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L'art : Imitation ou Création ?

Le document explore les différentes conceptions de l'art, notamment comme imitation de la nature et comme création de l'esprit, en passant par des penseurs tels que Platon, Aristote, Hegel et Kant. Il aborde également le jugement esthétique, la mission morale de l'art et la dualité entre l'inspiration et le travail acharné dans la création artistique. Enfin, il questionne la nature de l'art et son rôle dans la société, tout en mettant en lumière les tensions entre beauté, vérité et engagement.

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L'art : Imitation ou Création ?

Le document explore les différentes conceptions de l'art, notamment comme imitation de la nature et comme création de l'esprit, en passant par des penseurs tels que Platon, Aristote, Hegel et Kant. Il aborde également le jugement esthétique, la mission morale de l'art et la dualité entre l'inspiration et le travail acharné dans la création artistique. Enfin, il questionne la nature de l'art et son rôle dans la société, tout en mettant en lumière les tensions entre beauté, vérité et engagement.

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PHILO – L’art

Notions essentielles

I. La beauté du monde
A) Art comme imitation
a. L’art comme source de tromperie, d’illusion – Platon – La
république
Les trois degrés de l’être : essence, réalité, simulacre
Degré / État Statut Représentatio État
ns
1er degré La connaissance Les idées Éternelles et vrais, le
des essences modèle permanent de
toutes choses
2nd degré La Les choses Singulières, elles ne
connaissances réalisent l’idée que
de l’idée partiellement
générale pour
produire
3eme degré La simple L’art Simulacre de la chose, il
imitation des imite sous un seul point de
apparences vue
Dénonciation de l’art : imitation. Or art grec : imitation (ex : le peintre
Zeuxis, raisons qui invitent les oiseaux > art trompait nature). Art : miroir
qui reflète réalité par deux fois éloigné de l’essence.
Artiste : démobilise l’Homme de la recherche des vérités éternelles et
l’enfonce dans la séduction du sensible : par ignorance et immoralité,
l’art = dangereux.
Mais aussi Platon – Le Banquet : du beau, du bien, et du vie, seul le beau
peut être découvert dès la vie sensible grâce à l’art.
Platon – Ion : don créateur des poètes = inspiration divine =
enthousiasme (en-theos). Reproduire la perfection des œuvres divines.
« L’art est mensonge » - Platon // « L’art est un beau mensonge » -
Nietzche

b. Art donne à la nature sa beauté – Artistote – poétique


« Ce n’est pas tant en tant que représentation que ce portrait procurera le
plaisir, mais en raison du fini dans l’exécution, de la couleur ou d’une
autre chose de ce genre. »} recherche de style.

c. L’hyperréalisme New-Yorkais
École américaine de la 2nde moitié du 20e siècle > recherche une précision
quasi photographique, regard froid, sans émotion de lieux ny }
fonction mimétique.
Hopper > regard sur le monde contemporain dans solitude minérale et
technique.
Esthétique : traitement de la réalité, et non une imitation servile

d. La peinture doit imiter la nature – Vinci – Traité de la peinture -


16e
« La peinture la plus digne d’éloges est celle qui a le plus de ressemblance
avec ce qu’elle imite. » Q° de proportion humaine
Nature abondante, on n’en donne pas une représentation digne de sa
beauté

B) Art comme création de l’esprit


a. Le beau est une création de l’esprit – Hegel – Esthétique – 19 e
Beauté artistique est supérieure à la beauté de la nature.
La beauté artistique est conçue par l’esprit, donc un jugement, une
création de l’esprit (1ere naissance). L’artiste incarne son esprit dans
l’œuvre (seconde naissance).
Même quand l’artiste imite la nature, c son interprétation, vision qu’il en
donne = belle, expressive. Création = spiritualisation et non imitation.

II. Jugement de l’esthétique

A) Jugement esthétique, imposé par l’œuvre ?


