Formation pour Directeurs d'Écoles Secondaires
Formation pour Directeurs d'Écoles Secondaires
AVRIL 2024
Table des matières
Introduction ................................................................................................................................................... 2
Fiche 12 Une méthodologie pour construire et faire vivre le projet d’établissement .................... 20
Conclusions ................................................................................................................................................ 24
Glossaire ........................................................................................................................................................ 25
1
Introduction
Le programme NECTAR accorde une extrême importance à la formation de tous ses acteurs, au
premier rang desquels les directeurs, les censeurs, les cadres du système éducatif.
La transformation du système éducatif haïtien qui s’opère est au service de la réussite de tous les
élèves. Celle-ci passe par la réflexion sur les forces et les faiblesses de l’action pédagogique et
éducative et la mise en œuvre de solutions adaptées.
C’est au plus près du terrain que les solutions les plus efficaces peuvent être trouvées. Agissant en
appliquant un principe de « subsidiarité » (une autorité centrale laisse les niveaux plus proches du
terrain effectuer les tâches qui seront ainsi mieux maitrisées) et un principe de responsabilité,
l’établissement peut adapter ses réponses aux problèmes rencontrés.
La notion de projet d’établissement est le cadre qui structure l’analyse des besoins et les réponses. Le
projet d’établissement est fédérateur des énergies locales. Il mobilise des compétences internes et
externes.
Ce module de formation vise à accompagner les directeurs, les censeurs, les cadres du système
éducatif dans leur démarche d’amélioration de la performance des établissements en développant
particulièrement les relations entre tous les acteurs – enseignants, élèves, éducateurs, partenaires,
personnels de direction, cadres, …- ainsi que le bien-être de tous au service de la nation haïtienne. Il
intègre les transformations demandées par le Cadre d’Orientation Curriculaire et les derniers
programmes pour l’enseignement secondaire qui seront mis en œuvre à la rentrée de l’année scolaire
2024 / 2025.
2
Fiche 1 La notion de projet
1. Dans le plus grand nombre de secteurs, qu’il s’agisse de la vie politique, de la vie administrative
ou de la vie sociale, et souvent dans la vie quotidienne, l’action passe par un « projet ».
2. Le projet est le moyen pour échapper à une vision verticale, descendante qui concentre trop
sur une seule tête, seule reconnue comme capable de penser et qui relègue tous les autres au
rang de simples exécutants.
3. La notion même de démocratie – terme auquel il est bon d’accoler l’adjectif « participative » -
appelle la notion de projet.
4. Le projet incarne la force du collectif. Le projet fédère, unit, conjugue les forces. Le projet
sollicite l’intelligence de chacun et l’intelligence collective.
5. La notion de projet est parfaitement en phase avec le monde numérique qui caractérise le 21 e
siècle ; le projet nécessite en effet des échanges permanents entre ceux qui le construisent. Le
projet, ce n’est pas que des échanges ; à un moment donné, le projet est formalisé ; il devient
une charte dont chacun doit s’emparer pour le faire vivre.
7. La notion de projet est présente dans le COC. « Concevoir, planifier et réaliser un projet » est
une des sept compétences que l’élève haïtien doit avoir acquise à l’issue de sa scolarité
secondaire.
3
Fiche 2 Le projet d’établissement ou d’école
1. Le projet d’établissement ou d’école est indispensable. Il faut même considérer que c’est une
obligation. D’ailleurs, dans nombre de pays (la Belgique -voir ci-après-, le Québec avec les
« plans d’engagement pour la réussite », la France également), le projet est une obligation
législative et réglementaire ; dans d’autres, c’est tout simplement une exigence pour savoir où
l’établissement se situe et ce que ses équipes projettent d’y réaliser.
2. Tout part du principe que si une autorité supérieure (un ministère, une autorité régionale selon
l’organisation des Etats) se doit de donner des objectifs nationaux, elle ne peut pas tout régler
dans le détail, ni même disposer de forces suffisantes pour obtenir une efficacité suffisante.
3. Le projet d’établissement ou d’école est donc avant tout un moyen de rendre l’établissement ou
l’école plus efficace.
