L3 Poly Calcul Diff 2022
L3 Poly Calcul Diff 2022
2022-2023, L3
Matthieu Alfaro.
ii
AVERTISSEMENT :
Ce poly est un document en construction, qui contient sûrement quelques coquilles voire
erreurs et ne demande qu’à s’améliorer.
Ce poly est incomplet et aride à la lecture seule. Il prend son sens une fois complété par les
explications, les reformulations, les dessins, les lemmes, les preuves, les exemples donnés en
cours, et les exercices traités en TD.
Bref, ce poly n’est qu’un support...
Ce poly est librement inspiré de plusieurs cours préexistants, cf notamment [1], [2] qu’on
peut aller voir pour rentrer dans certains détails passés ici sous silence.
Les figures du Chapitre 1 sont fournies par B. Charlier.
Le programme de l’UE est constitué des chapitres 1, 2, 3, 4. Mais le reste pourra
vous intéresser un jour...
Table des matières
2 Différentiabilité 10
2.1 Définition et premiers exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2 Opérations sur les différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.3 Inégalité des accroissements finis et applications . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
5 Extrema liés 35
5.1 Un exemple/exercice naïf . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
5.2 Une contrainte, multiplicateur de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
5.3 Plusieurs contraintes, multiplicateurs de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . 36
5.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
iii
iv TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 1
1.1 Continuité
Définition 1.1.1 (Continuité). On considère f : U ⊂ Rn → Rp et un point a ∈ U . On dit
que f est continue en a si
∀ε > 0, ∃α > 0, ∀x ∈ U, kx − ak < α =⇒ kf (x) − f (a)k < ε.
On dit que f est continue sur U si elle est continue en tout point a ∈ U .
1
2 CHAPITRE 1. FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES
10
20
z z 0
4 −10 4
0 2 2
−4 0 −4 0
−2 0 −2 0
2 4 −4
−2
y 2 4 −4
−2
y
x x
4 4
30
2 10
2
20
y 0 y 0 0
10
−2 −2
−10
−4 −4
−4 −2 0 2 4 −4 −2 0 2 4
x x
9
7 8 −20
6 4 −15 −5
2 4
5 −5
−10
9
0
2
2
9
6
1 0
3
8
7
5
y 0 y 0
7
4
10
10
8
6
4
3
0
15
15
2
1
2
−2 0
20
20
3 −5
5
9
−2 5 4 −10
87
9
6 −15 −5
7 −4
5
8 −20
9
−2 −1 0 1 2 −4 −2 0 2 4
x x
Figure 1.1 – A gauche : f (x, y) = x2 + y 2 (fonction radiale). A droite : f (x, y) = x2 − y 2 . En
haut : le graphe (paraboloïde/selle de cheval). Au milieu : vue de dessus. En bas : les lignes
de niveau.
1.1. CONTINUITÉ 3
1 0.5
z 0.5 z 0
0 10 4
−0.5 2
−10 −5 0 −4 0
0 5
−2 0
10−10 y 2 4 −4
−2
y
x x
4 4 0.4
2 2 0.2
0.5
y 0 y 0 0
−2
−2 −0.2
0
−4
−4 −0.4
−4 −2 0 2 4 −4 −2 0 2 4
x x
0.4
4 4
2 0.2
0.5 2
y 0 y 0 0
−2 −2
−0.2
0
−4 −4
−0.4
−4 −2 0 2 4 −2 0 2
x x
√
sin( 2 2
Figure 1.2 – A gauche : f (x, y) = √ x +y ) (fonction radiale). A droite : f (x, y) =
2 2
x +y
2 2
(x3 + y)e−x −y . En haut : le graphe. Au mileu : vue de dessus. En bas : les lignes de niveau.
4 CHAPITRE 1. FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES
y 0
−2
−3 −2 −1 0 1 2 3
x
Vous savez qu’en ajoutant, multipliant, divisant ou composant “proprement” des fonctions
continues on obtient encore une fonction continue. Ainsi f : R2 → R définie par f (x, y) =
esin(xy)
x2 +y 2 +1
est clairement continue sur R2 . Cependant il faut parfois revenir à la définition pour
prouver la continuité ou la non continuité en certains points.
Exemple 1.1.2. Etudier la continuité de f : R2 → R et g : R2 → R définies par
( 2 2 (
x y xy
x 2 +y 2 si (x, y) 6
= (0, 0) x 2 +y 2 si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) = , g(x, y) = .
0 si (x, y) = (0, 0) 0 si (x, y) = (0, 0)
1
z 0.5
z
0 10 0
−10 0
−5 0 5 −10 −5 0 5 10
10−10 y
x x
1 z 0.5
0 10 0
−10 0
−5 0 5 −10 −5 0 5 10
10−10 y
x y
√
sin( 2 2
Figure 1.4 – En haut à gauche : graphe de f (x, y) = √ x +y ) . En haut à droite la première
x2 +y 2
√ (de la variable x) définie par g1 (x) = f (x, −2). En bas à gauche : graphe
application partielle
sin( x2 +y 2 )
de f (x, y) = √ . En bas à droite la deuxième application partielle (de la variable y)
x2 +y 2
définie par g2 (y) = f (6, y).
1.4. EXERCICES 7
Ainsi “pour dériver partiellement par rapport à une variable, on fait comme si toutes les autres
variables étaient des constantes”...
Définition 1.3.4 (Matrice jacobienne, Jacobien). Soit f : U ⊂ Rn → Rp . Soit a ∈ U .
Si f admet une dérivée partielle en a par rapport à tous les xj (1 ≤ j ≤ n) alors il en
va de même pour toutes les applications composantes fi (1 ≤ i ≤ p). On appelle alors
matrice jacobienne de f en a la matrice notée Df (a) de taille (p, n) définie par
∂f1 ∂f1
∂x1 (a) ......... ∂xn (a)
∂fi .. ..
