Compétences Dentaires et Grossesse
Compétences Dentaires et Grossesse
Directeur Co-directeurs
Pr ESSI Marie-José Pr MVE KOH Valère Salomon
Professeure Maître de conférences
Anthropologie médicale Gynécologie Obstétrique
Dr Reine BILLONG
Assistante
Médecine bucco-dentaire
…………………………… Co-directeurs
Membres Pr MVE KOH Valère Salomon
Maître de conférences
…………………………….
Gynécologie Obstétrique
…………………………….
Dr Reine BILLONG
Assistante
Médecine bucco-dentaire
PRÉLIMINAIRES
Préliminaires II
DEDICACES ........................................................................................................................... IV
REMERCIEMENTS ................................................................................................................. V
LISTE DU PERSONNEL ADMINISTRATIF ET ENSEIGNANT DE LA FMSB ..............VII
LISTE DES TABLEAUX ..................................................................................................... XVI
LISTE DES FIGURES ......................................................................................................... XVII
ABREVIATIONS, ACRONYMES & SIGLES................................................................. XVIII
SERMENT D’HIPPOCRATE .............................................................................................. XIX
RÉSUMÉ ................................................................................................................................ XX
SUMMARY ......................................................................................................................... XXII
INTRODUCTION .................................................................................................................... 1
CHAPITRE I : PROBLÉMATIQUE ................................................................................... 4
I.1. JUSTIFICATION ................................................................................................... 5
I.2. QUESTIONS DE RECHERCHE ........................................................................... 5
I.3. HYPOTHESES DE RECHERCHE ........................................................................ 5
I.4. OBJECTIFS ............................................................................................................ 6
I.5. CADRE CONCEPTUEL ........................................................................................ 6
I.6. INTERET DE LA RECHERCHE .......................................................................... 9
I.7. CADRE THEORIQUE ........................................................................................... 9
CHAPITRE II : REVUE DE LA LITTERATURE .......................................................... 10
II.1. RAPPEL DES CONNAISSANCES.................................................................... 11
II.2. ETAT DE LA QUESTION ................................................................................. 26
II.2.1. CONNAISSANCES ..................................................................................... 26
II.2.2. ATTITUDES ................................................................................................ 27
II.2.3. PRATIQUES ................................................................................................ 28
CHAPITRE III : METHODOLOGIE ................................................................................ 31
III.1. TYPE D’ETUDE ............................................................................................... 32
III.2. SITE ................................................................................................................... 32
III.3. DURÉE DE L’ETUDE ...................................................................................... 32
III.4. POPULATION D’ETUDE ................................................................................ 32
III.5. OUTIL DE COLLECTE .................................................................................... 32
Préliminaires III
DEDICACES
REMERCIEMENTS
Au seigneur DIEU Tout-Puissant, sans qui aucune œuvre humaine n’est possible, et pour ses
bienfaits immenses et sa présence manifeste en tout temps dans nos vies.
Au Doyen de la FMSB, le Pr ZE MINKANDE Jacqueline pour le souci sans cesse porté à
notre formation en temps qu’être humain et futur médecin bucco-dentaire humble,
compétent et compétitif. Au corps enseignant et au personnel administratif de la FMSB,
surtout aux enseignants de la filière médecine bucco-dentaire ; pour les efforts fournis, les
sacrifices consentis et le souci permanent de nous assurer une formation de qualité.
Au Pr. ESSI Marie-José, notre maître et directeur de thèse, pour votre encadrement
scientifique, social, intellectuel et pédagogique ; vous avez donné forme et rehaussé ce
travail par votre rigueur. Votre ardeur au travail, votre qualité humaine de même que votre
totale disponibilité malgré vos multiples occupations font de vous un Maître apprécié.
À notre maître et co-directeur de thèse, le Pr MVE KOH Valère Salomon, pour le privilège
de vos critiques constructives, la qualité de vos remarques, la patience face à nos
imperfections de jeune chercheur et pour votre accessibilité et votre caractère paternaliste.
Soyez rassuré cher Maître, de notre profonde gratitude.
À tous les directeurs d’hôpitaux rencontrés, merci pour vos différents accords qui ont permis
d’effectuer ce travail dans vos différentes structures.
À tous les médecins bucco-dentaires qui ont participé de près ou de loin à ce travail, merci
de votre disponibilité et de vos idées reçues lors de nos différents échanges.
Au Dr David González Alarcón pour ton aide inestimable, ta motivation, ta hauteur
scientifique et ton amitié, tout au long de ce travail de recherche pour lequel tu as été l’un
des maillons essentiels.
Préliminaires VI
À notre défunt père M. NGA Jean Paul qui nous a quitté en 6ème année, pour tes qualités de
père et la parfaite éducation que tu m’as donnée. Que ton âme repose en paix.
À ma maman Mme NKOUAMBOU Antoinette pour pour ton grand cœur, pour toute la
dévotion, les efforts, le soutien inconditionnel et les prières adressées à mon endroit pour la
réalisation de ce travail. Aucun mot ne suffirait pour t’exprimer ma gratitude et mon amour.
À mes frères et sœurs : Cédric NGA, Carine NGA et Cyntish NGA pour l’affection, l’amour,
le soutien moral, matériel et financier que vous m’avez toujours octroyé.
À mes oncles et tantes : M. YANKOUA Michel, Me. NGASSAM ELIE, M. KAMTA
Emmanuel, M. OUMAROU MANA, M. KEUSSI Landry, M. NGOUNOU Joël, Mme.
NOUNGUEP Joelle, Mme KOUAMOU Téclaire, Mme NGOUNOU madeleine, Mme.
YOUMBI Marie, Mme NGASSAM Francine. Cousins et cousines : Jakin, Loïc, Rickel,
Idriss, Bertille, hermine, Stéphanie, clarisse, Yannick, pour la confiance, le soutien moral et
financier, les encouragements et l’affection que vous m’avez portés durant cette formation.
Au Dr OUANKOU Christian, Dr TETMOUN Anderson, Mme BOWOUA Colette, Mlle
Tsafack Estelle. À nos ainés académiques, les Docteurs : Delors, Eddy, Felix, Aminou, Bachir,
Chimi, Dimitri, Edgar, Paulin, Idriss, Arnel, Evodie, M. et Mme AFUH, Ngainsi, Rolande,
Roseline, Bakari, Messina pour vos conseils et encouragements.
À ma bien aimée Thidoï Ursula pour l’amour, la patience, l’attention et le soutien sans faille
qui ont été mes sources d’énergie et d’inspiration pour mener à bien ce travail. À mon fils
Emaël Kylian PETIPA pour la joie immense et la chaleur générée dans mon cœur.
À Mes ami(e)s : Marc, Steve, Yvan, Onesiphore, Emmanuel, Samuel, Dany Michaël, Junior,
Cédric, Landry, Harold, Franck, Duval, Victor, Adrian, James, Jordane, Noëlla, Josiane,
Loïca, Estelle, Lolitta, Rita, Carine, Merveille, Audrey, Wendy, Ines, Agnès, Marcelle,
Pacifique, Mical, Laeticia, Adassa, Blandine, Hervée, Kerrene, Vicky, Blessing. Pour votre
soutien et les encouragements. Vous avez contribué à ma croissance et mon épanouissement.
À tous les membres et camarades de Zerca y lejos ONGD, AEMO, CADSA, UN, TYA,
GUILGAL Health center, la grâce, LYPALM qui nous ont soutenu et encouragé tout au long
de notre formation : Trouvez ici notre reconnaissance.
À nos camarades de promotion de toutes les filières confondues, vos engagements ne nous
ont jamais fait défaut. Recevez cette thèse en souvenir des nuits blanches passées ensemble,
merci pour tout.
À nos cadets académiques : Rasphed, Bayik, Michel, Willy, Giresse, Fabrice, Luciane,
Paola,Claudia, Samantha, Lillah, Annie, Tyna, Aurore, Merveille, Nelly ; juste que ce travail
puisse être une source d’inspiration pour la suite de vos études.
À tous ceux, qui de près ou de loin, ont contribué à la réalisation de ce travail. Merci !
Préliminaires VII
1. PERSONNEL ADMINISTRATIF
3. PERSONNEL ENSEIGNANT
CC Informatique Médicale/Santé
BEDIANG Georges Wylfred
Publique
KEMBE ASSAH Félix CC Epidémiologie
KWEDI JIPPE Anne Sylvie CC Epidémiologie
CC Santé Publique/Economie de la
NJOUMEMI ZAKARIAOU
Santé
ABBA-KABIR HAAMIT-M AS Pharmacien
EYEBE EYEBE Serge Bertrand AS Santé Publique/Epidémiologie
AS Santé Publique/Epidémiologie
MBA MAADJHOU Berjauline Camille
Nutritionnelle
MOSSUS Tatiana née ETOUNOU AKONO AS Expert en Promotion de la Santé
NGUIPDOP DJOMO Patrick AS Santé Publique/Epidémiologie
DEPARTEMENT DES SCIENCES MORPHOLOGIQUES-ANATOMIE
PATHOLOGIQUE
SANDO Zacharie (CD) P Anatomie Pathologie
ESSAME OYONO P Anatomie Pathologie
FEWOU Amadou P Anatomie Pathologie
MENDIMI NKODO Joseph MC Anatomie Pathologie
AKABA Désiré CC Anatomie Humaine
BISSOU MAHOP CC Médecine de Sport
KABEYENE OKONO Angèle CC Histologie/Embryologie
NSEME Éric CC Médecine légale
NGONGANG Gilbert Frank Olivier AS Médecine Légale-Expertise
DEPARTEMENT DE BIOCHIMIE
NDONGO EMBOLA épse TORIMIRO MC Physiologie/Biologie
Judith (CD) Moléculaire
MBACHAM Wilfried P Biochimie
AMA MOOR Vicky Joceline MCA Biologie Clinique/Biochimie
PIEME Constant Anatole MC Biochimie
BONGHAM BERINYUI AS Biochimie
GUEWO FOKENG Magellan AS Biochimie
MBONO SAMBA ELOUMBA Esther AS Biochimie
Astrid
DEPARTEMENT DE PHYSIOLOGIE
ETOUNDI NGOA Laurent Serges (CD) P Physiologie
ASSOMO NDEMBA Péguy Brice CC Physiologie
AZABJI KENFACK Marcel CC Physiologie
DZUDIE TAMDJA Anastase CC Physiologie
EBELLA DALLE Ernest Remy Hervé AS Physiologie humaine
DEPARTEMENT DE PHARMACOLOGIE ET DE MEDECINE TRADITIONNELLE
CC Pharmaco-thérapeutique
NGONO MBALLA Rose ABONDO (CD)
africaine
NGADJUI CHALEU Bonaventure P Pharmacie/Phytochimie
NDIKUM Valentine CC Pharmacologie
ONDOUA NGUELE Marc Olivier AS Pharmacologie
Préliminaires XV
P = Professeur
MCA = Maître de Conférences Agrégé
MC = Maître de Conférences
MA = Maître Assistant
CC = Chargé de Cours
AS = Assistant
Préliminaires XVI
SERMENT D’HIPPOCRATE
RÉSUMÉ
Contexte : La prise en charge bucco-dentaire est un domaine vaste qui peut être spécifique pour
des groupes à risque en l’occurrence les femmes enceintes. C’est ainsi qu’elle a très souvent été
occultée par manque de recommandations nationales de bonnes pratiques et par crainte
d’éventuels risques de tératogénicité représentant un défi pour le médecin bucco-dentaire. La
grossesse est un état physiologique caractérisé par d’importantes modifications hormonales et
immunitaires pouvant avoir des répercussions bucco-dentaires chez la femme enceinte. En
France, 57 % des femmes interrogées avaient ressenti un problème bucco-dentaire durant la
grossesse ;[3] mettant en évidence la nécessité pour le médecin buccodentaire (MBD) de
posséder de parfaites compétences vis-à-vis de la prise en charge des affections bucco-dentaires
chez la femme enceinte (FE) pour des soins, à moindre risque.
