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Introduction à l'Économie et Gestion

Ce document présente un cours d'introduction aux sciences économiques et de gestion, destiné aux étudiants du 1er semestre. Il aborde les objets et méthodes de la science économique, les courants de pensée économique, ainsi que les principaux acteurs économiques. L'économie est définie comme une science sociale qui étudie la production, la répartition et la consommation des richesses, tout en soulignant l'importance des choix et des coûts d'opportunité liés à la rareté des ressources.

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Introduction à l'Économie et Gestion

Ce document présente un cours d'introduction aux sciences économiques et de gestion, destiné aux étudiants du 1er semestre. Il aborde les objets et méthodes de la science économique, les courants de pensée économique, ainsi que les principaux acteurs économiques. L'économie est définie comme une science sociale qui étudie la production, la répartition et la consommation des richesses, tout en soulignant l'importance des choix et des coûts d'opportunité liés à la rareté des ressources.

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1

Introduction aux Sciences


Économiques et de Gestion

Cours destiné aux étudiants du 1er semestre


groupes A et C

Pr. Abid IHADIYAN


FSJES Tanger
2

SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE

CHAPITRE 1 : OBJET ET METHODES DE LA SCIENCE


ECONOMIQUE
I- Domaine de la science économique
II- L’économie plutôt une science sociale

CHAPITRE 2 : COURANTS DE LA PENSEE ECONOMIQUE


I- Le Mercantilisme
II- La Physiocratie et l’émergence du libéralisme
III- Le courant classique et la critique marxiste
IV- Le courant néoclassique et l’approche keynésienne
V- Le courant post-keynésien

CHAPITRE 3 : PRINCIPAUX ACTEURS ECONOMIQUES


I- Qu’est-ce qu’un acteur économique ?
II- Les entreprises et la production
III- Les ménages et la consommation
IV- L’Etat

CONCLUSION GENERALE
Références bibliographiques
QUESTIONS DE SYNTHESE
3

INTRODUCTION GENERALE

Etymologiquement, le mot « économie » trouve son origine dans le vocable grec «oïkonomia», qui signifie
gestion de la maison. Le mot est constitué de «oikos», c’est-à-dire maison, et « no- mos », c’est-à-dire gérer et
administrer. L'économie est donc l'art de bien administrer une maison, de gérer les biens d'une personne, puis
par extension d'un pays. Plus généralement, l'économie est une science sociale qui étudie la production, la
répartition, la distribution et la consommation des richesses d'une société. Le principe général qui sous-tend
l'économie, en particulier pour les ressources limitées ou rares, est celui de la rentabilité. Elle consiste à
consommer un minimum de moyens en vue de réaliser un maximum de profits.

La définition de l'économie n'est pas consensuelle. Ses contours et son contenu varient en fonction des auteurs
et des courants de pensée.
A partir du XVIIIème siècle particulièrement, une véritable pensée économique va se développer. Mais les
prémisses de cette pensée se trouvaient déjà au XVIème siècle au sein de la doctrine Mercantiliste qui sera
suivie par la doctrine Physiocratique. L'économie est revendiquée en tant que « science » nouvelle par l'école
physiocratique qui regroupe les premiers penseurs et économistes libéraux. Les classiques la désignent par «
économie politique » et le terme de « science économique », aujourd'hui communément employé pour qualifier
cette discipline, apparaît à la fin du XIXème siècle, sous la plume des Néoclassiques marginalistes.

La science économique, au même titre que les autres sciences, possède son propre objet d’étude et ses propres
méthodes et techniques d’analyse.
Le premier chapitre développe l’ensemble de ces éléments mais tente également de définir avec plus de
précisions la nature de cette science qui relève plutôt des sciences sociales et de montrer ses différents liens
avec d’autres disciplines.
La pensée économique a connu de nombreuses évolutions depuis son origine jusqu’au jour d’aujourd’hui.
Ainsi, plusieurs courants ou écoles de pensée se sont succédées les unes après les autres. Cette succession s’est
faite soit par des liens d’affiliation ou de complémentarité et de prolongement ou alors par une totale rupture
avec les courants précédents. L’objet du deuxième chapitre est donc de tracer cette évolution de la pensée
économique et de s’arrêter à chaque fois sur les points essentiels de chaque courant.
Pour comprendre, comment s’organise l’activité économique et celle des organisations en général, il est
nécessaire de bien définir quels sont les principaux acteurs qui interviennent dans la vie économique, et il est
important également de préciser leurs rôles respectifs au sein de la sphère économique. C’est l’objet du
troisième chapitre.
4

Chapitre 1 : Objet et méthodes de la science économique

La science économique, à l’instar des autres sciences, a son propre objet d’étude à savoir l’activité économique
des hommes vivant au sein d’une société en vue de satisfaire leurs différents besoins. Elle a également sa
propre méthode et ses outils d’analyse lui permettant de dégager certaines règles et de vérifier ses hypothèses
qui sont à la base des théories économiques.
Pas aussi « dure » que les sciences « pures », la science économique en tant que science « molle » est, néanmoins,
fondée sur un minimum de certitudes capables de servir de socle pour l’explication des phénomènes
économiques observés, de prévoir de manière assez raisonnable les tendances générales et les évolutions de ces
phénomènes et d’orienter, en définitive, l’économie dans le bon sens.

I- Domaine de la science économique

I.1- Quelques problèmes économiques

Toutes les sociétés et à travers toutes les époques de leur existence ont fait face à différents problèmes et de
différentes natures : guerres, épidémies, chômage, inflation, etc.
Ces problèmes ne sont pas tous essentiellement économiques mais peuvent avoir de diverses dimensions :
politique, religieuse, philosophique, etc. et qu’en conséquence ne relèvent pas exclusivement de la spécialité des
économistes.
Il n’est pas aisé d’isoler parmi tous les maux dont souffre la société ceux qui seront purement économiques. On
pourrait, toutefois, repérer les problèmes qui affichent une dimension économique dominante. Même si à
première vue les crises internationales peuvent sembler être déclenchées pour des raisons diplomatiques ou
politiques, elles ont, souvent au fond, plutôt des motivations économiques.
Ces crises naissent essentiellement dans un processus caractérisé par une course effrénée des pays développés à
accaparer les biens économiques stratégiques à travers le monde : élargissement de leur espace vital par
l’annexion de nouveaux territoires (voisins ou même lointains), accès à la mer, produits énergétiques, produits
alimentaires, métaux précieux, etc.
Ces crises, suivies souvent de guerres, affectent de plein fouet les équilibres économiques fondamentaux des
pays concernés comme, d’ailleurs, ceux du reste du monde. Elles engendrent des disfonctionnements à tous les
niveaux de l’appareil économique, du côté offre comme du côté demande. Tous les marchés, sans exception,
s’en trouveront atteints : le marché du travail et les marchés des biens et services. Ainsi apparaissent des fléaux
ayant un aspect beaucoup plus économique : chômage, inflation, déséquilibre extérieur, problème de croissance
économique, etc.
L’essentiel du travail des économistes est donc celui de comprendre, d’analyser et de résorber ces fléaux
empêchant le bon fonctionnement de la société et son développement. Ainsi quatre volets ne sont pas à perdre
de vue pour le bien être de toute économie :
1. Le plein-emploi (recherche de politiques de lutte contre le chômage caractéristique du sous-emploi des
ressources);
2. La stabilité des prix (recherche de stratégies de lutte contre une hausse rapide et généralisée des prix qui
affaibli le pouvoir d’achat de la monnaie);
3. La croissance économique (faire en sorte que la production évolue positivement à travers le temps, chose
qui accroitrait la richesse national et donc le revenu par tête) ;
4. L’équilibre extérieur (recherche de l’équilibre de la balance des paiements garantissant ainsi une certaine
santé de l’économie nationale).
Ces quatre principaux objectifs économiques constituent ce que l’on appelle le carré magique de Kaldor. Il est
magique dans le sens où si l’on arrive à maitriser ses sommets, on atteindra l’efficacité économique condition
de la prospérité et du bien-être de la société et des populations. Mais il n’est pas simple d’agir sur l’un de ces
objectifs sans affecter directement ou indirectement au moins l’un des trois autres. En effet, tout est lié et des
interactions nombreuses peuvent surgir. D’où la difficulté de l’élaboration de politiques économiques bien
ciblées sur l’un de ces quatre objectifs.

Chaque pays, en fonction de son stade de développement, affiche des taux contrastants en ce qui concerne la
croissance, l’emploi, l’indice général des prix et la couverture de ses importations par ses exportations. De
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même que l’évolution de ces indicateurs suit des sentiers divergents selon les pays.

I.2- Comment définir la science économique ?


A la lumière de ce qui a été dit précédemment, on pourra énoncer une première définition de la science
économique :

«La science économique est la science qui s’intéresse à l’étude et l’analyse des problèmes économiques ».
Généralement, les problèmes économiques nais- sent de l’écart existant entre l’utilisation des ressources, d’une
part, et la satisfaction des besoins, d’autre part.
Par ressources il faut entendre :
- Des ressources naturelles disposées gratuitement par la nature : terres, forêts, eaux, minéraux, etc.
- Des ressources humaines physiques et intellectuelles.
- Autres ressources : machines, ou- tillages, etc.
L’ensemble de ces ressources que les économistes appellent facteurs de production sont utilisées pour produire ce
dont la société a besoin pour son développement économique et social : différents produits et services qu’on
appelle des biens économiques.
Ces biens et services sont fabriqués pour ré- pondre aux nombreux besoins des millions d’individus composant
la société. L’acte consistant à créer ces biens c’est la production et l’acte consistant en leurs utilisations c’est la
consommation. La consommation est prise dans son acception la plus large, à savoir l’utilisation. Ainsi chaque
individu de la société consomme des vêtements, de l’électricité, du sport, du transport, du cinéma, etc.

Les besoins des individus sont variables et sans limite : on dit que les besoins sont illimités. Ils se renouvèlent à
travers le temps et de nouveaux besoins qui n’existaient pas auparavant peuvent apparaitre. Ainsi l’individu ou
la société entière ne peut satisfaire tous ces besoins à un moment donnée.
De plus les ressources dont dispose l’individu ou la société sont malheureusement limitées, ne se trouvent pas
abondamment dans la nature et ne peuvent être fabriquées de manière satisfaisante, d’où le problème de la rareté
de certains biens économiques.
Face à cette rareté, la société ou les décideurs doivent faire des choix judicieux, c’est-à-dire, déci- der quels biens
prioritaires seront produits et en quelles quantités.
Etant donné le niveau limité des ressources (variable entre les sociétés) de la société, le choix d’augmenter la
taille de la production (la quantité et ou la qualité) d’un bien doit se faire obligatoirement au détriment d’un
autre bien.
Toutes les sociétés sont obligées de prendre un choix mais sont également confrontées à la question de la
répartition de la production finale entre les individus ou groupes d’individus interagissant au sein de ces sociétés.

Ces groupes d’individus ne sont pas neutres dans la décision finale de la société. Ils disposent généralement
d’une certaine force de pression laquelle peut influencer le choix définitif qui sera adopté par la société. Le
degré de cette influence est variable en fonction de la nature du système politique régnant au sein de chaque
société. Il sera, par exemple, plus important dans un pays capita- liste et faible au sein d’un pays de régime
communiste.
A partir du moment où la société adopte un choix plutôt qu’un autre, peu importe le processus à travers lequel
ce choix a été décidé, celle-ci sup- porte un coût lié à ce choix. Les économistes parlent du coût d’opportunité.
Ce dernier est mesuré en termes d’alternatives, c’est-à-dire les autres choix possibles auxquels la société a
renoncé pour une raison ou une autre. Autrement dit, le coût d’opportunité d’un choix est la satisfaction
qu’aurait procurée le choix qui est le meilleur possible parmi tous les autres choix disponibles.

Illustration du problème de choix :


Supposons qu’un individu possède une somme de 10 dhs comme ressource qui souhaite dépenser entièrement
en achetant deux biens : b1 et b2. L’individu voudrait bien acheter 10 unités de b1 et 10 unités de b2.

Question : cette combinaison est-elle accessible grâce à ce budget ?


Réponse : oui, mais à condition que le prix d’une unité de b1 soit ½dhs et même chose pour une unité de b2.
Problème : les prix sur le marché sont tels qu’une unité de b1 coute 1dhs et une unité de b2 coute 2dhs.
La combinaison (10 b1, 10 b2) n’est plus accessible par les ressources insuffisantes de l’individu. En effet, une
telle combinaison n’est possible qu’avec un budget d’au moins 30dhs. Face à cette contrainte, ce dernier doit
faire d’autres choix possibles c’est-à-dire des choix valables.
6

Un choix est valable si la combinaison d’achat lui correspondant est accessible. Une combinaison est accessible
si elle ne dépasse pas les ressources.
Autrement dit, si on note (x, p1) respectivement le nombre d’unités du bien b1 et le prix d’une unité de b1 et
(y, p2) respectivement le nombre d’unités du bien b2 et le prix d’une unité de b2, alors toute combinaison (x, y)
respectant la contrainte de budget est accessible. Cette contrainte peut s’exprimer de la manière suivante:

x p1 + y p2 ≤ 10

Tableau des choix valables

Unités b1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Unités b2 5 4 4 3 3 2 2 1 1 0 0
Ressources 0 1 0 1 0 1 0 1 0 1 0

Le problème qui vient d’être illustré pour un individu se pose également à la société dans son en- semble. Les
décideurs du pays sont très souvent amenés à faire un choix difficile entre la production ou l’achat à l’étranger
de biens militaires (pour le besoin de la défense territoriale) et des biens civils (équipements, alimentation, etc.).
Puisque les ressources du pays sont limitées, si celui-ci décide de consacrer un budget important aux
armements, forcément il doit diminuer la part allouée aux biens de consommation et vice versa. Il y a donc une
frontière des possibilités de production séparant les combinaisons accessibles des combinaisons inaccessibles
en fonction des ressources du pays.
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Illustration graphique de la frontière des possibilités de production

Combinaisons inaccessibles
Quantité d’armements

Combinaisons accessibles

Quantité de biens de consommation

Tout point du diagramme indique un certain ni- veau de production de chaque bien. La frontière des
possibilités de production sépare les combinaisons accessibles (c’est-à-dire toute la surface comprise entre les
axes et la courbe, y compris la courbe elle-même) et les combinaisons inaccessibles, c’est-à-dire l’espace au-
dessus de la courbe.
Les points situés sur la frontière des possibilités, c’est-à-dire la courbe elle-même, sont justes accessibles si les
ressources sont employées efficacement avec le plein emploi.
Cette courbe respecte les trois notions précédemment abordées à savoir, la rareté, le choix et le coût
d’opportunité.
- La rareté est impliquée par l’existence de combinaisons inaccessibles par les ressources du moment.
- Le choix est reflété par la nécessité d’opérer un choix entre les multiples combinaisons possibles est
accessibles.
- Le coût d’opportunité est mis en évidence par la forme décroissante de cette frontière des possibilités de
production. Ce qui signifie que pour obtenir plus de quelque chose on doit accepter d’avoir moins d’une autre
chose. Autrement dit, si on décide de produire une unité supplémentaire d’un produit, on doit forcément
renoncer à plus d’une unité de l’autre produit.
A travers ces trois concepts, on aboutit à une 2ièmedéfinition de la science économique :
« La science économique est une science qui s’intéresse aux problèmes de l’affectation des ressources rares à
des fins alternatives et concurrentes ».

