0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
37 vues14 pages

Les Sols Au Nord de La Gambie Britannique.: Séni Gal

Le document traite des sols du Sénégal, en se concentrant sur les régions au nord de la Gambie britannique, caractérisées par un climat tropical avec des saisons alternées. Il décrit les types de sols, leur formation, ainsi que les facteurs climatiques et géologiques influençant leur évolution, notamment le lessivage et la texture sableuse. La végétation et les différents types de sols, tels que les sols gris et bruns, sont également abordés, soulignant leur diversité et leur interaction avec le climat.

Transféré par

sekou141085
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
37 vues14 pages

Les Sols Au Nord de La Gambie Britannique.: Séni Gal

Le document traite des sols du Sénégal, en se concentrant sur les régions au nord de la Gambie britannique, caractérisées par un climat tropical avec des saisons alternées. Il décrit les types de sols, leur formation, ainsi que les facteurs climatiques et géologiques influençant leur évolution, notamment le lessivage et la texture sableuse. La végétation et les différents types de sols, tels que les sols gris et bruns, sont également abordés, soulignant leur diversité et leur interaction avec le climat.

Transféré par

sekou141085
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

LES SOLS ‘DU SÉNI~GAL

Au nord de la Gambie britannique.


Par G. AUBERTet R. MAIGNIEN.
Ofice de la Recherche scientifique coloniale.

Ne possédant sur les sols de l’Est et du Sud-Est du Sénégal (région


au long du Sénégal et de la Falémé et cercle de Kédougou) ainsi que
sur ceux de Casamance que des résultats analytiques trop restreints,
nous nous bornerons à n’étudier, du point de vue de leur formation et
de leur évolution, que les sols des régions situées au Nord de la Gambie
britannique? en nous limitant, à l’Est, à un peu au delà de la ligne Balie1
-Goudiry. Les sols de la limite orientale de la colonie du Sénégal ont
un caractère nettement soudanien et ne se rattachent guère à ceux du
reste du Sénégal. Par contre, nous empiétrons quelque peu sur la région
’ sud-occidentale de la Mauritanie.

CARACTÈRES ESSENTIELS DES PRINCIPAUX FACTEURS D’I~VOLUTION


.DES S O L S - L E CLIMAT (1).
La région étudiée est soumise à un climat tropical à saisons alter-
nantes, semi-aride dans le Nord, semi-humide dans le Sud.
La pluviométrie est comprise entre 75 et 250 mm par an auNord
du Sénégal. De l’ordre de 300 à 450 mm par an, elle est répartie sur
quatre mois dans la vallée du Sénégal. Elle l’est sur six mois et atteint
800 mm à 1.100 mm, suivant les points, au long de la Gambie. Sur six
à huit mois, suivant’ les zones, s’étend une longue saison sèche très
chaude.
La température reste toujours élevée. La zone est comprise entre
les isothermes annuels de 290 au Nord et à l’Est et de 270 au Sud et 250
à l’Ouest.
Dans la partie septentrionale, les maxima moyens mensuels passent de
250 à 300, suivant les poiiits en janvier, à 30-400 en juillet; dans la partie
méridionale, de 28-300 en janvier, à 33-400 en mai. Les températures
extrêmes peuvent atteindre 47 à 490 (Koalack, Tambacounda, Linguére,
Bake1 et Atar).

(1)Les sols ont été prospectés lors de l’exécution d’une mission pour I’étude des sols à ara
chides, dont faisait partie aussi J. UIJBOIS,de la Station expérimentale de l’arachide à Bamhey,
et avec la collaboration du personnel du Service de l’Agriculture au Sénégal.

~ R, s. a. M- .
R É U N I O N S E,N AFRIQUE D U N O R D 359
Les vents sont surtout violents pendant la saison sèche. Ils domi-
nent alors de l’est et du nord-est. Pendant l’hivernage, ils viennent
du sud-ouest.
Les zones climatiques distinguées par les géographes dans cette
région sont, à part la bande littorale de Bathurst au sud de Saint-Louis,
à peu près parallèles entre elles et horizontales. Suivant E. D E MAR-
TONNE, il ne s’agit que d’un type climatique, dit Sénégalien. H. HUBERT,
divise, au contraire, toute cette région en zones Sahéliennc Sud et
Soudanienne Nord; une bande littorale étroite appartenant au climat
subcanarien Sud (2).

LES ROCHES (3).


