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Quad 2

Le document présente des exercices d'électronique sur les régimes transitoires du premier ordre, incluant des circuits RC et RL. Chaque exercice demande d'établir et résoudre des équations différentielles, d'analyser les régimes permanents et transitoires, ainsi que d'effectuer des calculs liés à l'énergie et à la résistance de fuite. Des exercices de mécanique sont également inclus, abordant des concepts tels que la poussée d'Archimède et la remontée des bulles de champagne.

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Électronique 2 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Régimes transitoires du premier ordre

Exercices d’électronique
Exercice 1 : Circuit RC soumis à un échelon de courant [♦♦]
La source idéale de courant du circuit ci-contre impose un échelon,
η
(
R C u 0 si t < 0
η(t) =
I0 si t > 0

Établir et résoudre l’équation différentielle vérifiée par la tension u pour t > 0.

Exercice 2 : Régime libre d’un circuit RL série [♦♦]


1 i
• • On branche en série un générateur de f.e.m. E = 5 V, un interrupteur trois
• R
2 positions, un résistor de résistance R = 1 kΩ et une bobine d’inductance L =
E L 100 mH. À l’instant t = 0, on passe l’interrupteur de la position 1 à la position 2.

1 - Établir l’équation différentielle vérifiée par le courant i parcourant la bobine.


2 - Indiquer sans calcul si le régime permanent est atteint au bout de 10 µs, 200 µs et 20 ms.
3 - La résoudre après avoir déterminé les conditions initiales. Tracer l’allure du courant i(t).
4 - Montrer que l’énergie initialement stockée dans la bobine est dissipée par effet Joule dans la résistance.

Exercice 3 : Circuit RC à deux mailles [♦]


K Considérons le circuit représenté ci-contre, dans lequel l’interrupteur K est brus-
R
quement fermé. Le générateur est une source idéale de tension.

u Trouver l’expression de la tension u et tracer son allure.


E C R
Remarque : le corrigé est très guidé, exercice à travailler seul pour s’entraîner.

Exercice 4 : Circuit RL à deux mailles [♦]


u1 Considérons le circuit ci-contre, dans lequel l’interrupteur, ouvert depuis très
longtemps, est fermé à t = 0. Le générateur est supposé idéal.
R1 1 - Régime permanent. Déterminer les valeurs asymptotiques de u1 et u2 en
régime permanent.
R2 L u2
2 - Équation différentielle et portrait de phase.
2.a - Établir l’équation différentielle vérifiée par u2 pour t > 0.
E 2.b - Tracer le portrait de phase, représentant du2 /dt en fonction de u2 .
2.c - Retrouver à partir du portrait de phase la valeur asymptotique de u2 .
3 - Résolution de l’équation différentielle.
3.a - Déterminer les valeurs à t = 0− et t = 0+ des tensions u1 et u2 .
3.b - Résoudre l’équation différentielle pour obtenir l’expression de u2 (t > 0).
3.c - Tracer l’allure de u2 (t). Identifier sur la courbe le régime transitoire et le régime permanent.
4 - Temps d’amortissement du régime transitoire.
4.a - Calculer le temps t10 au bout duquel la tension u2 est divisée par 10.
4.b - Proposer une méthode expérimentale pour déterminer t10 à l’aide d’un oscilloscope. Préciser le montage à
utiliser et le détail de la méthode de mesure.
4.c - On mesure t10 = 3,0 ms pour R1 = 1,0 kΩ et R2 = 5,0 · 102 Ω. En déduire (sans calculatrice) la valeur de L,
sachant que 1/ ln 10 ' 0,43.
5 - Observation expérimentale. On remplace le générateur de tension continue et l’interrupteur par un générateur

1/4 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


TD E2 : Régimes transitoires du premier ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

délivrant un signal créneau de période T . Quelle fréquence choisir pour pouvoir mesurer t10 par la méthode décrite
ci-dessus ?

Exercice 5 : Résistance de fuite d’un condensateur []


On démonte d’un circuit un condensateur de capacité C = 100 pF initialement chargé sous une tension de E = 10 V
et on le laisse posé sur la paillasse. Au bout de deux minutes de minutes, la tension aux bornes du condensateur ne
vaut plus que 1 V.
1 - Proposer une origine à cette décharge spontanée du condensateur.
2 - Justifier qualitativement qu’un condensateur se déchargeant spontanément peut se modéliser par l’ajout d’une
résistance en parallèle d’un condensateur idéal. Cette résistance, notée Rf , est appelée résistance de fuite ou résistance
d’isolation du condensateur.
3 - Calculer numériquement (mais sans calculatrice !) l’ordre de grandeur de la résistance de fuite du condensateur
considéré. On donne ln(10) ' 2,3.

Exercice 6 : Bilan de puissance du régime libre d’un circuit RC série []


Considérons un circuit RC en régime libre, formé d’un condensateur de capacité C initialement chargé se déchar-
geant dans une résistance R. Aucun générateur n’alimente le circuit.
1 - Démontrer par l’intermédiaire d’un bilan de puissance l’expressionde l’énergie stockée dans un condensateur.
2 - Déduire d’un bilan d’énergie appliqué au circuit pendant un petit intervalle de temps δt que l’énergie EC stockée
par le condensateur et la puissance PJ dissipée par effet Joule sont reliées par

dEC
= −PJ .
dt

3 - Écrire ce bilan sous la forme d’une équation différentielle portant sur la tension u aux bornes du condensateur.
4 - Montrer que cette équation différentielle, obtenue par un bilan énergétique, peut bel et bien s’écrire comme
l’équation différentielle obtenue par la loi des mailles.
5 - En partant de l’équation différentielle obtenue à la question 3, obtenir une équation différentielle portant sur
l’énergie EC .
6 - Déduire de cette équation le temps τe caractéristique des échanges d’énergie dans le système. Retrouver ce résultat
en partant directement de l’expression de EC et de la solution u(t) établie en cours pour ce circuit.

Exercices de mécanique
Exercice 7 : La partie immergée de l’iceberg [♦♦]
Considérons un iceberg de volume V dont une partie de volume Vi est immergée dans la mer.
Données : masse volumique de l’eau salée liquide ρliq = 1,02 · 103 kg · m−3 et de la glace ρgl = 0,92 · 103 kg · m−3 .
Exprimer la poussée d’Archimède et la force de pesanteur qui s’appliquent sur l’iceberg. En déduire la proportion
du volume de l’iceberg à être immergée.

Exercice 8 : Bulles de champagne [inspiré Concours Général des lycées 2016, ♦]
L’objectif de l’exercice est d’étudier la remontée des bulles dans le champagne, liquide de masse volumique ρliq '
#”
1 g · cm−3 . Les bulles sont constituées de CO2 à la pression p ' 1 bar. La force f exercée par le champagne sur la
bulle est modélisée par la relation de Stokes,
#”
f = −6πηr #”v,
où η ∼ 1 · 10−3 N · m2 · s−1 est la viscosité du champagne, r ' 1 mm le rayon de la bulle et #” v la vitesse de la bulle.
L’étude est menée dans le référentiel terrestre, auquel on adjoint un repère d’espace (O, #”
e z ) vertical vers le haut.
1 - Montrer que le poids de la bulle est négligeable devant la poussée d’Archimède.
2 - Établir l’équation différentielle vérifiée par la composante vz de la vitesse de la bulle sur l’axe z et l’écrire sous
la forme
dvz vz vlim
+ = .
dt τ τ

2/4 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


TD E2 : Régimes transitoires du premier ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exprimer les paramètres vlim et τ en fonction des masses volumiques ρliq et ρgaz , et de η, g et r.
3 - Résoudre cette équation différentielle et représenter l’allure de vz au cours du temps. Indiquer vlim et τ sur la
courbe et donner leur interprétation physique.
4 - Calculer numériquement τ . Quelle approximation peut-on effectuer sur l’expression de vz ?
L’émission des bulles se fait la plupart du temps de manière périodique, ce qui rend l’étude plus aisée. La méthode
expérimentale utilisée par Gérard Liger-Belair et son équipe du laboratoire d’Œnologie de Reims est présentée ci-
dessous. Ils ont photographié un train de bulles dans une flûte de champagne à un instant donné en se servant d’un
appareil photographique dont l’ouverture du diaphragme est synchronisée avec le flash d’un stroboscope qui émet
des éclairs régulièrement espacés à la fréquence fb . Un écran diffusant est interposé entre le verre et le flash afin
d’homogénéiser la lumière. Les distances sont étalonnées à l’aide d’un papier millimétré collé à la surface du verre.
Un schéma du dispositif et un exemple de cliché obtenu est représenté figure 1.

Figure 1 – Dispositif expérimental pour l’étude de la remontée des bulles de champagne.

5 - Expliquer en quoi un choix judicieux de la fréquence fb permet d’avoir accès, en un seul cliché, à une succession
de positions occupées par une bulle ?
6 - Le cliché précédent a été pris avec fb = 20 Hz. Justifier que la vitesse vn d’une bulle indicée n peut être évaluée
par
hn+1 − hn−1
vn = fb
2
où hn+1 et hn−1 représentent respectivement les altitudes des bulles indicées n + 1 et n − 1. Effectuer l’application
numérique pour la bulle indicée n sur la figure 1.
7 - L’allure des positions des bulles sur la photographie est-elle en accord avec l’hypothèse formulée question 4 ?
Expliquer.
On peut également mesurer le rayon de chaque bulle, ce qui permet finalement de tracer la vitesse en fonction du
rayon, comme représenté figure 2.

Figure 2 – Vitesse de remontée de la bulle en fonction du rayon.

8 - Montrer que log vlim = A + 2 log r, où A est une constante et log la fonction logarithme décimal. Justifier que
cette expression est cohérente avec la figure.

3/4 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


TD E2 : Régimes transitoires du premier ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Annales de concours
Exercice 9 : Circuit RL à deux mailles [oral Mines-Télécom, ♦]
R

R L’interrupteur est fermé à l’instant t = 0. Étudier l’évolution de s(t) et tracer sa courbe.


L s
2
E

Exercice 10 : Condensateur alimenté par deux générateurs [oral CCP, ♦]


Dans le montage ci-contre, l’interrupteur est fermé à l’instant t = 0.
R/2 R 1 - Établir l’équation différentielle vérifiée par uC .
2 - Résoudre cette équation.
E/2 C uC E 3 - Déterminer le temps t1 nécessaire pour que la valeur finale soit atteinte
à 1 % près.
4 - Exprimer la puissance dissipée. Interpréter sa valeur finale.

4/4 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


Électronique 2 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Régimes transitoires du premier ordre

Exercices d’électronique
Exercice 1 : Circuit RC soumis à un échelon de courant
i1 i2 Équation différentielle vérifiée par u. D’après la loi des nœuds,
η R C u
I0 = i1 + i2
D’après les lois de comportement, et comme R et C sont montés en parallèle,
u du
I0 = +C .
R dt
On a alors l’équation différentielle cherchée, qu’on écrit sous forme canonique

du 1 I0
+ u= avec τ = RC .
dt τ C

Forme générale des solutions.


. Solution particulière. Comme le forçage I0 est constant, alors la solution particulière U∞ , qui décrit le régime
permanent, est constante également. D’après l’équation différentielle,
1 I0 I0 τ
0+ U∞ = d’où U∞ = soit U∞ = RI0
τ C C
On vérifie que c’est cohérent avec l’analyse par circuits équivalents : en régime continu, le condensateur est équi-
valent à un interrupteur ouvert, donc i2 = 0 et i1 = I0 , d’où U∞ = RI0 .
. Solution homogène : uH (t) = A e−t/τ .
. Finalement, les solutions de l’équation différentielle sont de la forme

u(t) = A e−t/τ + RI0 .


Condition initiale. Raisonnons d’abord sur le circuit équivalent à t = 0− : comme η(0− ) = 0 alors i1 (0− ) =
i2 (0− ) = 0, et d’après la loi d’Ohm
u(0− ) = Ri1 (0− ) = 0 .
Comme u est également la tension aux bornes d’un condensateur, alors elle est forcément continue, donc

u(0+ ) = u(0− ) = 0 .

Constante d’intégration.
u(0+ ) |{z}
= A + RI0 |{z}
= 0 donc A = −RI0
sol CI

Conclusion  
u(t) = RI0 1 − e−t/τ .

Exercice 2 : Régime libre d’un circuit RL série


uR
1 1 Commençons par établir l’équation différentielle vérifiée par i à t > 0,
• •
• R i c’est-à-dire lorsque l’interrupteur est sur la position 2. D’après la loi des
2
E L uL mailles,
uR + uL = 0 .

En utilisant les lois de comportement (dipôles en convention récepteur),


di
Ri+L =0
dt

1/13 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


Correction TD E2 : Régimes transitoires du premier ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

ce qui s’écrit sous forme canonique

di 1 L
+ i=0 avec τ= = 1 · 10−4 s .
dt τ R

2 Compte tenu de la valeur de τ , le régime permanent ne sera atteint ni au bout de 10 µs, ni de 200 µs
(2τ n’est pas suffisant, il faut au moins 5τ ). En revanche il le sera au bout de 20 ms.

3 Forme générale des solutions : Cette équation différentielle est homogène. Ses solutions s’écrivent sous la
forme
i(t) = A e−t/τ ,

où A se détermine à partir des conditions initiales.


Condition initiale : Cherchons i(0+ ). À l’instant t = 0− , l’interrupteur est en position 1 et le régime est permanent
continu. Comme la bobine est équivalente à un fil, le circuit est équivalent à une résistance R branché au générateur
de f.é.m. E. D’après la loi d’Ohm, le courant dans le circuit vaut

E
i(0− ) = .
R

Comme le courant dans une bobine doit être continu, on en déduit i(0+ ) = E/R également.
Détermination de la constante d’intégration : D’après la forme générale de la solution, i(0+ ) = A e−0/τ , et par
identification avec la condition initiale on déduit A = E/R. Finalement,

E −t/τ
i(t) = e .
R

4 À l’instant initial, i = E/R, et l’énergie stockée dans la bobine vaut

1 2 1 E2
EL (0) = Li = L 2 .
2 2 R

À l’instant final, i = 0 (se voit ou bien en considérant le circuit équivalent en régime permanent, ou bien en prenant
la solution dans la limite t → ∞), donc
EL (∞) = 0 .

Ainsi, la variation d’énergie dans la bobine vaut

L E2
∆EL = EL (∞) − EL (0) = −
2 R2

L’énergie dissipée dans la résistance entre t = 0 et la fin de l’évolution vaut


ˆ ∞ ˆ ∞
QJ = PJ (t) dt = R i(t)2 dt .
0 0

où PJ est la puissance dissipée par effet Joule à l’instant t. En utilisant l’expression de i(t) établie précédemment,
ˆ ∞ ˆ ∞
E 2 −2t/τ E2 E 2 h τ −2t/τ i∞ E2τ
QJ = R e dt = e−2t/τ dt = − e =
0 R 2 R 0 R 2 0 2R

Comme τ = L/R, on en déduit


L E2
QJ = = −∆EL .
2 R2

Ce bilan traduit bien que l’énergie libérée par la bobine est dissipée par effet Joule dans la résistance.

2/13 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


Correction TD E2 : Régimes transitoires du premier ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 3 : Circuit RC à deux mailles


La solution est nettement plus rédigée que nécessaire, afin de vous guider dans la démarche.

Trouver l’expression de u passe forcément par l’obtention d’une équation différentielle et sa résolution. La mé-
thode étant très systématique, un exercice plus guidé que celui-là est rare. On note t = 0 l’instant de fermeture de
l’interrupteur K.

1 Obtention de l’équation différentielle :


K Commençons par établir l’équation différentielle vérifiée par u pour t > 0,
i0 R où l’interrupteur est fermé. Comme le circuit compte deux mailles, il faudra
utiliser deux lois de Kirchoff, mais l’ordre dans lequel on les utilise importe peu.
E C uC R u D’après la loi des mailles et la loi d’Ohm,
i1 i2 E = R i0 + u .
D’après la loi des nœuds,
u
i0 = i1 + i2 = i0 +
R
Ainsi,
E = (R i1 + u) + u .
En utilisant la loi de comportement du condensateur et le fait qu’à t > 0, uC = u on en déduit l’équation différentielle
vérifiée par u(t > 0).
du du 1 E RC
E = RC + 2u soit + u= avec τ = .
dt dt τ 2τ 2

2 Forme générale des solutions :


La forme générale d’une solution de cette équation différentielle est la somme de la solution générale de l’équation
homogène associée et d’une solution particulière de l’équation avec second membre. Toute solution de l’équation
homogène s’écrit sous la forme
uh (t) = A e−t/τ ,
avec A une constante. Pour trouver une solution particulière, on la cherche de même forme que le forçage E qui est
constant. On voit sur l’équation différentielle que la fonction constante

E
up (t) = .
2
convient, et on peut vérifier par équivalence de circuits que up correspond bien au régime permanent asymptotique
(dans cette limite, on a un diviseur de tension). Ainsi, toute solution de l’équation différentielle complète s’écrit

E
u(t) = uh (t) + up (t) = A e−t/τ + .
2
où A est une constante. Trouver la solution au problème physique qui nous intéresse consiste à trouver A, ce qui se
fait par l’intermédiaire d’une condition initiale u(0+ ).

3 Détermination d’une condition initiale :


Comme, pour t > 0, uC = u alors à l’instant initial u(0+ ) = uC (0+ ). Par conséquent, u(0+ ) = uC (0− ) car
la tension aux bornes d’un condensateur est continue. Mais attention : u(0+ ) 6= u(0− ) car la tension aux bornes
d’un interrupteur ouvert n’est pas nulle ! Déterminons donc uC (0− ). Remarquons pour cela qu’à t < 0, i1 = 0
(condensateur équivalent à un interrupteur ouvert) et i2 = 0 (vrai interrupteur ouvert), et donc d’après la loi des
nœuds i0 = i1 + i2 = 0. La loi des mailles s’écrit alors à t = 0−

E = 0 + uC (0− ) .

Finalement, on en déduit la condition initiale cherchée,

u(0+ ) = E .

4 Détermination de la constante :

3/13 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


Correction TD E2 : Régimes transitoires du premier ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Attention ! Une erreur classique consiste à oublier la solution particulière dans la détermination de A.
Rappelons que les conditions initiales impliquent le circuit complet, et se déterminent donc sur la
solution complète.

E E
uC (0+ ) |{z}
= A+ = E d’où A= .
2 |{z} 2
sol CI

5 Conclusion : On en déduit finalement l’expression cherchée

E 
u(t) = 1 + e−t/τ .
2

Le chronogramme est représenté figure 3.

u2 (t)

E/2

Figure 3 – Chronogramme de la tension u(t).

Exercice 4 : Circuit RL à deux mailles


1.a En régime permanent, la bobine est analogue à un fil donc la tension à ses bornes est nulle,

u2 (∞) = 0 .

On déduit alors directement de la loi des mailles que

u1 (∞) = E .

2.a Le circuit compte deux mailles, il faut donc a priori exploiter deux lois de Kirchoff. La loi des mailles donne

E = u1 + u2 ,

alors que la loi des nœuds donne avec les notations de la question précédente

i1 = i2 + iL .

L’équation différentielle doit porter sur u2 : il faut donc exprimer u1 en fonction de u2 puis injecter le résultat dans
la loi des mailles. D’après la loi d’Ohm puis en utilisant la loi des nœuds,

u1 = R1 i1 = R1 (i2 + iL ) .

Cherchons maintenant à exprimer i2 et iL en fonction de u2 par des lois de comportement. Comme celle d’une
bobine implique la dérivée du courant la traversant, on dérive l’expression trouvée pour u1 avant d’utiliser les lois de
comportement, d’où
du1 di2 diL 1 du2 1
   
= R1 + = R1 + u2
dt dt dt R2 dt L
Comme ce résutat implique du1 /dt, il faut à dériver la loi des mailles par rapport au temps avant de l’y injecter, d’où

du1 du2 1 du2 1 du2


 
0= + = R1 + u2 +
dt dt R2 dt L dt

4/13 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


Correction TD E2 : Régimes transitoires du premier ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

L’équation différentielle s’écrit finalement

du2
 
R1 R1
1+ + u2 = 0
R2 dt L

soit, en l’écrivant sous forme canonique,

du2 1 R1 + R2
+ u2 = 0 avec τ= L.
dt τ R1 R2

2.b Le portrait de phase est une droite d’équation y = −x/τ , c’est-à-dire une droite de pente −1/τ passant par
l’origine, voir figure 4. La position initiale se trouve à partir de la condition initiale déterminée précédemment.

du2 /dt

u2 (0+ )
• u2 (V)

Figure 4 – Portrait de phase de la tension u2 (t).

2.c La position asymptotique est atteinte lorsque du2 /dt = 0, ce qui correspond à u2 (∞) = 0, conformément au
résultat de la question 1.

3.a À t = 0− , la résistance R1 se trouve dans une branche ouverte et n’est donc traversée par aucun courant, donc

u1 (0− ) = 0 .

En régime continu, une bobine est équivalente à un fil, d’où

u2 (0− ) = 0 .

À t = 0− , il n’y a aucune source connectée au circuit dans une maille : tous les courants sont donc nuls.
Le circuit équivalent à t = 0+ est représenté ci-contre. D’après la loi des nœuds
u1 et par continuité de iL , i1 = i2 . D’après la loi des mailles,

i1 i2 iL = 0 E
R1 E = R1 i1 + R2 i2 d’où i1 = i2 = .
R1 + R2
R2 L u2 Comme u1 = R1 i1 et que u2 = R2 i2 (R2 et L sont montées en parallèle), alors
E
R1 R2
u1 (0+ ) = E et u2 (0+ ) = E.
R1 + R2 R1 + R2

3.b L’équation différentielle obtenue est une équation homogène : il n’y a pas de solution particulière à chercher
(ou, de façon équivalente, la solution particulière est u2 (t) = 0). On en déduit que la solution se met sous la forme

u2 (t) = A e−t/τ

avec A une constante à déterminer à partir des conditions initiales. Comme on a montré précédemment que
R2
u2 (0+ ) = E
R1 + R2
et comme u2 (0+ ) = A, alors on en déduit

R2 R2
A= E d’où u2 (t) = E e−t/τ .
R1 + R2 R1 + R2

5/13 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


Correction TD E2 : Régimes transitoires du premier ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

u2 (t)

R2
E
R1 + R2

t
transitoire permanent

Figure 5 – Chronogramme de la tension u2 (t).

3.c Voir figure 5.

4.a On cherche t10 tel que u2 (t10 ) = u2 (0+ )/10, c’est-à-dire

R2 1 R2
E e−t10 /τ = E
R1 + R2 10 R1 + R2
Ainsi,
1 t10 1
e−t10 /τ = soit − = ln et t10 = τ ln 10 .
10 τ 10

4.b On utilise un oscilloscope pour mesurer u2 (t), la masse de l’oscilloscope devant être commune à la masse
du GBF imposant E. À l’aide des curseurs verticaux (donc lignes horizontales), on repère sur l’écran la valeur
initiale u2 (0+ ) et la valeur u2 (t10 ) = u2 (0+ )/10. À l’aide de curseurs horizontaux (donc lignes verticales) on repère
ensuite les instants auxquels le chronogramme u2 (t) croise ces deux curseurs. Le temps t10 est égal à la différence de
position des deux curseurs temporels.

4.c D’après les questions précédentes et pour R1 = 2R2 ,

3R1 2
t10 = τ ln 10 = L ln 10 d’où L= R1 t10 = 0,86 H .
2 R12 3 ln 10

5 Pour pouvoir mesurer t1 0 par la méthode décrite ci-dessus, il faut que la période du signal créneau soit bien plus
grande que le temps de réponse du circuit, au moins T > 4 t10 soit

1
f< ' 102 Hz = 100 Hz .
4 t10

Exercice 5 : Résistance de fuite d’un condensateur


1 Un condensateur est constitué de deux armatures se faisant face séparées par un isolant. Si cet isolant n’est
pas parfait, alors des charges peuvent malgré tout parvenir à passer d’une armature à l’autre en traversant l’isolant.
Ainsi, la décharge spontanée est due à l’imperfection de l’isolant du condensateur.

2 Même imparfait, un condensateur est d’abord et avant tout ... un condensateur : l’élément le plus important de la
modélisation est donc un condensateur idéal. Parmi les dipôles modèles « de référence », celui qui permet de modéliser
un déplacement de charge au travers d’un milieu pas parfaitement conducteur est une résistance, qui constitue donc
le deuxième élément de la modélisation. Reste à savoir comment placer cette résistance. Si elle est montée en série
avec le condensateur, alors en régime permanent celui-ci impose son comportement d’interrupteur ouvert et aucun
courant ne circule dans la branche où il se trouve : cela ne correspond pas à la situation expérimentale envisagée. On
en déduit que la résistance de fuite doit être placée en parallèle du condensateur : dans ce cas, même en
régime permanent, ce modèle permet de décrire qu’un courant peut traverser le condensateur non-idéal.

3 La situation est équivalente à celle du régime libre de décharge d’un condensateur. La tension aux bornes du
condensateur évolue alors selon la loi horaire
(
U0 = u(0)
u(t) = U0 e−t/τ
avec
τ = Rf C

6/13 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


Correction TD E2 : Régimes transitoires du premier ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Ici, l’énoncé indique qu’à t1 = 2 min = 120 s, u(t1 ) = U0 /10 c’est-à-dire


U0
= U0 e−t1 /τ soit t1 = τ ln 10
10
On déduit alors de l’expression de τ
t1
Rf = ' 5 · 108 Ω .
C ln 10

Exercice 6 : Bilan de puissance du régime libre d’un circuit RC série


1 La puissance reçue par un condensateur orienté en convention générateur vaut
du
P = ui = C u .
dt
Ainsi, l’énergie reçue (et stockée) par le condensateur entre un instant initial t = 0 et un instant quelconque t vaut
ˆ t ˆ t
du 1 
∆EC = P(t) dt = C dt = C u(t)2 − u(0)2

u
0 0 dt 2
On peut alors identifier cette énergie accumulée comme étant la différence entre l’énergie stockée à l’instant t et celle
stockée à l’instant 0. On en déduit que l’énergie stockée dans le condensateur ne dépend que de la tension instantanée
à ses bornes, et vaut
1
EC = C u2 .
2

2 Comme il n’y a aucun générateur, alors la somme des énergies reçues par le condensateur et la résistance pendant
un intervalle de temps infinitésimal δt est nulle,

δEC + PJ δt = 0

où PJ est la puissance moyenne pendant δt. Ainsi,


δEC
= −PJ
δt
et en passant à la limite δt → 0,
dEC
= −PJ .
dt

3 Pour établir l’équation différentielle demandée, il faut exprimer l’énergie stockée dans le condensateur et la
puissance dissipée par effet Joule en termes de la tension u. La démonstration passe forcément par un schéma du
circuit pour orienter les dipôles et exprimer les puissances avec le signe correct, en revanche le résultat ne dépendra
pas de la convention choisie.
La puissance dissipée par effet Joule vaut
i
u2 u2
u u PJ = uR × i = R =
C R R R R
car d’après la loi des mailles uR = −u.
Par ailleurs, comme démontré à la question 1, l’énergie stockée par le condensateur vaut EC = 1
2 C u2 . L’équation
différentielle s’écrit donc
d 1 u2
 
C u2 + = 0.
dt 2 R

4 Un calcul explicite de la dérivée donne

1 du u2
C × 2u + = 0,
2 dt R
relation qui doit être vérifiée à tout instant. Comme u n’est pas nulle à tout instant, on peut simplifier par u pour
obtenir
du u du 1
C + =0 soit + u = 0.
dt R dt RC

7/13 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


Correction TD E2 : Régimes transitoires du premier ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

ce qui est bien l’équation différentielle donnée par la loi des mailles.

5 Pour obtenir cette équation différentielle sur EC , il faut exprimer PJ en fonction de EC . Pour cela, remplaçons u2
dans le membre de droite par 2EC /C,

dEC 2EC dEC 2


=− soit + EC = 0
dt RC dt RC

6 Par analyse de l’équation différentielle, on identifie le temps caractéristique des échanges d’énergie comme valant

RC
τe = .
2
Cela est confirmé par la résolution de l’équation différentielle portant directement sur u, qui dans le cas de la décharge
vaut
u(t) = U0 e−t/τu
où U0 est la tension initiale aux bornes du condensateur et τu = RC le temps caractéristique des variations de
tension. En effet, d’après cette expression,
1 1
EC = C u2 = C E 2 e−2t/τu ≡ EC,0 e−t/τe .
2 2
Le temps caractéristique de variation de l’énergie dans le condensateur est bien

τu RC
τe = = .
2 2

Exercices de mécanique
Exercice 7 : La partie immergée de l’iceberg
1 Le poids de l’iceberg s’exprime par
#”
P = m #”
g = ρgl V #”
g,
alors que la poussée d’Archimède est donnée par
#”
Π = −ρliq Vi #”
g.

2 Si l’iceberg est à l’équilibre, alors

#” #” #” Vi ρgl
P +Π= 0 donc ρgl V − ρliq Vi = 0 d’où = = 0,90
V ρliq

ce qui signifie que 90 % du volume de l’iceberg est immergé.

Exercice 8 : Bulles de champagne [inspiré Concours Général des lycées 2016]


1 Le poids de la bulle de champagne a pour norme
4 3
P = mg = πr ρgaz g .
3
Comme toute la bulle est immergée, la poussée d’Archimède a pour norme
4 3
ΠA = πr ρliq g .
3
Ainsi le rapport entre les normes des deux forces vaut

P 4 3
3 πr ρgaz g ρgaz 1
= = ∼  1.
ΠA 4 3
3 πr ρliq g
ρliq 1000

Le poids de la bulle peut être négligé devant la poussée d’Archimède.

2 . Système : bulle, modélisée par un point matériel ;

8/13 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


Correction TD E2 : Régimes transitoires du premier ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

. Référentiel : terrestre, considéré galiléen car la remontée de la bulle est rapide ;


. Bilan des forces :
→ poids de la bulle négligé ;
#” 4
→ poussée d’Archimède Π A = πr3 ρliq g #”ez ;
#” 3
→ force de frottement fluide f = −6πηr v = −6πηrvz #”
#” ez .
. Application du PFD :
d #”
p #” #”
= ΠA + f .
dt R

En projetant sur l’axe Oz,

dvz 4
= πr3 ρliq g − 6πηrvz
m
dt 3
dvz 4
m + 6πηrvz = πr3 ρliq g
dt 3
dvz 6πηr 4
πr3 ρliq g
+ vz = 3
dt m m
On peut alors identifier terme à terme :

1 6πηr m 4 3
3 πr ρgaz 2r2 ρgaz
= soit τ= = d’où τ=
τ m 6πηr 6πηr 9η

et
vlim 4πr3 ρliq g 4
3 πr
3
ρliq g m 2r2 ρliq g
= soit vlim = × d’où vlim = .
τ m m 6πηr 9η

3 Il s’agit d’une équation différentielle linéaire du premier ordre : méthode classique !


. Forme générale des solutions :
→ Solution particulière : le forçage (second membre) est constant, donc la solution particulière aussi, d’où
vp vlim
0+ = d’où vp = vlim .
τ τ

→ Solution homogène : vh = A e−t/τ .


→ Conclusion :
vz = A e−t/τ + vlim .
. Condition initiale : à sa formation la bulle est sans vitesse, on peut donc considérer vz (0) = 0.
. Détermination de la constante :

vz (0) |{z}
= A + vlim |{z}
= 0 soit A = −vlim .
sol CI

. Conclusion :
 
vz = −vlim e−t/τ + vlim soit vz = vlim 1 − e−t/τ .

. Tracé : voir figure 6. La vitesse vlim représente la vitesse finale de la bulle atteinte en régime permanent, et τ
l’ordre de grandeur du temps nécessaire pour l’atteindre.
vz

vlim

τ t

Figure 6 – Vitesse de la bulle de champagne au cours du temps.

9/13 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


Correction TD E2 : Régimes transitoires du premier ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4 On trouve τ ∼ 10−4 s, ce qui est bien plus faible que le temps que met la bulle à remonter dans la flûte, de l’ordre
de 1 s. On peut donc négliger la durée du transitoire et considérer que la bulle est à tout instant en régime
permanent où vz = vlim .

5 Comme l’émission est périodique de période T , choisir fb = 1/T permet d’observer une multitude de bulles, mais
dont les positions correspondent aux positions successives d’une même bulle espacées temporellement de multiples
de T . L’ensemble va apparaître fixe.

6 La bulle parcourt la distance hn+1 − hn−1 en une durée égale à deux périodes T = 1/fb . Ainsi, en assimilant
vitesse moyenne et vitesse instantanée,

hn+1 − hn−1 hn+1 − hn−1


vn = soit vn = f b = 1,5 cm · s−1 .
2/fb 2

7 L’allure des bulles sur la photographie figure 1 n’est pas en accord avec l’hypothèse de vitesse constante :
si c’était le cas, les positions successives seraient régulièrement espacées. L’expression établie précédemment de la
vitesse limite montre qu’elle dépend du rayon de la bulle ... or on constate sur la photographie que le rayon des bulles
augmente lorsqu’elles remontent dans la flûte. C’est probablement cette variation de rayon qui est reponsable
des variations de vitesse.

8 On a montré précédemment que la vitesse limite valait

2r2 ρliq g
vlim =

donc en prenant le logarithme de l’expression

2ρliq g
log vlim = log + log r2 soit log vlim = A + 2 log r .

avec A une constante car le premier terme de la somme est constant.

L’interprétation de la figure est plus délicate : il faut remarquer que les échelles n’y sont pas linéaires, c’est-à-dire
que les graduations ne sont pas « régulièrement » espacées. Il s’agit en fait d’une échelle dite logartihmique, que
nous introduirons dans le chapitre sur le filtrage. La courbe de la figure 2 représente donc en fait log vlim en fonction
de log r. On peut alors constater que tous les points expérimentaux se regroupent sur une droite, dont on peut estimer
la pente à environ 2.

Annales de concours
Exercice 9 : Circuit RL à deux mailles [oral Mines-Télécom]

uR

i R
i1 i2
R
L s
2
E

Figure 7 – Notations pour l’étude du circuit RL à deux mailles.

10/13 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


Correction TD E2 : Régimes transitoires du premier ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Équation différentielle vérifiée par s : avec les notations de la figure 7,


Loi des nœuds : i = i1 + i2
di di1 di2
Dérivation : = +
dt dt dt
1 duR 2 ds s
Lois de comportement : = +
R dt R dt L
1 d 2 ds s
Loi des mailles : (E − s) = +
R dt R dt L
1 ds 2 ds s
− = +
R dt R dt L
3 ds s
+ =0
R dt L
ds R
Finalement : + s=0
dt 3L
ce que l’on peut mettre sous forme canonique :
ds 1 3L
+ s=0 avec τ= .
dt τ R

Rappel de méthode : Comme on veut utiliser la loi de comportement de la bobine, mais qu’elle
implique une dérivée, alors on dérive l’équation de travail au préalable.

Forme générale des solutions : l’équation est homogène, il n’y a donc pas de solution particulière (ou autrement
dit cette solution est nulle). Seule reste la solution homogène, donc
s(t) = A e−t/τ ,
avec A une constante.
Détermination de la condition initiale :
. Étude à l’instant t = 0− : la seule grandeur continue est i2 (courant dans une bobine), il n’y a donc qu’elle qu’on
détermine. Comme le régime est permanent continu et que la branche contenant le seul générateur du circuit est
ouverte, on a directement
i2 (0− ) = 0 .
. Étude à l’instant t = 0+ :
Loi des nœuds : i(0+ ) = i1 (0+ ) + i2 (0+ )
Continuité de i2 : i(0+ ) = i1 (0+ )
uR (0+ ) 2s(0+ )
Lois de comportement : =
R R
E − s(0+ ) 2s(0+ )
Loi des mailles : =
R R
Donc : E = 3s(0+ )
E
Finalement : s(0+ ) = .
3

Rappel de méthode : Il est absolument inutile de déterminer à t = 0− une grandeur qui n’est pas
continue, et ce même si c’est la grandeur d’intérêt. Comme elle n’est pas continue, sa valeur à 0− ne
nous renseigne pas du tout sur sa valeur à 0+ . Ainsi, les seules grandeurs à déterminer à 0− sont les
grandeurs continues : tension aux bornes d’un condensateur et courant dans une bobine.

Détermination de la constante A :
E E
s(0+ ) |{z}
= = A donc A= .
3 |{z} 3
CI sol

Conclusion :
E −t/τ
s(t) = e .
3
La courbe est représentée figure 8.

11/13 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


Correction TD E2 : Régimes transitoires du premier ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018
s
E
3

τ t

Figure 8 – Courbe représentant la tension s en fonction du temps.

Exercice 10 : Condensateur alimenté par deux générateurs [oral CCP]


1 Raisonnons avec les notations de la figure 9 pour t > 0.

u2 u1

i2 R/2 R i1

E/2 C uC E
iC

Figure 9 – Condensateur alimenté par deux générateurs.

Loi des nœuds : iC = i1 + i2


duC 2u1 u2
Lois de comportement : C = +
dt R R
duC E/2 − uC E − uC
Loi des mailles : C =2 +
dt R R
duC 2E 3
Donc C = − uC
dt R R
duC 3 2E
Finalement : + uC = .
dt RC RC

2 Pour la résoudre, écrivons l’équation sous forme canonique en posant τ = RC/3,

duC 1 2E
+ uC = .
dt τ RC

Forme générale des solutions :


. Solution particulière : le forçage est constant donc la solution particulière aussi, donc en injectant dans l’équation
différentielle
3 2E 2
0+ up = d’où up = E .
RC RC 3
. Solution homogène : uh = A e−t/τ .
. Conclusion :
2
uC (t) = A e−t/τ + E .
3
Condition initiale : À l’instant t = 0− , le régime est permanent continu et le condensateur est équivalent à un
interrupteur ouvert. D’après la loi des nœuds,

i1 (0− ) + i2 (0− ) = iC (0− ) soit i1 (0− ) + 0 = 0

La loi des mailles donne alors

uC (0− ) + Ri1 (0− ) = E d’où uC (0− ) = E

12/13 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


Correction TD E2 : Régimes transitoires du premier ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Par continuité de la tension aux bornes d’un condensateur, on déduit

uC (0+ ) = uC (0− ) = E .

Détermination de la constante d’intégration :


2 E
uC (0+ ) |{z} = E
= A + E |{z} d’où A= .
3 3
sol CI

Conclusion :
E −t/τ 2
uC (t) = e + E
3 3

3 La tension uC est décroissante. Ainsi, la valeur finale est atteinte à 1 % près à l’instant t1 tel que

101 2
uC (t1 ) = × E.
100 3
Cherchons t1 :
E −t1 /τ 2 101 2
e + E= × E
3 3 100 3
101
donc e−t1 /τ + 2 = 2 ×
100
soit e−t1 /τ = 0,02
d’où t1 = −τ ln 0,02 .

4 L’énergie dissipée l’est par effet Joule dans les résistances. La puissance dissipée dans la résistance R vaut

u12 (E − uC )2 E 2  −t/τ 2
P1 = = = e −1 .
R R 9R
De même, la puissance dissipée dans la résistance R/2 vaut
 2
E
− uC 2
2
2 E2 1

u
P2 = 2 = 2 =2 e−t/τ − .
R/2 R 9R 2

La puissance totale dissipée vaut donc


2
E 2  −t/τ E2 1
2 
Pdiss = e −1 +2 e −t/τ

9R 9R 2
2 
1
  
E 
= e−2t/τ
− 2e−t/τ
+1 +2 e −2t/τ
−e−t/τ
+
9R 4
E2 3
 
Pdiss = 3 e−2t/τ − 4 e−t/τ + .
9R 2

Lorsque t → ∞, la puissance dissipée tend vers

E2 3 E2
P∞ = × = .
9R 2 6R
Cette valeur correspond à la puissance dissipée par une résistance 3R/2 alimentée par une tension E/2. Cette valeur
est logique : en régime continu, le condensateur est équivalent à un interrupteur ouvert, si bien que les autres dipôles
apparaissent montés en série. Les deux générateurs s’associent alors en un seul de fém E/2 (attention au sens) et les
deux résistances sont équivalentes à 3R/2.

13/13 Étienne Thibierge, 12 novembre 2017, [Link]


Mécanique 2 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Vers la mécanique des solides

Exercices
Exercice 1 : Ascenseur [♦♦]
Un ascenseur dont la cabine pèse 1300 kg monte du rez-de-chaussée au premier étage.
1 - Il démarre avec une accélération de 1,5 m · s−2 . Que vaut la tension du câble qui le hisse ?
2 - Il atteint rapidement une vitesse constante de 2 m · s−1 . Déterminer à nouveau la tension du câble.

Exercice 2 : Brique sur un plan incliné [♦]


On s’intéresse à un plan incliné d’un angle α = 20° par rapport à l’horizontale sur lequel on lance une brique de
masse m = 600 g. La brique est lancée le long de la ligne de plus grande pente du bas vers le haut avec une vitesse #”
v0
de norme 1,5 m · s−1 .
Pour étudier ce mouvement, on utilise un axe (Ox) parallèle au plan incliné et un axe (Oz) orthogonal dirigé vers
le haut tel que v#”0 = v0 #”
e x et tel que O coïncide avec le point de départ de la brique.
1 - Justifier le choix du repérage, et en particulier l’intérêt de considérer un axe incliné.
On imagine pour commencer que le contact entre la brique et le plan incliné se fait sans frottement.
2 - Établir l’équation différentielle du mouvement de la brique lors de la montée.
3 - Déterminer l’instant auquel la brique s’arrête et la distance qu’elle a parcouru.
4 - La brique redescend-elle le long du plan incliné ?
On tient compte maintenant des frottements solides. La force de contact entre le support et la brique se décompose
#” #” #” #” #”
en R = R n + R t où R n est perpendiculaire au support, et R t colinéaire et de sens opposé à la vitesse. Tant que la
brique glisse sur le support, ces deux forces sont reliées par
#” #”
|| R t || = µd || R n ||

où µd = 0,2 est le coefficient de frottement dynamique.


5 - Établir l’équation du mouvement de la brique lors de la montée.
6 - En déduire sans calcul la loi horaire x(t), l’instant auquel la brique s’arrête et la distance qu’elle a parcouru.
Une fois que la brique est arrêtée, la force de frottement solide change de nature : en effet, lorsque la brique
ne glisse pas sur le support, les deux forces Rt et Rn sont reliées par
#” #”
|| R t || ≤ µs || R n ||

où µs ' µd = 0,2 est le coefficient de frottement statique.


7 - Quelle est le sens de la force de frottement lorsque la brique est à l’arrêt ?
8 - À quelle condition sur l’angle α la brique reste-t-elle immobile sans glisser ? Attention, la force de frottement
ayant changé, les équations précédentes ne s’appliquent plus.

Exercice 3 : Machine d’Atwood [♦]


La machine d’Atwood est un appareil conçu pour l’étude de la chute libre par George Atwood
(physicien anglais du XVIIIe siècle) et longtemps amélioré pour se rapprocher davantage d’une
véritable chute. L’intérêt de l’invention est de contourner la brièveté du temps de parcours en
diminuant l’accélération des masses et de permettre par là la mesure du temps écoulé de bien
meilleure façon que les plans inclinés déjà essayés par Galilée.
La machine se compose de deux solides M1 et M2 , de masses respectives m1 et m2 , reliés par
M2
un fil et suspendus de part et d’autre d’une poulie. La poulie est fixée à un bâti. Pour simplifier
M1 l’étude, le fil et la poulie sont supposés idéaux et transmettent parfaitement les efforts.
Déterminer les accélérations des deux solides ainsi que la force exercée par le fil sur M1 et
M2 .

1/2 Étienne Thibierge, 19 janvier 2018, [Link]


TD M2 : Vers la mécanique des solides Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 4 : Posé sur un plateau ? []

À l’extrémité inférieure d’un ressort vertical est suspendu un plateau sur lequel est placé un cube. Le
plateau est lâché sans vitesse initiale après l’avoir descendu d’une altitude A par rapport à sa position
d’équilibre. Le cube décolle-t-il du plateau ?
Remarque : une des principales difficultés de l’exercice est d’établir les équations rigoureusement.

Résolution de problème
Pour aborder un exercice de type résolution de problème, il peut notamment être utile de faire un
schéma modèle, d’identifier et nommer les grandeurs pertinentes, d’utiliser l’analyse dimensionnelle,
de proposer des hypothèses simplificatrices, de décomposer le problème en des sous-problèmes simples,
etc. Le candidat peut également être amené à proposer des valeurs numériques raisonnables pour
les grandeurs manquantes ... et toutes les valeurs données ne sont pas forcément utiles. Le tout est
évidemment à adapter à la situation proposée !

Exercice 5 : Sieste en hamac []


Nous sommes en juillet prochain. Pour vous reposer après une année bien remplie vous êtes partis au soleil et
vous souhaitez vous accorder une petite sieste dans un hamac tendu entre deux pins. Malheureusement, les cordes
d’attache du hamac sont très usées et vous n’aimeriez pas vous retrouver par terre.
Pour minimiser les risques, vaut-il mieux attacher le hamac presque à l’horizontale ou au contraire le laisser
pendre largement ?

2/2 Étienne Thibierge, 19 janvier 2018, [Link]


Mécanique 2 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Vers la mécanique des solides

Exercices
Exercice 1 : Ascenseur
Le système étudié est la cabine d’ascenseur, en mouvement dans le référentiel terrestre, considéré galiléen. La
#” #”
cabine est soumise son poids P , vertical et vers le bas, et à la tension du câble T , verticale et vers le haut. D’après
la loi de la quantité de mouvement,
#”
m #”
a = m #”g +T
ce qui donne en projection sur un axe vertical orienté vers le haut
ma = −mg + T
donc
T = m(a + g)

1 Numériquement,
T = 1,5 · 104 N

2 Une fois la vitesse constante atteinte, l’accélération de la cabine d’ascenseur est nulle, donc

T = mg = 1,3 · 104 N

Exercice 2 : Brique sur un plan incliné


Le système étudié est la brique, en évolution par rapport au référentiel terrestre, supposé galiléen. La brique est
un solide en translation, son mouvement est donc complètement caractérisé par celui de son centre de masse G.
#”
Rn
#”
v
#”
ez #”
Rt
#”
ex
α
#”
P

Figure 1 – Schéma de la brique sur un plan incliné.

1 Le choix d’un axe incliné est judicieux car la brique ne décolle pas du plan incliné. Comme elle est lancée le long
de la ligne de plus grande pente, elle va rester le long de cette ligne sans tourner. La seule donnée de x suffit alors
à repérer complètement la position de la brique. Si l’on avait pris un axe vertical parallèle à #”
g , il aurait fallu deux
coordonnées pour décrire la position de la brique.
#” #”
2 La brique n’est soumise qu’à deux forces : son poids P et la force de réaction du support plan R n , orthogonale
à ce support. D’après le théorème de la résultante cinétique,
d #”
p brique/R #” #”
= P + Rn .
dt
où #”
p = m #”
brique/R v G/R = m #”
v pour simplifier les notations. Comme le mouvement se fait sur le plan incliné, on a
tout du long du mouvment z = cte. Ainsi, en projection,
(
mẍ = −m g sin α
0 = −m g cos α + Rn

1/6 Étienne Thibierge, 19 janvier 2018, [Link]


Correction TD M2 : Vers la mécanique des solides Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

ce qui donne l’équation du mouvement


ẍ = −g sin α .

On peut alors en déduire la norme de la force inconnue, Rn = mg cos α, et cela grâce à la connaissance
que l’on a du mouvement (cela vient du fait qu’on impose « à la main » z̈ = 0). Cette idée est très
générale : l’existence de la liaison (ici mouvement plan) donne une information sur le mouvement
(z = cte) mais ajoute une force inconnue (Rn ).

3 On intègre l’équation du mouvement en utilisant directement la condition initiale #”


v (0) = #”
v 0 , on trouve

v = ẋ = −g sin α t + v0

qui s’annule en
v0
t0 = = 0,45 s .
g sin α
La distance d parcourue est donnée par x(t0 ). Par une nouvelle intégration de l’équation du mouvement, et en insérant
directement la condition initiale x(0) = 0 on trouve

1 1 v02 v02
x = − g sin α t2 + v0 t + 0 soit d = x(t0 ) = − +
2 2 g sin α g sin α
et finalement
v02
d= = 34 cm
2g sin α

4 La brique est accélérée vers la bas du plan incliné tout au long du mouvement, elle redescend donc forcément.
Seuls les frottements peuvent l’en empêcher.

5 Prenons en compte la force supplémentaire dans la loi de la quantité de mouvement. Comme la brique se déplace
#”
dans le sens des x croissants, alors R t = −Rt #”
ex.
d #”
p #” #” #”
= P + Rn + Rt .
dt
Comme le mouvement se fait le plan incliné, on a tout du long du mouvment z = 0. Ainsi, en projection,
(
mẍ = −m g sin α − Rt = −m g sin α − µd Rn
0 = −m g cos α + Rn

Cette fois, l’équation en projection sur #”


e x ne donne pas directement l’équation du mouvement à cause de la force
de réaction du support, qui est une force de liaison, donc inconnue. On peut alors déterminer cette force inconnue à
partir de la connaissance préalable du mouvement et de l’équation projetée sur #”
e y . Ainsi,

Rn = m g cos α

ce qui donne finalement l’équation du mouvement sous la forme

ẍ = −mg(sin α + µd cos α) .

6 L’équation du mouvement a la même forme que précédemment en remplaçant sin α par sin α + µd cos α. Les
résultats précédents se transposent alors directement,

1
x = − g(sin α + µd cos α) t2 + v0 t
2

La transposition fonctionne de la même manière pour donner

v0 v02
t00 = = 0,29 s et d0 = = 22 cm .
g(sin α + µd cos α) 2g(sin α + µd cos α)

2/6 Étienne Thibierge, 19 janvier 2018, [Link]


Correction TD M2 : Vers la mécanique des solides Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Vérifier la cohérence de la solution : les frottements solides font que la brique avance moins longtemps
et moins loin, ce qui est cohérent.

7 S’il n’y avait pas de frottement, la brique à l’arrêt se mettrait à glisser le long du plan incliné. Si elle ne descend
#”
e x la retiennent : R t = +Rt #”
pas, c’est que des frottements orientés selon + #” ex.

8 Lorsque la brique demeure immobile, les forces qu’elle subit se compensent,


#” #” #” #”
P + Rn + Rt = 0

En projection, cela donne ( (


−m g sin α + Rt = 0 Rt = m g sin α
soit
−m g cos α + Rn = 0 Rn = m g cos α
Pour que la brique reste immobile et ne se mette pas à glisser, il faut que

Rt
≤ µs soit tan α ≤ µs
Rn
Ce résultat est conforme à l’intuition : la brique reste en place si l’angle est suffisamment petit, mais glisse s’il devient
trop grand.

Exercice 3 : Machine d’Atwood


Menons l’étude dans le référentiel terrestre, considéré galiléen.

• Analyse qualitative
Les deux solides sont en mouvement de translation rectiligne vertical : il suffit donc d’introduire un axe z vertical,
par exemple orienté vers le haut, pour repérer la position des deux solides.
Par ailleurs, les deux solides sont liés par une corde tendue inextensible : si M1 (qui sur le schéma semble le plus
lourd, on suppose donc m1 > m2 ) descend de ∆z alors M2 monte d’autant. Ils ont donc un vecteur vitesse de même
norme, de même direction, mais de sens opposé. On comprend aussi qu’il en est de même pour les accélérations, on
pose donc
#”
a = #”
a 1 = − #”
a 2 = −a #”
ez
où a est la norme de l’accélération.

• Mise en équation
Appliquons maintenant le TRC au système composé du solide M1 seul. Ce solide est soumis à son poids et à la
#”
tension de la corde T 1 = +T1 #”
uz où T1 désigne la norme. Ainsi,
#”
m1 #”
a = m1 #”
g + T1 soit − m1 a = −m1 g + T1
#”
en projection sur l’axe z. De même, le solide M2 est soumis à son poids et à la tension T 2 = +T2 #”
uz de la corde, donc
#”
m2 #”
a 2 = −m2 #”
a = m2 #”
g + T2 soit m2 a = −m2 g + T2

en projetant.
Appliquer le TRC à un système composé des deux solides M1 et M2 serait une mauvaise idée : la loi de
la quantité de mouvement s’applique au centre d’inertie, mais comme l’un des solides monte alors que
l’autre descend, le mouvement du centre d’inertie ne renseigne en rien sur le mouvement de chacun des
solides. Le même raisonnement vaut aussi pour les systèmes qui inclueraient le fil et les poulies.

On a à ce stade un système de deux équations ... mais à trois inconnues. Pour s’en sortir, il faut revenir à la
modélisation du dispositif. L’énoncé indique que « la corde et la poulie transmettent parfaitement les efforts », ce
qui revient à dire que la norme de la force de tension de la corde est la même tout au long de la corde et de part et
d’autre de la poulie,
T1 = T2 = T .
Le système se simplifie donc en (
−m1 a = −m1 g + T
m2 a = −m2 g + T

3/6 Étienne Thibierge, 19 janvier 2018, [Link]


Correction TD M2 : Vers la mécanique des solides Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

En soustrayant les deux lignes, on peut isoler a,

m1 − m2
(m1 + m2 )a = (m1 − m2 )g donc a= g.
m1 + m2

On remarque que a < g, la chute est donc bien ralentie par rapport au cas de la chute libre. En les multipliant par
« l’autre » masse et en les sommant, on peut en déduire T ,

2m1 m2
0 = −2m1 m2 g + (m1 + m2 )T d’où T = g.
m1 + m2

Enfin, terminons par tester la vraisemblance de la solution. Premier point à vérifier, a et T sont des normes et
sont bien toujours positives (rappelons qu’on a supposé m1 > m2 ). Deuxième test possible, on peut noter que si les
deux masses sont égales alors elles restent en équilibre si elles sont initialement immobiles.
L’expression de T permet de constater que contrairement à l’intuition qu’on peut en avoir, T 6= m2 g,
ou autrement dit M2 ne retient pas M1 de tout son poids. Cela n’a rien d’un problème : une force de
liaison est toujours inconnue a priori.

Exercice 4 : Posé sur un plateau ?


• Analyse qualitative
L’étude est évidemment menée dans le référentiel terrestre. Il s’agit d’une question de contact entre le plateau et
le cube : on s’attend donc à utiliser la loi de la quantité de mouvement pour déterminer une force inconnue, celle qui
traduit le contact entre cube et plateau. La démarche est donc de supposer le contact, de résoudre les équations, et
de revenir sur l’hypothèse pour vérifier ses limites de validité.
• Mise en équation
Reste à trouver à quel système appliquer cette loi : compte tenu de la question, le choix est de considérer le cube,
supposé de masse m. Il est soumis à son poids,
#”
P = m #”
g = −mg #”
ez
#”
et à la force R = R #”e z verticale vers le haut exercée par le plateau. Par contre, comme le ressort et le cube ne se
touchent pas, le ressort n’exerce aucune force sur le cube, tout passe par l’intermédiaire du plateau ... et ce même
si on sent bien que le cube bouge grâce au ressort ! Méfiez-vous des intuitions trompeuses sur les forces ! D’après la
loi de la quantité de mouvement appliquée au cube et projetée sur z,

mz̈ = −mg + R .

Le problème ici est que cette unique équation implique deux inconnues : z̈ et R. Il faut donc une équation
supplémentaire, qui a priori devrait nous donner z̈ puisque l’on cherche R. Cette équation va venir de la loi de la
quantité de mouvement appliquée au plateau : comme le cube et le plateau sont indéformables et en contact, alors
leur accélération est la même. Le plateau est soumis à trois forces que sont son poids,
#”
P 0 = m0 #”
g = −m0 g #”
ez ,

la force de rappel du ressort,


#”
f ress = −k(`(t) − `0 )(− #”
e z ) = +k(`éq − z − `0 ) #”
ez
#” #”
et la force qu’il subit de la part du cube R 0 , égale à − R = −R #”
e z d’après le principe des actions réciproques. D’après
la loi de la quantité de mouvement appliquée au plateau et projetée sur z,

m0 z̈ = −m0 g + k(`éq − z − `0 ) − R

On aboutit donc finalement à un système de deux équations différentielle à deux inconnues, z̈ et R. Comme il s’agit
d’équations différentielles, il n’est pas possible de les résoudre comme des équations algébriques (le z apparaissant
dans la force exercée par le ressort « gênerait »). On va donc commencer par résoudre l’équation sur z puis en
déduire R. En sommant les deux équations, on obtient

(m + m0 )z̈ = −(m + m0 )g − kz + k(`éq − `0 ) .

4/6 Étienne Thibierge, 19 janvier 2018, [Link]


Correction TD M2 : Vers la mécanique des solides Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Avant de se lancer dans la résolution complète, il est préférable d’étudier la position d’équilibre où par définition de
l’équilibre z̈ = 0 et par définition du repère z = 0, donc
0 = −(m + m0 )g + k(`éq − `0 )
Cela permet de simplifier l’équation différentielle, qui s’écrit sous forme canonique
k
z̈ + z = 0.
m + m0
On reconnaît l’équation différentielle d’un oscillateur harmonique de pulsation ω0 = k/(m + m0 ). Comme l’équation
p

est homogène, on a directement


z(t) = α cos(ω0 t) + β sin(ω0 t) .
Les constantes se déterminent à partir des conditions initiales,
= α |{z}
z(0) |{z} = −A et = ω0 β |{z}
ż(0) |{z} = 0
sol CI sol CI

d’où finalement
z(t) = −A cos(ω0 t) .

Maintenant que z est connu, on peut (enfin !) en déduire l’expression de R tant qu’il y a contact (rappelons que
tous les calculs ont été faits en supposant le contact). En appliquant la loi de la quantité de mouvement à la masse,
nous avions montré que
R = mz̈ + mg
et nous venons de calculer
k kA
z̈ = − z=+ cos(ω0 t)
m + m0 m + m0
d’où
m
R= kA cos(ω0 t) + mg .
m + m0
La valeur minimale que prend R doit toujours rester positive, sans quoi le cube décolle, donc le cube reste sur le
plateau tant que
m (m + m0 )g
− kA + mg > 0 soit A < .
m + m0 k

Résolution de problème
Exercice 5 : Sieste en hamac
• Modélisation
Pour faire simple, je te modélise par un point matériel de masse m suspendu par des cordes de même longueur,
supposées inextensibles et tendues. Une modélisation par un solide indéformable ne changerait qualitativement rien.
Le dispositif est donc symétrique, voir figure 2. Pour minimiser le risque que les cordes cassent, il faut minimiser leur
#” #”
force de tension, c’est-à-dire qu’il faut trouver la valeur de α qui minimise la norme de T et T 0 , que je note plus
simplement T et T 0 .

Figure 2 – Un point matériel en train de faire la sieste dans son hamac.

• Mise en équation
Tu es le système en « mouvement » dans le référentiel terrestre, qu’on peut considérer galiléen. On y fixe un repère
(Oxy). Tu es soumis à

5/6 Étienne Thibierge, 19 janvier 2018, [Link]


Correction TD M2 : Vers la mécanique des solides Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018
#”
. ton poids P = m #”g = −mg #” uy ;
#”
. la force de tension T = T (cos α #”ux + sin α #”
uy ) ;
#”0
. la force de tension T = T (− cos α ux + sin α #”
0 #” uy ) ;
Par application de la loi de la quantité de mouvement, on a vectoriellement puis en projection
(
#” #” #”0 #” (T − T 0 ) cos α = 0
P +T +T = 0 d’où
−mg + (T + T 0 ) sin α = 0

On en déduit finalement que T 0 = T , ce dont on pouvait se douter vue la symétrie des cordes, et
mg
2T sin α = mg d’où T = T0 =
2 sin α
La tension des cordes est d’autant plus faible que sin α est grand, donc que α est proche de π/2.
• Conclusion
Il vaut mieux que tu laisses pendre le hamac pour être sûr de ne pas tomber ... mais je ne sais pas si ce sera très
favorable pour ta sieste :)

6/6 Étienne Thibierge, 19 janvier 2018, [Link]


Mécanique 1 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Fondements de la mécanique du point

Exercices
Exercice 1 : Course de voitures télécommandées [♦]
Anatole et Barnabé comparent les performances des voitures télécommandées que le Père Noël leur a apporté.
La voiture d’Anatole a une accélération de 2 m · s−2 alors que celle de Barnabé accélère à 3 m · s−2 , mais la voiture
d’Anatole peut atteindre 12 km · h−1 alors que celle de Barnabé plafonne à 10 km · h−1 .
1 - Qui gagne la course dans l’allée du jardin, longue de 15 m ?
2 - Grand prince, le gagnant accorde une revanche à son malheureux adversaire et lui laisse même choisir la distance
de la course. Quelle distance le perdant doit-il proposer pour être sûr de gagner ?

Exercice 2 : Ballon sonde [♦]


On modélise un ballon sonde par un point matériel de coordonées (x(t), z(t)). Le ballon est lâché depuis le point O
à l’instant t = 0. Il acquiert quasi-instantanément une vitesse verticale v0 qui demeure constante tout au long du
mouvement. Le vent lui communique une vitesse horizontale vx > 0, orientée suivant l’axe (Ox), et proportionnelle
à son altitude z > 0 mesurée par rapport au niveau du sol : vx = z/τ où τ > 0 est homogène à un temps.
1 - Écrire et résoudre l’équation différentielle vérifiée par z(t).
2 - Écrire et résoudre l’équation différentielle vérifiée par x(t), à exprimer en fonction de v0 et τ .
3 - En déduire l’équation z(x) de la trajectoire du ballon sonde.
4 - Représenter cette trajectoire, et représenter le vecteur vitesse du ballon sonde à trois instants différents.
5 - Exprimer les composantes de l’accélération du ballon sonde.

Exercice 3 : « Ça par exemple ! Quel bond ! » [♦]


Dans l’album de Tintin On a marché sur la Lune, le capitaine Haddock s’étonne de pouvoir faire un bond
beaucoup plus grand que sur la Terre. Le but de cet exercice est de déterminer la longueur de ce bond.

On assimile le mouvement du capitaine Haddock à celui de son centre d’inertie. Il saute depuis le sol lunaire avec
une vitesse initiale v0 faisant un angle α = 30° avec le sol. On note gL l’accélération de la pesanteur à la surface de
la Lune, environ six fois plus faible que sur Terre.
1 - Établir l’équation du mouvement.
2 - En déduire l’équation de la trajectoire du centre d’inertie du capitaine Haddock.
3 - Exprimer la distance L qu’il a parcourue en sautant en fonction de v0 , α et gL .
4 - En supposant que le capitaine Haddock est capable de sauter 1,5 m sur Terre et en admettant qu’il n’est pas gêné
par son scaphandre, déterminer numériquement la distance L.

1/2 Étienne Thibierge, 6 novembre 2017, [Link]


TD M1 : Fondements de la mécanique du point Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 4 : Oscilloscope analogique []


Dans une époque pas si reculée où la touche autoscale n’existait pas, les oscilloscopes analogiques exploitaient la
déviation d’un faisceau d’électron sous l’effet d’une tension à imager sur un écran. Cet exercice propose de comprendre
le principe de fonctionnement de ces anciens oscilloscopes. Dans tout l’exercice, on se place dans le référentiel terrestre,
auquel est associé un repère (O, #”
ux , #”
uy , #”
uz ).
Une zone de champ électrique uniforme est établie entre deux plaques P1
y⊗ z
écran et P2 , le champ est supposé nul en dehors de cette zone et les effets de bord sont
fluorescent négligés. La distance entre les plaques est notée d, la longueur des plaques D
x
et on note U la tension (supposée constante et positive) entre les plaques, égale
P1 à la tension d’entrée de l’oscilloscope. On admet que le champ électrique entre
O les plaques s’écrit
z #” U
E = − #” ux .
d
P2
Des électrons accélérés au préalable pénètrent en O la zone où existe le champ
D LX avec une vitesse #”v 0 = v0 #”
uz selon l’axe Oz. On suppose leur poids négligeable
devant la force électrique.
1 - Exprimer la force subie par les électrons lorsqu’ils se trouvent entre les plaques.
2 - Établir l’équation de la trajectoire x = f (z) de l’électron dans la zone du champ en fonction de d, U et v0 .
3 - Déterminer les coordonnées du point de sortie K de la zone de champ et les composantes de la vitesse en ce point.
4 - Montrer que dans la zone entre les plaques chargées et l’écran fluorescent le mouvement est rectiligne uniforme.
5 - On note L la distance entre la sortie de la zone de champ et l’écran fluorescent. Déterminer l’abscisse xI du point
d’impact I de l’électron sur l’écran en fonction de U , v0 , D, d et L.
6 - À la lumière des questions précédentes, expliquer le principe de fonctionnement d’un oscilloscope analogique.
Proposer une solution permettant d’obtenir un chronogramme sur l’écran et pas seulement un point.

Annale de concours
Exercice 5 : Électron dans un champ électromagnétique [ENAC 2016, ♦]
L’épreuve écrite du concours ENAC est un QCM sans calculatrice. Pour chaque question, entre 0 et 2
proposition(s) sont juste(e).

Un électron de masse me ' 10−30 kg et de charge e ' −2 · 10−19 C pénètre, avec un vecteur vitesse #” v 0 , dans une
#” #”
région où règnent un champ électrostatique E et un champ magnétostatique B uniformes, orthogonaux entre eux et
à #”
v 0 . Précisément, dans la base directe { #”
e x , #”
e y , #”
e z } du repère cartésien Oxyz (x, y et z sont les coordonnées carté-
#” #”
siennes de l’électron), E = E e x , B = B e y et #”
#” #” v 0 = v0 #” e z , E, B et v0 étant positifs. L’origine O du repère cartésien
est prise à l’endroit où l’électron pénètre dans la région des champs. La norme v0 de sa vitesse est de 1000 km · s−1 .
#”
1 - On considère dans un premier temps que B = 0, de sorte que l’électron n’est soumis qu’au champ électrique E.
Quelle est l’équation vectorielle du mouvement ? Dans les propositions ci-dessous, #” a est le vecteur accélération.
#” #” #”
eE E #” eE
(a) #”
a = . (b) #”
a = . (c) #”
a = −eme E. (d) #”
a =− . l
me eme me
2 - Quelles sont la nature et l’équation de la trajectoire de l’électron ?
 2
eE z
(a) La trajectoire est une portion de parabole d’équation .
m e v0
eE z
(b) La trajectoire est une portion de droite d’équation .
me v0
 2
−eE z
(c) La trajectoire est une portion de parabole d’équation .
2me v0
−eE z
(d) La trajectoire est une portion de droite d’équation .
2me v0
3 - On place un écran d’observation parallèlement au plan Oxy en z0 = 0,2 m. Sachant que E = 10 V · m−1 , calculer
l’abscisse xe de l’impact de l’électron sur l’écran.
(a) xe ' 4 mm. (b) xe ' −4 mm. (c) xe ' 4 cm. (d) xe ' −4 cm. l

2/2 Étienne Thibierge, 6 novembre 2017, [Link]


Mécanique 1 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Fondements de la mécanique du point

Exercices
Exercice 1 : Course de voitures télécommandées
1 Pour connaître le nom du gagnant, il faut déterminer les lois horaires donnant la position des deux voitures.
Les deux mouvements sont du même type : après une première phase uniformément accélérée d’accélération a, le
mouvement devient ensuite rectiligne uniforme à la vitesse v. Notons x la position d’une des voitures. Supposons par
ailleurs que les voitures partent de x = 0 sans vitesse initiale. Dans la première phase,

1 2
ẍ = a donc ẋ = at + 0 et x= at + 0
2
Le temps τ au bout quel la voiture atteint sa vitesse limite v vaut τ = v/a et la position atteinte par la voiture
vaut x0 = v 2 /2a. Numériquement,

vA2
x0,A = = 2,8 m et x0,B = 1,3 m
2aA

Les deux voitures atteignent donc leur vitesse limite, et il faut étudier la seconde phase du mouvement. Dans cette
seconde phase, t > τ , le mouvement est rectiligne uniforme à la vitesse maximale v que peut atteindre la voiture,
donc
ẋ = v et x(t) = vt + C
La constante d’intégration C se trouve à partir de la condition initiale

v2 v2 v v2 v2
x(τ ) = soit vτ + C = donc v +C = et C=−
2a 2a a 2a 2a
Finalement, on trouve la loi horaire « complète », mais valable seulement pour t > τ ,

v2
x(t) = vt − .
a
Le temps tarr au bout duquel les voitures ont parcouru la longueur L de l’allée s’en déduit,

v2 L v
L = vtarr − d’où tarr = + .
a v 2a

Numériquement,
L vA L vB
tarr,A = + = 3,8 s et tarr,B = + = 4,0 s
vA 2aA vB 2aB
C’est donc Anatole qui gagne.
Attention à bien faire les conversions des vitesses en m · s−1 pour l’application numérique.

2 Barnabé l’emporte si tarr,B < tarr,A , donc si

L0 L0 1 1
 
vB vA vA vB
+ < + soit L0 − < −
vB 2aB vA 2aA vB vA 2aA 2aB

et enfin en réduisant au même dénominateur


 
vA vB v A vB
0
L < − = 6,2 m
2aA 2aB vA − vB

1/6 Étienne Thibierge, 6 novembre 2017, [Link]


Correction TD M1 : Fondements de la mécanique du point Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Il est normal de trouver L0 < L : la voiture de Barnabé accélère plus vite que celle d’Anatole, mais cet
avantage se perd avec la distance.

Exercice 2 : Ballon sonde


1 D’après l’énoncé, vz = v0 constante. L’équation différentielle s’écrit donc

ż = v0 .

. Forme générale des solutions : par intégration,

z(t) = v0 t + C avec C constante.

. Condition initiale : le ballon est lâché du point O, donc z(0) = 0.


. Détermination de la constante :
= C |{z}
z(0) |{z} = 0 d’où C = 0.
sol CI

. Conclusion :
z(t) = v0 t .

2 Par ailleurs, vx = z/τ et en injectant l’expression de z déterminée à la question précédente, on aboutit à

v0 t
ẋ = .
τ

. Forme générale des solutions : par intégration,

v0 t 2
x(t) = + C0 avec C 0 constante.

. Condition initiale : le ballon est lâché du point O, donc x(0) = 0.
. Détermination de la constante :
= C 0 |{z}
x(0) |{z} = 0 d’où C0 = 0 .
sol CI

. Conclusion :
v0 t 2
x(t) = .

3 Comme le ballon sonde est lâché depuis x = 0 et qu’à tout instant vx ≥ 0, alors x(t) > 0 pour tout t. En inversant
la loi horaire sur x, on obtient
2τ x
r
t= ,
v0
puis on remplace dans l’expression de z,

2τ x √
r
z(x) = v0 soit z(x) = 2v0 τ x .
v0

4 Voir figure 1
Méthode de construction du vecteur vitesse On utilise d’une part que #” v est tangent à la tra-
jectoire, d’autre part que vz est constante. En chaque point où l’on souhaite tracer #”v , on construit
d’abord la composante verticale, qui est égale en tout point. On trace ensuite le vecteur tangent à la
trajectoire qui a cette composante verticale.

5 Par dérivation des composantes de la vitesse, on trouve

v0
ax = ẍ = et az = z̈ = 0 .
τ

2/6 Étienne Thibierge, 6 novembre 2017, [Link]


Correction TD M1 : Fondements de la mécanique du point Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018
z

#”
v (t3 )

#”
v (t2 )

#”
v (t1 )

#”
v (t = 0)
x

Figure 1 – Trajectoire du ballon sonde. Les traits pointillés indiquent la construction du vecteur vitesse.

Exercice 3 : « Ça par exemple ! Quel bond ! »

1 On étudie le mouvement du capitaine Haddock, modélisé par un point matériel M de masse m en évolution
#”
dans le référentiel lunaire R, supposé galiléen. Il n’est soumis qu’à son propre poids P = m #”
g L . D’après la loi de la
quantité de mouvement,
#”
m #”
a M/R = P = m #” gL soit #”
a M/R = #”
gL
Le mouvement étant uniformément accéléré, il va être plan, le repérage le plus naturel pour l’étudier est un repérage
cartésien dont un axe est confondu avec l’accélération et l’origine à la position initiale du capitaine Haddock. On
peut alors construire le schéma figure 2, où on représente à la fois la situation initiale pour introduire les notations
et une situation quelconque.

z
M (t)
#”
v0

M (t = 0) α x
#”
a
#”
gL

Figure 2 – Saut du capitaine Haddock sur la Lune.

En projection, la loi de la quantité de mouvement donne (les constantes se déterminent à partir des conditions
initiales) ( (
mẍ = 0 ẋ = cte = v0 cos α
donc
mz̈ = −m gL ż = −gL t + cte = gL t + v0 sin α
et finalement
 x = v0 cos α t + cte = v0 cos α t

 z = − 1 gL t2 + v0 sin α t + cte = − 1 gL t2 + v0 sin α t


2 2

2 D’après l’équation du mouvement en x,


x
t= .
v0 cos α
En insérant ce résultat dans l’équation sur z, on trouve l’équation de la trajectoire

1 x2 x gL
z = − gL 2 + v0 sin α soit z=− x2 + tan α x
2 v0 cos2 α v0 cos α 2v02 cos2 α

3 La distance L parcourue par la capitaine Haddock en sautant est telle que z(L) = 0, c’est-à-dire
 
gL
0=L − 2 L + tan α
2v0 cos2 α

3/6 Étienne Thibierge, 6 novembre 2017, [Link]


Correction TD M1 : Fondements de la mécanique du point Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Mathématiquement, L = 0 est solution, mais c’est bien sûr le point de départ du saut. La solution physiquement
pertinente est donc telle que

gL 2v02 cos2 α tan α 2v 2 cos α sin α


− L + tan α = 0 soit L= = 0
2v02 cos2 α gL gL

et finalement
v02 sin 2α
L=
gL

Rappel mathématique : 2 sin α cos α = sin 2α

4 La distance L0 que le capitaine Haddock parcourrait sur Terre avec le même saut serait

v02 sin 2α
L0 =
gT

Ainsi,
gT 0
L= L = 6L0 = 9 m .
gL

Exercice 4 : Oscilloscope analogique


1 La force de Lorentz électrique s’exprime simplement comme

#” #” eU #”
F = −eE = ux .
d

2 . Système : électron de masse m ;


. Référentiel : terrestre, considéré galiléen.
. Bilan des forces : uniquement la force électrique.
. Application du PFD : comme ni la force électrique, ni la vitesse initiale n’ont de composante sur #”
uy alors le
mouvement de l’électron est limité au plan (xOz). Les projections s’écrivent

 mẍ = e U
d
mz̈ = 0

. Première intégration pour trouver la vitesse :


→ Forme générale des solutions : 
 ẋ = e U t + C
x
md
ż = Cz

→ Condition initiale : #”
v (t = 0) = v0 #”
uz .
→ Détermination des constantes :

= Cx |{z}
ẋ(0) |{z} = 0 et = Cz |{z}
ż(0) |{z} = v0
sol CI sol CI

→ Conclusion : 
 ẋ = e U t
md
ż = v0

. Deuxième intégration pour trouver les lois horaires :


→ Forme générale des solutions : 
 x = e U t2 + C 0
2md x

z = v0 t + C z
0

→ Condition initiale : l’électron se trouve initialement en O.

4/6 Étienne Thibierge, 6 novembre 2017, [Link]


Correction TD M1 : Fondements de la mécanique du point Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

→ Détermination des constantes :

= Cx0 |{z}
x(0) |{z} = 0 et = Cz0 |{z}
z(0) |{z} = 0
sol CI sol CI

→ Conclusion : 
 Xx = e U t2
2md
z = v0 t

. Trajectoire : il faut éliminer t de l’une de ces équations, ce qui se fait en remplaçant t par z/v0 dans l’équation
portant sur x, d’où
eU
x= z2
2 m d v02

3 Comme les plaques ont pour longueur D, alors on a forcément

eU
zK = D et xK = D2 .
2 m d v02

Le plus simple pour déterminer la vitesse en sortie est de déduire l’instant tK = zK /v0 = D/v0 où la particule passe
par K de la loi horaire et de le substituer dans la loi de vitesse, ce qui donne

eU D
ẋK = et żK = v0
m d v0

4 En supposant la vitesse vK suffisamment élevée pour que l’effet du poids de la particule puisse être négligé,
celle-ci n’est soumise à aucune force. Son mouvement est alors rectiligne uniforme.

5 Comme le mouvement est rectiligne uniforme, on sait qu’à tout instant

eU D
ẋ(t) = ẋK = et ż(t) = żK = v0 .
m d v0
Si on rédéfinit l’instant t = 0 comme l’instant auquel l’électron atteint le point K, on peut intégrer ces équations
différentielles.
. Forme générale des solutions :
 x(t) = e U D t + C

x
m d v0
z(t) = v0 t + Cz

. Condition initiale : attention, l’instant t = 0 a été redéfini, donc

eU
x(0) = xK = D2 et z(0) = zK = D .
2 m d v02

. Détermination des constantes :


eU
= Cx |{z}
x(0) |{z} = D2 et = Cz |{z}
z(0) |{z} = D.
2 m d v02
sol CI sol CI

. Conclusion :   
 x(t) = e U D t + D

m d v0 2v0
 z(t) = v t + D

0

L’électron atteint l’écran à l’instant t? tel que z(t? ) = D + L soit t? = L/v0 . On en déduit alors
   
eU D L D eU D D
xI = x(t ) =
?
+ d’où XI = L+ .
m d v0 v0 2v0 m d v02 2

5/6 Étienne Thibierge, 6 novembre 2017, [Link]


Correction TD M1 : Fondements de la mécanique du point Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Méthode plus rapide, plus élégante ... mais plus subtile :


Notons α l’inclinaison du vecteur vitesse de la particule par rapport à l’axe z en K. Ainsi, en notant vK
sa norme, on a żK = vK cos α et ẋK = vK sin α, soit
ẋK eU D
tan α = =
żK m d v02

Lorsque la particule avance de L le long de l’axe z, elle se déplace de δ dans la direction x avec
LeU D
δ = L tan α = ,
m d v02

ce qui donne au final XI = xK + δ soit


 
D eD
XI = +L U.
2 m d v02

6 L’abscisse du point d’impact xI sur l’écran est proportionnelle à la tension et permet donc de la visualiser direc-
tement. Pour obtenir un chronogramme sur l’écran et pas seulement un point, il faut d’une part que la fluorescence
dure suffisamment longtemps, et d’autre part que la direction d’émission des électrons varie au cours du temps. Cela
est assuré par deux autres plaques alimentées par une tension alternative dépendant de la base de temps qui dévient
les électrons le long de la direction y.

Annale de concours
Exercice 5 : Électron dans un champ électromagnétique [ENAC 2016]
Comme un QCM n’appelle aucune justification, il faut absolument privilégier l’analyse physique aux calculs, ce
qui permet de répondre rapidement à certaines questions.

1 On raisonne sur l’électron, soumis à la seule force de Lorentz. Par application de la loi de la quantité de
mouvement,
#”
#” eE
me #”
a = −eE d’où #”
a =−
me
réponse (d).

2 Intégrons vectoriellement l’équation du mouvement en tenant directement compte des conditions initiales,
#” #”
d #”
v eE #” eE
=− donc v =− t + #”
v0
dt me me
puis
#”
# ” eE 2 #” #”
OM = − t + v 0t + 0 .
2me
En projetant sur l’axe x,
 eE 2
 x = − 2me t

  2
eE z
d’où x=− .

 y=0 2me v0
z = v0 t

réponse (c).

3 Réponse (d).

6/6 Étienne Thibierge, 6 novembre 2017, [Link]


Mécanique 3 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Mouvements à trajectoires circulaires

Exercices
Exercice 1 : Musculation vectorielle [♦♦]
On considère une base cartésienne de centre O et de vecteurs unitaires ( #” ux , #”
uy , #”
uz ). On lui superpose la base
cylindrique de même centre et de vecteurs unitaires ( ur , uθ , uz ) et on note θ l’angle orienté de #”
#” #” #” ux vers #”
ur .
1 - Faire un schéma représentant les six vecteurs définis précédemment et l’angle θ.
2 - Exprimer les trois vecteurs de la base cylindrique dans la base cartésienne.
3 - Exprimer les trois vecteurs de la base cartésienne dans la base cylindrique.
d #”
ur
4 - En dérivant | #” est perpendiculaire à #”
2
ur | , montrer que le vecteur dérivé ur .
dt

Exercice 2 : Descente dans un parking souterrain [♦♦]


L’architecture du parking des Halles de Lyon est telle que lorsqu’une voi-
ture descend elle reste à distance constante de l’axe du parking. On supposera
l’inclinaison de la rampe de parking constante, on ne décrira la voiture que par
un point, et on supposera qu’elle se déplace dans le parking à vitesse constante.
1 - Justifier que le repérage adapté à décrire le mouvement de la voiture dans
le parking est un repérage cylindrique.
2 - Donner sans calcul les équations horaires r(t) et z(t).
3 - Exprimer le vecteur vitesse de la voiture et son vecteur accélération.
4 - En déduire que l’accélération de la voiture est toujours radiale, c’est-à-dire portée par le vecteur #”
ur .

Exercice 3 : Duel de McLaren [♦]


Lors des essais chronométrés d’un grand prix, Fernando Alonso et Jenson
Button arrivent en ligne droite et coupent l’axe ∆ au même instant de leur
parcours. Ils prennent le virage de deux façons différentes :
A
. Alonso suit une trajectoire circulaire de rayon RA = 90,0 m ;
B . Button choisit une trajectoire de rayon RB = 75,0 m.
On cherche à trouver la trajectoire optimale, c’est-à-dire à savoir lequel des
RB deux pilotes gagne du temps dans le virage.
RA 1 - Déterminer les distances DA et DB parcourues par les deux pilotes entre
leurs deux passages par l’axe ∆. Peut-on conclure ?
2 - Pour simplifier, on imagine que les deux voitures roulent à des vitesses
vA et vB constantes entre leurs deux passages par l’axe ∆. Déterminer ces
vitesses en sachant que l’accélération des voitures doit rester inférieure à
∆ 0,8g : au delà de cette limite, elles dérapent et finissent la course dans les
graviers. Les calculer numériquement.
3 - Quelle est finalement la meilleure trajectoire ?

Exercice 4 : La face cachée de la Lune [♦]


Le référentiel géocentrique est caractérisé par trois directions fixes, définies par le centre de la Terre T et trois
étoiles suffisamment éloignées pour que les considérer fixes soient une bonne approximation (on parle souvent de
l’étoile polaire et de l’étoile Beta du Centaure, mais en pratique énormément d’étoiles sont suffisament éloignées pour
convenir). Dans ce référentiel géocentrique, la Lune effectue une révolution circulaire centrée sur la Terre en 27,3
jours. Les distance du centre de la Terre au centre de la Lune est environ égale à D = 3,8 · 105 km.
1 - Décrire le mouvement de la Lune dans le référentiel géocentrique, en distingant notamment s’il s’agit d’un

1/2 Étienne Thibierge, 29 janvier 2018, [Link]


TD M3 : Mouvements à trajectoires circulaires Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

mouvement de translation circulaire ou d’un mouvement de rotation.


2 - En déduire la vitesse angulaire Ω du centre de la Lune sur sa trajectoire.
3 - Déterminer la vitesse et l’accélération du centre de la Lune dans le référentiel géocentrique. Calculer numérique-
ment la norme de sa vitesse.
4 - Décrire la mouvement de la Lune dans le référentiel sélénocentrique, qui a les mêmes axes de référence que le
référentiel géocentrique mais suit le centre de la Lune.
5 - Déterminer la vitesse angulaire Ωp de rotation propre de la Lune, c’est-à-dire de la rotation de la Lune sur
elle-même.

Exercice 5 : Glissade sur un igloo [♦]


z Cet exercice s’intéresse à la glissade d’un enfant esquimau E de masse m sur le toit
d’un igloo d’où il s’élance sans vitesse initiale. L’enfant glisse sans aucun frottement
E à la surface de l’igloo. Sa position est repérée par l’angle θ. Pour simplifier, l’igloo est
supposé sphérique de rayon R.
θ
1 - Appliquer le théorème de la résultante cinétique à l’enfant pour en déduire deux
équations différentielles portant sur l’angle θ. Identifier l’équation du mouvement, qui
permet de déterminer θ(t). Quelle information l’autre équation contient-elle ?
2 - En multipliant l’équation du mouvement par θ̇, montrer que
2g
θ̇2 = (1 − cos θ) .
R

3 - En déduire l’expression de la force de réaction de l’igloo.


4 - L’enfant décolle-t-il du toit de l’igloo avant d’atteindre le sol ? Si oui, pour quel angle ?

Exercice 6 : Mouvement circulaire avec ressort [♦]


On considère une masse, assimilable à un point matériel M de masse m, placée sur un plan horizontal où elle
peut se déplacer sans frottement. Elle est reliée par un ressort de raideur k et longueur naturelle `0 à un point O. À
l’instant initial, OM = L et la masse est lancée avec une vitesse #”
v 0 . On cherche comment choisir #”v 0 et L pour que
le mouvement soit circulaire.
1 - Déterminer sans calcul le rayon du cercle et la direction à donner à #”v . 0

2 - Montrer que si le mouvement est circulaire alors il est également uniforme.


3 - En déduire une condition sur L et la valeur à donner à v0 en fonction de L pour que le mouvement soit circulaire.

Exercice 7 : Enrouler le fil, dérouler le fil ... []


Un fil de longueur L, inextensible et de masse négligeable, est accroché tangen-
M0 tiellement à une bobine plate de rayon R. À l’extrémité libre est accroché un point
#”
v0 matériel M , de masse m. L’effet de la pensanteur est négligé.
Le fil est tendu et M lancé dans le plan de la bobine depuis la position M0 ,
M (t) perpendiculairement au fil, avec une vitesse initiale #”
v 0 , afin d’enrouler le fil autour
de la bobine.
I(t) On utilise la base polaire relative au point I, point du fil le plus proche de M à
être en contact avec la bobine.
#” # ”
1 - Montrer que OM = R #” e r + (L − Rθ) #”
#” er
eθ e θ . En déduire les composantes de la vitesse
θ et de l’accélération de M dans cette base.
I0
O 2 - En utilisant le PFD, montrer que la vitesse radiale de M est constante. Que vaut
cette constante ?
3 - En déduire par intégration une relation entre θ et t, puis déterminer la durée
totale τ nécessaire pour enrouler le fil en totalité.
4 - Établir la loi horaire r !
L t
θ(t) = 1− 1− .
R τ

5 - Vérifier que le fil reste tendu tout au long du mouvement.

2/2 Étienne Thibierge, 29 janvier 2018, [Link]


Mécanique 3 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Mouvements à trajectoires circulaires

Exercices
Exercice 1 : Musculation vectorielle
1

2 Les projections donnent


#”
ur = cos θ #”
ux + sin θ #”
uy #”
uθ = − sin θ #”
ux + cos θ #”
uy #”
uz = #”
uz

Il existe un moyen mnémotechnique pour retrouver les projections. Comme sin 0 = 0, se placer en θ = 0
permet de trouver le vecteur qui porte cos θ et de même, comme cos(π/2) = 0 se placer en θ = π/2
permet de trouver le vecteur qui porte sin θ.

3 On peut évidemment inverser les équations précédentes, mais il est plus intéressant de raisonner aussi par
projections.
#” ur − sin θ #”
ux = cos θ #” uθ #”
uy = sin θ #”
ur + cos θ #”
uθ #”
uz = #”
uz

Comme | #”
ur | = #”
ur · #”
2
4 ur , alors
d #” 2 d #”
ur
| ur | = 2 #”
ur ·
dt dt
d #” 2
mais par ailleurs | #”
2
ur | = 1 donc | ur | = 0. On en déduit
dt
#” d #”
ur
ur · = 0,
dt
d #”
ur
ce qui signifie bien que #”
ur et sont perpendiculaires.
dt

Exercice 2 : Descente dans un parking souterrain


Le mouvement est implicitement étudié par rapport au référentiel terrestre : il est sous-entendu que toutes les
dérivées sont calculées par rapport à ce référentiel.

1 L’énoncé indique que la voiture reste à distance constante d’un axe : cet axe a donc une importance particulière
pour le mouvement, est il est naturel de le choisir comme axe z d’un repérage cylindrique. Ce repérage est rendu
d’autant plus naturel par l’hypothèse de distance constante.

2 Par hypothèse, r(t) = R = cte. Par ailleurs comme la voiture se déplace à vitesse constante sur une rampe
d’inclinaison constante, sa vitesse de déplacement vertical Vz est constante, donc z(t) = Vz t + z0 où z0 est déterminé

1/6 Étienne Thibierge, 29 janvier 2018, [Link]


Correction TD M3 : Mouvements à trajectoires circulaires Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

par une condition initiale.

3 En repérage cylindrique, le vecteur vitesse vaut

#”
v = ṙ #”
ur + rθ̇ #”
uθ + ż #”
uz soit #”
v = Rθ̇ #”
uθ + Vz #”
uz .

Le vecteur accélération s’écrit lui


#”
a = (r̈ − rθ̇2 ) #”
ur + (2ṙθ̇ + rθ̈) #”
uθ + z̈ #”
uz soit #”
a = −Rθ̇2 #”
ur + Rθ̈ #”
uθ .

4 La voiture est supposée rouler à vitesse uniforme V dans le parking. En le traduisant sur la norme du vecteur
vitesse,
| #”
2
v| = V2 soit R2 θ̇2 + Vz2 = V 2
On déduit de cette équation que la vitesse angulaire θ̇ est constante, et par conséquent θ̈ = 0. L’accélération se
simplifie alors en
#”
a = −Rθ̇2 #”u , r

elle est donc bien toujours radiale.

Exercice 3 : Duel de McLaren


1 La voiture A d’Alonso entame son virage dès qu’il passe par l’axe ∆ et parcourt un demi-cercle, de longueur
2π RA
DA = soit DA = π RA = 283 m .
2
En revanche, la voiture B de Button continue en ligne droite sur une distance RA − RB avant d’entamer son virage,
et parcourt de nouveau la même distance en ligne droite avant la sortie du virage. Ainsi,

DB = 2(RA − RB ) + πRB = 266 m .

La voiture B parcourt moins de distance que la voiture A, mais il est impossible d’en conclure quoi que ce
soit puisqu’on ne sait pas si les deux trajectoires sont parcourues à la même vitesse.

2 Lorsqu’elles sont sur la partie circulaire de leur trajectoire, parcourue à vitesse constante (en norme), l’accélération
(en norme) des voitures vaut
v2
a= = 0,8g
R
puisque les pilotes prennent tous les risques. Ainsi,

vA = 0,8 g RA = 26,6 m · s−1 et vB = 0,8 g RB = 24,3 m · s−1


p p

3 Calculons pour conclure le temps mis par chacun des pilotes pour passer le virage,
D
∆t =
v
ce qui donne numériquement
∆tA = 10,6 s et ∆tB = 10,9 s
Finalement, Alonso va plus vite que Button pour parcourir le virage : la meilleure trajectoire est la plus
extérieure des deux ... ne vérifiez pas en rentrant chez vous ;)

Exercice 4 : La face cachée de la Lune


1 Représentons le mouvement de la Lune dans le référentiel géocentrique, figure 1. Pour représenter son mouvement,
on utilise le fait que la face visible depuis la Terre est toujours la même. Ainsi, la Lune a un mouvement de
rotation uniforme autour de l’axe (T, u #” ).
z

2 La Lune effectue une révolution complète, c’est-à-dire une rotation de 2π en ∆T = 27,3 jours. Sa vitesse angulaire
de rotation vaut donc

Ω= = 2,7 rad · s−1 .
∆T

2/6 Étienne Thibierge, 29 janvier 2018, [Link]


Correction TD M3 : Mouvements à trajectoires circulaires Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018
xL xL
yL

L L
yL
yT yL

xL L T#” xT L xL
uz

yL

yL
L L

yL
xL xL

Figure 1 – Mouvement de la Lune dans le référentiel géocentrique. La face cachée de la Lune est grisée.

3 Le centre de la Lune a une trajectoire circulaire, parcourue à vitesse angulaire constante. L’analogue à la base
polaire locale de centre T est ici la base ( #”
u xL , #”
u yL ). En traduisant les résultats établis en cours, on aboutit à

#”
v L/géo = D Ω #”
u yL et #”
a L/géo = −D Ω2 #”
u xL .