I.3- classification des problèmes économiques

Toutes les économies, qu’elles soient sous développées ou développées sont concernées par l’ensemble de ces
problèmes économiques fonda- mentaux. De même, quels que soient les régimes politiques et économiques
(capitalistes, socialistes ou communistes) des Etats, ceux-ci ont une commune obligation, celle de résoudre ces
problèmes même si ils diffèrent au niveau de la façon dont ils peuvent les résoudre.
La majorité des problèmes étudiés par les économistes appartiennent à des classes de problèmes soulevés par
les questions suivantes :
- Quels sont les biens économiques à produire et en quelles quantités?
- De quelle manière seront-ils pro- duits?
- Comment les répartir entre les membres de la société?
- N’y a-t-il pas de gaspillage de ressources?
- Le pouvoir d’achat reste-t-il stable à travers le temps?
- La capacité de production augmente-t-elle à travers le temps?

a- Quels sont les biens économiques à produire et en quelles quantités?


Cette question soulève le problème de l’affectation des ressources rares entre plusieurs emplois alternatifs. Le
pays doit donc disposer de mécanismes de prise de décision permettant cette affectation et, par-là, le choix des
biens et services à produire.
Comment doit s’opérer le choix entre les différents points de la frontière des possibilités de production ?
Dans les économies de marché où règne une libre concurrence, la majorité des décisions économiques relatives
à l’affectation des ressources sont prises par l’intermédiaire du système des prix. C’est le jeu de l’offre et de la
8

demande qui conduira au choix des biens et la taille de la production.


Dans d’autres systèmes économiques, qualifiés plutôt d’interventionnistes, sont les autorités centrales
(principalement le gouvernement) qui prennent l’essentiel des décisions économiques.
Les économistes s’intéressent non seulement à la manière dont ces décisions sont prises dans divers régimes
économiques, mais encore aux conséquences de l’intervention de l’Etat tendant à modifier les résultats
auxquels on serait arrivées sans cela.

b- De quelle manière seront produits les biens économiques?


Pour produire un bien économique, plusieurs méthodes sont techniquement possibles. En effet, une même
quantité d’un certain bien peut être pro- duite en jouant sur les niveaux respectifs des ressources ou facteurs de
production y participant. Par exemple, pour produire du blé on doit avoir besoin de la terre, des engrais, du
travail et des machines. Plusieurs combinaisons de ces facteurs sont possibles pour aboutir à la même quantité
produite du blé. En voici deux à titre d’exemple :
Combinaison n°1 : en utilisant moins de terre mais plus d’engrais et de travail.
Combinaison n°2 : en utilisant plus de surface cultivable et moins d’engrais.

La première technique utilise peu de surface cultivable mais elle est très gourmande en d’autres ressources. La
deuxième technique de production présente les caractéristiques inverses de la première.
Même chose pour un bien manufacturé, tel que les chaussures, les vêtements, etc., un ensemble de techniques
de production sont disponibles et peu- vent être utilisées alternativement : on pourra, par exemple produire des
chaussures avec une tech- nique intensive en travail, c’est-à-dire qui fait appel à davantage du facteur travail
(mains-d’œuvre) par rapport à d’autres facteurs de production. On pourra aussi utiliser une technique moins
intensive en travail mais qui sera relativement intensive en capital, c’est-à-dire une technique qui utiliserait plus
de machines que de mains d’œuvre, etc.

Quelle technique utiliser alors ?


Un critère important permet de trancher entre ces différentes méthodes ou techniques de production possibles
est celui de l’inefficacité de la technique. Une technique qui sera jugée inefficace doit être éliminée laissant place
aux autres choix possibles.
On dit que la méthode de production utilisée est inefficace s’il est possible, en opérant une réaffectation des
ressources ou un changement de technique, de produire une quantité plus grande d’au moins un bien sans faire
diminuer le niveau de production d’un quelconque autre bien.
Toute technique de production utilisant la totalité des ressources disponibles au sein d’une société, mais qui le
fait de façon inefficace, conduit à des niveaux de production situés à l’intérieur de la frontière des possibilités
de production. Pour qu’elle soit efficace, une technique de production qui épuise l’intégralité des ressources, doit
aboutir à des niveaux de production situés sur la frontière des possibilités elle-même donnant, par-là, le
maximum de production.
Il est donc évident que les décideurs économiques auront intérêt à utiliser des techniques de production
efficaces de préférence à des techniques inefficaces.

c- Comment répartir les biens économiques entre les membres de la société?


Il s’agit de la répartition du revenu national entre les différents groupes comme les propriétaires fonciers, les
capitalistes et les travailleurs. En plus de cette répartition, les économistes se préoccupent également de
connaitre les effets de certaines mesures agissant sur la répartition de la richesse nationale telles que les
différentes taxes et impôts, les lois sur les salaires ou les prix, etc.

d- N’y a-t-il pas de gaspillage des ressources?


Il est certain que si les ressources ne sont pas suffisantes dans une économie pour produire tous les biens
indispensables à la vie du pays, alors il sera impensable de parler de gaspillage ou de l’existence de ressources
inemployées. Pourtant, il s’agit là d’une des mauvaises caractéristiques des économies de marché dans lesquelles
un tel gaspillage de ressources peut se produire.

Le sous-emploi des ressources qui se traduit par un chômage intense est considéré comme un emploi inefficace
des facteurs de production dont dispose le pays. Ce phénomène conduit inéluctablement à une production
faible située à l’intérieure de la frontière des possibilités de production. L’existence donc de ressources
inemployées va délimiter une nouvelle frontière des possibilités.
9

Effet du sous-emploi des ressources sur la frontière des possibilités de production

Frontière des possibilités


de production avec le plein
emploi
Quantité d’armements

Frontière des possi-


bilités de production
avec le sous-emploi

Quantité de biens de consommation

e- Le pouvoir d’achat reste-t-il stable à travers le temps?


Tout au long de l’histoire, les économies ont con- nu des modifications plus ou moins rapides, par- fois
prolongées, des niveaux des prix. Le fléau de l’inflation est récurrent et le pouvoir d’achat s’en trouve affecté à
chaque fois. L’inflation est étroitement liée à la masse monétaire en circulation dans l’économie. Plus la quantité
de monnaie créée au sein d’une économie est grande plus on aura de forte chance de confronter la hausse des
prix. La monnaie est une invention humaine et, par conséquent, sa production peut être contrôlée par les
décideurs. Les économistes doivent alors s’interroger sur le niveau idéal de la masse monétaire qui serait en
parfaite adéquation avec les besoins du pays : juste le nécessaire, ni moins n’est plus, car dans les deux cas cela
handicap le développement économique du pays.

f- La capacité de production augmente-t-elle à travers le temps?

La capacité productive de l’économie croît rapidement dans certains pays, lentement ou reste stable dans
d’autres. Cela a pour conséquence d’accroitre des différences de niveau de vie entre les pays à l’échelle
mondiale.
Si l’économie accroît sa capacité de production, des combinaisons productives inaccessibles auparavant
deviendront accessibles par la suite. Il est donc très évident que dans une économie où la production est
insuffisante pour satisfaire tous les besoins, la croissance de la production sera un facteur important, car elle
permettre de disposer désormais d’une quantité plus grande de biens.
La croissance de la capacité productive peut être représentée sur le diagramme des possibilités de production
par le déplacement vers la droite de la frontière des possibilités.

Effet de la croissance économique sur la frontière des possibilités de production


Quantité d’armements

Nouvelle frontière

Quantité de biens de consommation


10

Une 3ièmedéfinition, plus raffinée, de la science économique :

« La science économique, définie de manière extensive, s’intéresse à la fois à la manière dont une société utilise
ses ressources, et à la manière dont elle répartit la production entre les individus et les groupes dans la société.
Elle s’intéresse à ces problèmes à un moment donné du temps, ainsi qu’aux modifications qui se produisent
dans le temps. Elle s’attache à comprendre les raisons de l’efficacité et de l’inefficacité des systèmes
économiques. Elle s’intéresse d’une manière générale au comportement économique des individus et des
institutions et aux conséquences de ces comportements ».

I.4- Analyse et politiques économiques

Tous les Etats mettent en œuvre des politiques économiques. Certains Etats adoptent une poli- tique libérale de
« laissez faire, laissez passer », d’autres préfèrent appliquer une politique de con- trôle et d’intervention au niveau
des différents aspects de l’économie. Dans une économie de libre concurrence, les décisions sont laissées au
marché. La décision même de ne pas intervenir et de laisser les lois naturelles agir, est une décision politique.
Décider si on doit laisser faire le marché ou si on doit le remplacer par des interventions gouvernementales, est
une décision politique au même titre que la décision consistant à taxer les carburants, par exemple, relevant de
la politique fiscale. Cette dernière est l’une des voies par les- quelles l’Etat agit sur l’économie du pays.
Toute action de politique économique présente deux aspects : elle porte à la fois sur les fins que le décideur
cherche à atteindre et sur les moyens à l’aide desquels les objectifs fixés seront atteints.

Le gouvernement poursuit plusieurs objectifs poli- tiques de manière simultanée : la justice sociale, la sécurité
nationale, le progrès et la stabilité économique, etc. Pour atteindre l’objectif de justice, le gouvernement peut
décider, par exemple, une amélioration de la situation économique des couches défavorisées de la population.
Par ailleurs, pour atteindre l’autre objectif, celui de la stabilité économique, il doit maitriser les fléaux du
chômage et d’inflation.
Une fois la décision visant un objectif particulier est prise, elle doit ensuite être traduite en actes politiques
concrets et adéquats. L’élaboration de politiques économiques adaptées doit se baser nécessairement sur la
connaissance approfondie des interdépendances entre objectifs à atteindre d’une part et de leurs liaisons avec
les moyens disponibles d’autre part.
L’analyse économique, quant à elle, est sensée apporter des réponses à quatre principales questions et aidant,
par-là, le décideur à prévoir les conséquences de chacune de ces décisions :

i- Quels sont les objectifs à pour- suivre ?


ii- Les moyens pour les atteindre sont-ils suffisants?
iii- Ces moyens ont-ils des effets« secondaires » contraires aux objectifs ?
iv- Parmi les moyens disponibles, n’existe-t-il pas de meilleurs ?

La science économique ne permet pas un choix« scientifique » entre plusieurs objectifs alternatifs. L’analyse
économique peut aider à déterminer si une mesure particulière va dans le sens du but choisi et à quel prix. Elle
ne nous désigne pas, parmi un ensemble d’objectifs concurrents, celui qui devrait être adopté.
Il y a assez souvent des désaccords entre poli- tiques économiques parce que la plupart de celles qui
rapprochent de certains buts éloignent d’autres buts. Cela entraine des conflits entre les politiques et il est
nécessaire de savoir combien la société est prête à sacrifier d’un objectif (la justice sociale, par exemple) pour
obtenir plus d’un autre objectif (le progrès économique, par exemple).
11

II- L’économie plutôt une science sociale


La science économique s’intéresse à l’étude des comportements de l’homme. Est-il possible de mener une
étude scientifique respectant les critères de scientificité dans ce domaine ? Quelle est la signification exacte du
caractère scientifique en science économique ?

II.1- Qu’est-ce qu’une approche scientifique ?


D’une manière générale, une approche scientifique consiste à interpréter la réalité. Face à un problème, le
scientifique demandera quelles sont les preuves pour et contre. En fonction du poids des preuves dont il dispose,
le scientifique va prononcer avec plus ou moins de conviction sa position sur le sujet. Il lui serait impossible de
se prononcer face à un manque de preuves convaincantes. Il tentera ensuite de rechercher des preuves en
reformulant la question de façon à pouvoir y ré- pondre ultérieurement.
Cette approche du problème est ce qui distingue la recherche scientifique d’autres recherches. Après avoir
reformulé la question, le scientifique sera capable de faire des observations qui confirmeront ou infirmeront
l’hypothèse de départ. Les sciences expérimentales comme la chimie, par exemple, ont l’avantage de produire des
preuves pertinentes à partir d’expériences menées au sein de laboratoires. D’autres sciences comme la science
économique ou l’astronomie ne peuvent procéder à de tels tests en laboratoire. Elles doivent attendre que se
développent des observations à travers le temps et qui constitueront les preuves à la vérification des théories
formulées.
La manière dont la recherche scientifique procède diffère suivant les domaines de recherche et selon que
l’expérimentation en laboratoire est possible ou non.
Il est clair qu’à partir du moment où son sujet d’étude est l’être humain, ne se prêtant pas à l’expérimentation
du laboratoire, la science économique relève des sciences sociales comme la sociologie ou la psychologie. Si les
sciences naturelles traitent des matières inanimées se comportant généralement de manière stable face aux stimuli
et généralement soumises à des lois naturelles, la science économique étudie plutôt une matière animée et dont
les réactions ne sont pas toujours prévisibles.

II.2- Economie positive et économie normative


Il importe de distinguer deux approches de la science économique. La première est dite positive et la seconde a
reçu le nom de normative.

L’approche positive concerne les explications objectives ou scientifiques du fonctionnement de l’économie. Elle a
pour objet d’expliquer comment la société prend des décisions qui ont trait à la consommation, la production
et l’échange des biens et services.
Cela a deux finalités : d’abord, satisfaire la curiosité de l’homme en expliquant pourquoi l’économie fonctionne
comme elle le fait ; ensuite, offrir une base pour prévoir comment cette dernière réagira aux changements de
situation.
L’approche normative de l’économie donne des prescriptions et des recommandations basées sur des
jugements de valeur personnels et par conséquent il s’agit d’une approche subjective et moins scientifique que
l’approche positive.
Dans l’économie positive, on pense agir en tant que des scientifiques comme ce qui se fait en sciences
naturelles telles que la physique, la géologie, etc. Quelles que soient les orientations poli- tiques du chercheur
ainsi que ses idées sur l’avenir ou son jugement sur ce qui est « bien » et ce qui est « mal », il faut qu’il soit
neutre en s’intéressant seulement à comprendre la façon dont le monde fonctionne dans réalité. A ce stade, le
chercheur est concerné par des propositions de la forme suivante : si cela change, ceci se produira ensuite.

Exemple illustratif :Proposition


L’Etat décide une augmentation de l’impôt relatif à un bien.
Approche positive
Cette augmentation produira une hausse du prix du bien concerné.
Approche normative
Est-ce que cette décision est souhaitable ?
L’économie normative est fondée sur des jugements de valeur subjectifs et non sur la recherche d’une vérité
absolue.

Autre exemple illustratif : Proposition


« Les personnes âgées ont des dépenses médicales très élevées par rapport au reste de la population, et l’Etat
12

devrait subventionner ces dépenses».


La première partie de la proposition - les per- sonnes âgées ont des dépenses médicales très élevées –relève de
l’économie positive. Cette partie de la proposition est relative à la façon dont la société fonctionne, et on peut
imaginer un pro- gramme de recherche susceptible de montrer si elle est ou non correcte. Cette affirmation
semble être correcte et peut être confirmée par l’examen des statistiques relatives aux dépenses médicales des
différentes catégories d’âge.

