CRMEF FES-MEKNES.
Fes CPAM : 2024/2025
Première année de préparation
Topologie.
Espaces compacts- Espaces localement compacts
1 Espaces topologiques Compacts
D ÉFINITION 1. On dit qu’un espace topologique X est compact s’il est séparé et s’il vérifie la pro-
priété de Borel-Lebesgue, c’est-à-dire que de tout recouvrement de X par des ouverts (O i )i ∈I
[
X= Oi
i ∈I
on peut extraire un sous-recouvrement fini.
Par passage au complémentaire, la propriété de Borel-Lebesgue revient à dire que de toute famille
de fermés d’intersection vide, on peut extraire une sous-famille finie d’intersection vide.
D ÉFINITION 2. Un sous-ensemble A ⊂ X est dit compact si A muni de la topologie induite par celle
S
de X est compact. Autrement dit, pour toute famille (Ui )i ∈I d’ouverts de X telle que A ⊂ i ∈I Ui ,
S
alors il existe un sous-ensemble J ⊂ I fini tel que A ⊂ j ∈J I U j .
La propriété de Borel-Lebesgue peut également être énoncée sous les formes suivantes, dont il est
facile de prouver l’équivalence avec la forme indiquée dans la définition 1.
P ROPOSITION 3.
1. de toute famille (F i )i ∈I de parties fermées de X dont l’intersection est vide, on peut extraire
une sous-famille finie (F i 1 , F i 2 , ..., F i n ), i 1 , i 2 , ..., i n ∈ I , dont l’intersection est vide,
2. toute famille (F i )i ∈I de parties fermées de X , dont toute sous-famille finie (F j i ) j ∈J , est d’in-
tersection non vide, est elle-même d’intersection non vide.
E XEMPLES 4
1. Un ensemble fini, muni de la topologie discrète, est compact. Une partie finie d’un espace
topologique séparé est compacte.
2. Dans un espace séparé, l’ensemble formé par les points d’une suite convergente et la limite
de cette suite est compact.
3. R n’est pas compact : en effet, la famille d’ouverts ]—n, n[, avec n ∈ N ∗ , a pour réunion R, et
on ne peut en extraire de sous-famille finie de réunion R.
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Une conséquence immédiate de la Proposition 3 est la suivante
P ROPOSITION 4. Si (F n )n∈N est une suite décroissante de fermés non vides dans un compact X ,
alors \
F n ̸= ;.
n∈N
R EMARQUE 4. Nous avons vu au espaces complets que ce dernier résultat reste vrai dans un es-
pace complet pourvu que limn−→+∞ d i am(F n ) = 0. Si cette dernière condition n’est pas vérifiée, le
résultat est faux dans un espace complet
\
[n, +∞[= ;.
n∈N
P ROPOSITION 5.
1. Une partie compacte d’un espace topologique séparé est fermée.
2. Un sous-espace fermé d’un compact est compact.
3. Dans un espace topologique séparé, une union finie de compacts est compacte.
4. Dans un espace compact, toute suite admet une valeur d’adhérence.
5. Dans un espace compact, une suite admettant une unique valeur d’adhérence converge.
P ROOF
1. facile
2. facile
3. facile
4. Soit en effet pour tout n ∈ N, F n = {x m : m ⩾ n}. Les F n sont des parties fermées de X , et
toute sous-famille finie extraite de la famille de parties (F n )n∈N est d’intersection non vide,
T
donc l’ensemble des valeurs d’adhérence de la suite (x n )n∈N , qui n’est autre que n∈N F n ,
est non vide.
5. En effet, si ce n’était pas le cas, il existerait un voisinage ouvert V de l que l’on peut supposer
ouvert, et une sous-suite (x ϕ(n) )n∈N tels que x ϕ(n) ne soit jamais dans V . L’ensemble X − V
est un fermé du compact X , donc est compact. On en déduit que la sous-suite considérée
admet une valeur d’adhérence dans X − V ; nécessairement distincte de l Cela contredit
l’hypothèse faite.
T HÉORÈME 6. Tout intervalle fermé et borné de R est compact.
P ROOF exercice
C OROLLAIRE 7. La droite numérique achevée R est compacte.
P ROOF
R est en effet homéomorphe à l’intervalle [−1, 1].
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2 Espaces métriques Compacts
2.1 Espaces métriques pré-compacts
D ÉFINITION 2.1
1. Un espace métrique (E , d ) est dit précompact si
n
∀ε > 0; ∃n ∈ N∗ ; ∃a 1 , ...; a n ∈ E : E = B (a i , ε).
[
i =1
2. Une partie A d’un espace métrique E est précompacte si l’espace métrique induit associe
est précompact. Autrement dit
n
∀ε > 0; ∃n ∈ N∗ ; ∃a 1 , ...; a n ∈ E : A ⊂ B (a i , ε).
[
i =1
P ROPOSITION 2.2 Un espace métrique précompact est borné.
Sn
P ROOF Soit (E , d ) un espace precompact. II existe n ∈ N∗ et x 1 , ...; x n ∈ E tels que E = i =1
B (x i , 1).