A) Le jugement esthétique a une portée universelle – Kant –
Critique du jugement – 18e
« Le beau est ce qui est représenté, sans concept, comme l’objet d’une
satisfaction universelle. »
Le jugement esthétique ne renvoie pas à la qualité de l’objet jugé mais à
un sentiment de satisfaction chez la personne qui juge.
« Universalité subjective » = ce que l’homme ressent subjectivement (la
beauté) il l’exige et le suppose chez tout autre, car il n’attache pas son
plaisir à un intérêt subjectif.
Jugement sur l’agréable = relatif à chacun
Jugement de goût = peut prétendre à l’universalité > pvr exiger d’un
autre qu’il reconnaisse le sentiment de beauté. Reconnaît la beauté de
l’œuvre sans conceptualiser cette beauté.
B) Artiste agit sur notre regard.
A) Bergson – La pensée et le mouvant
- Q° du rapport art // réalité
- Vocation authentique de l’art = école de vision, approfondissement
de la perception ordinaire : « nous montrer, dans la nature et dans
l’esprit, hors de nous et en nous, des choses qui ne frappaient pas
explicitement nos sens et notre conscience ? »
o Accusations : L’H commun ne sait pas voir > il faut apprendre
à voir // Le réel nous échappe (au moins partiellement) //
perception lacunaire, déficiente> invite le lecteur à
s’interroger sur les mécanismes de perception ordinaires
o Contraire à philo tradi : perception comme fonction de l’esprit
> permet ai sujet de se représenter le monde extérieur et
permet d’établir un rapport au monde / perception comme
critère de vérité
- Artiste est visionnaire car désintéressé
o Paradoxe : commet l’artiste peut-il être + clairvoyant que l’H
ordinaire qui est « plus attaché à la réalité ». > « L’homme
ordi est plus attaché au côté positif et matériel de la vie »} 2
modes de vie, regards sur le monde, table de valeurs
différentes
 Artiste : contemplateur, « Homme idéaliste / distrait », rêveur :
« Détaché de la réalité » / « moins préoccupé que nous du côté positif et
matériel de la vie. »} laisse son esprit vagabonder, s’évader du monde,
s’accorder le loisir (tps pour nous, contempler)
 H ordinaire : d’action, affairé, terre-à-terre, ne voit pas réel mais traduit
réalité en termes de besoins, réel = utile
 Regard supérieur de l’artiste > capacité à se détacher des besoins,
remettre en Q° dictature des besoins. Voir les choses en elles-mêmes et
non sous l’angle de nos intérêts, besoins, désirs. Regard qui dépouille
l’objet des propriétés imaginaires de nos désirs sur l’objet, ce qui reste =
texture sensible des choses
- Art vs techné
o Art : beauté, contemplation
o Techné : savoir-faire, méthode, valeur d’utilité/ efficacité/
productivité
- La vie comme puissance d’obscurcissement
o Vue commune : H pratique connait réalité, envisage les choses
en fonction d’intérêts (realpolitik), et de ses besoins. Mode
d’être déterminé par exigences de la vie. Vivre = lutter pour
satisfaire ses besoins (monde animal), monde du travail. Notre
perception déterminée par impératifs de la vie (ex : l’enfant
ne voit son corps comme objet sexuel car par de désir).
Capacité à se concentrer sur un seul but, et écarter de son
intérêt tt ce q ne l’aide pas à atteindre ce but.
o B – Matière et Mémoire : « Nos perceptions nous donnent le
dessin de notre action possible sur les choses, bien plus que
celui des choses mêmes. » > perception prépare à l’action.
o B : « L’Homme d’action se caractérise par sa capacité à se
focaliser sur un point. » > champ de vision rétréci, permet
l’efficacité de son action, mais rend aveugle à richesse infinie
du réel
o B : « Plus on est préoccupé de vivre, moins on est enclins à
contempler » > H du commun saisit une réalité schématique,
appauvrie, squelettique.

