Licence de Physique PC S3 Université Ibn Tofail
Faculté des Sciences
Année universitaire 2024-2025 Département de physique
Kénitra
Cours d’électromagnétisme dans le vide
Chapitre II
Régime Variable - Equations de Maxwell
Responsable de module :
Pr. Abdelkrim MANAR
1
Sommaire
Introduction
I. Equations de Maxwell dans le vide
I.1. Equations de Maxwell en régime statique (champs stationnaires)
I.2. Equations de Maxwell en ARQS
II. Régime Variable (rapidement)
II.1. Passage en régime variable
II.1.1. Difficultés d’ordre mathématique
II.1.2. Difficultés d’ordre physique
II.1.3. Que se passe-t-il réellement entre les armatures du condensateur ?
II.1.4. L’équation de Maxwell - Ampère, 1876
II.1.5. Résumé des Equations de Maxwell
II.2. Équation locale de conservation de l’énergie : Vecteur de Poynting
II.2.1. Bilan énergétique. Vecteur flux d’énergie électromagnétique
II.2.2. Vecteur flux d’énergie électromagnétique
II.3. Bilan énergétique dans le vide sur un volume macroscopique
II.4. Détermination de 𝒲𝑒𝑚 et du vecteur de Poynting ⃗Π ⃗
2
Introduction
En 1865, le physicien écossais James Clerk Maxwell (1831-1879) publie un article dans lequel il
unifie les théories électrique et magnétique en une seule, travaux antérieurs, réalisés
notamment par Gauss (1777-1855), Faraday (1791-1867) et Ampère (1775-1836). Maxwell
réussit à établir 20 équations différentielles qui décrivent le comportement local du champ
électromagnétique et son interaction avec la matière (charges et courants).
Mais il faudra attendre, Oliver Heaviside, et l'avènement de l'analyse vectorielle au 20ème siècle
pour aboutir aux 4 équations modernes qui, associées à la force de Lorentz, forment la théorie
électromagnétique classique. Hertz fut le premier à produire et à détecter des ondes
électromagnétiques, autres que des ondes lumineuses, prédites par la théorie de Maxwell et à
mesurer leur vitesse de propagation.
I. Equations de Maxwell dans le vide
I.1. Equations de Maxwell en régime statique (champs stationnaires)
L’étude des phénomènes électriques et magnétiques en régime stationnaire, conduit à les interpréter
en faisant intervenir deux champs indépendants : les charges électriques produisent dans tout l’espace
un champ électrique 𝐸⃗ (𝑀) donné par la loi de Coulomb, et les courants électriques un champ
magnétique 𝐵 ⃗ (𝑀) obtenu par la loi de Biot et Savart. Ces phénomènes sont décrits par les équations de
Maxwell établies au chapitre 0.
Dans un référentiel ℛ galiléen :
→
• 𝑑𝑖𝑣 𝐷 (𝑀, 𝑡) = 𝜌(𝑀, 𝑡) (1) théorème de Gauss local
→
• 𝑟𝑜𝑡𝐻 (𝑀, 𝑡) = 𝑗𝐶 (2) relation de Maxwell – Ampère
→
• 𝑑𝑖𝑣 𝐻 (𝑀, 𝑡) = 0 (3) ⃗
conservation du flux de 𝐵
→
• 𝑟𝑜𝑡𝐷 (𝑀, 𝑡) = 0
⃗ (4) relation de Maxwell – Faraday
avec ⃗ = 𝜀0 𝐸⃗ et
𝐷 ⃗ = 𝜇0 𝐻
𝐵 ⃗ dans le vide ;
⃗ = 𝜀𝐸⃗
𝐷 et ⃗ = 𝜇𝐻
𝐵 ⃗ dans un milieu diélectrique parfait LHI ;
𝜀 = 𝜀𝑟 . 𝜀0 et 𝜇 = 𝜇𝑟 . 𝜇0 où 𝜀𝑟 et 𝜇𝑟 sont respectivement la permittivité et la perméabilité
relatives du milieu diélectrique ;
𝑗𝐶 est la densité de courant de conduction.
