Risques de Perte de Diversité Génétique Des Animaux D'élevage
Risques de Perte de Diversité Génétique Des Animaux D'élevage
Section F
La diversité génétique est potentiellement races, le croisement avec des races exotiques
menacée par plusieurs facteurs, dont les effets ou avec d’autres races indigènes, les conflits, la
peuvent se ressentir de différentes manières – perte des habitats, la maladie, la négligence et le
l’érosion des systèmes de production dont les manque de programmes de sélection durables.
ressources zoogénétiques forment une partie; la Iñiguez (2005) considère le déplacement suite
destruction physique des populations d’animaux à l’arrivée d’autres races et les croisements
d’élevage; ou la mise en place de réponses qui indiscriminés comme des menaces pour les races
sont en soi des menaces. Les moteurs de l’érosion de petits ruminants en Asie de l’Ouest et en
génétique sont aussi différents selon l’étendue Afrique du Nord. Ces exemples montrent que les
des interventions politiques pouvant les influencer menaces pour les ressources génétiques peuvent
ou, s’ils ne peuvent se prévenir, selon les mesures se classifier de façon différente mais, pour les
pouvant se mettre en place pour diminuer leurs thématiques abordées ci-après, trois catégories
effets sur la diversité des ressources zoogénétiques. ont été retenues: les évolutions dans le secteur de
Les auteurs se trouvent largement d’accord sur les l’élevage; les catastrophes et les urgences; et les
évolutions et les facteurs généraux qui menacent épidémies de maladies animales et les mesures de
les ressources zoogénétiques. Par exemple, Rege contrôle.
et Gibson (2003) considèrent l’utilisation de Les aspects économiques, sociaux,
matériel génétique exotique, les changements démographiques et politiques sont des moteurs
des systèmes de production et des préférences des changements du secteur de l’élevage. Les
des producteurs poussés par des facteurs socio- évolutions incluent les changements quantitatifs
économiques, et les catastrophes (sécheresse, et qualitatifs de la demande en produits et en
famine, épidémies, troubles civils/conflits) comme services de l’élevage; les changements dans
les principales causes de l’érosion génétique. la disponibilité des ressources naturelles, des
Tisdell (2003) mentionne les interventions en intrants externes ou de la main-d’œuvre; les
faveur du développement, la spécialisation changements du commerce au niveau national
(mise en évidence d’un seul caractère productif), et international; et les changements dans
l’introgression génétique, l’élaboration des l’environnement politique qui, directement ou
technologies et des biotechnologies, l’instabilité indirectement, affectent la nature des systèmes
politique et les catastrophes naturelles. Les de production de l’élevage (voir partie 2 pour de
analyses des menaces spécifiques auxquelles sont plus amples renseignements sur les évolutions
confrontées certaines races d’animaux d’élevage dans les systèmes de production des animaux
et les raisons ayant causé par le passé l’extinction d’élevage). Outre aux menaces associées à ces
sont toutefois assez rares. Pour les races menacées évolutions générales qui affectent le secteur
des bovins en Afrique, Rege (1999) mentionne, dans sa totalité, les politiques et les méthodes
parmi les menaces, le remplacement par d’autres inadéquates dans le domaine plus spécifique de
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l’État des ressources zoogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde
Partie 1
la gestion des ressources zoogénétiques peuvent etc. – que comme intervention rapide à une
avoir des graves conséquences pour la diversité urgence. Cependant, dans certains cas (par ex. la
génétique. tremblante), les efforts rigoureux visant à éliminer
Plusieurs aspects différencient les catastrophes ces maladies sont une menace pour la diversité
et les urgences des évolutions plus «graduelles». des ressources zoogénétiques.
Premièrement, les catastrophes et les urgences Ce genre de cadre de classification implique
impliquent un événement ou un ensemble inévitablement une certaine simplification
d’événements spécifique dont la survenue est d’une situation complexe. Différents moteurs
relativement imprévisible, au moins par rapport vont interagir. Par exemple, une population
à l’intensité de l’impact et aux zones affectées. raciale peut uniquement être vulnérable à
Par conséquent, la prévision de leurs effets sur les une catastrophe aiguë, si ses nombres et son
ressources zoogénétiques représente un défi assez étendue sont réduits à cause des changements
différent (et même plus difficile). Deuxièmement, graduels des systèmes de production dans
les catastrophes et les urgences sont de par lesquels elle est détenue. Des approches
leur nature des événements indésirables, qui politiques et de gestion inadéquates peuvent
entraînent des interventions visées à atténuer les se vérifier dans des conditions «normales», mais
impacts humanitaires, économiques et sociaux. elles sont particulièrement graves et nuisibles
Ces interventions sont souvent organisées dans les répercussions qui suivent une urgence.
précipitamment, ont des objectifs à court terme Pareillement, les catastrophes et les urgences
et rarement se concentrent de façon spécifique peuvent détruire les infrastructures et les
sur les ressources zoogénétiques. Troisièmement, ressources humaines et techniques nécessaires
dans un cadre caractérisé par des catastrophes à mettre en œuvre ou à élaborer des approches
et des urgences, il faut prendre en considération de gestion adéquates. De plus, la délimitation
la possibilité que des populations de ressources entre les situations d’urgence chronique d’une
zoogénétiques de valeur soient effacées en très part et les effets négatifs d’évolutions continues
peu de temps. Les catastrophes et les urgences ou diffuses d’autre part, n’est pas toujours claire.
qui peuvent affecter les ressources zoogénétiques De façon semblable, il peut y avoir des moteurs
incluent les catastrophes naturelles (par ex. ouragans «d’un niveau plus élevé» opérant par le biais de
ou tsunamis) et celles provoquées par l’homme (par plus d’un des mécanismes indiqués plus haut.
ex. les guerres) (Goe et Stranzinger, 2002). Par exemple, le changement climatique peut
Les maladies épidémiques des animaux accroître la fréquence des catastrophes naturelles
d’élevage partagent les caractéristiques suivantes et influencer graduellement la distribution et
avec les catastrophes et les urgences: elles sont les caractéristiques des systèmes de production
relativement imprévisibles; peuvent ravager les (FAO, 2006a).
populations d’animaux d’élevage en très peu de Vu l’imprévisibilité et la complexité des
temps; et entraînent des interventions du genre maintes forces menaçant la diversité génétique
«en cas d’urgence» (la nature et la focalisation des animaux d’élevage, l’évaluation de leur
spécifiques de l’intervention sont toutefois importance relative et, par conséquent,
différentes de celles mises en œuvre lors des autres l’identification des priorités visant à les atténuer
urgences). Les campagnes d’éradication en cas représentent un défi de taille. Les impacts sont
de maladies endémiques rentrent moins dans ce probablement affectés par l’échelle spatiale de
schéma, car elles sont plus entraînées par différents la menace; la vitesse à laquelle elle se présente;
facteurs – développement technologique, pour les menaces périodiques, la fréquence
questions liées à la commercialisation et au avec laquelle elles se produisent; l’intensité
commerce, inquiétudes liées à la santé humaine, avec laquelle elles frappent les populations; et
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Partie 1
Cadre 15
Le renne de la Mongolie est menacé
Au cours de milliers d’années, le renne a représenté La consanguinité semble être une autre cause du
la base des moyens d’existence et de la culture déclin du renne, car la vulnérabilité aux maladies
des peuples nomades de la taïga et des toundras comme la brucellose est accrue. En 1962, et de
d’Eurasie. Le peuple Tsataan, ou Dukha, de la nouveau vers la fin des années 80, le gouvernement
Mongolie, par exemple, dépend de ces animaux de la Mongolie a apporté des rennes de la Sibérie
pour le transport – le renne est monté et utilisé pour repeupler les troupeaux. Ce genre d’afflux ne
comme bête de somme et comme aliment – surtout s’était pas produit depuis la fin de l’ère soviétique.
le lait. Lors de l’abattage d’un animal, la viande, les Les propositions visant à renouveler les importations
peaux et virtuellement chaque partie de son corps de rennes ou de sperme de renne de la Sibérie ou
sont utilisées. Comme pour de nombreux peuples d’autres pays plus lointains, comme la Scandinavie
nomades, différents facteurs menacent le mode de vie ou le Canada, ont provoqué quelques débats. Les
traditionnel des Dhuka – y compris la diminution du arguments en faveur indiquaient que le croisement
nombre des rennes au cours des dernières années. pouvait restaurer les caractères bénéfiques qui
Plusieurs menaces visant les troupeaux ont été s’étaient perdus avec le temps, comme la résistance
identifiées. La population sauvage de la région est en aux maladies, la production laitière élevée et les
baisse à cause de la chasse commerciale. En l’absence dimensions considérables du corps et des bois.