III. Quelle force pousse l’artiste à créer ?

A) Art engagé
a. Servir ceux qui subissent l’histoire – Camus – discours de
réception du Prix Nobel – 1957
Art recherché, expression de la beauté = esthétique
MAIS AUSSI L’art a une mission morale et politique : devoir d’engagement
auprès des hommes et non des idéologies/pvr = donc pas propagande
Dimension ludique ou distractive de l’art pas l’objectif de l’artiste
« L’art d’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen
d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image
privilégiée des souffrances et des joies communes. » / « Il oblige donc
l’artiste à ne pas s’isoler ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus
universelle. »
L’artiste engagé suit 2 valeurs : « Le service de la vérité et celui de la
liberté. » / « Le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance à
l’oppression. » } témoigner des espoirs / souffrances
S’insurge vs répressions Berlin-Est 1953 / écrasement soviétique de la
révolte de Budapest 1957 / au côté des réfugiés du franquisme
Art suit m concept que philo = éveiller les CS. Art = créateur de formes /
Philo = créateur de concept.
 Lecture directe, perspicace du réel
Exigence puissante et RV de l’art
B) Le génie est-il inspiré ?
a. La nature inspire le génie – Kant – Critique du jugement – 18e
Génie artistique = originalité / exemplaires (proposées à l’imitation)
« Le génie est le talent de produire ce dont on ne peut donner de règle
déterminée, et non pas l’habileté qu’on peut montrer en faisant ce qu’on
peut apprendre suivant une règle. »
Le génie ne se produit pas en suivant un protocole méthodique = génie
porteur d’une règle inspiré par la nature
Talent = capacité à imiter
b. Le génie s’acquiert – Nietzche – Humain, trop humain – 19e
Le génie s’acquiert par un travail opiniâtre = prenant le temps du détail
dans l’exigence d’un geste juste, sans volonté d’épater le public.
« Ne venez surtout pas me parler de dons naturels, de talents innés ! »
Les génies devenus : « prenaient leur temps parce qu’ils trouvaient plus
de plaisir à la bonne facture du détail, de l’accessoire, qu’à l’effet produit
par un tout éblouissant. »
Importance la discipline et du temps pour s’élever au statut de « génie ».
c. Le génie : une fécondité inconsciente – Duchamp – 20e
Les artistes sont mus par une force : ils ne créent pas en pleine
conscience mais sont aussi les observateurs de leur geste créateur.
[Je] crois que l’artiste qui fait cette œuvre, ne sait pas ce qu’il fait.
« L’œuvre d’art n’a pas de valeur, aucune, d’ordre numérique ou d’ordre
même moral. C’est une chose qui s’impose par sa présence,
uniquement. »} car produit par une force inconsciente.
d. Les deux forces créatrices – Nietzche – La naissance de la
tragédie – 19e
L’homme est poussé à créer pour libérer une tension entre Apollon (dieu
des arts et de la beauté = mesure, raison, lumière, harmonie, belle forme)
et Dionysos (dieu qui symbolise la démesure et les désirs inconscients, de
la nuit, profondeurs primitives / La peau de Chagrin, Balzac).
« L’évolution de l’art est liée au dualisme de l’esprit apollinien et de
l’esprit dionysiaque. »
En apparence = harmonie, rêve, Apollon
Entre les lignes = mœurs, impunités, Dionysos
Schopenhauer – Le monde comme volonté et comme représentation : « La
vie et les rêves sont les feuillets d'un livre unique : la lecture suivie de ces
pages est ce qu’on nomme la vie réelle. »
L’artiste : « n’éprouve pas seulement la vérité des images agréables et
radieuses » mais aussi images graves, troubles, tristes et sombres / « bref
toute la divine comédie de l’existence, avec son Enfer. »
Ex = Salvador Dali : L’énigme sans fin 20e
Ex = Le paradis / L’enfer de Jérôme Bosch
e. L’art et la magie – Freud – Totem et Tabou – 1923
L’art est le dernier domaine dans lequel l’homme peut exercer l’énergie
primitive que la société lui demande de freiner pour se socialiser.
« L’art est le seul domaine où la toute-puissance des idées se soit
maintenue jusqu’à nos jours. »
« Dans l’art seulement il arrive encore qu’un homme, tourmenté par des
désirs, fasse quelque chose qui ressemble à une satisfaction ; et grâce à
l’illusion artistique, ce jeu produit les mêmes effets affectifs que s’il
s’agissait de quelque chose de réel » = jeu trompeur = magie