Mis à part quelques pointements basaltiques que nous n’avons pas
étudiés, presque toute cette région est recouverte par un manteau
sableux plus ou moins épais.
Le littoral de Dakar au nord de Saint-Louis est. occupé par des dunes
. actuelles. Celles que l’on observe, surtout dans la zone nord, plus à l’est
ont été fixées par la végétation. Certaines redeviennent mobiles à la
suite d’une destruction de cette végétation et d’une culture trop intense.
.
A l’est et au sud de la voie ferrée Dakar-Thies-Louga - et même
déjà un peu à l’ouest de ce’tte ligne, dans la région Thies-Mel&é-
Kébémer, - le recouvrement sableux qui se continue à travers tout
le pays n’a plus cet aspect dunaire que par places .et il n’est souvent que
peu épais. I1 recouvre alors soit les formations eocéenes ou les couches
de passage du Crétacé, soit le grès argileux du miopliocène.
Les premières affleurent par places, soit en simples taches au milieu
des sables, soit, dans la région Thies-M’Bour-Rufisque-Dakar sur
de plus grandes étendues. Elles sont constituées par des calcaires durs
(Bargny) ou des marnes (Sebilrhotane). Les grès miopliocènes sont assez
argileux et riches en fer. Ils sont généralement bariolés.
.
D’autres sédiments se retrouvent assez fréquemment, n’apparais-
sant que par plaques, dans les provinces du Cayor et du Bao1 : des cal-
caires blanchâtres, tendres, gréseux, généralement de faible épaisseur.
Enfin, en bandes étroites tout au long des vallées, et très largement
étendues en certains points comme à l’embouchure du Sine-Saloum,
s’observent des dépôts sablo-limoneux, parfois argileux dans les
vallées, beaucoup plus argileux dans les zones littorales. Dans les vallées,
sauf dans le très bas cours où ils peuvent être alluviaus, ils paraissent
d’origine colluviale.
Ce n’est que presque en limite du territoire que le grès miopliocène
fait place aux séries primaires, schistes et quartzites principalement.
Vkgétation. - La région envisagée est divisée par TROGRAIN
(2)
360 CONFÉRENCE DE PÉDOLOGIE MBDITERRANÉENNE

en domaine sahélien, comprenant un secteur sahélo-saharien au nord


de la ligne Saint-Louis-Kaëdi, et un secteur sahélo-soudanien, entre
cette ligne et celle qui rejoint Tivaouane à Balcel; un domaine soudanien,
avec le secteur soudano-sahélien, qui s’étend jusqu’à Foundiougne,
le Nord de Nioro du Rip et le Nord de Tambacounda, et le secteur sou-
dano-guinéen dont les sols étudiés ne couvrent qu’une faible partie;
et un domaine sub-guinéen constitué par le pays des N i a p s , et par les
reliques forestières de la petite côte qui ne rentrent pas dans le cadre
de cette note.
Dans le premier domaine s’étend la savane arborée où dominent,
suivant les zones, Acacia tortilis, dans le Nord, Cornbretum Glutinosum
ou Faidherbia albida dans le secteur méridional; Acacia Seyal là où le
sol est plus compact; Acacia scorpioïdes dans les points périodiquement
inondés. Dans le domaine soudanien, la végétation arborée est plus
dense; Coinbreturn Glutinosum, Faidlierbia albida et Acacia Seyal sont
les espèces les plus importantes à l’ouest, Coinbretum glutiitosum et
Combretuin eliotii à l’est.
Dans les Niayes s’étendent les palmeraies d’Elaeis guineensis.
Enfin, dans les régions littorales et sub-littorales, se développent
des groupements dont la répartition est essentiellement influencée par
le substratum, en particulier les groupements des terrains salés.

