Conception d'un pont ferroviaire éco-responsable
Conception d'un pont ferroviaire éco-responsable
2 Cinématique 6
2.1 Paramétrage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2 Loi géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.3 Lieu des solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3 Essais réalisés 8
3.1 Essai de traction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2 Essai de flexion trois points . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.3 Essai de flambage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.4 Maquette de la soutenance intermédiaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4 Structure 10
4.1 Structure du pont . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.1.1 Tablier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.1.2 Suspentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.1.3 Portiques treillis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.1.4 Butées transversales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
5 Modélisation mécanique 12
5.1 Modèle poutre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
5.2 Problème d’élasticité linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
5.3 Vérification de non-rupture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
5.3.1 Conditions aux limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
5.3.2 Modèle poutre retenu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
5.4 Résultats de simulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
8 Conclusion et perspectives 21
9 Annexe 22
1 Présentation et problématique
Le défi Saphire Move Your Bridge consiste à concevoir et réaliser un pont ferroviaire de 130.5 m de portée,
à la fois mobile et éco-responsable. Le cahier des charges donné peut se résumer de la façon suivante :
On cherche donc à concevoir un pont mobile à la fois efficace, optimisé, éco-responsable et artistique.
1.1 Contextualisation
Le contexte de ce défi est le suivant : nous nous plaçons dans le rôle d’un cabinet d’architecte doublé
d’un bureau d’étude, et nous sommes chargés de concevoir, de dimensionner et de construire à partir
de bâtonnets une maquette à l’échelle 1/87 d’un pont levant d’une portée de 130m. Après une période
d’un an représentant l’appel d’offre restreint, nous recevons une note à la manière de celles attribuées
aux entreprises après un appel d’offre. En effet, nous avons reçu un cahier des charges précis et quantitatif.
Analyse du cahier des charges. Le cahier des charges comporte des critères impératifs ainsi que des
critères graduels. Lorsqu’il est ouvert, notre pont devra nécessairement laisser passer des bateaux (pas-
sage de deux navires de classe Post-Panamax de front). En position fermée, il doit permettre de circuler
à des péniches de gabarit Freycinet. Dans le cas contraire, nous ne pourrons prendre part à l’appel d’offre.
Les critères graduels couvrent plusieurs aspects de la conception et de la réalisation. Nous devons :
minimiser le coût équivalent C02 des matériaux utilisés (bois, colle et fil) ; optimiser la conception en
rompant pour une force très légèrement supérieure aux passages concomitant de deux trains ; minimiser
l’énergie consommée par un cycle d’ouverture ; ouvrir puis fermer notre pont le plus rapidement possible ;
produire le pont le plus beau et le plus audacieux possible.
Dans cette cinématique, le tablier est composé d’un ou deux tronçons se levant en tournant autour d’un
axe le long des culées. Ce pont est plus difficile à réaliser, en effet, il présente plusieurs inconvénients :
tout d’abord, une fois levées, les travées subissent une grande force due au vent, a fortiori si une unique
travée compose le tablier. Ensuite, le raccordement se fait au milieu du pont, là où la flèche est la plus
importante. Enfin, les efforts dans les pivots sont une contrainte supplémentaire.
De nombreuses caractéristiques du Lake Shore Drive Bridge sont néanmoins à revoir dans le cadre de
ce défi, ce qui en fera un ouvrage totalement inédit. On peut citer : le LSDB est pensé pour le passage
de piétons sur un tablier n’excédant pas une cinquantaine de mètre contrairement à notre pont qui doit
faire passer un train de fret sur 130 mètres ; les câbles du LSDB sont directement raccordés à l’arche, de
sorte que le tablier se segmente lors de l’ouverture du pont, ce qui n’est pas possible dans notre cas car
cela complexifierait grandement le raccordement des rails.
Défi SAPHIRE - MYB 5
2.1 Paramétrage
Le paramétrage choisi est présenté en figure 4. On définit les paramètres cinématiques suivants :
• ✓ angle d’ouverture,
• l largeur du tablier.