La validité de la deuxième partie de cette proposition, c’est-à-dire la recommandation relative à ce que l’Etat
devrait faire, ne peut jamais être démontrée, quelle que soit la méthode de recherche adoptée. Il s’agit là d’un
jugement de valeur, fondé sur les sentiments de la personne qui formule la proposition. Il se peut que plusieurs
personnes partagent cette opinion subjective, mais d’autres pourraient raisonnablement ne pas être d’accord.
On pourrait estimer qu’il serait prioritaire ou plus important que les ressources rares de la société soient
consacrées plutôt à l’amélioration de l’environnement au lieu d’une telle subvention médicamenteuse.
Il est impossible de trouver une façon d’utiliser la science économique qui démontrerait que l’une de ces deux
opinions normatives est correcte ou erronée. Tout dépend des priorités et des préférences des individus et de la
société qui doivent prendre la décision. Mais cela ne veut pas dire que la science économique devrait
s’empêcher d’aborder des questions normatives.
On peut recourir à l’économie positive pour ex- poser les conséquences détaillées de l’un ou l’autre choix. On
pourrait, par exemple, montrer que l’absence de subventionnement des dépenses médicales des personnes
âgées conduit les moins de soixante ans à multiplier inutilement les bilans de santé, dans le but de détecter des
maladies avant que leur traitement ne devienne dispendieux. La société pourrait alors s’en trouvée contrainte à
consacrer davantage de ressources aux installations nécessaires pour faire ces bilans, ce qui laisserait moins de
ressources disponibles qu’on ne le supposait pour l’amélioration de l’environnement.
L’économie positive peut donc servir à clarifier les options possibles parmi lesquelles la société devra
finalement opter pour un choix.

II.3- Microéconomie et macroéconomie

On peut classer l’économie en différentes branches selon deux critères principaux:


- Classement d’après le domaine ou le compartiment de la vie économique au- quel on s’intéresse.
Ainsi, lorsque l’on s’intéresse au marché du travail et aux problèmes vécus par les travailleurs et les firmes on a
à faire à une branche de l’économie qui est «l’économie du travail ». Si l’on traite les problèmes de la répartition
ou de l’utilisation des sols et l’aménagement des villes, on a à faire à « l’économie urbaine ». Donc en fonction
du domaine concerné, on parlera de « l’économie de l’énergie », de « l’économie de la santé », de « l’économie
de l’environnement »,etc.

- Classement d’après la démarche ou la méthode utilisée. Dans ce cas, on distingue deux principales branches
de l’économie : Microéconomie et Macroéconomie.

La microéconomie traite dans le détail des activités particulières de l’économie telles que les décisions
individuelles portant sur un consommateur, un producteur, un marché et un bien ou service particulier sans se
préoccuper des éventuelles inter- relations qui pourraient exister entre ces différentes entités.
La macroéconomie, quant à elle, insiste essentiellement sur toutes ces interactions dans l’ensemble du système
économique. Elle traite des variables économiques globales que l’on appel des agrégats macroéconomiques.
Ainsi, cette branche étudie, par exemple, le produit intérieur brut, le niveau général des prix, le taux de
chômage, etc.

III- Méthodes de la science économique

Les économistes adoptent une démarche à trois étapes, d'abord l'observation des phénomènes et des
comportements, ensuite l'explication et, enfin la prévision.
L'observation : Elle consiste à collecter des informations relatives à la question étudiée sur une période
suffisamment longue. L'économiste élabore des statistiques qui peuvent se présenter sous diverses formes :
chiffres absolus, moyennes, pourcentages ou taux, indices, etc. Ces statistiques sont utiles pour mesurer
l'évolution d'une variable économique et pouvoir effectuer des comparaisons géographiques ou sectorielles.
Mais aussi à mesurer l'intensité des liens entre ces variables et vérifier les hypothèses émises.
L'explication : Elle est essentiellement de deux types. Une de type microéconomique et l'autre de type
13

macroéconomique (voir point II.3).


La prévision : Même si les comportements humains ne sont pas parfaitement prévisibles, il est possible de
prévoir les réactions des individus face à des décisions économiques. Il est très probable, par exemple, qu'une
augmentation des impôts sur le revenu aura un impact négatif sur la consommation des ménages à cause de la
détérioration du pouvoir d'achat. La prévision a pour objet, d'une part de fournir une image du futur et de
détecter par avance les problèmes qui risquent de se poser et, d'autre part, d'estimer l'impact des mesures prises
ou envisagées par les pouvoirs publics.

Par leur nature, les problèmes économiques relèvent de plusieurs disciplines.


La Sociologie et la Psychologie montrent que les motivations et comportements économiques des individus sont
déterminés par les normes et va- leurs dominantes des sociétés dans lesquelles ils vivent. Ceci permet de
relativiser les théories économiques en fonction des époques et des aires géographiques.

La Science politique montre que les décisions économiques prises par les pouvoirs publics sont largement
influencées par les doctrines et les convictions idéologiques des divers partis politiques du pays.

Le Droit contient des dispositions qui définissent le cadre général de l'activité économique (droit du travail, droit
commercial, droit fiscal, droit des contrats et des affaires, etc.) et les règles de con- duite des acteurs
économiques.

Sur le plan de la méthode, on l'a vu précédemment, l'économie politique fait largement appel à deux disciplines
que sont les Mathématiques et la Statistique :
Les Mathématiques permettent aux économistes la formalisation de relations entre variables économiques et les
calculs d'optimisation.

La Statistique permet de tester l'intensité de ces relations sur le plan théorique et d'évaluer la probabilité
d'aboutir aux résultats escomptés.
14

Chapitre 2 : Courants de la pensée économique


On peut considérer que la pensée économique date du XVIe siècle, avec les mercantilistes, ou même la faire
remonter au XIVe siècle avec Ibn Khaldoun pour lequel la réflexion économique ne pouvait se détacher de la
réflexion philosophique.
C’est surtout à partir du XVIIIe siècle que va se développer une véritable pensée économique. L'économie est
revendiquée en tant que science nouvelle par l'école physiocratique, qui, en France, regroupe les premiers
libéraux. Les classiques la désignent par « économie politique » et le terme de science économique, aujourd'hui
communément employé pour qualifier cette discipline, apparaît à la fin du XIXe siècle, sous la plume des
économistes marginalistes.
Les premiers économistes n’étaient pas libéraux. Ceux qu'on désigne par le terme «mercantilistes » prônent
l'intervention de l'État et l'activisme monétaire. C'est en réaction et comme alternative au mercantilisme que la
pensée libérale naît au XVIIIe siècle sous la plume des Physiocrates. Ces derniers vont être suivis par les
Classiques et vont fonder littéralement la science économique. Critiquée par Marx, la pensée classique va avoir
des prolongements à travers la thèse néoclassique et l’approche keynésienne lesquelles vont constituer les bases
de la science économique contemporaine.

I- Le Mercantilisme

Courant dominant en Europe du milieu du XVIème au XVIIIème siècle. Il ne représente pas une véritable
école de pensée mais plutôt un en- semble de pratiques économiques et politiques partagées par un certain
nombre d’auteurs comme Jean Bodin, Antoine de Montchrétien, Sébastien Vauban ou Jean-Baptiste Colbert
(1619-1683) en France, William Potter, John Locke, Dudley North ou Thomas Gresham (1519-1578) en
Angleterre. Les mercantilistes vont se retrouver au tour d’une conviction commune, celle relative à leur
croyance dans l’accumulation des métaux précieux -or et argent- comme facteur de la puissance et de la
richesse de la nation.

La pensée mercantiliste n’est pas homogène mal- gré ses caractères communs. On distingue plu- sieurs formes
de mercantilismes suivant les pays. Ainsi, en Angleterre c’est le mercantilisme commercial ; en France c’est le
mercantilisme industrialiste et en Espagne le mercantilisme bullioniste dit aussi métalliste.
Pour accroître la richesse en métaux précieux, le seul moyen est de favoriser l’industrie et le commerce
international tout en cherchant à avoir une balance commerciale excédentaire. Ainsi un en- semble de règles
plus ou moins contraignantes sur les produits, sont instaurées pour limiter les importations et favoriser les
exportations. Il s’agit donc de mesures commerciales protectionnistes que l’on voit apparaitre avec le
mercantilisme.

De même qu’ils sont pour l’accumulation de métaux précieux, les Mercantilistes sont populationnistes, c’est-à-
dire favorables au développement de leur population. En effet, la taille de la population inspire la force ou la
puissance militaire de la nation. Si le mercantilisme prône le commerce comme facteur de richesse, il est aussi
très favorable à l’intervention de l’Etat au sein de l’économie est ceci à plusieurs niveau : fiscalité, contrôle des
prix, protection douanière, etc. Les premiers penseurs de cette doctrine étaient, avant tout, préoccupés de
proposer des mesures concrètes de politique économique destinées à renforcer le pouvoir de l’Etat.
Ils n’avaient pas encore une vue synthétique du fonctionnement de l’économie. Ils ignoraient que
l’accumulation d’or et d’argent en tant que moyen de paiement sans contrepartie suffisante en termes de
production allait provoquer un phénomène inflationniste handicapant fortement l’activité économique.
Malgré ses faiblesses théoriques, le mercantilisme a, néanmoins, joué un rôle important en matière de la genèse
de la pensée économique. En effet, certains auteurs mercantilistes tels que William Petty (1623-1687) ou
Richard Cantillon étaient parmi les premiers adeptes du principe de« L’ordre naturel » sur la base duquel la
pensée économique physiocratique allait se développer.

II- La Physiocratie et l’émergence du libéralisme.

La Physiocratie désigne le pouvoir de la nature. C’est une doctrine économique du XVIIIème siècle, fondée sur
la conception de « l’ordre naturel » de la société selon laquelle seule la terre peut créer des richesses. Ni le
commerce ni l’industrie ne peuvent remplir ce rôle, ils ne font, d’ailleurs, que transformer la production créée
15

par le travail direct de la terre. C’est une attaque de la doctrine dirigiste des mercantilistes. Elle constitue, par
ailleurs, l’une des prémices de la pensée économique libérale.

II.1- Véritable école de pensée économique


Contrairement au mercantilisme, la physiocratie est une véritable école de pensée, fortement structurée. Elle est
délimitée dans le temps (1750- 1770) et dans l’espace (France). C’est François Quesnay (1694-1774), chef de file
du courant physiocratique, qui a posé les bases de l’approche libérale en s’opposant au Mercantilisme.

L’approche de cette école est tout à fait nouvelle. Pour la première fois, on va représenter l’économie sous
forme d’un modèle et en l’abordant en termes de circuit. Quesnay en tant que médecin va comparer le circuit
économique au corps humain. Il est souvent connu pour le Tableau économique (1758) qui est considéré
comme le point de départ de la Comptabilité Nationale née après la Deuxième Guerre mondiale.

Les physiocrates sont connus pour leur célèbre formule : « Laisser faire, laisser passer » de Vincent Gournay
(1712-1759) qui résume bien l’idée du libre-échange et de la libre initiative. Cela marque l’opposition à
l’interventionnisme étatique et donc le clivage de la physiocratie avec le mercantilisme.

Parmi les grands principes de cette école, il faut noter que la physiocratie :
- Est contre toute forme d’intervention de l’Etat.
- Rejette le protectionnisme et le Mercantilisme.
- Considère l’initiative privée comme le moteur du libéralisme.
- Favorise l’activité agricole par l’encouragement des agriculteurs.

II.2- Agriculture comme seule source de richesse

La question est la même que celle posée par les mercantilistes. Comment augmenter la richesse de la Nation ?
Ce n’est pas l’accumulation de métaux précieux grâce au commerce qui va augmenter la richesse comme le
préconisent les mercantilistes, mais la source de richesse exclusive chez les physiocrates est plutôt la terre. Seule
la terre crée de la valeur. Il faut exploiter la terre parce que l’agriculture multiplie la valeur alors que l’industrie
et le commerce ne font que transformer la matière. Et par conséquent, il ne faudrait pas entraver cette activité
et elle doit s’exercer en toute liberté. Cela implique que l’agriculture :
-ne doit pas être gênée par les différents impôts.
-puisse librement fixer les prix des produits.
-puisse être libre d’écouler ses produits.

Ainsi, parmi les trois grandes classes sociales repérées par les physiocrates (agriculteurs, propriétaires terriens,
commerçants et artisans,…) seule la classe constituée par les cultivateurs est considérée comme productive de
nouvelles richesses. Toutes autres activités non liées à la terre est donc stériles.

Dans son Tableau économique, Quesnay décrit le fonctionnement économique de la France au mi- lieu du
XVIIIème siècle. Il compare la circulation du revenu net à travers les groupes sociaux à celle du sang dans le
corps humain. Dans les deux cas, le circuit est fermé et l’agriculture constitue le cœur de celui-ci.

Au niveau analytique, la thèse physiocratique pré- sente trois caractéristiques qui contribuèrent à son déclin
accéléré : en premier lieu, elle postulait que seule l'agriculture était productive, à l'exclusion de l'industrie, avec
pour corollaire l'idée que seule la rente, et non le profit, était un revenu net ; en second lieu, elle ne
développait aucune théorie de la valeur et des prix à l'appui de ces idées ; enfin, elle n'offrait pas d'analyse
monétaire.
La pensée libérale des physiocrates va constituer, en dépit de ses limites, le point de départ de la pensée
économique classique.

III- Le courant classique et la critique marxiste.

Les économistes Classiques sont avant tout libéraux. Le libéralisme économique est une doctrine qui affirme le
caractère fondamental de la liberté individuelle dans le domaine économique et poli- tique, et qui s’oppose à
toute forme d’intervention de l’Etat. Adam Smith (1723-1790), philosophe et économiste anglais, auteur de
16

l’ouvrage « Recherches sur la nature et les causes de la Richesse des Nations (1776) » est considéré comme le « père » de
l’économie politique. Avec son ouvrage, il a marqué le début de l’école classique qui va dominer la pensée
économique durant tout un siècle, du XVIIIème jusqu’au début du XIXème. Pour Smith, la richesse se
compose des marchandises tant industrielles qu'agricoles, qui sont produites par le travail. Le travail étant la
source de la va- leur, il constitue l'unité de mesure dans les échanges : l'échange des marchandises est réglé par
la proportion des quantités de travail que leur production nécessite.

III.1- Les principes de base.