LES SObS

Parmi les sols ayant subi une évolution au moins assez prononcée
. sur place, certains présentent des profils siinples ne correspondant qu’à
un seul type d’évolution; d’autres, au contraire, des profils complexes
où plusieurs cycles d’évolution ont laissé leur trace. Les sols peu évolués
existent au Sénégal, mais ils ne forment pas la majorité du pays
coinine cela a, parfois, été indiqué. Le caractère qui domine dans la
pédogénèse actuelle est le mouvement d‘entraînement des éléments,
le lessivage (4). La texture très sableuse des sols, surtout dans la zone
Nord; facilite ce phénomène et réduit ou même empêche les processus
de remontée des solutions.
Les sols à faible altération chimique, c’est-à-dire les sols des déserts,
comprenant les quatre types habituels : ergs, regs, regs sableux et sols
en chaussées, n’apparaissent qu’en Mauritanie au nord de Nouakchott.
Dans toute la région ici étudiée, les sols se forment par altération chi-
mique aussi bien que désagrégation physique. Le (( désert )) du Ferlo n’est
pas plus K désertique 1) du poiiit de vue de ses sols que de sa végétation.
Sols subissant des mouvements de reinontde des solutions. - Nous ne
placerons dans cette classe que les sols gris et les sols à gravillons fer-
rugineux superficiels. Certains sols salés pourraient aussi s’y trouver.

I
RÉUNIONS E N AFRIQUE D U NORD 361
Les sols gris s’étendent en Mauritanie jusqu’un peu au nord du
fleuve Sénégal (environ 70 km au nord de Rosso). A Tiguent, l e profil
est le suivant :
de O à - 30 cm, horizon sableux, gris clair, parfois un peu rosé,
àpeine plus foncé en surface, où il comporte un peu de matière organique,
grossière, non humifiée;
de - 30’8 - 150 cm, horizon limono-sableux, beige clair, à peine
grisâtre, un peu plus compact; quelques traces de racines, soulignées de
tache ferrugineuses, tout au long.
en dessous de - 150 cm, sable blanchâtre assez grossier, légèrement
limoneux.
La teneur des différents horizons en chaux échangeable est faible,
mais elle est plus élevée en surface. I1 en est de même pour leur teneur
en fer libre, qui, par contre, augmente en profondeur.
La végétation est une steppe très ouverte à graminées avec des
acacias de petite taille.
Sowent ces sols gris sont un peu durcis en surface sur 112 à 1 cm
environ.
Une variété des sols gris subdésertiques est le sol rouge subaride
qui s’étend immédiatement au nord de la plaine alluviale du Sénégal
(par exemple au nord de Rosso, à Mederdra, etc...).
Les sols à gravillons ferrugineux superficiels n’apparaissent que
rarement. Nous ne les avons observés qu’en zone limoneuse.
A Richard Toll, juste au sud du fleuve Sénégal, dans une partie
limoneuse de la plaine alluviale, le profil du sol se présente ainsi :
de O à - 5 cm, horizon limoneux, gris rosé, contenant de petites
concrétions ferrugineuses de moins de 1 cm 5 à 2 cm de diamètre,
assez arrondies, parfois légèrement allongées verticalement, et des taches
de teinte rouille;
de - 5 à - 80 cm, horizon limono-argileux, brun, compact en des-
sous de - 80 em, masse plus limoneuse, de couleur gris acier.
La nappe d’eau est à faible profondeur.
Sols très peu o u pez6 lessivés. - Cette classe de sols comprend les sols
châtains et bruns subarides et les sols noirs sur roches calcaires.
Sols chdtains et sols bruns subarides. - Dans le nord-ouest du Séné-
gal et le sud-ouest de la Mauritanie, les bandes de terrains situées entre
les dunes comportent des sols à la texture encore sableuse, mais plus
limoneuse que dans les dunes elles-mêmes, e t qui peuvent être rattachés
à la série des sols steppiques, subarides : sols châtains dans la région
comprise entre Louga et la vallée du Sénégal, sols bruns en Mauritanie
ou en quelques points au sud du fleuve, comme auprès du lac de Guiers
(Merinaghen).
362 CONFÉRENCE DE PÉDOLOGIEMÉDITERRANBENNE