La hauteur h étant définie par rapport aux pivots, la hauteur du tablier par rapport à la berge est sim-
plement h d. La longueur de câble lc est constante et vaut lc = l + D d.
l
D
✓
h
• •
Il est intéressant de noter que cette loi est indépendante de la largeur du tablier l. De fait, ce paramètre
n’intervient pas dans la cinématique et sa valeur sera donc déterminée à l’aide d’une autre étude. La loi
(1) n’est valable que si D 2D sin ✓ d > 0, soit pour tout angle inférieur à ✓lim avec :
Défi SAPHIRE - MYB 7
Figure 5 – Relation entre hauteur du tablier (par rapport à la berge) et angle d’ouverture pour le triplet
(d, D, ✓max ) choisi. La droite verte correspond à l’angle ✓max et la droite rouge à la hauteur
demandée par le cahier des charges
✓ ◆
D d
✓lim = arcsin (2)
2D
correspondant à l’angle tel que les câbles soient à l’horizontale (voir figure 23). Pour obtenir cette configu-
ration on doit exercer un moment infini au niveau de l’axe des liaisons pivots, pour compenser la tension
du câble F~ :
gM
F~ = ! +1
n cos ✓ ✓!✓lim
avec M la masse totale et n le nombre de câbles. Pour éviter ce problème on ne cherchera pas à atteindre
cet angle et on impose un angle maximal d’ouverture ✓max < ✓lim dont la valeur sera choisie afin de
garantir une tension acceptable dans le câble tout en garantissant l’ouverture suffisante du pont. Cette
valeur est susceptible de varier par la suite quand on essaiera de minimiser le moment sur liaison pivot,
mais on prendra comme ordre de grandeur :
Figure 6 – Calcul du module d’Young à différents instants de temps pour tous les bâtonnets testé sur
des essais de flexion et de traction
On place notre bâtonnet dans la machine de traction. On impose un effort au niveau des mors et on
relève la déformation dans le bâtonnet à l’aide d’un extensomètre. On obtient les résultats suivants :
On applique une force ponctuelle au milieu du bâtonnet que l’on a posé sur deux cylindres métalliques
fixes. On mesure le déplacement du point d’application de la force. On en déduit les résultats suivants :
La ruine d’un bâtonnet peut être provoquée par la rupture d’un bâtonnet en élasticité linéaire mais aussi
par une instabilité. La charge critique F à partir de laquelle le flambage peut apparaître dépend des
liaisons et est de la forme :
EI
F = ⇡2
(↵L)2
On cherche à déterminer ↵ pour nos liaisons, les autres paramètres étant connus (mesurables directement
sur les bâtonnets pour la longueur L et le moment quadratique I ; obtenu expérimentalement pour le
module d’Young E). on trouve après réalisation des essais de flambage :
↵ = 0.71
Figure 10 – Essai réalisé en mont de la soutenance intermédiaire (le tablier faisait alors 50 cm de long)
4 Structure
4.1 Structure du pont
La solution que nous proposons pour répondre au cahier des charges est un pont qui ressemble à un
bowstring mais qui ne travaille pas de la même manière : il est composé d’un tablier très léger, des
suspentes et de quatre portiques treillis reliés transversalement (voir figures 25 et 26).
4.1.1 Tablier
Le tablier est composé de deux poutres longitudinales de deux bâtonnets d’épaisseur (placés verticale-
ment) reliées entre elles par des poutres transversales d’un bâtonnet d’épaisseur (placé horizontalement)
avec un espacement de 5 centimètres. Ces poutres transversales sont renforcées sur les points d’attache
des câbles.
4.1.2 Suspentes
Cinq suspentes sont placées pour relier le tablier aux portiques. Elles sont attachées à la poutre lon-
gitudinale aval du tablier puis elles montent et passent au-dessus de la poutre inférieure du portique
treillis intérieur côté aval, puis au-dessus de la poutre inférieure du portique treillis intérieur côté amont
et descendent pour s’attacher à la poutre longitudinale en amont du tablier.
Ce montage permet d’assurer la cinématique du pont, comme il expliqué précédemment. Les câbles sont
maintenues en place sur les poutre inférieures des portiques treillis par le système montré en figure 11.
Les suspentes sont placées suivant X (axe défini en 26) au niveau des points d’application des forces pour
l’essai à rupture qui tiendra lieu avant la soutenance finale de manière à éviter la flexion sur le tablier
léger.
Les deux portiques treillis côté aval sont reliés ensemble par des diagonales et des poutres transversales
d’un bâtonnet d’épaisseur. Les deux portiques treillis côté amont sont reliés ensemble de la même manière.
mécaniquement pour assurer la stabilité mécanique du pont. Le système de butées transversales que nous
avons choisi résout ce problème : des poutres transversales sont encastrées au portique treillis intérieur
du côté amont au niveau de sa poutre inférieure et elles s’appuient contre la poutre inférieure du portique
treillis intérieur du côte aval lors de la fermeture du pont. L’appui de ces poutres transversales est assuré
par la force horizontale transmise par le câble comme il est montré sur la figure 27.