pratiques. Le lien entre les variables a été évalué à l’aide du test de Chi-2 avec une valeur p˂0,05
considérée comme significative.
Résultats : La population d’étude était constituée de 111 MBD. L’âge moyen était de 32,5 ans
avec un minimum de 24, un maximum de 70 et un écart type de 7,88. Le sex-ratio était de 0,63.
Concernant les connaissances, seulement 8% des MBD avaient un bon niveau de connaissance,
56% avait un niveau moyen, 33% insuffisant et 3% un niveau faible.
Par rapport aux attitudes, elles étaient approximatives pour 55% des MBD, justes pour 36%,
erronées pour 6,3% et néfastes pour 2,7%.
En ce qui concerne les pratiques, 11% avaient des pratiques adéquates, 76% des pratiques
inadéquates et 13% pratiques néfastes.
Plus de la moitié des MBD interrogés (69%) avaient un niveau de compétences moyen vis-à-
vis de la prise en charge de la femme enceinte. 29% avaient un niveau insuffisant, 1% un niveau
faible et juste 9% avaient un bon niveau de compétences.
La majorité des MBD (59%) n’avait jamais suivi une formation continue sur le sujet, et tous
étaient intéressés par une réactualisation des connaissances à ce sujet ; de même que la mise sur
pied d’une politique nationale de PEC de la femme enceinte. De plus, une influence positive
sur le niveau des compétences de santé des professionnels s’est faite ressentir avec une grande
significativité en fonction de la durée d’exercice (0,049) et du lieu d’exercice (0,046).
SUMMARY
Background: Oral care is a vast area that may be specific for groups at risk, namely pregnant
women. This is how it has very often been overlooked for lack of national recommendations
for good practice and for fear of possible risks of teratogenicity representing a challenge for the
oral doctor. Pregnancy is a physiological state characterized by significant hormonal and
immune changes that can have oral and dental repercussions in pregnant women. In France,
57% of the women questioned had experienced an oral problem during pregnancy; highlighting
the need for the oral doctor (OD) to have perfect skills vis-à-vis the management of oral diseases
in pregnant women (PW) for care, at lower risk.
Objectives: Evaluate the level of skills of oral doctors in Yaounde about the care of pregnant
women through their level of knowledge, attitudes and practices.
Methods: This was a cross-sectional and descriptive CAP (Knowledge, Attitudes and
Practices) study, carried out in Yaoundé in 54 dental offices in 3 sectors (public, private and
confessional) over a period of 7 months, from November 17 to May 4, 2020. Including a
collection period from February 5 to April 19, 2020. Recruitment was consecutive; following
list of 85 oral doctors (MBDs) provided by the National Order of Dentists of Cameroon
(ONCDC). The sample size was 111 oral physicians. Data collection was carried out using a
questionnaire administered to MBDs who gave their consent and subdivided into five parts:
socio-professional characteristics, knowledge, attitudes, and expectations of oral physicians.
Data processing was performed using IBM-SPSS version 20.0 statistical analysis software. The
level of knowledge was quantified and returned in 4 levels: low, insufficient, average and good
according to the percentage of correct answers. The quality of the attitudes was reproduced in
verbatim (word-for-word) and qualified as harmful, erroneous, approximate and fair and the
quality of the practices was quantified and returned as harmful, inadequate and adequate. The
health skills were made by comparing the score for knowledge, attitudes and practices. The
relationship between the variables was assessed using the Chi-square test with a p˂0.05 value
considered significant.
Préliminaires XXIII
Results: The study population consisted of 111 MBD. The average age was 32.5 years with a
low of 24, a high of 70 and a standard deviation of 7.88. The sex ratio was 0.63. Regarding
knowledge, only 8% of MBDs had a good level of knowledge, 56% had an average level, 33%
insufficient and 3% a low level.
In relation to attitudes, they were approximate for 55% of MBDs, correct for 36%, erroneous
for 6.3% and harmful for 2.7%.
Regarding practices, 11% had adequate practices, 76% inadequate practices and 13% harmful
practices.
More than half of the MBDs questioned (69%) had an average level of skills in the care of
pregnant women. 29% had an insufficient level, 1% a low level and just 9% had a good level
of skills.
The majority of MBDs (59%) had never undergone continuing training on the subject, and all
were interested in updating knowledge on this subject; as well as the establishment of a national
policy of CEP for pregnant women. In addition, a positive influence on the level of health skills
of professionals was felt with great significance depending on the duration of exercise (0.049)
and place of exercise (0.046).
Conclusion: The oral doctors of Yaoundé had average health skills vis-à-vis the care of
pregnant women. Result of the contrast between an average level of knowledge and attitudes
but practices. Hence the need to enhance the technical platform of dental practices and the
implementation of universal health coverage to overcome the problem of the cost of dental care.
INTRODUCTION
Introduction 2
La prise en charge bucco-dentaire est un domaine vaste qui peut être spécifique pour des
groupes à risque en l’occurrence les femmes enceintes. C’est ainsi qu’elle a très souvent été
occultée par manque de recommandations nationales de bonnes pratiques et par crainte
d’éventuels risques de tératogénicité représentant un défi pour le médecin bucco-dentaire.
La grossesse est un état physiologique caractérisé par d’importantes modifications hormonales
et immunitaires pouvant avoir des répercussions bucco-dentaires chez la femme enceinte ;
favorisant ainsi l’apparition d’épulis gravidique, des gingivites, notamment la gingivite
gravidique pouvant évoluer vers une parodontite et engendrer la perte des dents. Par ailleurs,
les modifications quantitatives et qualitatives de la salive avec l’augmentation de l’acidité et la
chute du pouvoir tampon contribuent à une augmentation du risque d’érosion dentaire, du risque
carieux et à une progression plus rapide des lésions carieuses préexistantes [1]. Sur le plan de
la prévention, la grossesse constitue une période privilégiée pour donner à la mère tous les
conseils nécessaires avant la naissance de son bébé [2].
La carie dentaire affecte de nombreuses femmes enceintes et il a été récemment montré qu’en
France, environ 50 % d’entre elles présentaient au moins une dent cariée non traitée; 57 % des
femmes interrogées avaient ressenti un problème bucco-dentaire durant la grossesse et 20 %
précisaient une douleur dentaire[3] ; mettant en évidence la nécessité pour le médecin
buccodentaire (MBD) de posséder de parfaites compétences vis-à-vis de la prise en charge des
affections bucco-dentaires chez la femme enceinte (FE) pour des soins, à moindre risque.
Dans la même étude Plus de la moitié des femmes (56 %) n’avaient pas consulté de médecin
bucco-dentaire, et seul 26% et 18% l’avaient fait pour une pathologie bucco-dentaire et un bilan
bucco-dentaire respectivement.[3]
Une autre étude réalisée aux Etats unis révélait que seul 22 à 34 % des femmes américaines
consultaient un médecin bucco-dentaire durant leur grossesse. Plus marquant encore, parmi
celles qui présentaient des symptômes bucco-dentaires, seulement la moitié consent à consulter
[4]. Les femmes enceintes américaines interrogées, présentant un contexte socioéconomique
favorable, se rendaient davantage chez leur médecin bucco-dentaire, avec une prévalence de 49
%.[4]
Au Cameroun Les affections bucco-dentaires sont fréquentes chez la femme enceinte.[5] Une
étude menée en 2006 au Cameroun a montré que la pathologie bucco-dentaire de la femme
enceinte était dominée par les caries dentaires (97,3%) de femmes présentaient au moins une
dent cariée), les maladies parodontales et le ptyalisme. Les pathologies parodontales les plus
rencontrées étaient des gingivites dont les gingivites hyperplasiques (46,4%) et les gingivites
catarrhales (26,2%). Le ptyalisme était observé chez 37,2% des femmes.[5]
Introduction 3
CHAPITRE I : PROBLÉMATIQUE
Problématique 5
I.1. JUSTIFICATION
Au cours des dernières années, la santé bucco-dentaire des femmes enceintes a suscité un intérêt
croissant en raison du fait qu'elles n'ont pas toujours accès à des soins de santé bucco-dentaire
pendant leur grossesse, en dépit des preuves qu'une mauvaise santé bucco-dentaire peut avoir
des effets néfastes sur leur santé et celle de leur enfant. De plus, La gestion dentaire
des patientes enceintes nécessite une attention particulière. Les MBD peuvent retarder
certaines procédures électives afin qu'elles coïncident avec les périodes de grossesse consacrées
à la maturation par rapport à l'organogenèse. À d'autres moments, ils doivent modifier leur
arsenal pharmacologique normal pour répondre aux besoins des patients par opposition aux
demandes du fœtus. Les compétences de santé des MBD vis-à-vis de la prise en charge des
ABD chez la femme enceinte, ont rarement été décrits dans la littérature africaine, et au
Cameroun. De plus l’absence de consensus national sur leur prise en charge justifie la
réalisation de la présente étude.
I.2. QUESTIONS DE RECHERCHE
I.2.1. Question principale
Quel est le niveau de compétences des médecins bucco-dentaires de Yaoundé vis-à-vis de la
prise en charge des affections bucco-dentaires chez la femme enceinte ?