Notons © ª
M = max d (x i , x j ) : 1 ⩽ i , j .
Pour tout x, y ∈ E , il existe (i , j ) ∈ {1, ..., n}2 tel que x ∈ B (x i , 1) et y ∈ B (x j , 1). Par l’inégalité trian-
gulaire, On a alors
d (x, y) ⩽ d (x, x i ) + d (x i , x j ) + d (, x j , y) ⩽ M + 2,
et donc d i am(E ) ⩽ M + 2, donc E est borne.
P ROPOSITION 2.3 Un espace métrique compact est précompact.
P ROOF Soient (E , d ) un espace métrique compact et ε ∈ R∗+ . La famille (B (x, ε))x∈E est un recouvre-
ment ouvert de E , on en extrait un sous-recouvrement fini, ce qui démontre la proposition.
C OROLLAIRE 2.4
Toute partie relativement compacte d’un espace métrique est precompacte.
P ROPOSITION 2.5) Soit (E , d ) un espace métrique et A une partie non-vide de E . Alors
1. (X , d ) précompact =⇒ (A, d ) précompacte
2. (A, d ) précompacte ⇐⇒ (A, d ) précompacte.
P ROOF : Il est clair que si A est precompacte, alors A également puisque A ⊂ A. Pour la réciproqué,
il suffit d’observer que si A ⊆ m C , alors A ⊂ m
S S
i =1 i
C , et qu’on a d i am(C i ) = d i am(C i ).
i =1 i
P ROPOSITION 2.6 Tout espace métrique précompact est séparable.
P ROOF : Supposons (E , d ) precompact. Pour tout n ∈ N, on peut recouvrir E par un nombre fini
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de boules ouvertes de rayon 2−n , autrement dit on peut écrire E = x∈D n B (x, 2−n ), ou D n ⊂ E est
S
S
un ensemble fini. Alors D = n∈N D n est dénombrable, et on vérifie sans difficulté que D est dense
dans E .
L EMME 2.7 Un espace métrique est precompact si et seulement si toute suite (x n ) de E possède
une sous-suite de Cauchy.
P ROOF : Supposons E precompact, et fixons une suite (x n ) ⊂ E . Par precompacite, on peut recou-
vrir E par un nombre fini d ensembles de diamètre inférieur à 2−0 . L’un au moins de ces ensembles,
note E 0 , contient une infinité de termes de la suite (x n ) on dispose donc d’un ensemble infini
mat hbbN0 ⊂ N tel que x n ∈ E 0 pour tout n ∈ N0 . Par récurrence, on construit une suite décrois-
sante (E k ) de parties de E et une suite décroissante (Nk ) de parties infinies de N vérifiant les pro-
priétés suivantes : E k est de diamètre inférieur à 2−k , et x n ∈ E k pour tout n ∈ Nk . Par diagonalisa-
tion , on peut donc construire une suite d’entiers strictement croissante (n k ) telle que x ni ∈ E k si
i ⩾ k. Pour p < q, on a alors x n p x n q ∈ E p car E q ⊂ E p , et donc d (x n p , x n q ) ⩽ d i am(E p ) = 2−p . Cela
montre que la suite (x nk ) est de Cauchy.
C OROLLAIRE Si (E , d ) est un espace métrique complet, alors les parties precompactes de (E , d )
sont exactement les parties relativement compactes de E .
P ROOF : Si A ⊂ E est precompacte pour d , alors A est precompacte, et complete pour d car fermée
dans E ; par conséquent, A est relativement compacte dans E . La réciproque a déjà démontrer.
2.2 Critère de compacité dans les espaces métriques
T HÉORÈME 2.8 Soit (E , d ) un espace métrique. On a équivalence entre :
1. (Borel-Lebesgue) : (E , d ) est compact.
2. (Bolzano-Weierstrass) : Toute suite infinie (x n )n∈N de points de E a au moins une valeur
d’adhérence dans E .
3. (Bolzano-Weierstrass) : Toute partie infinie A deE a au moins un point d’accumulation dans
E.
4. (E , d ) est précompact et complet.
P ROOF :
1. (Borel-Lebesgue =⇒ Bolzano-Weierstrass) : Nous allons en donner deux preuves.
Première preuve. Soit (x n ) une suite de E . Pour tout p ∈ N, on note A p = x n : n ⩾ p . La
© ª
suite (A p ) est une suite décroissante de fermés non vides, donc
\
A p ̸= ;.
p∈N
T
Choisissons x ∈ p∈N A p . On construit une sous suite (x ϕ(n) ) de (x n ) comme suit.
• On choisit x ϕ(0) ∈ A 0 .
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• L’élément x ϕ(n) étant construit, on prend x ϕ(n+1) ∈ A n+1 tel que ϕ(n+1) > ϕ(n) et d (x ϕ(n+1) , x) <
2−n−1 (c’est possible car x ∈ A n+1 ).
Ainsi construite, (x ϕ(n) ) est une sous suite de (x n ) qui converge vers x.