de gibier sauvage, les éleveurs doivent abattre D’autres ont par contre déclaré que l’introduction
un pourcentage de leurs animaux trop important. de matériel génétique exotique aurait pu être
D’autres développements économiques, comme les inadéquate, car les rennes locaux avaient été
activités minières, représentent une menace, car les sélectionnés selon les exigences locales, spécialement
zones de pâturage sont détruites ou les schémas de pour «l’équitation» et le transport des marchandises.
migration interrompus. La diminution de la mobilité, Les études moléculaires ont indiqué que les
les éleveurs choisissant de rester près des villes pour troupeaux des Dukha ne sont pas plus consanguins
profiter des services d’instruction et de l’accès aux que d’autres nombreuses populations de rennes.
biens de consommation, affecte de façon négative Différents scientifiques des ONG et les autorités
la nutrition des rennes, puisqu’ils ne peuvent pas du gouvernement de la Mongolie se sont engagés
accéder aux zones de pâturage éloignées, riches en dans des recherches pour explorer en profondeur les
lichens. La connaissance traditionnelle relative à la meilleures approches à utiliser dans la gestion des
sélection et à l’élevage s’est probablement perdue ressources génétiques des rennes. Des efforts sont
au cours de la période du collectivisme et, par également entrepris pour évaluer les besoins en santé
conséquent, les nouveaux éleveurs du secteur privé animale des Dukha et pour leur fournir une meilleure
connaissent moins la gestion des rennes que leurs assistance vétérinaire.
prédécesseurs. En même temps, les problèmes liés à
la santé des rennes sont exacerbés par le déclin des Les conseils sur la préparation du texte pour ce cadre ont été
fournis par Brian Donahoe, Morgan Keay, Kirk Olson et Dan
services vétérinaires gouvernementaux et les mesures
Plumley. Pour de plus amples renseignements, voir: Donahoe
de contrôle des prédateurs. et Plumley (2001 et 2003); Haag (2004); Owen (2004);
Matalon (2004).
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internationales (Tisdell, 2003), ce qui favorise localités plus éloignées (inaccessibles) sont moins
également ce qu’on appelle «l’effet de dominance affectées par les menaces liées aux demandes du
de Swanson». Ce terme décrit une situation dans marché. Cependant, les systèmes de production
laquelle les choix effectués au sein des sociétés qui de ces régions, qui abritent souvent des ressources
se sont développées plus tôt affectent les schémas génétiques spécifiquement adaptées, font face à
de développement d’ailleurs. Face au besoin d’un d’autres menaces. La dégradation de la base des
accroissement rapide de la production, le choix ressources naturelles, exacerbée par la pression
des races transfrontalières, déjà sujettes à de croissante de la population et l’absence de
nombreuses années d’améliorations génétiques méthodes et de stratégies adéquates en matière
intenses et dont le matériel génétique est de gestion des pâturages ou de fertilité des sols,
facilement disponible, est probablement un peut menacer la durabilité (FAO, 1996). L’absence
choix plus intéressant pour les producteurs de droits d’accès aux pâturages et aux sources
d’animaux d’élevage et pour les décideurs des d’eau est de plus en plus une menace pour
pays en développement, même si la mise en les stratégies d’élevage des pasteurs (Köhler-
valeur des races locales pourrait à long terme Rollefson, 2005). Le changement climatique
créer des animaux mieux adaptés (ibid.). En fait, représente aussi une menace potentielle. La
un processus semblable peut réduire la diversité diminution prévue des précipitations dans les
intraraciale chez les races transfrontalières à principales régions semi-arides de l’Afrique peut
haut rendement, comme l’indique l’utilisation affecter de façon négative l’existence des pasteurs
très répandue du patrimoine génétique nord- (Hiemstra et al., 2006). Outre les problèmes relatifs
américain chez les bovins Holstein Frisonne aux ressources naturelles, les contraintes liées à
européens. la production (par ex. maladies endémiques), au
Le commerce international étant en hausse, commerce, à la disponibilité des intrants externes
la nature de la production de l’élevage et le et au manque des infrastructures et des services
choix des races peuvent être influencés par des nécessaires à l’amélioration des races peuvent
facteurs comme les tendances du marché des pays entraîner une baisse de la viabilité économique
importateurs, une plus grande concurrence des de ces systèmes de production. La migration vers
produits importés, les fluctuations des prix des les zones urbaines à la recherche d’un emploi
intrants importés et les restrictions commerciales peut produire la perte de la main-d’œuvre et
associées aux mesures zoosanitaries. Les petits de la connaissance traditionnelle associées aux
éleveurs auront souvent des difficultés à réagir animaux d’élevage (Daniel, 2000; Farooquee
aux défis et aux possibilités résultant de ces et al., 2004). Les effets de ces contraintes sur
développements et pourraient, par conséquent, les ressources zoogénétiques sont à double
être perdants par rapport aux producteurs tranchant: si d’une part, elles font obstacle à
industriels (FAO, 2006). Les cadres légaux pour le la durabilité économique, d’autre part elles
commerce international des animaux d’élevage favorisent l’élevage des races indigènes car elles
et des produits de l’élevage sont présentés en sont les seules à prospérer dans des conditions
plus grand détail à la partie 3 – section E. difficiles de production.
La portée des menaces entraînées par la Il faut également constater que certains
demande à la diversité génétique des animaux changements, apparemment moindres et
d’élevage varie selon les localités et est plus innocents, aux pratiques de production peuvent
importante quand l’accès aux marchés est plus conduire au déclin des races ou des souches
facile. Ici, l’accroissement de la demande et la adaptées à des systèmes spécifiques. Dýrmundsson
concurrence sont largement responsables de la (2002) signale qu’en Islande, l’augmentation
transformation ou de la marginalisation/déclin de la production de foin et d’ensilage vers la
des systèmes de production traditionnels. Les moitié du XXe siècle a entraîné la diminution de
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Partie 1
Cadre 16
Distorsions politiques qui influencent l’érosion des ressources génétiques
des porcs au Viet Nam
Au Viet Nam, les races de porcs sont environ 25 – porcs pour l’exportation. Ces mesures ont inclus
15 races locales et 10 exotiques. Ces dernières sont des incitations préférentielles aux investissements
importées pour «améliorer», par les croisements, la du Fonds de soutien à l’exportation; des emprunts
performance des races locales. Le nombre de porcs du Fonds d’assistance au développement jusqu’à
estimés au Viet Nam est de 21,5 millions, dont environ hauteur de 90 pour cent de la valeur du capital
28 pour cent des races locales, 16 pour cent des races d’investissement, dans le cadre de projets impliquant
importées et 56 pour cent des croisements. Parmi les le développement de la production de porcs pour
races locales, trois sont considérées techniquement l’exportation; et des incitations de 280 VND (Viet
disparues, quatre sont classifiées comme critiques- Nam Dong) (0,02 dollar EU) pour l’équivalent d’un
en déclin, deux sont en danger-en déclin et quatre dollar d’exportation de porcs en lactation et de
sont vulnérables-en déclin (RN Viet Nam, 2003). En 900 VND (0,06 dollar EU) pour l’équivalent d’un dollar
1994, les races locales représentaient environ 72 pour d’exportation de viande de porcs (ACI, ASPS, 2002a,b).
cent de la population de truies au nord du Viet Nam. Une étude récente (Drucker et al., 2006), fondée
En 1997, ce niveau avait baissé à 45 pour cent. La sur une étude de cas dans la province de Son La
diminution des races locales dépend des forces du et sur des entretiens avec des informateurs clés au
marché et des politiques gouvernementales qui niveau des gouvernements local et national, a évalué
détournent la rentabilité relative de la production la portée des subventions gouvernementales pour
utilisant des races locales ou exotiques. les races de porcs «de haute qualité». Le niveau des
Le gouvernement reconnaît l’importance de subventions totales a été estimé à environ 31 dollars
maintenir les races locales pour la conservation par truie par an (VND460 000 par truie par an).
de la diversité génétique et le matériel nécessaire Onze types de subventions ont été identifiées: plus
aux programmes de croisements. Un appui et de la moitié (54 pour cent) étaient des subventions
du crédit sont fournis aux stations de sélection, directes en faveur de l’élevage de troupeaux de
aux organisations et aux individus qui élèvent sélection. D’autres sources importantes incluaient
les races locales (ACI/ASPS, 2002). Cependant, le des subventions directes du prix d’achat des
niveau de soutien pour les races locales est faible troupeaux de sélection (provenant de dons nationaux
par rapport aux incitations visant les éleveurs et provinciaux) (17 pour cent); des emprunts
de races exotiques axés sur les exportations. subventionnés en faveur de l’achat des porcs et des
Le programme de sélection du Ministère de infrastructures de la ferme (16 pour cent); et des
l’agriculture et du développement rural vise à garantir services d’insémination artificielle subventionnés
l’approvisionnement de races de bonne qualité (9 pour cent). La subvention par truie par an a été
utilisées pour la production nationale et pour les estimée entre 19 et 70 pour cent de la marge brute.
exportations. A cette fin, deux fermes de sélection
d’Etat reçoivent des subventions pour préparer les Fourni par Achilles Costales, AGAL (PPLPI) FAO.