I.2.2. Questions secondaires
1- Quel est le niveau de connaissances des médecins bucco-dentaires de Yaoundé vis-à-vis de
la prise en charge des affections bucco-dentaires chez la femme enceinte ?
2- Quelles sont les attitudes des médecins bucco-dentaires de Yaoundé vis-à-vis de la prise
en charge des affections bucco-dentaires chez la femme enceinte ?
3- Quelles sont les pratiques des médecins bucco-dentaires dans les cabinets dentaires de
Yaoundé vis-à-vis de la prise en charge des affections bucco-dentaires chez la femme
enceinte ?
I.3. HYPOTHESES DE RECHERCHE
I.3.1 Hypothèse principale
Un bon niveau de compétences des médecins bucco-dentaires de Yaoundé vis-à-vis de la prise
en charge des affections bucco-dentaires de la femme enceinte va contribuer au bon
déroulement de la grossesse.
I.3.2 Hypothèses Secondaires
1- Un bon niveau de connaissances des médecins bucco-dentaires de Yaoundé vis-à-vis de la
prise en charge des affections bucco-dentaires de la femme enceinte permettra d’éviter des
complications de la grossesse.
Problématique 6
b. Connaissances :
Affections bucco-dentaires en grossesse
Soins bucco-dentaires en grossesse
Risques liés aux médicaments et aux soins
Prise en charge
c. Attitudes :
Abstention thérapeutique
Doute sur la PEC
Recours en cas d’incapacité dans la PEC
Défaut d’information sur la PEC
Collaboration MBD/Gynécologues obstétriciens
d. Pratiques :
Fréquence et motif des visites
IEC
Fréquence des soins
Période des soins
Traitement médicamenteux
Urgence odontologique en grossesse
Référence
e. Recommandations :
Actualisation des connaissances
Amélioration des performances
Politique nationale de PEC de la femme enceinte
Problématique 8
de cette inflammation est liée à l'accumulation de la plaque dentaire sur la gencive. Ce biofilm
progresse rapidement à cause des modifications qui s’opèrent pendant la grossesse et des
mauvaises habitudes de vie (grignotage, tabac, alcool...etc.) [18]. Les signes cliniques associent
la présence d’un œdème de la gencive libre (qui devient lisse et brillante), d'une rougeur (liseré
framboisé autour des dents) et de gingivorragies, provoquées ou spontanées. Elle peut aussi se
manifester malgré une faible présence de plaque sur les faces dentaires (Figure 3).
consistance ferme, indolore (Figure 4). Ces lésions hormonodépendantes saignent facilement
mais ne sont pas douloureuses. Toutefois, elles peuvent devenir gênantes et une exérèse
chirurgicale devra être envisagée. Leur aspect est illustré par la figure 4 ci-après.
de bouche au bicarbonate de sodium, ou bien à défaut un rinçage à l’eau. Les surfaces les plus
touchées sont les faces palatines des incisives et canines maxillaires (Figure 7).
déroulement de la grossesse. Or, les conduites addictives vont potentialiser les effets des
pathologies dentaires sur les complications de grossesse.
II.1.3.3. Maladies parodontales, tabac et grossesse
Les fumeurs sont deux à sept fois plus exposés que les non-fumeurs à développer des maladies
parodontales [31]. En effet, la consommation de tabac a un effet direct sur la bouche puisqu’elle
entraîne un assèchement de la bouche et induit une modification de la quantité et de la qualité
de salive. Provoquant alors, un épaississement des muqueuses. Ces modifications vont favoriser
le développement des caries et des problèmes au niveau des gencives. Le tabagisme peut aussi
aggraver la perte d’attache des dents [32]. Ainsi, le tabac renforce l'infection parodontale
notamment par le biais de la nicotine. La femme enceinte « fumeuse » multiplie par cinq le
risque initial de parodontite. Cet effet, est accentué par la quantité de tabac consommé [31].
Le tabac va également augmenter le risque de développer un diabète. En effet, fumer, entraîne
une élévation du taux d'hémoglobine glyquée. De plus, la nicotine, peut, en plus, provoquer une
hyperglycémie transitoire. Par le tabac, la femme enceinte augmente son risque de développer
un diabète. Le diabète étant lui aussi un facteur de risque dans le développement de parodontite
et dans les effets de la grossesse [31]. Le tabac augmente donc les effets néfastes sur le
parodonte et donc sur la grossesse.
II .1.3.4. Maladies parodontales, alcool et grossesse
L'alcool a les mêmes effets que le tabac sur la cavité buccale. Il entraîne en plus une usure des
dents, une mauvaise haleine ainsi qu'une dégradation importante de la dentition. Quoi qu'il en
soit l'alcool est une substance strictement interdite pendant la grossesse. La consommation d'un
verre seulement pendant la grossesse peut avoir des effets très délétères pour le fœtus [31].
II.1.4. TRAITEMENT DES PATHOLOGIES DENTAIRES AU COURS DE LA
GROSSESSE
II .1.4.1. Organisation de la séance de soins
Les traitements dentaires pourront être effectués pendant toute la grossesse, si l'intervention
paraît nécessaire. Il est tout de même admis que le deuxième trimestre est la période la « plus
sûre ». Cependant, il est important de prendre quelques précautions [34]. Pour limiter la fatigue
et le stress de la patiente, il est conseillé de planifier de courtes séances de soins, d’une trentaine
de minutes maximum. L’installation au fauteuil doit être la plus confortable possible, en
privilégiant la position demi-assise. En effet, dès le 2e trimestre (à partir de la 24e SA
exactement), en décubitus dorsal (ou position horizontale allongée sur le dos), l’utérus peut
réduire le retour veineux en comprimant la veine cave inférieure. Il en résulte une hypotension
maternelle, se manifestant sous forme de vertiges et de sensations de malaise malgré la position
allongée : c’est le syndrome cave, qui toucherait 15 à 20 % des femmes enceintes. Il est donc
Revue de la littérature 20
recommandé de travailler avec la patiente en position semi-assise, en appui sur le côté gauche
grâce à un coussin placé sous sa fesse droite. La hanche droite doit ainsi être rehaussée de 10 à
15 cm et il ne faut pas hésiter à adapter régulièrement cette installation [4]. Le traitement de
première intention consiste en l'apprentissage de l'hygiène bucco-dentaire et le détartrage [33].
Les visites chez le dentiste sont fréquemment reportées après l’accouchement par crainte
d’éventuels effets délétères des soins dentaires sur la grossesse. Il convient d’expliquer aux
femmes enceintes que la plupart des actes bucco-dentaires peuvent se réaliser tout au long de
la grossesse même si le second semestre doit être privilégié, du fait du risque de fausse couche
lors du premier trimestre et de l’inconfort de la position semi-allongée au dernier trimestre.
Cependant, les urgences inflammatoires et infectieuses doivent être traitées sans attendre, quel
que soit le stade de la grossesse [43].
II .1.5.2. Soins parodontaux
Il est recommandé que les patientes enceintes puissent bénéficier d’un examen parodontal, et si
nécessaire d’un détartrage et d’un surfaçage radiculaire, à tout stade de la grossesse. Ces
traitements sont jugés sûrs et efficaces et doivent être entrepris selon les recommandations de
bonnes pratiques [43], Ils améliorent sans aucun doute l’état de santé générale de la patiente et
sa qualité de vie [43].
II.1.5.5. Radiographie
Pendant la grossesse, des examens radiographiques pourront être réalisés. En effet, quand cela
est nécessaire le praticien pourra y avoir recours. L'irradiation buccale est très faible, bien
inférieure aux doses tératogènes. Durant cet examen, la femme devra être munie d'un tablier de
plomb recouvrant son abdomen, dont l’utilisation relève plutôt d'une obligation médico-légale
[38]. La commission internationale de protection radiologique (CIPR) indique que le
radiodiagnostic dentaire « peut être pratiqué sans risque chez la femme enceinte » [38].
Selon l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), les doses efficaces absorbées
par la patiente sont de l’ordre de 1 à 8 μSv pour un cliché intrabuccal, équivalentes à moins
d’une journée d’exposition naturelle, et de 4 à 30 μSv pour une radiographie panoramique
dentaire. Autrement dit, la dose délivrée au fœtus lors de tout examen radiologique dentaire de
routine (de 0,3 à 1 μSv) est inférieure à son exposition naturelle quotidienne (évaluée à 7 μSv).
Puisque le champ d’irradiation reste limité à la sphère buccale et que les doses de rayonnements
ionisants sont faibles, la prise de clichés radiologiques est autorisée à toute période de la
grossesse. La règle d’or en matière de radioprotection (ou principe ALARA) nous demande
néanmoins de limiter le nombre de clichés et de les réserver aux situations où la patiente en
tirera un bénéfice médical direct. L’irradiation doit être optimisée, pour qu’elle soit « aussi
faible que raisonnablement possible » [4]. L’IRSN conseille l’utilisation d’un tablier abdominal
de plomb et d’un collier thyroïdien. Pour les explorations volumiques tridimensionnelles de
type Cône-Beam, la dose efficace est plus complexe à calculer, mais ne dépasse jamais 10 mGy
Revue de la littérature 22
[4]. La dose délivrée au fœtus semble ainsi acceptable, mais en urgence, rares sont les
indications de cet examen 3D chez la femme enceinte. Il paraîtrait donc précautionneux de le
différer après l’accouchement [4].
Tableau III : Recommandations de réalisation des radiographies chez la femme enceinte [4]
Irradiations Autorisées Déconseillées Contre-
indiquées
Radiographies Rétro-alvéolaire X
endo-buccales Rétro-coronaire (bitewing) X
Occlusale (mordu occlusal) X
Bilan long-cône X
Radiographies Panoramique X
exo-buccales Face Basse X
Maxillaire défilé X
(incidence Blondeau,
Hirtz, nez-front-plaque)
Téléradiographie X
Sialographie X (car PCI)
Cône-Beam X
Scanner X
II.[Link]. L'amalgame
L'amalgame est un composé qui est utilisé pour l’obturation des dents. Ce matériel contient de
faible quantité de mercure qui passe la barrière transplacentaire. Théoriquement, il est sans
danger pendant la grossesse, mais il est préférable de ne pas utiliser ce type de matériaux
pendant la grossesse [8].
Revue de la littérature 26
contenu éducatif dans certains domaines des connaissances ainsi que les efforts d’améliorer
l'attitude des étudiants en médecine dentaire devrait être envisagée [50].