Une place très importante est accordé par les économistes classiques au libre exercice de l’activité économique
en s’opposant à toute sorte d’obstacle qui pourraient déranger les producteurs ou les consommateurs d’agir en
toute liberté et autonomie. De même, en matière du commerce international, les classiques sont de fervents
défendeurs de la libéralisation des échanges et de la levée des restrictions tarifaires et quantitatives instaurées à
l’encontre des produits étrangers.

a- Libertés individuels.
Il y a une continuation de la pensée classique avec celle des physiocrates en ce qui concerne la liber- té des
individus à agir par leur propre initiative sans faire face à quelconque obstacle qui serait imposé par une autorité
supérieure. Les individus doivent bénéficier d’une totale autonomie dans l’organisation de leur propre
existence. On retrouve ici la fameuse formule du « Laisser faire, laisser passer » défendant la libre entreprise : liber-
té des choix, liberté d’exercer les activités de production et d’échange, propriété privée des moyens de
production. Autrement, il s’agit de laisser fonctionner librement le marché. La satis- faction de chaque individu
par son intérêt personnel va aboutir à l’intérêt général de la manière spontanée comme si une « main invisible »
est là pour assurer cet intérêt de tous.

b- Primauté du marché
Le marché, par le jeu de la concurrence entre les différents intervenants, va faire parfaitement fonctionner cette
recherche de l’intérêt général. Le cadre idéal pour cela est celui fourni par un marché dit de concurrence pure et
parfaite dont les caractéristiques sont les suivantes :
- Atomicité des intervenants (grand nombre d’offreurs et de demandeurs).
- Transparence de l’information.
- Mobilité des facteurs de production.
- Homogénéité des produits.
- Fluidité (libre entrée et sortie du marché). L’idée derrière le marché ou la main invisible de l’école classique
est l’autorégulation économique. En effet, si on laisse fonctionner librement des millions de décisions
autonomes, on atteindra in fini la meilleure situation possible à condition que l’Etat n’intervienne pas. C’est
donc le marché qui serait le seul élément régulateur de l’activité économique.

c- Non à l’interventionnisme.
Smith considère qu’il serait insensé pour une autorité publique de prétendre décider à la place des individus de
l’emploi des ressources productives. Par conséquent, le rôle de l’Etat doit être réduit au rôle de « gendarme » du
maintien de l’ordre public, c’est-à-dire que celui-ci doit s’occuper uniquement des fonctions régaliennes :
justice, sécurité, défense du pays, etc. il semble que le secteur privé ou le marché aurait du mal à assurer
efficacement ce type de fonctions. Peut- on, par exemple confier la gestion de l’armée à une société privée
plutôt qu’à l’autorité étatique ? Cette société assurera-t-elle efficacement la défense du pays ?

d- Non au protectionnisme.
Sur un plan international, Smith préconise le libre- échange, mais de plus, chaque pays doit se spécialiser dans la
fabrication des produits pour lesquels il a des conditions meilleures que les autres pays, c’est-à-dire chaque fois
qu’il a un avantage absolu sur tous les autres pays.
Chaque individu doit être libre de fonder une entreprise et vendre des produits, de pouvoir travailler en
échange d’un salaire déterminé selon la loi de l’offre et de la demande et être libre d’exprimer ses goûts et
préférences.
Cette politique commerciale libérale répondant aux principes du marché va aboutir à la satisfaction de chacun
des partenaires à l’échange par la possibilité d’obtenir des prix plus bas que ceux en vigueur en cas d’une
politique protectionniste.
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e- Trois classes sociales


Pour développer une théorie de la répartition des revenus, les économistes classiques distinguent trois
principales classes sociales, chacune selon sa fonction économique :
- La classe des propriétaires fonciers qui sont en possession des terres;
- La classe des entrepreneurs capitalistes qui fournissent le facteur « capital »;
- La classe des travailleurs qui fournissent le facteur « travail».
A cette division sociale correspond une répartition des revenus. Ainsi, la 1ère classe perçoit une rente foncière, la
deuxième perçoit un profit et la dernière classe perçoit un salaire en contrepartie du facteur de production
concerné. Cette répartition des revenus va donner naissance chez les classiques à plusieurs théories : théorie de
la rente, théorie du profit, théorie du salaire, etc.
18

III.2- Des lois économiques.


Les économistes classiques vont développer certaines règles ou lois de fonctionnement universelles auxquelles
semble obéir l’évolution à long terme du système économique. Parmi les « lois économiques » développées par
ces économistes classiques, on retient principalement les suivantes : la loi des avantages comparatifs, la loi des
débouchés, la loi naturelle de l’évolution de la population, la loi des rendements décroissants.

a- Loi des avantages comparatifs


David Ricardo (1772-1823), connu pour son ouvrage « Principes de l’économie politique et de l’impôt » fonde la
théorie des avantages compara- tifs ou «avantages relatifs ». Il reprend la théorie des avantages absolus de Smith
et propose un dépassement de celle-ci. Pour lui, les Nations doivent se spécialiser dans la production des
produits pour lesquels le coût de fabrication est le plus faible. En effet, la théorie de Smith excluait de l’échange
international les pays qui ne présentaient aucun avantage absolu. Ricardo va même plus loin en préconisant une
division du travail fondée sur l’avantage relatif.

b- Loi des débouchés


Jean-Baptiste Say (1767-1832) dont le principal ouvrage est le « Traité d’économie politique » se présente lui-même
comme un disciple d’Adam Smith. Pour Say il ne peut y avoir que des crises de courte durée si on laisse
fonctionner les marchés librement. Le déséquilibre économique va disparaitre par autorégulation. C’est la
production qui ouvre des débouchés aux produits. Chaque produit crée son propre débouché. Autrement dit,
c’est l’offre qui crée sa propre demande : il s’agit de la « loi des débouchés » connue aussi sous l’appellation de
la « loi de Say ». La valeur des biens et services produits se transforme en un revenu qui sera intégralement
dépensé pour l’achat d’autres biens et services. Cela signifie que l’on ne produit que pour avoir d’autres
produits. La monnaie n’est qu’un simple moyen d’échange de ces produits. Elle est, par conséquent, neutre
pour le système économique. On pale parfois de monnaie « voile».

c- Loi naturelle de la population


Thomas Malthus (1766-1834) publie en 1798 son ouvrage « Essais sur le principe de population » dans lequel il
développe une théorie qui expose le mécanisme selon lequel la population augmente plus vite que les
subsistances. Suivant cette « loi de Malthus », la population augmente selon une progression géométrique alors
que les denrées alimentaires augmentent selon une progression arithmétique. Ceci aboutira à une crise
démographique. Cette situation va affecter l’évolution à long terme du système capitaliste lequel connaitra des
problèmes pour nourrir les populations et, en conséquence, une pénurie de main-d’œuvre qui risque de bloquer
son développement.
Malthus développe une vision fondamentalement pessimiste. Il proposait des moyens naturels de limiter la
croissance démographique tels que le fait de réduire les naissances et de retarder les mariages.

d- Loi des rendements décroissants


Cette loi signifie que l’expansion des cultures ne peut se faire que sur des terres de moins en moins fertiles, le
rendement aura donc tendance à diminuer. Ainsi, même si par la suite on augmente les quantités de facteurs de
production, la production augmentera moins rapidement. Si, par exemple, on double les quantités utilisées du
travail et du capital, la production fera moins que doubler. Les rendements seront dit alors décroissants.

III.3- Critique marxiste


L’analyse de Karl Marx (1818-1883) est avant tout une critique de la pensée économique de son époque. En
adoptant une méthode dialectique et une conception matérialiste de l’histoire, Marx procède à une analyse
critique du système de production capitaliste et va rompre avec les fondements de la pensée classique au
niveau, au moins, de trois points :
- Il va réfuter, notamment, l’existence de ces lois économiques naturelles et universelles chères aux classiques.
Chaque société a ses propres particularités et spécificités et, par conséquent, il ne peut y avoir universalité des
règles et lois les régissant;
- Il considère le système capitaliste comme n’étant qu’une phase d’un processus historique général, alors que
pour les classiques c’est plutôt un aboutissement;
- Il donne une explication dialectique et matérialiste, donc non naturelle, de l’évolution des sociétés.

Marx reproche à l'économie politique classique d'être un discours bourgeois, sans aucune ré- flexion critique
19

sur le système capitaliste. Ainsi, le taux de profit est-il appréhendé comme une norme, non discutée, sur
laquelle est construite la théorie des prix. L'origine du profit n'est pas expliquée. Marx consacre sa vie à
l'élaboration d'une critique de l'économie politique. Il vise à mettre en évidence la nature du système capitaliste
(une société de classes), montrer son caractère historique, et mettre au jour ses contradictions.
Il adopte une approche des échanges différente de celle des classiques et centre son analyse sur la circulation
monétaire de telle sorte que, contrairement à Ricardo, il pose la question du profit indépendamment de la
question des valeurs relatives des marchandises. Cela le conduit au concept de plus-value qu'il explique par
l'existence d'un écart quantitatif entre la valeur d'usage de la force de travail (le temps durant lequel elle est
employée par le capitaliste) et la valeur d'échange de la force de travail (le temps de travail dépensé pour
produire les biens de consommation que l'ouvrier achète avec le salaire monétaire que lui verse le capitaliste).
Ainsi, Marx considère-t-il avoir découvert le secret du profit et de la dynamique du capitalisme : l'exploitation
du travailleur, qui possède la force de travail, par le capitaliste, qui achète cette force de travail.
S'inspirant du tableau économique de Quesnay, Marx établit des proportions d'équilibre macroéconomique
entre production, investissement et consommation et doute de la capacité du capitalisme à respecter ces
proportions. Il s'intéresse aux cycles et élabore une théorie de la baisse tendancielle du taux de profit liée à
l'accumulation (au progrès technique) et y voit une cause des chutes périodiques de l'investissement. Il avance
égale- ment, comme autre facteur explicatif des crises, la question monétaire et, notamment, la tendance à
l'autonomie du crédit et de la finance vis-à-vis des lois de l'échange et de l'activité productive.

IV- Le courant néoclassique et l’approche keynésienne.

La théorie néoclassique a pris naissance à partir de 1870, simultanément dans plusieurs pays et sous la plume de
trois auteurs différents et complètement libéraux. William Stanley Jevons (1835-1882) en Angleterre,
économiste anglais à qui l’on doit le principe du calcul marginal. Il a publié en 1871 « La théorie de l’économie
politique » ; Carl Menger (1840-1921) en Autriche. Il a publié en 1872 « Les fondements de l’économie » et Léon
Walras (1834- 1910) en France, économiste français connu pour son ouvrage « Eléments d’économie politique pure »
qui a introduit les calculs mathématiques en économie.
Contrairement aux économistes classiques intéressés par le devenir à long terme du système capitaliste, les
néoclassiques vont surtout s’attacher à expliquer les comportements des agents économiques en vue de
l’allocation optimale des ressources rares à usages alternatifs en adoptant la microéconomie comme base de leur
analyse économique.

IV.1- Principes du courant néoclassique


a- Raisonnement marginal
Les néoclassiques ont mis en évidence le principe du calcul marginal et de l’utilité marginale. Le raisonnement
marginal constitue la méthode fondamentale de l’analyse néoclassique. Par utilité marginale d’un bien il faut
entendre la satisfaction que procure l’utilisation de la dernière unité consommée de ce bien. La somme des
utilités marginales donne l’utilité totale.

Ces trois économistes néoclassiques sont considérés comme les « pères » de la Révolution marginaliste. C’est
avec eux qu’apparaît l’analyse microéconomique. Ils ne résonnent plus en termes de quantité globale mais
s’attachent au calcul économique des unités individuelles. C’est de l’individualisme méthodologique.

b- Rationalité économique
Elle suppose que l’individu poursuive des fins cohérentes entre elles, qu’il utilise des moyens cohérents entre
eux et adaptés aux fins poursuivies. La rationalité économique consiste en fait en deux hypothèses :
- L’individu est capable de classer les choix possibles par ordre de préférence. Il peut dire s’il préfère x à y ou
bien y à x, ou encore s’il est indifférent entre les deux choix.
- L’individu cherche le maximum de satisfaction.
L’individu rationnel ne cherche pas simplement à satisfaire ses besoins mais à les satisfaire le mieux possible. Le
comportement maximisateur est donc au cœur de l’hypothèse de la rationalité économique. Cela implique que
l’individu ne laisse pas passer une occasion d’améliorer sa situation et de bénéficier d’avantages supérieurs aux
coûts sup- portés pour les obtenir.

c- Valeur-utilité.
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La détermination de la valeur d’un bien chez les économistes classiques, on l’a vu, est basée sur la quantité de
travail ou de l’effort nécessaire à la production de ce bien. Plus le temps de travail nécessité est important plus
la valeur du bien sera grande est donc le prix du bien également important. Le travail constitue l’étalon de la
valeur.
Cette valeur sera donc une valeur objective et absolue. Par contre, chez les néoclassiques, la valeur d’un bien est
déterminée plutôt par son utilité pour celui qui le demande. Il s’agit donc d’une valeur subjective et psychologique
puisque elle peut être différente d’un individu à l’autre. C’est la va- leur-utilité.

d- Notion d’équilibre économique.


L’analyse néoclassique montre que les confrontations de l’offre et de la demande sur les différents marchés
conduisent à l’équilibre, c’est-à-dire à l’égalisation de l’offre et de la demande et à un prix d’équilibre.
On peut considérer cet équilibre en termes partiel ou en termes général. L’équilibre est partiel si on considère
chaque marché de manière séparée.

L’équilibre est général si on envisage tous les marchés simultanément.


L’approche en termes d’équilibre général prend en compte toutes les offres, toutes les demandes sur tous les
marchés (marchés des biens et services, marché du travail, marché des capitaux,…). Cette situation est
importante et plus rigoureuse car elle met l’accent sur les interdépendances qui peuvent exister entre ces
différents marchés. C’est une situation où tous les marchés sont simultanément en équilibre. Walras, Arrow et
Debreu ont dé- montré la complexité de cet équilibre grâce à la modélisation en équilibre général calculable qui
peut mettre en évidence l’existence d’un système général de prix qui fait coïncider l’offre et la de- mande sur
tous les marchés.
21

IV.2- Les écoles néoclassiques


Le courant néoclassique est le fruit de différentes écoles de pensée partageant la même méthode d’analyse basée
sur le raisonnement à la marge (révolution marginale) et une formalisation ma- thématique des comportements
économiques des agents.

a- Ecole de Lausanne.
Cette école regroupe tous les économistes qui sont dans la lignée de Leon Walras et de Wilfredo Pareto. Elle
met l’accent sur l’intérêt général et le concept d’optimum. On l’appelle aussi « école de l’équilibre général » ou «
école mathématique de Lausanne ». L’optimum de Pareto renvoi à une situation dans laquelle il n’est pas possible
d’améliorer la satisfaction d’un individu sans détériorer celle d’un autre.
Dans le prolongement de cette école, il y a ce que l’on appelle les théoriciens contemporains de l’équilibre
général, à savoir K. Arrow, G. Debreu et M. Allais.

b- Ecole autrichienne.
Elle est née à Vienne par l’impulsion de Karl Menger. Cette école a joué un très grand rôle dans l’approche
économique dit marginalisme. De ce fait, on appel cette école « école marginaliste de vienne ». Ces principaux
auteurs sont : Eugen Von Böhm-Bawerk (1851-1914); Ludwig Von Mises (1881-1973) ; Friedrich Von Wieser
(1851-1926).

c- Ecole deCambridge
Le grand maitre à penser de cette école est Alfred Marshall dont l’ouvrage sur « les principes de l’économie » a été
publié en 1890. Cette école propose plutôt une théorie de l’équilibre partiel qui va s’intéresser séparément aux
équilibres des agents économiques et aux équilibres des marchés.

IV.3- Approche Keynésienne


L’approche keynésienne est très différente des approches libérales (classique et néoclassique) ainsi que de
l’analyse marxiste qui lui précèdent.
John Maynard Keynes (1883-1946) a écrit son ouvrage « La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie »
dans lequel il explique son approche économique et ses divergences avec les courants libéraux. Favorable, à un
certain degré, à l’économie de marché mais il défend surtout une intervention de l’Etat dans l’économie. Il en a
d’ailleurs prouvé la nécessité lors de la crise de 1929. Son approche est macroéconomique à l’opposé de
l’approche microéconomique des Néoclassiques.
L’approche keynésienne a eu une grande influence sur la pensée économique contemporaine notamment par
son aspect pratique, telle que l’on parle de « révolution keynésienne ».
22

a- Analyse macroéconomique
L’accent est mis sur les grandeurs globales mais surtout sur les interdépendances entre ces grandeurs. L’analyse
porte sur des agrégats économiques tels que :
- Le produit intérieur brut.
- Le produit national brut.
- Le revenu national brut.
- L’offre globale.
- La demande globale.
- L’investissement global.
- L’épargne globale.
- Emploi.
- Chômage.
- Inflation.
- etc.

