RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE
COUR CONSTITUTIONNELLE DU GABON
Confection des décisions
I. Organisation générale
■ Le circuit décisionnel au sein de votre Cour est-il organisé par un (ou plusieurs) texte(s) ?
Le circuit décisionnel est organisé à la Cour constitutionnelle de la République gabonaise par
plusieurs textes de lois à savoir la Constitution notamment en ses articles 4, 10, 11, 12, 13,
17, 26, 84, 85 alinéa 3 et 86, 87, 88, 97 et 116, la loi organique sur la Cour constitutionnelle
en ses articles 25 à 110d, le règlement de procédure de la Cour constitutionnelle aux
articles 59 à 165, la loi n° 7/96 du 12 mars 1996 portant dispositions communes à toutes les
élections politiques, la loi n° 16/96 du 15 avril 1996 portant dispositions spéciales relatives à
l’élection du président de la République, la loi n° 17/96 du 15 avril 1996 portant dispositions
spéciales relatives à l’élection des députés, la loi n° 18/96 du 1er avril 1996 portant
dispositions spéciales relatives à l’élection des sénateurs et la loi n° 19/96 du 15 avril 1996
relative à l’élection de membres des conseils départementaux et des conseils municipaux.
■ L’organisation interne de votre Cour se distingue-t-elle de l’organisation au sein des tribunaux
ordinaires ?
La Cour constitutionnelle est composée de neuf membres qui forment un collège de neuf
juges.
Elle juge en formation unique présidée par son président ou le juge le plus âgé en cas
d’empêchement du président.
Pour statuer valablement, il faut au moins six membres présents.
Elle statue en premier et dernier ressort.
Ses décisions ne font l’objet d’aucun recours si ce n’est par voie de révision et de rectification
en cas d’erreur matérielle.
Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et
juridictionnelles et à toutes les personnes physiques et morales.
En matière de contentieux électoral, un des juges est détaché par ordonnance du président de
la Cour pour faire office de Ministère public pendant toute la durée du contentieux. Celui-ci
ne participe pas aux délibérations.
Les affaires confiées aux juges rapporteurs sont instruites dans leurs cabinets.
Un greffe dirigé par un greffier en chef et composé des greffiers en chef adjoints et des
greffiers reçoit les requêtes, tient la plume aux audiences, convoque les parties, conserve
les décisions et avis dont il en délivre expéditions, notifie les décisions et avis rendus
par la Cour.
Le Centre d’études et de recherches constitutionnelles, législatives et du droit comparé,
composé de magistrats hors hiérarchie, d’enseignants de droit et de juristes publicistes ayant
au moins dix ans d’expérience professionnelle assiste la Cour.
ACCPUF – BULLETIN N° 13 – AVRIL 2019 299
L'écriture des décisions
En revanche, les juridictions ordinaires que sont : les tribunaux, les cours d’appel,
les chambres provinciales des comptes, la Cour de cassation, le Conseil d’État et la Cour
des comptes sont hiérarchisés et organisés en siège et parquet. Le siège comprend
les formations de jugement et les cabinets d’instruction.
Le siège et le parquet sont assistés d’un greffe et d’un secrétariat de parquet.
Les décisions des juridictions ordinaires font l’objet des recours et ont une autorité limitée
à la chose et aux personnes jugées. Elles ne s’imposent donc pas à tous.
■ Quelles sont les modalités de répartition des saisines ? Qui et comment (critères) est exercée
cette répartition ?
Une fois les requêtes enregistrées au greffe de la Cour constitutionnelle, celles-ci sont
reparties par ordonnance du président de la Cour constitutionnelle, de manière rotative
et selon la disponibilité des juges.
■ Mis à part les membres (juges) de votre institution, combien de services et d’agents de votre Cour
participent à la confection des décisions ?
Mis à part les neuf membres de l’Institution, les assistants à la Cour constitutionnelle
et les greffiers de la Cour participent à la confection de la décision.
■ Quels sont les actes préparatoires aux décisions ? Comment sont-ils élaborés ?
Les actes préparatoires aux décisions sont :
– l’ordonnance du président de la Cour constitutionnelle portant désignation du ou des juges
rapporteurs préparée par le Greffe et signée du président de la Cour constitutionnelle ;
– les actes d’instruction à savoir : les procès-verbaux d’audition, rédigés par le greffier et
signés par le juge rapporteur et le greffier, après lecture faite aux parties auditionnées ;
– l’ordonnance du président de la Cour constitutionnelle portant désignation de l’expert,
préparée par le greffier s’il y a lieu ;
– le procès-verbal de transport sur les lieux établi par le greffier le cas échéant, s’il y a lieu ;
– le procès-verbal d’audition d’huissier ou le constat d’huissier ;
– les écritures des parties ;
– le rapport établi par le juge rapporteur à la fin de l’instruction ;
– la décision avant dire droit de la Cour constitutionnelle, le cas échéant ;
– les conclusions du commissaire à la loi en cas du contentieux électoral.
■ Y a-t-il adéquation entre les missions et l’organisation interne de la Cour ? À défaut, pouvez-vous
en identifier les causes (manque de moyens humains et/ou matériels, manque de formation
des personnels, isolement de la Cour, gestion du temps etc.) ?
La Constitution et la loi organique sur la Cour constitutionnelle ont prévu des compétences
d’attribution pour la Cour constitutionnelle, dans le cadre de l’exercice de ses compétences.
La loi organique et les autres textes sus visés, permettent à la Cour d’accomplir ses missions.
Outre ces procédures, la Cour dispose du personnel humain à savoir neuf juges, les assistants,
un Greffe, un Centre d’étude et de recherches constitutionnelles, législatives et de droit
comparé, une bibliothèque, du matériel informatique modernes, l’Internet haut débit pour
accomplir ses missions.
