0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
88 vues17 pages

Calcul Matriciel

Le document présente des exercices sur les opérations matricielles, notamment les matrices idempotentes, symétriques, et les matrices qui commutent avec d'autres types de matrices. Il inclut des démonstrations et des résultats concernant les propriétés des matrices dans des contextes variés, tels que les matrices scalaires et antisymétriques. Les conclusions des exercices mettent en évidence les formes spécifiques que peuvent prendre ces matrices sous certaines conditions.

Transféré par

yassine OHD
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
88 vues17 pages

Calcul Matriciel

Le document présente des exercices sur les opérations matricielles, notamment les matrices idempotentes, symétriques, et les matrices qui commutent avec d'autres types de matrices. Il inclut des démonstrations et des résultats concernant les propriétés des matrices dans des contextes variés, tels que les matrices scalaires et antisymétriques. Les conclusions des exercices mettent en évidence les formes spécifiques que peuvent prendre ces matrices sous certaines conditions.

Transféré par

yassine OHD
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Lycée Mohammed VI d’Excellence

Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

TD : Calculs matriciels
Professeur Azzeddine Bensaada

1 Opérations matricielles
Exercice 1: Matrices idempotentes

Trouver toutes les matrices A de M2 (R) telles que A2 = A.


 
a b
Posons A = . En calculant A2 , on obtient :
c d
 2 
2 a + bc b(a + d)
A = .
c(a + d) bc + d2
Pour que A2 = A, les éléments de la matrice doivent satisfaire le système d’équations
suivant :  2

 a + bc = a
b(a + d) = b


 c(a + d) = c
bc + d2 = d

Ce système se décompose en deux cas :


1. Cas 1 : b ̸= 0 ou c ̸= 0. Dans ce cas, nous avons a + d = 1, donc d = 1 − a. En
remplaçant dans les équations restantes, on obtient :

bc = a(1 − a)
2
b ∈ R∗ , c = 1−a
b

Ainsi, les matrices solutions dans ce cas sont de la forme :


 
a b
A = 1−a2 avec b ∈ R∗ et a ̸= ±1.
b
1 − a
2. Cas 2 : b = c = 0. Dans ce cas, le système devient a2 = a et d2 = d, ce qui
implique a, d ∈ {0, 1}. Les solutions possibles sont alors A = I2 ou A = 0, les matrices
identitaires ou nulles.
Enfin, les matrices qui satisfont A2 = A sont celles qui s’écrivent sous les formes
suivantes :
 
a λ
A = I2 , A = 0, A = 1−a2 (λ ∈ R∗ , a ̸= ±1).
λ
1 − a

Exercice 2:
1. Montrer que, pour toute matrice M ∈ M2 (R), M 2 − (tr M )M ∈ Vect(I2 ).
2. Soient A, B ∈ M2 (R). Montrer que la matrice (AB − BA)2 est proportionnelle
à I2 .

1
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

1. Pour prouver que M 2 − (tr M )M est proportionnelle à I2 , effectuons le calcul


explicite. Soit  
a b
M= .
c d
On a :  
2 a2 + bc ab + bd
M =
ac + dc bc + d2
et    
a b a(a + d) b(a + d)
(tr M )M = (a + d) = .
c d c(a + d) d(a + d)
Ainsi,  
2 a2 + bc − a(a + d) ab + bd − b(a + d)
M − (tr M )M = .
ac + dc − c(a + d) bc + d2 − d(a + d)
En simplifiant, on obtient que

M 2 − (tr M )M = (bc − ad)I2 .

Cela montre que M 2 − (tr M )M ∈ Vect(I2 ).


2. Comme tr(AB − BA) = tr(AB) − tr(BA) = 0, nous pouvons appliquer la formule
de la question précédente pour conclure que :

(AB − BA)2 ∈ Vect(I2 ).

En d’autres termes, (AB − BA)2 est proportionnelle à I2 .

Exercice 3: Matrices symétriques

Trouver toutes les matrices B de M2 (R) qui vérifient B 2 = I.

Pour trouver les matrices B qui vérifient B 2 = I, et plutôt que de refaire un calcul
analogue à celui de l’exercice précédent, il est préférable d’utiliser son résultat et la relation
qui existe entre les projections vectorielles (applications linéaires telles que p2 = p) et les
symétries vectorielles (applications linéaires telles que s2 = Id).
En effet, si on pose A = 2B −I, on a A2 = I si et seulement si 4B 2 −4B +I = I, ce qui
revient à B 2 = B. Ainsi, les matrices B telles que B 2 = B sont les matrices B = 12 (A + I),
où il suffit de remplacer A par l’une des matrices obtenues précédemment.
On trouve ainsi les solutions :
 1+a 
λ
B = I2 ou B = 0 B = 1−a2 1−a 2 (λ ∈ R∗ , a ̸= ±1)
   λ  2
1 0 0 0
B= B= (λ ∈ R)
λ 0 λ 1
   
1 λ 0 λ
B= B= (λ ∈ R)
0 0 0 1

2
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

Exercice 4: Matrices commutant avec J et matrices scalaires


 
0 1 0 0
0 0 1 0
1) Quelles sont les matrices qui commutent avec J =  0 0 0 1 ?