4. Un bon projet doit permettre à l’ensemble des acteurs, en premier lieu les enseignants et les
éducateurs, de réaliser leurs missions de formation dans les meilleures conditions possibles.
Un bon projet, c’est donc une utilisation optimisée des moyens qui sont alloués à
l’établissement.
5. Un bon projet, c’est une mobilisation des forces vives : chacun tire dans le même sens.
6. Un bon projet, ce sont des valeurs partagées, par exemple celle de conduire chaque élève au
maximum de ses capacités, de n’en laisser aucun au bord du chemin, de participer à l’effort
collectif de construire un monde meilleur.
7. De manière pratique, un projet est avant tout un chemin, une voie pour créer de l’action
collective. Le moyen d’y parvenir est donc de définir un cadre pour sa définition et son suivi.
8. Un calendrier : un projet est défini pour 3 ou 4 ans. Il est en outre amendable en cours de
réalisation pour intégrer de nouvelles donnes.
9. Une méthode : un projet se réfléchit en commun ; donc des réunions sont nécessaires. Celles-
ci doivent se tenir sur un temps limité (un mois, deux mois). Elles conduisent à un texte écrit
par un noyau de rédacteur, autour d’un pilote : directeur, censeur, enseignant.
10. Un état des lieux : le projet s’appuie sur un état des lieux, défini de manière interne ou externe,
quelquefois les deux.
11. Des objectifs : le projet définit les objectifs à atteindre au bout de la période (3 ou 4 ans).
13. Des indicateurs : taux de réussite aux examens, taux de passage d’une classe à une classe
supérieure, taux de présence, taux d’incivilités.
4
• L’information, l’orientation et prévention du • Les partenariats
décrochage
• Les usages du numérique
• La santé, la citoyenneté
• La formation tout au long de la vie ;
• Le développement durable
• Le fonctionnement en réseaux.
En Belgique francophone, « le projet d'établissement définit l'ensemble des choix pédagogiques et des
actions concrètes particulières que l'équipe éducative de l'établissement entend mettre en œuvre en
collaboration avec l'ensemble des acteurs et partenaires (…), pour réaliser les projets éducatif et
pédagogique du pouvoir organisateur.
1e des élèves inscrits dans l'établissement, de leurs caractéristiques tant culturelles que sociales, de
leurs besoins et de leurs ressources dans les processus d'acquisition des compétences et savoirs ;
2 e des aspirations des élèves et de leurs parents en matière de projet de vie professionnelle et de
poursuite des études ;
4e de l'environnement naturel, du quartier, de la ville, du village dans lesquels l'école est implantée. »
Québec
Le plan d’engagement vers la réussite est un outil de planification permettant, de façon transparente,
de faire connaître à toute la population les engagements du centre de services scolaire dans le but
d’assurer la réussite éducative de tous les élèves, jeunes et adultes, et ce, pour une période donnée. Il
est élaboré en réponse aux besoins du milieu et mis en place grâce à la collaboration de tous les acteurs
concernés par l’éducation sur un territoire. Il s’inscrit dans une démarche favorisant la synergie et la
cohérence entre tous les paliers du système éducatif (le Ministère, les centres de services scolaires et
les établissements d’enseignement), dans le respect de l’autonomie et des particularités de chacun.
Le plan d’engagement vers la réussite ne doit pas servir à imposer des orientations, des objectifs ou
des cibles aux établissements d’enseignement dans l’élaboration de leur projet éducatif. Ces derniers
doivent plutôt s’inspirer de leur contexte. Toutefois, le projet éducatif des établissements
d’enseignement doit être cohérent avec le plan d’engagement vers la réussite du centre de services
scolaire.
5
Source :
[Link]
[Link]
6
Fiche 3 Les projets d’action
1. Le projet d’établissement prend vie sur la base de projets d’action. Un projet d’action peut être
défini comme un projet plus limité que le projet d’établissement. Il peut concerner deux ou trois
enseignants ; avoir une durée plus courte ; impliquer quelques élèves. Toutefois, le projet
d’établissement n’est pas un simple catalogue des projets d’action. Il doit porter une vision
globale. Les projets d’action doivent donc être référés au projet d’établissement.