En Afrique
En Algérie en 2016, une étude descriptive prospective sur 27 femmes enceintes avait été menée
sur le profil clinique et épidémiologique des maladies parodontales chez la femme enceinte au
niveau du service de parodontologie du centre hospitalier universitaire de Tlemcen. L’objectif
était de décrire le profil clinique et épidémiologique des pathologies parodontales chez la
femme enceinte. Les sujets étaient âgés entre 21 et 40 ans avec une moyenne d’âge de
27,85±1,044 ans. Chez les femmes enceintes tous les groupes d’âge de grossesse ont été
représentés selon la répartition suivante : 11% pour le premier trimestre, 67% pour le deuxième
et 22% pour le troisième. Le motif de consultation le plus représenté est le saignement gingival
(63%), avec une hygiène bucco-dentaire moyenne PI=2 (48.1%). 55% des cas représentent des
gingivites, alors que 45% sont des parodontites. La fréquence et les répercussions possibles des
maladies parodontales sur la grossesse faisaient de la prévention et du traitement de ces
pathologies un véritable enjeu de santé publique [52].
II.2.2. ATTITUDES
En Europe
En Espagne en 2014 une étude avait été entreprise pour déterminer le niveau général de
connaissances, d'attitudes et de pratiques en soins dentaires cliniques des femmes enceintes. Il
s'agissait d'une étude descriptive transversale sous la forme d'une enquête structurée et anonyme
réalisée par des dentistes à Murcie (sud-est de l'Espagne). Le questionnaire avait été envoyé par
e-mail et a examiné les connaissances et les attitudes des dentistes à l'égard des différentes
procédures dentaires applicables aux femmes enceintes. Le taux de réponse au questionnaire
était de 60%. La grande majorité des dentistes (81,3%) avait convenu que les soins bucco-
dentaires devraient faire partie des soins de santé généraux pour les femmes
enceintes. Cependant, des écarts ont été constatés dans les connaissances et les attitudes à
l'égard de la pratique [47].
En Amérique
Aux États unis d’Amérique en 2012, une étude avait été réalisée sur la perception des dentistes
quant aux obstacles à la prestation de soins dentaires chez les femmes enceintes. L’objectif de
l’étude était de comprendre les attitudes, les connaissances et les pratiques en matière de soins
dentaires pour les femmes enceintes et de déterminer l’impact des récents articles sur la santé
bucco-dentaire et grossesse et les directives largement diffusées. Un sondage avait été mené
auprès de 1 604 dentistes généralistes en Oregon ; 55,2% avaient répondu. Les résultats faisaient
état de ce que : -Les obstacles perçus par le dentiste ont l'effet direct le plus fort sur la pratique
Revue de la littérature 28
actuelle et pourraient être le facteur le plus important dissuadant les dentistes de prodiguer des
soins aux patientes enceintes. Six attitudes (obstacles perçus) étaient associées à la prestation
de moins de services dentaires : temps, économie, compétences, soins dentaires, résistance du
personnel et pression des pairs. Le modèle final montrait un bon ajustement avec un chi carré
de 38,286 (p= 12, n = 772, df = 52) et un indice d'ajustement normalisé de Bentler-Bonett de
.98, CFI = .993. L'erreur quadratique approximative était de 0,02. Les résultats suggéraient que
les attitudes sont des déterminants importants de la pratique courante. Des approches
multidimensionnelles étaient nécessaires pour accroître l'accès aux soins dentaires et protéger
la santé bucco-dentaire des femmes pendant la grossesse [48].
Au Canada en 2012 une étude avait été menée sur : comment les praticiens en soins dentaires
et prénatals perçoivent-ils les soins dentaires pendant la grossesse ? Données probantes
actuelles et implication. Le but de cette étude était de passer en revue les connaissances,
attitudes et comportements des praticiens des soins dentaires et prénatals concernant les soins
de santé bucco-dentaire pendant la grossesse. Cette revue a examiné toutes les études publiées
en anglais qui ont exploré les connaissances, l'attitude, le comportement et les obstacles
rencontrés par les dentistes, les médecins généralistes, les sages-femmes et les gynécologues
obstétriciens en ce qui concerne les soins de santé bucco-dentaire pendant la grossesse. Les
résultats faisaient état de ce que bien qu'ils reconnaissent l'importance de la santé bucco-dentaire
maternelle, de nombreux dentistes ne sont pas certains de la sécurité des procédures dentaires
et hésitent à traiter les femmes enceintes. Ainsi Il n'y avait pas de véritable consensus parmi les
dentistes et les praticiens en soins prénatals en ce qui concerne les soins de santé bucco-dentaire
pendant la grossesse. Ce problème a un effet dissuasif important pour les femmes enceintes qui
demandent des soins dentaires. Des directives de pratique en santé bucco-dentaire périnatale
sont nécessaires pour que les professionnels de la santé mettent l'accent sur cet aspect important
des soins prénatals. [49].
II.2.3. PRATIQUES
En Europe
En France en 2012, une étude a été menée sur l’enquête de la prise en charge de la femme
enceinte au cabinet dentaire. L’objectif de cette étude était d’analyser à l’aide d’un
questionnaire les connaissances et les pratiques des chirurgiens-dentistes concernant la prise en
charge bucco-dentaire de la femme enceinte. Ce questionnaire portait sur la relation entre les
infections bucco-dentaires et les complications de la grossesse, ainsi que sur l’attitude des
praticiens quant à la réalisation des soins pendant la grossesse, ainsi que leur formation dans ce
domaine. Le questionnaire a été distribué à 613 praticiens, le taux de participation était de 42%,
avec 259 réponses. Les résultats indiquaient que 53,9% des patientes enceintes ne sont pas
Revue de la littérature 29
adressées par un professionnel de la grossesse. Seulement 59,8% des praticiens pensaient que
l’anesthésie dentaire n’est pas contre-indiquée. La majorité d’entre eux réalisaient durant toute
la période de la grossesse la motivation à l’hygiène (90,7%), le drainage d’un abcès (82,2%), le
détartrage (76,1%), la pose d’une contention (74,1%), les soins de caries (70%) et la prothèse
amovible (67,2%) [45]. En outre, la plupart des praticiens estimaient que la période la plus
propice pour les soins est le deuxième trimestre ou après la grossesse. Ces résultats indiquaient
l’existence d’une inadéquation entre la prise en charge des femmes enceintes et les données
acquises de la science. Par ailleurs, les résultats soulignaient la nécessité de renforcer la
formation initiale des étudiants en chirurgie dentaire, mais aussi de développer la formation
continue des praticiens sur ce sujet [45].
En Asie
En Inde en 2015, une étude avait été menée sur la coalition d'attitudes et de comportements de
pratique parmi les praticiens dentaires concernant la santé bucco-dentaire des patientes
enceintes et la perception des patientes enceintes envers la santé bucco-dentaire à Pondichéry
et dans les environs. Cette étude visait à évaluer les connaissances, l'attitude, les comportements
de pratique chez les dentistes généralistes et à évaluer la perception de la santé bucco-dentaire
par les patientes enceintes à Pondichéry et dans les environs à l’aide d’un questionnaire auto-
conçu et structuré a été utilisé pour obtenir des informations auprès du dentiste et des patientes
enceintes. La majorité des dentistes avaient un manque de connaissances, d'attitudes, de
comportements de pratique concernant la santé bucco-dentaire de la patiente enceinte et de la
même manière, la perception de la patiente enceinte envers la santé bucco-dentaire était
mauvaise [51].
En Afrique
Au Nigéria en 2013 une étude transversale a été menée sur la perception des étudiants diplômés
en médecine sur la santé bucco-dentaire des enfants et de la mère dans une institution tertiaire
sélectionnée dans la partie sud du Nigéria. L’objectif était d’évaluer les connaissances des
étudiants diplômés en médecine sur la santé bucco-dentaire maternelle et infantile. Les
connaissances des participants sur l'étiologie des caries dentaires, la gingivite et les soins de
santé bucco-dentaire préventifs et les comportements associés aux caries de la petite enfance
ont été évaluées. Il y avait 166 participants avec un âge moyen de 25,4 (+/- 3,0) ans, entre 20
et 45 ans. Plus de 80% connaissaient les rôles de l'alimentation et des bactéries dans l'étiologie
des caries dentaires. L'importance du contrôle dentaire pendant la grossesse et l'association
entre les maladies bucco-dentaires chez la femme enceinte et la santé du nourrisson étaient
connues respectivement de 63,3% et 51,8%. De plus, l'importance de l'âge à la première visite
et la fréquence des visites dentaires de routine chez un enfant étaient connues respectivement à
Revue de la littérature 30
40,4% et 54,8%. La base de connaissances des diplômés en médecine sur le thème de la santé
bucco-dentaire maternelle et infantile était insuffisante [53].
Au Cameroun
En 2006 une étude avait été réalisée sur Les affections bucco-dentaires fréquentes chez la
femme enceinte. Le but de cette étude était d’analyser les affections bucco-dentaires de la
femme enceinte camerounaise, afin d’organiser une campagne de sensibilisation. Ont été
retenues dans l’étude les femmes avec une grossesse cliniquement confirmée, acceptant d’en
faire partie. La pathologie bucco-dentaire de la femme enceinte dans notre milieu était dominée
par les caries dentaires, les maladies parodontales et le ptyalisme. 97,3% de femmes
présentaient au moins une dent cariée. Les pathologies parodontales les plus rencontrées étaient
des gingivites dont les gingivites hyperplasiques (46,4%) et les gingivites catarrhales (26,2%).
Le ptyalisme était observé chez 37,2% des femmes. Cette pathologie, riche et variée, ne
présentait pas de spécificité locale, mais méritait d’être connue pour une meilleure prise en
charge [4].
Au vu de tout ce qui précède, nous allons suivre pour cette étude la méthodologie ci-après.
Méthodologie 31
III.6. PROCEDURE
La collecte des données s’est faite à l’aide d’un questionnaire préétabli, administré en 25 min
composé de 47 questions organisées en 5 rubriques : les données socioprofessionnels, les
connaissances, les attitudes, les pratiques et une rubrique à questions ouvertes sur les attentes
faites au Ministère de la santé (MINSANTE), aux hôpitaux et à eux-mêmes. Les médecins
bucco-dentaires remplissant les critères d’inclusions, les objectifs et la procédure de l’étude leur
étaient expliqués, une demande de consentement éclairé leur avait été remise et nous avons
veillé à ce que celle-ci soit visée avant de remplir notre questionnaire.
