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UHODA

Le Tribunal de Première Instance de Dixinn a jugé le 26 novembre 2024 plusieurs prévenus, dont Mamadou Younoussa DIALLO et Issiaga BARRY, pour des faits de faux, abus de confiance, vol, escroquerie en bande organisée et blanchiment. Ces accusations résultent d'une plainte déposée par Elhadj Abdourahamane DIALLO, alléguant des détournements de fonds dans le secteur pétrolier, totalisant plus de 33 milliards de francs guinéens. Le tribunal a renvoyé l'affaire pour décision, après avoir entendu les parties et examiné les preuves présentées.

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Le Tribunal de Première Instance de Dixinn a jugé le 26 novembre 2024 plusieurs prévenus, dont Mamadou Younoussa DIALLO et Issiaga BARRY, pour des faits de faux, abus de confiance, vol, escroquerie en bande organisée et blanchiment. Ces accusations résultent d'une plainte déposée par Elhadj Abdourahamane DIALLO, alléguant des détournements de fonds dans le secteur pétrolier, totalisant plus de 33 milliards de francs guinéens. Le tribunal a renvoyé l'affaire pour décision, après avoir entendu les parties et examiné les preuves présentées.

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COUR D’APPEL DE REPUBLIQUE DE GUINEE

Travail-Justice-Solidarité
CONAKRY
------- Au nom du peuple Guinéen
AUDIENCE DU 26 NOVEMBRE 2024
TRIBUNAL DE PREMIERE
INSTANCE DE DIXINN Le Tribunal de Première Instance de Dixinn, (République
------- de Guinée) ;

N°…………. /Jugement Statuant publiquement en matière correctionnelle et en


du 26 Novembre 2024 premier ressort en son audience du vingt-six Novembre
------- deux mille vingt-quatre à laquelle siégeaient madame
Affaire : Damba OULARE Présidente, en présence de monsieur
Amara CAMARA, substitut du procureur de la République
Ministère public et Elhadj avec l’assistance de monsieur Alpha Oumar
Abdourahamane DIALLO DOUMBOUYA, Greffier, a rendu le jugement dont la
C/ teneur suit :
Mamadou Younoussa DIALLO,
Issiaga BARRY, Boubacar Dans la cause :
Bailo BALDE, Mamadou Aliou
DIALLO, Mamadou DABO et Le ministère public et la partie civile :
Thierno Abdoulaye DIALLO Elhadj Abdourahamane DIALLO né le 1er Janvier 1957 à
------- Conakry, fils des feus Ibrahima et de Oumou DIALLO,
Pharmacien, domicilié à Lambanyi, commune de Ratoma,
Prévention : ayant pour conseil maître Alpha Mamadou BARRY ;

Faux et usage de faux, abus de D’une part ;


confiance, vol et escroquerie en
bande organisée et blanchiment Et les nommés :
-------
DECISION : 1- Mamadou Younoussa DIALLO : Né en 1990 à
Tougé, de Mamadou Alpha et Adama DIALLO, de
(Voir dispositif) nationalité Guinéenne, chef de piste, domicilié à Filigbé,
commune urbain de Kindia, marié et père de trois enfants,
se disant jamais été condamné, non recensé ;
Assisté de maître Abdoul Salam SYLLA, avocat à la cour ;

Détenu : Mandat de dépôt en date 05/05/2023 ;

2- Issiaga BARRY : Né en 1972 à Mamou, de feu


Elhadj Mamadou Dian et de Hadja Souadou BARRY, de
nationalité Guinéenne, administrateur, domicilié à Yéwolé,
commune urbaine de Kindia, marié et père de trois (03)
enfants, se disant jamais été condamné, non recensé ;
Assisté de maître Justin Tambada TOLNO, avocat à la
cour ;
1
3- Boubacar Bailo BALDE : Né le 06 février 1986 à
Kindia, fils de Hamidou et de Mariama Ciré BALDE, de
nationalité Guinéenne, gérant de station, domicilié à Entag,
commune de Matoto, célibataire sans enfant, se disant
jamais été condamné, non recensé ;

Assisté de maître Justin Tambada TOLNO, avocat à la


cour ;

Détenu : Mandat de dépôt en date du 05/05/2023 ;

4- Mamadou Aliou DIALLO : Né en 1986 à Tougué, fils


de feu Souleymane et Mariama Sadio BALDE, de
nationalité Guinéenne, ingénieur pompiste, domicilié à
Simbayah, commune urbaine de Kindia, marié et père de
quatre (04) enfants, se disant jamais été condamné, non
recensé ;

Assisté de maître Justin Tambada TOLNO, avocat à la


cour ;

Détenu : Mandat de dépôt en date du 05/05/2023 ;

5- Mamadou DABO : Né en 1990 à Conakry, fils de feu


Sidiki et de Aïssatou DIALLO, de nationalité Guinéenne,
géologue, domicilié à Yattaya, commune de Ratoma, marié
et père d’un (01) enfants, se disant jamais été condamné,
non recensé ;
Assisté de maître Justin Tambada TOLNO, avocat à la
cour ;