Ces sols, plus compacts, de textures plus fine, et placés en bas-fonds


retiennent mieux l’eau que ceux des dunes voisines; aussi sont-ils
couverts par une végétation plus dense, rèss riche en graminées. Cette
meilleurs croissance des plantes peut être aussi due à une moindre pau-
vreté chimique, en particulier en chaux échangeable comme le montrent
les tableaux ci-dessous. D’ailleurs les sols châtains et plus encore les sols
bruns s’observent aussi dans la même région et plus au Sud, là où les
sédiments calcaires - calcaires gréseux tendres, en particulier -
affleurent en taches plus ou moins étendues au milieu des sables
(Gassane, Coki, Kébémer).
Ces sols bruns et châtains sont caractérisés, au Sénégal, par leur
réaction voisine de la neutralité, parfois légèrement alcaline malgré
leur pauvreté en calcaire - souvent celui-ci est indosable dans ces sols -
et leur teneur en matières organiques et en fer libre. Ce dernier est par-
fois lêgèrement lessivé en surface, de même que l’argile. La moindre
teneur en éléments fins dans les horizons superficiels peut y être d’ail-
leurs due, parfois à l’action de l’érosion.
Un sol châtain observé entre .Louga et M’Pal présente le profil sui-
vant :
’ de O à - 5 cm, horizon sableux, fin, gris châtain, un peu humifère,
assez grumeleux, mais très friable.
de - 5 à - 25 cm, horizon châtain rougeâtre, un peu plus rouge
et plus compact que l’horizon supérieur;
de - 25 à - 140 cm, horizon châtain, moins durci et moins campact;
de - 140 à - 200 cm, horizon sableux, encore un peu limoneux,
beige;
en dessous de - 200, sable limoneux blanc grisâtre.
L’analyse des horizons de ce sol, comme de celui de Diahène-Galaïel
ne dénote (cf. tableaux ci-dessous) qu’un faible entraînement de fer
libre. I1 est au contraire plus imporzant dans le sol de Gassane, situé
plus au sud-est.
Un peu à l’ouest du Lac de Guiers, au nord de Merinaghen, le profil
d’un sol brun, développé dans une zone faiblement ondulée, est le sui-
vant :
. de O à - 55 cm, horizon sableux, un peu limoneux, gris assez foncé,
humifère surtout au-dessous de 10 cm, assez grumeleux;
de - 55 à - 85 cm, horizon plus compact, brun moins foncé; struc-
ture moins grumeleuse, à tendance prismatique ;
de - 85 à - 180, horizon sableux, de plus en plus clair, passant
graduellement à un sable beige jaunâtre, puis
au-dessous de - 180 cm, & un sable b h n c jaunâtre, non calcaire.
Sur sables calcaires, parfois un peu marneux, comme à Kêbémer,
à Colri, ou à l’est de Louga sur la route de Linguère, ces sols bruns
RÉUNIONS E N AFRIQUE D U NORD 363
sont le plus souvent décalcifiés, ou très peu calcaires, dans les horizons
supérieurs.
Sur ces différents sols, sols bruns comme sols châtains, la végétation
est constituée essentiellement par une savane arbustive, parfois assez
dense (Gassane), le plus souvent très lâche (nord de Louga, sud de la
Mauritanie) à Acacia. Dans tout le Nord du Sénégal, l’espèce dominaute
sur ces sols est A . Seyal; A. tortilis venant ensuite. A Merinaghen,
où le sol observé avait été cultivé les années précédentes, la base
du peuplement était Callotropis procera. Parfois cette formation végé-
tale fait même place à une pseudosteppe à graminées surtout Schoen-
feldia gracilis, et Chloris Prieurii, Ctenium elegans ;aussi Aristida sp.
Sols humifères sur calcaire. - Les calcaires et les marnes qui afneu-
rent de Rufisque & Thies ont donné naissance à une série de sols très
humifères qui peuvent se répartir en deux groupes :
10 Des rendzines typiques, peu épaisses, de 30 à 50 cm environ -
riches en matières organiques, contenant de nombreux cailloux cal-
caires et présentant une structure généralement grenue.
Parfois plus épais et plus compacts, ils peuvent être rattachés aux
sols bruns calcaires. Ils sont alors un peu moins secs que les premiers.
20 Des sols humifères profonds sur les marnes et calcaires marneux
(Sébikhotane). Ils peuvent atteindre 1 m 20 et plus, de puissance. Par
certains de leurs caractères morphologiques, ils se rapprochent des sols
de la série des chernozems : teneur élevée en matière organique forte-
ment humifiée, et saturée en calcium, structure grenue stable, etc...;
par ailleurs, ils en diffèrent par leur richesse en calcaire dans tous les
horizons, même superficiels, et Ia faible épaisseur - 20 à 30 cm seule-
ment - de leur horizon très grenu.
E n quelques cas ‘seulement, ils présentent un pseudo mycélium
calcaire vers ’1m ou 1m 20 de profondeur.
Ces sols sont un pédoclimat t r è s sec. Ils diffèrent ainsi totalement
de ceux, très humifères aussi, í‘ormes plus au Nord, en conditions
semi-marécageuses.
Sols lessivis. - Une très grande partie des sols du Sénégal présentent
dans leur profil des traces indiscutables d’une forte migration des élé-
ments en profondeur. Dans certains, l’accumulation de ceux tels que
les oxydes de fer, se fait de façon très régulière et chacun des horizons
reste relativement homogène ; dans d’autres, se produit en profondeur
un concrétionnement plus ou moins poussé du fer.
Les premiers correspondcnt aux sols sableux des régions de Louga,
Thies, Bambey, Diourbel, etc... Les plus typiques sont les sols Dior
étudiés précédemment par J. BOUYER (4)et que nous avons décrits dans
’ une autre note (5).Nous en avons alors analysé le processus de dégrada-
364 . CONFÉRENCE DE PÉDOLOGIE MÉDITERRANÉENNE

