Les Lois du Discours et Communication
Les Lois du Discours et Communication
Il n’y a pas d’objet trivial, on peut analyser tous les textes de communication courante et
fonctionnelle (recette, pub, JT, horoscope..)
C’est une discipline interdisciplinaire, utilisée en histoire, en sociologie, en psychologie…
Le discours
-Langue = code commun >< Parole = usage individuel -> le discours est dans la parole
-discours >< parole : il répond à certaines conventions, règles, contraintes -> discours = parole
surdéterminée par des règles.
Caractéristiques du discours :
Énoncé et contexte
Énoncé et énonciation
-l’énoncé est ancré dans sa situation d’énonciation : tout énoncé porte des traces de son
énonciation -> il n’y a pas l’un sans l’autre.
-énoncé = résultat d’un processus de production : l’énonciation = acte physique et mental de
production du message >< ensemble des traces linguistiques par lesquels le locuteur imprime
sa marque à l’énoncé, s’inscrit dans les message et se situe par rapport à lui-> opposition
fondamentale
Énonciation : qui énonce ? à qui s’adresse le message ? Quand le message a-t-il été
produit ? Où le message a-t-il été produit ?
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Discours et communication
Contexte
(référentielle) Référentielle = ce qui se passe autour
l Expressive = ce que l’on ressent
Destinateur -- Message -- Destinataire Poétique = choix du code utilisé pour
(expressive) (poétique) (conative) provoquer une émotion esthétique
l Conative = agir sur l’autre
Contact Phatique = établir/ maintenir/ mettre fin
(phatique) à l’échange
l Métalinguistique = clarifier le code
Code
(métalinguistique)
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Tout discours est régi par des normes : respect de « règles du jeu » que chacun des locuteurs
est censé respecter.
Loi de pertinence = une énonciation doit être appropriée au contexte dans lequel elle
intervient et elle doit intéresser le récepteur en apportant des informations qui
modifient sa situation
Loi de sincérité = L’énonciateur doit être engagé dans son énoncé : inscription dans un
ton. Degré d’adhésion dans le ton de son énoncé
→ Risque de non-coopération
La préservation des faces (lois de politesse)
Les échanges verbaux sont soumis à des règles de politesse -> théorie des faces de Brown et
Levinson (1978), inspirée de Erving Goffman (1967) : Tout individu possède deux faces : une
face positive (publique) et une face négative (privée)
Face positive : image valorisante de soi → bonne impression que l’on veut produire
Face négative : ce que l’on veut garder pour soi, l’intime, le corps… (le territoire privé)
Dans un acte de communication (interaction), 4 faces sont engagées (la face négative et la
face positive de chaque coénonciateur)
Être poli = ne pas trop agresser autrui/soi-même ou préserver l’équilibre entre les faces des
coénonciateurs ou encore s’efforcer d’atténuer globalement les menaces sur les faces par des
stratégies de compensation
= condition de la réussite de l’acte de communication, car tout acte de communication est en
soi menaçant (pour le locuteur, pour l’interlocuteur)
Prescrivent d’être à la fois clair (=être audible, explicite) et économe (=ne pas trop digresser,
utiliser la voie la plus concise)
Dépendent de la situation
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Médium et discours
Ex : de genre de la confession :
-dans une église : pour le pardon de dieu, dans un lieu secret, solennité
-chez un psy : pour se sentir mieux, moins solennel
-dans un talk-show/téléréalité : partager son histoire, attirer l’attention, notoriété
=> le déplacement du médium reflète les mutations d’une société, il faut prendre en
considération tout le dispositif communicationnel qui intègre ce médium.
Hamlet, par Gianni di Luca : voix narrative, espace et temps, informations essentielles,
monologue célèbre modification du contenu, des usages
Le passage à la BD il réduit le message à l’essentiel mais garde « être ou ne pas être, là
est la question » non-essentiel à la compréhension mais indispensable pour la
retranscription de la pièce.
La voix narrative prend la parole et explique en même temps que le discours ce qui se passe,
ce qui n’est pas fait un théâtre, où toute l’histoire doit être compréhensible par le dialogue
des personnages.