La Cour constitutionnelle du Gabon est dotée en outre d’un palais, son siège qui lui permet de
loger tous ses services et toute la logistique et équipement matériel nécessaires.
Il faut souligner par ailleurs que la Cour constitutionnelle qui jouit de l’autonomie de gestion
financière, dispose en son siège d’une agence comptable qui lui permet d’accélérer ses
procédures ou engagements financiers.
300 ACCPUF – BULLETIN N° 13 – AVRIL 2019
RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE
Réponses au questionnaire
En conclusion, il y a une totale adéquation entre les missions confiées à la Cour
constitutionnelle et son organisation interne.
Cependant, il y a lieu de relevé un besoin dans le renforcement de capacité de certains
agents.
■ Merci de joindre un schéma du circuit interne de traitement des saisines et de prise de décision,
indiquant aussi la chronologie.
Enregistrement de la requête au Greffe de la Cour constitutionnelle Désignation
par ordonnance du président de la Cour constitutionnelle du ou des juges rapporteurs
Désignation par ordonnance du président de la Cour constitutionnelle du commissaire
à la loi en cas de contentieux électoral Instruction de l’affaire par le juge rapporteur
assisté d’un greffier Lecture du rapport par le juge rapporteur en audience publique
en matière électorale et en plénière dans les procédures autres qu’en matière électorale
Conclusions du commissaire à la Loi en audience publique en cas de contentieux électoral
Délibération des juges constitutionnels Rédaction du projet de décision Lecture
et correction du projet de décision en plénière Rédaction de la décision Lecture de la
décision en audience publique en cas de contentieux électoral et en plénière dans les autres
matières Signature de la décision par le président de la Cour constitutionnelle et par le
greffier Notification de la décision aux autorités compétentes et aux parties Publication
de la décision au Journal officiel ou dans un journal d’annonces légales.
■ Merci de préciser si l’élaboration de la décision diffère selon :
– l’objet du recours (conflit de compétences, question de validité, protection des droits, contentieux
électoral etc.),
– la nature du contentieux (abstrait/concret etc.),
– le moment de la saisine (a priori/a posteriori),
– la qualité du saisissant (autorité publique, individu etc.).
Selon l’objet du recours, on note une légère différence dans l’élaboration de la décision.
S’agissant de l’objet du recours ainsi que le retrace le schéma ci-dessus, les conflits
de compétence, les questions de validité et autres sont examinées en principe en plénière
sauf appréciation contraire du président de l’Institution.
En revanche l’examen du contentieux électoral s’effectue en audience publique.
Par rapport au moment de la saisine, il y a là aussi une légère différence entre la saisine
a priori et la saisine a postériori en ce que dans la saisine a postériori la procédure
commence non pas au Greffe de la Cour constitutionnelle comme en cas de saisine a priori,
mais plutôt avec le juge ordinaire devant lequel l’exception d’inconstitutionnalité est
soulevée.
II. Processus décisionnel
■ Chaque affaire donne-t-elle lieu à la désignation d’un rapporteur ? Par qui est-elle faite ?
Son nom est-il diffusé ?
Chaque affaire donne effectivement lieu à la désignation d’un ou de plusieurs rapporteurs
choisis parmi les juges constitutionnels hormis son président, lesquels sont assistés d’un ou
de plusieurs rapporteurs adjoints choisis parmi les assistants à la Cour constitutionnelle.
La désignation du juge rapporteur et du rapporteur adjoint relève de la compétence
du président de la Cour constitutionnelle. Dans tous les cas leurs noms ne figurent
dans aucune décision.
ACCPUF – BULLETIN N° 13 – AVRIL 2019 301
L'écriture des décisions
■ Ce rapporteur coordonne-t-il entre les membres un travail collectif ou effectue-t-il un travail individuel ?
Le rapporteur instruit individuellement le dossier et fait état de son rapport aux autres
membres. En cas d’insuffisance d’informations pour la manifestation de la vérité, le président
de l’Institution peut alors décider de l’audition en plénière ou renvoyer le juge à approfondir
l’instruction.
■ Quel est le rôle du juge rapporteur dans l’élaboration de la décision ?
Le rôle du juge rapporteur est globalement celui de mener l’instruction de l’affaire en vue
de la manifestation de la vérité. À cet effet, il instruit à charge et à décharge. Il doit
se conformer aux procédures prévues par la loi organique sur la Cour constitutionnelle,
le règlement de procédure de la Cour constitutionnelle et toutes les autres normes qui en
font état. Il met à la disposition des autres juges les textes de lois en rapport avec la question
posée. À la fin de l’instruction, il rédige un rapport qu’il présente aux autres juges. Il prend
part à la délibération.
■ Par qui et comment est élaboré le projet de décision ? À quel moment est-il élaboré ?
Quelles sont les pratiques de votre Cour sur ce point ?
À la Cour constitutionnelle de la République gabonaise, c’est le juge rapporteur qui prépare
le projet de décision dans l’affaire qui lui a été confiée. Ce projet de décision est élaboré
par le juge rapporteur après avoir soumis en plénière aux autres juges le rapport approuvé
par les juges après délibération. Avant la signature et la notification, la décision est soumise
à une dernière lecture en plénière.
■ Dans quelle mesure le personnel administratif est-il associé aux travaux du/des membres (juges)
et à la mise en forme de la décision ? Précisez la contribution de chaque service.
Le personnel administratif n’est pas associé aux travaux des membres et à la mise en forme
de la décision.
Toutefois, en cas d’affluence, les secrétaires particuliers des juges peuvent prendre part
à la saisie des décisions.