Numériquement, vL/géo = 1,0 · 103 m · s−1 .

4 Dans le référentiel sélénocentrique, la Lune a un mouvement de rotation autour de l’axe (L, #” uz ). On voit à
partir du schéma que comme dans le référentiel géocentrique, elle fait un tour sur elle-même en 27,3 jours.

5 On en déduit que la vitesse Ωp de rotation propre de la Lune sur elle-même est la même que la vitesse de
rotation Ω de la Lune autour de la Terre,

Ωp = Ω = 2,7 rad · s−1 .

Exercice 5 : Glissade sur un igloo


#”
Le système étudié est l’enfant esquimau, en mouvement dans le référentiel terrestre. Il est soumis à son poids P
#”
et à la réaction N de l’igloo, qui est sans frottement. Dans la base polaire, voir figure 2,
#” #”
N = N #”
er et P = −m g cos θ #”
e r + m g sin θ #”

#”
#” N
z er

#”

θ
#”
P

Figure 2 – Glissade d’un enfant esquimau.

1 Exprimons l’accélération de l’enfant : comme l’igloo est sphérique alors r = R = cte.


# ”
OM = R #”
er donc #”
v = Rθ̇ #”
eθ et #”
a = Rθ̈ #”
e θ − Rθ̇2 #”
er

3/6 Étienne Thibierge, 29 janvier 2018, [Link]


Correction TD M3 : Mouvements à trajectoires circulaires Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Rappel : #”
e˙r = θ̇ #”
e θ et #”
e˙θ = −θ̇ #”
er .

D’après le théorème de la résultante cinétique,

−mRθ̇2 = N − mg cos θ
(

mRθ̈ = mg sin θ

L’équation du mouvement est celle projetée sur #”


e θ . L’équation projetée sur #”
e r contient en effet une force inconnue N ,
et ne permet donc pas de déterminer le mouvement ... par contre elle permet de déterminer cette force.

2 L’équation du mouvement s’écrit


g
θ̈ − sin θ = 0
R
ce qui donne en multipliant par θ̇
g
θ̈θ̇ − sin θθ̇ = 0 .
R
Intégrons l’équation par rapport au temps,
θ̇2 g
+ cos θ = C
2 R
Comme l’enfant s’élance de θ = 0 sans vitesse (θ̇(0) = 0), donc
g
C=
R
soit finalement
2g
θ̇2 = (1 − cos θ) .
R

La méthode pour passer d’une équation sur θ̈ à une équation portant sur θ̇2 est à retenir. C’est la même
méthode qui permet d’établir le théorème de l’énergie cinétique, et on retrouve des méthodes voisines
pour démontrer les expressions des énergies potentielles ... et aussi celles de l’énergie stockée dans un
condensateur ou une bobine.
Cependant, nous verrons dans un prochain chapitre qu’il est bien plus rentable pour cette question
d’utiliser le théorème de l’énergie cinétique plutôt que le théorème de la résultante cinétique.

3 D’après le TRC en projection radiale,

−mRθ̇2 = N − mg cos θ donc N = −2gm (1 − cos θ) + mg cos θ soit N = mg(3 cos θ − 2)

4 L’enfant décolle de l’igloo si la force N de la liaison avec l’igloo s’annule, donc pour un angle θd tel que

2
3 cos θd − 2 = 0 soit θd = arccos = 48° .
3

Une façon évidente de se rendre compte « qu’il se passe quelque chose » pour θ = θd est de remarquer
qu’au delà la norme de N deviendrait négative ... ce qui n’a bien sûr aucun sens.

Exercice 6 : Mouvement circulaire avec ressort


Le système est évident, c’est le point matériel, en mouvement par rapport au référentiel terrestre, que l’on suppose
galiléen. Il va tourner autour du point O : ce sont donc les coordonnées cylindriques qui sont adaptées.

1 Le cercle a forcément un rayon égal à L : à t = 0, M est déjà sur le cercle trajectoire. De plus, le vecteur vitesse
est à tout instant tangent à la trajectoire, donc orthoradial pour un mouvement circulaire : v #” doit être dirigée
0
#”
selon ± eθ . On fait le choix de ne garder que le signe + pour la suite des calculs, le signe − revient simplement à
changer le sens de parcours du cercle.

2 Supposons le mouvement circulaire de rayon L. Dans ce cas,


# ”
OM = L #”
er donc #”
v = Lθ̇ #”
eθ et #”
a = Lθ̈ #”
e θ − Lθ̇2 #”
er

4/6 Étienne Thibierge, 29 janvier 2018, [Link]


Correction TD M3 : Mouvements à trajectoires circulaires Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Rappel : #”
e˙r = θ̇ #”
e θ et #”
e˙θ = −θ̇ #”
er .

Le point M est soumis à trois forces :


#”
. son poids P = m #”g = −mg #”ez ;
#”
. la réaction du support, normale car les frottements sont négligés : R N = RN #”
ez ;
. la force de rappel exercée par le ressort :
#”
f = −k(` − `0 ) #”
u sortant = −k(L − `0 ) #”
er .
D’après le PFD, on a en projection
 −mLθ̇ = −k(r − `0 )
2


mLθ̈ = 0

mz̈ = −mg + RN

Intégrer la projection sur #”


e θ conduit à
θ̇ = cte ,
c’est-à-dire que le mouvement est uniforme.
Une méthode plus rapide vue dans un prochain chapitre serait d’utiliser le théorème de l’énergie ciné-
tique : toutes les forces sont orthogonales au vecteur vitesse, donc aucune ne travaille, donc la vitesse
est de norme constante.

3 L’accélération pour un mouvement circulaire uniforme à vitesse v0 vaut


2
#” v
a = − 0 #”
er
L
donc ici
v02 kL(L − `0 )
−m = −k(L − `0 ) soit v02 =
L m
Comme v02 doit être positif, alors un mouvement circulaire n’est possible que si L > `0 , et
r
#” kL(L − `0 ) #”
v0 = ± eθ .
m
.
La condition sur L peut peut se comprendre intuitivement en pensant « force centrifuge » (concept
physiquement subtil et compliqué, pas au programme de la filière PTSI-PT, mais utilisons-le pour
comprendre) : la force centrifuge tend à éloigner le point matériel du centre de la trajectoire. Pour
qu’un mouvement circulaire soit possible, il faut que le ressort ait lui pour effet de ramener M vers
le centre, ce qui n’est possible que si le ressort est étendu, donc L > `0 . Si le ressort est initialement
comprimé, il éloigne M de O, et le mouvement ne peut pas être circulaire.

Exercice 7 : Enrouler le fil, dérouler le fil ...


1 La longueur de fil enroulée lorsque I se trouve à l’angle θ vaut Rθ. Ainsi,
# ” #” # ”
OM = OI + IM = R #”
e r + (L − Rθ) #”
eθ .

En dérivant,

#”
v = R #”
e˙r + (−Rθ̇) #”
e θ + (L − Rθ) #”
e˙r = Rθ̇ #”
e θ + (−Rθ̇) #”
e θ + (L − Rθ)(−θ̇ #”
er ) soit #”
v = (Rθ − L)θ̇ #”
er .

Et de même,

#”
a = (Rθ̇)θ̇ #”
e r + (Rθ − L)θ̈ #”
e r + (Rθ − L)θ̇ #”
e˙r soit #”
a = Rθ̇2 + (Rθ − L)θ̈ #”
 
e r + (Rθ − L)θ̇2 #”
eθ .

#”
2 M n’est soumis qu’à la tension du fil T = −T #”
e θ , dirigée de M vers I. D’après le PFD,

mRθ̇2 + m(Rθ − L)θ̈ = 0


(

m(Rθ − L)θ̇2 = −T

5/6 Étienne Thibierge, 29 janvier 2018, [Link]


Correction TD M3 : Mouvements à trajectoires circulaires Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Sur la projection radiale on reconnaît, à la masse près, la dérivée de vr , composante radiale de la vitesse (ce qui est
évident compte tenu de la façon dont on a établi l’expression de l’accélération). Ainsi, par « intégration »,

(Rθ − L) θ̇ = cte

En se plaçant à l’instant initial où #”


v = −v0 #”
e r pour déterminer la constante, on en déduit qu’à tout instant

(Rθ − L) θ̇ = −v0 .

3 La relation précédente s’écrit


Rθθ̇ − Lθ̇ + v0 = 0
soit en intégrant
1 2
Rθ − Lθ + v0 t = cte .
2
Or à l’instant t = 0, θ = 0, donc la constante est nulle. On en déduit la relation

1 2
Rθ − Lθ + v0 t = 0 .
2

Lorsque tout le fil est enroulé autour de la bobine, t = τ et θ = L/R d’où

1 L2 L2 L2
− + v0 τ = 0 soit τ= .
2 R R 2Rv0

4 Cherchons la valeur de θ à t donné. La question précédente nous donne une équation polynômiale, de discriminant

1
 
t
∆ = L − 4 × R × v0 = L − 2Rv0 t = L 1 −
2 2 2
>0
2 τ

car on a nécessairement t < τ . On a donc deux solutions mathématiques pour θ, la solution physique étant nécessai-
rement positive, q
L + L2 1 − τt
 r !
L t
θ(t) = soit θ(t) = 1− 1− .
R R τ

5 La tension du fil est donnée par l’autre composante du PFD,

mv02
T = m(L − Rθ)θ̇2 =
L − Rθ
d’où en remplaçant
mv 2
T = r 0
t
L 1−
τ
qui est toujours positif, ce qui indique que le fil est toujours tendu.

6/6 Étienne Thibierge, 29 janvier 2018, [Link]


Mécanique 4 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Énergie mécanique

Exercices
Exercice 1 : Skieur [♦♦]
Un skieur pesant 70 kg descend une piste rectiligne longue de 50 m et inclinée d’un angle α = 25° par rapport
#” #”
à l’horizontale. Il est soumis à son poids P et à la réaction R de la piste, qui se décompose en une composante
#” #”
normale N perpendiculaire à la piste et une composante tangentielle T colinéaire et de sens opposé à la vitesse. Les
normes de ces deux composantes sont liées entre elles par la loi de Coulomb, T = µN , avec µ = 0,1.
1 - Faire un schéma de la situation représentant les différentes forces.
#” #” #”
2 - Exprimer et calculer le travail des trois forces P , N et T au cours de la descente.
3 - En admettant que le skieur part du haut de la piste sans vitesse initiale, appliquer le théorème de l’énergie
cinétique pour déterminer sa vitesse en bas de la piste.

Exercice 2 : Marsupilami [♦♦]


Le Marsupilami est un animal de bande dessinée créé par Franquin. Ses capacités physiques
sont remarquables, en particulier grâce à sa queue qui possède une force importante : le Marsu-
pilami peut notamment sauter en enroulant sa queue comme un ressort entre lui et le sol.
On note `0 = 2 m la longueur à vide du ressort équivalent à la queue du Marsupilami. Lorsqu’il
est complètement comprimé, la longueur minimale du ressort est `m = 50 cm. On supposera que
le Marsupilami pèse 50 kg et que sa queue quitte le sol lorsque le ressort mesure `0 .
1 - Déterminer la constante de raideur de la queue du Marsupilami s’il est capable de sauter
jusqu’à une hauteur h = 10 m.
2 - Quelle est la vitesse du Marsupilami lorsque sa queue quitte le sol ?

Exercice 3 : Piégeage d’un électron [♦♦]


Considérons le mouvement selon un axe (Oz) d’un électron de masse m = 9,1 · 10−31 kg et de charge −e =
−1,6 · 10−19 C dans un dispositif de piégeage. Son énergie potentielle y vaut
e V0 2
Ep (z) = z
2 d2
où V0 = 5,0 V et d = 6,0 mm.
En négligeant tout phénomène dissipatif, c’est-à-dire en supposant l’énergie mécanique conservée, calculer la
fréquence des oscillations de l’électron dans le piège.

Exercice 4 : Convoyeur de colis [♦]

Étudions un convoyeur à colis présent dans un centre de


tri postal. Les colis sont déchargés par un tapis roulant à
la vitesse vA = 0,2 m · s−1 , puis glissent ensuite sur un plan
incliné d’angle α par rapport à l’horizontale. Ils sont ensuite
pris en charge au niveau du point B par un nouveau tapis
roulant qui avance à la vitesse vB = 0,5 m · s−1 .

Déterminer l’expression puis la valeur de α pour que le convoyeur fonctionne correctement, c’est-à-dire pour que
les colis arrivent en B avec la vitesse du deuxième tapis roulant.
Donnée : suivant les lois de Coulomb du frottement solide, lors du glissement, les forces exercées par le tapis sur le
colis sont reliées par T = f N où T et N sont respectivement les normes de la réaction tangentielle et normale du
support et f = 0,4 est le coefficient de frottement.

1/4 Étienne Thibierge, 5 février 2018, [Link]


TD M4 : Énergie mécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 5 : Mouvement sur un cercle [♦]


#”
g Une bille M de masse m peut se déplacer sans frottement sur la face intérieure d’un
support circulaire vertical de rayon R. On la lance avec la vitesse horizontale #”
v 0 au point
le plus bas du cercle.

O 1 - En utilisant un théorème énergétique, établir l’équation du mouvement de M .


2 - Montrer que la norme de la force de réaction du support circulaire vaut
R θ M
 2 
v
#”
v0 N = m 0 + g (3 cos θ − 2)
R
3 - Montrer que la bille reste en contact avec le support lors de tout le mouvement lorsque la vitesse initiale v0 est
supérieure à une vitesse vmin à déterminer.
4 - Supposons v0 < vmin . Déterminer l’angle auquel la bille quitte le support et tombe.

Exercice 6 : Tige avec ressort [♦]


z On considère une tige fixe dans un plan vertical xOz, faisant un angle α avec l’axe Oz.
X Un anneau M de masse m est enfilé sur la tige et contraint de se déplacer sans frottement
M
α le long de celle-ci. Cet anneau est attaché à un ressort de raideur k et de longueur à vide `0
O dont l’autre extrémité est fixée en O. On repère la position de M par OM = X.
1 - Quelles sont les forces appliquées à l’anneau ? En déduire son énergie potentielle Ep en fonction de X et de α.
2 - Pourquoi est-il physiquement nécessaire de supposer mg cos α < k`0 ? Étudier la fonction Ep (X) et tracer son
allure.
3 - À partir du graphique, décrire le mouvement issu des conditions initiales X(0) = `0 et Ẋ(0) = V0 . Justifier
notamment qu’il s’agit d’un mouvement périodique.
4 - Établir l’équation du mouvement par un théorème énergétique et en déduire la période du mouvement.

Exercice 7 : Oscillateur de Landau [♦]


L’oscillateur de Landau est un modèle théorique permettant de modéliser efficacement des systèmes physiques pour
lesquelles des faibles non-linéarités sont à prendre en compte. Il s’agit d’une approximation un peu plus précise que
celle de l’oscillateur harmonique pour étudier le comportement de systèmes au voisinage de leur position d’équilibre.
A Un exemple de système modèle permettant de réaliser un oscillateur de Landau est
#”
g un petit anneau, assimilé à un point matériel M de masse m, astreint à se déplacer sans
frottement le long d’une tige rectiligne horizontale choisie comme axe (Ox). Cet anneau
a
est relié à un ressort, de longueur à vide `0 et de raideur k, dont l’autre extrémité est
fixée en A. La distance de A à la tige est notée AO = a.
x
O M 1 - Exprimer l’énergie potentielle totale Ep (x).
2 - La courbe d’énergie potentielle est représentée ci-dessous (version couleur sur le site de la classe) pour quatre
valeurs de a : a1 = `0 /10, a2 = `0 /3, a3 = `0 et a4 = 3`0 . En raisonnant qualitativement sur les positions d’équilibre,
attribuer chaque courbe à la valeur de a qui lui correspond.
3 - Pour chaque valeur de a, analyser en fonction des conditions initiales le mouvement possible de l’anneau.
4 - Pour les valeurs de a précédentes, l’anneau est lâché avec les mêmes conditions initiales. Sa vitesse et sa position
sont enregistrées au cours du temps, ce qui donne les trajectoires de phase de la figure ci-dessous. Déterminer la
condition initiale et affecter chaque trajectoire de phase à la valeur de a qui lui correspond.

3.0 1.0
2.5
k/m)

2.0 0.5
Ep (x)

1.5
0.0
p

1.0
ẋ/(`0

0.5 −0.5
0.0
−0.5 −1.0
−3 −2 −1 0 1 2 3 −2 −1 0 1 2
x/`0 x/`0

2/4 Étienne Thibierge, 5 février 2018, [Link]


TD M4 : Énergie mécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Annales de concours
Exercice 8 : Balle dans un tonneau [oral banque PT, ♦]

h
Sur Terre, on lâche une balle de masse m considérée ponctuelle sur une rampe depuis
une hauteur h. Elle achève sa course dans un tonneau circulaire. Établir une condition
nécessaire sur la hauteur h pour que la balle fasse un tour complet dans le tonneau sans
décoller.

Exercice 9 : Chariot de parc d’attraction [oral banque PT, ♦]


On étudie numériquement la trajectoire d’un chariot de parc d’at-
traction, de masse m = 10 tonnes. Ce chariot part du point A, descend
le long du plan incliné et entre ensuite dans un looping haut de 40 m,
où l’on suppose qu’il peut parcourir plusieurs tours.
Les courbes de la figure 2 représentent l’évolution au cours du
temps de l’énergie cinétique Ec , de l’énergie potentielle Ep , de l’énergie
totale Em et l’évolution de la réaction normale Rn du looping sur le
chariot.
Donnée : g ' 10 m · s−2 .
1 - Associer à chaque courbe la grandeur représentée. La simulation prend-elle en compte des frottements et autres
sources de dissipation ?
2 - Calculer la hauteur initiale h et la vitesse initiale V0 du chariot, et la vitesse maximale Vmax qu’il atteint.
3 - À quelle date le chariot quitte-t-il le looping ?
4 - Combien de tours entiers effectue le chariot avant de se décoller du looping ?
5 - Quelle hauteur initiale faudrait-il donner au chariot afin qu’il ne se décolle pas ?

Figure 2 – Simulation numérique du mouvement d’un chariot.

3/4 Étienne Thibierge, 5 février 2018, [Link]


TD M4 : Énergie mécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Résolution de problème
Pour aborder un exercice de type résolution de problème, il peut notamment être utile de faire un
schéma modèle, d’identifier et nommer les grandeurs pertinentes, d’utiliser l’analyse dimensionnelle,
de proposer des hypothèses simplificatrices, de décomposer le problème en des sous-problèmes simples,
etc. Le candidat peut également être amené à proposer des valeurs numériques raisonnables pour
les grandeurs manquantes ... et toutes les valeurs données ne sont pas forcément utiles. Le tout est
évidemment à adapter à la situation proposée !

Exercice 10 : Remonte-pente [oral CCP, ♦]

Un remonte-pente est constitué d’un câble auquel les skieurs s’accrochent pour remon-
ter. Déterminer la puissance du moteur qui entraîne le câble.

Données :
. Longueur totale du câble : 200 m ;
. Distance séparant deux skieurs : 5 m ;
. Dénivelé entre les extrémités du câble : 5 m ;
. Vitesse du câble : 5 km · h−1 .
#” #”
. Lorsque le ski glisse sur la neige, la réaction tangentielle R T du sol sur le ski est reliée à la réaction normale R N
#” #”
par || R T || = f || R N || avec f ' 0,1.

4/4 Étienne Thibierge, 5 février 2018, [Link]


Mécanique 4 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Énergie mécanique

Exercices
Exercice 1 : Skieur
1 Schéma figure 3. Compte tenu de l’orientation des forces, il est plus judicieux d’utiliser un repérage incliné le
long de la pente.

#”
N
#”
T
#”
ey
#” #”
ex
P
α

Figure 3 – Schéma du skieur en descente.

2 Notons x = 0 et x = L les deux extrémités de la piste. Le travail du poids du skieur se calcule simplement,
ˆ L ˆ L ˆ L
#” #” # ” #”
W (P ) = P · dM = m #”
g · dx #”
e x = mg sin α dx d’où W (P ) = mg sin αL
0 0 0
Comme la force de réaction normale est perpendiculaire à la pente (donc à la trajectoire), alors elle ne travaille pas,
donc
#”
W (N ) = 0
#”
Calculons enfin le travail de la force de réaction tangentielle T . La seule chose que l’on connaisse à son sujet est le
lien entre sa norme et celle de N . Comme le mouvement du skieur demeure sur la piste sans s’enfoncer, alors
P y + Ny = 0 soit Ny = N = mg cos α d’où T = µmg cos α
Alors,
ˆ ˆ ˆ
#” L
#” # ” L L
#”
W (T ) = T · dM = − T dx = −µmg cos α dx d’où W ( T ) = −µmg cos αL
0 0 0

3 Appliquons le théorème de l’énergie cinétique au skieur entre son point de départ D et son point d’arrivée A,
#” #”
Ec (A) − Ec (D) = W (P ) + W ( T ) = mgL(sin α − µ cos α)
Comme la vitesse initiale du skieur est nulle, et en notant c sa vitesse d’arrivée, on en déduit
1
mv 2 − 0 = mgL(sin α − µ cos α)
2
et finalement
v = 2gL(sin α − µ cos α) = 18 m · s−1 = 65 km · h−1
p

Exercice 2 : Marsupilami
1 Si l’on néglige les frottements, alors l’énergie mécanique du Marsupilami
Em = Epp + Epe + Ec
est une constante du mouvement. Son énergie potentielle compte une contribution de pesanteur Epp et une contribu-
tion élastique Epe . Prenons la position du sol comme référence des énergies potentielles. Lorsqu’il est au sol, queue
comprimée, prêt à sauter, l’énergie mécanique du Marsupilami est uniquement de type potentielle élastique,
1
Em = 0 + k(`m − `0 )2 + 0
2

1/10 Étienne Thibierge, 5 février 2018, [Link]


Correction TD M4 : Énergie mécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Il serait également raisonnable d’inclure une contribution d’énergie potentielle de pesanteur mg`m à
l’énergie mécanique, mais cela ne modifierait pas beaucoup le résultat final.

Au contraire, lorsque le Marsupilami atteint sa hauteur de saut maximale, sa vitesse est nulle et son énergie mécanique
n’est plus que de type potentielle de pesanteur,
Em = mgh + 0 + 0 .
D’après la conservation de l’énergie mécanique,

1 2mgh
k(`m − `0 )2 = mgh d’où k= = 4,4 · 103 N · m−1 .
2 (`m − `0 )2

2 Lorsque la queue du Marsupilami quitte le sol, sa longueur est égale à sa longueur à vide. Le Marsupilami se
trouve donc à une hauteur `0 au dessus du sol avec une vitesse v. Son énergie mécanique vaut alors
1
Em = mg`0 + 0 + mv 2 .
2
D’après la conservation de l’énergie mécanique,
1
mgh = mg`0 + mv 2 d’où v = 2mg(h − `0 ) = 88 m · s−1
p
2

Exercice 3 : Piégeage d’un électron


L’énergie mécanique est simplement la somme de l’énergie cinétique et de l’énergie potentielle,
 2
1 dz 1 e V0 2
Em = m + z .
2 dt 2 d2
Comme elle est supposée conservée, alors sa dérivée temporelle est nulle, d’où
dEm dz d2 z e V0 dz
=m 2
+ 2 z = 0.
dt dt dt d dt
Si l’électron oscille dans le piège, alors sa vitesse n’est pas constamment nulle. Pour calculer la fréquence des oscilla-
tions, on peut donc diviser par dz/dt. Diviser en outre par m conduit à
d2 z e V0
2
+ z = 0.
dt m d2
L’équation différentielle que vérifie le mouvement de l’électron est donc celle d’un oscillateur harmonique, dont la
fréquence propre vaut
r
1 e V0
f0 = = 25 · 106 Hz = 25 MHz
2π m d2

Exercice 4 : Convoyeur de colis


Comme on cherche uniquement les vitesses en deux points (A et B), la version intégrale du théorème de l’énergie
cinétique est la méthode à privilégier.
On raisonne sur un paquet de masse m, en mouvement par rapport au référentiel terrestre (celui du centre de
tri), galiléen en très bonne approximation. Calculons les travaux des forces s’exerçant sur le paquet.
#”
Le paquet subit bien sûr son poids P , qui dérive de l’énergie potentielle de pesanteur. Sur la trajectoire AB où
le colis subit une dénivellation h, le poids et moteur et son travail vaut
#”
WAB (P ) = +mgh > 0
#” #” #”
Il subit également la réaction du plan incliné, R = T +N ,
#” #”
non conservative. Le travail de N est nul car N est normale
#”
au déplacement. Pour calculer le travail de T , il nous faut
d’abord déterminer son expression. En utilisant le repérage
ci-contre, on sait qu’elle s’écrit
#”
T = −T #”
ex

mais il faut calculer sa norme, ce qui ne peut se faire que


#”
via la norme de N et la loi de Coulomb.

2/10 Étienne Thibierge, 5 février 2018, [Link]


Correction TD M4 : Énergie mécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Par projection de la loi de la quantité de mouvement sur l’axe Oy,

mÿ = N − mg cos α = 0

car le mouvement se fait sur le plan incliné. On en déduit donc

N = mg cos α donc T = f mg cos α

et ainsi ˆ ˆ
#” #” # ”
WAB ( T ) = T · dM = −f mg cos α dx = −f mg cos αL
AB AB

où L est la longueur totale du plan incliné. De la trigonométrie de base donne sin α = h/L soit L = h/ sin α.
Finalement,
#” h
WAB ( T ) = −f mg cos α × = −f mgh cotan α .
sin α
Appliquons maintenant le théorème de l’énergie cinétique,
1 1
mv 2 − mv 2 = mgh − f mgh cotan α
2 B 2 A
ce qui donne
−mvB2 + mvA2 + 2mgh
cotan α =
2f mgh
ce qui se simplifie en

vA2 − vB2 + 2gh 2f gh


cotan α = ou encore tan α =
2f gh vA2 − vB2 + 2gh

et conduit au final à
tan α = 0,4 et α = 22° .

Exercice 5 : Mouvement sur un cercle


Le système étudié est la bille, modélisée par un point matériel M de masse m, en évolution dans le référentiel
terrestre, galiléen.

1 Le point M est soumis à son poids, qui dérive de l’énergie potentielle de pesanteur, et à la réaction du support,
qui ne travaille pas : puisqu’il n’y a pas de frottement, seule la composante normale est à prendre en compte. L’énergie
potentielle de pesanteur s’écrit
Epp = mgzM + cte = −mgR cos θ + cte
en introduisant de façon très temporaire un axe z vertical ascendant d’origine O. Choisissons dès maintenant la
constante en prenant Epp = 0 en bas du cercle, c’est-à-dire lorsque θ = 0, ce qui donne

Epp = −mgR cos θ + mgR = mgR(1 − cos θ)

De plus, comme le mouvement est circulaire, on connaît la vitesse de M d’où on déduit son énergie cinétique
1
Ec = m(Rθ̇)2
2
L’énergie mécanique de la bille est alors une constante du mouvement, qui vaut
1
Em = −mgR(1 − cos θ) + m(Rθ̇)2
2
Ainsi,
dEm
= mgR θ̇ sin θ + mR2 θ̇θ̈ = 0
dt
Comme θ̇ ne peut pas être constamment nul (cela signifierait que la vitesse est toujours nulle, or on sait qu’à t = 0
la vitesse de la bille n’est pas nulle), on peut simplifier pour obtenir

g
mR2 θ̈ + mgR sin θ = 0 d’où θ̈ + sin θ = 0
R

3/10 Étienne Thibierge, 5 février 2018, [Link]


Correction TD M4 : Énergie mécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

On reconnaît l’équation d’un pendule simple.

2 Le meilleur moyen de déterminer une force inconnue est d’écrire le principe fondamental de la dynamique,
#” #”
m #”
a M/R = P + N

On utilise ici évidemment le répérage polaire de centre O avec r = R constant, d’où

−mRθ̇2 = −N + mg cos θ
(

mRθ̈ = mg sin θ
#”
car N est orientée selon − #”
ur . L’équation projetée sur #”
uθ donne l’équation du mouvement, déterminée énergétique-
ment, alors que l’équation projetée sur #”
ur donne accès à la norme N ,

N = mRθ̇2 + mg cos θ .

Or on a montré précédemment que

1 2
Em = mgR(1 − cos θ) + m(Rθ̇)2 d’où mRθ̇2 = Em + 2mg(cos θ − 1)
2 R
Ainsi,
N = 2REm + mg(3 cos θ − 2) .
Enfin, comme l’énergie mécanique est une constante du mouvement, sa valeur est toujours égale à sa valeur initiale.
Comme on a déjà choisi la référence d’énergie potentielle en bas du cercle, alors

1
Em = Ec (0) + Ep (0) = mv 2 + 0
2 0

Il est absolument indispensable de garder la même référence d’énergie potentielle tout au long de
l’exercice. En effet, Em est définie à une constante additive près, ce qui n’est pas le cas de la force.
Changer malencontreusement de constante en cours de route ferait apparaître la différence entre les
constantes dans l’expression de la force, ce qui n’a aucun sens.

Cette expression donne finalement le résultat escompté,

v02
 
N =m + g (3 cos θ − 2)
R

3 La norme N doit par définition rester positive tout au long du mouvement : si elle s’annule, c’est que le contact
entre le support et la bille est rompu. Le premier terme entre crochets est toujours positif. En revanche, le second
terme peut prendre des valeurs négatives. La valeur la plus petite qu’il puisse atteindre, lorsque cos θ = −1, est −5g.
Ainsi, la bille ne décolle pas du support si

v02
− 5g > 0 soit v0 > vmin = 5gR
p
R

4 Supposons v0 < vmin , et cherchons l’angle θ pour lequel la norme de N s’annule,

v02
+ g (3 cos θ − 2) = 0
R
v02
3g cos θ = 2g −
R
2 v02
cos θ = −
3 3gR
2 v02
 
θ = arccos −
3 3gR

4/10 Étienne Thibierge, 5 février 2018, [Link]


Correction TD M4 : Énergie mécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 6 : Tige avec ressort


1 L’anneau est soumis à son poids, force conservative dérivant de l’énergie potentielle de pesanteur, et à la force
de rappel du ressort, force conservative dérivant de l’énergie potentielle élastique. Il est également soumis à la force
de réaction de la tige, mais cette comme les frottements sont négligés cette force ne travaille pas. Ainsi, l’énergie
potentielle de l’anneau vaut

1 1
Ep = mgz + k(X − `0 )2 + cte soit Ep = mgX cos α + k(X − `0 )2 + cte .
2 2
Pour fixer les idées, on peut définir la constante en posant par exemple Ep = 0 lorsque X = `0 , ce qui donne cte =
−mg`0 cos α, d’où
1
Ep = mg(X − `0 ) cos α + k(X − `0 )2 .
2

2 Si mg cos α > k`0 , cela voudrait dire que le poids est suffisamment important pour « retourner » le ressort et
faire passer M du côté X < 0. Le modèle du ressort idéal cesserait donc d’être valide bien avant.
Commençons l’étude par calculer la dérivée,

dEp
= mg cos α + k(X − `0 ) .
dX
Cette dérivée est nulle en X = `0 − mg cos α/k > 0, et on peut facilement s’assurer qu’il s’agit d’un minimum, par
exemple en étudiant les limites X → ±∞ du polynôme du second degré définissant Ep . L’énergie potentielle minimale
vaut alors
(mg cos α)2
Ep,min = − ,
2k
ce qui conduit au tracé figure 4.

Ep

Em
X
`0

Figure 4 – Graphe d’énergie potentielle.

3 Comme l’énergie cinétique est positive ou nulle, le mouvement a lieu dans les zones telles que Em ≥ Ep . La
figure 4 indique Em > 0 car la vitesse initiale est non nulle et `0 est la référence d’énergie potentielle. Par conséquent,
tout au long du mouvement,
1
Em = mV0 2
2
Les points extrêmes correspondent à une énergie cinétique nulle, c’est-à-dire Em = Ep (Xm ), soit

1 1
mV0 2 = mg(Xm − `0 ) cos α + k(Xm − `0 )2
2 2
Comme la trajectoire est bornée, alors le mouvement est périodique. De plus, comme le puits d’énergie potentielle
dans lequel il a lieu est parabolique, on s’attend à ce qu’il soit harmonique.

4 L’énergie mécanique de l’anneau vaut

1 1
Em = mẊ 2 + mg(X − `0 ) cos α + k(X − `0 )2
2 2
et comme elle est constante alors
dEm
= 0 = mẊ Ẍ + mg Ẋ cos α + k Ẋ(X − `0 ) .
dt

5/10 Étienne Thibierge, 5 février 2018, [Link]


Correction TD M4 : Énergie mécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Comme il y a mouvement Ẋ n’est pas nulle à tout instant, ce qui permet d’aboutir à l’équation du mouvement

k k
Ẍ + X = `0 − g cos α .
m m

On reconnaît comme attendu une équation d’oscillateur harmonique, d’où on déduit la période des oscillations

1 1
r
m
T0 = soit T0 =
2πω0 2π k

Exercice 7 : Oscillateur de Landau


1 Comme l’anneau est contraint de se déplacer sur une ligne horizontale, son énergie potentielle de pesanteur est
constante. Ainsi, la seule contribution à l’énergie potentielle est d’origine élastique,
1
Ep (x) = k(AM − `0 )2 .
2
La longueur AM s’exprime à partir du théorème de Pythagore,

1 p 2
AM 2 = a2 + x2 d’où Ep (x) = k( a + x2 − `0 )2 .
2

2 Qualitativement, il est assez simple de comprendre pourquoi certaines courbes font apparaître deux minima et
d’autre un seul. Si a < `0 , alors deux positions de M , symétriques par rapport à O sont telles que AM = `0 . Dans ce
cas, l’énergie potentielle élastique est nulle. Au contraire, si a > `0 , le ressort est toujours étiré et l’énergie potentielle
élastique jamais nulle.
Ce raisonnement qualitatif se retrouve bien sûr sur l’expression mathématique de Ep .

Ainsi on peut identifier la courbe en pointillés violets au cas a4 = 3`0 . La courbe en points verts ne fait
apparaître qu’un seul minimum, mais son énergie potentielle est nulle : elle correspond au cas a3 = `0 . Enfin, il
reste à identifier les deux dernières courbes, ce qui peut se faire à partir de la valeur de l’énergie potentielle en x = 0.
Elle est plus élevée sur la courbe bleue que sur la courbe rouge, signe que le ressort est davantage comprimé. On en
déduit que la courbe bleue est celle du cas a1 = `0 /10 alors que la courbe rouge correspond à a2 = `0 /3.

3 Quelles que soient les conditions initiales, le mouvement est borné car Ep diverge en ±∞, et il est donc périodique.
Dans le cas a ≤ `0 , si les conditions initiales sont telles que Em < Ep (x = 0), alors le mouvement est restreint à
un côté x < 0 ou x > 0 car l’anneau n’a pas assez d’énergie pour franchir la barrière de potentiel en x = 0. Si les
conditions intiales sont en revanche telles que Em > Ep (x = 0), le mouvement a lieu de part et d’autre de la barrière,
et il est symétrique car le profil d’énergie potentielle l’est. C’est également le cas si a > `0 , et ce quelles que soient
les conditions initiales.

4 La condition initiale est très simple à déterminer : c’est le seul point commun à toutes les trajectoires de phase.
Compte tenu de la symétrie des portraits de phase et des profils d’énergie potentielle, seule la norme de la vitesse
peut être déterminée. On trouve r
k
x0 = 0,4`0 et ẋ0 = 0,5`0
m
Seule la trajectoire de phase représentée en bleu n’est pas symétrique par rapport à x = 0. Elle correspond donc
au cas où la barrière de potentiel centrale est la plus élevée, donc le cas a1 = `0 /10. La trajectoire de phase
représentée en rouge montre une réduction de vitesse en x = 0 : elle correspond donc au cas où il y a une barrière de
potentiel, mais moins élevée, c’est-à-dire le cas a2 = `0 /3. Enfin, la trajectoire de phase verte est plus aplatie que
la trajectoire de phase violette. Cet aplatissement se retrouve dans les courbes d’énergie potentielle : la courbe verte
correspond au cas a3 = `0 et la courbe violette au cas a4 = 3`0 .

6/10 Étienne Thibierge, 5 février 2018, [Link]


Correction TD M4 : Énergie mécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Annales de concours
Exercice 8 : Balle dans un tonneau [oral banque PT]
C’est la situation classique où il faut déterminer l’annulation d’une force de contact. Le système est la bille dans
le référentiel terrestre.
Le meilleur moyen de déterminer une force inconnue est d’écrire le principe fondamental de la dynamique,
#” #”
m #”
a M/R = P + N

On utilise ici évidemment le répérage polaire de centre celui du tonneau avec r = R constant, d’où

−mRθ̇2 = −N + mg cos θ
(

mRθ̈ = mg sin θ
#”
car N est orientée selon − #”
ur , ce qui donne

N = m(g cos θ + Rθ̇2 )

Méthode 1 : parfaitement adaptée à la question mais moins générale.


On reconnaît Rθ̇2 = v 2 /R avec v la vitesse de la balle. Ainsi,

v2
 
N = m g cos θ +
R

Il faut que N soit toujours positive, sinon la force s’annule ce qui est synonyme de rupture de contact. Le cas le moins
favorable se trouve en θ = π donc cos θ = −1. Calculons la vitesse en ce point, grâce à la conservation de l’énergie
mécanique.
1
= 0 + mgh |{z}
Em |{z} = mv(π) 2 + mg × 2R d’où v(π) 2 = 2g(h − 2R)
2
CI θ=π

et ainsi
h − 2R
 
N (π) = mg −1 + 2 .
R
On a donc N > 0 pour h tel que

h − 2R 5
2 >1 soit 2h − 4R > R donc h> R
R 2

Méthode 2 : moins adaptée à la question mais plus générale.


Pour trouver θ̇2 on utilise la conservation de l’énergie mécanique de la bille, qui est toujours égale à sa valeur
initiale. Ainsi,
1
=
Em |{z} mR2 θ̇2 + mgR(1 − cos θ) |{z}
= mgh
2
Ec +Epp CI

ce qui donne
2gh
Rθ̇2 = + 2g(cos θ − 1)
R
et en injectant dans l’expression de N on trouve

2gh
 
N =m + 3g cos θ − 2g
R

Il faut que N soit toujours positive (sinon la force s’annule ce qui est synonyme de rupture de contact), donc

2gh 2h 5
− 3g − 2g > 0 soit >5 d’où h> R.
R R 2

7/10 Étienne Thibierge, 5 février 2018, [Link]


Correction TD M4 : Énergie mécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 9 : Chariot de parc d’attraction [oral banque PT]


1 . Par simple lecture des unités, on déduit que la courbe 4 correspond à la force de réaction Rn .
. La courbe 1 est la seule courbe monotone, ce qui ne peut pas être le cas de l’énergie cinétique ni de l’énergie
potentielle lorsque le chariot fait des tours complets de looping : la courbe 1 représente l’énergie mécanique
totale du chariot. Comme elle est décroissante, cela signifie que la simulation prend en compte des sources
de dissipation.
. La courbe 2 part d’un maximum et commence par décroître : ce n’est donc pas l’énergie cinétique, car le chariot
accélère dans la pente. Cela est confirmé car elle atteint ensuite périodiquement la même valeur, à chaque tour
accompli par le chariot. On en déduit que la courbe 2 représente l’énergie potentielle du chariot.
. Enfin, la courbe 3 part d’une valeur nulle qui commence par croître, puis présente des oscillations : il s’agit de
l’énergie cinétique du chariot. Le fait que sa valeur maximale diminue à chaque tour est dû aux frottements.

2 À l’instant t = 0, Ec,0 = 12 mV0 2 = 0 d’où on déduit directement

V0 = 0 .

À ce même instant initial, Ep,0 = 6,5 · 106 J d’où on déduit

Ep,0
h= = 65 m .
mg

Enfin, la valeur maximale d’énergie cinétique vaut Ec,max = 5,5 · 106 J d’où
r
2Ec,max
Vmax = = 33 m · s−1 .
m

3 Le chariot quitte le looping lorsque la force de réaction exercée par le looping sur le chariot s’annule, c’est-à-dire
au bout de 33 s environ.

4 Avant que le chariot ne décolle, la courbe d’énergie potentielle atteint deux fois son maximum avant de revenir
à la valeur nulle. On en déduit qu’il parcourt deux tours complets avant de décoller.

5 Appliquons le théorème de la résultante cinétique au chariot en mouvement dans le référentiel terrestre.

• Bilan des forces :


#”
. Poids P = m #”g = mg cos θ #”
e − mg sin θ #”
eθ ;
#” r
. Réaction normale du rail R n = −Rn #”
er ;
#”
. Force de frottements F , dont on ne sait rien mais que l’on peut supposer colinéaire à la vitesse, c’est-à-dire
#”
F = −F #”eθ .
• Application du TRC : Comme le mouvement est circulaire, alors
# ”
O0 M = R #”
er #”
v = Rθ̇ #”
eθ #”
a = −Rθ̇2 #”
e r + Rθ̈ #”
eθ .

Le TRC s’écrit ainsi


−mRθ̇2 = mg cos θ − Rn
(

mRθ̈ = −mg sin θ − F

• Condition de liaison : Pour que la force de réaction soit bien de norme positive, il faut

g cos θ + Rθ̇2 > 0

et comme le cas le plus contraignant est celui où cos θ = −1, soit θ = π, ce qui correspond au sommet du looping, on
en déduit qu’il faut avoir
Rθ̇2 > g
Cela donne une borne inférieure sur l’énergie cinétique au sommet du looping,
1 1
Ec = m(R2 θ̇2 ) > mgR = 1 · 106 J ,
2 2
car le looping est haut de 40 m donc son rayon mesure 20 m.

8/10 Étienne Thibierge, 5 février 2018, [Link]


Correction TD M4 : Énergie mécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

• Conclusion : Il me semble ensuite assez difficile de conclure avec les courbes données : on peut estimer qu’à
l’instant où le chariot décolle il lui manque ∆E = 0,1 MJ par rapport à la borne que l’on vient de déterminer. Pour
combler ce manque, il faudrait un surplus de hauteur initiale

∆E
∆h = = 1m.
mg

Cependant, compte tenu des frottements, le chariot ne manquerait pas de décoller au tour suivant ...

Résolution de problème
Exercice 10 : Remonte-pente [oral CCP]
La puissance du moteur doit être telle qu’elle puisse entraîner tous les skieurs. L’approche probablement la plus
simple consiste donc à commencer par déterminer la puissance motrice nécessaire pour tirer un skieur de masse m à
une vitesse constante égale à la vitesse du câble, v = 5 km · h−1 .
#”
Étudions le skieur dans le référentiel terrestre, considéré galiléen. Il est soumis à son poids P , à la réaction de la
#” #” #” #”
piste R = R N + R T et à la force de traction T du câble auquel il s’attache. Ces forces sont représentées figure 5.

#”
T
β
#” #”
RN v

#” #”
ey RT
#”
ex #”
P
α

Figure 5 – Skieur entraîné par une remontée mécanique.

Calculons leur puissance.


. Par définition, on note P1 = T v cos β la puissance exercée par le câble sur le skieur.
. Puissance développée par le poids :
#”
P(P ) = m #”
g · #”
v = −mgv sin(α)
#”
. Puissance développée par la réaction normale : P( R N ) = 0 car elle est orthogonale à #”
v.
#”
. Puissance développée par la réaction tangentielle : on ne peut que dire que P( R T ) = −RT v mais c’est ensuite plus
#”
compliqué car R T est a priori inconnue.
#”
Il nous faut donc déterminer R T . Comme le mouvement du skieur est par hypothèse rectiligne uniforme, alors
par application de la loi de la quantité de mouvement,
#” #” #” #” #”
P + RN + RT + T = 0 .

En la projetant sur l’axe y incliné, on en déduit

−mg cos α + RN + 0 + T sin β = 0 soit RN = mg cos α − T sin β .

D’après la loi de Coulomb du frottement,


P1
RT = f RN = f mg cos α − f sin β
v cos β
d’où on déduit la puissance développée par la force tangentielle,
#”
P( R T ) = −f mgv cos α − f P1 tan β .

Comme le mouvement du skieur se fait à vitesse constante, alors la somme des puissances qu’il reçoit est nulle
d’après le théorème de l’énergie cinétique. On en déduit
#” #” #”
P1 + P(P ) + P( R N ) + P( R T ) = 0

9/10 Étienne Thibierge, 5 février 2018, [Link]


Correction TD M4 : Énergie mécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

soit en remplaçant les puissances par leurs expressions

P1 − mgv sin α + 0 − f mgv cos α − f P1 tan β = 0 soit P1 (1 − f tan β) − mgv(sin α + f cos α) = 0 .

On en déduit alors
mgv(sin α + f cos α)
P1 =
1 − f tan β

Estimons numériquement sa valeur, et pour cela commençons par estimer les différents angles. L’angle α se trouve
grâce au dénivelé h et à la longueur totale L du câble, qui fait un aller-retour. On a donc
h
sin α = = 0,05
L/2

Compte tenu de la valeur numérique, on a clairement α  1 et on peut faire l’approximation cos α ' 1. Comme
cos α est en plus multiplié par f et qu’on ne cherche qu’un ordre de grandeur, cette approximation est tout à fait
adaptée ... en faisant le calcul rigoureusement on trouve cos α = 0,9987. Estimer l’angle β (ou plutôt sa tangente)
est beaucoup moins simple. On se contentera donc de prendre tan β ' 1 (c’est-à-dire β ' π/4), ce qui est sans doute
une approximation grossière mais ne change à nouveau pas grand chose au résultat. Enfin, il faut également estimer
la masse du skieur et de son équipement que l’on prendra égale par exemple à m = 80 kg. Numériquement, on a donc
5
80 × 10 × × (0,05 + 0,1)
3,6
P1 = ' 2 · 102 W .
1 − 0,1
C’est peu, mais les frottements ne sont pas énormes et la pente pas si raide non plus.
Pour déterminer la puissance totale à fournir par le moteur, on peut faire l’hypothèse que les frottements internes
aux mécanismes sont négligeables, si bien que toute la puissance fournie par le moteur sert à tracter les skieurs. Il y
a un skieur tous les cinq mètres sur une distance totale de 100 mètres : on en déduit qu’il y a 20 skieurs à la fois sur
le remonte-pente. La puissance totale du moteur qui entraîne le remonte-pente est donc égale à

P = 20 P1 soit P = 4 kW .

10/10 Étienne Thibierge, 5 février 2018, [Link]


Mécanique 5 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Mouvement des particules chargées


dans un champ électromagnétique

Exercices
Exercices des chapitres précédents [♦♦♦]
Le mouvement dans un champ électrique uniforme stationnaire sans champ magnétique est analogue à celui d’une
chute libre : se reporter au TD M1, notamment l’exercice 4.

Exercice 1 : Sélecteur de vitesse [♦♦]


Une particule de masse m et charge q pénètre avec une vitesse #”
v 0 = v0 #”
ux dans une zone où existent un champ
#” #” #” #”
électrique E = E0 uy et un champ magnétique B = B0 uz uniformes et stationnaire.
1 - À quelle condition le vecteur vitesse de la particule reste-t-il inchangé ?
2 - Expliquer comment ce dispositif peut être adapté en sélecteur de vitesse.

Exercice 2 : Analyse de mouvements [♦♦]


#”
On considère un point matériel de charge q > 0 et de masse m, de vitesse initiale V 0 à l’entrée d’une zone où
#” #”
règnent un champ électrique E ou un champ magnétique B. On suppose ces champs uniformes et indépendants du
temps, et on néglige toute autre force que celles provoquées par ces champs.
1 - La particule décrit une droite et possède une accélération constante a.
1.a - Déterminer la direction et la norme du ou des champs qui provoquent cette trajectoire.
1.b - Déterminer la position du point matériel en fonction du temps.
2 - La particule décrit une trajectoire circulaire de rayon R0 dans un plan (xOy).
2.a - Déterminer la direction du ou des champs qui provoquent cette trajectoire.
2.b - Déterminer la norme du champ en fonction de V0 et R0 . Il est suggéré d’utiliser les coordonnées polaires.

Annales de concours
Exercice 3 : Détermination d’un champ électrique [oral banque PT, ♦]
L Un électron de masse m, d’énergie cinétique Ec0 = 80 keV pénètre à
#” vitesse #”
v 0 horizontale dans une cavité de longueur L = 1 m où règne un
uy
champ électrique uniforme de norme E0 constante.
#”
#”
ux 1 - Déterminer la direction et le sens du champ électrostatique E 0 .

#” 2 - Lors de sa traversée, l’énergie cinétique de l’électron varie de |∆Ec | =


v0 10 keV. Quel est le signe de ∆Ec ?
3 - Déterminer la norme E0 .
4 - Évaluer l’angle de déviation de la trajectoire en sortie de la zone de champ.
Données : m = 9,11 · 10−31 kg ; 1 eV = 1,6 · 10−19 J.

Exercice 4 : Cyclotron [inspiré CCP PC 2014 et oral banque PT, ♦]


Un cyclotron est formé de deux enceintes demi-cylindriques D1 et D2 , appelées « dees » en anglais, séparées d’une
zone étroite d’épaisseur a. Les dees sont situés dans l’entrefer d’un électroaimant qui fournit un champ magnétique
#”
uniforme B = B #”e z , de norme B = 1,5 T. Une tension harmonique u d’amplitude Um = 200 kV est appliquée entre
les deux extrémités de la bande intermédiaire, si bien qu’il y règne un champ électrique orienté selon #”ex.
On injecte des protons au sein de la zone intermédiaire avec une vitesse initiale négligeable.
Données : masse d’un proton m = 1,7 · 10−27 kg.

1/3 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


TD M5 : Mouvement des particules chargées Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

y a
x
z #”
B

D2 D1

Figure 1 – Étude d’un cyclotron. Schéma de principe et photo du cyclotron de l’université de Rutgers, qui mesure
une trentaine de centimètres de diamètre.

1 - Montrer qu’à l’intérieur d’un dee la norme de la vitesse des protons est constante.
2 - En déduire le rayon de courbure R de la trajectoire des protons ayant une vitesse v ainsi que le temps que passe
un proton dans un dee.
3 - Quelle doit être la fréquence f de la tension pour que le proton soit accéléré de façon optimale à chaque passage
entre les dee ? Pour simplifier, on pourra supposer a  R. Justifier le choix d’une tension harmonique au lieu, par
exemple, d’une tension créneau.
4 - Exprimer en fonction de n la vitesse vn puis le rayon Rn de la trajectoire d’un proton après n passages dans la
zone d’accélération. Le demi-cercle n = 1 est celui qui suit la première phase d’accélération.
5 - Calculer numériquement le rayon de la trajectoire après un tour (donc un passage dans chaque dee), puis après
dix tours.
Le rayon de la dernière trajectoire décrite par les protons accélérés avant de bombarder une cible est RN = 35 cm.
6 - Déterminer l’énergie cinétique du proton avant le choc contre la cible proche du cyclotron puis le nombre de tours
parcourus par le proton.

Exercice 5 : Électron dans un champ électromagnétique [ENAC 2016, ♦]


L’épreuve écrite du concours ENAC est un QCM sans calculatrice. Pour chaque question, entre 0 et 2
propositions sont justes.

Un électron de masse me ' 10−30 kg et de charge e ' −2 · 10−19 C pénètre, avec un vecteur vitesse #” v 0 , dans une
#” #”
région où règnent un champ électrostatique E et un champ magnétostatique B uniformes, orthogonaux entre eux et
à #”
v 0 . Précisément, dans la base directe { #”
e x , #”
e y , #”
e z } du repère cartésien Oxyz (x, y et z sont les coordonnées carté-
#” #”
siennes de l’électron), E = E e x , B = B e y et #”
#” #” v 0 = v0 #” e z , E, B et v0 étant positifs. L’origine O du repère cartésien
est prise à l’endroit où l’électron pénètre dans la région des champs. La norme v0 de sa vitesse est de 1000 km · s−1 .
#”
1 - On considère dans un premier temps que B = 0, de sorte que l’électron n’est soumis qu’au champ électrique E.
#”
Quelle est l’équation vectorielle du mouvement ? Dans les propositions ci-dessous, a est le vecteur accélération.
#” #” #”
eE E #” eE
(a) #”
a = . (b) #”
a = . (c) #”
a = −eme E. (d) #”
a =− . l
me eme me
2 - Quelles sont la nature et l’équation de la trajectoire de l’électron ?
 2
eE z
(a) La trajectoire est une portion de parabole d’équation .
m e v0
eE z
(b) La trajectoire est une portion de droite d’équation .
me v0
 2
−eE z
(c) La trajectoire est une portion de parabole d’équation .
2me v0
−eE z
(d) La trajectoire est une portion de droite d’équation .
2me v0
3 - On place un écran d’observation parallèlement au plan Oxy en z0 = 0,2 m. Sachant que E = 10 V · m−1 , calculer
l’abscisse xe de l’impact de l’électron sur l’écran.
(a) xe ' 4 mm. (b) xe ' −4 mm. (c) xe ' 4 cm. (d) xe ' −4 cm. l
4 - On considère maintenant E = 0 et B 6= 0, l’électron pénètre donc dans une zone où règne un champ magnéto-
#”
statique uniforme. Donner l’expression de la force de Lorentz F L qui s’exerce sur l’électron au moment où il pénètre

2/3 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


TD M5 : Mouvement des particules chargées Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

dans la région du champ 1 .


#” #” #” #” #” #” #” #”
(a) F L = v0 B. (b) F L = −e #”
v 0 × B. (c) F L = e #”
v 0 × B. (d) F L = ev0 B. l
5 - Parmi les affirmations proposées, quelles sont celles qui sont exactes ?
(a) La trajectoire de l’électron est rectiligne de vecteur vitesse constant.
(b) La trajectoire de l’électron est parabolique.
me v0
(c) La trajectoire de l’électron est circulaire de rayon Rc = .
eB
ev0
(d) La trajectoire de l’électron est circulaire de rayon Rc = .
me B
6 - On a maintenant E 6= 0 et B 6= 0. Pour quel rapport E/B le mouvement de l’électron est-il rectiligne et uniforme ?
(a) E/B = v0 . (b) E = B. (c) B/E = v0 . (d) On ne peut pas le déterminer. l

1. La notation × est la notation anglo-saxone du produit vectoriel ∧. Il est un peu surprenant qu’elle apparaisse sans explication dans
un sujet niveau prépa ... !

3/3 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


TD M5 : Mouvement des particules chargées Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4/3 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


Mécanique 5 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Mouvement des particules chargées


dans un champ électromagnétique

Exercices
Exercice 1 : Sélecteur de vitesse
1 La particule est soumise uniquement à la force de Lorentz. Le vecteur vitesse de la particule reste inchangé si son
vecteur accélération est nul, c’est-à-dire d’après la loi de la quantité de mouvement si la force de Lorentz est nulle,
#”  #” #” #”
F = q E + #” v ∧B = 0

ce qui donne
E0 #”
uy + v0 B0 ( #”
ux ∧ #”
uz ) = 0 soit E0 − v0 B0 = 0

Rappel : #”
ux ∧ #”
uz = − #”
uy .

2 On peut utiliser la contraposée de la question précédente : si le vecteur vitesse de la particule n’est pas égal à
v0 #”
ux alors elle est déviée. En plaçant par exemple un masque en sortie de la zone de champ, on peut ne garder que
les particules passant par un trou accessible seulement si elles ont la vitesse #”
v 0 et bloquer les autres.

Exercice 2 : Analyse de mouvements


1.a Un champ magnétique ne peut que courber les trajectoires sans modifier la norme de la vitesse de la particule.
#”
On en déduit qu’elle est soumise à un champ électrique E. Si la particule est en mouvement rectiligne accélérée,
c’est que son vecteur accélération est toujours colinéaire à son vecteur vitesse. Déduisons-en la direction du champ
électrique.
. Système : particule chargée ;
. Référentiel : celui du laboratoire où l’expérience est réalisée, que l’on suppose galiléen ;
#” #”
. Bilan des forces : seule la force électrique FE = q E est à prendre en compte.
D’après la loi de la quantité de mouvement,
#” q #” #” m
m #”
a = qE soit #”
a = E d’où ||E|| = a.
m q

De plus, par intégration,


#” #” q #” #”
v = #”
a t + V0 = E t + V0 .
m
#”
Si #”
v et #”
a sont colinéaires tout au long du mouvement, c’est que le champ E est de même direction que le
#”
vecteur V 0 . On peut alors écrire
#” ma #”
E= V0 .
qV0

1.b En définissant le point O comme la position de la particule à t = 0, on déduit par intégration de la vitesse

# ” 1 q #” 2 #” #”
OM = E t + V0 t + 0 .
2 m

2.a Une trajectoire purement circulaire ne peut être provoquée que par un champ magnétique perpendiculaire à
la vitesse initiale. En effet, un champ électrique entraîne nécessairement une déviation des particules chargées dans
sa direction. La trajectoire étant contenue dans un plan (xOy), on en déduit que le champ est dirigé selon l’axe z.

2.b La trajectoire étant circulaire, la vitesse et l’accélération s’écrivent en coordonnées polaires


#”
v = R0 θ̇ #”
uθ et #”
a = −R0 θ̇2 #”
ur + R0 θ̈ #”
uθ .

1/5 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


Correction TD M5 : Mouvement des particules chargées Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

La seule force à laquelle la particule est soumise, la force de Lorentz, s’écrit


#” #”
FL = q #”
v ∧ B = qR0 θ̇B( #”
uθ ∧ #”
uz ) = qR0 θ̇B #”
ur

Le PFD appliqué à la particule donne en projection dans la base polaire

−mR0 θ̇2 = qR0 θ̇B


(

R0 θ̈ = 0 .

On en déduit θ̇ = −qB/m = cte : la particule tourne en sens horaire autour de l’axe Oz. Comme la vitesse angulaire
est constante, le mouvement est circulaire uniforme, d’où
mv0
R0 θ̇ = cte = V0 soit B= .
qR0

Annales de concours
Exercice 3 : Détermination d’un champ électrique [oral banque PT]
Un schéma d’ensemble, récapitulant les différentes notations utiles, est représenté figure 2.

#”
uy #” S #”
vs
E0 #”
FE
#”
ux ∆y
#”
v
α
#”
v0 O

Figure 2 – Schéma d’ensemble des notations utilisées.

#” #”
1 L’électron subit la force de Lorentz électrique F E = −eE 0 et son poids qui est négligeable. Compte tenu de la
#”
trajectoire (et en faisant une hypothèse de simplicité de l’énoncé !), la force F E est dirigée selon + #”
uy et le champ
#” #” .
électrique E 0 est donc dirigé selon − u y

#”
2 Comme la vitesse est tangente à la trajectoire, on constate qu’en tout point #”
v · F E > 0 : la force a donc un effet
moteur, donc
∆Ec > 0 .

3 Compte tenu des données, il faut relier la force à la variation d’énergie cinétique, et donc calculer son travail.
En notant O le point d’entrée et S le point de sortie de la zone de champ électrique,
#” #” # ”
WO cS (F E ) = −eE 0 · OS = +eE0 ∆y .
Calculons le décalage ∆y, en calculant l’équation de la trajectoire. Par application du PFD à l’électron dans le
référentiel du laboratoire,
d #”
v #”
m = −eE 0
dt R
soit en projetant 
 vx = A
(
max = 0
d’où
may = +eE0  vy = eE0 t + B
m
avec A et B deux constantes. Or à l’instant initial où l’électron entre dans la zone de champ #”
v = v0 #”
ux , d’où on
déduit A = v0 et B = 0. Ainsi,

 x = v 0 t + A0
 
 vx = v0
d’où
 vy = eE0 t  y = eE0 t2 + B 0
m 2m

2/5 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


Correction TD M5 : Mouvement des particules chargées Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

et comme à l’instant initial la particule se trouve au point origine O alors A0 = B 0 = 0. Les lois horaires s’écrivent
donc 
 x = v0 t
 y = eE0 t2
2m
d’où on déduit l’équation de la trajectoire en remplaçant t = x/v0 dans l’expression de y,
eE0 2
y(x) = x .
2mv02
On en déduit
eE0 L2
∆y = y(L) − y(0) = .
2mv02
En conclusion,
eE0 L2 e2 E02 L2
∆Ec = eE0 2 =
2mv0 2mv02
et ainsi r
2mv02 ∆Ec
E0 = .
L2 e2
1
En réintroduisant Ec0 = mv 2 il vient
2 0
r
4 Ec0 ∆Ec
E0 = = 5,6 · 104 V · m−1 .
L2 e2

4 On constate sur la figure 2 que l’angle de déviation de la trajectoire correspond également à l’inclinaison de la
vitesse de sortie par rapport à la vitesse initiale. Ainsi,
vs,y eE0 ts eE0 L
tan α = = =
vs,x mv0 mv02
d’où
2eE0 L
tan α = .
Ec0

Exercice 4 : Cyclotron [inspiré CCP PC 2014 et oral banque PT]


. Système : un proton, assimilé à un point matériel de masse m et charge q.
. Référentiel : lié au cyclotron, donc a priori le référentiel terrestre, en bonne approximation galiléen.
. Bilan des forces : le proton n’est soumis qu’à la force de Lorentz (qui diffère en fonction des zones), devant laquelle
le poids est négligeable.

#” #”
1 À l’intérieur des dees seule la force magnétique F B = e #”
v ∧ B existe. D’après le théorème de l’énergie cinétique,

dEc #” dv dv
= e( #”
v ∧ B) · #”
v =0 soit mv =0 d’où = 0.
dt dt dt

2 La trajectoire d’un proton dans un champ magnétique est un arc de cercle, parcouru à vitesse constante. Utilisons
un repérage polaire, centré sur le centre de l’arc de cercle. D’après la loi de la quantité de mouvement,
#”
m #”
a = e #”
v ∧B

soit en utilisant les résultats connus sur la cinématique d’un tel mouvement,
 2 
v
m − #” e r = e v B(− #”
e θ ∧ #”
e z ) = −e v B #”
er
R
en utilisant #”
v = −v #”
e θ : la trajectoire est parcourue en sens horaire pour un proton, résultat que vous pouvez ou
bien connaître ou bien retrouver ici à partir de la cohérence des signes. Finalement,
m v2 mv
= evB d’où R= .
R eB

3/5 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


Correction TD M5 : Mouvement des particules chargées Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

La trajectoire dans un dee est un demi-cercle de longueur πR, parcourue en un temps

πR πm
∆td = = = 22 ns .
v eB

On remarque que ∆td ne dépend pas de la vitesse du proton, mais seulement du champ appliqué au dee (et évidemment
de caractéristiques intrinsèques du proton, e et m).

3 Pour que le proton soit accéléré de façon optimale à chaque passage entre les dees, il faut que la force électrique
qu’il subit soit alternativement orientée selon + #”ux lorsqu’il passe de D2 à D1 et selon − #”
ux lorsqu’il passe de D1
à D2 . En négligeant le temps de passage dans l’espace entre les dees (a  πR), il faut donc qu’une demi-période de
la tension appliquée soit égale à ∆td , soit pour la période

2πm eB
T = 2∆td = et f= = 23 MHz .
eB 2πm

Utiliser une tension harmonique plutôt qu’une tension créneau a l’intérêt de regrouper tous les protons pour que leur
passage dans les dees soit en phase avec la tension. Regrouper les protons permet aux impulsions du faisceau d’être
plus puissantes. De plus, en pratique, une tension créneau requiert beaucoup d’harmoniques qu’il peut ne pas être
simple d’imposer à de telles fréquences.

4 Jusqu’à présent, nous avons relié le rayon à la vitesse du proton. Il faut donc maintenant relier la vitesse du
proton au nombre de passage dans les dees, ou plutôt au nombre de passage dans la zone accélératrice. Comme on
ne s’intéresse qu’à la norme, le théorème de l’énergie cinétique est le plus adapté. Appliquons ce théorème sur une
trajectoire entre la sortie d’un dee et l’entrée de l’autre, en supposant que le passage du proton se fait au moment où
la tension atteint son maximum (justifié par la question précédente), et en supposant aussi que la durée de passage
dans la zone accélératrice est négligeable devant la période de la tension, ce qui permet de supposer que la tension
est presque constante égale à Um . Sous ces hypothèses, on trouve

1 1 #” Um
mv 2 − mv 2 = W (FE ) = e a
2 n+1 2 n a
En raisonnant par récurrence, on obtient
r
1 1 1 2neUm
mv 2 − mv02 ' mvn2 = neUm soit vn =
2 n 2 2 m
et en utilisant le résultat d’une question précédente,
r r
m 2neUm 2nmUm
Rn = soit Rn =
eB m B2e

5 Remarquons bien que n compte le nombre de passage dans la zone accélératrice, faire un tour complet revient
donc à passer de n à n + 2. Après un tour, n = 2 et
r r
4eUm mUm
v2 = et R2 = 2 = 6,1 cm
m eB 2
Après dix tours, n = 20 et

R20 = 10 R2 = 19 cm

6 Avec RN = 35 cm, la vitesse finale vaut

eBRN e2 B 2 RN2
vfin = d’où Ec,fin = = 2,1 · 10−12 J = 14 MeV
m 2m

puis
Ec,fin
Ec,fin = N eUm d’où N= = 33
eUm
ce qui correspond à 16 tours et demi au sein du cyclotron.

4/5 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


Correction TD M5 : Mouvement des particules chargées Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 5 : Électron dans un champ électromagnétique [ENAC 2016]


Comme un QCM n’appelle aucune justification, il faut absolument privilégier l’analyse physique aux calculs, ce
qui permet de répondre rapidement à certaines questions.

1 On raisonne sur l’électron, soumis à la seule force de Lorentz. Par application de la loi de la quantité de
mouvement,
#”
#” #” #” eE
me a = −eE d’où a =−
me
réponse (d).

2 Intégrons vectoriellement l’équation du mouvement en tenant directement compte des conditions initiales,
#” #”
d #”
v eE #” eE
=− donc v =− t + #”
v0
dt me me
puis
#”
# ” eE 2 #” #”
OM = − t + v 0t + 0 .
2me
En projetant sur l’axe x,
 eE 2
 x = − 2me t 2

 
eE z
d’où x=− .

 y=0 2me v0

z = v0 t
réponse (c).

3 Réponse (d).

4 Réponse (b). C’est du cours ...

5 Dans un champ magnétique uniforme et stationnaire, le mouvement de l’électron est circulaire uniforme donc
son accélération est radiale centripète. Pour trouver le rayon de la trajectoire, il suffit d’écrire le PFD dans la base
#”
cylindrique de centre le centre de la trajectoire et d’axe Oy parallèle à B. On a alors
2
v
me #” = −me 0 #”
a |{z} e r = −ev0 #”
e θ ∧ B #”
e y = −ev0 B #”
er
Rc |{z}
mvt PFD

ce qui donne finalement


me v0
Rc =
eB
réponse (c).

6 Le mouvement est rectiligne uniforme à vitesse #”


v 0 si la force de Lorentz s’annule, c’est-à-dire si

#” #” #” #” E
E + #”
v0 ∧B = 0 soit E #”
e x + v0 B( #”
e z ∧ #”
ey ) = 0 et E − v0 B = 0 d’où = v0
B

réponse (a).

5/5 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


Mécanique 6 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Rotation et moment cinétique

Exercices
Exercice 1 : Entre le pendule simple et le pendule pesant, le pendule lesté [♦♦]
On considère un pendule formé d’une tige rigide de longueur L sur laquelle sont fixées deux
Oz masses m identiques à distance L/2 et L du centre. On néglige le moment d’inertie de la tige.
1 - Montrer que l’équation du mouvement s’écrit
m 6g
θ̈ + sin θ = 0
θ 5L
m
2 - Montrer que le centre de masse G du système se trouve à distance 3L/4 de l’axe.
3 - Est-il équivalent d’appliquer le théorème du moment cinétique (ou la loi de la quantité de mouvement) à un point
matériel de masse 2m situé au centre de masse G ?

Exercice 2 : Volant d’inertie [♦]


On s’intéresse dans cet exercice à la régulation de la vitesse de rotation d’une machine tournante par un volant
d’inertie, qui est un anneau lié au rotor de masse élevée et d’assez grand rayon. La machine tournante en question
peut aussi bien être un moulin à blé qu’un broyeur de cailloux, mais les volants d’inertie sont également utilisés en
Formule 1 dans le KERS « Kinetic Energy Recovering System ». On modélise ici la machine tournante par un rotor
de moment d’inertie J, soumis à un couple moteur Γ0 constant et à un couple de frottement de type fluide Γf = −αω
où α est une constante et ω la vitesse angulaire du rotor.
1 - Justifier par un argument énergétique que α > 0.
2 - Le rotor est initialement immobile. Donner l’évolution de sa vitesse angulaire ω(t), en introduisant la vitesse
finale ωf et un temps caractéristique τ .
3 - Des vibrations du dispositif se traduisent par un nouveau couple exercé sur le rotor, que l’on prendra harmo-
nique Γvib (t) = γ cos(Ωt). Pourquoi ne perd-on pas en généralité en considérant ce couple harmonique ? Après un
régime transitoire, la vitesse angulaire du rotor est elle aussi harmonique de pulsation Ω. Donner le temps caracté-
ristique de la durée du transitoire.
4 - Après la fin du transitoire, on cherche la vitesse angulaire de rotation ω sous la forme

ω(t) = ωf + A cos(Ωt + ϕ)

Déterminer l’amplitude A. L’équation différentielle étant linéaire, on pourra utiliser le théorème de superposition et
traiter la partie harmonique avec la notation complexe.
5 - En déduire l’intérêt et l’inconvénient d’un volant d’inertie.

Exercice 3 : Des poulies en équilibre [♦]


On s’intéresse au dispositif ci-contre, à l’équilibre et dans un plan.
Les deux poulies sont identiques, de même rayon R et masse m0 , et les
deux liaisons pivot avec le bâti sont modélisées par des liaisons parfaites :
θ les frottements d’axe sont négligés. Les fils sont également tous suppo-
∆1 ∆2
#” sés idéaux, c’est-à-dire qu’ils sont inextensibles et de masse négligeable.
T1
A Enfin, on suppose que les fils ne glissent pas sur les poulies.
#” #”
m1 m1 La force P1 est le poids de la masse m1 . La force T 1 est exercée
par le fil touchant la poulie d’axe ∆1 sur le fil relié à la masse m2 .
#” m2
P1 Comme il s’agit d’une force de contact, son point d’application est le
point d’attache A entre les deux fils.
1 - Faire un bilan soigneux des actions mécaniques s’appliquant à la poulie 1. Pour chaque action mécanique, indiquer
s’il s’agit d’une force ou d’un couple et préciser, s’il est possible de le déterminer, le moment de l’action mécanique

1/3 Étienne Thibierge, 12 mars 2018, [Link]


TD M6 : Rotation et moment cinétique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

par rapport à l’axe ∆1 .


2 - Par application du théorème du moment cinétique à la poulie 1, montrer qu’en norme T1 = P1 = m1 g.
#”
3 - Caractériser l’action mécanique de liaison entre la poulie 1 et le bâti. Exprimer sa résultante R 1 et son moment
#”
en fonction de T , m , m et #”
1 g. 0 1

4 - Déterminer l’angle θ et analyser qualitativement la vraisemblance du résultat.

Exercice 4 : Régulateur d’Archereau–Foucault [♦]


Un régulateur d’Archereau–Foucault, schématisé ci-contre, est un dispositif ancien, qui
a été utilisé par exemple en horlogerie ou dans des boîtes à musique.
On le modélise de façon simple par un contrepoids P de masse m accroché à un fil
de masse négligeable devant m. Le fil est enroulé autour d’un cylindre tournant librement
I Ox
autour de son axe Ox fixé à un bâti, de rayon R et de moment d’inertie Jx . La chute de P
entraîne la mise en rotation du cylindre. Ce cylindre est muni d’ailettes pour augmenter
l’effet des frottements de l’air. On modélise leur action mécanique sur le cylindre par un
#” couple de frottement Γf = −λω, où ω = θ̇ est la vitesse angulaire de rotation du cylindre.
g
P z 1 - Justifier que ż = Rω.
#”
z 2 - Montrer que la force T de tension du fil exercée en I sur le cylindre est donnée par
#”
T = m(g − z̈) #”
uz .

3 - En appliquant la loi du moment cinétique au cylindre, montrer que la vitesse angulaire


de rotation ω vérifie l’équation différentielle

(Jx + mR2 ) + λω = mgR
dt

4 - Retrouver cette équation différentielle en appliquant la loi du moment cinétique au


système composé du cylindre, du fil et du contrepoids P .
5 - Résoudre l’équation différentielle. En déduire l’intérêt du dispositif.

Exercice 5 : Lancer d’une toupie [♦]


On modélise le lancer d’une toupie à l’aide d’un fil inextensible enroulé sur quatre
tours sur le corps de la toupie. La toupie est modélisée par un cylindre de masse m et de
rayon R, de moment d’inertie par rapport à son axe mR2 /2. Une pointe de moment d’inertie
négligeable permet à la toupie de tenir sur le sol horizontal. On suppose que pendant tout
son mouvement la toupie reste verticale et ne glisse pas sur le sol. Le fil est tiré avec une
force de norme F constante pour lancer la toupie.
On notera ω la vitesse angulaire instantanée de la toupie, et on supposera qu’à l’ins-
tant t = 0 où l’on commence à tirer sur le fil la toupie est immobile.
#”
1 - Exprimer la puissance instantanée de la force F .
2 - Déduire du théorème de l’énergie cinétique l’accélération angulaire ω̇ de la toupie.
3 - Quelle est la vitesse angulaire de la toupie lorsque les quatre tours de fil ont été déroulés ?

Exercice 6 : Gravimètre de Holweck–Lejay [♦]


z
Instrument ancien, un gravimètre de Holweck–Lejay est constitué d’une tige de longueur L,
M libre de tourner autour d’un axe Ox, au bout de laquelle est placée en M une masse m. On
négligera le moment d’inertie de la tige et on ne tiendra compte que de la masse située à son
#”
g extrémité. Par ailleurs, un ressort spirale, non représenté sur le dessin, tend à retenir la tige en
position verticale en exerçant sur la tige un couple Mx = −Cθ autour de l’axe de rotation. On
θ admet que ce couple dérive de l’énergie potentielle Ep = 12 Cθ2 .
1 - Exprimer l’énergie potentielle totale de la masse m en fonction de l’angle θ.
x
2 - Montrer que les positions d’équilibre θéq de la tige sont solution de l’équation
C
sin θéq = θéq .
mgL

2/3 Étienne Thibierge, 12 mars 2018, [Link]


TD M6 : Rotation et moment cinétique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Justifier, par exemple par un raisonnement graphique, qu’il existe trois positions d’équilibre si C/mgL < 1 et une
seule sinon. Prévoir qualitativement leur stabilité.
3 - Démontrer que la position d’équilibre θ = 0 n’est stable que si C/mgL > 1.
4 - Établir par une méthode énergétique l’équation du mouvement de M .
5 - Supposons que la raideur du ressort spirale et les conditions initiales garantissent un mouvement de faible
amplitude. Déterminer la période des oscillations en termes de g0 = C/mL et expliquer l’utilisation de l’appareil en
gravimètre, c’est-à-dire comme appareil de mesure des variations de g.

Annale de concours
Exercice 7 : Barre fixée à ses extrémités [oral CCP, ♦]

Considérons le système mécanique représenté ci-contre, constitué d’une barre de


masse m, de longueur OA = 2a, libre de tourner sans frottement autour de l’axe Oz.
Oz Son moment d’inertie par rapport à cet axe vaut Iz = 34 ma2 . Elle est attachée en A à un
ressort de longueur à vide `0 et de raideur k. L’autre extrémité du ressort est fixe.
A
1 - Dans la position d’équilibre, la barre est horizontale et le ressort vertical. Donner la longueur du ressort à
l’équilibre en fonction de k et de `0 .
2 - La barre est légèrement écartée de sa position d’équilibre puis lâchée sans vitesse initiale. Déterminer la période
des petites oscillations. Comme les angles sont très petits, on peut considérer que le point A se déplace verticalement.

Résolution de problème
Pour aborder un exercice de type résolution de problème, il peut notamment être utile de faire un
schéma modèle, d’identifier et nommer les grandeurs pertinentes, d’utiliser l’analyse dimensionnelle,
de proposer des hypothèses simplificatrices, de décomposer le problème en des sous-problèmes simples,
etc. Le candidat peut également être amené à proposer des valeurs numériques raisonnables pour
les grandeurs manquantes ... et toutes les valeurs données ne sont pas forcément utiles. Le tout est
évidemment à adapter à la situation proposée !

Exercice 8 : Vitesse d’un marcheur [oral banque PT, ♦]


Retrouver, en fonction des dimensions de votre corps, l’ordre de grandeur de la vitesse de marche naturelle.
Donnée : le moment d’inertie d’une tige rectiligne, homogène, de masse m et longueur ` par rapport à une de ses
extrémité vaut J = m`2 /3.

3/3 Étienne Thibierge, 12 mars 2018, [Link]


TD M6 : Rotation et moment cinétique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4/3 Étienne Thibierge, 12 mars 2018, [Link]


Mécanique 6 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Rotation et moment cinétique

Exercices
Exercice 1 : Entre le pendule simple et le pendule pesant, le pendule lesté
1 La tige a un mouvement de rotation autour de l’axe z. Comme il s’agit d’un solide, l’équation du mouvement
s’obtient par le théorème du moment cinétique scalaire autour de l’axe Oz.
. Système : tige, modélisée par un solide formé de deux points matériels de masse m liés rigidement.
. Référentiel R : terrestre, qui est galiléen en bonne approximation pour un tel mouvement.
. Bilan des actions mécaniques :
→ le contact entre la tige et le bâti est modélisé par une liaison pivot, qu’on suppose implicitement parfaite donc
de moment
Mz (liaison) = 0 ;
#”
→ le poids P 1 du point matériel M1 , située à distance L/2 de l’axe, a pour moment par rapport à l’axe (on utilise
le repère polaire habituel)
#” h# ”
Mz (P 1 ) = OM1 ∧ m #” g · #”
i
ez
 
L #”
= e r ∧ m (g cos θ #” e r − g sin θ #”
e θ ) · #”
ez
2
mgL
=− sin θ [ #”
e r ∧ #”
e θ ] · #”
ez
2
#” mgL sin θ
Mz (P 1 ) = −
2
#”
→ le poids P 2 de la deuxième masse a pour les mêmes raisons un moment
#”
Mz (P 2 ) = −mgL sin θ .
Comme le moment cinétique est additif, le moment cinétique du système est la somme des moments cinétiques
de chacune des deux masses (le moment cinétique de la tige est nul car son moment d’inertie est négligeable). Le
moment cinétique du point matériel M1 vaut
#” # ” L L mL2
Lz,M1 /R = LO,M1 /R · #”
uz = (m OM1 ∧ #”
v M1 ) · #”
uz = m × × θ̇ ( #”
ur ∧ #”
uθ ) · #”
uz soit Lz,M1 = θ̇ .
2 2 4

Ce résultat se retrouve directement à partir du moment d’inertie d’un point matériel situé à distance R
de l’axe de rotation z, Jz = mR2 ... mais aucune expression de moment d’inertie n’est a priori à
connaître.
De même, on trouve pour M2
Lz,M2 = mL2 θ̇
et ainsi au total
mL2 5
 
Lz = Lz,M1 + Lz,M2 = + mL2 θ̇ soit Lz = mL2 θ̇ .
4 4
Finalement, d’après la loi du moment cinétique,
dLz #” #” 5 3
= Mz (P 1 ) + Mz (P 2 ) soit mL2 θ̈ = − mgL sin θ
dt 4 2
ce qui donne en simplifiant
6g
θ̈ + sin θ = 0
5L

2 Par application de la définition,

# ” # ” # ” # ” 1 L #” 1 # ” 3
2m OG = m OM1 + m OM2 soit OG = ur + L #”
ur d’où OG = L #”
ur .
2 2 2 4

1/9 Étienne Thibierge, 12 mars 2018, [Link]


Correction TD M6 : Rotation et moment cinétique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Et en SI ? Vous définissez le centre de masse à partir d’une intégrale,


˚
# ” # ”
mtot OG = OP dmP
P ∈S

où dmP est la masse d’un volume infinitésimal centé sur le point P . En pensant qu’une intégrale
n’est ni plus ni moins qu’une somme, cette relation a exactement la même signification que la relation
barycentrique utilisée ici.

3 Appliquons le théorème du moment cinétique à ce nouveau système, un point matériel G de masse 2m situé à
distance 3L/4 de l’axe. La seule action mécanique qu’il subit est son poids, de moment
#” 3L
Mz (P ) = −2m × g × sin θ ,
4
et son moment cinétique par rapport à l’axe z vaut

9L2
Lz,G = 2m × θ̇ .
16
D’après le théorème du moment cinétique,

9mL2 3 4g
θ̈ = − mgL sin θ soit θ̈ + sin θ = 0
8 2 3L

On n’aboutit pas à la même équation du mouvement, ce qui signifique que les deux systèmes ne sont pas
équivalents.
La conclusion à retenir que la dynamique d’un solide en rotation n’est pas donnée par celle d’un matériel
situé en son centre d’inertie, ce qui est une différence importante avec un solide translation, pour lequel
on aurait obtenu la même équation avec les deux modèles.

Exercice 2 : Volant d’inertie


1 La puissance fournie au système par le couple de frottement vaut

Pf = Γf ω = −αω 2 .

Comme il s’agit d’un couple de frottement, alors forcément Pf < 0 donc α > 0.

2 L’équation différentielle se déduit du théorème du moment cinétique.


. Système : rotor, solide de moment d’inertie J par rapport à l’axe de rotation ;
. Référentiel : lié au stator, donc probablement le référentiel terrestre, et en tous cas un référentiel galiléen ;
. Bilan des actions mécaniques :
→ Couple moteur Γ0 ;
→ Couple de frottement Γf = −αω.
D’après le théorème du moment cinétique,

J = Γ0 − αω ,
dt
ce qui se met sous forme canonique
dω 1 Γ0 J
+ ω= avec τ= .
dt τ J α
Le second membre de cette équation est constant, donc on peut chercher une solution particulière constante également,
τ Γ0
ωf = = αΓ0 .
J
Physiquement, ωf correspond à la vitesse de rotation une fois le régime permanent atteint. Ainsi,

ω(t) = A e−t/τ + ωf .

La constante A se trouve à partir de la condition initiale ω(0) = 0, d’où


 
ω(t) = ωf 1 − e−t/τ .

2/9 Étienne Thibierge, 12 mars 2018, [Link]


Correction TD M6 : Rotation et moment cinétique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

3 L’équation différentielle étant linéaire, on peut à partir du théorème de Fourier reconstruire la réponse à n’importe
quelle forme de vibration comme une somme des réponses à des vibrations sinusoïdales. La vibration se traduit comme
un second terme de forçage, mais comme le couple qu’elle exerce est indépendant de ω, elle ne modifie pas le
régime transitoire, qui est toujours caractérisé par τ = J/α.

4 En prenant en compte le couple de vibration, l’équation différentielle s’écrit


dω 1 1 γ
+ ω = ωf + cos(Ωt)
dt τ τ J
Le second membre, le forçage, se compose d’une partie constante et d’une partie harmonique. Comme l’équation
différentielle est linéaire, alors d’après le principe de superposition la solution particulière, c’est-à-dire en régime
permanent, est la somme des réponses à chaque terme du forçage.
Le cas du terme constant est immédiat. Une solution particulière de l’équation différentielle ne prenant que ce
forçage constant,
dω 1 1
+ ω = ωf
dt τ τ
est en effet directement ωp,cst = ωf .
Cherchons maintenant la réponse au forçage harmonique, solution particulière de l’équation différentielle ne
prenant en compte que le forçage harmonique,
dω 1 γ
+ ω = cos(Ωt)
dt τ J
La représentation complexe est la méthode naturelle pour trouver cette solution. Posons donc comme suggéré par
l’énoncé ω = A ejϕ ejΩt . L’équation différentielle donne alors
1 γ 1 γ γτ
jΩ ω + ω = ejΩt soit jΩA ejϕ + A ejϕ = d’où A ejϕ =
τ J τ J J(1 + jΩτ )
Remplaçons τ par J/α et déterminons l’amplitude A à partir du module,

1 γαJ
γ
A= soit A= √ .
J 1 + jΩ α
J
α2 + Ω2 J 2

5 Ajouter à la machine tournante un anneau de masse élevée et de grand rayon augmente considérablement son
moment d’inertie. Comme on peut le voir sur l’expression obtenue à la question précédente, augmenter le moment
d’inertie permet de diminuer l’amplitude des variations de vitesse angulaire : un volant d’inertie permet donc de
stabiliser la vitesse angulaire de rotation de la machine tournante. En contre-partie, augmenter le moment
d’inertie a aussi pour effet d’augmenter la durée des régimes transitoires avant que la vitesse angulaire ne
retrouve sa valeur stationnaire de consigne.

Exercice 3 : Des poulies en équilibre


1 La poulie 1, d’axe ∆1 est soumise à
. Son propre poids m0 #” g . Compte tenu de la symétrie circulaire de la poulie, son centre d’inertie où s’applique le
poids est situé sur l’axe ∆1 , le moment du poids par rapport à cet axe est donc nul.
#”
. Une force exercée par le fil attaché à la masse m1 , égale à P1 car le fil idéal transmet parfaitement les efforts.
Son point d’application est I, voir figure 1, donc son bras de levier vaut R (rayon de la poulie) et elle est donc de
moment
M∆1 = +P1 R = +m1 gR
#”
Le signe « + » tient au fait que P1 tend à faire tourner la poulie en sens direct autour de ∆1 .
#” #”
. Une force exercée par le fil relié au point d’attache A, égale à − T 1 compte tenu de la définition de T 1 . Son point
d’application est J, donc son bras de levier est également R, et son moment vaut
M∆1 = −T1 R ,
le signe étant attribué car la force tend à faire tourner la poulie en sens horaire autour de ∆1 .
#”
. Une action mécanique de liaison autour de l’axe ∆1 , de résultante R1 impossible à déterminer directement mais
de moment nul par rapport à ∆1 car les frottements d’axe sont négligés.
2 Le dispositif étant à l’équilibre, c’est a fortiori le cas de la poulie 1, donc on en déduit que la somme des moments
qu’elle subit est nulle,
m1 gR − T1 R = 0 soit T1 = m1 g

3/9 Étienne Thibierge, 12 mars 2018, [Link]


Correction TD M6 : Rotation et moment cinétique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

J
θ
I π
∆1 −θ ∆2
2
#” #”
T1 T2
A

m1 m1

#” m2
P1

Figure 1 – Équilibre de deux poulies. Schéma introduisant les notations complémentaires du corrigé.

On a ici montré le résultat postulé dans le cours du chapitre M2 : lorsqu’un fil passe par une poulie, la
force exercée sur ses extrémités change de direction mais pas de norme.

3 L’action mécanique de liaison permet une liaison pivot parfaite. Son moment par rapport à l’axe ∆1 est donc
nul, comme annoncé dans la première question. D’après le théorème du centre d’inertie, comme la poulie 1 est à
l’équilibre, alors la somme des forces extérieures qui s’appliquent sur la poulie est nulle, donc
#” #” #” #” #” #”
m0 #”
g + P1 − T 1 + R1 = 0 soit R1 = T 1 + (m0 + m1 ) #”g

4 Comme le système est symétrique, le même raisonnement permet de montrer que le fil reliant la poulie 2 au
#” #”
point A exerce au point A une force T 2 symétrique de T 1 par rapport à la verticale, voir figure 1, et en particulier
de norme m1 g. En outre, le fil relié à la masse m2 transmet parfaitement les efforts, donc le point A est également
soumis à une force m2 #”
g . Comme le point A est à l’équilibre, alors
#” #” #”
T 1 + T 2 + m2 #”
g = 0

ce qui donne en projetant sur la direction verticale ascendante


π  π 
T1 cos − θ + T2 cos − θ − m2 g = 0 soit m1 g sin θ + m1 g sin θ − m2 g = 0
2 2
ce qui donne finalement
m2
sin θ =
2m1
On remarque que si m2 > 2m1 cette solution n’est pas définie : si la masse centrale est trop lourde, elle entraîne les deux
masses sur les côtés et l’ensemble tombe. L’équilibre est impossible. Au contraire, si m2  m1 , on pratiquement θ = 0 :
le fil supérieur est presque horizontal, ce qui est cohérent avec l’intuition.

Exercice 4 : Régulateur d’Archereau–Foucault


Toute l’étude est menée dans le référentiel terrestre, supposé galiléen en très bonne approximation.

1 Comme le fil est inextensible et tendu, aussi bien sur la partie « libre » que sur la partie enroulée, alors tous les
points du fil ont la même vitesse instantanée. Ceux encore enroulés sur le cylindre sont en mouvement circulaire à
vitesse angulaire ω, leur vitesse vaut donc Rω. Le point d’attache entre le contrepoids P et le fil se déplace lui à la
vitesse ż de P . Ainsi,
ż = Rω .

#”
2 Considérons comme système le point matériel P . Il est soumis à son poids m #” g et à la force de tension du fil T 0 ,
verticale et vers le haut. D’après la loi de la quantité de mouvement,
#” #”
mz̈ #”
uz = mg #”uz + T 0 d’où T 0 = m(z̈ − g) #”
uz .

4/9 Étienne Thibierge, 12 mars 2018, [Link]


Correction TD M6 : Rotation et moment cinétique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018
#”
D’après le principe des actions réciproques, le contrepoids P exerce sur le fil une force −T 0 . Comme le fil est supposé
#”0 #”
idéal et tendu, alors il transmet parfaitement la force et exerce en I la même force −T = T par définition. Ainsi,

#”
T = m(g − z̈) #”
uz .

3
. Système : le cylindre, solide de moment d’inertie Jx ;
. Bilan des actions mécaniques :
→ la liaison pivot et le poids du cylindre exercent tous les deux un moment nul par rapport à l’axe Ox ;
→ les frottements avec l’air exercent un couple Γf = −λω ;
#”
→ la force T , de bras de levier R, a un moment non nul qui vaut +T R car elle tend à faire tourner le cylindre
dans le sens direct.
Comme le moment cinétique du cylindre par rapport à Ox vaut Jx ω, on a d’après le théorème du moment cinétique


Jx = −λω + m(g − z̈)R
dt
Or d’après la première question z̈ = Rω̇, donc

dω dω
Jx = −λω + mgR − mR2
dt dt
ce qui conduit à

(Jx + mR2 ) + λω = mgR .
dt

4 Si l’on applique la loi du moment cinétique au système composé, les forces de tension du fil sont des forces internes
au système et il n’est plus nécessaire de les calculer puisqu’elles n’interviennent pas dans la loi du moment cinétique.
En revanche, le moment cinétique total se compose désormais de deux termes grâce à la propriété d’additivité : le
moment cinétique du cylindre et celui du contrepoids,

Lx = Lx (cylindre) + Lx (P ) = Jx ω + R × mż .

Le moment cinétique du contrepoids P se calcule par une technique de type bras de levier. Finalement, la loi du
moment cinétique donne

d dω
(Jx ω + mRż) = Γf + Mx (m #”
g) soit (Jx + mR2 ) = −λω + mgR
dt dt
ce qui donne bien la même équation qu’à la question précédente.

5 Écrite sous forme canonique, cette équation devient

dω λ mgR
+ 2
ω= ,
dt Jx + mR Jx + mR2

faisant apparaître un temps caractéristique


Jx + mR2
τ= .
λ
Comme le forçage est constant, une solution particulière est donnée par

mgR
ωp = ,
λ
et la forme générale des solutions est
ω(t) = A e−t/τ + ωp ,

où la constante A se détermine à partir des conditions initiales. Au bout d’une durée de l’ordre de 5τ , la vitesse de
rotation devient donc pratiquement égale à ωp : le dispositif permet de réguler la vitesse de rotation du
cylindre.

5/9 Étienne Thibierge, 12 mars 2018, [Link]


Correction TD M6 : Rotation et moment cinétique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

sens de
rotation
I

#”
F

Figure 2 – Schéma de la toupie vue de dessus.