Seconde preuve : Soit (x n ) une suite de E . Si cette suite ne prend qu’un nombre de valeurs
fini, on peut en extraire une sous suite constante donc convergente. Sinon, A = {x n : n ∈ N}
est infini. Nous allons prouver que A a au moins un point d’accumulation. Supposons le
T
contraire, de sorte que pour tout x ∈ E , il existe r x > 0 tel que B (x, r x ) A est fini. Du re-
S
couvrement x∈E B (x, r x ) de E , on peut en extraire un sous recouvrement fini. En termes
mathématiques, ceci s’écrit
[
∃J ⊂ E , J , fini, et E = B (x, r x ).
x∈J
S T
Ainsi, A = x∈J B (x, r x ) A, réunion finie d’ensembles finis, est fini, ce qui est contradic-
toire. L’ensemble A admet donc au moins un point d’accumulation x ∈ E . Ainsi, x est valeur
d’adhérence de la suite (x n ), donc il existe une sous suite de (x n ) qui converge vers x.
2. (Bolzano-Weierstrass =⇒ (4)) : Montrons que E est précompact. En effet. Raisonnons par
l’absurde en supposant l’existence de ε > 0 tel que l’on ne puisse pas trouver un sous recou-
vrement fini de E par des boules de rayon ε.
• Soit x 0 ∈ E . Alors B (x 0 , ε) ̸= E .
• Donc il existe x 1 ∈ E tel que d (x 0 , x 1 ) ⩾ ε.
• De même, comme B (x 0 , ε) B (x 1 , ε) ̸= E , il existe x 2 ∈ E tel que d (x 0 , x 2 ) ⩾ ε et d (x 1 , x 2 ) ⩾
S
ε.
• On recommence ..., x 0 , x 1 , ..., x 0 étant construits tels que ∀i < j ⩽ n, d (x i , x j ⩾) > ε, on
sait que B (x 0 , ε) B (x 1 , ε) ... B (x n , ε) ̸= E , donc il existe x n+1 ∈ E tel que pour tout i ,
S S S
0 ⩽ i ⩽ n, d (x i , x n+1 ) ⩾ ε.
On construit ainsi une suite (x n ) de E telle que d (x i , x j ) ⩾ ε dès que i ̸= j . La suite (x n )
n’admet donc aucune sous suite convergente car aucune sous suite n’est de Cauchy, d’où la
contradiction
L EMME 2.6 ( LEMME DE L EBESGUE )
Soit E un espace compact. Si (O i )i ∈I est un recouvrement ouvert de E , alors il existe un nombre
ε > 0 tel que la propriété suivante ait lieu : tout ensemble A ⊂ E de diamètre inférieur a est contenu
dans l’un des O i .
P ROOF : On raisonne par l’absurde. Si un tel ε n’existe pas, alors on peut, pour tout n ∈ N, trouver
un ensemble A n ⊂ E de diamètre inférieur à 2−n et qui ne soit contenu dans aucun O i . Choisissons
pour tout n ∈ N un point x n ∈ A n . Comme E est compact, la suite (x n ) possède une sous-suite
(x nk ) qui converge vers un point x ∈ E . Comme les O i recouvrent E , on peut trouver i 0 ∈ I tel que
x ∈ O i 0 . Comme O i 0 est ouvert, on peut trouver ε > 0 tel que B (x, ε) ⊂ O i 0 . Pour k assez grand, on a
(x nk ∈ B (x 2ε ) et d i am(A nk ) < 2ε , d’où A nk ⊂ B (x, ε) ⊂ O i 0 : cela contredit le choix de A nk .
T HÉORÈME 2.7 Soit (E , d ) un espace métrique. On a équivalence entre :
1. (E , d ) est compact.
2. Toute suite infinie (x n )n∈N de points de E a au moins une valeur d’adhérence dans E .
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3. Toute partie infinie A deE a au moins un point d’accumulation dans E .
4. (E , d ) est précompact et complet.
3 Fonctions continues sur un compact
Les résultats qu’on démontre ici sont simples mais fondamentaux.
T HÉORÈME 13. (I MAGE CONTINUE D ’ UN COMPACT ). Soit K un espace métrique compact, et soit F
un espace métrique. Si f : K −→ F est continue, alors f (K ) est un compact de F .
P ROOF : Soit (y n ) une suite de points de f (K ). Pour tout n ∈ N, choisissons un point x n ∈ K tel que
f (x n ) = y n . Comme K est compact, la suite (x n ) possede une sous-suite (x nk ) convergeant vers un
point x ∈ K . Comme f est continue, x nk = f (x nk ) tend vers y := f (x) quand k tend vers ∞. Ainsi, y
est une valeur d’adhérence de (y n ) appartenant a f (K ). Cela termine la démonstration.
Voici deux exemples d utilisation du théorème 13. On donnera d’autres applications a la section
suivante. Le premier exemple montre qu’une bijection continue d’un espace métrique compact
sur un espace métrique est nécessairement un homéomorphisme.
P ROPOSITION 14. Soient E et F deux espaces métriques, avec E compact. Si f : E −→ F une bijec-
tion continue, alors f −1 est continue
P ROOF : Posons g = f −1 . Si C est un ferme de E , alors C est compact puisque E l’est, donc g −1 (C ) =
f (C ) est compact, et est donc ferme dans F . Cela prouve que g est continue.