Détenu : Mandat de dépôt en date du 05/05/2023 ;

Tous inculpés pour des faits de faux et usage de faux,


abus de confiance, vol et escroquerie ;

6- Thierno Abdoulaye DIALLO : Né le 10 mars 1986 à


Mamou, fils de Boubacar et de Djénaba DIALLO, de
nationalité Guinéenne, responsable exploitation, domicilié
à Cobayah, commune de Ratoma, marié et père de trois
(03) enfants, se disant jamais été condamné, non recensé ;

2
En fuite : Mandat d’arrêt à large diffusion
international en date du 09 novembre 2023 ;

Inculpé des chefs de faux et usage de faux, abus de


confiance, vol, escroquerie et blanchiment ;

Faits prévus et punis par les articles 373, 403, 428, 585
et 499 du code pénal ;

D’autre part ;
DEBATS

A l’appel de la cause, la présidente a constaté la présence


des parties puis a donné connaissance de l’acte saisissant le
tribunal ;

La présidente informant les prévenus de son droit, au cours


des débats, de faire des déclarations, de répondre aux
questions qui leurs sont posées ou de se taire ;

La présente cause a été débattue à l’audience publique


notamment le 26 Novembre 2024 ;

Après en avoir entendu ;

Les prévenus en leurs interrogatoires et défenses ;

La partie civile en ses prétentions et moyens ;

Le Ministère Public en ses réquisitions dans l’intérêt de la


loi ;

Les prévenus ayant eu la parole en dernier pour leurs


propres défenses ;

La présidente a instruit l’affaire, interrogé les prévenus


présents sur les faits et reçu leurs déclarations ;

Le greffier a tenu note du déroulement des débats ;

Puis à l’issue des débats tenus à l’audience publique du 05


Novembre 2024, le tribunal a informé les parties présentes
ou régulièrement représentées conformément à l’article

3
533 du code de procédure pénale que le dossier est mis en
délibéré pour décision être rendue le 26 Novembre 2024 ;

Sur ce, vidant son délibéré, la présidente a donné lecture


du dispositif de la décision, en vertu de l’article 562 du
code de procédure pénale ;

Le tribunal a délibéré et statué conformément à la loi, en


ces termes ;

LE TRIBUNAL
Par ordonnance Nº 219/CAB/DJI/TPID/024 de
requalification et de renvoi devant le tribunal correctionnel
du doyen des juges d’instruction en date du 19 Avril 2024
les nommés Mamadou Younoussa DIALLO, Issiaga
BARRY, Boubacar Bailo BALDE, Mamadou Aliou
DIALLO, Mamadou DABO et Thierno Abdoulaye
DIALLO ont été renvoyé pour des faits de Faux et usage
de faux, abus de confiance, vol et escroquerie en bande
organisée et blanchiment ;

Faits prévus et punis par les articles 373, 403, 428, 585
et 499 du code pénal ;

EXPOSE DES FAITS

Il résulte de l’analyse des pièces du dossier de la procédure


et des déclarations ténues à l’audience publique, les faits
suivants :

Le vendredi 27 Avril 2023, le parquet de ce siège


transmettait la plainte de monsieur Elhadj
Abdourahamane DIALLO formulée contre les nommés
Mamadou Younoussa DIALLO, Issiaga BARRY,
Boubacar Bailo BALDE, Mamadou Aliou DIALLO,
Mamadou DABO et Thierno Abdoulaye DIALLO pour
des faits de Faux et usage de faux, abus de confiance, vol
et escroquerie en bande organisée et blanchiment à la
brigade de recherche de Kipé.

Au soutien de sa plainte, il a déclaré avoir investi dans le


secteur pétrolier depuis 1994. Il a ajouté que pour la
gestion du carburant des camions, les bons de livraison

4
émis par total pour chaque camion-citerne transporteur
était automatiquement transmis par mail à son chef
d’opération Thierno Abdoulaye DIALLO, lequel
informait directement le chauffeur en charge du transport
de se rendre au dépôt des hydrocarbures pour
s’approvisionner, ensuite passer par la station Total Koumi
de Madina ou celle de Kindia pour récupérer sa
consommation en carburant pour le trajet à effectuer.

Il a continué à relater que dans chaque station il existait un


document qui déterminait les principes de travail pour la
consommation des camions en fonction de la distance
enregistrée sur une fiche détaillant les renseignements du
camion.

Il a indiqué que ces fiches étaient remontées par semaine


au niveau du chargé des opérations Thierno Abdoulaye
DIALLO qui les vérifie avant de les classer.

Il a exposé toute fois que la procédure décrite ci-haut


n’était pas respectée par ces travailleurs qui ont accusé
beaucoup de retard dans l’acheminement des rapports
hebdomadaires.