La BD est visuelle donc elle permet de prendre connaissance de deux espaces différents en
même temps où au théâtre en l’occurrence ce sont 2 scènes différentes.
Le propos se resserre autour de l’histoire contrairement au théâtre qui propose d’avantages
de dimensions.
Le registre n’est pas le même, la BD « vulgarise » la pièce et la rend plus accessible -> public
peut-être plus jeune, visée scolaire ?
Oral vs écrit
À l’oral la situation de communication est immédiate et à l’écrit, elle est différée. Cela
influence fortement les différences entre les 2 médiums.
- Mots phatiques : euh, donc, quoi, bon ; ils servent à nous faire enchaîner les idées en
réfléchissant, à créer un lien entre les phrases
- Hésitations, répétitions, phrases inachevées, incises
- Parataxes : juxtaposition de différents éléments alors qu’en réalité ils sont en relation
de dépendance qui est précisée à l’écrit par des prépositions, mots-liens etc.
- Construction à constituants détachés : emphase, dislocation : extraire certains
éléments de la phrase en les plaçant à différents endroits de la phrase (« moi, mon
papa, sa voiture elle est en panne ») pour les mettre en évidence.
- Ruptures de constructions
- Registre de langue : plus relâché à l’oral
- Prononciation : certaines fin de mots ou mots entiers (‘ne’ de la négation, ‘not(re)’)
Propriétés de l’écrit :
Circuler loin de sa source, rencontrer des publics différents…
Lecture contrôlée par le récepteur
Ouverture d’un espace pour un commentaire, une analyse
Peut être archivé, classé, conservé
Propriétés de l’imprimé
Objet inaltérable et fermé sur soi
Peut être diffusé à grande échelle
Caractère officiel, anonymat
L’imprimé accentue des effets de l’écriture car la distance est bien plus grande.
La spatialité du texte
Avec l’imprimerie surtout, la spatialité du texte est l’espace occupé par le texte ;
Il peut être associé à des éléments iconiques, d’un paratexte (=ensemble des éléments qui
entourent, accompagnent le texte)
Présente une certaine mise en page
Tout un texte est une image qui s’offre au regard
-Hypertexte -> le texte est matériellement relié à plein de liens qui nous lient vers d’autres
pages d’autres textes etc. , instabilité, instantanéité
-Dématérialisation des supports physiques des énoncés
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La compétence encyclopédique
La compétence communicative
= connaissance des lois du discours + compétence générique
Connaissance des lois du discours = maîtrise du code linguistique etc.
Compétence générique= savoir reconnaître un genre du discours et savoir se comporter dans
certaines situations de discours.
Ex : le marchandage (genre du discours) : on peut marchander dans une brocante mais pas
dans une boulangerie.
Quelle attitude adopter face à un genre ?
Connaissances socialement favorisées ou non
On peut transgresser le script, effet comique (Charlie Chaplin)
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Tout texte appartient à un genre de discours ex : compte rendu sportif, conversation, talk-
show etc. ce sont des catégories qui ne sont pas scientifiques, elles sont nées de l’usage et
s’affirme par leur répétition .
Elle ont une dénomination variable (forme du support, contenu, but…)
le genre de discours sert à faire des économies cognitives, on sait à quoi on a affaire et on
connait des codes assez définis
il sécurise la communication
Typologies communicationnelles
Fonctions sociales
Fonction de contact : conversation
Fonction ludique : jeu
Fonction religieuse : messe
Les genre des discours ne sont pas immuables, ils apparaissent lorsque certaines conditions
sont réunies : un genre peut apparaître ou disparaître.
Conditions socio-historiques
Ex : le fait divers n’existe que depuis l’invention de la presse à grand tirage (journal) au 19e s
mais ajd il existe encore à la presse orale (radio) avant, les gens étaient au courage de ce genre
d’histoires par les commérages.
historiquement variables
Types de discours
= grand secteur d’activité sociale : fait divers englobé dans le type plus vaste de la presse qui
est englobée dans le discours médiatique
cela reste une analyse plus intuitive que scientifique.
