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Alliance Sahel: Sécurité et Économie

L'Alliance des États du Sahel (AES), créée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, vise à renforcer la sécurité et l'indépendance économique dans la région du Liptako-Gourma, en réponse à l'inefficacité du G5 Sahel. Elle se distingue par une approche intégrée combinant efforts militaires et économiques, tout en prévoyant une défense collective contre les menaces extérieures. Cependant, l'AES fait face à des défis tels que des ressources limitées, une instabilité politique et des menaces transnationales complexes.

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Alliance Sahel: Sécurité et Économie

L'Alliance des États du Sahel (AES), créée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, vise à renforcer la sécurité et l'indépendance économique dans la région du Liptako-Gourma, en réponse à l'inefficacité du G5 Sahel. Elle se distingue par une approche intégrée combinant efforts militaires et économiques, tout en prévoyant une défense collective contre les menaces extérieures. Cependant, l'AES fait face à des défis tels que des ressources limitées, une instabilité politique et des menaces transnationales complexes.

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ALLIANCE DES ETATS DU SAHEL

Introduction
Au cœur de la région sahélienne, une nouvelle dynamique stratégique se dessine avec la
création récente de l'Alliance des États du Sahel (AES). Le 16 septembre dernier, le Mali, le
Burkina Faso et le Niger ont signé la Charte du Liptako-Gourma, jetant ainsi les bases de cette
alliance qui promet de redéfinir la lutte contre le terrorisme et de remodeler les équilibres
régionaux. Cet acte audacieux a ravivé les débats sur l'avenir du G5 Sahel, mais il ne s'arrête
pas là. L'AES déploie une vision ambitieuse allant au-delà de la sécurité, visant
l'indépendance économique et l'intégrité des États.
Genèse et contexte
Le 16 septembre dernier, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont annoncé la signature de la
Charte du Liptako-Gourma, créant ainsi l'Alliance des États du Sahel (AES). Cette nouvelle
alliance vise à assurer la défense collective des populations de ces États. Cette initiative,
survenue après le retrait du Mali du G5 Sahel en mai 2022, a suscité des interrogations quant
à l'avenir de ce dernier et à l'émergence d'un "G3 Sahel" aux objectifs similaires, mais avec
une approche différente. En 2022, le Mali s'est retiré du G5 Sahel (composé de la Mauritanie,
du Tchad, du Burkina Faso et du Niger) en signe de protestation contre le refus de certains
pays de lui accorder la présidence tournante de cette instance régionale. Le Mali dénonçait
également une tentative d'instrumentalisation orchestrée par un "État extrarégional" visant à
l'isoler. Des observateurs ont également évoqué des manœuvres concertées avec la France
pour marginaliser les autorités de transition maliennes au sein des organisations sous-
régionales.
La défection du Mali a souligné la fragilité du G5 Sahel, largement inefficace depuis sa
création en 2014, malgré le lancement de sa force conjointe en 2017. Ce problème découle
principalement du manque de financement extérieur, influencé par des pressions
internationales, notamment des États-Unis, et du soutien insuffisant de la France. En
revanche, la nouvelle Alliance des États du Sahel (AES), centrée sur le Liptako-Gourma, se
base sur des réalités concrètes.

Le Liptako-Gourma, ou "zone des trois frontières", partagé par le Burkina Faso, le Mali et le
Niger, est riche en ressources naturelles comme l'or, le diamant, l'uranium, et le pétrole, mais
est aussi une zone de violence terroriste depuis plus de dix ans.

L'AES marque un tournant dans la lutte contre le terrorisme en coordonnant les efforts
militaires et économiques, visant à combattre le terrorisme et la criminalité organisée dans
cette région clé. Elle prévoit une "architecture de défense collective et d'assistance mutuelle".

L'article 6 de la Charte de l'Alliance stipule que toute atteinte à la souveraineté de l'une des
parties sera considérée comme une agression contre les autres, nécessitant une assistance
mutuelle, y compris militaire. Les articles 5 et 8 permettent de combattre les rebelles et
réfugiés sur leurs territoires. Cette alliance renforcée entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger
représente une étape cruciale pour la sécurité dans la région des "Trois frontières".terroristes
réfugiés sur leurs territoires. Cette alliance renforcée entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger
représente une étape cruciale pour la sécurité dans la région des "Trois frontières".
Forces

L'Alliance des États du Sahel (AES) présente plusieurs forces majeures qui la distinguent et
renforcent son efficacité par rapport au G5 Sahel :