Pour de plus amples renseignements, voir: ACI/ASPS. (2002);
races exotiques et les croisements à vendre aux
Drucker et al. (2006).
producteurs commerciaux de porcs (Drucker et al.,
2006). Un certain nombre de décrets divulgués
par le Ministère favorisent également l’élevage de
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Cadre 17
Les races laitières appropriées aux petits éleveurs des tropiques
Au Kenya, le développement de petits producteurs 460 jours. Le résultat d’une faible reproduction
laitiers favorise l’utilisation des bovins laitiers était la réduction des ventes des animaux de
exotiques. Une étude récente indique que ces réforme et l’impossibilité d’élever une génisse de
animaux ont un potentiel de production de lait remplacement au cours de la vie productive de
supérieur à ce que les climats tropicaux et les la vache (réduite ainsi à moins de quatre ans à
ressources en aliments peuvent soutenir. cause du stress et de la sous-alimentation). Ceci
Les modèles d’équilibre nutritionnel et énergétique avait comme résultat un coût total élevé par litre
chez les Frisonnes et leurs croisements avec les et la diminution de la taille du troupeau. Le déficit
zébus dans les unités à stabulation permanente énergétique subi par les Frisonnes à haut rendement
montrent que les productions journalières de lait explique pourquoi leur production laitière annuelle
supérieures à 18 litres ne peuvent pas être soutenues moyenne dans les unités à stabulation permanente
par la densité d’énergie des aliments disponibles. des petits éleveurs n’est que de 1 500 litres dans
L’amélioration de la qualité des aliments donnerait les hauts-plateaux et de 1 000 litres sur la côte, et
une production journalière supérieure à 22 litres, le taux de remplacement est d’une génisse élevée
mais créerait une chaleur supérieure à la possibilité pour les deux vaches quittant le troupeau.
de dispersion de la vache, même dans les frais Les productions de lait annuelles de ces Frisonnes
hauts-plateaux. Par conséquent, l’appétit de la vache ne sont pas plus élevées que celles des vaches
baisserait et elle puiserait sur ses réserves d’énergie laitières Boran, Nandi et Jiddu sous gestion améliorée
pour soutenir des productions plus élevées. Dans il y a 50 ans et leur fécondité et longévité sont
les zones côtières, la nutrition est plus faible et les considérablement plus faibles. Selon l’étude, la
vaches, produisant seulement 11 litres par jour, performance des vaches indigènes a été illustrée
subissent un stress continu et modéré au cours de par un croisement de Zébu. Sa production de lait
la saison chaude. Afin d’éviter ces effets adverses, annuelle de 1 570 litres, provenant d’une production
la production journalière ne devrait pas dépasser 20 journalière maximale de 11 litres, avait des coûts
litres dans les hauts-plateaux et 14 litres dans la zone directs élevés, mais ceux-ci étaient contrecarrés par la
côtière, ce qui porterait à une production maximale naissance de deux veaux femelles à un intervalle de
par an de 4 500 et 3 000 litres, respectivement. 317 jours, ce qui portait au coût total par litre le plus
Les effets négatifs résultant du dépassement faible. Cet exemple démontre que, dans un système
de ces limites n’étaient pas clairs au début de la à faibles intrants, la productivité des vaches devrait
lactation, lorsqu’une vache ayant une production être redéfinie selon l’utilisation efficace d’intrants
journalière, par exemple, de 35 litres avait le coût faibles, la prolongation de la vie du troupeau et le
direct le plus faible et fournissait du lait en quantité nombre de veaux, et une attention moindre devrait
suffisante pour la vente, la consommation du ménage être accordée à la production journalière maximale.
et le remboursement de la main-d’œuvre familiale.
Cependant, la diminution abrupte de la lactation a Fourni par John Michael King.
Pour de plus amples renseignements, voir: King et al. (2006).
révélé le déficit énergétique, qui entraînait également
la stérilité et portait l’intervalle entre vêlages à
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l’État des ressources zoogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde
Partie 1
la population de souche «mouton leader» aux les emprunts en faveur des investissements de
caractéristiques uniques et qui jouait une fonction capitaux, le subventionnement des intrants,
importante pendant les pâtures d’hiver. comme les aliments pour animaux importés,
Les arguments présentés ci-dessus ont indiqué la prestation de services d’élevage gratuits ou
que l’accroissement de la demande et la plus subventionnés (comme l’insémination artificielle)
grande mondialisation ont contribué à favoriser et les prix de soutien pour les produits d’origine
l’industrialisation des systèmes de production et animale (Drucker et al., 2006).
l’utilisation d’une gamme restreinte de ressources De façon plus générale, la prise de conscience de
génétiques hautement productives. Si ce processus l’importance de la conservation et de l’utilisation
représente une menace pour la diversité des durable des ressources zoogénétiques est souvent
ressources zoogénétiques, il a également apporté limitée au niveau politique (voir partie 3 –
une grande contribution à l’approvisionnement section A). Cette faiblesse concourt au manque de
alimentaire d’origine animale vis-à-vis d’une caractérisation adéquate des races locales et de
demande en croissance rapide. On peut donc considération pour les ressources zoogénétiques
argumenter que la diminution de la diversité des dans le cadre de toutes les décisions politiques.
ressources zoogénétiques n’est pas un problème De plus, l’investissement du secteur public dans la
grave. Cette perspective accorde évidemment mise en valeur des ressources zoogénétiques est en
peu d’importance aux avantages futurs potentiels baisse. L’attention est dirigée de plus en plus à la
qui pourraient se perdre si une plus vaste gamme biotechnologie et de moins en moins aux activités
de diversité génétique n’était pas maintenue. holistiques d’amélioration raciale qui impliquent
Cependant, même dans une perspective à court la conception de programmes de sélection,
terme, il est possible d’identifier un certain l’établissement de schémas d’enregistrement
nombre de facteurs qui pourraient empêcher le des animaux et leur appui, l’essai de ressources
choix d’une race en faveur de races exotiques zoogénétiques alternatives et l’implication
à haut rendement. Ces facteurs incluent: les des fermiers locaux et des races traditionnelles
carences des informations – un manque de (FAO, 2004c). Le développement des ressources
connaissance concernant la performance relative zoogénétiques est ainsi laissé au secteur commercial,
d’une race exotique par rapport à une race locale qui se concentre principalement sur les races
amène à un choix inadéquat en faveur de la race transfrontalières internationales (surtout des zones
exotique; les dysfonctionnements du marché – la tempérées). Il est aussi préoccupant de constater
présence de coûts ou avantages externes associés que si la recherche du secteur public concentre
à l’élevage d’une race particulière ou la pratique tous ses efforts sur les biotechnologies coûteuses,
d’une forme particulière de production d’élevage ceci peut réduire la disponibilité des ressources
(par ex. les dommages environnementaux destinées à la recherche des aspects généraux de la
associés aux systèmes de production industriels); gestion des ressources zoogénétiques.
et les distorsions politiques favorisant l’allocation Au plan international, les cadres réglementaires
de ressources inefficaces au secteur de l’élevage pour les ressources zoogénétiques en matière
(FAO, 2002). d’échange et d’accès et de partage des avantages
Les subventions manifestes ou cachées ont ont été développés plus lentement par rapport
souvent favorisé le développement des systèmes aux développements du secteur des végétaux
industriels aux dépens des petits producteurs. (voir partie 3 – section E.1 pour de plus amples
Dans certains pays, les décisions politiques sur le renseignements sur les principaux cadres légaux
secteur de l’élevage sont fortement motivées par internationaux pour les ressources zoogénétiques).
le désir d’accroître les exportations des produits Les options politiques sont toutefois de plus en plus
d’origine animale (voir cadre 16). Ces subventions discutées (Hiemstra et al., 2006). Il est clairement
ont de formes différentes, comme les dons et possible que des développements dans ce secteur
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L’é tat de l a b i od i versi té de l’ag r icultu re da ns le sec teu r de l’éle vage
aient un impact sur l’utilisation de ressources do in terms of their survival and growth
génétiques particulières ou affectent la durabilité rates in communal production system. The
de systèmes de production particuliers, mais les importation of semen and live bulls has
preuves concrètes des façons par lesquelles les resulted in uncontrolled cross breeding of
changements des cadres réglementaires peuvent beef cattle and as a result the indigenous
accroître ou diminuer les menaces pour la diversité Tswana cattle are under threat.
