Calcul Matriciel
Calcul Matriciel
TD : Calculs matriciels
Professeur Azzeddine Bensaada
1 Opérations matricielles
Exercice 1: Matrices idempotentes
Exercice 2:
1. Montrer que, pour toute matrice M ∈ M2 (R), M 2 − (tr M )M ∈ Vect(I2 ).
2. Soient A, B ∈ M2 (R). Montrer que la matrice (AB − BA)2 est proportionnelle
à I2 .
1
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Pour trouver les matrices B qui vérifient B 2 = I, et plutôt que de refaire un calcul
analogue à celui de l’exercice précédent, il est préférable d’utiliser son résultat et la relation
qui existe entre les projections vectorielles (applications linéaires telles que p2 = p) et les
symétries vectorielles (applications linéaires telles que s2 = Id).
En effet, si on pose A = 2B −I, on a A2 = I si et seulement si 4B 2 −4B +I = I, ce qui
revient à B 2 = B. Ainsi, les matrices B telles que B 2 = B sont les matrices B = 12 (A + I),
où il suffit de remplacer A par l’une des matrices obtenues précédemment.
On trouve ainsi les solutions :
1+a
λ
B = I2 ou B = 0 B = 1−a2 1−a 2 (λ ∈ R∗ , a ̸= ±1)
λ 2
1 0 0 0
B= B= (λ ∈ R)
λ 0 λ 1
1 λ 0 λ
B= B= (λ ∈ R)
0 0 0 1
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0 0 0 0
2) Soit n un entier strictement positif. Soit A une matrice de Mn (K). 2.1. Montrer
que M commute avec toutes les matrices de Mn (K) ⇔ M est de la forme λIn , où
λ est un scalaire quelconque.
2.2. Montrer que M commute avec toutes les matrices inversibles de Mn (K) ⇔ M
est de la forme λIn , où λ est un scalaire quelconque.
a21 = a31 = a41 = 0
0 a11 a12 a13 a21 a22 a23 a24
a32 = a42 = a43 = 0
0 a21 a22 a23
= a31 a32 a33 a34 ⇔
AJ = JA ⇔
0 a11 = a22 = a33 = a44
a31 a32 a33 a41 a42 a43 a44
a = a23 = a34
12
0 a41 a42 a43 0 0 0 0
a13 = a24
On constate donc que les matrices qui commutent avec J sont celles qui s’écrivent sous
la forme :
a b c d 1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 1
0 a b c 0 1 0 0 0
0 1 0 0
0 0 1 0
0 0 0
A=
0 = a +b +c +d
0 a b 0 0 1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 a 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Autrement dit, les solutions sont les matrices A = aI +bJ +cJ 2 +dJ 3 , avec (a, b, c, d) ∈
K . On obtient ainsi le sous-espace de M4 (K) engendré par I, J, J 2 , J 3 . Puisque J 4 = 0,
4
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Exercice 5:
Soit un entier n ≥ 2. Déterminer les matrices de Mn (R) qui commutent avec toutes
les matrices antisymétriques.
Soit A ∈ Mn (R) une matrice qui commute avec toutes les matrices antisymétriques.
Pour i ̸= j, considérons l’égalité A(Ei,j − Ej,i ) = (Ei,j − Ej,i )A, où Ei,j est la matrice de
Mn (R) ayant un 1 en position (i, j) et des zéros ailleurs.
▷ En examinant la j-ème colonne de ces deux matrices, on obtient, à gauche, la i-ème
colonne de A, soit en calculant explicitement, soit en utilisant :
Cj (A(Ei,j − Ej,i )) = A(Cj (Ei,j ) − Cj (Ej,i )) = ACi (In ) = Ci (A).
À droite, les lignes d’indices autres que i et j sont nulles (car les lignes correspondantes
dans Ei,j − Ej,i sont nulles). Ainsi, pour tout k ∈ / {i, j}, on a [A]k,i = 0. En faisant varier
j et i, cela implique que A est diagonale.