L’efficacité de ce système a été démontrée lors de l’essai à rupture fait lors de la soutenance intermédiaire.
A cette occasion les portiques sont restés parallèles l’un à l’autre tout le long de l’essai, il n’y a pas eu
d’écartement des butées transversales.
5 Modélisation mécanique
Nous allons dans cette partie mettre en oeuvre une modélisation mécanique du pont que nous allons
construire.
Ces équations peuvent être simplifiés en se plaçant dans les hypothèse d’Euler-Bernoulli (les sections
restent parallèles à la ligne moyenne : x = y = 0), cette approximation n’est pas absurde pour les
bâtonnets, mais elle est discutable dans le cas de poutres composées d’empilements de bâtonnets, on est
à la limite de la validité de ce modèle. Nous comparerons les résultats obtenus avec les hypothèses de
Timoshenko et d’Euler-Bernoulli et vérifierons si il est raisonnable de simplifier le problème.
Figure 12 – Énergie de déformation d’une poutre dans son repère local. Les calculs ont été fait formel-
lement via sympy
Cette expression peut sembler complexe mais elle est en fait assez simple, il s’agit d’un polynôme de degré
2 en les composantes des déplacement nodaux.
On peut exprimer l’énergie de déformation de toute la structure en sommant simplement les énergies de
déformation de chaque poutre. Pour exprimer l’énergie potentielle de la structure, il suffit de soustraire
à Ed la somme des travaux extérieurs :
X
Wext = Fext en P · UP
pointP
(On fait l’hypothèse qu’il n’y a pas d’efforts répartis : on applique le chargement uniquement aux noeuds
du treillis).
Défi SAPHIRE - MYB 13
On a maintenant une expression de l’énergie potentielle du treillis en fonction des déplacements nodaux :
selon le théorème de l’énergie potentielle, la solution du problème en déplacement minimise cette éner-
gie. Une condition nécessaire est que les dérivées partielles de l’énergie par rapport aux déplacements
doivent être nulles. L’énergie potentielle étant un polynôme d’ordre 2, les dérivées partielles sont linéaires
en les déplacements nodaux. Le problème revient finalement à la résolution d’un système linéaire de la
forme KU = F avec U = (u1 , v1 , w1 , rx1 , ry1 , rz1 , u2 , v2 , w2 , rx2 , ry2 , rz2 , ...)T le vecteur des déplace-
ments nodaux, F = (f x1 , f y1 , f z1 , mf x1 , mf y1 , mf z1 , f x1 , f y1 , f z1 , mf x1 , mf y1 , mf z1 , ...)T le vecteur
du chargement extérieur aux noeuds et K la matrice de rigidité avec Kij le coefficient devant Uj dans
@E
l’équation @Upi = 0.
En pratique, on calcule les matrices de rigidité élémentaires des poutres dans les repères locaux puis on
construit la matrice de rigidité de la structure entière par des sommes et concaténations de ces matrices.
Dans notre cas, ces matrices ont toujours la même expression :
Figure 13 – Matrice de rigidité d’une poutre liée aux noeuds A et B dans son repère local. Le coefficient
de la ligne i et de la colonne j correspond au coefficient devant la j-ème composante de
(uA , vB , wA , rxA , ryA , rzA , uB , vB , wB , rxB , ryB , rzB ) dans l’expression de la dérivée par-
tielle de l’énergie de déformation de la poutre par rapport à la i-ème composante de ce
même vecteur.
Si ces conditions sont vérifiées pour chacune des poutres, alors il n’y a pas ruine de la structure en
élasticité linéaire.
M fz Mf
Pour une poutre (Timoshenko ou Euler-Bernoulli) on a 11 = N S Iz y + Iy , les composantes du
y
torseur de cohésion s’expriment à partir de la déformation (relation de comportement des poutres), qui
se détermine en calculant le gradient du vecteur déplacement.
Figure 14 – On applique la charge N aux noeuds d’abscisse X sur la partie inférieure des arches.
Dans le modèle CAST3M, on applique les forces indiquées sur le tableau ci-dessus dans la direction verticale
(suivant z) et dans le sens horizontale (vers l’intérieur du pont) sur les points en rouge sur le schéma 28.