des ressources zoogénétiques sont encore rares. (La section de la sélection animale du
La menace, mentionnée plus haut, liée aux Département de la santé et de la production
croisements indiscriminés peut également animales favorise l’importation de sperme
s’exacerber par les mesures politiques. La sécurité de bovins pour les fermiers qui utilisent
alimentaire au niveau national est un facteur l’insémination artificielle. Le sperme est
hautement motivant pour les politiques en faveur également subventionné pour aider les
de la mise en valeur des animaux d’élevage dans fermiers à améliorer le matériel génétique
les pays en développement. Le désir d’atteindre des races à croissance rapide. Il n’existe
un progrès rapide a favorisé l’utilisation aucune surveillance sur les façons de se
du matériel génétique des races exotiques comporter de la progéniture des taureaux
hautement productives. Les politiques en faveur de l’IA en ce qui concerne les taux de survie
de l’utilisation de l’insémination artificielle et de croissance au sein du système de
augmentent le taux de diffusion du matériel production communal. L’importation de
génétique exotique. Un facteur exacerbant peut sperme et de taureaux vivants a déterminé
être la promotion de matériel génétique exotique des croisements non contrôlés de bovins à
de la part des entreprises de sélection des pays viande et les bovins locaux Tswana sont ainsi
développés; dans certains cas, il est soutenu menacés.)»
par les agences de développement cherchant Comme il est indiqué ci-dessus, les moyens
à promouvoir l’utilisation de leurs produits d’existence des pasteurs des zones semi-arides
nationaux (Rege et Gibson, 2003). En l’absence sont de plus en plus dérangés et ceci menace à
de mesures visant à garantir une utilisation du son tour leurs races d’animaux d’élevage. Ces
matériel génétique exotique bien planifiée, les problèmes sont souvent exacerbés par les mesures
impacts sur les races locales peuvent être graves. politiques. L’accès aux sources de pâturage est une
De plus, le croisement indiscriminé avec des question clé. La production agricole, les parcs de
animaux non adaptés à l’environnement local faune sauvage et l’extraction de minéraux sont
peut désavouer l’effet souhaité d’accroissement souvent prioritaires dans les prises de décisions
de la production et laisser les petits producteurs politiques sur l’utilisation des terres (FAO, 2001a).
dans une position plus vulnérable (par exemple, Ces développements font souvent obstacle
par rapport aux problèmes de santé animale). Le aux stratégies traditionnelles de pâturage qui
problème est décrit de façon succincte dans le permettaient aux pasteurs d’utiliser de façon
Rapport national du Botwana (2003): efficace la végétation des parcours. Les systèmes
«The Animal Breeding Section of the inadéquats de mise en valeur des eaux peuvent
DAHP [Department of Animal Health and également avoir des effets négatifs. La nature
Production] facilitates the importation of mobile de l’élevage traditionnel des pasteurs ne
cattle semen for farmers that do AI. The facilite pas les relations avec l’Etat; les activités
semen is also subsidized to help farmers de développement se sont concentrées sur la
afford improve genetic materials of fast promotion de moyens d’existence sédentaires, et
growing breeds. There is no monitoring les pasteurs sont rarement représentés au niveau
in terms of how the progeny of AI bulls politique ou desservis par les services d’élevage.
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l’État des ressources zoogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde
Partie 1
Un autre aspect des politiques, abordé au événements sur le secteur de l’élevage a reçu
chapitre suivant, pouvant avoir un impact majeur une attention relativement faible. Des données
sur les ressources zoogénétiques est représenté précises sont fondamentales pour l’identification
par les mesures de secours et de réhabilitation des évolutions relatives aux impacts des
mises en place en réponse aux catastrophes et aux catastrophes et pour déterminer la priorité des
situations d’urgence. stratégies de réduction des risques (IFRCS, 2005).
Des données utiles sur les catastrophes sont de
plus en plus disponibles, mais la couverture du
3 Catastrophes et situations secteur de l’élevage reste plutôt limitée. Les
d’urgence5 sources de données publiquement disponibles
incluent la Base de données sur les catastrophes
Les catastrophes, comme les sécheresses, les d’urgence (EM-DAT), gérée par le Centre pour la
inondations, les ouragans, les tsunamis, les recherche sur l’épidémiologie des catastrophes
tremblements de terre, la guerre et les troubles (CRED), basé à Bruxelles ([Link]
civils, ont des impacts désastreux sur la vie et et DesInventar, une base de données gérée par
les moyens d’existence des populations dans le une coalition d’acteurs non gouvernementaux
monde. De plus, la fréquence de nombreux types comprenant 16 pays en Amérique latine et
de catastrophes est en hausse. Les catastrophes Caraïbes ([Link] Il est
hydrométéorologiques et géophysiques sont intéressant de noter que DesInventar inclut les
devenues respectivement de 68 pour cent et chiffres des décès d’animaux d’élevage en cas de
62 pour cent plus fréquents au cours de la catastrophe. Cependant, seul un nombre limité
décennie 1994-2003 (IFRCS, 2004). Le nombre de pays sont couverts et la forte dépendance
de personnes affectées démontre également des médias mine la fiabilité des détails sur les
une tendance à la hausse au cours de la même pertes. Les chiffres sur les pertes des animaux
période, avec une moyenne de 213 millions de d’élevage par race sont encore plus difficiles à
personnes par an affectées par les catastrophes au obtenir. Il est par conséquent rarement possible
cours des cinq premiers ans de la décennie et une d’évaluer en détail les impacts de catastrophes
moyenne de 303 millions de personnes par an, au spécifiques sur les ressources zoogénétiques. Il est
cours des cinq autres. Au cours de ces dix années, également difficile d’estimer la portée générale
la sécheresse et la famine ont été les catastrophes des catastrophes et des situations d’urgence en
«naturelles» les plus graves, provoquant au moins tant que menace pour la diversité des ressources
275 000 décès parmi les hommes (ibid.). Ensuite, zoogénétiques au plan mondial.
au mois de décembre 2004, le tsunami de l’océan La littérature à disposition sur les catastrophes
Indien, qui a tué plus de 100 000 personnes, a et les situations d’urgence est remplie d’une
démontré le potentiel de destruction massive variété de termes concurrents: catastrophes
des catastrophes géophysiques. A la figure 36 naturelles, dangers géophysiques, dangers
est indiquée la fréquence des différents types de climatiques, situation d’urgence complexe,
catastrophes au cours de 30 dernières années. situation d’urgence politique complexe, crise,
Malgré la vaste littérature mise à disposition etc. (Oxfam, 1995; OPS, 2000; Von Braun et al.,
sur les catastrophes, les situations d’urgence 2002; Shaluf et al., 2003). Il existe toutefois une
et les interventions de secours, l’impact de tels distinction entre les catastrophes et les états
d’urgence qu’elles provoquent.
5 Les catastrophes ont été historiquement
Pour de plus amples renseignements sur l’impact des catastrophes
et des situations d’urgence sur les ressources zoogénétiques, voir classifiées en deux genres: naturelles ou
FAO (2006c). engendrées par l’homme (ADB, 2005; Duffield,
128
L’é tat de l a b i od i versi té de l’ag r icultu re da ns le sec teu r de l’éle vage
1994). Dans le cadre de cette typologie, les deux est que les catastrophes ne sont pas séparées des
formes de catastrophes ont été largement conçues conditions dans lesquelles elles ont pris naissance.
comme des événements distincts et modérés. Par exemple, les impacts d’une catastrophe
Cette division a été récemment considérée trop seront souvent plus graves si elle se produit dans
rigide. Les événements naturels et ceux qui sont un environnement caractérisé par une grande
engendrés par les hommes peuvent avoir des pauvreté, par la dégradation de l’environnement
impacts connexes. Par exemple, la sécheresse et/ou par des structures institutionnelles faibles.
grave des parcours des pasteurs souvent crée des Contrairement aux «catastrophes», qui
situations d’instabilité et de troubles sociaux. sont définies par l’événement même, le terme
Les crises provoquées par les hommes peuvent «situations d’urgence» décrit les impacts sociaux
s’exacerber par les phénomènes naturels. Par et fait référence au besoin d’une intervention
exemple, les troubles civils et l’interruption externe. Par cette définition, il est clair qu’une
conséquente des stratégies de contrôle des évaluation des effets des situations d’urgence
maladies peuvent créer les conditions favorables sur les ressources zoogénétiques doit considérer
aux épidémies des animaux d’élevage. De plus, non seulement l’impact physique immédiat sur les
des événements primaires peuvent provoquer populations d’animaux d’élevage, mais également
des dangers secondaires, comme les incendies et la façon dont les changements sociaux provoqués
la pollution. Une autre considération importante par la situation d’urgence peuvent affecter la
Figure 36
Nombre de catastrophes par type et par an
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
1970 1972 1974 1976 1978 1980 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004
Source: EM-DAT: la base de données internationale sur les catastrophes OFDA/CRED – [Link] – Université Catholique
de Louvain, Bruxelles, Belgique. Les critères d’inclusion d’une catastrophe dans la base de données EM-DAT sont: dix personnes ou plus
décédées, 100 personnes ou plus affectées, appel d’assistance internationale OU déclaration d’état d’urgence.