Il a souligné que ce retard était dû au fait que ses


travailleurs cautionnaient le vol qui leur est reproché avant
d’indiquer que le 05 avril 2023 il a reçu l’appel du
directeur général de Total Guinée, lequel l’informait qu’il
était victime de vol à cause de l’incohérence entre le
chiffre d’affaires donné par la Société Générale de
Banques en Guinée et celui des Topcards de Total Guinée.

Il a expliqué qu’il était payé par Total Guinée via virement


bancaire et qu’il remboursait les consommations en
carburant avec les cartes Topcards rechargés par Total et
qu’ils utilisaient quelques fois pour récupérer en carburant
dans le compte de la station auprès de Total le montant
correspondant.

Il a précisé que c’est l’argent des Topcards, d’une valeur


de deux milliards cent cinquante-cinq millions huit
cents quatre-vingt-quatre mille francs guinéens

5
(2 155 884 000 GNF) que ses employés ont soustrait
frauduleusement.
Il a relaté que suite à la découverte faite par sa fille Fatou
DIALLO des détournements sur les deux stations de
Madina et Kindia, il faisait appel à un comptable externe
qui répond au nom de DIAKITE à fin d’aider sa fille dans
l’approfondissement des enquêtes qui ont permis d’établir
pour la période du 1er janvier au 13 avril un manquant d’un
milliards neuf-cent soixante-quinze millions huit cents
quarante-quatre mille francs Guinéens (1 975 844 000
GNF) , pour la période de 2022 à l’exception du mois de
février un manquant de sept milliards trois-cent quarante-
cinq millions cinq cents dix-huit mille francs Guinéens
7 345 518 000 GNF, pour l’année 2021 un manquant de
douze milliards cinq-cent vingt-quatre millions deux cents
soixante-huit mille francs Guinéens (12 524 268 000
GNF), pour l’année 2020, un manquant de six milliards
neuf-cent quatre vingt treize millions deux cents quarante-
quatre mille francs Guinéens (6 993 212 000 GNF) et pour
l’année 2019, un manquant de quatre milliards trois-cents
cinquante-trois millions quatre-vingt-sept mille sept cents
dix francs Guinéens (4 353 087 710 GNF) ce qui fait le
total de trente-trois milliards cent quatre-vingt-onze
millions neuf-cents vingt-neuf mille sept cent dix francs
Guinéens (33 191 929 710 GNF).

Pour terminer il s’est constitué partie civile et a sollicité du


tribunal, le paiement à titre principale, le montant total sus-
indiqué et à titre de dommage et intérêt, la somme d’un
milliard cinq cents millions francs Guinéens
(1 500 000 000 GNF).

Mamadou Younoussa DIALLO a confirmé ces


déclarations faites à l’enquête de police selon lesquelles il
ne reconnaissait pas les faits et a ajouté qu’il prélevait dans
les Topcards fournis par Total, le remboursement des
crédits contractés par la société UHODA Transport durant
le mois.

Il a indiqué qu’il avait reçu des instructions de la part de


Mamadou Dian DIALLO et Elhadj Boubacar DIALLO
de respecter scrupuleusement les décisions de Thierno

6
Abdoulaye DIALLO et de toujours se référer à ce dernier
en cas de problème.

Il a précisé que quelques fois, Thierno Abdoulaye


DIALLO l’appelait pour réclamer des transferts d’argent
via Orange Money, en dictant seulement des numéros de
bon de livraison, les numéros d’immatriculation des
camions-citernes, les noms des chauffeurs et les quantités
de carburant avec des destinations qu’il choisissait lui-
même sans que le camion ne se présente à la station.

Il a conclu par indiquer qu’après chaque opération de ce


genre, Thierno Abdoulaye DIALLO les donnait des
montants qui varient entre cinq cents mille francs Guinéens
(500 000GNF) à deux millions cinq cents mille francs
Guinéens (2 500 000 GNF). En ce qui concerne les
chauffeurs, il a affirmé qu’il recevait de leurs parts un
montant qui varie entre cent mille francs Guinéens (500
000 GNF) et un million cinq cents mille francs Guinéens
(1 500 000 GNF) à chaque fois qu’il leur donnait de
l’argent en lieu et place du carburant.

Issiaga BARRY a déclaré qu’il maintient ses déclarations


faites à la brigade de recherches de Kipé.

Il a ajouté qu’il était pratiquement impossible pour Elhadj


Abdourahamane DIALLO de ne pas être au courant de
ces malversations financières durant les trois dernières
années d’autant plus qu’il a des comptables et caissiers qui
suivent toutes les opérations financières de la société
UHODA Transport.

Boubacar Bailo BALDE pour sa part, a déclaré qu’il était


en charge de la gestion des fiches journalières de
consommation qu’il remontait chaque soir à la société
UHODA Transport et au comptable.

Mamadou Aliou DIALLO a déclaré aussi que dans son


procès-verbal d’enquête préliminaire, il existe des
déclarations qui ne sont pas les siennes.

Il a ajouté que quand Elhadj Abdourahamane DIALLO


ou le comptable de la société UHODA Transport avaient

7
besoin d’argent, ils appelaient Elhadj Boubacar DIALLO
lequel venait à leur niveau pour récupérer le montant en
leur demandant de mettre sur la fiche journalière au
compte de la société UHODA Transport.