Si E nest pas suppose compact, alors on ne peut pas conclure a la continuité automatique de f −1 .
Par exemple, l’application f : [0, 2π[−→ T définie par f (t ) = e i t est une bijection continue de [0, 2π[
i i
sur T, mais f −1 n’est pas continue. En effet, e ± n tend vers 1 quand n tend vers ∞, mais f −1 (e n ) = n1
i
tend vers 0 et f −1 (e − n ) = 2π − n1 tend vers 2π.
Le deuxième exemple montre que la projection d’un ferme d’un espace produit le long d’un com-
pact est encore un ferme. Ce résultat, plus général que 13, est souvent utile.
P ROPOSITION 15. Soient E et K deux espaces métriques, avec K compact. Soit également C une
partie de K × E , et posons
∃K C = {x ∈ E ; ∃u ∈ K : (u, x) ∈ C }
Si C est ferme dans K × E , alors ∃K C est un ferme de E .
P ROOF : Il n’est pas difficile de démontrer directement ce résultat, en utilisant seulement la de no-
tion de la compacité : la preuve serait identique a celle de 13. On va donner ici une démonstration
volontairement alambiquée.
Notons π : K × E −→ E la deuxième application coordonnée. Par de définition, on a ∃K C = π(C ).
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L’application π est continue, et possède la propriété suivante : pour tout compact A ⊂ E , l’en-
semble π−1 (A) est un compact de K × E . En effet,on a π−1 (A) = K × A ,et on verra plus loin qu’un
produit de deux compacts est compact. Soit maintenant (x n ) une suite de points de∃K C = π(C )
convergeant vers un point x ∈ E . Alors A = {x} {x n : n ∈ N} est un compact de E , donc π−1 (A) est
S
un compact de K × E d’après ce qu’on vient de voir, et donc B = C π−1 (A) également puisque
T
C est ferme dans K × E . Comme l’application est continue, on en déduit que π(B ) est un com-
pact de E , et est donc ferme dans E . Comme x n ∈ π(B ) pour tout n, on a donc x ∈ π(B ), et donc
x ∈ π(C ) = ∃K C . Cela prouve que ∃K C est un ferme de E .
R EMARQUE 15. Une application f : X −→ Y entre deux espaces métriques est dite propre si pour
tout compact K ⊂ Y , l’ensemble f −1 (K ) est un compact de X . La démonstration précédente a en
fait établi que toute application continue et propre f : X −→ Y change les fermés en fermés. A titre
d’exercice, on pourra vérifier qu’une application continue f : Rd −→ Rk est propre si et seulement
si
lim f (x) = ∞
||x||−→∞
T HÉORÈME 16. ( THEOREME DE H EINE ).
Soient K et F deux espaces métriques. Si K est compact, alors toute application continue f : K −→
F est uniformément continue.
P ROOF 1 : Supposons K compact. Fixons ε > 0, et pour n ∈ N, posons
1
F n = {x ∈ K ; ∃y ∈ K : d (x, y) ⩽ et d ( f (x) f (y)) ⩾ ε}.
n
Comme f est continue, l’ensemble
1
C n = {(x, y) ∈ K 2 ; d (x, y) ⩽ et d ( f (x) f (y)) ⩾ ε}
n
est un ferme de K ×K . Comme K est compact, on en déduit que chaque F n est un fermé de K : cela
découle de la proposition 13, ou directement de 3.3.1 en observant que F n est l’image du compact
C n par la première projection π : K × K −→ K l’ensemble C n est compact car ferme dans K × K ,
T
qui est compact. De plus, la suite (F n ) est décroissante, et on a n F n = ; car f est continue. Par
conséquent, l’un des F n est déjà vide, ce qui signifie exactement que la définition de l’uniforme
continuité est satisfaite avec δ = n1 .
P ROOF 2 : Autre preuve. Supposons K compact, et fixons f : K −→ F continue. Par l’absurde, sup-
posons que f ne soit pas uniformément continue. Il existe alors ε0 > 0 et deux suites (x n ), (y n ) ⊂ K
tels que d (x n , y n ) tend vers 0 quand n tend vers ∞, mais d ( f (x n ), f (y n )) ⩾ ε0 pour tout n ∈ N.
Comme K est compact, on peut supposer que la suite (x n ) converge vers un point a ∈ K . Alors (y n )
converge également vers a puisque d (x n , y n ) tend vers 0. Comme f est continue en a, les suites
( f (x n )) et ( f (y n )) doivent converger toutes les deux vers f (a), et donc d ( f (x n ), f (y n )) doit tendre
vers 0, ce qui contredit l’hypothèse faite.
P ROOF 3 : On utilise le lemme de Lebesgue 3.5.2. Fixons ε > 0. Par hypothèse, tout point z ∈ K
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possède un voisinage ouvert Vz tel que d ( f (x), f (y)) < ε pour tous x, y ∈ Vz . Alors la famille (Vz )z∈K
est un recouvrement ouvert de l’espace métrique compact K . Dapres le lemme de Lebesgue, on
peut trouver δ > 0 tel que tout ensemble A ⊂ K de diamètre inférieur ou égal a δ est contenu dans
l’un des Vz . Il est clair que convient.