Exercice 5 : Lancer d’une toupie


Commençons par un schéma de la toupie en vue de dessus pour fixer les notations, figure 2. En toute rigueur,
#”
la force F est appliquée au fil entourant la toupie, mais en supposant celui-ci parfait (inextensible), cette force se
retrouve au point I.
#”
1 Comme on peut le constater sur le schéma, la force F est tangente à la toupie, appliquée en un point situé à
distance R de l’axe de rotation. Comme elle tend à faire tourner la toupie en sens direct autour de l’axe de rotation ∆,
son moment vaut donc
M∆ (F ) = +F R .
En notant ω la vitesse angulaire de rotation, la puissance développée par la force vaut
#” #”
P(F ) = M∆ (F ) × ω soit P(F ) = F R ω .

2 La toupie est soumise à son poids, qui ne travaille pas car son altitude reste constante, à la force de réaction
#”
du sol qui ne travaille pas non plus car son point d’application (la pointe de la toupie) est immobile, et à la force F
dont la puissance a été calculée à la question précédente. D’après le théorème de l’énergie cinétique appliqué dans le
référentiel terrestre,
dEc d 1 2 #”
 
= Jω = P(F d’où J ω ω̇ = F R ω
dt dt 2
ce qui donne finalement pour l’accélération angulaire

FR 2F
ω̇ = = .
J mR

3 Comme la question concerne la vitesse à un instant donné seulement, il faut privilégier la loi intégrale de l’énergie
cinétique,
#”
Ec,f − Ec,i = Wi→f (F )
Le travail de F peut se calculer par exemple à partir de l’expression de la puissance. Comme P = F R ω où ω est la
vitesse angulaire, alors on en déduit le travail élémentaire

δW = P dt = F R ω dt = F R dθ .

En intégrant ce travail élémentaire sur les quatre tours, on trouve


#”
Wi→f (F ) = F R (4 × 2π) ,

d’où finalement
r
1 32πF
Jω 2 − 0 = 8π F R et ωf = .
2 f mR

Exercice 6 : Gravimètre de Holweck–Lejay


1 Outre le couple de rappel, la masse m est également soumise à son poids, qui dérive de l’énergie potentielle de
pesanteur
Epp = mgz + cte = mgL cos θ + cte
car l’axe z est orienté vers le haut. Ainsi, l’énergie totale de masse s’écrit

1 2
Ep = Cθ + mgL cos θ + cte .
2

6/9 Étienne Thibierge, 12 mars 2018, [Link]


Correction TD M6 : Rotation et moment cinétique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

2 Les positions d’équilibre de la tige correspondent aux extremums de l’énergie potentielle,


dEp
(θéq ) = Cθéq − mgL sin θéq = 0

ce qui conduit à l’équation voulue
C
sin θéq = θéq .
mgL
Vous avez montré en cours de maths que ∀x, sin x ≤ x donc sin θéq ≤ θéq . Ainsi, si C/mgL > 1 la seule position
d’équilibre possible est θéq = 0, alors que si C/mgL < 1 deux autres positions d’équilibre apparaissent, voir figure 3.
Pour des valeurs encore plus faibles de C/mgL, d’autres positions d’équilibre sont possibles, dans lesquelles la tige
fait plus d’un tour complet.

sin θ
C/mgL > 1
C/mgL < 1

Figure 3 – Détermination des positions d’équilibre du gravimètre. Résolution graphique de l’équation sin θéq =
mgL θéq .
C

Qualitativement, une position d’équilibre sera stable si le poids et la force de rappel du ressort spirale se com-
pensent.
. Si C/mgL > 1, le ressort est tellement raide qu’il ramène toujours la tige à la verticale : la position d’équilibre θ = 0
est alors stable.
. Si C/mgL < 1, la raideur du ressort ne permet pas de ramener la tige à l’équilibre : les deux positions d’équilibre
symétriques θ 6= 0 sont stables, et la position d’équilibre θ = 0 ne l’est plus (penser à une tige verticale qui ne
reste verticale que parce qu’elle « ne sait pas » de quel côté tomber).

3 Pour déterminer analytiquement la stabilité d’une position d’équilibre, il faut calculer la dérivée seconde de
l’énergie potentielle et étudier son signe,
dEp d2 Ep
= Cθ − mgL sin θ donc = C − mgL cos θ .
dθ dθ2
Ainsi, la dérivée seconde en θ = 0 est positive si C > mgL (équilibre stable) et négative sinon (équilibre instable).

4 M est en mouvement conservatif à trajectoire circulaire de rayon L. L’équation du mouvement s’obtient à partir
de l’énergie mécanique
1 1
Em = mL2 θ̇2 + Cθ2 + mgL cos θ + cte
2 2
qui est une constante du mouvement, donc
dEm
= mL2 θ̈θ̇ + C θ̇θ − mgLθ̇ sin θ = 0
dt
En factorisant par θ̇, on aboutit à l’équation du mouvement de la masse m,

mL2 θ̈ + Cθ − mgL sin θ = 0 .

5 Supposer les oscillations de faible amplitude permet d’utiliser le développement limité sin θ ' θ, qui transforme
l’équation du mouvement en

C − mgL
mL2 θ̈ + (C − mgL)θ = 0 soit θ̈ + θ=0
mL2
On reconnaît l’équation différentielle d’un oscillateur harmonique de pulsation propre
r s
C − mgL mL2
ω0 = soit T0 = 2π
mL2 C − mgL

7/9 Étienne Thibierge, 12 mars 2018, [Link]


Correction TD M6 : Rotation et moment cinétique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Pour bien comprendre le fonctionnement du gravimètre, posons g0 = C/mL, d’où


s
L
T0 = 2π
g0 − g

On remarque que si g0 est réglé très proche de la valeur de g, alors de faibles variations de la valeur de g, par exemples
dues à des variations de densité dans le sous-sol, se traduisent par de fortes variations de la période des oscillations,
aisément mesurables.
Si g0 < g, l’équation différentielle change de nature et n’est plus celle d’un oscillateur harmonique : il
n’y a plus du tout d’oscillations.

Annale de concours
Exercice 7 : Barre fixée à ses extrémités [oral CCP]
L L L Attention ! Sur tous les dessins, la base doit absolument être dessinée directe pour que les produits vectoriels
s’expriment correctement.

y 1 On étudie la barre, en mouvement par rapport au référentiel terrestre, considéré


galiléen. Par hypothèse, dans la position d’équilibre, la barre est horizontale et le ressort
vertical, ce qui permet d’orienter les forces. Comme les forces sont perpendiculaires à la
barre, utiliser le bras de levier donne immédiatement les résultats. Elle est soumise à son
#” poids, exercé en G au centre de la barre, de moment
F ress
Oz G
x Mz (poids) = −mg × a
#” A
P et à la force de rappel exercée par le ressort, exercée en A, de moment

Mz (ressort) = +k(`éq − `0 ) × 2a .
Dans la position d’équilibre, on a alors

mg
Mz (poids) + Mz (ressort) = 0 soit − mga + 2ak(`éq − `0 ) = 0 d’où `éq = `0 + .
2k

y
2 On suppose maintenant la barre inclinée d’un angle θ.
L L L Attention ! L’angle doit absolument être dessiné positif pour que les signes soient
#”
F ress corrects.
G θ
Oz A Méthode 1 : conservation de l’énergie mécanique. L’énergie cinétique de la
#” barre vaut
x
B P#” PB F#” 1 2
Ec = Iz θ̇2 = ma2 θ̇2 .
2 3
Son énergie potentielle compte deux contributions, celle de pesanteur et celle élastique.

Epp = mgyG = mga sin θ ' mgaθ


1 1 2 1  mg 2
Epe = k(` − `0 )2 = k (`éq − 2a sin θ − `0 ) ' k − 2aθ
2 2 2 2k
en remplaçant `éq par son expression. Ainsi,

dEm d
= (Ec + Epp + Epe ) = 0
dt dt
soit
2 1  mg 
ma2 × 2θ̇θ̈ + mgaθ̇ + k × 2 2aθ − 2aθ̇ = 0
3 2 2k
ce qui conduit en simplifiant par θ̇ à

4 3k
ma2 θ̈ + 4ka2 θ = 0 et θ̈ + θ=0
3 m

8/9 Étienne Thibierge, 12 mars 2018, [Link]


Correction TD M6 : Rotation et moment cinétique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

On reconnaît l’équation d’un oscillateur harmonique de pulsation ω0 = 3k/m, d’où on déduit la période propre
p

r
m
T0 = 2π .
3k

Méthode 2 : théorème du moment cinétique. Utilisons toujours le bras de levier pour déterminer les
moments. Le moment du poids vaut
Mz (poids) = −mg × OB P#” = −mga cos θ ' −mga
car θ  1. Le moment de la force exercée par le ressort vaut

Mz (ressort) = +k(` − `0 ) × OB F#” = +k(`éq − 2a sin θ − `0 ) × 2a cos θ ' +2ka(`éq − 2aθ − `0 )


En remplaçant `éq par son expression,
 mg 
Mz (ressort) = +2ka `0 + − 2aθ − `0 = mga − 4ka2 θ
2k
Ainsi, d’après la loi du moment cinétique,
4ka2 3k
Iz θ̈ = −mga + mga − 4ka2 θ donc θ=0
θ̈ + et θ̈ + θ=0
Iz m
On reconnaît l’équation d’un oscillateur harmonique de pulsation ω0 = 3k/m, d’où on déduit la période propre
p

r
m
T0 = 2π .
3k

Résolution de problème
Exercice 8 : Vitesse d’un marcheur [oral banque PT]
Commençons par déterminer la fréquence des pas, en modélisant une jambe par un pendule pesant fait de la tige
homogène dont l’énoncé donne le moment d’inertie. L’équation du mouvement s’écrit (cf. cours)
mg`
θ̈ + sin θ = 0 .
2J

Il y a un facteur 2 car on suppose que le centre d’inertie de la jambe se trouve en son milieu, donc à
distance `/2 de l’axe. Dans le cours, la distance utilisée était directement la distance OG.

Le mouvement de la jambe étant d’amplitude assez faible (45° grand maximum), la pulsation des oscillations est
donc approximativement égale à la pulsation propre,
r
3g
r
mg`
ω0 = =
2J 2`
et ainsi la période du mouvement est de l’ordre de
s
2`
T = 2π .
3g
En considérant qu’une jambe mesure environ 1 m, on trouve numériquement
T ' 1,6 s
ce qui semble tout à fait raisonnable. En supposant par ailleurs qu’un pas mesure un peu moins d’un mètre, disons
d = 80 cm pour simplifier les calculs, on peut en déduire la vitesse de marche, mais attention, un pas ne correspond
qu’à la moitié d’une période du mouvement de la jambe.
2d
v= = 1 m · s−1 ' 3,6 km · h−1 .
T
On trouve un ordre de grandeur excellent, puisque la vitesse typique de marche est de l’ordre de 4 à 5 km · h−1 .
On pourrait conclure que le modèle est assez chanceux de retomber sur la bonne valeur. Dans le cas présent, je
pense plutôt que l’accord est dû au fait que l’évolution (la biologie) a favorisé un mouvement de marche qui se fasse
à moindre coût pour le corps humain, et qui donc exploite au mieux les lois de la physique.

9/9 Étienne Thibierge, 12 mars 2018, [Link]


Mécanique 7 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Mouvements dans un champ de force


central et conservatif
Donnée pour tous les exercices : constante de gravitation G = 6,67 · 10−11 m3 · kg−1 · s−2 .

Exercices
Exercice 1 : Constante des aires [♦♦]
Nous avons établi en cours l’expression de la constante des aires C = r2 θ̇ à partir de la conservation du moment
cinétique. Retrouver ce résultat à partir de la loi de la quantité de mouvement : projeter sur #”uθ , multiplier par r, et
intégrer.

Exercice 2 : Comète de Halley [♦♦]

La comète de Halley est la plus connue. La première mention de son observation date de
611 av. J.-C. en Chine, et on la retrouve tout au long de l’Antiquité et du Moyen-Âge ...
évidemment sans savoir qu’il s’agit d’une seule comète. Cette découverte a été formalisée
en 1705 par Edmond Halley, qui publia un livre avançant que les observations en 1531, 1607
et 1682 concernaient en fait la même comète. Son prochain passage est prévu en 2061.

On sait aujourd’hui que la comète de Halley suit une trajectoire elliptique de période de révolution autour du
Soleil 76 ans, sa distance minimale au Soleil étant de dmin = 0,59 unités astronomiques.
Données :
. Une unité astronomique correspond à la distance moyenne Terre-Soleil, soit 1,5 · 1011 m ;
. Masse solaire mS = 2,0 · 1030 kg.
1 - Faire un schéma de la trajectoire indiquant la position du Soleil et dmin .
2 - Déduire de la troisième loi de Kepler la plus grande distance au Soleil de la comète.
3 - Une conique est décrite par une équation polaire de la forme
p
r(θ) =
1 − e cos θ

où l’origine du repérage polaire est prise sur un des foyers de la conique. Déterminer le paramètre p et l’excentricité e
de la trajectoire de la comète de Halley.

Exercice 3 : Modèle classique de trou noir [♦♦]


En 1783, le physicien britannique John Michell eut pour la première fois l’idée de l’existence d’astres dont la
gravitation serait si forte que même la lumière ne pourrait s’en échapper. L’idée fut reprise par Pierre-Simon Laplace 1
en 1796, puis oubliée car elle semblait trop abstraite. Elle ressurgit en 1916 dans le cadre de la relativité générale
lorsque Karl Schwarzschild vit apparaître un tel objet dans les solutions des équations d’Einstein, que l’on peut voir
comme l’analogue relativiste du principe fondamental de la dynamique. Ce concept fut développé par la suite, et
la dénomination de trou noir s’est imposé dans les années 1960. On pense aujourd’hui en avoir détecté plus d’une
centaine (la liste est sur Wikipédia), mais comme rien ne peut s’échapper d’un trou noir la détection ne peut être
qu’indirecte.
Cet exercice propose de calculer l’ordre de grandeur de la taille et de la densité d’un trou noir dans un modèle
heuristique de physique newtonienne. Considérons pour cela un point matériel M de masse m à proximité d’un astre
sphérique de masse m0 , de rayon R et de centre O. Cet astre est supposé suffisamment massif pour que l’on puisse
considérer que M n’est soumis qu’à la force gravitationnelle due à l’astre. On étudie le mouvement de M dans le
référentiel R astrocentrique, que l’on suppose galiléen.

1. Celui-là même qui a introduit la transformation de Laplace ... et qui a également élaboré une théorie dynamique des marées encore
utilisée aujourd’hui pour prévoir les heures de pleine et basse mer.

1/4 Étienne Thibierge, 19 mars 2018, [Link]


TD M7 : Champ de force central et conservatif Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

1 - Exprimer la force gravitationnelle ressentie par M ainsi que l’énergie potentielle dont elle dérive en la supposant
nulle à l’infini. Exprimer l’énergie mécanique de M . Celle-ci se conserve-t-elle ?
2 - Montrer que le mouvement de M est nécessairement plan. M étant alors repéré par ses coordonnées polaires,
montrer que C = r2 θ̇ est une constante du mouvement.
3 - Montrer que l’énergie mécanique peut se mettre sous la forme
1 2
Em = mṙ + Ep,eff (r)
2
en introduisant l’énergie potentielle effective Ep,eff (r) dont on précisera l’expression en fonction de r.
4 - Tracer l’allure de la courbe représentative de Ep,eff (r). À l’aide d’un raisonnement graphique, déterminer pour
quelles valeurs de Em le point M peut échapper à l’attraction de l’astre, c’est-à-dire se trouver dans un état de
diffusion.
5 - En déduire la vitesse de libération vlib à la surface de cet astre.
6 - Dans la conception classique de Michell, un trou noir est un astre dont la vitesse de libération est supérieure
à c = 3 · 108 m · s−1 . Calculer le rayon de Schwarzschild RS de l’astre, c’est-à-dire le rayon maximal qu’il doit avoir
pour être un trou noir.
7 - Calculer numériquement RS pour le Soleil (MS = 2,0 · 1030 kg) et pour la Terre (MT = 6,0 · 1024 kg). En déduire
la densité minimale d’un trou de noir de cette masse.
8 - Quelles sont les deux contradictions internes à cette approche ?
Notons toutefois que malgré les deux limites évoquées, le rayon de Schwarzschild donne le bon ordre de grandeur
de la taille d’un trou noir de masse m.

Exercice 4 : Expérience de Rutherford [♦]


Entre 1909 et 1911, Ernest Rutherford et ses deux étudiants Hans Geiger et Ernest Marsden ont réalisé et
interprété une expérience consistant à bombarder une mince feuille d’or avec des particules α, dont Rutherford avait
précédemment montré qu’il s’agit de noyaux d’hélium. Ils observèrent que la plupart de ces particules traversaient la
feuille sans être affectées (donc ne recontraient que du vide), mais que certaines étaient déviées, parfois très fortement.
En reliant les angles de déviation aux dimensions microscopiques, cela permit la découverte du noyau atomique et
l’estimation de sa taille.
Modélisons l’expérience en considérant une particule α de masse m et de
charge 2e, venant de l’infini avec la vitesse −v0 #”
e x et s’approchant avec un
paramètre d’impact b d’un unique noyau cible de numéro atomique Z. Le
paramètre d’impact est la distance minimale entre le prolongement de la
trajectoire rectiligne de la particule et le noyau situé en O. Le noyau reste
pratiquement immobile dans le référentiel terrestre : on travaille dans ce
référentiel supposé galiléen, le repère étant situé sur la position O du
noyau. La trajectoire suivie par la particule α est la branche d’hyperbole
représentée ci-contre.
Données : ε0 = 8,9 · 10−12 F · m−1 ; e = 1,6 · 10−19 C ; m = 6,6 · 10−27 kg et ZAu = 79.
#”
1 - Exprimer la force électrique subie par la particule α sous la forme F = K/r2 #” e r et exprimer l’énergie potentielle
d’interaction.
2 - Montrer que l’énergie mécanique Em de la particule α est une constante du mouvement et donner sa valeur à
partir des conditions initiales.
#”
3 - Montrer que le moment cinétique LO de la particule α en O est un vecteur constant et donner la valeur de cette
constante à l’aide des conditions initiales. La particule étant repérée par ses coordonnées polaires dans le plan (Oxy),
#”
montrer que LO s’exprime de manière simple en fonction de r et θ̇.
4 - Montrer que l’énergie mécanique peut se mettre sous la forme
1 2
Em = mṙ + Ep? (r)
2
en explicitant la fonction Ep? (r). Comment l’appelle-t-on ?
5 - On note S la position de la particule α pour laquelle elle passe au plus près du noyau d’or, et on note rmin = OS
la distance minimale d’approche. Simplifier l’expression de Em lorsque r = rmin . En déduire
 s 
2
m b v02 

K 
rmin = 1+ 1+
mv02 K

2/4 Étienne Thibierge, 19 mars 2018, [Link]


TD M7 : Champ de force central et conservatif Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

6 - On peut montrer que l’angle de déviation D de la particule est donnée par


D K
tan = .
2 m b v02
Calculer b puis rmin pour D1 = 60° et D2 = 180° (particule renvoyée vers l’arrière). En déduire l’ordre de grandeur
de la taille du noyau d’or.

Exercice 5 : Modèle de Bohr de l’atome d’hydrogène [♦]


L’expérience de Rutherford a prouvé qu’un atome avait une structure lacunaire, composée essentiellement de vide.
Ernest Rutherford propose donc un modèle planétaire de l’atome d’hydrogène, où l’électron (masse m, charge −e)
est en orbite circulaire de rayon r autour d’un proton P (charge +e) qu’on supposera fixe dans le référentiel d’étude.
Données : constante de Planck h = 6,6 · 10−34 J · s ; vitesse de la lumière dans le vide c = 3,0 · 108 m · s−1 ; per-
mittivité diélectrique du vide ε0 = 8,85 · 10−12 F · m−1 ; charge élémentaire e = 1,6 · 10−19 C ; masse de l’élec-
tron m = 9,1 · 10−30 kg ; 1,0 eV = 1,6 · 10−19 J.
1 - Exprimer la force exercée par le proton sur l’électron. En déduire l’énergie potentielle à laquelle est soumis
l’électron.
2 - Déterminer la relation entre la vitesse v de l’électron et le rayon r de l’orbite, puis exprimer l’énergie mécanique
de l’électron en fonction du rayon r de l’orbite.
3 - Relier l’énergie potentielle de l’électron à son énergie mécanique.
Pour rendre compte du spectre de raies discret de l’atome d’hydrogène et de sa stabilité, Niels Bohr postule que
l’électron ne peut occuper que certaines orbites stables de rayons rn tel que le moment cinétique de l’électron par
rapport au point P vérifie une condition de quantification
LP (n) = n~
où n est un entier naturel non nul appelé nombre quantique principal et ~ = h/2π la constante de Planck réduite.
4 - Exprimer le moment cinétique de l’électron LP en fonction de rn seulement.
5 - En déduire en fonction de n les rayons rn des orbites permises pour l’électron.
6 - Montrer alors que l’énergie mécanique de l’électron peut s’écrire sous la forme
E0
En = − .
n2
Calculer numériquement E0 .
7 - La condition de quantification peut se retrouver de manière élégante en termes d’ondes de matière. Rappelons
que la longueur d’onde de de Bröglie associée à une particule se déplaçant à la vitesse v vaut λ = h/mv. Montrer
que la condition de quantification peut s’écrire sous la forme
2πrn = nλ .
Comment interpréter cette condition en termes ondulatoires ?

Annale de concours
Exercice 6 : Gravity [oral CCP, ♦]
Dans le film Gravity, des astronautes effectuent une mission de maintenance
sur le télescope spatial Hubble lorsque leur navette est détruite. Leur seul espoir
semble être de rejoindre la Station spatiale internationale, l’ISS. Le but de cet
exercice est de définir dans quelles conditions ce voyage spatial est possible.
On suppose que le télescope Hubble et l’ISS sont en orbite circulaire basse
autour de la terre, respectivement à 600 km et 400 km au-dessus de la Terre,
dans le même plan. Le rayon de la terre est RT = 6400 km ; G est la constante
universelle de gravitation.
1 - Exprimer la force de gravitation exercée par la Terre, de masse M0 , sur l’astronaute et son équipement, de
masse m. Donner l’expression de l’énergie potentielle de gravitation.
2 - En exprimant le principe fondamental de la dynamique pour un système en rotation uniforme, établir la troisième
loi de Kepler. Exprimer l’énergie de l’astronaute sur son orbite, en fonction de G, m, M0 et r, rayon de l’orbite.
3 - Déterminer numériquement la période TS de l’ISS, sachant que la période du télescope vaut TH = 97 min. En
déduire numériquement la vitesse du télescope vH , puis celle de la station spatiale vS sur leur orbite respective.

3/4 Étienne Thibierge, 19 mars 2018, [Link]


TD M7 : Champ de force central et conservatif Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Pour rejoindre la station spatiale, l’astronaute envisage une orbite de transfert elliptique, dont l’apogée de dis-
tance rH par rapport au centre de la Terre est sur l’orbite du télescope, et le périgée de distance rS par rapport au
centre de la terre est sur l’orbite de l’ISS.
4 - Représenter la trajectoire suivie par l’astronaute.
5 - Exprimer l’énergie de l’astronaute sur cette trajectoire en fonction de G, M0 , m, rH et rS .
6 - Exprimer la vitesse de l’astronaute à l’apogée, en fonction de rH , TH et rS . Par analogie, en déduire l’expression de
la vitesse au périgée en fonction de rS , TS et rH . Calculer les valeurs numériques. Techniquement comment l’astronaute
peut-il gérer sa vitesse ?
7 - Quelle est la durée de ce voyage ?

Résolution de problème
Pour aborder un exercice de type résolution de problème, il peut notamment être utile de faire un
schéma modèle, d’identifier et nommer les grandeurs pertinentes, d’utiliser l’analyse dimensionnelle,
de proposer des hypothèses simplificatrices, de décomposer le problème en des sous-problèmes simples,
etc. Le candidat peut également être amené à proposer des valeurs numériques raisonnables pour
les grandeurs manquantes ... et toutes les valeurs données ne sont pas forcément utiles. Le tout est
évidemment à adapter à la situation proposée !

Exercice 7 : Descente d’un satellite [oral CCP, ]


Un satellite est en orbite circulaire autour de la Terre à 800 km d’altitude. Sur cet orbite, on constate que son
altitude diminue de 1 m durant une période. On décrit les frottements avec l’atmosphère par une force de frottement
#”
fluide quadratique f = −αmv #” v , où #”
v désigne la vitesse du satellite et m sa masse. Le coefficient α est supposé
indépendant de l’altitude du satellite : α = 1,5 · 10−15 m−1 .
Au bout de combien de temps l’altitude aura-t-elle baissé de 10 km ?
Données : masse de la Terre : MT = 5,97 · 1024 kg ; rayon terrestre : RT = 6371 km.

4/4 Étienne Thibierge, 19 mars 2018, [Link]


Mécanique 7 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Mouvements dans un champ de force


central et conservatif
Exercices
Exercice 1 : Constante des aires
. Système : point matériel M de masse m ;
. Référentiel : peu importe car on se place dans un cas général, il faut seulement qu’il soit galiléen et que le centre
de force soit un point fixe dans ce référentiel ;
#”
. Bilan des forces : M n’est soumis qu’à une force centrale F = Fr (r) #”
e r dans un repérage polaire de centre le centre
de force.
. Loi de la quantité de mouvement :
#”
m #”
a =F
ce qui donne en termes de composantes
m r̈ − rθ̇2 = Fr
( 

m 2ṙθ̇ + rθ̈ = 0


Considérons la projection sur #”


uθ en la multipliant par ṙ comme indiqué par l’énoncé,

2rṙθ̇ + r2 θ̈ = 0

On identifie cette expression à la forme

u = r2
(
u v + uv = 0
0 0
avec
v = θ̇

Ainsi, en procédant à l’intégration, on trouve

u v = cte soit C = r2 θ̇ = cte .

Exercice 2 : Comète de Halley


1 Voir figure 1.

comète

dmin dmax
S
2a

Figure 1 – Schéma de la trajectoire de la comète de Halley. Le Soleil S est un des foyers de l’ellipse. On représente
en outre les distances minimale dmin et maximale dmax de la comète au Soleil, ainsi que le grand axe 2a de l’ellipse.

2 La troisième loi de Kepler permet de déterminer le demi-grand axe a, puisque


1/3
T2 4π 2 T 2 mS G

= d’où a= .
a3 mS G 4π 2
Or d’après la figure
dmax + dmin = 2a

1/8 Étienne Thibierge, 19 mars 2018, [Link]


Correction TD M7 : Champ de force central et conservatif Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

d’où on déduit 1/3


T 2 mS G

dmax = 2 − dmin = 5,3 · 1012 m = 1,1 · 102 u.a.
4π 2

3 D’après le schéma,
p p
dmax = r(0) = et dmin = r(π) =
1−e 1+e
d’où on déduit
dmin
1−
dmin 1−e dmax dmax − dmin
= soit e= donc e= = 0,97
dmax 1+e dmin dmax + dmin
1+
dmax
et de même
p = dmin (1 + e) = 1,1 u.a.

Exercice 3 : Modèle classique de trou noir


1 Voir cours.
#” m0 m m0 m
F = −G 2 #”er et Ep = −G
r r

2 Voir cours : c’est une conséquence de la conservation du moment cinétique.

3 Voir cours : on remplace θ̇ par C/r2 dans l’expression de l’énergie mécanique, ce qui permet d’identifier l’énergie
potentielle effective
mC 2 G m0 m
Ep,eff (r) = − .
2r2 r
Attention : c’est une « fausse » énergie potentielle, qui contient un terme issu de l’énergie cinétique. On peut s’en
rendre compte en notant la présence de la constante des aires C, qui dépend des conditions initiales.

4 Voir cours et figure 2. Le point M peut échapper à l’attraction de l’astre si sa trajectoire est non-bornée
pour r → ∞, c’est-à-dire pour Em ≥ 0.

Ep,eff

Figure 2 – Profil d’énergie potentielle effective au voisinage d’un astre sphérique.

5 Voir cours. On exprime la valeur de l’énergie mécanique à la limite d’un état de diffusion (Em = 0) à la surface de
l’astre (distance R, vitesse vlib ). On peut le retrouver plus qualitativement en exprimant la conservation de l’énergie
mécanique entre la surface de l’astre et une distance infinie en indiquant qu’à la limite la particule s’est infiniment
éloignée de l’astre (r → ∞) mais n’a plus qu’une vitesse nulle (v = 0). Ainsi,
r
1 2 G m0 m 2 G m0
m vlib − =0 d’où vlib =
2 R R

Attention à bien utiliser l’énergie cinétique et l’énergie potentielle « complètes », et surtout pas l’énergie
potentielle effective. La vitesse vlib a une composante orthoradiale, et la constante des aires ne doit pas
rester dans le résultat.

6 Par définition du rayon de Schwarzschild, si l’astre a pour rayon RS alors sa vitesse de libération est égale à c.
On en conclut que l’astre est un trou noir si
2 G m0
R < RS =
c2

2/8 Étienne Thibierge, 19 mars 2018, [Link]


Correction TD M7 : Champ de force central et conservatif Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

7 Numériquement,
RS,S = 3,0 km et RS,T = 9,0 mm

ce qui donne en termes de densité

ρS = 7,7 · 1019 kg · m−3 et ρS = 8,5 · 1030 kg · m−3 .

C’est phénoménal : imaginez toute la masse de la Terre concentrée dans une balle de babyfoot ou de ping-pong !

8 Une première contradiction consiste à généraliser des résultats de mécanique classique à des vitesses égales à
la vitesse de la lumière, qui se rapportent donc au domaine de la relativité. La seconde contradiction est la
généralisation de résultats de gravitation, qui s’appliquent donc aux particules massives, à la lumière, alors qu’on
sait que les photons sont sans masse.

Exercice 4 : Expérience de Rutherford


1 Plaçons-nous en coordonnées cylindriques d’axe Oz. La particule α étant chargée positivement, elle subit une
force de Coulomb répulsive exercée par le noyau placé en O s’écrivant

#” 1 qα qnoy #” 1 2Ze2 #”
F = e r = er
4πε0 r2 4πε0 r2
ce qui s’écrit bien sous la forme
#” K 2Ze2
F = 2 #”
er avec K= .
r 4πε0
Si cette force est conservative, alors comme elle est dirigée suivant #”
e r et qu’elle ne dépend que de r elle s’écrit sous
la forme
#” dEp #”
F =− er
dr
ce qui permet d’identifier
dEp 1 2Ze2
=−
dr 4πε0 r2
et en intégrant avec une constante d’intégration choisie nulle (Ep (r → ∞) = 0),

Ze2 K
Ep (r) = = .
2πε0 r r

2 Le poids de la particule α est négligeable devant la force de Coulomb exercée par le noyau. On peut donc
considérer qu’elle n’est soumise qu’à cette force, qui dérive d’une énergie potentielle. On en déduit que le mouvement
de la particule α est conservatif, donc Em est une constante du mouvement. À l’instant initial, la particule est
à l’infini où Ep = 0 et elle est animée d’une vitesse initiale de norme v0 , d’où

1
Em = m v02 .
2

3 Appliquons la loi du moment cinétique à la particule α. Comme la force de Coulomb est dirigée selon #” e r alors
sa droite d’action passe par O et donc son moment en O est nul. Ainsi, d’après la loi du moment cinétique,
#”
d LO #”
= 0
dt
donc le moment cinétique évalué en O de la particule α est une constante du mouvement. Calculons-le à partir des
conditions initiales. En utilisant les notations de la figure de l’énoncé,
# ” # ” # ”
OM (0) = OH + HM∞ = OH #”
e x + b #”
ey .

Ainsi, à l’instant initial,


#” #”
LO (0) = m(OH #”
e x + b #”
e y ) ∧ (−v0 #”
e x ) = −m b v0 ( #”
e y ∧ #”
ex) d’où LO = m b v0 #”
ez .

3/8 Étienne Thibierge, 19 mars 2018, [Link]


Correction TD M7 : Champ de force central et conservatif Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018
#”
Enfin, exprimons LO en coordonnées polaires,
#” #”
LO = m(r #”
e r ) ∧ (ṙ #”
e r + rθ̇ #”
e θ ) = m r2 θ̇( #”
e r ∧ #”
eθ ) d’où LO = m r2 θ̇ #”
ez .

4 À un instant quelconque, l’énergie mécanique de la particule α s’écrit sous la forme


1 K
Em = m(ṙ2 + r2 θ̇2 ) +
2 r
Pour l’écrire comme une fonction de r seulement, il faut remplacer la dépendance en θ̇ par une dépendance en r, ce
qui est rendu possible grâce au moment cinétique,
#”
LO = m r2 θ̇ #”
e z = m b v0 #”
ez ,
ce qui permet d’isoler
bv0
θ̇ =
r2
et d’écrire ainsi
1 2 1 2 b2 v02 K
Em = mṙ + mr 4
+ ,
2 2 r r
ce qui se met sous la forme demandée

1 2 m b2 v02 K
Em = mṙ + Ep? (r) avec Ep? (r) = + .
2 2r2 r
Cette fonction Ep? (r) est l’énergie potentielle effective de la particule α.

5 Lorsque la particule passe en S, sa distance à O est par définition minimale et donc ṙ = 0. L’énergie mécanique
est donc tout simplement égale à Ep? (rmin ),

m b2 v02 K
Em = 2 + .
2rmin rmin
Par conservation de l’énergie mécanique, on en déduit
1 m b2 v02 K
m v02 = 2 +
2 2rmin rmin
2
Pour isoler rmin , le plus naturel consiste à multiplier l’équation par rmin ,
1 1
m v02 rmin
2
= m b2 v02 + Krmin
2 2
ce qui conduit à une équation du second degré
2 2K
rmin − rmin − b2 = 0 .
mv02
Cette équation a pour discriminant
2
2K

∆= + 4b2 > 0
mv02
et pour solutions  s 
2
1  2K 2K
r± = ± + 4b2  .
2 mv02 mv02
Comme un rayon de coordonnées polaires est par définition positif, seule la solution avec un signe + a un sens
physique, d’où on déduit
 s 
2
1  2K 2K
rmin = + + 4b2 
2 mv02 mv02
 s 
2 2
 
K  mv 0
= 1 + 1 + 4b2
mv02 2K

 s 
2
b m v02 

K 
rmin = 1+ 1+
mv02 K

4/8 Étienne Thibierge, 19 mars 2018, [Link]


Correction TD M7 : Champ de force central et conservatif Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

6 En inversant la relation donnée, on trouve

K Ze2
b= =
mv02 tan(D/2) 2π ε0 m v02 tan(D/2)

d’où b1 = 2,4 · 10−14 m et b2 = 0, ce qui donne alors rmin1 = 2,4 · 10−14 m et rmin2 = 2,7 · 10−14 m. On en déduit
qu’un noyau d’or a une taille de l’ordre de 10−14 m (c’est un assez gros noyau), ce qui est bien plus petit que
la taille de l’atome (10−10 m) connue par Rutherford.

Exercice 5 : Modèle de Bohr de l’atome d’hydrogène


1 Le proton exerce une force de Coulomb attractive sur l’électron. Dans un repérage polaire dans le plan du
mouvement,
#” e2 #”
F =− ur .
4π ε0 r2
Comme cette force est conservative, alors l’énergie potentielle dont elle dérive est telle que

#” dEp #”
F =− ur
dr
ce qui conduit à
dEp e2 e2
= d’où Ep (r) = −
dr 4π ε0 r2 4π ε0 r

en prenant comme référence Ep (r → ∞) = 0.

2 L’électron en mouvement par rapport à un référentiel lié au proton. Son poids est négligeable devant la force
électrique exercée par le proton, ce qui a été justifié dans le chapitre sur les particules chargées. D’après la loi de la
quantité de mouvement appliquée à l’électron en mouvement circulaire,
#”
m #”
a =F

ce qui donne en projection sur #”


ur
e2
−mrθ̇2 = − .
4π ε0 r2
Or θ̇2 = v 2 /r2 , d’où
v2 e2
m = ,
r 4π ε0 r2
et ainsi
s
e2
v= .
4π ε0 m r

L’énergie mécanique s’écrit alors

1 e2 e2 e2 e2
Em = m v2 − = − soit Em = −
2 4π ε0 r 8π ε0 r 4π ε0 r 8π ε0 r

3 D’après la question précédente,


Ep = 2Em .

Comme Em < 0 il n’y a pas de contradiction !

4 Comme l’orbite de l’électron est circulaire, son vecteur vitesse est orthoradial alors que son vecteur position est
radial. Les deux vecteurs sont donc perpendiculaires. La norme du moment cinétique de l’électron évalué en P vaut
donc
s
π m e2 rn
LP = rn × mvn × sin soit LP = .
2 4π ε0

5/8 Étienne Thibierge, 19 mars 2018, [Link]


Correction TD M7 : Champ de force central et conservatif Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

5 L’hypothèse de quantification de Bohr indique que


s
m e2 rn m e2 rn
= n~ soit = n 2 ~2
4π ε0 4π ε0
et ainsi
4π ε0 ~2 2
rn = n .
m e2

6 Connaissant rn , on en déduit les valeurs permises pour l’énergie mécanique,

e2 m e2 E0 m e4
En = − × soit En = − avec E0 = = 13,6 eV
8π ε0 4π ε0 ~2 n2 n2 32π 2 ε02 ~2

7 Repartons de la condition de quantification du moment cinétique,

LP = m rn vn = n~ .

En utilisant la relation de de Bröglie, vn = h/mλn ,


h
m rn = n~
mλn
d’où le résultat annoncé,
2π rn = nλn .
La longueur 2πrn correspond au périmètre de l’orbite circulaire, qui doit ici correspondre à un nombre entier de
longueurs d’ondes de de Bröglie : c’est une condition de type résonance d’onde stationnaires.

Annale de concours
Exercice 6 : Gravity [oral CCP]
1 Dans un repère polaire de centre O le centre de la Terre,

#” GM0 m #” GM0 m
F =− er et Ep = − .
r2 r

2 Pour un système en rotation uniforme, r = cte donc ṙ = 0 et r̈ = 0 et v = rθ̇ = 0 donc θ̈ = 0. Le PFD dans la
base polaire s’écrit donc
v2 GM0 m #” GM0
−m #” er = − er soit v2 = .
r r2 r
Or le mouvement est par hypothèse circulaire de rayon r et uniforme de période T , donc v = 2πr/T et
4π 2 r2 GM0
2
=
T r
ce qui conduit à la troisième loi de Kepler pour l’orbite circulaire,

T2 4π 2
3
=
r M0 G

L’énergie mécanique de l’astronaute vaut alors

1 GM0 m 1 GM0 GM0 m GM0 m


Em = mv 2 − = m − donc Em = − .
2 r 2 r r 2r

3 D’après la troisième loi de Kepler,


3/2
TS2 T2

rS
3 = H3 donc TS = TH = 93 min.
rS rH rH

6/8 Étienne Thibierge, 19 mars 2018, [Link]


Correction TD M7 : Champ de force central et conservatif Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

On a par ailleurs
2πrH 2πrS
vH = = 7,6 · 103 m · s−1 et vS = = 7,7 · 103 m · s−1 .
TH TS
(la différence n’apparaît que sur le troisième chiffre significatif ... mais l’énoncé n’en donne que deux pour TH ).

4 Voir figure 3. Le centre de la Terre est forcément l’un des foyers de l’ellipse, d’après la première loi de Kepler.

Hubble

ISS

orbite de
Terre
transfert

Figure 3 – Orbite de transfert. Les deux orbites de Hubble et de l’ISS sont représentées en bleu, l’orbite de transfert
en rouge. Évidemment, la figure n’est pas à l’échelle ... Version couleur sur le site de la classe.

5 L’énergie mécanique en orbite elliptique prend la même forme qu’en orbite circulaire en remplaçant le rayon par
le demi-grand axe a (résultat admis dans le cours). Ici, 2a = rS + rH , d’où on déduit

GM0 m
Em = −
rS + rH

6 À l’apogée, l’astronaute est à distance rH du centre de la Terre, donc


1 GM0 m GM0 m
Em = mv 2 − =−
2 apo rH rS + rH
ce qui donne
2 2GM0 rS
vapo =
rH (rS + rH )
et en utilisant la troisième loi de Kepler pour faire apparaître la période à la place de M0 G

2rS × 4π 2 rH3 2πrH 2rS


r
2
vapo = 2 d’où vapo = = 7,5 · 103 m · s−1 .
rH (rS + rH ) × TH TH rS + rH

Par analogie (et en vérifiant que le raisonnement se transpose sans problème !),

2πrS 2rH
r
vpér = = 7,7 · 103 m · s−1 .
TS rS + rH

Pour le contrôle de la vitesse, je ne sais pas trop comment l’astronaute peut faire. Les satellites utilisent des moteurs,
mais je ne suis pas sûr que l’astronaute en ait !

7 Même sur l’orbite de transfert, l’astronaute n’est soumis qu’à la force exercée par la Terre, et son mouvement
vérifie la troisième loi de Kepler. Ainsi, la période Ttransf à laquelle il parcourt l’orbite de transfert est reliée au
demi-grand axe a = rS + rH par
2
Ttransf 4π 2 T2
3 = = H3 .
rS + rH M0 G rH


2
Par ailleurs l’astronaute ne parcourt que la moitié de l’orbite : le voyage prend une durée ∆t = Ttransf /2, d’où
3/2
8 × 4 ∆t2 TH2

TH rS
3 = soit ∆t = √ 1+ = 47 min .
(rS + rH ) rH3 32 rH

7/8 Étienne Thibierge, 19 mars 2018, [Link]


Correction TD M7 : Champ de force central et conservatif Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Notez que cette durée est celle pour passer de l’orbite de Hubble à celle de l’ISS ... mais pas pour
atteindre l’ISS. Sauf coup de chance, l’opération est d’ailleurs mal engagée pour les astronautes :
comme la vitesse ne dépend pas de la masse mais que de la distance au centre de la Terre, tous les
corps sur la même orbite vont à la même vitesse. À moins d’arriver sur l’orbite juste au bon moment
(et c’est comme par hasard ce qui arrive dans le film), les astronautes n’ont aucune chance de rattraper
ou d’être rattrapés par l’ISS.

Résolution de problème
Exercice 7 : Descente d’un satellite [oral CCP]
Compte tenu de la très faible variation d’altitude au cours d’une période, on peut faire l’approximation que
tous les résultats établis pour une orbite circulaire demeurent valables en prenant simplement un rayon r dépendant
(lentement) du temps. De façon précise, on suppose ṙ  rθ̇.
Sur une orbite circulaire de rayon R, la vitesse du satellite vaut
r
#” GMT #”
v = eθ
R
donc la force de frottement s’écrit
#” αGmMT #”
f =− eθ
R
La variation d’énergie mécanique du satellite au cours d’une période est égale au travail de la force de frottement,
ˆ ˆ
#” # ” #”
W = f · dM = f · (Rdθ #”
eθ )
cercle cercle

ce qui donne ˆ
W = −αGmMT dθ = −2παGmMT .
cercle
Ainsi, au cours d’une période,
∆Em = −2παGmMT .

Par ailleurs, l’énergie mécanique du satellite en orbite circulaire vaut


GMT m
Em = −
2R
et donc
GMT m GMT m GMT m ∆R
∆Em = − '−
2R 2(R − ∆R) 2 R2
en approximant R(R − ∆R) ' R2 . Ainsi, au cours d’une période,

GMT m ∆R
−2παGmMT = − soit ∆R = 4πR2 α .
2 R2
Ainsi, pour que l’altitude du satellite diminue de ∆h = 10 km, il faut ∆h/∆R périodes.
Enfin, connaissant le rayon et la vitesse il n’est pas difficile d’estimer la période,

2πR
r
R
T = = 2πR ,
v GMT
et de conclure sur la durée nécessaire pour que l’altitude diminue de ∆h,

∆h T 2πR ∆h
r
R
∆t = =
∆R 4πR2 α GMT
d’où finalement
∆h
∆t = √ = 62 · 106 s ' 2 ans .
2α RGMT

8/8 Étienne Thibierge, 19 mars 2018, [Link]


Ondes et optique 1 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Signal et spectre

Exercices
Exercice 1 : Signal harmonique de moyenne non nulle [♦♦]
Considérons le signal harmonique décalé s(t) = S0 + Sm cos(ωt + ϕ).
1 - Déterminer sa période.
2 - Déterminer son amplitude crête-à-crête.
3 - Montrer que sa valeur moyenne est égale à S0 .
4 - Représenter son chronogramme, et le légender en faisant apparaître les grandeurs déterminées dans les questions
précédentes.

Exercice 2 : Somme de signaux synchrones [♦♦]


Considérons deux signaux s1 (t) et s2 (t) périodiques de même période T et leur signal somme s(t) = s1 (t) + s2 (t).
1 - Le signal somme s(t) est-il un signal périodique ? Le cas échéant, quelle est sa période ?
2 - Exprimer la valeur moyenne hsi en fonction de hs1 i et hs2 i.
3 - Proposer une expression mathématique pour s1 (t) et s2 (t) dans le cas où il s’agit de deux signaux harmoniques
d’amplitudes respectives S1 et S2 et déphasés de π/3.

Exercice 3 : Signal triangle [♦]


On considère une tension u(t) triangulaire, comprise entre 0 et U0 = 2 V, et de période T = 0,50 s. Pour t ∈ [0, T ]
elle est donnée par
2U0


 t si 0 ≤ t < T /2
u(t) = T
 2U − 2U0 t

si T /2 ≤ t ≤ T
0
T
et elle se reproduit périodiquement.
1 - Tracer le chronogramme de u d’abord entre 0 et T puis en généralisant. Vous n’oublierez pas de graduer les axes
de votre figure.
2 - Justifier qualitativement que hui = U0 /2 = 1 V.
3 - Vérifier ce résultat par un calcul explicite d’intégrale.

Exercice 4 : Spectre d’une somme et d’un produit de signaux [♦]


Considérons les deux tensions

u1 (t) = U1 cos(2π f1 t) et u2 (t) = U2 cos(2π f2 t + ϕ)

avec U1 = 10 V, U2 = 5 V, f1 = 40 Hz, f2 = 60 Hz et ϕ = 3π/4.


1 - Un montage additionneur permet d’obtenir la tension somme, us (t) = u1 (t) + u2 (t).
1.a - Tracer le spectre d’amplitude et de phase de us .
1.b - S’agit-il d’une tension périodique ? Déterminer sa fréquence.
2 - Un autre montage électronique, dit multiplieur, permet d’obtenir cette fois une tension up (t) = k u1 (t) u2 (t) où
k = 0,2 V−1 est une constante caractéristique du montage.
2.a - Déterminer les fréquences contenues dans le spectre de up en utilisant la formule de trigonométrie
1
cos a cos b = [cos(a + b) + cos(a − b)] .
2
2.b - Tracer le spectre d’amplitude et le spectre de phase de up .
2.c - Que se passerait-il si les deux tensions étaient synchrones ?

1/2 Étienne Thibierge, 13 septembre 2017, [Link]


TD O1 : Signal et spectre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 5 : Mesure d’un déphasage à l’oscilloscope [♦]


La figure représente l’écran d’un oscilloscope dont le calibre est réglé à 1 ms/div et 1 V/div.

1 - Donner par lecture graphique l’amplitude, la valeur moyenne, la période et la fréquence de chacune des tensions.
Les deux tensions sont-elles synchrones ?
2 - La tension v2 est-elle en avance ou en retard par rapport à v1 ? Quel est le décalage temporel associé ? En déduire
le déphasage.
3 - Donner la phase à l’origine des deux tensions.

2/2 Étienne Thibierge, 13 septembre 2017, [Link]


Ondes et optique 1 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Signal et spectre

Exercices
Exercice 1 : Signal harmonique de moyenne non nulle
1 Cherchons T telle que
S0 + Sm cos(ωt + ωT + ϕ) = S0 + Sm cos(ωt + ϕ)
soit
cos(ωt + ωT + ϕ) = cos(ωt + ϕ) .
Par périodicité du cosinus, on en déduit ωT = 2π donc


T = .
ω

2 Comme pour tout t, −1 ≤ cos(ωt + ϕ) ≤ 1 alors

S0 − Sm ≤ s(t) ≤ S0 + Sm

d’où on déduit
Scc = S0 + Sm − S0 + Sm soit Scc = 2Sm .

3 On reproduit le raisonnement du cours à propos du signal harmonique.


ˆ
1 T
hsi = (S0 + Sm cos(ωt + ϕ)) dt
T 0
T
Sm 1

S0
= ×T + sin(ωt + ϕ)
|{z} T T ω 0
linéarité
Sm
= S0 + [sin(ωT + ϕ) − sin(ϕ)]
ωT
Sm
= S0 + [sin(2π + ϕ) − sin(ϕ)]

hsi = S0

4 Voir figure 1.

s
T

Scc S0

Figure 1 – Chronogramme du signal harmonique décalé.

1/5 Étienne Thibierge, 13 septembre 2017, [Link]


Correction TD O1 : Signal et spectre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 2 : Somme de signaux synchrones

1 Comme s1 et s2 sont périodiques de période T , pour tout instant t, s1 (t + T ) = s1 (t) et s2 (t + T ) = s2 (t). Par
conséquent,
s(t + T ) = s1 (t + T ) + s2 (t + T ) = s1 (t) + s2 (t) = s(t)

Ainsi, le signal s est périodique de période T .

2 Partons de la définition de la valeur moyenne,

ˆ ˆ ˆ ˆ
1 T
1 T
1 T
1 T
hsi = s(t) dt = [s1 (t) + s2 (t)] dt = s1 (t) dt + s2 (t) dt
T 0 T 0 T 0 T 0

en utilisant la propriété de linéarité de l’intégrale. On reconnaît alors les valeurs moyennes de s1 et s2 , d’où

hsi = hs1 i + hs2 i

3 Le choix le plus simple est

2π 2π
   
π
s1 (t) = S1 cos t et s2 (t) = S2 cos t−
T T 3

Cependant, rien n’empêche d’ajouter une phase constante à chacun des deux signaux et de prendre par exemple

2π 2π 2π
     
π π π π
s1 (t) = S1 cos t+ et s2 (t) = S2 cos t− + = S2 cos t+ .
T 2 T 3 2 T 6

Exercice 3 : Signal triangle

1 La tension est affine par morceau. Pour le tracé, il suffit donc de déterminer deux points par segment de droite
à partir de l’expression mathématique : en t = 0, u = 0 ; en t = T /2 = 0,25 s, u = U0 = 2 V ; et en t = T = 0,50 s,
u = 0. On en déduit le chronogramme de la figure 2, prolongé par périodicité.

u (V)

t (s)
0 0,5 1,0

Figure 2 – Chronogramme du signal triangle.

2 On constate sur la figure 2 que le chronogramme est symétrique par rapport à 1 V. On s’attend donc à ce
que hui = 1 V.

3 Par définition de la valeur moyenne,


ˆ
1 T
hui = u(t) dt .
T 0

2/5 Étienne Thibierge, 13 septembre 2017, [Link]


Correction TD O1 : Signal et spectre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

D’après la relation de Chasles, on peut séparer l’intégrale en deux et introduire les deux expressions de u(t),
ˆ ˆ
1 T /2 2U0 1 T 2U0
 
hui = t dt + 2U0 − t dt
T 0 T T T /2 T
ˆ T /2 ˆ
1 2U0 1 1 2U0 T
 
T
= × t dt + × 2U0 T − − × t dt
T T 0 T 2 T T T /2
 T /2  T
2U0 t2 2U0 t2
= 2 + U0 − 2
T 2 0 T 2 T /2
2U0 T 2U0 T 2
 2
T2
  
= 2 − 0 + U0 − 2 −
T 8 T 2 8
U0 3U0
= + U0 −
4 4
U0
hui =
2

Exercice 4 : Spectre d’une somme et d’un produit de signaux


1 us (t) = U1 cos(2π f1 t) + U2 cos(2π f2 t + ϕ)

1.a Voir figure 3.

Amplitude (V) Phase (rad)


10 π
8
6
0 • f (Hz)
4 40 60
2
f (Hz) −π
40 60

Figure 3 – Spectre du signal somme.

1.b La période T du signal complet est le plus petit temps au bout duquel il se répète identique à lui-même, ce qui
implique nécessairement que u1 (t + T ) = u1 (t) et u2 (t + T ) = u2 (t) ... mais attention : T n’est pas la période de u1
et u2 , seulement un multiple de leur période. Ainsi, le signal somme us est périodique s’il existe deux entiers n1 et n2
tels que
T = n1 T1 = n2 T2 .
Comme T1 /T2 = f2 /f1 = 3/2, on constate que les valeurs n1 = 2 et n2 = 3 conviennent et que ce sont les plus
petites. Ainsi,
f1 f2
T = 2T1 = 3T2 = 50 ms soit f= = = 20 Hz .
2 3
Il s’agit donc d’un signal qui n’a pas de fondamental mais seulement deux harmoniques de rang 2 et 3.
Le théorème de Fourier pour un signal harmonique montre que la fréquence d’un signal est forcément
inférieure ou égale à celle de ses composantes harmoniques. Par conséquent, la période d’un signal est
forcément supérieure ou égale à la période de chacune de ses harmoniques.

2.a On calcule directement


1 n o
up (t) = k U1 cos(2π f1 t) cos(2π f2 t + ϕ) =k U1 U2 cos 2π(f1 + f2 )t) + ϕ + cos 2π(f1 − f2 )t − ϕ
  
2
Ainsi, la tension produit apparaît comme une somme de deux tensions harmoniques. Pour faire apparaître les fré-
quences il faut réécrire chacune de ces tensions sous la forme cos(2πfi t + ϕi ) avec fi > 0, car une fréquence est
toujours positive. La parité du cosinus rend cette réécriture très simple : cos(−x) = cos x. Ici, f2 > f1 , donc
1 n o
up (t) = k U1 U2 cos 2π(f1 + f2 )t) + ϕ + cos 2π(f2 − f1 )t + ϕ
  
2
Ainsi, la tension produit est la somme de deux tensions harmoniques de même amplitude et de fréquences
respectives f1 + f2 = 100 Hz et f2 − f1 = 20 Hz.

3/5 Étienne Thibierge, 13 septembre 2017, [Link]


Correction TD O1 : Signal et spectre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Oublier de prendre une fréquence positive conduit également à une erreur dans le signe de la phase
initiale.

2.b Voir figure 4.

Phase (rad)
Amplitude (V)
π
5
4
3 0 f (Hz)
2 20 100
1
f (Hz) −π
20 100

Figure 4 – Spectre du signal produit.

2.c Si les deux tensions étaient synchrones, alors la fréquence minimale serait nulle : la tension produit contien-
drait une composante continue, et serait donc en fait un signal harmonique décalé (de moyenne non nulle).

Exercice 5 : Mesure d’un déphasage à l’oscilloscope


1 Commençons par étudier la tension v1 .
. Elle est symétrique par rapport à l’axe des temps donc hv1 i = 0,0 V.
. Sa valeur maximale vaut environ 1,3 V, donc v1 a pour amplitude 1,3 V.
. La courbe coupe l’axe des temps dans le sens montant pour t = −4,1 ms, puis −1,1 ms, puis 1,9 ms, ... On en
déduit que le période de la tension v1 vaut T1 = 3,0 ms. Évidemment, on peut aussi regarder la position de
minima, des maxima, etc.
. Par conséquent, sa fréquence vaut f1 = 1/T1 = 3,3 · 102 Hz.
Procédons de même pour la tension v2 .
. La tension v2 est comprise entre −0,6 V et 1 V. Comme elle est harmonique, sa moyenne s’en déduit directement
et vaut hv2 i = 0,2 V.
. À partir de la lecture de la valeur maximale 1,0 V (ou minimale !), on en déduit que l’amplitude vaut 0,8 V.
. La période et la fréquence valent à nouveau T2 = 3,0 ms et f2 = 3,3 · 102 Hz
Les deux tensions ont la même fréquence, elles sont donc synchrones par définition.
Une difficulté dans les questions de ce type est de donner aux valeurs numériques une précision rai-
sonnable : ici il n’est pas possible de faire mieux que 0,1 ms et 0,1 V. Par conséquent, certaines valeurs
n’ont qu’un seul chiffre significatif alors que d’autres en ont deux. Il ne faut pas pour autant oublier
les « ,0 » lorsque c’est pertinent.
En outre, vous ne devez surtout pas oublier de donner des unités correctes à toutes les valeurs !

2 La tension v2 atteint son maximum avant v1 : v2 est en avance de phase sur v1 . Pour mesurer le décalage
temporel ∆t, le plus simple est de regarder les instants où les courbes atteignent deux maxima les plus proches, par
exemple en 2,6 ms pour v1 et 1,6 ms pour v2 . Ainsi,


∆t21 = −1,0 ms d’où ∆ϕ21 = +2πf |∆t21 | =
3

Un autre point de repère, a priori un peu plus précis, consiste à repérer les instants où les tensions
atteignent leur valeur moyenne avec une pente de même signe. Attention, c’est le passage par la valeur
moyenne qui importe, pas celui par l’axe des temps. Pour éviter cet écueil, les méthode utilisant les
maxima est plus fiable.
Attention au signe tant du décalage temporel que du déphasage. On étudie v2 par rapport à v1 et c’est
v2 qui passe par son maximum le premier, le décalage temporel est négatif mais le déphasage est positif.
On peut voir ici l’intérêt de retenir la relation avec des valeurs absolues mais de contrôler le signe à la
main par lecture du chronogramme !

4/5 Étienne Thibierge, 13 septembre 2017, [Link]


Correction TD O1 : Signal et spectre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Enfin, pour éviter des erreurs bêtes avec les signes, il est recommandé de lire les valeurs des temps dans
la partie positive de l’axe.

3 La dépendance en temps des deux tensions est de la forme cos(2π f t + ϕi ), avec i = 1 ou 2. On cherche ici les
deux phases ϕi . Pour cela, l’idée est de se ramener à une mesure sur le chronogramme qui s’apparente à une mesure
de déphasage par rapport à une tension de référence fictive, qu’on notera 0. Le déphasage de la tension i par rapport
à la tension 0 vaut
∆ϕi0 = ϕi − ϕ0
et il est égal à ϕi si ϕ0 = 0. Cette tension de référence est donc du type A0 cos(ωt). Le point de repère à considérer
pour définir correctement le décalage temporel est le maximum de cette fonction, qui se trouve en t = 0. Pour
connaître les phases initiales, il suffit donc de lire sur le chronogramme l’instant le plus proche de t = 0 où les
tensions atteignent leurs valeurs maximales. On lit respectivement t1 = −0,4 ms et t2 = −1,4 ms. Ainsi,
(
ϕ1 = −2πf (t1 − 0) = 0,7 rad
ϕ2 = −2πf (t2 − 0) = 2,9 rad

Là encore, les signes peuvent être contrôlés à la main : les deux tensions atteignent leur plus proche maximum
avant t = 0, et sont donc en avance de phase par rapport à la tension fictive de référence.

5/5 Étienne Thibierge, 13 septembre 2017, [Link]


Ondes et optique 2 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Phénoménologie des ondes

Exercices
Exercice 1 : Mauvais réflexes [♦♦]
Les questions suivantes ont pour but de lever quelques mauvais réflexes spontanés au sujet des ondes. Plus
intéressant que de constater vos erreurs, demandez-vous surtout pourquoi vous les faites.
Toutes les questions sont indépendantes les unes des autres, mais la corde est toujours fixée à l’extrémité I et
tenue à la main au point O.
1 - Au milieu de la corde se trouve un point rouge R. En bougeant la main, la forme de la corde observée au bout de
2 s est représentée ci-dessous. Y a-t-il une façon de bouger la main qui permette à l’onde d’atteindre le point rouge
au bout de 2 s ?

R R
O + t=0
? I O + t = 2s
? I

2 - Pour le dessin, la célérité est choisie à 1 carreau par seconde. On choisit une échelle de 10 cm par carreau en
ordonnée. On lève la main en 1 s d’une hauteur de 10 cm et on la ramène à sa position initiale en 1 s. L’instant où
commence le mouvement de la main est pris comme origine des temps. On représente, à droite, la forme de la corde
à t = 6 s. Dessiner, à gauche, la forme de la corde à t = 1 s.

O I O + I

t = 1s t = 6s

3 - La célérité sur la première corde est de 1 carreau par seconde, celle sur la deuxième de 2 carreaux par seconde.
On choisit une échelle de 10 cm par carreau en ordonnée. On lève la main en 1 s d’une hauteur de 10 cm et on la
ramène à sa position initiale en 1 s. L’instant où commence le mouvement de la main est pris comme origine des
temps. Représenter la forme des deux cordes à t = 3 s.

O I O I

c1 = 1 carreau par seconde c2 = 2 carreaux par seconde

4 - À l’instant t = 0 on commence à bouger la main : on forme une bosse, puis l’autre, et on immobilise la main.
À l’instant t = 4 s, on photographie la corde. Le sommet de la petite bosse se trouve à 80 cm de la main, celui de la
grande bosse à 1,40 m. À quelle distance de la main se trouveront les sommets des deux bosses à l’instant t = 5 s ?

1,40 m

80 cm

O + t = 4s
I

1/5 Étienne Thibierge, 20 septembre 2017, [Link]


TD O2 : Phénoménologie des ondes Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 2 : Cuve à ondes [♦♦]


La figure ci-contre représente la surface d’une cuve à ondes éclairée en
éclairage stroboscopique bien accordé. L’onde est générée par un vibreur
de fréquence f = 20 Hz. L’image est claire là où la surface de l’eau est
convexe (en bosse) et foncée là où elle est concave (en creux). Ainsi, le
niveau de gris indique la hauteur d’eau dans la cuve.
1 - En mesurant sur la figure, déterminer la longueur d’onde.
2 - En déduire la célérité de l’onde.
3 - Supposons l’onde harmonique, d’amplitude H. Donner une expression
mathématique pour la hauteur h(x, t). Distinguer les cas x < 0 et x > 0.
4 - Expliquer pourquoi l’amplitude H n’est en fait pas constante.

Exercice 3 : Deux ondes sur une corde [IPhO, ♦♦]


Considérons la corde représentée ci-contre sur laquelle deux ondes progressives se
propagent en sens contraire.

1 - Tracer l’allure de la corde à quelques instants, en particulier quand les centres des
A B deux ondes se superposent.
2 - Commenter l’aspect de la corde lorsque les deux ondes se superposent exactement.
Quelle est la différence avec une corde au repos ?

3 - Représenter graphiquement (chronogramme) l’altitude de A et B au cours du
temps.

Exercice 4 : Diagramme de rayonnement d’un haut-parleur [♦]


Le fabricant de haut-parleurs Visaton fournit sur son site web les caractéristiques du modèle DL 13/2 8 W
reportées dans le document 1.
Les deux diagrammes sont des diagrammes de rayonnement, qui décrivent la directionnalité du haut-parleur. Ils
représentent l’intensité sonore émise par le haut parleur en fonction de la direction de l’espace. Par convention, le
cône de rayonnement définit la portion d’espace dans laquelle le haut-parleur émet une intensité sonore qui n’est pas
inférieure à son intensité maximale de plus de 3 dB.
1 - En analysant le cône de rayonnement à 8 kHz en termes de diffraction, retrouver l’ordre de grandeur du diamètre
du haut-parleur.
2 - Pourquoi le diagramme de rayonnement à 2 kHz ne permet pas une telle analyse ?

Document 1 : Extrait de la fiche technique du haut-parleur

2/5 Étienne Thibierge, 20 septembre 2017, [Link]


TD O2 : Phénoménologie des ondes Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 5 : Écoute musicale et interférences [♦]


La qualité de l’écoute musicale que l’on obtient avec une chaîne hi-fi dépend de la manière dont les enceintes sont
disposées par rapport à l’auditeur. En particulier, il faut absolument éviter la configuration où un mur se trouve à
distance D trop courte derrière l’auditeur. Cet exercice a pour but de comprendre pourquoi.
Supposons l’onde issue de l’enceinte harmonique de fréquence f . Elle se réfléchit sur le mur sans aucun déphasage
pour la surpression, grandeur à laquelle est sensible l’oreille de l’auditeur. On note c = 343 m · s−1 la vitesse du son
dans l’air.
1 - En vous aidant d’un schéma clair, exprimer le décalage temporel ∆τ qui existe entre les deux ondes arrivant dans
l’oreille de l’auditeur, celle provenant directement de l’enceinte et celle s’étant réfléchie sur le mur.
2 - En déduire le déphasage ∆φ entre les deux ondes.
3 - Expliquer pourquoi il existe un risque de diminution de l’amplitude perçue par l’auditeur pour certaines fréquences.
4 - Exprimer ces fréquences en fonction d’un entier p. Quelle condition doit vérifier la distance D pour qu’aucune
d’entre elles ne soit dans le domaine audible ? Commenter.
5 - Expliquer qualitativement pourquoi on évite l’effet nuisible en éloignant l’auditeur du mur. Pourquoi recouvrir
le mur d’un revêtement adéquat aura-t-il le même effet ?
On cherche maintenant à mesurer l’efficacité d’un tel revêtement. Un micro sensible à la surpression est placé à
une distance D du mur, puis un haut-parleur envoie un signal appelé bruit blanc dont le spectre contient toutes les
fréquences avec la même amplitude. La courbe obtenue est représentée figure 1. D’allure très caractéristique, elle est
appelée « courbe en peigne ». Elle représente la différence de niveau sonore en décibel en fonction de la fréquence,
cette différence ∆IdB étant relié à l’amplitude A du signal sonore par
A
∆IdB = 20 log ,
Aréf
où Aréf est une amplitude de référence.

Figure 1 – Courbe en peigne enregistrée à distance D du mur. Les échelles sont de 1,077 kHz/div en abscisse et
6 dB/div en ordonnée. Source : [Link]

6 - Calculer numériquement la distance D.


7 - (Difficile) Lorsqu’il y a superposition de deux ondes de même amplitude A0 , quelle est, en dB, l’augmentation
maximale de l’amplitude ? Que peut-on donc dire du choix de l’amplitude de référence au vu de la courbe ?

3/5 Étienne Thibierge, 20 septembre 2017, [Link]


TD O2 : Phénoménologie des ondes Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 6 : Trompette [♦]


Une trompette est un instrument à vent de la famille
des cuivres. Le son y est produit par la vibration des
lèvres du trompettiste au niveau de l’embouchure, qui
génère une onde acoustique au sein de l’instrument. La
trompette peut être modélisée comme un tuyau sonore
rectiligne de longueur totale L = 1,40 m, fermé au niveau
de l’embouchure et ouvert au niveau du pavillon.
On introduit un axe x tel que l’embouchure se trouve en x = 0 et le pavillon en x = L.
1 - On modélise l’onde de pression Pi (x, t) générée par le trompettiste par une onde progressive harmonique d’am-
plitude P0 , de pulsation ω, et de phase initiale ϕi . Écrire son expression mathématique.
2 - Lorsqu’elle atteint le pavillon, cette onde se réfléchit en conservant la même amplitude, mais avec un déphasage
éventuel. Écrire son expression mathématique, en notant ϕr la phase initiale de l’onde réfléchie.
3 - Écrire l’expression de l’onde totale dans la trompette sous la forme

Ptot (x, t) = A cos(kx + ψ) cos(ωt + ϕ)

en exprimant A, ψ et ϕ en fonction des paramètres déjà introduits. Comment s’appelle une telle onde ?
Les notes jouables à la trompette correspondent aux modes propres du tuyau sonore. Les conditions aux limites
(tuyau fermé-ouvert) imposent un ventre de pression au niveau de l’embouchure (x = 0) et un nœud au niveau du
pavillon (x = L).
4 - En s’appuyant sur une représentation graphique de l’onde, montrer que les longueurs d’onde λn des modes propres
sont telles que
λn λn
L= +n .
4 2
En déduire la fréquence fondamentale (n = 0) de la trompette.
5 - On se propose de retrouver le résultat précédent par le calcul.
5.a - En utilisant la condition aux limites à l’embouchure, montrer que ψ = 0 convient.
5.b - Déduire de la seconde condition aux limites que kn L = π2 + nπ avec n un entier.
5.c - Retrouver enfin la condition sur la longueur d’onde.
Lorsque le trompettiste appuie sur un piston, l’air est dévié dans la coulisse correspondante, ce qui a pour effet de
modifier la longueur du tuyau. Le son est « abaissé de trois demi-tons », ce qui signifie que la fréquence fondamentale
est divisée par 23/12 .
6 - En déduire la longueur de la coulisse du troisième piston.

Exercice 7 : Déphasage à la réflexion sur l’extrémité d’une corde [♦]


L’objectif de cet exercice est de justifier que la réflexion d’une onde sur l’extrémité fixe d’une corde vibrante
entraîne un déphasage de π sans changement d’amplitude par rapport à l’onde incidente. Ce résultat a été indiqué
(et utilisé) sans démonstration dans le cours.
On considère une corde OI dont l’extrémité I est excitée par un vibreur de fréquence f = 100 Hz. La célérité des
ondes transverses le long de la corde vaut c = 25 m · s−1 . On choisit O comme origine de l’axe des abscisses, et on
prend ce point comme référence des phases, c’est-à-dire que son ébranlement est donné par

ξO (t) = ξ(0, t) = ξ0 cos(ωt) .

1 - On considère une onde progressive harmonique, se propageant de I vers O, dans le sens des x décroissants. Donner
l’ébranlement ξM (t) = ξ(x, t) en un point M d’abscisse x.
2 - En déduire l’expression du vecteur d’onde k et de la longueur d’onde λ en fonction de f et c.
3 - Supposons maintenant que O est fixé donc immobile. L’onde s’y réfléchit donc, en subissant un déphasage ϕ mais
sans changement d’amplitude. Exprimer les ébranlements ξO,i (t) et ξO,r (t) respectivement dus à l’onde incidente et
réfléchie. En déduire que ϕ = −π convient.
4 - Pour un point M de la corde, exprimer les ébranlements ξM,i (t) et ξM,r (t) puis l’ébranlement ξM (t) résultant de
la superposition des deux ondes. Quelle structure d’onde retrouve-t-on ?
5 - En déduire les positions des nœuds et des ventres de vibration.

4/5 Étienne Thibierge, 20 septembre 2017, [Link]


TD O2 : Phénoménologie des ondes Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Annale de concours
Exercice 8 : Sonar [CCP TSI 2016, ♦]
Un sonar (SOund NAvigation and Ranging) est un dispositif de détection utilisant les ondes acoustiques comme
signal détectant. Il permet aux marins de naviguer correctement (mesure de la profondeur) ou aux sous-mariniers
de repérer les obstacles et les autres navires. Certains animaux (chauve-souris, dauphins, etc.) utilisent des systèmes
similaires au sonar pour repérer leurs proies ou des obstacles.
On suppose dans cette partie que la mer est un milieu homogène dans lequel le son se propage rectilignement.
À 10 ◦C, la vitesse du son dans l’eau de mer est cmer = 1,50 km · s−1 .
L’avant d’un sous-marin est équipé d’un sonar lui permettant d’éviter d’entrer en collision avec un autre sous-
marin. Le sonar est constitué d’un émetteur d’ondes sonores et d’un récepteur capable d’identifier l’écho de l’onde
précédemment émise. On note O l’avant du sous-marin équipé du sonar et (Ox) l’axe du sous-marin, correspondant à
l’axe de propagation de l’onde sonore. Un second sous-marin se trouve à distance L du premier, dans la configuration
représentée figure 2.

Figure 2 – Les sous-marins, vus du dessus.

1 - Expliquer le principe de fonctionnement d’un sonar.


2 - L’émetteur produit une très brève impulsion sonore. Le récepteur en reçoit l’écho au bout d’une durée τ = 400 ms.
En déduire la distance L à laquelle se situe le second sous-marin.
À partir de l’instant t = 0, le sonar émet l’impulsion sonore pseudo-sinusoïdale représentée figure 3 pendant une
durée ∆t = 500 µs.

surpression

∆t
t

Figure 3 – Impulsion pseudo-sinusoïdale de durée ∆t correspondant au signal envoyé par le sonar.

3 - Déterminer en justifiant la fréquence f de l’onde sonore émise par le sonar.


On s’intéresse à la propagation spatiale de l’impulsion sonore. On la représente alors dans un système d’axe dont
l’abscisse est la position x mesurée à partir de l’avant du sous-marin qui émet l’onde ultrasonore.
4 - Exprimer et calculer numériquement la longueur spatiale ∆x de l’impulsion.
5 - Représenter sur la copie l’impulsion sonore à l’instant t = 12,0 ms en fonction de x. Calculer numériquement, en
justifiant précisément, les positions du début (ou front) de l’impulsion et de sa fin.
Un détecteur d’ondes sonores est placé sur le second sous-marin, sur l’axe (Ox).
6 - Représenter sur la copie l’évolution de l’amplitude enregistrée par ce détecteur au cours du temps. Calculer
numériquement, en justifiant précisément, les instants auxquels le détecteur reçoit le début et la fin de l’impulsion.

5/5 Étienne Thibierge, 20 septembre 2017, [Link]


TD O2 : Phénoménologie des ondes Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

6/5 Étienne Thibierge, 20 septembre 2017, [Link]


Ondes et optique 2 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Phénoménologie des ondes

Exercices
Exercice 1 : Mauvais réflexes
1 Non, il n’est pas possible que l’onde atteigne le point rouge plus rapidement en changeant la façon de bouger la
main. La célérité d’une onde dépend du milieu de propagation (ici, la corde), mais pas de la forme du signal envoyé.
Confusion possible : En mécanique, la vitesse d’un objet dépend énormément des conditions initiales
qui lui sont données. Cela peut vous amener à des confusions du type « en bougeant la main plus fort,
l’onde arriverait plus rapidement ». C’est vrai si vous lancez une balle, mais pas avec une onde sur une
corde.

2 Comme la photo de gauche est prise cinq secondes plus tôt, l’onde sera décalée de cinq carreaux vers la gauche.
À cet instant, le mouvement de la main n’est pas encore terminée, et elle se trouve sur le sommet de la bosse, voir
figure 4. La partie « qui redescend » n’a pas encore été créée.

+
O I O + I

t = 1s t = 6s

Figure 4 – Formation d’une onde.

Confusion possible : Au contraire d’un objet matériel, un signal peut exister sans être complètement
formé, et il commence à se propager avant d’être complètement fabriqué. Là encore, l’intuition mécaniste
qu’on peut avoir d’une onde est source de confusion.

3 Le front de l’onde a été créé en O à un instant précédent la prise des photos de ∆tf = 3 s, il se trouve donc en

xf = c ∆tf = 3 ou 6 carreaux.

Le sommet de l’onde a été créé en O à un instant précédent la prise des photos de ∆ts = 2 s, il se trouve donc en

xs = c ∆ts = 2 ou 4 carreaux.

Enfin, l’arrière de l’onde a été créé en O à un instant précédent la prise des photos de ∆ta = 1 s, il se trouve donc en

xa = c ∆ta = 1 ou 2 carreaux.

Les deux photos sont représentées figure 5

O I O I

c1 = 1 carreau par seconde c2 = 2 carreaux par seconde

Figure 5 – Propagation d’une même onde à célérités différentes.

Confusion possible : Au contraire d’un objet matériel, une onde n’a pas de forme propre. Sa forme
apparente sur une photographie dépend à la fois de la façon dont elle a été crée, mais aussi de la
célérité à laquelle elle se propage. La forme d’un objet matériel ne dépend évidemment pas de la vitesse
à laquelle il se déplace. Une nouvelle fois (comme dans tout cet exercice ?) l’intuition mécaniste est

1/8 Étienne Thibierge, 20 septembre 2017, [Link]


Correction TD O2 : Phénoménologie des ondes Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

trompeuse !

4 D’après l’énoncé, le front de l’onde se trouve en O à t = 0. Au bout de 4 s, il a avancé de quatre carreaux,


soit 1,60 m. On en déduit que l’onde représentée se propage à 40 cm · s−1 . Une seconde après la photo, le sommet
de la grande bosse se trouvera donc à 1,80 m de la main et celui de la petite bosse à 1,20 m.
Confusion possible : Comme les bosses se trouvent à des distances différentes de la main, vous
pourriez être tentés d’imaginer qu’elles se propagent à des vitesses différentes. Il n’en est rien ! Elle
se trouvent à des abscisses différentes car elles ont émis à des instants différents. Pour déterminer la
célérité à partir de la distance parcourue, il est indispensable de considérer le point qui se trouvait en O
à t = 0, c’est-à-dire le front de l’onde. Utiliser le sommet des bosses pour calculer la célérité donne un
résultat faux.

Exercice 2 : Cuve à ondes


1 La longueur d’onde est la période spatiale des vaguelettes le long d’un rayon des cercles, c’est-à-dire la distance
entre deux raies foncées ou claires successives. On mesure sur la figure 1 2,1 cm pour sept longueurs d’ondes, l’échelle
étant de 1/5. Ainsi,
2,1
λ=5× soit λ = 1,5 cm .
7

2 L’onde étant progressive et harmonique, la célérité se déduit de la relation de dispersion,

c = λ f = 0,30 m · s−1 .

3 En premier lieu, il faut se rappeler que les vagues ont lieu à la surface de l’eau. Notons H0 le niveau d’eau en
l’absence d’onde. Pour x > 0, l’onde se propage dans le sens des x croissants et s’écrit donc
h  x i
h→ (x, t) = H0 + H cos 2π f t − +ϕ .
c

Réciproquement, pour x < 0, l’onde se propage dans le sens des x décroissants et s’écrit alors
h  x i
h← (x, t) = H0 + H cos 2π f t + +ϕ .
c

La phase initiale ϕ est la même pour les deux fonctions car elles doivent coïncider à tout instant en x = 0.
Si on admet que la photo est prise à l’instant t = 0, alors la surface de l’eau est convexe en x = 0,
c’est-à-dire que la hauteur d’eau y est maximale. On peut donc en conclure que ϕ = 0.

4 Au cours de la propagation, l’énergie que le vibreur transmet à la surface de l’eau se répartit sur des
cercles de plus en plus grands. Il est donc raisonnable que l’amplitude de l’onde diminue au fur et à mesure que
le cercle s’agrandit.
Cela se voit d’ailleurs sur la figure, où le niveau de gris est de moins en moins marqué lorsque l’on
s’éloigne du centre.

Exercice 3 : Deux ondes sur une corde [IPhO]


1 Le principe de superposition indique que l’ébranlement de la corde est la superposition des ébranlements dus à
chacune des deux ondes progressives, représentées figure 6 en pointillés bleus et rouges.

2 Lorsque les deux ondes se superposent exactement, la corde est parfaitement horizontale. Néanmoins,
contrairement à une corde au repos, elle est en mouvement : l’horizontalité n’est qu’à cet instant précis.

3 Les deux chronogrammes sont représentés figure 7. Étant situé parfaitement au milieu de la corde, le point B
demeure immobile : l’ébranlement imposé par une des ondes est toujours compensé par celui imposé par la seconde.

1. ... ou plutôt sur le livre d’où j’ai extrait la figure en espérant que la photocopie se fasse à la bonne échelle !

2/8 Étienne Thibierge, 20 septembre 2017, [Link]


Correction TD O2 : Phénoménologie des ondes Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018
← ← ← ←

→ → → →
← ← ← ←

→ → → →

Figure 6 – Allure de la corde à différents instants. Version couleur sur le site de la classe.

ξ(A, t) ξ(B, t)

t t

Figure 7 – Chronogramme des altitudes des points A et B.

Attention à ne pas se tromper sur l’allure du chronogramme : le point A commence par descendre avant
de remonter.

Exercice 4 : Diagramme de rayonnement d’un haut-parleur


1 Comme la célérité du son à température ambiante vaut de 343 m · s−1 , la longueur d’onde des ondes sonores
vaut λ = 4,3 cm. D’après la lecture du diagramme, le cône de rayonnement est compris entre les angles θ = 20° et
θ0 = −20°. Une telle ouverture angulaire est due à un obstacle de taille

λ
a' = 13 cm
sin θ

Cet ordre de grandeur est bien celui du diamètre du haut-parleur.

Évidemment, le résultat n’est pas très précis : on compte à peine un chiffre significatif. Une première rai-
son est une lecture imprécise du diagramme de rayonnement. De plus, la relation sin θ ' λ/a vaut pour
une fente rectangulaire parfaitement « transparente » percée dans un matériau parfaitement « opaque »
aux ondes. Pour un trou circulaire, il faut le multiplier par un facteur 1,2, ce qui améliore un peu le
résultat ... mais surtout un haut parleur est un émetteur, loin d’être un cercle percé !

2 La longueur d’onde à 2 kHz vaut 17 cm, ce qui est aussi grand que la membrane du haut-parleur. Pour ces ondes,
la diffraction se fait dans tout l’espace et n’est plus reliée de façon aussi simple à la taille de l’objet diffractant.

Exercice 5 : Écoute musicale et interférences


1 En plus de la distance séparant l’enceinte de l’auditeur, l’onde réfléchie parcourt une distance 2D correspondant
à un aller-retour entre l’auditeur et le mur.

3/8 Étienne Thibierge, 20 septembre 2017, [Link]


Correction TD O2 : Phénoménologie des ondes Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Cela se traduit par un décalage temporel


2D
∆τ =
c

2 Les deux ondes sont harmoniques et synchrones. Leur déphasage est relié au retard temporel par

4π f D
∆φ = ω ∆τ = 2π f ∆τ soit ∆φ = .
c

3 Il peut y avoir une diminution de l’amplitude si l’onde directement incidente et l’onde réfléchie sur le
mur interfèrent destructivement, c’est-à-dire si elles sont en opposition de phase.

4 La condition d’opposition de phase se traduit par

c
∆φp = π + 2pπ = (2p + 1)π , p entier soit fp = (2p + 1) , p entier .
4D

Les fréquences du domaine audible courent de fmin = 20 Hz à fmax = 20 kHz. Les fréquences où les interférences sont
destructives augmentent avec p. Pour qu’aucune d’entre elles ne fasse partie du domaine audible, il faut donc que
c c
fp=0 = > fmax soit D< = 4,3 mm .
4D 4fmax

Il faudrait donc que les oreilles de l’auditeur soient presque collées au mur ! Compte tenu de l’encombrement dû à
l’arrière de la tête, c’est tout simplement impossible.

5 Les interférences ne sont parfaitement destructives que si les deux ondes ont même amplitude, mais l’amplitude de
l’onde émise par une enceinte décroît avec la distance qu’elle parcourt. Par conséquent, si l’auditeur est suffisamment
loin du mur, l’onde réfléchie sur le mur a une amplitude suffisamment faible devant l’onde directement
incidente pour que l’effet des interférences ne soit pas perceptible.
Un revêtement adéquat absorbera une partie de l’onde incidente sans la réfléchir, ce qui aura le même
résultat sur les interférences.

6 L’écart moyen entre deux fréquences pour lesquelles l’amplitude mesurée est minimale vaut ∆f = 0,84 kHz.
D’après les questions précédentes,
c c
∆f = fp+1 − fp = d’où D= = 20 cm .
2D 2 ∆f

Penser à mesurer l’écart entre plusieurs minima pour gagner en précision : j’en ai ici mesuré 12.
La distance D est ici à nouveau faible par rapport à une distance « normale » entre l’auditeur et le
mur, mais cela permet d’être sûr qu’à distance plus grande le résultat ne pourra qu’être meilleur.

7 L’amplitude est maximale dans le cas d’interférences constructives, et vaut alors 2A0 . Sa valeur en décibels vaut

2A0 A0 A0
∆IdB = 20 log = 20 log + 20 log 2 = 20 log + 6.
Aréf Aréf Aréf
Comme la valeur maximale de la différence de niveau sonore est de l’ordre de 6 dB à une fréquence d’environ 5,65 kHz,
on peut penser que les ingénieurs qui ont réalisé l’expérience ont choisi Aréf = A0 .

Exercice 6 : Trompette
1 L’onde se propage dans le sens des x croissants, donc
ω
Pi (x, t) = P0 cos(ωt − kx + ϕi ) avec k= .
c

2 L’onde se propage cette fois dans le sens des x décroissants, d’où

Pr (x, t) = P0 cos(ωt + kx + ϕr ) .

4/8 Étienne Thibierge, 20 septembre 2017, [Link]


Correction TD O2 : Phénoménologie des ondes Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

3 D’après le principe de superposition, Ptot = Pi + Pr , et ainsi

Ptot (x, t) = P0 cos(ωt − kx + ϕi ) + P0 cos(ωt + kx + ϕr )


2ωt + 0 + ϕr + ϕi 0 + 2kx + ϕr − ϕi
   
= 2P0 cos cos
2 2
ϕr + ϕi
   
ϕr − ϕi
= 2P0 cos ωt + cos kx +
2 2

ce qui s’écrit bien sous la forme voulue avec

ϕr − ϕi ϕr + ϕi
A = 2P0 ψ= ϕ= .
2 2

Une telle onde est une onde stationnaire.


On utilise ici la formule d’addition des cosinus (à connaître !) cos p + cos q = 2 cos p+q
2 cos 2 avec p
p−q

l’argument du cosinus de l’onde réfléchie et q celui de l’onde incidente.


Si jamais vous preniez p et q dans l’autre sens ce n’est pas un problème, mais rajoute juste une étape
où il faut utiliser la parité cos(−x) = cos x.

4 Représentons figure 8 l’onde de surpression dans le tuyau, en respectant les conditions aux limites. Ce schéma
permet de retrouver que deux nœuds consécutifs sont distants de λ/2 et qu’un nœud et un ventre qui se suivent sont
séparés de λ/4. On voit alors apparaître que les conditions aux limites imposent

λn λn
L= +n .
4 2

surpression

fermé ouvert
(ventre) (nœud)
x
0 L

λ λ λ
4 2 2

Figure 8 – Fuseaux d’onde stationnaire dans la trompette.

Pour n = 0, on trouve L = λ0 /4, et en utilisant la relation de dispersion sous la forme λ0 = c/f0 on en déduit

c c
L= soit f0 = = 61 Hz .
4f0 4L

Rappel : c = 3,4 · 102 m · s−1 , valeur à connaître.

5 Repartons de l’expression Ptot (x, t) = A cos(kx + ψ) cos(ωt + ϕ). L’amplitude locale de l’onde stationnaire est
donnée par A(x) = A cos(kx + ψ).

5.a Un ventre se trouve au niveau de l’embouchure, donc l’amplitude est maximale. On en déduit

cos(kn × 0 + ψ) = ±1 soit ψ = nπ (n entier)

Choisir ψ = 0 est donc compatible avec la condition limite.

5.b Un nœud se trouve au niveau du pavillon, donc l’amplitude locale est nulle, d’où
π
cos(kn L) = 0 soit kn L = + nπ .
2

5/8 Étienne Thibierge, 20 septembre 2017, [Link]


Correction TD O2 : Phénoménologie des ondes Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Ne pas hésiter à s’appuyer sur un cercle trigonométrique au brouillon pour répondre à ces questions
sans erreur !

5.c De cette condition on déduit


π nπ
L= +
2kn kn
et comme par définition kn = 2π/λn alors
λn λn
L= +n .
4 2

6 Lorsque le trompettiste appuie sur le piston, la nouvelle fréquence fondamentale est donnée par

4c f0
f00 = = 3/12
L0 2
où L0 est la longueur totale (tuyau + coulisse). Ainsi,
4c 4c
= 3/12 d’où L0 = 23/12 L
L0 2 L
On en déduit enfin la longueur Lc de la coulisse par L0 = L + Lc , si bien que

Lc = (23/12 − 1)L = 26 cm .

Exercice 7 : Déphasage à la réflexion sur l’extrémité d’une corde


1 Comme l’OPH se propage dans le sens des x décroissants, alors elle s’écrit sous la forme

ξM (t) = A cos(ωt + kx + ψ) .

Or on sait qu’au point O, x = 0, et donc

ξO (t) = A cos(ωt + ψ) = ξ0 cos(ωt) .

On en déduit par identification A = ξ0 et ψ = 0, d’où

ξM (t) = ξ0 cos(ωt + kx) .

2 Une onde progressive harmonique est une onde progressive ! Ses dépendances en t et en x sont donc couplées
sous la forme de la variable réduite t + x/c. On a donc
h  x i
ξM (t) = ξ0 cos ω t + = ξ0 cos(ωt + kx)
c
Par identification, on en déduit la relation de dispersion de l’OPH,

ω 2πf
k= d’où k= .
c c

La longueur d’onde s’obtient ensuite par

2π 2πc c
λ= = d’où λ= .
k ω f

3 Compte tenu des questions précédentes,

ξO,i = ξ0 cos(ωt) et ξO,r = ξ0 cos(ωt + ϕ) .

D’après le principe de superposition,

ξO (t) = ξO,i + ξO,r = ξ0 cos(ωt) + ξ0 cos(ωt + ϕ) = ξ0 [cos(ωt) + cos(ωt + ϕ)] .

6/8 Étienne Thibierge, 20 septembre 2017, [Link]


Correction TD O2 : Phénoménologie des ondes Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018
p+q p−q
En utilisant la formule de trigonométrie cos p + cos q = 2 cos cos , on aboutit à
2 2
 ϕ  ϕ
ξO (t) = 2ξ0 cos ωt + cos − .
2 2
Or on sait que O est immobile et donc qu’à tout instant t, ξO (t) = 0. Pour que la forme mathématique précédente
soit compatible avec cette contrainte, et comme cos(ωt + ϕ/2) ne peut pas être nul à tout instant, alors il faut
mathématiquement que ξ0 = 0 ou cos(ϕ/2) = 0. Avoir ξ0 = 0 signifie qu’il n’y a pas d’onde sur la corde : c’est
physiquement faux. On en déduit donc que
ϕ ϕ π
cos =0 soit = ± + 2nπ donc ϕ = ±π
2 2 2
en choisissant le déphasage entre −π et π.

4 L’ébranlement associé à l’onde incidente est celui détaillé plus haut,

ξM,i (t) = ξ0 cos(ωt + kx) .

Celui associé à l’onde réfléchie s’en déduit en prenant en compte le sens de propagation inversé et le déphasage de π,

ξM,r (t) = ξ0 cos(ωt − kx + π) .

Enfin, d’après le principe de superposition,

ξM (t) = ξM,i (t) + ξM,r (t) = ξ0 [cos(ωt + kx) + cos(ωt − kx − π)] .

En utilisant la formule d’addition des cosinus,


 π  π
ξM (t) = 2ξ0 cos ωt − cos kx +
2 2
soit finalement
ξM (t) = −2ξ0 sin(ωt) sin(kx) .

On retrouve une structure d’onde stationnaire.

5 Les nœuds de vibration se trouvent aux points où l’amplitude de vibration est nulle, c’est-à-dire en xn tels que

nπ nπλ
sin(kxn ) = 0 soit kxn = nπ donc xn = =
k 2π
ce qui donne finalement
λ
xn = n .
2
Le cas n = 0 redonne bien qu’il y a un nœud en x = 0, c’est-à-dire en O.
Les ventres de vibrations se trouvent aux points où l’amplitude est maximale, c’est-à-dire en xn0 tels que

π π n0 π πλ n0 πλ
sin(kxn0 ) = ±1 soit kxn0 = + n0 π donc x n0 = + = +
2 2k k 4π 2π
ce qui conduit à
λ λ
x n0 = + n0 .
4 2

Annale de concours
Exercice 8 : Sonar [CCP TSI 2016]
1 Le récepteur permet d’avoir accès au temps mis par une impulsion ultra-sonore pour aller se réfléchir sur le
second sous-marin et revenir. Connaissant la vitesse du son dans l’eau, un calculateur peut alors en déduire la
distance séparant les deux sous-marins.

7/8 Étienne Thibierge, 20 septembre 2017, [Link]


Correction TD O2 : Phénoménologie des ondes Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Les points à évoquer absolument sont que le sonar envoie des impulsions (et pas une OPH continue),
que ces impulsions se réfléchissent, et que la méthode implique que leur célérité est connue.

2 Pendant la durée τ , l’impulsion parcourt une distance 2L, d’où

2L cτ
τ= soit L= = 300 m .
c 2

3 Sur la figure de l’énoncé, on compte deux périodes et demi pendant la durée ∆t, donc

5 2 5
∆t = T soit T = ∆t d’où f= = 5 kHz .
2 5 2∆t

4 La longueur spatiale de l’impulsion vaut

∆x = cmer ∆t = 75 cm .

5 À l’instant t = 0, l’avant de l’impulsion se trouve en x = 0. À l’instant t, il se trouve en

xavt (t) = cmer t = 18 m .