tion sous l’influence du vent, et les différents stades d’érosion : sol gris,
sols blancs, sols rouges.
Ces sols présentent génbralement une réaction voisine de la neutra-
lité ou faiblement acide; les horizons supérieurs ont un p H souvent
plus élevé que ceux situés plus profondément.
Leur teneur en argile est faible et souvent inférieure à 10 %; en
général, elle n’est que peu plus élevée en profondeur qu’en surface, sauf
dans les sols attaqués par l’érosion et dont les éléments fins, dans l’ho-
rizon supérieur, ont été entraînés.
Les processus de lessivage ne portent donc dans ce type de sol que
sur les éléments ferrugineux.
Chimiquement, les sols Dior sont des sols pauvres (6); surtout les
sols dégradés d‘où la matière organique tend à disparaître.
Une variété de sols proche des précédents correspond aux sols ocres
du Sine, où la dessication des oxydes de fer est moins poussée. Ils sont
d’ailleurs intermédiaires avec la série des sols beiges à taches ferrugi-
neuses oìì le fer accumulé en profondeur se coiicrétionne.
Comme les précédents, ces sols beiges à taches ferrugineuses sont
pauvres en matières organiques ; par contre, ils en diffèrent essentielle-
ment par‘ une migration beaucoup plus intense des éléments en pro-
fondeur, e t qui ne porte plus seulement sur le fer, mais aussi sur l’argile.
Le rapport de lessivage peut descendre alors à 1/2. Cependant, ces sols
limoneux ou sablo-limoneux, non calcaires, maintiennent leur réaction
très proche de la neutralité, surtout dans les horizons superficiels :
leur complexe absorbant n’est pas lessivé en cations; sa teneur en cal-
cium, en magnésium ou potassium échangeable est aussi forte et souvent
même plus élevée en surface qu’en profondeur.
Ces sols supportent en général une savane arborée à bois armé &
Cordyla, Bombax, Sterculia, Combretuna, Bambusa, Bauhinia, etc...,
ou même une savane forestière. Ils s’étendent surtout dans les régions
du Sine-Saloum et du Nioinbato, et atteignent à peu près le parallèle 130.
Le profil d’un de ces sols, observé à Netté près de Birkelane (Cercle
du Sine-Saloum), comporte les horizons suivants :
de O à - 4 cm, horizon très sableux, mais assez agrégé; gris beige,
de teinte à peu près uniforme;
de - 4 à 30 cm, horizon sableux, de texture très voisine de celle
du précédent, mais un peu durci, beige clair;
de - 3 0 à -80 cm, horizon plus limoneux, plus compact, plus
cimenté, beige foncé;
de - 80 jusque vers - 120, horizon beige-jaunâtre, plus argileux
et présentant des traîiiées et taches ferrugineuses, ocre rouge, plus OU
moins durcies.
I1 passe graduellement à un sable beige clair.
RÉUNIONS E N AFRIQUE DU NORD 365
Sols salés. - Parmi les sols évolués à profil non complexe, un Cer-
tain nombre de ceux du Sénégal appartiennent à la série des sols salés.
Ils ont été assez peu étudiés jusqu’à présent, mais l’un de nous (R. M.)
a entrepris de combler cette lacune.
On peut observer des sols de la sous-série des sols salins, à efflores-
cences blanches en surface, mais plus souvent ceux de la sous-série des
sols à alcalis.
Ces derniers, abondants dans la zone de Saint-Louis e t Richard-
Toll et, plus au Sud, dans celle de Fatick à l’embouchure du Saloum
(sols des K tannes n) présentent un horizon superficiel peu épais, très
poudreux en saison sèche, quasi-fluide par temps humide, puis vers
- 5 ou - 6 cm, un horizon de cristaux de sels et, plus profondément,
un horizon compact à nodules salins.
Près de Fatick ont été observés quelques sols à salant noir à carbo-
nate de soude. Ils ne forment que des tâches, peu étendues, et assez rares.
Nous n’avons nulle part au Sénégal observé des sols lessivés à alcalis
(solonetz), même dans les zones inondées pendant une partie de l’année.
Un type particulier de sols, voisins des sols salés est le sol de poto-poto.
Le poto-poto, sensu stricto, est abondant dans la région de l’ouest de
Kaolack et surtout plus au sud au long de la basse vallée de la Casa-
mance et du littoral du Cercle du même nom.