Autres classifications
Milieu institutionnel : entreprise, hôpital, famille, école
Statut des partenaires : discours entre adultes, enfants, discours riche, pauvre
Positionnement idéologique : discours marxiste, catholique, néolibéral…
Typologies énonciatives
Benvéniste : opposition récit/discours
Un récit est un texte dont l’énonciateur est complètement absent vocabulaire neutre,
3eme personne, tournures impersonnelles etc.
Un discours est un texte dans lequel l’énonciateur s’inscrit dans son énoncé exclamations,
références etc.
Typologies discursives
Elles allient :
Les typologies communicationnelles ne se préoccupant pas des caractéristiques des textes
Les typologies énonciatives éloignées de l’inscription sociale des énoncés
Œuvres et routines
Une œuvre littéraire s’inscrit dans une classe généalogique (ex : la tragédie) qui se réfère à un
prototype ;
Les genres peuvent avoir une œuvre de référence qui sert de modèle aux autres
Ex : Épopée : œuvre-type Ulysse // Roman épistolaire : Les liaisons dangereuses
Pour d’autres types de textes, pas de référence prestigieuse : ce sont des routines
La scène d’énonciation
Tout énoncé, toute parole se donne à voir au récepteur d’une certaine façon par une « mise
en scène » qui interpelle le lecteur à 3 niveaux
La scénographie
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Au mode 2, le genre de discours adopte une scénographie préférentielle (un cahier des
charges contraignant) attendue du lecteur, mais qui permet malgré tout une certaine
originalité
Les formulations ne sont pas figées
Ex : le journal télévisé, la recette de cuisine, le fait divers (v. Analyser les textes de
communication, p. 104), l’annonce de décès ou de mariage , le flyer de marabout…
Au mode 4, l’auteur assigne son texte à un genre préétabli ou qu’il définit lui-même
C’est souvent le cas pour les textes littéraires, qui ne remplissent pas un cahier des charges
précis, parce qu’ils ne correspondent pas à une activité définie dans l’espace social
Ces dénominations (la « méditation », le « dialogue »…) sont constitutives du sens de l’œuvre
et contribuent à son interprétation
Genres et étiquettes
La plupart du temps, un genre de discours n’est pas associé à une étiquette : un énoncé ne «
dit » pas qu’il appartient à tel genre de discours, mais se montre comme tel
Dans d’autres cas, lorsqu’un auteur « étiquette » son énoncé, il peut mettre l’accent sur les
propriétés formelles de celui-ci ou sur son interprétation (ou parfois les deux)
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L’ethos
Un énoncé est mis en scène, mais il est aussi produit par un énonciateur, dont le lecteur se
construit une représentation…
Ethos = représentation que le lecteur se forge de l’énonciateur à travers ce qu’il dit et
comment il le dit
Exemple : « Un récit très BMW » Comment nous représentons nous cet énonciateur?
