L3- Unité MT-09 2006-2007
Feuille n°6 : Intégration numérique
Un peu d’histoire…
Pour ses calculs en physique et en astronomie, Newton est le premier à utiliser des
formules de quadrature, suivi en cela par ses successeurs anglais Cotes (1711) et
Simpson (1743). Euler met lui toute son ingéniosité à rechercher des primitives
dx
analytiques ; cependant, de nombreuses intégrales résistent comme par exemple ∫ . De
ln x
nombreux calculs en astronomie (perturbations des orbites planétaires) contraignent
Gauss (1814) à intensifier la théorie des formules de quadrature.
Newton Simpson Euler
Applications directes des définitions du cours
1°) Méthode des trapèzes. Soit f ∈ C 2 ([− 1,1]) .
a) déterminer le polynôme P de Lagrange qui interpole f aux points -1 et 1.
1 1
b) On souhaite approcher ∫ f ( x )dx par ∫ P(x )dx . Montrer qu’alors
−1 −1
1
∫ f (x )dx ≈ af (− 1) + bf (1) et déterminer a et b.
−1
c) Quel est l’ordre de cette méthode ?
d) En utilisant le théorème de la moyenne, montrer qu’il existe α ∈ ]− 1,1[ tel que
1
l’erreur E ( f ) commise en approchant ∫ f (x )dx par af (− 1) + bf (1) soit
−1
2
E( f ) = − f " (α ) .
3
2°) Soient x1 , x2 ∈ [− 1,1] tels que x1 < x2 et soient λ1 , λ2 ∈ IR . On pose pour toute
fonction f continue sur [− 1,1] : J ( f ) = λ1 f ( x1 ) + λ2 f ( x2 ) .
a) Quelles conditions doivent vérifier x1 , x2 , λ1 , λ2 pour que J soit une méthode
d’intégration numérique exacte sur les polynômes de degré ≤ 1 ?
b) Trouver un choix de x1 , x2 ∈ [− 1,1] qui rendent l’ordre de cette méthode le plus
élevé possible ? Quel est cet ordre ?
c) Comparer cette méthode à celle des trapèzes.
Autres exercices
3°) méthode des trapèzes composite
Soit f ∈ C 2 ([− 1 ,1]) . On considère ( xi ) une subdivision équirépartie de [a ,b] ; plus
b−a
précisément, on pose xi = a + i , pour i = 0 ,.., n .
n
xi +1 xi +1
a) On approche ∫ f (x ) dx par ∫ Pi (x ) dx où Pi est le polynôme de Lagrange de degré
xi xi
1 qui interpole f sur [xi , xi +1 ] .Quelle est alors la formule de quadrature obtenue que
l’on écrira sous la forme I i ( f ) = αf ( xi ) + β f ( xi +1 ) ? Que représente géométriquement
Ii ( f ) ?
xi +1
b) En utilisant le théorème de la moyenne, déterminer l’erreur Ri ( f ) = ∫ f (x )dx − I i ( f ) .
xi
b n −1 b
c) On approche ∫ f ( x )dx par I ( f ) = ∑ I i ( f ) . Montrer que R ( f ) = ∫ f (x )dx − I ( f )
a i =0 a
3
1 (b − a )
vérifie R ( f ) ≤ sup f " ( x ) . Que se passe-t-il si n augmente ?
12 n 2 x∈[a ,b ]
4°) Formule symétrique.
Soit g une fonction définie et continue sur [0,1] et considérons la quadrature
1 s
suivante : ∫ g (t )dt ≈ ∑ λi g (ti ) .
0 i =1
On suppose que cette formule de quadrature est symétrique c'est-à-dire que t s +1−i = 1 − ti et
que λs +1−i = λi , ∀i = 1..s .
Montrer que l’ordre d’une telle quadrature est toujours un ordre impair. On pourra utiliser
2 m −1
1
qu’un polynôme de degré 2m-1 s’écrit sous la forme g (t ) = C t − + g1 (t ) où g1 (t ) est
2
de degré ≤ 2m − 2 .
1
5°) Pour f de classe C sur [0,1] , on pose I ( f ) = ∫ f (t )dt et on propose la quadrature suivante
1
pour approcher I ( f ) : J ( f ) = αf (0) + β f (1) + γf ' (0) + δf ' (1) .
a) calculer α , β , γ et δ pour que la méthode soit d’ordre le plus grand possible.
b) Quel est l’ordre obtenu ?
1
1
c) Appliquer la méthode de Simpson à l’intégrale H ( f ) = ∫ t − f ' (t )dt pour obtenir
0
2
une approximation S ( f ) de H ( f ) . En intégrant H ( f ) par parties, montrer que
J ( f ) − I ( f ) = H ( f ) − S ( f ) . Ce résultat est-il compatible avec celui de la question
précédente ?
d) On suppose maintenant que f est de classe C 4 . En intégrant par parties l’intégrale
1 1
1 2
∫0 ∫
2 (4 )
( ) ( ) ( ) ( ) t (1 − t ) f (4 ) (t )dt .
2 2
t 1 − t f t dt , montrer que J f − I f =
24 0
1
e) En déduire que pour f de classe C 4 , on a J ( f ) − I ( f ) ≤ sup f (4 ) (t )
720 t∈[0,1]
1
f) Montrer également que pour f de classe C 3 ,on a J ( f ) − I ( f ) ≤ sup f (3) (t )
192 t∈[0,1]
g) On suppose que f est définie cette fois sur [a, b] que l’on subdivise en intervalle
réguliers du type [a + ih, a + (i + 1)h] avec h =
(b − a ) . Écrire la formule d’intégration
n
composite associée à la formule élémentaire J.
h) Si on suppose que f est de classe C 4 (resp C 3 ), déduire des questions précédentes une
majoration de l’erreur correspondante pour la méthode composite. Comparer avec la
méthode des trapèzes composites.
6°) Calcul d’erreur à l’aide du noyau de Péano :
Soit 0 ≤ a ≤ 1 . Pour f ∈ C 2 ([− 1 ,1]) , on définit une quadrature de f aux points a et –a par
1
J ( f ) = f (a ) + f (− a ) et on définit l’erreur de quadrature par E ( f ) = ∫ f (t )dt − J ( f ) .
−1
1
a) montrer que, ∀x ∈ [− 1,1] , f ( x ) = f (− 1) + ( x + 1) f ' (− 1) + ∫ ( x − t )+ f " (t )dt où
−1
x+ = max( x,0)
1
b) On pose K (t ) = E ( x a ( x − t )+ ) . Montrer que E ( f ) = ∫ f "(t )K (t )dt
−1
(t + 1) 2
si t ≤ − a
2 2
t + 1
c) Montrer que K (t ) = − a si − a ≤ t ≤ a
2
(t − 1)2 si t ≥ a
2
d) Tracer le graphe de K et préciser les ordonnées des extrema de K pour t ∈ [− 1, 1]. On
notera u (a ) = max K (t ) et v(a ) = min K (t )
t∈[−1,1] t∈[−1,1]
e) Représenter dans le même repère les graphes de u et v sur [0 , 1] et également celui de
w définie par w(a ) = max( u (a ) , v(a ) ) . Pour quelle valeur de a , w est-elle minimale ?
f) En déduire que pour cette valeur de a, on a l’estimation de l’erreur de quadrature
1
3− 2 2
suivante : E ( f ) ≤
2 ∫−1 f "(t )dt .