129
l’État des ressources zoogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde
Partie 1
production des animaux d’élevage et, encore, les initial sur les ressources zoogénétique dans ces
effets des interventions mises en place en réponse conditions peut être inférieur par rapport à une
à la situation d’urgence. Surtout les interventions situation d’urgence aiguë, simplement à cause
qui prévoient l’approvisionnement d’animaux à des nombres inférieurs d’animaux impliqués.
un ménage ou à une communauté par des agents Cependant, les effets à long terme ne devraient
externes – un processus appelé «repeuplement» pas être sous-estimés. L’introduction d’un nombre
(Heffernan et al., 2004) – doivent être évaluées relativement limité d’animaux exotiques peut
avec attention. Dans ce cadre, il est utile de avoir un effet considérable sur la composition
faire une distinction entre situations d’urgence génétique de la population à plus long terme,
«aiguës» et «chroniques». Dans les chapitres surtout s’ils sont favorisés par les éleveurs. En
suivants, l’importance de la distinction fait outre, les impacts secondaires des situations
référence à l’intensité des impacts. Par exemple, d’urgence chroniques, comme les changements
à la suite d’une situation d’urgence aiguë, les dans la main-d’œuvre du secteur de l’élevage, ont
activités de repeuplement sont habituellement à également des implications pour les ressources
grande échelle et, pour ce qui est des dynamiques zoogénétiques et doivent ainsi être pris en
relatives à la population, l’afflux de matériel considération. Le VIH/SIDA, par exemple, peut
génétique nouveau dans les populations provoquer la perte de la main-d’œuvre familiale.
d’animaux d’élevage peut se considérer comme La nature et l’ampleur de l’impact de la maladie
un événement unique et modéré, se produisant sur les pratiques de gestion et de sélection dans
au cours d’une période limitée. Les activités de les pays ayant des taux d’incidence élevés ne sont
repeuplement après la guerre des Balkans des pas toutefois encore comprises en profondeur
années 90 se sont concentrées sur une période (FAO, 2005b; FAO, 2005c).
de trois ans (cadre 18). De façon semblable, La première question à se poser par rapport
après le super-cyclone qui a frappé les zones aux impacts sur les ressources zoogénétiques est
côtières d’Orissa, en Inde, en 1999, les activités de relative à l’ampleur à laquelle les populations
repeuplement à grande échelle se sont terminées raciales sont affectées par les différents types
au bout de quelques années. Les impacts à court de catastrophes et de situations d’urgence.
terme de ces événements aigus sur les ressources Dans le cadre du secteur agricole en général,
zoogénétiques sont ainsi élevés. Les effets à plus les catastrophes géologiques naturelles ont une
long terme dépendent largement de la capacité importance moindre par rapport à celles qui sont
de survie des animaux introduits dans le nouvel créées par les événements climatiques adverses
environnement et des stratégies de sélection (ECLAC, 2000). Cependant, dans le cas des
suivies par les fermiers (si les animaux repeuplés animaux d’élevage, il ne faut pas sous-évaluer les
sont choisis de préférence pour la sélection). potentialités d’élimination d’un grand nombre
En revanche, la réponse aux situations d’animaux qui ont des événements géologiques
d’urgence chroniques (comme l’effet du VIH/SIDA tels les tremblements de terre, les éruptions des
ou d’une faible sécheresse intermittente) est volcans et les tsunamis.
habituellement plus sporadique, à petite échelle Il faudrait également savoir si les chiffres
et a une durée plus longue. Par exemple, les bruts sur la mortalité des animaux d’élevage
activités de repeuplement parmi les fermiers de peuvent se différencier de quelque façon utile à
subsistance sont souvent conçues pour «faire un l’évaluation des impacts potentiels sur la diversité
cadeau», c’est-à-dire transférer un cheptel jeune des ressources zoogénétiques. Les preuves
à de nouveaux bénéficiaires (Heffernan et al., relatives à des impacts différentiels sur des races
2004). Certains projets de ce genre ont eu une ou types d’animaux divers sont rares. Les données
durée de 10 ans ou plus. Par conséquent, l’impact quantitatives sur les impacts des catastrophes
130
L’é tat de l a b i od i versi té de l’ag r icultu re da ns le sec teu r de l’éle vage
Cadre 18
Guerre et réhabilitation en Bosnie-Herzégovine
En Bosnie-Herzégovine, le secteur de l’élevage a été été également importé. Des emprunts souples du
sérieusement affecté au cours de la guerre entre gouvernement étaient destinés aux fermiers qui
1992 et 1995. Les bovins sont estimés avoir subi une avaient perdu plus de 50 pour cent de leurs biens
baisse de 60 pour cent, les moutons de 75 pour cent, productifs et possédaient des terres suffisantes pour
les porcs de 90 pour cent, les volailles de 68 pour élever les animaux. Initialement, la politique prévoyait
cent et les chevaux de 65 pour cent. Un troupeau de fournir une vache par famille, mais les unités plus
reproducteur de bovins Busa de race pure a été axées sur le commerce, avec trois à cinq vaches, ont
détruit aux alentours de Sarajevo, ainsi que le livre été ensuite préférées. Les races importées avaient
généalogique et d’autres documents. Le programme évidemment le potentiel d’augmenter la production
de sélection et de conservation du cheval Bosnian de lait et de viande, cependant, dans certains cas,
Mountain a été gravement perturbé. De plus, un les ressources insuffisantes en aliments, les faibles
certain nombre de troupeaux de moutons Sjenicka de pratiques de gestion et le manque de services de
race pure ont été complètement détruits. santé animale et la collecte du lait ont limité le succès
En 1996, un programme de trois ans pour la des projets de repeuplement.
réhabilitation du secteur de la production animale Au cours des années d’après guerre, de
a été adopté. Il prévoyait l’importation de 60 000 nombreuses organisations se sont engagées dans la
vaches de haute qualité, de 100 000 moutons et distribution d’animaux en Bosnie-Herzégovine et les
de 20 000 chèvres. Au cours de la première année importations du secteur privé ont également cherché
du programme (1997), environ 10 000 génisses ont à satisfaire la demande. L’ampleur globale de ces
été importées, dont 6 500 financées par le Fonds importations et les races impliquées ne sont pas bien
international pour le développement agricole (FIDA) enregistrées. Il est toutefois clair que la guerre et la
et coordonnées par l’Unité de mise en œuvre du réhabilitation suivante ont provoqué des changements
projet de Ministère fédéral de l’agriculture. Les autres considérables dans la composition de la population
provenaient de donations de gouvernements et d’animaux d’élevage au cours des dernières années.
organisations humanitaires différents. Les génisses La population de bovins Busa, par exemple, estimée
étaient originaires de la Hongrie, de l’Autriche, de supérieure à 80 000 en 1991, est passée en 2003 à
l’Allemagne et des Pays-Bas et 75 pour cent étaient moins de 100 animaux.
des Simmental, 10 pour cent Holstein Frisonne,
10 pour cent Montafona (Alpine Brown) et 5 pour Pour de plus amples renseignements, voir: RN Bosnie-
Herzégovine (2003); FAO (2006c); SVABH. (2003).
cent Oberinntal (Grey Tyrolean). Le sperme avait
au niveau de la race sont, probablement sans effets. Au-delà de ces différences potentielles en
surprise, très difficiles à obtenir. Il est possible de matière de sensibilité, la taille et la diffusion des
penser que les différentes pratiques de gestion populations raciales sont des facteurs à prendre
exposent les animaux de façon différentielle aux en considération. Les petites populations et
risques (FAO, 2006a; RamaKumar, 2000) ou que, particulièrement celles qui sont concentrées à
pour certains types de situations d’urgence, les l’intérieur d’une zone géographique limitée
animaux adaptés de façon spécifique ont des semblent les plus menacées. En outre, si les petites
capacités de survie plus élevées, mais il est difficile populations se trouvent dans une zone souvent
d’arriver à des conclusions sur la portée de tels affectée par les catastrophes, le risque est majeur.