L’arrière de l’impulsion est émis du point x = 0 au bout de ∆t. À l’instant t, il se trouve donc en

xarr (t) = cmer (t − ∆t) = 17,25 m .

L’impulsion est représentée figure 9.

surpression

xarr (t)
x
xavt (t)

Figure 9 – Représentation spatiale de l’impulsion à t = 12 ms..

Penser à bien vérifier que xavt (t) − xarr (t) = ∆x ... à moins que vous n’ayiez directement utilisé ce
résultat pour calculer xarr (t).
Attention sur la figure : l’avant de l’onde est la partie émise en premier, donc pour laquelle la surpression
est positive.

6 L’onde met un temps τ = 400 ms pour faire l’aller-retour entre les deux sous-marins, il ne lui faut donc que τ /2 =
200 ms pour parcourir la distance aller. L’impulsion est représentée figure 10.

surpression
∆t = 500 µs

t
200 ms

Figure 10 – Représentation spatiale de l’impulsion à t = 12 ms..

8/8 Étienne Thibierge, 20 septembre 2017, [Link]


Ondes et optique 3 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Modéliser la lumière
Exercices
Exercice 1 : Couleur d’un laser [♦♦]
Considérons un faisceau issu d’une diode laser de longueur d’onde 520 nm .
1 - Éclairons une feuille avec cette diode laser : de quelle couleur est la tâche observée ?
Le faisceau laser est ensuite envoyé dans un morceau de plexiglas d’indice optique 1,51.
2 - Calculer la longueur d’onde dans le plexiglas. À quelle couleur cela correspond-t-il ? Expliquer.

Exercice 2 : Poussé par le Soleil ? [♦]


1 - Le flux lumineux solaire reçu sur Terre vaut φ = 1 · 103 W · m−2 . En déduire le flux de photons φph correspondant,
c’est-à-dire le nombre de photons arrivant par mètre carré par seconde.
2 - Ces photons sont absorbés par un homme dos au Soleil. Quelle quantité de mouvement reçoit-il en une seconde ?
3 - À quelle force cela équivaut-il ? Commenter la valeur numérique obtenue.
Donnée : On rappelle que la variation de quantité de mouvement ∆p d’un système qui subit une force constante F
pendant une durée ∆t est donnée par le principe fondamental de la dynamique, aussi appelé seconde loi de Newton,

∆p
=F.
∆t

Exercice 3 : Cône de réfraction [♦]


Considérons une interface entre de l’air et de l’eau, d’indices optiques respectifs 1,00 et 1,33.
1 - La lumière vient d’une source placée dans l’air. Dans quel intervalle angulaire se trouve le rayon réfracté dans
l’eau lorsque l’angle d’incidence prend toutes les valeurs possibles ? Le représenter sur un schéma.
2 - Même question lorsque la source est située dans l’eau. Répondre sans aucun calcul.

Exercice 4 : Réfractomètre d’Abbe []


Un réfractomètre d’Abbe est un appareil servant à mesurer des indices op-
A D tiques, très utilisé notamment à des fins de caractérisation rapide d’échan-
tillons. Ce réfractomètre est composé de deux prismes identiques, d’indice
i n0 = 1,732, à base en forme de triangle rectangle. L’angle au sommet β vaut
β 60°. Entre ces prismes est intercalé un film de liquide d’indice n que l’on
B C cherche à déterminer. Pour ce faire, le réfractomètre est éclairé par la face
AB par un rayon d’angle d’incidence i réglable.
1 - Si le rayon sort par la face CD, quelle sera sa direction ? Répondre par un argument physique sans calcul,
éventuellement à confirmer (ou deviner !) par un schéma propre.
2 - Expliquer comment la mesure de l’angle d’incidence pour laquelle le rayon transmis ne sort plus par la face CD
mais par la face AD permet d’en déduire la valeur de l’indice du liquide.
3 - Que vaut cet indice si l’angle d’incidence critique vaut 18,0° ?
4 - Quelles sont les limites d’utilisation du dispositif ?

1/2 Étienne Thibierge, 27 septembre 2017, [Link]


TD O3 : Modéliser la lumière Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Annale de concours
Exercice 5 : Détecteur de pluie sur un pare-brise [inspiré oral CCP, ♦]
Cet exercice propose de s’intéresser à un modèle simplifié du système de détection automatique de pluie qui
commande la mise en route des essuies-glaces d’une voiture.

Document 1 : Principe de fonctionnement d’un détecteur de pluie


Adapté du site http: // www. fiches-auto. fr .
De plus en plus fréquent pour finalement devenir un équipement généralisé sur presque toutes les gammes de
véhicules, le système d’essuie-glace automatique est aujourd’hui un accessoire banal. Cependant, si la grande majorité
des gens a compris que cet ensemble était composé d’un capteur couplé à de l’électronique, peu de monde sait
réellement comment le capteur fonctionne. Voici l’explication d’un des procédés les plus utilisés.

A air
α θ1 C verre
θ0
plexiglas
B
ca
EL

pt
eu
D

Comme indiqué sur le schéma, un bloc de plexiglas biseauté situé à l’intérieur du bloc rétroviseur est collé au verre
du pare-brise. Une diode électroluminescente (DEL) envoie un pinceau lumineux infrarouge en incidence normale sur
le biseau. Un capteur lumineux mesure en permanence l’intensité de la lumière en sortie de la pièce biseautée : plus il
y a d’eau sur la vitre, plus elle est faible. Le capteur de pluie pilote ainsi l’essuie-glace en fonction de la quantité d’eau
détectée et sélectionne automatiquement la vitesse de balayage la plus efficace.
Données :
. angle du biseau : α = 50° ;
. indices optiques : plexiglas np = 1,50 ; verre du pare-brise nv = 1,55 ; eau ne = 1,33.

1 - Pourquoi utilise-t-on un rayonnement infrarouge ?


2 - Montrer qu’à l’interface plexiglas → verre θ0 = α.
3 - En déduire la valeur de θ1 . Commenter.
On suppose pour toute la suite que la différence d’indice entre le plexiglas et le verre est suffisamment faible pour
pouvoir négliger tous les phénomènes de réflexion et réfraction à cette interface. En particulier, l’angle d’incidence
en A est égal à θ0 .
4 - En l’absence de pluie, existe-il un rayon réfracté au point A ou au point C ? Justifier.
5 - En présence de gouttes de pluie sur le pare-brise, placées comme sur la figure, existe-il un rayon réfracté au
point C ? Justifier.
6 - Expliquer pourquoi plus il y aura de gouttes sur le pare-brise, moins l’intensité lumineuse reçue par le capteur
sera importante.

2/2 Étienne Thibierge, 27 septembre 2017, [Link]


Ondes et optique 3 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Modéliser la lumière
Exercices
Exercice 1 : Couleur d’un laser
1 Une longueur d’onde dans le vide λ0 = 520 nm correspond à de la lumière verte.

2 Connaissant la longueur d’onde dans le vide λ0 , on en déduit celle dans le plexiglas,

λ0
λp = = 346 nm
n

Si cette longueur d’onde était donnée dans le vide, elle ferait partie du domaine ultra-violet ... mais l’expérience
montre qu’une telle longueur d’onde dans le plexiglas correspond à du vert. L’erreur vient du fait que ce sont les
longueurs d’ondes dans le vide qui ont une signification bien connue en termes de couleur, et pas les
longueurs d’ondes dans un milieu.

Exercice 2 : Poussé par le Soleil ?


1 En ordre de grandeur, un photon issu du soleil a pour longueur d’onde λ ∼ 600 nm, et donc une énergie

hc
ε = hν = .
λ
Le flux de photons reçu sur Terre vaut donc φph = φ/ε soit

φλ
φph = = 3 · 1021 photons/m2 /s .
hc

2 Considérons que la surface du dos d’un être humain est de l’ordre de 1 m2 . En une seconde, il absorbe donc
N = φph ∆t = 3 · 1021 photons. Chacun de ses photons est porteur d’une quantité de mouvement p1 = h/λ d’après
la relation de Planck-Einstein. Au total, la variation de quantité de mouvement de l’homme est de

φ ∆t
∆p = N p1 = = 3 · 10−6 kg · m−1 · s−1 .
c

3 La force équivalente vaut


∆p φ
F = = = 3 · 10−6 N .
∆t c
C’est une valeur extrêmement faible : si cette personne pèse 70 kg, son poids est de 700 N !
Dans certaines expériences « faites pour », cette force, appelée pression de rayonnement, peut cependant
avoir des effets. En particulier, elle est couramment utilisée dans les laboratoires de biologie pour
manipuler des cellules ou des virus. La source lumineuse est alors un laser puissant.

Exercice 3 : Cône de réfraction


1 L’angle d’émergence θt est donné par la seconde loi de la réfraction,
nair
sin θt = sin θi .
neau
nair
Par conséquent, il varie entre 0° en incidence normale et θmax = arcsin = 48,8° en incidence
neau
rasante.

1/4 Étienne Thibierge, 27 septembre 2017, [Link]


Correction TD O3 : Modéliser la lumière Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

nair
neau

θmax

2 Le cône de réfraction lorsque la source est située dans l’eau se déduit de la question précédente grâce au principe
de retour inverse de la lumière : lorsque l’angle d’incidence est compris entre 0 et θmax , l’angle d’émergence
balaie un intervalle allant de 0° à 90°.
En revanche, aucun rayon émis dans l’air ne peut émerger dans l’eau avec un angle d’émergence supérieur à θmax .
Réciproquement, le principe du retour inverse impose qu’aucun rayon émis dans l’eau arrivant sur le dioptre
avec un angle d’incidence supérieur à θmax ne peut émerger dans l’air : il y a alors réflexion totale.
Ce n’est donc pas un hasard si l’angle θmax , trouvé en tant qu’angle d’émergence, est donné par une
relation analogue à celle définissant un angle limite de réflexion totale.

Exercice 4 : Réfractomètre d’Abbe


1 Compte tenu des symétries du dispositif, le principe du retour inverse de la lumière garantit que si le rayon sort
du réfractomètre par la face CD alors l’angle d’émergence vaut i. En effet,
. à l’interface AB, la seconde loi de Snell–Descartes donne l’angle d’émergence dans le prisme, noté i1 ;
. la géométrie du prisme donne l’angle d’incidence sur la première interface BD, noté i2 ;
. sur cette interface, la seconde loi de Snell–Descartes donne l’angle d’émergence dans le liquide, noté i3 ;
. comme les deux interfaces BD sont parallèles, alors l’angle d’incidence sur la deuxième interface BD vaut néces-
sairement i3 ;
. la même loi de Descartes que précédemment permet d’en déduire que l’angle d’émergence dans le prisme vaut alors
forcément i2 ;
. les deux prismes étant identiques, l’angle d’incidence sur l’interface CD est alors nécessairement i1 ;
. et par conséquent, la même loi de Descartes qu’à l’interface AB indique que l’angle d’émergence dans l’air par la
face CD vaut i.
2 Si le rayon transmis sort par la face AD, c’est qu’il a subi une réflexion totale. Cette réflexion totale ne peut
avoir eu lieu qu’à l’interface BD dans le sens prisme → liquide, à condition que n < n0 . En effet, si elle avait lieu
dans le sens liquide → prisme le faisceau serait guidé dans le liquide le long de l’interstice entre les deux prismes.
Comme l’angle critique de réflexion totale dépend du rapport des indices des deux milieux, ici n0 et n, il est possible
d’en déduire la valeur de n.

3 Commençons par introduire les notations sur le schéma figure 1.

A D
i1 i2
i

B C

Figure 1 – Réfractomètre d’Abbe.

À la limite de la réflexion totale,


n
i2 = arcsin
n0
Une relation de somme des angles permet d’en déduire i1 , puisque
π  π 
β+ − i1 + − i2 = π d’où i1 = β − i2
2 2
Enfin, la seconde loi de Descartes exprimée à l’interface AB donne
 
n
1 × sin i = n0 sin i1 soit sin i = n0 sin β − arcsin
n0

2/4 Étienne Thibierge, 27 septembre 2017, [Link]


Correction TD O3 : Modéliser la lumière Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Remonter à n demande d’inverser cette relation, soit

sin i
 
n = n0 sin β − arcsin = 1,32
n0

4 Une première limitation évidente est qu’un réfractomètre d’Abbe ne permet de mesurer que des indices
de liquides, voire de gaz en prenant des précautions pour empêcher les fuites, mais en aucun cas de solides. Par
ailleurs, comme il repose sur une réflexion totale, il faut que l’indice du liquide soit inférieur à celui du verre
composant les prismes.

Annale de concours
Exercice 5 : Détecteur de pluie sur un pare-brise [inspiré oral CCP]
1 Un rayonnement infrarouge a l’avantage d’être invisible. Utiliser une longueur d’onde visible ferait un peu trop
tuning ... et surtout risquerait de gêner la conduite, notamment des autres véhicules.

2 La somme des angles dans le triangle HIJ de la figure 2 est donnée par
π π  π
α+β+ =π soit α+ − θ0 + = π et α + π − θ0 = π d’où θ0 = α
2 2 2

α J
I β
θ0
H

Figure 2 – Détermination de l’angle d’incidence à l’interface plexiglas verre.

L L L Attention ! Pour appliquer cette relation connue par cœur il faut que tous les angles soient
orientés dans le sens trigonométrique.
Pour retrouver (ou se convaincre) que β = π/2 − θ0 on peut tester les cas limites θ0 = 0 et θ0 = π/2.

3 D’après la seconde loi de Descartes concernant la réfraction,


 
np
np sin θ0 = nv sin θ1 d’où θ1 = arcsin sin θ0 = 47,8° .
nv

Pour tester la vraisemblance du résultat, on vérifie que θ1 < θ0 en accord avec le fait que le verre est
un peu plus réfringent que le plexiglas.

On constate que la différence entre les deux angles est très faible : comme les indices sont très proches, il n’y a
quasiment pas de réfraction.

4 Le verre étant plus réfringent que l’air (nv > na ), il peut y avoir réflexion totale à l’interface verre → air. L’angle
d’incidence limite θlim au delà duquel la réflexion totale a lieu est tel que
na
θlim = arcsin = 40,2° .
nv
Or l’angle d’incidence du rayon dans le verre en A est égal à θ0 > θlim . De plus , l’application successive de la loi de
la réflexion en A puis en B (on néglige la réfraction à l’interface verre–plexiglas) indique que l’angle d’incidence en C
est également θ0 . Le résultat se généralise donc : il y a réflexion totale à toutes les interfaces verre → air.

5 En présence de pluie, l’interface extérieure du pare-brise n’est plus verre → air mais verre → eau. Dans ce cas,
l’angle limite donnant lieu à une réflexion totale vaut
ne
0
θlim = arcsin = 59,1° .
nv

3/4 Étienne Thibierge, 27 septembre 2017, [Link]


Correction TD O3 : Modéliser la lumière Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Cette fois, θ0 < θlim


0
, un rayon est donc transmis vers l’extérieur du pare-brise lorsqu’il est mouillé.

6 On a raisonné jusqu’ici sur un seul rayon lumineux. En pratique, d’une part la DEL émet un pinceau lumineux,
d’autre part celui-ci se réflechit plusieurs fois sur la face extérieure du pare-brise. Cela permet de tester la présence
d’eau sur une surface plus étendue du pare-brise. Plus l’intensité reçue par le photocapteur est faible, plus il y a de
« fuites » de lumière à cause de l’eau, et plus les essuies-glace doivent balayer rapidement.
Ne pas oublier que le rayon réfléchi existe toujours, même lorsqu’il y a réfraction. Le capteur reçoit
donc toujours une intensité lumineuse non nulle.

4/4 Étienne Thibierge, 27 septembre 2017, [Link]


Ondes et optique 4 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Formation des images optiques


Conformément au programme, on rappelle les relations de conjugaison et de grandissement pour une lentille
mince. Les notations sont celles du cours.
1 1 1 2
0
− = 0 et F A × F 0 A0 = −f 0
OA OA f
OA0 F 0 A0 f
γ= et γ=− =−
OA f0 FA
La distance focale image est notée f 0 alors que la distance focale objet est notée f .

Exercices
Exercice 1 : Construction de figures [♦♦]
Les tracés demandés dans cet exercice doivent vous aider à vous familiariser avec la construction de
rayons : vous devez savoir les faire sans difficulté. Cet exercice n’est là que pour vous rappeler les
différents cas possibles.

Considérons une lentille convergente de focale valant 3 cm sur votre feuille et un objet de hauteur 1,5 cm sur votre
feuille. Sur des schémas différents, construire l’image de cet objet lorsqu’il est situé
. à l’infini avant de la lentille ;
. avant le foyer objet ;
. entre le foyer objet et le centre optique ;
. entre le centre optique et le foyer image ;
. après le foyer image.
Préciser à chaque fois si l’objet et l’image sont réel(s) ou virtuel(s). Veiller à respecter la convention de tracé des
rayons réels en traits pleins et des rayons virtuels en traits pointillés.
Reprendre les tracés dans le cas d’une lentille divergente, en inversant les mots « foyer objet » et « foyer image ».

Exercice 2 : Que voit-on ? [♦♦]


Compléter la figure ci-dessous pour tracer la marche du faisceau lumineux complet émis par le point A. En déduire
si des observateurs dont l’œil serait placé aux différents points M voient ou non le point A.

M2
A

O F0

F
M1
M3

1/5 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 3 : Pouvoir séparateur de l’œil [♦♦]


Le pouvoir séparateur d’un œil emmétrope (normal) est θ0 = 3 · 10 rad, c’est-à-dire que deux points ne peuvent
−4

être vus distinctement que si leur écart angulaire est supérieur à cette valeur.
1 - Déterminer la distance jusqu’à laquelle cet œil peut distinguer deux traits parallèles séparés de 2 mm.
2 - Déterminer la hauteur que doit avoir une lettre d’un panneau autoroutier pour être lisible à 250 m.
3 - En modélisant l’œil comme une lentille convergente associée à un écran placé à une distance fixe de 20 mm
derrière, déterminer la taille moyenne d’un récepteur de la rétine.

Exercice 4 : Manipulation des relations de conjugaison et de grandissement [♦]


Toutes les questions sont indépendantes. L’objectif de l’exercice est que vous y répondiez par le calcul, en
utilisant les relations de conjugaison et de grandissement, mais cela ne doit surtout pas vous empêcher
de tracer des schémas pour vous aider à identifier les paramètres pertinents ou confirmer vos réponses !

1 - Une lentille de focale f 0 = 10 cm forme sur un écran situé à 1,5 m de la lentille l’image d’un objet de hauteur
AB = 3,0 cm. Déterminer la position de l’objet par rapport à la lentille et la taille de l’image sur l’écran.
2 - Une lentille mince convergente donne d’un objet AB réel une image A0 B 0 réelle deux fois plus grande. La
distance AA0 vaut 90 cm. Déterminer les distances OA, OA0 et f 0 .
3 - Même question avec une image A0 B 0 virtuelle.
4 - Déterminer les positions des objets ayant une image virtuelle par une lentille convergente. On fera très attention
au caractère réel ou virtuel de l’objet (pourquoi ?).
5 - Même question avec une lentille divergente.

Exercice 5 : Mesure de distance focale par la méthode de Bessel [♦]


On cherche à mesurer la distance focale d’une lentille convergente. Pour cela on place sur un banc optique un
objet à la graduation 0 et un écran qui en est éloigné de D = 60,0 cm. On place ensuite la lentille entre l’objet et
l’écran, et on la déplace afin de former une image nette de l’objet sur l’écran.
1 - Montrer qu’il existe deux positions possibles pour la lentille, à condition que la distance D soit supérieure à une
certaine valeur à préciser.
2 - Notons d la distance entre ces deux positions. Montrer que la focale f 0 s’exprime en fonction de D et d seulement.
3 - On mesure d = 41,0 cm. En déduire la focale f 0 .
Une animation JAVA illustrant cette méthode est proposée par G. Tulloué, voir le lien sur le site de la
classe. Pour bien comprendre ce qu’il se passe, choisissez d’afficher le faisceau.

Exercice 6 : Rétroprojecteur [♦]

Un rétroprojecteur est composé d’une lentille convergente de focale 30 cm suivie d’un miroir
plan incliné. Le centre du miroir est situé à 15 cm du centre optique de la lentille. Le centre du
miroir se trouve à 3 m d’un écran vertical.
1 - À quelle distance du transparent à projeter faut-il placer la lentille ?
2 - Quelle est alors la taille à l’écran d’une lettre de hauteur 5 mm sur le transparent ?

Exercice 7 : Encombrement d’un téléobjectif [♦]


Modélisons un téléobjectif d’appareil photo par une association de lentilles suivie d’un capteur CCD de taille 15,8×
23,6 mm2 . La lentille d’entrée est convergente, de vergence 5,0 δ. Une seconde lentille est présente entre la lentille
d’entrée et le capteur, à 15,5 cm de la lentille d’entrée. Elle est divergente, de vergence −20 δ. La distance entre la
lentille d’entrée de l’objectif et le capteur, notée habituellement ∆, est appelée encombrement du téléobjectif. Cet
appareil est utilisé pour photographier un chamois de hauteur 80 cm au garot situé à 150 m du photographe.
1 - En l’absence de la lentille divergente, quelle serait la taille de l’image du chamois sur le capteur ? Commenter.
2 - Quelle est en fait la taille de l’image formée par le système composé ?
3 - Quel est alors l’encombrement du téléobjectif ?
4 - Quelle serait la distance focale d’une lentille convergente qui donnerait à elle seule une image de la même dimension
que la précédente ? En déduire ce que vaudrait l’encombrement du téléobjectif dans ce cas.

2/5 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 8 : Microscope optique [♦]


Du point de vue de la formation d’image, un microscope optique commercial peut se modéliser par l’association de
deux lentilles minces convergentes utilisées dans les conditions de Gauss, voir le schéma à compléter en fin d’énoncé.
La première lentille, notée L1 , est l’objectif du microscope. La seconde, notée L2 est l’oculaire. L’échantillon à
observer doit être placé sur la platine, devant l’objectif. Un système dont on parlera pas dans cet exercice permet
d’éclairer l’objet sans perturber la formation de l’image. Le microscope modélisé dans cet exercice porte les indications
suivantes : « Objectif 40× ; Oculaire 10× ; Ouverture numérique ON = 0,65 ; Intervalle optique ∆ = 16 cm ».
L’objectif de l’exercice est de comprendre à quoi ces indications correspondent.
1 - Justifier que si le microscope est correctement réglé l’objectif fournit une image (intermédiaire) réelle et agrandie
d’un objet réel alors que l’oculaire fournit une image à l’infini d’un objet réel. En déduire la position de l’image
intermédiaire par rapport à l’oculaire L2 .
2 - Compléter le schéma figure 1, page 4, en construisant l’image finale en sortie de l’oculaire.
Intéressons-nous d’abord à l’oculaire seul. L’indication 10× portée sur l’oculaire donne la valeur du grossissement
commercial G2 , c’est-à-dire la valeur du rapport entre d’une part l’angle α0 sous lequel est vue l’image d’un objet de
taille finie lorsqu’elle est renvoyée à l’infini par l’oculaire seul et d’autre part l’angle αmax sous lequel un rayon issu
du même objet traverse le centre optique d’un œil emmétrope lorsque cet objet est placé à la distance minimale de
vision distincte δm = 25 cm.
3 - Faire un schéma représentant chacune des situations décrites ci-dessus. Pourquoi est-il intéressant d’utiliser
l’angle αmax comme référence pour définir un grossissement commercial ?
4 - En déduire que la distance focale image de l’oculaire vaut f20 = 2,5 cm.
Considérons maintenant le microscope complet, avec l’objectif. L’indication 40× portée sur l’objectif est la valeur
absolue du grandissement transversal γ1 de la lentille L1 . L’intervalle optique ∆ correspond à la distance F10 F2 .
5 - Donner en le justifiant le signe de γ1 .
6 - En utilisant le théorème de Thalès ou des relations impliquant les tangentes d’angles bien choisis, montrer
que γ1 = −∆/f10 .
Remarque : Ce que l’on démontre ici est en fait de façon plus générale l’une des relations de grandis-
sement de Newton, avec origine au foyer image.

7 - En déduire la distance focale image de l’objectif f10 , littéralement puis numériquement.


8 - Montrer que la distance O1 A où l’objet doit être placé pour obtenir une image à l’infini en sortie du microscope
vaut
f 0 (∆ + f10 )
O1 A = − 1

Commenter le signe obtenu.
Le grossissement commercial G du microscope complet est le rapport entre d’une part l’angle sous lequel on voit
l’image à l’infini d’un objet de taille finie à travers le microscope et l’angle sous lequel on le voit à l’œil nu s’il est
placé à la distance minimale de vision distincte δm .
9 - Exprimer le grossissement commercial d’abord en fonction de δm , γ1 et f20 , littéralement puis numériquement.
Comment déduire ce grossisement des indications portées sur l’objectif et l’oculaire ?

Annales de concours
Exercice 9 : Hauteur d’un miroir [oral banque PT, ♦]
Un homme est situé à d = 1 m d’un miroir plan. Cet homme mesure 1,80 m et la distance entre les yeux et le haut
de son crâne vaut 10 cm. Le miroir a une hauteur H et son extrémité inférieure est située à une distance h du sol.
1 - À quelles conditions sur h et H l’homme peut-il se voir entièrement ?
2 - Si l’homme recule, a-t-il plus de chances de se voir ?

3/5 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

(L1 ) (L2 )

F10 F2
A F O1 O2 F20
1

Figure 1 – Schéma à compléter du microscope, exercice 8. Le schéma n’est pas à l’échelle par rapport aux valeurs
à déterminer dans l’exercice.

Exercice 10 : Projecteur de cinéma [oral CCP, ♦]


Dans une salle de cinéma, on lit, à l’aide d’un projecteur,
(L) (E) une pellicule AB de largeur b sur un écran (E) de largeur `. On
B modélise le projecteur par une source lumineuse et une lentille
convergente (L) de focale f 0 suivant le schéma ci-contre, qui n’est
F F0 pas représenté à l’échelle. On note d la distance de la pellicule à
l’objectif et D celle de la pellicule à l’écran.
A
1 - Tracer l’image A0 B 0 de AB à l’aide de trois rayons différents.
2 - Montrer que l’existence d’une solution pour d implique une
condition sur D et f 0 .
3 - Donner l’expression du grandissement transversal γ et déterminer la meilleure valeur de d. Comment faut-il placer
la pellicule ?
4 - Calculer d et f 0 pour b = 24 mm, ` = 5 m et D = 40 m.
Donnée : on rappelle les relations de conjugaison, avec les notations habituelles,

1 1 1 2
0
− = 0 et F A F 0 A0 = −f 0
OA OA f

Exercice 11 : Lunette astronomique [oral CCP, ♦]


Mars est située à une distance variant entre 56 et 160 millions de kilomètres de la Terre. Son diamètre vaut
6800 km. On l’observe au travers d’une lunette astronomique composée d’un objectif et d’un oculaire. Ces deux
systèmes optiques complexes sont modélisables par deux lentilles convergentes, la première (l’objectif) de focale
1,0 m et la seconde (l’oculaire) de focale 2,5 cm.
1 - Calculer le diamètre apparent α de la planète Mars lorsqu’elle est observée sans lunette.
2 - Commençons par étudier la structure de la lunette.
2.a - La lunette est un instrument d’optique afocal. Quel en est l’intérêt ? Quelle en est la conséquence sur la position
des lentilles ?
2.b - Tracer la marche d’un faisceau non parallèle à l’axe dans la lunette, en prenant pour le schéma fobj = 4 foc .
2.c - L’image finale est-elle droite ou renversée ?
3 - La lunette est caractérisée par son grossissement G = α0 /α, où α est le diamètre apparent de la planète et α0

4/5 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

l’angle sous lequel elle est vue en sortie de la lunette.


3.a - Exprimer G en fonction de fobj et foc .
3.b - Sous quel angle Mars est-elle perçue lorsque son diamètre apparent est minimal ?
4 - Où faut-il placer le capteur CCD d’un appareil photo pour photographier la planète ?
5 - Quelle est la différence entre les lunettes et les télescopes ? Pourquoi utilise-t-on plus volontiers les télescopes ?

Résolution de problème
Pour aborder un exercice de type résolution de problème, il peut notamment être utile de faire un
schéma modèle, d’identifier et nommer les grandeurs pertinentes, d’utiliser l’analyse dimensionnelle,
de proposer des hypothèses simplificatrices, de décomposer le problème en des sous-problèmes simples,
etc. Le candidat peut également être amené à proposer des valeurs numériques raisonnables pour
les grandeurs manquantes ... et toutes les valeurs données ne sont pas forcément utiles. Le tout est
évidemment à adapter à la situation proposée !

Exercice 12 : Taille du tube d’un microscope [♦]


Cette résolution de problème fait suite à l’exercice 8.

On photographie une feuille de papier millimétré au travers d’un microscope optique. Ce microscope porte les
indications suivantes : « Objectif 4× ; Oculaire 10× ».
Déterminer le diamètre du tube du microscope séparant l’objectif et l’oculaire. Une valeur numérique est attendue.

5/5 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

6/5 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


Ondes et optique 4 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Formation des images optiques

Exercices
Exercice 1 : Construction de figures
Voir les figures récapitulatives pages 2 et 3, extraites du cours en ligne de Rémy Duperray ... mais manifestement
scannées d’un autre ouvrage.

Exercice 2 : Que voit-on ?


Construire la marche du faisceau demande d’abord de construire l’image A0 de A par la lentille. On trace ensuite
les deux rayons extrêmes du faisceau, c’est-à-dire ceux qui touchent les extrémités de la lentille, en utilisant la
propriété de stigmatisme : ces deux rayons passent aussi par A’. Le faisceau remplit l’ensemble de l’espace entre les
deux rayons extrêmes, coloré en rouge sur la figure.

I M2
A

O F0

F
M1
A0
M3
J

Pour dire ce que voient les observateurs, il faut se souvenir que « voir » signifie que l’œil est en mesure de former
une image réelle de l’objet sur la rétine, ce qui implique que l’image finale par le système optique, ici A0 , soit située
en amont du cristallin plus loin que ponctum proximum.
. L’image A0 est située en aval du point M1 : un observateur qui y est placé ne pourra pas voir l’objet net, mais des
rayons vont de l’objet à l’œil de l’observateur, qui le verra donc flou.
. Aucun rayon issu de l’objet A ne passe par M2 : un observateur qui y est placé ne pourra donc pas le voir du
tout.
. Le point M3 est situé en aval de l’image A0 , par conséquent un observateur pourra voir l’objet net, sous
réserve que la distance entre A0 et M3 soit suffisante pour que A0 soit au delà du ponctum proximum.

Exercice 3 : Pouvoir séparateur de l’œil


1 La distance limite Dlim est celle pour laquelle l’écart angulaire entre les deux traits séparés de a = 2 mm vaut θ0 .
La figure ci-dessous permet de voir que
θ a
tan =
2 2D
d’où dans l’approximation des petits angles
a
θ=
D
et enfin
a
Dlim = = 6,7 m .
θ0

1/13 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


Correction TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Figure 2 – Constructions pour une lentille convergente.

2/13 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


Correction TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Figure 3 – Constructions pour une lentille divergente.

3/13 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


Correction TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

A1

θ
œil a

D A2

2 Il s’agit simplement d’inverser le raisonnement précédent en connaissant cette fois Dlim = 250 m et cherchant amin ,
ce qui donne
amin = Dlim θ0 = 7,5 cm .

3 Deux points objet ne seront distingués par l’œil que si leur image se forme sur deux récepteurs de la rétine.
Considérons ces deux points issus d’un même objet situé à l’infini optique, pour lequel la focale du cristallin est égale
à la distance d = 20 mm entre le cristallin et la rétine. On les suppose de plus séparés angulairement de θ0 . Dans ce
cas, la taille de l’image correspond à la taille caractéristique r d’un récepteur de la rétine, soit

r = d θ0 ' 6 µm .

θ0
d
F0
× ×
F
θ0 r

Exercice 4 : Manipulation des relations de conjugaison et de grandissement


1 Considérons que le point objet A appartient à l’axe optique. On connaît la distance séparant son image A0 du
centre optique O de la lentille, c’est donc la relation de conjugaison de Descartes qu’il faut utiliser, qui donne

1 1 1 OA0 × f 0
= − 0 d’où OA = = −11 cm
OA OA0 f f 0 − OA0

L’objet est donc situé 11 cm avant le centre optique de la lentille, et c’est un objet réel. La taille de l’image sur l’écran
se déduit directement de la relation de grandissement,

A0 B 0 OA0 OA0
γ= = d’où A0 B 0 = AB = −41 cm .
AB OA OA

L’image est donc renversée et mesure 41 cm.

2 L’objet et l’image étant réels tous les deux, l’image est forcément renversée. On déduit de la relation de grandis-
sement
OA0 A0 B 0
= = −2 soit OA0 = −2 OA
OA AB
Ainsi, comme la distance AA0 est connue, on en déduit

AA0 = AO + OA0 = −OA + OA0 = −3 OA

d’où
1 2
OA = − AA0 = −30 cm et OA0 = AA0 = 60 cm
3 3
La distance focale f 0 se déduit alors de la relation de conjugaison de Descartes, qui donne

OA × OA0
f0 = = 20 cm .
OA − OA0

4/13 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


Correction TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

3 L’objet est réel et l’image virtuelle : comme la lentille est convergente, l’image est forcément droite. Néanmoins,
attention, l’image se trouve avant l’objet : on a donc AA0 < 0 On déduit de la relation de grandissement
OA0 A0 B 0
= =2 soit OA0 = 2 OA
OA AB
Ainsi, comme la distance AA0 est connue, on en déduit
AA0 = AO + OA0 = −OA + OA0 = OA
d’où
OA = AA0 = −90 cm et OA0 = 2 AA0 = −180 cm
La distance focale f 0 se déduit alors de la relation de conjugaison de Descartes, qui donne

OA × OA0
f0 = = 180 cm .
OA − OA0

4 La propriété d’aplanétisme permet de se ramener au cas où l’objet est sur l’axe optique. Une image virtuelle A0
se trouve avant la lentille, c’est-à-dire OA0 < 0. La condition implique le centre optique O : c’est donc la relation de
Descartes qu’il faut utiliser. Par conséquent, on cherche OA tel que

1 1 1 1 1
= + < 0, soit <− 0.
OA0 OA f 0 OA f

Résoudre cette inégalité demande de faire très attention au signe des différentes grandeurs qui appa-
raissent : inverser l’inégalité directement n’est possible que si les deux membres sont de même signe. Il faut donc
raisonner par disjonction des cas.
Pour une lentille convergente, f 0 > 0 donc −1/f 0 < 0. Deux cas sont à distinguer en fonction du signe de OA et
donc de la nature réelle (OA < 0) ou virtuelle (OA > 0) de l’objet.
. Si OA > 0, l’inégalité ne peut jamais être vérifiée : un objet virtuel donnera toujours une image réelle.
. Si OA < 0, l’inégalité s’inverse en OA < −f 0 = −OF 0 = OF , ce qui signifie que pour former une image
virtuelle, un objet réel doit être placé entre le plan focal objet et le plan de la lentille.
Ces résultats sont résumés sur la figure 4.

F F0

Figure 4 – Position des objets permettant de former une image réelle par une lentille convergente. Les objets
placés avant le centre optique O sont réels (trait plein), ceux placés après sont virtuels (trait pointillé).

5 La relation de conjugaison s’écrivant de la même façon pour les deux types de lentille, le calcul est exactement
le même et donne
1 1
<− 0
OA f
mais cette cette fois f 0 < 0 donc −1/f 0 > 0.
. Si OA < 0, l’inégalité est toujours vérifiée : quelle que soit la position d’un objet réel, son image par une
lentille divergente est toujours virtuelle.
. Si OA > 0, l’inégalité s’inverse en OA > −f 0 = −OF 0 = OF , ce qui signifie que pour former une image
virtuelle, un objet virtuel doit être placé après le plan focal objet de la lentille divergente.
Ces résultats sont résumés sur la figure 5.

Exercice 5 : Mesure de distance focale par la méthode de Bessel


1 Appelons (comme toujours !) A un point de l’objet situé sur l’axe optique de la lentille et A0 son image. On a
donc AA0 = D, et on cherche la position du centre optique de la lentille repéré par l’abscisse x = AO. Utilisons la
relation de conjugaison de Descartes,
1 1 1 1 1 1 1 1 1
− = 0 soit − = 0 qui donne donc − = 0.
OA0 OA f OA + AA0 OA f −x + D −x f

5/13 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


Correction TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

F0 F

Figure 5 – Position des objets permettant de former une image virtuelle par une lentille divergente. Les objets
placés avant le centre optique O sont réels (trait plein), ceux placés après sont virtuels (trait pointillé).

Cette dernière expression peut s’écrire sous la forme d’une équation polynomiale de degré deux,

−x(−x + D)
−D = soit x2 − D x + D f 0 = 0
f0

Le discriminant de cette équation vaut D2 − 4Df 0 = D(D − 4f 0 ). Si le discriminant est positif, donc si D ≥ 4f 0 ,
l’équation admet deux solutions, c’est-à-dire que deux positions de la lentille sont compatibles avec
la relation de conjugaison.

2 Les deux positions en question sont les deux racines de l’équation, qui sont données par

1  1 
x1 = D − D(D − 4f 0 ) et x2 = D + D(D − 4f 0 )
p p
2 2
La distance entre les deux positions vaut donc

d = x2 − x1 = D(D − 4f 0 )
p

d’où on déduit
D2 − d2
4f 0 D = D2 − d2 soit f0 =
4D

3 Numériquement,
f 0 = 8,00 cm .

Exercice 6 : Rétroprojecteur
Commençons par un schéma de principe, sans chercher à respecter les échelles. Notons O le centre optique de la
lentille et H le centre du miroir. Le transparent sert d’objet au système optique composé de la lentille convergente (L)
et du miroir (M). Notons A un point objet au centre du transparent. La conjugaison se traduit comme suit :
(L) (M)
A ∈ transparent 7−→ A0 7−→ A0 ∈ écran .

L’énoncé indique les distances absolues

OH = 15 cm et HA0 = 3 m .

6/13 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


Correction TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

1 D’après la loi de conjugaison écrite ci-dessus, A0 est l’image de A0 par le miroir, c’est-à-dire son symétrique par
rapport au miroir. Par conséquent, le miroir est le plan médiateur du segment A0 A0 : tout point situé sur le miroir
est à égale distance de A0 et A0 . En particulier A0 H = HA0 et donc

OA0 = OH + HA0 = 3,15 m .

Or la distance OA0 est reliée à la distance OA par la relation de conjugaison de Newton,


1 1 1
− = 0
OA0 OA f

En remplaçant les distances algébriques le long de l’axe vertical par les distances absolues, cela donne

1 1 1 OA0 f 0
+ = 0 d’où OA = = 33 cm .
OA0 OA f OA0 − f 0

2 Il s’agit maintenant de calculer le grandissement γ du système, ou plus précisémment sa valeur absolue. Comme
un miroir plan a un grandissement de 1, il suffit de connaître celui de la lentille. Ainsi,

OA0
|γ| = = 9,5 ,
OA
d’où on déduit que la lettre mesure 4,8 cm sur l’écran.

Exercice 7 : Encombrement d’un téléobjectif


Notons D la distance entre le photographe et le chamois, et d la distance entre les deux lentilles du téléobjectif.

1 Le chamois est à une distance du photographe bien supérieure à la focale de la lentille d’entrée (L1 ), qui vaut f10 =
1/V1 = 20 cm : il est donc à l’infini optique de cette lentille. On peut donc légitimement faire l’approximation que la
distance entre le centre optique de la lentille d’entrée et le capteur est égale à f10 . Par conséquent, le grandissement
de la lentille d’entrée vaut
f0
γ1 = 1 = −1,3 · 10−3 .
−D
La hauteur du chamois sur le capteur CCD est donc de l’ordre de 1,1 mm, ce qui signifie que moins de 10%
de la hauteur de la photo est occupée par le chamois ...
On aurait pu chercher à utiliser la formule de grandissement avec origine au foyer et faire la même ap-
proximation, mais ici il est tout aussi simple d’ajouter l’étape intermédiaire et non-nécessaire consistant
à déterminer la position de l’image.

2 Le téléobjectif complet est un système optique composé, où l’image formée par la lentille convergente (L1 ) sert
d’objet à la lentille divergente (L2 ). Comme f10 > d, il s’agit d’un objet virtuel situé à une distance O2 A = f10 − d =
4,5 cm avant le centre optique de la lentille divergente. Pour utiliser la formule de grandissement avec origine au foyer
objet, on utilise plutôt
F2 A = F2 O2 + O2 A = −f2 + O2 A
On en déduit alors le grandissement dû à la deuxième lentille

f2 1 1
γ2 = − = = = 10
−f2 + O2 A 1 + V2 O2 A 1 + V2 (f10 − d)

Attention aux signes : la vergence est égale à l’opposée de l’inverse de la distance focale objet, soit
ici V2 f2 = −1 !

Le grandissement du système optique complet est égal au produit des grandissements des deux lentilles le com-
posant. Par conséquent,
f10
γ = γ1 γ2 = − = −1,3 · 10−2
D [1 + V2 (f10 − d)]
et on déduit que l’image du chamois formée par le téléobjectif mesure 10,6 mm, ce qui peut tout à fait
correspondre à une photo bien cadrée compte tenu de la taille du capteur.

7/13 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


Correction TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

La formule γ = γ1 γ2 est très simple à retrouver. Notons AB la hauteur de l’objet, A1 B1 celle de l’image
intermédiaire et A2 B2 celle de l’image finale. Alors,

A2 B 2 A2 B 2 A1 B 1
γ= = × = γ2 × γ1
AB A1 B 1 AB
par définition du grandissement.

3 Pour que l’image soit nette, le capteur doit être placée là où l’image finale du chamois est formée. Puisqu’on
connaît tant le grandissement γ2 que la distance O2 A, on déduit de la formule de grandissement avec origine au
centre que le capteur doit être placé à une distance
d0 = γ2 O2 A = 45 cm
en aval de la lentille divergente L2 . L’encombrement du téléobjectif vaut donc

∆ = d + d0 = 60 cm .

4 La lentille divergente permet de multiplier le grandissement par un facteur 10. En utilisant directement le résultat
de la question 1, il faudrait que la lentille (L1 ) ait une focale dix fois supérieure, soit 2,0 m.
Le résultat de la question 1 a été obtenu dans l’hypothèse où le chamois est à l’infini optique de la
lentille (L1 ). On vérifie donc a posteriori que la distance que nous venons de calculer est toujours beau-
coup plus faible que la distance D entre le photographe et le chamois, et donc qu’utiliser directement
le résultat de la question 1 est toujours légitime.

Compte tenu des distances mises en jeu, l’objectif du capteur doit être placé pratiquement dans le plan focal image
de la lentille (L1 ). L’encombrement d’un tel objectif vaudrait donc 2,0 m, ce qui serait très peu pratique à
manipuler.

Exercice 8 : Microscope optique


1 Un microscope est destiné à une observation à l’œil. Pour qu’elle se fasse sans fatigue visuelle, l’image finale
doit se former à l’infini car c’est là que l’œil observe sans accomoder. Pour que l’oculaire, modélisé par une lentille
convergente, envoie l’image finale à l’infini, il faut que l’image intermédiaire formée par l’objectif soit dans
le plan focal objet de l’oculaire : il s’agit donc d’un objet réel pour l’oculaire. Enfin, pour que l’image finale soit
aussi grossie que possible, il faut que cette image intermédiaire soit agrandie par l’objectif. En analysant le
schéma donné dans l’énoncé, si l’objectif, qui est une lentille convergente, forme l’image intermédiaire dans le plan
focal objet de L2 alors cette image est réelle.

2 Schéma représenté figure 6.

3 Schéma représenté figure 7. L’utilisation de l’angle αmax se justifie car c’est l’angle le plus grand sous lequel
l’objet pourra être vu avec un œil qui accomode mais ne force pas : si on éloigne l’objet du ponctum proximum, alors
son diamètre apparent (c’est-à-dire sa taille angulaire) diminue forcément.

4 L’objet observé dans un microscope étant bien sûr de petite taille, l’approximation des petits angles se justifie
pleinement. Ainsi,
AB AB
α0 ' tan α0 = 0 et αmax =
f2 δm
On en déduit alors
α0 δm δm
G2 = = 0 d’où f20 = = 2,5 cm .
αmax f2 G2

5 L’objet dont le microscope forme l’image est réel, donc O1 A < 0, et l’image intermédiaire est réelle également,
donc O1 A0 > 0. On déduit de la relation de grandissement avec origine au centre que le grandissement γ1 est
négatif.

6 Appuyons-nous sur le schéma représenté figure 6. D’après le théorème de Thalès, exprimé avec des grandeurs
algébriques,
O1 I F 0 O1
= 10
A0 B 0 F1 A0

8/13 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


Correction TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

(L1 ) (L2 )
0
B∞

B I 0
B∞

F10 F2
A F O1 A0 α A0∞
1 F20

B0

Figure 6 – Formation de l’image au travers d’un microscope. Les rayons servant à construire l’image intermé-
diaire A0 B0 , image de AB par la lentille L1 , sont représentés en rouge. Les rayons servant à construire l’image
finale A0 B 0 , image de A0 B0 par la lentille L2 sont représentés en orange. Plusieurs notations utiles à la suite de
l’exercice sont introduites sur ce schéma. Version en couleur sur le site de la classe.

δm
α0
A A œil
α0
αmax

B B
f20

Figure 7 – Définition du grossissement commercial. L’objet AB est le même sur les deux schémas.

Attention à la version algébrique du théorème : pour ne pas se tromper, il faut s’assurer des signes de
part et d’autre de l’égalité. Une autre possibilité, sans doute plus fiable si vous n’êtes pas sûrs de vous,
est de travailler avec des distances absolues : vous déterminez ainsi une valeur absolue du résultat, et
vous ajoutez le signe « à la main » à la fin du calcul.

Or O1 I = AB par construction du point I, F10 O1 = −f10 par définition, et F10 A0 = F10 F2 = ∆. Comme γ1 =
A0 B0 /AB, on en déduit

γ1 = − .
f10

7 On trouve directement

f10 = − = 4,0 mm .
γ1

8 Pour obtenir une image à l’infini en sortie du microscope, il faut que l’image intermédiaire A0 soit confondue
avec F2 , donc
O1 A0 = O1 F2 = O1 F10 + F10 F2 = f10 + ∆

9/13 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


Correction TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

D’après la relation de grandissement de Descartes,

O1 A0 O1 A0 f10 (∆ + f10 )
γ1 = soit O1 A = d’où O1 A = − <0
O1 A γ1 ∆

Trouver O1 A < 0 est normal, car le microscope doit former une image d’un objet réel.
Il est également possible d’utiliser une relation de conjugaison, mais les calculs sont plus longs.

9 L’angle sous lequel un objet de taille finie placé à la distance minimale de vision distincte δm est vu a été
déterminé à la question 3, et vaut
AB
αmax =
δm
L’angle α sous lequel un objet est vu en sortie du microscope dépend de la focale de l’oculaire G2 et de la taille de
l’image intermédiaire par la relation
A0 B 0
α= .
f20
Comme par ailleurs A0 B0 = |γ1 | AB, on en déduit
|γ1 | AB
α=
f20
On aboutit enfin au grossissement G = α/αmax ,

|γ1 | δm
G= = 400
f20

Le grossissement G est donc le produit des deux indications portées sur l’objectif et l’oculaire.

Annales de concours
Exercice 9 : Hauteur d’un miroir [oral banque PT]
Le corrigé que je vous propose donne un raisonnement en termes de rayons lumineux qui se réfléchissent
sur le miroir. Un raisonnement en termes d’image par le miroir est possible également.

tête T I Tout au long de l’exercice, on note z les hauteurs orientées vers le haut et comptées à
œil O partir du sol.
1 Pour que l’homme puisse se voir en entier, il faut qu’un rayon issu du haut de
H
sa tête T puisse entrer dans son œil O et même pour son pied P . D’après les lois de
la réflexion, ces rayons doivent se réfléchir sur le miroir aux points I et J. Il est donc
J évident que ces points doivent appartenir au miroir, et donc que

zI ≤ h + H et zJ > h
h
pied P Les lois de la réflexion impliquent que les triangles OJP et T IO sont isocèles, et donc
zT + zO zP + zO
zI = et zJ =
d 2 2
Cette condition peut aussi se retrouver en raisonnant sur l’image de l’homme dans le miroir, qui est
son symétrique. Le théorème de Thalès donne alors le résultat.

Ainsi les conditions deviennent


zT + zO zP + zO
h+H ≥ = 175 cm et h< = 85 cm
2 2
Ainsi, le bas du miroir doit être à une hauteur inférieure à 85 cm du sol alors que le haut du miroir doit lui être à
une hauteur supérieure à 175 cm du sol pour que l’homme s’y voie entièrement. Si le bas du miroir est à la distance
maximale du sol, la hauteur minimale du miroir est de 90 cm.

2 Les conditions ne dépendent pas de la distance d au miroir : que l’homme se recule ou s’avance, il n’a pas
plus de chances de se voir en entier qu’en restant sur place.

10/13 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


Correction TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 10 : Projecteur de cinéma [oral CCP]


1 Allez voir le premier exemple du cours ! La figure de l’énoncé n’est pas à l’échelle, ce qui était signalé par le
candidat sur son compte-rendu 1 .

2 D’après la relation de conjugaison de Descartes,


1 1 1 1 1 1
− = 0 soit − = 0
OA 0 OA f D − d −d f
La distance D est imposée et on cherche la distance d. Le plus efficace est de transformer cette équation fractionnaire
en une équation polynomiale, en multipliant l’ensemble par (D − d) d f 0 . Cela donne
f 0 d + (D − d)f 0 = (D − d)d soit d2 − Dd + Df 0 = 0 .
Comme la distance d est (évidemment ...) réelle, le discriminant du polynôme doit être positif, c’est-à-dire

D2 − 4Df 0 > 0 soit D(D − 4f 0 ) > 0 d’où D − 4f 0 > 0


car D > 0.

3 En utilisant la relation de grandissement avec origine au centre optique,

OA0 D−d D
γ= = soit γ =1− .
OA −d d
Vous ne serez pas surpris de savoir qu’au cinéma l’image sur l’écran doit être la plus grande possible, il faut donc
choisir d le plus petit possible. Les deux solutions de l’équation polynomiale précédente sont
D(D − 4f 0 )
p
D
d= ± .
2 2
Il faut donc choisir la solution avec un signe , soit

D(D − 4f 0 )
p
D
d= − .
2 2
Dans tous les cas D > d donc γ < 0 : l’image est renversée, il faut placer la pellicule à l’envers par rapport
au sens de l’image voulu sur l’écran.

4 Avec les données, γ = −`/b. En inversant la relation de grandissement, on en déduit

D D
d= d’où d= = 19 cm .
1−γ 1 + `/b
La relation de conjugaison permet d’en déduire la distance focale,
d
f0 = (D − d) = 19 cm .
D

Comme la distance lentille-écran est beaucoup plus grande que la distance objet-lentille, tout se passe
comme si l’écran était quasiment à l’infini : il n’est donc pas surprenant de trouver f 0 = d, aux chiffres
non-significatifs près.

Exercice 11 : Lunette astronomique [oral CCP]


1 Le diamètre apparent sous quel est vu la planète est l’angle formé par deux faisceaux situés de part et d’autre
de la planète. Notons d le diamètre de la planète et D la distance séparant Mars de la Terre. Dans l’approximation
des petits angles, tan α ' α et ainsi
d
α= .
D
Numériquement, le diamètre apparent est compris entre 4,3 · 10−5 rad et 1,5 · 10−4 rad.

2.a Un instrument afocal forme à l’infini l’image d’un objet lui-même situé à l’infini. Former l’image à l’infini
est intéressant pour un instrument d’observation puisqu’il s’agit du lieu où l’œil n’a pas à accomoder et ne
fatigue donc pas. Pour que ce soit le cas, le plan focal image de l’objectif doit être confondu avec le plan
focal objet de l’oculaire.

1. Vous trouverez beaucoup de compte-rendus d’épreuves orales sur le serveur « banque d’exercices d’oraux scientifiques », géré par
l’association des professeurs en classe prépa scientifique : [Link] Vous pourrez vous-même y contribuer l’an prochain.

11/13 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


Correction TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

En revanche, cela n’est pas justifié pour un instrument dont le but serait de former l’image sur un
capteur CCD.

2.b La marche des rayons est représentée sur la figure ci-dessous, avec toutes les notations utiles pour la suite de
l’exercice.

A∞
α0

α O2
O1 α F α0

A0

Objectif Plan focal Oculaire

2.c L’angle orienté α0 n’est pas de même signe que l’angle orienté α, ce qui signifie que l’image finale est
renversée.

3.a En utilisant les notations de la figure et l’approximation des petits angles, de la trigonométrie dans les
triangles O1 F A0 et O2 F A0 donne

F A0 F A0
α ' tan α = et α0 ' tan α0 =
O1 F O2 F
En divisant ces égalités l’une par l’autre, il vient

α0 F A0 O1 F O1 F fobj
G= = × = d’où G=− = 40 .
α O2 F F A0 O2 F foc

On remarque que G < 0, ce qui est cohérent avec le fait que l’image soit renversée.

3.b On en déduit qu’en sortie de la lunette Mars est perçue sous un angle de 1,7 · 10−3 rad lorsque son diamètre
apparent est minimal.

4 La question est étrangement posée ! Il n’est pas possible de contrôler précisément la position du capteur d’un
appareil photo, mais seulement celle de la lentille d’entrée de l’objectif. Pour obtenir un maximum de lumière, il
faut placer cette lentille sur le cercle oculaire, qui se trouve au niveau de l’image du diaphragme de l’objectif par
l’oculaire. Il faut alors régler la mise au point de l’appareil à l’infini.

5 Là encore la question est étrange, puisque ni les lunettes ni les télescopes ne font partie en tant que tel du
programme, quelle que soit la filière. Pour la culture et au cas où, un télescope utilise non pas deux lentilles mais une
lentille et un miroir. Obtenir un miroir de très bonne qualité optique ne demande de fabriquer qu’un seul dioptre de
cette qualité, alors qu’une lentille en demande deux. Il est donc plus facile de fabriquer des miroirs de bonne qualité,
si bien que l’utilisation des télescopes est préférée à celle des lentilles.

Résolution de problème
Exercice 12 : Taille du tube d’un microscope
Reprenons figure 8 la construction géométrique de la marche des rayons dans le microscope, en y faisant figurer
explicitement le tube du microscope, qui relie les extrémités de l’objectif et de l’oculaire.
On y constate que le diamètre d du tube contraint la taille de l’image intermédiaire : on a nécessairement A0 B0 ≤
d/2 (il y a un facteur 1/2 car A0 est sur l’axe optique). Comme l’indication portée sur l’objectif est directement la
valeur absolue du grandissement transversal par l’objectif (cf. l’exercice SP4-11), on en déduit
A0 B 0 A0 B 0
AB = =
γ1 4
et donc
d
AB ≤ .
8

12/13 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


Correction TD O4 : Formation des images optiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018
0
B∞

(L1 ) (L2 )

B I 0
B∞

F10 F2
A F O1 A0 α A0∞
1 F20

B0

Figure 8 – Marche des rayons dans un microscope.

Sur la photo de l’énoncé, le champ visuel correspond à 4 mm, ce qui correspond à un objet de taille AB = 2 mm
car on a raisonné avec A sur l’axe optique, donc au centre de la photo. On en déduit que le diamètre du tube du
microscope vaut
d = 16 mm ,
ce qui est cohérent avec l’idée qu’on peut avoir des microscopes disponibles en TP de SVT.

13/13 Étienne Thibierge, 8 octobre 2017, [Link]


Électronique 1 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Fondements de l’électrocinétique
en régime quasi-stationnaire

Exercices
Exercice 1 : Conventions générateur et récepteur [♦♦]
Pour chacun des dipoles ci-dessous, préciser si le courant i le traversant et la tension u à ses bornes sont orientés
en convention générateur et récepteur, puis donner sa loi de comportement entre u et i, impliquant éventuellement
leurs dérivées.

1- C 3- C 5- 6- 7-
i i
R R R
u u
u u u
i i i
2- C 4- C
i i L L E

u u

Exercice 2 : Associations de résistances [♦♦]


Pour chacun des circuits ci-dessous, indiquer si les différents résistors sont montés en série, en parallèle, ou ni l’un
ni l’autre. Lorsqu’elle existe, calculer la résistance équivalente vue entre les points A et B.

R1 R2 R2 R2
A A A A

R3 R1 R3 R1 R2 R3 R1 R3 C

B B B B
R4 R4

Exercice 3 : Générateur équivalent [♦]


R I
Établir la relation entre U et I pour le dipôle ci-contre. En déduire qu’il est équivalent
U0 R U à un générateur de Thévenin de f.é.m. E et résistance interne r à déterminer.

Exercice 4 : Circuits simples [♦]


Déterminer toutes les intensités et tensions indiquées dans les circuits ci-dessous en fonction des forces électro-
motrices ou courant de court-circuit des générateurs et des résistances.

uR uR
1- i1 2- i1
R i2 i3 R i2 i3
u1 u1
u2 u3 u2 u3

E E

1/3 Étienne Thibierge, 30 octobre 2017, [Link]


TD E1 : Électrocinétique dans l’ARQS Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

u01
3- i1 4- i 1 R1
R1 i2 i3 i0 i2 i3
u1
u02 R2 R3 u03 R2 u3 R3
I0 u0

E u2 u3 u2

Exercice 5 : Circuits simples (bis) [♦]


Pour les deux circuits ci-dessous, exprimer la tension U et l’intensité I en fonction de η, E et R.

E η
1- R I 2-
I
η R R U U R R R

R R

Exercice 6 : Adaptation d’impédance [♦]


Considérons un circuit où un générateur de force électromotrice E et de résistance interne r débite dans une
résistance variable R.
1 - Exprimer la puissance PR reçue par la résistance R.
2 - Exprimer la puissance totale Ptot fournie par le générateur, incluant donc la puissance dissipée par r.
3 - Justifier qu’il existe une valeur R? de R pour laquelle la puissance PR est maximale. On dit dans ce cas que le
générateur et la résistance sont adaptés. Exprimer R? en fonction de r.
4 - Calculer alors le rendement défini par ρ = PR /Ptot . Commenter.

Exercice 7 : Influence de la résistance d’entrée d’un oscilloscope [♦]


En régime continu, l’étage électronique d’entrée d’un oscilloscope peut se modéliser par sa seule résistance d’en-
trée Re = 1 MΩ.
1 - On connecte un générateur de résistance interne r = 50 Ω sur l’entrée de l’oscilloscope. Quelle erreur relative
commet-on en confondant la f.é.m. E du générateur et la tension U mesurée par l’oscilloscope ? Conclure.
2 - Le capteur électrochimique d’un pH-mètre se modélise par un générateur non-idéal de résistance interne égale à
500 kW. Quelle erreur relative de mesure fait-on en reliant directement le pH-mètre à l’oscilloscope ?
3 - On place entre le pH-mètre et l’oscilloscope un adaptateur, qui a pour effet de présenter une résistance d’entrée
de 10 MW au pH-mètre. Que devient l’erreur relative précédente ?

Exercice 8 : Répétiteur vidéo [♦]


Dans le domaine de la transmission de signaux vidéos, la norme impose d’utiliser des résistances d’entrée et de
sortie égales à 75 W. Cela permet d’imposer que l’amplitude crête à crête des signaux garde sa valeur nominale de
1 V, nécessaire à une bonne transmission de l’information.
On considère dans cet exercice un répétiteur, c’est-à-dire un bloc fonctionnel reproduisant en parallèle sur plusieurs
sorties un signal identique à celui qu’il reçoit dans sa voie d’entrée. Le schéma équivalent à chacune des voies de
sortie se compose d’une source idéale de tension s et d’une résistance interne valant 75 W.
1 - Proposer un schéma équivalent à la voie de sortie d’un répétiteur connecté à un écran de résistance d’entrée 75 W.
2 - En déduire la valeur à donner à s afin que la tension à l’entrée de l’écran ait pour amplitude 1 V.
3 - Pour tester le bon fonctionnement d’une des voies du répétiteur, un réparateur débranche la sortie correspondante
et la connecte à un voltmètre. Quelle est la valeur de tension mesurée ? Comment procéder pour observer une tension
d’amplitude égale à celle de la tension d’entrée de l’écran ?

2/3 Étienne Thibierge, 30 octobre 2017, [Link]


TD E1 : Électrocinétique dans l’ARQS Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 9 : Point de fonctionnement d’une photodiode [♦]


0.1
0.0 Une photodiode est un récepteur de lumière qui se comporte lorsqu’il
I (mA)

−0.1 est éclairé comme une diode montée en parallèle d’une source de courant.
−0.2 Le courant fourni dépend de l’éclairement lumineux reçu par la photo-
−0.3 diode. La caractéristique courant–tension I = f (U ) de la photodiode tra-
−10 −8 −6 −4 −2 0 cée ci-contre est mesurée en convention récepteur en l’éclairant avec une
lampe halogène.
U (V)
La photodiode est ensuite montée en série avec une résistance R =
U
R 10 kΩ et un générateur de force électromotrice E = −4 V, dans un montage
dit à résistance de charge.
I Trouver le point de fonctionnement du montage, c’est-à-dire la valeur
de la tension U aux bornes de la photodiode et du courant I la traversant.

Exercice 10 : Équivalence triangle-étoile []


A i2 B A r3 i2 B
j3
i1 R i1 On considère les deux circuits ci-contre, ap-
pelés montage étoile (à gauche) et triangle (à
1
O
R2 j1 droite). Pour des valeurs bien choisies des ré-
sistances ces deux circuits peuvent être équi-
r2

r1

R3
j2 valents. On suppose connues les résistances ri
de la configuration triangle et on cherche les
i3 i3
résistances Rj de la configuration étoile.
C C
1 - Exprimer le plus simplement possible la tension UAB en fonction de certaines résistances et certains courants
pour les deux montages.
2 - Exprimer j3 en fonction de i1 et i2 .
3 - En déduire les expressions de R1 et R2 pour que les circuits soient équivalents.
4 - En déduire l’expression de R3 par analogie.

Résolution de problème
Pour aborder un exercice de type résolution de problème, il peut notamment être utile de faire un
schéma modèle, d’identifier et nommer les grandeurs pertinentes, d’utiliser l’analyse dimensionnelle,
de proposer des hypothèses simplificatrices, de décomposer le problème en des sous-problèmes simples,
etc. Le candidat peut également être amené à proposer des valeurs numériques raisonnables pour
les grandeurs manquantes ... et toutes les valeurs données ne sont pas forcément utiles. Le tout est
évidemment à adapter à la situation proposée !

Exercice 11 : Autonomie d’un éclairage pour vélo []


De plus en plus de lampes pour vélo fonctionnent à partir de LED (light emitting diode). Le très bon rendement de
ces sources lumineuses permet de produire un éclairement de 10 à 20 lux en ne consommant qu’environ 5 W. Une telle
lampe est alimentée par quatre piles rechargeables montées en série, chacune de fém 1,5 V et de capacité 800 mAh.
Une LED est une source lumineuse dont le fonctionnement repose sur des processus intrinsèquement quantiques.
On peut considérer en bonne approximation qu’un électron passant dans la LED donne naissance à exactement un
photon.
Donnée : constante de Planck h = 6,6 · 10−34 J · s.
1 - Déterminer l’autonomie d’une lampe de vélo à LED.
2 - Montrer qu’il est nécessaire d’utiliser plusieurs piles pour que la lampe fonctionne.

3/3 Étienne Thibierge, 30 octobre 2017, [Link]


TD E1 : Électrocinétique dans l’ARQS Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4/3 Étienne Thibierge, 30 octobre 2017, [Link]


Électronique 1 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Fondements de l’électrocinétique
en régime quasi-stationnaire

Exercices
Exercice 1 : Conventions générateur et récepteur
du
1 Convention récepteur, donc i = C .
dt
du
2 Convention générateur, donc i = −C .
dt
du
3 Convention générateur, donc i = −C .
dt
du
4 Convention récepteur, donc i = C .
dt

5 Convention récepteur pour la résistance comme pour la bobine, donc d’après la loi d’additivité des tensions
di
u = Ri+L .
dt

6 Convention générateur pour la résistance comme pour la bobine, donc d’après la loi d’additivité des tensions
di
u = −R i − L .
dt

7 La f.é.m. E est fléchée dans le même sens que u et la résistance est prise en convention générateur, donc d’après
la loi d’additivité des tensions u = E − Ri.

Exercice 2 : Associations de résistances


1 R2 et R3 sont montées en parallèles, l’association est équivalente à R23 définie par

1 1 1 R2 R3
= + soit R23 = .
R23 R2 R3 R2 + R3
R1 est alors montée en série avec R23 , ce qui est finalement équivalent à

R2 R3
Réq = R1 + R23 soit Réq = R1 +
R2 + R3

2 Les trois résistances R2 , R3 et R4 sont montées en série, l’association est équivalente à

R234 = R2 + R3 + R4 .

R1 est alors montée en parallèle avec R234 , ce qui donne une résistance Réq équivalente à l’ensemble valant

1 1 1 R1 + R234 R1 (R2 + R3 + R4 )
= + = soit Réq =
Réq R1 R234 R1 R234 R1 + R2 + R3 + R4

3 Les trois résistances sont montées en parallèles, donc l’association est équivalente à Réq telle que

1 1 1 1 R1 R2 R3
= + + soit Réq =
Réq R1 R2 R3 R1 (R2 + R3 ) + R2 (R1 + R3 ) + R3 (R1 + R2 )

1/7 Étienne Thibierge, 30 octobre 2017, [Link]


Correction TD E1 : Électrocinétique dans l’ARQS Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

et enfin
R1 R2 R3
Réq = .
2 (R1 R2 + R1 R3 + R2 R3 )

4 Pas grand chose à dire sur ce dernier circuit, puisque la présence du condensateur fait qu’aucune association de
résistance n’est caractéristique. La résistance équivalente à l’ensemble n’existe pas.
Attention en particulier à ne pas dire que R1 et R3 sont montées en parallèle : ce n’est pas vrai à cause
de la présence de R2 et R4 .

Exercice 3 : Générateur équivalent


Méthode : Comme toujours, on utilise en alternance les lois de Kirchoff et les lois de comportement.
On ne travaille que sur une seule équation dans laquelle on remplace au fur et à mesure les grandeurs
inconnues et inintéressantes par des grandeurs connues (ici U0 et R) ou intéressantes (ici I et U ).

U1
Loi des nœuds :
I
I1 = I + I2
I1 R I2
Loi d’Ohm :
U0 R U U1 U
=I+
R R

Loi des mailles : U0 = U + U1 soit U1 = U0 − U donc


U0 − U U
=I+
R R
On n’a maintenant que des grandeurs connues ou intéressantes, il ne reste qu’à transformer l’équation pour exprimer U
en fonction de I, ce qui donne

U0 U U U0 R
−I = + soit U0 − RI = 2U d’où U= − I.
R R R 2 2

L’association est ici orientée en convention générateur. Dans cette convention, un générateur de Thévenin a pour
loi de comportement U = E − rI. On en déduit que l’association est bien équivalente à un générateur de
Thévenin, dont les paramètres sont
U0 R
E= et r= .
2 2

Attention à ne pas oublier la convention pour comparer à une loi de comportement connue.

R I r I

U0 R U ⇐⇒ E U

Exercice 4 : Circuits simples


Méthode :
. Par ceux qui sont demandés, identifier les courants et tensions évidents : tension aux bornes d’un
fil et intensité dans une branche ouverte. En déduire ce qui est possible directement, la plupart du
temps la tension aux bornes d’une résistance parcourue par un courant nul et celle aux bornes des
dipôles court-circuités.
. Essayer d’identifier des ponts diviseurs pour déterminer d’autres tensions, c’est-à-dire des résistances
ou bien parcourues par le même courant ou bien soumises à la même tension.
. Remplacer par des résistances équivalentes pour simplifier le circuit.
. Appliquer les lois de Kirchoff, en écrivant en premier celle qui implique des grandeurs que vous

2/7 Étienne Thibierge, 30 octobre 2017, [Link]


Correction TD E1 : Électrocinétique dans l’ARQS Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

connaissez ([Link]. inutile d’écrire la loi des nœuds si vous ne connaissez aucune intensité).
. Ne pas hésiter si besoin à nommer d’autres courant et tension que ceux qui sont fléchés ... mais ne
pas tomber dans l’excès qui consisterait à donner un nom à tout au risque de ne plus s’y retrouver.

1 . Ce qui est évident : i1 = 0, i2 = 0 et u3 = 0 ;


. Ce qui s’en déduit directement : uR = 0 et u2 = u3 donc u2 = 0 ;
. Aucun pont diviseur ;
. Loi des nœuds : i1 = i2 + i3 donc i1 = 0 ;
. Loi des mailles : E = u1 + uR + u3 d’où u1 = E.
Les tensions aux bornes des interrupteurs sont cette fois définies sans ambiguïté mais ne sont pas toutes
les mêmes.

2 . Ce qui est évident : i2 = 0, u1 = 0 et u3 = 0 ;


. Ce qui s’en déduit directement : u2 = u3 donc u2 = 0 ;
. Aucun pont diviseur ;
. Loi des mailles : E = u1 + uR + u3 d’où uR = E ;
. Loi d’Ohm : i1 = E/R ;
. Loi des nœuds : i1 = i2 + i3 d’où i3 = E/R.
3 . Ce qui est évident : u1 = 0, u3 = 0, i2 = 0 ;
. Ce qui s’en déduit directement : u02 = Ri2 = 0 ;
. Loi des nœuds : i1 = i2 + i3 donc i1 = i3 ;
. Loi des mailles :
E = u1 + u01 + u03 + u3 soit E = u01 + u03
. Comme R1 et R3 sont parcourues par le même courant alors elles forment un pont diviseur soumis à la tension E,
donc
R1 R3
u01 = E et u03 = E
R1 + R3 R1 + R3
. Loi d’Ohm :
u0 E
i1 = i3 = 1 =
R1 R1 + R3
On pourrait bien sûr aboutir au même résultat avec i3 = u03 /R3
4 . Ce qui est évident : i0 = 0 et i2 = 0 ;
. Loi des nœuds : I0 = i0 + i1 donc i1 = I0 ;
. Loi des nœuds : i1 = i2 + i3 donc i3 = I0 ;
. Loi d’Ohm : u3 = R3 I0 ;
. Loi des mailles : u2 + R2 i2 = u3 d’où u2 = u3 = R3 I0
. Loi d’Ohm : u1 = R1 I0 ;
. Loi des mailles : u0 = u1 + u3 d’où u0 = (R1 + R3 )I0 .
Attention, le résultat donnant u0 n’est pas une application de la loi d’Ohm mais une conséquence du
fait que la tension aux bornes d’une source de courant dépend du circuit, ici uniquement composé de
résistances. Ce serait différent s’il y avait, par exemple, des condensateurs dans le circuit.

Exercice 5 : Circuits simples (bis)


1 U est la tension aux bornes des deux résistances montées en parallèle, équivalentes à Req telle que

1 1 1 2 R
= + = d’où Réq = .
Réq R R R 2

Cette résistance équivalente est parcourue par le courant η, d’où on déduit directement de la loi d’Ohm

R
U= η.
2

On en déduit enfin I à partir de la loi d’Ohm pour la seule résistance R,


R η
U = RI soit η = RI donc I= .
2 2

On aurait aussi pu reconnaître un pont diviseur de courant.

3/7 Étienne Thibierge, 30 octobre 2017, [Link]


Correction TD E1 : Électrocinétique dans l’ARQS Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

R I R

η η R
R R U ⇐⇒ U
2

R R

E η
2 Méthode : Comme toujours, on utilise en alternance les lois de Kir-
I choff et les lois de comportement. On ne travaille que sur une seule
équation dans laquelle on remplace au fur et à mesure les grandeurs
U R R U1 R inconnues et inintéressantes par des grandeurs connues ou intéres-
I1 santes. Ne pas hésiter à introduire de nouvelles notations ... mais
seulement si le besoin apparaît dans le calcul.
R
Loi des mailles :
U1 = E + U
Loi d’Ohm : comme les deux résistances sont en convention récepteur,

RI = E + RI1

Loi des nœuds : I1 + I + η = 0 donc I1 = −I − η, ainsi

RI = E − RI − Rη

On n’a plus que des grandeurs connues ou intéressantes, il ne reste qu’à transformer l’équation :

E η
2RI = E − Rη d’où I= − .
2R 2

On en déduit ensuite la tension U = RI1 = −RI − Rη d’après la loi des nœuds. En remplaçant I,
 
E Rη E Rη
U =− − − Rη soit U =− −
2 2 2 2

Exercice 6 : Adaptation d’impédance


ur
1 Commençons par calculer l’intensité qui parcourt le circuit. D’après la loi des mailles
r et la loi d’Ohm
E R uR
E
I E = ur + uR = rI + RI d’où I=
R+r
Ainsi,
RE 2
PR = RI 2 donc PR = .
(R + r)2

rE 2
2 De même, Pr = donc
(R + r)2

(R + r)E 2 E2
Ptot = PR + Pr = soit Ptot =
(R + r)2 R+r

3 Comme P(R) est toujours positive, vaut 0 si R = 0 et tend aussi vers 0 lorsque R est très grand, alors elle admet
un maximum pour R > 0. Sa recherche passe par le calcul de la dérivée,

dP 1 × (R + r)2 − (2R + 2r)R −R2 + r2


= = .
dR (R + r) 4 (R + r)4
La dérivée est nulle pour
R = R? = r

4/7 Étienne Thibierge, 30 octobre 2017, [Link]


Correction TD E1 : Électrocinétique dans l’ARQS Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4 Exprimons le rendement,
RE 2
PR (R + r)2 R
ρ= = =
Ptot E 2 R+r
R+r
Pour R = R? = r, le rendement ne vaut que 50 % : la puissance fournie à la résistance R est certes maximale,
mais beaucoup de puissance est perdue dans le générateur lui-même.

Exercice 7 : Influence de la résistance d’entrée d’un oscilloscope

1 Le schéma équivalent du montage est représenté ci-contre. Le générateur


oscilloscope
est décrit par son modèle de Thévenin, et l’étage d’entrée de l’oscilloscope sim-
Re plement par sa résistance d’entrée. L’oscilloscope ne mesure pas directement la
tension E, en raison d’une chute de tension due à la résistance interne du géné-
rateur.
U Les résistances r et Re sont montées en série, l’association des deux résistances
étant soumise à la tension E. Elles forment donc un pont diviseur de tension,
d’où
U Re
r = = 0,999 95 .
E r + Re
E
L’erreur relative commise en assimilant U à E est donc de l’ordre de
générateur 0,005 % : il donc parfaitement légitime de considérer que l’oscilloscope mesure
directement E.
2 La modélisation est la même qu’à la question précédente, avec cette fois r = 500 kΩ, d’où
U 2
=
E 3
L’erreur relative est donc supérieure à 30 %, ce qui est trop élevé pour être acceptable.

3 L’étage de mesure a désormais une résistance d’entrée Re = 10 MΩ, d’où


U
= 0,95
E
L’erreur relative est donc de l’ordre de 5 %, ce qui est mieux mais nécessite en général d’être pris en compte
dans l’analyse.

Exercice 8 : Répétiteur vidéo


1 La résistance de sortie du répétiteur et la résistance d’entrée de l’écran valent toutes deux rs = re = 75 Ω.

répétiteur écran

rs
s re e

2 Les résistances re et rs sont montées en série et forment un diviseur de tension, d’où


e re 1
= =
s rs + re 2
Par conséquent, s doit avoir une amplitude de 2 V pour que e ait une amplitude de 1 V.

3 L’étage d’entrée du voltmètre se modélise lui aussi par une résistance d’entrée Rvolt , mais cette fois Rvolt  rs :
la relation du diviseur de tension donne alors
e ' s = 2V.
Pour observer une tension d’amplitude égale à celle de la tension d’entrée de l’écran, il faut que l’appareil de contrôle
présente une résistance d’entrée égale à celle de l’écran. Comme Rvolt  re , placer une résistance re en parallèle
de Rvolt comme sur le schéma ci-dessous convient.

5/7 Étienne Thibierge, 30 octobre 2017, [Link]


Correction TD E1 : Électrocinétique dans l’ARQS Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

répétiteur appareil de contrôle

rs
s re Rvolt

Exercice 9 : Point de fonctionnement d’une photodiode


Le point de fonctionnement du montage est défini par le couple (U, I) permettant de satisfaire simultanément la
loi de comportement de la photodiode et les contraintes imposées par le reste du montage. La caractéristique de la
photodiode est donnée par l’énoncé, il reste donc à déterminer la relation entre U et I imposée par le montage.
Le circuit est à une seule maille, donc en tenant compte de l’orientation des tensions et d’après la loi d’Ohm,
E−U
U + RI − E = 0 soit I=
R

L’écriture de cette égalité peut paraître rapide. Vous pouvez insérer une étape supplémentaire en
nommant explicitement les tensions jusqu’à ce que vous soyez plus familiers de la démarche. Cependant,
nommer chaque tension devient vite très lourd dès lors que les circuits sont un peu plus compliqués,
et il faudra toujours chercher à remplacer le nom des tensions par les lois de comportement dès que
possible.

Cette relation entre U et I se traduit graphiquement par une droite. Pour la tracer facilement, il faut trouver
deux points particuliers, les plus simples à déterminer :
. la valeur de courant I pour laquelle la tension U est nulle (c’est-à-dire l’ordonnée à l’origine !) ici I0 = E/R =
−0,4 mA ;
. la valeur de tension U pour laquelle le courant I est nul, qui donne directement U = E = −4 V.
En se basant sur ces deux points, on peut alors superposer la droite à la caractéristique, figure 1, et déterminer
graphiquement le point d’intersection, c’est-à-dire le point de fonctionnement du montage, qui correspond à

U ' −1,3 V et I ' −0,27 mA .

0.1

0.0
I (mA)

−0.1

−0.2

−0.3

−10 −8 −6 −4 −2 0
U (V)
Figure 1 – Point de fonctionnement du montage à résistance de charge. La caractéristique de la photodiode, en
bleu, est superposée à la contrainte imposée par le reste du montage, en rouge.

Exercice 10 : Équivalence triangle-étoile


1 Commençons par le montage étoile. D’après la loi d’additivité des tensions,

UAB = UAO + UOB soit UAB = R1 i1 − R2 i2 .

Pour le montage triangle, on a cette fois


UAB = r3 j3 .

6/7 Étienne Thibierge, 30 octobre 2017, [Link]


Correction TD E1 : Électrocinétique dans l’ARQS Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

2 Pour pouvoir raisonner par identification, il faut exprimer j3 en fonction de i1 et i2 . D’après la loi des nœuds,

i1 + j2 = j3 et i 2 + j3 = j1 .

Or les courants jn sont également reliés entre eux par la loi des mailles et la loi d’Ohm,

r1 j1 + r2 j2 + r3 j3 = 0 .

En remplaçant j1 et j2 par leurs expressions issues de la loi des nœuds impliquant i1 , i2 et j3 , on trouve

r1 (i2 + j3 ) + r2 (j3 − i1 ) + r3 j3 = 0

Ainsi,
r2 r1
j3 = i1 − i2 .
r1 + r2 + r3 r1 + r2 + r3

3 Si les deux circuits sont équivalents, la tension UAB ne dépend (par définition !) pas du circuit, d’où
r2 r3 r1 r3
UAB = R1 i1 − R2 i2 = i1 − i2
r1 + r2 + r3 r1 + r2 + r3
Par identification, on en déduit
r2 r3 r1 r3
R1 = et R2 =
r1 + r2 + r3 r1 + r2 + r3

4 Compte tenu des symétries du circuit, on a par analogie

r1 r2
R3 = .
r1 + r2 + r3

Résolution de problème
Exercice 11 : Autonomie d’un éclairage pour vélo

1 Calculons l’intensité qui traverse la LED. On connaît la tension aux bornes de la LED U = 4 × 1,5 V = 6 V et
la puissance Pélec = 5 W qu’elle consomme. On en déduit
Pélec
I= = 0,8 A .
U
Une intensité étant un débit de charge, on en déduit le temps nécessaire pour que la charge totale Q = 4 × 800 mAh
contenue dans les quatre piles soit consommée,
Q
∆t = = 1,4 · 104 s ' 4 h .
I
Cette valeur semble raisonnable.

2 La puissance électrique consommée par la LED est nécessairement plus grande que la puissance lumineuse qu’elle
émet. Cette puissance lumineuse est reliée à l’énergie de chaque photon par Plum = hν Φ où hν est l’énergie du photon
émis (ν fréquence du rayonnement) et Φ la flux de photons, c’est-à-dire le nombre de photons émis chaque seconde.
On a donc
U I > hν Φ .
Par ailleurs, le flux de photons est relié à l’intensité du courant électrique car un électron produit un photon. Le débit
d’électrons au travers de la LED est égal à I/e (I est le débit de charge, et chaque électron porte une charge e), d’où
Φ = I/e. Finalement,
I hν
U I > hν soit U> .
e e
La fréquence du photon émis est relié à la longueur d’onde par ν = c/λ, avec λ ' 600 nm pour une émission dans
le domaine visible. Pour que la LED puisse émettre une lumière visible, il faut donc qu’elle soit alimentée par une
tension
hc
U> = 2V.
λe
Une seule pile n’est donc pas capable de faire fonctionner la LED.

7/7 Étienne Thibierge, 30 octobre 2017, [Link]


Électronique 3 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Oscillateur harmonique

Exercices
Exercice 1 : Force exercée par un ressort [♦♦]
Dans chacun des cas, exprimer la force exercée par le ressort sur le solide fixé en M en fonction de la raideur k
et de la longueur naturelle `0 du ressort, de la position x ou z du point M , de la position xH ou zH du point H où
le ressort est fixé à un bâti, et du vecteur unitaire #”
e x ou #”
e z . Les positions sont repérées à partir du point O. Dans le
dernier cas, exprimer les forces exercées par les deux ressorts sur chacun des points M1 et M2 , d’abscisses x1 et x2 .
Les deux ressorts sont supposés différents, de caractéristiques k, `0 et k 0 , `00 .

1- 2- 3-
O=H M M H H M
x x x
O O

4- 5-
z z
O=H
M 6-
M1 M2
O=H
x

M O=H

Exercice 2 : Une masse et deux ressorts [♦]


Considérons un point matériel M de masse m glissant horizontalement et sans frottement, repéré par son abscisse x
# ”
telle que OM = x #” e x . Ce solide est relié à deux ressorts placés sur un même axe, eux-mêmes fixés en O et O0 . Le
solide étudié se trouve entre O et O0 . La longueur OO0 est notée L. Les ressorts ont pour raideur respective k1 et k2 ,
et pour longueur à vide `01 et `02 .
1 - Faire un schéma légendé de la situation. Il va de soi qu’il sera aussi clair, complet et propre.
2 - Établir l’équation différentielle vérifiée par x(t), appelée équation du mouvement.
3 - Montrer que la position d’équilibre est donnée par

k1 `01 + k2 (L − `02 )
xéq =
k1 + k2

4 - En déduire la forme générale des solutions de l’équation du mouvement.


5 - Supposons qu’à l’instant t = 0, M est placé en x = x0 > xéq et lancé avec une vitesse initiale v0 vers la gauche.
Établir la loi horaire x(t) et représenter son allure.
6 - Supposons maintenant x0 = xéq et v0 = 0. Que vérifie-t-on ?

Exercice 3 : Oscillateur masse-ressort vertical [♦]


L’objectif de cet exercice est de comprendre en quoi l’oscillateur vertical montré en cours diffère de l’oscillateur
horizontal que nous avons modélisé. L’exercice propose de suivre la même démarche que celle du cours, en établissant
et résolvant l’équation différentielle régissant le mouvement, puis en contrôlant la conservation de l’énergie.
L’oscillateur de démonstration est modélisé par un ressort de longueur naturelle L0 et de raideur k. Ce ressort
est attaché à une ficelle en un point O supposé fixe et pend verticalement. Un cylindre de masse m est fixée à son

1/2 Étienne Thibierge, 13 novembre 2017, [Link]


TD E3 : Oscillateur harmonique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

autre extrémité. La position du cylindre est repérée par sa cote z, définie le long d’un axe (Oz) orienté vers le bas
et dont l’origine est fixée au point d’attache du ressort.
1 - Établir l’équation différentielle vérifiée par z(t) et l’écrire sous forme canonique. En déduire la période des
oscillations et comparer au cas horizontal.
2 - Déterminer la position d’équilibre zéq . Commenter physiquement le résultat.
3 - Le cylindre est lâché sans vitesse initiale à partir d’une position z0 obtenue en étirant le ressort par rapport à la
position d’équilibre. Déterminer la loi horaire z(t).
4 - L’énergie potentielle du cylindre peut s’écrire sous la forme
1
Ep (z) = k (z − L0 )2 − mgz
2
Que représentent chacun des termes ? Montrer que la solution générale obtenue traduit bien la conservation de
l’énergie mécanique du cylindre.

Exercice 4 : Étude énergétique d’un oscillateur harmonique électrique [♦]


Dans le circuit ci-contre, le générateur supposé idéal est brusquement éteint. On
η(t) i(t) le modélise par un échelon de courant, η(t) passant de I0 à 0 à l’instant t = 0. On
appelle Etot = EC + EL l’énergie électrique totale stockée dans le condensateur et la
C L u bobine.
dEtot di
1 - Exprimer la dérivée en fonction de i et .
dt dt
2 - Justifier qualitativement que Etot est constante. En déduire l’équation différentielle vérifiée par i. Retrouver cette
équation par application des lois de Kirchoff.
3 - Établir les conditions initiales sur i et sa dérivée.
4 - En déduire l’expression de i(t).

Exercice 5 : Mode de vibration d’une molécule de HCl []


La fréquence de vibration de la molécule de chlorure d’hydrogène HCl est mesurée par spectroscopie comme
valant f = 8,5 · 1013 Hz. On aborde dans cet exercice un premier modèle simple de la molécule, décrite comme un
atome d’hydrogène mobile relié à un atome de chlore fixe. L’interaction entre les deux atomes est modélisée par un
pseudo-ressort de raideur k.
Données : masses molaires MH = 1,0 g · mol−1 et MCl = 35,5 g · mol−1 , nombre d’Avogadro NA = 6,0 · 1023 mol−1 .
1 - Pourquoi est-il raisonnable de supposer l’atome de chlore fixe ?
2 - Calculer la raideur k.
3 - On admet que l’énergie de la molécule est égale à 21 hf où h = 6,62 · 10−34 J · s est la constante de Planck. Calculer
la vitesse maximale de l’atome d’hydrogène.
4 - Calculer l’amplitude de son mouvement.

Annale de concours
Exercice 6 : Deux ressorts à la verticale [oral banque PT, ]

O 1 - Si un ressort possède une raideur k, quelle est la raideur d’un demi-ressort ?


2 - On considère le système ci-contre où ki et `0i sont les raideurs et longueurs à vide des ressorts.
k1 , `01 Déterminer les allongements ∆`1 et ∆`2 à l’équilibre.
3 - Établir les équations différentielles vérifiées par les écarts z1 et z2 aux positions d’équilibre.
m1
4 - La masse m2 est maintenant supposée maintenue dans sa position d’équilibre. La masse m1 est
k2 , `02 alors déplacée de Zd de sa position d’équilibre et lâchée sans vitesse initiale. Trouver l’équation z1 (t)
régissant le mouvement de m1 .
m2
5 - Quel est le rapport entre les deux premières questions de l’exercice ?

2/2 Étienne Thibierge, 13 novembre 2017, [Link]


Électronique 3 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Oscillateur harmonique

Exercices
Exercice 1 : Force exercée par un ressort
#”
Dans tous les cas il faut repartir de la définition, f = −k(` − `0 ) #”
u sortant en exprimant séparément ` et #”
u sortant en
fonction des paramètres géométriques du problème. Attention aux signes, ` est une longueur donc toujours positive.
#”
1 f = −k(x − `0 ) #”
ex
#”
2 f = −k(xH − x − `0 )(− #”
e x ) = k(xH − x − `0 ) #”
ex
#”
3 f = −k(x − xH − `0 ) #”
ex
#”
4 f = −k(−z − `0 )(− #”
e z ) = −k(z + `0 ) #”
ez
#”
5 f = −k(z − `0 ) #”
ez
#”
6 . Force exercée par le premier ressort sur M1 : f = −k(x1 − `0 ) #”ex ;
#”
. Force exercée par le deuxième ressort sur M1 : f = −k 0 (x2 − x1 − `00 )(− #”
e x ) = k 0 (x2 − x1 − `00 ) #”
ex ;
. Force exercée par le premier ressort sur M2 : aucune ! car le premier ressort n’est pas attaché au solide en M2 ...
mais cela ne veut évidemment pas dire qu’il n’a pas d’influence sur le mouvement de M2 ;
#”
. Force exercée par le deuxième ressort sur M2 : f = −k(x2 − x1 − `0 ) #” ex.

Exercice 2 : Une masse et deux ressorts


1 Voir figure 1.

k1 , `01 k2 , `02
O M O0
x
x
L

Figure 1 – Schéma de la situation. Rien n’est précisé sur la situation des ressorts (comprimés, étendus, à l’équilibre) :
il n’est donc pas possible de représenter les forces.

2 . Système : le solide de masse m, repéré par la position du point M ;


. Référentiel : terrestre, que l’on considère en bonne approximation galiléen ;
. Bilan des actions mécaniques exercées sur le système :
→ son poids, vertical, est supposé exactement compensé par la réaction du support sur lequel il se trouve ;
#”
→ force exercée par le ressort 1 : f 1 = −k1 (`1 − `01 ) #”
u sortant,1 = −k1 (x − `01 ) #”
ex ;
#”
→ force exercée par le ressort 2 : f 2 = −k2 (`2 − `02 ) u sortant,2 = −k2 (L − x − `02 )(− #”
#” e x ) = k2 (L − x − `02 ) #”
ex ;
→ les frottements sont négligés.
. Loi de la quantité de mouvement :

d #”
p #” #” #” dx #”
= f1+ f2 avec p = m #”
v =m ex
dt dt
ce qui donne en projetant sur l’axe x

d2 x
m = −k1 (x − `01 ) + k2 (L − x − `02 ) .
dt2

1/7 Étienne Thibierge, 13 novembre 2017, [Link]


Correction TD E3 : Oscillateur harmonique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Écrivons cette équation sous forme canonique,


d2 x d2 x k1 + k2 k1 `01 + k2 (L − `02 )
m + k1 x + k2 x = k1 `01 + k2 (L − `02 ) soit + x=
dt2 dt 2 m m
On reconnaît une équation différentielle d’oscillateur harmonique dont on peut identifier la pulsation propre et qu’on
écrit finalement
r
d2 x 2 k1 `01 + k2 (L − `02 ) k1 + k2
2
+ ω0 x = avec ω0 = .
dt m m

3 La position d’équilibre du solide est donnée par une solution particulière constante de l’équation différentielle.
Pour x = xéq = cte, elle s’écrit
k1 `01 + k2 (L − `02 ) k1 `01 + k2 (L − `02 )
0 + ω02 xéq = donc xéq =
m mω02
et en remplaçant mω02 = k1 + k2 ,
k1 `01 + k2 (L − `02 )
xéq = .
k1 + k2

4 Les solutions de l’équation du mouvement s’écrivent toutes sous la forme d’une somme d’une solution particulière,
en l’occurence x = xéq , et d’une solution de l’équation homogène, d’où

x(t) = xéq + A cos(ω0 t) + B sin(ω0 t) .

5 D’après la première condition initiale,


x(0) |{z}
= xéq + A |{z}
= x0 d’où A = x0 − xéq .
sol CI

Pour utiliser la seconde condition initiale, il faut connaître la vitesse, soit


dx
vx (t) = = −ω0 A sin(ω0 t) + ω0 B cos(ω0 t) .
dt
Ainsi, comme le solide est lancé vers la gauche vx (0) = −v0 , donc
v0
vx (0) |{z} = −v0
= ω0 B |{z} d’où B= .
ω0
sol CI

Finalement,
v0
x(t) = xéq + (x0 − xéq ) cos(ω0 t) + sin(ω0 t) .
ω0

6 Voir figure 2. Points importants du tracé : oscillations symétriques par rapport à la position d’équilibre xéq , qui
restent bornées entre 0 et L. Les conditions initiales doivent apparaître clairement : x(0) > xéq et la pente initiale
doit être négative car le solide est lancé vers la gauche.

x(t)

xéq

Figure 2 – Allure de x(t).