2. Le projet d’établissement se doit d’être assorti de ces projets d’action qui lui donnent ainsi des
modalités opérationnelles.
4. Une sortie scolaire, un voyage sont considérés comme des projets d’action à la fois éducatifs
et pédagogiques.
Exemples : [Link]
[Link]
mondiale-de-lenvironnement/
[Link]
[Link]
7. L’entraide, la solidarité, l’inclusion scolaire doivent donner lieu à des projets d’action.
[Link]
8. Les concours, les défis, les clubs scientifiques ont aussi définis dans le cadre de projets.
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
7
- développer sa culture scientifique et technique
- développer des savoir-faire sur la conduite de projet
- développer le travail en équipe (…)
Source : [Link]
1. Le conseil pédagogique est une instance de concertation qui permet la coordination des
enseignements et des activités scolaires.
2. Le conseil pédagogique est une instance au service du pilotage pédagogique mis en œuvre par
le directeur.
3. Le conseil pédagogique permet de réunir les enseignants afin de les associer aux réflexions
sur la déclinaison de la mise en œuvre du projet d’établissement.
8
5. Le conseil pédagogique, lieu de partage de la réflexion pédagogique des acteurs de terrain :
6. Le conseil pédagogique contribue à faire bénéficier à l’ensemble des acteurs des approches
pédagogiques pertinentes mises en œuvre, d’outils pédagogiques communs pour faciliter la
mise en œuvre de l’action pédagogique ainsi que d’avoir accès à des ressources ou des
équipements qui ne sont pas présents dans tous les établissements.
7. Le conseil pédagogique travaille sur les dispositifs d’aide et de soutien aux élèves, les modalités
générales d’accompagnement du projet d’orientation, l’organisation des enseignements (en
classe entière, en groupes de compétences…), les modalités des échanges linguistiques et
culturels, la mise en œuvre de la politique d’évaluation des acquis des élèves.
9
Fiche 5 La vie scolaire, acteur essentiel du volet éducatif
1. La vie scolaire regroupe l'ensemble des questions d'organisation de la vie et du temps des
élèves hors de la classe, de structuration des espaces et des règles de vie y afférant et de
communication interne de l'établissement.
3. L’animation ou le pilotage de la vie scolaire s’appuie sur 3 dimensions (des espaces, des temps,
des pratiques). Les différents lieux fréquentés par les élèves doivent ainsi être au service de
l’action pédagogique et éducative.
4. La classe, lien de transmission des connaissances, peut aussi être un lieu de débat, de
participation et de pratique.
5. Les salles d’étude permettent le travail personnel ou en groupes ; elles peuvent être englobées
dans un espace médiathèque ou « centres de cultures et de connaissances » (3C)
Voir l’espace de la médiathèque
[Link]
6. Les espaces transitionnels (cours, couloirs…) peuvent ainsi être des lieux d’exposition et pas
seulement de simple circulation. D’autres lieux de « vie scolaire » sont potentiellement des
outils au service de la construction des compétences citoyennes des élèves, il est donc
souhaitable d’organiser leur utilisation, leur accès, leur fonctionnement. Des espaces tels que
cafétéria ou foyer des élèves, s’ils existent, les clubs bien entendu, développent des
compétences fondamentales. Leurs objectifs, au-delà de leur sujet de prédilection, sont la
socialisation et l’apprentissage de l’autonomie et de la responsabilité, le développement de la
coopération entre pairs mais aussi la détente et le bien-être des élèves.
7. Au regard des temps scolaires, l’enjeu est de prolonger l’action scolaire pour la rendre globale
en exploitant les temps hors de la classe par le développement d’actions au service de
l’éducation des élèves et du développement de leurs compétences de vie et de citoyenneté
8. La vie scolaire a donc grand intérêt à inscrire son action et ses pratiques dans différents
champs :
10
- Les instances spécifiques (s’ils existent ; CESC, Comité de classe, Commission restauration
scolaire, Conseil des éco-délégués, comité développement durable…)
- La mise en œuvre de la politique de l’établissement via l’application du règlement intérieur et la
prise en charge éducative des élèves.