Les appuis sont modélisés comme des articulations en trois dimensions (déplacements bloqués, rotations
libres) sur les extrémités des poutres inférieures des portiques treillis intérieurs, montrés en orange sur le
schéma 28
Nous pouvons donc être sûrs que la ruine de l’ouvrage n’aura pas lieu, du moins sous l’hypothèse de
petits déplacements.
6 Prise en compte du flambement global
6.1 Abandon de l’hypothèse de petits déplacements
L’essai réalisé avant la soutenance intermédiaire nous a fait remarquer l’importance du phénomène de
flambage d’ensemble pour la géométrie de notre pont. En effet, lors de cet essai, et avant rupture du
pont, l’une des deux arches qui composait le pont a souffert d’un flambement hors plan visible à l’oeil
nu. On est en fait sorti du cadre de validité de l’hypothèse des petites perturbations. Pour affiner notre
modèle, nous devons nous affranchir de cette hypothèse : on fait maintenant l’hypothèse de déplacements
modérés.
Par un raisonnement analogue à celui de la partie précédente, on peut montrer que le problème à résoudre
pour calculer le déplacement de la structure se met sous la forme d’un système non linéaire de la forme :
KU + D(U )K U = F
avec K la matrice de rigidité de la structure dont l’expression est la même que la partie précédente, K
la matrice de rigidité géométrique qui est obtenue en assemblant les matrices de rigidités géométriques
élémentaires de chaque poutres, et D(U ) une matrice diagonale dont les coefficients dépendent non li-
néairement des coefficients de U . On pourrait résoudre cette équation avec une méthode de Newton, qui
serait coûteuse en temps de calcul et dont la convergence ne serait pas assurée. On note U ⇤ la solution
exacte de ce problème.
On propose une méthode plus simple numériquement, qui n’implique pas le calcul de U ⇤ : en exhibant
une certaine suite de vecteurs qui converge vers U ⇤ , on peut montrer que la solution en déplacement
diverge lorsque la plus petite valeur propre du problème suivant est inférieure à 1 : (K K )U = 0. Le
vecteur propre U0 associé correspond à la "direction de flambement" : au fur et à mesure que l’on fait
tendre la valeur propre vers 1, l’angle entre U ⇤ et U0 tend vers 0 et la norme de U ⇤ tend vers l’infini.
Physiquement, ce qu’il se passe pour la structure est analogue au flambement d’une poutre : quand on
dépasse la charge critique (Fc /N < 1) la poutre rompt en flambement. Le schéma suivant illustre ce
phénomène :
Figure 15 – Si on fait augmenter progressivement F en partant d’une valeur nulle, on observe au départ
que le déplacement est proche de la solution du problème d’élasticité linéaire. Puis, au fur
et à mesure que F se rapproche de Fc , U augmente plus vite que ce que le prédit l’élasticité
linéaire. Enfin, lorsque Fc est dépassé, le déplacement diverge, il y a rupture.
Limite du modèle : avec ce modèle, on sous-estime les déplacements et donc les contraintes lorsque la
plus petite valeur propre du problème est proche de 1. Il pourrait y avoir rupture alors que ni l’élasticité
linéaire ni le problème aux valeurs propres ne le prédisent. On prendra donc un coefficient de sécurité :
la plus petite valeur propre du problème devra être supérieure à 1.25.
Défi SAPHIRE - MYB 16
Figure 16 – Premier mode de flambement de la maquette intermédiaire, l’allure est proche de la déformée
observée pendant l’expérience. Selon la distribution de module d’Young et la modélisation
de l’effort sur les arches (c’est à dire en estimant la dissymétrie du chargement causée par
les différences de longueurs des câbles), ce mode correspond à une valeur propre comprise
entre 0.8 et 1.5 environ, on peut donc bien supposer que c’est cette instabilité qui aurait
causée la rupture si l’essai n’avait pas été interrompu prématurément à cause de conditions
de chargements que nous n’avions pas prévu (chargement sur les poutres transversales du
tablier et pas sur les poutres longitudinales). Le pilier sur lequel apparaît le déplacement
maximum dépend de la répartition de module d’Young, si elle est uniforme, le mode de
flambement ne devient pas symétrique pour autant
Ce calcul peut aussi être fait avec la procédure FLAMBAGE du logiciel CAST3M.
Note : Nous ne sommes pas certains que CAST3M fait exactement les mêmes calculs que ceux explicités
précédemment, mais les résultat obtenus sont presque identiques.