7 Avec ces nouvelles conditions initiales, la résolution reste formellement la même mais donne
A=B=0 soit ∀t, x(t) = xéq
On vérifie ainsi que xéq est bien une position d’équilibre du système.

2/7 Étienne Thibierge, 13 novembre 2017, [Link]


Correction TD E3 : Oscillateur harmonique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 3 : Oscillateur masse-ressort vertical


O
0
1 . Système : le cylindre de masse m ;
. Référentiel : celui de la classe, identique au référentiel terrestre, considéré galiléen ;
. Bilan des actions mécaniques :
#”
→ Poids : P = m #” g = mg #”ez ;
z(t) M → Force de rappel du ressort :
#”
F r = −k(L − L0 ) #”
u sortant = −k(z − L0 ) #”
ez
z
. Loi de la quantité de mouvement :
d #”
p #” #”
= P + Fr
dt
d #”
p dvz #” d2 z
avec #”
p = mvz #”
e z donc =m e z = m 2 #”e z . Ainsi, en remplaçant les expressions des forces,
dt dt dt
d2 z #”
m e z = mg #”
e z − k(z − L0 ) #”
ez .
dt2
Il reste alors à projeter l’équation différentielle,
d2 z
m = mg − k(z − L0 ) ,
dt2
et à l’écrire sous forme canonique,
r
d2 z kL0 k
2
+ ω02 z = g + avec ω0 = .
dt m m

La pulsation propre a la même expression dans le cas vertical que dans le cas horizontal, la période des oscillations
est donc la même dans les deux cas.

2 Les positions d’équilibre sont les solutions particulières constantes de l’équation du mouvement. Ici, zéq est tel
que
kL0 g kL0 mg
0 + ω02 zéq = g + soit zéq = 2 + d’où zéq = + L0 .
m ω0 mω02 k
On remarque que zéq > L0 , ce qui est raisonnable car à l’équilibre le ressort doit compenser le poids du cylindre. En
outre, on note que zéq est d’autant plus grand (donc la position d’équilibre d’autant plus basse) que m est élevée et
d’autant moins que le ressort est raide, ce qui est là aussi raisonnable.
On peut noter que la position d’équilibre est exactement donnée par la longueur du ressort pour laquelle
le poids et la force de rappel se compensent,
#” #” #” mg
P + Fr = 0 soit mg − k(zéq − L0 ) = 0 donc zéq = + L0 .
k

3 Comme z = zéq est solution particulière, les solutions de l’équation différentielle s’écrivent toutes sous la forme

z(t) = zéq + A cos(ω0 t) + B sin(ω0 t) .

Les constantes A et B se trouvent à partir des conditions initiales,

z(0) |{z}
= z0 |{z}
= zéq + A + 0 d’où A = z0 − zéq .
CI sol

Pour exploiter la deuxième condition initiale, il faut obtenir la vitesse par dérivation,
dz
vz = = −ω0 A sin(ω0 t) + ω0 B cos(ω0 t)
dt
et ainsi
vz (0) |{z} = 0+B
= 0 |{z} d’où B = 0.
CI sol

Finalement,
z(t) = zéq + (z0 − zéq ) cos(ω0 t) .

3/7 Étienne Thibierge, 13 novembre 2017, [Link]


Correction TD E3 : Oscillateur harmonique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4 Le premier terme en 12 k (z − L0 )2 est l’énergie potentielle élastique que le ressort est à même de fournir au
solide. Le second terme en −mgz est l’énergie potentielle de pesanteur du solide.
Commençons par calculer l’énergie potentielle élastique,
1 2
Epe = k [zéq + (z0 − zéq ) cos(ω0 t) − L0 ]
2
1 h mg i2
= k + (z0 − zéq ) cos(ω0 t)
2  k 
1  mg 2 mg
= k +2 (z0 − zéq ) cos(ω0 t) + (z0 − zéq )2 cos2 (ω0 t)
2 k k
2 2
m g 1
= + mg(z0 − zéq ) cos(ω0 t) + k(z0 − zéq )2 cos2 (ω0 t) .
2k 2
L’énergie potentielle de pesanteur s’écrit

Epp = −mgzéq − mg(z0 − zéq ) cos(ω0 t) .

Enfin, l’expression de la vitesse calculé précédemment permet d’obtenir


1
Ec = mω02 (z0 − zéq )2 sin2 (ω0 t) .
2
Finalement, en simplifiant déjà le terme en cos(ω0 t),
m2 g 2 1 1
Em = + k(z0 − zéq )2 cos2 (ω0 t) − mgzéq + mω02 (z0 − zéq )2 sin2 (ω0 t)
2k 2 2
p
Comme ω0 = k/m alors mω02 = k, ce qui permet de factoriser et d’utiliser cos2 (ω0 t) + sin2 (ω0 t) = 1. Ainsi,

m2 g 2 1
Em = + k(z0 − zéq )2 − mgzéq
2k 2
On montre bien ici que l’énergie mécanique est constante, et on note que la constante dépend des conditions initiales
par l’intermédiaire de z0 . Pour simplifier l’expression, on peut remplacer zéq par son expression et développer ... mais
c’est lourd, lourd, très lourd. Il est plus astucieux de remarquer que l’énergie mécanique garde constamment sa valeur
intiale. Comme à l’instant initial vz = 0, alors

1
Em = k(z0 − L0 )2 − mgz0 .
2
Nous reverrons tous ces points de façon plus systématique dans le cours de mécanique.

Exercice 4 : Étude énergétique d’un oscillateur harmonique électrique


1 Exprimons l’énergie totale,
1 2 1 2
Etot = Cu + Li .
2 2
Ainsi, en dérivant,
dEtot 1 du 1 di
= C × 2u + L × 2i .
dt 2 dt 2 dt
Comme seule l’intensité doit apparaître dans le résultat, on remplace u avec la loi de comportement de la bobine,
soit
 
dEtot 1 di d di 1 di
= C × 2L L + L × 2i
dt 2 dt dt dt 2 dt
2
di d i di
= L2 C + Li
dt dt2 dt
2
 
dEtot di d i
=L LC 2 + i
dt dt dt

2 Le circuit ne compte qu’une bobine et un condensateur, qui stockent de l’énergie mais n’en dissipent pas, et il
n’y a en particulier aucune résistance. L’énergie électrique dans le circuit est donc constante. On en déduit qu’à tout
instant,
d2 i
 
dEtot di
=0 soit L LC 2 + i = 0 .
dt dt dt

4/7 Étienne Thibierge, 13 novembre 2017, [Link]


Correction TD E3 : Oscillateur harmonique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Le terme en facteur L di/dt est la tension aux bornes de la bobine, qui n’est pas constamment nulle. C’est donc le
terme dans la parenthèse qui est nul, soit
d2 i d2 i
LC +i=0 soit + ω02 i = 0 ,
dt2 dt2

en posant ω0 = 1/ LC la pulsation propre du circuit.
η(t) i(t)
3 Retrouvons cette équation par les lois de Kirchoff. D’après la loi des nœuds,

C L u du
iC iC + i = 0 +i=0
donc C
dt
Comme la bobine et le condensateur sont montés en parallèle, ils sont soumis à la même tension u, et donc d’après
la loi de comportement de la bobine,
d2 i
LC 2 + i = 0 .
dt

4 À l’instant t = 0− , le circuit est encore en régime permanent avec η = I0 . La bobine est donc équivalente à un
fil et le condensateur à un interrupteur ouvert. On en déduit que
i(0− ) = I0 et u(0− ) = 0 .
Comme i doit être continu (bobine), alors
i(0+ ) = i(0− ) = I0 .
Par ailleurs, comme le condensateur est monté en parallèle de la bobine alors u est aussi la tension aux bornes du
condensateur et doit donc aussi être continue, donc
u(0+ ) = u(0− ) = 0 .
D’après la loi de comportement de la bobine,
di + di +
L (0 ) = u(0+ ) = 0 soit (0 ) = 0 .
dt dt

5 Forme générale des solutions : l’équation est homogène, il n’y a donc pas de solution particulière à prendre en
compte (une autre façon de le dire est que la solution particulière est nulle). On en déduit que les solutions s’écrivent
toutes sous la forme
i(t) = A cos(ω0 t) + B sin(ω0 t) .
Détermination des constantes A et B : d’une part,
i(0− ) = i(0+ ) |{z}
= A |{z}
= I0 d’où A = I0 ,
sol CI
et d’autre part, comme
di
= −ω0 A sin(ω0 t) + ω0 B cos(ω0 t)
dt
alors
di +
= ω0 B |{z}
(0 ) |{z} = 0 d’où B = 0.
dt
sol CI

Conclusion :
i(t) = I0 cos(ω0 t) .

Exercice 5 : Mode de vibration d’une molécule de HCl


1 Au vu des masses molaires, l’atome de chlore est beaucoup plus lourd que l’atome d’hydrogène, et donc beaucoup
plus difficile à mettre en mouvement. Il est donc raisonnable de supposer que seul l’atome d’hydrogène est en
mouvement.

2 Le système est équivalent à un mobile (l’atome H) relié à un support fixe (l’atome Cl) par un ressort, c’est-à-dire
un oscillateur harmonique. Sa fréquence propre f est alors reliée à la masse mH = MH /NA de l’atome H et à la
raideur k du ressort par
r r
1 k 1 k NA 4π 2 f 2 MH
f= = d’où k= = 4,7 · 102 N · m−1
2π mH 2π MH NA

5/7 Étienne Thibierge, 13 novembre 2017, [Link]


Correction TD E3 : Oscillateur harmonique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Attention pour calculer la valeur numérique à bien convertir la masse molaire en kg · mol−1 !

3 La vitesse de l’atome d’hydrogène est maximale lorsque celui-ci passe par sa position moyenne, correspondant
à la longueur naturelle du pseudo-ressort car aucune autre force n’est envisagée. À ces points particuliers, l’énergie
2
mécanique de l’atome d’hydrogène est sous forme seulement d’énergie cinétique, Em = Ec = mH vmax /2. Ainsi,
r
1 1 h f NA
2
h f = mH vmax d’où vmax = = 5,8 · 103 m · s−1
2 2 MH

4 La position de l’atome est égale à l’amplitude Xmax de son mouvement aux points de rebroussement. À ces
points particuliers, l’énergie mécanique Em de l’atome d’hydrogène est sous forme seulement d’énergie potentielle,
2
Em = Ep = kXmax /2. Ainsi,
1 1 2 1 4π 2 f 2 MH 2
h f = k Xmax = Xmax
2 2 2 NA
d’où
s
h NA
Xmax = = 1,1 · 10−11 m = 11 pm .
4π 2 f MH

Pour comparaison, la longueur de la liaison H−Cl est tabulée à 127 pm. Ce modèle (simpliste !) indique
qu’elle varie de près de 10 % sous l’effet de la vibration.
Pour aller plus vite dans le calcul, on aurait aussi pu utiliser le fait qu’amplitude du mouvement et
vitesse maximale sont reliées par vmax = ω0 Xmax

Annale de concours
Exercice 6 : Deux ressorts à la verticale [oral banque PT]
O 1 Question bien compliquée pour commencer ! Considérons un ressort complet fixé à
une de ses extrémités et une masse m très faible fixée au milieu. Un opérateur tire sur le
`0 ∆` ressort en lui donnant un allongement ∆`. La force exercée par le ressort sur l’opérateur
+
2 2 vaut
#”
F = +k∆` #” uz
`0 ∆`
+ Comme la force exercée par le ressort est opposée aux deux extrémités 1 , on en déduit
2 2
que la force exercée par le demi-ressort sur la petite masse vaut
z opérateur #”
F = −k∆` #”uz
Cependant, l’allongement du demi-ressort n’est que ∆`/2, la forme appropriée pour écrire la force est donc

#” ∆` #”
F = −2k uz
2
ce qui permet d’identifier la raideur du demi-ressort au double de la raideur du ressort complet.

2 On raisonne sur l’axe z orienté vers le bas. Raisonnons à l’équilibre : les forces exercées sur chacune des masses
se compensent.
. La masse m1 est soumise à
#”
→ son poids P 1 = +m1 g #” uz ;
#”
→ la force de rappel du ressort 1 : Fr1 = −k1 ∆`1,éq #”
uz ;
#”
→ le force de rappel du ressort 2 : Fr,2→1 = −k2 ∆`2,éq (− #”
uz ) = k2 ∆`2,éq #”
uz .
Ainsi, en projection sur l’axe z,
m1 g − k1 ∆`1,éq + k2 ∆`2,éq = 0
. La masse m2 est soumise à
#”
→ son poids P 2 = +m2 g #”
uz ;
→ AUCUNE force de la part du ressort 1 puisqu’il n’est pas attaché à m2 ;
#”
→ la force de rappel du ressort 2 Fr,2→2 = −k2 ∆`2,éq #”
uz .
1. Démontrable en appliquant successivement le principe des actions réciproques, le PFD au ressort, et à nouveau le principe des
actions réciproques.

6/7 Étienne Thibierge, 13 novembre 2017, [Link]


Correction TD E3 : Oscillateur harmonique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Ainsi, en projection sur l’axe z,


m2 g − k2 ∆`2,éq = 0 .
. On en conclut
m2 g
∆`2,éq =
k2
puis
(m1 + m2 )g
k1 ∆`1,éq = m1 g + k2 ∆`2,éq = (m1 + m2 )g d’où ∆`1,éq = .
k1

3 Comme l’axe z est orienté vers le bas et que les positions sont comptées par rapport à la position d’équilibre,
alors
∆`1 = ∆`1,éq + z1 et ∆`2 = ∆`2,éq − z1 + z2 .

Ces expressions se trouvent à partir du schéma ! Augmenter z1 à z2 fixé augmente l’allongement du


ressort 1 et diminue celui du ressort 2. Augmenter z2 à z1 fixé n’a pas d’effet sur le ressort 1 et augmente
l’allongement du ressort 2.
d2 z1 d2 z2
De plus, les accélérations des masses m1 et m2 s’écrivent directement et car tous les autres termes
dt2 dt2
de leur position sont des constantes. Ainsi, le même bilan de forces que précédemment et le PFD conduisent aux
équations différentielles
d2 z1 d2 z2
m1 = m1 g − k1 ∆`1 + k2 ∆`2 et m2 = m2 g − k2 ∆`2 .
dt2 dt2
En remplaçant les allongements par leurs expressions,
d2 z1 d2 z2
m1 2
= m1 g − (m1 + m2 )g − k1 z1 + m2 g − k2 z1 + k2 z2 et m2 2 = m2 g − m2 g + k2 z1 − k2 z2
dt dt
et enfin en simplifant
d2 z1 k1 + k2 k2 d2 z2 k2 k2
+ z 1 = z2 et + z2 = z1 .
dt2 m1 m1 dt2 m2 m2

Il est logique que tous les termes issus du poids se compensent : comme le poids est une force constante,
il a un impact sur les positions d’équilibre mais pas sur les oscillations autour de ces positions.

4 La masse m2 est maintenue dans sa position d’équilibre, donc z2 = 0. L’équation du mouvement de m1 devient
alors
d2 z1 k1 + k2
2
+ z1 = 0 .
dt m1
r
k1 + k2
Il s’agit de l’équation d’un oscillateur harmonique de pulsation ω0 = . Même si la question n’est pas claire,
m1
je présume quand même qu’une résolution est attendue.
. Forme générale des solutions : l’équation est homogène, donc la solution particulière est nulle, et
z1 (t) = A cos(ω0 t) + B sin(ω0 t) avec A et B deux constantes.
. Conditions initiales : on a directement z1 (0) = Zd et ż1 (0) = 0.
. Détermination des constantes : sur la position,
z1 (0) |{z}
= A |{z}
= Zd
sol CI

et sur la vitesse
ż1 (t) = −Aω0 sin(ω0 t) + Bω0 cos(ω0 t)
donc
ż1 (0) |{z}
= Bω0 |{z}
= 0 d’où B = 0.
sol CI
. Conclusion :
z1 (t) = Zd cos(ω0 t) .

5 Bonne question ! Sauf erreur de ma part, la question 1 n’a aucune utilité pour résoudre la question 2. La méthode
de démonstration se ressemble ?

7/7 Étienne Thibierge, 13 novembre 2017, [Link]


Électronique 4 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Régimes transitoires du deuxième ordre

Exercices
Exercice 1 : Analyse de portraits de phase [♦♦]
Les deux portraits de phase ci-dessous concernent un micro-oscillateur mécanique plongé dans deux fluides diffé-
rents. Ils sont donnés à la même échelle. Cet oscillateur est formé d’une bille de polystyrène attachée à un support
par une membrane élastique.
Orienter les portraits de phase, indiquer le type de régime qu’ils décrivent et construire qualitativement sur un
seul dessin le chronogramme x(t) associé à chaque portrait de phase.

20 20
15 15
v, en mm · s−1

v, en mm · s−1
10 10
5 5
0 0
−5 −5
−10 −10
−15 −15
−20 −20
−3 −2 −1 0 1 2 3 4 5 6 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5 6
x, en mm x, en mm

Exercice 2 : RLC parallèle soumis à un échelon de courant [♦]


iR iL iC On considère le circuit ci-contre. À l’instant t = 0, le générateur de courant
i(t) R L C u impose que i(t) passe de 0 à η = 10 mA. Les composants sont choisis tels
que R = 50 Ω, C = 400 nF et L = 10 mH.

1 - Établir l’équation différentielle satisfaite par u(t) dans ce circuit à t > 0.


2 - Mettre cette équation sous forme canonique et donner l’expression de la pulsation propre ω0 et du facteur de
qualité Q en fonction de R, L et C.
3 - Quel est le type d’évolution de u ?
4 - Justifier qu’à l’instant t = 0, iL = 0 et u = 0.
5 - En déduire l’expression de u(t) pour t > 0.
6 - Représenter l’allure de u(t) pour t > 0.

Exercice 3 : Viscosimètre oscillant [♦]


Une bille de rayon r et de masse m est suspendue à un ressort de raideur k et de longueur naturelle `0 . Déplacée
#”
dans un liquide de coefficient de viscosité η, la bille est soumise à une force de frottement f donnée par la formule
#” #” #”
de Stokes f = −6π η r v , où v est la vitesse de la sphère dans le liquide. On néglige la poussée d’Archimède.
1 - Établir l’équation du mouvement de la sphère plongée dans le liquide et en déduire l’expression de la pseudo-
période T des oscillations.
2 - Dans l’air, où les frottements fluides sont négligeables, la période des oscillations est T0 . Déterminer le coefficient
de viscosité η du liquide en fonction de m, r, T et T0 .

1/2 Étienne Thibierge, 24 novembre 2017, [Link]


TD E4 : Régimes transitoires du deuxième ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 4 : Analyse de relevé expérimental []

6
4 La courbe ci-contre représente le courant mesuré dans un
circuit formé d’une bobine et d’un condensateur montés en série
i, en mA

2
avec un générateur imposant un échelon de tension. On admet
0 que la bobine est très bien décrite par une bobine idéale, mais
−2 pas le générateur.
−4 Analyser la courbe pour déterminer la hauteur E de l’éche-
−6 lon de tension, l’inductance L et la capacité C.
−0.5 0.0 0.5 1.0 1.5
t, en ms

Annales de concours
Exercice 5 : RLC série en régime libre [oral CCP, ♦]
On étudie le circuit ci-contre où le condensateur est initialement chargé : uC (t = 0) = U0 .
R 1 - Déterminer les valeurs de i, de uC et de uL à la fermeture du circuit en t = 0+ , puis en
régime permanent pour t → ∞.
C uC 2 - Parmi ces grandeurs, laquelle correspond à y représentée ci-contre ? Comment doit-on
procéder pour la mesurer ? Indiquer sur le schéma les branchements de l’oscilloscope.

L 3 - Déterminer l’équation différentielle vérifiée par le courant i en fonction de ω0 = 1/ LC
et m = R/2Lω0 .
y
4 √- On suppose m < 1. Déterminer la solution en fonction de Ω =
y1 ω0 1 − m2 . Que représente Ω ? Comment peut-on l’évaluer à partir de
y2
la courbe ?
t 5 - En utilisant des approximations adéquates, trouver une relation simple
t1 t2
entre le rapport y1 /y2 et m.
6 - Proposer un montage pour compenser l’amortissement.

Exercice 6 : Encore un RLC ! [oral CCP, ♦]

R C Considérons le circuit représenté ci-contre, où le condensateur est initialement


déchargé. Le générateur fournit un échelon de tension, en passant de 0 à E à t = 0.
E
1 - Établir l’équation différentielle vérifiée par le courant i.
L 2 - L’écrire sous forme canonique en introduisant deux grandeurs ω0 et Q que l’on
interprétera.
i
3 - Expliquer qualitativement l’expression du facteur de qualité.
4 - Donner la valeur du courant i et de sa dérivée à l’instant initial.
5 - En supposant Q = 2, donner l’expression de i(t) et tracer son allure.

2/2 Étienne Thibierge, 24 novembre 2017, [Link]


Électronique 4 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Régimes transitoires du deuxième ordre

Exercices
Exercice 1 : Analyse de portraits de phase
Orienter les portraits de phase est simple : il suffit de repérer le signe de la dérivée. On en déduit que le premier
portrait de phase est orienté de la gauche vers la droite, le deuxième est orienté dans le sens horaire.
Le premier portrait de phase décrit un régime apériodique, le deuxième un régime pseudo-périodique.
Reconstruire les chronogrammes demande une analyse plus poussée.
. À partir de la lecture des portraits de phase, on voit que la vitesse de l’oscillateur au début de l’évolution est plus
grande dans le cas pseudo-périodique : on peut en déduire qualitativement que le système passe par la valeur x = 0
plus tôt dans le cas pseudo-périodique que dans le cas apériodique.
. Par ailleurs, la position du système passe quatre fois par sa position d’équilibre avant de s’y arrêter, ce qui renseigne
sur le nombre d’oscillations.
. Enfin, analyser les valeurs portées sur les axes du portrait apériodique indique que l’évolution se fait en quelques
secondes (le système parcourt 5 mm à une vitesse de l’ordre de quelques mm · s−1 ).
. Il est moins évident d’estimer la durée du transitoire dans le cas pseudo-périodique, néanmoins compte tenu de la
remarque sur les vitesses et le nombre d’oscillations, on peut penser qu’elle n’est pas très différente.
La simulation numérique ayant conduit aux portraits de phase de l’énoncé permet d’obtenir le chronogramme exact,
figure 1.

6
5
4
x, en mm

3
2
1
0
−1
−2
−3
−2 0 2 4 6 8 10 12
t, en s
Figure 1 – Chronogrammes associés aux portraits de phase analysés. En bleu, régime apériodique. En rouge,
régime pseudo-périodique. Version couleur sur le site de physique de la classe.

Exercice 2 : RLC parallèle soumis à un échelon de courant


1 Comme toutes les branches du circuit ne comptent qu’un dipôle, la loi des mailles n’apporte rien dans un premier
temps. Commençons par la loi des nœuds, écrite à t > 0 où i(t) = η,

η = iR + iL + iC

Puis d’après les lois de comportement,


u du
η= + iL + C
R dt
Pour pouvoir insérer la loi de comportement de la bobine, il est nécessaire de dériver la relation issue de la loi des
nœuds, d’où
1 du diL d2 u 1 du 1 d2 u
0= + +C 2 d’où 0= + u+C 2
R dt dt dt R dt L dt

1/9 Étienne Thibierge, 24 novembre 2017, [Link]


Correction TD E4 : Régimes transitoires du deuxième ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

La technique qui consiste à dériver l’équation issue d’une loi de Kirchoff est très fréquente, il est
important que vous y pensiez.

2 Écrivons cette équation sous forme canonique,

d2 u 1 du 1 d2 u ω0 du
2
+ + u=0 à identifier à + + ω02 u = 0 .
dt RC dt LC dt2 Q dt

Ainsi, la pulsation propre est définie par


1
ω0 = √
LC
et le facteur de qualité est tel que
r
ω0 1 C
= soit Q = R C ω0 d’où Q=R .
Q RC L

L’identification commence toujours par la pulsation propre.


Remarquons que le facteur de qualité de ce circuit est l’inverse de celui du RLC série, ce qui peut
se comprendre qualitativment. D’une part, le facteur de qualité est sans dimension ce qui ne laisse
dimensionnellement que deux possibilités. D’autre part, un circuit avec un grand facteur de qualité
se rapproche d’un oscillateur harmonique, c’est-à-dire d’un circuit LC sans résistance. Dans le cas du
circuit RLC parallèle, cette limite du circuit LC s’obtient avec R infinie.

3 Numériquement, le facteur de qualité vaut Q = 0,3 < 1/2 : l’évolution de u est donc apériodique.

4 Comme le courant iL est celui traversant une bobine et comme la tension u est celle aux bornes d’un condensateur,
alors ces deux quantités sont continues. Déterminons leur valeur à t = 0− , où le circuit est en régime permanent
continu, sans forçage par le générateur de courant (il impose i = 0). Comme la bobine est équivalente à un fil, alors
la tension à ses bornes est nulle donc
u(0+ ) = u(0− ) = 0 .

On en déduit que la résistance est soumise à une tension nulle, donc iR (0− ) = 0, et comme le condensateur est
équivalent à un interrupteur ouvert alors iC (0− ) = 0. D’après la loi des nœuds et la continuité,

iL (0+ ) = iL (0− ) = 0 .

5 Forme générale des solutions :


. Comme l’équation est homogène, il n’y a pas de solution particulière à chercher (ou autrement dit elle est nulle).
. Pour trouver la solution homogène, partons du polynôme caractéristique,
ω0
r2 + r + ω02 = 0 .
Q

Comme Q < 1/2, on sait que son discriminant ∆ est positif,


 
1
∆ = ω02 − 4 >0
Q2

Les deux racines de l’équation caractéristique sont


r
ω0 ω0 1
r1,2 =− ± −4
2Q 2 Q2

qui sont toutes deux négatives. La solution est alors de la forme

u(t) = A er1 t + B er2 t ,

où A et B sont deux constantes à déterminer à partir des conditions initiales.


Conditions initiales :

2/9 Étienne Thibierge, 24 novembre 2017, [Link]


Correction TD E4 : Régimes transitoires du deuxième ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Ces conditions initiales doivent porter sur u et du/dt à l’instant 0+ . Compte tenu du début de la question, on a
déjà u(0+ ) = 0. Par ailleurs,

iC (0+ ) u(0+ )
 
du + 1 + η
(0 ) = = η − iL (0 ) − = .
dt C C R C

Constantes d’intégration :
Ainsi,

u(0+ ) |{z}
= A + B |{z}
= 0

  1 η
A = −B A=−

 

sol CI r2 − r1 C
 
du + η soit η d’où
= r1 A + r2 B |{z}  (r2 − r1 ) B = 1 η
 dt (0 ) |{z} = B =
 

 C C 
r2 − r1 C
sol CI

Finalement,
1 η r1 t
e − er2 t

u(t) =
r1 − r2 C

6 Comme la solution analytique n’a pas une forme simple à reconnaître et qu’il est hors de question de se lancer
dans une étude de fonction avec dérivée et tableau de variation, l’allure de la courbe peut s’obtenir simplement à
partir des informations sur les conditions initiales, le type de régime (apériodique donc pas d’oscillation) et la solution
particulière, qui décrit le régime permanent. Ainsi, à t = 0, u = 0 et la tangente a une pente positive. Par ailleurs,
u devient quasi-nulle au bout d’un temps suffisant. La courbe tracée par Python avec les valeurs numériques est
représentée figure 2.

0.6
0.5
0.4
u, en V

0.3
0.2
0.1
0.0
−0.1
0.0 0.5 1.0 1.5
t, en ms
Figure 2 – Chronogramme de la tension u(t) dans le circuit RLC parallèle.

Exercice 3 : Viscosimètre oscillant


1 Étudions le mouvement de la bille, de masse m, en évolution dans le référentiel terrestre, supposé galiléen.
Le système est schématisé ci-contre à un instant quelconque où l’on suppose que le ressort
est étiré et que la vitesse de la bille est orientée vers le bas. L’axe z est orienté vers le bas, et son
origine z = 0 est choisie telle que lorsque la bille se trouve en z = 0 la longueur du ressort est égale
à sa longueur naturelle.
#” Les forces s’exerçant sur la bille sont
Fr #”
0 #” . son poids P = m #”g = m g #”uz ;
f . la force de frottement exercée par le liquide,
#” dz
f = −6π η r #”
v = −6π η r #”uz
dt
#”
v
#” . la force de rappel du ressort, dont l’allongement vaut ∆` = +z et qui est portée par le vecteur
P
sortant #”
u sortant = #”
uz ,
z #”
F r = −k ∆` #”
u sortant = −k z #”
uz .
dz #”
Projeter #”
v sur #”
uz est automatique : c’est forcément #”
v = uz , il n’y a pas lieu de vouloir rajouter un
dt
signe à la main, et encore moins par une pseudo-analyse du schéma. En effet, si z augmente alors #” v

3/9 Étienne Thibierge, 24 novembre 2017, [Link]


Correction TD E4 : Régimes transitoires du deuxième ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

est dans le même sens que #”


uz , ce qui est bien cohérent avec dz/dt > 0.
Au contraire, exprimer correctement la force de rappel du ressort demande d’analyser le schéma pour
trouver la direction de #”
u sortant et vérifier la relation entre l’allongement et la coordonnée z.

Par application de la loi de la quantité de mouvement projetée sur #”


uz , on trouve
d2 z dz
m = mg − 6π η r − kz .
dt2 dt
Cette équation différentielle se met sous la forme
d2 z 6πηr dz k
+ + z = mg .
dt2 m dt m
Par identification à la forme canonique, on en déduit
ω0 6πηr k
= et ω02 =
Q m m.
L’équation caractéristique associée a pour discriminant
   2
1 6πηr 4k
∆ = ω02 − 4 = −
Q2 m m
L’énoncé parle d’oscillations, ce qui sous-entend que l’oscillateur est en régime pseudo-périodique. Le discriminant ∆
est donc négatif, et la pseudo-pulsation est alors la partie imaginaire des racines de l’équation caractéristique,
√ r
−∆ ω0 1
ωp = = 4− 2 .
2 2 Q
La pseudo-période des oscillations vaut alors
2π 4π 4π
T = =√ =q
ωp −∆ 4k 6πηr 2

m − m

soit finalement
2π m
Tp = p
km − (3πηr)2
p
2 Si les frottements sont négligeables, le système est un oscillateur harmonique de pulsation ω0 = k/m. La
période des oscillations est donc r
2π m
T0 = = 2π .
ω0 k
Pour obtenir le coefficient de viscosité η avec peu de calcul, notons que
ω02
ωp2 = ω02 − .
4Q2
En écrivant ω0 = 2π/T0 , ωp = 2π/T et ω0 /Q = 6πηr/m, on trouve
s
4π 2 4π 2 9π 2 η 2 r2 2m 1 1
= 2 − d’où η= − 2.
T2 T0 m2 3r T02 T

Exercice 4 : Analyse de relevé expérimental


Trois paramètres sont à déterminer par lecture de la courbe : E, L et C. Sur cette courbe, trois caractéristiques
sont aisément mesurables : le temps caractéristique τ d’amortissement des oscillations, leur pseudo-période Tp et leur
amplitude à l’instant initial t = 0 (en toute rigueur à t légèrement supérieur à zéro). Il faut donc relier entre eux ces
paramètres.
Le générateur est dit non-idéal : il faut donc le modéliser par une source idéale de tension montée en série avec une
résistance R = 50 Ω. Le circuit est donc un circuit RLC série soumis à un échelon, dans lequel on établit facilement
l’équation différentielle portant sur le courant i,
 1
2 2

 ω0 = √
d i R di 1 d i ω0 di  LC
+ + i=0 soit + + ω02 i = 0 avec r
dt2 L dt LC dt2 Q dt
 Q= 1 L


R C

4/9 Étienne Thibierge, 24 novembre 2017, [Link]


Correction TD E4 : Régimes transitoires du deuxième ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

La courbe donne des oscillations, le régime est donc pseudo-périodique. Le courant i(t) s’écrit donc sous la forme
 ω0
 µ = 2Q


i(t) = [A cos(ωp t) + B sin(ωp t)] e−µt avec r
1
 ωp = ω0 1 −


4Q2
On compte sur la courbe huit oscillations en 1 ms, d’où

Tp = 0,12 ms donc ωp = = 5,0 · 104 rad · s−1 .
Tp
Par ailleurs, on lit graphiquement que le temps τ = 1/µ au bout duquel l’enveloppe exponentielle des oscillations
atteint 37 % de sa valeur initiale (exponentielle décroissante avec valeur asymptotique nulle) vaut τ = 0,8 ms, d’où
1
τ = 0,8 ms d’où µ= = 1,3 · 103 s−1
τ
En inversant les relations donnant µ et ωp , on trouve
q
ω0 = ωp2 + µ2 = 5,0 · 104 rad · s−1 et Q = 20

Ces résultats sont conformes à ce que l’on peut attendre : rappelons que Q compte le nombre d’oscillations dans le
régime transitoire, dont il est raisonnable qu’il soit de l’ordre de 20 à 30. Puis, compte tenu de la valeur de Q, il est
normal d’avoir ωp ' ω0 . En inversant les relations donnant Q et ω0 en fonction des valeurs composants, on trouve
RQ 1
L= = 2,0 · 10−2 H et C= = 2,0 · 10−8 F .
ω0 R Q ω0

Il reste enfin à trouver l’amplitude E de l’échelon de tension. Les conditions initiales pour ce circuit soumis à un
échelon passant de E1 à E2 se déterminent comme d’habitude avec les relations de continuité et donnent
i(0+ ) = i(0− ) = 0
en ce qui concerne l’intensité. En ce qui concerne sa dérivée, elle s’obtient via la tension aux bornes de la bobine.
Comme la tension aux bornes du condensateur vaut E1 à t = 0− , alors la loi des mailles donne à t = 0+
di + di di + E2 − E1
E2 = uR (0+ ) + uL (0+ ) + uC (0+ ) = R i(0+ ) + L (0 ) + uC (0− ) = L (0+ ) + E1 d’où (0 ) = .
dt dt dt L
Il est donc seulement possible de déterminer la hauteur E = E2 − E1 de l’échelon, mais pas les valeurs initiale et
finale de la tension imposée par le générateur. On peut alors en déduire par la méthode usuelle
E
A=0 et B=
L ωp
soit
E
sin(ωp t) e−µt .
i(t) =
L ωp
Comme Tp  τ , la valeur de E/L ωp correspond en bonne approximation à la valeur de i à son premier extrêmum,
soit
E
' imin ' −5 mA d’où E = L ωp imin = −5 V .
L ωp
On peut s’assurer que E < 0 à partir du signe de la dérivée en t = 0+ .

Annales de concours
Exercice 5 : RLC série en régime libre [oral CCP]
uR

R Les notations des courants et tensions ne sont pas explicitées sur le schéma par l’énoncé,
C uC auquel cas il est sous-entendu que toutes les tensions sont orientées de façon cohérente
L i avec uC et que les dipôles sont orientés en convention récepteur.

uL

1 L’intensité i est continue car elle traverse une bobine. Ainsi,

i(0+ ) = i(0− ) = 0

5/9 Étienne Thibierge, 24 novembre 2017, [Link]


Correction TD E4 : Régimes transitoires du deuxième ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

car le circuit est ouvert à t < 0. De même, la tension uC est nécessairement continue car aux bornes du condensateur
donc
uC (0+ ) = uC (0− ) = U0

Enfin, la tension aux bornes de la bobine se déduit de la loi des mailles à l’instant t = 0+ et de la loi d’Ohm,

uR (0+ ) + uC (0+ ) + uL (0+ ) = 0 d’où uL (0+ ) = −uC (0+ ) = −U0 .

En régime permanent, le condensateur est équivalent à un interrupteur ouvert donc

i∞ = 0 .

La bobine est équivalente à un fil, si bien que


uL,∞ = 0

et d’après la loi des mailles on en déduit

uR,∞ + uC,∞ + uL,∞ = 0 d’où uC,∞ = 0 .

2 D’après le comportement à t = 0, on en déduit que la grandeur y correspond à l’intensité i. Un oscilloscope


ne peut pas mesurer directement une intensité, il faut donc mesurer une tension qui lui est proportionnelle, c’est-
à-dire la tension aux bornes de la résistance. Obtenir la courbe représentant y en fonction de t demande donc de
brancher l’oscilloscope en parallèle de la résistance.
Ici, il n’y a aucun appareil branché sur le secteur type GBF, donc pas de conflit de masse à craindre.

3 D’après la loi des mailles,

di
uR + uC + uL = 0 soit Ri + uC + L =0
dt
en utilisant les lois de comportement. Pour pouvoir relier uC à i, il est nécessaire dériver,

di duC d2 i di 1 d2 i
R + +L 2 =0 d’où R + i + L 2 = 0.
dt dt dt dt C dt

Écrivons maintenant cette équation sous forme canonique pour faire apparaître les paramètres cherchés,

d2 i R di 1
+ + i = 0.
dt2 L dt LC
On identifie alors 1/LC = ω02 et R/L = 2mω0 d’où

d2 i di
2
+ 2mω0 + ω02 i = 0 .
dt dt

4 Forme générale des solutions : L’équation différentielle est homogène, il n’y a donc pas de solution particulière
à déterminer (une autre formulation possible est de dire qu’elle est nulle). Pour déterminer la forme générale de la
solution homogène, trouvons les racines du polynôme caractéristique,

r2 + 2mω0 r + ω02 = 0 .

Son discriminant vaut


4m2 ω02 − 4ω02 = 4ω02 (m2 − 1) < 0
car m < 1. Ainsi, les racines sont complexes conjuguées et valent
p
2mω0 4ω02 (1 − m2 ) p
r± = − ±i = −mω0 ± iω0 1 − m2 = −mω0 ± iΩ .
2 2
Comme le discriminant de l’équation caractéristique est négatif alors le régime est pseudo-périodique et les solutions
s’écrivent toutes sous la forme
i(t) = [A cos Ωt + B sin Ωt] e−mω0 t

6/9 Étienne Thibierge, 24 novembre 2017, [Link]


Correction TD E4 : Régimes transitoires du deuxième ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Conditions initiales : Déterminons maintenant les conditions initiales nécessaires pour trouver les constantes A
et B. D’après la question 1,
di + 1 U0
i(0+ ) = 0 et (0 ) = uL (0+ ) = − .
dt L L
Constantes d’intégration : Ainsi, la condition initiale sur i donne

i(0+ ) |{z}
= A |{z}
= 0.
sol CI

En considérant directement A = 0 pour calculer la dérivée,


di
= BΩ cos(Ωt) e−mω0 t − mω0 B sin(Ωt) e−mω0 t
dt
donc
di + U0 U0
(0 ) |{z} = −
= BΩ |{z} d’où B=− .
dt L LΩ
sol CI

Conclusion :
U0
i(t) = − sin(Ωt) e−mω0 t .
LΩ
L’intensité est pseudo-périodique, et Ω est sa pseudo-période. On peut l’évaluer à partir de la pseudo-période T 0
lisible sur la courbe. Par exemple, T 0 = t2 − t1 d’où


Ω= .
t2 − t1

5 Trouver la position des maxima n’est pas simple du tout à cause de l’amortissement exponentiel, qui complique
beaucoup la recherche des zéros de la dérivée. Cependant, compte tenu de la courbe donnée, on peut faire l’approxi-
mation que la position des maxima est directement donnée par ceux du sinus car l’amortissement est faible. Ainsi,
le k-ième maximum est atteint lorsque
π 3 0
Ωtk = − + 2kπ soit t= T + (k − 1)T 0
2 4
avec k un entier. y1 et y2 correspondent aux deux premiers maxima, aux instants t1 = 3T 0 /4 et t2 = 7T 0 /4. Ainsi,
0
y2 e−7mω0 T /4 0
= −3mω T 0 /4 = e−mω0 T
y1 e 0

Pour aboutir à une relation encore plus simple (je ne sais pas ce qu’attendait l’examinateur, qui l’aurait précisé au
candidat au cour de l’oral) , on peut supposer m  1, auquel cas Ω ∼ ω0 et donc T 0 ' 2π/ω0 . Dans ce cas,
y2
' e−2πm .
y1

6 Montage ALI à résistance négative ... que vous verrez l’année prochaine !

Exercice 6 : Encore un RLC ! [oral CCP]


1 Le circuit est à deux mailles, il faudra donc utiliser les deux lois de Kirchoff pour
iR iC établir l’équation différentielle. Commençons par exemple par la loi des nœuds,
R C u
i = iR + iC
E
L uL Utilisons ensuite les lois de comportement pour faire apparaître la tension u, com-
mune à R et C qui sont montés en parallèle,
i u du
+C i=
R dt
La loi des mailles permet ensuite d’exprimer la tension u en termes de la tension uL : u = E − uL . Ainsi, comme la
tension E est constante,
E uL duL
i= − −C .
R R dt

7/9 Étienne Thibierge, 24 novembre 2017, [Link]


Correction TD E4 : Régimes transitoires du deuxième ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Enfin, d’après la loi de comportement de la bobine,

E L di d2 i
i= − − LC 2 .
R R dt dt

2 Réécrivons l’équation en mettant à 1 le préfacteur devant la dérivée d’ordre le plus élevé,

d2 i 1 di 1 E d2 i ω0 di E
+ + i= . à identifier à + + ω02 i = .
dt2 RC dt LC RLC dt2 Q dt RLC

Ainsi, on est amené à poser



2 1 1
 ω0 =
 d’où ω0 = √
 LC LC
r
 ω0 = 1 C

d’où Q = RCω0 = R

Q RC L
ω0 est la pulsation propre de l’oscillateur, elle correspond à la pulsation qu’auraient les oscillations si elles étaient
harmonique. Q est son facteur de qualité, qui décrit l’écart entre l’oscillateur et un oscillateur harmonique.

3 Comme Q doit être sans dimension, l’analyse dimensionnelle ne laisse que deux « possibilités » pour l’expression
du facteur de qualité : r r
1 L C
Q= et Q=R
R C L
Pour choisir entre les deux, rappelons que l’oscillateur harmonique électrique est un circuit LC série, sans résistance.
Or dans le circuit considéré, un circuit LC s’obtient dans la limite R → ∞. Ainsi, le circuit est d’autant plus proche
d’un oscillateur harmonique que la résistance R est grande, ce qui justifie l’expression de Q.

4 Analysons le régime permanent à t = 0− , où le forçage est nul. Ce régime est continu, donc la bobine y est
équivalente à un fil. Ainsi, d’après la loi des mailles,

0 = u(0− ) + 0 donc u(0− ) = 0 .

Par ailleurs, d’après la loi des nœuds,

u(0− )
i(0− ) = iR (0− ) + iC (0− ) = +0=0
R
puisque iC (0− ) = 0 car le condensateur est équivalent à un interrupteur ouvert.
Analysons maintenant le circuit à t = 0+ . Par continuité du courant traversant une bobine, on déduit directement

i(0+ ) = i(0− ) = 0 .

Pour trouver la valeur de di/dt, il faut trouver la valeur de uL (0+ ). Comme on cherche une tension, on utilise la loi
des mailles à t = 0+ ,
E = u(0+ ) + uL (0+ ) .
Or en tant que tension aux bornes d’un condensateur u(0+ ) est continue et égale à u(0+ ) = u(0− ) = 0, d’où

di + E
uL (0+ ) = E donc (0 ) = .
dt L

5 Forme générale des solutions : Le courant i(t) s’écrit comme la somme d’une solution particulière de l’équation
différentielle complète et d’une solution de l’équation homogène. Comme le forçage (qui se lit dans le second membre)
est constant, le régime permanent (qui se lit dans la solution particulière) est constant aussi. La solution particulière
est donc telle que
1 E E
0+0+ ip = d’où ip =
LC RLC R
Pour trouver la solution homogène, écrivons l’équation caractéristique,
ω0
r2 + r + ω02 = 0 .
Q

8/9 Étienne Thibierge, 24 novembre 2017, [Link]


Correction TD E4 : Régimes transitoires du deuxième ordre Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Son discriminant vaut  


1 15
∆= ω02 − 4 = − ω02 < 0 car Q = 2 .
4 4
Les racines de l’équation caractéristique sont donc complexes conjuguées,
ω0 ω0 √
r1,2 = − ±i 15 qu’on note r1,2 = −µ ± iωp
4 4
où µ > 0 est le taux d’amortissement et ωp la pseudo-pulsation des oscillations. La solution homogène s’écrit alors

ih (t) = [A cos(ωp t) + B sin(ωp t)] e−µt ,

avec A et B deux constantes.


Attention aux signes : µ > 0 et ωp > 0.

En regroupant,
E
i(t) = ip + ih (t) = + [A cos(ωp t) + B sin(ωp t)] e−µt .
R
Détermination des constantes : On a d’abord
E E
i(0+ ) |{z}
= + A |{z}
= 0 d’où A=−
R R
sol CI

Calculons maintenant la dérivée,


di
= ωp [−A sin(ωp t) + B cos(ωp t)] e−µt − µ [A cos(ωp t) + B sin(ωp t)] e−µt
dt
ce qui donne  
di + E E 1 µ
= Bωp − µA |{z}
(0 ) |{z} = d’où B= −
dt L ωp L R
sol CI

Conclusion :    
E E R 1 µ
i(t) = − cos(ωp t) + − sin(ωp t) e−µt .
R R ωp L R

Tracé : Le tracé « direct » n’est pas possible, il faut donc utiliser les informations à disposition : conditions initiales,
qui donne la valeur à t = 0 et le signe de la pente de la tangente, régime pseudo-périodique avec environ Q = 2
oscillations, et solution particulière qui donne le régime permanent asymptotique. Un exemple de chronogramme
acceptable est représenté figure 3.

1.6
1.4
1.2
i × R/E

1.0
0.8
0.6
0.4
0.2
0.0
0 1 2 3 4 5
t/T0
Figure 3 – Chronogramme du courant i(t) dans le circuit RLC « mi-série, mi-parallèle ».

9/9 Étienne Thibierge, 24 novembre 2017, [Link]


Électronique 5 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Électronique en régime sinusoïdal forcé

Exercices
Exercice 1 : Détermination d’impédances [♦]
Déterminer l’impédance complexe des dipôles ci-dessous. Écrire les résultats sous forme d’une unique fraction, en
faisant apparaître des quantités adimensionnées telles que RCω, Lω/R et LCω 2 .
Les trois premiers circuits sont simples et doivent être traités sans difficulté. Les deux derniers donnent
des résultats un peu plus compliqués.

R C R
I I I
1- 2- 3-
U C U L U L C

C1 C
I I R
4- 5-
U L C2 U R C

Exercice 2 : Équivalence entre dipôles RL [♦♦]


L0 R0
Les dipôles ci-contre sont étudiés en régime sinusoïdal forcé de pulsation ω.
1 - Déterminer en fonction de ω les valeurs de R0 et L0 pour lesquelles les deux dipôles sont
L équivalents.
2 - Si l’on remplace la bobine L0 par un condensateur C 0 , peut-il encore y avoir équivalence ?
Commenter.
R

Exercice 3 : Alimentation d’un électroaimant de levage [♦]


i0 Un électroaimant de levage est un dispositif industriel permettant de soulever des
R pièces métalliques à partir de champs magnétiques intenses. On étudie un tel appareil
électro- en le modélisant électriquement par une bobine d’inductance L = 1,25 H dont les
i C spires ont une résistance interne R = 1 Ω. Cette bobine est traversée par un courant i
aimant
L sinusoïdal de fréquence f = 50 Hz dont l’amplitude Im = 30 A est imposée pour le bon
fonctionnement du dispositif.
Ce courant étant de forte puissance, les pertes par effet Joule dans les câbles d’alimentation de l’électroaimant
sont non négligeables. Pour les diminuer, une méthode usuelle consiste à installer un condensateur de capacité C en
parallèle de l’électroaimant. On note alors i0 l’intensité du courant dans les câbles d’alimentation du dispositif, dont
0
l’amplitude Im est inférieure à l’amplitude Im du courant qui traverse l’électroaimant.
1 - Exprimer l’amplitude complexe I 0 en fonction de l’amplitude complexe I.
0
2 - Calculer la valeur C à donner au condensateur pour minimiser l’amplitude Im tout en conservant Im fixée. On
0 2
pourra raisonner sur Im .
0
3 - Calculer numériquement la valeur de Im dans la configuration optimale. Commenter.
4 - À quel dipôle l’association électroaimant-condensateur est-elle équivalente à la fréquence de travail ?
5 - Calculer la tension aux bornes de l’électroaimant. Dépend-elle de C ? Conclure en termes de puissance fournie.

1/2 Étienne Thibierge, 14 janvier 2018, [Link]


TD E5 : Électronique en régime sinusoïdal forcé Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 4 : Obtention d’une équation différentielle [♦]


R 2R En utilisant les complexes, montrer que la tension u est solution de l’équa-
tion différentielle
d2 u du
e u 4τ 2 2 + 5τ + u = e,
2C C dt dt
en posant τ = RC.

Exercice 5 : Mesure à l’ampèremètre []


Dans le circuit ci-dessous alimenté par une tension uAB sinusoïdale, il existe une pulsation particulière ω pour
laquelle l’ampèremètre en mode AC affiche la même valeur lorsque K1 et K2 sont ouverts, lorsque K1 est ouvert
et K2 fermé, et lorsque K1 est fermé et K2 ouvert. On rappelle qu’un ampèremètre réglé en mode AC affiche la
valeur efficace du courant qui le traverse.

Montrer que cette pulsation n’existe que si r


3L
R=
2C
et qu’elle vaut alors
1
ωc = √ .
2LC

Annale de concours
Exercice 6 : Double circuit RC en régime sinusoïdal [oral banque PT, ♦]
2C C
Déterminer la réponse temporelle i(t) pour
. e1 (t) = E cos(ωt) ;
e1 (t) R e2 (t) . e2 (t) = E cos(ωt + 2π/3) ;
. ω = 1/RC.
i(t)

2/2 Étienne Thibierge, 14 janvier 2018, [Link]


Électronique 5 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Électronique en régime sinusoïdal forcé

Exercices
Exercice 1 : Détermination d’impédances
1 Association série d’impédance équivalente

1 1 + jRCω
Z = ZR + ZC = R + donc Z= R.
jCω jRCω

2 Association série, d’impédance équivalente

1 1 − LCω 2
Z = ZL + ZC = jLω + donc Z=
jCω jCω

Rappel : 1/j = −j.

3 L’association de L et C est en parallèle, il est donc a priori plus simple de calculer son admittance équivalente

1 1 − LCω 2
YLC = YL + YC = + jCω =
jLω jLω

L’impédance complexe de l’association parallèle vaut donc

1 jLω
ZLC = =
YLC 1 − LCω 2

La factorisation est intéressante car elle permet de passer très facilement de l’admittance à l’impédance.

Enfin, l’association est montée en série avec une résistance, donnant une impédance complexe équivalente à
l’ensemble
jLω
Z = ZR + ZLC soit Z =R+
1 − LCω 2
Une dernière factorisation est possible pour donner

1 + jLω/R − LCω 2
Z= R.
1 − LCω 2

Cette dernière factorisation n’est pas forcément utile, car la forme non-factorisée sépare directement la
partie réelle de la partie imaginaire : tout dépend de ce que l’on veut faire du résultat.

4 L’association en parallèle de la bobine et du condensateur C2 se traite comme à la question précédente et a pour


impédance équivalente
jLω
ZLC2 =
1 − LC2 ω 2
Elle est montée en série avec le condensateur C1 , donnant une impédance équivalente

1 jLω 1 − L(C1 + C2 )ω 2
Z= + soit Z=
jC1 ω 1 − LC2 ω 2 jC1 ω(1 − LC2 ω 2 )

1/5 Étienne Thibierge, 14 janvier 2018, [Link]


Correction TD E5 : Électronique en régime sinusoïdal forcé Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

5 L’association en parallèle de la résistance et du condensateur a pour admittance équivalente

1 1 + jRCω 1 R
Yparr = YR + YC = + jCω = soit Zparr = =
R R Yparr 1 + jRCω

Cette association est montée en série avec une résistance et un condensateur, l’ensemble a donc comme impédance
équivalente

1 R jRCω(1 + jRCω) + (1 + jRCω) + jRCω


Z = ZR + ZC + Zparr = R + + =
jCω 1 + jRCω jCω(1 + jRCω)

soit enfin
1 + 3jRCω − R2 C 2 ω 2
Z=
jCω(1 + jRCω)

Exercice 2 : Équivalence entre dipôles RL


1 L’impédance complexe du montage en série vaut

Z 0 = ZL0 + ZR0 = jL0 ω + R0

De même, l’impédance complexe du montage en parallèle est telle que


1 1 1 1 1 jRLω
= + = + soit Z=
Z ZL ZR jLω R R + jLω

Les deux dipôles sont équivalents s’ils ont les mêmes impédances complexes. Il suffit donc pour trouver R0 et L0
d’identifier les parties réelle et imaginaire de Z et Z 0 . Écrivons donc Z sous forme algébrique,

jRLω(R − jLω) RL2 ω 2 R2 Lω


Z= = 2 + j .
(R + jLω)(R − jLω) R + L2 ω 2 R2 + L2 ω 2

Ainsi, il y a équivalence entre les deux dipôles pour

RL2 ω 2 R2 Lω
R0 = et L0 = .
R2+ L2 ω 2 R2
+ L2 ω 2

Remarquez que les deux dipôles ne sont donc pas équivalents tout le temps, mais seulement pour une
valeur précise de fréquence ... et si R0 et L0 sont choisis aléatoirement il n’y a même aucune raison que
l’équivalence existe.

2 Si L0 est remplacée par un condensateur, l’impédance complexe de l’association série s’écrit

1 1
Z 0 = R0 + 0
= R0 − j 0
jC ω Cω
La condition d’équivalence obtenue par identification des impédances devient

RL2 ω 2 1 R2 Lω
R0 = et − = .
R2 + L2 ω 2 C 0ω R2 + L2 ω 2
Néanmoins, comme toutes les grandeurs sont positives, la deuxième condition portant sur C 0 ne peut jamais être
vérifiée. Il n’est pas possible d’avoir équivalence entre les deux dipôles : un circuit capacitif est fondamentalement
différent d’un circuit inductif.

Exercice 3 : Alimentation d’un électroaimant de levage


1 Les deux branches forment un diviseur de courant, d’où

I Y RL 1 1
= = =
I0 Y RL + Y C 1 + ZRLY C 1 + jCω(R + jLω)

En inversant la relation,
I 0 = 1 + jCω(R + jLω)I .

2/5 Étienne Thibierge, 14 janvier 2018, [Link]


Correction TD E5 : Électronique en régime sinusoïdal forcé Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

2 En développant,
I0 = 1 − LCω 2 + jRCω I
  

d’où en prenant le module


0 2
= (1 − LCω 2 )2 + R2 C 2 ω 2 Im2
 
Im
0
Pour déterminer la valeur de C qui minimise Im , calculons la dérivée par rapport à C,

0 2
dIm
= 2 × (1 − LCω 2 ) × (−Lω 2 ) + 2R2 ω 2 C Im2 = 2ω 2 −L + L2 Cω 2 + R2 C
   
dC
La dérivée s’annule pour
L
C= = 8,1 · 10−6 F .
R2 + L2 ω 2

3 En reprenant les résultats précédents,

0
p
Im = (1 − LCω 2 )2 + R2 C 2 ω 2 Im = 7,6 · 10−2 A .

L’ajout du condensateur permet de diviser par 400 l’amplitude du courant qui alimente l’électroaimant, et donc de
réduire les pertes Joule en ligne par 16 000 !

4 L’admittance équivalente à l’association s’écrit

1
Y = Y RL + Y C = + jCω
R + jLω

soit en remplaçant C par son expression

1 jLω R − jLω jLω


Y = + 2 2 2
= 2 2 2
+ 2
R + jLω R + L ω R +L ω R + L2 ω 2

et finalement
R
Y = .
R2 + L2 ω 2
On y reconnaît l’admittance d’une résistance,

L2 ω 2
Réq (ω) = R + .
R

5 La tension aux bornes de l’électroaimant s’écrit

U = (R + jLω)I .

Comme I est le même avec et sans condensateur (à un déphasage près), alors U ne dépend pas de C, au même
déphasage près. On en conclut que l’ajout du condensateur ne modifie pas la puissance fournie par le réseau
électrique à l’électroaimant ... tout en diminuant considérablement les pertes en ligne.
Complément culturel : Nous avons montré en cours que la puissance moyenne reçue par un dipôle
quelconque s’écrit
hPi = Ueff Ieff cos ϕ
avec ϕ l’argument de l’impédance complexe du dipôle.
Ici, l’ajout du condensateur a permis de rendre le dipôle électroaimant + condensateur équivalent à
une résistance, c’est-à-dire d’avoir ϕ = 0 donc cos ϕ = 1. Comme la tension efficace Ueff demeure fixée,
0
l’exercice a permis de constater que maximiser cos ϕ permet de minimiser l’intensité d’alimentation Ieff .
Cette méthode est très générale et porte un nom : on parle de redressement du facteur de puis-
sance, le facteur de puissance étant le nom donné à cos ϕ. En France, la facturation électrique indus-
trielle dépend du facteur de puissance des usines : meilleur il est, plus les tarifs sont bas, car les pertes
en ligne sont moindres.

3/5 Étienne Thibierge, 14 janvier 2018, [Link]


Correction TD E5 : Électronique en régime sinusoïdal forcé Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

UR
I 2R

R
E 2C U0 C U
I1 I2

Figure 1 – Schéma des notations.

Exercice 4 : Obtention d’une équation différentielle


Raisonnons à partir de la figure 1.
D’après la loi des nœuds,
I = I1 + I2
et en utilisant les admittances,
1
UR = 2jCωU 0 + jCωU .
R
Pour limiter les fractions on multiplie directement par R,

UR = 2jωτ U 0 + jωτ U

D’après la loi des mailles dans la maille de droite,

U 0 = U + 2RI2 = U + 2jRCωU

et dans la maille de gauche


UR = E − U 0 = E − U − 2jRCωU .
En regroupant et en identifiant RC = τ ,

E − U − 2jωτ U = 2jωτ (U + 2jωτ U ) + jωτ U

soit
E = U + 5jωτ U + 4τ 2 (jω)2 U
En identifiant les puissances de jω à l’ordre des dérivées pour retourner dans le domaine des représentations réelles,
on aboutit à
du d2 u
e = u + 5τ + 4τ 2 2
dt dt
ce qui est bien le résultat escompté.

Exercice 5 : Mesure à l’ampèremètre


Le dipôle étant linéaire, le courant
√ traversant l’ampèremètre est sinusoïdal de même pulsation que la tension uAB .
Sa valeur efficace vaut donc Im / 2, où Im est l’amplitude du courant. Comme l’ampèremètre affiche la même valeur
dans les trois cas, cela veut dire que l’intensité efficace est la même dans les trois cas, et donc que l’amplitude Im est
la même. En revanche, l’ampèremètre ne donne aucune information sur le déphasage entre i et uAB .
Cela signifie que le module de l’impédance complexe du dipôle AB est le même dans les trois situations. Comme
les dipôles de base sont ou bien court-circuités, ou bien montés en série, cette impédance est simple à déterminer,
1 1
Z1 = jLω + R + Z2 = jLω + R Z3 = .
jCω jCω
sachant que Z1 = Z2 = Z3 .
Commençons par déterminer la pulsation ω. En calculant le carré du module pour éviter les racines, on utilise
l’égalité
 2
2 2 2 1 1
Z1 = Z2 d’où R + Lω − = R2 + L2 ω 2 soit Lω − = ±Lω ,
Cω Cω
où seule la solution avec le signe − peut convenir car 1/Cω 6= 0. On en déduit

1 1
2Lω − =0 soit 2LCω 2 = 1 et ω=√ .
Cω 2LC

4/5 Étienne Thibierge, 14 janvier 2018, [Link]


Correction TD E5 : Électronique en régime sinusoïdal forcé Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Déterminons maintenant la résistance R. Pour cela, il faut utiliser l’égalité entre un module impliquant R et celui
ne l’impliquant pas. En calculant à nouveau le carré du module, on utilise l’égalité
2 2 1 1
Z2 = Z3 soit R2 + L2 ω 2 = d’où R2 = − L2 ω 2 .
C 2 ω2 C 2 ω2
En utilisant l’expression de ω, on en déduit
r
2 2L L 3L
R = − d’où R= .
C 2C 2C

Annale de concours
Exercice 6 : Double circuit RC en régime sinusoïdal [oral banque PT]
Les raisonnements sont identiques à ceux pour établir les équations différentielles, à ceci près qu’on raisonne sur
les amplitudes complexes. On travaille avec les notations de la figure 2.

u2C uC
i1 i2

2C C
e1 uR R e2
i

Figure 2 – Notations pour l’étude du double circuit RC.

Loi des nœuds : I = I1 + I2


Impédances complexes : I = 2jCωU 2C + jCωU C
Loi des mailles : I = 2jCω(E 1 − U R ) + jCω(E 2 − U R )
Impédances complexes : I = 2jCωE 1 − 2jRCωI + jCωE 2 − jRCωI

En utilisant l’hypothèse RCω = 1 et en regroupant les termes dépendant de I, on trouve


 
(1 + 3j)I = 2jCωE 1 + jCωE 2 soit (1 + 3j)I = jCωE 2 + e2jπ/3

avec les amplitudes complexes E 1 = E et E 2 = E e2jπ/3 . On en déduit



2π 2π 3 3
2 + e2jπ/3 2 + cos + j sin +j
I= jCωE = 3 3 jCωE = 2 2 jCωE
1 + 3j 1 + 3j 1 + 3j
Il reste maintenant à déterminer le module et l’argument de I pour déterminer son amplitude Im et sa phase initiale ϕi .

3 3
+j
2 2
|I| = |jCω| E
|1 + 3j|
r
9 3
+
4 4
= √ CωE
1+9
r
3
Im = CωE
10

et concernant la phase intiale


 √ 
3 3
arg I = arg +j + arg (jCωE) − arg (1 + 3j)
2 2

3 π
ϕi = arctan + − arctan 3
3 2

5/5 Étienne Thibierge, 14 janvier 2018, [Link]


Électronique 6 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Analyse fréquentielle des systèmes linéaires,


phénomènes de résonance

Exercices
Exercice 1 : Circuit bouchon [♦]
C Considérons un dipôle constitué d’une bobine (inductance L et résistance interne r)
iC
montée en dérivation avec un condensateur (capacité C). Il est alimenté par la tension
sinusoïdale e(t) de pulsation ω variable.
iL r L 1 - Question préliminaire : exprimer l’impédance complexe Zs d’un dipôle où r, L et C
seraient montés en série, d’abord
√ en fonction des composants puis de la résistance r, de
e = E0 cos(ωt) la pulsation propre ω0 = 1/ LC et du facteur de qualité Q = Lω0 /r.

2 - Exprimer l’impédance complexe Z du dipôle parallèle sous la forme


jQω
 
r
Z= 1+ .
jCω Zs ω0

3 - Montrer que lorsque le facteur de qualité est très élevé (Q  1) et la pulsation ω pas trop faible (ω  ω0 /Q)
l’impédance Z peut se mettre sous forme approchée
Q2 r2
Z' .
Zs

On se place dans ces hypothèses pour toute la suite de l’exercice.


4 - Montrer que |Z| est maximal lorsque ω = ω0 . Quel est alors le comportement du circuit ? Justifier sa dénomination
de « circuit bouchon ».
5 - On se place à ω = ω0 . Déterminer en fonction de E0 , Q et r les intensités réelles iC (t) et iL (t) qui traversent
respectivement le condensateur et la bobine. Commenter les résultats obtenus.

Exercice 2 : Circuit RLC série forcé en courant [♦]


La question 3 est très (trop) calculatoire. Le reste de l’exercice, classique et à maîtriser, peut être
travaillé en admettant les expressions de ω1,2 .
Considérons un circuit RLC série alimenté par un générateur idéal de courant imposant
R
i(t) = Im cos(ωt).

i(t) u C 1 - Déterminer l’amplitude complexe U et l’écrire sous la forme


  
ω ω0
L U = R 1 + jQ − I.
ω0 ω
2 - Justifier que ce circuit ne présente pas de résonance en tension, mais une anti-résonance pour laquelle le rap-
port Um /Im est minimal. Déterminer la pulsation d’anti-résonance ωa . Que vaut le déphasage entre i et u à cette
pulsation ? L’existence de l’anti-résonance dépend-elle du facteur de qualité du circuit ?
3 - On s’intéresse à la largeur
√ en fréquence de l’anti-résonance. Montrer que les pulsations ω1 et ω2 > ω1 telles
que |U (ω1 )| = |U (ω2 )| = 2 |U (ωa )| sont données par

1
r
ω0 ω0
ω1,2 = Ω ± avec Ω= − 4.
2Q 2 Q2
En déduire la largeur ∆ω = ω2 − ω1 de l’anti-résonance.
4 - Des relevés expérimentaux de Um /Im et du déphasage de u par rapport à i sont représentés figure 1. En déduire
la fréquence propre et le facteur de qualité du circuit.

1/3 Étienne Thibierge, 22 janvier 2018, [Link]


TD E6 : Analyse fréquentielle, résonances Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

1.5
1.4
1.0
1.2
0.5
Um /Im [kW]

1.0

ϕ [rad]
0.8 0.0
0.6 −0.5
0.4 −1.0
0.2 −1.5
0.0 −2.0
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
f [kHz] f [kHz]
Figure 1 – Mesures d’amplitude et de déphasage.

Exercice 3 : Résonance en courant d’un moteur [♦]


Un moteur à ultrasons est alimenté par une tension sinusoïdale d’amplitude
complexe V , on note I l’amplitude complexe du courant passant dans le moteur.
Zm
I Pour que le rendement du moteur soit optimal, il doit être alimenté à une fréquence
égale à sa fréquence de résonance en courant.
V Z0 Le moteur est équivalent au schéma ci-contre. Z0 représente l’impédance com-
Ze
plexe intrinsèque du moteur. Les phénomènes électromécaniques au sein du moteur
sont pris en compte, sur ce schéma, par une impédance Zm appelée impédance
moteur motionnelle et par une impédance Zc dont la valeur est fonction de la charge
mécanique du moteur.
Le dipôle d’impédance Z0 est constitué d’une résistance R0 = 18 kΩ en parallèle d’un condensateur C0 = 8 nF.
L’impédance motionnelle Zm est celle d’un circuit RLC série avec R = 50 Ω, L = 0,1 H et C = 0,2 nF. Enfin,
l’impédance de charge Zc correspond à une résistance Rc dans un premier temps prise égale à 50 W.
1 - Reproduire le schéma du moteur en remplaçant les éléments Z0 , Zm et Zc par les résistances, inductances et
condensateurs qui leur correspondent.
2 - Déterminer la pulsation de résonance en courant ωs du circuit série constitué de Zm et Zc .
On note Y l’admittance complexe équivalente à l’ensemble du moteur. La figure 2 représente l’évolution du
module Y = |Y | en fonction de la pulsation réduite x = ω/ωs .

12
12
10 10
8
8
Y [10−3 W−1 ]

6
6 4
2
4 0
0.99 1.00 1.01
2

0
0.9 1.0 1.1 1.2
x
Figure 2 – Module de l’admittance du moteur en fonction de la pulsation réduite. La courbe en insert représente
un zoom de la courbe principale au voisinage de x = 1.

3 - Justifier que la résonance en courant correspond au maximum de la courbe d’admittance. Déterminer numéri-
quement la fréquence fr de résonance du moteur.
4 - Comparer numériquement Y0 = Y0 et Ys le module de l’admittance Ys = 1/(Zm +Zc ) lorsque ω = ωs . Commenter
l’écart entre ωs et ωr .
5 - Une modification de la charge mécanique du moteur provoque une variation de la résistance Rc de l’ordre d’une
dizaine d’ohms. Cette variation a-t-elle un effet significatif sur la fréquence de résonance en courant ? En quoi est-ce
un avantage pour le fonctionnement du moteur ?

2/3 Étienne Thibierge, 22 janvier 2018, [Link]


TD E6 : Analyse fréquentielle, résonances Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 4 : Suspension d’un VTT [♦]


m Le but de cet exercice est d’étudier les caractéristiques d’une suspension de
VTT. Le VTT est modélisé par un solide de masse m décrivant le cadre et le
z vététiste, repéré par la position d’un point M , posé sur une unique suspension.
M L’effet de la roue arrière n’est pas pris en compte.
ressort La suspension est modélisée par un ressort de raideur k et de longueur à
amortisseur vide L0 attaché en M dont l’autre extrémité est fixée au centre C de la roue,
qui suit exactement le profil du chemin. Les positions de M et C sont repérées
par leurs abscisses z et z0 sur un axe vertical Oz ascendant tel que z0 = 0 corres-
z0 roue ponde à la position moyenne du chemin. Outre le ressort, la suspension contient
C un amortisseur fluide de coefficient d’amortissement α. L’effet de l’amortisseur
sur le mouvement de M se modélise par une force
#”
F a = −α(vz − vz0 ) #”
uz

où vz = ż et v0 = ż0 sont les vitesses verticales respectives de M et C. La


raideur k et le coefficient α peuvent être réglés par l’intermédiaire de la pression
en huile et en air dans la suspension.
1 - Lorsque le VTT se déplace sur une route plate et lisse, z0 = 0, et la cote z
est constante, de valeur ze , en régime dit stabilisé. Déterminer ze en fonction de
m, g, k et L0 .
2 - Considérons maintenant le VTT se déplaçant sur un chemin bosselé. On pose Z(t) = z(t) − ze . Montrer que Z(t)
vérifie une équation différentielle de la forme

mZ̈ + αŻ + kZ = F (t) ,

où F (t) est une fonction à déterminer, dépendant de z0 , de v0 et des constantes α et k caractéristiques de la suspension.
Préciser le sens physique de F .
3 - On considère le cas où le profil du chemin est tel que F (t) est une fonction sinusoïdale d’amplitude Fm et de
pulsation ω.
3.a - Pourquoi ne perd-on pas en généralité en faisant cette hypothèse ?
3.b - Justifier que la vitesse v d’oscillation verticale du VTT est également sinusoïdale de même pulsation que F .
Cacluler son amplitude Vm en fonction de Fm .
4 - La fonction de transfert de la suspension est définie par H = Z/z0 , et on introduit les paramètres adimensionnés
r
k α ω
ω0 = , ξ= √ et u= .
m 2 mk ω0

Que représente physiquement H ? Exprimer H en fonction de ξ et u.


|H(u)|
Pour un VTT se déplaçant à la vitesse (horizontale !) V sur un chemin fait de
1 cailloux de taille typique `, le spectre d’excitation est maximal autour de ω = 2πV /`.
La figure ci-contre représente l’allure de |H(u)| pour ξ = 1.
u 5 - Pour un meilleur confort, vaut-il mieux rouler vite ou lentement ? Commenter.
0,75

3/3 Étienne Thibierge, 22 janvier 2018, [Link]


TD E6 : Analyse fréquentielle, résonances Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4/3 Étienne Thibierge, 22 janvier 2018, [Link]


Électronique 6 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Analyse fréquentielle des systèmes linéaires,


phénomènes de résonance

Exercices
Exercice 1 : Circuit bouchon
1 Les impédances s’ajoutant en série,
1
Zs = r + jLω + .
jCω
En factorisant par r,
jLω 1
 
Zs = r 1 + + .
r jrCω
À partir des expressions données de Q et ω0 , on identifie
Q L Lω02 L 1
= et Qω0 = = = .
ω0 r r rLC rC

« L’astuce » qui consiste à exprimer Qω0 et ω0 /Q en fonction des composants pour pouvoir identifier
sert très souvent. Il peut être bon de la retenir.

On en déduit
jQω Qω0
 
Zs = r 1 + +
ω0 jω
et en factorisant de nouveau   
ω ω0
Zs = r 1 + jQ − .
ω0 ω

Pour partir dans la bonne direction sur cette question, il est nécessaire d’avoir déjà une certaine idée
du résultat ...

2 En sommant les admittances montées en parallèle,


1 1 1 + jCω(r + jLω)
= jCω + =
Z r + jLω r + jLω
d’où
r + jLω
Z= .
1 + jCω(r + jLω)
Factorisons par r au numérateur et par jCω au dénominateur :
jLω
 
r 1+
r
Z= .
1

jCω + r + jLω
jCω
On en déduit directement la forme cherchée
jQω
 
r
Z= 1+ .
jCω Zs ω0

3 Compte tenu des hypothèses,


jQω jQω
1+ ' ,
ω0 ω0

1/6 Étienne Thibierge, 22 janvier 2018, [Link]


Correction TD E6 : Analyse fréquentielle, résonances Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

donc
jrQω rQ
Z' = .
jCωω0 Zs Cω0 Zs

Or on a montré à la question 1 que


1 1
Qω0 = donc Cω0 =
rC rQ
et ainsi
Q2 r2
Z' .
Zs

4 D’après la question précédente, |Z| est maximal lorsque Zs est minimal. Or d’après la question 1,
s  2
ω ω0
Zs = r 1+ Q2 − .
ω0 ω

Ainsi |Z| est maximal lorsque le terme entre parenthèses est nul, soit pour ω = ω0 .
À cette pulsation, Zs = r, et ainsi
Z = Q2 r .

Le dipôle est donc équivalent à une résistance Q2 r  r qui peut être très élevée : le circuit bloque le passage
du courant, d’où la dénomination de circuit bouchon.
Pour des ordres de grandeurs accessibles en TP, la résistance interne d’une bobine est de l’ordre de
quelques dizaines d’ohms et le facteur de qualité atteint sans problème 20. On obtient donc une résis-
tance effective de plusieurs dizaines de kiloohms.

5 En utilisant les amplitudes complexes, et comme ω = ω0 ,

1 E0
IC = YC E = jCω0 E0 = j ω0 E0 = j .
rQω0 rQ

On en déduit IC = E0 /rQ et arg IC = +π/2, d’où

E0  π
iC (t) = cos ω0 t + .
rQ 2

Si Q est très élevé, l’amplitude est comme attendue très faible.


De même, on exprime

1 1 1
IL = YL E = E0 =  E0 ' E0 .
r + jLω0 jLω0 jQr

r 1+
r

On en déduit IL = E0 /rQ et arg IL = −π/2, d’où

E0  π
iL (t) = cos ω0 t − .
rQ 2

On constate que les deux intensités sont d’amplitude proportionnelle à 1/Q et sont donc très faibles, comme
attendu. De plus, iC et iL sont en opposition de phase et de même amplitude : leur somme iC + iL est donc
nul, le circuit bouchon n’est traversé par aucun courant à la pulsation de résonance, ce qui explique à nouveau sa
dénomination.
Le dernier point n’est pas tout à fait exact, car l’expression de iL est une approximation ... mais dans
tous les cas, le courant qui traverse le circuit est très faible.

2/6 Étienne Thibierge, 22 janvier 2018, [Link]


Correction TD E6 : Analyse fréquentielle, résonances Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 2 : Circuit RLC série forcé en courant


1 La tension U est reliée au courant I par l’intermédiaire de l’impédance complexe de l’association RLC série,
U = Z I. Cette impédance s’écrit simplement
1
Z = ZR + ZL + ZC = R + jLω − .
jCω
En factorisant,
jLω 1
 
Z =R 1+ + .
R jRCω
Par identification selon ω avec la forme donnée par l’énoncé,
jLω jQω 1 jQω0 Qω0
= et =− = .
R ω0 jRCω ω jω
On en déduit
Q L 1
= et Qω0 = .
ω0 R RC
On en déduit par substitution
r
1 1 L
ω0 = √ et Q= .
LC R C

2 On a
s  2
Um ω ω0
= |Z| = R 1 + Q2 − .
Im ω0 ω
Dans les deux limites ω → 0 et ω → ∞, l’amplitude Um diverge. Ainsi, elle ne passe (probablement) pas par un
maximum entre ces deux limites. En revanche, la parenthèse contient une différence, qui peut s’annuler. La parenthèse
étant mise au carré, 0 est évidemment sa valeur minimale, atteinte lorsque

ω = ωa = ω0 .

Ce minimum existe toujours : l’existence de l’anti-résonance ne dépend pas du facteur de qualité.


Pour ω = ωa , l’impédance complexe du circuit est réelle positive : Z = R. Le déphasage entre u et i, égal à arg Z,
est donc nul.

3 D’après la question précédente,


s  2
ω ω0
|U | = R 1+ Q2 − Im
ω0 ω
Cherchons les pulsations limites.

|U (ω1,2 | = 2 |U (ωa |
s 2


ω1,2 ω0
R 1 + Q2 − Im = 2RIm
ω0 ω1,2
 2
ω1,2 ω0
1 + Q2 − =2
ω0 ω1,2
 
ω1,2 ω0
Q − = ±1
ω0 ω1,2
Pour faciliter l’écriture, on pose x = ω1,2 /ω0 . On cherche donc à résoudre
1
 
Q x− = ±1
x
ou encore
1 1
x−=±
x Q
Les deux valeurs de x solutions de cette équation donnent les deux pulsations limite. Comme toujours, il faut
transformer cette équation fractionnaire en équation polynômiale,
x
x2 ± −1=0
Q

3/6 Étienne Thibierge, 22 janvier 2018, [Link]


Correction TD E6 : Analyse fréquentielle, résonances Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Cette équation a un discriminant


1
∆= + 4 > 0.
Q2
On trouve alors quatre solutions mathématiquement possibles pour les pulsations réduites x

1 ∆
x± = ± ±
2Q 2
√ 1 1
r
mais seules deux sont physiquement acceptables car x > 0. Comme ∆ = −4 < alors ces deux solutions
Q2 Q
sont √
∆ 1
x± = ± d’où ω1,2 = ω0 x±
2 2Q
et on en déduit finalement
ω0 −ω0 ω0
∆ω = ω2 − ω1 = − d’où ∆ω = .
2Q 2Q Q

4 Estimer la fréquence propre est beaucoup plus précis à partir de la courbe de phase que de la courbe d’amplitude,
puisque d’après la question 2, il suffit de repérer la fréquence pour laquelle ϕ = 0. On lit alors

f0 = 1,8 kHz .

Pour déterminer le facteur de qualité, on estime la largeur en fréquence de la résonance à partir de la courbe
d’amplitude : par définition, Um /Im = |Z|.√À l’anti-résonance, on lit graphiquement Um /Im = 5 · 102 Ω, donc f1 et
f2 sont les fréquences telles que Um /Im = 2 × 5 · 102 Ω = 7 · 102 Ω. On lit sur la figure

f1 = 1,3 kHz et f2 = 2,5 kHz

On en déduit
ωa fa
Q= = = 1,5
∆ω ∆f

Exercice 3 : Résonance en courant d’un moteur


1 Voir figure 3

R C L
I

V R0 C0 Rc

Figure 3 – Schéma complet du modèle électrique de moteur.

2 L’impédance Zs de l’ensemble série vaut

1 1
 
Zs = R + + jLω + Rc = (R + Rc ) + j Lω − .
jCω Cω
On cherche une résonance en courant, sous-entendu à V fixé : la fonction de transfert à considérer est l’admittance,
dont le module est maximal quand celui de l’impédance est minimal. Xomme sa partie réelle ne dépend pas de ω, le
minium est atteint pour la pulsation qui annule la partie imaginaire. Ainsi,

1 1 1
Lωs − =0 soit Lωs = d’où LCωs2 = 1 donc ωs = √ .
Cωs Cωs LC

3 Par définition de l’admittance, I = Y V , donc en termes d’amplitude Im = Y Vm . Comme la tension d’alimentation


est fixée, l’amplitude du courant dans le moteur est maximale lorsque Y est maximal. Par lecture graphique, on
constate que la résonance est atteinte pour x ' 1, soit

ωr ' ωs = 2,2 · 105 rad · s−1 d’où fr = 36 kHz .

4/6 Étienne Thibierge, 22 janvier 2018, [Link]


Correction TD E6 : Analyse fréquentielle, résonances Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4 On trouve
s
1 1
Y0 (ωs ) = + jCωs soit Y0 = + C 2 ωs2 = 1,8 · 10−3 Ω−1
R0 R02
et comme d’après la question 2 Zs = R + Rc à la résonance, alors

1
Ys = = 1 · 10−2 Ω−1 .
R + Rc
On en conclut que l’admittance Y0 est bien plus faible que l’admittance Ys , ce qui justifie d’avoir

Y = Y0 + Ys ' Ys

et donc que la fréquence de résonance du moteur soit quasiment égale à la fréquence de résonance de l’impédance
motionelle.

5 Suite à cette modification de la charge, Zs = R + Rc varie de 10 % tout au plus, et il en est donc de même
pour Ys . On a donc toujours Ys  Y0 , ce qui permet toujours d’assimiler la fréquence de résonance du moteur à celle
de son impédance motionnelle. Comme Rc n’intervient pas dans l’expression de ωs , on en déduit que la fréquence
de résonance du moteur ne change pratiquement pas sous l’effet de la variation de charge. C’est un avantage
pour le fonctionnement du moteur car la fréquence de l’alimentation n’a pas besoin d’être adaptée à la
charge mécanique du moteur.

Exercice 4 : Suspension d’un VTT


Tout au long de l’exercice, le système étudié est l’ensemble du cadre et du vététiste, en mouvement par rapport
#” #”
au référentiel terrestre que l’on considère galiléen. Ce système est soumis à son poids P , à la force F r de rappel du
#”
ressort de la suspension et à la force F a exercée par l’amortisseur.

1 Comme z = ze et z0 = 0 sont des constantes, l’amortisseur n’exerce aucune force sur le vététiste, et la longueur
du ressort est égale à z. La position d’équilibre est celle où la force exercée par le ressort sur M compense exactement
le poids du VTT, soit

#” #” #” #” mg
P + Fr = 0 soit − mg #”
uz − k(ze − L0 ) #”
uz = 0 donc ze = L0 − .
k

Le ressort est plus court qu’à vide, ce qui est logique à cause du poids du vélo et du vététiste.

2 Appliquons la loi de la quantité de mouvement au cadre du VTT dans le référentiel terrestre. Il est soumis à son
poids et aux forces exercées par le ressort et l’amortisseur. Ainsi,
d #”
p #” #” #”
= P + Fr + Fa soit mz̈ #”
uz = −mg #”
uz − k [(z − z0 ) − L0 ] #”
uz − α(ż − z˙0 ) #”
uz .
dt
En projetant et en remplaçant z par Z + ze (donc Ż = ż et Z̈ = z̈), on obtient

mZ̈ + αŻ + kZ = −mg − k(ze − z0 ) + kL0 − αż0

ce qui donne en remplaçant ze par son expression

mZ̈ + αŻ + kZ = F avec F = kz0 + αż0

F s’interprète comme une force verticale ressentie par le cadre en raison du caractère non plat du chemin. Vous avez
tous déjà ressenti cet effet en voiture, par exemple en passant sur un dos d’âne.

3.a L’équation différentielle est linéaire. Le théorème de Fourier permet donc d’écrire toute solution comme une
somme de ses solutions harmoniques.

3.b Le VTT est en mouvement forcé, par un forçage F sinusoïdal. Une fois le régime permanent atteint, ce qui
est implicitement supposé, toutes les grandeurs dynamiques sont sinusoïdales de même pulsation que le forçage, et
en particulier la vitesse vz .
On utilise la représentation complexe pour déterminer son amplitude : F = Fm ejωt et vz = Vm ej(ωt+ϕ) .
Comme vz = ż = Ż, v = jωZ. Passons l’équation différentielle obtenue en représentation complexe,
vz
m(jω)2 Z + αjωZ + kZ = F d’où mjωvz + αvz + k =F,

5/6 Étienne Thibierge, 22 janvier 2018, [Link]


Correction TD E6 : Analyse fréquentielle, résonances Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

et ainsi
F
vz =
jk
mjω + α −
m
L’amplitude de la vitesse est au final

Fm
V m = vz = s  2
2
k
α + mω −
ω

4 H est une fonction de transfert mécanique. Elle représente la façon dont les oscillations du chemin (via z1 )
se répercutent sur le cadre (via Z) par l’intermédiaire de la suspension, et sont donc ressenties par le vététiste.
Comme vz = jωZ et F = kz0 + jωαz0 , on obtient en remplaçant

kz0 + jωαz0
jωZ =
jk
mjω + α −
m
d’où
Z k + jαω
H= =
z0 k + jαω − mω 2

En utilisant α = 2ξ mk et en divisant numérateur et dénominateur par k, on aboutit à

1 + 2jξu
H(u) =
1 − u2 + 2jξu

5 Pour ressentir le moins possible les vibrations dues aux cailloux, il faut que |H| soit aussi petit que possible, et
éviter absolument la situation de résonance. D’après la figure, cela correspond à u  1, soit une pulsation ω élevée,
donc à une vitesse élevée. Pour minimiser les vibrations, il faut donc rouler aussi vite que possible sur
les cailloux. Évidemment, il en va tout autrement de l’adhérence !

6/6 Étienne Thibierge, 22 janvier 2018, [Link]


Électronique 7 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Filtrage linéaire

Exercices
Exercice 1 : Filtre RL [♦♦]
On considère le circuit ci-contre avec R = 1,0 kΩ et L = 10 mH.
R 1 - Quel type de filtre ce circuit permet-il de réaliser ?
2 - Déterminer sa fonction de transfert et l’écrire sous la forme
e L s
j ωωc
H = H0 .
1 + j ωωc
3 - Déterminer les pentes des asymptotes en gain dans les limites haute et basse fréquence, ainsi que leur ordonnée
« à l’origine » en x = 1. Construire le diagramme de Bode asymptotique en gain sur la figure 1 et en déduire l’allure
du diagramme réel.

0
1.5
GdB (dB)

ϕ (rad)

−10 1

0.5
−20

10−2 10−1 100 101 102 10−2 10−1 100 101 102
x = ω/ωc x = ω/ωc

Figure 1 – Diagramme de Bode du filtre RL.

4 - La tension e s’écrit sous la forme d’une somme de trois harmoniques de même amplitude, de même phase initiale,
et de fréquences respectives f1 = 100 Hz, f2 = 1 kHz et f3 = 100 kHz. Donner la forme du signal d’entrée e puis du
signal de sortie s.
5 - La tension e(t) est maintenant un signal triangle de fréquence 60 Hz. Justifier que s(t) est un signal créneau de
même fréquence.

Exercice 2 : Filtre passe-haut d’ordre 2 [♦♦]


1 - Justifier que ce filtre est un filtre passe-haut. Définir sa pulsation caractéristique ω0
C
R et son facteur de qualité Q.
2 - Déterminer sa fonction de transfert et l’écrire sous la forme
e L s
jQx ω
H= avec x= .
1 + jQ x − x1

ω0
3 - Déterminer la pente des asymptotes du diagramme de Bode en gain. Tracer qualitativement son allure en
supposant que le facteur de qualité est tel que le circuit n’est pas résonant.
4 - Ce filtre peut-il avoir un comportement dérivateur ? intégrateur ?

1/5 Étienne Thibierge, 24 janvier 2018, [Link]


TD E7 : Filtrage linéaire Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 3 : Lecture de diagrammes de Bode [♦♦]


1 - Pour les quatre diagramme de Bode ci-dessous, indiquer le type de filtre dont il s’agit.
2 - Identifier l’ordre du filtre et sa fréquence caractéristique.
3 - On envoie en entrée de chacun des filtres le signal
 π  π
e(t) = E0 + E0 cos(ωt) + E0 cos 10 ωt + + E0 cos 100 ωt −
4 3
où la fréquence f = ω/2π vaut 1 kHz. Déterminer l’expression du signal s(t) de sortie du filtre.

3
0 2
1
GdB (dB)

−10

ϕ (rad)
−20 0
−30 −1
−40 −2
−3
10−2 10−1 100 101 102 103 104 10−2 10−1 100 101 102 103 104
f (kHz) f (kHz)

3
0 2
1
GdB (dB)

−10
ϕ (rad)

−20 0
−30 −1
−40 −2
−3
10−2 10−1 100 101 102 103 104 10−2 10−1 100 101 102 103 104
f (kHz) f (kHz)

3
0 2
1
GdB (dB)

−10
ϕ (rad)

−20 0
−30 −1
−40 −2
−3
10−2 10−1 100 101 102 103 104 10−2 10−1 100 101 102 103 104
f (kHz) f (kHz)

3
0 2
1
GdB (dB)

−10
ϕ (rad)

−20 0
−30 −1
−40 −2
−3
10−2 10−1 100 101 102 103 104 10−2 10−1 100 101 102 103 104
f (kHz) f (kHz)

2/5 Étienne Thibierge, 24 janvier 2018, [Link]


TD E7 : Filtrage linéaire Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 4 : Conception d’un filtre de signaux acoustiques [♦]


Un dispositif de traitement de signaux acoustiques nécessite la séparation de composantes sonores et ultrasonores.
On souhaite éliminer les composantes ultrasonores : il faut donc réaliser un filtre passe-bas. Le cahier des charges du
dispositif indique les caractéristiques suivantes.
. Fréquence de coupure 20 kHz ;
. Gain nominal 0 dB ;
. L’atténuation des fréquences comprises entre 0 et 20 kHz doit être inférieure à 3 dB ;
. L’atténuation des fréquences supérieures à 40 kHz doit être supérieure à 10 dB.
1 - Tracer le gabarit de ce filtre.
2 - Le filtre le plus simple serait un passe-bas du premier ordre de fréquence de coupure fc = 20 kHz. On rappelle
que la fonction de transfert d’un tel filtre s’écrit sous forme réduite
1 f
H(x) = avec x=
1 + jx fc
2.a - Rappeler ou retrouver la pente des asymptotes du diagramme de Bode en gain de ce filtre et calculer son gain
à la fréquence de coupure.
2.b - Montrer qu’il ne peut satisfaire au cahier des charges imposé. Justifier qu’il est nécessaire d’utiliser un filtre
d’ordre plus élevé.
3 - On se tourne alors vers un filtre passe-bas du second ordre de fonction de transfert
1
H(x) = x
1 + j − x2
Q
3.a - Rappeler ou retrouver la pente des asymptotes du diagramme de Bode en gain de ce filtre. Peut-il satisfaire
au cahier des charges imposé ?
3.b - Calculer le gain en décibel de ce filtre pour f = fc . En déduire les valeurs de Q permettant de satisfaire au
cahier des charges.

Annales de concours
Exercice 5 : Filtre de Wien [oral CCP, ♦]
C On s’intéresse au filtre de Wien représenté ci-contre. Ce type de filtre est
R notamment utilisé dans des oscillateurs auto-entretenus assez simples à réaliser :
vous y reviendrez dans le cours d’électronique de PT.
e R C s 1 - Par analyse des comportements asymptotiques, déterminer le type de filtre
dont il s’agit.
2 - Déterminer la fonction de transfert H du filtre.
3 - On pose ω0 = 1/RC et x = ω/ω0 . Écrire la fonction de transfert sous la forme

H0
H= ,
1

1 + jQ x −
x

en précisant ce que valent H0 et Q.


4 - Calculer simplement le gain maximal du filtre, exprimer sa valeur de dB, et calculer le déphasage correspondant.
5 - Représenter le diagramme de Bode asymptotique du filtre et en déduire qualitativement le tracé réel.
6 - Calculer la pulsation propre ω0 pour R = 1,0 kΩ et C = 500 nF. Donner le signal de sortie du filtre si le signal
d’entrée est
e(t) = E0 + E0 cos(ωt) + E0 cos(10 ωt) + E0 cos(100 ωt)
avec E0 = 10 V et ω = 200 rad · s−1 .

3/5 Étienne Thibierge, 24 janvier 2018, [Link]


TD E7 : Filtrage linéaire Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 6 : Modélisation d’un récepteur radio [oral banque PT, ♦]


Un récepteur radio doit capter les signaux sur une gamme de fréquence allant de 150 à 300 kHz. Il peut être
modélisé par un circuit RLC série avec R = 2 kΩ et L = 1 mH.
1 - Quel type de filtrage doit-il réaliser ? En déduire le dipôle aux bornes duquel la tension de sortie doit être mesurée.
2 - Établir la fonction de transfert du filtre.
3 - Déterminer les valeurs de C répondant aux attentes.