Il a déclaré qu’il se demande comment est-ce possible que


ce soit seulement eux, employés des différentes stations
qui soient inquiétés dans cette affaire et non pas les
travailleurs directs de la société UHODA Transport à qui
ils rendaient compte.

Mamadou DABO a déclaré lui aussi que dans son procès-


verbal d’enquête préliminaire, il existe des déclarations qui
ne sont pas les siennes.

Il a précisé qu’il n’avait aucun moyen de savoir si un bon


de livraison était faux ou pas.

Il a ajouté que seuls les responsables de la société UHODA


Transport peuvent expliquer comment les camions citernes
peuvent quitter le parc, aller à Total pour charger et
ressortir de Total sans un bon de livraison.

Pour terminer, il a insisté sur son innocence et sur le fait


qu’aucune falsification de bons de livraison n’était
possible avec le système mis en place sans que Mamadou
Dian DIALLO, Thierno Abdoulaye DIALLO et Fatou
DIALLO ne soient au courant.

Le 09 novembre 2023, un mandat d’arrêt à large diffusion


internationale était délivré contre Thierno Abdoulaye
DIALLO.

Le 08 juin 2023, le doyen des juges d’instruction a


ordonné la saisie conservatoire du compte bancaire n°
100045301234 domicilié à la société générale des banques
de Guinée et tout autre compte domicilié dans tout autres
banques appartenant à Thierno Abdoulaye DIALLO.

Il a ordonné également la saisie conservatoire des comptes


bancaires domiciliés à la banque islamique de Guinée et
toutes autres banques appartenant aux nommés Issiaga
BARRY, Boubacar Bailo BALDE, Mamadou Aliou

8
DIALLO, Mamadou Younoussa DIALLO et Mamadou
Dabo et tous les biens meubles et immeubles appartenant à
ceux-ci.

Le 31 octobre 2023, une saisie conservatoire supplétive a


été ordonnée par le doyen des juges d’instruction pour
rendre indisponible le véhicule de marque Toyota Rav 4,
immatriculé sous le N° AD0325 02, carte grise Nº
CG0054563, le véhicule de marque Citroën, modèle
Berlingo, de couleur grise, immatriculé sous le N°
AM5758 02 et l’établissement ETS DT Abdoulaye,
entreprise individuelle, évoluant dans le commerce
général, enregistré sous le N° [Link].2019.A.0 5449.

DISCUSSIONS

I- SUR L’ACTION PUBLIC

A- SUR LE FAUX ET USAGE DE FAUX

Attendu que les articles 585 et 619 du code pénal dispose :


« Constitue un faux, toute altération frauduleuse de la
vérité, de nature à causer un préjudice et accomplie par
quelque moyen que ce soit, dans un écrit ou tout autre
support d’expression de la pensée qui a pour objet ou
qui peut avoir pour effet d’établir la preuve d’un droit
ou d’un fait ayant des conséquences juridiques. » ;

Que l’article 619 de ce même code dispose :

« L'usage du faux n'est punissable que lorsque son


auteur a sciemment utilisé la chose fausse. » ;

Que les nommés Thierno Abdoulaye DIALLO, Issiaga


BARRY, Boubacar Bailo BALDE, Mamadou Aliou
DIALLO, Mamadou Younoussa DIALLO et Mamadou
DABO sont inculpés pour avoir par quelque moyen que
ce soit, altéré frauduleusement la vérité d’un écrit ou de
tout autre support de la pensée destiné à établir la
preuve d’un droit ou d’un fait ayant des conséquences
juridiques, en l’espèce en falsifiant des bons de livraison
de Total Guinée et fait usage dudit faux au préjudice de
UHODA Transport ;

9
Que les nommés Thierno Abdoulaye DIALLO, Issiaga
BARRY, Boubacar Bailo BALDE, Mamadou Aliou
DIALLO, Mamadou Younoussa DIALLO et Mamadou
DABO ne reconnaissent pas les faits ;

Que le délit de faux et usage de faux suppose pour sa


caractérisation que l’agent ait posé en toute connaissance
de cause des actes d’altération de la vérité inscrite dans un
support d’expression de la pensée dans le but d’établir la
preuve d’un droit ou d’un fait ayant des conséquences
juridiques ;

Que peu importe les moyens ayant servis la commission


des faits, il y faux et usage de faux dès lors que les actes
matériels de l’agent pénal portent un préjudice à un tiers ;

Qu’il est fait grief aux nommés Thierno Abdoulaye


DIALLO, Issiaga BARRY, Boubacar Bailo BALDE,
Mamadou Aliou DIALLO, Mamadou Younoussa DIALLO
et Mamadou DABO d’avoir falsifié des bons de livraison
de Total Guinée et fait usage dudit faux pour obtenir des
fonds en valeur monétaire au préjudice de la société
UHODA Transport ;