Voici un exemple d’utilisation du théorème 16.
C OROLLAIRE 17.
Si K est un espace métrique compact et si F est un espace vectoriel norme, alors toute fonction
continue f : K −→ F est limite uniforme de fonctions boréliennes étagées. Si K est un intervalle
compact [a, b] de fonctions en escalier.
P ROOF Soit f : K −→ F , et fixons ε > 0. Comme K est compact, l’application f est uniformément
continue. On peut donc trouver δ > 0 tel que ∥ f (x) − f (y)∥ ⩽ ε des que d (x, y) ⩽ δ. Par précompa-
cité, on peut recouvrir K par des boules B 1 , .., B N de diamètre inférieur a δ. Si on pose A 1 = B 1 et
S
A i +1 = B i +1 − 1⩽ j ⩽i B j ,alors les A i forment une partition de K en boréliens de diamètre inférieur
a δ.
Dans le cas où K est un intervalle [a, b], on peut directement définir une partition de K en in-
tervalles A i de diamètre inférieur a δ, il suffit de choisir N assez grand et de poser A i = [a + (i −
1) b−a b−a
N , a + (i − 1) N ] .En choisissant un point a i ∈ f (A i ) pour chaque A i non vide, la fonction = i
ai1Ai est borélienne étagée (en escalier si K = [a ;b] et les Ai sont des intervalles), et on a f par de
nition de
3.1 Optimisation
Le résultat suivant est une conséquence immédiate de 3.3.1, mais il est suffisamment important
pour être énonce séparément.
T HÉORÈME 16. Si K est un espace métrique compact, alors toute fonction continue f : K −→ R est
bornée et atteint ses bornes.
P ROOF : L’ensemble f (K ) est un compact de R, donc il est borne, ce qui prouve que f est bornée,
et fermée, ce qui prouve que f atteint ses bornes.
C OROLLAIRE 17. Soit E un espace vectoriel norme de dimension finie. Si f : E −→ R fonction conti-
nue vérifiant lim||x||−→∞ f (x) = ∞, alors f est minorée atteint sa borne inférieure.
P ROOF 1 : Par hypothèse, on peut trouver R > 0 tel que f (x) > 1 + f (0) si x > R. On a alors infE f =
infB f , où B est la boule fermée B ′ (0, R). Comme E est de dimension finie, B est compacte, donc
on peut appliquer 16.
P ROOF 2 : On peut aussi démontrer 17 directement, sans utiliser 16. Posons m = inf f ∈ [−∞, +∞[,
et choisissons
© ª (αn ) ⊂ R strictement décroissante ayant pour limite m. Pour n ∈ N,posons
une suite
K n = x ∈ E : f (x) ⩽ n Comme f est continue, les K n sont des fermés de E , et ils sont également
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bornes car lim||x||−→∞ f (x) = +∞ ;comme E est de dimension finie, les K n sont donc compacts. De
plus, les K n sont non vides car αn > m pour tout n, et la suite (K n ) est visiblement décroissante.
T
D’après le théorème des compacts emboités, on a donc n K n ̸= ;. Il existe ainsi un point x ∈ E tel
que f (x) ⩽ m, ce qui prouve en même temps que m > −∞, autrement dit que f est minorée, et
que f atteint sa borne inférieure.
Donnons maintenant quelques illustrations de 16.
E XEMPLE 0 Si K est un compact de Ω := {z ∈ C : Re(z) > 0}, alors il existe ε > 0 tel que Re(z) ⩾ ε
pour tout z ∈ K . Si K est un compact du disque unité ouvert D ⊂ C, alors il existe r < 1 tel que
K ⊂ D(0, r ).
P ROOF Dans le premier cas, la fonction continue f (z) = Re(z) atteint sa borne inférieure sur K .
Dans le deuxième cas, on considère f (z) = |z|.
E XEMPLE 1 Soit X un espace vectoriel norme, et soit E ⊂ X un sous-espace vectoriel de dimension
finie. Pour tout point a ∈ X , il existe un point x ∈ E tel que ||x − a|| = d (a, E ).
P ROOF
On applique 3.3.5 a la fonction f : E −→ R+ définie par f (x) = ||x − a||.
E XEMPLE 2 Soit O un ouvert de Rd . Si K est un compact contenu dans O, alors on peut trouver un
ouvert W tel que W est compact et K ⊂ W ⊂ W ⊂ O.
P ROOF Si O = Rd , il suffit de prendre pour W une boule ouverte contenant K . Supposons O ̸= Rd .
La fonction x 7−→ d (x, Rd − O) est continue et strictement positive sur K . Par©compacité, on peut
donc trouver ε > 0 tel que d (x, Rd − O) ⩾ pour tout x ∈ K . Posons alors W = x ∈ Rd ; d (x, K ) < 2ε .
L’ensemble W est ouvert par continuité de l’application distance, et on a K ⊂ W ⊂ W ⊂ O. En fin,
W est fermé dans Rd , et il est également borne car K est borne ; par conséquent, W est compact.