▷ Pour déterminer plus précisément les coefficients diagonaux, nous examinons le terme
en position (i, i) dans l’égalité. En calculant explicitement à gauche, on trouve [A]i,i , et
à droite, [A]j,j . Cela implique que [A]i,i = [A]j,j pour tous i et j, donc A est une matrice
scalaire, c’est-à-dire proportionnelle à l’identité.
Réciproquement, toute matrice scalaire commute avec toutes les matrices, donc en
particulier avec les matrices antisymétriques.
**Conclusion** : Les matrices de Mn (R) qui commutent avec toutes les matrices
antisymétriques sont les matrices scalaires.
Exercice 6:
Déterminer les réels λ tels qu’il existe une matrice A ∈ Mn (R) non nulle vérifiant
AT = λA.
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Exercice 8: Calcul de An
ch x sh x
Soit A = . Calculer An .
sh x ch x
Exercice 9: Calcul de M n
Soient a, b, c trois réels tels que a2 + b2 + c2 = 1. Soit
2
a −1 ab ac
M = ab b2 − 1 bc .
2
ac bc c −1
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Comme
a
a b c b = a2 + b2 + c2 = 1,
c
il en découle que N 2 = N (car N est une matrice de projection).
Ainsi, on obtient :
M 2 = (N − I)2 = N 2 − 2N + I = −N + I = −M.
Posons
s = sin θ
c = cos θ
Calculons A2 :
2
0 1 −s 0 1 −s −c −sc c
A2 = −1 0 c −1 0 c = −sc −s2 s .
−s c 0 −s c 0 −c −s 1
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qui donne :
1 1
an = (1 − (−3)n ) et bn = (3 + (−3)n ).
4 4
n
En substituant M à X dans X = (X − 1)(X + 3)Qn (X) + an X + bn , nous obtenons :
1 (−3)n
M n = an M + bn I = (M + 3I) − (M − I)
4 4
5 −2 1 n 1 −2 1
1 (−3)
= 2 0 2 − 2 −4 2
4 4
−1 2 3 −1 2 −1
5 − (−3)n −2 + 2(−3)n 1 − (−3)n
1
= 2 − 2(−3)n 4(−3)n 2 − 2(−3)n .
4
−1 + (−3)n 2 − 2(−3)n 3 + (−3)n
2. Posons A = 14 (M + 3I) et B = 41 (I − M ).
Nous avons vu que, pour tout entier naturel n, M n = A + (−3)n B. Nous voulons
montrer que cette expression reste valable si n est un entier négatif. Pour cela, il suffit
de vérifier que pour tout n ∈ N, les matrices A + (−3)n B et A + (−3)−n B sont inverses
l’une de l’autre.
On sait que 0 = (M −I)(M +3I) = M 2 +2M −3I. En particulier, on a AB = BA = 0.
1 1 1
De plus, A2 = 16 (M 2 + 6M + 9I) = 16 (4M + 12I) = A et B 2 = 16 (I − 2M + M 2 ) =
1
16
(4I − 4M ) = B. On en déduit que, pour tout n ∈ N :
(A + (−3)n B) A + (−3)−n B = A + B = I.
2A2 − λA = λ2 (U + 3V ).
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= λn+2 (U + (n + 2)V ).
Exercice 13:
Pour tout réel t, on définit la matrice A(t) par
2 2
1 + t2 − t2
t
2 2
A(t) = t2 1 − t2 t .
t −t 1
1. Calculer A(s)A(t). 2. Calculer (A(t) − I)3 . 3. Trouver les suites (αn ), (βn ), (γn )
telles que : ∀n ∈ N, A(t)n = αn A(t)2 + βn A(t) + γn I.
2
Pour tout t ∈ R, on peut écrire A(t) = I + tJ + t2 K, avec :
0 0 1 1 −1 0
J = 0 0 1 et K = 1 −1 0 .