Exercice 7 : Filtre RLC [oral banque PT, ♦]


1 - Identifier sans calcul la nature du filtre du montage figure 2.
2 - Déterminer la fonction de transfert sous la forme
jx
− x2
Q ω
H= avec x=
jx ω0
1+ − x2
Q
Identifier la fréquence de résonance ω0 et le facteur de qualité Q.
3 - On donne le diagramme de Bode du filtre figure 2. Expliquer les valeurs prises par la pente en haute et basse
fréquence. Déterminer la valeur de Q.
4 - On met un signal triangulaire en entrée. Pour le même signal d’entrée mais pour deux valeurs différentes de R,
on obtient un signal carré très atténué puis un signal formé d’une succession d’impulsions. Expliquer.

20
C
0
GdB (dB)

R −20

ve vs −40

L −60

−80
10−3 10−2 10−1 100 101 102 103
x = ω/ω0
Figure 2 – Schéma et diagramme de Bode asymptotique d’un filtre RLC.

Exercice 8 : Fréquence centrale d’un passe-bande [écrit banque PT 2015, ♦]


R0 Le sujet concerne l’étude de capteurs de position reposant sur des
effets capacitifs : le déplacement sur un axe x du système d’intérêt mo-
u1 (t) R L C u2 (t) difie la capacité C d’un condensateur, inséré dans le filtre ci-contre. La
fréquence centrale de la bande passante du filtre permet de déterminer
la fréquence d’oscillation d’un oscillateur non représenté.

Ce filtre a pour fonction de transfert complexe


A0
H=
1
 
1 + jQ ξ −
ξ
avec A0 = 0,1, Q = 25, ξ = ω/ω0 et on donne log 25 ' 1,4.
1 - Donner les équations des deux asymptotes hautes et basses fréquences du gain en décibels de ce filtre.
2 - Représenter le diagramme de Bode (en amplitude uniquement) donnant le gain en décibel en fonction de log ξ.
3 - Préciser la nature de ce filtre.
4 - Exprimer, à partir du schéma, la fonction de transfert H en fonction de ω et des valeurs caractéristiques des
composants de ce filtre. Par identification, donner les expressions littérales de ω0 et Q en fonction des valeurs
caractéristiques des composants.

4/5 Étienne Thibierge, 24 janvier 2018, [Link]


TD E7 : Filtrage linéaire Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

On utilise le dispositif complet pour suivre les déplacements x de la partie mobile d’un capteur capacitif dont la
capacité est donnée par la loi  
|x|
C(x) = C0 1 −
L
avec C0 = 10 µF et L = 10 mm. Ce capteur forme le condensateur. Les composants sont choisis tels que le montage
oscille à la fréquence fosc , égale à la fréquence centrale de la bande passante du filtre, liée à la capacité C par la
relation
D
fosc = √ avec D = 1H−1/2 .
C
À la position de référence du capteur (x = 0), la fréquence d’oscillation est f0 .
5 - Montrer par un développement limité que pour un petit déplacement x (|x| /L  1) la fréquence d’oscillation
peut se mettre sous la forme fosc ' a |x| + b, et expliciter a et b en fonction des données.
Le développement limité à utiliser est le suivant : pour |ε|  1 et α réel,

(1 + ε)α ' 1 + αε .

Compte tenu de l’expression de fosc , on aura ici ε = |x| /L et α = −1/2. À vous de les faire apparaître
dans les équations !

6 - On note ∆f = fosc − f0 la variation de fréquence liée à un déplacement. La plus petite variation détectable
est ∆fmin = 3 Hz. Quel est le plus petit déplacement détectable ?

5/5 Étienne Thibierge, 24 janvier 2018, [Link]


TD E7 : Filtrage linéaire Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

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Électronique 7 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Filtrage linéaire

Exercices
Exercice 1 : Filtre RL
1 Analyse asymptotique par équivalence :
. à très basse fréquence, la bobine est équivalente à un fil, donc S = 0 ;
. à très haute fréquence, la bobine est équivalente à un interrupteur ouvert, donc le courant dans le filtre est nul et
on déduit de la loi des mailles s = e.
Conclusion : le filtre est a priori un filtre passe-haut.

2 Utilisons un pont diviseur de tension en représentation complexe,

j ωωc
(
S jLω jR
L
ω H0 = 1
H= = = soit H = H0 avec
E R + jLω 1 + jR
L
ω 1+ j ωωc ωc = R/L

3 Simplifions la fonction de transfert dans la limite très basse fréquence ω  ωc ,


j ωωc ω ω
H∼ ∼j donc |H| =
1 ωc ωc
Ainsi,
GdB (ω) = 20 log |H| = 20 log x
Comme l’axe des abscisses d’un diagramme de Bode est une échelle logarithmique (en d’autres termes l’abscisse est
log x), on en déduit directement que la pente de l’asymptote à basse fréquence est de pente +20 dB/décade
et qu’elle passe par le point GdB = 0 en x = 1.
De même dans la limite très haute fréquence ω  ωc ,
ω
j
ω
H ∼ ωc = 1 . d’où GdB (ω) = 20 log 1 = 0 .
j
ωc
L’asymptote haute fréquence est donc une asymptote horizontale.
L’allure du diagramme de Bode est représentée figure 3.

0
GdB (dB)

−10

−20

10−2 10−1 100 101 102


x = ω/ωc

Figure 3 – Diagramme de Bode du filtre RL.

4 Comme les trois harmoniques sont de même amplitude et en phase

e(t) = E0 [cos(2πf1 t) + cos(2πf2 t) + cos(2πf3 t)] .

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D’après les valeurs numériques données, la pulsation de coupure du filtre vaut

R ωc
ωc = = 1,0 · 105 rad · s−1 soit fc = = 16 kHz .
L 2π

Rappel de cours : Pour un signal d’entrée


X
e(t) = En cos(ωn t + ϕn )
n

le signal de sortie du filtre s’écrit


X
s(t) = |H(ωn )| En cos (ωn t + ϕn + arg H(ωn ))
n

où |H(ωn )| = 10GdB (ωn )/20 et arg H(ωn ) = ϕ(ωn ).

Comme x1 = f1 /fc = 6 · 10−3 , la composante associée est très atténuée : le gain n’est même pas représenté
sur le diagramme donné. On peut donc négliger sa contribution au signal de sortie. De même, la contribution de
fréquence f2 (soit x2 = 6 · 10−2 ) est atténuée d’environ 22 dB, ce qui correspond à un facteur multiplicatif 1/12. Elle
est de plus déphasée d’environ 1,5 rad. Enfin la contribution de fréquence f3 (soit x3 = 6,25) est associée à un gain
à peu près nul, signe qu’elle n’est pas atténuée, mais on peut estimer son déphasage à 0,2 rad. Ainsi,

E0
s(t) = cos (2πf2 t + 1,5) + E0 cos(2πf3 t + 0,2) .
12

5 La fréquence du signal est bien plus faible que la fréquence de coupure du filtre, qui est dans son domaine
asymptotique, décrit par une pente de 20 dB/décade dans le diagramme de Bode. En repassant en représentation
temporelle, cela indique que le circuit se comporte en dérivateur,

de
s(t) ∝ .
dt
La pente d’un signal triangle étant constante, alternativement positive et négative, le signal dérivé présente des
plateaux alternativement positifs et négatifs, ce qui est bien un signal créneau de même fréquence que le signal
triangle.

Exercice 2 : Filtre passe-haut d’ordre 2


1 Analysons qualitativement les régimes asymptotiques.
. à très basse fréquence, la bobine est équivalente à un fil donc S = 0 ;
. à très haute fréquence la bobine est équivalente à un interrupteur ouvert, ce qui empêche tout courant de parcourir
le circuit. Comme par le condensateur est équivalent à un fil, on déduit de la loi des mailles S = E.
Conclusion : il s’agit bien d’un filtre passe-haut.

2 D’après la relation du pont diviseur de tension,

L
S jLω j ω
H= = = R
E 1 1 L
R+ + jLω 1+ +j ω
jCω jRCω R

Pour faire apparaître la forme souhaitée, on multiplie le numérateur et le dénominateur par 1 = ω0 /ω0 , ce qui permet
d’écrire
Lω0
j x
H= R
1 Lω0
1+ +j x
jRCω0 x R
q √
Comme pour ce circuit RLC série Q = R1 C L
et ω0 = 1/ LC, on en identifie
r
Lω0 L RC C 1
= √ =Q et RCω0 = √ =R = .
R R LC LC L Q

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ce qui permet enfin de faire apparaître la forme souhaitée,

jQx
H=
1 + jQ x − x1


3 Simplifions la fonction de transfert dans les deux limites asymptotiques. À très basse fréquence (ω  ω0 ou
x  1),
jQx
H∼ ∼ −x2 donc GdB ∼ 20 log x2 = 40 log x
−jQ/x
La pente de l’asymptote très basse fréquence est donc de +40 dB/décade. De même, dans la limite très haute
fréquence x  1,
jQx
H∼ ∼1 donc GdB ∼ 0
jQx
L’asymptote très haute fréquence est
√ donc horizontale. Le diagramme de Bode asymptotique et le diagramme de
Bode réel (tracé pour Q = 1/2 < 1/ 2) sont représentés figure 4.

3
0 2
1
GdB (dB)

−10
ϕ (rad)
−20 0
−30 −1
−40 −2
−3
10−2 10−1 100 101 102 10−2 10−1 100 101 102
x x

Figure 4 – Diagramme de Bode du filtre RLC passe-haut d’ordre 2. Tracé pour Q = 1/2, diagramme de Bode en
phase ajouté pour information.

4 Le comportement intégrateur ou dérivateur d’un filtre se traduit en termes de diagramme de Bode par une
asymptote de pente ±20 dB/décade, ce qui n’est pas le cas ici : il n’existe aucun domaine de fréquence dans
lequel ce filtre a un comportement d’intégrateur ou de dérivateur.

Exercice 3 : Lecture de diagrammes de Bode


Rappel de cours : Pour un signal d’entrée
X
e(t) = En cos(ωn t + ϕn )
n

le signal de sortie du filtre s’écrit


X
s(t) = |H(ωn )| En cos (ωn t + ϕn + arg H(ωn ))
n

où |H(ωn )| = 10GdB (ωn )/20 et arg H(ωn ) = ϕ(ωn ).

Pour faciliter la rédaction on note e(t) = e0 + e1 (t) + e10 (t) + e100 (t) et de même pour le signal de sortie s. Ainsi,
par linéarité, chaque composante en du signal d’entrée donne une composante sn au signal de sortie.

• Premier filtre :
D’après l’allure du diagramme de Bode, il s’agit d’un filtre passe-haut, de fréquence caractéristique f0 de
l’ordre de 10 kHz. Son asymptote TBF a pour pente 40 dB/décade, il s’agit donc d’un filtre d’ordre 2.
Reconstruisons le signal de sortie :
. Le terme constant e0 est complètement coupé par le filtre, s0 = 0.
. L’harmonique de fréquence f est atténuée de 40 dB et peut donc être négligée dans le signal de sortie (40 dB
correspond à une division par 100), soit s1 (t) ' 0.

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. L’harmonique de fréquence 10f est atténuée de 10 dB, ce qui correspond à un gain en amplitude de 10−GdB /20 =
10−1/2 ' 0,3, et elle est également déphasée de +π/2, donc


 
 π π
s10 (t) = 0,3E0 cos 10 ωt + + = 0,3E0 cos 10 ωt +
4 2 4

. l’harmonique de fréquence 100f n’est presque pas atténuée ni déphasée, donc


 π
s100 (t) ' e100 (t) = E0 cos 100 ωt −
3
Finalement,

   π
s(t) = 0,3E0 cos 10 ωt + + E0 cos 100 ωt −
4 3

• Deuxième filtre :
D’après l’allure du diagramme de Bode, il s’agit d’un filtre passe-haut, de fréquence caractéristique f0 de
l’ordre de 0,1 kHz. Son asymptote TBF a pour pente 40 dB/décade, il s’agit donc d’un filtre d’ordre 2, ce qui
est confirmé par la présence de la résonance.
Pour reconstruire le signal de sortie, il suffit de remarquer que la fréquence f est d’une décade supérieure à la
fréquence propre du filtre. Un signal harmonique de cette fréquence n’est presque pas atténué ni déphasé par le filtre,
et c’est encore plus vrai pour les signaux de fréquence 10 f et 100 f . En revanche, le terme constant est coupé par le
filtre. Ainsi,
 π  π
s(t) = E0 cos(ωt) + E0 cos 10 ωt + + E0 cos 100 ωt −
4 3

• Troisième filtre :
Ce filtre laisse passer les basses et les hautes fréquences, mais coupe une bande de fréquence intermédiaire : il
s’agit d’un filtre coupe-bande dont la fréquence coupée vaut 1 kHz. Vous n’avez pas à savoir identifier l’ordre d’un
tel filtre : pour information, il s’agit d’un ordre 2.
La composante e1 est exactement de la fréquence coupée : elle ne contribue donc pas du tout au signal de sortie,
c’est-à-dire s1 = 0. Les autres composantes harmoniques du signal d’entrée, y compris la composante continue, sont
de fréquence suffisamment différente de la fréquence coupée pour n’être ni atténuée ni déphasée. La signal de sortie
s’écrit donc sous la forme  π  π
s(t) = E0 + E0 cos 10 ωt + + E0 cos 100 ωt −
4 3

• Quatrième filtre :
Le diagramme de Bode est celui d’un filtre passe-bas de fréquence de coupure fc = 100 Hz. L’asymptote
très haute fréquence a une pente de −20 dB/décade, le filtre est donc du premier ordre.
Le terme constante e0 passe au travers du filtre sans être modifié. Les termes suivants sont de fréquence suffisam-
ment supérieure à la fréquence de coupure pour que le diagramme de Bode puisse être approximé par son asymptote.
On peut alors déterminer le signal de sortie comme dans le cas du premier filtre, mais il y a plus simple : comme le
filtre est d’ordre 1, alors il se comporte comme un intégrateur pour les signaux de fréquence supérieure à sa fréquence
de coupure. En déduire le signal de sortie est donc très simple,
ωc ωc  π ωc  π
s(t) = E0 + E0 sin(ωt) + E0 sin 10 ωt + + E0 sin 100 ωt −
ω 10 ω 4 100 ω 3

Attention à ne pas oublier la pulsation de coupure en préfacteur ... sans quoi les expressions ne sont
pas homogènes.

En écrivant le signal en termes de cosinus, on obtient


ωc  π ωc  π π ωc  π π
s(t) = E0 + E0 cos ωt − + E0 cos 10 ωt + − + E0 cos 100 ωt − −
ω 2 10 ω 4 2 100 ω 3 2
d’où finalement


 
ωc  π ωc  π ωc
s(t) = E0 + E0 cos ωt − + E0 cos 10 ωt − + E0 cos 100 ωt −
ω 2 10 ω 4 100 ω 6

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Exercice 4 : Conception d’un filtre de signaux acoustiques


1 Le gabarit du filtre est représenté figure 5. La condition sur le gain nominal permet d’éliminer la zone colorée
en bleu. La contrainte sur les basses fréquences permet d’éliminer la zone en jaune. La contrainte sur les hautes
fréquences permet enfin d’éliminer la zone colorée en rouge.

GdB (dB)
−10
−20
−30
−40

10−2 10−1 100 101 102 103 104


f (kHz)

Figure 5 – Gabarit du filtre pour signaux acoustiques. Version couleur sur le site de la classe.

2.a Pour un filtre passe bas du premier ordre, le diagramme de Bode en gain a une asymptote horizontale dans
la limite très basse fréquence et une asymptote√ de pente −20 dB/décade dans la limite très haute
fréquence. Pour f = fc , H = 1/(1 + j) donc |H| = 1/ 2 et GdB = −3 dB.

2.b Pour savoir si ce filtre peut satisfaire au cahier des charges, il faut superposer sa courbe de gain au gabarit
du filtre et vérifier qu’elle n’empiète pas sur les zones interdites du gabarit. On voit que ce n’est pas le cas : la
courbe de gain passe dans la zone représentée en rouge sur le gabarit, signe que le passe-bas d’ordre 1 n’atténue pas
suffisamment les fréquences proches de 40 kHz. Pour éviter cela, il faut que l’asymptote très haute fréquence soit plus
inclinée. Or la pente est d’autant plus élevée que l’ordre du filtre est élevé : utiliser un filtre d’ordre supérieur devrait
permettre de résoudre le problème.

0
GdB (dB)

−10
−20
−30
−40

10−2 10−1 100 101 102 103 104


f (kHz)

Figure 6 – Gabarit du filtre pour signaux acoustiques superposé à la courbe en gain d’un passe-bas d’ordre 1.
Version couleur sur le site de la classe.

3.a La courbe de gain d’un filtre passe-bas du second ordre asymptote horizontale dans la limite très basse
fréquence et une asymptote de pente −40 dB/décade dans la limite très haute fréquence. Par contre,
il peut présenter une résonance au voisinage de sa fréquence centrale. Pour voir s’il peut satisfaire au cahier des
charges, on superpose sur la figure 7 le diagramme asymptotique au gabarit, ce qui permet de voir que le diagramme
asymptotique est complètement compris dans le zone permise du gabarit. Ainsi, ce filtre peut potentiellement
satisfaire au cahier des charges.

3.b Lorsque f = fc , c’est-à-dire x = 1,

1
H= donc GdB = 20 log Q .
j/Q

À la fréquence de coupure, il faut

−3 dB ≤ GdB ≤ 0 dB soit 10−3/20 ≤ Q ≤ 100 et 0,71 ≤ Q ≤ 1

5/11 Étienne Thibierge, 24 janvier 2018, [Link]


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GdB (dB)
−10
−20
−30
−40

10−2 10−1 100 101 102 103 104


f (kHz)

Figure 7 – Gabarit du filtre pour signaux acoustiques superposé à la courbe asymptotique en gain d’un passe-bas
d’ordre 2. Version couleur sur le site de la classe.


Notons que si Q > 1/ 2 il y a résonance, c’est-à-dire que la fonction de transfert passe par un maximum
pour fr < f0 , de gain supérieur au gain nominal. La courbe de gain empiète alors sur la zone interdite
bleue du gabarit. Cependant, le gain nominal n’est pas forcément le gain maximal autorisé, mais plutôt
la valeur asymptotique : on peut penser qu’une résonance large et peu marquée est acceptable.

Annales de concours
Exercice 5 : Filtre de Wien [oral CCP]
1 Dans la limite très haute fréquence, les condensateurs sont équivalents à des fils, donc S = 0. Dans la limite
très basse fréquence, les condensateurs sont cette fois équivalents à des interrupteurs ouverts. Aucun courant ne
circule dans les résistances, et ainsi on a également S = 0. Selon toute vraisemblance, ce filtre est donc un filtre
passe-bande.

2 Notons Y l’admittance de l’association R, C parallèle,


1
Y =
+ jCω .
R
En utilisant cette admittance équivalente, on reconnaît un pont diviseur de tension, d’où on déduit
S Z
H= =
E 1
R+ +Z
jCω
Pour l’obtenir directement sous la forme donnée dans l’énoncé, on multiplie le numérateur et le dénominateur par Y ,
ce qui donne
1 1 1
H= = =
1 1 1 1
   
1+ R+ Y 1+ R+ + jCω 1 + 1 + jRCω + +1
jCω jCω R jRCω

3 En réécrivant la fonction de transfert en termes des variables réduites de l’énoncé, on trouve


1 1/3
H= =
1 j 1
 
3 + jx + 1+ x−
jx 3 x
ce qui donne bien
(
H0 H0 = 1/3
H= avec
1 Q = 1/3
 
1 + jQ x −
x

4 Le gain en amplitude du filtre est défini par


|H0 |
G = |H| = s 2 .
1

1 + Q2 x −
x

6/11 Étienne Thibierge, 24 janvier 2018, [Link]


Correction TD E7 : Filtrage linéaire Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Il est maximal lorsque le dénominateur est minimal, c’est-à-dire lorsque le terme entre parenthèses s’annule. Cela
correspond à x = 1, qui donne le gain maximal Gmax = 1/3, soit GdB = 20 log(1/3) = −9,5 dB. La fonction
de transfert en x = 1 est réelle, c’est-à-dire d’argument égal à 0. À la pulsation ω0 , la sortie et l’entrée ne sont donc
pas déphasées.

5 Dans la limite très basse fréquence, la fonction de transfert est équivalente à

 GdB = 20 log H ∼ 20 log H0 x = 20 log x



H0 jH0 x
H∼ = d’où Q
−jQ/x Q
ϕ = arg H = π/2

De même, dans la limite très haute fréquence, la fonction de transfert est équivalente à

 GdB = 20 log H ∼ 20 log H0 = −20 log x



H0
H∼ d’où Qx
jQx
ϕ = arg H = −π/2

Ainsi, le diagramme de Bode asymptotique en gain compte deux asymptotes de pente ±20 dB/décade passant
par GdB = 0 pour x = 1, alors que le diagramme de Bode en phase compte deux asymptotes horizontales de
hauteur ±π/2. Pour tracer l’allure du diagramme réel, on utilise en plus la question précédente qui indique que la
courbe de gain réelle passe par le point GdB = −9,5 dB en x = 1 alors que la courbe de phase réelle y passe par 0.
Le diagramme de Bode est représenté figure 8.

10 2
0
1
GdB (dB)

−10
ϕ (rad)

−20 0
−30
−1
−40
−50 −2
10−2 10 −1
10
0
10 1
102
10−2 10−1 100 101 102
x = ω/ω0 x = ω/ω0

Figure 8 – Diagramme de Bode du filtre de Wien. Diagramme de Bode asymptotique en bleu, diagramme réel en
rouge. Version couleur sur le site de la classe.

6 Numériquement, ω0 = 2,0 · 103 rad · s−1 . Comme le diagramme de Bode réel n’est pas donné dans l’énoncé, on
peut au choix utiliser la fonction de transfert ou raisonner sur le diagramme asymptotique. Étudions le signal de
sortie du filtre associé à chaque composante du signal d’entrée,
. Le terme continu est complètement coupé par le filtre ;
. Le terme de pulsation ω = ω0 /10 se trouve une décade en dessous de la pulsation propre : en utilisant le diagramme
asymptotique il est atténué de 20 dB, ce qui correspond à un facteur 10 en amplitude, et déphasé d’environ 1,2 rad ;
. Le terme pulsation 10ω = ω0 est à la pulsation propre du filtre : il n’est pas déphasé mais seulement atténué d’un
facteur 1/3 (gain maximal) ;
. Le terme à la pulsation 100ω = 10ω0 est une décade au dessus de la pulsation propre : il est atténué comme le
premier terme d’un facteur 10 en amplitude, et déphasé d’environ −1,2 rad.
Ainsi,
E0 E0 E0
s(t) = cos (ωt − 1,2) + cos (10 ωt) + cos (100 ωt + 1,2)
10 3 10

Rappel de cours : Pour un signal d’entrée


X
e(t) = En cos(ωn t + ϕn )
n

le signal de sortie du filtre s’écrit


X
s(t) = |H(ωn )| En cos (ωn t + ϕn + arg H(ωn ))
n

où |H(ωn )| = 10GdB (ωn )/20 et arg H(ωn ) = ϕ(ωn ).

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Exercice 6 : Modélisation d’un récepteur radio [oral banque PT]


1 Le récepteur doit réaliser un filtrage passe-bande. La tension de sortie doit donc être mesurée aux bornes
de la résistance, voir figure 9. En effet,
. dans la limite très basse fréquence, le condensateur est équivalent à un interrupteur ouvert donc I = 0 donc d’après
la loi d’Ohm S = 0 ;
. dans la limite très haute fréquence, c’est cette fois la bobine qui est équivalente à un interrupteur ouvert donc on
a de même S = 0.
C L
I

E R S

Figure 9 – Modèle de récepteur radio.

2 Le condensateur et la bobine montés en série sont équivalents à une impédance


1
ZLC = jLω + .
jCω
En identifiant un pont diviseur de tension,
S R 1
H= = =
E R + ZLC ZLC
1+
R
soit en remplaçant
1
H= .
jLω 1
1+ +
R jRCω

3 Un critère possible serait que la fréquence centrale f0 du passe-bande doit être incluse dans la bande de fréquence
que l’on cherche à capter, et que la bande passante du filtre doit être au moins aussi large que la bande de fréquence
cherchée. En utilisant les résultats connus sur le RLC série,
r
1 f0 1 C R
f0 = √ et ∆f = = √ ×R = .
2π LC Q 2π LC L 2πL
Comme ∆f ne dépend pas de C, l’unique critère porte donc sur la fréquence centrale du filtre :
√ 1 1
f0 > f1 = 150 kHz donc 2π LC < d’où C< = 1,1 · 10−9 F
f1 4π f12 L
2

et de même
√ 1 1
f0 < f2 = 300 kHz donc 2π LC > d’où C> = 2,8 · 10−10 F .
f2 4π 2 f22 L
Ainsi,
0,28 nF < C < 1,1 nF .

Exercice 7 : Filtre RLC [oral banque PT]


1 Dans la limite très basse fréquence, la bobine est équivalente à un fil et C à un interrupteur ouvert, donc l’intensité
dans la branche est nulle, et ainsi vs = 0 + 0. Dans la limite très haute fréquence, C est équivalent à un fil donc on a
directement vs = ve .
le filtre est un passe-haut.

2 Diviseur de tension :
ZRL R + jLω
H= = .
ZRL + ZC 1
R + jLω +
jCω
Pour passer à la forme canonique, on multiplie en haut et en bas par jCω,
jRCω − LCω 2
H= .
1 + jRCω − LCω 2

8/11 Étienne Thibierge, 24 janvier 2018, [Link]


Correction TD E7 : Filtrage linéaire Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

On identifie l’opération à faire en comparant la forme canonique à l’expression que l’on a : le dénomi-
nateur n’est pas fractionnaire.
Pour avancer, on peut proposer à l’examinateur d’identifier directement ω0 et Q car il s’agit d’un RLC
série, donc d’un circuit de référence. S’il refuse, il faut alors faire le calcul ...

Par identification du dénominateur avec la forme canonique, on en déduit

ω2 1
−LCω 2 = −x2 = − soit ω0 = √ .
ω02 LC

et
r
jx jω 1 1 L
jRCω = = soit Q= d’où Q= .
Q Qω0 RCω0 R C

3 En très basse fréquence,

jx
Q jx
H∼ = d’où GdB ∼ 20 log x − 20 log Q ,
1 Q

la pente est donc de −20 dB/décade.


En très haute fréquence,
−x2
H∼ =1 d’où GdB = 0
−x2
ce qui est conforme avec une asymptote horizontale.
Avec l’ordonnée à l’origine de l’asymptote TBF (x = 100 = 1), GdB = −20 log Q = −20 dB, on déduit log Q = 1
soit Q = 10. On peut aussi utiliser le fait que GTBF = 0 lorsque x = Q.

4 La question n’est pas simple : changer R modifie la valeur de Q, mais cela a un impact énorme sur le diagramme
de Bode, d’une part via l’intermédiaire de l’ordonnée à l’origine de l’asymptote basse fréquence et d’autre part car
elle contraint l’existence ou non d’une résonance. Une illustration est donnée sur la figure 10.

40
20
0
−20
GdB (dB)

−40
−60
−80
−100
−120
−140
10−4 10−3 10−2 10−1 100 101 102
x = ω/ω0
Figure 10 – Diagrammes de Bode asymptotique d’un filtre RLC. Les trois diagrammes sont tracés pour la même
fonction de transfert, la même pulsation propre, seule la valeur du facteur de qualité est modifiée : elle vaut 0,01
pour la courbe orange, 10 pour la courbe rouge (cas de l’énoncé) et 1000 pour la courbe violette. Version couleur sur
le site de la classe.

Le signal carré est la dérivée du signal triangulaire. Le facteur de qualité du filtre est donc tel que tout le spectre
du signal soit dans le domaine très basse fréquence du filtre : comme la pente de l’asymptote est de +20 dB/décade,
il se comporte en dérivateur.

9/11 Étienne Thibierge, 24 janvier 2018, [Link]


Correction TD E7 : Filtrage linéaire Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Si l’on observe des impulsions, cela signifie que les variations brusques du signal, associées aux hautes fréquences,
sont sensiblement mieux transmises que les variations lentes, associées aux basses fréquences et qui décrivent son
allure globale. Le facteur de qualité est donc tel que les basses fréquence du spectre soient coupées et les hautes
fréquences transmises.
Par exemple, si la fréquence fondamentale du signal est telle que x = 1 · 10−3 , alors la première situation pourrait
correspondre à la courbe rouge de la figure 10, et la deuxième à la courbe orange.

Exercice 8 : Fréquence centrale d’un passe-bande [écrit banque PT 2015]


1 Dans la limite très haute fréquence, ξ  1 et la fonction de transfert est équivalente à
A0
H∼
jQξ
donc
A0 A0
GdB = 20 log |H| ∼ 20 log = −20 log ξ + 20 log .
Qξ Q
Ainsi l’asymptote haute fréquence a pour pente −20 dB/décade et pour ordonnée à l’origine 20 log(A0 /Q).
De même, dans la limite très basse fréquence ξ  1 la fonction de transfert est équivalente à
A0
H∼
Q
−j
ξ
donc
A0 ξ A0
GdB ∼ 20 log = 20 log ξ + 20 log .
Q Q
Ainsi l’asymptote basse fréquence a pour pente +20 dB/décade et pour ordonnée à l’origine 20 log(A0 /Q).

2 Le diagramme asymptotique se trace à partir des équations déterminées précédemment, et l’allure du diagramme
réel s’en déduit en calculant la valeur du gain en ξ = 1,

GdB (ξ = 1) = 20 log A0 = −20 dB .

Diagramme complet tracé figure 11.

−20
GdB (dB)

−40

−60

10−2 10−1 100 101 102


ξ = ω/ω0

Figure 11 – Diagramme de Bode du filtre. Diagramme asymptotique en bleu, diagramme réel en rouge. Version
couleur sur le site de la classe.

3 On conclut à partir du diagramme de Bode que le filtre est un passe-bande.


On peut aussi le déterminer par analyse par dipôles équivalents, mais compte tenu de l’ordre des
questions le sujet demande probablement d’identifier le diagramme de Bode.

4 L’association parallèle de R, L et C a pour admittance équivalente


1 1
YRLC = + + jCω
R jLω
On reconnaît ensuite un pont diviseur de tension, donc
U2 ZRLC 1
H= = =
U1 ZRLC + R0 1 + R0 YRLC

10/11 Étienne Thibierge, 24 janvier 2018, [Link]


Correction TD E7 : Filtrage linéaire Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

d’où en remplaçant l’admittance YRLC

1
H=
R0 R0
1+ + + jR0 Cω
R jLω
Pour aboutir à la forme demandée par l’énoncé avec 1 comme terme constant du dénominateur, il faut diviser
numérateur et dénominateur par 1 + R0 /R, soit
1
1 + R0 /R
H=
R0 R0 C
1+ +j ω
jLω(1 + R0 /R) 1 + R0 /R

et en identifiant en fonction des dépendance en ω avec la forme donnée par l’énoncé on trouve

1 ω R0 C Qω0 R0
A0 = jQ =j ω −j =
1 + R0 /R ω0 1 + R0 /R ω jLω(1 + R0 /R)

dont on déduit ensuite


r
R0 C R0 R02 C R R0 C
Q =
2
× = soit Q= .
1 + R0 /R L(1 + R0 /R) (1 + R0 /R) L
2 R + R0 L

et
r
R0 1 + R0 /R L L
ω02 = × = soit ω0 = .
L(1 + R0 /R) R0 C C C

5 La fréquence centrale du filtre s’écrit sous la forme


 −1/2
D |x|
fosc = D C −1/2
=√ 1− .
C0 L

En utilisant le développement limité (1 + ε)α = 1 + αε avec ε = − |x| /L et α = −1/2, on trouve


 
D |x|
fosc = √ 1+
C0 2L

ce qui est bien de la forme


D

a = √

2L C0

fosc = a |x| + b avec
D
b= √


C0

6 La fréquence de référence f0 lorsque x = 0 vaut

D
f0 = √
C0
ce qui permet d’écrire
D
∆f = √ |x| .
2L C0
On en déduit le déplacement minimal xmin mesurable,

2L C0
|xmin | = ∆fmin = 0,2 mm
D

11/11 Étienne Thibierge, 24 janvier 2018, [Link]


Induction 1 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Phénoménologie des champs magnétiques

Exercices
Exercice 1 : Cartes de champ magnétique [♦♦]
Les champs magnétiques représentés par les cartes ci-dessous sont obtenus avec des courants électriques (pas
d’aimants). Dans les deux cas, indiquer la position des sources, le sens du courant, les zones de champ fort et faible,
et le cas échéant s’il existe une zone de l’espace où le champ magnétique est uniforme.

Exercice 2 : Champ sur l’axe d’une spire [♦]


Le champ créé par une spire circulaire de rayon R parcourue par un courant d’in-
tensité I peut se calculer analytiquement. En un point M de cote z appartenant à l’axe
I α de la spire, il prend la forme particulièrement simple
z
#” µ0 I
sin3 α #”
M
B(M ) = ± ez .
2R
où α est l’angle sous lequel la spire est vue depuis le point M .
#” #”
1 - Dans quel sens est orienté le champ B en M ? En déduire le signe ± à conserver dans l’expression de B(M ).
2 - Exprimer le moment magnétique m #” de la spire.

3 - Montrer que lorsque le point M est très éloigné de la spire (z  R), le champ sur l’axe s’exprime directement en
fonction du moment magnétique m #” sans faire intervenir ni l’intensité I ni le rayon R.

Exercice 3 : Aimantation [♦♦]


Aimantation Le tableau ci-contre indique les ordres de grandeur d’aimantation de
Matériau plusieurs matériaux magnétiques permettant de fabriquer des aimants per-
(kA · m−1 )
AlNiCo 200 600 manents. L’aimantation d’un matériau est définie comme le moment ma-
Ferrite 1000 1700 gnétique volumique, c’est-à-dire le moment magnétique d’un échantillon
NdFeB 2000 à 4000 de ce matériau rapporté à son volume.
SmCo 5 2000 à 3000
1 - Rappeler la dimension d’un moment magnétique et vérifier l’unité de
SmCo 17 3500 à 5000
l’aimantation donnée dans le tableau.
2 - Les matériaux pour fabriquer des aimants permanents doivent-ils posséder une aimantation forte ou faible ?
3 - Considérons un aimant rond NdFeB (néodyme, fer, bore) d’épaisseur e = 1 mm et de rayon R = 5 mm. Calculer
son moment magnétique.
4 - Combien de spires de même rayon R et parcourues par un courant d’intensité I = 100 mA faudrait-il bobiner
pour obtenir le même moment magnétique ?

1/3 Étienne Thibierge, 21 mai 2018, [Link]


TD I1 : Phénoménologie des champs magnétiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 4 : Équilibre d’un aimant [♦♦]


#”
µ
#” Un aimant très fin, de moment magnétique µ et de masse m, repose en
B #”
g
équilibre au sommet O d’une pointe. Il est soumis à un champ magnétique
O G #”
uniforme B et à la gravité. Évaluer la distance d = OG pour que l’aimant reste
en équilibre vertical.

Exercice 5 : Rails de Laplace inclinés [♦]


Reprenons l’expérience des rails de Laplace, mais en les inclinant : au lieu d’être horizontaux, ils forment un
angle α = 30° avec la verticale. Le champ magnétique est supposé stationnaire, uniforme, vertical, dirigé vers le haut,
de norme 150 mT. Le barreau mobile des rails de Laplace pèse 8,0 g et est long de ` = 12 cm. Les frottements sont
négligés, de même que tout phénomène d’induction.
1 - Faire un schéma du dispositif en représentant les différentes forces agissant sur le barreau mobile. Quel doit être
le sens du courant dans le circuit pour que la force de Laplace retienne le barreau ?
2 - Déterminer l’intensité du courant permettant l’équilibre du barreau.
3 - Partant de cette situation, on communique au barreau une vitesse initiale v0 dirigée vers le haut. Déterminer son
mouvement ultérieur.
4 - En raisonnant à partir de la loi de Lenz (chapitre suivant), indiquer qualitativement comment est modifiée la
réponse à la question précédente lorsque l’on tient compte de l’induction.

Annales de concours
Exercice 6 : Mesure du champ magnétique terrestre [CCP TSI 2015, ♦]
#” #”
Dans un laboratoire situé à Paris, on souhaite déterminer la norme ||B h || de la composante horizontale locale B h
dont le sens et la direction sont donnés sur la figure 1.

Figure 1 – Sens de la composante horizontale locale du champ magnétique terrestre à Paris.

Matériel disponible :
. une aiguille aimantée libre de pivoter sans frottement sur son axe, fixé à un socle transparent et un fil de cuivre
relié à deux bornes de sécurité fixées au même socle transparent, de courant admissible 5 A, représenté figure 2 ;
. un rapporteur ;
. des fils électriques ;
. un interrupteur ;
. une alimentation électrique stabilisée 0 V-30 V/5 A ;
. un ampèremètre ;
. un teslamètre à sonde de Hall biaxiale de gamme 0,1 mT à 100 mT.
Donnée : le champ magnétique créé par un fil infini parcouru par un courant I s’exprime, dans un système de
coordonnées cylindriques d’axe z orienté par le sens réel du courant, par
#” µ0 I #”
B= uθ
2π r
où µ0 = 4π · 10−7 H · m−1 . On admet que le champ créé par le fil du dispositif d’Ørsted est convenablement décrit
par cette expression.

2/3 Étienne Thibierge, 21 mai 2018, [Link]


TD I1 : Phénoménologie des champs magnétiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Figure 2 – Dispositif d’Ørsted.

On souhaite établir un protocole permettant de mesurer la composante horizontale locale du champ magnétique
terrestre à Paris en exploitant le principe de superposition des champs magnétostatiques.
1 - Pour quelle raison ne peut-on pas se servir directement du teslamètre pour effecturer la mesure ?
2 - On suppose que le fil est parcouru par un courant d’intensité I = 1 A. Calculer la valeur du champ magnétique
à r = 2 cm du fil.
3 - Décrire et schématiser l’expérience à réaliser en vous servant du matériel mis à votre disposition, exception faite
du teslamètre.
4 - Préciser les mesures à réaliser.
5 - Donner un ordre de grandeur des grandeurs physiques à employer pour réaliser l’expérience.

Exercice 7 : Balance de Cotton [Mines PSI 2016, ]


La balance de Cotton est un dispositif ancien, développé au tout début du
XXe siècle par Aimé Cotton pour mesurer avec précision des champs magné-
a0 tiques. Elle est constituée de deux bras rigidement liés l’un à l’autre en O. La
#” partie de gauche comprend sur sa périphérie un conducteur métallique qui est
B I
parcouru par un courant et dont une partie est placée dans le champ magnétique
O
uniforme et permanent à mesurer, représenté par la zone grisée. Dans cette par-
a tie, les conducteurs aller et retour sont des arcs de cercle de centre O, reliés par
m une portion horizontale de longueur L. Le partie droite comporte un plateau
sur lequel est déposée une masse m afin d’équilibrer la balance.
La balance peut tourner sans frottement dans le plan de la figure autour du
point O. À vide, c’est-à-dire sans champ magnétique ni masse m, la position du
plateau est ajustée afin que la balance soit à l’équilibre avec le bras de droite
parfaitement horizontal.
1 - Montrer que le moment en O des forces de Laplace s’exerçant sur les parties
en arc de cercle est nul.
2 - À l’équilibre, en présence de courant et de champ magnétique, établir l’ex-
pression du moment en O des forces de Laplace.
3 - En déduire la relation entre la masse m à poser sur le plateau pour retrouver
la configuration d’équilibre et le champ magnétique B, à exprimer en fonction
de a, a0 , `, I et de l’intensité de la pesanteur g.
4 - La sensibilité de la balance étant de δm = 0,05 g, en déduire la plus petite valeur de B mesurable pour a =
a0 = 25 cm, L = 5 cm et I = 5 A. En comparant cette valeur avec une ou des références connues, conclure quant à
l’utilisabilité de la balance.

3/3 Étienne Thibierge, 21 mai 2018, [Link]


TD I1 : Phénoménologie des champs magnétiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4/3 Étienne Thibierge, 21 mai 2018, [Link]


Induction 1 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Phénoménologie des champs magnétiques

Exercices
Exercice 1 : Cartes de champ magnétique
. Les lignes de champ s’enroulent autour des sources, qui sont donc situées au niveau des points noirs de chaque
figure. Il y en a six sur la figure de gauche et quatre sur la figure de droite.
. Connaissant l’enroulement des lignes de champ, le sens du courant dans les fils se déduit de la règle de la main
droite (l’enroulement des doigts donne le sens des lignes de champ, le pouce donne le sens du courant). Dans tous
les cas, le courant est perpendiculaire au plan de la feuille. Raisonnons dans le cas où la feuille est posée sur votre
table. Sur la carte de gauche, le courant va du sol vers le plafond pour les trois sources du bas et du plafond
vers le sol ⊗ pour les trois sources du haut. C’est le contraire sur la carte de droite : le courant va du sol vers le
plafond pour les deux sources du haut et du plafond vers le sol ⊗ pour les deux sources du bas.
. Les zones de champ fort sont celles où les lignes de champ sont très rapprochées, les zones de champ faible celles
où il y a peu de lignes de champ.
. Une zone de champ uniforme se traduit par des lignes de champ parallèles et régulièrement espacées : il n’y en a
sur aucune des deux cartes.

Exercice 2 : Champ sur l’axe d’une spire

1 À « l’intérieur » de la spire et a fortiori sur l’axe le sens du champ magnétique se déduit de la règle de la main
droite : la courbure des doigts indique le sens du courant et le pouce la direction du champ magnétique. Ici on en
déduit que le champ est porté par − #” ez , donc
#” µ0 I
B(M ) = − sin3 α #”
ez .
2R

2 Compte tenu du sens du courant, le vecteur normal à la spire est − #”


e z . Ainsi,

#” = −I S #”
m ez soit #” = −π I R2 #”
m ez .

#”
3 Exprimons B en fonction de R et z. Géométriquement,
!3
R 3 R/z R3
sin α = √ d’où sin α = '
R2 + z 2 1 + R2 /z 2 z3
p

car R2 /z 2  1. Ainsi,
#” µ0 I R2 #” #” µ0 #”
B(M ) = − ez donc B(M ) = m.
2R z 3 2π z 3

Exercice 3 : Aimantation

1 Le moment magnétique d’une spire plane d’aire S et parcourue par un courant I a pour norme ||m|| #” = IS. On
2
en déduit qu’un moment magnétique s’exprime en A · m . Il est donc logique que l’aimantation, égale à un moment
magnétique divisé par un volume, s’exprime en A · m−1 .

2 Un aimant est d’autant meilleur que son moment magnétique est élevé et son volume faible : un bon aimant doit
donc être fait d’un matériau qui possède une forte aimantation.

3 Pour une aimantation M = 3 · 106 A · m−1 , le moment magnétique de l’aimant en question vaut

m = M × πR2 e = 0,2 A · m2 .

1/4 Étienne Thibierge, 21 mai 2018, [Link]


Correction TD I1 : Phénoménologie des champs magnétiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4 Le moment magnétique d’un ensemble de N spires juxtaposées montées en série vaut m = N I πR2 , ce qui donne
donc
M πR2 e Me
N= soit N= = 3 · 104 .
I πR2 I
Il faut donc un enroulement de 30 000 spires pour obtenir le même moment magnétique !
On peut en retenir qualitativement que le magnétisme de la matière est bien plus fort que le magnétisme
des courants.

Exercice 4 : Équilibre d’un aimant


Considérons un axe ∆ sortant de la feuille .
#”
. Le poids a pour moment par rapport à cet axe M∆ (P ) = −d × mg (bras de levier OG = d mais rotation en sens
négatif).
#” #”
. Le couple magnétique s’exprime lui par Γ∆ = ( #”µ ∧ B) · #”
u∆ = +µB à l’équilibre où #”
µ et B sont orthogonaux.
À l’équilibre,
#” µB
Γ∆ + M∆ (P ) = 0 d’où d= .
mg

Exercice 5 : Rails de Laplace inclinés


1 Le dispositif est représenté vu de côté et vu de dessus figure 3. Outre son poids et la force de Laplace, le barreau
est également soumis à la réaction des rails support, perpendiculaire à ces rails car les frottements sont négligés.

y
#” Bz
B #” x Bx
N z M0
z #”
FL
x #”
⊗ P Px FL,x
y
α i
M

Figure 3 – Rails de Laplace inclinés. Le dispositif est représenté dans la situation d’équilibre, vu de côté, à gauche,
et vue de dessus, à droite. Le générateur n’est pas indiqué sur la figure de gauche.
#” #” #” #”
Pour que la force de Laplace puisse retenir le barreau mobile, il faut avoir vectoriellement FL + P + N = 0 ,
c’est-à-dire en projection que la composante FL,x compense celle du poids Px . Raisonnons avec le sens i > 0 représenté
sur le schéma pour la déterminer. Avec ce sens i > 0, la force de Laplace exercée sur le barreau M M 0 s’écrit
#” # ” #”
FL = iM M 0 ∧ B

À partir de la règle de la main droite, on en déduit que le courant doit être dirigé de M vers M 0 pour que le barreau
puisse être retenu.

2 Le poids du barreau mobile a pour norme mg et la force de Laplace i`B, ce qui permet de déterminer à partir
des projections que la condition d’équilibre s’écrit

mg tan α
i`B cos α = mg sin α d’où i= = 2,5 A .
`B

3 Si les frottements et l’induction sont négligés, alors le bilan des forces est exactement le même que précédement :
leur résultante est nulle. On en déduit que le mouvement du barreau est rectiligne uniforme vers le haut à
vitesse v0 .

4 D’après la loi de Lenz, les phénomènes d’induction ont des conséquences qui atténuent les causes qui les ont
provoqués. Ici, la cause du phénomène d’induction est la mise en mouvement du barreau mobile. On en déduit
directement que le champ induit va être à l’origine d’une force de Laplace induite qui va s’opposer au mouvement du
barreau et le freiner jusqu’à ce qu’il s’arrête.

2/4 Étienne Thibierge, 21 mai 2018, [Link]


Correction TD I1 : Phénoménologie des champs magnétiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Annales de concours
Exercice 6 : Mesure du champ magnétique terrestre [CCP TSI 2015]

1 Le champ magnétique terrestre est de l’ordre de 5 · 10−5 T, or le teslamètre ne permet pas de mesurer des champs
inférieurs à 1 · 10−4 T.

2 À partir de l’expression donnée, on trouve B = 1 · 10−5 T.

3 Placer le dispositif d’Ørsted selon une direction Nord-Sud, de telle sorte que l’aiguille soit parallèle au fil lorsqu’il
n’est parcouru par aucun courant. Relier le fil d’Ørsted à l’interrupteur et à l’alimentation stabilisée de telle sorte
qu’il puisse être alimenté par un courant constant. Placer le rapporteur de sorte à pouvoir mesurer la déviation de
l’aiguille lorsque l’interrupteur est fermé, et inclure l’ampèremètre dans le circuit pour pouvoir mesurer l’intensité
du courant.

N I=0 I 6= 0 #”
B
O E
#” α #”
Bh Bh
S
#”
B fil

#”
Figure 4 – Schéma de principe de l’expérience. Le sens de B fil est obtenu à partir de la règle de la main droite, en
raisonnant en vue de dessus avec l’aiguille aimantée placée en dessous du fil.

4 L’aiguille s’aligne sur le champ total, lui-même superposition du champ créé par le fil et du champ terrestre. Le
dispositif est monté de telle sorte que les deux champs soient orthogonaux, si bien qu’on peut relier directement

Bfil
tan α = .
Bh

En mesurant α pour différentes valeurs de I à partir desquelles on déduit Bfil , on peut alors obtenir Bh par une
régression linéaire. Il faut par exemple représenter Bfil en fonction de tan α.

5 Compte tenu de l’expression donnée et pour une aiguille située 2 cm sous le fil, il faut avoir I = 5 A pour
que Bfil = Bh .

Exercice 7 : Balance de Cotton [Mines PSI 2016]


#”
Introduisons des coordonnées cylindriques de centre O et d’axe Oz tel que B = B #”
ez .
#”
1 Les parties circulaires ont pour centre O, si bien que l’élément de courant I d` est porté par ± #” e θ (⊕ pour le
#” #” #”
conducteur aller et pour le retour) et la force de Laplace élémentaire I d` ∧ B par ± e r . Toutes ces forces sont donc
des forces centrales de centre O, dont le moment en O est donc nul.

2 Sur la partie rectiligne de longueur L, la force de Laplace vaut


#”
FL = −I L #”
e r ∧ B #”
e z = ILB #”

Cette force s’applique au milieu du segment rectiligne, son bras de levier vaut donc a, d’où

# ” #” # ” #”
MO (FL ) = a #”
e r ∧ ILB #”
eθ soit MO (FL ) = aILB #”
ez .

3 Le bras gauche de la balance est soumis à la force de Laplace et à son propre poids. Le bras droit de la balance
est soumis à son propre poids et à celui de la masse m additionnelle qui a été déposée sur le plateau. L’énoncé indique
qu’à vide la balance est équilibrée, ce qui veut dire que les moments en O du poids de chaque bras se compensent.

3/4 Étienne Thibierge, 21 mai 2018, [Link]


Correction TD I1 : Phénoménologie des champs magnétiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Comme la balance est de nouveau à l’équilibre, le moment du poids de la masse m doit exactement compenser celui
des forces de Laplace, c’est-à-dire

#” a0 mg
−a0 mg #”
e z + aILB #”
ez = 0 d’où B= .
aIL

4 La plus petite valeur de champ magnétique mesurable est celle pour laquelle m = δm, c’est-à-dire

a0 δm g
Bmin = = 2 mT .
aI L

À titre de comparaison, le champ magnétique terrestre a pour norme 5 · 10−5 T et n’est pas mesurable avec la balance,
mais le champ créé par un aimant permanent « basique » est de l’ordre de 100 mT. La balance de Cotton est
donc tout à fait utilisable.

4/4 Étienne Thibierge, 21 mai 2018, [Link]


Induction 2 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Fondements de l’induction
Exercices
Exercice 1 : Signe du courant induit [♦♦]
Dans chacun des circuits ci-dessous, la spire circulaire et/ou l’aimant droit sont déplacés dans le sens indiqué par
la double flèche. Indiquer le signe du courant i apparaissant dans la spire pendant le déplacement.

1- 2- 3-
N S N S S N
i i i
⇐= ⇐= ⇐=

4- 5- 6-
N S S N N S
i i i
⇐= =⇒
=⇒ ⇐= ⇐=

Exercice 2 : Spire en rotation [♦]


Considérons une spire conductrice circulaire de surface S et de résistance élec-
∆ trique r. Cette spire est mise en rotation à la vitesse angulaire Ω = θ̇ constante
Ω autour d’un de ses diamètres, qui définit l’axe ∆, voir les figures en perspective
∆ et vue de dessus ci-contre. Elle est placée dans un champ magnétique uniforme et
#”
#” θ #” stationnaire B orthogonal à ∆.
B B
1 - Établir l’expression de la f.é.m. induite dans la spire. En déduire celle du
courant induit dans la spire.
2 - Déterminer le moment magnétique instantané de la spire.
3 - En déduire le couple de Laplace instantané puis moyen qui s’exerce sur la spire. Quel est qualitativement son
effet sur le mouvement de la spire ? Aurait-on pu le prévoir sans calcul ?

Exercice 3 : Mesure d’une inductance mutuelle [♦]


u1 (t) Le montage ci-contre permet de mesurer le coefficient d’inductance mu-
M tuelle entre deux bobines. Les deux bobines se font face comme sur la figure.
La première bobine est montée en série avec une résistance R = 100 Ω et
R un générateur de tension e0 harmonique de fréquence f = 2,0 kHz. Les ten-
e0 L1 L2 u2 (t)
sions u1 et u2 sont mesurées grâce à un oscilloscope supposé idéal, c’est-à-dire
de résistance d’entrée infinie.
1 - Quelle est l’intensité circulant dans la bobine 2 ? D’après la loi de comportement habituelle de la bobine, que
vaudrait alors la tension u2 ? Pourquoi cette loi n’est elle pas applicable telle quelle ici ?
2 - Exprimer la tension u2 en fonction de M et u1 .
3 - Calculer M sachant que les tensions lues à l’oscilloscope ont des amplitudes U1 = 3,00 V et U2 = 0,50 V.
4 - On fait tourner la bobine sur elle-même dans le plan de la paillasse. Indiquer sans calcul comment est modifiée
la valeur de M lorsque l’angle de rotation vaut 180° ? 90° ? Même question si l’on aligne les axes des deux bobines.

1/3 Étienne Thibierge, 5 juin 2018, [Link]


TD I2 : Fondements de l’induction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 4 : Plaque de cuisson à induction [♦]


Le chauffage du fond métallique des casseroles et autres poêles de cuisson peut être réalisé par effet Joule des
courants induits directement dans le fond de la casserole par un champ magnétique variable, les courants de Foucault.
Logé dans une table support en céramique, un bobinage alimenté en courant sinusoïdal, appelé inducteur, génère
ce champ. L’inducteur a un rayon de 5 cm et compte vingt spires de cuivre de résistance électrique R1 = 18 mΩ
et d’auto-inductance L1 = 30 µH. Il est alimenté par une tension harmonique v1 de pulsation ω. Du point de vue
électromagnétique, on modélise le fond de casserole par une spire circulaire unique, fermée sur elle-même, appelée
induit. L’induit a une résistance R2 = 8,3 mΩ et une auto-inductance L2 = 0,24 µH. Le transfert d’énergie électrique
s’effectue par couplage inductif entre l’inducteur et l’induit d’inductance mutuelle M = 2 µH.
1 - En s’appuyant sur un schéma électrique équivalent, établir les équations électriques relatives aux deux circuits.
2 - En déduire l’expression littérale de la fonction de transfert H = I 2 /I 1 .
3 - En déduire l’impédance d’entrée Z e = V 1 /I 1 du système.
4 - La pulsation ω est choisie bien plus grande que R1 /L1 et R2 /L2 . Simplifier les deux expressions précédentes et
calculer numériquement leur module.
5 - On soulève la casserole. Indiquer qualitativement comment varie l’amplitude du courant appelé par l’inducteur.

Exercice 5 : Peut-on négliger l’auto-induction ? [♦]


Comme indiqué en cours, on fait très souvent l’approximation de négliger l’auto-induction
R dans les circuits ne comportant aucun bobinage. On s’intéresse dans cet exercice à la vali-
i dité de cette approximation pour un circuit a priori quelconque schématisé ci-contre, d’auto-
#”
n inductance L. Le schéma ne préjuge pas de la présence ou non de bobinages. Le circuit,
de surface totale S et de résistance R, est plongé dans un champ magnétique extérieur
#”
B ext = B0 cos ωt #”
n.
#”
1 - Commençons par ne prendre en compte que la f.é.m. induite par le champ B ext . Calculer son flux au travers du
circuit, et en déduire le schéma électrique équivalent. Que vaut l’intensité i ?
2 - Considérons en plus le phénomène d’auto-induction. Exprimer le flux magnétique au travers du circuit et repré-
senter le schéma électrique équivalent. Établir l’équation différentielle vérifiée par i.
3 - Passons maintenant en notation complexe. Exprimer le rapport |H| = |E L | / |E ext | des amplitudes de la f.é.m.
auto-induite et de la f.é.m. induite par le champ extérieur. En déduire à quelle condition sur la pulsation la f.é.m.
auto-induite est négligeable.
4 - Pour fixer les idées, calculer numériquement la pulsation et la fréquence caractéristiques avec des valeurs de R
et L utilisées habituellement en TP d’électronique. Quel résultat connu retrouve-t-on ?
5 - En proposant des ordres de grandeur raisonnables, refaire le même calcul pour un circuit de même résistance
mais à une seule « spire » composée d’un fil de cuivre de TP. L’inductance d’un circuit circulaire de diamètre D est
donnée par
8D
 
D
L = µ0 ln −2
2 d
où d est le diamètre du fil de cuivre. Est-il légitime de négliger l’inductance du circuit ?

2/3 Étienne Thibierge, 5 juin 2018, [Link]


TD I2 : Fondements de l’induction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Annales de concours
Exercice 6 : Solénoïdes imbriqués [oral CCP, ♦]
Deux solénoïdes S1 et S2 de même axe (Oz), de même longueur ` et de rayons r1 et r2 > r1 sont emboîtés l’un
dans l’autre, voir figure 1. Ils présentent tous deux le même nombre de spires N . On suppose que la longueur ` est
très supérieure aux rayons.
La bobine intérieure est parcourue par un courant i1 (t) = I cos(ωt), avec I = 1 A. La bobine extérieure est en
court-circuit.

r2
r1
z

Figure 1 – Solénoïdes imbriqués.

1 - Déterminer les coefficients d’induction propre L1 , L2 , et le coefficient d’induction mutuelle M .


2 - En négligeant les résistances internes des fils, déterminer le courant i2 (t) parcourant la bobine extérieure. Quelle
est son amplitude ?
3 - Que vaut le champ magnétique à l’intérieur du solénoïde central ?

Exercice 7 : Principe de fonctionnement d’un générateur synchrone [oral CCP, ]


#”
m #” est placé dans le plan (Oxy). Un
0 a Un aimant de moment magnétique m 0

y x système mécanique le met en rotation à vitesse angulaire ω constante autour


de l’axe (Oz). Une spire circulaire de rayon a et de résistance R est placée
z sur l’axe (Ox) à distance x  a.
x
#” un moment magnétique m
Donnée : en coordonnées polaires d’axe colinéaire à m, #” placé à l’origine crée en un point M
quelconque un champ magnétique
#” µ0 m
B(M ) = (2 cos θ #”
ur + sin θ #”
uθ )
4π r3
1 - Déterminer l’intensité i du courant induit dans la spire. En déduire la puissance électrique qu’elle reçoit.
2 - Exprimer le couple magnétique subi par l’aimant
3 - Quel puissance le système mécanique doit-il fournir à l’aimant pour maintenir la vitesse constante ? Conclure :
en quoi a-t-on modélisé un générateur électrique rudimentaire ?

3/3 Étienne Thibierge, 5 juin 2018, [Link]


TD I2 : Fondements de l’induction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4/3 Étienne Thibierge, 5 juin 2018, [Link]


Induction 2 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Fondements de l’induction
Exercices
Exercice 1 : Signe du courant induit
Rappelons que pour un aimant droit, le champ sort par le Nord : les lignes de champ sont orientées du Nord vers
le Sud.
La première étape consiste à déterminer le sens de variation du champ magnétique vu par la spire au cours du
#”
déplacement. On déduit alors de la loi de Lenz le sens du champ magnétique induit Bind , qui tend à atténuer les
#”
variations de B. On détermine ensuite par la règle de la main droite le sens réel du courant dans la spire. Enfin, par
comparaison entre le sens réel du courant et le sens i > 0 indiqué sur la figure on en déduit le signe de i.
Attention à ne pas faire de confusion : ce sont les variations de champ pendant le déplacement
qui comptent, pas le sens de ce champ. Le champ induit peut indifféremment renforcer ou atténuer le
champ extérieur, tout dépend des variations.
Attention également, le champ et le courant induits n’existent dans la spire que pendant le déplacement
relatif de l’aimant et de la spire.

1 Le sens réel du courant indiqué sur le schéma central est celui de la flèche indiquant le sens positif, donc iind > 0.

iind
#” #” #” #”
B début B pdt B ind B fin

situation en cours situation


initiale finale

2 La physique est identique à la situation précédente, seule change la convention sur le sens positif du courant :
on déduit immédiatement i < 0.

3 Le sens réel du courant est opposé au sens positif, donc iind < 0.

iind
#” #” #” #”
B début B ind B pdt B fin

situation en cours situation


initiale finale

4 Les variations de champ vues par la spire sont les mêmes qu’à la question 1, le sens réel du courant induit est
donc le même ... mais comme le sens choisi positif du courant est opposé, alors iind < 0.

5 Comme la spire et l’aimant se déplacent de la même façon, le flux magnétique au travers de la spire ne varie pas
pendant l’expérience. Il n’y a donc aucun courant induit : iind = 0.

6 Le déplacement de la spire renforce l’effet du déplacement de l’aimant. Cette fois, le champ vu par la spire
diminue au cours du mouvement, le champ induit à donc tendance à le renforcer. On a donc iind < 0.

iind
#” #” #”
B début B pdt #” B fin
B ind

situation en cours situation


initiale finale

1/8 Étienne Thibierge, 5 juin 2018, [Link]


Correction TD I2 : Fondements de l’induction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 2 : Spire en rotation


#”
Notons #”n le vecteur normal à la spire, défini tel que θ = π/2 lorsque #”n et B sont colinéaires et de même sens. Le
sens positif de la spire est alors défini à partir de ce vecteur #”
n . On choisit l’origine du temps t = 0 lorsque θ = 0 : la
loi horaire θ(t) s’écrit donc tout simplement θ = Ωt.

1 Comme le champ magnétique est uniforme à l’échelle de la spire, on en déduit son flux au travers de la spire
#” π
φ(t) = S B · #”

n = S B cos θ − = S B sin θ = S B sin Ωt .
2
La f.é.m. induite dans la spire e se déduit de la loi de Faraday,

e=− = −ΩSB cos Ωt soit e(t) = −ΩSB cos Ωt .
dt

Le signe de la f.é.m dépend du temps car le vecteur normal #”


n est d’orientation fixée, donc le flux change
de signe.

Le courant induit dans la spire, orienté dans le sens de e, vaut simplement

e ΩSB
i= d’où i(t) = − cos Ωt .
r r

2 Le moment magnétique instantané de la spire vaut

#” = − ΩS B cos Ωt #”
2
#” = i(t) S #”
m(t) n soit m(t) n.
r

3 Le couple de Laplace qui s’exerce sur la spire est

#” #” #” ΩS 2 B ΩS 2 B 2
 π 
Γ =m∧B = − cos Ωt × B × sin − θ #”e∆ = − cos Ωt cos (θ) #”
e∆
r 2 r
ce qui donne finalement

#” Ω S2 B2 #” Ω S 2 B 2 #”
Γ (t) = − cos2 Ωt #”
e∆ et hΓi = − e∆ .
r 2r

La composante sur ∆ de ce couple est toujours négative, c’est-à-dire qu’il tend à freiner la spire dans son
mouvement (dans le sens positif) autour de ∆. Ce résultat aurait pu se prévoir car ce couple résulte de phénomènes
d’induction, générés par le mouvement de la spire autour de l’axe. On sait donc d’après la loi de modération de Lenz
qu’il a pour effet de s’opposer à ce mouvement, et donc de vouloir freiner la spire.

Exercice 3 : Mesure d’une inductance mutuelle


1 Comme l’oscilloscope est idéal, tout se passe comme si la bobine 2 était en circuit ouvert, le courant la
traversant est donc nul : ∀t, i2 (t) = 0. D’après la loi de comportement, on aurait

di2
u2 = L2 =0 ... ce qui est faux !
dt
La loi de comportement de la bobine n’est pas applicable ici car elle est établie en ne tenant compte que de l’auto-
induction, cf. cours, alors qu’ici il faut également prendre en compte l’induction mutuelle entre les deux
bobines L1 et L2 .

2 On peut raisonner ou bien sur le schéma de l’énoncé en se méfiant de la tension aux bornes de la bobine, ou
bien sur le schéma électrique équivalent de la figure 2, qui fait directement apparaître des générateurs induits qui
traduisent à la fois l’induction propre et mutuelle. En tout cas, il vaut mieux éviter de mélanger les deux.
En vertu de la loi de Faraday et comme i2 = 0, le double effet de l’auto-induction et de l’induction mutuelle est
représenté par les générateurs de f.é.m.
di1 di2 di1 di2 di1 di1
e1 = −L1 −M = −L1 et e2 = −L2 −M = −M .
dt dt dt dt dt dt

2/8 Étienne Thibierge, 5 juin 2018, [Link]


Correction TD I2 : Fondements de l’induction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

u1 (t)
i2 =0
i1
R
e0 e1 e2 u2 (t)

Figure 2 – Schéma électrique équivalent au dispositif de mesure d’inductance mutuelle.

Par application de la loi des mailles au circuit 2,

di1 M du1
u2 = M d’où u2 = .
dt R dt

3 Traduisons la relation précédente en représentation complexe :

M
U 2 = jω U .
R 1
Comme U1,2 = U 1,2 alors
M R U2
U2 = ω U1 d’où M= = 1,3 mH .
R 2π f U1

4 . Lorsque la bobine 2 est tournée de 180°, elle retrouve exactement la configuration géométrique de départ excepté
le sens de branchement des fils, qui est inversé : on mesure alors u02 = −u2 , et le même calcul que précédement montre
que la valeur de M est inchangée.
En toute rigueur, M change de signe, mais le signe d’une inductance mutuelle dépend des orientations
des courants, donc de conventions, et n’a donc pas vraiment de pertinence physique.

. Lorsque la bobine est tournée de 90°, beaucoup moins de lignes du champ magnétique créé par la bobine 1 peuvent
traverser la bobine 2, si bien que le flux φ1→2 est nettement diminué à courant i1 fixé, ce qui veut dire que M est
plus faible.
. Au contraire, si la bobine 2 est placée sur le même axe que la bobine 1 alors davantage de lignes de champ issues
de la bobine 1 traversent la bobine 2, donc le flux φ1→2 est plus élevé à courant i1 fixé, donc M est plus grande.

Exercice 4 : Plaque de cuisson à induction


1 L L L Attention ! Dès lors qu’il y a auto-induction (et champ extérieur de façon générale), la loi de comportement
habituelle de la bobine ne s’applique plus. La tension à ses bornes se détermine à partir de la loi de Faraday.
Un schéma de principe et un schéma électrique équivalent faisant apparaître des générateurs induits sont re-
présentés figure 3. On peut raisonner indifféremment sur l’un ou sur l’autre, à condition de se méfier de la loi de
comportement de la bobine si on choisit le schéma de gauche, et de ne pas oublier l’auto-induction si on choisit le
schéma de droite.

i1 R1 M i 1 R1
i2 i2
v1 L1 L2 R2 v1 e1 e2 R2

Schéma de principe Schéma avec générateurs induits

Figure 3 – Schéma équivalents à une plaque à induction. Il est possible de raisonner directement sur le schéma de
principe ... mais attention à la loi de comportement de la bobine. Une autre représentation possible fait intervenir
directement des générateurs induits ... mais attention à ne pas oublier l’auto-induction.

Les deux générateurs de f.é.m. e1 et e2 orientées dans le même sens que les courants traduisent l’effet de l’induction
dans les circuits. Par définition, on a
dφ→1 di1 di2
φ→1 = L1 i1 + M i2 d’où e1 = − = −L1 −M
dt dt dt

3/8 Étienne Thibierge, 5 juin 2018, [Link]


Correction TD I2 : Fondements de l’induction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

et de même
dφ→2 di2 di1
φ→2 = L2 i2 + M i1 d’où e2 = − = −L2 −M .
dt dt dt
Par application de la loi des mailles, on en déduit
v1 + e1 = R1 i1 et e2 = R2 i2
soit
di1 di2

 v1 = R1 i1 + L1
 +M
dt dt
 0 = R i + L di2 + M di1

2 2 2
dt dt

2 Traduisons l’équation de fonctionnement de l’induit (circuit 2) en complexes,


0 = R2 I 2 + jωL2 I 2 + jωM I 1 ,
ce qui conduit à
jM ω
H=−
R2 + jωL2

3 D’après l’équation de fonctionnement de l’inducteur,

(M ω)2
V 1 = (R1 + jωL1 )I 1 + jωM I 2 d’où Z e = R1 + jωL1 + jM ωH soit Z e = R1 + jωL1 + .
R2 + jωL2

4 Dans l’hypothèse très haute fréquence, les expressions se simplifient en


M2
 
M
H=− et Z e = jL1 ω 1 −
L2 L1 L2
Numériquement,
I2
= 8,3 et |Z e | = 2,1 Ω .
I1

On remarque √ que la qualité du couplage inductif apparaît dans l’expression de Z e : si le couplage est
parfait, M = L1 L2 , alors l’impédance d’entrée du système est nulle, signe d’une transmission parfaite
de l’énergie électromagnétique. On retrouve exactement le même résultat à propos du transformateur.
Remarquons aussi que la différence de nombre de spires dans l’inducteur et l’induit permet au courant à
l’induit d’être nettement supérieur au courant à l’inducteur, et donc de fournir davantage d’effet Joule
dans le fond de la casserole.

5 Qualitativement, si l’on éloigne la casserole le couplage sera moins bon (M diminue) et donc l’impédance
d’entrée augmente. Plus précisément, comme la casserole est éloignée de l’inducteur qui est source de champ
magnétique, le flux vu par l’induit diminue combien même le courant dans l’inducteur serait imposé, ce qui indique
que M diminue. Si l’impédance d’entrée augmente alors que la tension d’alimentation v1 ne change pas, alors la
définition de Z e montre que l’inducteur appelle moins de courant.

Exercice 5 : Peut-on négliger l’auto-induction ?


1 Compte tenu du sens de i sur le schéma, le vecteur normal orienté est le vecteur + #”
n . Ainsi,
#” #”
φext = S B ext · n = S B0 cos(ωt) .
Sur le schéma électrique, figure 4, la f.é.m. induite eext est orientée dans le même sens que l’intensité et vaut
dφext
eext = − = +S B0 ω sin(ωt) ,
dt
d’où on déduit l’intensité induite par le champ extérieur iext = eext /R de la loi d’Ohm,
S B0 ω
iext = sin(ωt) .
R

2 En tenant compte de l’auto-induction,


φ = φext + Li donc φ = S B0 cos(ωt) + Li .

4/8 Étienne Thibierge, 5 juin 2018, [Link]


Correction TD I2 : Fondements de l’induction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

R R
i i

e = eext e = eext + eL
1 - Sans auto-induction 2 - Avec auto-induction

Figure 4 – Schémas électriques équivalents.

Il n’est pas possible de remplacer i par l’expression obtenue à la question précédente : cette expression
est valable lorsque seul le champ extérieur est pris en compte, alors qu’on s’intéresse désormais en plus
à l’auto-induction.
Le schéma électrique équivalent est représenté figure 4. La f.é.m. induite tient compte des deux contributions au flux
et vaut
dφ di
e=− = S B0 ω sin(ωt) − L
dt dt
D’après la loi des mailles, e = Ri, d’où on déduit

di
L + Ri = S B0 ω sin(ωt) .
dt

3 À partir des raisonnements précédents, on identifie


dφext
eext = − donc E ext = jω S B0
dt
et de même
di
eL = −L donc E L = −jωL I ,
dt
d’où on trouve
−jωL I L
H= = I
jω S B0 S B0
Or d’après l’équation différentielle obtenue à la question précédente,
jω S B0
jω L I + RI = jω S B0 soit I= .
R + jLω
L’expression finale est donc

L jω S B0 Lω 1
H= d’où |H| = √ =q .
S B0 R + jLω R2 +L ω
2 2
1 + LR2 ω2
2

La force électromotrice auto-induite dès lors que |H|  1, c’est-à-dire lorsque R/Lω  1 soit

R
ω
L
Pour reprendre des termes plus familiers en électrocinétique, on vient d’établir que la f.é.m. auto-induite de la bobine
était négligeable en régime très basse fréquence ... là même où l’on affirmait cet automne qu’elle était équivalente
à un fil, c’est-à-dire que son comportement « bobine » n’apparaissait pas. Comme le comportement « bobine » est
justement de l’auto-induction ... la boucle est bouclée !

4 Pour L = 100 mH et R = 1 kΩ, l’auto-induction est négligeable dans la limite

ω  1 · 104 rad · s−1 soit f  1,6 kHz .

5 Considérons par exemple d ∼ 1 mm et D ∼ 1 m. On trouve alors L ∼ 4 · 10−6 H, ce qui donne comme condition

ω  2 · 109 rad · s−1 soit f  3 · 108 Hz .


Pour toutes les fréquences usuelles en électronique, limitées au plus à 1 · 107 Hz, négliger l’auto-induction du
circuit est donc légitime.

5/8 Étienne Thibierge, 5 juin 2018, [Link]


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Annales de concours
Exercice 6 : Solénoïdes imbriqués [oral CCP]

1 Par hypothèse, L  r1 et r2 , ce qui justifie d’approximer les solénoïdes comme infinis. En notant i1 et i2 les
courant qui y circulent et compte tenu de l’orientation des spires, le champ qu’ils créent en leur intérieur vaut

#” N
B 1,2 = µ0 i1,2 #”
ez .
`

Inductance propre L1 :
. Flux créé par S1 au travers d’une spire s1 de S1 :
¨
#” N
φS1 →s1 = B 1 (M ) · dS #”
e z = πr12 µ0 i1
M ∈s1 `

. Flux total créé par S1 au travers de lui-même :

N2
φS1 →S1 = N φS1 →s1 donc φS1 →S1 = πr12 µ0 i1 .
`
. Inductance propre : par définition, φS1 →S1 = L1 i1 donc

N2
L1 = πr12 µ0 .
`

Inductance propre L2 : par la même démarche,

N2
L2 = πr22 µ0 .
`

Inductance mutuelle M : comme le champ créé par S2 est uniforme à l’intérieur de S1 alors que la réciproque
n’est pas vrai, il est plus simple de calculer M à partir du flux créé par S2 au travers de S1 .
. Flux créé par S2 au travers d’une spire s1 de S1 :
¨
#” N
φS2 →s1 = B 2 (M ) · dS #”
e z = πr12 µ0 i2
M ∈s1 `

. Flux total créé par S2 au travers de S1 :

N2
φS2 →S1 = N φS2 →s1 donc φS2 →S1 = πr12 µ0 i2 .
`
. Inductance mutuelle : par définition, φS2 →S1 = M i2 donc

N2
M = πr12 µ0 .
`

2 Le circuit équivalent est tracé figure 5. Le circuit 1 contient une bobine et un générateur de courant imposant
le courant i1 , le circuit 2 ne contient qu’une bobine court-circuitée. Il y a couplage inductif entre les deux circuits.
Compte tenu de la convention récepteur,

di1 di2 di2 di1


u1 = +L1 +M et u2 = +L2 +M
dt dt dt dt

i1 M i2

L1 L2
u1 u2

Figure 5 – Circuit électrique équivalent.

6/8 Étienne Thibierge, 5 juin 2018, [Link]


Correction TD I2 : Fondements de l’induction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

D’après la loi des mailles, u2 = 0 donc


di2 M di1
=−
dt L dt
et par intégration
M
i2 = −
i1 + cte .
L
Comme le solénoïde S2 n’est pas relié à un générateur, on peut supposer qu’il n’y a pas de courant continu qui serait
physiquement impossible à cause des résistances des fils, même si elles sont faibles. Finalement,

M
i2 (t) = − I cos(ωt) ,
L

d’amplitude
M
I2 = I.
L

3 D’après le principe de superposition, en un point M se trouvant à l’intérieur des deux solénoïdes,

#” #” #” N
B(M ) = B 1 (M ) + B 2 (M ) = µ0 (i1 + i2 ) #”
ez
`
d’où en remplaçant
#”
 
N M
B(M ) = µ0 1− I cos(ωt) #”
ez .
` L

Exercice 7 : Principe de fonctionnement d’un générateur synchrone [oral CCP]


1 Comme la distance entre la spire et l’aimant est bien plus grande que le rayon de la spire, on peut considérer le
champ magnétique généré par l’aimant uniforme et vaut
#” µ0 m0
B a (θ) = (2 cos θ #”
ur + sin θ #”
uθ )
4π x3
en étant très vigilant à la définition de l’angle θ servant à repérer la position de la spire, voir figure 6.

axe de
référence
#”
m #”
0 uθ
θ<0
#” x
ur

Figure 6 – Orientation relative de la spire par rapport à l’aimant. Comme dans l’expression du champ magnétique
donné par l’énoncé, les coordonnées utilisées sont les coordonnées polaires de centre O et d’axe l’axe de l’aimant.

Compte tenu de l’orientation de la spire, spécifiée sur le schéma, le flux du champ magnétique au travers de la spire
vaut
#” µ0 m0 µ0 m0 a2
φ = S B a · #”
ur = πa2 × × 2 cos θ = cos θ
4π x 3 2 x3
et on en déduit la force électromotrice induite dans la spire

dφ µ0 m0 a2
e=− =− −θ̇ sin θ

dt 2 x3
Si l’aimant tourne à vitesse angulaire ω constante autour de l’axe z, alors compte tenu du schéma on a θ = −ωt (en
supposant θ = 0 à t = 0), donc θ̇ = −ω, et alors

µ0 m0 a2
e=+ ω sin ωt
2 x3

7/8 Étienne Thibierge, 5 juin 2018, [Link]


Correction TD I2 : Fondements de l’induction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Faites très attention aux multiples signes et compensations de signe ! Et vérifiez qualitativement le signe
final : pour t = 0 l’aimant est dans l’axe de la spire, donc à t & 0 il s’en éloigne, donc le flux au travers
de la spire diminue, donc d’après la loi de Faraday e > 0. Ouf, c’est ce qu’on vient de trouver.

Le courant induit se détermine alors directement à partir de la loi d’Ohm, i = e/R, d’où

µ0 m0 a2 ω
i= sin ωt .
2 x3 R
La spire étant simplement résistive, elle ne peut stocker d’énergie, et toute la puissance qu’elle reçoit est dissipée par
effet Joule. Ainsi, la puissance électrique reçue par la spire Pe = Ri2 vaut
2
1 µ0 m0 a2 ω

Pe = sin2 ωt .
R 2 x3

2 Le champ créé par l’aimant n’exerce pas de couple sur l’aimant lui-même. On en déduit que le champ à l’origine
de ce couple est donc le champ magnétique induit par la spire. L’énoncé donne le champ créé par un moment
magnétique : il faut donc calculer le moment magnétique de la spire pour en déduire le champ qu’elle crée, en étant
particulièrement vigilant au repérage. Compte tenu de l’orientation du courant sur la figure 6, le moment magnétique
de la spire vaut
#” = i πa2 #” π µ0 m0 a4 ω
m sp ux = sin ωt #”
ux
2 x3 R
En coordonnées polaires d’axe #”ux et d’origine le centre de la spire (et donc pas O !), l’aimant a pour coordonnées
r = x et θ = π, si bien que #”
ur = − #”
ux et #”uθ = − #”uy . On en déduit que le champ magnétique créé en O au niveau de
l’aimant par la spire vaut
#” µ0 msp
B sp (O) = [2 cos π(− #”
ux ) + sin π(− #”uy )]
4π x3
soit
#” µ0 π µ0 m0 a4 ω
B sp (O) = × sin ωt × 2 #”
ux
4π x3 2 x3 R
et ainsi
#” µ 2 m0 a4 ω
B sp (O) = 0 6 sin ωt #”
ux
4x R
Encore une fois, pensez à vérifier qualitativement les signes ! En connaissant le sens du courant induit
#”
d’après la question précédente (i > 0 pour t & 0), on déduit de la règle de la main droite que B sp doit
#”
être porté par + ux . Compte tenu du fait que les calculs ne sont pas très sympathiques, ces vérifications
qualitatives font vraiment partie des compétences testées à l’oral du concours.

Finalement, le couple magnétique exercé par la spire sur l’aimant vaut


#” #” #”
Γ =m 0 ∧ B sp (O)
#” sur la base #”
Le plus sûr pour calculer le produit vectoriel est de décomposer les coordonnées de m ux , #”
uy . Comme
0
#”
l’aimant tourne à vitesse angulaire ω (supposée) positive autour de uz , alors
#” µ 2 m0 a4 ω
Γ = m0 [cos(ωt) #”
ux + sin(ωt) #”
uy ] ∧ 0 6 sin ωt #”
ux
4x R
ce qui conduit à
#” µ 2 m 2 a4 ω
Γ = − 0 06 sin2 ωt #”
uz
4x R

On vérifie encore et toujours le signe : le couple est porté par − #”


uz , c’est-à-dire qu’il résiste au mouvement
de l’aimant. D’après la loi de Lenz, c’est complètement normal, puisque ce couple est d’origine inductive
... et que la cause de ce phénomène d’induction est le mouvement de l’aimant.

3 Pour maintenir la vitesse de rotation de l’aimant constante, le système mécanique doit fournir à l’aimant sous
#”
forme d’un couple une puissance exactement opposée à la puissance dissipée par Γ . La puissance mécanique à fournir
vaut donc Pm = −Γω, d’où
µ 2 m 2 a4 ω 2
Pm = 0 06 sin2 ωt .
4x R
On remarque qu’on a Pm = Pe , c’est-à-dire que toute la puissance mécanique fournie à l’aimant est transmise
à la spire sous forme de puissance électrique : on a bien modélisé un générateur électrique simplifié.

8/8 Étienne Thibierge, 5 juin 2018, [Link]


Induction 3 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Conversion de puissance électromécanique

Exercices
Exercice 1 : Haut parleur « de Laplace » [♦♦]
On s’intéresse dans cet exercice à un modèle très simplifié de haut-
parleur, dans une configuration proche des rails de Laplace où la mem-
#” brane du haut parleur est fixée solidairement à la tige mobile, qui est
B = B #”
ez A0
i également reliée élastiquement à un bâti. La tige mobile a pour lon-
u0 gueur AA0 = a, et sa position est repérée par son abscisse x, dont
x
l’origine correspond à la position de repos. Les frottements de l’air
sur la membrane se traduisent par une force de frottement linéaire
#”
f = −α #” v = −αẋ #”
`0 A
e x . Le système est forcé électriquement par la ten-
0 x(t) sion de commande u0 . On note R la résistance électrique de l’ensemble,
et on néglige l’auto-induction.
1 - Exprimer en fonction de ẋ la f.é.m. induite.
2 - Écrire les équations électrique et mécanique.
3 - Découpler ces équations pour aboutir à une unique équation différentielle portant sur la position x de la tige mobile.
Quel type d’équation obtient-on ? L’analyser physiquement : comment se traduisent les phénomènes d’induction ?
Commenter leur signe.
4 - Procéder à un bilan de puissance du système et interpréter physiquement chaque terme.

Exercice 2 : Moteur synchrone [♦]


Considérons un modèle simple de moteur synchrone. Le rotor, de moment magnétique m, #” tourne avec la même
#”
vitesse angulaire ω constante que le champ magnétique B qui l’entraîne. On néglige tout frottement interne au
#”
#” vers B #”
moteur. On s’intéresse à l’angle interne du moteur θ orienté de m et au couple M exercé par le champ sur le
moment magnétique. On prendra B = 0,2 T, m = 8 A · m2 et une fréquence de rotation de 50 tours par seconde.
1 - Proposer un dispositif simple permettant de réaliser le champ magnétique tournant.
2 - Que vaut θ si le moteur fonctionne à vide ?
3 - Le moteur doit entraîner une charge mécanique qui exerce un couple résistant Mr = 0,65 N · m. Calculer l’angle
interne et la puissance mécanique fournie par le moteur. D’où provient cette puissance ?
4 - La vitesse de rotation dépend-elle de la charge ? Quel est le couple maximal que peut fournir ce moteur ?

Exercice 3 : Moteur asynchrone [♦]


Le bobinage du rotor d’une machine asynchrone peut être modélisé par une spire unique de résistance R, d’in-
ductance L et de surface S tournant à vitesse angulaire constante ω autour d’un axe (Ox). La normale #” n à la
#”
spire est contenue dans le plan (Oyz). Cette spire est plongée dans un champ B généré par le stator, localement
uniforme, contenu dans le plan (Oyz), de norme constante, tournant à vitesse angulaire constante ω 0 autour de (Ox).
Ce dispositif est utilisé en moteur électrique : le champ magnétique entraîne le rotor.

#”
B hΓi

θ(t) #”
n

x ω

i(t)

1/3 Étienne Thibierge, 22 juin 2018, [Link]


TD I3 : Conversion de puissance électromécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

1 - Expliquer qualitativement (sans équation !) pourquoi la spire tourne. Les deux vitesses ω et ω 0 peuvent-elles être
identiques ?
#”
2 - Pour simplifier, on suppose qu’à l’instant initial #”
n et B sont colinéaires et de même sens selon #” e . Exprimer z
l’angle θ en fonction de Ω = ω 0 − ω. Que représente physiquement la vitesse de glissement Ω ?
3 - Établir l’équation différentielle régissant l’évolution du courant dans le rotor en fonction de Ω.
4 - On se place en régime permanent. Déterminer la pulsation du courant dans la bobine et résoudre l’équation
différentielle obtenue précédement à l’aide de la représentation complexe. Écrire la solution comme une somme de
sinus et cosinus.
5 - En considérant le moment magnétique m #” de la spire, calculer le couple auquel elle est soumise. En déduire le
couple moyen hΓi s’exerçant sur la bobine.
6 - L’allure de la courbe représentant hΓi en fonction de ω est donnée ci-dessus. Le moteur peut-il démarrer seul ?
7 - Le moteur doit entraîner une charge mécanique exerçant un couple résistant Γr connu. Justifier graphiquement
qu’un ou deux points de fonctionnement, c’est-à-dire une ou deux vitesses de rotation ω, sont possibles. En raisonnant
en termes de stabilité par rapport à Γr , justifier qu’un de ces deux points de fonctionnement n’est pas utilisable en
pratique. Lequel et pourquoi ?

Exercice 4 : Pendule pesant conducteur avec induction []


On considère un pendule rigide OA, homogène, de masse m et de longueur `, libre de
B #”
ez O tourner autour d’un axe horizontal (Oz) passant par une de ses extrémités. On note J son
moment d’inertie par rapport à cet axe. Le centre de masse G de la tige est situé en son
θ milieu. Le pendule est repéré par l’angle θ qu’il forme avec la verticale.
La tige est en contact en A avec un rail métallique ce qui forme un circuit électrique.
#”
A L’ensemble est placé dans un champ magnétique B = B #” e z . On ne tient compte que de la
résistance R de la tige, et on néglige celles du rail et du fil servant à fermer le circuit seront
négligées.
1 - Déterminer l’équation différentielle vérifiée par l’angle θ avec la verticale.
2 - On suppose les oscillations de petite amplitude. Montrer que si le champ magnétique est suffisamment fort, la
tige atteint sa position d’équilibre sans osciller.
3 - Établir un bilan d’énergie et l’analyser qualitativement.

Annales de concours
Exercice 5 : Rails de Laplace inclinés [d’après oral CCP, ♦]
Un barreau métallique de masse m glisse sans frottement méca-
#” nique sur deux rails conducteurs, séparés d’une distance a et inclinés
B
#”
g d’un angle α par rapport à l’horizontale. Les rails sont fermés sur une
#”
R résistance R, et un champ magnétique uniforme B, dirigé selon la ver-
ticale ascendante, règne entre eux. On repère par x(t) la position du
#”
uz #” barreau le long des rails.
uy
α
#”
u 1 - En appliquant la loi de Lenz, donner le sens du courant i qui
x
circule dans le circuit. La force de Laplace accélère-t-elle ou freine-t-
elle la chute du barreau ? Le barreau peut-il s’immobiliser ?
#”
2 - Exprimer la force de Laplace F L qui s’exerce sur le barreau mobile en fonction de i, a, B et α.
3 - En exploitant la conservation de la puissance, obtenir une relation entre i, R, a, B, α et la vitesse v du barreau.
4 - Déterminer l’équation différentielle vérifiée par v et la résoudre, sachant que le barreau est lâché en x = 0 sans
vitesse initiale. Justifier que le mouvement présente un régime transitoire de durée caractéristique τ à déterminer.
5 - En déduire x(t).
6 - Les rails ont une longueur totale L. Déterminer l’énergie électrique totale transmise à la résistance R lors du
mouvement du barreau sur les rails, en supposant le temps de chute très grand devant τ . Interpréter.

2/3 Étienne Thibierge, 22 juin 2018, [Link]


TD I3 : Conversion de puissance électromécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 6 : Oscillateur amorti par induction [inspiré oral banque PT, ♦]
x Considérons une barre de masse m et de longueur a, suspendue à deux ressorts
conducteurs identiques de raideur k et longueur à vide `0 . L’ensemble est plongé
#”
dans un champ magnétique B = B0 #” e y . La barre, les ressorts et le support forment
#” #”
B g un circuit fermé.
1 - Établir l’équation du mouvement sur la position z(t) de la barre.
2 - Réaliser et interpréter le bilan de puissance.
3 - À l’instant t = 0 on écarte la barre de sa position initiale d’une distance b.
i(t) Déterminer z(t) et i(t).
z

Résolution de problème
Pour aborder un exercice de type résolution de problème, il peut notamment être utile de faire un
schéma modèle, d’identifier et nommer les grandeurs pertinentes, d’utiliser l’analyse dimensionnelle,
de proposer des hypothèses simplificatrices, de décomposer le problème en des sous-problèmes simples,
etc. Le candidat peut également être amené à proposer des valeurs numériques raisonnables pour
les grandeurs manquantes ... et toutes les valeurs données ne sont pas forcément utiles. Le tout est
évidemment à adapter à la situation proposée !

Exercice 7 : Rail gun [adapté oral Centrale, ♦]


Le canon électrique, connu aussi sous le nom anglais de rail gun, est une arme à projectile accéléré par une force
électromagnétique. Le dispositif, schématisé dans le principe figure 2, revient à établir une différence de potentiel
électrique entre deux rails parallèles conducteurs, et à insérer entre eux un projectile, conducteur également, pouvant
glisser ou rouler dessus. La source peut délivrer un courant de 1 · 106 A.
Montrer que l’on peut accélérer la masse jusqu’à une vitesse supersonique sans utiliser de champ extérieur.
Données : le conducteur pèse 500 g et les rails sont longs de 3 m et séparés de 10 cm.
Donnée : champ créé par un fil infini, parcouru par un courant d’intensité I, en coordonnées cylindriques :

#” µ0 I #”
B= uθ .
2π r

Figure 2 – Rail-gun. Gauche : schéma de principe. Droite : photo prise lors d’un essai d’un rail gun de la Navy
américaine.

3/3 Étienne Thibierge, 22 juin 2018, [Link]


TD I3 : Conversion de puissance électromécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4/3 Étienne Thibierge, 22 juin 2018, [Link]


Induction 3 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Conversion de puissance électromécanique

Exercices
Exercice 1 : Haut parleur « de Laplace »
1 Le champ magnétique est uniforme à l’échelle du circuit. Les variations de flux proviennent de la variation de
surface du circuit, dû au mouvement de la tige mobile. Notons S0 l’aire entourée par le circuit lorsque x = 0. On a
alors
S(t) = S0 + ax .
Compte tenu du sens du courant dans le circuit indiqué sur le schéma de l’énoncé, le vecteur normal est égal à + #”
e . z
Ainsi,
#”
φ(t) = S(t) B · #”
n = (S0 + ax)B
et d’après la loi de Faraday
e = −aB ẋ .

2 Pour établir l’équation mécanique, appliquons la loi de la quantité de mouvement à l’ensemble tige et membrane,
dans le référentiel terrestre. Les actions mécaniques qu’il subit sont
#”
. son poids P , vertical ;
#”
. la réaction normale du rail N , verticale aussi en négligeant les frottements solides, et dont on sait qu’elle compense
le poids car le mouvement est selon #” e x seulement ;
#”
. la force de frottements f = −α #” v = −αẋ #”e x de l’air sur la membrane ;
. la force de Laplace exercée sur la tige, qui vaut
#” # ” #”
F L = iAA0 ∧ B = iaB( #”
e y ∧ #”
e z ) = iaB #”
ex ;

. la force de rappel exercée par le ressort sur la tige,


#”
F r = −k [(`0 + x) − `0 ] #”
e x = −kx #”
ex .
La loi de la quantité de mouvement donne alors

d #”
v #” #” #” #” #”
m = P + N + f + FL + Fr
dt
d’où on déduit en projetant sur #”
ex
mẍ = −αẋ − kx + iaB .

Écrivons maintenant l’équation électrique en se basant sur un schéma électrique équivalent.


i R
Les effets à prendre en compte sont la tension de commande u0 , la résistance R du circuit,
et la f.é.m. d’induction e. D’après la loi des mailles,
u0 e
u0 + e = Ri soit u0 − aB ẋ = Ri .