P ROOF 2 Voici la preuve habituelle , qui utilise la propriété de Borel-Lebesgue. Pour tout point
x ∈ K , on peut trouver un voisinage ouvert Vx de x tel que Vx est compact et contenu dans Ω il suf-
fit de poser Vx = B (x, r x ), où r x est choisi suffisamment petit. La famille d’ouverts (Vx )x∈K recouvre
S S
le compact K , donc on peut trouver x 1 , .., x p tels que K Vx1 ...x p et W := Vx1 ...x p convient
E XEMPLE 3 Toute matrice symétrique réelle est diagonalisable en base orthonormée.
P ROOF Il suffit en fait de montrer que toute matrice symétrique réelle possède au moins une va-
leur propre réelle ; on conclut ensuite par une récurrence classique.
Soit A ∈ M d (R) une matrice symétrique réelle. Notons ∥.∥ la norme euclidienne, (.|.) le produit
scalaire usuel sur Rd , et posons λ = sup {(Ax|x) : ∥x∥ = 1} La fonction f définie par f (x) = (Ax|x)
est continue sur Rd , car f (x) est fonction polynomiale des coordonnées de x. De plus, la sphere
unité S est fermée et bornée dans Rd , elle est donc compacte. Il existe donc un point x 0 ∈ S tel
que (Ax 0 |x 0 = λ. Si maintenant on note B la forme bilinéaire symétrique définie par B (x, y) =
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(λx − Ax|y) et Φ la forme quadratique associée, alors est positive par définition de λ, et Φ(x 0 ) = 0.
D’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz, on a |B (x 0 , y)|2 ⩽ B (x 0 , x 0 )B (y, y) = 0et d oncB(x0 , y) = 0
pour tout y ∈ Rd . On en déduit Ax 0 = λx 0 , donc l ambd a est valeur propre de A puisque x 0 ̸= 0.
4 Produits de compacts
4.1 Produits finis
P ROPOSITION 4.1. Si E 1 , ..., E n sont des espaces métriques compacts, alors l’espace produit E =
E 1 × ... × E n est compact.
P ROOF : Par récurrence, il suffit de traiter le cas n = 2. Soit (x n ) une suite de points de E = E 1 × E 2
on écrit x n = (x n (1), x n (2)). Comme E 1 est compact, la suite (x n (1)) possède une sous-suite conver-
gente : on peut donc trouver une sous-suite (x ϕ(n) ) de (x n ) telle que la suite (x ϕ(n) (1)) converge
dans E 1 . De même, comme E 2 est compact, on peut trouver une sous-suite (x ψ◦ϕ(n) ) de (x ϕ(n) )
telle que la suite (x ψ◦ϕ(n) (2)) converge dans E 2 , alors la suite (x ψ◦ϕ(n) (1)) converge dans E 1 car elle
est extraite de (x n (1)). Ainsi, la suite (x ψ◦ϕ(n) ) converge coordonnée par coordonnée , autrement
dit converge dans l’espace produit E . Voici une application de ce résultat .
P ROPOSITION 4.2. Si K est un compact de Rd , alors l’enveloppe convexe de K est encore un com-
pact.
P ROOF : Rappelons que l’enveloppe convexe de K , notée conv(K ) est le plus petit convexe de
Rd contenant K , de manière équivalente, conv(K ) est l’ensemble de tous les points x ∈ Rd qui
s’écrivent sous la forme
n
λi x i
X
x=
i =1
où les points x i appartiennent à K , les λi sont positifs et ni=1 λi = 1. Par exemple, l’enveloppe
P
convexe de 3 points A, B,C dans R2 est le triangle ABC . A priori, on autorise des combinaisons
convexes ou l’entier n peut être arbitrairement grand. Cependant, d’après le théorème de Ca-
ratheodory, il suffit dans Rd de se restreindre a des combinaisons convexes de seulement d + 1
points : un point x est dans l’enveloppe convexe de K si et seulement si il est combinaison convexe
de d + 1 points de K (ces points pouvant bien sur dépendre de x). Posons alors
( )
n
Λ = λ = (λ1 , ..., λd +1 )| λi = 1
X
i =1
et définissons Φ : Λ × K d +1 −→ Rd par
dX
+1
Φ(λ, x) = λi x i
i =1
L’application Φ est continue, et on a Φ(Λ × K d +1 ) = conv(K ) d’après le théorème de Caratheo-
dory. Comme Λ est compact (car ferme borne dans Rd +1 ) et K également, l’espace métrique est
compact, donc conv(K ) = Φ(Λ × K d +1 ) est compact.
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4.2 Produits dénombrables ; procédé diagonal
Le résultat suivant est un cas particulier du Théorème de Tikhonov. Il est d’une grande utilité, et le
principe de diagonalisation qui est a la base de la démonstration est également très important.
T HEOREME 4.3 ( T IKHONOV ). Soit (K i )i ∈N une suite d’espaces métriques compacts, et soit K =
Q
i ∈N K i . Si (x n ) est une suite de points de K , alors (x n ) possède une sous-suite qui converge coor-
donnée par coordonnée.