Toutes les variables économiques sont étudiées au niveau de l’économie nationale. Contrairement aux
économistes classiques qui accordaient une grande importance à l’offre, suivant la loi des dé- bouchés, Keynes
considère que c’est plutôt la demande qui constitue le moteur de l’activité économique. En effet, la demande
déterminera le niveau d’emploi, celui-ci aura des impacts qui vont se répercuter sur le niveau de production.
C’est la demande qui va fixer le niveau de l’offre et non l’inverse.

Cette approche constitue la base de la Comptabilité nationale. Le principe est de simplifier l’économie selon des
unités homogènes et de repérer les différentes interrelations entre elles.
23

Le circuit des agents économiques.

Au sein de l’analyse macroéconomique, Keynes donne une nouvelle conception de la fonction de la monnaie,
diamétralement opposée à celle des deux thèses classique et néoclassique. La monnaie est considérée comme
un instrument actif ayant ses fonctions propres et qui peut faire l’objet d’une offre et d’une demande comme tout
produit sur le marché et avoir un prix : le taux d’intérêt. La monnaie n’est donc plus un simple « voile » ou juste
un intermédiaire « neutre » d’échange de produits comme c’est le cas chez ses prédécesseurs.

b- Rôle actif de l’Etat


L’Etat joue un rôle actif dans l’activité économique. Il devient, dans la conception keynésienne, un agent
économique qui doit intervenir au sein de l’activité économique, surtout du côté de la demande. Cet
interventionnisme étatique à un caractère incitatif et non coercitif. Autrement dit, l’Etat doit intervenir non pas
en contraignant les autres agents (producteurs, consommateurs) mais en les encourageant à adopter telle ou
telle autre mesure économique.
Keynes préconise, en cas de déséquilibre économique, des politiques de relance par la demande pour atteindre
l’équilibre. Pour lui, cet équilibre, ne peut se retrouver de façon automatique grâce aux mécanismes du marché
comme le suggéraient les théories libérales.

VI-Le courant post-keynésien

L'école post-keynésienne a pour ambition de proposer des analyses qui soient keynésiennes non plus
seulement dans leurs résultats, mais aussi dans leurs prémisses. En cela, elle se différencie profondément des
approches « syncrétiques ». En suivant la présentation proposée par Marc Lavoie (1992), on peut résumer les
principaux éléments du cadre d'analyse proposé par l'école post- keynésienne.

Premièrement, les post-keynésiens refusent l'approche standard des choix économiques. Selon cette approche
standard, tout se passe toujours comme si les agents étaient dotés d'une rationalité substantielle leur permettant
de résoudre leurs problèmes grâce à des calculs d'optimisation sous contrainte. Pour les post-keynésiens, au
contraire, la rationalité est essentiellement limitée ou procédurale (Simon, 1976) : le comportement n'est pas
strictement déterminé par l'environnement, mais dépend aussi des limites de la connaissance. C'est pourquoi les
choix sont influencés par la nature des procédures de délibération utilisées. Et comme la connaissance est
24

toujours limitée, les choix ne peuvent être que satisfaisants ou raison- nables, mais jamais optimaux.

Deuxièmement, la conception post-keynésienne de la firme s'oppose à l'idée selon laquelle les facteurs capital et
travail pourraient, àcourt terme, se substituer l'un à l'autre. Pour les post- keynésiens, les techniques de
production sont la plupart du temps à coefficients fixes, c'est-à-dire qu'elles requièrent un rapport constant
entre la quantité de travail et la quantité de capital employé. Cela implique que la firme post-keynésienne ne
peut pas absorber les déséquilibres du marché du travail comme le pourrait la firme néo-classique : une offre de
travail excédentaire se traduisant par une baisse des salaires, les firmes ne sont pas automatiquement conduites
à remplacer les ma- chines par des hommes.

Troisièmement, alors que les théories néo- classiques considèrent la monnaie comme un bien particulier choisi
comme moyen d'échange et étalon de valeur à cause de ses propriétés physiques particulières, les post-
keynésiens en font un objet social. Selon eux, la monnaie est un symbole universellement accepté lorsque les
institutions chargées de l'émettre ont réussi à acquérir la con- fiance des acteurs économiques. C'est à cette
seule condition qu'un objet particulier peut devenir moyen de paiement. Il faut pour cela qu'il porte le sceau
d'une institution (en général, l'État) considérée comme impartiale dans sa manière de répartir le pouvoir d'achat
tiré de la création monétaire. Dès lors, il ne suffit pas, comme le pensent les monétaristes, d'organiser la rareté
de la monnaie : une quantité de monnaie insuffisante, en engendrant la déflation et les crises sociales qui vont
avec, peut-être tout aussi nuisible à la confiance dans la monnaie qu'un excès de création monétaire (Aglietta et
Orléan, 1999).

Dans cette optique, la quantité de monnaie ne saurait être considérée comme exogène, car elle résulte d'un
processus de création monétaire qui trouve sa source dans le financement bancaire des projets de production.
La monnaie post- keynésienne est une monnaie de crédit : sa quanti- té n'est pas limitée par les réserves de la
banque centrale mais s'accroît dès que les entrepreneurs décident d'augmenter le financement demandé aux
banques. En ce sens, la monnaie n'a pas pour fonction première de faciliter les échanges ; son rôle principal est
de rendre possibles la production et la croissance. En effet, c'est la disponibilité du crédit qui détermine les
quantités de main-d'œuvre et de biens d'équipement employées par les entre- prises. Cela étant admis, il n'est
plus possible de considérer que l'épargne détermine l'investisse- ment. Pour les post-keynésiens, le schéma
causal est plutôt le suivant : les décisions d'embauche et d'investissement sont d'abord financées par du crédit
bancaire. Il en résulte un revenu distribué sous forme de salaires, qui retourne ensuite dans les caisses des
entreprises grâce, d'une part, aux dépenses de consommation et, d'autre part, si la préférence pour la liquidité
n'est pas trop forte, à l'épargne placée sur les marchés financiers. Augmenter la part qui est épargnée n'améliore
pas nécessairement les conditions de financement des entreprises, parce que cela réduit d'autant la part qui
revient à ces dernières grâce à la vente des biens de consommation et parce qu'une partie de cette épargne peut
être thésaurisée. L'épargne suit l'investissement mais ne le conditionne pas.
25

Chapitre 3 : Principaux Acteurs économiques


Pour comprendre comment s’organise l’activité économique, il est nécessaire de bien définir quels sont les
principaux acteurs qui interviennent dans la vie économique. Il faudrait également préciser leurs rôles respectifs
au sein de la sphère économique. Ce chapitre vise, tout d’abord, à donner une vision d’ensemble sur ces
différents acteurs et leurs fonctions. Ensuite, il apportera les précisions nécessaires sur deux acteurs particuliers
: les consommateurs et les producteurs.

I- Qu’est-ce qu’un acteur économique?

On définit comme acteur ou agent économique une catégorie homogène qui regroupe les décideurs réalisant
des opérations identiques et ayant des spécificités communes. Un acteur est donc un individu ou un groupe
d’individus constituant un centre de décision économique indépendant. Par conséquent, chaque individu et
chaque organisation composant la société peut être considérée comme un acteur économique.
L’analyse économique regroupe, toutefois, tous ces centres de décision en quelques catégories seulement, selon
leurs activités principales. Cette simplification est nécessaire dans la mesure où l’on ne peut considérer
simultanément des millions d’individus, même s’ils se comportent comme des centres de décision autonomes.
On doit donc, pour des besoins de la comptabilité nationale, faire comme s’il n’existait que six ou sept types
d’acteurs économiques différents, et considérer que tous les individus composant chacune de ces grandes
catégories ont un comportement identique. L’établissement des comptes nationaux rend, de plus, nécessaire le
regroupement des milliards d’opérations économiques individuelles réalisées dans l’année au sein des catégories
économiquement significatives et relativement simple à utiliser.

I.1- Les catégories d’acteurs


Les acteurs ou agents économiques sont regroupés par la comptabilité nationale en sept catégories significatives
et selon deux critères essentiels : la fonction économique principale et les ressources principales.

1. Les ménages. Un ménage correspond à l'ensemble des personnes qui vivent au sein d'un même logement et
ayant leur autonomie. Sa fonction économique principale est la con- sommation et ses ressources principales
proviennent de rémunération et de prestations sociales. Les ménages peuvent être décomposés en plusieurs
catégories socioprofessionnelles : agriculteurs exploitants, artisans, commerçants, chefs d'entreprises, cadre et
professions intellectuelles supérieures, professions intermédiaires, employés, ouvriers, retraités, autres ménages
sans activité professionnelle.

2. Les institutions financières. La banque centrale, les banques, les organismes de crédit et de placement. Leur
fonction principale est de financer l'économie, c'est-à-dire de collecter des fonds d'une part et d'accorder des
crédits d'autre part.
3. Les sociétés non financières. Toutes les sociétés qui ne font pas partie de la catégorie précédente et dont la
fonction principale est de produire des biens et services marchands. Leurs ressources principales proviennent de
la vente de leur production.
4. Les sociétés d'assurances. Sont des agents économiques dont la fonction principale est de transformer la charge
du risque individuel en charge collective en garantissant le versement d'une somme en cas de réalisation du
risque. Leurs ressources sont constituées par des primes versées par leurs clients.
5. Les administrations publiques. Produisent des services non marchands et prélèvent des impôts et des cotisations
sociales obligatoires. On en distingue trois types : administrations publiques centrales (État et organismes effectuant
des misions au nom de l'État, comme les universités par exemple), administrations publiques locales (collectivités
locales et organismes divers tels que les chambres de commerce et d'industrie, les lycées, etc.), administrations de
sécurité sociale (organismes dont la mission est de distribuer des revenus sous forme de prestations sociales ou
d'indemnisation du chômage).
6. Les administrations privées. On parle plutôt d’ « institutions sans but lucratif de services aux ménages ». Parmi ces
acteurs figurent les syndicats, les partis politiques, les associations. Leur activité principale est de produire des
services non marchands destinés à des groupes privés. Leurs principales ressources proviennent des dons et des
contributions volontaires des ménages.
7. Le reste du monde. C’est plutôt un acteur économique fictif, c’est-à-dire il n’a pas d’existence physique ou
réelle. Il s’agit tout simplement d’une ru- brique qui répond aux besoins de la comptabilité nationale. Elle sert à
26

faire apparaître les opérations entre les acteurs économiques d'un pays et ceux des autres pays dans le monde.

I.2- Les opérations entre acteurs


Chaque catégorie d’acteurs économiques effectue des milliards d’opérations diverses et variées mais la
comptabilité nationale les classe en trois grands types d’opérations : les opérations sur biens et services, les opérations
de répartition et, enfin, les opérations financières.

1. Les opérations sur biens et services


1. La production. C'est l'activité qui consiste à créer des biens et services. Elle peut être marchande ou non
marchande. Une activité est marchande si elle fait l’objet d’un prix sur le marché.
2. La consommation intermédiaire. Correspond à la valeur des biens et services réintroduits dans un autre
processus de production. Ils sont consommés (détruits ou transformés) pour produire d'autres biens et
services.
3. La consommation finale. Correspond à la valeur des biens et services qui sont utilisés pour satisfaire
directement les besoins des consommateurs. Ils sortent donc du processus productif.
4. L'investissement. Dit également formation brute de capital fixe (FBCF), représente la valeur des biens durables
destinés à être utilisés pendant une période relativement longue (au moins un an) dans un processus de
production. L'investissement se différencie de la consommation intermédiaire par le fait qu'il concerne des
biens durables qui concourent à la production sans y être incorporés. Il se distingue également des biens
durables de la consommation car ne répond pas à des besoins directs. Une voiture, par exemple, lorsqu'elle est
achetée par un particulier est considérée comme bien de consommation durable mais lorsqu'elle est acquise par
une entreprise (pour des besoins de son activité) est considérée comme un investissement.
5. Les importations et exportations. C'est la valeur de tous les échanges de biens et services opérés par l'économie
nationale avec le reste du monde.
6. La valeur ajoutée. C'est la différence entre la valeur des biens et services produits par l'entreprise et la valeur
des biens et services utilisés en tant que consommation intermédiaire. Elle permet de rémunérer les salariés, de
payer les différents impôts liés à la production, la taxe sur la va- leur ajoutée (TVA),etc.

2. Les opérations de répartition


1. La rémunération des salariés. Salaires bruts et cotisations sociales à la charge des employeurs.
2. Les revenus de la propriété et de l'entreprise. Sont essentiellement les loyers, les intérêts, les redevances des brevets
et licences.
3. Les impôts liés à la production et à l'importation. Droits de douane, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), la taxe
professionnelle et autres impôts indirects.
4. Les subventions d'exploitation. Versées par des administrations publiques aux entreprises dans un but de soutien
de l'activité de production.
5. Les opérations d'assurance dom- mages. Concernent le paiement des primes et le versement des indemnités pour
le règlement des sinistres (accident, incendie, inondation, vol, etc.).
6. Les transferts courants sans contre- partie. Correspondent à l'impôt sur les bénéfices des entreprises, l'impôt sur le
revenu, la taxe d'habitation, les cotisations et prestations sociales, etc.
7. Les transferts en capital. Comprennent essentiellement des aides telles que les subventions à l'investissement et
des impôts sur le capital comme les droits de succession et de donation.

3. Les opérations financières


Ces opérations mettent en relation des créanciers (prêteurs ou agents à capacité de financement) et des
débiteurs (emprunteurs ou agents ayant un besoin de financement). Il s’agit de l’ensemble des opérations
réalisées par les organismes financiers en matière de crédit et de placement en valeurs mobilières (actions et
obligations).

II- Les entreprises et la production


L'entreprise est le principal agent producteur et par conséquent le plus gros utilisateur des facteurs de
production que sont généralement le travail et le capital. La production est un acte qui consiste à combiner ces
facteurs pour créer des biens et des services (biens immatériels) destinés à la vente sur le marché.

II.1- Les facteurs de production


27

a- Le facteur Travail
Il correspond à l'ensemble des activités manuelles et intellectuelles qui concourent à la production de biens et
services. La quantité du facteur Travail utilisée par une économie est déterminée par la population active
occupée et la durée du travail.

b- Organisation du travail
Comment répartir le travail entre les différents salariés d'une entreprise ?
Plusieurs analyses de l'organisation du travail au sein du processus productif se sont développées. On retient
essentiellement : le taylorisme, le fordisme et le toyotisme.

1- Le taylorisme.
Relatif à Taylor, ingénieur américain qui a mis au point les principes de l'organisation scientifique du travail
(OST). Le but est d'améliorer l'efficacité du travail et de réduire les pertes de temps et les gestes inutiles dans
l'activité productive. Ce qui s’est traduit par :
- Une séparation et décomposition des tâches en opérations simples.
- Un chronométrage du temps par tâche.
- Un salaire à la pièce.