[Link]
[Link]
[Link] (Les activités de l’école)
11
Fiche 6 Le bien-être au cœur des projets
1. Qu’il s’agisse du projet d’école ou des projets d’envergure plus limitée, l’esprit doit être le même.
Il s’agit toujours de faire réussir les élèves, de contribuer à leur meilleure insertion sociale et
professionnelle.
2. Le cadre de référence théorique mérite d’être précisé et travaillé. Celui-ci peut évoluer au fil du
temps en fonction des travaux de recherche menés par des universitaires et des enseignants
de terrain. En cette première partie du 21e siècle, la psychologie positive constitue une référence
incontournable.
3. L’Unicef considère désormais le bien-être comme un élément essentiel de toute politique éducative.
Un rapport de 2007 indique : « En tant qu’impératif moral, le besoin de promouvoir le bien-être des
enfants fait l’objet d’un large consensus. En tant qu’impératif pragmatique, ce besoin doit être
également considéré comme une priorité. (…) L’engagement national pour le bien-être des enfants
est donc une obligation à la fois théorique et pratique. Et afin de respecter cet engagement, mesurer
les progrès effectués dans la protection et la promotion du bien-être des enfants est essentiel pour
l’élaboration des politiques, la défense de leurs intérêts, la répartition rentable de ressources
limitées et le processus de transparence et de responsabilité. »1
4. L’universitaire Robert Seligman postule que le parcours d’un élève est d’autant plus positif que celui-
ci comprend les attentes de son environnement, et tout particulièrement celles de ses professeurs.
Il définit un modèle pédagogique : PERMA P comme positive emotions, E comme engagement, R
pour les relations, M pour Meaning (le sens) et A pour l’accomplissement. Celui-ci est mis en valeur
par l’OCDE2.
5. En France, le Laboratoire BONHEURS de l’Université de Paris-Cergy met en exergue la notion
de savoir-relation comme moteur des apprentissages. « La pédagogie du savoir-relation
repose sur trois fondamentaux :
1
[Link]
« Comment apprend-on ? Principes fondamentaux pour la conception des environnements d’apprentissage du 21e
2
12
Fiche 7 L’information au service du projet
1. Une information de qualité est la clé de la réussite d’un projet. Le chef d’établissement est le
garant de cette qualité d’information.
4. L’information doit utiliser les voies modernes - réseaux sociaux, site web, messagerie
électronique… - et traditionnelles si nécessaire.
5. Le projet d’établissement lui-même doit figurer sur le site web de l’établissement scolaire.
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Fiche 8 Indicateurs et tableau de bord de l’école
1. Un indicateur est la traduction chiffrée d’un phénomène ou d’un concept. Il a pour but de traduire
une information pour permettre des comparaisons dans le temps et/ou l’espace.
2. Les indicateurs s’inscrivent dans une logique d’objectifs et de progrès et sont des outils d’aide
à la décision.
4. L’indicateur permet d’objectiver la situation, de faciliter la réflexion, de donner une base solide
à la négociation, de justifier un choix ou une décision, d’assoir la légitimité d’une stratégie.
L’indicateur n’a de sens que s’il est intégré à une dimension de suivi et d’évaluation de l’action.
6. Utiliser les indicateurs, c’est donc adopter une culture professionnelle de pilotage nouvelle,
organisée et qui permet :
- L’amélioration de la performance d’ensemble au profit des élèves.
- La responsabilisation des acteurs par l’analyse commune des indicateurs.
- La légitimation du pilotage général du directeur.
7. Le tableau de bord va rassembler les différents indicateurs qui permettront de mesurer la mise
en œuvre du projet d’établissement en fonction des éléments retenus pour cette évaluation. Le
tableau de bord permet donc de structurer la démarche d’amélioration permanente en utilisant
les différents indicateurs et en les mettant en lien et en perspective.