131
l’État des ressources zoogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde
Partie 1
La FAO (2006a), par exemple, constate qu’au en développement ont généralement comme
Yucatan, au Mexique, où de nombreux porcs but de sauver des vies humaines, tandis que les
de basse-cour ont été perdus lors de l’ouragan équipes médicales pour les animaux sont limitées
Isodara de 2001, se trouve la race menacée aux pays plus riches. En revanche, les activités de
de porcs Box Keken. Si pour les épidémies de réhabilitation comprennent généralement des
maladie, des preuves d’impacts adverses sur les activités liées aux animaux d’élevage – surtout
petites populations raciales sont disponibles, il est le repeuplement. Par conséquent, cette phase a
difficile de repérer des données comparables pour souvent eu l’impact potentiel le plus considérable
d’autres types de catastrophes. Les informations sur les ressources zoogénétiques.
sur la distribution géographique des races étant En l’absence d’interventions externes, la reprise
limitées pour une grande partie de la planète, du secteur de l’élevage est un processus lent, la
l’évaluation de l’ampleur de ces risques et la restauration des troupeaux pouvant s’achever au
décision d’assumer quelque mesure que soit pour cours de plusieurs années. Lorsque le repeuplement
les atténuer sont problématiques. est mis en place par des agents extérieurs, comme
Lorsqu’il s’agit des interventions en cas les donateurs et les ONG, la reprise de l’économie
d’urgence, la sauvegarde des ressources de l’élevage s’accélère rapidement. Si les fermiers
zoogénétiques est rarement une priorité. ne peuvent généralement pas acquérir des
Cependant, des décisions éclairées de la part des animaux provenant de l’extérieur, les agents
opérateurs de l’élevage engagés dans ce genre externes peuvent le faire et en fait, ils le font.
d’action peuvent probablement atténuer de façon Les économies d’élevage locales détruites par la
considérable les effets négatifs sur les ressources catastrophe peuvent ainsi avoir une reprise rapide.
zoogénétiques, sans perturber les objectifs Cependant, la conséquence accidentelle peut être
humanitaires. Il est par conséquent important représentée par des changements irréversibles à
que les impacts potentiels de ces actions sur la grande échelle de la composition génétique des
diversité raciale soient explorés. populations locales d’animaux d’élevage.
Les actions visant à atténuer les effets des La question de la diversité des ressources
catastrophes sont généralement composées de zoogénétiques n’a pas été largement débattue
plusieurs phases. Avant une situation d’urgence, dans la littérature sur le repeuplement. Il est
les stratégies de préparation et de gestion des toutefois souvent évoqué que les effets sont
risques peuvent se mettre en place. Pendant et moindres par rapport à la taille globale de la
immédiatement après l’événement, les points population locale d’animaux d’élevage, car les
focaux sont la prestation de secours aux victimes animaux utilisés pour le repeuplement sont
et l’évaluation des dommages et/ou des pertes de achetés localement (Kelly, 1993; Oxby, 1994;
vie. A l’étape suivante, les se concentrent sur la Toulmin, 1994). Si les animaux ont une provenance
restauration et la reconstruction des infrastructures locale, alors l’impact sur la composition génétique
et des économies endommagées. Par le passé, les de la population d’animaux d’élevage est limité.
activités de préparation et de gestion des risques Cependant, il n’est absolument pas clair si ceci
étaient souvent conçues pour le secteur agricole est toujours le cas. Les projets de repeuplement
au sens large, avec quelques recommandations requièrent de nombreuses femelles en période
spécifiques pour les animaux d’élevage. Des reproductive, qui ne sont pas souvent disponibles
efforts pour redresser cette défaillance ont été dans une situation d’après catastrophe (Heffernan
récemment entrepris par différents organismes et Rushton, 1998). Par exemple, Hogg (1985) en
internationaux (FAO, 2004b; Oxfam, 2005). décrivant un projet de repeuplement au nord du
Cependant, l’influence de ce travail sur les Kenya, constate qu’il était impossible de remplir
politiques n’est pas claire. En outre, les activités de les quotas du projet en utilisant uniquement
réponse à une situation d’urgence dans les pays les sources locales et il a fallu s’adresser aux
132
L’é tat de l a b i od i versi té de l’ag r icultu re da ns le sec teu r de l’éle vage
133
l’État des ressources zoogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde
Partie 1
longue période, comme les sécheresses ou les un engagement de plusieurs années de la part
maladies épidémiques (voir chapitre suivant) et de l’organisme donateur pour que le programme
si le temps est suffisant pour mettre en œuvre de soutien soit viable pour les bénéficiaires. Les
les mesures de conservation au cours de la décideurs doivent premièrement considérer
situation d’urgence. Deuxièmement, une gamme la fonction des animaux d’élevage dans le
de stratégies d’atténuation des risques peut être système de production concerné. Suite à une
entreprise, comme la création et le soutien de situation d’urgence aiguë, il n’est généralement
banques de fourrage dans les zones frappées par pas recommandé de lancer un projet de
des problèmes climatiques, comme la sécheresse repeuplement qui change l’orientation de la
ou des neiges importantes – voir, par exemple, le production des éleveurs impliqués. Après une
Rapport national de la Mongolie (2004). Une autre catastrophe, par exemple, l’introduction de races
activité clé est la caractérisation des ressources laitières parmi des ménages qui n’étaient pas
génétiques dans les zones potentiellement auparavant engagés dans la production laitière
affectées. Dans de nombreux pays, les ressources n’aura probablement aucun succès. La plupart
zoogénétiques rares ou prioritaires n’ont des intrants nécessaires à soutenir ce changement
pas été suffisamment identifiées – la prise de ne sont pas disponibles après une catastrophe.
décisions éclairées lors de la situation d’urgence Par conséquent, l’objectif du repeuplement
et au cours de toute activité de repeuplement dans une situation d’urgence aiguë devrait
successive étant ainsi difficile. Enfin, des mesures être la restauration des niveaux de production
préventives peuvent être entreprises pour établir précédents plutôt que le changement net du
des programmes de conservation ex situ et faire système de production ou des moyens d’existence
en sorte que du matériel génétique des races des ménages affectés. Ceci devrait se faire en
locales soit ainsi maintenu en dehors des zones utilisant des races appropriées à l’environnement
affectées par la situation d’urgence. local et aux niveaux existants de gestion. Le
Lors d’une situation d’urgence, les opérations manque d’adaptation des animaux repeuplés aux
de sauvetage génétique sont indiquées, si des conditions de production prépondérantes crée
ressources zoogénétiques rares sont affectées et si probablement des problèmes considérables à de
la menace aux animaux survécus à la catastrophe nombreux ménages ciblés par le repeupelement
initiale est continue. Dans de nombreux pays, ces (Etienne, 2004).
