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PREPARATION BACCALAUREAT / SESSION 2025
COURS DE RENFORCEMENT DES CAPACITES METHODOLOGIQUES
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CHAPITRE III
ENJEUX, FINALITÉS ET PERSPECTIVES PHILOSOPHIQUES
INTRODUCTION
La comparaison entre la philosophie et la science aboutit souvent au rejet de la philosophie perçue comme une
discipline inutile. Dans cette comparaison, les résultats de la philosophie paraissent presque nuls alors que ceux de la
science semblent impressionnants. Le rapprochement entre ces deux disciplines donne l’idée que la philosophie est
une réflexion vide, une spéculation qui ne génère que des illusions. Dans tous les cas, nous allons examiner les
fonctions de la pensée philosophique, ce qui revient à répondre à la question « Pourquoi philosopher ? ». Ensuite,
nous analyserons les rapports que la philosophie entretient avec l’idéologie. La philosophie rejette-t-elle l’idéologie,
ou bien est-elle elle-même une idéologie ? Pour terminer, nous verrons si la philosophie est utile ou inutile dans ce
monde qui subit de plus en plus l’impérialisme de la science ?
I-) LES FONCTIONS DE LA PENSEE PHILOSOPHIQUE
La philosophie a pendant longtemps fait objet d’un préjugé défavorable. Elle est vue par le commun des mortels
comme une activité sans importance. C’est pourquoi ils considèrent le philosophe comme un rêveur. L’illustration de
cette position de l’opinion est faite par Platon, dans le Théétète. Selon Platon, la servante de Trace se moquait de
Thalès en disant que c’est pour avoir fixé ses yeux dans le ciel qu’il a fini sa marche dans un puits. Cela renvoie à
l’idée que la philosophie nous détourne des buts de notre vie ici-bas, qu’elle nous met en rupture avec le monde
concret. C’est cela qui amène Ferdinand Alquier à dire que « la philosophie est attaquée de toute part ». Au regard
de sa nature, la philosophie se donne pour mission essentielle la recherche de la vérité. Cette quête de la vérité est
traduite assez souvent comme la quête de l’être qui est aussi la quête du sens, de l’origine ou du fondement de toute
chose. Pour la philosophie, connaître c’est permettre à l’homme de satisfaire sa curiosité et de parvenir à un étal de
totale satisfaction. L’homme qui parvient à un état d’équilibre et d’harmonie atteint la sagesse, au sens où l’on
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pourrait dire que le but de la philosophie est de rendre l’homme sage. A ce propos, Socrate affirmait : « La
philosophie ne consiste pas tant dans la connaissance d’une multitude de choses qu’à rendre l’homme tempérant
(vertueux) », et il ajoute : « La philosophie ne vaut que lorsqu’elle est vécue ». A la suite de Socrate, beaucoup
d’autres philosophes se donnent pour mission de rechercher la vérité. Chez les stoïciens et les épicuriens, la finalité
de la philosophie, c’est la recherche du bonheur. Leibniz s’inscrit dans cette même lancée en affirmant que la
philosophie ne servirait à rien si elle ne permettait pas d’être heureux. La philosophie est une interrogation sur le sens
de la vie et sur les moyens de donner un sens à celle-ci. On dira alors que la philosophie est un art de vivre ou un
code de conduite. Pour permettre à l’homme de comprendre un monde où les repères sont perdus, la philosophie
procède à une critique sans complaisance du monde et de la société. On dirait avec Marcien Towa que « toute
pensée aussi vénérable soit-elle ne peut être admise sans être passée au crible de la pensée critique ». Pour la
philosophie donc, toute connaissance, théorie ou discours doit se soumettre à un examen critique. La critique
philosophique est aussi dirigée contre la philosophie elle-même ; en ce sens, la vérité philosophique serait le fruit
d’un débat contradictoire et c’est cela qui fait dire à Hegel que « l’esprit acquiert la vérité à condition de se
retrouver dans l’absolu déchirement ». On devrait plutôt dire que la critique fait partie de la philosophie. On pourra
aussi dire alors avec Vladimir Jankélévitch que « la fonction de la philosophie c’est de critiquer, son destin c’est
d’être critiquée ». Avec cette fonction critique, l’activité philosophique n’épargne point les traditions ni même les
préjugés qu’on retrouve dans les diverses formes de connaissancescomme le sens commun et la société. Philosopher
consiste donc à se débarrasser des préjugés qui nous empêchent d’accéder à la vérité. D’ailleurs, Descartes assigne à
la philosophie la mission d’éclairer et de réguler la vie. Il écrit : « C'est proprement avoir les yeux fermés, sans
tâcher de les ouvrir, que de vivre sans philosopher ». La philosophie serait ainsi l’œil de l’âme qui permet à
l’homme d’orienter sa conduite et de déterminer sa voie selon la raison. Elle garantit une vie normée et régulée.
Epicure développe la même idée en ces termes : « Celui qui prétendrait que l’heure de philosopher n’est pas
encore venue dirait que l’heure n’est pas encore arrivée d’être heureux ou qu’elle est déjà passée ». Pendant que
certains philosophes assignent à la philosophie une fonction utilitaire, pour Aristote, la philosophie ne se fixe aucune
finalité, qu’elle ne vise que la simple connaissance comme il le suggère dans la Métaphysique : « Ainsi donc, si ce
fut bien pour échapper à l’ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie ».