Df (a) := (a) = . ∈ Mp,n (R).
∂xj .
1≤i≤p,1≤j≤n ∂fp ∂fp
∂x1 (a) . . . . . . . . . ∂xn (a)
D(f1 , · · · , fn )
Jacf (a) = (a) := Det Df (a).
D(x1 , · · · , xn )
Exemple 1.3.5. On donne f : R3 → R2 définie par f (x, y, z) = (x2 + yez , xy + y 2 ). Ecrire
la matrice jacobienne en un point (x, y, z).
Exemple 1.3.6. On donne f :]0, +∞[×]0, 2π[→ R2 définie par f (r, θ) = (r cos θ, r sin θ).
Calculer le jacobien en un point (r, θ).
Définition 1.3.7 (Gradient). Soit f : U ⊂ Rn → R admettant une dérivée partielle en a ∈ U
par rapport à tous les xj (1 ≤ j ≤ n). Alors la matrice jacobienne de f en a est de taille
(1, n), cad un vecteur ligne. La transposée de ce vecteur ligne est un vecteur colonne appelé
−−−→
gradient de f en a et noté ∇f (a), ou Grada f . On a donc
∂f
∂x1 (a)
∇f (a) = ... .
∂f
∂xn (a)
1.4 Exercices
Exercice 1.4.1. Représenter dans R2 les ensembles de définition des fonctions définies par
f (x, y) = x2 + y 2 ,
g(x, y) = xy,
x2
(
x2 +y 2
si (x, y) 6= (0, 0),
h(x, y) =
0 sinon.
x2 −y 2
2. f (x, y) = x2 +y 2
.
|x+y|
3. f (x, y) = x2 +y 2
.
x2 +y 2 −1 sin(x2 )+sin(y 2 )
4. f (x, y) = x sin x, √ .
x2 +y 2
3x2 + xy
f (x, y) = p .
x2 + y 2
f continue sur R2 =⇒ pour tout y, gy continue sur R et pour tout x, gx continue sur R.
Exercice 1.4.9. Déterminer les matrices jacobiennes, et le jacobien s’il existe, des applica-
tions suivantes :
1. f : R2 → R définie par f (x, y) = x cos(y − x).
2. g : R → R3 définie par g(t) = (cos t, sin t, t).
3. h : R2 → R2 définie par h(x, y) = (xy, ex cos y).
Exercice 1.4.10. On donne f : Rn → R définie par f (x) = kxk2 . Calculer, lorsqu’il existe,
∇f (a) le gradient de f en a ∈ Rn .
On se donne une direction unitaire e = (cos θ, sin θ). Montrer que, pour tout θ ∈ R, la dérivée
directionnelle De f (0, 0) existe et la calculer. Montrer aussi que f n’est pas continue en (0, 0).
Chapitre 2
Différentiabilité
Dans tout ce chapitre E, F et G désignent des R espaces vectoriels normés de dimension finie,
par exemple Rn , ou Mn (R) l’ensemble des matrices carrées réelles de taille n. On désignera
par U un ouvert de E et U 0 un ouvert de F . On va considérer des fonctions f
f : U ⊂ E → F,
et g : U 0 ⊂ F → G.
On voudrait mieux contrôler le o(1)... On se souvient que, pour une fonction de la variable
réelle f : U ⊂ R → F ,
En cas d’existence une telle application linéaire continue dfa est unique. On dit alors que
l’application linéaire dfa est tangente à f en a.
Exemple 2.1.2. Si E = R alors on est face à une fonction de la variable réelle et il serait bon
que la notion de dérivabilité en a coïncide avec celle de différentiabilité en a. C’est bien le cas :
f est dérivable en a si et seulement si f est différentiable en a et, dans ce cas l’application
linéaire dfa : U ⊂ R → F est définie par
10
2.2. OPÉRATIONS SUR LES DIFFÉRENTIELLES 11
Exemple 2.1.3. Si f ∈ L(E, F ) est déjà une application linéaire alors elle est différentiable
en tout a ∈ E et dfa = f (ou f 0 (a) = f ).
Exemple 2.1.4. Si B : E × E → F est une application bilinéaire alors B est différentiable
en tout point (x, y) ∈ E 2 et dB(x,y) = B 0 (x, y) ∈ L(E 2 , F ) est donnée par
f différentiable en a =⇒ f continue en a.
et donc
−−−→
f (a + h) = f (a) + hGrada f, hi + o(h) quand h → 0.
ATTENTION, la réciproque est fausse : l’existence de toutes les dérivées partielles ne suffit
pas à assurer la différentiabilité, cf Exercices 1.4.11 et 2.4.1.
Notation différentielle : il est très commode de noter df l’image par l’application linéaire
f 0 (x) d’un vecteur arbitraire noté dx, et donc
df = f 0 (x) |{z}
dx .
|{z} | {z }
∈F ∈L(E,F ) ∈E
Exemple 2.3.1. La fonction f : R → R2 définie par f (t) = (cos t, sin t) ne vérifie pas l’égalité
des accroissements finis.
Heureusement, l’inégalité des accroissements finis reste vraie pour les fonctions de la variable
réelle à valeurs vectorielles (cf semestres précédents). On en déduit alors assez facilement
l’inégalité des accroissements finis pour les fonctions de E dans F .
Alors
kf (b) − f (a)kF ≤ M kb − akE .
n
X ∂f
dfa (h) = (a)hj pour h ∈ Rn .
