdale est
donnée par :
𝒚(𝒙, 𝒕 ) = 𝑨 𝒄𝒐𝒔(𝝎𝒕 ± 𝒌𝒙 + 𝝋)
A est appelée l’amplitude de l’onde (position verticale maximum), exprimée en mètre (m) ;
ω est la pulsation de l’onde, en rad/s ; k est le nombre d’onde en rad/m ;
φ est appelée la phase initiale de l’onde, en rad/s, sa valeur est donnée par les conditions initiales.
Remarque : Il ne faut pas confondre la vitesse de propagation v de l’onde et la vitesse transversale
d’une particule du milieu considéré. Ainsi la vitesse et l’accélération d’une particule en une
position x sont données par :
𝝏𝒚
𝒗𝒚 = = ±𝝎𝑨𝒔𝒊𝒏(𝝎𝒕 ± 𝒌𝒙 + 𝝋)
𝝏𝒕
et
𝝏𝒗𝒚 𝝏𝟐 𝒚
𝒂𝒚 = = 𝟐 = ±𝝎𝟐 𝑨𝒄𝒐𝒔(𝝎𝒕 ± 𝒌𝒙 + 𝝋)
𝝏𝒕 𝝏𝒕
VII.1 Impédance d'une onde
Par analogie avec l'impédance électrique qui mesure l'opposition d'un circuit électrique au
passage d'un courant alternatif, on peut définir l'impédance d’une onde comme la mesure de la
réponse du milieu au passage de l’onde.
Z = p/v (p = pression ; v = vitesse).
- Pour une onde à une dimension (ex une corde), Z = v2/v = v, avec = densité linéique en
kg/m)
- Pour une onde à deux dimensions (surface d’un tambour), l'impédance Z = .v avec = masse
surfacique kg/m2.
- Pour une onde à trois dimensions (onde sonore), l’impédance Z = .v ou représente la
densité du milieu ; Z est en kg/m3).
VII.2 Transmission et réflexion des ondes
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Si nous désignons par Z1 l'impédance du milieu 1 et Z2 l'impédance du milieu 2, on peut alors
définir les coefficients de transmission t et de réflexion r.
On définit les coefficients de réflexion et de transmission d’une l'onde en amplitude grâce aux
formules suivantes :
Z1 - Z2
Coefficient de réflexion en amplitude r =
Z1 + Z2
2.Z1
Coefficient de transmission en amplitude : t = 1 + r t =
Z1 + Z2
2
2 Z -Z
Coefficient de réflexion en énergie (en intensité) : R = r = 1 2
Z1 + Z2
𝑍 4𝑍1 𝑍2
Coefficient de transmission en énergie (en intensité) : T = 1-R, aussi 𝑇 = 𝑍2 𝑡 2 = (𝑍 2
1 1 +𝑍2 )
Cas particuliers
Pour Z1 = Z2, T=1 et R=0 (pas de réflexion), l'onde incidente est entièrement
transmise.
Pour Z2 = infini R = 1; T = 0, il n'y a aucune transmission, la réflexion est totale
avec un changement de signe (en acoustique, cela correspond à une réflexion sur
un milieu infiniment dur)
Pour Z2 = 0 T = 0, R = 1, on a une réflexion sans changement de signe (en
acoustique, cela correspond à une réflexion sur un milieu infiniment mou)
Remarque :
Pour une onde électromagnétique, Z1 et Z2 correspondent aux indices n1 et n2 séparant deux
milieux par un dioptre.