Chapitre V : Capteurs de pression
Chapitre 5. Mesure de pressions
5.1 Généralités
5.2 Principes de la mesure
5.3 Critères d'utilisation et caractéristiques métrologiques
5.4 Capteurs de pression à déformation de solide (Structures mécaniques)
5.4.1 Le manomètre à tube de Bourdon
5.4.2 Manomètre à Membrane
5.4.3 Manomètre à Capsule
5.4.4 Soufflet
5.5 Les procédés de conversion (transduction)
5.5.1 Conversion par variation de résistance
5.5.2 Conversion par variation de capacité
5.5.3 Conversion par variation d’inductance
5.5.4 Jauges d’extensomètrie
5.5.5 Conversion par effet piézo-électrique
5. 6 Étalonnage
V.1. Introduction :
La pression, tout comme la température, la vitesse ou le débit, intervient, en tant que variable, dans les
phénomènes liés aux fluides liquides ou gazeux ; de même les corps solides exercent ou subissent des
pressions. De ce fait, la pression est un paramètre important dans des disciplines aussi variées que la
thermodynamique, l'aérodynamique, l'acoustique, la mécanique des fluides, la mécanique des sols, la
biophysique, etc.
La pression intervient dans le contrôle et la commande des unités de production automatisées ou pilotées
par des opérateurs humains.
V.2. Définition de la pression :
Un corps liquide ou gazeux enfermé dans un récipient, qu'il remplit entièrement, exerce sur toutes les parois
de celui-ci une force dite de pression. Celle-ci dépend de la nature du fluide, du volume qu'il occupe avant
et après remplissage c'est-à-dire des conditions de transfert et, enfin, de la température.
La pression P, en tant que paramètre macroscopique, se définit à partir de la force F, exercée normalement
à un élément de surface S de la paroi, par le fluide contenu dans le récipient ; P, F et S sont liés par la
relation :
𝐹𝑁
𝑃𝑃𝑎 =
𝑆𝑚2
V.2.1 Définition des pressions :
La pression absolue : C’est la pression réelle, dont on tient compte dans les calculs sur les gaz (Figure V.1).
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La pression atmosphérique ou pression barométrique : La pression atmosphérique moyenne au niveau
de la mer, à 15°C, est d’environ 1013 mbar. Elle peut varier, de ± 25 mbar, avec la pluie ou le beau temps.
Elle est fonction de l’altitude (hydrostatique).
La pression relative : C’est la différence de pression par rapport à la pression atmosphérique. Elle est le
plus souvent utilisée, car la plupart des capteurs, sont soumis à la pression atmosphérique. Pour mesurer une
pression absolue, il faut faire un vide poussé dans une chambre dite de référence.
Pression différentielle : C’est une différence entre deux pressions, dont l’une sert de référence. Une
pression différentielle peut prendre une valeur négative.
Le vide : Il correspond théoriquement à une pression absolue nulle. Il ne peut être atteint, ni dépassé. Quand
on s’en approche, on parle alors de vide poussé.
Pression de service ou pression dans la conduite : C’est la force par unité de surface exercée sur une
surface par un fluide s’écoulant parallèlement à la paroi d’une conduite.
Figure V.1 : Les différentes pressions
V.2.2 Unités de la pression :
L’unité internationale de pression est le pascal (1 Pa = 1 N/m2). D’autres unités sont couramment utilisées :
- Le bar : 1 bar = 105 Pascal.
- L’atmosphère : 1 atm = 101325 Pa.
- Le torr ou millimètre de mercure : 1mm de Hg = 133 Pa.
- La livre par pouce carré (Pound per Square Inch) : 1 psi = 6894.7 Pa.