8. L’utilisation d’un outil numérique peut permettre de facilement illustrer par des tableaux et des
graphiques les principales évolutions des données du tableau de bord.
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Fiche 9 Un pilotage de l’établissement secondaire renforcé par la notion de projet
1. Diriger un établissement scolaire dans le cadre de Nectar, c’est piloter l’établissement, piloter
le changement éducatif, piloter au sein d’un réseau et d’un territoire.
➢ Un diagnostic ;
➢ Un projet d’établissement et l’utilisation d’indicateurs de suivi et de pilotage ;
➢ La mobilisation d’instances de concertation et la recherche d’adhésion et d’engagement
des équipes.
5. Piloter, c’est utiliser des outils et des techniques appropriés de management en direction des
équipes et de l’établissement, notamment en matière de techniques de management et de
communication.
8. L’évaluation de cette mise en œuvre et la mesure du degré d’atteinte des objectifs font partie
intégrante du pilotage car elles permettent l’ajustement des pratiques
9. Le pilotage de la mise en œuvre de Nectar est une conduite de changement. Les missions
fondamentales du directeur sur le plan administratif, sur le plan pédagogique, sur le plan social
ou relationnel vont se traduire par une communication et un management adaptés.
10. Le chef d’établissement est un pilote qui sait analyser des situations, fixer des objectifs, élaborer
et mettre en œuvre des stratégies, mesurer, réguler, évaluer pour garantir efficacité et pérennité
et procéder aux ajustements et évolutions qui s’imposent.
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Fiche 10 Le numérique dans l’établissement secondaire
1. L’École doit contribuer au projet d'une société de l’information et de la communication pour tous.
Pour cela, elle forme les élèves à maîtriser ces outils numériques et le futur citoyen à vivre dans
une société dont l’environnement technologique évolue constamment.
2. Élèves, parents, professeurs, personnels administratifs doivent pouvoir accéder à des espaces
numériques de travail depuis n'importe quel matériel connecté à internet. Ceci constitue
éventuellement le prolongement numérique de l'établissement.
3. Les responsables des établissements scolaires et de formation des élèves doivent favoriser un
usage raisonnable des outils et des services numériques par ces derniers dans le cadre de
leurs activités d’apprentissage.
4. Les enjeux de la maîtrise du numérique et des technologies doivent être perçus et compris par
les élèves et futurs citoyens. Il est indispensable de les accompagner vers une véritable maîtrise
des concepts leur permettant d'être des utilisateurs avisés des outils, services et ressources
dans une société de l'information et de la communication en rapide évolution.
5. Dans une société marquée par l’abondance des informations, l’éducation aux médias et à
l’information permet aux élèves d’apprendre à devenir des usagers des médias et d’Internet
conscients de leurs droits et devoirs et maîtrisant leur identité numérique.
6. L’éducation aux médias et à l’information permet aux élèves de développer leur esprit critique
et d’être capables d’agir de manière éclairée pour chercher, recevoir, produire et diffuser des
informations via des médias de plus en plus diversifiés.
7. Éduquer aux médias et à l’information a donc pour objet l’enjeu majeur de la construction de
la citoyenneté des élèves dans le système éducatif - à la croisée de divers champs - par l’action
de leviers multiples (le parcours citoyen, les projets d’établissements, les projets
interdisciplinaires).
10. L'usage de l'internet dans le cadre pédagogique doit pouvoir se dérouler dans des conditions
optimales pour les élèves et les enseignants, notamment en assurant la protection des mineurs
vis-à-vis des contenus choquants ou inappropriés, ou encore en leur fournissant la culture
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nécessaire à la protection de leurs données personnelles. Voilà pourquoi des mesures doivent
être prises pour mettre en place des dispositifs de filtrage pour permettre aux équipes
pédagogiques de travailler sereinement et assurer une protection des élèves vis-à-vis des
contenus inappropriés.
11. L’intelligence artificielle est une technologie qui peut bouleverser les contenus d’apprentissage
et les démarches de travail des élèves et des enseignants. L’irruption des agents
conversationnels comme ChatGPT ( Chat Generative Pre-trained Transformer) conduit le système
éducatif à se réinterroger sur la formation et l’évaluation des élèves, sur les « devoirs » donnés
à faire.