Sols à profils complexes. - Ce type de sols correspondant B plusieurs



cycles de pédogénèse, recouvre toute la surface des grès argileux du
miopliocène dans le centre et l’est du Sénégal.
Un premier type est constitué par les sols gravillonaires sur cui-
rasse. Leur évolution peut se résumer ainsi : sur les grès ferrugineux,
et plus ou moins argileux, s’est formée une cuirasse très dure, à carac-
tère nettement latéritique (montagne de Thiès) ou très peu alumineuse
et essentiellement ferrugineuse (Sinthiou-Malème, à l’ouest de Tamba-
counda). Celle-ci, en général assez attaquée par l’érosion - d’où, locale-
ment, de nombreux exemples de remaniement et de transports de faible
amplitude -, a été recouverte par des sables d’épaisseur très variable,
mais dont le façonnement paraît avoir été bien plus fluviatil qu’éolien;
aussi cet horizon sableux superficiel, surtout lorsqu’il n’a que quelques
centimètres, ou au plus 30 à 50 cm, d’épaisseur est-il très mêlé de gra-
villons de cuirasse. I1 présente souvent en surface un horizon gris, puis,
au contact de la cuirasse, un horizon rouge, plus compact et dont le
fer provient de la remise en mouvement des éléments de la cuirasse,
jouant alors le rôIe d’un:. roche sous-jacenté à un sol.
En de trop nombreux points actuellement, sous l’influence du feu,
la végétation - essentiellement une savane forestière - a disparu
laissant le champ libre à l’érosion par les eaux. Le recouvrement sableux ~
366 CONFÉRENCE DE PBDOLOGIE MÉDITERRANÉENNE
enlevé, la cuirasse apparaît en surface, formant des Bowé stériles. Aussi
la protection de la végétation est-elle, sur ces sols, une nécessité absolue.
Leur utilisation possible est ainsi très réduite. Tel est le cas de la plus
grande partie du FerIo et même de la région de Tambacounda.
Près de cette ville, le sol présente le profil suivant :
de O à - 15 cm : l’horizon sablo-graveleux, gris, un peu humifère;
de - 15 à - 30 cm, cuirasse peu résistante, formée de cailloutis
durs et mal agrégés entre eux;
de - 30 à - 75 cm, cuirasse ferrugineuse très dure;
de - 75 à - 105 cin, cuirasse beaucoup moins dure, assez facile-
ment morcelable ;
de - 105 à -165 cm, horizon sablo-limoneux, compact, présentant
de nombreuses concrétions ferrugineuses ;
au-dessous de -165 cm et jusqu’à plus de 3 m 50 de profondeur, le
concrétionnement et le durcissement des éléments ferrugineux diminue
graduellement; du sol l’on passe à la roche mère, le grès argileux, à
taches rouges.
Un autre type de sols à profil complexe prend naissance lorsque le
profil précédent est décapé par l‘érosion jusqu’aux horizons sous-jacents
à la cuirasse. I1 est dû alors à la transformation sous l’action du climat
actuel des horizons inférieurs du sol à cuirasse. Aussi les cailloutis de
surface et les concrétions et taches ferrugineuses de profondeur ne doi-
vent-ils pas être considérés, sauf, parfois, certaines de ces dernières,
comme caractéristiques de la pédogenèse actuelle.
Ainsi, au nord-ouest de Goudiry, les horizons qui se succèdent se
présentent-ils :
de O à - 25 cm, horizon gris, humifère, limono-sableux, compor-
tant quelques cailloutis ferrugineux, arrondis ;
de - 25 à 40 cm, horizon de passage, plus limoneux et un peu plus
compact;
de .- 40 à - 70 cm, horizon beige, plus compact à taches ferrugi-
neuses durcies.
en dessous de 70 cin, grès tendre, limoneux, d‘un beige très clair.
1
D’après tout ce qui précède, ces différents sols à cuirasse du Sénégal
n’apparaissent pas comme voisiiis des latéritoïdes (7).