0 0 0 0
2) Soit n un entier strictement positif. Soit A une matrice de Mn (K). 2.1. Montrer
que M commute avec toutes les matrices de Mn (K) ⇔ M est de la forme λIn , où
λ est un scalaire quelconque.
2.2. Montrer que M commute avec toutes les matrices inversibles de Mn (K) ⇔ M
est de la forme λIn , où λ est un scalaire quelconque.

1. Soit A = (aij ) une matrice de M4 (K). Nous résolvons le système résultant de


AJ = JA, en calculant les produits des matrices.


    a21 = a31 = a41 = 0
0 a11 a12 a13 a21 a22 a23 a24


 a32 = a42 = a43 = 0


0 a21 a22 a23 
 = a31 a32 a33 a34  ⇔
 
AJ = JA ⇔ 
0 a11 = a22 = a33 = a44
a31 a32 a33  a41 a42 a43 a44 
a = a23 = a34

12

0 a41 a42 a43 0 0 0 0


a13 = a24

On constate donc que les matrices qui commutent avec J sont celles qui s’écrivent sous
la forme :

         
a b c d 1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 1
0 a b c  0 1 0 0 0
  0 1 0 0
  0 0 1 0
  0 0 0
A=
0 = a +b +c +d 
0 a b 0 0 1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 a 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0

Autrement dit, les solutions sont les matrices A = aI +bJ +cJ 2 +dJ 3 , avec (a, b, c, d) ∈
K . On obtient ainsi le sous-espace de M4 (K) engendré par I, J, J 2 , J 3 . Puisque J 4 = 0,
4

c’est aussi la plus petite sous-algèbre de M4 (K) contenant J.


2.1. Il est évident que si M = λIn pour un scalaire λ, alors M commute avec toutes les
matrices de Mn (K). Pour la réciproque, supposons que M = (mij ) commute avec toutes
les matrices de Mn (K). En particulier, M commute avec les matrices élémentaires Ers
(qui ont un seul 1 à la position (r, s) et des 0 ailleurs).
En fixant deux indices (r, s) et (i, j) dans {1, . . . , n}, nous observons que : - Le co-
efficient d’indice (i, j) de M Ers est mir δjs . - Le coefficient d’indice (i, j) de Ers M est
δir msj .
En choisissant r = i et s = j, on trouve pour chaque couple (i, j) que mii = mjj .
Tous les coefficients diagonaux de M sont donc égaux. De plus, en choisissant j ̸= i et
r = s = j, on obtient que mij = 0 pour i ̸= j. Ainsi, M est une matrice scalaire, de la
forme λIn .
2.2. Si M = λIn , il est clair que M commute avec toutes les matrices inversibles de
Mn (K). Réciproquement, supposons que M commute avec toutes les matrices inversibles
de Mn (K). Pour tout couple (i, j), la matrice Aij = In + Eij est inversible. En imposant
que M commute avec Aij , nous obtenons de nouveau que M Eij = Eij M , impliquant que
M doit être de la forme λIn , ce qu’il fallait démontrer.

3
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

Exercice 5:
Soit un entier n ≥ 2. Déterminer les matrices de Mn (R) qui commutent avec toutes
les matrices antisymétriques.

Soit A ∈ Mn (R) une matrice qui commute avec toutes les matrices antisymétriques.
Pour i ̸= j, considérons l’égalité A(Ei,j − Ej,i ) = (Ei,j − Ej,i )A, où Ei,j est la matrice de
Mn (R) ayant un 1 en position (i, j) et des zéros ailleurs.
▷ En examinant la j-ème colonne de ces deux matrices, on obtient, à gauche, la i-ème
colonne de A, soit en calculant explicitement, soit en utilisant :
Cj (A(Ei,j − Ej,i )) = A(Cj (Ei,j ) − Cj (Ej,i )) = ACi (In ) = Ci (A).
À droite, les lignes d’indices autres que i et j sont nulles (car les lignes correspondantes
dans Ei,j − Ej,i sont nulles). Ainsi, pour tout k ∈ / {i, j}, on a [A]k,i = 0. En faisant varier
j et i, cela implique que A est diagonale.
▷ Pour déterminer plus précisément les coefficients diagonaux, nous examinons le terme
en position (i, i) dans l’égalité. En calculant explicitement à gauche, on trouve [A]i,i , et
à droite, [A]j,j . Cela implique que [A]i,i = [A]j,j pour tous i et j, donc A est une matrice
scalaire, c’est-à-dire proportionnelle à l’identité.
Réciproquement, toute matrice scalaire commute avec toutes les matrices, donc en
particulier avec les matrices antisymétriques.
**Conclusion** : Les matrices de Mn (R) qui commutent avec toutes les matrices
antisymétriques sont les matrices scalaires.