1 −1 0 0 0 0
t2 s2
A(t)A(s) = I + tJ + K I + sJ + K
2 2
2 2
s t
= I + (t + s)J + + + st K
2 2
2
(t + s)
= I + (t + s)J + K = A(t + s).
2
2. Calculons (A(t) − I)3 :
2
t2
2
(A(t) − I) = tJ + K = t2 K,
2
et donc
t2
3 2
(A(t) − I) = t tJ + K K = 0.
2
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3. Posons A(t) = I + B(t) avec B(t) = A(t) − I. Puisque B(t)3 = 0, nous pouvons
utiliser la formule du binôme :
n(n − 1)
A(t)n = I + nB(t) + B(t)2
2
n(n − 1)
= I + n(A(t) − I) + (A(t)2 − 2A(t) + I)
2
n(n − 1) (n − 1)(n − 2)
= A(t)2 − n(n − 2)A(t) + I.
2 2
Ainsi, pour tout n ∈ N, nous avons A(t)n = αn A(t)2 + βn A(t) + γn I, avec :
n(n − 1) (n − 1)(n − 2)
αn = , βn = −n(n − 2), γn = .
2 2
Pour vérifier, on peut s’assurer que cette relation est correcte pour n ∈ {0, 1, 2}.
Exercice 14:
Soit un entier l ∈ N impair, λ1 , . . . , λn ∈ R deux à deux distincts, et D =
diag(λ1 , . . . , λn ). Considérons l’équation (E): M l+1 − M l = D d’inconnue M ∈
Mn (R).
1. Montrer que si M est solution de (E), alors M commute avec D.
2. En déduire que M est diagonale.
1 l
l
3. Montrer que (E) admet des solutions si, et seulement si, λk ≥ − l+1 l+1
pour
tout k ∈ 1, n.
4. Dans ce cas, déterminer le nombre de solutions de (E).
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1. Montrons que M est stable par produit matriciel. Un calcul direct montre que pour
tous s, t ∈ R,
A(t)A(s) = A(t + s − 2st).
Cela prouve que le produit de deux matrices de M est encore une matrice de M , donc M
est stable par produit.
2. Pour qu’une matrice A(t) admette un inverse dans M , il doit exister un paramètre
s ∈ R tel que A(t)A(s) = I3 . D’après la question précédente, cela signifie que :
t + s − 2st = 0.
1 −1 −1 −1
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Calculons d’abord A2 :
4 0 0 −2
0 4 0 2
A2 =
0
.
0 4 2
−2 2 2 4
Ensuite, en multipliant A par A2 , nous obtenons :
2 6 6 6
6 2 −6 −6
A3 = 6 −6 2 −6 .
6 −6 −6 −10
Cela montre que A est inversible, et on peut calculer son inverse comme suit :
1 0 0 1
1 1 0 1 0 −1
A−1 = (A2 − 6I) = .
4 2 0 0 1 −1
1 −1 −1 1
I = I − a4 J 4 = (I − aJ)(I + aJ + a2 J 2 + a3 J 3 ) = A(I + aJ + a2 J 2 + a3 J 3 ).
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Pour montrer que A est inversible, il suffit de prouver que le seul vecteur colonne X
tel que AX = 0 est X = 0.
Notons x1 , . . . , xn les composantes de X et soit xi une composante de module max-
imum. Si AX = 0, alors la composante d’indice i de AX est nulle. Cela signifie que
: n
X X
0= aij xj = aii xi + aij xj .
j=1 j̸=i
X X X
|aii xi | = aij xj ≤ |aij xj | ≤ |xi | |aij |.
j̸=i j̸=i j̸=i
Il en découle que : !
X
|xi | |aii | − |aij | ≤ 0.
j̸=i
P
Or, par hypothèse de stricte dominance diagonale, nous savons que |aii | − j̸=i |aij | > 0.
Par conséquent, |xi | = 0, ce qui implique que xi = 0.