Que cette falsification a consisté pour les nommés Issiaga


BARRY, Boubacar Bailo BALDE, Mamadou Aliou
DIALLO, Mamadou Younoussa DIALLO et Mamadou
DABO en service dans les stations Total de Madina et
Kindia de confectionner de concert avec Thierno
Abdoulaye DIALLO, chargé des opérations de la société
UHODA des bons de livraison autre que ceux fournis par
Total Guinée ;

Que mieux, les nommés Thierno Abdoulaye DIALLO,


Issiaga BARRY, Boubacar Bailo BALDE, Mamadou
Aliou DIALLO, Mamadou Younoussa DIALLO et
Mamadou DABO ont sciemment fait usage de ce faux
qu’ils ont eux-mêmes produits dans le but de justifier les
décaissements de la somme de trente-trois milliards cent
quatre-vingt-onze millions neuf-cents vingt-neuf mille sept
cent dix francs Guinéens (33 191 929 710 GNF) au
préjudice de la société UHODA Transport ;

10
Que d’ailleurs ce faux et usage de faux s’est perpétré de
façon répétée et constant durant trois (3) années de suite au
cours desquelles, les nommés Thierno Abdoulaye
DIALLO, Issiaga BARRY, Boubacar Bailo BALDE,
Mamadou Aliou DIALLO, Mamadou Younoussa DIALLO
et Mamadou DABO étaient encore en service au sein de
ces stations et dans la société UHODA Transport ;

Que dès lors, compte tenu de la suffisance de preuve à


l’égard des nommés Thierno Abdoulaye DIALLO, Issiaga
BARRY, Boubacar Bailo BALDE, Mamadou Aliou
DIALLO, Mamadou Younoussa DIALLO et Mamadou
DABO, il convient de les déclarer coupable des faits de
faux et usage de faux ;

B- SUR L’ABUS DE CONFIANCE

Attendu que l’article 428 du code pénal dispose :


« L'abus de confiance est le fait par une personne de
détourner ou de dissiper, au préjudice d'autrui, des
fonds, des valeurs ou un bien quelconque qui lui ont été
remis et qu'elle a acceptés à charge de les rendre, de les
représenter ou d'en faire un usage déterminé. L'abus
de confiance est puni d'un emprisonnement de 1 à 3 ans
et d'une amende de 500.000 à 25.000.000 de francs
guinéens ou de l'une de ces deux peines seulement. » ;

Qu’il est reproché aux nommés Thierno Abdoulaye


DIALLO, Issiaga BARRY, Boubacar Bailo BALDE,
Mamadou Aliou DIALLO, Mamadou Younoussa DIALLO
et Mamadou Dabo d’avoir détourné trente-trois milliards
cent quatre-vingt -onze millions neuf-cents vingt-neuf
milles sept-cents dix francs Guinéen (33 191 929 710
GNF) qui les avais été remis dans les Topcards et qu’ils
avaient acceptés à charge pour eux d’en faire un usage
déterminé et ce au préjudice de la société UHODA
Transport ;

Que les nommés Thierno Abdoulaye DIALLO, Issiaga


BARRY, Boubacar Bailo BALDE, Mamadou Aliou
DIALLO, Mamadou Younoussa DIALLO et Mamadou
Dabo ne reconnaissent pas les faits mis à leur charge ;

11
Que le délit d’abus de confiance suppose pour sa
matérialisation, que l’agent pénal ait décidé de façon
volontaire de se soustraire à un engagement contractuel
entrainant une obligation de restitution ou d’usage précaire
bien déterminer ;

Qu’il est fait grief nommés Thierno Abdoulaye DIALLO,


Issiaga BARRY, Boubacar Bailo BALDE, Mamadou
Aliou DIALLO, Mamadou Younoussa DIALLO et
Mamadou Dabo d’avoir détourné l’usage des fonds
contenus dans les Topcards fournis par Total Guinée dont
l’usage était très bien spécifié et connus par tous les
employés des stations Total Koumi de Madina et Kindia ;

Que le détournement est caractérisé dès lors que les


Topcards n’ont pas été utilisés pour le ravitaillement des
camions citernes de la société UHODA Transport, mais
plutôt pour satisfaire d’autres intérêts personnels ;

Qu’en ayant accepté de travailler dans les stations de


Madina Koumi et Kindia, les nommés Issiaga BARRY,
Boubacar Bailo BALDE, Mamadou Aliou DIALLO,
Mamadou Younoussa DIALLO et Mamadou Dabo avaient
pour obligation de faire usage des fonds qui leurs étaient
destinés loyalement et en parfaite adéquation avec la
destination de ces fonds ;

Que Mamadou Younoussa DIALLO a précisé lors de son


interrogatoire que quelques fois, Thierno Abdoulaye
DIALLO l’appelait pour réclamer des transferts d’argent
via Orange Money, en dictant seulement des numéros de
bon de livraison, les numéros d’immatriculation des
camions-citernes, les noms des chauffeurs et les quantités
de carburant avec des destinations qu’il choisissait lui-
même sans que le camion ne se présente à la station ;