II-) PHILOSOPHIE ET IDEOLOGIE
Il s’agit ici de procéder à une analyse des rapports complexes que la philosophie entretient avec l’idéologie. Certaines
idéologies qui soutiennent la supériorité des races et des cultures ont été soutenues par des théories philosophiques.
C’est le cas de Hegel et de David Hume qui considèrent que le Noir est inférieur au Blanc. C’est par la philosophie
et par un travail de déconstruction que de telles idéologies racistes ont été combattues et rejetées. Tout le combat de
Cheikh Anta Diop consistait à déconstruire toute idéologie de la colonisation, y compris celle de la supériorité d’une
race sur une autre. Le souci majeur de la plupart des intellectuels africains a été un moment de retrouver leur
conscience historique, de se réconcilier avec leur propre histoire. Cela aura été un premier pas vers l’affranchissement
de la domination coloniale. Beaucoup d’intellectuels dont ceux qu’on appelle les pères des indépendances (Senghor,
Sékou Touré, Kwamé Nkrumah, Bourguiba etc.) s’engagent dans une lutte à la fois politique et idéologique. C’est
reconnaître quelque part que l’idéologie est inséparable de la politique. Mais en même temps, elle est une arme
dangereuse qui peut être retournée contre ceux-là mêmes que l’on veut affranchir. Bref, l’idéologie, au sens politique,
vise à légitimer une domination, mais il y a pire que cela. Suivant l’appréciation qu’on en fait, l’idéologie affranchit
ou asservit. Karl Marx, en dénonçant l’idéologie bourgeoise, crée et propose une autre idéologie : celle des
prolétaires connus pour être une idéologie de libération par la voie du socialisme et du communisme que l’on appelle
communément la dictature du prolétariat. Mais l’histoire a retenu de ce vaste élan de libération que nous sommes en
présence d’un régime négationniste de toute liberté. Ainsi, le philosophe doit au contraire participer au processus de
transformation du monde. Karl MARX l’aurait bien compris quand il affirme dans sa 11èmeThèse sur Feuerbach
que : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe c’est de le
transformer ». Par conséquent, la valeur et la portée historique d’une philosophie doivent être calculées en fonction
de son efficacité. PLATON dit dans la République ce qu’il faut pour qu’une société soit bien gouvernée. Pour lui,
chaque classe sociale doit respecter sa place et que les philosophes soient rois ou bien que les rois soient des
philosophes.
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III-) LA PHILOSOPHIE AUJOURD'HUI
Il s’agit de se demander si la philosophie joue encore un rôle ou si elle a toujours sa place dans la société.
Inévitablement, il se pose la question de son utilité pratique, car l’incertitude de ses résultats l’empêche de prétendre à
une science exacte. L’absence de progrès dans le domaine de la philosophie nous amène à nous interroger sur l’utilité
de cette discipline. La philosophie semble, par ailleurs, inutile si l’on sait que les domaines qui lui étaient
traditionnellement réservés sont désormais investis par diverses sciences telles que la linguistique, la sociologie et la
psychologie. Malgré cela, la philosophie demeure présente. C’est pourquoi, en dépit du reproche qui lui a été fait de
ne pas aboutir à des résultats concrets lorsqu’on la compare avec la science, la philosophie demeure actuelle.
D’abord, la philosophie occupe une place importante dans la politique, car elle réfléchit sur les projets de société et
les idées qui gouvernent le monde. La preuve en est que certains chefs d’Etat sont inspirés du marxisme ou du
machiavélisme. Ensuite, le développement des sciences engage la philosophie dans une réflexion sur les méthodes,
la portée et les finalités de l’activité scientifique. La philosophie réfléchit sur les enjeux de la science, car le savant
n’est pas toujours le mieux placé pour percevoir toutes les implications de ses découvertes ou de ses recherches. La
tâche de la philosophie est donc importante parce que réfléchissant sur les conséquences des découvertes
scientifiques. Les changements ou les bouleversements que la science produit dans la société et dans l’humanité
invite l’homme à s’adapter vite, à trouver ses repères mais aussi à se prémunir contre les dangers qui peuvent
menacer la vie ou l’environnement. En analysant les faits et méfaits de la techno-science, Roger Garaudy a soutenu
que les sciences et les techniques nous ont certes permis de lutter contre des maladies comme la peste et le paludisme
et de sauver des millions de personnes. Mais en même temps, les sciences et les techniques ont permis la destruction
de plusieurs milliers de personnes comme ce fut le cas en 1945 à Hiroshima avec la bombe atomique. Luc Ferry,
quant à lui, avoue que la science fait incontestablement des progrès comme dans l’automobile, l’aviation, la
télévision, la médecine moderne, la téléphonie, la conquête de l’espace etc. Mais il se demande si ce progrès est
positif pour l’humanité. C’est à dire que les découvertes scientifiques ont permis à l’homme de faire des choses
immorales comme l’avortement, les OGM (Organisme génétiquement modifié), l’euthanasie, la contraception,
l’hyménorraphie etc.
CONCLUSION
Au terme de notre analyse et au regard de ce qui précède, il convient de noter que la philosophie, loin d’être une
possession est en fait une recherche perpétuelle. Un savoir qui est toujours remis en question est une vertu qui doit
présider à tous nos comportements. La philosophie en tant que réflexion sur la condition humaine ne saurait faire
abstraction à l’idéologie. Mieux toute philosophie défend d’une manière ou d’une autre les intérêts d’une classe
sociale bien déterminée. Ainsi, le philosophe doit au contraire participer au processus de transformation du monde.
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