opérations sont toutefois presque impossibles En revanche, dans une situation d’urgence
à mettre en place du point de vue logistique. chronique, la marge à disposition pour un
L’approche la plus faisable est probablement changement des fonctions des animaux d’élevage
la collecte de matériel génétique pour la est plus large. En fait, différents projets de
cryoconservation. L’action est efficace seulement si repeuplement introduisant la production laitière
des renseignements précis sur les caractéristiques pour soutenir les moyens d’existence locaux ont
des animaux affectés et sur l’ampleur de la réussi (HPI, 2002). Cependant, l’insuffisance de
menace sont disponibles. En l’absence de ces la main-d’œuvre et de l’accès aux intrants peut
renseignements, la collecte de matériel génétique encore représenter une limitation importante. Par
pour la conservation est encore faisable, mais conséquent, le choix des ressources génétiques
les mesures mises en place sont moins ciblées appropriées à ce genre de projets demande
et considérées comme une tentative de dernier une soigneuse considération des contraintes
recours pour réduire l’impact de la situation et des potentialités de l’environnement local
d’urgence sur les ressources zoogénétiques. de production. De plus, il faut comprendre les
Les opérations visant à repeupler les troupeaux perceptions des fermiers sur la race et/ou l’espèce
après une catastrophe requièrent problablement à utiliser. Cette compréhension est importante
134
L’é tat de l a b i od i versi té de l’ag r icultu re da ns le sec teu r de l’éle vage
non seulement pour le succès du projet en un impact dévastateur en termes de décès des
matière de moyens d’existence, mais également animaux dans les zones affectées. Les maladies
pour l’impact du repeuplement sur les ressources qui menacent l’économie de l’élevage favorisent
zoogénétiques, car elles seront affectées par les la mise en place de tentatives concertées de
stratégies de sélection des fermiers (FAO, 2006c). contrôle, pouvant inclure des programmes
Une autre question à considérer dans une d’abattage à grande échelle, ou d’autres
situation d’urgence aiguë est la quantification mesures, comme la surveillance, la vaccination
des pertes des animaux d’élevage. Les estimations et le contrôle des mouvements des animaux. Les
des pertes après les catastrophes sont souvent maladies concernées sont, dans la plupart des cas,
extrapolées des enquêtes entreprises sur le terrain les maladies transfrontières dont les poussées
et la fiabilité des chiffres est souvent incertaine. ont des conséquences graves pour le commerce
Une estimation précise des pertes permet de international. Les menaces pour la santé humaine
déterminer le repeuplement nécessaire. L’ampleur déclenchées par les zoonoses, particulièrement à
des pertes détermine en outre si les animaux l’échelle internationale, poussent également la
peuvent être repérés localement, ou s’il faut les mise en place de mesures rigoureuses de contrôle
chercher chez d’autres populations nationales ou des maladies. Au cours des dernières années,
même internationales. Il est également important l’émergence de nombreuses épidémies de
d’identifier une population de référence par maladies animales ayant des effets dévastateurs,
rapport à laquelle mesurer les changements futurs particulièrement la grippe aviaire hautement
dans la population. Dans la zone potentielle du pathogène (HPAI), a concentré l’attention sur le
projet, il faut donc classifier les races existantes besoin d’améliorer le contrôle et la prévention
et identifier toute race à risque avant le des maladies transfrontières (FAO/OIE, 2004).
repeuplement. Ces arguments doivent toutefois La menace potentielle des épidémies pour les
s’équilibrer avec les demandes pressantes sur le ressources zoogénétiques est représentée par les
temps et les ressources qui prévalent dans une décès des animaux à cause de la maladie ou des
situation d’urgence aiguë. Les informations ne politiques d’abattage. Les effets des maladies
seront jamais absolument précises et les méthodes peuvent autrement être moins directs. Les races
moins formelles pour évaluer les pertes seront d’animaux d’élevage sont souvent adaptées pour
parfois les plus appropriées. fournir une gamme spécifique de produits ou
de services dans le cadre d’un environnement
de production particulier. Si les conditions
4 Epidémies et mesures de contrôle changent – par exemple, à cause de l’émergence
des maladies de problèmes de santé animale ou des charges
imposées par les mesures de contrôle des maladies
Partout dans le monde et dans tous les – les pratiques existantes peuvent être adaptées,
systèmes de production, les maladies animales remplacées ou abandonnées et les races associées
entraînent la mortalité et à la réduction de sont ainsi menacées. En plus des effets immédiats
la productivité des animaux domestiques, des maladies sur la productivité des animaux
requièrent des dépenses pour la prévention et d’élevage, d’autres coûts ou restrictions relatifs
le contrôle, limitent les objectifs des éleveurs, au contrôle des maladies peuvent provenir
le développement économique et menacent des exigences du commerce ou de l’hygiène
la santé humaine. Les contraintes de la santé alimentaire. Bien que le présent chapitre soit
animale influencent en grande partie la prise de principalement concentré sur la menace de
décision relative à l’élevage et à l’utilisation des l’érosion génétique résultante des maladies
ressources génétiques. Certaines épidémies ont animales, il faut toutefois reconnaître que,
135
l’État des ressources zoogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde
Partie 1
dans de nombreuses circonstances, la présence génétiques sont souvent difficiles à établir, car
des maladies limite l’introduction d’animaux les informations sur les races spécifiques ne sont
exotiques potentiellement sensibles aux maladies pas disponibles. Dans des conditions générales
et garantit ainsi l’utilisation continue des races égales, l’impact est probablement plus grave si
adaptées localement. une grande proportion de la population animale
Au cours des dernières années, de nombreuses décède. Pour donner quelques indications sur
épidémies graves ont entraîné le décès ou l’impact relatif des différentes épidémies, le
l’abattage préventif de millions d’animaux. En tableau 40 présente les chiffres des décès et des
Thaïlande, la poussée de grippe aviaire hautement animaux abattus en tant que proportion de la
pathogène en 2003/2004 a causé la perte d’environ population animale nationale, pour l’espèce et
30 millions d’oiseaux (Ministère de l’agriculture l’année en question, en plus des chiffres bruts
et des coopératives, 2005). Entre janvier et juin sur la mortalité. Les foyers récents les plus graves
2004, 18 millions de poules indigènes ont été quant aux nombres de décès par rapport à la
tuées en essayant de contrôler la maladie, un taille des populations nationales pour les espèces
chiffre qui représente environ 29 pour cent de la affectées sont indiqués.
population de poules locales du pays (ibid.). En L’impact sur les ressources génétiques n’est
2003/2004, environ 43 millions d’oiseaux ont été pas uniquement quantifiable par le nombre
détruits au Viet Nam, et 16 millions en Indonésie – des animaux décédés. Le risque d’érosion est
représentant environ 17 pour cent et 6 pour cent probablement plus élevé si les races rares sont
des populations nationales respectives (Rushton confinées aux zones gravement affectées par un
et al., 2005). foyer de maladie ou si une maladie affecte de façon
En 1997, un foyer de peste porcine classique disproportionnée les systèmes de production des
(PPC) aux Pays-Bas a provoqué l’abattage de ressources génétiques rares ou adaptées de façon
presque 7 millions de porcs (OIE, 2005). Au spécifique. L’ampleur de l’impact des épidémies
Royaume-Uni, l’épidémie de fièvre aphteuse (FA) sur les ressources génétiques est probablement
en 2001 a causé l’abattage d’environ 6,5 millions de aussi influencée par la nature des politiques de
moutons, de bovins et de porcs (Anderson, 2002). repeuplement mises en place après le foyer (voir
En 1997, le foyer de peste porcine africaine (PPA) section précédente).
au Bénin a causé le décès de 376 000 porcs et L’étendue selon laquelle les maladies ont
19 000 autres ont été abattus pour des raisons affecté les ressources zoogénétiques est souvent
de contrôle de la maladie (OIE, 2005) – ceci difficile à évaluer de façon satisfaisante, à
dans un pays où la population totale des porcs cause du manque de données différentiant ou
était seulement de 470 000 animaux (FAOSTAT). caractérisant les animaux frappés. Par exemple,
D’autres épidémies récentes, ayant entraîné de dans le Ngamiland, au Botswana, plus de 340 000
hauts niveaux de mortalité, sont les suivantes: en bovins non caractérisés ont été abattus en 1995
1997, le foyer de péripneumonie contagieuse des à cause d’un foyer de PPCB (RN Botswana, 2003).
bovins (PPCB) en Angola; en 1998, les foyers de Cependant, dans certains cas, des preuves
PPC en République dominicaine, et en 2001/2002, confirment que la mortalité à cause de la maladie,
à Cuba; l’épidémie de PPA dans de nombreux les programmes d’abattage et/ou les programmes
pays africains, comme à Madagascar, en 1998 et successifs de repeuplement ont eu un impact
au Togo, en 2001; et les foyers de FA en Irlande et négatif sur des ressources génétiques spécifiques.
aux Pays-Bas, en 2001 et en République de Corée, Le Rapport national du Japon (2003) mentionne
en 2002 (OIE, 2005). Le tableau 40 montre l’impact qu’en l’an 2000, environ les deux tiers de la
des principales épidémies récentes de maladies, population de la race rare de bovins Kuchinoshima,
pour ce qui est des décès et des animaux abattus. sur l’île de Kuchinoshima, sont décédés à cause
Malheureusement, les effets sur les ressources d’une épidémie. En Zambie, les populations de
136
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bovins, surtout la race indigène Tonga, ont été races rares. Les programmes d’abattage mis
gravement affectées par la «corridor disease» en place en 2001, au moment de l’épidémie de
(une maladie transmise par les tiques) au cours fièvre aphteuse au Royaume-Uni, ont menacé
des dix dernières années, le nombre de bovins de les populations raciales confinées dans les zones
la Southern Province ayant été réduit de 30 pour affectées par la maladie. Les populations frappées
cent (Lungu, 2003). Les détails de l’impact des comprenaient des races menacées, comme le
maladies sur les ressources génétiques sont mouton Whitefaced Wooldand et les bovins
habituellement mieux enregistrés dans des Whitebred Shorthorn (voir tableau 41). De façon
pays, comme le Royaume-Uni, où sont présentes semblable, au cours du foyer de fièvre aphteuse
des ONG qui s’occupent de la conservation des aux Pays-Bas, les troupeaux de races rares, comme
Tableau 40
Impact des récentes épidémies
Sources: OIE (2005) pour les chiffres relatifs à la mortalité; FAOSTAT pour les chiffres relatifs à la population.