Caractère et corporalité
Nous prêtons à cet énonciateur une corporalité (sexe, âge, capital social, économique…) et un
caractère (traits psychologiques, capital culturel…)
Caractère et corporalité proviennent de représentations sociales qui sont renforcées par des
stéréotypes culturels véhiculés par les médias, la littérature… (ici, cliché de l’aventurier)
Ton
C’est à travers le ton utilisé par l’énonciateur que nous pouvons aussi nous forger cette
représentation…
Le ton, qui correspond à la manière d’énoncer, renvoie à une manière d’être (le caractère, ma
corporalité…) et donne une autorité à l’énoncé (ici, vocabulaire soigné et recours à des phrases
longues fluidité de la conduite)
Garant et incorporation
Ethos hybride
Une même énonciation peut mêler plusieurs ethos : c’est ce qu’on appelle un ethos hybride
Dans notre exemple, l’énonciateur est un aventurier, mais il est aussi un touriste, ce qui
renvoie à l’univers de la voiture vanté par cette publicité…
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L’embrayage énonciatif
→ Notre, nos, vous, vôtre, aujourd’hui = traces linguistiques de l’énonciation dans le texte
→ Ce sont des embrayeurs de l’énonciation ou déictiques
Sont considérés comme embrayeurs de personnes tous les mots qui partagent le trait « 1 re
personne » ou « 2 e personne » :
- les pronoms personnels sujets (je, nous, vous, tu, moi, toi)
- objets (me, te, nous…)
- les adjectifs possessifs (mon, votre…)
- les pronoms possessifs (le mien, le tien, le nôtre…)
Moins nombreux
Des adverbes comme ici et là (et leurs dérivés) sont embrayeurs (« il fait froid ici, n’est-ce pas
? »)
L’adjectif démonstratif ce (ces, cette…), ssi il désigne un élément commun à l’environnement
des co-énonciateurs : « Veux-tu bien fermer cette fenêtre ? »
Mais pas « Paul m’a parlé de toi. J’aime bien ce garçon » (repérage interne/ par le cotexte)
Les embrayeurs de personne, temps et lieu ont un signifié qui leur est propre
Mais ils tirent aussi une partie de leur signification de la situation d’énonciation
Ex : « je »
Modalités
Les modalités ou modalisations au sens strict concernent la tournure des phrases en fonction
de la valeur logique que l’énonciateur veut leur donner ou de la façon dont il veut entrer en
relation avec son coénonciateur :
- J’espère que Paul pourra annuler sa réservation… (ce n’est pas sûr)
- Il est possible que Paul annule (c’est possible)
- Paul a annulé sa réservation (c’est certain)
- Est-ce que tu as annulé la réservation, Paul ? (question)
- Annule, Paul, s’il te plaît ! (ordre)
A côté de ces modalités logiques existent des modalités appréciatives ou subjectivèmes (C.
Kerbrat-Orrechioni): chaque fois que l’énonciateur fait une évaluation, émet un jugement de
valeur, compare, etc.
Contrairement aux autres embrayeurs (temps, personne, lieu), les subjectivèmes sont en
nombre illimité : toutes les catégories du langage sont quasi touchées (les adjectifs mais aussi
les noms, les adverbes, les verbes, certaines expressions, tournures de phrase, etc.)
Repérage hors contexte (ou datation autoritaire) : A la fin de l’après -midi du 29 septembre
1759, on était au milieu du XVIIIe siècle…
Repérage par le cotexte : le soir, quelques semaines plus tôt …
Repérage par le contexte (artifice): maintenant
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En cas d’hésitation : la présence d’1 élément ou 1 type d’éléments n’est pas décisive : souvent
il faudra prendre en considération la présence simultanée de plusieurs éléments
1 re personne + présent déictique + subjectivèmes -> plan embrayé
3 e personne + passé simple/présent non déictique + pas ou peu de subjectivèmes -> plan non
embrayé
Il existe des textes entièrement embrayés/ entièrement désembrayés mais le plus souvent,
un même énoncé alterne les plans d’embrayage: ainsi l’énonciateur embraye, désembraye,
ré-embraye…
Pour caractériser l’embrayage d’un texte, on peut aussi examiner comment se combinent
dans un même énoncé deux grandes catégories d’embrayeurs.
Les embrayeurs du premier groupe (personne, temps, lieu) et les embrayeurs du second
groupe (modalités appréciatives/subjectivèmes)
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La polyphonie
Notion de polyphonie
Souvent dans son énoncé, l’émetteur fait entendre d’autres voix que la sienne, voix par
rapport auxquelles il est amené à se situer
C’est souvent le cas dans des textes qui sont le lieu d’un débat, où plusieurs opinions se
manifestent
L’auteur va mettre en scène un ensemble de voix dont il se distancie ou avec lesquelles il se
solidarise
Le responsable du texte
Le producteur/le locuteur
Il peut y avoir parfois une différence entre producteur et locuteur du texte (les deux
peuvent aussi se confondre)
Le producteur = l’auteur matériel du texte
Le locuteur/l’auteur = celui qui accomplit l’énonciation dans l’énoncé et qui est « mis
en scène » par le producteur (exemple : le locuteur d’« Un récit très BMW »).
