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Modes de rupture des matériaux expliqués

Le document traite des différents modes de rupture des matériaux, notamment la rupture brutale, ductile et par condensation de lacunes. Il explique les concepts de résistance théorique à la rupture, de concentration des contraintes et de fragilité intrinsèque, en mettant en évidence les différences entre les valeurs théoriques et réelles des contraintes. Enfin, il souligne l'importance des défauts dans les solides qui influencent la résistance à la rupture.

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Modes de rupture des matériaux expliqués

Le document traite des différents modes de rupture des matériaux, notamment la rupture brutale, ductile et par condensation de lacunes. Il explique les concepts de résistance théorique à la rupture, de concentration des contraintes et de fragilité intrinsèque, en mettant en évidence les différences entre les valeurs théoriques et réelles des contraintes. Enfin, il souligne l'importance des défauts dans les solides qui influencent la résistance à la rupture.

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I - RUPTURE D’UN MATERIAU

I-1 différents modes de Rupture

I-1-1- Rupture brutale


Elle intervient quasi sans déformation préalable pour les matériaux qualifiés de fragiles.

a- Résistance théorique à la rupture



Au delà d’un certain seuil de traction « th »
correspondant au franchissement du col énergétique
la séparation intervient par clivage, rupture de
l’ensemble des liaisons chimiques entre les atomes de
deux plans adjacents.

Figure I-1 : Rupture par clivage

E 

th

a0 a E  a
2E0 0 a0

E0

Figure I-2 Energie de cohésion Figure I-3 Contrainte théorique


de rupture
On suppose que la courbe (a) peut être représentée par une portion de sinusoïde :

(1)

Pour (a-a0) très petit, cette équation s’écrit :

(2)

1
D’une part, la pente à l’origine représente le module de young E.

d’où (3)

En général, ,

d’où (4)

D’autre part, séparer deux plans atomiques c’est créer deux nouvelles surfaces d’énergie s.

La variation de l’énergie de cohésion correspondante est donc 2 s. cette énergie peut être

estimée par le calcul de l’aire sous la courbe (a) entre et .

Ainsi (5)

En remplaçant l’équation (3) dans (5), on obtient :

(6)

L’énergie de surface s peut être reliée à la distance inter atomique a0 en combinant les deux
équations (4) et (6) :
(7)

Pour des valeurs usuelles de a0 et s, on a :

(8)

C’est une contrainte bien supérieure aux contraintes de rupture habituellement


mesurées R. Cette divergence entre la contrainte théorique de rupture et la contrainte de
rupture réelle peut être expliquée par l’existence de défauts dans les solides. Les
concentrations de contraintes aux droits de ces défauts peuvent atteindre localement th.

Il faut savoir que R présente toujours une grande dispersion quel que soit le soin pris
pour opérer sur des échantillons identiques dans des conditions identiques. De plus, plus un
échantillon est volumineux et plus les défauts qu’il contient peuvent être de taille importante
diminuant sa résistance à la rupture.

b- Coefficient de concentration des contraintes

2
la présence d’un trou de petite taille dans
une plaque en traction uniforme produit 
une concentration de contrainte localisée
au bord du trou caractérisé par le 
coefficient de concentration de contrainte  
k rapport de la contrainte locale m à la
contrainte  appliquée au loin.

Selon Inglis (1913), au voisinage 2b

des sommets du grand axe, la valeur 2c
maximale m en bord d’ellipse est :

avec rayon de courbure


Aux sommets du petit axe de

l’ellipse, règne au contraire une contrainte
Figure I-4 : concentration de contrainte
de compression, d’amplitude  tendant à
autour d’un trou elliptique
s’annuler lorsque l’on s’éloigne de
l’ellipse le long du petit axe.

I-1-2- Rupture ductile


Elle n’intervient qu’après une étape de grande

déformation permanente pour les matériaux qualifiés
de ductiles. Les matériaux ductiles s’écoulent
plastiquement sous cisaillement avant de rompre.


Figure I-5- Rupture par glissement
a- E
contrainte théorique de glissement 
L’énergie du cristal est une fonction périodique de
th la distance de glissement puis qu’un
a0
décalage d’une
b0 distance atomique d’un plan dense par rapport à son voisin dans la direction
b0
du glissement ramène l’ensemble des atomes dans des positions énergétiquement
équivalentes. b0/2 x

x
3
Figure I-6 : Glissement d’un plan Figure I-7 : Contrainte théorique de
atomique cisaillement c
L’énergie varie avec la période du réseau. La contrainte de cisaillement  varie avec la
demi période du réseau b0/2.
(9)

si la déformation  (cisaillement) est petite, , où a0 est la distance entre les plans


atomiques qui glissent ; alors :
(10)
Or la déformation élastique s’écrit :
(11)
où : est le module de cisaillement
des équations (10) et (11), on déduit : (12)

Pour

Comme pour th, cette valeur de la contrainte théorique de cisaillement est beaucoup
plus élevée que la contrainte de cisaillement mesurée. Cela peut être expliquée, également,
par l’existence de défauts dans les solides. Une autre explication considérant que la rupture se
fait plutôt par une condensation de lacune a été donnée par Taylor.

I-1-3- Rupture par condensation de lacunes


Suite à cette différence entre la valeur théorique et la valeur réelle de la contrainte de
cisaillement, Taylor a imaginé que le glissement ne se faisait pas sur l’ensemble du plan de

4
glissement simultanément mais par un déplacement de dislocations (figure I-9). Tout se fait
par basculement des liaisons proches du défaut, ce qui nécessite moins de contrainte.

Figure I-8 :Rupture par condensation de lacunes

Figure I-9: Glissement par déplacement d’une dislocation

I-1-4- Fragilité intrinsèque


Le rapport th/th peut servir d’index de fragilité intrinsèque du matériau.
Si th/th est élevé, alors la rupture par clivage est plus aisée que la rupture par glissement ;
des équations (5) et (9) ce rapport vaut :

(10)

où : : coefficient de poisson avec


b0 : la distance interatomique la plus courte
a0 : la distance la plus grande entre plans réticulaires.

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