3
On retrouve les lois locales de l’électrostatique et de la magnétostatique. On constate alors que les
→
équations en 𝐸⃗ et 𝐵 sont découplées. Dans un conducteur de conductivité 𝛾 on a :
𝑗𝐶 = 𝛾. 𝐸⃗ et 𝑑𝑖𝑣𝑗 = 0
On distingue deux relations qui relient les champs aux sources (courant et densité de charge) :
⟹ La forme intégrée de l’équation de Maxwell-Gauss (1) donne le théorème de Gauss.
⟹ La forme intégrée de l’équation de Maxwell-Ampère (2) en régime stationnaire donne le
théorème d’Ampère.
Les deux autres relations traduisent les propriétés intrinsèques du champ électromagnétique
indépendamment des sources :
→
⟹ La forme intégrée de l’équation de Maxwell-Flux (3) indique que 𝐵 est à flux conservatif.
⟹ La forme intégrée de l’équation de Maxwell-Faraday (4) en régime stationnaire indique que
→
𝐸⃗ est à circulation conservative et permet de poser 𝐸⃗ = − 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑉.
I.2. Equations de Maxwell en régime légèrement variable (champs quasi-stationnaires)
Les relations du milieu sont relativement les mêmes. Les équations de Maxwell en régime semi-
variable sont donc :
→
• 𝑑𝑖𝑣 𝐷 (𝑀, 𝑡) = 𝜌(𝑀, 𝑡) (1) théorème de Gauss local
→
• 𝑟𝑜𝑡𝐻 (𝑀, 𝑡) = 𝑗𝐶 (2) relation de Maxwell – Ampère
→
• 𝑑𝑖𝑣 𝐻 (𝑀, 𝑡) = 0 (3) ⃗
conservation du flux de 𝐵
→
→ 1 𝜕𝐻 (𝑀,𝑡)
• 𝑟𝑜𝑡𝐷 (𝑀, 𝑡) = − 𝑐 2 𝜕𝑡 (4) relation de Maxwell – Faraday
→ →
On constate que les équations en 𝐷 et 𝐻 sont couplées. Les phénomènes d’induction sont
venus troubler le découplage apparent entre magnétisme et électricité. Lorsque les charges et/ou les
courants évoluent au cours du temps cela produit à la fois un champ électrique et magnétique sans
qu’il soit possible de relier le champ électrique uniquement à la charge électrique, ni le champ
magnétique uniquement au courant électrique. Ainsi, on admet que l’objet physique pertinent pour
décrire ces phénomènes, est le champ électromagnétique {𝐸⃗ , 𝐵
⃗ } qui forme un tout indissociable.
II. Régime Variable (rapidement)
Les champs sont à présent produits par des sources variables dans le temps ; la variation
s’effectuant de façon quelconque :
4
✓ On a fréquemment des circuits ouverts ;
✓ L’intensité n’est plus la même en tout point du circuit ;
✓ Les déplacements de charges (resp. du courant variable) peuvent faire varier la densité locale
des charges ρ. Il pourra y avoir (par exemple) accumulation de charge en certains points du
circuit (milieu non isotrope).
Dans le cas le plus général, l’équation qui traduit la conservation de la charge n’est plus 𝑑𝑖𝑣𝑗𝑐 = 0 mais
au contraire :
𝜕𝜌
𝑑𝑖𝑣𝑗𝑐 + 𝜕𝑡 = 0 (5)
II.1. Passage en régime variable
D’une manière générale, l’application brutale des équations de Maxwell, établies en régime
quasi-stationnaire, au régime variable conduit à des difficultés à la fois d’ordre mathématique et
d’ordre physique.
II.1.1. Difficultés d’ordre mathématique
Considérons l’équation (4) qui traduit le théorème d’Ampère (localement). Supposons qu’elle
soit vérifiée en régime rapidement variable. On en déduira que :
→ →
𝑑𝑖𝑣(𝑟𝑜𝑡𝐻 ) = 𝑑𝑖𝑣( 𝑗 𝑐 ) = 0
→ 𝜕𝜌
Or, nous venons d’écrire précédemment (relation (5)) que 𝑑𝑖𝑣 𝑗 𝑐 + 𝜕𝑡 = 0. Par la suite, on
voit qu’il y a une contradiction, donc le théorème d’Ampère n’est plus valable sous cette forme.