La bibliothèque met à la disposition des juges la documentation nécessaire à la prise
des décisions.
Le Greffe qui assiste la Cour sert aussi d’intermédiaire entre celle-ci et les parties.
Les cabinets des membres participent à la mise en forme des décisions.
■ Le projet de décision est-il communiqué aux membres avant la séance ? En discutent-ils ?
Des contre-projets sont-ils fréquents ?
Le juge rapporteur ne communique pas aux autres juges constitutionnels le projet de décision
avant la séance. Il le leur communique lors de la délibération, il fait l’objet de discussion.
Par contre, il n’est pas proposé de contre-projets.
■ Les membres (juges) disposent-ils d’assistants ou de référendaires pour l’élaboration ou la discussion
du projet de décision ? Quel est leur nombre ? Quelles sont leurs modalités de recrutement ?
Quel est leur rôle ?
Dans l’instruction des affaires, les juges constitutionnels disposent d’assistants désignés parmi
les juristes nommés au Centre d’études et de recherches constitutionnelles, législatives
et de droit comparé. Ils sont pour l’heure au nombre de dix.
Selon les dispositions de l’article 17a de la loi organique sur la Cour constitutionnelle,
les assistants sont recrutés soit parmi les magistrats hors hiérarchie, soit parmi les professeurs
302 ACCPUF – BULLETIN N° 13 – AVRIL 2019
RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE
Réponses au questionnaire
de droit. Leur rôle est d’aider les juges constitutionnels dans leurs missions. À cet égard,
les assistants à la Cour constitutionnelle sont assujettis aux mêmes obligations
que les juges constitutionnels. Ils prêtent serment avant leur entrée en fonction
devant la Cour constitutionnelle.
■ Existe-t-il différentes formations de jugement au sein de la Cour ? Merci de préciser leur composition
et les modalités de répartition des affaires.
Il n’existe pas différentes formations de jugement au sein de la Cour constitutionnelle
gabonaise. La Cour constitutionnelle de la République gabonaise siège en une formation
unique de jugement de neuf membres.
■ Cette répartition peut-elle avoir une incidence sur la rédaction de la décision ?
Non.
■ Comment se déroule le délibéré (examen global, examen de chaque considérant,
proposition de rédaction alternative etc.) ?
Le rapport du juge rapporteur comprend deux parties :
L’exposé des faits et l’analyse des moyens de droit. Pendant les délibérations,
le juge rapporteur, après avoir rappelé les faits et les prétentions des parties, soumet
aux autres membres les points de droit qu’il a soulevés dans son rapport.
Les autres juges ainsi que le rapporteur à qui la parole est donnée en premier, au vu
des déclarations des parties et des pièces produites au dossier, discutent et se prononcent
sur chaque point de droit à trancher. Lorsque les avis convergent, autorisation est donnée
au rapporteur pour la rédaction du projet de décision.
Lorsque les avis divergent la discussion peut donner lieu à un vote. Il est à souligner
qu’au cours des délibérations, l’abstention n’est pas admise et les opinions dissidentes ne sont
pas rapportées dans la décision.
Au moment de l’examen du projet de décision, c’est chaque considérant qui est examiné
et si possible corrigé et reformulé en plénière.
■ Hormis les membres, qui est présent lors du délibéré ? Certains personnels de la Cour y assistent-ils ?
Seuls les juges constitutionnels délibèrent sur les affaires soumises à la Cour.
■ Comment la décision est-elle prise (vote à bulletin secret, à main levée, consensus etc.) ?
Généralement les décisions sont prises à l’unanimité. Mais il arrive que les membres
recourent au vote à bulletin secret ou à main levée. Le président de la Cour constitutionnelle
n’a pas de voix prépondérante.
■ De fait, la décision adoptée est-elle souvent différente du projet de décision proposé ?
Dans la mesure où le projet de décision est soumis à la Cour après examen des points de droit
à trancher et prise des décisions, celui-ci est toujours conforme à la décision.
■ Y a-t-il un procès-verbal de la séance ? Par qui est-il fait ? Est-il communicable ?
Si non, combien de temps est-il secret ?
Il n’y a pas à la Cour constitutionnelle du Gabon un procès-verbal sanctionnant
les délibérations. Toutefois, la Cour constitutionnelle, en tant que juridiction, dispose d’un
plumitif tenu à son Greffe dans lequel les greffiers audienciers mentionnent les conclusions
des débats des juges lors des audiences. Ce plumitif n’est pas communicable aux tiers.
ACCPUF – BULLETIN N° 13 – AVRIL 2019 303
L'écriture des décisions
III. Méthodes rédactionnelles
■ Sous quelle structure/forme est rédigée la décision ? Distinguer, le cas échéant, selon les chefs
de compétence de la Cour.
Quel que soit le domaine de compétence, la décision obéit à la structure classique :
visa, considérant et dispositif.
■ Avez-vous des standards de rédaction ? Des formules types ? Existe-t-il un guide pratique interne ?
Non. Il n’existe pas à proprement parler de standard de rédaction, pas plus qu’il n’existe de guide
pratique interne. Toutefois, dans certaines décisions se rapportant au remplacement des élus
locaux pour causes de décès, de démission ou d’exclusion de leur formation politique ou dans les
cas des dossiers de désistement d’action, il se dégage une forme rédactionnelle quasi identique.
■ Quel style rédactionnel est retenu (style direct, déductif/discursif, conversationnel etc.) ?
Quel est le volume habituel des décisions ?
Le style rédactionnel retenu à la Cour constitutionnelle du Gabon combine le style direct
et déductif.
En moyenne, le volume habituel des décisions tourne autour de dix pages.