Que mieux, Mamadou Younoussa DIALLO a déclaré qu’il


prélevait dans les Topcards fournis par Total, le
remboursement de ces crédits contractés par Thierno
Abdoulaye DIALLO au compte de la société UHODA
Transport ;

12
Que les nommés Issiaga BARRY, Boubacar Bailo
BALDE, Mamadou Aliou DIALLO, Mamadou Younoussa
DIALLO et Mamadou DABO ne pouvaient pas ne pas
savoir l’objectif de ces détournements en ce sens qu’ils ont
eux-mêmes déclarés qu’ils ont l’habitude de recevoir de
l’argent en contrepartie des arrangements avec Thierno
Abdoulaye DIALLO ;

Qu’en agissant ainsi, les nommés Thierno Abdoulaye


DIALLO, Issiaga BARRY, Boubacar Bailo BALDE,
Mamadou Aliou DIALLO, Mamadou Younoussa DIALLO
et Mamadou DABO réunissent à leur encontre
suffisamment de preuve pour le chef d’abus de confiance ;

Que dès lors, il convient de les déclarer coupables des faits


de d’abus de confiance qui leurs sont reprochés ;

C- SUR LE VOL EN BANDE ORGANISE

Attendu que l’article 373 du code pénal dispose :


« Le vol est la soustraction frauduleuse de la chose
d'autrui.
La soustraction frauduleuse d’eau ou d’énergie au
préjudice d’autrui est assimilée au vol.
Le vol est puni d’un emprisonnement de 1 à 5 ans et
d’une amende de 500.000 à 2.000.000 de francs
guinéens ou de l’une de ces deux peines seulement. » ;

Que ledit code prescrit en son article 374 :


« Est puni d’un emprisonnement de 3 à 10 ans et d’une
amende de 1.000.000 à 5.000.000 de francs guinéens ou
de l’une de ces deux peines seulement le coupable de vol
ou de tentative de vol commis avec 2 au moins des 8
circonstances aggravantes suivantes :
1. nuit ;
2. réunion ou bande organisée ;
3. effraction intérieure et extérieure ;
4. escalade ;
5. fausses clefs ;
6. violence ;
7. automobile ;
8. faux titre. » ;

13
Qu’en son article 375, le code précité spécifie qu’:
« Est réputée réunion, tout regroupement de plusieurs
personnes agissant en qualité d’auteurs ou de complice,
sans qu’elles ne constituent une bande organisée.
Est réputée bande organisée tout groupement de
malfaiteurs établi en vue de commettre un ou plusieurs
vols aggravés par une ou plusieurs des circonstances
visées à l’article précédent et caractérisé par une
préparation ainsi que par la possession des moyens
matériels utiles à l’action. » ;

Qu’en l’espèce, il est reproché à Thierno Abdoulaye


DIALLO, Issiaga BARRY, Boubacar Bailo BALDE,
Mamadou Aliou DIALLO, Mamadou Younoussa DIALLO
et Mamadou DABO d’avoir soustrait frauduleusement
trente-trois milliards cent quatre-vingt -onze millions neuf-
cents vingt-neuf milles sept-cents dix franc Guinéen (33
191 929 710 GNF) au préjudice de la société UHODA
Transport avec la circonstance que les faits ont été commis
en bande organisée ;

Que le vol en bande organisée suppose pour sa


matérialisation que des malfaiteurs forment un
groupement, s’associent en une entente, en vue de la
préparation d’un ou de plusieurs délits ou crimes qu’ils
matérialisent par la possession de moyens matériels utiles à
la commission des crimes ou délits projetés, notamment la
soustraction frauduleuse de biens au préjudice d’autrui ;

Que les nommés Thierno Abdoulaye DIALLO, Issiaga


BARRY, Boubacar Bailo BALDE, Mamadou Aliou
DIALLO, Mamadou Younoussa DIALLO et Mamadou
DABO ne reconnaissent pas les faits mis à leurs charges ;

Qu’il résulte des pièces de la procédure, que Thierno


Abdoulaye DIALLO a occupé les fonctions de chef des
opérations de la société UHODA Transport, que Boubacar
Baïlo BALDE a exercé la fonction de chef de station
Koumi, que Issiaga BARRY a été employé comme chef
de station Kindia, que Mamadou Aliou DIALLO était
embauché à titre de chef de piste de la station Total de
Kindia, que Mamadou DABO était en service à la station

14
Koumi et que Mamadou Younoussa DIALLO occupait le
poste de chef de piste de la station total de Kindia ;

Que ces différentes fonctions ont permis aux nommés


Thierno Abdoulaye DIALLO, Issiaga BARRY, Boubacar
Bailo BALDE, Mamadou Aliou DIALLO, Mamadou
Younoussa DIALLO et Mamadou DABO d’établir une
entente dans le but de soustraire des fonds à l’absence et
contre le gré de la société UHODA Transport ;