P ROOF : On écrit chaque point x ∈ K sous la forme x = (x(0), x(1), ...). Soit (x n ) une suite de points
de K . Comme K 0 est compact, la suite (x n (0)) possède une sous-suite convergente : on peut donc
trouver un ensemble infini N0 ⊂ N tel que la suite (x n (0)n∈N0 converge dans K 0 vers un certain point
x(0). De même, la suite (x n (1)n∈N0 possède une sous-suite convergente puisque K 1 est compact,
donc on peut trouver un ensemble infini N1 ⊂ N0 tel que la suite (x n (1)n∈N1 converge dans K 1 , alors
la suite (x n (0)n∈N1 est également convergente, car elle est extraite de (x n (0)n∈N0 . Par récurrence, on
voit qu’on peut construire une suite décroissante (Nk ) de parties infinies de N telle que la propriété
suivante ait lieu : pour tout k ∈ N et pour tout i ⩽ k, la suite (x n (i ))n∈Nk converge dans K i vers un
certain point x(i ). Choisissons n 0 ∈ N0 et définissons une suite (n k ) par la récurrence
n k+1 = min {n ∈ Nk+1 ; n > n k }
ce qui est possible car les ensembles Ni sont infinis. Alors (n k ) est strictement croissante et n k ∈ Nk
pour tout k. Pour i ∈ N fixe, on a n k ∈ Ni pour tout k ⩾ i car Nk ⊂ Ni , donc la suite (x nk (i ))k∈N
est extraite de (x n (i ))n∈Ni à partir d’un certain rang . Par conséquent, (x nk (i ))k∈N converge vers
x(i ) pour tout i ∈ N ; autrement dit, la suite (x nk )k∈N converge coordonnée par coordonnée vers
x = (x(0), x(1), ...) ∈ K .
On utilisera plusieurs fois la conséquence suivante du théorème de Tikhonov. Introduisons d’abord
une de notion : soit ( f n ) est une suite de fonctions définies sur un ensemble X , a valeurs dans K,
on dit que la suite ( f n ) est simplement bornée si pour tout x ∈ X , la suite ( f n (x)) est bornée dans
K.
C OROLLAIRE 4.4.
Soit X un ensemble, et soit ( f n ) une suite de fonctions sur X , a valeurs dans K. On suppose que
la suite ( f n ) est simplement bornée. Si D est une partie dénombrable de X , alors ( f n ) possède une
sous-suite ( f nk ) telle que ( f nk (x)) converge dans K pour tout x ∈ D.
P ROOF : Écrivons D = {d i : i ∈ N}. Par hypothèse, pour tout i ∈ N, il existe une constante M i telle
que | f n (d i )| ⩽ M i pour tout n ∈ N. Posons alors
K i = {z ∈ K : |z| ⩽ M i } , i ∈ N,
et Y
x n = ( f n (d 0 ), f n (d 1 ), ...) ∈ Ki .
i ∈N
Les K i sont compacts, et en appliquant le théorème de Tikhonov a (x n ), on obtient directement le
résultat souhaité.
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R EMARQUE 4.5.
1. Si (E i , d i )i ∈N est une suite d’espaces métriques, il est possible de munir l’espace produit
Q
E = i ∈N E i d’une distance pour laquelle les suites convergentes sont exactement les suites
qui convergent coordonnée par coordonnée . Par exemple, on peut poser
+∞
2−i min(1, d i (x(i )y(i ))).
X
d (x, y) =
i =0
La topologie produit de E est alors bien définie, et le théorème de Tikhonov s’énonce très
Q
simplement : si (E i , d i )i ∈N est une suite d’espaces métriques compacts, alors E = i ∈N E i est
compact.
2. Il est également possible de définir une topologie produit raisonnable sur un produit arbi-
Q
traire d’espaces topologiques E = i ∈N E i , et que la notion de compacité a également un
sens dans un espace topologique général. Dans ce cadre élargi, le théorème de Tikhonov est
vrai en toute généralité : tout produit de compacts est compact.
3. Le corollaire 4.4 vaut plus généralement pour des fonctions f n : T −→ F espace vectoriel
norme F de dimension finie.
5 Espaces localement compacts
D ÉFINITION 5.1. Un espace métrique est dit localement compact si chacun de ses points possède
un voisinage compact.
E XEMPLES 5.2.
1. Tout espace compact est localement compact.
2. La droite réelle R et, plus généralement, l’espace Rn , sont localement compacts.
3. Tout espace muni de la métrique discrète est localement compact. En particulier, Z (muni
de sa topologie de sous-espace de R) est localement compact.
4. L’ensemble des rationnels Q, pour sa topologie de sous-espace de R, n’est pas localement
compact.
P ROPRIÉTÉS 5.3.
1. Les parties ouvertes et les parties fermées d’un espace localement compact sont localement
compactes (exercice IV. 10).