∂xj
j=1
2.4 Exercices
Différentielles et dérivées partielles
∂g ∂g
Exercice 2.4.1. On reprend la fonction g de l’Exemple 1.1.2. Montrer que ∂x (0, 0) et ∂y (0, 0)
existent. Montrer que f n’est pas différentiable en (0, 0). Que dit cet exercice sur la Proposition
2.1.6 ?
∂f ∂f
Montrer que f est continue en (0, 0), que les dérivées partielles ∂x (0, 0) et ∂y (0, 0) existent,
et que f n’est pas différentiable en (0, 0).
Montrer qu’on peut prolonger f par continuité en 0 et que f devient alors différentiable en 0.
Que vaut df0 ?
Exercice 2.4.6. Calculer la différentielle de f au point (a, b) dans les cas suivants.
√
1. f (x, y) = x y, (a, b) = (1, 4).
2. f (x, y) = xy , (a, b) = (6, 3).
3. f (x, y) = sin(x + 2y), (a, b) = (π, 0).
√
4. f (x, y) = x + ey , (a, b) = (1, 0).
Exercice 2.4.7. Pour les quatre fonctions f , g ,h, u de R2 dans R définies ci-dessous :
1. En quels points la fonction est elle continue ?
2. Calculer les dérivées partielles aux points où elles existent.
2.4. EXERCICES 15
3. En quels points la fonction admet elle des dérivées directionnelles suivant tout vecteur ?
4. En quels points la fonction est-elle différentiable ?
√ xy
(
si (x, y) 6= (0, 0) xy
2 2 2 2 si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) = x +y g(x, y) = x +y
0 sinon. 0 sinon.
( 2 ( 2
x y x y
2 2 si (x, y) 6= (0, 0) 4 2 si (x, y) 6= (0, 0)
h(x, y) = x +y u(x, y) = x +y
0 sinon. 0 sinon.
Calculs de différentielles
Exercice 2.4.9. On donne f : A ∈ Mn (R) 7→ A2 ∈ Mn (R). Montrer que f est différentiable
en tout A ∈ Mn (R) et déterminer dfA .
Exercice 2.4.10. Montrer que l’application f : Mn (R) → Mn (R) définie par f (A) = tAA
est différentiable en tout A ∈ Mn (R) et déterminer dfA .
a b
Exercice 2.4.11 (Forme bilinéaire.). Soit M = une matrice réelle. Soit l’application
c d
f : R2 × R2 → R
(U, V ) 7→ t U M V
où les éléments de R2 sont écrits en colonne. On note (e1 , e2 ) la base canonique de R2 . Montrer
que f est différentiable, et calculer df(e1 ,e1 ) (e2 , e2 ).
Exercice 2.4.12. On considère f : GLn (R) ⊂ Mn (R) → Mn (R) définie par f (A) = A−1 .
1. Montrer que GLn (R) est un ouvert de Mn (R).
2. Sur Mn (R), on considère une norme k · k qui vérifie kABk ≤ kAk × kBk (ça existe ?...).
Montrer que si kHk < 1 alors In − H ∈ GLn (R) et
+∞
X
(In − H)−1 = Hk.
k=0
g(x, y, z) = f (x2 − y 2 , y 2 − z 2 , z 2 − x2 ).
Exercice 2.4.14. Soit f : R2 → R une fonction différentiable sur R2 . On définit des fonctions
g : R2 → R et h : R → R par
1. Soit f : Rn → Rp une application différentiable en 0, telle que f|Rn \{0} est positivement
homogène de degré 1. Montrer que f (0) = 0, puis que f est linéaire.
2. Une norme sur Rn , vue comme application Rn → R, peut-elle être différentiable à
l’origine ?
Exercice 2.4.17 (Identité d’Euler pour les applications homogènes.). Soit f : Rn \{0Rn } → R
une fonction différentiable. Montrer que f est homogène de degré λ > 0 si et seulement si
Fonctions de classes C 1
Exercice 2.4.18. Montrer que les deux fonctions f et g suivantes sont de classe C 1 sur R2 .
( 2 3
x y
2 2 si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) = x +y
0 si (x, y) = (0, 0).
(
x sin y
y si y 6= 0
g(x, y) =
x si y = 0.
Accroissements finis
Exercice 2.4.21. Soit f : U ⊂ Rn → R une fonction différentiable définie sur un ouvert U
de Rn . Soit a et b deux points de U tels que [a, b] ⊂ U . Montrer l’égalité des accroissements
finis :
∃c ∈]a, b[, f (b) − f (a) = dfc (b − a).
Pour cela, on se ramènera à une fonction de la variable réelle.
Exercice 2.4.22. On considère l’application f : R2 → R2 définie par
sin(x + y) cos(x − y)
f (x, y) = , .
2 2
Montrer que, si f est différentiable sur U , alors elle est convexe si et seulement si elle vérifie
f (y) − f (x) ≥ dfx (y − x) pour tout (x, y) ∈ U 2 .
Exercice 2.4.24 (Longueur d’une courbe). On munit Rn d’une norme notée k · k. Soit γ :
[0, 1] → Rn une courbe paramétrée de classe C 1 . Une subdivision σ de [0, 1] est la donnée de
k + 1 réels t0 , t1 , . . . , tk (k ≥ 1) tels que
t0 = 0 ≤ t1 ≤ · · · ≤ tk = 1.
On écrit σ = (t0 , . . . , tk ). A une telle subdivision est associée une ligne brisée dans Rn , dont
la longueur est
k−1
X
L(σ) := kγ(ti+1 ) − γ(ti )k.
i=0
On appelle longueur de γ le nombre L := sup L(σ), où la borne supérieure est prise sur
l’ensemble de toutes les subdivisions σ de [0, 1].
1. Soient x, y ∈ Rn quelconques. Quelle est la longueur de la courbe γ : [0, 1] → Rn définie
par γ(t) = (1 − t)x + ty ?