Puisque xi est une composante de module maximum dans X, cela entraîne que X = 0.
Conclusion : la matrice A est donc inversible.
La matrice A est inversible car elle est triangulaire avec des coefficients diagonaux tous
égaux à 1 (donc non nuls).
Soit J la matrice dont le terme général est défini par :
(
1 si j = i + 1,
Ji,j =
0 sinon.
Seuls les coefficients situés juste au-dessus de la diagonale principale sont donc non nuls
et valent 1.
On sait que J n = 0 et que A = I + 2J + 3J 2 + · · · + nJ n−1 .
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Pour tout x ̸= 1, on a :
′
xn+1 − 1 nxn+1 − (n + 1)xn + 1
n−1 2 n ′
1 + 2x + · · · + nx = 1 + x + x + ··· + x = = .
x−1 (x − 1)2
Cela donne l’égalité :
nxn+1 − (n + 1)xn + 1 = (1 − x)2 1 + 2x + · · · + nxn−1
qui est vraie pour tout x ̸= 1 et qui reste valable dans toute algèbre, en particulier dans
Mn (K).
Dans Mn (K), cette identité devient :
nM n+1 − (n + 1)M n + I = (I − M )2 I + 2M + 3M 2 + · · · + nM n−1 .
Exercice 21:
Calculer l’inverse de la matrice
1 1 ··· 1
.
0 1 · · · ..
A = . . .
.. . . . . . ...
0 ··· 0 1
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A−1 = In − J.
−1 0 · · · 0
1
0 1 −1 · · · 0
. . . ..
A−1 = 0 0 1 . .
. .. . . ..
..
. . . −1
0 0 ··· 0 1
⋄ Si a = b (donc A = bJ), alors A(A − nbI) = 0, ce qui montre que A est un diviseur
de zéro et donc non inversible.
⋄ Si a = (1−n)b (donc A = b(J −nI)), alors A(A+nbI) = 0, et dans ce cas également,
A n’est pas inversible.
Sinon, si a ∈/ {b, (1 − n)b}, posons d = (a − b)(b(n − 1) + a). L’égalité précédente
montre que A est inversible, et on a :
1
A−1 = (−A + (nb − 2b + 2a)I).
d
Posons K = J − I (matrice avec diagonale nulle et autres coefficients égaux à 1). Avec
ces notations, A = aI + bK, et on obtient :
a + (n − 2)b b
A−1 = I − K.
d d
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a+(n−2)b
Ainsi, les coefficients diagonaux de A−1 valent d
, et les autres coefficients sont égaux
à − db .
Exercice 23:
Soit D l’ensemble des matrices A = (aij ) dans Mn (R) qui vérifient le système
suivant :
∀(i, P
j), aij ≥ 0,
n
∀i, j=1 aij = 1.
Dire qu’une matrice A appartient à D signifie que tous ses coefficients sont positifs
ou nuls et que la somme des coefficients de chaque ligne vaut 1. En particulier, tous les
coefficients de A sont inférieurs ou égaux à 1.
1. Soient A = (aij ) et B = (bij ) deux matrices de D, et soit C = AB = (cij ). Pour
tout couple d’indices i et j, on a :
n
X
cij = aik bkj ≥ 0.
k=1
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Soit Er,s la matrice dans Mn (K) dont tous les coefficients sont nuls, sauf celui d’indice
(r, s), qui vaut 1.
Nous supposons que tr(AM ) = tr(BM ) pour toute matrice M de Mn (K). En partic-
ulier, cela est vrai pour M = Er,s pour tous indices r et s de {1, . . . , n}.
Notons aij et bij les coefficients des matrices A et B respectivement. Le coefficient
d’indice (i, i) de AEr,s est :
n
X n
X
aij [Er,s ]ji = aij δrj δsi = asr .
j=1 j=1
Exercice 25:
Soient A, B ∈ Mn (R). Résoudre l’équation X + tr(X)A = B d’inconnue X ∈
Mn (R).
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