III.7. ANALYSE DES DONNEES
Après regroupement des variables recueillies, l’entrée des données a été faite à l'aide du logiciel
d’analyse statistique IBM-SPSS (International Business Machine-statistical package for the
social sciences) version 20.0 pour Windows. Concernant la gestion des données, elles ont été
transcrites puis saisies sur un ordinateur pour permettre leur exploitation à partir des grilles
d’analyse. Les grilles de cotations des données ont été faites. Pour évaluer le niveau global des
CAP, les informateurs ont répondu aux 10 questions de la partie connaissance, 9 questions de
la partie attitude et aux 12 questions de la partie pratique. L’analyse des données a suivi le
canevas de l’analyse des données sur l’enquête CAP [39]. Ensuite le pourcentage de bonnes
réponses a été calculé et reparti comme suit :
En ce qui concerne le score de compétence, et le niveau de connaissances, d’attitudes et de
pratiques ; pour des questions à une réponse possible : chaque meilleure réponse sur le
questionnaire valait 4 points, chaque réponse juste valait 3 points, chaque réponse
approximative valait 2 points, chaque mauvaise réponse 1 point et aucune réponse valait 0 point.
Pour des questions à choix multiples, l’ensemble de bonnes réponses valaient 4 points, une
partie des bonnes réponses valait 3 points, une partie de bonnes réponses associée à une
mauvaise réponse égal 2 points, les réponses fausses égal 1 point et aucune réponse égal 0 point.
Le niveau de connaissances était quantifié et restitué en 4 niveaux : faible, insuffisant, moyen
et bon selon le pourcentage de bonnes réponses. La qualité des attitudes était restituée en
verbatim (mot-à-mot) et qualifié en néfastes, erronées, approximatives et justes. La qualité des
pratiques était quantifiée et restituée en néfastes, inadéquates et adéquates. (Tableau VII)
Méthodologie 34
CHAPITRE IV : RESULTATS
Résultats 36
IV.1. RECRUTEMENT
4 refus de consentement
5 questionnaires non
achevés
Le taux de participation à notre étude était de 92,5%, les hôpitaux et cabinets dentaires dans
lesquelles s’est déroulé l’étude sont consignés dans le tableau VIII ci-après.
Résultats 37
Les détails des MBD recrutés dans ces structures sanitaires sont représentés ci-après.
Résultats 38
La majorité des MBD (82,88%) avait moins de dix années d’exercice ainsi que la majeure partie
(80%) avait eu une durée de formation supérieure ou égale à 7ans ; parmi ces derniers 71,17%
avait été formé au Cameroun. Enfin les lieux d’exercices majoritairement représentés étaient
les milieux hospitaliers publics et les cabinets dentaires privés où exerçait 87,3% de la
population d’étude. Ayant pour objectif d’évaluer les compétences de santé de cette population,
nous avons débuté par l’évaluation de leur niveau de connaissances.
IV.3. CONNAISSANCES
L’évaluation du niveau de connaissances des informateurs s’est faite suivant les composantes
ci-après : les affections bucco-dentaires (ABD) en grossesse, les risques des ABD et soins
bucco-dentaires sur la grossesse et les traitements adaptés pour les ABD en grossesse. Les
données relatives aux affections bucco-dentaires des plus évoquées aux moins évoquées en
grossesse sont contenues dans la figure 9 ci-après.
Résultats 39
n=111
73 %
60,4% 59,5%
49,5% 49,5%
29,7%
24,3%
15,3%
Gingivite Saignements Parodontite Epulis Carie dentaire Aphtes buccal Sensibilité Fractures
gravidique gingivaux gravidique dentaire dentaires
Toutes ces données ont permis de calculer le niveau de connaissances des participants en
sommant les notes à eux attribuées à chaque question. Il est illustré dans la figure 10 ci-dessous :
8%
n=111
3%
Faible
33% Insuffisant
Moyen
Bon
56%
Concernant les réactions des participants face à une femme enceinte souffrant d’une ABD, 37%
affirmaient qu’ils prennent personnellement en charge le cas tandis que 33% prennent en charge
comme tout autre pathologie et 26% suivent leurs patientes 2 fois plus que dans tout autre
pathologie. Une minorité de 4% s’abstenait de toutes PEC. Plus de la moitié des participants
(65%) étaient plus à l’aise à référer leurs patientes enceintes vers un confrère plus expérimenté
ou un parodontologiste en cas de difficulté dans la PEC.
La prise en charge de la femme enceinte étant multidisciplinaire, les informateurs ont donné
leurs avis sur la collaboration entre les MBD et les gynécologues obstétriciens. Plus de la moitié
des participants (59,5%) estimaient que dans notre contexte la collaboration entre MBD et
gynécologues obstétriciens est à améliorer tandis que 27% affirmaient qu’elle est inexistante.
Toutes ces données ont permis de calculer le niveau d’attitudes des participants en sommant les
notes à eux attribuées à chaque question. Il est illustré dans la figure 11 ci-après :
2,70% n=111
6,30%
36%
Néfaste
Erronée
Approximative
55% Juste
à 5 femmes enceintes par trimestre, 27,9% en recevaient 6 à 10 tandis que 10,8% recevaient
plus de 10 femmes enceintes par trimestre et environ 1% n’en recevait pas. De plus 90,1% des
participants conseillaient à leurs patientes d’effectuer un suivi bucco-dentaire durant leur
grossesse et 80,2% informaient systématiquement des éventuelles conséquences buccales de la
grossesse. Les motifs de consultations et conseils prodigués sont représentés dans le tableau
XVI ci-dessous.
Tableau XIII : Motifs de consultation fréquents et conseils prodigués
Variables(n=111) Modalités n(%)
Douleur dentaire 105(94,6)
Raison parodontale 54(48,6)
Bilan adressé par médecin, gynécologue 12(11,17)
Motifs de consultation Bilan auto demandé 11(9,9)
Autres 2(1,8)
Raison prothétique 1(0,9)
Brossage biquotidien 97(87,4)
Visite bucco-dentaire trimestrielle 68(61,3)
Détartrage 59(53,2)
Conseils prodigués aux Traitement des caries 58(52,3)
femmes enceintes Eviction grignotage 53(47,7)
Eviction brossage après vomissement 22(19,8)
Bain de bouche antiseptique 20(18)
Fluor topique 19(17,1)
Bain de bouche après vomissement 19(17,1)
Dans le but de prévenir la survenue des ABD en grossesse, la majorité des participants
prodiguaient des habitudes préventives à leurs patientes. Les urgences dentaires étaient
prédominantes en consultation (89,2%) et 94,6% des informateurs affirmaient qu’elles sont
représentées par la douleur dentaire et seulement 21,7% recevaient les patientes pour des bilans
bucco-dentaires. (Figure 12)
72,1% n=111
47,7%
43,2%
30,6%
22,5%
17,1% 16,2% 18,1%
13,5%
9,9% 8,2%
0,9%
supplémente plus. Parmi ces derniers, 40,5% affirmaient que ce n’est plus recommandé, 24,4
estimaient qu’il n’existe pas de bénéfice pour le fœtus, pour 14,2% l’apport alimentaire est
suffisant ; enfin 9,3% évoquaient un risque de surdosage. La prescription de médicament chez
la femme enceinte étant toujours « à risque » du fait du risque de tératogénicité et fœtotoxicité.
La PEC médicamenteuse a été également évaluée chez les informateurs afin de recueillir la
fréquence de prescription des médicaments aux femmes enceintes. Ils sont représentés dans le
tableau XIV ci-dessous.
Tableau XIV : Fréquence de prescription des médicaments
Variables(n=111) Modalités Souvent Parfois Rarement Jamais
Antalgiques Dérivés codéinés 8% 10% 18% 64%
Paracétamol 86% 11% 2% 1%
Anti- Acide acétylsalicylique 4% 3% 13% 80%
inflammatoires Ibuprofène 1% 10% 12% 77%
Corticoïdes 2% 6% 13% 79%
Antibiotiques Amoxicilline 83% 13% 2% 2%
Amoxicilline + AC* 70% 14% 8% 8%
Clindamycine 3% 10% 21% 66%
Métronidazole + 15% 20% 19% 46%
spiramycine
Pristinamycine 2% 5% 12% 81%
Tétracycline 0% 3% 5% 92%
AC* : Acide clavulanique
A propos des antalgiques, le médicament le plus prescrit était le paracétamol (97%) et le moins
prescrit était les dérivés codéinés (84%) malgré qu’elles ne constituent aucun risque en
grossesse. Les anti-inflammatoires étaient faiblement prescrits bien qu’une minorité (7%)
prescrivait parfois l’acide acétylsalicylique et l’ibuprofène pourtant ils sont formellement
contre-indiqués même à faible dose, et les corticoïdes n’étaient jamais prescrits par la majorité
(92%) malgré qu’ils soient indiqués en grossesse.
A propos des antibiotiques, les macrolides (clindamycine et pristinamycine) et métronidazole
+ spiramycine étaient très peu prescrits (20% et 35% respectivement) or ils sont indiqués en
grossesse. Il est également à noter que 8% des participants prescrivaient quelques fois de la
tétracycline à leurs patientes enceintes malgré leur contre-indication.
Les traitements dentaires peuvent être effectués pendant toute la grossesse, quoi qu’il convient
d’expliquer aux femmes enceintes que la plupart des actes bucco-dentaires doivent se réaliser
à des trimestres précis. Les informateurs ont énoncé les soins dentaires propices par périodes
de grossesse. (Tableau XV ci-contre)
Résultats 45
n=111
58,6%
40,5%
17,1% 14,4%
6,3% 6,3%
En cas d’incapacité vis-à-vis de la PEC, 17% des MBD avaient une pratique qui dépendait de
la présence d’une grande structure sanitaire non loin de la leur. Ces pratiques sont contenues
dans le tableau XVI suivant.
Seul 2% des enquêtés s’abstenaient de PEC et référaient directement vers une autre structure
sanitaire. Toutes ces données ont permis de calculer le niveau de pratiques des participants en
sommant les notes à eux attribuées à chaque question. Il est illustré dans la figure 14 ci-après :
n=111
11% 13%
Néfaste
Inadéquate
Adéquate
76%
1%
n=111
9%
21%
Faible
Insuffisant
Moyen
Bon
69%
La majorité des participants (78%) avait un niveau de compétences moyen, tandis que 29%
avaient un niveau insuffisant et juste 9% avaient un bon niveau. La distribution de ces
compétences en fonction du profil socio-professionnel des MBD a été évaluée dans le tableau
XVII suivant.
Résultats 48
Une influence positive sur le niveau des compétences de santé des professionnels s’est faite
ressentir avec une grande significativité en fonction de la durée d’exercice (p=0,049**) et du
lieu d’exercice (p=0,046**). Dans le but de trouver des raisons ou des éléments explicatifs et
comparatifs à ces résultats nous les avons discutés par la suite.