2- Le fordisme.
Relatif à Ford, constructeur américain d'automobiles. Cette forme d’organisation du travail va dans le sens d’un
prolongement du taylorisme. Ce qui a donné naissance au travail à la chaîne et à un salaire encourageant. En
1914, Ford décida de faire passer le salaire de ces ouvriers de 2,4 $ à 5 $.
A partir de 1970 on commençait à sentir le début de la crise du fordisme. Essentiellement à cause de la volonté
des salariés d'améliorer leurs conditions du travail jugées contraignantes et physiquement trop fatigantes.
3- Le toyotisme.
Relatif à Toyota, firme japonaise célèbre, le toyotisme s’est développé en réponse à la crise du fordisme. Le
principe de ce système est basé sur la polyvalence des salariés. Chaque ouvrier doit être capable de réaliser
l'ensemble des opérations nécessaires à la fabrication. Chaque atelier doit être autonome, en ce sens qu'il doit
réunir toutes les tâches nécessaires : programmation, exécution, dépannage et contrôle de qualité.

c- Le facteur Capital
Du point de vue de la production, le capital correspond à l'ensemble des biens qui permettent la production
d'autres biens et services.

1- Types de capital
On distingue généralement entre le capital circulant et le capital fixe :
Le premier s'agit des consommations intermédiaires. Le second correspond à tous les autres biens qui
continuent à servir dans plusieurs processus productifs : terrains, bâtiments, machines.
2- Investissement
Il correspond à l'acquisition ou la création de capital fixe. On distingue entre investissement de remplacement,
investissement de capacité et investissement de productivité.

L'investissement de remplacement, dit aussi de renouvellement, est le fait de remplacer l'outillage et les machines usés
par de nouveaux matériels.
L'investissement de capacité ou d'extension est destiné à permettre aux entreprises d'accroître leur potentiel de
production.
L'investissement de productivité ou de modernisation est destiné à permettre aux entreprises de se doter de machines
plus performantes et modernes réalisant des économies de travail et ou d'énergie.

d- Propriétés des facteurs de production


1. La divisibilité
Un facteur de production est parfaitement di- visible quand on peut le fractionner en quantités infiniment
petites (comme le cas de l’énergie par exemple) Il y a absence de divisibilité des facteurs en ce qui concerne les
machines, véhicules, etc. puisqu’on ne peut utiliser une fraction de machine, soit on l’utilise entièrement soit on
ne l’utilise pas dans la production.
28

2. La substituabilité
Deux facteurs sont substituables lorsqu’ils peuvent être combinés dans des proportions différentes pour
obtenir un même résultat, c’est-à-dire si l’un peut se substituer à l’autre (ou le remplacer). Les deux facteurs
travail et capital sont substituables quand une même quantité de production peut être obtenue avec des
combinaisons différentes de travail et de capital.

3. La complémentarité
Deux facteurs sont complémentaires quand la technologie impose une combinaison donnée de facteurs de
production et ne permet pas une substitution entre les facteurs (la taille de la production est limitée par la
quantité de facteurs).

e- Facteurs fixes et facteurs variables


Pour augmenter la production en courte période sans la prévoir, on doit distinguer des facteurs de production
fixe et des facteurs variables.
1. Facteur fixe : il s’agit d’un facteur dont la quantité ne peut pas être augmentée dans un délai très bref pour
augmenter la production (usines, bâtiments, etc.)

2. Facteur variable : facteur dont la quantité peut être augmentée très rapidement pour augmenter la
production (énergie, matières premières, etc.).

Si à court terme on peut considérer la possibilité l’existence de facteurs de production fixes, à long terme, par
contre, tous les facteurs de production sont supposés êtres variables.

II.2- Les types d’entreprises


Ce sont des acteurs économiques qui combinent du travail, du capital fixe et du capital circulant pour produire
des biens et services destinés aux marchés. Les entreprises créent de la valeur ajoutée qui sert à payer les
salaires, les impôts, etc. Plusieurs catégories d'entreprises existent. Elles sont distinguées par des critères soit de
dimension (effectif employés, chiffre d'affaires) soit juridiques (entreprises privées, entreprises publiques) ou
même par type d’activité.

a- Entreprises privées
Entreprises individuelles : un seul propriétaire, pas de personnalité juridique, pas de patrimoine propre. Exercent
surtout dans le domaine des professions libérales, de l'artisanat, du commerce du détail, etc.

Sociétés privées : plusieurs associés qui mettent en commun un patrimoine, disposent d'une personnalité morale :
société à responsabilité limitée (SARL) et société anonyme (SA) notamment.
Entreprises coopératives : Permettent à plusieurs producteurs de créer une organisation qui leur fournit des services
communs tout en conservant l'autonomie de leur entreprise. Comme c’est le cas par exemple des coopératives
laitières qui produisent et commercialisent des fromages à partir du lait fourni par leurs membres.

b- Entreprises publiques
Entreprises appartenant en totalité ou en partie à l'État (ou aux collectivités locales). Elles se distinguent des
administrations publiques par le fait qu'elles produisent des biens et des services marchands. On parle de sociétés
d'économie mixte pour désigner les sociétés dans lesquelles l'État détient une part du capital social.
On parle de nationalisation lorsque l'État prend la totalité du contrôle d'une entreprise privée. Et on parle de
privatisation lorsqu’une entreprise nationale vend son capital à des actionnaires privés.

c- Secteurs d’activité
Les entreprises relèvent de plusieurs secteurs d’activité. Un secteur d’activité est un ensemble d’actions de
production présentant des caractéristiques communes.

1. Secteur primaire
Il regroupe toutes les activités liées directe- ment à l’exploitation du milieu naturel et producteur de matières
premières, et dans certains cas, des activités extractives. C’est un secteur à progrès technique moyen.
2. Secteur secondaire
Regroupe les industries, bâtiments, travaux publics et pour certains, des activités extractives. Il est considéré
29

comme un secteur à progrès technique rapide.


3. Secteur tertiaire
C’est une activité de services (commerce, banque, transport, etc.). Il est considéré comme un secteur à progrès
technique lent.
4. Secteur quaternaire
Regroupe les services et activités plus modernes (recherche et communication, information, etc.)

d- Concentration des entreprises


Par concentration on entend le processus de regroupement d'entreprises dans le but d'améliorer leurs
conditions d'offre et d'augmenter leur pou- voir vis-à-vis de leurs concurrents ou même leurs fournisseurs. Ce
qui conduit à l'apparition de grands groupes de firmes.

1. Les types de concentration


Concentration horizontale : regroupement d’entreprises qui fabriquent le même produit ou qui sont au même stade
de fabrication.
Concentration verticale : il s’agit d’un regroupement d’entreprises situées à des stades complémentaires d’un
processus de production.
 En amont : l’entreprise prend le contrôle d’une partie de ses fournisseurs (maîtrise d’approfondissement).
 En aval : l’entreprise prend le con- trôle d’entreprises clientes (maîtrise de distribution).
Concentration conglomérale : il s’agit d’un regroupement d’entreprises ayant des activités totalement différentes. On
parle d’un conglomérat d’entreprises.

2. Les modalités de concentration


 La fusion : technique de concentration dans laquelle plusieurs entre- prises réunissent leur patrimoine pour
former une seule entreprise.
 L’absorption : technique de concentration dans laquelle une entreprise intègre les avoirs d’une ou plusieurs
autres entreprises.
 La prise de partition financière : une entreprise prend des parts dans les avoirs d’une autre entreprise.

II.3 Les comptes de l’entreprise


Le service comptabilité d’une entreprise tient à jour des livres de comptes qui relatent scrupuleusement toutes
les sorties et les rentrées d’argent appelées recettes ou encaissements et dépenses ou décaissements.
Il doit établir au moins une fois par an deux documents comptables obligatoires : le compte de résultat et le
bilan, qui rendent compte de l’activité économique et de la situation financière de l’entreprise.

a. Le compte de résultat
Anciennement appelé compte d'exploitation, le compte de résultat est la première pièce maîtresse des comptes
de l'entreprise.

1. Description.
Le compte de résultat mesure les flux de l'entre- prise au cours d'une période donnée : c'est un film de l'activité
de l'entreprise. La production du compte de résultat est obligatoire en fin de chaque exercice comptable.
L'établissement de ce document permet de dégager le résultat de l'entreprise, perte ou bénéfice, et mesurer ainsi
l'enrichissement éventuel des associés ou actionnaires.

Le résultat est obtenu en effectuant la différence entre ce qui est générateur de recette, les pro- duits et ce que
l'entreprise consomme, les charges.
Les produits et les charges sont organisés dans le compte de résultat selon les principales fonctions de
l'entreprise. On distingue ainsi des produits et charges d'exploitation, des produits et charges financiers et des
produits et charges exceptionnels.
Le compte de résultat de fin d'exercice est systématiquement fourni sur deux années consécutives afin de suivre
l'évolution de l'entreprise d'une année sur l'autre.
2. Les produits d'exploitation.
Il s'agit des revenus et des charges liés à l'activité de production de l'entreprise, le mot exploitation étant à
prendre au sens de "métier de l'entre- prise". Par exemple, chez un fabricant de voitures, exploitation signifie
production de voitures ; chez une société d’assurance, exploitation veut dire encaissement de primes
30

d'assurance et règlements de sinistres ; chez un supermarché, exploitation est à prendre au sens de distribution.

3. Les produits financiers.


Ce sont les produits qui ne sont pas générés par une activité industrielle mais par une activité financière.
Les produits financiers sont de deux types :
-les revenus de placement de la trésorerie (cela équivaut aux intérêts d'une somme déposée à la caisse
d'épargne).
-les revenus des titres financiers détenus, c'est-à-dire les dividendes versés par les entreprises dans lesquels on a
des participations.
Alors qu'une société industrielle génèrera essentiellement des produits d'exploitation (essentiellement le chiffre
d'affaires), une société financière tirera la majorité de ses revenus de ses produits financiers.

4. Les produits et charges exceptionnels.


Comme leur nom l'indique, les produits exceptionnels ne font pas partie de l'exploitation courante de
l'entreprise. Normalement, leur montant est faible par rapport aux produits d'exploitation.
Sous ce chapeau seront comptabilisés, par exemple, une plus-value sur un actif revendu ou un gain sur le
marché des changes.

b. Le bilan
Le bilan est la deuxième pièce maîtresse des comptes de l'entreprise.

1. Description.
Le bilan donne une situation de l'entreprise à une date donnée : c'est une photographie de l'entre- prise à cette
date. La production du bilan est obligatoire à la création de l'entreprise (bilan d'ouverture) et à la fin de chaque
exercice comptable. Cependant, des bilans intermédiaires peuvent être établis à la demande de l'entreprise pour
toute étude économique, financière ou par nécessité juridique.
Le bilan de fin d'exercice est systématiquement fourni sur deux années consécutives afin de suivre l'évolution
de l'entreprise d'une année sur l'autre.
Le bilan est alimenté par l'enregistrement comptable de tous les flux de l'entreprise et représente les comptes de
situation. Il se présente sous forme d’un tableau à deux colonnes : à gauche, figure l’actif et à droite, le passif.
Le total des comptes d'actif est toujours égal au total des comptes de passif.

2. L'actif du bilan.
C'est l'image de ce que l'entreprise possède. Les éléments de l'actif se présentent par ordre de liquidité croissante. Les
avoirs sont de deux na- tures : les actifs immobilisés (ou immobilisations) et les actifs circulants.
 Les immobilisations : elles sont constituées des éléments qui sont destinés à servir de façon durable à
l'activité de l'entreprise. Ils ne se consomment pas au premier usage et sont destinés à durer pendant plusieurs
années. Les immobilisations naissent des investissements destinés à augmenter la production ou la productivité
de l'entre- prise, à remplacer l'outil de production défaillant, à améliorer les conditions de travail ou de sécurité,
à augmenter la valeur ou la durée de vie d'un bien.
Leur qualificatif d'immobilisé est bien synonyme de leur manque de liquidité ; ils ne sont en général pas
susceptibles de se transformer en argent liquide en moins d'un an.
Ce sont :
- les immobilisations incorporelles, c'est-à-dire les éléments sans consistance matérielle physique comme les
brevets ou marques, les licences, les logiciels, les fonds commerciaux.
- les immobilisations corporelles tels que les terrains, les constructions et agencements, les installations et
matériels techniques, le matériel de transport.
- les immobilisations financières constituées de participations dans d'autres entreprises ou de prêts.

Les immobilisations sont généralement amortissables (sauf fonds commercial, terrains et immobilisations
financières) sur une durée fiscalement déterminée.

 Les actifs circulants : ils n'ont pas vo- cation à rester de manière durable dans l'entreprise. Ils se renouvellent
régulièrement et se transforment rapidement en liquidités.
Sous ce titre sont regroupés les actifs susceptibles de se transformer en argent liquide avant la fin de l'année.
31

Ils se composent :
- des stocks : les matières premières, les produits intermédiaires et finis, les marchandises.
- des créances : les sommes dues par les clients ou d'autres organismes.
- des disponibilités : les placements à court terme et les avoirs sur comptes bancaires.
La dépréciation des stocks est comptabilisée et présentée dans le tableau de synthèse du bilan sous forme d'une
colonne " provisions pour dépréciation ".

3. Le passif du bilan.
C'est l'image de ce que doit l'entreprise. Les éléments du passif se présentent par ordre d'exigibilité croissante.
Le passif se décompose en deux grandes masses : les fonds propres et les dettes.
 Les fonds propres (ou capitaux propres) : ils se trouvent en haut du bilan et, composés de ressources
stables, ils déterminent ce que l'entreprise vaut.
Ils sont constitués par le capital social (les apports effectués par les associés ou actionnaires en numéraire -
versement d'une somme d'argent - ou en nature - bâtiment, machine...- à la création de l'entreprise), par les
réserves (les profits issus de l'activité de l'entreprise accumulés au cours des années et qui n'ont pas été
distribués, pour être réinvestis ), le résultat de l'exercice (bénéfice ou perte) et les provisions (somme d'argent
que l'entreprise provisionne en vue de dépenses futures liées à des risques identifiés, tels que des litiges en
cours, des pénalités ou amendes, etc., et des charges, telles que les impôts,...).

Les provisions jouent un rôle essentiel dans l'établissement du bilan. Une entre- prise prospère tentera de
diminuer ses impôts en constituant des provisions importantes pour réduire son bénéfice ; au contraire, une
entreprise en difficulté aura tendance à ne pas provisionner des dé- penses certaines pour gonfler un résultat
trop faible ou pour diminuer son déficit.

 Les dettes : elles représentent ce que l'entreprise doit.


Ces sommes se répartissent en dettes financières (ce sont les intérêts d’emprunt, les découverts bancaires...), en
dettes d'exploitation (représentant les engagements envers les fournisseurs, après obtention de délais de
paiement, et les sommes dues au personnel, au fisc, aux organismes sociaux, …).
En les analysant selon leur degré d'exigibilité on distingue les dettes à long et moyen terme (plus d'un an), et les
dettes à court terme. Un état annexe du bilan " Etat des dettes " détaille les dettes de l'entreprise selon leur
durée.
Les dettes à long et moyen terme se rapprochent des capitaux propres de l'entre- prise et constituent les
capitaux permanents.