Sols peu évolués. - Nous ne ferons que les signaler brièvement.


Les sols squelettiques peuvent être caillouteux, très grossiers, à
base de quartzites, comme au sud de Bake1 ou de blocs de cuirasse
ferrugineuse, comme au sud de Matam où celle-ci apparaît au sommet
des collines qui bordent la vallée du Sénégal et que l’érosion a attaquées I

et plus ou moins décapées. Ailleurs, ils sont sableux, comme dans le


nord-ouest du pays.
RÉUNIONS EN AFRIQUE D U N O R D 367
La série des sols alluviaux a plus d’importance.
Les sols éoliens de dunes s’étendent au long du littoral de Dakar
au delà de Saint-Louis.
Les sols fluviatils sont en général très limoneux (vallée du Sénégal
entre Matam et Dagana) mais ils peuvent être ailleurs aspez argileux.
Ils présentent souvent, vers 80 à 90 cm de profondeur, un horizon de
gley (Richard Toll).
Les sols colluviaux sont très abondants dans les vallées actuellement
sèches et ensablées du Sine, du Saloum, du Ferlo, etc... Sauf par taches
où ils sont plus argileux, ils sont, dans le plus grand nombre des cas,
limoneux ou limono-sableux.
Les sols humifères sont soit les sols de marigots, souvent argileux,
soit les sols des Niayes, riches en matières organiques, peu humifiées
et, assez acides.
Dans tous ces sols, même les plus 8volués, aucune trace de latéritisa-
tion actuelle ne s’observe. Seulement, plus au sud et au sud-est, ce phé-
nomène se poursuit4 encore de nos jours.

. .

l
TABLEAUX

i
368 CONFÉRENCE DE PÉDOLOGIE MÉDITERRANÉENNE

TABLEAU
1.

Le climat d u Sénégal et du Sud-Ouest de la Mauritanie.

Pluviométrie aiiiiuelle ( e n min.).

MAURITANIE S ~ N ~ Q A L

Zone nord
Zone centrale Zone sud et s.
et nord-ouest

Atar 76,4 Daganz ' 360,O Linguere 630, O


Alrjoujt 98,2 Saint-Louis 392,s Thi& 647,O
Nouakchott 163,i Podor 433,5 Bambey 653,O
Rosso 320,6 Loupa 444,6 Diourbel 677,O
Balrel 528,3 M'Bak6 724,O
Dakar 575,9 Kaffrine 7 4 5 ,O
M'Ba0 596,7 Kaolack 7 6 8 ,O
Tivaouanne 631,2 Fatick 7 8 5 ,O
Rufisque 647 Khoungueel 819, O
Nioio du Rip 904
Tembacoundc i004
I

TEMPÉRATURE

Moyenne annuelle Extreme

Saint-Louis . ...... 24,s 1 0 , 4 B 42,15


Nouakchott . . . . . . . . . 25,i 6 B 47
Dakar. . . . . . . . . . . . 25,4 1 4 , s B 37,5
Bambey. . . . . . . . . . 26,9 8 B 48
Kaolack. . . . . . . . . . : 27,s 11 B 46,6
Tambacounda . . . . . . 27,s 8,5 B 46
Linguere . . . . . . . . . 28,3 8 B 48
Atar . . . . . . . . . . . 28,5 4 B 49
l I
RÉUNIONS E N AFRIQUE D U N O R D 369

TABLEAU
2.

-=
Sols n o n lessivés ou peu lessivés.
=
rYPE DE SOL
I 1 ": 1
EMPLA-

CEMENT
PRO-
PON-

No i
L z
t
AR- LI-
MON
1.

-- -
SABLE
fin
cent p. cen
ABLE
pos
.cent
?HAUX
ichan-
]cable
n. eq
-oog'

497
398
3,2

Sol chitain
subaride.
1
I
DiohBme
'DG ?OQ15
)
4
5,3
425
5
523
691

11,9
13,6
10,3
14,s
-
S. 511 O Q 10 9,2
10,2
subaride. 1
I
ghem. 573
514
70
190
11,5
11,4
7,85 . 43,3 11,3
5,1 50,6 10,5

--
1,3 5,9
-
4,s
-
_.