Que cette entente s’est caractérisée par un partage de rôle


entre Thierno Abdoulaye DIALLO responsable des
opérations de la société UHODA Transport qui s’est
occupé de la manipulation des comptes et les nommés
Issiaga BARRY, Boubacar Bailo BALDE, Mamadou
Aliou DIALLO, Mamadou Younoussa DIALLO et
Mamadou DABO qui se sont chargés de la soustraction
des recettes des stations qu’ils géraient ;

Qu’il résulte de leurs interrogatoires, que les susnommés


ont l’habitude de servir des camions-citernes de la société
UHODA Transport sans bon de livraison et parfois avec
des bons de livraison sans numéro ce qui a favorisé la
soustraction de la somme trente-trois milliards cent quatre-
vingt -onze millions neuf-cents vingt-neuf milles sept-
cents dix franc Guinéen (33 191 929 710 GNF) à l’insu et
contre le gré de la société UHODA Transport représentée
par Elhadj Abdourahamane DIALLO ;

Que la seule personne qui était en mesure de dénoncer ces


détournements durant ces trois (3) dernières années à
l’occurrence Thierno Abdoulaye DIALLO se trouve en
réalité être le cerveau de ces opérations ;

Que le résultat obtenu à l’issu de ces détournements a été


voulu par les susnommés en ce sens qu’ils ont agi trois
années de suite pour soustraire un montant de trente-trois
milliards cent quatre-vingt -onze millions neuf-cents vingt-
neuf milles sept-cents dix franc Guinéen (33 191 929 710
GNF) au préjudice de la société UHODA Transport
représentée par Elhadj Abdourahamane DIALLO ;

15
Que dès lors en dépit de tous éléments à charge contre eux,
il convient de les déclarer coupable des faits de vol en
bande organisée ;

D- SUR L’ESCROQUERIE EN BANDE ORGANISE

Attendu que l’article 403 du code pénal dispose :


« L'escroquerie est le fait, soit par l'usage d'un faux
nom ou d'une fausse qualité, soit par l'abus d'une
qualité vraie, soit par l'emploi de manœuvres
frauduleuses, de tromper une personne physique ou
morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au
préjudice d'un tiers, à remettre des fonds, des valeurs
ou un bien quelconque, à fournir un service ou à
consentir un acte opérant obligation ou décharge.
L'escroquerie est punie d'un emprisonnement de 1 à 5
ans et d'une amende de 1.000.000 à 50.000.000 de
francs guinéens d'amende ou de l’une de ces deux
peines seulement. » ;

Que le dernier alinéa de l’article 404 dudit code prescrit


que :
« Les peines sont portées à 10 ans d'emprisonnement et
de 100.000.000 à 150.000.000 de francs guinéens ou à
l’une de ces deux peines seulement lorsque
l'escroquerie est commise en bande organisée. » ;

Qu’en son article 375, le code précité spécifie qu’:


« Est réputée réunion, tout regroupement de plusieurs
personnes agissant en qualité d’auteurs ou de complice,
sans qu’elles ne constituent une bande organisée.
Est réputée bande organisée tout groupement de
malfaiteurs établi en vue de commettre un ou plusieurs
vols aggravés par une ou plusieurs des circonstances
visées à l’article précédent et caractérisé par une
préparation ainsi que par la possession des moyens
matériels utiles à l’action. » ;

Que dans le cas d’espèce, il est fait grief à Thierno


Abdoulaye DIALLO, Issiaga BARRY, Boubacar Bailo
BALDE, Mamadou Aliou DIALLO, Mamadou Younoussa
DIALLO et Mamadou Dabo d’avoir employé des
manœuvres frauduleuses notamment en falsifiant des bons

16
de livraison dans le but de tromper la société UHODA
Transport à la déterminer ainsi à leur remettre la somme de
trente-trois milliards cent quatre-vingt -onze millions neuf-
cents vingt-neuf milles sept-cents dix franc Guinéen (33
191 929 710 GNF) au préjudice de celle-ci ;

Que les inculpés ne reconnaissent pas les faits mis à leur


charge ;

Que Thierno Abdoulaye DIALLO, Issiaga BARRY,


Boubacar Bailo BALDE, Mamadou Aliou DIALLO,
Mamadou Younoussa DIALLO et Mamadou DABO se
sont entendus en vue de la préparation de l’escroquerie
caractérisée par l’abus de leurs qualités d’employés de
station ;

Que les manœuvres frauduleuses ont d’abord consisté pour


les susnommés, de confectionner des faux bons de
livraison et de les remonter mais aussi d’abuser de leur
qualité d’employer en agissant dans des domaines qui était
hors de leur champ d’action dans le but de tromper la
société UHODA Transport ;

Que d’ailleurs les susnommés ont reconnu avoir servi des


camions citernes de UHODA Transport sans bon de
livraison et quelques fois avec des bons de livraison sans
numéro qu’ils ont eux-mêmes fabriqué au préjudice de leur
employeur ;