Exercice 6:
Déterminer les réels λ tels qu’il existe une matrice A ∈ Mn (R) non nulle vérifiant
AT = λA.

Soit λ ∈ R et A ∈ Mn (R) une matrice non nulle vérifiant AT = λA.


1. En transposant cette relation, on obtient A = λAT . En remplaçant A dans la
relation initiale, cela donne :
AT = λ2 A.
Puisque A est non nulle, cela implique que λ2 = 1, donc λ ∈ {−1, 1}.
2. Réciproquement, les valeurs λ = 1 et λ = −1 conviennent avec des matrices A non
nulles symétriques ou antisymétriques respectivement.
**Conclusion** : Les seules valeurs de λ pour lesquelles il existe une matrice A ∈
Mn (R) non nulle satisfaisant AT = λA sont λ = 1 et λ = −1.

2 puissanes d’une matrices


Exercice 7:
Soit θ ∈ R. Calculer les puissances de la matrice
 
1 + sin θ cos θ
A= .
cos θ 1 − sin θ

Notons Sθ = A − I2 et observons que Sθ2 = I2 . Par une récurrence immédiate, on


obtient que pour tout k ∈ N,
Sθ2k = I2 et Sθ2k+1 = Sθ .

4
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

Puisque Sθ et I2 commutent, nous pouvons calculer les puissances de A en utilisant la


formule du binôme. Pour tout k ∈ N \ {0},
Ak = (I2 + Sθ )k
k  
X k l
= S
l=0
l θ
k   k  
X k X k
= Sθ + I2
l=0
l l=0
l
impair pair
k−1 k−1
=2 Sθ + 2 I2 .
Ainsi, pour tout entier k, on a :
 
k k−1 k−1 1 + sin θ cos θ
A =2 (Sθ + I2 ) = 2 .
cos θ 1 − sin θ

Exercice 8: Calcul de An
 
ch x sh x
Soit A = . Calculer An .
sh x ch x

On peut décomposer A comme suit :


A = ex J + e−x K,
   
1 1 1 1 1 −1
où J = 2 et K = 2 .
1 1  −1 1  
2 1 2 2 2 1 2 −2
On vérifie que J = 4 = J et K = 4 = K, ainsi que JK = KJ =
2 2 −2 2
0.
En appliquant la formule du binôme, on peut calculer (J + K)n . Puisque J n = J et
K n = K pour tout n ≥ 1, on obtient :
 
n x −x
n nx −nx ch(nx) sh(nx)
∀n ≥ 1, A = e J + e K = e J + e K = .
sh(nx) ch(nx)
Remarque : On pourrait également calculer A2 , observer le schéma et conclure par
récurrence.

Exercice 9: Calcul de M n
Soient a, b, c trois réels tels que a2 + b2 + c2 = 1. Soit
 2 
a −1 ab ac
M =  ab b2 − 1 bc  .
2
ac bc c −1

Pour tout entier n ≥ 1, calculer M n .

On observe que l’on peut écrire M = N − I, où


 2   
a ab ac a 
2
N = ab
 b bc = b  a b c .
 
ac bc c2 c

5
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

Comme  
 a
a b c  b  = a2 + b2 + c2 = 1,
c
il en découle que N 2 = N (car N est une matrice de projection).
Ainsi, on obtient :

M 2 = (N − I)2 = N 2 − 2N + I = −N + I = −M.

Par récurrence, on peut montrer que pour tout entier n ∈ N∗ , on a M n = (−1)n+1 M .

Exercice 10: Calcul de An


Calculer An , avec  
0 1 − sin θ
A =  −1 0 cos θ  .
− sin θ cos θ 0

Posons 
s = sin θ
c = cos θ
Calculons A2 :
    2 
0 1 −s 0 1 −s −c −sc c
A2 = −1 0 c  −1 0 c  = −sc −s2 s .
−s c 0 −s c 0 −c −s 1

En calculant A3 , nous avons :


  2 
0 1 −s −c −sc c
A3 = A · A2 = −1 0 c  −sc −s2 s = 0.
−s c 0 −c −s 1

Ainsi, A est nilpotente, et on obtient An = 0 pour tout n ≥ 3.

Exercice 11: Calcul de M n


 
2 −2 1
Soit M =  2 −3 2
−1 2 0
1. Vérifier que (M − I)(M + 3I) = 0. En déduire M n , pour tout n ∈ N.
2. Vérifier que l’expression obtenue pour M n est encore valable si n < 0.