TABLEAU
3.
Sols lessivés (1). I

-
TYPE D E SOL I
I

EMPLACEMENT I I
I

ND
I
PRO-
l
AR-
QILE
p. cent
LI-
MON
I, cont
-7-
SABLE
fin
SABLE
gros
sier
p. cent p.
IUMUS
. mille
--
PH

0,5 45,1 44,9 1,5 6,l


1,l 50,35 38,s 1,l 6,3
4,l 44,7 43,9 1 6,s
1,15 46,55 4 2 , s 0,s 6,5

Dior d6gradB
(sol blanc).
, Touba
((Cercle Diourbel)

I
ip*
\
f.5
345 180
SA 341 O & 5

281 O B 7
342 5 B 20
1,s' 1,1
IO,? 1 , 5

9,6
2,9
1,2
1,9
6,9 0 , 9
41,2
45,95
46
44,2
40,i
14,1
44 1: 2 , 5
42,3 2 , 3
40,i
44,s 1,3
1,s
48,4 1 , 2
IS,! 2,5
6,7
7
6,5
6,2
6,3
6,l
Dior tres degrade \ Sine 282 I L 2 5 7 1,4 21,5 70,l 2,3 6,3
(sol rouge). 1 (Cercle ThiBs) 283 55 8 0,9 22,s 66,3 1,6 6,5
I 264 130 7,3 0 , l 22,7 69,3 1 , l 7,3

i
SA 551 O 9 4 1,l 3 , 4 45,l 43,2 2 , 2 7
Sol beige Nett6 20 9,2 2,3 44,9 43,6 2,5
552 6,7
(CercleKoolack) 553 50 12,9 9 38,2 39,9 1 , 2 6,2
neuses
I 554 100 14,9 2,6 42,9 39,6
-
1.2 6,3

(1)Analyses effectuees au laboratoire de la Station experimentale de l'arachidc LI Bambey


. (secteur soudanais de Recherches agronomiques) avec la collaboration de Mara MA~IADOU.
370 ’ CONFÉRENCE DE PÉDOLOGIE MÉDITERRANÉENNE

TABLEAU
4.
Sols à gravillons ferrugineux sur cuirasse à Sinthiou-Malenne.
(en pour cent de Yéchantillon séché à Yair).

I Gravillon ferrugineux 1 Cuirasse

Quartz . .........
Si Os combinbe.
AP
Fe203
Ca0 .
03
......
.......... I
+ Tio2. . . . . . .
..........
MgO . . . . . . . . . . .
NazO. . . . . . . . . . .
KzO . . . . . . . . . . .
HzO+ . . . . . . . . . .
H20- . . . . . . . . . . .
I I

Bibliographie sommaire.
1.WELTER(L.).- Memento du Service Météorologique. Haut Commissariat de
l’A. O. F. Rufisque, 1941.
2. TROCHAIN(J.). - Contribution à l’étude de la végétation du Sénégal. ThBse,
Paris, 1940.
- Mémoire de l’Institut français d’Afrique Noire, no 2. Paris, Larose, 1941.
3. Service Géologique du Gouvernement général de l’A. O. F. Carte géologique de
reconnaissance au 1/1.000.000~:feuille Dakar ouest et Dakar est. Dakar, Grande
Imprimerie Africaine, 1943.
-
4. BOUYER(J.). &tude des sols de la région de Bambey. Rapport de fonctionne-
ment. Station expérimentale de l’arachide. Bambey, 1942.
5. AUBERT(G.), DUBOIS(J.)et MAIGNIEN(R.). - L’érosion éolienne dans le nord
du Sénégal. Ces mêmes C. R.
6. CHEVALIER (Aug.). - Monographie de l’arachide. R. B . A . et A . T., de 13e année,
no8 146-147, oct.-nov. 1933 à 16e année, no 181-182, sept.-oct. 1936.
7. BESAIRIE(H.).- Notes de pédologie tropicale. Service des Mines A. O. F. 1945
(non publié).
8. SHANTZ (H.-L.) et MARBUT(C.-F.). - The vegetation and soils of Africa. Ann.
Geog. Soc. Res. Sc., no 13.
Extrait
des C. R. du Congrès de Pédologie
(Montpellier-Alger)
9-20 Mai 1947

Vous aimerez peut-être aussi