Compléments
Manuscrits des écrivains témoigne de la remise en question des pensées,
du temps de travail derrière une œuvre = abolir le mythe de la
composition dans une extatique intuition.
L’imitation est vaine – Hegel – Introduction à l’esthétique – 19 e
La réjouissance provenant d’une simple imitation de la nature n’est que
temporaire et limitée
« L’homme montre mieux son habilité dans des productions surgissant de
l’esprit qu’ne imitant la nature. »
Citations :
« L’art nous est donné pour nous empêcher de mourir de la vérité » -
Nietzsche
« Sans la musique, la vie serait une erreur. » - Nietzsche
« L’art ne moralise pas, il rend meilleur. » - Kandinsky
« Plus inexprimable que tout sont les œuvres d’art, ces êtres secrets dont
la vie ne finit pas et que côtoie la nôtre qui passe. » - Rilke
« L’artiste, comme l’enfant, voit tout en nouveauté. » - Baudelaire
Notions :
- Concret vs abstrait
o Concret = l’existence est constatable et connaissable par
l’expérience sensible. (Objet, homme, paysage)
o Abstrait = idée, opérable universellement pour tout objet
singulier (maths)
o Abstrait succède au concret. (on en déduit de nos perceptions)
o Art : avant, on disait arts plastique = réalité concrète. Mais
non : fauvisme, cubisme} liberté des formes / couleurs
o Grandes œuvres abstraites : Paul Klee, Vassily Kandinsky,
Kasimir Malevitch, Mark Rothko
- Représentation mentale d’une réalité
o Concept = représentation intellectuelle regroupant caractères
nécessaires pour comprendre nature de ce qui est pensé
o Image = représentation des qualités sensible d’une chose
(mentale ou matérielle). (Triangle au tableau, dans notre
cerveau).
o Métaphore = représentation d’une réalité en lui prêtant, par
analogie, les qualités d’une autre réalité > sens figuré
- Art : activité fabricatrice de l’homme, productrice d’objets
(artefacts) vs produits de la nature > technique et esthétique. Mais
depuis 18e art = beaux-arts + dimension créatrice et désintéressée /
expression de l’humanité dans toutes ses dimensions (dionysos,
Apollon). Pleinement nécessaire (Camus) mais pas utile au sens
productif du terme
- La réalité comme ensemble de deux mondes distincts
o Monde intérieur : monde des faits psychiques / mentaux
(sentiments, émotions, désirs, des représentations)
 Conscience
o Monde extérieur : monde physique / spatio-temporel
 Perception / Canal des sens / monde sensible
 Ex : opéra, musique, paysages
- Art : source de tromperie ou vérité ? : Platon : « Les poètes sont des
menteurs »
 2 formes d’expériences/ de réalité
Théories générales sur la finalité de l’art
1. Produire de la beauté (tradi occidentale)
2. Moyen d’expression des états d’âmes de l’artiste (V.Hugo q a perdu
sa fille)
3. Véhicule sensible d’1 message + ou – profond (message moral, po,
philo)
- Beau : ce dont la représentation procure un sentiment de plaisir
désintéressé. Esthétique : Beau s’attache à l’œuvre q suscite un
plaisir intérieur, un sentiment, une émotion. Critères variable même
si accord des esprits se réalise largement (consensus).
- Esthétique : analyse de la vie sensible (αίσθηση) – Baumgarten
1750. Avec Kant = science du beau / philosophie des beaux-arts.
- Génie : don créateur. Qualité innée, peu élucidée. Se caractérise
dans regard, expression par sa radicale nouveauté par rapport aux
précédentes formes de représentation changeant la vision des
autres hommes. Kant : « originalité exemplaire). Nietzsche : résultat
d’un travail totalement déterminé.
- Goût : sens qui permet d’analyser / apprécier les aliments. Figuré :
faculté à juger en art (18e). Après, jugement esthétique + convoqué.
Donc, goût = sens + subjectif > préférences d’un individu ou d’une
époque.
- Sublime : notion esthétique ancienne a nv significations dans
période préromantique. Burke = tension entre un danger éloigné et
la fascination qu’il exerce = « terreur délicieuse ». Kant = tient en la
faculté de l’esprit à prendre conscience de l’illimité = « est sublime
ce en comparaison de quoi tout le reste est petit. »

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