■ Tous les actes de procédures et d’instruction (reformulation de la question, requalification,
moyen d’office, audition, demande d’information, etc.) sont-ils mentionnés dans la décision ?
Tous les actes de procédures et d’instruction sont, sans exception, mentionnés
dans la décision.
■ Comment utilisez-vous les visas ? Que figure dans les visas de vos décisions ?
Les visas sont utilisés selon l’ordre de la hiérarchie des normes et en fonction de l’ordre
de parution des textes.
Dans les visas on retrouve la requête, la Constitution, la loi organique sur la Cour
constitutionnelle, d’autres lois organiques, le règlement de procédure de la Cour
constitutionnelle, les lois spéciales, les lois ordinaires, les décrets, les arrêtés, les mémoires
des parties, les pièces utiles au soutien des moyens, les décisions antérieures.
Dans le domaine électoral s’ajoutent la loi portant dispositions communes à toutes
les élections politiques, la loi organique sur l’élection du président de la République,
la loi spéciale sur l’élection du président de la République, la loi organique sur l’élection des
députés, la loi spéciale sur l’élection des députés, la loi organique sur l’élection des sénateurs,
la loi spéciale sur l’élection des sénateurs, la loi spéciale sur l’élection des membres des
conseils départementaux et des conseils municipaux, les conclusions du commissaire à la loi,
la note en délibéré, le cas échéant.
■ La décision mentionne-t-elle ses précédents ? Si non, est-ce en raison d’un rejet de l’autorité
des précédents ?
Non. Par principe la Cour ne mentionne pas expressément ses précédents. En effet,
pour la Cour, chaque affaire doit être examinée sur la base des dispositions légales
et non en référence systématique à sa jurisprudence.
■ La décision mentionne-t-elle des références à la jurisprudence de cours étrangères ?
Si oui, dans quelles circonstances ? Quelle est la méthodologie retenue ?
Non.
304 ACCPUF – BULLETIN N° 13 – AVRIL 2019
RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE
Réponses au questionnaire
■ La décision mentionne-t-elle des références à la jurisprudence des cours européennes
ou internationales ? Si oui, dans quelles circonstances ? Quelle est la méthodologie retenue ?
Non.
■ La décision mentionne-t-elle des références doctrinales ? Si oui, dans quelles circonstances ?
Quelle est la méthodologie retenue ?
Non.
■ Les noms des membres (juges) présents apparaissent-ils ?
Oui, les noms de tous les membres présents au moment de la délibération sont mentionnés
au bas de la décision, y compris celui du greffier ayant assisté les juges constitutionnels.
■ Le nom du membre (juge) rapporteur est-il mentionné ?
Non, pas en tant que juge rapporteur mais en tant que membre.
■ Quel est le contenu du dispositif ? Le statut du dispositif est-il différent de l’exposé des motifs ?
Le dispositif est la solution au litige à laquelle sont parvenus les juges. C’est le résumé
de l’exposé des motifs. Il fixe de façon claire les parties sur l’issue de leurs prétentions et
l’aboutissement du litige. Par conséquent, il a une valeur supérieure à l’exposé des motifs.
■ Comment la décision est-elle référencée ?
Il y a le numéro du répertoire qui est également celui de la décision, suivi du sigle du Greffe
de la Cour constitutionnelle « GCC » et de la date du jour du rendu de la décision.
■ Merci de joindre un exemple de décision – le cas échéant, un exemple de chaque type de décision
si celui-ci diffère selon la compétence exercée par la Cour.
Deux types de décisions : contrôle de constitutionnalité et contrôle de la régularité
des élections.
Modèle de décision sur le contrôle de constitutionnalité
COUR CONSTITUTIONNELLE RÉPUBLIQUE GABONAISE
Union – Travail – Justice
RÉPERTOIRE N° 022/GCC DU 26 MAI 2015
DÉCISION N° 022/CC DU 26 MAI 2015 RELATIVE AU CONTRÔLE DE
CONSTITUTIONNALITÉ PAR VOIE D’EXCEPTION DES DISPOSITIONS DE L’ARTICLE 383 DE
LA LOI N° 036/2010 DU 25 NOVEMBRE 2010 PORTANT CODE DE PROCÉDURE PÉNALE
AU NOM DU PEUPLE GABONAIS
LA COUR CONSTITUTIONNELLE,
Vu l’arrêt de la Cour d’Appel Judiciaire de Libreville siégeant en matière correctionnelle le
16 janvier 2014, enregistré au Greffe de la Cour le 9 avril 2015, sous le n° 012/GCC, déféré à
la Cour constitutionnelle, dans les conditions prévues aux articles 86 de la Constitution, 45 et
46 de la Loi Organique sur la Cour constitutionnelle, par lequel ladite juridiction a ordonné
un sursis à statuer jusqu’à droit connu sur l’exception préjudicielle d’inconstitutionnalité
soulevée par Maître Bertrand HOMA MOUSSAVOU, Avocat au Barreau du Gabon,
ACCPUF – BULLETIN N° 13 – AVRIL 2019 305
L'écriture des décisions
Conseil de Monsieur Edgard OMOUALAH, contre les dispositions de l’article 383 de la loi
n° 036/2010 du 25 novembre 2010 portant Code de Procédure Pénale ;
Vu la Constitution ;
Vu la Loi Organique n° 9/91 du 25 septembre 1991 sur la Cour constitutionnelle, modifiée
par la Loi Organique n° 009/2011 du 25 septembre 2011 ;
Vu la loi n° 036/2010 du 25 novembre 2010 portant code de procédure pénale ;
Vu la décision Avant-Dire-Droit n° 019 bis/CC du 5 mai 2015 ;
Le Rapporteur ayant été entendu
1- Considérant que par arrêt susvisé, la Cour d’Appel Judiciaire de Libreville a saisi la Cour
constitutionnelle, dans les conditions prévues aux articles 86 de la Constitution, 45 et 46 de