V.3 Pression pour les fluides (liquide et gaz)
Les fluides sont, également, soumis à la force de pesanteur : c'est pourquoi, dans le cas d'une colonne liquide
par exemple (figure V.2), contenue dans un tube ouvert, placé verticalement, la pression en un point M, à la
distance h de la surface libre, est égale à la pression atmosphérique P0 augmentée du poids de la colonne
s'exerçant sur l'unité de surface, soit :
P = PO + ⍴ .g.h
⍴ (Kg/m3) étant la masse volumique du fluide et g (m/s2) l'accélération de la pesanteur à l'endroit de la
mesure. De même, pour un fluide soumis à une accélération quelconque, il y a lieu de tenir compte de
l'influence de la force d'inertie sur la pression.
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Figure V.2 : Pression hydrostatique
2 Manomè
tres à déformation de solide
2.1 Le manomètre àtube de Bourdon
2.1.1 Fonctionnement
Le tube de Bourdon est brasé, soudéou visséavec le support de tube qui forme généralement une pièce complète avec
le raccord. Par l’intermédiaire d’un trou dans le raccord, le fluide àmesurer passe àl’intérieur du tube. La partie mobile
finale du tube se déplace lors de changement de pression (effet Bourdon). Ce déplacement qui est proportionnel
àla pression àmesurer, est transmis par l’intermédiaire du mouvement
àl’aiguille et affichésur le cadran en tant que valeur de pression. Le système de mesure, le cadran et l’aiguille
sont montés dans un boı̂tier.
1. Organe moteur, tube de Bourdon.
2. Support de tube.
3. Capuchon du tube.
4. Secteur denté.
5. Biellette.
6. Engrenage.
7. Aiguille.
8. Cadran.
2.1.2 tilisation
Les manomètres à tube de Bourdon sont utilisés pour la mesure de pressions positives ou négatives de fluides
gazeux ou liquides, àcondition que ceux-ci ne soient ni hautement visqueux ni cristallisant. Les
étendues de mesure s’étalent sur toutes les plages de 0,6 bar à4 kbar. Pour les étendues jusqu’à40 bars inclus on
utilise normalement la forme en arc et àpartir de 60 bars la forme hélicoı̈dale. Les appareils sont fabriqués avec
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le raccordement vertical ou arrière. Il convient de les protéger contre les risques de surpression ou de dépassement
d’échelle. Le tube de Bourdon ne permet pas de mesurer les phénomènes rapides et évolutifs de pression.
L’incertitude de mesure varie de 0,02 à0,2 % pour le domaine de mesure de 0 à3 kbar.
2.2 Manomè
tre àmembrane
2.2.1 Fonctionnement
La membrane est tendue entre deux brides. Par un trou dans le raccord, le fluide à mesurer arrive dans la
chambre de pression en dessous de la membrane. La membrane se déplace sous l’effet de la pression. Le déplacement
de la membrane est proportionnel àla pression mesurée et est transmis par l’intermédiaire du mouvement àl’aiguille
et affichésur le cadran en tant que valeur de pression. Afin d’être protégés contre des détériorations, le système de
mesure, le cadran et l’aiguille sont montés dans un boı̂tier. En cas de risque de corrosion due àdes fluides
agressifs, on peut protéger toutes les parties en contact avec le fluide par enduction de plastique ou par un film
de protection.
1. Bride inférieure.
2. Chambre de pres- sion.
3. Bride supérieure.
4. La membrane.
5. Vis.
6. Engrenage.
7. Aiguille.
8. Cadran.
Utilisation
Les manomètres àmembrane sont utilisés principalement pour la mesure de faibles pressions positives ou négatives
de fluides gazeux ou liquides. Les étendues de mesure possibles s’étalent sur toutes les plages selon DIN de 16
mbar à40 bar. Les membranes de ces manomètres sont très minces et ondulées. De par leur forme, ils sont moins
sensibles aux vibrations que les manomètres àtube et sont plus faciles àprotéger contre les surcharges et les fluides
agressifs. Pour l’utilisation avec des fluides hautement visqueux ou cristallisant il est possible de les équiper
de brides ouvertes. Les appareils sont fabriqués avec un montage de membrane horizontal (àangle droit par rapport
au cadran) ou vertical (parallèle par rapport au cadran). Étant donnéqu’il n’y a pas de différence fondamentale de
fonctionnement, la description suivante concerne l’exécution la plus courante, avec la membrane horizontale.