II.1.2. Difficultés d’ordre physique
On applique aux bornes d’un condensateur plan une force électromotrice e qui délivre un
courant I(t).
𝑒
Circuit de Maxwell
On fait circuler pendant un temps plus ou moins grand un courant I(t) dans le circuit ci-dessus.
𝑑𝑄 𝑑𝑄
Pendant la charge du condensateur I(t) = 𝑑𝑡
et pendant la décharge on a I(t) = - 𝑑𝑡
.
5
La loi d’Ohm appliquée au circuit s’écrit :
𝑒 = 𝑅𝐼 + 𝑉𝑐
soit :
𝑑𝑄 𝑄
𝑒=𝑅 +
𝑑𝑡 𝐶
ou :
𝑑𝑄 𝑄 𝑒
+ =
𝑑𝑡 𝑅𝐶 𝑅
C’est une équation différentielle du 1er ordre avec second membre.
𝑡
La solution est de la forme : 𝑄(𝑡) = 𝑒𝐶 + 𝐵 𝑒𝑥𝑝 (− 𝑅𝐶 )
A l’instant t = 0, la charge Q(t=0) = 0 d’où : B = -eC
Par conséquent,
𝑡
𝑄(𝑡) = 𝑒𝐶 [1 − 𝑒𝑥𝑝 (− )]
𝑅𝐶
D’où :
𝑒 𝑡
𝐼(𝑡) = 𝑅 𝑒𝑥𝑝 (− 𝑅𝐶 ) (6)
⃗ , en principe calculable soit par
Ce courant produit dans son voisinage un champ magnétique 𝐻
la loi de Biot et Savart, ou soit par le théorème d’Ampère.
Appliquons le théorème d’Ampère en considérant la surface fermée (Σ1∪Σ2) comme indiquées
sur le schéma de la figure ci-dessus, Σ1 et Σ2 s’appuyant respectivement sur le même contour fermé
(C). On a :
→ ⃗
⃗ . 𝑑𝑙 = ∬𝑟𝑜𝑡
∮𝐻 𝐻 . 𝑑𝑆 = ∬𝑗. 𝑑𝑆
𝐶 𝑆 𝑆
où S est une surface s’appuyant sur (C). S est donc Σ1 ou Σ2 qui s’appuient sur le même contour (C).
Remarque :
❖ Pour (S) = (Σ1), le théorème d’Ampère s’écrit :
⃗ . 𝑑𝑙 = ∬ 𝑗. 𝑑𝑆 = 0
∮𝐻
𝐶 𝛴1
(L’intérieur du condensateur dépourvu de charges et puisqu’aucun courant de conduction ne
traverse Σ1).
❖ Pour (S) = (Σ2), le théorème d’Ampère s’écrit :
⃗ . 𝑑𝑙 = ∬ 𝑗. 𝑑𝑆 = 𝐼(𝑡)
∮𝐻
𝐶 𝛴2
car le courant I(t) le traverse. Il y a donc un problème à résoudre.
6
II.1.3. Que se passe-t-il réellement entre les armatures du condensateur ?
Entre les plaques du condensateur, il n’y a pas de courant mais il y existe un champ électrique
E(t) dont le module croit en fonction du temps.
𝜎(𝑡)
𝐸(𝑡) = (7)
𝜀0
𝑄(𝑡)⁄
avec 𝜎(𝑡) = 𝑆 : est la densité surfacique de charges de l’armature positive.
Pour pouvoir continuer à appliquer le théorème d’Ampère, Maxwell a imaginé que ce champ
électrique 𝐸(𝑡) devrait produire les mêmes effets (magnétiques) qu’un courant dont l’intensité totale
dans le diélectrique serait égale à l’intensité I(t) du circuit.
Remarque :
𝑑𝑄 𝑑𝜎 𝑑𝐸
𝐼(𝑡) = =𝑆 = 𝑆𝜀0
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝑑𝐷
⃗ = 𝜀0 𝐸⃗ ou encore 𝐼(𝑡) = 𝑆 𝜕𝐷.