la Loi Organique sur la Cour constitutionnelle, en vue de statuer sur l’exception préjudicielle
d’inconstitutionnalité soulevée par Maître Bertrand HOMA MOUSSAVOU, Avocat au Barreau
du Gabon, Conseil de Monsieur Edgard OMOUALAH, à l’encontre des dispositions de l’article
383 de la loi n° 036/2010 du 25 novembre 2010 portant Code de Procédure Pénale;
2- Considérant que Maître Bertrand HOMA MOUSSAVOU fait valoir que dans un jugement
rendu le 15 juin 2011, le Tribunal correctionnel de Libreville déclarait Monsieur Claude
SOMAND non coupable du délit de diffamation, l’en relaxait purement et simplement,
se déclarait incompétent à statuer sur les intérêts civils sollicités par Monsieur Edgard
OMOUALAH et condamnait ce dernier aux dépens ; que non satisfait, Monsieur Edgard
OMOUALAH relevait appel de cette décision par déclaration du 17 juin 2011 ;
3- Considérant que Maître Bertrand HOMA MOUSSAVOU explique que le 21 novembre
2013, jour de l’audience devant la Chambre correctionnelle de la Cour d’Appel, en présence
de toutes les parties, alors que Monsieur Edgard OMOUALAH entendait discuter à nouveau
de l’accusation selon laquelle il aurait détourné les honoraires de Monsieur Claude
SOMAND, s’élevant à la somme de 48 000 000 Frs CFA, le président d’audience lui opposait
les dispositions de l’article 383 du code de procédure pénale, aux termes desquelles devant
la Cour d’Appel la partie civile ne discute que des intérêts civils ;
4- Considérant que selon Maître Bertrand HOMA MOUSSAVOU, son client ne pouvant
discuter du délit de diffamation pour lequel il a attrait Monsieur Claude SOMAND devant
le Tribunal correctionnel de Libreville, il estime l’article 383 du Code de Procédure Pénale
inconstitutionnel en ce qu’il viole les droits de la défense prévus à l’article premier
de la Constitution en limitant le champ d’intervention de la partie civile ;
Sur le moyen unique tiré de l’inconstitutionnalité de l’article 383 de la loi n° 036/2010
du 25 novembre 2010 portant code de procédure pénale
5- Considérant que l’article 383 du code de procédure pénale dispose, entre autres,
« L’appel est porté devant la Cour d’Appel.
La faculté d’appeler appartient :
– au prévenu ;
– au civilement responsable ;
– à la partie civile, même en cas de relaxe et à défaut de tout autre appelant,
quant à ses intérêts civils seulement ;
– à l’assureur ;
– au Procureur de la République ;
– aux administrations, dans le cas où elles exercent l’action publique ;
– au Procureur Général près la Cour d’Appel Judiciaire. » ;
6- Considérant que par ces dispositions, le législateur a entendu, premièrement, procéder à
la détermination des personnes pouvant relever appel d’une décision rendue par le Tribunal
correctionnel, avant, deuxièmement, de préciser l’étendue des pouvoirs de chacune d’elles ;
306 ACCPUF – BULLETIN N° 13 – AVRIL 2019
RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE
Réponses au questionnaire
qu’ainsi, le Ministère public, le prévenu tout comme la partie civile disposent du droit
d’exercer un recours contre les décisions correctionnelles ; que cependant, l’appel interjeté
soit par le Ministère public, soit par le prévenu conduit la Cour d’Appel à se prononcer aussi
bien sur l’action publique que sur l’action civile ; qu’en revanche, le troisième tiret de l’alinéa
2 de l’article 383 incriminé, induit que le recours intenté uniquement par la partie civile,
c’est-à-dire sans que le Ministère Public ne se soit joint à l’action, limite l’intervention de
cette dernière à la seule remise en cause des intérêts civils, l’action publique étant considérée
dans ce cas comme revêtue de l’autorité de chose jugée ;
7- Considérant qu’il convient toutefois de relever que l’appel de la partie civile contre
un jugement de relaxe, lui offre par cette occasion l’opportunité de démontrer que
contrairement à ce qu’a retenu le premier juge, l’infraction est bien constituée et de solliciter
par voie de conséquence qu’il soit à nouveau statué sur son droit à réparation ; qu’en tout
état de cause la Cour d’Appel, en tant que juge des faits, a l’obligation de les apprécier
dans leur totalité en vue de condamner, s’il y a lieu, le prévenu relaxé à des dommages et
intérêts ;
8- Considérant qu’il résulte de toutes ces analyses que le membre de phrase du troisième
tiret de l’alinéa 2 de l’article 383 précité, ainsi libellé : « quant à ses intérêts civils seulement »,
viole les dispositions de l’article 1er, quatrièmement, de la Constitution, en tant qu’il restreint
les droits de l’appelant, partie civile, à l’évocation des seuls intérêts civils ;
9- Considérant que les dispositions ainsi censurées de l’article 383 du Code de Procédure
Pénale sont séparables de l’ensemble dudit article.
DÉCIDE
Article premier : Les dispositions suivantes du troisième tiret de l’alinéa 2 de l’article 383
de la loi n° 036/2010 du 25 novembre 2010 portant Code de Procédure Pénale, à savoir :
« quant à ses intérêts civils seulement », sont contraires à la Constitution.
Article 2 : Les dispositions ainsi censurées sont séparables de l’ensemble du texte.
Article 3 : La présente décision sera notifiée aux parties, au président de la Cour d’Appel
Judiciaire de Libreville, au président de la République, au Premier Ministre, au président
du Senat, au président de l’Assemblée Nationale et publiée au Journal Officiel de la
République Gabonaise ou dans un journal d’annonces légales.