1. Focus régional spécifique : L'AES se concentre sur le Liptako-Gourma, une région


cruciale partagée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Cette concentration
géographique permet une meilleure coordination et une réponse plus adaptée aux défis
spécifiques de cette zone, connue pour ses richesses naturelles et ses problèmes
sécuritaires.
2. Approche intégrée : Contrairement au G5 Sahel, qui avait principalement une
approche militaire, l'AES adopte une stratégie plus globale en incluant des efforts
économiques. Cette intégration vise à traiter les causes profondes de l'instabilité,
comme la pauvreté et le sous-développement, en parallèle avec les opérations de
sécurité.
3. Financement et soutien mutuel : La charte de l'AES prévoit des mécanismes de
financement interne et d'assistance mutuelle. En cas d'agression contre l'un des
membres, les autres sont obligés de fournir une aide, y compris militaire, créant ainsi
une dissuasion collective et une solidarité accrue.
4. Souveraineté et défense collective : L'article 6 de la charte de l'AES établit que toute
atteinte à la souveraineté de l'une des parties est une agression contre toutes, engageant
une réponse collective. Cela renforce la défense commune et crée un front uni contre
les menaces externes et internes.
5. Permis de poursuite transfrontalière : Les articles 5 et 8 permettent aux forces de
chaque pays membre de poursuivre et de combattre les rebelles et les terroristes qui
cherchent refuge dans un autre pays membre. Cette disposition réduit les
échappatoires pour les groupes armés et améliore l'efficacité des opérations
antiterroristes.
6. Architecture de défense collective : La mise en place d'une structure de défense
collective permet une meilleure organisation et utilisation des ressources militaires des
pays membres, facilitant une réponse rapide et coordonnée aux crises.

Faiblesses:

Bien que l'Alliance des États du Sahel (AES) présente plusieurs forces, elle n'est pas exempte
de faiblesses potentielles :

1. Ressources limitées : Les pays membres de l'AES, à savoir le Burkina Faso, le Mali
et le Niger, sont parmi les plus pauvres du monde. Leur capacité à financer
durablement les initiatives de l'AES et à fournir des ressources militaires et
économiques suffisantes est limitée, ce qui pourrait entraver l'efficacité de l'alliance.
2. Instabilité politique : Ces pays ont souvent des gouvernements fragiles et des
situations politiques instables. Les coups d'État et les changements fréquents de
leadership peuvent perturber la continuité des efforts de coopération et de coordination
au sein de l'AES.
3. Défis logistiques et infrastructurels : Les infrastructures dans la région du Liptako-
Gourma sont souvent sous-développées. Les difficultés logistiques liées à la mobilité
des troupes, à la communication et à la coordination des opérations peuvent réduire
l'efficacité des réponses militaires et humanitaires.
4. Dépendance extérieure : Bien que l'AES cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis
des financements extérieurs, elle ne peut complètement s'en affranchir. Une
dépendance continue vis-à-vis de l'aide internationale pour le financement et
l'équipement peut limiter son autonomie et sa capacité à agir indépendamment.
5. Rivalités internes et manque de confiance : Les relations entre les pays membres
peuvent être marquées par des rivalités et un manque de confiance. Des divergences
politiques ou des différends territoriaux pourraient nuire à la coopération et à la mise
en œuvre des initiatives conjointes.
6. Menaces transnationales complexes : La région est confrontée à des menaces
transnationales complexes, telles que des groupes terroristes bien organisés et la
criminalité organisée. La capacité de l'AES à traiter efficacement ces menaces peut
être limitée par la sophistication et l'adaptabilité des adversaires.
7. Soutien international fluctuant : Le soutien international, notamment de la part de la
France et des États-Unis, peut fluctuer en fonction des intérêts géopolitiques
changeants et des priorités politiques de ces pays. Une réduction ou un retrait de ce
soutien pourrait affaiblir les capacités de l'AES.
8. Coordination avec d'autres initiatives régionales et internationales : L'AES doit
coordonner ses efforts avec d'autres initiatives régionales et internationales pour éviter
les duplications et les conflits de compétence. La complexité de cette coordination
peut ralentir les prises de décision et l'exécution des actions.