I(t) peut s’écrire aussi sous la forme 𝐼(𝑡) = 𝑆 𝑑𝑡 avec 𝐷 𝜕𝑡
⃗
𝜕𝐷
Considérons la quantité vectorielle 𝐼𝐷 = 𝑆. 𝜕𝑡 ; on déduit immédiatement que ‖𝐼𝐷 ‖ = I.
𝐼𝐷 est orienté de l’armature positive vers l’armature négative. L’idée de Maxwell est que le champ
variable 𝐸⃗ (t) équivaut dans le diélectrique à une répartition fictive de courant de densité uniforme :
𝐼𝐷 𝜕𝐷 ⃗
𝑗𝐷 = = (8)
𝑆 𝜕𝑡
Ce courant fictif est appelé courant de déplacement de Maxwell. Il met en évidence un fait nouveau :
c’est qu’un champ électrique variable crée un champ magnétique ; phénomène complémentaire du
phénomène d’induction.
II.1.4. L’équation de Maxwell - Ampère, 1876
Partons de l’équation de conservation de la charge (5) :
𝜕𝜌
𝑑𝑖𝑣𝑗 + =0
𝜕𝑡
et du théorème de Gauss :
⃗ =𝜌
𝑑𝑖𝑣𝐷
𝜕 𝜕𝜌
On en déduit : ⃗)
(𝑑𝑖𝑣𝐷 =
𝜕𝑡 𝜕𝑡
𝜕
et ⃗)
(𝑑𝑖𝑣𝐷 = −𝑑𝑖𝑣𝑗
𝜕𝑡
⃗
𝜕𝐷
d’où : 𝑑𝑖𝑣(𝑗 + ) =0
𝜕𝑡
Par cette relation, nous avons montré que le vecteur densité de courant total :
7
⃗
𝜕𝐷
𝑗𝑡 = 𝑗 + = 𝑗𝐶 + 𝑗𝐷
𝜕𝑡
est à flux conservatif.
L’hypothèse de Maxwell selon laquelle 𝑗𝐷 a toutes les propriétés magnétiques qu’un courant de
conduction permet d’appliquer le théorème d’Ampère sur le courant total de densité 𝑗𝑡 , d’où
l’équation de Maxwell - Ampère, à savoir :
⃗⃗
𝜕𝐷
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡 𝐻 = 𝑗𝑡 = 𝑗𝐶 + (9)
𝜕𝑡
En l’absence de courant de conduction, le théorème de Maxwell-Ampère s’écrit :
→ ⃗
𝜕𝐷
𝑟𝑜𝑡𝐻 = (10)
𝜕𝑡
Cela signifie qu’un champ électrique variable engendre un champ magnétique dont il faut tenir
compte dans le calcul de l’induction magnétique.
II.1.5. Résumé des Equations de Maxwell
Ce sont les équations de champs, dans le cas le plus général, et par rapport aux équations des
états stationnaires, seules les équations de Maxwell - Ampère varient d’un milieu à un autre.
En général, les équations de Maxwell pour l’électromagnétisme se résument en ces quatre équations
ci-dessous :
→
• 𝑑𝑖𝑣 𝐷 (𝑀, 𝑡) = 𝜌(𝑀, 𝑡) théorème de Gauss local
→ ⃗
𝜕𝐷
• 𝑟𝑜𝑡𝐻 (𝑀, 𝑡) = 𝑗𝐶 + relation de Maxwell – Ampère
𝜕𝑡
→
• 𝑑𝑖𝑣 𝐻 (𝑀, 𝑡) = 0 ⃗
conservation du flux de 𝐵
→
→ 1 𝜕𝐻 (𝑀,𝑡)
• 𝑟𝑜𝑡𝐷 (𝑀, 𝑡) = − 𝑐 2 𝜕𝑡 relation de Maxwell – Faraday
→
𝜕𝐷 (𝑀,𝑡)
avec 𝑗𝐶 la densité de courant de conduction et 𝑗𝐷 = la densité de courant de déplacement.