Ainsi délibéré et décidé par la Cour constitutionnelle en sa séance du vingt-six mai deux mil
quinze, où siégeaient :
Madame Marie Madeleine MBORANTSUO, président,
M. Hervé MOUTSINGA,
Madame Louise ANGUE,
M. Christian BAPTISTE QUENTIN ROGOMBE,
M. François de Paul ADIWA-ANTONY,
M. Jacques LEBAMA,
Madame Afriquita Dolorès AGONDJO, Membres, assistés de Maître Nosthène NGUINDA,
Greffier en Chef
Et ont signé, le président et le Greffier en Chef./-
ACCPUF – BULLETIN N° 13 – AVRIL 2019 307
L'écriture des décisions
Modèle de décision sur le contrôle de la régularité de l’élection
COUR CONSTITUTIONNELLE
RÉPUBLIQUE GABONAISE
Union –Travail– Justice
RÉPERTOIRE N° 206/GCC DU 8 FÉVRIER 2014
DÉCISION N° 206/CC DU 8 FÉVRIER 2014 RELATIVE À LA REQUÊTE PRÉSENTÉE
PAR MONSIEUR PIERRE CLAVER MAGANGA MOUSSAVOU, PRÉSIDENT DU PARTI SOCIAL
DÉMOCRATE, TENDANT À L’ANNULATION DES RÉSULTATS DE L’ÉLECTION
DES MEMBRES DES CONSEILS DÉPARTEMENTAUX ET DES CONSEILS MUNICIPAUX
DU 14 DÉCEMBRE 2013 DANS LA COMMUNE DE MIMONGO, PROVINCE DE LA NGOUNIÉ
AU NOM DU PEUPLE GABONAIS
LA COUR CONSTITUTIONNELLE,
Vu la requête enregistrée au Greffe de la Cour le 3 janvier 2014, sous le n° 187/GCC,
par laquelle Monsieur Pierre Claver MAGANGA MOUSSAVOU, président du Parti Social
Démocrate, demeurant à Libreville, Boîte Postale 4.227, a saisi la Cour constitutionnelle
aux fins d’annulation des résultats obtenus par la liste de candidatures du Parti Démocratique
Gabonais, conduite par Monsieur Alfred Edmond NZIENGUI MADOUNGOU à l’élection
des membres des conseils départementaux et des conseils municipaux du 14 décembre
2013 dans la Commune de Mimongo, Province de la Ngounié, élection à l’issue de laquelle
9 candidats sur ladite liste, dont il cite les noms, ont été déclarés élus ;
Vu le mémoire en réplique enregistré au Greffe de la Cour le 9 janvier 2014, présenté
par Maîtres Francis NKEA NDZIGUE et Haymard Mayinou MOUTSINGA, Avocats au Barreau
du Gabon, agissant pour le compte de Monsieur Alfred Edmond NZIENGUI MADOUNGOU ;
Vu le mémoire en duplique enregistré au Greffe de la Cour le 1er février 2014, présenté
Monsieur Pierre Claver MAGANGA MOUSSAVOU ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu les conclusions du Commissaire à la Loi ;
Vu la Constitution ;
Vu la Loi Organique n° 9/91 du 26 septembre 1991 sur la Cour constitutionnelle, modifiée par
la Loi Organique n° 009/2011 du 25 septembre 2011 ;
Vu le Règlement de Procédure de la Cour constitutionnelle n° 035/CC/06
du 10 novembre 2006 ;
Vu la loi n° 7/96 du 12 mars 1996 portant dispositions communes à toutes les élections
politiques, modifiée par la loi n°007/2013 du 22 juillet 2013 ;
Vu la loi n° 19/96 du 15 avril 1996 relative à l’élection des membres des conseils
départementaux et des conseils municipaux ;
Le Rapporteur ayant été entendu
1- Considérant que par requête susvisée, Monsieur Pierre Claver MAGANGA MOUSSAVOU,
président du Parti Social Démocrate, demeurant à Libreville, Boîte Postale 4.227, a saisi la
Cour constitutionnelle aux fins d’annulation des résultats obtenus par la liste de candidatures
du Parti Démocratique Gabonais, conduite par Monsieur Alfred Edmond NZIENGUI
MADOUNGOU à l’élection des membres des conseils départementaux et des conseils
municipaux du 14 décembre 2013 dans la Commune de Mimongo, Province de la Ngounié,
élection à l’issue de laquelle 9 candidats sur ladite liste, dont il cite les noms, ont été déclarés
élus ;
308 ACCPUF – BULLETIN N° 13 – AVRIL 2019
RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE
Réponses au questionnaire
2- Considérant qu’au soutien de sa requête, Monsieur Pierre Claver MAGANGA MOUSSAVOU
expose que le scrutin du 14 décembre 2013 dans la Commune de Mimongo a été entaché
de deux irrégularités flagrantes, à savoir la participation à la propagande électorale d’un chef
de quartier ainsi que la délivrance et l’usage de procurations irrégulières ;
3- Considérant, s’agissant de la participation à la propagande électorale d’un chef
de quartier, que Monsieur Pierre Claver MAGANGA MOUSSAVOU allègue que Monsieur
Célestin MABIALA, chef du quartier Ivélé 1, autorité administrative tenue à la neutralité,
a pris publiquement la parole au cours d’une réunion de propagande électorale du Parti
Démocratique Gabonais et a remis certains attributs au candidat tête de la liste dudit
parti politique, Monsieur Alfred Edmond NZIENGUI MADOUNGOU ; qu’il affirme qu’en
s’impliquant comme il l’a fait à la propagande électorale du Parti Démocratique Gabonais,
ledit chef de quartier a, non seulement faussé les résultats du scrutin d’une manière
déterminante en faveur de la liste du Parti Démocratique Gabonais, mais encore violé
manifestement les dispositions de l’article 129 de la loi n° 7/96 du 12 mars 1996 portant
dispositions communes à toutes les élections politiques, modifiée, susvisée ;
4- Considérant, concernant la délivrance et l’usage de procurations irrégulières, que
Monsieur Pierre Claver MAGANGA MOUSSAVOU avance que plusieurs procurations délivrées
par le président de la Commission Electorale Départementale de l’Ogoulou ne portaient que sa