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Fiche 11 Une éducation à la citoyenneté responsable
[Link] Constitution haïtienne fixe des droits et des devoirs aux citoyens. L’article 52 indique : « A la
qualité de citoyen se rattache le devoir civique. Tout droit est contrebalancé par le devoir
correspondant. ». Son alinéa 1 précise la notion de devoir civique : « Le devoir civique est l'ensemble
des obligations du citoyen dans l'ordre moral, politique, social et économique vis-à-vis de l'État et de la
Patrie. Ces obligations sont :
2. « Être un citoyen responsable, c'est participer activement à la vie sociale, culturelle et économique
en développant une éthique personnelle fondée sur l'ouverture, la liberté de pensée, l'esprit critique, la
solidarité et la responsabilité. » (Définition proposée par l’Université de Louvain)
3- Éduquer à la citoyenneté responsable, c’est mettre en œuvre des dispositifs et des situations
d’apprentissage de compétences spécifiques qui complètent celles qui se situent dans la sphère
cognitive.
4. Éduquer à la citoyenneté responsable, c’est réaliser un double travail d’inventaire : définir les
connaissances et les compétences spécifiques que l’on doit dispenser en terme de connaissances, de
valeurs, d’attitudes et d’ aptitudes ; relever les dispositifs existants mobilisables ou à créer.
8. Éduquer à la citoyenneté responsable est une démarche à concevoir comme un parcours progressif
organisé sur la durée du cycle d’étude et articulé, notamment, avec la progression des enseignements
dans telles ou telles disciplines .
9. Éduquer à la citoyenneté responsable, c’est aussi donner aux élèves les moyens de se situer dans
les grands enjeux contemporains que sont, par exemple et de façon non exhaustive, la lutte contre
toutes les formes de discrimination et en faveur du développement durable, etc.
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Fiche 12 Une méthodologie pour construire et faire vivre le projet d’établissement
1. Préciser les objectifs du travail et le cadre déontologique : écoute et respect, la fiabilité́ des
données collectées, la précision de la contextualisation, la pertinence des analyses, la mise
en perspective,
2. Créer un comité de pilotage du projet : de 5 à 10 personnes autour du directeur d’école ;
choisir de préférence des personnes volontaires, sensibles à la dimension d’action collective,
désireuses de participer au rayonnement de l’école.
3. Créer des commissions de travail sur chacun des axes qui composeront le projet
d’établissement ; choisir, au sein de comité de pilotage, un pilote pour chaque axe.
4. Préciser le calendrier de travail (quelques semaines) : réunions, organisation d’enquêtes,
recueil et analyse des indicateurs.
5. Rédiger la « feuille de route » de la démarche.
6. Partir d’une auto-évaluation de l’établissement. Celle-ci portera sur les quatre domaines
suivants :
o Les apprentissages et les parcours des élèves, l’enseignement,
o La vie, le bien-être de l’élève, le climat scolaire,
o Les acteurs, la stratégie et le fonctionnement de l’établissement
o L’établissement dans son environnement institutionnel et partenarial.
7. Veiller à la représentativité des groupes de travail par rapport à la diversité de la communauté
éducative.
8. Veiller à la prise en compte des points de vue et des apports de tous les participants.
9. Organiser le fonctionnement de plusieurs groupes en parallèle.
10. Organiser les échanges entre les groupes et avec le comité de pilotage pendant les travaux,
au besoin pour ajuster la méthodologie et la réflexion.
11. Documenter leurs travaux en explicitant les sources utilisées (indicateurs, points de vue,
enquêtes et documentation).
12. Rappeler régulièrement, au cours de la gestation du projet d’établissement, les buts de la
démarche : participer à l’effort de la Nation en rendant plus performante l’action de l’école,
passer de la juxtaposition d’actions individuelles à une action collective, passer d’actions
individuelles à un parcours coordonné. C’est dans le projet d’établissement que peut se
définir, au-delà d’une action isolée (par exemple d’éducation à la citoyenneté) un vrai parcours
(dans ce cas précis, un parcours citoyen), structuré, articulé et progressif, pour les élèves de
l’école et sur la durée de leur scolarité.