𝜕𝑡
Par conséquent dans le vide, en l’absence de courant et de charges, les équations de Maxwell
s’écrivent :
→
𝑑𝑖𝑣 𝐷 (𝑀, 𝑡) = 0
→ ⃗
𝜕𝐷
𝑟𝑜𝑡𝐻 (𝑀, 𝑡) =
𝜕𝑡
→
𝑑𝑖𝑣 𝐻 (𝑀, 𝑡) = 0
→
→ 1 𝜕 𝐻 (𝑀, 𝑡)
{𝑟𝑜𝑡𝐷 (𝑀, 𝑡) = − 𝑐 2 𝜕𝑡
8
car ρ = 0 et 𝑗𝐶 = 0 ; équations parfaitement symétriques et très importantes dans la théorie de
propagation des ondes électromagnétiques.
Il n’est pas nécessaire d’ajouter le postulat de conservation de la charge aux quatre équations de
Maxwell car elles le contiennent déjà. En effet, on a toujours :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ) = 0
𝑑𝑖𝑣(𝑟𝑜𝑡𝐵
𝜕𝐸⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ) = 𝑑𝑖𝑣 (𝜇0 (𝑗𝐶 + 𝜀0
𝑑𝑖𝑣(𝑟𝑜𝑡𝐵 )) = 0
𝜕𝑡
𝜕𝐸⃗ 𝜕𝐸⃗
𝑑𝑖𝑣 (𝑗𝐶 + 𝜀0 ) = 𝑑𝑖𝑣𝑗𝐶 + 𝜀0 𝑑𝑖𝑣 ( ) = 0
𝜕𝑡 𝜕𝑡
On peut inverser les dérivées temporelles et spatiales (théorème de Cauchy-Schwarz) :
𝜕 𝜕 𝜌
𝑑𝑖𝑣𝑗𝐶 + 𝜀0 𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ = 𝑑𝑖𝑣𝑗𝐶 + 𝜀0 =0
𝜕𝑡 𝜕𝑡 𝜀0
On retrouve l’équation locale de conservation de la charge :
𝜕𝜌
𝑑𝑖𝑣𝑗𝐶 + =0
𝜕𝑡
II.2. Équation locale de conservation de l’énergie : vecteur de Poynting
II.2.1. Bilan énergétique. Vecteur flux d’énergie électromagnétique
On a montré dans le chapitre précédent que l’on pouvait associer à un champ électrique 𝐸⃗
1
une densité volumique d’énergie 𝜀0 𝐸 2 et à un champ magnétique 𝐵 ⃗ une densité volumique
2
1
d’énergie 2𝜇0
𝐵2 . De manière générale, on peut définir la densité volumique d’énergie
électromagnétique 𝓌𝑒𝑚 . Un volume élémentaire 𝑑𝜏 entourant un point 𝑀 donné contient une
énergie électromagnétique élémentaire :
𝑑𝒲𝑒𝑚 = 𝓌𝑒𝑚 (𝑀, 𝑡)𝑑𝜏 (11)
II.2.2. Vecteur flux d’énergie électromagnétique
⃗⃗ le vecteur flux d’énergie électromagnétique, appelé vecteur de Poynting.
On définit Π
⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗
Π 𝑑𝑆𝑑𝑡 représente l’énergie électromagnétique ayant traversé la surface orientée
⃗⃗⃗⃗ pendant le temps 𝑑𝑡.
élémentaire 𝑑𝑆
• ⃗Π⃗ ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 est donc homogène à une puissance (en watt).
• ⃗Π
⃗ est homogène à une puissance par unité de surface. [Π
⃗⃗ ] = 𝑊. 𝑚−2.
II.3. Bilan énergétique dans le vide sur un volume macroscopique
La force de Lorentz peut s’écrire sous la forme :
𝑓𝑙 = 𝑞𝐸⃗ + 𝑞𝑣 ∧ 𝐵
⃗
9
⃗ a une puissance nulle car (𝑞𝑣 ∧ 𝐵
La force magnétique 𝑞𝑣 ∧ 𝐵 ⃗ ). 𝑣 = 0. Seule la force électrique 𝑞𝐸⃗
peut transférer de l’énergie à une charge.