2. Montrer que toute courbe de classe C 1 est de longueur finie. Montrer qu’un segment de
droite est le plus court chemin pour aller d’un point de Rn à un autre.
3. Soit ε > 0. Montrer qu’il existe un r > 0 tel que,
Dans tout ce chapitre E et F désignent des R espaces vectoriels normés de dimension finie,
par exemple Rn , ou Mn (R) l’ensemble des matrices carrées réelles de taille n. On désignera
par U un ouvert de E. On va considérer des fonctions f
f : U ⊂ E → F.
df : U ⊂ E → L(E, F )
x 7→ dfx .
L’ensemble des applications linéaires continues L(E, F ) étant lui même un espace vectoriel de
dimension finie, on peut se demander si, pour un a ∈ U fixé, l’application df est différentiable
au point a. Si oui, on dira que f est deux fois différentiable en a. Si ceci est vrai pour tout
a ∈ U alors on dira que f est deux fois différentiable sur U .
De quels objets parlons nous ?... Si f : U ⊂ E → F est deux fois différentiable en a ∈ U
alors
[d(df )]a ∈ L(E, L(E, F )).
Ainsi, pour h ∈ E, [d(df )]a (h) ∈ L(E, F ). Ainsi pour k ∈ E, {[d(df )]a (h)}(k) ∈ F . C’est
horrible... On va donc systématiquement confondre [d(df )]a avec l’application bilinéaire de
E × E dans F notée d2 fa , ou d2 f (a), et définie par
On peut alors montrer 1 que, en plus d’être bilinéaire, d2 f (a) est également symétrique, c’est
à dire
d2 f (a)(h, k) = d2 f (a)(k, h), pour tout (h, k) ∈ E 2 . (3.2)
Evidemment, si f : U ⊂ E → F est deux fois différentiable sur U et si
x ∈ U 7→ d2 f (x) ∈ BIL(E × E, F )
18
3.2. DÉRIVÉES PARTIELLES D’ORDRE 2, SCHWARTZ, MATRICE HESSIENNE 19
Exemple 3.1.2. Si f : E → F est linéaire alors f est deux fois différentiable sur E et pour
tout x ∈ E, d2 f (x) = 0BIL(E×E,F ) , cad d2 f (x)(h, k) = 0F pour tout (h, k) ∈ E 2 .
Exemple 3.1.4. Si B : E × E → F est une application bilinéaire alors B est deux fois
différentiable en tout point (x, y) ∈ E 2 et
∂2f
∂ ∂f
(a) se note (a),
∂xj ∂xi ∂xj ∂xi
Exemple 3.2.1. Calculer toutes les dérivées partielles d’ordre 2 de f définie sur R2 par
f (x, y) = x2 y + exy + y.
De même que la Proposition 2.1.6 nous disait que, en cas d’existence, la différentielle s’écrit
à l’aide des dérivées partielles d’ordre 1, le résultat suivant nous dit que, en cas d’existence,
la différentielle seconde s’écrit à l’aide des dérivées partielles d’ordre 2.
Proposition 3.2.2 (Diff. seconde implique dérivées partielles d’ordre 2). Soit f : U ⊂ Rn →
R différentiable sur U et deux fois différentiable en a ∈ U . Alors toutes les dérivées partielles
d’ordre 2 de f en a existent et, d2 fa est donnée par
n
2
X ∂2f
d f (a)(h, k) = (a)hi kj , ∀(h, k) ∈ Rn × Rn . (3.3)
∂xi ∂xj
i,j=1
ATTENTION, la réciproque est fausse : l’existence de toutes les dérivées partielles d’ordre
2 ne suffit pas à assurer la différentiabilité d’ordre 2, cf Exercice 3.6.1.
De la symétrie de d2 f (a) et de la Proposition 3.2.2, on déduit le corollaire suivant.
∂2f ∂2f
(a) = (a).
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
20 CHAPITRE 3. DIFFÉRENTIELLES D’ORDRE SUPÉRIEUR
Le résultat ci-dessus est un simple corollaire. Le “vrai” théorème de Schwartz conclut éga-
lement que “les dérivées partielles commutent”, mais sous des hypothèses plus faibles portant
sur les dérives partielles et non sur la différentiabilité seconde.
On remarque que la formule (3.3) s’écrit
où la matrice carrée
∂2f ∂2f
∂x21
(a) ......... ∂xn ∂x1 (a)
∂2f
D2 f (a) := (a)
= .. ..
∈ Mn (R)
∂xj ∂xi . .
1≤i≤n,1≤j≤n 2
∂ f 2
∂ f
∂x1 ∂xn (a) . . . . . . . . . ∂x2n
(a)
(3.5)
s’appelle la matrice hessienne de f en a, parfois aussi notée Hessf (a).
Ainsi, sous les hypothèse de la Proposition 3.2.2, la matrice hessienne D2 f (a) est symétrique
réelle, et n’est autre que la matrice de la forme bilinéaire symétrique d2 fa par rapport à la
base canonique de Rn .
lim ε(h) = 0,
h→0
Exemple 3.3.4. On donne f : R3 → R définie par f (x, y, z) = xey + yez + zex . Montrer que
le point critique (−1, −1, −1) est un point selle.
Pour n = 2 (fonctions de deux variables), D2 f (a) est une matrice symétrique réelle de
taille 2 et il est facile de tester si elle est définie positive, ou définie négative, ou ni positive ni
négative. On peut retenir la méthodologie suivante.
∂f ∂f
(x0 , y0 ) = (x0 , y0 ) = 0.
∂x ∂y
Evidemment pour le cas dégénéré DET D2 f (x0 , y0 ) = 0, il n’y a pas de conclusion définitive.