2. Dans un espace métrique l’intersection de deux parties localement compactes est locale-
ment compacte. Par contre, la réunion de deux parties localement compactes n’est en gé-
néral pas localement compacte
3. Le produit d’une famille finie d’espaces localement compacts est localement compact.
P ROPOSITION 5.4. Si (E , d ) est un espace localement compact, alors pour tout x ∈ E et pour tout
voisinage V de x, il existe un rée r > 0 tel que B (x, r ) est compact et B (x, r ) ⊂ V .
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′ ′′ ′ ′ ′′
P ROOF : Il suffit de choisir r = min(r , r ) où r est tel que B (x, r ) est compact et r est tel que
′′
B (x, r ) ⊂ V .
P ROPOSITION 5.5. Soient (E , d ) un espace localement compact, U un ouvert et F un fermé de E .
T
Alors U F est une partie localement compacte de E .
Réciproquement, soit (E , d ) un espace métrique (pas nécessairement localement compact) et A
une partie localement compacte de E . Alors qu’il existe une partie ouverte U et une partie fermée
T
F de E telles que A = U F .
P ROOF :
T
1. Soit x ∈ A = U F . Par la proposition 5.4, il existe r > 0 tel que B (x, r ) est compact et B (x, r ) ⊂
T T
O. Donc B (x, r ) A = B (x, r ) F est compact.
2. Soit A une partie localement compacte d’un espace métrique E . Pour tout point x de A, il
existe un voisinage compact de x dans A, que nous notons K x . Son intérieur i nt (K x ), pour
la topologie de A, est un voisinage ouvert de x dans A, il existe donc un ouvert U x de E
T S
contenant x tel que U x A = i nt (K x ). Soit U = x∈A U x . C’est un ouvert de E contenant A.
Pour tout x ∈ A, K x est une partie compacte de l’espace séparé E , donc un fermé de E . Son
T
complémentaire E − K x est donc un ouvert de E . Par suite, U x − K x = U x (E − K x ) est un
S
ouvert de E (intersection de deux ouverts). Mais alors U − A = x∈A (U x − K x ) est un ouvert
T
de E (réunion d’ouverts). Son complémentaire F est un fermé de E , et A = U F .
P ROPOSITION 5.6. Soient (E , d ) un espace localement compact, K une partie localement compact
de E et O 1 , ...,O n des parties ouverts de E recouvrant K . Il existe des parties compactes K 1 , ..., K n
avec K i ⊂ O i pour tout i = 1; ...; n et tel que
[
K ⊂ i nt (K j ).
j
P ROOF : Par la Proposition 5.4, pour tout x ∈ K il existe j ∈ {1, ..., n} et un compact K x tel que
x ∈ i nt (K x ) ⊂ K x ⊂ O j . Borel- Lebesgue implique, K est recouvrir par un nombre fini des intérieurs
[
K⊂ i nt (K xi )
i =1...p
posons pour 1 ⩽ j ⩽ n ; [
Kj =
K xi ⊂O j i nt (K xi )
Alors [ [ [
i nt (K j ) ⊃ S
j =1...n j =1...n K xi ⊂O j i nt (K xi )= i =1...p i nt (K xi )⊃K
et on a, K j ⊂ O j .
P ROPOSITION 5.7. Soit (E , d ) un espace localement compact. Les propriétés suivantes sont équi-
valentes
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1. E est séparable.
2. Il existe une suite (K n ) de parties compactes recouvrant E telle que
K n ⊂ i nt (K n+1 ) : ∀n ∈ N.
P ROOF : It is clear that iii implies ii. The implication ii =>• i is a particular case of Proposition
2.2 on page 8. Now suppose that X is separable and let (x„) be a sequence dense in X. Set A =
n,p)e NxN* : B(xn, 1/p) is compact ; we will show that the family = (B(xn, l/p))(n,p)€>i covers
X. Take x G X and let r > 0 be such that B(x,r) is compact. Then take p G N* such that 1/p < r/2
and n G N such that d(x,xn) <1 /p.Oneseest hat xGB (xn, l /p)C B (x, 2/p)C B (x, r ).T her e f or eB (xn, l /p)i
compac t and l et (Ln)beasequenceo f compac t set st hat cover X .W econst r uc t t hesequence(K n)b yi
set K 0 = L0and , f or n > 1, chooseK nsuchK n − U Ln i C K n(usi ngC or ol l ar y1.4).
Unesui t e(Kn ) de parties compactes de E vérifiant les propriétés de la proposition 5.7 est
dite suite exhaustive de E .
P ROPOSITION 5.7. Soient (E , d ) un espace localement compact séparable et (K n ) suite ex-
haustive de compacts de E . Pour tout compact K de E , il existe n ∈ N tel que K ⊂ K n .
P ROOF : (i nt (K n )) est recouvrement de K .
Le très important théorème ci-dessous montre que tout espace localement compact peut
être considéré comme le complémentaire d’une partie réduite à un seul point d’un espace
compact.
T HÉORÈME D ’A LEXANDROFF . Soit E un espace métrique localement compact et non com-
pact. Il existe un espace métrique compact E , et un homéomorphisme f de E sur une partie
dense f (E ) de E , dont le complémentaire contient un seul élément, noté ∞. On dit que E
est le compactifié d’Alexandroff de E . Le point ∞ est appelé point à l’infini.