Quels sont les menaces de l’AES

Le péril djihadiste sévit principalement au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Toutefois, il


menace également les autres pays ouest africains. Le Bénin, par exemple, a subi plusieurs
attaques dans la partie nord du pays. La progression des groupes suggère qu’ils comptent
s’étendre également vers les pays côtiers. Dans sa charte, l’AES, n’exclut pas de nouvelles
adhésions de la part de pays qui partagent les mêmes réalités.
Mouhamadou Lamine Bara Lo, affirme que l’un des défis de l’AES dans sa lutte contre la
menace terroriste et le crime organisé est celui des moyens. L’Alliance doit, selon M. Lo,
renforcer ses capacités militaires afin de faire face à ces menaces hybrides. « Ce qui est le
plus important pour un État au Sahel, c'est de disposer d'un appui aérien, mais ensuite d'un
appui en renseignement », poursuit Mouhamadou Lamine Bara Lo.
De son côté, Mohamed Maiga rajoute l'aspect financier qui est également fondamental pour la
pérennité même de l’AES. « Est-ce que ces États vont finalement pouvoir mobiliser ensemble,
mutualiser leurs ressources et faire face à la situation pour faire en sorte que cette organisation
résiste et ne meure pas, sachant que les soutiens, il n'y en a pas beaucoup ? », s’interroge M.
Maiga.

La question du financement a d’ailleurs été un des boulets du G5 Sahel, une organisation


créée en 2014 par la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad. Sans mandat
de l’Onu, donc ne recevant pas de soutien financier des nations unies, la force conjointe du
G5 Sahel mise en place pour lutter contre les djihadistes dans la région peine à mobiliser les
ressources pour atteindre ses objectifs.
« Et l'autre élément, ce sera un tutorat international, parce que dans le Sahel, c'est la France
qui joue ce rôle de tuteur. On a vu les tensions avec la France. Et les trois pays, certes, avec
toute la volonté qu'il faut, ont besoin de ce tutorat, déjà pour pouvoir agir et avoir un soutien
sur les grandes affaires internationales », affirme [Link]

Opportinuté de l’AES

L'Alliance des États du Sahel (AES) présente plusieurs opportunités prometteuses qui
pourraient renforcer sa position et son efficacité dans la région du Liptako-Gourma :

1. Coordination régionale renforcée : L'AES a l'opportunité de mieux coordonner les


efforts militaires et économiques entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Cette
coopération renforcée peut améliorer la sécurité régionale et la stabilité, tout en
favorisant une croissance économique plus équilibrée et durable.
2. Optimisation des ressources naturelles : La région du Liptako-Gourma est riche en
ressources naturelles telles que l'or, le diamant, l'uranium, le manganèse, le gaz et le
pétrole. L'AES peut attirer des investissements et promouvoir une exploitation plus
équitable et durable de ces ressources, stimulant ainsi le développement économique
local.
3. Renforcement des capacités locales : En investissant dans le développement des
infrastructures, des services publics et des institutions locales, l'AES peut contribuer à
améliorer les conditions de vie des populations locales. Cela peut inclure la
construction de routes, d'écoles, de centres de santé et d'autres infrastructures
essentielles.
4. Réduction de l'influence des groupes terroristes : Par des opérations militaires
coordonnées et efficaces, l'AES a l'opportunité de réduire l'influence des groupes
terroristes dans la région. Cela pourrait inclure des initiatives de contre-terrorisme, de
déradicalisation et de réintégration des anciens combattants.
5. Renforcement de la gouvernance et de l'état de droit : L'AES peut travailler à
renforcer la gouvernance et l'état de droit dans ses États membres. Cela peut inclure
des réformes politiques et judiciaires, la lutte contre la corruption et la promotion de la
participation citoyenne.
6. Partenariats internationaux : L'AES peut saisir l'opportunité de nouer des
partenariats avec des organisations internationales, des ONG et des pays donateurs.
Ces partenariats peuvent apporter des ressources financières, une expertise technique
et un soutien politique pour les initiatives de développement et de sécurité.
7. Promotion de la résilience communautaire : En mettant en place des programmes
de développement communautaire, l'AES peut renforcer la résilience des
communautés locales face aux crises, qu'elles soient sécuritaires, économiques ou
environnementales. Cela inclut des initiatives de développement durable, de gestion
des ressources naturelles et de renforcement des capacités locales.
8. Amélioration de l'image régionale : Une AES réussie peut améliorer l'image de la
région du Liptako-Gourma sur la scène internationale. Cela peut attirer davantage
d'investissements, de tourisme et de coopération internationale, contribuant ainsi à une
prospérité accrue et à une meilleure stabilité.
9. Développement technologique et éducatif : L'AES peut promouvoir l'éducation et la
formation professionnelle pour améliorer les compétences locales et favoriser
l'innovation technologique. Cela peut inclure des programmes de formation en
technologies de l'information, en agriculture durable et en gestion des ressources
naturelles.

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