Exemple 3.3.6. Déterminer les extrema de f : R2 → R définie par f (x, y) = 2x3 −6xy +3y 2 .
Sous l’hypothèse “classe C 2 ” (plus forte que les hypothèses du Théorème 3.3.1), grâce à
Taylor intégral ci-dessus on retrouve la formule de Taylor-Young du Théorème 3.3.1.
d2 f : U ⊂ E → BIL(E × E, F )
x 7→ d2 fx .
Si, pour un a ∈ U fixé, l’application d2 f est différentiable au point a, on dira que f est
trois fois différentiable en a. L’application différentielle troisième en a, notée d3 fa , est tri-
linéaire symétrique, c’est à dire que, pour toute permutation σ de {1, 2, 3},
Puis, pour tout k ≥ 1, on peut donner un sens à “f est k fois différentiable en a”. En cas
d’existence, dk fa est k linéaire symétrique.
Pour conclure, signalons que :
• la formule Taylor-Young à l’ordre 2 du Théorème 3.3.1 se généralise à l’ordre p ≥ 3 : si
f est p − 1 fois différentiable sur U et p fois différentiable en a alors la conclusion (3.6) est
remplacée par
p
X 1 k
f (a + h) = f (a) + d fa (h, · · · , h) + khkp ε(h).
k!
k=1
3.6 Exercices
Exercice 3.6.1. Soit f : R2 → R définie par
2 2
(
xy xx2 −y
+y 2 si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) =
0 sinon.
∂f ∂f
1. Montrer que les dérivées partielles ∂x (0, y) et ∂y (x, 0) existent, et les calculer.
3.6. EXERCICES 23
∂2f ∂2f
2. Les dérivées partielles secondes ∂x∂y (0, 0) et ∂y∂x (0, 0) existent-elles ? Qu’observe-t-on ?
Que peut-on en conclure ?
Exercice 3.6.2. Pour chacune des fonctions suivantes, déterminer les extrema locaux et
globaux.
1. f (x, y) = x4 + y 4 − 4xy + 1 définie sur R2 .
2. f (x, y) = (x − y)exy définie sur R2 .
3. f (x, y) = x2 + ay 4 définie sur R2 , où a est un paramètre réel.
4. f (x, y) = x3 + 3xy 2 − 15x − 12y + 2 définie sur R2 .
2
5. f (x, y, z) = (x + y)ex+y−z définie sur R3 .
6. f (x, y) = x2 − 2xy + 2y définie sur le rectangle [0, 3] × [0, 2] ⊂ R2 .
f (x, y) = y 2 − x2 y + x2 .
C := {(x, y) ∈ R2 : x2 − 1 ≤ y ≤ 1 − x2 }.
Faire un dessin. Montrer que f admet un maximum et un minimum sur C. Les déter-
miner.
Exercice 3.6.4. 1. Montrer que si une fonction continue f : R → R possède deux maxima
locaux, alors elle possède également au moins un minimum local.
2. Etudier les extrema de f : R2 → R définie par f (x, y) = −(x2 − 1)2 − (x2 y − x − 1)2 .
Quelle conclusion en tirer ?
2. On suppose dans cette question que ∆f (x) > 0 pour tout x ∈ B. On veut montrer que
Pour cela, on raisonne par l’absurde en supposant qu’il existe un x ∈ B pour lequel
f (x) ≥ maxkyk=1 f (y).
(a) Montrer que f admet un maximum local en un point x0 ∈ B.
(b) En déduire une contradiction en utilisant la propriété suivante : si une matrice
symétrique définit une forme quadratique négative, alors la trace de cette matrice est
négative ou nulle.
3. On suppose maintenant que ∆f (x) = 0 pour tout x ∈ B (on dit que f est harmonique
sur B). On veut montrer que
(a) Pour ε > 0, on pose fε (x) := f (x) + εkxk2 . Appliquer la question précédente et faire
tendre ε vers 0 pour montrer l’inégalité “de droite”.
(b) Comment montrer l’autre inégalité ?
∂2F 1 ∂F 1 ∂2F
∆f (x, y) = (r, θ) + (r, θ) + (r, θ),
∂r2 r ∂r r2 ∂θ2
1 ∂ 1 ∂2F
r ∂F
soit encore ∆f (x, y) = r ∂r ∂r (r, θ) + r2 ∂θ2 (r, θ).
∂2f ∂2f
(x, y) = (x, y), ∀(x, y) ∈ R2 .
∂x2 ∂y 2
1 ∂2u ∂2u
u(t, x) − (t, x) = 0, ∀(t, x) ∈ R2 .
c2 ∂t2 ∂x2
Chapitre 4
On suppose que Γ est non vide. On prend un point référence (x0 , y0 ) ∈ Γ et on se demande
si, localement, les points (x, y) de Γ peuvent être décrits pas y = ϕ(x) où ϕ est une fonction
définie et de classe C 1 sur un voisinage de x0 . C’est notre objectif 1.
Par exemple si
f (x, y) = x2 + y 2 − 1,
Γ n’est autre que le cercle de centre O de coordonnées (0, 0) et de rayon 1. On comprend sur
le dessin que notre objectif 1 est atteignable si (x0 , y0 ) 6= (−1, 0) et (x0 , y0 ) 6= (1, 0) et, dans
ce cas, on a même une expression explicite de la fonction ϕ recherchée :
• pour un point (x0 , y0 ) ∈ Γ avec y0 > 0 on a
p
(x, y) ∈] − 1, 1[×]0, 1] et f (x, y) = 0 ⇐⇒ y = 1 − x2 ,
√
et ϕ :] − 1, 1[→]0, 1] est définie par ϕ(x) = 1 − x2 .