3 On cherche une équation sur x : il faut donc remplacer i dans l’équation mécanique en utilisant l’équation
électrique. D’après cette équation,
u0 aB
i= − ẋ ,
R R
ce qui donne en remplaçant
a B u0 (aB)2
mẍ = −αẋ − kx + − ẋ .
R R
C’est une équation d’oscillateur harmonique amorti, que l’on peut écrire sous forme canonique

1 (aB)2
 
a B u0
ẍ + α+ ẋ + kx = .
m R R

1/10 Étienne Thibierge, 22 juin 2018, [Link]


Correction TD I3 : Conversion de puissance électromécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Lorsque l’on remplace i dans l’expression de la force de Laplace, on voit que celle-ci compte deux contributons : un
terme de forçage constant, qui change la position d’équilibre de la tige, et un terme analogue à une
force de frottement fluide, proportionnelle à ẋ. Le fait de trouver un terme de frottement (donc avec un signe −)
est cohérent avec la loi de Lenz : l’induction a pour conséquence un freinage qui s’oppose au mouvement de la
tige, source de l’induction.

4 Pour obtenir le bilan de puissance, on multiplie l’équation mécanique par ẋ et l’équation électrique par i, ce qui
donne
mẋẍ = −αẋ2 − kxẋ + iaB ẋ et u0 i − aB ẋi = Ri2
L’équation mécanique donne
d 1 1
 
iaB ẋ = mẋ2 + kx2 + αẋ2
dt 2 2
ce qui se substitue dans l’équation électrique sous la forme

d 1 1
 
u0 i = mẋ2 + kx2 + αẋ2 + Ri2 .
dt 2 2

Le membre de gauche traduit la puissance électrique fournie par le générateur. Cette puissance est utilisée pour
modifier l’énergie mécanique de la partie mobile (tige et membrane), ce qu’indique le terme dans la dérivée. Une
partie est « perdue » par frottements fluides, ce qui traduit l’émission de l’onde sonore. Enfin, le reste de cette
puissance est dissipée sous forme d’effet Joule, décrit par le dernier terme du bilan de puissance.

Exercice 2 : Moteur synchrone


Les notations utilisées dans tout l’exercice sont présentées figure 3.

#”
B(t) θ
#”
m(t)

Figure 3 – Notations pour l’étude du moteur synchrone.

1 On peut utiliser deux bobines dont les axes forment un angle de π/2 et alimentées par des courants déphasés
d’autant. Cependant, EDF fournit du courant triphasé, c’est-à-dire trois sorties (les phases) déphasées de 2π/3 les
unes par rapport aux autres. La solution technologique la plus simple consiste donc à utiliser trois bobines dont les
axes se coupent en un même point et inclinées de 2π/3 les unes par rapport aux autres, comme indiqué sur la figure 4.

Figure 4 – Champ tournant généré par trois bobines. Chacune des bobines est reliée à une phase de l’alimentation
de secteur et au neutre, qui joue le rôle de masse.

2 Appliquons le théorème du moment cinétique au rotor dans le référentiel du stator. Lorsque le moteur tourne à
#”
vide, il n’est soumis qu’au couple magnétique M. D’après la loi du moment cinétique,
#”
dL # ” #” #”
=M=m ∧B
dt

2/10 Étienne Thibierge, 22 juin 2018, [Link]


Correction TD I3 : Conversion de puissance électromécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

mais comme on s’intéresse au régime permanent,


#”
dL #” #” #”
#” ∧ B
= 0 donc m = 0.
dt
#”
#” et B
On en déduit que m sont colinéaires, c’est-à-dire θ = 0.

3 Toujours en régime permanant, le couple moteur et le moment résistant se compensent vectoriellement,


#” # ”
#” ∧ B #”
m + Mr = 0

donc en norme
Mr
mB sin θ = Mr soit θ = arcsin = 24° .
mB
#”
#” vers B,
L’angle θ est bien positif, d’une part car il est défini de m et d’autre part car le couple résistant a forcément
pour effet de retarder le rotor par rapport au champ. De façon générale, lorsque le moteur entraîne une charge,
le moment magnétique suit le champ mais avec un angle interne d’autant plus grand que le couple résistant est
important. La puissance fournie par le moteur vaut

P = Mr ω donc P = mBω sin θ = 205 W .

Cette puissance provient du générateur électrique qui alimente les bobines produisant le champ tournant.

4 La question précédente montre que mB sin θ = Mr , c’est-à-dire que la charge mécanique entraînée (décrite par
le moment Mr ) n’a d’influence que sur l’angle interne θ mais pas sur la vitesse de rotation. C’est d’ailleurs un des
avantages de la machine synchrone par rapport à la machine asynchrone. Le couple maximal que peut fournir le
moteur est obtenu pour sin θ = 1, soit
Mmax = mB = 1,6 N · m .
Au delà, le couple exercé par le champ sur le rotor est trop faible pour le mettre en mouvement.

Exercice 3 : Moteur asynchrone


1 Supposons la spire immobile. Du fait de la rotation du champ tournant, le flux magnétique au travers de la spire
varie. Il y a donc un phénomène d’induction, qui génère un courant dans la spire. Ce courant a pour conséquence
l’apparition d’un moment magnétique qui tend à s’aligner avec le champ. Comme le champ tourne, la spire tourne
également. On peut donner une vision équivalente à partir de la loi de Lenz : l’effet du courant induit est de diminuer
les variations de flux magnétique au travers de la spire, et donc de chercher à donner à la spire une orientation
#”
constante par rapport au champ B. Comme le champ tourne, la spire tourne également.
Les deux vitesses de rotation ne peuvent pas être égales. Si tel était le cas, en se plaçant dans le référentiel de
la spire, le champ magnétique serait fixe et de norme constante, et il ne pourrait donc plus y avoir d’induction. La
spire ralentirait alors en raison des frottements ... ce qui impliquerait de nouveau un phénomène d’induction.
#”
2 À l’instant t, #”
n forme avec #”
e z un angle ωt et B un angle ω 0 t. L’angle θ vaut donc

θ(t) = ω 0 t − ωt = Ωt .
#”
La vitesse de glissement Ω est la vitesse angulaire à laquelle #”
n et B se décalent l’un par rapport à l’autre.

3 Circuit électrique équivalent : voir figure 5. Il n’y a pas de couplage inductif à prendre en compte. Le sens
de i et de e doit être le même pour pouvoir appliquer la loi de Faraday.

R
i
e L

Figure 5 – Schéma électrique équivalent à la machine asynchrone.

Calcul de la fém induite : Le flux magnétique au travers de la spire à l’instant t est égal à
#”
φ(t) = S B · #”
n = SB cos θ = SB cos(Ωt) .

3/10 Étienne Thibierge, 22 juin 2018, [Link]


Correction TD I3 : Conversion de puissance électromécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

On en déduit la f.é.m. induite par le champ extérieur par la loi de Faraday,



e=− = SB θ̇ sin θ soit e = SBΩ sin(Ωt) .
dt
Équation électrique : d’après la loi des mailles,
di di R SB
e = Ri + L soit + i= Ω sin(Ωt) .
dt dt L L

4 L’équation différentielle décrit un circuit en forçage harmonique de pulsation Ω. La pulsation du courant dans
la bobine en régime permanent est donc Ω.
Passer l’équation différentielle en représentation complexe pose une difficulté à cause du terme de droite. En
représentation complexe cos Ωt 7→ ejΩt , donc
 π
sin Ωt = cos Ωt − 7−→ ej(Ωt−π/2) = −j ejΩt .
2

Plus astucieux, on peut aussi noter que ce terme de droite s’écrit


E ind jΩ jΩSB
=− Φ=
L L L
L’équation différentielle devient
R jΩt SB jΩt
jΩ I ejΩt + I e = −jΩ e
L L
ce qui donne
jLΩ + R SB
I = −jΩ
L L
soit
jΩ SB −jΩ SB (R − jLΩ) ΩSB
I=− = =− 2 (jR + LΩ)
R + jLΩ R +L Ω
2 2 2 R + L2 Ω2
et enfin
ΩSB
I ejΩt = − 2 (LΩ − jR) (cos Ωt + j sin Ωt) .
R + L2 Ω2
On peut alors en déduire i(t) = Re I ejΩt soit
 

ΩSB
i(t) = − (LΩ cos Ωt − R sin Ωt) .
R2 + L2 Ω2

#”
5 Le moment magnétique de la spire est égal à m(t) = i(t) S #”
n (t), et le couple magnétique auquel la spire est
soumise vaut
#” #” ∧ B #” #”
#” ||B|| #”
Γ (t) = m(t) = ||m|| sin θ(t) #”
ex d’où Γ = i(t) S B sin Ωt #”
ex
d’où
Ω(SB)2
Γ = i(t) S B sin Ωt soit Γ=− (LΩ cos Ωt − R sin Ωt) sin Ωt .
R2 + L2 Ω2
En moyenne, sin2 Ωt = 1/2 et hsin Ωt cos Ωti = 0, d’où

RΩ(SB)2
hΓi =
2(R2 + L2 Ω2 )

6 Lorsque la vitesse de rotation est nulle, ω = 0 et Ω = ω 0 . Le couple moyen exercé sur le rotor est donc non-nul :
le moteur asynchrone est donc en mesure de démarrer seul.

7 En régime permanent, le couple moteur moyen hΓi doit compenser le couple résistant. Le point de fonctionnement
du moteur asynchrone correspond donc à la (aux) vitesse(s) de rotation ω telle(s) que hΓi = Γr . Les deux cas sont
représentés figure 6 : le(s) point(s) de fonctionnement sont situés aux intersections des courbes. Dans le premier
cas, un seul point de fonctionnement est possible, et la charge est entraînée à une vitesse de rotation ω légèrement
inférieure à ω 0 . Dans le second cas, deux points de fonctionnement sont envisageables. Celui à plus basse vitesse de
rotation est instable : si le couple résistant augmente par exemple sous l’effet d’une perturbation, alors d’après la loi
du moment cinétique la vitesse de rotation du moteur diminue ... mais dans ce cas le couple moteur moyen diminue
aussi. Le moteur ne peut donc plus entraîner la charge et décroche. Au contraire, pour le point de fonctionnement à
plus haute vitesse de rotation, le couple moteur augmente si ω diminue, ce qui permet de compenser la perturbation.

4/10 Étienne Thibierge, 22 juin 2018, [Link]


Correction TD I3 : Conversion de puissance électromécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

hΓi

Γ2
Γ1
ω

Figure 6 – Points de fonctionnement du moteur asynchrone. Les points de fonctionnement sont les points d’in-
tersection des droites bleues représentant le couple résistant et de la courbe rouge représentant le couple moteur
moyen.

Exercice 4 : Pendule pesant conducteur avec induction


Cf. livre Ellipses MPSI pp. 747 à 749.

Annales de concours
Exercice 5 : Rails de Laplace inclinés [d’après oral CCP]
1 La cause du phénomène d’induction est la glissade du barreau sur les rails, dans la direction + #” ux . Le courant
induit qui circule dans le circuit génère une force de Laplace induite, dont la loi de Lenz indique qu’elle s’oppose au
mouvement : elle freine le barreau, donc est dirigée selon − #” ux . On en déduit que le sens réel du courant lorsqu’il
traverse le barreau mobile est selon − #”uy , comme indiqué figure 7. Le barreau ne peut cependant pas s’arrêter : s’il
venait à s’arrêter, alors il n’y aurait plus de variations de flux donc plus d’induction ... et plus de force de Laplace
induite pour le retenir, si bien que son poids l’entraînerait à nouveau.
#”
B
#”
g
R
#”
FL #”
uz #”
uy
α
i #”
ux

Figure 7 – Rails de Laplace inclinés.

2 On choisit le sens positif de i comme étant celui déterminé à la question précédente. La force de Laplace subie
par le barreau vaut donc
#” #” #”
F L = i(−a #”
uy ) ∧ B avec B = B(− sin α #”
ux + cos α #”
uz )
ce qui conduit donc à
#” #”
F L = iaB (sin α #”
uy ∧ #”
ux − cos α #”
uy ∧ #”
uz ) d’où F L = −iaB (cos α #”
ux + sin α #”
uz ) .

3 La puissance fournie par la force de Laplace vaut


#”
PLapl = F L · (v #”
ux ) = −iaB v cos α .
Le circuit électrique équivalent, figure 8, ne compte que le générateur induit et la résistance. Ainsi, e = Ri.

i e
R

Figure 8 – Circuit électrique équivalent aux rails de Laplace inclinés.

Enfin, on utilise la conservation de la puissance,

PLapl + ei = 0 d’où − iaB v cos α + Ri2 = 0 soit Ri = aB v cos α .

5/10 Étienne Thibierge, 22 juin 2018, [Link]


Correction TD I3 : Conversion de puissance électromécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4 . Système : barreau mobile ;


. Référentiel : terrestre, supposé galiléen ;
. Bilan des forces :
#”
→ poids du barreau : P = m #” g = mg(sin α #” ux − cos α #”
uz ) ;
#” #” #”
→ force de Laplace : F L = −iaB (cos α ux + sin α uz ) ;
#”
→ réaction des rails, normale aux rails car sans frottement : R = R #” uz .
. Loi de la quantité de mouvement :
d #”
v #” #” #”
m = P + FL + R
dt
soit en projection sur #”
ux
dv
m = mg sin α − iaB cos α .
dt
En utilisant la question précédente pour remplacer i (découpler les équations électrique et magnétique), on aboutit à
dv (aB cos α)2
m = mg sin α − v
dt R
et finalement
dv (aB cos α)2
+ v = g sin α .
dt mR
Cette équation différentielle se met sous forme canonique,
dv 1 mR
+ v = g sin α avec τ= .
dt τ (aB cos α)2
On reconnaît une équation différentielle du premier ordre, et on sait que τ est la durée du régime transitoire.
. Résolution de l’équation différentielle :
→ Forme générale des solutions :
∗ solution particulière : comme le second membre est constant, la solution particulière est constante, et on
trouve
1 R mg sin α
0 + vp = g sin α d’où vp = gτ sin α = .
τ (aB cos α)2
∗ solution générale de l’équation homogène : vh = A e−t/τ .
∗ bilan : v(t) = A e−t/τ + gτ sin α.
→ Détermination de la constante à partir de la condition initiale :
= 0 |{z}
v(0) |{z} = A + gτ sin α d’où A = −gτ sin α .
CI sol

→ Conclusion :
R mg sin α  
v(t) = 1 − e−t/τ
.
(aB cos α)2

5 La loi horaire x(t) se déduit par intégration :


R mg sin α  
x(t) = t + τ e−t/τ
+ B .
(aB cos α)2
La constante B se déduit de la condition initiale,
R mg sin α
= 0 |{z}
x(0) |{z} = (0 + τ + B) d’où B = −τ .
(aB cos α)2
CI sol

Finalement,
R mg sin α h  i
x(t) = t + τ e−t/τ
− 1 .
(aB cos α)2

6 Par conservation de la puissance, l’énergie fournie à la résistance R pendant la durée de chute est égale à l’opposé
du travail de la force de Laplace. En supposant le temps de chute très grand devant τ , on peut considérer qu’à tout
instant v ' vp . La force de Laplace est donc une force constante. Son travail vaut alors
ˆ ˆ L
#” # ” #” (aB cos α)2
WL = F L · dM = (F L · #” ux ) dx = − vL
0 R

6/10 Étienne Thibierge, 22 juin 2018, [Link]


Correction TD I3 : Conversion de puissance électromécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

et ainsi
(aB cos α)2 R mg sin α
WL = − L = −mg sin αL .
R (aB cos α)2
On en déduit l’énergie QR fournie à la résistance, égale à l’énergie fournie par le générateur induit,

WL + QR = 0 d’où QR = mg sin αL .

Exercice 6 : Oscillateur amorti par induction [inspiré oral banque PT]


1 • Équation mécanique : Étudions le mouvement de la barre dans le référentiel terrestre R supposé galiléen.
Bilan des actions mécaniques :
. poids :
#”
P = m #”
g = mg #”
ez
. force de rappel des ressorts : identique pour chaque ressort, d’où le facteur 2
#”
F r = −2k(` − `0 ) #”
u sortant = −2k(z − `0 ) #”
ez ;

. force de Laplace : compte tenu de l’orientation,


#”
F L = ia #”
e x ∧ B0 #”
e y = iaB0 #”
ez .

Théorème de la résultante cinétique :


d #”
v #” #” #”
m = P + Fr + FL
dt R
soit en projetant
d2 z
m = mg − 2k(z − `0 ) + iaB0 .
dt2

• Équation électrique : le circuit électrique équivalent, représenté figure 9, compte une résistance R qui modélise
celle de la barre et des ressorts et un générateur induit de fém e.

e R

Figure 9 – Circuit électrique équivalent.

Compte tenu de l’orientation, le flux magnétique vaut


¨
φ= (B0 #”
e y ) · (dS #”
e y ) = B0 a z(t)

donc d’après la loi de Faraday,


dφ dz
e=− = −B0 a .
dt dt
et ainsi, d’après la loi des mailles,
dz
e = Ri soit −B0 a = Ri .
dt

• Découplage : d’après l’équation électrique,


B0 a dz
i=− ,
R dt
d’où en injectant dans l’équation mécanique

d2 z (aB0 )2 dz
m = mg − 2k(z − `0 ) − .
dt 2 R dt
Sous forme canonique,
d2 z (aB0 )2 dz 2k 2k
+ + z=g+ `0 ,
dt2 mR dt m m

7/10 Étienne Thibierge, 22 juin 2018, [Link]


Correction TD I3 : Conversion de puissance électromécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

ce que l’on met sous la forme


r
2k

 ω0 =

d2 z ω0 dz

m
+ + ω02 z = g + ω02 `0 avec
dt 2 Q dt
r

 Q=
 (aB 0)
2
2k
mR m

dz
2 On multiplie l’équation mécanique par vz = ,
dt
d2 z dz dz dz dz
m = mg − 2k(z − `0 ) + iaB0 ,
dt2 dt dt dt dt
et on multiplie l’équation électrique par i,
dz
−iaB0= Ri2 .
dt
Il suffit ensuite de combiner les deux équations et de reconnaître des dérivées,

d 1 d 1
   
mvz2 = mgz − 2 × k(z − `0 )2 − Ri2
dt 2 dt 2

et d’écrire sous la forme


d 1 1
 
mvz2 − mgz + 2 × k(z − `0 )2 = −Ri2 .
dt 2 2
On reconnaît dans le membre de gauche la dérivée de l’énergie mécanique de la barre. Le bilan de puissance indique
que l’énergie mécanique de la barre ne peut que diminuer (dérivée négative), et que l’énergie perdue est
dissipée par effet Joule.

3 • Forme générale des solutions :

Solution particulière : Le second membre de l’équation est constant, donc la solution particulière aussi, soit

g + ω02 `0 mg
0 + 0 + ω02 zp = g + ω02 `0 d’où zp = = `0 + .
ω02 2k

Solution homogène : Le polynôme caractéristique de l’équation homogène s’écrit


ω0
r2 + r + ω02 = 0 ,
Q

et son discriminant vaut


ω02 1
 
∆= − 4ω02 = ω02 − 4
Q2 Q2
Si la résistance du circuit est suffisamment faible, on peut supposer Q > 1/2, soit ∆ < 0, ce qui indique un régime
pseudo-périodique. Les racines sont complexes conjuguées et s’écrivent

1
r
ω0 ω0
r± = − ±j −4
2Q 2 Q2

que l’on pose sous la forme


1
r± = −
± jωp
τ
avec τ le temps caractéristique d’amortissement et ωp la pseudo-pulsation. La solution homogène s’écrit donc

zh (t) = [A cos(ωp t) + B sin(ωp t)] e−t/τ

d’où on déduit la forme générale des solutions,

mg
z(t) = `0 + + [A cos(ωp t) + B sin(ωp t)] e−t/τ ,
2k

où les constantes A et B se déterminent à partir des conditions initiales.

8/10 Étienne Thibierge, 22 juin 2018, [Link]


Correction TD I3 : Conversion de puissance électromécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

• Détermination des constantes : à l’instant initial, la barre est écartée d’une distance b par rapport à la position
d’équilibre, c’est-à-dire
mg mg
= `0 +
z(0) |{z} + b |{z}
= `0 + +A d’où A = b.
2k 2k
CI sol

Calculons maintenant la vitesse,


dz 1
v= = [−ωp A sin(ωp t) + ωp B cos(ωp t)] e−t/τ − [A cos(ωp t) + B sin(ωp t)] e−t/τ
dt τ
et comme la barre est immobile à l’instant initial, alors
dz A A
(0) |{z}
= 0 |{z}
= ωp B − soit B= .
dt τ ωp τ
CI sol

• Conclusion : on en déduit finalement

1
 
mg
z(t) = `0 + + b cos(ωp t) + sin(ωp t) e−t/τ .
2k ωp τ

D’après l’équation électrique,


B0 a dz
i=−
R dt
d’où
1 1 1
   
B0 a
i=− b −ωp sin(ωp t) + cos(ωp t) − cos(ωp t) + sin(ωp t) e−t/τ
R τ τ ωp τ
qui se « simplifie » en
1
 
B0 a
i=− b −ωp sin(ωp t) − sin(ωp t) e−t/τ
R ωp τ 2
puis
1
 
B0 a
i= b ωp − sin(ωp t) e−t/τ .
R ωp τ 2
... sauf erreur de calcul de ma part !
Voilà une question affreusement calculatoire et sans grand intérêt physique ... et l’énoncé original
rapporté par le candidat était encore pire puisqu’il fallait en plus prendre en compte l’auto-induction.

Résolution de problème
Exercice 7 : Rail gun [adapté oral Centrale]
Voir ici : http: // www. liberation. fr/ planete/ 2010/ 12/ 17/ le-railgun-le-giga-canon-de-la-navy_
701446
Raisonnons par analogie avec les rails de Laplace en négligeant tous les frottements. Les notations sont présentées
figure 10.

y
#”
#” F Lapl
B0 a
x
z
I

x(t)

Figure 10 – Notations pour l’étude du rail gun.

Le champ susceptible de mettre en mouvement le projectile est nécessairement le champ créé par le circuit lui-
même. Pour faire simple, on néglige les phénomènes d’induction : on considère que le courant est constamment égal

9/10 Étienne Thibierge, 22 juin 2018, [Link]


Correction TD I3 : Conversion de puissance électromécanique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

au courant maximal que la source peut délivrer. Le champ créé par un rail peut être modélisé par celui d’un fil infini,
parcouru par un courant d’intensité I :
#” µ0 I #”
B= uθ
2π r
(se retrouve en 30 secondes avec le théorème d’Ampère). Pour estimer le champ total, faisons l’hypothèse qu’il est
uniforme sur le projectile, et calculons sa valeur en y = a/2. Les champs créés par les deux rails se superposent, et
compte des orientations sont dirigés tous les deux selon + #”
uz , si bien que

#” µ0 I #” 2µ0 I #”
B =2× uz = uz .
2π a/2 πa

Numériquement, on trouve B ' 8 T.


Une fois ce champ déterminé, calculons la vitesse de sortie. Plus précisément, on ne s’intéresse qu’à la norme vs
de la vitesse en sortie du guide, le plus simple est donc d’appliquer le théorème de l’énergie cinétique.
. Système : projectile ;
. Référentiel : terrestre, supposé galiléen ;
. Bilan des actions mécaniques :
→ en première approche, on néglige tous les frottements ;
→ le mouvement du projectile est horizontal, son poids est donc compensé par une force de réaction normale ;
#”
→ la force de Laplace vaut F L = I(a #”
e y ) ∧ (B #”
e z ) = IaB #”
e x , il s’agit d’une force motrice constante, son travail au
cours du déplacement du projectile sur toute la longueur L des rails vaut donc

WL = IaB L .

. Théorème de l’énergie cinétique :


1 1
mv 2 − 0 = W soit mv 2 = IaB L .
2 s 2 s
et finalement r
2IaB L
vs = = 3 · 103 m · s−1
m
ce qui est dix fois supérieur à la vitesse du son. En pratique, les frottements divisent cette vitesse de sortie par environ
2.

10/10 Étienne Thibierge, 22 juin 2018, [Link]


Thermodynamique 1 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Fondements de la thermodynamique
Donnée pour tous les exercices : constante des gaz parfaits R = 8,31 J · mol−1 · K−1 .

Exercices
Exercice 1 : Pression des pneus [♦♦]
La pression préconisée sur les roues avant d’une Mégane est de 2,2 bar. J’ai réglé la pression des pneus de ma
voiture un jour froid cet hiver, par une température extérieure de −5 ◦C.
1 - En supposant que le volume des pneus ne varie pas et qu’il n’y a aucune fuite d’air possible, quelle sera l’indication
du manomètre un jour chaud cet été, par une température extérieure de 30 ◦C ?
2 - Calculer la variation relative de pression due au changement de température. Que me conseilleriez-vous ?

Exercice 2 : Fuite d’hélium [♦♦]


On considère une bouteille de volume constant V = 10 L contenant de l’hélium, modélisé comme un gaz parfait
monoatomique, à la pression p = 2,1 bar et à la température T = 300 K.
Données : masse molaire de l’hélium M = 4,0 g · mol−1 , constante de Boltzmann kB = 1,38 · 10−23 J · K−1 .
1 - Calculer la masse m d’hélium contenue dans la bouteille et la densité particulaire n? , c’est-à-dire le nombre
d’atomes par unité de volume.
2 - Calculer la vitesse quadratique moyenne des atomes.
3 - À la suite de l’ouverture de la bouteille, la pression passe à p0 = 1,4 bar et la température à T 0 = 290 K. Calculer
la masse ∆m de gaz qui s’est échappé de la bouteille.
4 - À quelle température T 00 faudrait-il porter le gaz pour atteindre à nouveau la pression p ?

Exercice 3 : Gaz parfait dans une enceinte [♦]


Une quantité de matière n de gaz parfait est enfermée dans une enceinte de surface de base S. Cette enceinte
est fermée par un piston de masse m, à même de coulisser sans frottement, et permet les transferts thermiques, si
bien que lorsqu’on attend suffisamment longtemps le gaz contenu dans l’enceinte est en équilibre thermique avec
l’extérieur. Le milieu extérieur se trouve à température et pression constantes T0 et P0 . On fait subir au gaz la série
de transformations suivante.
. Initialement, dans l’état (1), le système est au repos depuis suffisamment longtemps pour avoir atteint l’équilibre
thermique et mécanique ;
. Le gaz est chauffé jusqu’à ce qu’il atteigne la température T > T0 , plaçant le système dans l’état (2) ;
. Une masse supplémentaire M est brusquement placée par dessus le piston : avant tout transfert thermique, le
système est dans l’état (3) ;
. Enfin, l’équilibre thermique est atteint, le système est alors dans l’état (4).
Déterminer les quatre positions du piston h1 à h4 .

T0 , P0 T0 , P0 T0 , P0 T0 , P0

h2 T , P2
h1 T0 , P1 h3 T , P3
h4 T0 , P4

Exercice 4 : Stockage d’eau chaude [♦]


Une masse m = 100 kg d’eau chaude est stockée dans une cuve fermée de volume V0 = 200 L, que l’on modélise
comme étant indéformable. Pour simplifier, on ne tient pas compte de l’air contenu dans la cuve en plus de l’eau.
Suite à un échauffement accidentel, l’eau normalement maintenue à T0 = 60 ◦C passe à T = 500 ◦C.

1/3 Étienne Thibierge, 13 mai 2018, [Link]


TD T1 : Fondements de la thermodynamique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

La vapeur d’eau est modélisée par un gaz parfait. On tient compte de la légère compressibilité et dilatabilité de
l’eau liquide par une équation d’état de la forme

α = 3,0 · 10−4 K−1


(
V
ln = α(T − T0 ) − χT (P − P0 ) avec
V0 χT = 5,0 · 10−10 Pa−1

Figure 1 – Diagramme de Clapeyron (P, v) de l’eau. Plusieurs isothermes sont représentées pour des températures
allant de 60 à 600 ◦C. Attention, les échelles sont logarithmiques.

1 - En utilisant le diagramme de Clapeyron figure 1, déterminer la composition du mélange liquide-gaz initial.


2 - Sous quelle forme trouve-t-on l’eau après l’échauffement accidentel ? Déterminer la pression P correspondante.
Commenter.
3 - La soupape de sécurité permet au fur et à mesure du chauffage de laisser de la vapeur d’eau s’échapper : la cuve
est finalement presque vide et ne contient plus que m0 = 400 g d’eau. Déterminer la pression finale et conclure.

Exercice 5 : Stockage de l’ammoniac [♦]


L’ammoniac NH3 est un des composés les plus synthétisés au monde. Outre ses propriétés de réfrigérant, il sert
à la synthèse de nombreux autres composés dont ceux de fort tonnage utilisés comme engrais. Ce gaz incolore est
irritant, il possède une odeur piquante, il brûle les yeux et les poumons. Sa masse molaire est de 17,0 g · mol−1 . On
s’intéresse à son stockage dans une usine chimique, dans une citerne de 40 m3 ne contenant que de l’ammoniac pur
(pas d’air).
La masse volumique du liquide et la pression de vapeur saturante sont tabulées pour différentes températures
dans les tables thermodynamiques figure 2. On modélise l’ammoniac en phase gazeuse par un gaz parfait.
1 - Exprimer les volumes massiques vL et vG des phases liquide et gaz de l’ammoniac dans un mélange diphasé en
fonction des données. Les calculer numériquement pour une température de 20 ◦C.
2 - Le point critique de l’ammoniac se trouve à 132 ◦C et 1,13 · 107 Pa. Expliquer pourquoi il s’agit de la dernière
ligne des tables données.
3 - Expliquer pourquoi stocker un fluide dans de bonnes conditions de sécurité demande que le volume massique du

2/3 Étienne Thibierge, 13 mai 2018, [Link]


TD T1 : Fondements de la thermodynamique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Figure 2 – Tables thermodynamiques de l’ammoniac. Extrait de Wikipedia.

fluide transporté soit supérieur au volume critique. On pourra s’appuyer sur le schéma d’un diagramme de Clapeyron.
4 - En déduire la masse maximale d’ammoniac qui peut être stockée dans la citerne.
5 - À partir de quelle masse l’ammoniac dans la citerne se trouve-t-il uniquement sous forme gazeuse ?
6 - Une masse m = 2,0 · 103 kg d’ammoniac se trouve dans la citerne. En déduire la masse de liquide.

Résolution de problème
Pour aborder un exercice de type résolution de problème, il peut notamment être utile de faire un
schéma modèle, d’identifier et nommer les grandeurs pertinentes, d’utiliser l’analyse dimensionnelle,
de proposer des hypothèses simplificatrices, de décomposer le problème en des sous-problèmes simples,
etc. Le candidat peut également être amené à proposer des valeurs numériques raisonnables pour
les grandeurs manquantes ... et toutes les valeurs données ne sont pas forcément utiles. Le tout est
évidemment à adapter à la situation proposée !

Exercice 6 : Atmosphère de Titan [oral CCP, ♦]


Titan est un satellite naturel de Saturne, voir figure 3, doté d’une atmosphère de N2 à la température T = 90 K.
Trouver l’ordre de grandeur de l’épaisseur de cette atmosphère.
Données :
. masse de Titan : M0 = 1,3 · 1023 kg ;
. rayon de la Terre : 6,4 · 103 km ;
. masse molaire du diazote : MN2 = 28 g · mol−1 ;
. constante de gravitation : G = 6,7 · 10−11 N · m2 · kg−2 ;
. constante des gaz parfaits : R = 8,3 J · K−1 · mol−1 .

3/3 Étienne Thibierge, 13 mai 2018, [Link]


TD T1 : Fondements de la thermodynamique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Figure 3 – Lunes des planètes du système solaire. Figure extraite de Wikipédia.

4/3 Étienne Thibierge, 13 mai 2018, [Link]


Thermodynamique 1 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Fondements de la thermodynamique

Exercices
Exercice 1 : Pression des pneus
1 Comme la quantité de matière n d’air contenu dans le pneu et son volume V sont des constantes, alors d’après
l’équation d’état des gaz parfaits,
P1 P2 nR
= =
T1 T2 V
d’où on déduit
T2
P2 = P1 = 2,5 bar .
T1

2 La variation relative de pression est supérieure à 10 %, ce qui est loin d’être négligeable. Le meilleur conseil à
donner est de refaire la pression des pneus de la voiture. Notez d’ailleurs qu’il est préconisé de la vérifier chaque mois
... et indispensable de le faire au moins deux fois par an, avant les grands trajets !

Exercice 2 : Fuite d’hélium


1 D’après la loi des gaz parfaits,

m M pV
pV = RT d’où m= = 3,4 g .
M RT

La densité particulaire est reliée au nombre total d’atomes N contenus dans la bouteille et à son volume par n? = N/V .
Ainsi, l’équation d’état donne

N pNA
pV = RT d’où n? = = 5,1 · 1025 atomes/m3 .
NA RT

2 Par définition de la température cinétique,

1 3
mu2 = kB T
2 2
où m = M/NA est la masse d’un atome. Comme R = NA kB ,
r
3RT
u= = 1,4 · 103 m · s−1 .
M

3 La masse restante m0 vaut


M p0 V
m0 = = 2,0 g
RT 0
si bien que
∆m = m − m0 = 1,0 g .

4 Toujours d’après l’équation d’état, on a dans ce nouvel état

m0 M pV p 0
pV = RT 00 donc T 00 = soit T 00 = T = 435 K .
M m0 R p0

1/4 Étienne Thibierge, 13 mai 2018, [Link]


Correction TD T1 : Fondements de la thermodynamique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 3 : Gaz parfait dans une enceinte


Introduisons pour clarifier la discussion un axe z vertical vers le haut. Dans tous les cas, il faut traduire l’équilibre
mécanique du piston. Celui-ci est soumis à
#”
. son poids P = m #” g = −mg #”ez ;
#”
. la force de pression exercée par l’air extérieur F ext = −P0 S #”
ez ;
#”
. la force de pression exercée par l’air intérieur qui dépend de l’étape i, F int = +Pi S #”
ez ;
#”
. éventuellement la force exercée par la masse supplémentaire, égale à son poids P 0 = −M g #” ez .
1 Commençons par déterminer la pression P1 . Comme le piston est en équilibre, alors
mg
−mg + (P1 − P0 )S = 0 d’où P1 = + P0
S
et on déduit de l’équation d’état des gaz parfaits

nRT0 nRT0
P1 × Sh1 = nRT0 d’où h1 = soit h1 = .
S P1 mg + SP0

2 La condition d’équilibre mécanique du piston s’écrit toujours de la même façon, si bien que
mg
P2 = P1 = + P0 .
S
Seule change la température, d’où
nRT
h2 = .
mg + SP0

3 Cette fois le piston doit en plus supporter la masse M ajoutée. La pression P3 vaut donc

(m + M )g
P3 = + P0
S
et la hauteur s’en déduit par le même raisonnement que précédemment,

nRT
h3 = .
(m + M )g + SP0

4 Toujours de la même façon, on trouve P4 = P3 et

nRT0
h4 = .
(m + M )g + SP0

Exercice 4 : Stockage d’eau chaude


1 Le volume massique moyen de l’eau dans la cuve vaut v = V /m = 2,0 · 10−3 m3 · kg−1 . À la température T0 , le
point représentatif M1 se trouve dans le domaine de coexistence liquide-gaz. La fraction massique de gaz est donnée
par le théorème des moments,
v − v`
xg = = 1,3 · 10−4
vg − v`
avec par lecture graphique le volume massique du liquide v` = 1 · 10−3 m3 · kg−1 et celui du gaz vg = 8,0 m3 · kg−1 .
On en déduit les masses respectives de gaz et de liquide,

mg = xg m = 13 g et m` = (1 − xg )m ' m .

L’eau est presque exclusivement sous forme liquide à cette température.

2 Comme la cuve est indéformable, son volume est constant et donc le volume massique moyen de l’eau dans la cuve
est constant aussi. Le point représentatif du système dans le diagramme de Clapeyron figure 4 est donc à la verticale
de M1 , plutôt dans le domaine liquide (au vu du diagramme, le situer dans le domaine du fluide supercritique ne
serait pas aberrant non plus). En utilisant l’équation d’état donnée pour V = V0 , on trouve
α
P = P0 + (T − T0 ) = 2,1 · 103 bar .
χT

2/4 Étienne Thibierge, 13 mai 2018, [Link]


Correction TD T1 : Fondements de la thermodynamique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Figure 4 – Diagramme de Clapeyron (P, v) de l’eau. Plusieurs isothermes sont représentées pour des températures
allant de 60 à 600 ◦C. Attention, les échelles sont logarithmiques.

Cette pression est énorme, la cuve ne pourrait pas y résister et exploserait.

3 On raisonne de même avec un volume massique moyen v 0 = V /m0 = 0,50 m3 · kg−1 . Le point représentatif du
système est le point à la verticale de M2 placé sur le diagramme, le système est alors exclusivement gazeux. On peut
lire une pression P 0 de l’ordre de 0,7 MPa, soit environ 7 bar, ce qui est beaucoup plus raisonnable et ne doit pas
poser de problème de résistance de la cuve.
Ne pas faire trop attention au point M2 , il est bizarrement placé car j’ai modifié l’énoncé de l’exercice
par rapport au livre d’où est extrait le diagramme.
Une modélisation de la vapeur par un gaz parfait donnerait P 0 = mRT /M V0 = 7,1 bar.

Exercice 5 : Stockage de l’ammoniac


1 Les tables donnent la masse volumique ρL de la phase liquide, ce qui donne directement le volume massique

1
vL = .
ρL

On lit dans la table qu’à 20 ◦C ρL = 0,61 g · cm−3 = 6,1 · 102 kg · m−3 d’où

vL = 1,6 · 10−3 m3 · kg−1 .

Pour déterminer le volume massique de la phase gazeuse, partons de l’équation d’état des gaz parfaits,

m V RT
P V = nRT soit PV = RT donc vG = =
M m MP

3/4 Étienne Thibierge, 13 mai 2018, [Link]


Correction TD T1 : Fondements de la thermodynamique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Comme on s’intéresse à un mélange diphasé de température connue, P = Psat (T ), d’où

RT
vG = .
M Psat (T )

La table thermodynamique indique qu’à 20 ◦C Psat = 8,6 · 105 Pa, d’où

vG = 1,6 · 10−1 m3 · kg−1 .

2 Au delà du point critique, les phases liquide et gaz ne sont plus discernables et ne forment plus qu’une seule
phase, le fluide supercritique. Parler de masse volumique du liquide n’a donc plus vraiment de sens, et parler de
pression de vapeur saturante, qui suppose une coexistence entre liquide et gaz, n’en a plus du tout.

3 Lors d’un échauffement accidentel d’un fluide en équilibre sous deux phases liquide et gaz, le mélange diphasique
peut devenir monophasique. Si v < vC alors la phase formée est liquide, et elle est gazeuse si v > vC . Comme une
phase liquide est presque incompressible et que le fluide est contraint à rester dans le volume de la citerne (le mélange
évolue donc de façon isochore), la pression à l’intérieur de la citerne peut énormément augmenter et conduire à une
explosion. Au contraire, si la phase obtenue est gazeuse, l’augmentation de pression est bien moindre.

4 D’après les considérations précédentes le volume massique v doit être tel que

Vcit
v > vC donc = vC
mmax
ce qui donne
Vcit
mmax = .
vC

En calculant vC = 1/ρC = 3,8 · 10−3 m3 · kg−1 , on en déduit

mmax = 9,6 · 103 kg .

5 L’ammoniac se trouve uniquement en phase gazeuse lorsque v > vG , soit

Vcit
m< = 2,4 · 102 kg .
vG

6 La fraction massique en ammoniac se détermine à partir du théorème des moments,

vG − v Vcit
xL = = 0,89 avec v= .
vG − vL m
On en déduit alors
mL = xL m = 1,7 · 103 kg .

L’expression du théorème des moments doit être connue « à peu près », et surtout retrouvée à partir
d’un test de vraisemblance : xL = 1 lorsque v = vL et xL = 0 lorsque v = vG .

Résolution de problème
Exercice 6 : Atmosphère de Titan [oral CCP]
Correction à rédiger.
Idée : comparer la vitesse de libération (cf. cours sur les forces centrales) à la vitesse quadratique moyenne.

4/4 Étienne Thibierge, 13 mai 2018, [Link]


Thermodynamique 2 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Premier principe : bilans d’énergie


Donnée pour tous les exercices : constante des gaz parfaits R = 8,31 J · mol−1 · K−1 .

Exercices
Exercice 1 : Transformation polytropique [♦]
Une transformation polytropique est une transformation d’un gaz pour laquelle il existe un coefficient k > 0 tel
que P V k = cte tout au long de la transformation. De telles transformations sont intermédiaires entre des adiabatiques
et des isothermes, et se rencontrent en thermodynamique industrielles, par exemple lorsque le système réfrigérant ne
permet pas d’éliminer tout le transfert thermique produit par une réaction chimique. On raisonnera à partir d’une
transformation quasi-statique d’un gaz parfait.
nR γnR
Donnée : Pour un gaz parfait, CV = et CP = .
γ−1 γ−1
1 - À quelles transformations connues correspondent les cas k = 0, k = 1 et k = +∞ ?
2 - Calculer le travail des forces de pression pour un gaz subissant une transformation polytropique entre deux
états (P0 , V0 , T0 ) et (P1 , V1 , T1 ) en fonction d’abord des pressions et des volumes puis dans un second temps des
températures seulement.
3 - Montrer que le transfert thermique au cours de la transformation précédente s’écrit
 
1 1
Q = nR − (T1 − T0 ) .
γ−1 k−1

4 - Analyser les cas k = 0, k = 1 et k = +∞, et vérifier la cohérence avec l’analyse initiale.


5 - À quel type de transformation correspond le cas k = γ ?

Exercice 2 : Comparaison entre transformations [♦]


On considère un système composé d’une quantité de matière n de gaz parfait diatomique enfermée
T0 , P0 dans une enceinte. Cette enceinte est fermée par un piston de surface S et dont on négligera la masse,
pouvant coulisser sans frottement. L’ensemble est situé dans l’atmosphère, dont on note T0 et P0 la
température et la pression. On note I l’état initial. L’objectif est de comparer deux transformations
du système : l’une brutale et l’autre lente.
T, P, V
Donnée : capacité thermique à volume constant CV = 5nR/2.
Commençons par la transformation brutale : on lâche brusquement une masse M sur le piston, qui se stabilise en
un état intermédiaire 1.
1 - Le meilleur modèle pour la transformation est-il isotherme ou adiabatique ? Peut-on en déduire un résultat sur
la température T1 ?
2 - Déterminer la pression P1 .
3 - Établir le bilan énergétique de la transformation en explicitant chacun des termes.
4 - En déduire les caractéristiques T1 , P1 , V1 de l’état 1.
On observe qu’en fait l’état 1 n’est pas un réel état d’équilibre : le piston continue de bouger, mais beaucoup plus
lentement, jusqu’à atteindre l’état 2 qui est l’état final.
5 - Quel phénomène, négligé précédemment, est responsable de cette nouvelle transformation du système ?
6 - Déterminer les caractéristiques T2 , P2 , V2 de l’état 2.
7 - Déterminer le travail reçu par le système, puis sa variation d’énergie interne et en déduire le transfert thermique
reçu au cours de la transformation 1 → 2. En déduire le travail total et le transfert thermique total reçus au cours
de la transformation brusque.

1/4 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


TD T2 : Premier principe : bilans d’énergie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Comparons maintenant à une transformation lente : la même masse M est lâchée très progressivement sur le
piston, par exemple en ajoutant du sable « grain à grain ».
8 - Comment qualifie-t-on une telle transformation ? Que peut-on en déduire sur la température du système au cours
de la transformation ?
9 - Déterminer la pression dans l’état final et en déduire le volume. Commenter.
10 - Établir le bilan énergétique de la transformation en explicitant chaque terme. Comparer à la transformation
brutale. Commenter.

Exercice 3 : Détente de Joule Gay-Lussac [♦]


e
Le dispositif étudié dans cet exercice a été mis eu point au XIX siècle par Joule et Gay-Lussac en vue d’étudier
le comportement des gaz. Deux compartiments indéformables aux parois calorifugées communiquent par un robinet
initialement fermé. Le compartiment (1), de volume V1 , est initialement rempli de gaz en équilibre à la température Ti .
Le vide est fait dans le compartiment (2). Une fois le robinet ouvert, un nouvel équilibre s’établit, caractérisé par
une température Tf du gaz.
1 - Montrer que cette détente est isoénergétique, c’est-à-dire que l’énergie interne du gaz ne varie pas au cours de la
transformation. Cette propriété dépend-elle du gaz ?
2 - Déterminer la température Tf dans le cas où le gaz est parfait.
L’expérience est réalisée avec de l’argon, qui peut être efficacement modélisé par un gaz de van der Waals.
L’équation d’état d’un tel gaz s’écrit
an2
 
P + 2 (V − nb) = nRT
V
avec a et b deux constantes positives caractéristiques du gaz et son énergie interne vaut
na2
U = nCV m T −
V
Les travaux de van der Waals sur le comportement microscopique des gaz ont été de première importance, et il en a
été récompensé par le prix Nobel 1910. Pour l’argon, CV m = 12 J · K−1 · mol−1 .
3 - Intepréter physiquement l’origine du terme de cohésion a et du volume exclu b. Nommer et interpréter la
constante CV m .
4 - Expérimentalement, on observe que la température de l’argon diminue de 5,4 K au cours de la détente réalisée
pour deux compartiments de volumes V0 = 1,0 L et n = 1,0 mol. En déduire la valeur du terme de cohésion a de
l’argon.

Exercice 4 : Cycle de Lenoir [♦]


Le cycle de Lenoir est un modèle idéalisé de cycle moteur à deux temps, intro-
duit par Lenoir en 1860 pour décrire le fonctionnement du moteur à gaz qu’il avait
mis au point l’année précédente. On raisonne sur l’air présent dans la chambre de
combustion du moteur, modélisé par un gaz parfait. Après une phase d’admission
d’air dans la chambre de combustion et le processus d’inflammation, l’air dans la
chambre est caractérisé par T1 = 100 ◦C, V1 = 10 L et P1 = 2 · 105 Pa. À partir
de cet état 1, l’air constitue un système fermé de quantité de matière n0 . Le cycle
qu’il subit se compose des étapes suivantes :
. 1 → 2 : explosion isochore jusqu’à la pression P2 ;
. 2 → 3 : détente isotherme jusqu’à un volume V3 = 2V1 ;
. 3 → 1 : compression isobare jusqu’à revenir au volume initial.
Les gaz brûlés sont ensuite évacués hors de la chambre de combustion, et un nouveau cycle démarre.
1 - On cherche à représenter le cycle dans le diagramme de Watt (P, V ). Pour pouvoir définir les grandeurs d’état
tout au long des transformations, on raisonne sur des transformations quasi-statique.
1.a - Déterminer l’équation d’une isotherme quasi-statique d’un gaz parfait dans le diagramme de Watt.
1.b - En déduire la représentation du cycle.
2 - Déterminer la température T2 = T3 à laquelle a lieu la détente. En déduire la pression maximale atteinte P2 .
3 - Calculer le travail total fourni par le moteur au cours du cycle.
4 - Justifier sans calcul qu’entre le début et la fin du cycle ∆U = 0. En déduire le transfert thermique reçu par le
système. Quelle est la source de ce transfert ?

2/4 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


TD T2 : Premier principe : bilans d’énergie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Remarque finale : un défaut majeur de ce modèle de cycle est la modélisation de la deuxième étape.
Considérer la détente isotherme n’est pas l’hypothèse la plus pertinente, une modélisation adiabatique
est plus conforme à la réalité.

Exercice 5 : Capacité thermique massique du cuivre [♦♦]


Dans un calorimètre dont la valeur en eau vaut µ = 41 g, on verse 100 g d’eau. Une fois l’équilibre thermique
atteint, la température mesurée est de 20 ◦C. On plonge alors un barreau métallique de cuivre de masse 200 g à
une température initiale de 60 ◦C. À l’équilibre final, la température est de 30 ◦C. Déterminer la capacité thermique
massique du métal.
La capacité thermique massique de l’eau vaut ceau = 4,18 kJ · K−1 · kg−1 . On suppose que toutes les capacités
thermiques sont constantes dans le domaine de température considéré.

Exercice 6 : De la glace qui fond [♦]


Dans un calorimètre aux parois calorifugées et de capacité thermique négligeable, on introduit une masse mliq =
1,00 kg d’eau liquide initialement à T1 = 20 ◦C. On y ajoute une masse mgl = 0,50 kg de glace à T2 = 0 ◦C. On
suppose que la transformation se fait à pression constante Patm = 1 bar.
Données : enthalpie massique de fusion de l’eau ∆fus h = 3,3 · 102 kJ · kg−1 et capacité thermique massique de l’eau
liquide c = 4,2 kJ · K−1 · kg−1 .
1 - On suppose qu’à l’état final l’eau est entièrement sous forme liquide. Déterminer sa température TF . Conclure.
2 - On suppose maintenant qu’à l’état final l’eau est présente sous forme d’un mélange solide et liquide. Que peut-on
dire sans calcul sur l’état final ? Déterminer la composition du mélange, c’est-à-dire la masse de chaque phase.

Exercice 7 : Détente isenthalpique dans une machine frigorifique [♦]


Dans le détendeur d’une machine frigorifique à écoulement de
fluide, un fluide frigorigène de type CFC (chlorofluorocarbone) se re-
froidit et se vaporise partiellement. Ce détendeur est supposé calo-
rifugé, et ne contient aucune partie mobile, si bien que le fluide ne
reçoit pas d’autre travail que celui des forces de pression qui assurent
l’écoulement.
Le fluide y pénètre à la température T1 et à la pression P1 =
Psat (T1 ) égale à la pression de vapeur saturante du CFC à cette tem-
pérature. Le mélange qui sort du détendeur est à la température T2
et à la pression P2 = Psat (T2 ). Cette transformation est représentée
entre A et B dans le diagramme de Clapeyron ci-contre. Le volume
massique du CFC est supposé constant le long de la courbe de satu-
ration.
On raisonne sur un système fermé constitué d’une masse m de CFC
traversant le détendeur.
1 - Déduire du premier principe que le passage au travers du détendeur est isenthalpique, c’est-à-dire que l’enthalpie
du système ne varie pas.
2 - Déterminer la fraction x de CFC qui s’est vaporisée au cours de la détente. On pourra raisonner sur une
transformation impliquant le point A0 indiqué sur le diagramme de Clapeyron.
Données :
. T1 = 305 K, T2 = 280 K ;
. enthalpie massique de vaporisation à T2 : ∆vap h = 200 kJ · kg−1 ;
. capacité thermique du CFC liquide : c = 1,32 kJ · K−1 · kg−1 .

3/4 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


TD T2 : Premier principe : bilans d’énergie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Résolution de problème
Pour aborder un exercice de type résolution de problème, il peut notamment être utile de faire un
schéma modèle, d’identifier et nommer les grandeurs pertinentes, d’utiliser l’analyse dimensionnelle,
de proposer des hypothèses simplificatrices, de décomposer le problème en des sous-problèmes simples,
etc. Le candidat peut également être amené à proposer des valeurs numériques raisonnables pour
les grandeurs manquantes ... et toutes les valeurs données ne sont pas forcément utiles. Le tout est
évidemment à adapter à la situation proposée !

Exercice 8 : Combien de glaçons dans le jus de fruits ? [♦♦]


Par une chaude journée d’été, vous avez oublié de mettre au frigo le jus de fruits de l’apéritif. Combien de glaçons
devez-vous y ajouter pour qu’il soit aussi rafraîchissant ?
Données : enthalpie massique de fusion de l’eau ∆fus h = 3,3 · 102 kJ · kg−1 et capacité thermique massique de l’eau
liquide c = 4,2 kJ · K−1 · kg−1 .

4/4 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Thermodynamique 2 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Premier principe : bilans d’énergie

Exercices
Exercice 1 : Transformation polytropique
1 . k = 0 donne P = cte : transformation isobare ;
. k = 1 donne P V = nRT = cte c’est-à-dire T = cte car le système est fermé : transformation isotherme ;
. k = +∞ donne V = cte (si V n’est pas constant, une infime variation de volume a des effets infinis et la constante
ne peut plus être gardée constante ... on peut aussi raisonner en passant au ln), c’est-à-dire une isotherme.
2 Par définition, on a tout au long de la transformation P V k = P0 V0 k donc P = P0 (V0 /V )k . Si la transformation est
quasi-statique, alors l’équilibre mécanique est atteint tout au long de la transformation et on peut supposer P = Pext .
Le travail reçu entre E0 et E1 vaut donc
ˆ ˆ k ˆ V1 1−k
− V01−k

V0 dV k V1
W =− −P dV = − P0 dV = −P0 V0 k = −P 0 V 0
E0 E1 E0 E1 V V0 Vk 1−k

ce qui donne finalement en utilisant la propriété polytropique (P0 V0 k = P1 V1 k ) puis de gaz parfait

1 nR
W = (P1 V1 − P0 V0 ) = (T1 − T0 ) .
k−1 k−1

3 Exprimons la variation d’énergie interne au cours d’une transformation polytropique. D’après le premier principe
appliqué au gaz parfait,
∆U = W + Q.
Relions maintenant ∆U aux variables d’état. Comme le système est un gaz parfait, ∆U = CV ∆T = CV (T1 − T0 ).
Par identification des deux expressions,
nR
Q = CV ∆T − ∆T ,
k−1
ce qui donne le résultat voulu en remplaçant CV ,
 
1 1
Q = nR − ∆T .
γ−1 k−1

4 Pour k = 0, on a identifié une transformation isobare. On a dans ce cas

γnR
Q= ∆T = CP ∆T
γ−1
ce qui permet d’identifier avec
∆H = W6=p + Q = Q = CP ∆T
ce qui donne bien la relation connue pour un gaz parfait.
Pour k = 1, on a identifié une transformation isotherme. L’expression obtenue pour Q donne alors une forme
indéterminée mathématiquement (k − 1 = 0 et ∆T = 0), ce qui signifie que le système peut échanger n’importe quel
transfert thermique sans que cela ne change sa température : c’est donc bien cohérent.
Pour k → ∞, on a identifié une transformation isochore. On trouve dans ce cas

Q = CV ∆T d’où ∆U = CV ∆T

ce qui est bien la relation connue pour un gaz parfait.

5 k = γ donne Q = 0 : la transformation est adiabatique.

1/8 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Correction TD T2 : Premier principe : bilans d’énergie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Cette forme particulière est appelée loi de Laplace. Nous la retrouverons par la suite.

Exercice 2 : Comparaison entre transformations


1 La transformation étant brusque, on peut raisonnablement penser que les échanges thermiques n’ont pas le temps
de se faire : une modélisation adiabatique est la plus pertinente. On ne peut donc rien dire du tout a
priori sur la température dans le système.

2 Dans l’état 1, l’équilibre mécanique est atteint mais pas l’équilibre thermique. Le piston est soumis aux deux
forces de pression et au poids de la masse M . En introduisant un axe z orienté vers le haut, son équilibre se traduit
par
#” Mg
P1 S #”
e z − P0 S #”
e z − M g #”
ez = 0 d’où P1 = P0 +
S

3 Le système (thermodynamique) considéré est le gaz parfait contenu dans l’enceinte. Au cours de la transforma-
tion I → 1, il reçoit un travail WI→1 de la part du piston mais aucun transfert thermique car la transformation est
adiabatique,
QI→1 = 0 .
La transformation qu’il subit est monobare : tout au long de cette transformation, la pression extérieure est celle
exercée par le piston sur le gaz qui est constante (la masse M est déposée en bloc). Ainsi,
 
Mg Mg
Pext = P0 + d’où WI→1 = −Pext ∆V soit WI→1 = − P0 + (V1 − V0 ) .
S S

Comme le gaz est parfait, son énergie interne varie de

5
∆UI→1 = CV ∆T soit ∆UI→1 = nR(T1 − T0 ) .
2

D’après le premier principe appliqué au système pendant la transformation I → 1,


 
5 Mg
∆UI→1 = WI→1 donc nR(T1 − T0 ) = − P0 + (V1 − V0 )
2 S

4 La pression P1 est déjà connue. Pour déterminer la température T1 , on peut remplacer les volumes par Vi =
nRTi /Pi dans l’expression du premier principe. On trouve alors
   
5 T1 T0 2 5 P1
nR(T1 − T0 ) = −nRP1 − d’où T1 = + T0
2 P1 P0 7 2 P0

Le volume V1 se déduit ensuite de la loi des gaz parfaits.

5 Les transferts thermiques entre le gaz contenu dans l’enceinte et l’extérieur au travers de la paroi de l’enceinte,
sont responsables de cette transformation.

6 Dans l’état final, l’équilibre est complètement atteint. La condition d’équilibre thermique donne

T2 = T0 .

Du point de vue de l’équilibre mécanique, rien n’a changé au cours de la transformation 1 → 2, donc

Mg
P2 = P1 = P0 + .
S

Enfin, le volume V2 s’en déduit par la loi des gaz parfaits.

7 Le travail des forces de pression au cours de 1 → 2 se calcule comme précédemment,


 
Mg
W1→2 = − P0 + (V2 − V1 ) ,
S

2/8 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Correction TD T2 : Premier principe : bilans d’énergie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

ainsi que la variation d’énergie interne qui se déduit d’une propriété de gaz parfait,
5
∆U1→2 = nR(T2 − T1 ) .
2
Le transfert thermique reçu s’obtient alors par

Q1→2 = ∆U1→2 − W1→2


 
5 Mg
= nR(T2 − T1 ) + P0 + (V2 − V1 )
2 S
 
5 Mg
= nR(T0 − T1 ) + P0 + (V2 − V1 )
2 S
 
Mg
= −WI→1 + P0 + (V2 − V1 )
S
 
Mg
= P0 + (V2 − V0 )
S

Finalement, le travail total et le transfert thermique total reçus au cours de la transformation brusque valent
   
Mg Mg
Wtot = WI→1 + W1→2 = − P0 + (V2 − V0 ) et Qtot = 0 + Q1→2 = P0 + (V2 − V0 )
S S

On remarque alors évidemment que Wtot + Qtot = 0, ce qui s’explique par le fait que dans l’état initial I et dans
l’état final 2 le gaz est en équilibre thermique avec l’extérieur à la température T0 . Comme l’énergie interne d’un gaz
parfait ne dépend que de la température, il est logique de trouver

Wtot + Qtot = ∆Utot = 0 .

8 La transformation est quasi-statique. On peut supposer qu’elle laisse largement le temps aux échanges ther-
miques d’avoir lieu, si bien que l’équilibre thermique est atteint à tout instant. Par conséquent, on peut considérer
la transformation isotherme : tout au long de la transformation, T = T0 .

9 Dans l’état final F , la masse placée sur le piston est exactement la même que dans le cas précédent. On en déduit

Mg
PF = P2 = P0 +
S

et comme par ailleurs TF = T0 = T2 la loi des gaz parfaits donne VF = V2 . Ainsi, l’état final F de la transforma-
tion quasi-statique et le même que l’état final 2 de la transformation brusque. Cela n’a rien d’étonnant :
l’équilibre mécanique et thermique est établi dans les deux états 2 et F , et les contraintes imposées au système de
l’extérieur (masse M sur le piston, pression extérieure P0 et température T0 ) sont les mêmes. Lorsque l’équilibre est
atteint, les mêmes contraintes extérieures conduisent au même état final, quel que soit les détails de la transformation
amenant le système dans cet état.

10 Comme la transformation est quasi-statique, à tout instant la pression P dans le gaz est égale à la pression Pext
imposée par le piston. Ainsi, le travail des forces de pression vaut
ˆ ˆ ˆ VF
dV
W = −Pext dV = − P dV = −nRT0
déf IF quasi-stat IF isoT GP VI V

ce qui donne finalement


VF
W = −nRT0 ln
VI
Par ailleurs, comme le système est constitué d’un gaz parfait, la variation d’énergie interne au cours de la transfor-
mation est nulle : l’énergie interne d’un gaz parfait ne dépend que de T et la transformation est isotherme. Enfin, le
transfert thermique reçu par le gaz au cours de la transformation I → F se déduit du premier principe,

VF
∆U = W + Q donc Q = −W soit Q = nRT0 ln
VI

On voit ainsi que les deux transformations ont les mêmes états initial et final, donc la même variation d’énergie
interne, alors que les échanges d’énergie ne sont pas les mêmes.

3/8 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Correction TD T2 : Premier principe : bilans d’énergie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 3 : Détente de Joule Gay-Lussac


Schéma de principe de la transformation figure 1.

n, Pi , Ti vide n, Pf , Tf

état initial état final

Figure 1 – Schéma de principe de la détente de Joule Gay-Lussac.

1 Considérons comme système le gaz contenu dans l’enceinte. Au cours de la détente, il ne reçoit pas de transfert
thermique car l’enceinte est calorifugée. Il ne reçoit pas non plus de travail : comme la détente a lieu dans le vide il
n’y a pas de force de pression exercée par l’extérieur sur le système. Je rappelle que les forces de pression intérieures
ne sont pas à prendre en compte, le premier principe ne fait intervenir que les échanges d’énergie avec l’extérieur.
Ainsi, d’après le premier principe,
∆U = 0 .

2 Comme le gaz est parfait,

∆U = CV ∆T donc ∆T = 0 c’est-à-dire Tf = Ti .

3 Le volume exclu b est simple à interpréter : il traduit qualitativement l’effet du volume occupé par les atomes
du gaz, qui n’est donc pas accessible à leur mouvement. Le terme de cohésion traduit l’existence de forces de
van der Waals attractives entre les atomes d’argon. Ces forces attractives ont pour effet une diminution de la
pression au sein du gaz, ce que traduit bien l’équation d’état :

an2 an2
PGP = PvdW + donc PvdW = PGP − < PGP .
V2 V2
Le coefficient CV m est la capacité thermique molaire à volume constant du gaz de van der Waals,

∂U
= nCV m .
∂T n,V

4 Au cours de la détente,

an2
 
2 1 1
∆U = nCV m (Tf − Ti ) − an − = nCV m ∆T + =0
Vf Vi 2V0

donc
2 CV m ∆T V0
a=− = 0,13 J · m3 · mol−2
n

Exercice 4 : Cycle de Lenoir


1.a D’après l’équation d’état d’un gaz parfait,

nRT
P V = nRT d’où P = .
V
Une isotherme d’un gaz parfait dans le diagramme de Watt est donc une hyperbole.

1.b Voir figure 2.

2 D’après la description du cycle (et le diagramme de Watt !), on peut déterminer les caractéristiques du point 3 :

V3 = 2V1 et P3 = P1

4/8 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Correction TD T2 : Premier principe : bilans d’énergie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

3
1

Figure 2 – Représentation du cycle de Lenoir dans le diagramme de Watt.

et comme le système est fermé on en déduit


P3 V3 P3 V 3
T3 = = T1 d’où T3 = 2T1 = 200 ◦C .
nR P1 V 1
La pression P2 se déduit également de l’équation d’état,
nRT2 V1 T2
P2 = = P1 donc P2 = 2P1 = 4 · 105 Pa .
V2 V2 T1

3 La seule possibilité d’estimer le travail fourni par le moteur est de raisonner à partir de transformations quasi-
statiques, pour lesquelles Pext = P à tout instant. Le travail fourni est l’opposé du travail reçu et vaut donc
ˆ ˆ ˆ
Wfourni = + P dV + P dV + P dV
1→2 2→3 3→1
ˆ V3 ˆ
nRT2
=0+ dV + P1 dV
V2 V 3→1
ˆ V3 ˆ V1
dV
= nRT2 + P1 dV
V2 V V3
V3
= nRT2 ln + P1 (V1 − V3 )
V2
= 2nRT1 ln 2 − P1 V1
et en utilisant une dernière fois l’équation d’état des gaz parfaits,

W = (2 ln 2 − 1) P1 V1 = 1,06 · 103 J .

Attention à orienter le cycle correctement, et à prendre les bornes des intégrales dans le bon sens. En
particulier, la transformation 3 → 1 demande d’intégrer entre V3 et V1 .

4 L’énergie interne est une fonction d’état, donc comme l’état initial et l’état final du cycle sont les mêmes,
∆U = U1 − U1 = 0 .
D’après le premier principe, comme le système est au repos macroscopique,

∆U = Wreçu + Q donc Q = −Wreçu = Wfourni et Q = (2 ln 2 − 1) P1 V1 = 1,06 · 103 J .

Exercice 5 : Capacité thermique massique du cuivre


Le système considéré est constitué du calorimètre, de l’eau qu’il contient et du barreau de cuivre. La transformation
dans le calorimètre peut être considérée comme adiabatique, et comme il n’y a pas de travail fourni au système, le
premier principe donne
∆H = Q + W6=p = 0 .
Par additivité de l’enthalpie, la variation totale d’enthalpie est la somme de celles de l’eau, du calorimètre et du
métal. Comme il s’agit de phases condensées changeant de température, on a
∆H = ∆Heau + ∆Hcalo + ∆HCu = meau ceau (TF − Teau ) + µ ceau (TF − Teau ) + mCu cCu (TF − TCu )
en décrivant le calorimètre par sa valeur en eau µ. Finalement,
(meau + µ) ceau (TF − Teau )
cCu = = 9,8 · 102 J · K−1 · kg−1 .
mCu (TF − TCu )

5/8 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Correction TD T2 : Premier principe : bilans d’énergie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Un raisonnement par une transformation auxilliaire en trois étapes est également possible, mais plus
fastidieux, et surtout pas nécessaire ici.

Exercice 6 : De la glace qui fond


L’exercice est nettement plus rédigé que nécessaire. En particulier, les schémas synoptiques des trans-
formations auxilliaires sont pratiques pour comprendre le raisonnement mais pas nécessaires sur une
copie. On peut directement donner l’expression de ∆H obtenue pour la transformation auxilliaire.

Comme le calorimètre est calorifugé et que les systèmes n’y reçoivent aucun travail, alors d’après le premier
principe,
∆H = W6=p + Q = 0
Les transformations dans le calorimètre sont donc isenthalpiques. Dans tout l’exercice, le système considéré est
l’ensemble de l’eau contenue dans le calorimètre. Il s’agit bien d’un système fermé (masse constante), mais il n’est
pas homogène.

1 Raisonnons à partir de la transformation (auxilliaire) décrite figure 3. Elle a même état initial et même état final
que la transformation réelle, donc comme l’enthalpie est une fonction d’état, sa variation est la même au cours des
deux transformations.

liquide : mliq , T1 ∆H = 0
liquide : mgl + mliq , TF
solide : mgl , T2 = Tfus

∆H1 ∆H3

liquide : mliq , T1 ∆H2 liquide : mliq , T1


liquide : mgl , T2 = Tfus liquide : mgl , TF

Figure 3 – Schéma synoptique de la transformation. Hypothèse où l’état final est complètement liquide.

Calculons les variations d’enthalpie étape par étape :


. Étape 1 : la totalité de la glace fond tout en restant à la température de fusion T1 = 0 ◦C, le reste du système ne
subit aucune transformation, donc
∆H1 = mgl ∆fus h ;
. Étape 2 : la masse d’eau juste fondue, liquide, passe de T2 à TF , le reste du système ne subit aucune transformation,
donc
∆H2 = mgl c (TF − T2 ) ;
. Étape 3 : l’eau initialement liquide passe de T1 à TF , le reste du système ne subit aucune transformation, donc

∆H3 = mliq c (TF − T1 ) .


Ainsi, le bilan enthalpique global s’écrit
∆H = ∆H1 + ∆H2 + ∆H3
et donc
0 = mgl ∆fus h + mgl c (TF − T2 ) + mliq c (TF − T1 ) .
On en déduit alors
mgl c T2 + mliq c T1 − mgl ∆fus h
TF = = 260 K = −13 ◦C .
(mgl + mliq )c
Il y a donc une contradiction : l’eau est supposée liquide, et pourtant à la température trouvée elle devrait être solide.
L’hypothèse d’eau complètement liquide est donc fausse.

2 Si l’eau est présente à la fois sous forme liquide et solide, alors comme la transformation est monobare à pression
atmosphérique, on connaît la température finale qui est l’unique température à laquelle une coexistence stable est
possible,
TF = Tfus = 0 ◦C .
La transformation auxilliaire sur laquelle on raisonne pour exprimer les variations d’enthalpie se compose de deux
étapes, indiquées figure 4.

6/8 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Correction TD T2 : Premier principe : bilans d’énergie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

. Étape 1 : la totalité de l’eau liquide refroidit jusqu’à la température Tfus , le reste du système ne subit aucune
transformation, donc
∆H1 = mliq c (Tfus − T1 ) ;
. Étape 2 : une fraction x d’eau solide (masse xmgl ) passe à l’état liquide, le reste du système ne subit aucune
transformation, donc
∆H2 = x mgl ∆fus h

liquide : mliq , T1 ∆H = 0 liquide : mliq + xmgl , T2 = Tfus


solide : mgl , T2 = Tfus solide : (1 − x)mgl , T2 = Tfus

∆H1 ∆H2

liquide : mliq , T2 = Tfus


solide : mgl , T2 = Tfus

Figure 4 – Schéma synoptique de la transformation. Hypothèse où l’état final est une coexistence entre solide et
liquide.

Le bilan enthalpique global s’écrit donc

∆H = 0 = mliq c (Tfus − T1 ) + x mgl ∆fus H

soit
mliq c (T1 − Tfus )
x= = 0,51 .
mgl ∆fus h

Cette valeur est physiquement acceptable : on en déduit que l’hypothèse est validée. Ainsi, dans l’état final, le
calorimètre contient 1,25 kg d’eau liquide et 0,25 kg de glace, le tout à 0 ◦C.
Une hypothèse fausse se traduirait par une valeur de x négative ou supérieure à 1.
Attention à la cohérence physique des hypothèses lors de la construction de la transformation auxil-
liaire : si l’eau liquide refroidit, alors pour conserver l’enthalpie il faut nécessairement que de la glace
fonde. Dans le cas où vous auriez supposé que l’eau refroidissait puis gelait, vous auriez abouti à une
contradiction.

Exercice 7 : Détente isenthalpique dans une machine frigorifique


1 Au cours du passage au travers du détendeur, le fluide n’est soumis aux forces de pression d’entrée et de sortie.
D’après le premier principe écrit en termes d’enthalpie appliqué au système défini dans l’énoncé,

∆H = W6=p + Q = 0 .

La transformation au travers du détendeur est bien isenthalpique.

2 La détente est isenthalpique, donc ∆H = HB − HA = 0. Comme l’enthalpie est une fonction d’état, raisonnons
à partir de la transformation suggérée par l’énoncé :
. sur l’étape A → A0 , la masse m de CFC liquide est refroidi à volume constant, donc

∆AA0 H = m c (T2 − T1 )

. sur l’étape A0 → B, une masse xm de CFC liquide s’est vaporisée de façon isobare et isotherme, donc

∆A0 →B = x m ∆fus h .
Finalement,
c(T1 − T2 )
∆H = m c (T2 − T1 ) + x m ∆fus h = 0 d’où x= = 0,165 .
∆fus h

En toute rigueur, il faudrait ajouter au bilan enthalpique de la première étape un terme −mvL (P2 − P1 )
avec vL le volume massique du liquide, mais l’influence de la pression sur une phase condensée est

7/8 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Correction TD T2 : Premier principe : bilans d’énergie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

négligeable : dans le cas présent, un calcul tenant compte de ce terme conduit à x = 0,167.

Résolution de problème
Exercice 8 : Combien de glaçons dans le jus de fruits ?
Solution à rédiger.
Idée : transformation classique isobare avec fonte totale des glaçons et refroidissement du liquide. Les calculs ne
posent pas de difficulté, par contre il faut expliciter les hypothèses (en particulier discuter les transferts thermiques
avec l’air environnant qu’on néglige abusivement) et estimer numériquement la masse d’un glaçon et la masse de jus
de fruit qu’on met dans un verre.

8/8 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Thermodynamique 3 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Second principe : bilans d’entropie


Données pour tous les exercices : « ref » désigne un état de référence.
. Entropie d’un système condensé de capacité thermique C :
T
S = Sref + C ln ;
Tref
. Entropie d’un gaz parfait :
nR T V γnR T P nR P γnR V
S = Sref + ln + nR ln = Sref + ln − nR ln = Sref + ln + ln .
γ − 1 Tref Vref γ − 1 Tref Pref γ − 1 Pref γ − 1 Vref

Exercices
Exercice 1 : Contact thermique entre deux solides [♦♦]
Deux solides de capacités thermiques respectives C1 et C2 et de températures initiales Ti1 et Ti2 sont mis en
contact. Des parois rigides calorifugées isolent l’ensemble de l’extérieur.
1 - Déterminer la température finale Tf .
2 - Calculer la variation d’entropie du système global et calculer l’entropie crée au cours de la transformation

Exercice 2 : Équilibre d’une enceinte à deux compartiments [♦]


Une enceinte indéformable aux parois calorifugées est séparée en deux compartiments par une cloison d’aire S
étanche, diatherme et mobile sans frottement. Les deux compartiments contiennent un même gaz parfait. Dans l’état
initial, la cloison est maintenue au milieu de l’enceinte. Le gaz du compartiment 1 est dans l’état (T0 , P0 , V0 ) et le
gaz du compartiment 2 dans l’état (T0 , 2P0 , V0 ). On laisse alors la cloison bouger librement jusqu’à ce que le système
atteigne un état d’équilibre.
1 - Déterminer l’état final.
2 - Calculer l’entropie crée.

Exercice 3 : Effet Joule [♦]


Considérons une masse m = 100 g d’eau dans laquelle plonge un conducteur de résistance R = 20 Ω. L’ensemble
forme un système noté S, de température initiale T0 = 20 ◦C. On impose au travers de la résistance un courant I = 1 A
pendant une durée τ = 10 s. L’énergie électrique dissipée dans la résistance peut être traitée du point de vue de la
thermodynamique comme un transfert thermique Qélec reçu par S.
Données :
. Capacité thermique de la résistance : CR = 8 J · K−1 ;
. Capacité thermique massique de l’eau : ceau = 4,18 J · g−1 · K−1 .
1 - La température de l’ensemble est maintenue constante. Quelle est la variation d’entropie du système S ? Quelle
est l’entropie créée ?
2 - Commenter le signe de l’entropie créée. Que peut-on en déduire à propos du signe d’une résistance ?
3 - Le même courant passe dans le même conducteur pendant la même durée, mais cette fois S est isolé thermiquement.
Calculer sa variation d’entropie et l’entropie créee.

1/2 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


TD T3 : Second principe : bilans d’entropie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 4 : Possibilité d’un cycle [♦]


On raisonne sur une quantité de matière n = 1 mol de gaz parfait qui subit la succession de transformations
(idéalisées) suivantes :
. A → B : détente isotherme de PA = 2 bar et TA = 300 K jusqu’à PB = 1 bar en restant en contact avec un
thermostat de température T0 = TA ;
. B → C : évolution isobare jusqu’à VC = 20,5 L toujours en restant en contact avec le thermostat à T0 ;
. C → A : compression adiabatique réversible jusqu’à revenir à l’état A.
Le coefficient isentropique γ est pris égal à 7/5.
1 - Représenter ce cycle dans le diagramme de Watt (P, V ).
2 - À partir du diagramme, déterminer le signe du travail total des forces de pression au cours du cycle. En déduire
s’il s’agit d’un cycle moteur ou d’un cycle récepteur.
3 - Déterminer l’entropie crée entre A et B. Commenter.
4 - Calculer la température en C, le travail WBC et le transfert thermique QBC reçus par le gaz au cours de la
transformation BC. En déduire l’entropie échangée avec le thermostat ainsi que l’entropie crée. Conclure : le cycle
proposé est-il réalisable ? Le cycle inverse l’est-il ?

Exercice 5 : Résistance thermique [♦]


On considère un barreau cylindrique homogène, de longueur L et de section S, dont les deux extrémités sont
mises en contact avec deux thermostats qui les maintiennent à des températures T1 et T2 . La paroi cylindrique est
calorifugée, de telle sorte qu’aucune fuite thermique n’a lieu latéralement.
Après un régime transitoire auquel nous n’allons pas nous intéresser ici, la température en chaque point M du
barreau tend vers une valeur constante, dépendant de M : un régime stationnaire mais hors équilibre est atteint. On
raisonne sur une durée ∆t lorsque le régime stationnaire est établi. On constate alors que la puissance thermique Pth
(transfert thermique par unité de temps) traversant toute section droite du cyclindre, orientée de la face 1 vers la
face 2, s’écrit
Q T1 − T2
Pth = =
∆t Rth
où Rth est un coefficient phénoménologique appelé résistance thermique.
1 - Par analogie avec la loi d’Ohm donnant l’intensité I en fonction de la différence de potentiel U = V2 − V1 aux
bornes d’un conducteur ohmique, justifier l’appellation de résistance thermique. Quelle est la dimension de Rth ?
On considère comme système l’ensemble du barreau cylindrique, la surface de contrôle étant constituée des deux
extrémités circulaires et de la paroi cylindrique.
2 - Quelle est la variation d’entropie ∆S du barreau cyclindrique au cours de l’intervalle de temps ∆t ?
3 - Exprimer l’entropie échangée Séch par le cylindre pendant ∆t, et le taux d’échange d’entropie σéch = Séch /∆t.
4 - En déduire le taux de création d’entropie σcr . Que devient cette entropie créée ?
5 - Quelle conséquence cela impose-t-il sur le signe de Rth ?

Annale de concours
Exercice 6 : Masse posée sur un piston [oral banque PT, ♦]
Considérons une enceinte hermétique, diatherme, fermée par un piston de masse négligeable pouvant coulisser sans
frottement. Cette enceinte contient un gaz supposé parfait. Elle est placée dans l’air, à température T0 et pression P0 .
1 - On place une masse m sur le piston. Déterminer les caractéristiques du gaz une fois l’équilibre thermique et
mécanique atteint.
2 - Déterminer le transfert thermique échangé Q et l’entropie créée.
3 - On réalise la même expérience, mais en N étapes successives, par exemple en ajoutant du sable « grain à grain ».
Déterminer l’entropie créée dans la limite N → ∞.

2/2 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Thermodynamique 3 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Second principe : bilans d’entropie

Exercices
Exercice 1 : Contact thermique entre deux solides
1 Le système composé de l’association des deux solides est isolé, donc d’après le premier principe son énergie
interne se conserve (W = Q = 0). Par additivité, la variation d’énergie interne totale est la sommes des variations
d’énergie interne des solides 1 et 2,
∆U = ∆U1 + ∆U2 .
Comme il n’y a qu’un changement de température de chaque solide, et comme on sait qu’à l’état final la température
de chaque solide est égale à Tf , ces variations s’expriment facilement, ce qui donne

C1 Ti1 + C2 Ti2
0 = C1 (Tf − Ti1 ) + C2 (Tf − Ti2 ) d’où Tf = .
C1 + C2

2 On raisonne de même par additivité de l’entropie,

∆S = ∆S1 + ∆S2

et comme l’expression de la fonction d’état entropie est donnée,


   
Tf Ti1 Tf Ti2 Tf Tf
∆S = C1 ln − C1 ln + C2 ln − C2 ln d’où ∆S = C1 ln + C2 ln .
Tref Tref Tref Tref Ti1 Ti2

Comme le système est calorifugé (Q = 0) il n’échange pas d’entropie avec l’extérieur : la variation d’entropie est
exclusivement due à une création, donc

Tf Tf
Scr = C1 ln + C2 ln .
Ti1 Ti2

Vérifier que Scr > 0 n’est pas immédiat, mais on peut s’en rendre compte facilement dans le cas C1 = C2 .

Exercice 2 : Équilibre d’une enceinte à deux compartiments


1 Considérons le système formé des deux gaz dans les deux compartiments et de la cloison. Comme la cloison est
diatherme et mobile sans frottement, alors les deux gaz seront en équilibre thermique et mécanique à l’état final,
d’où on déduit directement
déf. déf.
T1F = T2F = TF et P1F = P2F = PF .
En revanche, les volumes V1 et V2 des compartiments sont a priori différents. Enfin, la loi des gaz parfaits et les
conditions initiales montrent que la quantité de matière diffère dans les deux compartiments : n2 = 2n1 . Comme le
piston est étanche, elle ne change pas au cours de la transformation. Pour unifier les notations, on notera n1 = n0
En résumé, les états des gaz sont :
. Gaz 1 : état initial (n0 , T0 , P0 , V0 ), état final (n0 , TF , PF , V1 ) ;
. Gaz 2 : état initial (2n0 , T0 , 2P0 , V0 ), état final (2n0 , TF , PF , V2 ).
Par additivité de l’énergie interne,

∆U = ∆U1 + ∆U2 + ∆Ucloison ' ∆U1 + ∆U2

en supposant que la cloison, solide, est de masse suffisamment faible pour que son énergie interne ne varie presque
pas.
Il est cependant indispensable de l’inclure dans le système, sans quoi il faut également prendre en
compte le travail fourni par la cloison aux gaz pendant le déplacement, ce qui complique singulièrement

1/7 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Correction TD T3 : Second principe : bilans d’entropie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

les choses.
D’après le premier principe,
∆U1 + ∆U2 = W + Q = 0
car l’enceinte est indéformable et calorifugée.
Attention à ne pas confondre : il y a échange de travail et de transfert thermique d’un gaz à l’autre
(sans quoi il n’y aurait pas de transformation), mais compte tenu du système considéré ce sont des
échanges intérieurs, qui n’apparaissent pas dans le bilan d’énergie.

Quelle que soit la transformation, les variations d’énergie interne d’un gaz parfait sont reliées aux variations de
température par la capacité thermique à volume constant (et ce, même si l’évolution n’est pas isochore ... c’est propre
au gaz parfait !). Ainsi,

∆U1,2 = CV 1,2 (TF − T0 ) d’où (CV 1 + CV 2 )(TF − T0 ) = 0 et TF = T0

Pour calculer les pressions et les volumes, on utilise l’équation d’état,

PF V1 = n0 RT et PF V2 = 2n0 RT d’où V2 = 2V1 .

Comme l’enceinte est indéformable, alors on a également V1 + V2 = 2V0 , ce qui permet de conclure

2 4
V1 = V0 et V2 = V0 .
3 3

Enfin, l’équation d’état permet d’aboutir à la pression, dont on rappelle qu’elle est égale dans les deux compartiments,

3 n0 R T 0
PF = .
2V0

L’idée pour la fin de question, une fois les températures trouvées, est de déterminer les trois variables
d’état manquantes V1 , V2 et PF en utilisant trois équations indépendantes : l’équation d’état des gaz
parfaits appliquée aux deux compartiments donne deux équations, la conservation du volume donne la
troisième. La tambouille des calculs peut ensuite être faite de multiples façons.

2 La variation d’entropie du système s’obtient facilement par extensivité et utilisation de la fonction d’état donnée
(à température constante, ce qui permet de simplifier directement)

∆S = ∆S1 + ∆S2
   
V1 V0 V2 V0
= n0 R ln − n0 R ln + 2n0 R ln − 2n0 R ln
Vref Vref Vref Vref
 2
V1 V2
= n0 R ln + n0 R ln
V0 V0
 
2 16
= n0 R ln + ln
3 9
32
∆S = n0 R ln
27
Comme la transformation est adiabatique, le système n’échange pas d’entropie avec l’extérieur, donc ∆S = Scrée d’où

32
Scrée = n0 R ln
27

dont on remarque qu’elle est bien strictement positive, comme imposé par le second principe.
Il y a également de l’entropie échangée entre les deux gaz, mais là encore ce sont des échanges internes
qui n’apparaissent donc pas dans le bilan entropique global.

2/7 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Correction TD T3 : Second principe : bilans d’entropie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 3 : Effet Joule


1 Modélisons l’eau et la résistance par deux phases condensées idéales. Leur entropie ne dépend que de la tempé-
rature, et comme la transformation est isotherme à T0 = 293 K, alors

∆S = ∆Seau + ∆SR = 0 .

Pour calculer l’entropie créée, il faut d’abord calculer l’entropie échangée par S et donc le transfert thermique reçu.
Comme la transformation est isotherme, c’est qu’il y a échange de transfert thermique en plus du transfert thermique
d’origine électrique. Pour le déterminer, appliquons le premier principe à S, dont la transformation est monobare,

∆H = Qélec + Qautre .

Compte tenu de la modélisation de S par deux phases condensées idéales, son énergie interne ne dépend que de la
température, donc comme la transformation est isotherme ∆U = 0. Ainsi,

Qautre = −Qélec = −R I 2 τ .

Comme ∆S = 0, on en déduit

Qautre R I2 τ
Scrée = −Séch = − d’où Scrée = = 0,68 J · K−1 ,
T T

ce qui est positif, comme imposé par le second principe.


Le statut donné à Qélec est ambigu : faut-il considérer qu’il est associé à un échange d’entropie ? Sous
quelle forme ? L’usage est plutôt de considérer l’entropie échangée par le système comme celle échangée
avec l’extérieur, soit uniquement le transfert thermique Qautre .
Une autre façon équivalente de le dire est de parler de « travail électrique » plutôt que de « transfert
thermique électrique ». Cela est sans doute moins intuitif mais plus cohérent : la résistance fait partie
intégrante du système, et reçoit de l’énergie de la part du générateur ... dont il est clair qu’il ne fournit
pas de transfert thermique !
Finalement, le plus explicite serait peut être d’écrire le premier principe sous la forme ∆H = Wméca +
Q + Eélec , avec Eélec l’énergie électrique reçue par le système, qui prend une forme différente d’un travail
mécanique Wméca ou d’un transfert thermique Q ... ceci étant, je ne l’ai quasiment jamais vu écrit
comme tel.

2 Le signe de la résistance contraint le signe de la variation d’entropie : toutes les autres grandeur intervenant sont
forcément positives. Comme le second principe impose que Scrée soit positive, on en déduit qu’il impose par ce biais
qu’une résistance électrique est forcément positive également.

3 La transformation est désormais adiabatique. Le premier principe s’écrit donc

∆H = Qélec + 0

et en exprimant la variation d’énergie interne des phases condensées entre les températures initiale et finale,

R I2 τ
(mceau + CR ) ∆T = R I 2 τ d’où Tf = Ti + .
mceau + CR

La variation d’entropie s’obtient à partir de l’expression donnée en entête de l’énoncé,

Tf
∆S = Scréée = (mceau + CR ) ln
Ti

soit
R I2 τ
 
∆S = Scréée = (mceau + CR ) ln 1 + = 6,8 J · K−1 .
(mceau + CR ) Ti

Il y a donc un facteur 10 d’écart avec la transformation précédente.

3/7 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Correction TD T3 : Second principe : bilans d’entropie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 4 : Possibilité d’un cycle


1 . Pour placer le point A, calculons son volume,

nRTA
VA = = 12 L
PA
. Pour placer le point B, on applique de nouveau la loi des gaz parfaits avec TB = TA car la transformation est
isotherme,
nRTA
VB = = 25 L
PB
. Les deux coordonnées du point C sont connues.
. Pour tracer les courbes, on sait que l’allure d’une isotherme d’un gaz parfait est une hyperbole car P ∝ 1/V et
qu’une adiabatique réversible (partie AC) est plus pentue car P ∝ 1/V γ avec γ > 1.
Le cycle complet est représenté dans le diagramme de Watt figure 1.

Figure 1 – Cycle étudié vu dans le diagramme de Watt.

2 En valeur absolue, le travail des forces de pression au cours d’une transformation correspond à l’aire sous la
courbe représentant cette transformation dans le diagramme de Watt. Il est positif si le volume diminue au cours
de la transformation et négatif s’il augmente. Ici, les deux transformations BC et CA comptent positivement et la
transformation AB compte négativement. On voit sur le diagramme que l’aire sous AB est supérieure à la somme
des aires sous BC et CA, le travail des forces de pression est globalement négatif sur l’ensemble du cycle.
Cela indique que le système fournit effectivement du travail à l’extérieur : il s’agit d’un moteur.
Résultat à retenir et dont on parlera dans le chapitre sur les machines thermiques : dans le diagramme
de Watt, un cycle parcouru dans le sens horaire est toujours un cycle moteur.

3 La transformation AB est une isotherme, le plus judicieux pour calculer la variation d’entropie ∆SAB est donc
d’utiliser une expression de l’entropie impliquant T qui s’élimine, par exemple

PA
∆SAB = nR ln .
PB
Calculons maintenant l’entropie échangée, à partir du transfert thermique et donc du premier principe,

∆UAB = WAB + QAB .

Comme il s’agit d’une transformation isotherme d’un gaz parfait,

∆UAB = CV ∆T = 0 donc QAB = −WAB

Calculons alors le travail échangé WAB en supposant la transformation quasi-statique,


ˆ ˆ ˆ ˆ VB
dV dV
WAB = − Pext dV = − P dV = − nRT = −nRTA
AB quasi-stat AB GP AB V isotherme VA V

ce qui conduit finalement à


VB PB
WAB = −nRTA ln = nRTA ln
VA éq d’état PA
et enfin à
PB
Q = −nRTA ln
PA

4/7 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Correction TD T3 : Second principe : bilans d’entropie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

On en déduit l’entropie échangée avec le thermostat de température T0 = TA au cours de la transformation AB,


QAB PB
Séch = = nR ln .
T0 PA
On remarque alors que ∆S = Séch , c’est-à-dire que Scrée = 0 : la transformation AB est réversible.

4 D’après l’équation d’état du gaz parfait,

PB VC
TC = = 2,5 · 102 K .
nR

La transformation est isobare, donc le travail reçu s’écrit

WBC = −PB (VC − VB ) = 4,4 · 102 J .

Enfin, le transfert thermique se déduit du premier principe, par exemple en termes d’enthalpie,

γnR
QBC = ∆HBC = CP (TC − TB ) d’où QBC = (TC − TB ) = −1,6 kJ .
γ−1

L’entropie échangée s’en déduit directement,

QBC
Séch,BC = = −5,2 J · K−1 .
T0

Pour calculer l’entropie crée, il faut d’abord calculer la variation d’entropie du gaz entre B et C, ce qui se fait avec les
expressions données. Comme la transformation est isobare, le plus astucieux est d’utiliser une expression dépendant
de P puisque les termes associés se compensant. On en déduit
γnR TC
∆SBC = ln = −5,7 J · K−1 .
γ − 1 TB
Enfin, on en déduit l’entropie crée,

Scrée,BC = ∆SBC − Séch,BC = −0,5 J · K−1 < 0 .

L’entropie crée au cours de l’étape BC serait donc négative, ce qui est absolument impossible. Le cycle proposé
est donc irréalisable. En revanche, le cycle inverse est possible car deux transformations sont réversibles et la
troisième associée à une création d’entropie, ce qui est permis par le second principe.

Exercice 5 : Résistance thermique


1 La loi d’Ohm aux bornes d’un conducteur s’écrit U = RI soit I = (V2 − V1 )/R. L’intensité I s’interprète alors
comme la charge électrique traversant une section droite du conducteur par unité de temps. On retrouve des quantités
analogues ici, la puissance thermique jouant le rôle de l’intensité, et la différence de température le rôle de la tension.
La résistance thermique ne s’exprime pas en ohms ! Raisonnons par analyse dimensionnelle, par exemple avec les
unités,
[T ]
[Rth ] = = K · W−1
[Pth ]

2 En régime stationnaire, l’état du cylindre ne varie pas. Comme l’entropie est une fonction d’état, on en déduit

∆S = 0 .

3 Comme la surface latérale est calorifugée, tout le transfert thermique se fait aux deux surfaces (1) et (2) et
vaut Q = ±Pth ∆t. D’après la définition donnée de Pth , la surface est orientée de (1) vers (2), donc

Q1 = +Pth ∆t et Q2 = −Pth ∆t

car il s’agit de transferts thermiques reçus. On en déduit alors l’entropie échangée,


Q1 Q2
Séch = +
T1 T2

5/7 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Correction TD T3 : Second principe : bilans d’entropie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

donc
(T2 − T1 )2
   
1 1 T1 − T2 1 1
Séch = Pth ∆t − = ∆t − d’où Séch = − ∆t ,
T1 T2 Rth T1 T2 Rth
et le taux de création d’entropie,
(T2 − T1 )2
σéch = − .
Rth

4 L’entropie créée et le taux de création de l’entropie se déduisent directement du caractère constant de l’entropie
du barreau. Comme ∆S = 0 = Scr + Séch alors Scr = −Séch , donc

(T2 − T1 )2 (T2 − T1 )2
Scr = ∆t et σcr = .
Rth Rth

Comme il n’y a pas d’accumulation d’entropie dans le barreau solide, cette entropie créée est donnée au thermostat
de plus basse température par transfert thermique.