Discussion 49
CHAPITRE V : DISCUSSION
Discussion 50
Les MBD omnipraticiens constituaient 95,5% de la population tandis que les spécialistes
représentaient 4,5% ce qui représente sensiblement la moitié du pourcentage retrouvé dans
l’étude menée en 2015 au Cameroun qui montrait que moins d’un dixième (7,9%) des MBD au
Cameroun étaient des spécialistes. Ce qui s’expliquerait par l’augmentation du nombre de MBD
omnipraticiens pendant ces 6 dernières années au Cameroun et l’absence de cycle de
spécialisation pour les MBD au Cameroun. [54]
La majorité des MBD (82,88%) avait moins de dix années d’exercice contrairement à l’étude
mené au Cameroun en 2018 qui montrait que plus de la moitié des MBD (51%) avaient plus de
10 ans d’expérience [56]. Ce résultat contraire s’expliquerait par la croissance du nombre de
MBD nouvellement formés au Cameroun ces 6 dernières années. De plus l’ONCDC est passé
d’un effectif de 178 membres en 2014 à 830 en 2020.
La majorité des MBD (71,17%) avait été formée au Cameroun, ceci s’expliquerait par le fait
que depuis 2007 le gouvernement Camerounais s’investi dans la formation d’au moins 25
nouveaux MBD par an. De plus on est passé d’un effectif de 48 MBD formés au Cameroun en
2011 à 490 en 2019 [54]. Enfin selon le contexte historique avant 2007 tous les MBD au
Cameroun étaient formés à l’étranger.
Une durée de formation de 7ans chez 73% de la population d’étude corrobore avec le fait que
71,17% d’entre eux ont été formé au Cameroun où la formation en médecine bucco-dentaire
dure 7 ans.
Les milieux publics et privés étaient les plus représentés à 44,14% et 43,24% respectivement.
Ce résultat est semblable à celui retrouvé en 2015 au Cameroun soit 40% dans le secteur public
et 47,2% dans le privé [54]. Comme le gouvernement camerounais recueille en moyenne 30
MBD par an, le reste exercera dans le secteur privé dans les grandes villes. Tandis qu’en France
en 2019, 84,5% des MBD étaient en activité libérale. [57] Ayant pour objectif
d’évaluer les compétences de santé de cette population, nous avons débuté par l’évaluation de
leur niveau de connaissances.
V.3. CONNAISSANCES
Les manifestations bucco-dentaires fréquemment évoquées par les participants étaient d’ordre
parodontal à l’occurrence : la gingivite gravidique par 73%, les saignements gingivaux par
60,4% et les parodontites par 59,5%. Ce résultat est similaire à celui trouvé en 2006 au
Cameroun dans le cadre de la santé bucco-dentaire de la mère et de l’enfant. Les pathologies
parodontales les plus rencontrées étaient les parodontites soit 74,3% ; suivi des gingivites
(72,6%). Les épulis gravidiques étaient observées chez 4,4% des femmes enceintes [5]. Tandis
que 97,3% de femmes présentaient au moins une dent cariée ce qui est largement supérieur à
ce retrouvé dans l’étude ; dans laquelle la carie dentaire était évoquée par 49,5% des MBD [5].
Discussion 52
Ce qui s’expliquerait par la prévalence élevée des manifestations parodontales chez les femmes
enceintes dans les données de la littérature. Ces affections et les modalités de leurs soins
peuvent représenter des risques pour la grossesse. Ainsi, la quasi-totalité des participants (97%)
approuvaient qu’une infection bucco-dentaire représente un risque en grossesse ce qui est
légèrement supérieur à ceux trouvés dans l’étude menée en 2012 en France où 84,9% des
participants pensaient qu’une infection bucco-dentaire présente un risque pour la grossesse.
[12] Les principaux risques cités étaient la menace d’accouchement prématuré (81,5%), et la
prééclampsie par (28,7%) ce qui est supérieur à ceux trouvés dans l’étude menée en 2012 en
France dans laquelle la menace d’accouchement prématuré était citée par 53,6% et le risque de
prééclampsie par 14,1% des praticiens. Néanmoins la naissance d’enfants prématurés de faible
poids était évoquée par 40,7% des enquêtés et 45% dans celle menée en France en 2012 [12].
Ces résultats reflétaient la réalité décrite dans la littérature dans laquelle les manifestations
obstétricales fréquentes sont : la menace d’accouchement prématuré et la prééclampsie.
A propos de la radiographie bucco-dentaire juste une minorité soit 13,5% affirmait que la
radiographie dentaire n’expose pas la femme enceinte à un risque car les doses d’irradiation
utilisées sont très faibles. Ce résultat est très inférieur à celui obtenu en France 2016 où 43,5%
ont estimé que la dose d’irradiation émise lors d’une radiographie était trop faible pour
engendrer un risque. Moins de la moitié (48,6%) des MBD ont estimé que la radiographie ne
représentait aucun risque uniquement si la précaution de mettre un tablier de plomb à la patiente
était prise comparée à 63% dans l’étude sus-citée. [58] 62,2% ont déclaré que la radiographie
pouvait être responsable de malformations fœtales comparé à 28,5% dans l’étude sus-citée et
9% ont déclaré que la radiographie pouvait provoquer une fausse couche comparée à 2,5% dans
l’étude comparative [58]. Ce résultat s’expliquerait par le fait que l’utilisation de la radiographie
dentaire en complément de diagnostic est inférieure dans notre contexte comparé à l’Europe en
raison des coûts élevés de ceux-ci. Selon l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire
(IRSN), les doses efficaces absorbées par la patiente sont de l’ordre de 1 à 8 μSv pour un cliché
intrabuccal, équivalentes à moins d’une journée d’exposition naturelle, et de 4 à 30 μSv pour
une radiographie panoramique dentaire. Autrement dit, la dose délivrée au fœtus lors de tout
examen radiologique dentaire de routine (de 0,3 à 1 μSv) est inférieure à son exposition
naturelle quotidienne (évaluée à 7 μSv). [4]
Seulement 31% des MBD ont reconnu l’existence d’un risque de l’anesthésie bucco-dentaire
sur la grossesse comparée à 44% retrouvé dans l’étude menée en 2012 en France ; dans la même
étude 55% des participants estimaient que l’anesthésie bucco-dentaire ne présente aucun risque
en grossesse comparé à 37% dans notre étude. [12] Aussi 31% estimaient que ce risque existe
uniquement s’il y’a adjonction de vasoconstricteur. Il semblerait donc que la réticence des MBD
à utiliser l’anesthésie locale avec vasoconstricteur soit liée au terme de la grossesse en lien avec
Discussion 53
cas d’urgence ; résultat similaire dans l’étude susmentionnée [58]. Or la littérature a clairement
établi que les soins bucco-dentaires sont réalisables pendant toute la durée de la grossesse et
que les pathologies dentaires non traitées peuvent avoir un effet délétère sur le déroulement de
la grossesse et sur le bien être fœtal. Le ressenti des MBD était pour 71% de la confiance ; ceci
s’expliquerait par le fait que 96% des participants avaient reçu des enseignements sur le sujet
durant leur formation initiale ; de ce fait se disaient capables de prendre en charge les femmes
enceintes de manière efficiente.
Concernant les réactions des participants face à une femme enceinte souffrant d’une ABD, 37%
affirmaient qu’ils prennent personnellement en charge le cas, 26% suivent leurs patientes 2 fois
plus que dans tout autre pathologie. Ce résultat résulterait du fait qu’ayant conscience des
risques encourus par leurs patientes enceintes, les praticiens les abordaient avec plus d’attention
que les autres patients ceci dans le but d’effectuer une PEC précautionneuse. Tandis que 33%
prennent en charge comme tout autre pathologie. Des incapacités dans cette PEC ont été
énoncées. En cas d’incapacité dans la PEC d’une patiente souffrant d’ABD en grossesse, 17%
des MBD avaient une attitude qui dépendait de la présence d’une grande structure sanitaire non
loin de la leur ; capable de réagir promptement en cas de complications pendant le soins. Parmi
eux 68,4% font une PEC initiale suivi de la référence, 10,5% font une PEC d’emblée, 5,3%
effectuent une référence d’emblée et 5,2% agissent selon le cas en présence. Ce résultat
s’expliquerait par le fait qu’un bon nombre de cabinets dentaires de la ville de Yaoundé ont un
faible plateau technique, ne permettant pas aux praticiens de prendre en charge efficacement
les patientes enceintes. Plus de la moitié des participants (61%) étaient plus à l’aise à référer
leurs patientes enceintes vers un confrère plus expérimenté en cas de difficulté dans la PEC,
21% référaient chez un gynécologue, 4% chez un parodontologiste et 8% ne faisaient aucun
recours. Ce qui s’expliquerait par le fait que la majorité des enquêtés soit consciente que les
ABD en grossesse doivent être pris en charge par le MBD et font recours à plus expérimentés
qu’eux lorsqu’ils sont en incapacité.
La majorité des participants (59,5) avait estimé que pour une PEC multidisciplinaire efficace e
la collaboration entre MBD et gynécologues obstétriciens est à améliorer dans le contexte qui
est le nôtre. Ce résultat est très supérieur à celui retrouvé dans une étude menée en France en
2015 en France qui était de 17% [44]. Par contre 13,5% estimaient qu’elle est satisfaisante et
27% qu’elle est inexistante, ces résultats sont à l’opposés de ceux obtenus dans l’étude suscitée
qui avait trouvé que 60% des participants estimaient que cette collaboration est inexistante et
aucune personne ne la trouvait satisfaisante [44]. Ce résultat démontre la faiblesse de la
collaboration entre gynécologue et MBD dans la PEC bucco-dentaire de la femme enceinte.
Pourtant, une meilleure coordination des professionnels de santé au sein du parcours de soins
Discussion 56
de la patiente, pourrait amener à un meilleur suivi et une meilleure prise en charge bucco-
dentaire, enjeu majeur de santé publique.
Plus de la moitié des médecins bucco-dentaire (55%) avait un niveau d’attitudes approximatif
tandis que 36% avaient des attitudes justes ; 6,3% avaient des attitudes erronés et 2,7% avaient
des attitudes néfastes. Ce résultat est inférieur à celui retrouvé en 2019 en Iran où les étudiants
seniors avaient des attitudes justes pour 61% et approximatives pour 21% ceci s’expliquerait
par une probable meilleure perception des soins dentaires en Iran et d’une grande considération
pour la santé des femmes enceinte par rapport à notre contexte [50]. Apres l’évaluation des
attitudes l’évaluation des pratiques a été faite.