20
Fiche 13. Les réseaux d’école
1. Un réseau d’écoles est une organisation « horizontale », c’est-à-dire non hiérarchique, destinée à
faciliter le développement du système éducatif à un niveau de proximité territoriale.
2. Un réseau d’écoles prend appui sur l’initiative de plusieurs directeurs d’école conscients que la
coopération entre eux peut optimiser leurs ressources matérielles et humaines.
3. La mise en route et le fonctionnement d’un réseau d’écoles nécessitent un contrat entre les écoles
concernées. Celui-ci définit les objectifs et ce qui est mis en commun.
4. Un réseau d’écoles appelle des actions de concertation entre les directeurs, accompagnés ou non
par les censeurs, entre les surveillants généraux, entre les équipes d’enseignants, etc.
5. Un réseau d’écoles permet des actions de formation, tout particulièrement pour les enseignants.
6. Un réseau d’écoles permet la mise en commun de ressources, notamment au niveau du Centre de
Ressources implanté dans chacun des établissements tête de réseau.
7. Un réseau d’écoles permet des mises en commun d’équipements particuliers , comme des
équipements sportifs, ou des locaux spécialisés ( informatique, par exemple).
8. Un réseau d’écoles permet la préparation d’actions communes de différents types ; par exemple,
des évènements sportifs inter-établissements, des commémorations, des évènements festifs, des
évènements sur des thèmes éducatifs , sociaux, culturels, etc…
9. Un réseau d’établissements agit communément comme un accélérateur dans la mise en œuvre des
opérations de formation et des opérations éducatives de toutes natures qu’il favorise et rend
possible.
10. Un réseau d’établissements, grâce aux échanges qu’il suscite et aux résultats partagés qu’il
permet, apporte souvent beaucoup de satisfactions aux membres qui le composent.
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Fiche 14. Les nouveaux programmes du secondaire
1. Les nouveaux programmes portent une conception de la classe centrée sur l’élève. La pédagogie
doit etre une pédagogie active. Les rôles respectifs de l’enseignant et de l’élève sont
redéfinis : « Si des exposés de l’enseignant restent nécessaires, ils doivent être considérés
comme une ressource au service des apprentissages et faire l’objet d’une « écoute active ».
Ils ne sont plus l’essentiel de l’enseignement, mais un moment d’une séquence dont l’acteur
principal est l’élève. Le rôle de l’enseignant est d’aider l’élève à agir et à apprendre. » Le
directeur et son équipe organisent le cadre de la mise en œuvre de cette nouvelle pédagogie.
2. Les programmes sont définis en fonction des compétences que doit acquérir l’élève plutôt que
sur les contenus que doit transmettre l’enseignant. Dans cette perspective, l’enseignant
propose des « situations » à ses élèves qui leur permettent de progresser dans ces
compétences. Cela impose une conception de la classe qui privilégie l’activité des élèves et le
lien entre les tâches proposées et la compétence précisément ciblée. Le directeur et son
équipe facilitent cette transition d’une pédagogie plutôt descendante à une pédagogie centrée sur le
travail des élèves.
3. Les programmes demandent de repnser les finalités et modalités des évaluations. Des bilans sont à
effectuer régulièrement, avec comme objectif premier l’encouragement de chaque élève. La
pédagogie est non seulement active, elle est aussi positive, reposant sur la confiance que
l’enseignant et même toute l’équipe d’encadrement – directeur, censeur- portent à chaque
élève.
4. Les programmes du secondaire sont inclusifs comme toute l’école haïtienne. L’enseignant et tout son
environnement à commencer opar le directeur et son équipe doivent donc viser la réussite de tous
les élèves y compris de ceux qui sont en situation de handicap, de maladie ou de grande
difficulté. La pédagogie à mettre en œuvre est non seulement une pédagogie active, une
pédagogie positive, mais aissi une pédagogie différenciée : chaque élève doit pouvoir
progresser à son rythme, en bénéficiant de progressions personnalisées autant que faire se
peut et d’aides adaptées. Le directeur et son équipe mettent en place les groupes de soutien et
d’approfondissement en fonction des moyens humains et matériels mis à leur disposition.
