Examen de la latéralité
G B Soubiran
Latéralité
Age Auteur(s) Objectif
A partir de 5-6 ans G B Soubiran
Protocole
La latéralisation est l’ensemble des processus sur lesquels reposent l’orientation et l’organisation de la prévalence, que
ces processus soient d’origine interne (maturation neuromotrice) ou externes (expériences du sujet)
La latéralité est la prévalence d’un élément du corps sur son homologue lors des conduites spontanées ou dirigées.
Quand l’enfant se latéralise, il dégage une prévalence d’un segment corporel au niveau de la main, du pied, de l’œil, et
aussi de l’oreille.
La latéralité est l’étape intermédiaire entre schéma corporel et organisation spatial car c’est à travers l’asymétrie que
l’enfant va pouvoir distinguer la droite de la gauche puis transposer ses propres repères sur autrui et tout objet alentour
et ainsi s’orienter dans l’espace de façon autonome.
RAPPEL DES TERMES UTILISES EN PSYCHOMOTRICITE
• Latéralité homogène : le sujet est latéralisé du même côté pour l’œil, la main et le pied.
• Latéralité hétérogène ou croisée : le sujet peut être latéralisé à droite pour la main par exemple et à gauche
pour l’œil.
• Latéralité de nécessité : en cas d’accident ou d’invalidité d’un côté.
• Ambidextrie : pas de dominance
• Latéralité neurologique : référence à la dominance tonique c’est à dire le coté le plus tonique où il y’a moins
de ballant et moins d’extensibilité au niveau manuel, inversement pour le membre inférieur car ce n’est pas le
pied directeur mais le pied d’équilibration qui est le plus tonique.
• Latéralité d’utilisation : coté préférentiel pour tenir l’outil et pour engager l’action.
• Latéralité concordante : quand la latéralité neurologique correspond à la latéralité d’utilisation.
• Latéralité discordante ou dyslatéralité : quand l’utilisation ne correspond pas à la latéralité neurologique.
REPERES AU NIVEAU DU DEVELOPPEMENT PSYCHOMOTEUR
□ Concernant la main
• 5-6 mois : la coordination oculo-manuelle se met en place, une main atteint l’objet et s’en saisit.
• 9-12 mois : la coordination bimanuelle s’organise avec une main qui saisit et l’autre qui tient.
• 2-3 ans à 5-6 ans : latéralisation en cours avec périodes d’instabilité
• 6 ans : latéralité stabilisé, l’orientation spatiale peut s’affirmer.
□ Concernant l’œil
La dominance oculaire commence à se fixer autour de 2-3 ans.
□ Concernant le pied
La dominance podale s’observe très tôt à la marche et à la montée des escaliers vers 18 mois, cependant la latéralité
podale est moins affirmée et moins connue du sujet plus âgé sauf dans le cas d’une pratique sportive qui la met en avant.
EXAMEN DE LA LATERALITE NEUROLOGIQUE
□ La latéralité neurologique du membre supérieur
• Tonus de fond : moins d’extensibilité et moins du ballant du coté dominant
• Diadococinésies : meilleure qualité du geste et tenue dans la durée, alors que l’autre côté se dégrade, présente
des saccades ou arrêts ou relâchement du mouvement. Réalisées avec une seule main, on observera des
syncinésies tonicocinétique et/ou des syncinésies de diffusion plus importantes dans le membre opposé quand
la main non dominante est en action.
• Epreuve d’opposition pouce/autre doigt : permet la même observation
□ La latéralité neurologique du membre inférieur
• Tonus de fond : on trouvera plus d’extensibilité et de ballant du coté dominant
• Equilibre statique : le pied qui tient le mieux est le pied d’équilibration et n’est donc pas le dominant, qui, lui,
est appelé à l’action.
• Epreuve de la poussée de Foix et Thévenard : le tendon qui se met en saillie en premier renseigne sur le pied
d’équilibration, alors que celui qui se dégage en arrière est le pied dominant.
□ La latéralité neurologique au niveau oculaire
• Epreuve du SIGHTING : on présente au sujet un carton percé d’un trou en son centre, il le tient avec ses deux
mains, bras tendus devant lui et doit regarder avec les deux yeux ouverts une image en face de lui, à travers le
trou, et ramener progressivement le carton près de son visage. L’œil dominant se place en face du trou.
LATERALITE D’UTILISATION
□ Latéralité d’utilisation au niveau oculaire
Epreuve de la visée : on présente une sorte de longue vue, l’enfant doit s’en saisir et regarder dedans, pour ce test,
l’enfant non latéralisé ne pourra placer un seul oeil en face du trou.
□ Latéralité d’utilisation au niveau manuel
• Une partie du test d’Harris : il s’agit de faire mimer des actions sans objet. Une dizaine de mimes est nécessaire
pour faire une évaluation.
Ex. : « fais semblant de te brosser les dents, de prendre une clé et ouvrir une porte, de te peigner ». Ce sont des
activités uni-manuelles auxquelles il convient d’ajouter des activités bimanuelles pour mettre en évidence la main
d’action et la main de soutien comme « fais semblant de planter un clou avec un marteau, couper du pain avec
un couteau, découper une feuille avec des ciseaux ».
• L’épreuve de M. AUZIAS : consiste en des praxies idéatoires.
Ex. : « gommer une croix, ouvrir et fermer la glissière d’une trousse, transvaser un tube plein dans un tube vide,
prendre une perle dans une tasse avec une petite cuillère, tracer un trait avec une règle, découper avec des
ciseaux. ».
• Epreuve du TAPING : il s’agit de séparer par un trait vertical un page, au centre de chaque hémichamp on trace
un point sur lequel on demande de taper le plus de fois possible avec un crayon pendant 30 secondes. Puis on
lui demande de réaliser la même chose avec l’autre main dans l’autre hémicorps.
Observations : on compare les indices de dispersion, et l’attitude du sujet en cours de réalisation (glissement du
crayon, hyper ou hypotonicité, vitesse, syncinésies, fatigue, arrêt, commentaires).
□ Latéralité d’utilisation au niveau podal
• Shooter dans un ballon et jouer au foot
• Monter sur un banc
• Dos au mur, taper du talon contre le mur
• Franchir d’un pas un espace entre deux lignes
• Saut à cloche pied