V.5. PRATIQUES
En ce qui concerne la fréquence de PEC des femmes enceintes au cabinet dentaire, 64% des
praticiens recevaient souvent des femmes enceintes en consultation, 28,8% en recevaient
parfois, 7,2% en recevaient rarement et aucun n’en recevait jamais. Ce résultat est similaire à
l’enquête menée en France en 2016 dans laquelle plus de la moitié des dentistes (57%)
estimaient recevoir « souvent », 35,5% « parfois », et 7,5% « rarement » des femmes enceintes
en consultation et aucun dentiste n’avait déclaré ne jamais recevoir de femme enceinte à son
cabinet dentaire. [58] Parmi ces 7,2%, qui en recevaient rarement, 87,5% affirmaient que c’est
parce qu’elles ne viennent pas en consultation dans leur cabinet et 12,5% parce qu’ils
appréhendent les complications suite aux soins. Ce résultat est similaire à celui trouvé par en
France 2016 [58] dans laquelle 45,7% estimaient que ces patientes ne viennent pas consulter
dans leur cabinet et 5,7% ne souhaitaient pas les prendre en charge par peur d’éventuelles
complications obstétricales. Ce résultat s’expliquerait par le fait que, depuis 2010 en France
une consultation bucco-dentaire de prévention au 4ème mois est préconisée par l’HAS à toutes
les femmes enceintes, et depuis 2014 cette consultation est prise en charge à 100% par la
sécurité sociale. Or dans notre contexte, les soins bucco-dentaires sont encore mal perçus auprès
des femmes enceintes qui estiment qu’ils sont à différer après la grossesse et très peu de
professionnels de la grossesse recommandent à leurs patientes un bilan bucco-dentaire.
La majorité des participants (60,4%) recevait en moyenne 1 à 5 femmes enceintes par trimestre,
27,9% en recevaient 6 à 10 tandis que 10,8% recevaient plus de 10 femmes enceintes par
trimestre et environ 1% n’en recevait pas. Ce qui est très loin du résultat obtenu en 2011 aux
Etats unis où la moyenne par trimestre était à 24 femmes enceintes. [59] Ceci s’expliquerait par
le fait que les MBD exerçant dans les structures hospitalières dotées d’un service de
gynécologie recevront plus fréquemment les femmes enceintes venant en consultations
prénatales (CPN) que ceux exerçant dans les cliniques dentaires ; et aux Etats unis les
Discussion 57
un appuis sur le côté gauche ; résultat similaire dans l’étude menée en 2019 en France (16,3%).
La position moins allongée que les patients habituels étaient employés par 14,4% des MBD
tandis que dans l’étude suscitée une proportion de 41,9%. Enfin 6,3% des enquêtés réalisaient
les soins sans précautions sur la position de leurs patientes contre 18,2% française.[57] La
dénomination du syndrome cave semblait être peu connu dans le domaine des MBD, mais ses
effets étaient très bien identifiés. La quasi-totalité (93,7%) prenaient des précautions pour
l’éviter.
A propos des antalgiques, le médicament le plus prescrit était le paracétamol (86%) ce résultat
est supérieur à celui retrouvé en 2016 en France (66,5%) bien que ce médicament soit autorisé
en grossesse. [58] Le moins prescrit était les dérivés codéinés ; 64% des MBD n’en prescrivait
jamais. Similitude dans l’étude de sus cité dans laquelle 80,5% des participants n’en
prescrivaient jamais malgré qu’elles ne constituent aucun risque en grossesse [58]. La douleur
et l’inflammation sont des problématiques souvent évoquées en odontologie et, malgré la
nécessité d’un traitement étiologique, la prescription d’antalgiques est souvent nécessaire.
Les anti-inflammatoires étaient faiblement prescrits bien qu’une minorité en prescrivait parfois
pourtant ils sont formellement contre indiqués même à faible dose, l’acide acétylsalicylique
n’était jamais prescrit par 80% et l’ibuprofène par 77% ce résultat se rapproche de celui de 2016
en France qui avait enregistré des pourcentages d’abstention de 91% et 88% respectivement
[58]. Les corticoïdes n’étaient jamais prescrits par la majorité (79%) ; résultat similaire dans
l’étude de 2016 en France malgré qu’ils soient indiqués en grossesse. [58] Ces chiffres nous
montre qu’il existe des lacunes concernant la prescription médicamenteuse aux femmes
enceintes en matière de traitement de la douleur et de l’inflammation. Pourtant ce sont des
pathologies auxquelles les MBD sont souvent confrontés.
A propos des antibiotiques, les macrolides (clindamycine et pristinamycine) et métronidazole
+ spiramycine étaient très peu prescrits (3%, 2%, 15%) respectivement. La même observation
est faite dans l’étude de 2016 en France avec pour proportions (3,5%, 2,5% et 2%)
respectivement pour les antibiotiques sus indiqués ; or ils sont indiqués en grossesse. Ce qui
démontre la précaution et la réserve des MBD vis-à-vis de la prescription d’ATB autre que
l’amoxicilline qui était fortement prescrite par 96%. Il est également à noter que 8% des
participants prescrivaient quelques fois de la tétracycline à leurs patientes enceintes ce qui est
très supérieur au résultat de 2016 en France (2,5%) malgré qu’ils induisent une coloration des
bourgeons dentaires du fœtus ainsi qu’une toxicité nerveuse. [58] Aussi 70% des participants
prescrivaient souvent de l’amoxicilline associé à l’acide clavulanique. Ce résultat est très
supérieur à celui retrouvé par de 2016 en France qui avait une faible proportion de 7% qui en
prescrivait souvent malgré son indication en grossesse [58]. Ce qui semble être un pourcentage
Discussion 60
assez conséquent compte-tenu de l’importance de traiter une infection qui se déclare durant la
grossesse, mais également des risques potentiels de tératogénicité et de fœtotoxicité.
Les pratiques des soins en fonction des périodes étaient pour certains inadéquates.
Les périodes idéales de réalisation des soins en soins de routine, 42,3% reportaient l’anesthésie
locale avec vasoconstricteur en post partum ce qui est contraire aux résultats obtenus en France
en 2016 [60] dans laquelle la majorité des praticiens (75%) l’effectuait au 2ème trimestre de
grossesse. Une minorité 26,1% estimaient que la chirurgie parodontale peut être pratiquée
pendant la grossesse au lieu d’être différée en post partum comme recommandé ; ce résultat est
proche de celui retrouvé dans l’étude de France en 2012 [52] qui retrouvait une proportion de
32,3%. Plus de la moitié 52,3% renvoyaient les radiographies dentaires en post partum pourtant
elles ne représentent pas de risques et peuvent être pratiquées pendant la grossesse. Ce résultat
est contraire à celui retrouvé en 2016 en France qui avait 16% des participants qui reportaient
la radiographie dentaire en post partum. [58] La prise en charge bucco-dentaire doit être adaptée
à la période de la grossesse [1] et il est admis qu’en dehors de toute pathologie les soins
dentaires de routine doivent être pratiqués de préférence durant le 2ème trimestre. Au premier
trimestre, l’embryon est particulièrement sensible aux interventions extérieures et tout soin ne
s’avérant pas nécessaire dans l’immédiat peut être reporté. De plus cette période est souvent
accompagnée de fatigue et de nausées ce qui rendent les soins moins souhaitables et la prise en
charge plus difficile. Le 3ème trimestre est une période à risque d’accouchement prématuré et
éprouvante pour la femme enceinte. Les soins de routine qui ne s’avèrent pas indispensables
seront de préférence reportés en post partum.
En urgence, 52,2% des MBD reportaient l’administration des anesthésiques en post partum
malgré qu’elles puissent être administrées en respectant les doses et le choix de la molécule. Ce
résultat est très supérieur à celui de 2016 en France qui avait trouvé 18,5% [58]. De la même
manière 13,5%, 8,1% et 11,7% respectivement reportaient le drainage d’abcès, l’extraction
dentaire simple et le traitement endodontique en post partum malgré leur tolérance par la femme
enceinte. Ce résultat est très supérieur à celui retrouvé dans l’étude susmentionnée qui avaient
trouvé pour les soins sus cités une proportion de 8%, 8,5% et 3% respectivement qui reportaient
les soins en post partum [58]. Les pratiques des MBD interrogés concernant les soins bucco-
dentaires n’étaient donc pas toujours concordantes avec les données actuelles de la littérature,
et ce principalement dans le contexte d’urgence où les soins semblent être encore trop différés
malgré la balance bénéfice - risque.
V.6. NIVEAU DE COMPÉTENCES
La majorité des participants (78%) avait un niveau de compétences moyen, tandis que 29%
avaient un niveau insuffisant et juste 9% avaient un bon niveau. Ce résultat est concordant avec
Discussion 61
les précédents qui révélaient un niveau moyen de connaissances et attitudes mais des pratiques
inadéquates ce qui nous emmène à penser que cet état de choses est lié non seulement à un
plateau technique faible limitant les actes thérapeutiques des praticiens ; mais aussi à l’onérosité
des soins dentaires dans un environnement dénué de couverture santé universelle.
De plus, une influence positive sur le niveau des compétences de santé des professionnels s’est
faite ressentir avec une grande significativité en fonction de la durée d’exercice (p=0,049**) et
du lieu d’exercice (p=0,046**). Révélant une augmentation des compétences avec l’expérience
et une prédisposition à avoir de meilleures compétences en exercice privé car le plateau
technique est meilleur.
Les MBD semblaient donc demandeurs d’améliorer leurs compétences et désireux d’être mieux
formés à prendre en charge les femmes enceintes. En outre, 41% des praticiens de notre étude
ont déclaré avoir suivi une formation continue sur Le sujet et 100% étaient intéressé par une
réactualisation de leurs connaissances. L’enquête témoigne donc de l’intérêt des MBD dans la
prise en charge de la santé bucco-dentaire des femmes enceintes. Ainsi l’amélioration de la
formation initiale et continue des professionnels de santé pourrait passer par une formation
conjointe des MBD et des professionnels de la périnatalité sur les besoins en santé bucco-
dentaire des femmes enceintes. Ainsi que la mise sur pied d’une politique nationale de PEC des
femmes enceintes.
Conclusion 62
CONCLUSION
Conclusion 63
La présente étude portait sur l’évaluation des compétences de santé des médecins bucco-
dentaires de Yaoundé vis-à-vis de la prise en charge de la la femme enceinte. Elle avait pour
objectif d’évaluer le niveau de compétences des médecins bucco-dentaires de Yaoundé vis-à-
vis de la prise en charge des affections bucco-dentaires chez la femme enceinte, à travers
l’analyse de leur niveau de connaissances, leurs attitudes et pratiques.