1. On calcule (M − I)(M + 3I) et obtenons :


  
1 −2 1 5 −2 1
(M − I)(M + 3I) =  2 −4 2   2 0 2 = 0.
−1 2 −1 −1 2 3

La matrice M est donc annulée par le polynôme P (X) = (X − 1)(X + 3).


On pose la division euclidienne de X n par P (X) sous la forme :

X n = (X − 1)(X + 3)Qn (X) + an X + bn .

6
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

En substituant X = 1 et X = −3, on trouve le système :



an + b n = 1
−3an + bn = (−3)n

qui donne :
1 1
an = (1 − (−3)n ) et bn = (3 + (−3)n ).
4 4
n
En substituant M à X dans X = (X − 1)(X + 3)Qn (X) + an X + bn , nous obtenons :

1 (−3)n
M n = an M + bn I = (M + 3I) − (M − I)
 4  4 
5 −2 1 n 1 −2 1
1 (−3) 
= 2 0 2 − 2 −4 2 
4 4
−1 2 3 −1 2 −1
 
5 − (−3)n −2 + 2(−3)n 1 − (−3)n
1
=  2 − 2(−3)n 4(−3)n 2 − 2(−3)n  .
4
−1 + (−3)n 2 − 2(−3)n 3 + (−3)n

2. Posons A = 14 (M + 3I) et B = 41 (I − M ).
Nous avons vu que, pour tout entier naturel n, M n = A + (−3)n B. Nous voulons
montrer que cette expression reste valable si n est un entier négatif. Pour cela, il suffit
de vérifier que pour tout n ∈ N, les matrices A + (−3)n B et A + (−3)−n B sont inverses
l’une de l’autre.
On sait que 0 = (M −I)(M +3I) = M 2 +2M −3I. En particulier, on a AB = BA = 0.
1 1 1
De plus, A2 = 16 (M 2 + 6M + 9I) = 16 (4M + 12I) = A et B 2 = 16 (I − 2M + M 2 ) =
1
16
(4I − 4M ) = B. On en déduit que, pour tout n ∈ N :

(A + (−3)n B) A + (−3)−n B = A + B = I.


Conclusion : pour tout n ∈ Z, nous avons


 
5 − (−3)n −2 + 2(−3)n 1 − (−3)n
1
M n =  2 − 2(−3)n 4(−3)n 2 − 2(−3)n  .
4
−1 + (−3)n 2 − 2(−3)n 3 + (−3)n

Exercice 12: Égalité récurrente pour An


Soit A une matrice carrée. On suppose qu’il existe deux matrices U et V telles que
An = λn (U + nV ) pour n = 1, 2, 3. Montrer que l’égalité An = λn (U + nV ) est
vraie pour tout n ∈ N∗ .

Commençons par éliminer U et V en utilisant les hypothèses :



 A = λ(U + V ),
A2 = λ2 (U + V ),
 3
A = λ3 (U + 3V ).

En utilisant les égalités (1) et (2), nous trouvons :

2A2 − λA = λ2 (U + 3V ).

7
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

Cela implique que


A3 = λ(2A2 − λA).
Ainsi, nous avons :
An = λn (U + nV )
pour n = 1 et n = 2.
Supposons que cette égalité soit vraie pour n et n + 1, avec n ∈ N∗ . Alors, en utilisant
l’égalité obtenue pour A3 , nous avons :

An+2 = λ(2An+1 − λAn )


= λ 2λn+1 (U + (n + 1)V ) − λn+1 (U + nV )


= λn+2 (U + (n + 2)V ).

Cela prouve la propriété au rang n + 2 et complète la récurrence.


En conclusion, pour tout n ∈ N∗ , nous avons An = λn (U + nV ).

Exercice 13:
Pour tout réel t, on définit la matrice A(t) par
2 2
1 + t2 − t2
 
t
2 2
A(t) =  t2 1 − t2 t  .
t −t 1

1. Calculer A(s)A(t). 2. Calculer (A(t) − I)3 . 3. Trouver les suites (αn ), (βn ), (γn )
telles que : ∀n ∈ N, A(t)n = αn A(t)2 + βn A(t) + γn I.

2
Pour tout t ∈ R, on peut écrire A(t) = I + tJ + t2 K, avec :
   
0 0 1 1 −1 0
J = 0 0 1 et K = 1 −1 0 .
1 −1 0 0 0 0

1. On observe que J 2 = K, K 2 = 0, et JK = KJ = 0. En utilisant ces relations,


pour tous réels s et t, nous avons :

t2 s2
  
A(t)A(s) = I + tJ + K I + sJ + K
2 2
 2 2

s t
= I + (t + s)J + + + st K
2 2
2
(t + s)
= I + (t + s)J + K = A(t + s).
2
2. Calculons (A(t) − I)3 :
2
t2