Le choix de prendre une valeur moyenne pour le dimensionnement du pont et non le fractil à 5% comme
il est fait d’habitude dans le monde du génie civil s’explique par le caractère prédictif que doit avoir
notre modèle. En effet, on ne cherche pas seulement que la charge de rupture soit supérieure à 941 N,
mais plutôt à ce qu’elle soit supérieure et presque égale à 941 N. Le choix du fractil à 5% se montre trop
sécuritaire pour les objectifs de ce projet.
Défi SAPHIRE - MYB 17
On prédit ainsi une instabilité globale hors plan de la structure pour le chargement suivant :
Figure 17 – Chargements sur les noeuds de l’arche sur lesquels sont attachés des câbles
Les charges indiquées sur ce tableau sont à appliquer sur chaque poutre longitudinale du tablier, ce qui
correspond à une charge appliquée par le vérin de 1179.664 N. La charge de rupture à viser étant de
941 N, le coefficient de sécurité de notre pont est de 1.25, comme souhaité. On trace en 29 le mode de
flambement correspondant.
Dans un projet d’optimisation, nous avons développé un algorithme permettant de maximiser le coefficient
de sécurité en rupture par instabilité par rapport aux positions des noeuds de fixations des poutres. Nous
avons commencé à construire les arches avant les premiers résultats de ce projet, nous n’avons donc pas
pu prendre cette étude en compte. Nous avions aussi réalisé un algorithme d’optimisation topologique de
la structure permettant de minimiser son volume sous contrainte de stabilité, mais les résultats obtenus
étaient inexploitables car trop difficiles à fabriquer en pratique.
7 Guidage, motorisation et énergie
7.1 Conception des liaisons pivots
Pour garantir le bon fonctionnement de notre pont, les arches doivent tourner autour d’un axe fixe. Pour
réduire le coût carbone d’un cycle d’ouverture et simplement permettre à nos petits moteurs de mettre
en mouvement les arches, il faut minimiser les frottements dans le mécanisme.
On choisit d’usiner une pièce intermédiaire en bois pour relier l’axe de sortie du moto-réducteur aux
arches. Les arches sont reliées à l’arbre facilement avec de la colle à bois, et on fixe l’axe du moto-
réducteur en perçant l’arbre dans l’axe et en utilisant de la colle bi-composant. Les surfaces de révolution
ont été usinées au tour à bois (voir figure 34 et 35). Elles sont lubrifiées avec de la paraffine pour diminuer
les frottements dans les pivots.
On relie les moteurs et les alésages à la rive avec des piles en bois. Ainsi, les arbres peuvent glisser dans les
pivots fixes et sont mis en mouvement par les moteurs qui sont également solidement accrochés aux piles,
solidaires de la rive (voir figure 36). L’équipe est consciente que l’utilisation de piles en bois massif permet
difficilement d’assurer la minimisation de la quantité de matériau nécessaire et donc la construction d’un
pont éco-responsable. Ce choix n’a été validé que par manque de temps, mais plusieurs études ont par
ailleurs été initiées pour minimiser la consommation de bois des piles tout en assurant leurs fonctions
premières.
Pour motoriser nos deux arches, nous ne disposons que de deux moteurs. Cela signifie que chaque arche
sera mise en mouvement par un seul moteur. Pour éviter un effet de torsion à l’intérieur, nous relions
les deux axes par des engrenages. Ainsi, les deux côtés de chaque arche sont motorisés et tournent à la
même vitesse ; le tablier se lève donc de manière uniforme.
7.4 Motorisation
Nous avons choisi d’utiliser un interrupteur pour couper la motorisation une fois arrivé en position haute
ou basse. Nous n’avons pas utilisé de capteurs de fin de course par manque de temps. Comme nous le
démontrerons dans une étude statique de la partie suivante, le tablier est en équilibre stable en position
ouverte comme fermée. Nous pouvons couper les moteurs en position haute et basse.
des contrepoids remplis d’eau, mais au dernier moment nous avons trouvé une solution bien meilleure car
elle n’induit aucun coût carbone supplémentaire : décaler les arches par rapport à l’axe des pivots :
Figure 18 – Schéma du problème. Les différentes forces s’exerçant sur l’arche de droite sont représentées
en rouge.