Qu’il ressort aussi de l’analyse des fiches d’état de


rapprochement entre les fiches de consommation de Kindia
et Koumi de Madina et les bons de livraison chargés par
Total versés au dossier, que les inculpés ont remonté des
bons de livraison fictifs pour se faire remettre de l’argent
d’une consommation de carburant qui n’a pas été servi, ce
qui est constitutif de manœuvres frauduleuses,
caractéristique de l’escroquerie ;

Que n’eut été cette entente établie entre les susnommés il


serait difficile voir impossible pour un seul employé de
procéder à ces détournements sans attirer l’attention de ces
collègues impliqués dans les transactions de la société ;

17
Que donc c’est cette entente qui a consisté pour chacun de
manœuvrer dans son poste qui a leurs a permis de
détourner durant trois (3) années de suite sans se faire
prendre ;

Que dès lors, il convient de les déclarer coupables des faits


d’escroquerie en bande organisée ;

E- SUR LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX

Attendu que l’article 499 du code pénal dispose :


« Le blanchiment est le fait de faciliter, par tout moyen,
la justification mensongère de l'origine des biens ou des
revenus de l'auteur d'un crime ou d'un délit ayant
procuré à celui-ci un profit direct ou indirect. Constitue
également un blanchiment le fait d'apporter un
concours à une opération de placement, de
dissimulation ou de conversion du produit direct ou
indirect d'un crime ou d'un délit. Les personnes
physiques coupables d'une infraction de blanchiment
sont punies d'un emprisonnement de 3 à 5 ans et d'une
amende égale au triple de la valeur des biens ou des
fonds sur lesquels ont porté les opérations de
blanchiment ou de l’une de ces deux peines seulement.
»;

Qu’il est reproché à Thierno Abdoulaye DIALLO d’avoir


facilité par tout moyen, la justification mensongère de
l’origine des biens ou du revenu qu’il a obtenu et dont il a
tiré profit, en sachant que ces biens provenaient d’une
escroquerie en bande organisée, d’un vol en bande
organisée et d’un abus de confiance ;

Que Thierno Abdoulaye DIALLO a décidé de fuir à la


justice Guinéenne pour éviter l’application de la loi à son
encontre ce qui a prévalu la diffusion d’un mandat d’arrêt
internationale contre lui ;

Que le délit de blanchiment de capitaux se caractérise par


l’introduction dans un circuit financier, sociétal, des fonds
issus d’un crime ou un délit dans le but de leur donner
l’apparence d’une origine licite ;

18
Que Thierno Abdoulaye DIALLO a par l’emploi des
manœuvres frauduleuses, par la falsification des bons de
livraison dans la consommation en Topcards des camions
citernes de la société UHODA Transport en carburant, en
altérant la vérité contenue dans des écritures, trompé la
société UHODA Transport représentée par Elhadj
Abdourahamane DIALLO et détourné au préjudice de
celle-ci la somme d de trente-trois milliards cent quatre-
vingt -onze millions neuf-cents vingt-neuf milles sept-
cents dix franc Guinéen (33 191 929 710 GNF) en
compagnie des nommés Issiaga BARRY, Boubacar Bailo
BALDE, Mamadou Aliou DIALLO, Mamadou Younoussa
DIALLO et Mamadou DABO ;

Qu’il résulte des pièces de la procédure et des


investigations effectuées en cours d’information, que
Thierno Abdoulaye DIALLO a utilisé les sommes
frauduleusement acquises pour se faire construire un
patrimoine composé de biens meubles et immeubles et
d’acquisitions dans des sociétés commerciales lesquels
biens meubles comprennent notamment le véhicule de
marque Toyota Rav4, immatriculé sous le N° AD 0325 02,
avec pour N° de carte crise CG0054563, le véhicule de
marque Citroën, modèle Berlingo, de couleur grise,
immatriculé sous le N° AM 5758 02 et l’établissement DT
Abdoulaye, entreprise individuelle, évoluant dans le
commerce général, enregistré sous le N°[Link].2019.A.0
5449 ;

Que compte tenu du fait que Thierno Abdoulaye DIALLO


n’a pas pu prouver l’origine licite de ses biens dont la
valeur monétaire excède largement sa rémunération
mensuelle, une saisie a été effectuée sur ces biens pour
garantir les intérêts de la partie civile ;

Que le fait pour l’inculpé d’introduire ces fonds dans son


établissement DT Abdoulaye avec pour objectif de
fructifier ces fonds pour leur donner une apparence licite,
est constitutif des faits de blanchiment de capitaux tels que
prévus par l’article 499 du code pénal ;

Que dès lors, il convient de déclarer Thierno Abdoulaye


DIALLO coupable des faits de blanchiment de capitaux ;

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II- SUR L’ACTION CIVILE

PAR CES MOTIFS


Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard
des nommés Issiaga BARRY, Boubacar Bailo BALDE,
Mamadou Aliou DIALLO, Mamadou Younoussa
DIALLO et Mamadou DABO et par défaut à l’égard
de Thierno Abdoulaye DIALLO en matière
correctionnelle et en premier ressort ;

Après en avoir délibéré ;

SUR L’ACTION PUBLIQUE

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