On a vu (voir chapitre I : P21) que la puissance volumique cédée par le champ électrique à un
conducteur avait pour expression :
𝒫𝑣 = −𝑗. 𝐸⃗ (12)
Dans le vide, 𝑗 = ⃗0, l’énergie électromagnétique ne peut pas être convertie en une autre forme
d’énergie. Elle est donc conservée.
On souhaite exprimer localement la conservation de l’énergie électromagnétique dans le vide à partir
d’un bilan macroscopique sur un volume V donné.
On note 𝒲𝑒𝑚 (𝑡) l’énergie électromagnétique contenue dans ce volume V à l’instant t. La variation
d’énergie électromagnétique contenue dans le volume V entre l’instant t et l’instant t+dt est égale à
l’énergie algébriquement reçue pendant dt. On calcule donc le flux entrant de ⃗Π
⃗ (d’où l’orientation
⃗⃗⃗⃗ du vecteur surface).
−dS
⃗⃗⃗⃗ )𝑑𝑡
⃗⃗ (−dS
𝒲𝑒𝑚 (𝑡 + 𝑑𝑡) − 𝒲𝑒𝑚 (𝑡) = ∯ Π
𝑆
Avec :
𝒲𝑒𝑚 (𝑡 + 𝑑𝑡) − 𝒲𝑒𝑚 (𝑡) = ∭ 𝓌𝑒𝑚 (𝑀, 𝑡 + 𝑑𝑡)𝑑𝜏 − ∭ 𝓌𝑒𝑚 (𝑀, 𝑡)𝑑𝜏
𝑉 𝑉
𝒲𝑒𝑚 (𝑡 + 𝑑𝑡) − 𝒲𝑒𝑚 (𝑡) = ∭[𝓌𝑒𝑚 (𝑀, 𝑡 + 𝑑𝑡) − 𝓌𝑒𝑚 (𝑀, 𝑡)]. 𝑑𝜏
𝑉
𝜕𝓌𝑒𝑚 (𝑀, 𝑡)
𝒲𝑒𝑚 (𝑡 + 𝑑𝑡) − 𝒲𝑒𝑚 (𝑡) = ∭ 𝑑𝑡. 𝑑𝜏
𝜕𝑡
𝑉
D’où
𝜕𝓌𝑒𝑚 (𝑀, 𝑡)
∭ . 𝑑𝜏𝑑𝑡 = ∯ Π ⃗⃗⃗⃗ )𝑑𝑡
⃗⃗ (−dS
𝜕𝑡
𝑉 𝑆
En utilisant de théorème d’Ostrogradsky :
𝜕𝓌𝑒𝑚 (𝑀, 𝑡)
∭ . 𝑑𝜏 = ∯ ⃗Π ⃗⃗⃗⃗ ) = − ∭ 𝑑𝑖𝑣 ⃗Π
⃗ (−dS ⃗ . 𝑑𝜏
𝜕𝑡
𝑉 𝑆 𝑉
La relation devant être vérifiée quel que soit V :
10
𝜕𝓌𝑒𝑚 (𝑀, 𝑡)
⃗⃗
= −𝑑𝑖𝑣Π
𝜕𝑡
Dans le vide, la densité volumique d’énergie 𝓌𝑒𝑚 et le vecteur flux d’énergie ⃗Π
⃗ , appelé vecteur de
Poynting vérifient la relation :
𝜕𝓌𝑒𝑚
⃗⃗ = 0
+ 𝑑𝑖𝑣Π (13)
𝜕𝑡
⃗⃗
II.4. Détermination de 𝔀𝒆𝒎 et du vecteur de Poynting Π
On part des équations de Maxwell dans le vide, en absence de charge et de courant :
• 𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ (𝑀) = 0 relation de Maxwell - Gauss
• 𝑑𝑖𝑣𝐵⃗ (𝑀) = 0 relation de Maxwell – Thomson ou flux
→
→ ⃗ 𝜕𝐵
• 𝑟𝑜𝑡 𝐸 (𝑀) = − 𝜕𝑡 relation de Maxwell – Faraday
→
→ ⃗ 𝜕𝐸
• 𝑟𝑜𝑡 𝐵(𝑀) = 𝜀0 𝜇0 𝜕𝑡 relation de Maxwell - Ampère
⃗ et l’équation de Maxwell-
En multipliant scalairement l’équation de Maxwell-Faraday (M.F.) par B
Ampère (M.A.) par ⃗E, on fait apparaître, à un facteur multiplicatif près, les densités volumiques
d’énergie électrique et magnétique.