2
(A(t) − I) = tJ + K = t2 K,
2

et donc
t2
 
3 2
(A(t) − I) = t tJ + K K = 0.
2

8
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

3. Posons A(t) = I + B(t) avec B(t) = A(t) − I. Puisque B(t)3 = 0, nous pouvons
utiliser la formule du binôme :
n(n − 1)
A(t)n = I + nB(t) + B(t)2
2
n(n − 1)
= I + n(A(t) − I) + (A(t)2 − 2A(t) + I)
2
n(n − 1) (n − 1)(n − 2)
= A(t)2 − n(n − 2)A(t) + I.
2 2
Ainsi, pour tout n ∈ N, nous avons A(t)n = αn A(t)2 + βn A(t) + γn I, avec :

n(n − 1) (n − 1)(n − 2)
αn = , βn = −n(n − 2), γn = .
2 2
Pour vérifier, on peut s’assurer que cette relation est correcte pour n ∈ {0, 1, 2}.

Exercice 14:
Soit un entier l ∈ N impair, λ1 , . . . , λn ∈ R deux à deux distincts, et D =
diag(λ1 , . . . , λn ). Considérons l’équation (E): M l+1 − M l = D d’inconnue M ∈
Mn (R).
1. Montrer que si M est solution de (E), alors M commute avec D.
2. En déduire que M est diagonale.
1 l
l
3. Montrer que (E) admet des solutions si, et seulement si, λk ≥ − l+1 l+1
pour
tout k ∈ 1, n.
4. Dans ce cas, déterminer le nombre de solutions de (E).

1. Si M est solution de (E), alors D = M l+1 − M l , qui est un polynôme en M . Par


conséquent, D commute avec M .
2. Les coefficients des matrices M D et DM sont respectivement (λj mij ) et (λi mij ).
Comme M D = DM et que les λi sont deux à deux distincts, on en déduit que mij = 0
dès que i ̸= j. Ainsi, M est diagonale.
3. Si M = diag(a1 , . . . , an ), alors M l+1 − M l = diag(al+1 1 − al1 , . . . , al+1
n − aln ). Par
conséquent, (E) admet des solutions si, et seulement si, λk ∈ f (R), où f : x 7→ xl+1 − xl .
Une étude rapide de cette fonction donne le tableau de variations suivant :
l l
 1 l
l
- f atteint un minimum en x = l+1 , avec f l+1 = − l+1 l+1
, - et f (x) → +∞
lorsque x → ±∞. h h
1 l
l
Ainsi, f (R) = − l+1 l+1
, +∞ , ce qui nous donne la condition annoncée sur les λk .
4. D’après le tableau de variations de f , chaque équation f (x) = λk admet deux
1 l
l 1 l
l
solutions si λk > − l+1 l+1
, et une solution si λ k = − l+1 l+1
. Par conséquent, le
nombre total de solutions de (E) est de 2n si tous les λk satisfont la première condition,
1 l
l
et 2n−1 si un des λk est égal à − l+1 l+1
.

2.1 Matrices nilpotentes


Exercice 15:
Soient A et B ∈ Mn (R) telles que AB soit nilpotente d’indice p.
1. Montrer que BA est nilpotente d’indice inférieur ou égal à p + 1.
2. Peut-il y avoir égalité dans l’inégalité précédente?

9
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

1. Calculons (AB)p+1 en utilisant l’associativité du produit matriciel :

(AB)p+1 = (AB)(AB) . . . (AB) = A(BA)p B = A0n B = 0n .

Cela prouve que BA est nilpotente d’indice au plus p + 1.


2. Oui, il est possible d’avoir une égalité dans l’inégalité précédente. On peut trouver
des matrices A et B telles qu’il existe un entier p vérifiant (AB)p = 0n mais (BA)p ̸= 0n .
Par exemple, en prenant p = 1 et les matrices
   
0 1 1 1
A= , B= .
0 1 0 0
Dans
  exemple, on a AB = 0n , donc AB est nilpotente d’indice 1, tandis que BA =
cet
0 1
, qui n’est pas nulle mais est nilpotente d’indice 2, atteignant ainsi p + 1 = 2.
0 0

3 Inverse d’une matrice


Exercice 16:
Soit M l’ensemble des matrices A(t) ∈ M3 (R), définies pour t ∈ R par
 
1 − t −t 0
A(t) =  −t 1 − t 0 .
−t t 1 − 2t

1. Montrer que M est stable par produit matriciel.


2. Pour quelles valeurs de t, la matrice A(t) admet-elle un inverse dans M ?

1. Montrons que M est stable par produit matriciel. Un calcul direct montre que pour
tous s, t ∈ R,
A(t)A(s) = A(t + s − 2st).
Cela prouve que le produit de deux matrices de M est encore une matrice de M , donc M
est stable par produit.
2. Pour qu’une matrice A(t) admette un inverse dans M , il doit exister un paramètre
s ∈ R tel que A(t)A(s) = I3 . D’après la question précédente, cela signifie que :

t + s − 2st = 0.