Procédés de conversion :
Conversion par variation de résistance
Potentiomètre
Le curseur d'un potentiomètre est lié, avec ou sans démultiplication, à une membrane, un tube de Bourdon
ou une capsule (figure 13.9) de manière à ce que la déformation de ce corps d'épreuve entraîne un
déplacement x du curseur.
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Figure 13.9 - Capteur de pression avec conversion par potentiomètre
Pour un potentiomètre de résistance totale Rn, alimenté par une source de f.é.m. e5, la tension Vm entre le
curseur et l'une de ses extrémités est :
R(x) étant la résistance entre curseur et extrémité du potentiomètre.
S'il y a proportionnalité entre :
- pression P à mesurer et déformation du corps d'épreuve,
- déformation du corps d'épreuve et déplacement x du curseur,
- déplacement x du curseur et résistance R(x),
On a alors :
k étant une constante, pour un dispositif donné.
Jauges extensométriques à trame pelliculaire (§ 8.3.2)
Très utilisées, les jauges à trame pelliculaire collées sur le corps d'épreuve assurent la conversion directe
d'une déformation E en variation de résistance ΔR/ R.
Figure : Types de jauges métalliques : a) jauge à fil ; b) jauge à trame pelliculaire.
Associées en pont de Wheatstone, elles permettent une compensation de température, et parfois un
accroissement de la sensibilité en additionnant les déformations dues à la striction. En choisissant une
impédance en sortie de la diagonale de mesure beaucoup plus grande que la résistance interne du pont ainsi
constitué on dispose d'un signal de sortie :
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Les jauges sont reliées en tenant compte des signes et des valeurs relatives de variation de leur résistance.
Ainsi, dans le cas d'un tube borgne (figure 13.1) chaque jauge longitudinale se trouve être en série avec une
jauge transversale. Cela n'apporte, en fait, aucun gain de sensibilité mais un tel arrangement permet d'assurer
une bonne compensation de température.
Figure 13.1 : Capteur de pression à tube borgne : a) réalisation ; b) coupes du corps d'épreuve et
implantation des jauges.
Au lieu d'un tube droit on peut, également, utiliser un tube coudé, comme par exemple le tube de Bourdon.
Les capteurs de ce type peuvent convenir pour la mesure des pressions comprises entre quelques bars et un
millier de bars et même plus.
Un tube de Bourdon peut être, par ailleurs, associé à une poutre flexible équipée de jauges (figure 13. 1 Oa)
;
Figure : Exemples de capteurs de pression avec élément dynamométrique équipé de jauges à base d’un
tube de Bourdon et poutre flexible ;
- Conversion par variation de capacité :
Une variation de capacité peut être obtenue en agissant sur l'un des paramètres modifiant le champ électrique
entre deux conducteurs qui constituent en fait les deux armatures d'un condensateur.
Figure : Condensateur
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La capacité d’un condensateur s’´écrit :
- ε0 : permittivité du vide = 8, 85*10−12 ;
- εr : permittivité relative de l’isolant ;
- S : surface en regard en m2 ;
- e : épaisseur de l’isolant en m.
L’une de ces armatures peut être liée à un corps d'épreuve, une membrane par exemple, l'ensemble formant
un condensateur dont la variation de capacité C est commandée par la flèche de la membrane. Dans ce cas,
le paramètre variable de C peut être la surface S des armatures en regard, elle-même fonction linéaire de
déplacement de la flèche (centre) de la membrane, mais on peut également agir sur leur distance e (cas de
deux électrodes parallèles) ou, encore, sur la nature du milieu (introduction d'un diélectrique solide entre les
armatures).
La surface S peut varier par déplacement des armatures, cas du condensateur cylindrique (figure 13. 15), la
loi de variation étant linéaire.
Figure 1 3 . 1 5 - Exemple de capteur de pression avec conversion par variation de capacité
En faisant varier la distance e entre les armatures, et à condition que la variation Δe reste petite (Δe < e0),
on peut admettre comme loi de variation de C l'expression :