Il est la source du repérage énonciatif et se montre responsable de ses points de vue.
La notion d’auctorialité :
L’inter-énonciateur = celui qui parle d’une seule voix au nom d’un groupe, masquant ainsi
les dissensions éventuelles entre les membres de ce groupe (cas typique : le communiqué
officiel d’un parti politique ou d’un groupe d’intérêt)
Situations intermédiaires :
- Discours direct sans guillemets : Johnson dit : nous avons pris le canon et nous avons tiré
sur les maîtres. Ce qui le fait rire aux éclats. Pierre est étonné, il pensait que c’était lui qui
avait pris le canon et qui avait tiré. Mais il est vrai que sans Johnson il n’aurait jamais pu le
tourner ni le mettre en position de tir. « Johnson, c’est ton nom. Et ton prénom ? » H.
Bauchau, Le régiment noir, Actes Sud, 2000, p. 74.
- Discours direct libre : Elle est rassurée, sourit : Quelle passion pour ce cheval. Mais c’est
vraiment une bonne idée. Oui, partez demain, cela vous distraira. H. Bauchau, Le régiment
noir, Actes Sud, 2000, p. 43.
Discours indirect libre : La femme de chambre ne bougeait pas. Il fallait vraiment que
Madame fût enragée. Maintenant, l’eau tombait à torrents, la petite ombrelle de soie
blanche était déjà toute noire ; et elle ne couvrait pas madame, dont la jupe ruisselait.
Ilot citationnel : Il s’agit de lutter contre le passage trop brutal de l’école, où l’enfant
étudie LA science, au collège, où LES sciences sont enseignées par des professeurs différents
donnant « l’image d’un manteau d’Arlequin et d’un monde parcellaire sans unité visible ».
(Le Monde de l’éducation, décembre 2005)
Résumé avec citations : […] Dylan décrit la gloire et la déroute, la lucidité et les
doutes d’un folk singer qui reconnaît que sa musique est « dépassée », mais cherche encore,
en sourcier du phrasé, le tempo et le flot de mots appropriés, loin des pièges de la
canonisation. Car, pas plus qu’un Nietzsche, Dylan ne s’est rêvé en « fondateur d’une
religion » et a toujours refusé d’être « le prince de la contestation » ou « le porte-parole
d’une génération », comme en témoigne le récit hallucinatoire de sa maison de Woodstock «
assiégée » par tous les « tapés » et autres « gauchistes crapuleux » des seventies qui
cherchaient un maître pour se révolter. (Le Monde de l’éducation, décembre 2005)
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- modalisation qui indique la présence d’un autre discours dans le discours (non-coïncidence
du discours à lui-même) : « le soi-disant », « ce qu’on appelle », « pour reprendre les mots de
X », « pour parler comme X » etc.
- modalisation qui indique que les mots et les choses ne coïncident pas (non-coïncidence
entre les mots et les choses) : « ce qu’il faut appeler X », « on pourrait dire », « comment
dire? », « s’il faut donner un nom » etc.
- modalisation qui indique que le sens des mots est équivoque (non-coïncidence des mots à
eux-mêmes) : « à tous les sens du mot », « au sens premier », « littéralement » etc.
→ nécessité d’une connivence entre énonciateur et lecteur pour que les guillemets
puissent être déchiffrés.
→ renforcement de ce e connivence au terme de ce e interpréta on.
L’italique
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→ caractéris ques ?
Le slogan
→ formules courtes, des nées à être répétées par un nombre illimité de locuteurs, rimes,
symétries…
Se présentent aussi comme des citations : celui qui les énonce ne se pose pas comme le
responsable et n’en donne pas la source…
Mais différences :
- Inséparables d’un certain contexte socio-historique (nom de la marque compréhensible
seulement par les contemporains)
- Valeur pragmatique très différente :
le slogan est lié à la suggestion : associer dans la mémoire une marque et un argument de
vente
Le proverbe prétend dire le vrai : son énonciateur associe une situation à un cadre général
préétabli → le lecteur doit associer les 2
Évolution du slogan :
- Sensible à l’évolution des médias :
diffusé à la radio → rimes internes, répé ons, jeux de mots (« Dubo, Dubon, Dubonnet »)
autres médias : associé à situations, images → s’affranchit de ses contraintes formelles («
Parce que je le vaux bien ») → le nom de la marque est moins présent.