Cette équation en s a une solution si, et seulement si, t ̸= 21 .


**Conclusion** : La matrice A(t) admet un inverse dans M pour toutes les valeurs
de t sauf t = 21 .

Exercice 17: Calcul de A2 , A3 et inverse de A


On considère la matrice carrée A définie par
 
1 1 1 1
1 1 −1 −1
A= 1 −1 1 −1 .

1 −1 −1 −1

Calculer A2 et A3 . Montrer que A est inversible et calculer A−1 .

10
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

Calculons d’abord A2 :  
4 0 0 −2
 0 4 0 2
A2 = 
0
.
0 4 2
−2 2 2 4
Ensuite, en multipliant A par A2 , nous obtenons :
 
2 6 6 6
6 2 −6 −6 
A3 = 6 −6 2 −6  .

6 −6 −6 −10

On remarque que A3 = 6A − 4I, ce qui nous donne la relation :

A(A2 − 6I) = 4I.

Cela montre que A est inversible, et on peut calculer son inverse comme suit :
 
1 0 0 1
1 1 0 1 0 −1
A−1 = (A2 − 6I) =  .
4 2 0 0 1 −1
1 −1 −1 1

Exercice 18: Inverse de la matrice A


Calculer l’inverse de la matrice carrée A définie par
 
1 −a 0 0
0 1 −a 0 
A= .
0 0 1 −a
0 0 0 1
 
0 1 0 0
0 0 1 0
Posons J = 
0
. On observe que :
0 0 1
0 0 0 0
   
0 0 1 0 0 0 0 1
 0 0 0 1  0 0 0 0
J2 = 
0
, J3 =  , J 4 = 0.
0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0

En utilisant cette structure de J, on peut écrire :

I = I − a4 J 4 = (I − aJ)(I + aJ + a2 J 2 + a3 J 3 ) = A(I + aJ + a2 J 2 + a3 J 3 ).

On en déduit que l’inverse de A est :


 
1 a a 2 a3
0 1 a a2 
A−1

= I + aJ + a2 J 2 + a3 J 3 = 
0
.
0 1 a
0 0 0 1

11
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

Exercice 19: Théorème de Hadamard


Soit A une matrice carrée d’ordre n à coefficients dans K, de terme général
P aij . On
dit que A est à diagonale strictement dominante si, pour tout j, |ajj | > i̸=j |aij |.
Montrer que dans ce cas, la matrice A est inversible.

Pour montrer que A est inversible, il suffit de prouver que le seul vecteur colonne X
tel que AX = 0 est X = 0.
Notons x1 , . . . , xn les composantes de X et soit xi une composante de module max-
imum. Si AX = 0, alors la composante d’indice i de AX est nulle. Cela signifie que
: n
X X
0= aij xj = aii xi + aij xj .
j=1 j̸=i

En prenant la valeur absolue, nous obtenons :

X X X
|aii xi | = aij xj ≤ |aij xj | ≤ |xi | |aij |.
j̸=i j̸=i j̸=i

Il en découle que : !
X
|xi | |aii | − |aij | ≤ 0.
j̸=i
P
Or, par hypothèse de stricte dominance diagonale, nous savons que |aii | − j̸=i |aij | > 0.
Par conséquent, |xi | = 0, ce qui implique que xi = 0.
Puisque xi est une composante de module maximum dans X, cela entraîne que X = 0.
Conclusion : la matrice A est donc inversible.

Exercice 20: Inverse de la matrice A


Calculer l’inverse de la matrice carrée A définie par
 
..
. n−1
1 2 n 
...
0 1 2 n − 1
 
A = : ... ... .. ..  .

 . . 

: 0 ...
 
1 2 
0 ... ... 0 1

La matrice A est inversible car elle est triangulaire avec des coefficients diagonaux tous
égaux à 1 (donc non nuls).
Soit J la matrice dont le terme général est défini par :
(
1 si j = i + 1,
Ji,j =
0 sinon.

Seuls les coefficients situés juste au-dessus de la diagonale principale sont donc non nuls
et valent 1.
On sait que J n = 0 et que A = I + 2J + 3J 2 + · · · + nJ n−1 .

12
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

Pour tout x ̸= 1, on a :
′
xn+1 − 1 nxn+1 − (n + 1)xn + 1

n−1 2 n ′

1 + 2x + · · · + nx = 1 + x + x + ··· + x = = .
x−1 (x − 1)2
Cela donne l’égalité :
nxn+1 − (n + 1)xn + 1 = (1 − x)2 1 + 2x + · · · + nxn−1


qui est vraie pour tout x ̸= 1 et qui reste valable dans toute algèbre, en particulier dans
Mn (K).
Dans Mn (K), cette identité devient :
nM n+1 − (n + 1)M n + I = (I − M )2 I + 2M + 3M 2 + · · · + nM n−1 .