seule signature et non, comme l’exige la loi, les contreseings des vice-présidents représentant
l’Opposition et la Majorité au sein de ladite Commission ; que malgré les observations à lui
faites par les présidents des bureaux de vote, notamment celui du bureau de vote n° 1
de l’École publique B de Mimongo, sur l’absence des signatures des deux vice-présidents,
le président de la Commission a, au mépris des prescriptions de la loi en la matière, intimé
l’ordre auxdits présidents d’accepter les procurations signées de lui seul le 14 décembre 2013,
c’est-à-dire le jour même du vote ;
5- Considérant qu’en réaction à cette requête, Monsieur Alfred Edmond NZIENGUI
MADOUNGOU conclut au rejet de celle-ci, les moyens invoqués n’étant pas pertinents ;
Sur le moyen tiré de la participation à la propagande électorale d’un chef de quartier
6- Considérant que Monsieur Pierre Claver MAGANGA MOUSSAVOU allègue que Monsieur
Célestin MABIALA, chef du quartier Ivélé 1, autorité administrative tenue à la neutralité,
a pris publiquement la parole au cours d’une réunion de propagande électorale du Parti
Démocratique Gabonais et a remis certains attributs au candidat tête de la liste dudit parti
politique, Monsieur Alfred Edmond NZIENGUI MADOUNGOU ;
7- Considérant qu’aux termes des dispositions des articles 2, 7 et 12 de la loi n° 14/96
du 15 avril 1996 portant réorganisation territoriale de la République Gabonaise, sont
des circonscriptions administratives, la Province, le Département et le District ; que par
conséquent, constituent des autorités administratives les personnes placées à la tête de
ces localités, à savoir le Gouverneur, le Préfet et le Sous-préfet ;
8- Considérant, par ailleurs, que selon les dispositions des articles 2 et 3 du décret n° 724/
PR/MI du 29 juin 1998 fixant les attributions, pouvoirs et avantages des personnels et
auxiliaires de commandement, constituent des auxiliaires de commandement les chefs
de canton, les chefs de regroupement de villages et les chefs de village ; que les dispositions
de l’article 39 de la même loi énoncent que les personnels et auxiliaires de commandement
sont tenus au respect de la neutralité de l’administration ;
9- Considérant, en revanche, que les chefs de quartier, en tant qu’ils sont des auxiliaires
des municipalités, nommés par des Maires, lesquels sont des acteurs politiques, ne sont
pas tenus aux mêmes obligations que celles auxquelles sont assujettis les auxiliaires
de commandement ; que le moyen est inopérant ;
ACCPUF – BULLETIN N° 13 – AVRIL 2019 309
L'écriture des décisions
Sur le moyen tiré de la délivrance et de l’usage de procurations irrégulières
10- Considérant que Monsieur Pierre Claver MAGANGA MOUSSAVOU prétend que plusieurs
procurations délivrées par le président de la Commission Electorale Départementale de
l’Ogoulou ne portaient que sa seule signature et non, comme l’exige la loi, les contreseings
des vice-présidents représentant l’Opposition et la Majorité au sein de ladite Commission ; que
malgré les protestations des présidents des bureaux de vote demandant que ces procurations
ne soient pas prises en compte, le président de la Commission leur a intimé l’ordre
de les accepter ;
11- Considérant que le président de la Commission Electorale Départementale de l’Ogoulou
reconnaît avoir signé les procurations incriminées ; qu’il déclare les avoir gardées par devers
lui, attendant d’obtenir les contreseings des deux vice-présidents représentant l’Opposition
et la Majorité absents au moment de leur émission ; qu’ayant été informé de la suspension
des opérations de vote dans tous les bureaux de vote de la Commune, les scrutateurs de
l’Opposition s’insurgeant contre le vote des électeurs munis des procurations ne comportant
que sa seule signature, il s’est aussitôt rendu dans chacun de ces bureaux pour demander aux
scrutateurs de ne pas les accepter; que toutefois, douze électeurs avaient déjà voté au moyen
desdites procurations, selon les informations à lui données par le président du bureau de vote
n° 1 de l’École publique B de Mimongo ; qu’il affirme l’avoir cependant instruit de consigner
dans le procès-verbal qu’il avait demandé que les procurations litigieuses ne soient pas prises
en compte et que les votes exprimés dans ces conditions ne soient pas comptabilisés ;
12- Considérant qu’il ressort de l’examen des procurations versées au dossier que celles-ci
ne sont revêtues que de la signature du seul président de la Commission Electorale
Départementale de l’Ogoulou, alors que pour être régulières, elles doivent nécessairement
comporter les visas du vice-président de la Majorité et celui de l’Opposition ;
que ces procurations irrégulières ont été distribuées et ont servi dans les bureaux de vote
de la Commune de Mimongo ; que ne pouvant déterminer l’ampleur des votes émis
dans ces conditions, l’usage de ces procurations a nécessairement altéré la sincérité
du scrutin ;
qu’en conséquence, il y a lieu d’annuler les résultats du scrutin du 14 décembre 2013
dans la circonscription électorale de la Commune de Mimongo.