Des énoncés sur d’autres énoncés
Captation et subversion
- Parfois imitation non pas d’un seul énoncé mais de tout un genre de discours → on sort du
cadre de l’allusion → permet au discours imitant de construire son iden té
EX : slogan publicitaire imitant le proverbe : « Les chiens aboient, les Lee Cooper passent »
= les chiens aboient, la caravane passe ( : avancer sans écouter les rageux)
Cf. tout slogan aspire à l’autorité du proverbe, à être universellement reconnu et accepté
Captation : essayer de capter la valeur pragmatique attachée à un genre (le slogan qui capte
le proverbe)
Subversion : imiter un énoncé pour le disqualifier (parodies) « Martine a empaillé sa sœur »
- Qu’il s’agisse de captation ou de subversion, l’imitation peut porter sur un texte attesté (un
proverbe en particulier) ou sur un genre de discours (par ex. le genre proverbial dans son
ensemble : « Se dépasser, c’est essentiel »)
- Subversion d’un genre de discours : ex : proverbes absurdes : « Trois font une truie », «
Belette n’est pas de bois », « Qui s’y remue s’y perd »… (152 proverbes mis au goût du jour, P.
Éluard et B. Péret) faux proverbes
De la subversion à l’ironie
Polyphonie et ironie :
- Quand l’énonciateur subvertit son propre discours, phénomène d’ironie : sorte de mise en
scène par laquelle l’énonciateur fait entendre par sa bouche un énonciateur bis qui dirait
sérieusement une parole déplacée, mais dont il se distancie.
Ex : « C’est sympa de nous prévenir » (critique de « Astérix aux Jeux olympiques »)
Ironie >< proverbe : dans le cas du proverbe, valorisation de « l’autre » énonciateur,
ambiguïté de l’ironie : entre ce qui peut être assumé ou rejeté.
Ironie et guillemets :
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Le détachement
-Énoncés détachés = énoncés brefs qui ont été détachés d’un texte dont le responsable
est un locuteur identifiable
- Autonomes par nature (proverbes, slogans, devises : pas vraiment d’origine)
phénomène des « petites phrases »
- Mais avant d’être détaché, l’énoncé doit avoir été surasserté dans son texte d’origine
La surassertion
+ phénomène des « petites phrases » : citations destinées à être reprises dans des émissions
d’information (voulues telles par leur producteur ou par un journaliste ?)
→ volonté de contrôler le détachement « Parler de social à Nicolas Sarkozy, c'est comme parler de
cinéma à une caméra de surveillance. » (Laurent Fabius)
Détachement fort et détachement faible :
Détachement fort : les énoncés détachés sont séparés du texte dont ils sont extraits
C’est souvent le cas des « petites phrases »
Souvent rubriques « La citation du jour », « C’est dit ! », « Les petites phrases
remarquées en 2005 »…
Détachement faible : les énoncés restent dans le paratexte du texte dont ils sont
extraits.
L’aphorisation
De la surassertion à l’aphorisation :
Possibilité pour un journaliste de « convertir » un énoncé en énoncé surasserté, pour le
détacher → un locuteur peut se retrouver « surasserteur » d’énoncés qu’il n’a pas posé
comme tel… → figure du surasserteur construit par le détachement même
→ phénomène (proverbes, sentences, petites phrases…) qui traverse les époques et les
sociétés : si un locuteur doit dire qqc d’important, il doit le dire dans un énoncé bref et
autonome.
→ l’énonciateur d’un énoncé aphorisant est censé prendre de la hauteur, se situer au-delà
des controverses, doit montrer l’ethos de qqn qui exprime une conviction…
→ énoncés qui échappent à la textualisation et aux genres