*Rushton et al. (2005) – nombre d’animaux abattus uniquement, aucun chiffre pour les décès causés par la maladie.
** FAO (2005d) – les chiffres incluent les animaux abattus et les décès causés par la maladie.
***Anderson (2002) – les chiffres excluent les agneaux nouveaux-nés et les veaux abattus avec les mères, pour lesquels des chiffres
précis ne sont pas disponibles (ibid.), ainsi le nombre réel des animaux abattus aurait dû être plus élevé.
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d’encéphalite japonaise chez les humains. Un 2003, la Directive de l’UE a inclus des exceptions
exemple opposé des façons dont les maladies aux règlements relatifs à l’abattage immédiat
influencent la nature des systèmes de production des animaux infectés pour des sites, comme les
et, par conséquent, l’utilisation des ressources laboratoires, les jardins zoologiques, les parcs de
génétiques est l’augmentation des populations de faune sauvage ou d’autres zones clôturées, ayant
races de moutons d’usage général au Royaume- été identifiés à l’avance comme sites spécifiques
Uni, résultant de l’accroissement des troupeaux d’un noyau de sélection indispensable à la survie
autonomes suite à l’épidémie de FA en 2001 (RN d’une race (UE, 2003b). Lors de l’épidémie de 2001
Royaume-Uni, 2002). au Royaume-Uni, des mesures ont été introduites
Les ressources génétiques sont également pour permettre aux propriétaires de troupeaux
menacées par les tentatives d’éradication des de moutons ou de chèvres rares de demander
maladies qui ont une dimension génétique. Par l’exemption (si des mesures de biosécurité
exemple, les règlements de l’Union européenne avaient été mises en place) aux programmes
(UE, 2003a) relatifs à l’éradication de la tremblante d’abattage qui affectaient les animaux dans les
ont créé des préoccupations pour les races rares exploitations situées à moins de 3 km d’un site
ne possédant pas ou ayant une fréquence faible d’infection (MAFF, 2001). Pour ce qui concerne
de génotypes résistants. Ayant été présente chez la grippe aviaire en Asie, la protection du
les troupeaux européens depuis au moins 250 ans, matériel génétique de valeur est considérée
la tremblante est plutôt différente des épidémies une justification acceptable pour la vaccination
aiguës décrites dans ce chapitre. Cependant, à préventive contre la grippe aviaire hautement
cause des préoccupations pour la santé humaine, pathogène des populations de volailles (FAO,
la motivation qui pousse à agir rapidement est 2004a). Dans le cas des programmes de contrôle
considérable et vise à introduire des mesures de la tremblante, une recherche approfondie est
rigoureuses de contrôle. La participation aux à présent mise en œuvre pour évaluer les impacts
programmes de sélection sera obligatoire pour sur des races rares spécifiques et trouver des
tous les troupeaux de «haute valeur génétique». stratégies de conservation appropriées lors des
Au Royaume-Uni, par exemple, les règlements tentatives d’éradication de la maladie (Townsend
seront applicables à «tous les troupeaux de race et al., 2005).
pure et, de plus, à tout troupeau produisant Un certain nombre de mesures de précaution
et commercialisant des béliers sélectionnés visant à minimiser les risques pour les ressources
localement» (DEFRA, 2005). L’abattage ou la génétiques de valeur en cas d’épidémie ont été
castration des béliers et des agneaux mâles promues. Par exemple, la possibilité que des
ayant des allèles VRQ sensibles à la tremblante populations de races rares disparaissent à cause
sera obligatoire. L’élimination immédiate de ces d’une épidémie est considérée une justification
génotypes peut présenter des problèmes pour la valable pour la mise en place de programmes de
conservation d’un certain nombre de races rares cryoconservation. D’autres mesures préventives
de moutons britanniques (Townsend et al., 2005). pourraient inclure: l’établissement de sites
Bien que le tableau soit loin d’être complet, conservant d’importantes ressources génétiques
dans de nombreux cas, les mesures de contrôle, dans plus d’une localité et, de préférence, dans
plutôt que la maladie même, représentent les les régions à faible densité d’animaux d’élevage;
menaces les plus graves pour la diversité des l’isolement des races rares des autres animaux,
ressources zoogénétiques. Suite aux récentes si les exploitations ont des races multiples; et la
épidémies graves, le besoin de gérer les conflits mise à jour des listes pour les sites détenant des
potentiels entre les objectifs vétérinaires et ceux races rares (RN Allemagne, 2003).
de la conservation a été reconnu. Par exemple, en
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Partie 1
Il est important de noter que toutes ces mesures caractéristiques des ressources zoogénétiques; de
dépendent en grande partie de la disponibilité leur distribution géographique et par système de
d’informations exactes sur les caractéristiques et la production; des fonctions relatives aux moyens
situation de risque des races menacées et, surtout, d’existence de leurs éleveurs; et des manières
sur leur distribution par zone géographique et/ou dont les changements des pratiques de gestion et
par système de production à l’intérieur des pays les évolutions générales du secteur de l’élevage
frappés. Ceci, de nouveau, souligne le besoin affectent leur utilisation. Ainsi, les menaces
d’une caractérisation efficace des ressources émergentes ne sont souvent pas identifiées ou
zoogénétiques pour atteindre les objectifs de leur importance n’est pas suffisamment évaluée.
conservation. Un autre aspect à souligner est Il est généralement difficile de quantifier
le besoin d’une planification avancée de toute l’impact des épidémies sur la diversité des
action de conservation à mettre en œuvre dans ressources zoogénétiques – les données sur la
le cas d’une épizootie des animaux d’élevage. Il mortalité sont rarement subdivisées par race. Il est
est beaucoup plus difficile de chercher à formuler toutefois clair que de grands nombres d’animaux
et mettre en œuvre des interventions une fois le peuvent se perdre et que souvent l’abattage,
foyer déclenché. plutôt que la maladie, cause la plupart des décès.
Les risques pour les ressources zoogénétiques n’ont
reçu que récemment une certaine considération
5 Conclusions dans la planification des mesures de contrôle des
maladies et sont, en général, encore largement
Les nombreux facteurs sous-jacents qui menacent ignorés. En 2001, l’épidémie de FA a montré que,
les ressources zoogénétiques ne sont pas faciles même dans les pays européens ayant une forte
à gérer. Le changement est une caractéristique tradition d’activités de conservation des races,
inévitable des systèmes de production d’élevage les décisions prises pour protéger les ressources
et les évènements «catastrophiques» ne seront zoogénétiques étaient circonstancielles et que
jamais complètement évitables ou même prévi- plusieurs races rares ont été races menacées par la
sibles. De plus, il n’est ni possible ni souhaitable campagne d’abattage. Le contrôle des maladies
que la conservation des ressources génétiques en est souvent géré à l’intérieur de cadres légaux qui
soi ait la priorité sur d’autres objectifs, comme la réduisent la flexibilité des mesures de réponse aux
sécurité alimentaire, les interventions humanitai- situations d’urgence et la possibilité de considérer
res aux catastrophes ou le contrôle des maladies les risques pour les ressources zoogénétiques.
animales graves. Cependant, un certain nombre En Europe, quelques progrès ont été atteints
de mesures peuvent être mises en place pour dans la gestion de cette question (voir partie 3 –
atténuer les effets de ces forces menaçantes. Trop section E.3), mais les possibilités de conflit entre
souvent, toutefois, les menaces aux ressources les objectifs de santé animale et de conservation
zoogénétiques et la contribution potentielle des des races sont encore considérables. La mise en
races locales à des objectifs de développement de place de plans efficaces est toutefois de nouveau
plus grande envergure sont négligées au niveau freinée par le manque d’informations sur les races
politique. Ceci se traduit souvent par la mise en à privilégier et les façons de les atteindre.
place de politiques favorisant une plus grande L’impact des catastrophes et des situations
utilisation d’un nombre limité de ressources d’urgence sur les ressources zoogénétiques n’est
zoogénétiques et qui n’adoptent pas de mesures pas non plus documenté de façon satisfaisante.
utiles pour protéger les races menacées. Immédiatement après une catastrophe, la récolte
Dans de nombreux cas, un des problèmes des données sur les pertes et la protection des
principaux est la connaissance insuffisante des ressources zoogénétiques locales ne sera jamais
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