DÉCIDE
Article premier : Les résultats du scrutin du 14 décembre 2013 dans la circonscription
électorale de la Commune de Mimongo sont annulés.
Article 2 : La présente décision sera notifiée aux parties, au président de la République,
au Premier Ministre, au président du Sénat, au président de l’Assemblée Nationale,
communiquée au Ministre chargé de l’Intérieur, au président de la Commission Électorale
Nationale Autonome et Permanente et publiée au Journal Officiel de la République Gabonaise
ou dans un Journal d’annonces légales.
Ainsi délibéré et décidé par la Cour constitutionnelle en sa séance du huit février
deux mil quatorze, où siégeaient :
Madame Marie Madeleine MBORANTSUO, président ;
Monsieur Hervé MOUTSINGA ;
Madame Louise ANGUE ;
Monsieur Christian BAPTISTE QUENTIN ROGOMBE ;
Madame Claudine MENVOULA ME NZE ép. ADJEMBIMANDE ;
Monsieur Christian BIGNOUMBA FERNANDES ;
Monsieur Jacques LEBAMA ;
Madame Afriquita Dolorès AGONDJO, Membres,
310 ACCPUF – BULLETIN N° 13 – AVRIL 2019
RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE
Réponses au questionnaire
Monsieur François de Paul ADIWA-ANTONY, Commissaire à la Loi, assistés de Maître
Nosthène NGUINDA, Greffier en Chef.
Et ont signé, le président et le Greffier en Chef. /-
IV. Techniques de motivation des décisions
■ Comment la rédaction de la décision fait-elle ressortir les techniques de contrôle exercées ?
Merci d’illustrer par des exemples de formulation.
La rédaction de la décision fait ressortir les techniques de contrôle exercé à travers
les réserves d’interprétation. Ces réserves d’interprétations sont contenues de façon claire
dans les dispositifs de la décision. Il peut s’agir des réserves d’interprétation constructive
ou des réserves d’interprétation neutralisante.
Décision n° 006/93/CC du 5 mars 1993 relative au contrôle de constitutionnalité de la loi
organique n° 1/93 fixant la compétence, l’organisation et le fonctionnement de la Cour
suprême. La Cour a décidé dans son rendu, à l’article 2, que sous réserve de la formulation
ci-après : « la Cour Suprême est plus haute juridiction de droit commun en matière judiciaire,
administrative et des comptes, le premier alinéa de l’article 2 n’est pas contraire
à la Constitution ».
Décision n° 018/93/CC du 27 octobre 1993 relative au contrôle de Constitutionnalité de la loi
organique n° 15/93 relative à la Haute Cour de justice.
La Cour, dans cette décision, dira : « sont déclarés conformes à la Constitution, sous réserve
d’en distraire les dispositions se rapportant au « mandat » et « aux membres suppléants »,
les articles 8, 10, 11 et 15 ; ».
■ Comment la rédaction de la décision fait-elle ressortir les différents degrés (intensité) de contrôle
exercés (Par ex. restreint, normal, proportionnalité etc.) ? Merci d’illustrer par des exemples
de formulation.
■ Le contenu de la décision reflète-t-il tous les éléments pris en compte pour décider ?
Oui, le contenu de la décision reflète tous les éléments pris en compte pour décider même
lorsqu’il s’agit d’un principe à valeur constitutionnelle que le juge tire des dispositions
clairement énoncées dans la Constitution.
■ La Cour utilise-t-elle des motivations par renvoi ?
Non la Cour motive expressément et de façon intégrale les solutions qu’elle retient
dans les décisions qu’elle rend.
■ La mise en œuvre de certains pouvoirs du juge est-elle spécifiquement motivée (pouvoir d’interprétation,
pouvoir d’injonction aux destinataires de la décision, pouvoir de modulation des effets dans le temps
de la décision etc.) ?
Non.
■ Le renforcement de la motivation des décisions est-il perçu comme un impératif par la Cour ?
Quelles évolutions/pratiques la Cour a-t-elle pu adopter en ce sens ? Quelle sont celles actuellement
étudiées ou en cours de réflexion ?
Oui, la motivation des décisions est perçue par la Cour constitutionnelle gabonaise comme
une nécessité impérieuse. Mieux, en matière de contentieux électoral, la motivation
ACCPUF – BULLETIN N° 13 – AVRIL 2019 311
L'écriture des décisions
de décision est d’autant plus justifiée en raison de la sensibilité de cette matière
et des passions qu’elle engendre.
■ Votre Cour publie-t-elle les résultats des votes du délibéré ? Admet-elle des opinions dissidentes
ou séparées ?
Non, la délibération étant secrète, la Cour constitutionnelle du Gabon ne publie pas
les résultats des votes du délibéré. De même, la technique des opinions dissidentes
ou séparées n’est pas admise en son sein.
■ Par qui et comment sont élaborés les supports de communication accompagnant la décision
(commentaires, communiqué, traduction, entretien presse etc.) ?
Par les juges constitutionnels eux-mêmes, par voie écrite (communiqué) ou par voie orale
(communication, conférence de presse) ou par les observations écrites qui accompagnent
la décision.
■ Les autorités d’application ont-elles pu rencontrer des difficultés d’interprétation d’une décision
de la Cour ? Merci de l’illustrer par un ou plusieurs cas significatifs.
Non.
■ Dans cette hypothèse, existe-t-il une procédure d’interprétation par la Cour de ses propres décisions ?
Cette situation s’est-elle produite ? Merci de l’expliquer.
Non.
V. Avez-vous des observations particulières ou des points spécifiques
que vous souhaiteriez évoquer ?
Non.
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