5. Les programmes demandent une « coopération entre enseignants ». Le directeur et son équipe
facilitent ces coopérations en mettant en place les structures adaptées : équipes réunissant
tious les enseignants d’une même discipline, équipes pluridisciplinaires pouvant travailler
ensemble à un projet particulier, équipes de réflexion sur le projet d’école, etc.
6. L’interdisciplinarité est à valoriser, non seulement dabs les disciplines scientifiques, mais également en
sciences humaines. Le directeur et son équipe veillent à permettre les collaborations nécessaires
que l’interdisciplinarité sqoit effective .
7. Les programmes indiquent que « les situations d’apprentissage et l’application des programmes
ne sont pas limitées à l’espace et au temps de la classe. Les compétences attendues s’exercent
à travers toutes les activités et tous les moments de la vie de l’école. La citoyenneté, la
protection de l’environnement, la communication, la prévention des risques ou encore
l’éducation physique et la pratique sportive impliquent, au quotidien, toute la communauté
scolaire. » Les questions éducatives et pédagogiques sont entrelacées.
8. La vie de l’élève est à prendre en compte pour faire de chacun d’eux un citoen
rresponsable. « Le directeur et tous les enseignants doivent s’impliquer pour faire de
l’établissement scolaire un espace éducatif et aider chaque élève à progresser à travers la vie
collective. Son comportement et son implication doivent être encouragés et évalués. La plupart
des « savoir-être » attendus de l’élève ne peuvent être considérés comme acquis que s’ils sont
mis en œuvre dans la cour de récréation et aux portes de l’école. »
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9. Le développement des relations entre école et environnement est nécessaire : « la participation
à la vie communautaire ou associative doit être suscitée et valorisée. Les situations qu’elle
favorise peuvent être exploitées en classe et asseoir les apprentissages. »
10. Les nouveaux programmes sont inscrits dans la société numérique. Chaque enseignant dot
être en mesure de prendre en compte la dimension numérique.
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Conclusions
En conclusion, il faut rappeler, une nouvelle fois, que l’action du directeur et de son équipe est
déterminante pour la réussite de la mise en œuvre et du suivi de l’expérimentation.
L’enjeu est essentiel : tester la faisabilité et l’efficacité d’une stratégie visant à modifier en profondeur
les pratiques d’enseignement et, à travers celles-ci, la place même de chaque élève dans la classe et
dans l’établissement secondaire.
Il s’agit, aujourd’hui, de valider les outils, les ressources et les modalités de formation qui pourront,
ensuite, être mis à la disposition de l’ensemble des écoles, avec comme objectif de réaliser les ambitions
portées par le Nouveau Secondaire et le Cadre d’Orientation Curriculaire au service de l’avenir de tous
les jeunes Haïtiens. Dans ce contexte, les réseaux aident à la diffusion des bonnes pratiques,
développent des collaborations entre les écoles, entre les personels et contribuent ainsi à la solidarité
et à l’éducation citoyenne.
24
Glossaire
Comité de pilotage : groupe de personnes représentantes de la communauté éducative (enseignants,
parents d’élèves, élèves, représentants de groupes professionnels, personnels d’éducation)
Inclusion scolaire : « une philosophie et un ensemble de pratiques pédagogiques qui permettent à chaque
élève de se sentir valorisé, confiant et en sécurité de sorte qu'il puisse réaliser son plein potentiel. » (Source
Nouveau Brunswick) ou « Adapter le système et le fonctionnement scolaires ordinaires à la diversité des besoins
d’apprentissage des élèves. »(Source Canopé : [Link]
Politique d’évaluation : vision globale pour évaluer les acquis des élèves. Celle-ci se définit à divers
niveaux : politique nationale, régionale, d’école.
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