• pour un point (x0 , y0 ) ∈ Γ avec y0 < 0 on a
p
(x, y) ∈] − 1, 1[×[−1, 0[ et f (x, y) = 0 ⇐⇒ y = − 1 − x2 ,
√
et ϕ :] − 1, 1[→ [−1, 0[ est définie par ϕ(x) = − 1 − x2 .
En revanche, l’objectif 1 ne peut etre atteint si (x0 , y0 ) = (−1, 0) ou (x0 , y0 ) = (1, 0) car, en
ces points, les tangentes au cercle sont verticales ce qui vient du fait que
∂f
(±1, 0) = 0.
∂y
Dans les cas généraux, la fonction ϕ, lorsqu’elle existe, n’est pas explicite. Malgré cela, on
aimerait calculer ses éventuelles dérivées, ce qui permet par exemple de mieux la comprendre,
notamment localement via disons une formule de Taylor-Young. Notons qu’en dérivant for-
mellement
f (x, ϕ(x)) = 0,
25
26 CHAPITRE 4. LES THÉORÈMES POUR “INVERSER”
on obtient
∂f ∂f
(x, ϕ(x)) + ϕ0 (x) (x, ϕ(x)) = 0, (4.1)
∂x ∂y
et donc
∂f
(x, ϕ(x))
ϕ0 (x) = − ∂f
∂x
,
∂y (x, ϕ(x))
∂f
sous réserve que ∂y (x, ϕ(x)) 6= 0 mais ça on l’avait déjà pressenti ci-dessus...
Proprement cela donne :
− ∂f
∂x (x, ϕ(x))
ϕ0 (x) = ∂f
,
∂y (x, ϕ(x))
00
− ∂∂xf2 (x, ϕ(x)) − 2ϕ0 (x) ∂x∂y
∂ f
(x, ϕ(x)) − (ϕ0 (x))2 ∂∂yf2 (x, ϕ(x))
ϕ (x) = ∂f
, (4.2)
∂y (x, ϕ(x))
4.1.2 Le cas f : Ω ⊂ R3 → R
Précédemment on regardait des “courbes” du plan R2 d’équation f (x, y) = 0 et on essayait de
les décrire implicitement par y = ϕ(x) où ϕ : U ⊂ R → R. Ici on va regarder des “surfaces” de
l’espace R3 d’équation f (x, y, z) = 0 et on essaie de les décrire implicitement par z = ϕ(x, y)
où ϕ : U ⊂ R2 → R.
Théorème 4.1.6 (Théorème des fonctions implicites pour f : Ω ⊂ R3 → R). Soit f : Ω ⊂
R3 → R de classe C k (k ≥ 1) sur l’ouvert Ω. On suppose que (x0 , y0 , z0 ) ∈ Ω est tel que
∂f
f (x0 , y0 , z0 ) = 0 et (x0 , y0 , z0 ) 6= 0.
∂z
Alors il existe un voisinage ouvert U de (x0 , y0 ) (donc dans R2 ), un voisinage ouvert V de
z0 (donc dans R) et ϕ : U → V tels que
(x, y, z) ∈ U × V et f (x, y, z) = 0 ⇐⇒ z = ϕ(x, y).
∂ϕ − ∂f
∂y (x, y, ϕ(x, y))
(x, y) = ∂f , (4.4)
∂y (x, y, ϕ(x, y))
∂z
De plus cette fonction ϕ hérite de la régularité de f : elle est de classe C k et, pour tout x ∈ U ,
dϕ(x) = − (dfx,• (ϕ(x)))−1 ◦ df•,y (x) ,
| {z } | {z } | {z }
∈L(Rn ,Rp ) ∈GL(Rp ) ∈L(Rn ,Rp )
soit encore Df (x0 ) ∈ GLn (R) (la matrice jacobienne est inversible).
Alors il existe un voisinage ouvert U de x0 et un voisinage ouvert V de y0 = f (x0 ) tels que
Une preuve possible de ce théorème utilise encore le théorème du point fixe de Banach (dont
on reparlera au Chapitre ??).
30 CHAPITRE 4. LES THÉORÈMES POUR “INVERSER”
ATTENTION, l’inversion locale n’a qu’une valeur locale... Il est possible qu’on puisse inver-
ser partout localement mais pas globalement, notamment car l’injectivité “locale” n’implique
pas l’injectivité “globale”...
Exemple 4.2.6. Considérer f : R2 → R2 définie par f (x, y) = (ex cos y, ex sin y). Mon-
trer que “on a difféomorphisme local autour de tout point (x0 , y0 )” mais que f n’est pas un
difféomorphisme de R2 sur f (R2 ).
Alors
f est un C k difféomorphisme de Ω sur Ω0 := f (Ω).
4.3 Exercices
Théorème des fonctions implicites
Exercice 4.3.1. En dérivant (4.1), aboutir à (4.2).
x4 + y 3 − y 2 + x − y = 0.
4.3. EXERCICES 31
0.2
0.1
0.0
-0.1
-0.2
-0.3 -0.2 -0.1 0.0 0.1 0.2 0.3
1. Montrer que, au voisinage du point (0, 0), l’ordonnée y d’un point de C est définie
implicitement comme une fonction, de classe C ∞ , de x. On note ϕ une telle fonction.
2. Calculer les dérivées première et seconde de ϕ en 0.
3. Donner l’allure de la courbe C au voisinage du point (0, 0).
x3 − 2xy + 2y 2 − 1 = 0.
f (x, y) = 2 cos2 x + xy − ey .
1. Montrer qu’il existe un intervalle ouvert I de R contenant 0 tel que, pour tout x dans
I, il existe un unique y > 0, que tel que f (x, y) = 0. On note ϕ(x) un tel y.