En posant M = J, on obtient I = (I − J)2 A, ce qui permet de conclure que :


 
1 −2 1 0 ... 0
..
. 0
 
0 1 −2 1
 ... ... ... ...
 
: : 

−1 2 2
A = (I − J) = I − 2J + J =  .
: . . . ... 1 −2 1 
 
 .. 
: . . . . . . . 1 −2
0 ... ... ... 0 1

Exercice 21:
Calculer l’inverse de la matrice
1 1 ··· 1
 
.
0 1 · · · .. 

A = . . .
 .. . . . . . ... 
0 ··· 0 1

Nous proposons deux calculs pour déterminer A−1 .


1. Soit u l’endomorphisme de Rn−1 [X] associé à la matrice A dans la base canonique.
Pour tout k ≤ n, on a :
k−1
 X
u X k−1 = Xj.
j=0
−1
Cela nous permet de trouver l’expression de u :
u−1 X k−1 = u−1 u X k−1 − u X k−2 = X k−1 − X k−2 .
  

En conséquence, les coefficients de A−1 sont donnés par :



 −1  1
 si i = j,
A i,j = −1 si i + 1 = j,

0 sinon.

2. Considérons la matrice J = (δj,i+1 ) ∈ Mn (R). Par construction, on a :


n−1
X
A= J k.
k=0

13
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

Comme J n = 0n , il suit que (In − J)A = In , et donc :

A−1 = In − J.

Ainsi, l’inverse de A est donnée par :

−1 0 · · · 0
 
1
0 1 −1 · · · 0 
. . . .. 
 
A−1 = 0 0 1 . .

. .. . . ..
 ..

. . . −1
0 0 ··· 0 1

Exercice 22: Inversibilité et inverse de la matrice A


 
a b ... b
 ... ... 
b :
Soit A =  . .  de Mn (K). Préciser si la matrice A est inversible. Si
 : . . . . b
b ... b a
elle est inversible, calculer A−1 .

Examinons le cas où b = 0. Dans ce cas, A = aI : la matrice A est inversible si et


seulement si a ̸= 0, et alors A−1 = a1 I.
Supposons maintenant b ̸= 0. Notons J la matrice de Mn (K) dont tous les coefficients
valent 1. On a :
A = (a − b)I + bJ.
De plus, il est clair que J 2 = nJ, ce qui nous permet de calculer :

A2 = (a − b)2 I + 2b(a − b)J + b2 J 2


= (a − b)2 I + b(2(a − b) + nb)J
= (a − b)2 I + (2(a − b) + nb)(A − (a − b)I)
= (2(a − b) + nb)A + (b − a)(b(n − 1) + a)I.

Nous obtenons alors l’égalité suivante :

A(A − (nb − 2b + 2a)I) = (b − a)(b(n − 1) + a)I.

⋄ Si a = b (donc A = bJ), alors A(A − nbI) = 0, ce qui montre que A est un diviseur
de zéro et donc non inversible.
⋄ Si a = (1−n)b (donc A = b(J −nI)), alors A(A+nbI) = 0, et dans ce cas également,
A n’est pas inversible.
Sinon, si a ∈/ {b, (1 − n)b}, posons d = (a − b)(b(n − 1) + a). L’égalité précédente
montre que A est inversible, et on a :
1
A−1 = (−A + (nb − 2b + 2a)I).
d
Posons K = J − I (matrice avec diagonale nulle et autres coefficients égaux à 1). Avec
ces notations, A = aI + bK, et on obtient :
a + (n − 2)b b
A−1 = I − K.
d d
14
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025
a+(n−2)b
Ainsi, les coefficients diagonaux de A−1 valent d
, et les autres coefficients sont égaux
à − db .

Exercice 23:
Soit D l’ensemble des matrices A = (aij ) dans Mn (R) qui vérifient le système
suivant : 
∀(i, P
j), aij ≥ 0,
n
∀i, j=1 aij = 1.

1. Montrer que D est stable pour le produit des matrices.


2. Déterminer les matrices A de D, inversibles et telles que A−1 ∈ D.

Dire qu’une matrice A appartient à D signifie que tous ses coefficients sont positifs
ou nuls et que la somme des coefficients de chaque ligne vaut 1. En particulier, tous les
coefficients de A sont inférieurs ou égaux à 1.
1. Soient A = (aij ) et B = (bij ) deux matrices de D, et soit C = AB = (cij ). Pour
tout couple d’indices i et j, on a :
n
X
cij = aik bkj ≥ 0.
k=1

De plus, pour tout indice i, la somme des éléments de la ligne i de C est :


n n n
! n n
! n
X X X X X X
cij = aik bkj = aik bkj = aik = 1.
j=1 j=1 k=1 k=1 j=1 k=1

Ainsi, C ∈ D, donc D est stable pour le produit des matrices.