L’hypothèse principale qui soutenait qu’un bon niveau de compétences des médecins bucco-
dentaires de Yaoundé vis à vis de la prise en charge des affections bucco-dentaires de la femme
enceinte va contribuer au bon déroulement de la grossesse n’a pas été totalement confirmé. En
effet, La majorité des participants (69%) avait un niveau de compétences moyen, 29% avaient
un niveau insuffisant et juste 9% avaient un bon niveau sur la prise en charge des affections
bucco-dentaire chez la femme enceinte. Malgré que La gestion dentaire
des patientes enceintes nécessite une attention particulière et qu’elle a très souvent été occultée
par crainte d’éventuels risques de tératogénicité.
Il a été retrouvé dans cette étude que malgré un manque de recommandations nationales de
bonnes pratiques, un niveau des connaissances moyen à 56% et un bon niveau de connaissance
à 8%, 33% insuffisant et 3% un faible niveau de compétence sur les affections bucco-dentaires
en grossesse, les risques des ABD et soins bucco-dentaires sur la grossesse et les traitements
adaptés pour les ABD en grossesse. Quant aux attitudes médecins bucco-dentaires de Yaoundé
vis-à-vis de la prise en charge de la femme enceinte, Plus de la moitié des médecins bucco-
dentaire (55%) avait un niveau d’attitudes approximatif tandis que 36% avaient des attitudes
justes sur la perception des soins bucco-dentaires chez la femme enceinte et le recours en cas
d’incapacité dans la PEC. Les pratiques des médecins bucco-dentaires de Yaoundé vis-à-vis de
la prise en charge de la femme enceinte, plus de la moitié des médecins bucco-dentaires (76%)
avait des pratiques inadéquates, tandis que 13% avaient des pratiques néfastes sur des
médicaments utilisés en odontostomatologie et les périodes de réalisations des soins bucco-
dentaires en grossesse.
Il ressort de cette étude que le niveau des compétences de santé des MBD de Yaoundé vis-à-
vis de la PEC des ABD chez la femme enceinte était moyen. Ainsi, une mesure appropriée
s’imposait en vue d’améliorer les connaissances des MBD de Yaoundé et par là leurs attitudes
et pratiques, en particulier l’accent sur la formation continue des MBD sur le sujet et la mise
sur pied d’un protocole national de prise en charge bucco-dentaire de la femme enceinte.
Recommandations 64
RECOMMANDATIONS
Recommandations 65
Au terme de cette étude, les recommandations suggérées humblement sont les suivantes :
A l’ONCDC
Organiser des séminaires de formations sur la PEC de la femme enceinte chez les
MBD.
Faire la promotion de la santé bucco-dentaire auprès des femmes enceintes.
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Annexes 70
ANNEXES
Annexes XXIV
Je soussigné (e),
Dr / Dre. ______________________________________________ certifie avoir été contacté
par l’étudiant en médecine bucco-dentaire PETIPA NGA Orly. Celui-ci m’a proposé de
participer à cette étude dans le cadre d’une thèse de doctorat en médecine bucco-dentaire.
Je reconnais avoir lu la fiche d’information et m’être suffisamment informé auprès des
investigateurs. J’ai donc bien compris le but de cette étude, ainsi que les avantages et les
contraintes qui y sont liés.
Ces informations resteront confidentielles. Je pourrai aussi me retirer de l’étude à tout moment,
si je le désire. J’accepte de mon plein gré de participer à cette étude, et de me soumettre aux
exigences qu’elle requerra pour être correctement conduite.
N° Questions Propositions N°
Réponse
1 Quel est votre sexe ? 1. Féminin 2. Masculin ______
2 Quel est votre âge ? …………………….. ______
1.Médecin bucco-dentaire omnipraticien
3 Quelle est votre qualification ?
2.Médecin bucco-dentaire spécialiste ______
4 Durée d’exercice 1. < 5 ans 2. 5 – 10 ans 3. 10 – 20 ans 4. > 20 ans ______
5 Pays de formation 1. National 2. Etranger ______
6 Durée de formation 1. 5 ans 2. 6 ans 3. 7 ans 4. > 7 ans ______
Vous exercez [Link] cabinet Privé
7 [Link] milieu hospitalier public
______
[Link] milieu hospitalier confessionnel
SECTION I : CONNAISSANCES
[Link]
Selon vous l’anesthésie bucco-dentaire représente-t-
14 [Link]
elle un risque pendant la grossesse ? ______
[Link] si elle est associée à un vasoconstricteur
[Link]é fœtale
[Link] d’accouchement prématuré
Si OUI, quel est ce risque ? (Plusieurs réponses
[Link] du flux sanguin maternel et donc de souffrance fœtale
15 possibles)
[Link] ______
[Link] utérine déclenchée par le vasoconstricteur
[Link]……………………
[Link] carieux plus important
[Link] gingivaux spontanés
[Link] dentaires plus fréquentes
Quelles sont les manifestations bucco-dentaires les
[Link]é dentaire au chaud et au froid ______
16 plus fréquentes pendant la grossesse ?
[Link] plus fréquents
(Plusieurs réponses possibles)
[Link] gravidique
[Link] gravidique
[Link]
Annexes XXVII
[Link] biquotidien
[Link] le grignotage et je garde une alimentation équilibrée
[Link] de se brosser les dents
[Link]édiatement après l’épisode de vomissements.
Quels conseils donnez-vous aux patientes consultant [Link] de bouche antiseptique
33 pour affection bucco-dentaire en grossesse ? [Link]çage de la bouche à l’eau ou au bicarbonate de sodium après
(Maximum 5 réponses) vomissement
[Link] trimestrielle chez le médecin bucco-dentaire
[Link] de fluor pour prévention des caries
[Link] des caries
10.Détartrage _____
Conseillez-vous la supplémentation en fluor pendant [Link]
34 la grossesse pour [Link]
Consolider l'émail dentaire de l’enfant ? _____
[Link] de surdosage en fluor
[Link] n’est plus recommandée
35 Si NON pour quelles raisons ? [Link] de bénéfice entre la patiente et le fœtus
4.L’apport alimentaire est suffisant _____
[Link] : ……………………………
Afin d’éviter le syndrome cave, quelles précautions [Link] les installe en position semi-assise dès le 2eme
prenez-vous avec les trimestre
Patientes ? (Plusieurs choix possibles) [Link] les installe en les allongeant moins que les patients
Le syndrome cave est un état de malaise, il dépend de la
position maternelle et peut habituels
Survenir dès la 24eme semaine d'aménorrhée (SA). [Link] les installe en position semi-assise avec appui sur le
36 En décubitus dorsal, l'utérus
Gravide vient comprimer la veine cave inferieure, ce qui
côté gauche
peut induire une réduction du retour veineux et de ce [Link] les installe sans précaution particulière
fait, du volume d'éjection systolique entrainant une [Link] réalise des actes courts avec des pauses régulières _____
hypotension maternelle, une diminution de la perfusion
utero-placentaire, qui a son tour peut entrainer un
[Link] : ………………………….
ralentissement du rythme cardiaque fœtal.
Cochez la case correspondante !
37 Dans votre pratique, à quelle fréquence effectuez-vous ces soins chez la femme enceinte ?
Souvent Parfois Rarement Jamais
Détartrage
Radiographie
Extraction
Traitement endodontique
Prothèse dentaire
Anesthésie locale : avec
vasoconstricteur
Anesthésie locale : sans
vasoconstricteur
38 Vous arrive-t-il de prescrire les antalgiques et anti-inflammatoires suivants à vos patientes enceintes ?
Souvent Parfois Rarement Jamais
Paracétamol
Acide acétylsalicylique
Ibuprofène
Dérivés codéinés
Corticoïdes
39 Vous arrive-t-il de prescrire les antibiotiques suivants à vos patientes enceintes ?
40 A quelle période effectuez-vous ces soins chez la femme enceinte ? (Choix multiples)
1er Trim 2ème Trim 3ème Trim N’importe quand pendant la grossesse Post-partum
uniquement
Motivation à l’hygiène
bucco-dentaire
Détartrage
Surfaçage
Restauration coronaire
Chirurgie parodontale
Prothèse amovible
Prothèse fixe
Pose d’une contention
Drainage d’un abcès
Radiographie
Extraction dentaire
Traitement endodontique
Anesthésie locale : avec
vasoconstricteur
Anesthésie locale : sans
vasoconstricteur
41 En cas d’urgence, à quelle période la prenez-vous en charge pour ces soins ? (Choix multiples)
1er Trim 2ème Trim 3ème Trim N’importe quand pendant la grossesse Post-partum
uniquement
Radiographie
Extraction dentaire
Drainage d’un abcès
Traitement endodontique
Chirurgie parodontale
Anesthésie locale : avec
vasoconstricteur
Anesthésie locale : sans
vasoconstricteur
Que pensez-vous que le MINSANTE puisse faire pour améliorer vos _________________________________________________________
performances concernant la prise en charge des affections bucco-dentaires _________________________________________________________
chez la femme enceinte ? __________________
Que pensez-vous que votre structure hospitalière puisse faire pour _________________________________________________________
améliorer vos performances ? _______________________________
Que pensez-vous pouvoir faire pour améliorer votre prise en charge des _________________________________________________________
affections bucco-dentaires chez la femme enceinte ? _____________________________________________
Pensez-vous être suffisamment informé sur la prise en charge des femmes Oui
enceintes ? Non
Seriez-vous intéressé(e) par une réactualisation de vos connaissances à ce Oui
sujet ? Non
Seriez-vous intéressé par la mise sur pied d’une politique nationale de PEC Oui
de la femme enceinte ? Non
Annexes XXX
Tableau XIX : Fréquence de réalisation des soins bucco-dentaires chez la femme enceinte
Soins(n=111) Jamais Rarement Parfois Souvent
Détartrage 3,6% 9,0% 27,0% 60,4%
Radiographie 37,8% 47,7% 9,9% 4,5%
Extraction 6,3% 30,6% 37,8% 25,2%
Traitement endodontique 6,3% 22,5% 23,4% 47,7%
Prothèse dentaire 36,0% 39,6% 11,7% 12,6%
Anesthésie locale : Avec vasoconstricteur 28,8% 28,8% 19,8% 22,5%
Anesthésie locale : Sans vasoconstricteur 7,2% 8,1% 35,1% 49,5%
Annexes 31