2. Montrer que la fonction x ∈ I 7→ ϕ(x) ∈]0, +∞[ est de classe C 1 .
3. Montrer que ϕ0 (0) = ln 2
2 .
4. Montrer que, pour tout x ∈ I, on a
x3 + xy + y 2 ex+y = 0.
Montrer qu’il existe deux fonctions distinctes ϕ1 et ϕ2 de classe C 1 sur un voisinage ouvert I
de 0 telles que, pour i = 1 et i = 2, f (x, ϕi (x)) = 0 pour tout x ∈ I (on pourra poser y = xz et
“impliciter autour de deux z bien choisis”). Préciser l’allure du graphe de ϕi autour de (0, 0).
Vérifier que c’est cohérent avec la Figure 4.2.
x2 + y 2 + z 2 = 14 et x3 + y 3 + z 3 = 36.
Montrer que (1, 2, 3) ∈ C. Montrer que, dans un voisinage de ce point, les points de C peuvent
s’écrire (y, z) = ϕ(x) où ϕ est de classe C 1 . Préciser la tangente en chaque point.
x + x2 sin πx
si x 6= 0
f (x) =
0 si x = 0.
4.3. EXERCICES 33
et en déduire que f n’est injective sur aucun intervalle contenant 0, aussi petit soit-il.
3. Commentaires ?
Exercice 4.3.16 (Fonction “propre”). Soit f : Rn → Rp . On dit que f est propre si l’image
réciproque de tout compact de Rp par f est compacte dans Rn .
1. Les applications de R dans R suivantes sont elles propres 1 x 7→ 0, x 7→ x, x 7→ sin x,
x 7→ x2 . Quid de f : R → R2 définie par f (θ) = (cos θ, sin θ) ?
2. Si f est propre et continue, montrer que f est fermée (i.e. l’image d’un fermé est fermée).
On pourra montrer que, si F est fermé dans Rp , alors f (F ) est séquentiellement fermé.
3. On suppose que f est injective, propre, de classe C 1 , et est un difféomorphisme local en
tout point de Rp (en particulier, n = p). Montrer que f est un difféomorphisme global
de Rn vers Rn .
Exercice 4.3.18. Montrer que si f ∈ C 1 (R) et s’il existe k > 0 tel que, ∀x ∈ R, f 0 (x) > k,
alors f est un difféomorphisme de R sur lui même (on pourra, par exemple, montrer que f
est propre). Montrer que ce résultat est faux avec k = 0.
1. Pour f : Rn → Rp continue on peut montrer que f est propre si et seulement si limkxk→+∞ kf (x)k = +∞
34 CHAPITRE 4. LES THÉORÈMES POUR “INVERSER”
pour une certaine constante k > 0 et une norme quelconque (on dit que f est k-dilatante pour
la norme en question). On veut montrer que f est un difféomorphisme global de Rn sur lui-
même.
1. Montrer que f est injective.
2. Montrer que l’image f (Rn ) est fermée dans Rn (par exemple en montrant qu’elle est
séquentiellement fermée).
3. Montrer que Df (x) est inversible pour tout x ∈ Rn , et en déduire que l’image f (Rn ) est
ouverte dans Rn .
4. Conclure.
Exercice 4.3.20. 1. Montrer que l’application f : Mn (R) → Mn (R) définie par f (A) =
A est de classe C 1 , et déterminer sa différentielle en tout point.
2
2. Montrer que toute matrice carrée A ∈ Mn (R) suffisamment proche de la matrice identité
“admet une racine carrée”.
Chapitre 5
Extrema liés
(x − 2)2 + 2y 2 = 6.
On cherche les points de E les plus proches et les plus éloignés de l’origine O(0, 0). Faites un
dessin et “devinez” la réponse.
Formalisons un peu tout cela. On cherche les extrema de f : R2 → R définie par
f (x, y) = x2 + y 2 ,
g(x, y) = (x − 2)2 + 2y 2 − 6.
Montrez que E est compact. En déduire que min(x,y)∈E f (x, y) et max(x,y)∈E f (x, y) existent
bien. On admet alors ce que nous a suggéré le dessin (et qui sera démontré dans la Section 5.2) :
s’il y a un extremum lié en (x, y) alors il existe λ ∈ R (appelé multiplicateur de Lagrange) tel
que
−−−→ −−−→
Grad f (x, y) = λGrad g(x, y).
Trouvez les éventuels points d’extrema liés, puis concluez.
35
36 CHAPITRE 5. EXTREMA LIÉS
On dit que a est un point de minimum local de f sous la contrainte g s’il existe un voisinage
V de a tel que
f (x) ≥ f (a), ∀x ∈ V ∩ Γ,
où l’ensemble Γ := {x ∈ U, g(x) = 0} “représente” la contrainte.
On définit évidemment la notion de point de maximum local de f sous la contrainte g par
f (x) ≤ f (a), ∀x ∈ V ∩ Γ.
Exemple 5.2.3. Étudier les extrema de la fonction f : R2 → R définie par f (x, y) = exy sous
la contrainte x3 + y 3 + x + y − 4 = 0.
Si a est un point d’extremum local de f sous les contraintes g1 , · · · , gp alors il existe des
réels λ1 , · · · , λp (appelés multiplicateurs de Lagrange) tel que
5.4 Exercices
Exercice 5.4.1. Calculer
max x + y + 2z.
x2 +y 2 +z 2 =1
Exercice 5.4.2. Trouver les points de la surface S := {(x, y, z) ∈ R3 , y 2 = 9 + xz} qui sont
les plus proches de l’origine de R3 .