2. Supposons que C = AB soit égale à la matrice identité In .
Pour tous indices distincts i et k, on a :
n
X
0 = cik = aij bjk ,
j=1

ce qui implique que pour tout j, aij = 0 ou bjk = 0.


Choisissons un coefficient aij non nul dans A. Alors, pour tout k ̸= i, on a bjk = 0,
ce qui signifie que tous les coefficients de la j-ème ligne de B sont nuls sauf bji , qui vaut
nécessairement 1 (car la somme des coefficients de chaque ligne de B vaut 1).
En inversant les rôles de A et B, on voit que bji ̸= 0 entraîne que tous les coefficients
de la i-ème ligne de A sont nuls sauf aij , qui vaut nécessairement 1. Ainsi, chaque ligne
de A ne contient qu’un seul coefficient non nul, qui vaut 1.
Appelons σ(i) l’indice de colonne où se trouve le 1 dans la ligne i. L’application σ est
une bijection de {1, . . . , n}, sinon l’une des colonnes de A serait nulle et A ne serait pas
inversible. On peut donc écrire, pour tous i, j :
aij = δσ(i)j .
Autrement dit, A est une matrice de permutation associée à la bijection σ, notée A = Pσ .
Le calcul précédent montre que le seul coefficient non nul dans la ligne j = σ(i) de B
est situé dans la colonne i, c’est-à-dire dans la colonne i = σ −1 (j). Ainsi, B = Pσ−1 .
Réciproquement, A = Pσ et B = Pσ−1 appartiennent à D et sont inverses l’une de
l’autre : pour tous i, j,
n
X
cij = aik bkj = aiσ(i) bσ(i)j = bσ(i)j
k=1

15
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

vaut 1 si j = σ −1 (σ(i)) = i et 0 sinon.


**Conclusion** : Les matrices de D qui sont inversibles et dont l’inverse appartient à
D sont les matrices de permutation A = Pσ , et alors A−1 = Pσ−1 .
**Exemple** : Si n = 3 et σ(1) = 2, σ(2) = 3, σ(3) = 1, alors
   
0 1 0 0 0 1
−1
A = Pσ = 0 0 1
  et A = Pσ−1 = 1 0 0 .
1 0 0 0 1 0

4 Trace d’une matrice


Exercice 24:

Soient A et B deux matrices de Mn (K). On suppose que pour toute matrice M de


Mn (K), on a tr(AM ) = tr(BM ). Montrer que les matrices A et B sont égales.

Soit Er,s la matrice dans Mn (K) dont tous les coefficients sont nuls, sauf celui d’indice
(r, s), qui vaut 1.
Nous supposons que tr(AM ) = tr(BM ) pour toute matrice M de Mn (K). En partic-
ulier, cela est vrai pour M = Er,s pour tous indices r et s de {1, . . . , n}.
Notons aij et bij les coefficients des matrices A et B respectivement. Le coefficient
d’indice (i, i) de AEr,s est :
n
X n
X
aij [Er,s ]ji = aij δrj δsi = asr .
j=1 j=1

On en déduit que tr(AEr,s ) = asr .


Ainsi, l’égalité tr(AEr,s ) = tr(BEr,s ) implique que asr = bsr .
Cette égalité étant vraie pour tous indices r et s, nous en déduisons que A = B.

Exercice 25:
Soient A, B ∈ Mn (R). Résoudre l’équation X + tr(X)A = B d’inconnue X ∈
Mn (R).

Commençons par appliquer l’opérateur trace à l’équation donnée :


tr(X)(1 + tr(A)) = tr(B).
- Si tr(A) ̸= −1, alors on peut isoler tr(X) et obtenir :
tr(B)
tr(X) = .
1 + tr(A)
Dans ce cas, une solution particulière est donnée par :
tr(B)
X =B− A.
1 + tr(A)
- Si tr(A) = −1: - Si tr(B) ̸= 0, il n’y a pas de solution, car l’égalité précédente est
alors impossible. - Si tr(B) = 0, aucune contrainte n’est imposée sur tr(X), et l’équation
devient
X = B + λA pour un scalaire λ ∈ R.

16
Lycée Mohammed VI d’Excellence
Filière MPSI Année Scolaire 2024-2025

Pour vérifier cette solution, remplaçons X = B + λA dans l’équation initiale :

B + λA + tr(B + λA)A = B + λA + λ tr(A)A = B.

Cette égalité est satisfaite.


tr(B)
**Conclusion** : - Si tr(A) ̸= −1, la solution est X = B − 1+tr(A) A. - Si tr(A) = −1
et tr(B) = 0, alors les solutions sont de la forme X = B + λA avec λ ∈ R.

17

Vous aimerez peut-être aussi