III- Les ménages et la consommation

Les revenus des ménages sont répartis entre la consommation et l'épargne. La consommation correspond à
toutes les dépenses en biens et services réalisées par les ménages dans le but de satisfaire leurs besoins, ce que
l’on appelle la con- sommation finale.
La partie des revenus qui n'est pas affectée à ces dépenses constitue l'épargne. L'épargne concerne également
les autres agents économiques tels que les administrations et les entreprises. La somme de toutes les épargnes
réalisées par l'ensemble des agents économiques nationaux correspond à l'épargne nationale. Le rapport
épargne nationale par produit intérieur brut (PIB) correspond au taux d'épargne nationale. Plus ce taux est
important plus le pays possède des capacités importantes de financer ces investissements et moins s’endetter.

III.1- Instruments d'analyse de la consommation


Afin d’analyser la structure de la consommation finale des ménages, il faudrait comprendre la réaction de ces
derniers par rapport à certains para- mètres décisifs dans leurs décisions : leurs revenus et les prix des biens et
services. La demande de consommation finale va donc à la fois dépendre des prix relatifs des biens (prix
comparés à ceux d’autres biens) et des revenus des consommateurs.

a- Influence des prix


1- Effet de substitution
Les consommateurs peuvent généralement utiliser différents biens pour satisfaire un même besoin. En effet, il
existe des biens qui peuvent concourir à la satisfaction d’un besoin donné et donc rem- placer les uns les autres.
Il s’agit de biens substituables entre eux. Les consommateurs ont la possibilité de choisir entre ces biens en
32

fonction de leurs prix. Ainsi, si le prix d’un bien semble être plus important que celui de ses substituables alors
le consommateur rationnel sera incité à remplacer, en partie ou en totalité, ce bien par les autres biens
relativement moins chers. C’est l’effet de substitution. Cela explique la base de la loi de la demande : « la demande
d’un bien est fonction décroissante de son prix».

2- Elasticité de la demande
En matière de la demande des biens, la réaction des consommateurs aux fluctuations des prix varie en intensité.
Le concept d’élasticité de la demande permet de mesurer cette intensité.

L’élasticité est le rapport entre le pourcentage de variation de la demande d’un bien ou service et le pourcentage
de la variation de son prix.

Elasticité-prix =
% de la variation de la demande d’un bien/% de la variation du prix de ce bien

L’augmentation du prix d’un bien conduit à la baisse de la demande dont il fait l’objet. L’effet du prix sur la
demande étant négatif, l’élasticité-prix s’exprimera également par des grandeurs négatives. Ainsi, une élasticité-
prix égale à (-3), par exemple, signifie qu’une augmentation du prix du bien de (1%) entraînera une diminution
de la quantité demandée de (3%).
Il existe des biens pour lesquels la demande est très élastique, donc très sensible, puisqu’ils possèdent plusieurs
substituts, et d’autres dont la de- mande est moins influencée par la hausse des prix et pour lesquels la demande
est dite inélastique ou rigide.
La demande d’un bien est toujours plus élastique à long terme qu’à court terme parce qu’avec le temps de nouveaux
biens substituables peuvent être produits.

3- Types de liens entre biens


Différents liens existent entre les biens. On vient de voir le lien de substituabilité mais deux autres liens sont
possibles : la complémentarité et l’indépendance. Deux biens sont dit complémentaires s’ils sont simultanément
nécessaires à la satisfaction d’un même besoin. Leur consommation va donc de pair. Deux biens sont dits
indépendants l’un par rapport à l’autre s’ils ne concourent pas à la satisfaction d’un même besoin mais à des
besoins différents. Pour déterminer la nature du lien on peut calculer l’élasticité-prix croisée :

Elasticité-prix croisée= % de la variation de la demande d’un bien/% de la variation du prix d’un autre bien

Pour les biens substituables, la hausse du prix de l’un doit inciter à augmenter la consommation des autres.
L’élasticité-prix croisée doit donc être positive. Inversement, elle est négative pour les biens complémentaires
puisque la hausse du prix de l’un des biens pénalisera la demande des autres biens. Cette élasticité sera, enfin,
nulle pour les biens indépendants.

b- Influence du revenu
La réaction des consommateurs en ce qui con- cerne leurs comportements d’achat suite aux variations de leurs
revenus peut être mesurée par l’élasticité-revenu :

Elasticité- revenu= % de la variation de la demande d’unbien


% de la variation du revenu

L’expérience montre que l’amélioration du pou- voir d’achat des ménages, suite à l’augmentation de leurs
revenus, les conduits généralement à modifier la structure de leur consommation en privilégiant certains biens
et services au détriment des autres. On peut distinguer trois catégories de biens selon le sens et l’intensité de
l’effet d’une modification du revenu sur leur demande:

1- Biens normaux
On trouve dans cette catégorie les biens concourant à la satisfaction des besoins élémentaires comme
l’alimentation, l’habillement, les équipements ménagers, etc. La part de ces biens dans le budget des ménages
est généralement stable ou régresse avec l’augmentation du niveau de vie. Une hausse du revenu des ménages
entraîne une élévation proportionnelle ou moins que proportionnelle de la demande pour ce type de biens. Ainsi,
33

l’élasticité-revenu est positive mais inférieur ou égale à 1.

0 < élasticité-revenu ≤ 1

2- Biens supérieurs
On trouve dans cette catégorie les biens manufacturés de luxe et des services de grande qualité (santé,
communication, loisirs, etc.). La part de ces biens dans le budget des ménages augmente avec l’augmentation du
niveau de vie. L’augmentation du revenu des ménages provoque une augmentation plus que proportionnelle de la
demande. L’élasticité-revenu est positive et supérieur à 1.

élasticité-revenu > 1

3- Biens inférieurs
Il s’agit des biens ou services de qualité très médiocre qui ne font l’objet d’une demande qu’en situation de
pauvreté. Ils sont vite abandonnés par les ménages dès que leur situation financière s’améliore. Leur part dans
le budget diminue donc très rapidement avec l’augmentation du revenu. L’élasticité-revenu est négative.
élasticité-revenu < 0

III.2- Intérêts de l’épargne

a- Motifs d'épargne
Les motifs d'épargne sont très variés :
1. Le désir d'économiser en vue d'effectuer ultérieurement des achats importants (logement, terrain, etc.).
2. La constitution d'une réserve face à l'incertitude du futur (chômage, maladie, vieillesse, etc.).
3. La constitution ou le développe- ment d'une affaire (entreprise par exemple)

L'acte d'épargner peut donc s'expliquer par des raisons psychologiques (de prudence ou de pré- caution) mais
aussi par des raisons purement économiques telles que la création d'activités de production ou de commerce.

b- Rôle économique de l'épargne


L'épargne est la source de financement des investissements. C'est grâce à l'épargne que le développement et la
modernisation des entreprises sont possibles. Il ne peut y avoir de croissance économique sans une épargne
nationale suffisante. L'épargne peut également être la conséquence de l'investissement. En effet, celui-ci
conduit à une augmentation des richesses nationales et une distribution supplémentaire de revenus ce qui va
par la suite favoriser l'épargne.

IV- L’Etat

L’Etat comprend trois principales composantes :


(1) les administrations publiques centrales ; (2) les administrations publiques locales ; (3) les administrations de
la sécurité sociale.
Il remplit généralement trois principales fonctions:

(1) fonction de redistribution des revenus ; (2) fonction d’allocation de ressources ; (3) fonction de régulation
de l’activité économique.

IV.1- L’intervention de l’Etat dans l’économie


a- La conception libérale
Selon cette idéologie, l’Etat doit laisser librement fonctionner les mécanismes du marché. Celui-ci est capable
de s’autoréguler et d’éviter les crises économiques prolongées. On parle de l’Etat gendarme ou de l’Etat
minimal.
Ainsi sur un marché en concurrence pure et par- faite, le libre jeu de l’offre et de la demande doit permettre de
déterminer un prix d’équilibre qui satisfait tous les acteurs sur le marché, aussi bien les offreurs que les
demandeurs.
-L’Etat doit donc limiter ses interventions à un ensemble de fonctions qualifiées de fonctions régaliennes et qui
portent sur la justice, la défense, la police et la diplomatie. Il s’agit de l’Etat gendarme.
34

- l’Etat assure des fonctions économiques et sociales. Tout d’abord il doit intervenir pour produire des biens et
services publics tels que l’éducation et les infrastructures. Par ailleurs, l’Etat doit intervenir pour maintenir un
cadre concurrentiel permettant au marché de fonctionner librement d’où la lutte contre les oligopoles, les
monopoles et les abus de position dominante.

b- La conception interventionniste
Le courant interventionniste considère en revanche que l’Etat, par son action, peut intervenir efficacement et,
en cas de crise, stimuler la de- mande et ainsi favoriser la production, donc la croissance et l’emploi. On parle
dans ce cas de l’Etat providence.
Ainsi les fonctions de l’Etat providence sont les suivantes selon Musgrave :

- Fonction d’allocation des ressources : le marché ne répond pas naturellement à certains besoins de la
société. L’Etat est producteur de services non marchands qui font l’objet de con- sommations collectives
(police, construction de routes…). Il réglemente la production de biens et services qui engendrent des
externalités négatives (ex : mesures anti-pollution).
- Fonction de redistribution des revenus : l’Etat modifie les revenus perçus par les agents économiques en
leurs accordant des subventions ou des prestations sociales. Il assure ainsi plus de justice sociale et tente de
réduire les inégalités.
- Fonction de régulation de l’activité économique : l’Etat cherche à agir sur l’activité économique afin de
rétablir les grands équilibres de la Nation (plein emploi, inflation réduite, équilibre extérieur, croissance
économique).

IV.2. Pourquoi l’Etat intervient-il?

a- Objectifs économiques de l’Etat


Ces objectifs peuvent être représentés par le car- ré magique de Kaldor :
-la croissance économique mesurée par le taux de croissance du PIB : la croissance est nécessaire à l’emploi et
au développement économique et social ;
-le plein emploi mesuré par le taux de chômage ;
-la stabilité des prix mesurée par le taux d’inflation ;
-l’équilibre des échanges extérieurs mesuré par le solde de la balance des paiements courants.
Toutefois il est difficile de concilier tous les objectifs, car ils peuvent paraître contradictoires ; l’Etat devra les
hiérarchiser.
En outre, la croissance économique peut parfois s’obtenir au détriment du bien-être de la population si elle
s’accompagne d’effets pervers tels que la pollution, par exemple.
Ainsi on appelle politique économique l’ensemble des actions mises en œuvre par les pouvoirs publics pour
atteindre des objectifs économiques.

b- Les différents types d’intervention de l’Etat Pour atteindre ces objectifs, l’Etat dispose de deux types de
politiques économiques :
-Les politiques conjoncturelles agissent à court terme sur les indicateurs économiques. Elles visent à prendre
des mesures ponctuelles pour sortir de la crise ou modérer une surchauffe tempo- raire de l’économie.
-Les politiques structurelles cherchent à modifier la structure de la vie économique sur le moyen et le long
terme afin d’offrir les conditions nécessaires à une augmentation de la capacité à produire.
Ces politiques visent à améliorer le fonctionne- ment des mécanismes du marché (privatisations, baisse du coût
du travail, réduction des impôts…).

c- Les instruments de la politique économique


Pour atteindre les objectifs économiques, les principaux instruments de la politique conjoncturelle sont la
politique budgétaire, la politique monétaire, la politique industrielle ou encore la poli- tique des revenus.

-La politique budgétaire, elle consiste pour l’Etat à agir sur ses dépenses et ses recettes pour relancer ou freiner
l’activité économique.
 Augmentation des dépenses et/ou réduction des prélèvements obligatoires. Action sur la croissance et
l’emploi : politique de relance.
 Réduction des déficits et de l’endettement public. Ce qui permet de lutter contre l’inflation et améliore la
35

compétitivité extérieure : politique de stabilisation ou de rigueur.

Avec l’Union européenne, les Etats se sont engagés à respecter des règles. Ainsi au niveau budgétaire, le pacte
de stabilité de croissance signé dans le cadre de l’Union Européenne limite :
- le niveau de la dette publique des Etats membres à 60% du PIB;
- le déficit budgétaire à 3% du PIB.

Ces contraintes pèsent sur la politique budgétaire, l’Etat peut donc difficilement agir sur ses dépenses et ses
recettes librement au risque de franchir ces seuils et d’être sanctionné.

-La politique monétaire, elle consiste à agir sur la quantité de monnaie en circulation dans l’économie pour
l’adapter aux besoins de l’activité économique. Cette action se fait généralement par l’intermédiaire des taux
d’intérêt directeurs.
 Une baisse des taux d’intérêt signifie que le crédit est plus accessible, d’où plus de consommation et
d’investissement et par conséquence plus de croissance et d’emploi
 Une hausse des taux d’intérêt réduit la création monétaire et favorise la lutte contre inflation.

Sur le plan monétaire, c’est la Banque Centrale Européenne qui a pour mission de contrôler la masse monétaire
de l’ensemble des pays membres en contrôlant ses taux directeurs qui s’imposent aux banques centrales
nationales. La Banque de centrale de chaque pays membre n’est donc pas autonome mais soumise aux
décisions de la BCE (Banque Centrale Européenne). Ainsi le gouvernement d’un pays membre ne peut plus
agir sur les taux d’intérêt pour relancer ou freiner l’activité économique du pays.

Cependant ces deux instruments ne peuvent être utilisés de manière disjointe : une coordination de la politique
budgétaire et de la politique monétaire est nécessaire pour rendre plus efficace la politique économique menée.
36

CONCLUSION GENERALE

Ce cours ne couvre ni l’ensemble des théories ni l’entièreté du domaine économique et de gestion. Mais, il vous
apporte notre contribution en matière d’économie et de gestion, en simplifiant la compréhension des théories
et des concepts, en inscrivant le tout dans un cadre chronologique depuis les premières réflexions en sciences
économiques, jusqu’à l’essor des sciences de gestion et l’apparition des nouveaux concepts qui s’y rattachent.

Comme toute discipline, on ne peut considérer l’économie comme une science que si l’on parvient à délimiter
son objet et sa méthode de connaissance scientifique. Définir l’objet de l’économie consiste à préciser ses
domaines de recherche. En d’autres termes, on devrait savoir de quoi s’occupe la science économique.
Délimiter la méthode retenue par la science économique, c’est savoir comment cette discipline observe, analyse
et interprète les phénomènes et les faits réels pour en donner une représentation et tirer, par conséquent, des
lois et des théories.

Les définitions de l’objet de l’économie et de sa méthode diffèrent selon que l’on se place du côté du courant
de l’économie politique ou du courant critique ; l’étude de l’histoire de la pensée économique permet de
recenser les principaux courants théoriques. Ces derniers s’accordent à classer cette discipline dans la grande
famille des sciences humaines ou sociales. Par conséquent, le domaine de préoccupation de l’économie
concerne les activités des hommes ou encore l’activité économique. cette dernière, est le résultat des multiples
actions des agents économiques qui font des opérations sur les divers marchés.

Il n'existe pas une seule définition de l'économie, mais plusieurs définitions. Chaque définition renvoyant à des
réalités sous-jacentes différentes. La définition de l'économie n'est pas consensuelle. Ses contours et son
contenu varient en fonction des auteurs et des courants de pensée.