→
→ → ⃗ 𝜕𝐵 → 1 𝜕𝐵2
𝐵 . 𝑟𝑜𝑡 𝐸 (𝑀) = − 𝜕𝑡 𝐵 (𝑀) = − 2 𝜕𝑡 (14)
→
→ → ⃗ 𝜕𝐸 → 1 𝜕𝐸 2
𝐸 . 𝑟𝑜𝑡 𝐵(𝑀) = 𝜀0 𝜇0 𝜕𝑡 . 𝐸 = 2 𝜀0 𝜇0 𝜕𝑡 (15)
(14)– (15)
→ → ⃗ → → ⃗ 1 𝜕𝐵2 1 𝜕𝐸 2
𝐵 . 𝑟𝑜𝑡 𝐸 (𝑀) − 𝐸 . 𝑟𝑜𝑡 𝐵 (𝑀) = − 2 𝜕𝑡 − 2 𝜀0 𝜇0 𝜕𝑡 (16)
→ → ⃗ → → ⃗ → ⃗ (𝑀))
Or, 𝐵 . 𝑟𝑜𝑡 𝐸 (𝑀) − 𝐸 . 𝑟𝑜𝑡 𝐵 (𝑀) = 𝑑𝑖𝑣 (𝐸 (𝑀) ∧ 𝐵
→ 2
⃗ (𝑀)) = − 1 𝜕𝐵 − 1 𝜀0 𝜇0 𝜕𝐸
2
𝑑𝑖𝑣 (𝐸 (𝑀) ∧ 𝐵 2 𝜕𝑡 2 𝜕𝑡
→ ⃗ (𝑀)
𝐸 (𝑀)∧𝐵 1 𝜕𝐵2 1 𝜕𝐸 2
𝑑𝑖𝑣 ( )+ + 𝜀0 =0 (17)
𝜇0 2𝜇0 𝜕𝑡 2 𝜕𝑡
→ ⃗ (𝑀)
𝐸 (𝑀)∧𝐵 1 1
En posant : ⃗⃗ =
Π 𝜇0
et 𝓌𝑒𝑚 = 𝐵2 + 𝜀0 𝐸2 (18)
2𝜇0 2
𝜕𝓌𝑒𝑚
⃗⃗ = 0
+ 𝑑𝑖𝑣 Π
𝜕𝑡
Remarques :
➢ Flux solaire terrestre
Pendant une durée ∆t = 1 jour la Terre reçoit une énergie :
11
ℰ = 𝒫𝑆 𝜋𝑅𝑇2 ∆𝑡
avec 𝑅𝑇 le rayon de la Terre et 𝒫𝑆 = 1360𝑊. 𝑚−2 la puissance par unité de surface et pendant une
seconde (et donc la norme du vecteur de Poynting). Lorsque le soleil est au zénith on peut, par beau
temps récupérer environ 800 𝑊. 𝑚−2 .
La surface totale de la Terre vaut 4𝜋𝑅𝑇2 . On en déduit la puissance moyenne par unité de surface
terrestre, située hors atmosphère :
1 𝒫𝑆 𝜋𝑅𝑇2 ∆𝑡 𝒫𝑆
〈𝒫𝑆 〉 = = = 340𝑊. 𝑚−2
∆𝑡 4𝜋𝑅𝑇2 4
C’est cette valeur que l’on utilise lorsqu’on établit le bilan radiatif de la Terre.
➢ Faisceau laser
On considère un faisceau laser de diamètre 𝑑 = 1,0𝑚𝑚 et de puissance 𝒫 = 1,0𝑚𝑊. Calculer la
norme du vecteur de Poynting.
𝒫𝑆
⃗⃗ 〉 =
〈Π = 1300𝑊. 𝑚−2
𝜋𝑑2
4
12