Exercice 5.4.3. On donne a > 0, b > 0, c > 0. Trouver le volume maximal d’un parallélépi-
pède contenu dans l’ellipsoïde d’équation
x2 y 2 z 2
+ 2 + 2 = 1.
a2 b c
Exercice 5.4.4. Soit n ≥ 2 un entier. On considère f : Rn → R définie par
f (x1 , · · · , xn ) = Πni=1 xi .
On note
Γ := {(x1 , · · · , xn ) ∈ [0, +∞[n , x1 + · · · xn = 1}.
1. Montrer que f admet un maximum global sous la contrainte Γ et calculer ce maximum.
2. En déduire l’inégalité arithmético-géométrique : pour tout (x1 , · · · , xn ) ∈ [0, +∞[n on a
n
1/n 1X
Πni=1 xi ≤ xi .
| {z } n
i=1
moyenne géométrique | {z }
moyenne arithmétique
Exercice 5.4.5. On considère une matrice symétrique réelle A ∈ Sn (R). On sait qu’elle a n
valeurs propres réelles que l’on note
λ1 ≤ · · · ≤ λn .
f (x) = hAx, xi .
qP
n
On munit Rn de la norme 2, c’est à dire kxk = 2
i=1 xi .
1. Montrer que les réels minkxk=1 f (x) et maxkxk=1 f (x) sont bien définis. Dans la suite,
on note xmin et xmax deux vecteurs de norme 1 tels que
3. A l’aide du Théorème 5.2.2, montrer que xmin et xmax sont forcément des vecteurs
propres de A.
4. En déduire que
min hAx, xi = λ1 , max hAx, xi = λn .
kxk=1 kxk=1
Chapitre 6
Jusqu’ici on a, pour simplifier, travaillé en dimension finie. Que se passe t il dans le cadre plus
général des espaces de Banach (= espace vectoriel normé complet) ? Rappelons que
(i) tout espace vectoriel de dimension finie est de Banach.
(ii) si (E, k·kE ) et (F, k·kF ) sont 2 Banach alors L(E, F ) (= espace vectoriel des applications
linéaires continues de E dans F ) muni de la “norme triple” est un Banach.
(iii) si (X, d) est un espace métrique et (F, k · kF ) un Banach alors Cb0 (X, F ) muni de la
“norme du sup” est un Banach. En particulier, si K est un compact de X, C 0 (K, F ) est
un Banach.
Il s’avère qu’une grande partie des choses présentées dans les chapitres précédents se gé-
néralise ! Dans le cadre des espaces de Banach, la composition des différentielles, le théorème
des accroissements finis, le théorème de Schwartz, les formules de Taylor, le théorème d’in-
version locale, le théorème des fonctions implicites, le théorème sur les extrema liés restent
valides (avec parfois une micro modification d’écriture). Donnons quelques détails, exemples
et applications.
6.1 Différentiabilité
Le Théorème-Définition 2.1.1 est “inchangé”.
En cas d’existence une telle application linéaire continue dfa est unique. On dit alors que
l’application linéaire dfa est tangente à f en a.
Attention, en dimension infinie, il faut vraiment s’assurer que l’application linéaire dfa de
E dans F est continue (ce n’est pas “gratuit” comme en dimension finie).
Exercice 6.1.2. Soit E = C([0, 1], R) l’espace des fonctions réelles continues sur [0, 1] muni
de la norme
kf k∞ := sup |f (x)|.
x∈[0,1]
38
6.2. FONCTIONS IMPLICITES EN DIMENSION INFINIE, APPLICATIONS 39
et
F := C 0 ([0, 1), R) muni de kf kF = kf k∞ ,
et l’application
ϕ : E → F, ϕ(f ) := f 0 + f 2 .
1. Montrer que kf k∞ ≤ kf kE pour tout f ∈ E, que k · kE est une norme et que (E, k · kE )
est un Banach.
2. Montrer que ϕ est différentiable et calculer sa différentielle.
3. Montrer que ϕ est de classe C 1 .
Théorème 6.2.1 (Théorème des fonctions implicites). Soit X, Y et Z trois espaces de Ba-
nach. On suppose que
(i) F : U ⊂ X × Y → Z est définie sur U voisinage ouvert de (x0 , y0 ) ∈ X × Y et
F(x0 , y0 ) = 0.
(ii) dans U , F admet une dérivée partielle (au sens de Fréchet) par rapport à y et
F(x, y(x)) = 0.
2. Continuité. Si Fest continue sur un voisinage de (x0 , y0 ) alors x 7→ y(x) est continue
sur un voisinage de x0 .
3. Régularité supérieure. Si F est de classe C m , 1 ≤ m ≤ +∞, sur un voisinage de (x0 , y0 ),
alors x 7→ y(x) est de classe C m sur un voisinage de x0 .
F :E×R → R
Z 1
(f, ε) 7→ F(f, ε) := fε (x)g 0 (x)dx.
0
1. Montrer que F est de classe C 1 et calculer sa différentielle en tout point (f, ε).
2. Montrer que, au voisinage de (g, 0), l’égalité F(f, ε) = 0 équivaut à ε = ϕ(f ), où ϕ est
une fonction de classe C 1 .
Mettre tout cela dans un cadre qui permet d’appliquer le Théorème des fonctions implicites
6.2.1 et montrer ainsi que, pour |λ| assez petit, le problème admet une unique solution. NB :
pour montrer le caractère bijectif de Fu (0, 0) on utilisera l’alternative de Fredholm, cf Théo-
rème ??.
df (a) = λdg(a).
Une application (peut être détaillée en cours) est la recherche d’éléments propres (princi-
paux) du type (
−u00 − r(x)u = λu dans (0, 1)
u(0) = u(1) = 0,
ou, plus généralement, (
−∆u − r(x)u = λu dans Ω
u=0 sur ∂Ω.
Bibliographie
41