Pourquoi tout le monde devrait s'intéresser à l'économie ? Tout d’abord, étudier les sciences économiques et
sociales, c’est mieux comprendre le monde où nous vivons. Pourquoi le prix des loyers dans une grande
métropole est-il plus élevé par rapport à une autre ville ? Pourquoi certaines entreprises licencient-elles alors
qu’elles font des bénéfices ?
Pourquoi les prix augmentent-ils rapidement dans certains pays et plus lentement dans d’autres ? (question de
sociologie)
Que font les économistes ? Quels sont leurs buts ? Quelles démarches suivent-ils ?
Les économistes cherchent à établir les principes économiques qui serviront à formuler des politiques visant à
résoudre les problèmes économiques.

Au fil du temps, et vue des changements intervenus au sein de l’environnement (l’ère industrielle, l’après-
guerre...), les sciences de gestion ou l’intérêt porté aux organisations et aux sociétés a donnée naissance à une
nouvelle vision du contexte économique, l’émergence d’un nouvel ordre mondial, notamment les institutions et
les organisations internationales, a changé le mode d’organisation économique et par conséquent la manière
avec laquelle s’organise les relations entre les individus et les différents acteurs. D’où l’essor des sciences de
gestion avec certaines interférence avec les sciences économiques.
La Gestion peut être défini comme l’action ou la manière de gérer, d’administrer, d’organiser quelque chose.
C'est un ensemble de connaissances empruntées aux sciences exactes et humaines permettant de conduire
correctement et efficacement une entreprise.
37

Quelques références bibliographiques

- Boncoeur et Thouement. Histoire des idées économiques (2 volumes). Armand Colin, 2004.
- C.Bussenault et M.Pretet. Economie et Gestion de l’Entreprise. Edition Vuibert, 1995.
- Euzéby A. Introduction à l'économie politique. Concepts et mécanismes, Eds Presses Universitaires
de Grenoble, Grenoble. 2000
- Généreux J. Introduction à l’analyse économique, Hachette, 2000 ;
- Jacquemin, A., Tulkens, H. et P. Mercier. Fondements de l’économie politique, Bruxelles 2001.
- Jean-Yves Capu. Dictionnaire d'Economie et de Sciences Sociales. Edition Hatier. Paris 2006.
- Lecaillon, Lepage. Economie contemporaine, De Boeck, 3e édition, 2008.
- Mankiw G. et Taylor M. Principes de l’économie, De Boeck, 3ième ed 2013
- M. Cote. La Gestion Stratégique d’Entreprises, édition G.MORIN, 1995.
- T. Peters. L’entreprise Libérée, édition DUNOD 1993.
- Stiglitz J. – C. Walsch. Principes d’économie moderne, de Boeck, 2ième éd 2004.
38

Questions de synthèse :
Document d’analyse 1 :
Choisir, c’est faire des sacrifices ou encore renoncer à tel projet, à tel produit, à tel mode de vie. Ainsi
l’individu-consommateur qui dispose d’un budget donné, choisira de passer ses vacances plutôt que d'acheter
un écran plasma ; pour l’agriculteur-producteur, la substitution de la culture de l’orge au blé lui fera renoncer
aux recettes issues de la culture du blé ; pour l’Etat la construction d’une prison lui fera renoncer à la
construction d’hôpitaux ou d’écoles. Ce que perd l’agent lorsqu’il fait un choix, c'est-à-dire la valeur
correspondant à la possibilité qui n’est pas choisie, s’appelle le coût d’opportunité, coût de la renonciation ou
encore coût du sacrifice. Finalement la rareté des ressources oblige à faire des choix ; elle empêche l’économie
de produire toute l’avoine, tous les hôpitaux, toutes les écoles, tous les carrelages de terrasses que voudraient les
consommateurs s’ils étaient offerts en quantités illimitées.
Il faut donc décider de la quantité de travail et de capital à allouer à ces productions et qui ne pourront pas
servir à d’autres ! L’allocation des ressources désigne l’ensemble des décisions concernant la répartition des
ressources économiques rares parmi les différents secteurs de production et entre les sociétés et les organismes
qui produisent des biens. Dans une économie de marché, les prix y jouent un rôle primordial : ainsi, si les
consommateurs veulent manger plus de produits bio que n’en fournissent les producteurs, la rareté sera
profitable à ses derniers qui pourront élever leurs prix ; ils détourneront une partie de leurs ressources (capital
et travail) de la production de produits non bio, ce qui augmentera la production de produit bio.
1 - vrai ou faux :
a- Les entreprises peuvent produire en quantités illimitées.
b- Les ménages peuvent consommer en quantités illimitées.
c- Les ressources des entreprises en capital et en travail sont limitées.
d- Le budget des ménages est une contrainte de revenu.
e- L’offre et la demande guident le niveau des prix.
f-L’affectation des ressources pour produire se fait en fonction du niveau des prix dans une économie de
marché.
g- Pour une entreprise, la production d’un bien ou d’un service à l’aide de capital et de travail suppose que
l’on renonce à l’utilisation de ces ressources pour produire d’autres biens et services.
h- Pour un ménage, la consommation d’un bien ou d’un service suppose que l’on renonce à la
consommation d’un autre bien ou service.
2 - en quoi consiste le coût d’opportunité ?
3 - préciser la notion de rareté ?

Document d’analyse 2 :
Dans presque toutes les espèces d'animaux, chaque individu, quand il est parvenu à la pleine croissance, est tout
à fait indépendant, et, tant qu'il reste dans son état naturel, il peut se passer de l'aide de toute autre créature
vivante. Mais l'homme a presque continuellement besoin du secours de ses semblables, et c'est en vain qu'il
l'attendrait de leur seule bienveillance. Il sera bien plus sûr de réussir, s'il s'adresse à leur intérêt personnel et s'il
les persuade que leur propre avantage leur commande de faire ce qu'il souhaite d'eux. C'est ce que fait celui qui
propose à un autre un marché quelconque ; le sens de sa proposition est ceci : donnez-moi ce dont j'ai besoin,
et vous aurez de moi ce dont vous avez besoin vous-mêmes ; et la plus grande partie de ces bons offices qui
nous sont si nécessaires, s'obtient de cette façon. Ce n'est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de
bière ou du boulanger, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu'ils apportent à leurs intérêts. Nous
ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme ; et ce n'est jamais de nos besoins que nous leur
parlons, c'est toujours de leur avantage.
Chaque animal est toujours obligé de s'entretenir et de se défendre lui-même à part et indépendamment des
autres, et il ne peut retirer la moindre utilité de cette variété d'aptitudes que la nature a réparties entre ses
pareils. Parmi les hommes, au contraire, les talents les plus disparates sont utiles les uns aux autres ; les
différents produits de leur industrie respective, au moyen de ce penchant universel à troquer et à commercer, se
trouvent mis, pour ainsi dire, en une masse commune où chaque homme peut aller acheter, suivant ses besoins,
une portion quelconque du produit de l'industrie des autres.
Source : Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des Nations, extraits livre I, chapitre 2, 1776.
1. Comment l’homme se distingue-t-il de l’animal ?
2. Que cherche l’homme ?
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3. Quel est le lien qui se construit ?


4. Quelle organisation du travail cet échange nécessite-t-il ?

Document d’analyse 3 :
La maxime de tout chef de famille prudent est de ne jamais essayer de faire chez soi la chose qui lui coûtera
moins à acheter qu’à faire. Le tailleur ne cherche pas à faire ses souliers, mais il les achète au cordonnier. […]
Ce qui est prudence dans la conduite de chaque famille en particulier, ne peut guère être folie dans celle d’un
grand empire. Si un pays étranger peut nous fournir une marchandise à meilleur marché que nous ne sommes
en état de l’établir nous-mêmes, il vaut bien mieux que nous la lui achetions avec quelque partie du produit de
notre propre industrie, employée dans le genre dans lequel nous avons quelque avantage.
Source : Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des Nations, extraits livre IV, chapitre 2, 1776.

1 – Que doit légitimement faire un père de famille ?


2 – Quelle en est la conséquence ?
3 – Comment Smith envisage-t-il d’étendre sa position sur le plan de la Nation toute entière ?

4 – VRAI ou FAUX ?
a- Selon Smith, on se spécialisera dans les productions où la productivité est absolument la plus élevée et on les exportera.
b- On abandonnera les productions pour lesquelles la productivité est plus faible et on les importera.
c- Selon Smith, on peut produire un peu de tout et exporter un peu de tout.

Document d’analyse 4 :
Supposons qu’un brillant avocat envisage de recruter une secrétaire pour dactylographier rapports, courriers et
autres documents qu’il doit produire à longueur de journée. Il auditionne dix secrétaires dans la journée,
chacune subissant un test de dactylographie. A son grand dam, il réalise que celles-ci sont moins performantes
dans ce domaine que lui-même ... Samuelson dit très justement que même si l’avocat est incomparablement
plus performant qu’une dactylo sur le plan du droit, relativement à son écart de performance en matière de
dactylo, il reste de leur intérêt commun que l’avocat embauche n’importe laquelle des secrétaires si cela lui
permet de se consacrer à son domaine d’excellence, en l’occurrence, le droit.

1 – Quelle est la particularité de l’avocat par rapport à la meilleure des secrétaires choisie ?
2 – Illustrez votre propos.
3 – Dans une analyse se situant dans la perspective d’A. Smith, le cabinet d’avocat…
a- ferait à la fois les travaux de plaidoiries et ceux de dactylographie.
b- ferait les travaux de plaidoiries uniquement, confiant ceux de dactylographie à des secrétaires.
4 – Comment Samuelson envisage-t-il l’organisation du travail ?

Document d’analyse 5 :
Puisque c'est la faculté d'échanger qui donne lieu à la division du travail, l'accroissement de cette division doit,
par conséquent, toujours être limité par l'étendue de la faculté d'échanger, ou, en d'autres termes, par l'étendue
du marché. Si le marché est très petit, personne ne sera encouragé à s'adonner entièrement à une seule
occupation, faute de pouvoir trouver à échanger tout le surplus du produit de son travail qui excédera sa propre
consommation, contre un pareil surplus du produit du travail d'autrui qu'il voudrait se procurer.
Source : Adam Smith (1776), Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, extraits livre I, chapitre 3, 1776.
- Quel lien peut-on établir entre dimension du marché et division du travail ?
40

Document d’analyse 6 :
Les biens et services de consommation sont les produits directement utilisés par le consommateur. Les biens et
services de production sont les produits réutilisés dans le processus de production afin de contribuer à la
production d’autres produits. Parmi ces derniers, on distingue les biens et services intermédiaires qui sont des
biens de production consommés et donc détruits au cours du processus de production (matières premières,
produits semi-finis, certains types de services comme l’entretien des locaux etc.) des biens et services
d’investissement qui sont des biens et services de production ayant une longue durée d’utilisation ou dont les
effets durent sur plusieurs cycles de production (machines, bâtiment, certains types de services comme la
formation du personnel ou la recherche et développement etc.).

Source : Marc Montoussé, « La production, fruit du capital et du travail », Cahiers français, La Documentation française, juillet-
août 2003, n°315.

1 – Montrez que les tomates peuventt être à la fois un bien de consommation et un bien de production
2 – Layla décide, pour compléter ses revenus, de monter une activité de couturière a domicile.

Listez les biens et services de production dont elle va avoir besoin pour exercer cette activité, et classez-les dans
le tableau ci-dessous.

Biens et services intermédiaires Biens et services de production

Document d’analyse 7 :
Hassan est propriétaire d’un petit restaurant italien dont le plat de pâtes à la carbonara attire de nombreux
clients. Pour réaliser ce plat, il utilise 200 g de pâtes fraîches qu’il achète 22,5 dhs, 250 g de lardons à 12,75 dhs,
4 œufs à 5dhs et enfin de la crème fraîche et du parmesan à 2,5 dhs. Ce plat est ensuite vendu à 100 dhs à ses
clients.

1 – Quel est le montant des biens intermédiaires (consommations intermédiaires) nécessaires à la production des pâtes à la
carbonara ?
2 – Sur les 100 dhs de pâtes, quelle valeur Hassan a-t-il réellement crée ?

Document d’analyse 8 :
Le calcul de la croissance économique repose sur la définition de ce qu’on appelle le produit intérieur brut. Le
PIB est composé de deux parties. La première est la valeur marchande de tous les biens et services qui se
vendent dans un pays pendant une année (pour être précis, il faudrait dire : la valeur ajoutée marchande […]).
On ajoute ensuite à cette valeur marchande une seconde partie, qui est le coût de production des services non
marchands des administrations publiques : l’enseignement public, les services de l’Etat et des collectivités
locales, etc. La création de richesses économiques ainsi mesurée, c'est-à-dire le PIB, est, donc […] un flux de
richesses marchand et monétaire. Quant à la croissance, c’est la progression du PIB, c'est-à-dire la progression
du volume de toutes les productions de biens et de services […] produites par du travail rémunéré.

Source : Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice, Les nouveaux indicateurs de richesses, coll. « Repères », La Découverte, 2007.

Choisissez la ou les bonnes réponses (parfois 3 bonnes réponses sont possibles).

1 – Le produit intérieur brut (PIB) mesure…


a- la production de biens et services marchands et non marchands réalisée par un travail rémunéré.
b- la production de biens et services marchands réalisée par un travail rémunéré.
c- la production de biens et services non marchands réalisée par un travail rémunéré.
41

2 – La croissance économique correspond à…


a- l’augmentation du PIB.
b- l’augmentation de la production de biens et services réalisée par un travail rémunéré.
c- l’augmentation de la production des administrations publiques uniquement.

3 – Le PIB marchand est…


a- la somme des valeurs ajoutées marchandes des différentes unités de production.
b- la somme des chiffres d’affaires des différentes unités de production desquels on a retiré les consommations intermédiaires.
c- la somme des chiffres d’affaires des activités marchandes.

4 – Le PIB non marchand est…


a- la somme des chiffres d’affaires des activités non marchandes des administrations publiques.
b- la somme des coûts de production des activités non marchandes des administrations publiques.
c- la somme des valeurs ajoutées non marchandes des administrations publiques.

5 – Le calcul du PIB est…


a- PIB marchand + PIB non marchand.
b- PIB marchand + somme des coûts de production des services non marchands des administrations publiques.
c- la somme des valeurs ajoutées marchandes + PIB non marchand.

Document d’analyse 9 :
Les aberrations du produit intérieur brut (PIB) sont connues : il augmente en cas de catastrophe naturelle grâce
aux dépenses de reconstruction engagées, mais le coût de la catastrophe, lui, n'est pas comptabilisé. De même,
la progression du PIB est loin d'aller de pair avec l'amélioration des conditions de vie des populations. […]
Quand le prix des loyers en centre-ville s'enflamme, il pousse les citadins vers la campagne. La construction de
nouvelles maisons et les trajets du domicile au travail font progresser le PIB, alors que le temps de transport, un
temps inutile, et les dégradations de l'environnement liées aux déplacements, sont nuisibles. […]. De même, ce
dernier devrait prendre en compte des éléments sans valeur marchande apparente, comme le bénévolat ou le
travail domestique.
Source : Le Monde, 27 février 2009.

1 – Parmi les évènements cités dans ce texte, lesquels contribuent à l’augmentation du PIB ?
2 – Ces évènements sont-ils pour autant favorables au bien être de la population ?
3 – Quelles activités favorables au bien être de la collectivité ne sont pas comptabilisées dans le PIB

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