Nous allons isoler l’arche de droite. ↵ dépend de ✓ et peut être calculé avec un peu de trigonométrie
(l’expression fait intervenir beaucoup de paramètres n’apparaissant pas sur le schéma. La force normale
dans le câble vaut :
mtablier g
N=
cos ↵
La force exercée par le câble sur l’arche de droite s’écrit :
mtablier g mtablier g
F~ = ~x + ( sin ↵ ~x cos ↵ ~y )
cos ↵ cos ↵
La force de pesanteur sur le tablier ainsi que son centre de gravité peuvent être mesurés via la maquette
numérique. Finalement, le moment total M (d, ✓) peut s’exprimer grâce à un produit vectoriel.
7.5.3 Résultats
Pour les masses prévues du tablier et des arches, on trouve d = 2.72 cm. On peut alors tracer le moment
exercé sur l’axe en fonction de ✓ sur une ouverture du pont (voir figure 19).
Pour ✓ = 0 ou faiblement négatif, le moment exercé par les différentes forces de pesanteur sur l’axe de la
liaison est positif : le pont est stable en position fermé puis pendant l’ouverture, ce moment devient
négatif jusqu’en fin de course. le pont est stable en position ouverte. Pour ✓ grand, le moment
commence à ré-augmenter, c’est en fait parce que l’influence de la force de tension du fil (qui tend à
rapprocher les arches) est en train de devenir prépondérante devant la force de pesanteur s’exerçant sur
l’arche (qui tend à éloigner les arches). La tension tend vers l’infini quand on approche ✓lim , en continuant
l’ouverture le moment redeviendrait positif et tendrait vers +1 pour ✓ = ✓lim .
Le moment maximal que le moteur doit fournir pour ouvrir ou fermer le pont a été divisé par 20 par
rapport à la position d = 0, l’énergie nécessaire pour une ouverture est donc bien plus faible. En ajoutant
d’autres paramètres dans le problème de minimisation, on pourrait réduire encore ce moment, comme
Défi SAPHIRE - MYB 20
des contrepoids à masse variable (réservoirs d’eau), ou encore des ressorts exploitant différentes non-
linéarités géométriques. Mais ces solutions seront plus compliquées à mettre en oeuvre, et celle ci est déjà
satisfaisante compte tenu du fait que le moment n’est plus très grand devant les moments dûs aux forces
de frottement dans les liaisons pivots.
Le défi sous sa forme « compétitive » nous obligea tout au long de l’année à poursuivre l’étude et la
construction de notre pont à un rythme soutenu, parfois bien au delà des horaires prévus pour le projet.
Il fut aussi l’occasion de pousser des concepts vus en cours beaucoup plus loin, parfois même trop pour
qu’ils puissent être intégrés à ce rapport.
Parmi les perspectives d’amélioration de notre travail, nous pouvons citer : l’optimisation des piles, qui
est clairement l’un des défauts majeurs de notre pont ; l’étude d’une cinématique telle qu’au repos ou les
arches soient en contact (ce qui n’est pas possible ici du fait de la zone d’applications des efforts lors de
l’essai).
Nous étions dès le départ conscients de la difficulté du pont choisi, mais son caractère inédit nous a
particulièrement motivé.
9 Annexe
Figure 22 – Cinématique du Lake Shore Drive Bridge sous plusieurs angles et à différents instants de
temps
Figure 23 – Position des arches lorsque l’angle d’ouverture ✓ est égal à ✓lim
Défi SAPHIRE - MYB 24
Figure 24 – Lieu des solutions de l’équation (24). En rouge, d = 0.1 cm. En blanc, d = 0.1 cm. En
vert, d = 0.18 cm.
Figure 25 – Vue 3D du pont proposé (le tablier et les suspentes ne sont pas dessinés)
Défi SAPHIRE - MYB 25
Figure 26 – Pont proposé. À gauche : élévation transversale. À droite : élévation longitudinale. (Le
tablier et les suspentes ne sont pas dessinés)
Figure 27 – Schéma de la transmission des efforts des câbles aux portiques treillis intérieurs. Les efforts
horizontaux sont repris par les butées qui travaillent en compression, ce qui assure la bonne
liaison mécanique entre les deux portique treillis d’amont et les deux portiques treillis d’aval
Figure 28 – Points d’application des forces verticales et horizontales (en rouge) et articulations aux pieds
des portiques (en orange)
Défi SAPHIRE - MYB 26
Figure 32 – Répartition des contraintes maximales (traction) sous HPP par CAST3M
Défi SAPHIRE - MYB 27
Figure 33 – Répartition des contraintes minimales (compression) sous HPP par CAST3M
Figure 39 – Feuilles d’étain utilisées et câblage permettant d’assurer le bon raccordement électrique des
rails