5 D’après le second principe, l’entropie créée au cours de toute transformation est positive ou nulle. On en déduit
que le signe de Rth est contraint,
Rth ≥ 0 .

Annale de concours
Exercice 6 : Masse posée sur un piston [oral banque PT]

T0 , P0 T0 , P0

m
T0 , PI , VI
T0 , PF , VF

état initial état final

Figure 2 – Schéma de principe de la transformation.

1 L’enceinte est diatherme, donc


TF = TI = T0 .
La condition d’équilibre mécanique du piston (surface S, masse négligée) dans l’état initial et final donne

PI S = P0 S et PF S = P0 S + mg

d’où on déduit
mg
PF = P 0 + .
S
Enfin, l’équation d’état donne
nRT0
VF = mg .
P0 +
S

2 • Calcul du transfert thermique : On raisonne sur un système constitué du gaz contenu dans l’enceinte et du
piston. Il est soumis à la pression extérieure P0 et à la force exercée par la masse m, qui peut s’interpréter comme
un surplus de pression mg/S. Ainsi, le système est soumis à une pression apparente
mg
Papp = P0 +
S
qui demeure constante. Le travail reçu par le système vaut donc
ˆ  mg 
W =− Papp dV = − P0 + (VF − VI ) .
IcF S

6/7 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Correction TD T3 : Second principe : bilans d’entropie Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Or d’après la première loi de Joule,


∆U = ∆Ugaz + ∆Upiston = 0 + 0
car TF = TI . Ainsi, d’après le premier principe, W + Q = 0 soit
 mg 
Q = P0 + (VF − VI )
S  
 mg  1 1
= P0 + nRT0  mg − P

S P0 + 0
 S 
 mg  −mg/S
= P0 + nRT0   mg 

S P0 + P0
S
nRT0 mg
Q=− .
P0 S

• Calcul de l’entropie créée : par additivité,

∆S = ∆Sgaz + ∆Spiston .

Comme TF = TI alors ∆Spiston = 0, donc


 
γnR TF PF mg
∆S = ln − nR ln = −nR ln 1 + .
γ−1 TI PI P0 S

On en déduit l’entropie créée,


Q
Scréée = ∆S − Séch = ∆S −
T0
soit   
mg mg
Scréée = nR − ln 1 + .
P0 S P0 S

3 Dans le cas où la transformation est réalisée en N  1 étapes, une masse m/N est ajoutée à chaque étape. Au
cours d’une étape, on a donc création de
  
mg/N mg/N
Scréée,1 = nR − ln 1 + .
P0 S P0 S

Si N est suffisamment grand, un développement limité est possible,


 2 !  2
mg/N mg/N 1 mg/N nR mg
Scréée,1 = nR − + = .
P0 S P0 S 2 P0 S 2 N P0 S

Sur l’ensemble de la transformation,


 2
nR mg
Scréée = N Scréée,1 = −→ 0 .
2N P0 S N →∞

Ainsi, lorsqu’elle est réalisée suffisamment lentement, la transformation tend vers une transformation réver-
sible.
Attention ! Comme le terme d’ordre le plus bas du développement limité s’annule, il est nécessaire de
poursuivre à l’ordre suivant pour obtenir un résultat correct.
On peut également reprendre la méthode de la question précédente, mais la transformation n’est plus
monobare, ce qui change donc le calcul du transfert thermique.

7/7 Étienne Thibierge, 23 mai 2018, [Link]


Thermodynamique 4 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Machines thermiques

Exercices
Exercice 1 : Pompe à chaleur domestique [♦♦]
On veut maintenir la température d’une maison à T1 = 20 C alors que la température extérieure est égale

à T2 = 5 ◦C en utilisant une pompe à chaleur. L’isolation thermique de la maison est telle qu’il faut lui fournir un
transfert thermique égal à 200 kJ par heure.
1 - Rappeler le schéma de principe d’une pompe à chaleur ditherme et le sens réel des échanges d’énergie du fluide
caloporteur.
2 - Quel doit être le cycle thermodynamique suivi par le fluide pour que l’efficacité de la pompe à chaleur soit
maximale ?
3 - Définir et calculer l’efficacité théorique maximale de la pompe dans ces conditions. Montrer qu’elle ne dépend
que de la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur. Quel est le sens physique de l’efficacité ?
4 - En déduire la puissance électrique minimale consommée par la pompe à chaleur.
5 - En supposant la température intérieure imposée, pour quelle température extérieure l’efficacité est-elle maximale ?
Commenter.

Exercice 2 : Rafraîchir sa cuisine en ouvrant son frigo [♦♦]


Un réfrigérateur est une machine thermique à écoulement, dans laquelle un fluide subit une série de transforma-
tions thermodynamiques cycliques. À chaque cycle le fluide extrait de l’intérieur de l’intérieur du frigo un transfert
thermique |Qint |, cède un transfert thermique |Qext | à la pièce dans laquelle se trouve le frigo et reçoit un travail |W |
fourni par un moteur électrique. On fait l’hypothèse que l’intérieur du réfrigérateur et l’air ambiant constituent
deux thermostats aux températures respectives Tint = 268 K et Text = 293 K et qu’en dehors des échanges avec ces
thermostats les transformations sont adiabatiques.
1 - Quel est le signe des énergies échangées ?
2 - Lorsqu’il fait très chaud en été, est-ce une bonne idée d’ouvrir la porte de son frigo pour refroidir sa cuisine ?
3 - Pourquoi cela est-il possible avec un climatiseur ?

Exercice 3 : Moteur de Stirling [♦]


Le moteur de Stirling est constitué de deux chambres, une
chaude et une froide, reliées par un régénérateur de volume
constant pouvant être constitué de fils de cuivre tressés. Le
gaz, en circuit fermé, reçoit un transfert thermique d’une source
chaude (par exemple une chaudière à combustion) et cède un
transfert thermique à la source froide (par exemple l’atmo-
sphère). Le rôle du régénérateur, base de l’invention de Robert
Stirling, est fondamental pour obtenir une bonne efficacité. Dans
son brevet original de 1816, Stirling explique que le gaz chaud
entre dans la partie chaude du régénérateur et est progressi-
vement refroidi durant son parcours pour ressortir par l’autre
extrémité à une température presque identique à la température
de la source froide.
Dans le parcours inverse, le gaz est progressivement réchauffé. Cette astuce technologique permet d’avoir une partie
des échanges thermiques internes au moteur. On considérera le cycle parcouru par n = 40 mmol d’air, considéré
comme un gaz parfait de rapport isentropique γ = 1,4.
Dans un premier temps, on néglige le régénérateur : les deux chambres ne font qu’une. Le cycle de Stirling est
alors modélisable par la succession de deux isothermes et deux isochores à partir d’un état 1 (P1 = 1 bar, T1 = 300 K).
Il est décrit comme suit :
. 1 → 2 : compression isotherme réversible à Tf = T1 jusqu’à l’état 2 où V2 = V1 /10 ;
. 2 → 3 : échauffement isochore au contact de la source chaude à Tc = 600 K jusqu’à l’état 3 de température T3 = Tc ;

1/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


TD T4 : Machines thermiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

. 3 → 4 : détente isotherme réversible au contact de la source chaude à Tc jusqu’à l’état 4 de volume V4 = V1 ;


. 4 → 1 : refroidissement isochore au contact de la source froide jusqu’à revenir à l’état 1.
1 - Calculer les valeurs numériques de P , V et T pour chacun des quatre états.
2 - Représenter le cycle dans le diagramme de Watt (P, V ). Comment peut-on déterminer sans calcul si ce cycle est
moteur ou récepteur ?
3 - Calculer pour chaque étape le travail et le transfert thermique reçus par le gaz.
4 - Commenter ces résultats : a-t-on bien un cycle moteur ?
5 - Quel est, sur le plan énergétique, la production de ce système sur un cycle ? Quel est le coût énergétique ? En
déduire l’expression et la valeur du rendement.
6 - Calculer l’entropie crée au sein du système au cours du cycle. Quel type d’irréversibilité entre en jeu ?
L’invention du régénérateur par Stirling a permis d’améliorer considérablement le rendement de la machine
précédente. Son idée est de faire en sorte que le gaz échange du transfert thermique au cours des transformations 2 → 3
et 4 → 1 non pas avec les thermostats mais avec un système, le régénérateur, qui n’échange aucune énergie autrement
qu’avec les gaz au cours des transformations 2 → 3 et 4 → 1.
7 - Justifier l’idée de Stirling.
8 - Que vaut le rendement dans ces conditions ? Ce rendement peut-il être amélioré sans changer les sources ?

Exercice 4 : Moteur Diesel à double combustion [♦]

Dans les moteurs Diesel à double combustion, le cycle décrit par le mélange
air-carburant est modélisable par celui d’un système fermé représenté en coor-
données de Watt ci-contre. Après la phase d’admission 10 → 1 qui amène le
mélange au point 1 du cycle, celui-ci subit une compression adiabatique suppo-
sée réversible jusqu’au point 2. Après injection du carburant en 2, la combustion
s’effectue d’abord de façon isochore de 2 à 3 puis se poursuit de façon isobare
de 3 à 4. La phase de combustion est suivie d’une détente adiabatique à nouveau
prise réversible de 4 à 5, puis d’une phase d’échappement isochore 5 → 1 puis
isobare 1 → 10 .
Au point 1 du cycle, la pression pm = 1,0 bar et la température Tm = 293 K sont minimales. La pression maximale,
aux points 3 et 4, est pM = 60 bar et la température maximale, au point 4, vaut TM = 2073 K. Le rapport volumétrique
de compression vaut β = VM /Vm = 17.
On suppose que le mélange air-carburant se comporte exactement comme l’air, c’est-à-dire comme un gaz parfait
diatomique de masse molaire M = 29 g · mol−1 , et de capacités thermiques respectives CP et CV , et on note γ =
CP /CV = 1,4.
1 - Exprimer les températures T2 , T3 et T5 en fonction de pm , pM , Tm , TM et β. Calculer les valeurs numériques.
2 - Calculer le transfert thermique massique qc reçu par l’air au cours de la phase de combustion 2 → 4.
3 - Calculer le transfert thermique massique qf échangé avec le milieu extérieur entre les points 5 et 1.
4 - En déduire le travail massique w échangé au cours d’un cycle.
5 - Définir et calculer le rendement de ce moteur. Commenter la valeur trouvée.

Annales de concours
Exercice 5 : Climatisation d’une voiture [écrit ATS 2012, ♦]
La quasi-totalité des véhicules neufs sont aujourd’hui équipés d’une climatisation. Pour refroidir l’air intérieur du
véhicule, un fluide frigorigène, l’hydrofluorocarbone HFC désigné par le code R134a, effectue en continu des transferts
énergétiques entre l’intérieur, l’extérieur du véhicule et le compresseur, voir figure 1.
1 - Les chlorofluorocarbures ou CFC, comme le fréon, sont des fluides frigorigènes qui ont été très longtemps utilisés.
Pourquoi ces fluides ont-ils été abandonnés ?
Sur le diagramme des frigoristes (P, h) figure 2 de l’hydrofluorocarbone HFC, de masse molaire M = 32 g · mol−1 ,
sont représentés :
. la courbe de saturation de l’équilibre liquide-vapeur de l’hydrofluorocarbone HFC (en trait fort) ;
. les isothermes pour des températures comprises entre −40 ◦C et 160 ◦C par pas de 10 ◦C ;

2/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


TD T4 : Machines thermiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Figure 1 – Structure d’un climatiseur de voiture.

. les isentropes pour des entropies massiques comprises entre 1,70 kJ · K−1 · kg−1 et 2,25 kJ · K−1 · kg−1 par pas
de 0,05 kJ · K−1 · kg−1 ;
. les isotitres en vapeur sous la courbe de saturation pour des titres massiques en vapeur xV variant de 0 à 1 par
pas de 0,1.
La pression est en bar et l’enthalpie massique en kJ · kg−1 . Lors de l’exploitation du diagramme, les résultats seront
donnés avec les incertitudes suivantes : ∆h = ±5 kJ · kg−1 , ∆s = ±50 J · K−1 · kg−1 , ∆x = ±0,05, ∆T = ±5 ◦C,
∆p = ±5 %.
2 - Indiquer sur le diagramme les domaines liquide, vapeur et équilibre liquide-vapeur du fluide.
3 - Dans quel domaine du diagramme le fluide à l’état gazeux peut-il être considéré comme un gaz parfait ?
On étudie dans la suite l’évolution du fluide au cours d’un cycle en régime permanent. Le débit massique vaut Dm =
0,1 kg · s−1 . On rappelle l’expression du premier principe appliqué à un système ouvert (par exemple le compresseur)
en régime permanent,
Dm (hs − he ) = Pw + Pq

. Dm est le débit massique de fluide au travers du système ouvert ;


. Pw est la puissance mécanique algébriquement reçue de l’extérieur par le fluide en mouvement au niveau des parties
mobiles du système ouvert ;
. Pq est la puissance thermique algébriquement reçue de l’extérieur par le fluide en mouvement à travers la paroi
entourant le système ouvert ;
. hs et he sont les enthalpies massiques respectivement en entrée et en sortie du système ouvert.
La puissance thermique Pe reçue par le fluide dans l’évaporateur permet la vaporisation isobare complète du
fluide venant de (4) et conduit au point (1) à de la vapeur à température T1 = 5 ◦C et pression P1 = 3 bar. Aucune
puissance mécanique n’est fournie au fluide dans l’évaporateur.
4 - Placer le point (1) sur le diagramme figure 2. Relever la valeur de l’enthalpie massique h1 et de l’entropie
massique s1 du fluide au point (1).
Le compresseur aspire la vapeur (1) et la comprime de façon adiabatique et isentropique avec un taux de com-
pression r = P2 /P1 = 6.
5 - Déterminer P2 . Placer le point (2) sur le diagramme. Relever la valeur de la température T2 et celle de l’enthalpie
massique h2 en sortie du compresseur.
6 - Déterminer la valeur de la puissance mécanique Pm reçue par le fluide lors de son passage dans le compresseur.
Commenter le signe de Pm .
Le fluide sortant du compresseur entre dans le condenseur dans lequel il est refroidi de manière isobare jusqu’à
la température T3 = 60 ◦C.
7 - Placer le point (3) sur le diagramme. Relever la valeur de l’enthalpie massique h3 en sortie du condenseur.
Le fluide sortant du condenseur est détendu dans le détendeur supposé adiabatique jusqu’à la pression de l’éva-
porateur P1 , ce qui constitue l’état (4). Un détendeur ne contient pas de parties mobiles, si bien que le fluide n’y
reçoit aucun travail mécanique.
8 - Montrer que la transformation dans le détendeur est isenthalpique.
9 - Placer le point (4) sur le diagramme et tracer le cycle complet. Relever la valeur de la température T4 et le titre
en vapeur x4 en sortie du détendeur.
10 - En déduire la puissance thermique Pe échangée par le fluide lors de son passage à travers l’évaporateur entre (4)

3/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


TD T4 : Machines thermiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Figure 2 – Diagramme des frigoristes du R134a.

4/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


TD T4 : Machines thermiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

et (1). L’air intérieur du véhicule est-il refroidi ?


11 - Définir l’efficacité e, ou coefficient de performance, du climatiseur. Calculer sa valeur.
12 - Comparer cette valeur à celle d’un climatiseur de Carnot fonctionnant entre la température de l’évaporateur et
la température de liquéfaction du fluide sous la pression P2 . Commenter le résultat obtenu.

Exercice 6 : Circuit secondaire d’une centrale nucléaire REP [écrit Centrale MP 2016, ♦]
Cet exercice est extrait d’un sujet de Centrale, mais filière MP, où la thermodynamique est moins
présente qu’en filière PT. Les questions sont tout à fait susceptibles d’être posées en épreuve B de la
banque PT, où le cycle de Rankine est d’ailleurs déjà tombé.

La France compte 19 centrales nucléaires en exploitation, dans lesquelles tous les réacteurs (58 au total) sont
des réacteurs à eau pressurisée REP. Actuellement, ces installations fournissent près de 80 % de l’électricité produite
en France. Chaque centrale est soumise à un référentiel de normes de sureté et de sécurité évoluant en fonction des
enseignements des incidents passés nationaux ou internationaux.

Figure 3 – Schéma global d’une centrale nucléaire.

Une centrale nucléaire est un site industriel destiné à la production d’électricité, qui utilise comme chaudière un
réacteur nucléaire pour produire de la chaleur. Une centrale nucléaire REP est constituée de deux grandes zones,
voir figure 3 :
. une zone non nucléaire (salle des machines). Dans cette partie, semblable à celle utilisée dans les centrales ther-
miques classiques, s’écoule de l’eau dans un circuit secondaire. Cette eau est évaporée dans le Générateur de Vapeur
(GV) par absorption de la chaleur produite dans la zone nucléaire, puis elle entraîne une turbine (T) couplée à
un alternateur produisant de l’électricité, ensuite elle est condensée au contact d’un refroidisseur (rivière, mer ou
atmosphère via une tour aéroréfrigérante) et enfin, elle est comprimée avant d’être renvoyée vers le générateur de
vapeur ;
. une zone nucléaire (dans le bâtiment réacteur), où ont lieu les réactions nucléaires de fission, qui produisent de
l’énergie thermique et chauffent ainsi l’eau sous pression circulant dans le circuit primaire. Le transfert d’énergie
thermique entre le circuit primaire et le circuit secondaire se fait dans le générateur de vapeur, où la surface
d’échange entre les deux fluides peut atteindre près de 5000 m2 (réseau de tubulures).
Considérons une centrale nucléaire REP produisant une puissance électrique Pe = 900 MW. Le fluide circulant
dans le circuit secondaire est de l’eau, dont l’écoulement est supposé stationnaire. Le cycle thermodynamique décrit
par l’eau est un cycle ditherme moteur. L’eau liquide sera supposée incompressible et de capacité thermique massique
isobare supposée constante. Le tableau page 7 donne diverses données thermodynamiques relatives à l’équilibre
liquide–vapeur de l’eau.

5/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


TD T4 : Machines thermiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

A - Cycle de Rankine
L’eau du circuit secondaire subit les transformations suivantes, représentées figure 4 :
. de A à B : dans le générateur de vapeur, échauffement isobare du liquide à la pression P2 = 55 bar jusqu’à un état
de liquide saturant (état A0 ), puis vaporisation totale isobare jusqu’à un état de vapeur saturante sèche (état B) ;
. de B à C : détente adiabatique réversible dans la turbine, de la pression P2 à la pression P1 = 43 mbar ;
. en C, le fluide est diphasé ;
. de C à D : liquéfaction totale isobare dans le condenseur, jusqu’à un état de liquide saturant ;
. de D à A : compression adiabatique réversible, dans la pompe d’alimentation, de la pression P1 à la pression P2 ,
du liquide saturant sortant du condenseur. On négligera le travail consommé par cette pompe devant les autres
énergies mises en jeu.

B Turbine Axe moteur

GV

C
A
Pompe
D
condenseur

Figure 4 – Cycle de Rankine.

1 - Représenter dans le diagramme de Clapeyron (P, v) l’allure de la courbe de saturation de l’eau, ainsi que les
isothermes TB , TD et Tcr , cette dernière température étant celle du point critique de l’eau. Préciser les domaines du
liquide, de la vapeur, de la vapeur saturante. Représenter sur ce même diagramme l’allure du cycle décrit par l’eau
du circuit secondaire. Indiquer le sens de parcours du cycle et placer les points A, A0 , B, C et D.
2 - D’après l’extrait de table thermodynamique donné page 7, quelles sont les valeurs des températures, des enthalpies
massiques et des entropies massiques aux points A0 , B et D ? On pourra donner les valeurs sous forme de tableau.
3 - En fin d’énoncé figure le diagramme enthalpique (P, h) de l’eau. Placer, avec soin et à l’échelle, les points A0 , B,
C, D du cycle. On explicitera la méthode.
Dans toute la suite, on négligera les variations d’énergie cinétique et potentielle dans les bilans énergétiques. On
rappelle alors que le premier principe de la thermodynamique pour un fluide en écoulement stationnaire dans un
compartiment et recevant de manière algébrique le travail massique utile wu et le transfert thermique massique q
s’écrit
hs − he = wu + q
où hs − he est la différence d’enthalpie massique entre la sortie et l’entrée du compartiment.
4 - Exprimer le travail massique wBC reçu par l’eau dans la turbine. Donner sa valeur numérique, en s’aidant du
diagramme enthalpique.
5 - Exprimer le transfert thermique massique qAA0 reçu par l’eau liquide quand elle passe de manière isobare de la
température TA à la température TA0 dans le générateur de vapeur. Donner sa valeur numérique : on considérera
TA ' TD .
6 - Exprimer le transfert thermique massique qA0 B reçu par l’eau quand elle se vaporise complètement dans le
générateur de vapeur. Donner sa valeur numérique.
7 - Calculer alors le rendement de Rankine de l’installation. Comparer au rendement de Carnot et commenter.
8 - Sachant qu’un réacteur REP fournit à l’eau du circuit secondaire, via le générateur de vapeur, une puissance
thermique Pth = 2785 MW, que vaut le rendement thermodynamique réel de l’installation ? Comparer au rendement
de Rankine et commenter.
9 - Dans quel état se trouve l’eau à la fin de la détente de la turbine ? Donner le titre massique en vapeur à l’aide
du diagramme enthalpique. En quoi est-ce un inconvénient pour les parties mobiles de la turbine ?

6/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


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B - Cycle de Rankine avec détente étagée


Le cycle réel est plus compliqué que celui étudié précédemment, voir figure 5. En effet, d’une part, la détente est
étagée : elle se fait d’abord dans une turbine « haute pression » puis dans une turbine « basse pression ». D’autre
part, entre les deux turbines, l’eau passe dans un « surchauffeur ». Les transformations sont modélisées par
. de A à B : dans le générateur de vapeur, échauffement isobare du liquide à la pression P2 = 55 bar, jusqu’à un
état de liquide saturant (état noté A0 ), puis vaporisation totale isobare jusqu’à un état de vapeur saturante sèche
(point B) ;
. de B à C 0 : détente adiabatique réversible dans la turbine haute pression, de la pression P2 à la pression P3 = 10 bar ;
. de C 0 à B 0 : échauffement isobare à la pression P3 , dans le surchauffeur, jusqu’à un état de vapeur saturante sèche
(point B 0 ) ;
. de B 0 à C 00 : détente adiabatique réversible dans la turbine basse pression, de la pression P3 à la pression P1 =
43 mbar ;
. de C 00 à D : liquéfaction totale isobare dans le condenseur, jusqu’à un état de liquide saturant ;
. de D à A : compression adiabatique réversible, dans la pompe d’alimentation, de la pression P1 à la pression P2 ,
du liquide saturant sortant du condenseur. On négligera le travail consommé par cette pompe devant les autres
énergies mises en jeu.

Turbine Turbine
B
HP BP

C0 B0
GV
surchauffeur
C 00
A
Pompe
D
condenseur

Figure 5 – Cycle de Rankine à détente étagée.

10 - Placer les nouveaux points C 0 , B 0 , C 00 sur le diagramme enthalpique du document réponse.


11 - Comparer les titres massiques en vapeur des points C 0 et C 00 au titre massique en vapeur du point C. Quel est
l’intérêt de la surchauffe ?
12 - À l’aide du diagramme enthalpique, déterminer le nouveau rendement du cycle. Commenter.

Extrait de table thermodynamique relatif à l’eau

θ Psat vL hL sL vV hV sV
(◦C) (bar) (m3 · kg−1 ) (kJ · kg−1 ) (J · K−1 · kg−1 ) (m3 · kg−1 ) (kJ · kg−1 ) (J · K−1 · kg−1 )
30 0,043 1,0047 125,22 0,4348 32,892 2555,92 8,4530
180 10 1,1276 763,18 2,1395 0,119 404 2777,84 6,5854
270 55 1,3053 1190,10 2,9853 0,035 05 2788,46 5,9226

L’indice L indique les propriétés du liquide saturant pur et V celles de la vapeur saturante sèche.
v volume massique ;
θ température ;
h enthalpie massique ; i
Psat pression de vapeur saturante ;
s entropie massique.
Capacité thermique massique isobare de l’eau liquide : c = 4,18 kJ · K−1 · kg−1 .

7/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


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Figure 6 – Diagramme enthalpique de l’eau. Les températures sont exprimées en degrés Celsius.

8/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


TD T4 : Machines thermiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Résolution de problème
Pour aborder un exercice de type résolution de problème, il peut notamment être utile de faire un
schéma modèle, d’identifier et nommer les grandeurs pertinentes, d’utiliser l’analyse dimensionnelle,
de proposer des hypothèses simplificatrices, de décomposer le problème en des sous-problèmes simples,
etc. Le candidat peut également être amené à proposer des valeurs numériques raisonnables pour
les grandeurs manquantes ... et toutes les valeurs données ne sont pas forcément utiles. Le tout est
évidemment à adapter à la situation proposée !

Exercice 7 : Money, money, money [♦]


Vous achetez six bouteilles de 1 L de jus de fruit que vous rangez dans votre réfrigérateur. Une heure plus tard,
elles sont à la température du frigo.
Combien vous coûte ce refroidissement ?
Données :
. l’efficacité thermodynamique du réfrigérateur vaut 70 % de l’efficacité de Carnot ;
. l’isolation imparfaite du réfrigérateur se traduit par des fuites thermiques de puissance 10 W ;
. capacité thermique massique de l’eau liquide : 4,2 kJ · K−1 · kg−1 ;
. tarifs EDF : 1 kWh coûte 0,15 e.

9/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


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10/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Thermodynamique 4 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Machines thermiques

Exercices
Exercice 1 : Pompe à chaleur domestique
1 Voir cours pour le diagramme des échanges. Une pompe à chaleur reçoit un transfert thermique de la source
froide (Qf = Q2 > 0) et cède un transfert thermique à la source chaude (Qc = Q1 < 0). Cela nécessite de lui apporter
du travail (W > 0).

2 Le cycle d’efficacité maximale est le cycle de Carnot, composé de deux isothermes aux températures des sources
et de deux adiabatiques réversibles.

3 Voir cours pour la démonstration. L’efficacité de Carnot vaut

Qc Tc T1
eCarnot,PAC = − = soit eCarnot,PAC = = 20 .
W Tc − Tf T1 − T2

L’efficacité quantifie la performance énergétique de la PAC : pour 1 J d’énergie électrique fournie au moteur, on
récupère e joule de transfert thermique cédé à la source chaude.

4 Par définition, s’il faut fournir un travail W à la PAC pendant une durée ∆t alors la puissance électrique
minimale qu’elle consomme vaut Pélec = W/∆t. C’est un minimum, car le rendement du moteur électrique qui permet
l’écoulement de fluide dans la PAC n’est surement pas de 1. L’énoncé donne par ailleurs la puissance thermique Pth =
Qc /∆t = 0,55 W qu’il faut apporter à la maison pour maintenir sa température constante. En utilisant la définition
de l’efficacité, on en déduit
Pth ∆t Pth
e= d’où Pélec = = 2,8 kW .
Pélec ∆t e

5 L’efficacité de la PAC augmente lorsque la différence de température entre les sources décroît, elle est optimale
si les deux sources ont même température ... mais alors il n’y a plus besoin de chauffer ! En tout état de cause, il
vaut mieux utiliser une PAC avec un chauffage au sol plutôt que par radiateurs car l’eau de chauffage y est moins
chaude (35 ◦C contre 60 ◦C).

Exercice 2 : Rafraîchir sa cuisine en ouvrant son frigo


1 Un frigo est une machine réceptrice, qui prélève du transfert thermique à la source froide (Qint > 0 car le transfert
thermique est fourni au fluide) pour le céder à la source chaude (Qext < 0). Cela demande de fournir de l’énergie
sous forme de travail (W > 0).

2 Pour pouvoir refroidir sa cuisine en ouvrant son frigo, il faudrait que globalement le transfert thermique prélevé
à l’intérieur du frigo |Qint | (qui serait au final prélevé à l’air de la cuisine, puisque la porte est ouverte) soit plus
grand que celui cédé à la source chaude |Qext |, qui n’est autre que l’air de la cuisine. D’après le premier principe,

|Qint | − |Qext | + W = 0 d’où |Qint | − |Qext | = −W < 0 .

On en déduit qu’il est impossible d’avoir |Qint | > |Qext | comme on l’aurait aimé : laisser son frigo ouvert ne peut
conduire qu’à réchauffer l’air de la cuisine.

3 Un climatiseur est relié à l’extérieur de la maison, qui joue le rôle de source chaude. Ainsi, quand on climatise
sa maison (ou sa voiture) par une journée de canicule, on réchauffe l’air extérieur.

Exercice 3 : Moteur de Stirling


1 En utilisant les informations de l’énoncé et l’équation d’état du gaz parfait, on obtient les valeurs suivantes (en
bleu, les valeurs directement données par l’énoncé)

1/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Correction TD T4 : Machines thermiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

État 1 État 2 État 3 État 4


T3 Tc V2
P1 = 1 bar P2 = 10 P1 = 10 bar P3 = P2 = P2 = 20 bar P4 = P3 = 2 bar
T2 Tf V1
nRT1 V1
V1 = = 0,98 L V2 = = 0,098 L V3 = V2 V4 = V1
P1 10
T1 = Tf = 300 K T2 = T1 T3 = Tc = 600 K T4 = T3

2 Faire le schéma. Le cycle est parcouru dans le sens horaire, il s’agit donc d’un cycle moteur.

3 La transformation 1 → 2 est réversible, donc forcément quasi-statique et Pext = P . Ainsi,


ˆ ˆ
dV V2
W1→2 = − P dV = − nRTf d’où W1→2 = −nRTf ln = 230 J .
1→2 1→2 V V1

Le transfert thermique se déduit du premier principe. Comme 1 → 2 est une isotherme et que le système est un gaz
parfait, ∆U1→2 = 0

V2
∆U1→2 = 0 donc Q1→2 = −W1→2 d’où Q1→2 = nRTf ln = −230 J .
V1

La transformation 2 → 3 est isochore, donc nécessairement

W2→3 = 0
et d’après le premier principe

nR
Q2→3 = ∆U2→3 = CV (T3 − T2 ) d’où Q2→3 = (Tc − Tf ) = 249 J .
γ−1

La transformation 3 → 4 est isotherme réversible, donc par le même raisonnement que pour la transformation
1 → 2 et utilisant les valeurs calculées à la question précédente, on trouve

V1 V1
W3→4 = −nRTc ln = −459 J et Q3→4 = nRTc ln = 459 J .
V2 V2

Enfin, la transformation 4 → 1 est isochore et s’étudie comme la transformation 2 → 3, d’où

nR
W4→1 = 0 et Q4→1 = (Tf − Tc ) = −249 J .
γ−1

Pour s’assurer qu’il n’y a pas d’erreur de calcul, on peut vérifier que la somme (algébrique) des énergies
reçues par le système est nulle.

4 Le travail total échangé au cours du cycle vaut


V2
W = W1→2 + W3→4 = nR(Tc − Tf ) ln <0
V1
car V2 < V1 . Sur l’ensemble du cycle, le gaz fournit du travail, il s’agit donc bien d’un cycle moteur.

5 La production énergétiqe du système est le travail W = W1→2 + W3→4 < 0 qu’il fournit. Le coût est le transfert
thermique qu’il reçoit de la source chaude, Qc = Q2→3 + Q3→4 > 0. Le rendement est donc défini par

V1
(Tc − Tf ) ln
W W1→2 + W3→4 V2
η= =− d’où η= = 0,32 .
Qc Q2→3 + Q3→4 1 V1
(Tc − Tf ) + Tc ln
γ−1 V2

6 Le bilan d’entropie sur le cycle complet s’écrit Séch + Scr = 0, d’où

Q1→2 + Q4→1 Q2→3 + Q3→4 nR(Tc − Tf )2


Scr = −Séch = − − soit Scr = = 0,42 J · K−1 .
Tf Tc (γ − 1) Tc Tf

2/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Correction TD T4 : Machines thermiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

L’irréversibilité est d’origine thermique : pendant les deux isochores, le gaz n’est pas à la même température que le
thermostat avec lequel il est en contact. Le transfert thermique s’accompagne donc de création d’entropie (inhomo-
généité).

7 Le transfert thermique Q2→3 , qui diminue le rendement, est exactement opposé au transfert thermique Q4→1 .
Plutôt que de perdre le transfert thermique Q4→1 en le cédant à la source froide, l’idée de Stirling consiste à le céder
au régénérateur pour qu’il le rende au gaz lors de l’étape 2 → 3. Le transfert thermique n’est alors plus fourni par la
source chaude, ce qui est plus économique.

8 Comme Q2→3 n’est plus fourni par la source chaude, il ne compte plus dans le rendement, qui devient

W W1→2 + W3→4 Tc − Tf Tf
η= =− = d’où η =1− .
Qc Q3→4 Tc Tc

On reconnaît le rendement de Carnot, c’est-à-dire le meilleur rendement possible pour un moteur fonctionnant avec
ces deux sources.

Exercice 4 : Moteur Diesel à double combustion


1 La transformation 1 → 2 est une adiabatique réversible d’un gaz parfait. D’après la loi de Laplace en température
et volume, T V γ−1 = cte, d’où
 γ−1
V1
T2 = T1 soit T2 = β γ−1 Tm = 9,1 · 102 K .
V2

La transformation 2 → 3 est isochore, d’où on déduit de l’équation d’état

 T2 = β
γ−1

 Tm
P3 = pM

P3 P2 
= avec  γ
T3 T2  V1
 P2 = P1 = β γ p m


V2

ce qui conduit à
pM
T3 = Tm = 1,0 · 103 K .
β pm

Enfin, la loi de Laplace appliquée sur 4 → 5 qui est adiabatique réversible donne
 γ
V4
T5 = T4
V5

où le volume V4 s’exprime en fonction de V3 = Vm par la caractéristique de l’isobare,

V4 V3
=
T4 T3
ce qui donne
γ γ γ
1 TM β pm
  
V3 T4 TM pm
T5 = T4 = TM donc T5 = TM = 8,8 · 102 K .
V5 T3 β Tm pM Tm pM

2 Notons n la quantité de matière de gaz du mélange. Le transfert thermique Qc est fourni au cours des étapes 2 → 3
et 3 → 4. En utilisant d’une part le bilan d’énergie (premier principe) appliquée à 2 → 3 qui est isochore et d’autre
part le fait que le systsème soit un gaz parfait, on trouve

nR
∆U2→3 = W2→3 + Q2→3 = 0 + Q2→3 et ∆U2→3 = CV ∆T2→3 = (T3 − T2 )
1er ppe isochore GP γ−1

De même, pour 3 → 4 qui est une isobare, on obtient

γnR
∆H3→4 = W6=p,3→4 + Q3→4 = 0 + Q3→4 et ∆H3→4 = CP ∆T3→4 = (T4 − T3 )
1er ppe isobare GP γ−1

3/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Correction TD T4 : Machines thermiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Finalement, en introduisant la masse m via n = m/M ,

mR
Qc = Q2→3 + Q3→4 = ∆U2→3 + ∆H3→4 soit Qc = [T3 − T2 + γ(T4 − T3 )]
M (γ − 1)

et enfin on obtient le transfert thermique massique,

R
qc = [T3 − T2 + γ(T4 − T3 )] = 1,1 · 103 kJ · kg−1 .
M (γ − 1)

3 Comme 5 → 1 est une isochore d’un gaz parfait, on a

nR
∆U5→1 = 0 + Q5→1 et ∆U5→1 = (T1 − T5 )
1er ppe GP γ−1
d’où par le même raisonnement que précédemment

R
qf = (T1 − T5 ) = −4,2 · 102 kJ · kg−1 .
M (γ − 1)

4 D’après le premier principe appliqué sur l’ensemble du cycle,

Qf + Qc + W = 0 donc w = −qf − qc = −7,1 · 102 kJ · kg−1 .

5 Le rendement du moteur est défini par

w w
η= = − = 63 % .
qc qc

C’est une valeur élevée, mais qui a été obtenue avec une modélisation très idéalisée des transformations. En pratique,
l’ordre de grandeur du rendement d’un moteur diesel est plutôt que 40–45 %.

Annales de concours
Exercice 5 : Climatisation d’une voiture [écrit ATS 2012]
Le cycle complet est représenté sur le diagramme page 6 (copié d’un document de P. Salles, professeur
en ATS). Une version couleur est disponible sur le site de la classe.

1 Les fréons ont été abandonnés car ce sont des gaz à effet de serre et que sous l’effet du rayonnement UV, ils
se décomposent en éléments susceptibles de détériorer la couche d’ozone.

2 La zone d’équilibre liquide-vapeur du solide se trouve sous la courbe de saturation. Le domaine du liquide
seul est à gauche du diagramme, le domaine de la vapeur seule à sa droite. Pour le retrouver simplement, il suffit
de raisonner à pression constante et de voir comment la courbe isobare intercepte les isothermes : plus l’enthalpie
massique est élevée (donc plus on se déplace vers la droite du diagramme), plus les isothermes rencontrées sont
associées à des températures élevées. Comme la phase vapeur est stable à températures élevées, on en déduit que son
domaine se trouve à droite du domaine liquide-vapeur.

3 Du point de vue enthalpique, la caractéristique d’un gaz parfait est que son enthalpie ne dépend que de la tem-
pérature. Ainsi, le fluide est modélisable par un gaz parfait dans le domaine gazeux du diagramme où les isenthalpes
se confondent avec les isothermes, c’est-à-dire où les isothermes (en rouge) sont verticales. Il s’agit de la partie en
bas à droite du diagramme, en ordre de grandeur limitée par P . 0,8 bar et h & 50 kJ · kg−1 .

4 On place le point (1) sur l’isobare 3 bar (horizontale) et entre les isothermes (rouge) 0 ◦C et 10 ◦C, à peu près au
milieu. Par lecture graphique de l’abscisse, on trouve

h1 = 405 kJ · kg−1 .

4/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Correction TD T4 : Machines thermiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Par ailleurs, ce point se trouve entre les isentropes (bleu) à 1,70 et 1,75 kJ · K−1 · kg−1 , plus près de la deuxième.
Compte tenu de la précision demandée par l’énoncé, il est suffisant de conclure

s1 = 1,75 kJ · K−1 · kg−1 .

5 Par définition du rapport de compression,

P2 = r P1 = 18 bar .
La compression étant supposée isentropique, le point (2) se trouve à l’intersection de l’isobare P = P2 = 18 bar
(horizontale) et de l’isentrope s = s1 = 1,75 kJ · K−1 · kg−1 . On lit alors la valeur de l’isotherme qui passe par (2) et
celle de son abscisse pour trouver

T2 ' 70 ◦C et h2 ' 440 kJ · kg−1 .

6 Comme la compression est adiabatique, Pq = 0, et le premier principe appliqué au compresseur donne

Pm = Dm (h2 − h1 ) = 3,5 W · kg−1 .


On trouve Pm > 0, c’est-à-dire sans surprise qu’il faut fournir du travail à un fluide pour le comprimer.

7 Le point (3) se trouve à l’intersection de l’iosbare P = P2 = 18 bar (horizontale) et de l’isotherme T = T3 = 60 ◦C.


Le point se trouve donc dans la zone liquide où l’isotherme n’est pas tracée : il faut la compléter par une droite verticale
pour placer correctement le point (3). On y lit l’abscisse,

h3 = 285 kJ · kg−1 .

8 Comme le détendeur est adiabatique, Pq = 0, et comme il ne contient pas de parties mobiles alors Pw = 0. Le
premier principe appliqué au détendeur donne alors directement
hs − he = 0 ,
c’est-à-dire que la détente est isenthalpique.

9 Le point (4) se trouve à l’intersection de l’isobare P = P1 = 3 bar et de l’isenthalpe (verticale) passant par le
point (3). Il se trouve presque sur l’isotherme 0 ◦C, grâce à quoi on conclut pour avoir la précision souhaitée
T4 ' 0 ◦C .
Le point (4) se trouve à peu près au milieu des isotitres xV = 0,4 et xV = 0,5, d’où on conclut
x4 ' 0,45 .
Le cycle complet est représenté sur le diagramme page 6 (copié d’un document de P. Salles, professeur en ATS).

10 Par application du premier principe à l’évaporateur et comme aucune puissance mécanique n’est fournie au
fluide,
Pe = Dm (h1 − h4 ) = 12 kW · kg−1
L’air est bien refroidi car Pe > 0 : la puissance thermique est effectivement reçue par le fluide frigorigène, donc
extraite de l’air de la voiture.

11 L’efficacité peut être indifféremment définie à partir d’énergie ou de puissance et à partir de grandeurs massiques
ou non. La puissance utile d’un climatiseur est le transfert thermique échangé avec la source froide, soit ici Pe au
niveau de l’évaporateur. La puissance coûteuse est la puissance motrice Pm à apporter au niveau du compresseur.
L’efficacité vaut donc
Pe
e= = 3,4
Pm

12 La température de liquéfaction à P2 = 18 bar est lue sur le diagramme environ égale à T3 = 60 ◦C : c’est la valeur
de l’isotherme (rouge) qui se confond avec l’isobare à P2 dans la zone de coexistence liquide-vapeur. L’efficacité d’un
climatiseur de Carnot fonctionnant entre la température T4 de l’évaporateur et la température de liquéfaction T3
serait
T4
eCarnot = = 4,6 .
T3 − T4
L’efficacité de la machine réelle est comme attendu inférieure à l’efficacité de Carnot : la transformation au sein du
détendeur est irréversible.

5/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


ATS 2012 Corrigé P. SALLES
Correction TD T4 : Machines thermiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

6
6/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]
Correction TD T4 : Machines thermiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 6 : Circuit secondaire d’une centrale nucléaire REP [écrit Centrale MP 2016]
A - Cycle de Rankine

1 Le diagramme est représenté figure 7. L’allure des isothermes dans le diagramme de Clapeyron est connue, elles
sont donc tracées grâce à la connaissance des pressions. On place ensuite le point A0 (sur la courbe de saturation)
puis le point B grâce au fait que A → B est isobare. Le point C est placé approximativement dans le domaine
diphasé connaissant sa pression, et on en déduit la position du point D le long de l’isobare et sur la courbe de
saturation. On note enfin que A se trouve sur l’isotherme TD car la compression D → A est adiabatique et on néglige
le travail fourni par la pompe, elle se fait donc à enthalpie (massique) constante d’après le premier principe, et donc
à température constante en supposant le liquide incompressible : l’enthalpie d’un liquide incompressible ne dépend
que de la température. Au cas où cet argument échapperait au candidat, il est indiqué question 5.

Figure 7 – Cycle de Rankine représenté dans le diagramme de Clapeyron.

2 Au point A0 , on a du liquide saturant sous pression PA0 = Psat = 55 bar, d’où on déduit par lecture de la table

TA0 = 270 ◦C hA0 = 1190,10 kJ · kg−1 sA0 = 2,9853 J · K−1 · kg−1 .

Au point B, le fluide est dans l’état de vapeur saturante sous la même pression. Il faut donc lire la colonne relative
à la vapeur de la même ligne de la table que précédemment, d’où

TB = 270 ◦C hB = 2788,46 kJ · kg−1 sB = 5,9226 J · K−1 · kg−1 .

Enfin, au point D, le fluide est dans l’état de liquide saturant sous pression 43 mbar égale à la pression de vapeur
saturante, ce qui donne

TD = 30 ◦C hD = 125,22 kJ · kg−1 sD = 0,4348 J · K−1 · kg−1 .

3 Voir figure 8. Les points A0 , B et D se placent directement à partir des valeurs de pression et enthalpie massique
lues à la question précédente, ou tout simplement à partir des valeurs de pression et en les plaçant sur la courbe de
saturation. Pour placer le point C, on utilise le fait que B → C est une adiabatique réversible et C → D une isobare :
C se trouve à l’intersection de l’isentrope passant par B et de l’isobare passant par D. Enfin, on sait que A → B est
une isobare et que D → A est une isenthalpique (cf. question 1), d’où on déduit la position de A, à l’intersection de
l’isobare (horizontale) passant par B et de l’isenthalpe (verticale) passant par D. Au cas où cet argument échapperait
au candidat, il est indiqué question 5.

4 L’évolution dans la turbine est par hypothèse adiabatique, d’où

hC − hB = wBC + 0 soit wBC = −990 kJ · kg−1 .

5 Le générateur de vapeur n’apporte aucun travail utile au fluide, donc

hA0 − hA = 0 + qAA0 = cP (TA0 − TA ) d’où qAA0 = 1000 kJ · kg−1 .

7/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Correction TD T4 : Machines thermiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Figure 8 – Cycles de Rankine et de Rankine étagé représentés dans le diagramme des frigoristes.

Le plus simple est d’utiliser la lecture du diagramme, mais la formulation de la question laisse penser
que les concepteurs du sujet souhaitent exploiter la relation avec les températures. En plus, cela permet
d’éviter toute erreur éventuelle de placement du point A sur le diagramme.

6 L’évolution A0 → B a toujours lieu dans le générateur de vapeur et sans travail, donc exactement comme à la
question précédente,
hB − hA0 = 0 + qA0 B d’où qA0 B = 1600 kJ · kg−1 .

Attention cette fois l’eau est diphasée, il n’est donc pas question d’utiliser une capacité thermique. Pour
exprimer différemment ce transfert thermique, c’est une enthalpie de changement d’état (non donnée
ici) qu’il faudrait faire intervenir.

7 Le rendement du cycle de Rankine s’exprime à partir du travail massique wturb cédé à la turbine et du transfert
thermique massique qGV apporté par le générateur de vapeur sous la forme

wturb wBC
ηRankine = d’où ηRankine = − = 0,40 .
qGV qAA0 + qA0 B

Le rendement de Carnot d’un cycle fonctionnant entre les mêmes sources thermiques, de températures respec-
tives Tch = TB = 270 ◦C et Tfr = TD = 30 ◦C, serait

Tfr
ηCarnot = 1 − = 0,44 .
Tch

Conformément au second principe, le rendement du cycle de Rankine est inférieur au rendement de Carnot, mais il
demeure relativement proche, signe que le cycle est correctement optimisé. Attention toutefois, la modélisation des
transformations de compression et détente comme étant réversibles surestime ce rendement.

8 Enfin, le rendement réel de la centrale vaut

Pe
ηréel = = 0,32
Pth

ce qui est nettement inférieur au rendement de Rankine. La modélisation du cycle est à remettre en cause, et même
si elles sont faibles, il ne faut pas oublier non plus les pertes lors de la conversion d’énergie mécanique en énergie

8/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Correction TD T4 : Machines thermiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

électrique par l’alternateur, qui diminuent le rendement.

9 À la fin de la détente, l’état de l’eau se trouve décrit par le point C : il s’agit d’un mélange diphasé liquide-vapeur.
Comme le point C se trouve un peu à gauche de l’isotitre x = 0,70, on en déduit
xC = 0,69 .
Le problème pour la turbine de la présence d’eau liquide est un risque de corrosion des parties métalliques,
qui limiterait sa durée de vie.

B - Cycle de Rankine avec détente étagée

10 Voir figure 8. C 0 se trouve à l’intersection de l’isentrope passant par B et de l’isobare P = P3 = 10 bar. B 0 se


trouve sur la même isobare, et comme l’eau s’y trouve sous la forme de vapeur saturante sèche, on en déduit que B 0
est à l’intersection de cette isobare avec la courbe de saturation. Enfin C 00 est à l’intersection de l’isentrope passant
par B 0 et de l’isobare à pression P = P1 = 43 mbar (même pression que C).

11 Par lecture (approximative !) des isotitres, on trouve

xC 0 = 0,85 et xC 00 = 0,77 .
Ces deux titres sont tous deux supérieurs à xC , ce qui signifie qu’il y a moins d’eau liquide présente en sortie de
turbine dans le cas de la détente étagée, ce qui permet de limiter la corrosion des turbines.

12 Le nouveau rendement du cycle vaut


wBC 0 + wB 0 C 00
ηétagé = − = 0,38 .
qAA0 + qA0 B + qC 0 B 0
Le rendement du cycle étagé est légèrement inférieur au rendement du cycle de Rankine avec détente simple, mais la
durée de vie des pièces est améliorée.

Résolution de problème
Exercice 7 : Money, money, money
Supposons que les bouteilles de jus de fruit sont à température initiale TI = 25 ◦C, et que la température finale
(celle du frigo) vaut TF = 5 ◦C. Commençons par calculer l’énergie nécessaire au refroidissement.
. Système : contenu du frigo.
. Bilan des échanges énergétiques :
→ transfert thermique reçu de la part du fluide frigorigène : Qfrigo < 0 que l’on cherche à déterminer ;
→ transfert thermique de fuite : Qfuite = +Pfuite ∆t > 0 avec Pfuite = 10 W et ∆t = 1 h = 3,6 · 103 s (attention
au signe, compte tenu de la différence de température, c’est le contenu du frigo qui reçoit effectivement de
l’énergie).
. Variation d’énergie interne : par additivité, ∆U = ∆Ujus , et on assimile le jus de fruit à de l’eau du point de vue
thermique.
∆U |{z}
= Qfrigo + Qfuite |{z}
= mjus ceau (TF − TI )
1er ppe modèle
où mjus = 6 kg. On en déduit
Qfrigo = mjus ceau (TF − TI ) − Pfuite ∆t = −5,4 · 105 J .
Calculons maintenant le coût en énergie électrique du refroidissement. On fait l’hypothèse que l’énergie électrique
fournie au frigo ne sert qu’à faire tourner le moteur. Par définition de l’efficacité d’un frigo, e = |Qfroid /W | où les
échanges énergétiques sont ceux du fluide. Ici, on a donc e = |Qfrigo | /Eélec . Par ailleurs, l’efficacité de Carnot d’un
frigo vaut eC = Tfrigo /(Text − Tfrigo ). En combinant, on en déduit
|Qfrigo | Tfrigo |Qfrigo |
e= = 0,7 ' 10 d’où Eélec = = 5 · 104 J .
Eélec Text − Tfrigo e

Enfin, calculons le prix en euros de cette énergie, sachant que 1 kWh = 1 · 103 W × 3,6 · 103 s = 3,6 · 106 J. On
trouve
5 · 104 J
p= × 0,15 e = 0,2 centime .
3,6 · 106 J

9/9 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


TD AM1 – Architecture de la matière

Dualité onde corpuscule


BLAISE PASCAL
et quantification de l’énergie
PT 2018-2019

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Exercices
Exercice 1 : Longueur d’onde de de Bröglie d’une balle de tennis [♦♦♦]
Nadal sert à 200 km · h−1 , la balle est-elle diffractée par la raquette de Federer ?

Exercice 2 : Bras automatisé d’un robot [♦♦]


Considérons le bras automatisé d’un robot chargé d’enfoncer une pièce dans une autre.
. Masse de la pièce : m = 10 g ;
. Position finale de la pièce : doit être précise à mieux que ∆x = 0,1 mm ;
. Vitesse de la pièce au moment où elle est enfoncée : inférieure à ∆v = 1 mm · s−1 .
La précision du robot est-elle limitée par la physique quantique ?

Exercice 3 : Piégeage d’atomes [♦♦]


Par des techniques de refroidissement laser et confinement magnétique, on peut piéger un nuage d’atomes de
sodium.
. Masse d’un atome de sodium : m = 4 · 10−26 kg ;
. En étudiant les positions des atomes du nuage, on mesure une dispersion ∆x ∼ 3 µm ;
. En étudiant les vitesses de ces atomes, on mesure une dispersion ∆v ∼ 2 mm · s−1 .
Peut-on améliorer le piégeage en gardant la même dispersion des vitesses ?

Exercice 4 : Expérience de Shimizu, Shimizu, et Takuma [♦]


Cet exercice est basé sur l’article « Double-slit interference with ultracold metastable neon atoms », publié dans
Physical Review A le 1er juillet 1992 par les physiciens japonais F. Shimizu, K. Shimizu et H. Takuma. Ils ont réalisé
une expérience d’interférences avec des atomes de néon dans un dispositif de fentes d’Young représenté figure 1
ci-dessous.
Un nuage de quelques millions d’atomes de néon est d’abord capturé dans une cellule à vide (« vacuum enclosure »)
puis refroidi à 2,5 mK dans un piège laser (« trap »). La taille du piège est de l’ordre de 1 mm. Les lasers formant
le piège sont alors éteints, ce qui libère les atomes sans vitesse initiale. On peut alors les considérer en chute libre.
Le piège est situé d = 76 mm au dessus de deux fentes séparées d’une distance a = 6 µm (« double slit »). La largeur
d’une fente est de 2 µm. Un écran MCP (« microchannel plate detector ») est placé à une distance D = 113 mm sous
la double fente et détecte les atomes de Néon avec une résolution de l’ordre de 20 µm.
L’écran MCP enregistre l’impact de chaque atome, un impact étant représenté par un point sur la figure 2 ci-
dessous. Ces impacts se distribuent suivant un système de franges semblable à celui obtenu dans le cas des interférences
lumineuses ou acoustiques : des zones sombres (beaucoup d’impacts donc flux d’atomes intense), parallèles à la
direction des fentes, alternent avec des zones claires (peu ou pas d’impacts donc flux d’atomes faible).
Données :
. Masse molaire du néon : M = 20 g · mol−1 ;
. La distance séparant deux franges de même type est appelée interfrange i et dans le cas d’une expérience de fentes
d’Young, elle reliée à la longueur d’onde par
λD
i= .
a

1/2 Étienne Thibierge, 12 décembre 2018, [Link]


TD AM1 : Dualité onde corpuscule et quantification de l’énergie Blaise Pascal, PT 2018-2019

1 - Comment se manifestent respectivement les caractères corpusculaire et ondulatoire des atomes de néon dans cette
expérience ?
2 - En admettant que les atomes se comportent indépendamment les uns des autres, expliquer ce qu’il advient d’un
atome de néon lors de sa traversée du dispositif.
3 - Estimer l’ordre de grandeur de la longueur d’onde λ des atomes de néon dans ce dispositif interférentiel.
4 - En déduire un ordre de grandeur de la vitesse v des atomes de néon au cours √de leur chute. Comparer à la vitesse
d’un solide après une chute libre sans vitesse initiale de hauteur h qui vaut v = 2gh, où g = 9,8 m · s−2 .

Exercice 5 : Taille de l’atome d’hydrogène [♦]


L’objectif de cet exercice est d’estimer l’ordre de grandeur de la taille de l’atome d’hydrogène par une modélisation
semi-quantique, et par la même de comprendre comment la mécanique quantique permet d’expliquer la stabilité des
atomes. Rappelons que le noyau de l’atome d’hydrogène est constitué d’un seul proton autour duquel « gravite » un
électron sur une « orbite » de rayon a.
Données : masse de l’électron m = 9,1 · 10−31 kg, charge élémentaire e = 1,6 · 10−19 C, constante de Planck réduite
~ = 1,1 · 10−34 J · s, permittivité diélectrique du vide ε0 = 8,9 · 10−12 F · m−1 .
1 - En admettant que l’électron de l’atome d’hydrogène doit être décrit par la mécanique quantique, donner l’ordre
de grandeur de sa quantité de mouvement en fonction du rayon a.
2 - L’énergie totale de l’électron s’écrit sous la forme

~2 e2
E= −
2ma2 4πε0 a
Interpréter chacun des termes.
3 - Estimer l’ordre de grandeur de la taille a de l’atome, sachant qu’elle est telle que l’énergie de l’électron soit
minimale.
4 - Une modélisation classique indique que l’électron en orbite circulaire à une distance a du proton a pour énergie
mécanique
e2
Eclass = −
8πε0 a
En outre, l’électron perd de l’énergie par émission d’une onde électromagnétique. Expliquer alors en quoi la mécanique
quantique est à l’origine de la stabilité des atomes.

2/2 Étienne Thibierge, 12 décembre 2018, [Link]


TD AM1 – Architecture de la matière Correction

Dualité onde corpuscule


BLAISE PASCAL
et quantification de l’énergie
PT 2018-2019

Exercices
Exercice 1 : Longueur d’onde de de Bröglie d’une balle de tennis
200
p = mv = 60 · 10−3 × = 3 kg · m · s−1
3,6
h
donc λ = ∼ 2 · 10−34 m  1 cm écart entre les trous d’une raquette.
p

Exercice 2 : Bras automatisé d’un robot


∆p = m ∆v = 10 · 10−3 × 1 · 10−3 = 1 · 10−5 kg · m · s−1
donc ∆x × ∆p ∼ 1 · 10−4 × 1 · 10−5 = 1 · 10−9 J · s = 1025 ~
La MQ n’a évidemment rien à voir là dedans !

Exercice 3 : Piégeage d’atomes


∆p = m ∆v = 4 · 10−26 × 2 · 10−3 = 8 · 10−29 kg · m · s−1
donc ∆x × ∆p ∼ 3 · 10−6 × 8 · 10−29 = 2,4 · 10−34 J · s = 1025 ~
Il est impossible de piéger les atomes mieux que ça (ou alors il faut augmenter leur dispersion en vitesse)

Exercice 4 : Expérience de Shimizu, Shimizu, et Takuma


1 Le caractère corpusculaire se manifeste lors de la détection des atomes : chaque atome produit un impact
ponctuel, comme le ferait une particule classique. L’aspect ondulatoire se manifeste lui dans la répartition des
différents impacts sur l’écran, qui forme une figure d’interférences caractéristique d’un phénomène ondulatoire.

2 L’atome de néon est en chute libre, ce qui impose qu’il se déplace vers le bas, mais se propage dans le dispositif
comme une onde. En particulier, il passe par les deux fentes à la fois, les deux ondes issues des deux fentes interférant
ensuite. Enfin, lorsque l’atome de néon arrive au niveau de l’écran, son comportement redevient de type corpusculaire
et il est détecté en un seul point de l’écran. La probabilité de détecter l’atome en un point est donnée par l’aspect
ondulatoire, et redonne en moyenne la figure d’interférences.

3 D’après la relation donnée,


ia
λ=
D
D’après les données de l’énoncé, a = 6 µm et D = 113 mm. On lit sur la figure 2 (sur le bas de la figure 2, la légende
précisant que le dispositif est défectueux sur ce qui donne la partie haute) la valeur de l’interfrange i = 0,2 mm.
Finalement,
λ = 1 · 10−8 m .

4 La relation de de Bröglie permet de relier la longueur d’onde λ à la quantité de mouvement p = mv par

h h
p= soit v=
λ λm
En utilisant la masse molaire pour déterminer la masse d’un atome de néon, on trouve

hNA
v= = 2 m · s−1 .
λM

1/2 Étienne Thibierge, 12 décembre 2018, [Link]


Correction TD AM1 : Dualité onde corpuscule et quantification de l’énergie Blaise Pascal, PT 2018-2019

5 La chute libre se fait sur une hauteur D + d ∼ 200 mm, ce qui donne comme vitesse théorique de chute libre

vth ∼ 2 m · s−1 .

Ainsi, la longueur d’onde calculée s’interprète bien en raisonnant sur une particule en chute libre : c’est une autre
signature de la dualité onde-corpuscule.

Exercice 5 : Taille de l’atome d’hydrogène


1 Qualitativement, l’électron de l’atome d’hydrogène est localisé avec une indétermination de l’ordre du rayon
atomique a. Comme il doit être décrit par la mécanique quantique, l’inégalité d’Heisenberg est proche de la limite,
donc
~
pa ' ~ soit mva ' ~ donc v' .
ma

2 L’énergie mécanique de l’électron s’écrit comme la somme de son énergie cinétique et de son énergie potentielle.
L’énergie cinétique vaut
1 ~2
Ec = mv 2 = ,
2 2ma2
ce qui correspond au premier terme. Le second terme est l’énergie potentielle électrique d’interaction entre le proton
(charge +e) et l’électron (charge −e) séparés d’une distance a.

3 Lorsque a augmente, l’énergie cinétique diminue alors que l’énergie potentielle augmente (il y a un signe −). Il
est donc probable qu’il y ait une valeur du rayon atomique a où la somme est minimale. On cherche donc cette valeur
en calculant
dE ~2 2 e2 1 ~2 e2
   
= × − 3 − × − 2 =− + .
da 2m a 4πε0 a ma 3 4πε0 a2
Cherchons la valeur a0 du minimum, c’est-à-dire la valeur de a qui annule la dérivée, telle que

~2 e2 e2 ~2 4πε0 a2 ma3
− + =0 donc = d’où = .
ma3 4πε0 a2 4πε0 a2 ma3 e2 ~2
Finalement,
4πε0 ~2
a= = 53 · 10−9 m = 53 pm .
me2

4 D’après cette modélisation purement classique, l’énergie de l’électron est d’autant plus petite qu’il s’approche
du proton. Ainsi, partant d’une quantité d’énergie donnée, il en perdrait par émission d’onde électromagnétique,
s’approcherait du noyau, et finirait par s’y écraser. D’après ce modèle, un atome est instable et toute la matière
devrait imploser en se contractant sur elle-même. D’après le modèle semi-quantique abordé dans l’exercice, l’origine
du non-effondrement est l’énergie cinétique donc la forme s’obtient par le principe d’Heisenberg, ce qui explique
pourquoi on peut raisonnablement dire que les atomes sont stables « grâce à » la mécanique quantique.

2/2 Étienne Thibierge, 12 décembre 2018, [Link]


: Structure électronique des atomes Blaise Pascal, PTSI 2018-2019

Exercice 1 : Le soufre [oral CCP, ♦]


Dans la classification périodique des éléments, le soufre se situe dans le quatrième colonne du bloc p et dans la
troisième période.
1 - Quelle est la configuration électronique fondamentale de l’atome de soufre ? En déduire son numéro atomique.
2 - Quelles sont les différentes valeurs du nombre quantique secondaire qui correspondant aux électrons de valence
de l’élément soufre à l’état fondamental ?
3 - Comparer l’électronégativité du soufre à celles du lithium, du chlore et de l’oxygène.
4 - Quels sont les ions monoatomiques les plus chargés du soufre ? Quels sont les plus fréquents ?

Éléments de correction de l’exercice 1 :


1 Compte tenu de la place du soufre dans la classification périodique, on sait d’une part que sa sous-couche en
cours de remplissage est en np4 et d’autre part que la valeur maximale de n impliquée dans sa configuration est n = 3.
Les éléments du bloc p ne posant pas de difficulté (au contraire de ceux du bloc d), on en déduit la configuration

S → 1s2 2s2 2p6 3s2 3p4 .

2 Les électrons de valence du soufre sont ceux de la couche n = 3, associés au nombre quantique secondaire
valant ` = 0 (sous-couche s) et ` = 1 (sous-couche p).

3 Le soufre est situé sur la droite de la classification alors que le lithium est un alcalin, situé dans la colonne la
plus à gauche : le soufre est donc plus électronégatif que le lithium. Le soufre et le chlore appartiennent à la
même période, le soufre se trouvant à gauche du chlore : le soufre est donc moins électronégatif que le chlore.
Le soufre et l’oxygène appartiennent à la même famille, le soufre se trouvant sous l’oxygène : le soufre est donc
moins électronégatif que l’oxygène.

4 Les ions monoatomiques les plus chargés sont ceux qui conduisent à remplir ou vider complètement la couche de
valence. En supposant que seule la couche p peut être vidée, les ions les plus chargés sont respectivement S4+ et S2− .
L’ion le plus fréquent est celui pour lequel la charge est en valeur absolue la plus petite, soit S2− .

1/2 Étienne Thibierge, 16 décembre 2018, [Link]


TD AM2 – Architecture de la matière Correction

Structure électronique des atomes


BLAISE PASCAL
PTSI 2018-2019

Exercices
Exercice 1 : Configurations électroniques
1 Rien de bien compliqué dans cette question : il suffit d’appliquer mécaniquement les règles de remplissage, en
s’aidant du diagramme en triangle. Le soulignement indique les électrons de valence. Le nombre d’électrons non
appariés se déduit de la rèlge de Hund.
. 2 He → 1s2 , aucun électron célibataire ;
. 8 O → 1s2 2s2 2p4 , deux électrons célibataires (les trois « premiers » électrons occupent toutes les OA 2p, le
quatrième s’apparie avec l’un d’eux, et il en reste deux célibataires) ;
. 14 Si → 1s2 2s2 2p6 3s2 3p2 , deux électrons célibataires ;
. 15 P → 1s2 2s2 2p6 3s2 3p3 , trois électrons célibataires ;
. 21 Sc → 1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s2 3d1 , un électron célibataire ;
. → 1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s2 3d6 , quatre électrons célibataires (les cinq « premiers » électrons occupent toutes les
26 Fe
OA 3d, le sixième s’apparie avec l’un d’eux, et il en reste quatre célibataires) ;
. 32 Ge → 1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s2 3d10 4p2 , deux électrons célibataires ;
. 42 Mo → 1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s2 3d10 4p6 5s2 4d4 , quatre électrons célibataires.

2 24 Cr → 1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s1 3d5 : des sous-couches à moitié remplies donnent un gain de stabilité.
47 Ag → 1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s2 3d10 4p6 5s1 4d10 : remplir complètement la sous-couche 4d donne là aussi un gain de
stabilité.

3 Deux éléments adjacents dans la classification périodique ont ou bien des numéros atomiques qui se suivent s’ils
sont l’un à côté de l’autre, ou bien des configurations de valence identiques s’ils sont l’un au dessus de l’autre. Les
trois paires indiquées concernent le silicium et le phosophore qui sont côte à côte, le chrome et le molybdène
qui sont l’un au dessus de l’autre (ce qui laisse penser que la configuration électronique du molybdène doit avoir la
même irrégularité que celle du chrome), et le silicium et le germanium qui sont l’un au dessus de l’autre.

Exercice 2 : Étude expérimentale de la série de Balmer


1.a Le condenseur est une lentille très convergente. Il sert à faire rentrer davantage de lumière dans le spectromètre,
ce qui minimise le bruit de fond et rend les signaux expérimentaux plus simples à analyser et les mesures plus précises.

1.b Le dihydrogène est explosif. Garder une lampe à dihydrogène serait donc déjà dangereux, sans parler de
l’allumage de la lampe qui se fait via la production d’une étincelle ...

1.c Ces raies proviennent du revêtement de l’ampoule de la lampe à vapeur d’eau (mais de là à le deviner ...).

2 L’énergie d’un photon εn2 émis lors de la transition entre un niveau n ≥ 3 vers le niveau 2 est donnée par

Eion Eion
εn2 = En − E2 = − +
n2 4
Comme pour un photon εn2 = hc/λn2 ,

hc Eion Eion Eion Eion hc Eion h λn2


= − 2 soit = − donc n2 =
λn2 4 n n2 4 λn2 λn2 Eion − 4hc

1/3 Étienne Thibierge, 16 décembre 2018, [Link]


Correction TD AM2 : Structure électronique des atomes Blaise Pascal, PTSI 2018-2019

Numériquement, on peut attribuer dans l’ordre les raies α à δ aux niveaux 3 à 6.

3 D’après la question précédente, pour une raie appartenant à la série de Balmer et dont le niveau de départ n est
correctement identifié, la longueur d’onde de la raie vérifie la relation

1 1 1
 
hc Eion Eion Eion
= − 2 soit = − 2
λn2 4 n λn2 hc 4 n

Ainsi, la courbe représentant Y = 1/λn2 en fonction de X = 1/4 − 1/n2 est une droite de pente Eion /hc si les raies
appartiennent bien à la série de Balmer.
Le rapport RH = Eion /hc a une signification très importante en physique atomique au point qu’il porte
un nom propre : il s’agit de la constante de Rydberg de l’atome d’hydrogène.

La courbe est représentée figure 1, il s’agit clairement d’une droite, et on peut donc conclure que les raies ont été
correctement identifiées.

2.6
2.4
1/λn2 en µm−1

2.2
2.0
1.8
1.6
1.4
0.14 0.16 0.18 0.20 0.22
2
1/4 − 1/n , sans unité
Figure 1 – Test de l’appartenance des raies à la série de Balmer. La droite de régression linéaire a pour équation Y =
1,1 · 10−2 X.

4 La pente RH de la droite de régression linéaire est reliée à l’énergie d’ionisation par

Eion
RH = soit Eion = h c RH = 2,2 · 10−18 J = 14 eV
hc

ce qui correspond bien à la valeur attendue.

Annales de concours
Exercice 3 : Le magnésium [oral banque PT]
1 La structure électronique du magnésium est 1s2 2s2 2p6 3s2 . Une sous-couche 1s ne contient qu’une orbitale,
remplie par deux électrons : il n’y a donc aucun électron non-apparié dans l’état fondamental du magnésium.

2 Le magnésium est situé dans la deuxième colonne du bloc s, c’est-à-dire dans la deuxième colonne (« tout
court ») de la classfication. Comme la valeur maximale de n impliquée dans la configuration électronique vaut 3, le
magnésium appartient à la troisième ligne de la classification.

3
E 4 L’ion Mg+ s’obtient en retirant un électron de la sous-couche la plus ex-
terne, soit 1s2 2s2 2p6 3s1 . De même, l’ion Mg2+ s’obtient en retirant deux élec-
↑↓ 3s trons de la couche externe, ce qui vide complètement la sous-couche 3s et
donne 1s2 2s2 2p6 3s0 .
↑↓ ↑↓ ↑↓ 2p 5 Pour obtenir une configuration de type gaz noble, le plus simple pour le ma-
↑↓ 2s gnésium est de vider la sous-couche 3s. Comme il cherche à se séparer d’électrons,
il est plutôt électropositif (comme tous les éléments du bloc s) et réducteur.
↑↓ 1s

2/3 Étienne Thibierge, 16 décembre 2018, [Link]


Correction TD AM2 : Structure électronique des atomes Blaise Pascal, PTSI 2018-2019

Exercice 4 : Le soufre [oral CCP MP]


1 Compte tenu de la place du soufre dans la classification périodique, on sait d’une part que sa sous-couche en
cours de remplissage est en np4 et d’autre part que la valeur maximale de n impliquée dans sa configuration est n = 3.
Les éléments du bloc p ne posant pas de difficulté (au contraire de ceux du bloc d), on en déduit la configuration

S : 1s2 2s2 2p6 3s2 3p4 .

2 Les électrons de valence du soufre sont ceux de la couche n = 3, associés au nombre quantique secondaire
valant ` = 0 (sous-couche s) et ` = 1 (sous-couche p).

3 Le soufre est situé sur la droite de la classification alors que le lithium est un alcalin, situé dans la colonne la
plus à gauche : le soufre est donc plus électronégatif que le lithium. Le soufre et le chlore appartiennent à la
même période, le soufre se trouvant à gauche du chlore : le soufre est donc moins électronégatif que le chlore.
Le soufre et l’oxygène appartiennent à la même famille, le soufre se trouvant sous l’oxygène : le soufre est donc
moins électronégatif que l’oxygène.

4 Les ions monoatomiques les plus chargés sont ceux qui conduisent à remplir ou vider complètement la couche de
valence. En supposant que seule la couche p peut être vidée, les ions les plus chargés sont respectivement S4+ et S2− .
L’ion le plus fréquent est celui pour lequel la charge est en valeur absolue la plus petite, soit S2− .

Exercice 5 : Pouvoir oxydant des dihalogènes [écrit PT 2016]


1 D’après les données, on déduit que l’iode est situé dans la 5e période du tableau périodique (valeur maximale de n)
et comme il s’agit d’un halogène on sait que sa configuration électronique se termine en p5 . Ainsi, la configuration
électronique de l’iode est
1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s2 3d10 4p6 5s2 4d10 5p5 .

Les électrons de valence sont soulignés.

2 Le pouvoir oxydant augmente avec l’électronégativité, qui au sein d’une même famille est plus élevée pour
les éléments les plus hauts dans le tableau périodique. Ainsi, le dichlore est plus oxydant que le dibrome,
lui-même plus oxydant que le diiode.

3 Raisonnons sur la comparaison entre le couple redox du chlore et celui du brome. On compare deux tubes à
essais :
. Dans le premier, on place une solution (incolore) de KBr à laquelle on ajoute quelques gouttes d’eau de chlore
Cl2(aq) jaune pâle. La transformation qui pourrait avoir lieu serait

2 Br− −
(aq) + Cl2(aq) −−→ Br2(aq) + 2 Cl(aq)

mais la couleur jaune pâle perdure, signe que le dichlore demeure dans la solution et que la transformation n’a pas
lieu.
. Dans le second, on place une solution (incolore) de KCl à laquelle on ajoute quelques gouttes d’eau de brome
Br2(aq) orange. La transformation qui pourrait avoir lieu serait

Br2(aq) + 2 Cl− −
(aq) −−→ 2 Br(aq) + Cl2(aq)

La couleur orange disparaît et devient jaune pâle, signe que le dibrome s’est transformé en dichlore. La transfor-
mation a bien lieu.
On en conclut que le dichlore est un oxydant plus fort que le dibrome. On procède de même pour comparer chaque
couple redox.

3/3 Étienne Thibierge, 16 décembre 2018, [Link]


Architecture de la matière 3 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Modèle de Lewis
Exercices
Exercice 1 : Schémas de Lewis, exemples simples [♦♦]
Construire les schémas de Lewis des entités suivantes. Utilisez si besoin le tableau périodique distribué avec le
chapitre AM2.
3 - Méthylamine CH3 NH2
1 - Dichlorométhane CH2 Cl2 6 - Méthanal H2 CO
4 - Éthane C2 H6 .
2 - Silice SiO2 7 - Ion oxonium H3 O+
5 - Éthène C2 H4

Exercice 2 : Schémas de Lewis, exemples moins simples [♦]


Construire les schémas de Lewis des entités suivantes. Utilisez si besoin le tableau périodique distribué avec le
chapitre AM2.
1 - Borane BH3 .
2 - Acide phosphorique H3 PO4 : le phosphore est central, et tous les hydrogènes sont liés à des oxygènes. Le schéma
de Lewis ne fait apparaître aucune charge formelle.
3 - Benzène C6 H6 : molécule cyclique.
4 - Ion hydrogénocarbonate HCO–3 : pas de liaison O−O, l’hydrogène est fixé sur un oxygène.
5 - Nitrométhane CH3 NO2 : l’atome d’azote est lié aux deux atomes d’oxygène et à l’atome de carbone, tous les
atomes d’hydrogène sont liés à l’atome de carbone.
6 - Ion cyanure CN– .
7 - Ozone O3 : la molécule n’est pas cyclique.

Exercice 3 : Différents enchaînements des atomes C, N et O [♦]


L’enchaînement des atomes diffère dans l’ion cyanate NCO et l’ion fulminate CNO .
– –

1 - Proposer un schéma de Lewis pour chacune des ces deux espèces.


2 - Alors que l’ion cyanate forme des composés ioniques stables avec de nombreux cations métalliques, l’ion fulminate
forme des composés instables, dont certains sont explosifs. Proposer une explication.
3 - L’ion NOC– n’existe pas. Proposer une explication.

Exercice 4 : Composés azotés [♦]


On s’intéresse dans cet exercice à la structure électronique de plusieurs composés azotés, intervenant notamment
dans des engrais agricoles.
1 - La synthèse de l’acide nitrique HNO3 fait notamment intervenir les espèces chimiques NO, NO2 , N2 O4 et HNO2 .
1.a - Proposer une représentation de Lewis de chaque espèce, sachant qu’aucune d’entre elles ne fait intervenir de
liaison O−O.
1.b - NO et NO2 possèdent une propriété chimique particulière. Laquelle ?
1.c - L’anhydride nitreux N2 O3 est un composé instable. À température ambiante, il se décompose en NO et NO2 .
En déduire une représentation de Lewis de l’anhydride nitreux.
2 - L’acide nitrique est ensuite utilisé pour synthétiser du nitrate d’ammonium, de formule brute N2 O3 H4 , par
réaction avec l’ammoniac NH3 .
2.a - Écrire l’équation de réaction correspondante.
2.b - Donner la représentation de Lewis de l’ammoniac.
3 - La manipulation du nitrate d’ammonium doit se faire avec précaution, car sa décomposition thermique produit
un gaz enivrant, le protoxyde d’azote N2 O, connu sous le nom de « gaz hilarant ». Sachant que sa structure repose
sur un enchaînement N−N−O, donner la représentation de Lewis du protoxyde d’azote.

1/2 Étienne Thibierge, 27 octobre 2017, [Link]


TD AM3 : Modèle de Lewis Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Annale de concours
Exercice 5 : Monoxyde de carbone [écrit banque PT 2013, ♦]
La molécule de monoxyde de carbone est constituée d’un atome d’oxygène (Z = 8) et d’un atome de carbone
(Z = 6).
1 - Nommer et énoncer les règles utiles à l’établissement des configurations électroniques.
2 - Donner la configuration électronique de l’atome d’oxygène puis de l’atome de carbone dans leur état fondamental.
3 - Expliquer pourquoi le carbone est tétravalent.
4 - Quels sont les deux isotopes du carbone les plus répandus sur Terre ? Écrire leur représentation symbolique.
5 - Où se situe l’oxygène dans la classification périodique (ligne, colonne) ?
6 - Citer un élément situé dans la même colonne que l’oxygène.
7 - Proposer une représentation de Lewis possible pour la molécule de monoxyde de carbone en la justifiant par un
décompte d’électrons.
8 - Comment évolue l’électronégativité au sein d’une ligne du tableau périodique ?
9 - La formule de Lewis proposée par vos soins est-elle alors en accord avec les électronégativités du carbone et de
l’oxygène ?

2/2 Étienne Thibierge, 27 octobre 2017, [Link]


Architecture de la matière 3 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Modèle de Lewis
Exercices
Exercice 1 : Schémas de Lewis, exemples simples
Les schémas de Lewis sont construits en utilisant autant que possible la méthode simple, à partir des
schémas de Lewis des atomes.
Ce corrigé est plus détaillé que nécessaire : dans une copie, seuls les décomptes d’électrons de valence
(ce qui dans contexte de concours est souvent fait dans les questions précédentes) et le résultat doivent
apparaître.

1 Dichlorométhane CH2 Cl2 :


. Décompte des électrons de valence :
→ H : 1s1 donc 1 électron de valence ;
→ C : 1s2 2s2 2p2 donc 4 électrons de valence ;
→ Cl : 1s2 2s2 2p6 3s2 3p5 donc 7 électrons de valence ;
→ Total : 2 × 1 + 4 + 2 × 7 = 20 électrons soit 10 doublets.
. Méthode simple :

H H

H C Cl d’où H C Cl

Cl Cl

2 Dioxyde de silicium SiO2


. Décompte des électrons de valence :
→ Si : 1s2 2s2 2p6 3s2 3p2 donc 4 électrons de valence ;
→ O : 1s2 2s2 2p4 donc 6 électrons de valence ;
→ Total : 4 + 2 × 6 = 16 électrons soit 8 doublets.
. Méthode simple :

O Si O d’où O Si O

3 Méthylamine CH3 NH2


. Décompte des électrons de valence :
→ C : 1s2 2s2 2p2 donc 4 électrons de valence ;
→ H : 1s1 donc 1 électron de valence ;
→ N : 1s2 2s2 2p3 donc 5 électrons de valence ;
→ Total : 4 + 5 × 1 + 5 = 14 électrons soit 7 doublets.
. Méthode simple : comme H ne peut former qu’une seule liaison, il y a forcément une liaison C−N.

H H H H

N C H d’où N C H

H H H H

4 Éthane C2 H6
. Décompte des électrons de valence :
→ C : 1s2 2s2 2p2 donc 4 électrons de valence ;
→ H : 1s1 donc 1 électron de valence ;
→ Total : 2 × 4 + 6 × 1 + 5 = 14 électrons soit 7 doublets.
. Méthode simple :

1/7 Étienne Thibierge, 27 octobre 2017, [Link]


Correction TD AM3 : Modèle de Lewis Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

H H H H

H C C H d’où H C C H

H H H H

5 Éthène C2 H4
. Décompte des électrons de valence :
→ C : 1s2 2s2 2p2 donc 4 électrons de valence ;
→ H : 1s1 donc 1 électron de valence ;
→ Total : 2 × 4 + 4 × 1 + 5 = 12 électrons soit 6 doublets.
. Méthode simple :

H H H H

C C d’où C C

H H H H

6 Méthanal H2 CO
. Décompte des électrons de valence :
→ C : 1s2 2s2 2p2 donc 4 électrons de valence ;
→ H : 1s1 donc 1 électron de valence ;
→ O : 1s2 2s2 2p4 donc 6 électrons de valence ;
→ Total : 4 + 2 × 1 + 6 = 12 électrons soit 6 doublets.
. Méthode simple : il y a forcément une liaison C−O, mais il n’est pas évident de savoir où les H vont se lier. On
commence donc par les placer entre C et O.

H H

C O d’où C O

H H

7 Ion oxonium H3 O+
. Décompte des électrons de valence :
→ H : 1s1 donc 1 électron de valence ;
→ O : 1s2 2s2 2p4 donc 6 électrons de valence ;
→ On n’oublie pas la charge ;
→ Total : 3 × 1 + 6 − 1 = 8 électrons soit 4 doublets.
. Méthode simple : H est moins électronégatif que O, mais si la charge ⊕ était portée par un H il ne pourrait pas se
lier. On en déduit que c’est O qui la porte.



H O H d’où H O H

H H

Exercice 2 : Schémas de Lewis, exemples moins simples


Les schémas de Lewis sont construits en utilisant autant que possible la méthode simple, à partir des
schémas de Lewis des atomes.
Ce corrigé est plus détaillé que nécessaire : dans une copie, seuls les décomptes d’électrons de valence
(ce qui dans contexte de concours est souvent fait dans les questions précédentes) et le résultat doivent
apparaître.

1 Borane BH3
. Décompte des électrons de valence :

2/7 Étienne Thibierge, 27 octobre 2017, [Link]


Correction TD AM3 : Modèle de Lewis Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

→ B : 1s2 2s2 2p1 donc 3 électrons de valence ;


→ H : 1s1 donc 1 électron de valence ;
→ Total : 1 × 3 + 3 × 1 = 6 électrons soit 3 doublets.
. Méthode simple :

H B H d’où H B H

H H

. On constate que le bore est lacunaire et ne respecte pas la règle de l’octet, ce qui est rare mais possible.
2 Acide phosphorique H3 PO4
. Décompte des électrons de valence :
→ H : 1s1 donc 1 électron de valence ;
→ P : 1s2 2s2 2p6 3s2 3p3 donc 5 électrons de valence ;
→ O : 1s2 2s2 2p4 donc 6 électrons de valence ;
→ Total : 3 × 1 + 5 + 4 × 6 = 32 électrons soit 16 doublets.
. Méthode simple :

O O

H O P O H d’où H O P O H

O O

H H

3 Benzène C6 H6
. Décompte des électrons de valence :
→ C : 1s2 2s2 2p2 donc 4 électrons de valence ;
→ H : 1s1 donc 1 électron de valence ;
→ Total : 6 × 4 + 6 × 1 + 6 = 30 électrons soit 15 doublets.
. Méthode simple : comme on sait que la molécule est cyclique, il est plus simple de représenter le cycle dès le départ
avec des liaisons simples ... mais attention ces liaisons simples sont des doublets et « consomment » des électrons.

H H H H

C C C C

H C C H d’où H C C H

C C C C

H H H H

. Si jamais vous n’y arrivez pas avec la méthode simple, le nombre de doubles liaisons se détermine par la méthode
générale. Même si la position des H n’est pas forcément déterminée à ce stade, on sait qu’il va y avoir forcément
6 liaisons C−H en plus des six liaisons C−C. Par conséquent, un carbone est entouré dans le squelette de trois
liaisons en moyenne. Si tous les doublets étaient non-liants, il en faudrait donc six en plus pour que tous les C
vérifient la règle de l’octet ... mais il n’en reste que 3 à attribuer (on a déjà 6 liaisons C−C et 6 liaisons C−H). On
en déduit donc qu’il y a trois liaisons doubles dans la molécule.
4 Ion hydrogénocarbonate HCO–3
. Décompte des électrons de valence :
→ H : 1s1 donc 1 électron de valence ;
→ C : 1s2 2s2 2p2 donc 4 électrons de valence ;
→ O : 1s2 2s2 2p4 donc 6 électrons de valence ;
→ On n’oublie pas la charge ;
→ Total : 1 + 4 + 3 × 6 + 1 = 24 électrons soit 12 doublets.
. Méthode simple : fonctionne ... si on part bien ! O est le plus électronégatif des atomes de l’ion, on en déduit que
c’est l’un des oxygènes qui porte la charge.

3/7 Étienne Thibierge, 27 octobre 2017, [Link]


Correction TD AM3 : Modèle de Lewis Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

O O

H C O d’où C O

O O H

N.B. Les radicaux sont des molécules rares, et vous pouvez retenir qu’un schéma de Lewis présentant deux
électrons célibataires serait celui d’une molécule qui n’existe pas.
. Méthode générale :
→ Squelette : le fait qu’il n’y ait pas de liaison O−O indique que les trois O sont liés au carbone. Reste la question
du H : on peut tester, le lier lui aussi au carbone ne conduit à aucune solution. On en déduit qu’il est lié à un
oxygène.
→ Recherche de liaisons multiples : le squelette implique 4 liaisons. Si tous les doublets restants étaient non-liants,
il en faudrait 9 pour que tous les atomes vérifient la règle de l’octet ... mais il n’en reste que 8 à attribuer. On
en déduit que la molécule compte une liaison double, qui est forcément l’une des liaisons CO.
→ On attribue ensuite tous les doublets non-liants.
→ Recherche des charges formelles :
∗ Pour O en haut du schéma : du point de vue de la charge, tout se passe comme s’il possédait 7 électrons
de valence (3 × 2 pour les doublets + 1 pour la liaison) alors que l’oxygène pris seul n’en compte que 6. Il
porte donc une charge formelle ;
∗ Pour C : tout se passe comme s’il possédait 4 électrons de valence (1 par liaison), ce qui est le nombre que
possède un atome de carbone, donc il ne porte pas de charge formelle ;
∗ Pour les deux O à droite et en bas : tout se passe comme s’ils portaient 6 électrons (2 × 2 pour les doublets
+ 1 par liaison), comme un atome d’oxygène, donc ils ne sont pas chargés.

5 Ion cyanure CN–


. Décompte des électrons de valence :
→ C : 1s2 2s2 2p2 donc 4 électrons de valence ;
→ N : 1s2 2s2 2p3 donc 5 électrons de valence ;
→ On n’oublie pas la charge ;
→ Total : 4 + 5 + 1 = 10 électrons soit 5 doublets.
. Méthode simple : me semble bien difficile à faire marcher correctement ! La difficulté vient du fait que la charge
est portée par le carbone, qui n’est pas l’atome le plus électronégatif.
. Méthode générale :
→ Squelette : immédiat !
→ Recherche de liaisons multiples : le squelette implique une seule liaison. Si tous les doublets restants étaient
non-liants, il en faudrait 6 pour que les deux atomes vérifient la règle de l’octet ... mais il n’en reste que 4 à
attribuer. On en déduit que la molécule compte une liaison triple, qui implique deux doublets supplémentaires.
→ On attribue ensuite tous les doublets non-liants, qui ne sont que deux : un par atome.
→ Recherche des charges formelles : du point de vue de la charge, tout se passe comme si chaque atome possédait
5 électrons de valence.
∗ L’atome de carbone pris seul n’en possède que quatre, il porte donc une charge formelle ;
∗ L’atome d’azote pris seul en possède déjà cinq, il ne possède donc pas de charge formelle.
. Conclusion :
C N
6 Ozone O3
. Décompte des électrons de valence :
→ O : 1s2 2s2 2p4 donc 6 électrons de valence ;
→ Total : 3 × 6 = 18 électrons soit 9 doublets.
. Méthode simple : à tenter bien sûr, mais pas simple d’obtenir un résultat convaincant.
. Méthode générale :
→ Squelette : immédiat car la molécule est linéaire.
→ Recherche de liaisons multiples : le squelette implique 2 liaisons. Si tous les doublets restants étaient non liants,
il en faudrait 3 + 2 + 3 = 8 pour que tous les atomes vérifient la règle de l’octet ... mais il n’en reste que 7 à
attribuer. On en déduit que la molécule compte une liaison double.
→ On attribue ensuite tous les doublets non liants pour vérifier l’octet.
→ Recherche des charges formelles : un atome d’oxygène pris seul possède 6 électrons de valence.
∗ Atome de gauche : tout se passe comme s’il possédait 6 électrons, il n’a donc pas de charge formelle ;
∗ Atome central : tout se passe comme s’il possédait 5 électrons, il porte donc une charge formelle ⊕ ;

4/7 Étienne Thibierge, 27 octobre 2017, [Link]


Correction TD AM3 : Modèle de Lewis Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

∗ Atome de droite : tout se passe comme s’il possédait 7 électrons, ce qui lui donne une charge formelle .
. Conclusion :

O O O

Exercice 3 : Différents enchaînements des atomes C, N et O


Vu l’énoncé, on s’attend à des représentations un peu complexes pour lesquelles la méthode rapide de construction
risque de ne pas conduire au résultat. On peut (et il faut) toujours la tenter, mais bien vérifier le nombre d’électrons
et de doublets. Toute la correction est rédigée avec la méthode générale.

1 Construisons les deux représentations en parallèle.


. Décompte des électrons de valence :
→ C : 1s2 2s2 2p2 donc 4 électrons de valence ;
→ N : 1s2 2s2 2p3 donc 5 électrons de valence ;
→ O : 1s2 2s2 2p4 donc 6 électrons de valence ;
→ On n’oublie pas la charge ;
→ Total : 4 + 5 + 6 + 1 = 16 électrons soit 8 doublets.
. Squelette : N C O et C N O;
. Liaisons multiples : si toutes les liaisons étaient simples, il faudrait huit doublets non-liants pour que les trois
atomes satisfassent à la règle de l’octet, mais il n’en reste que six à attribuer. La molécule devrait donc compter
deux liaisons doubles ou une liaison triple.
. Répartition des doublets : 8 (total) – 2 (squelette) – 2 (liaisons multiples) = 4 doublets non-liants.
→ Possibilités pour l’ion cyanate NCO– :

N C O et N C O

La représentation de gauche est plus proche de la structure réelle de la molécule car la charge est en accord
avec l’électronégativité des éléments (χO > χN > χC ), mais la représentation de droite respecte les règles
également.
→ Possibilités pour l’ion fulminate CNO– :

C N O et 2
C N O
⊕ ⊕

La représentation de droite fait apparaître une double charge sur l’atome de carbone, qui de plus n’est pas en
accord avec l’électronégativité. Bien qu’elle respecte la règle de l’octet, elle n’est donc que très peu représentative
de la structure réelle de la molécule.
2 Même la représentation de Lewis la plus représentative de l’ion fulminate fait apparaître trois charges formelles,
ce qui est défavorable. Au contraire, les deux représentations de l’ion cyanate ne font apparaître qu’une seule charge
formelle, ce qui est le minimum possible (il s’agit d’un ion). Par conséquent, il est raisonnable que l’ion fulminate
soit moins stable et donc plus réactif que l’ion cyanate.
Compte tenu de ce raisonnemment, on pourrait imaginer une représentation de Lewis faisant apparaître
moins de charges formelles mais ne respectant pas la règle de l’octet. Cela n’est pas une « solution »,
puisque ne pas respecter la règle de l’octet est encore plus défavorable à la stabilité de l’espèce que la
présence de charges formelles.

3 Les deux représentations de Lewis possibles pour l’ion NOC– font chacune apparaître cinq charges formelles, ce
qui est très défavorable et explique que l’espèce chimique n’existe pas.

N O C2 et 2
N O C
2⊕ 2⊕

Exercice 4 : Composés azotés


1.a
. Décompte des électrons de valence :
→ C : 1s2 2s2 2p2 donc 4 électrons de valence ;
→ N : 1s2 2s2 2p3 donc 5 électrons de valence ;
→ O : 1s2 2s2 2p4 donc 6 électrons de valence.

5/7 Étienne Thibierge, 27 octobre 2017, [Link]


Correction TD AM3 : Modèle de Lewis Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

. Monoxyde d’azote NO :
→ Nombre d’électrons de valence : 5 + 6 = 11 soit 5 doublets et 1 électron célibataire ;
→ Méthode simple :
N O d’où N O

. Dioxyde d’azote NO2 :


→ Nombre d’électrons de valence : 5 + 2 × 6 = 17 soit 8 doublets et 1 électron célibataire ;
→ Méthode simple : tout à fait acceptable, mais il se trouve qu’elle ne conduit pas à la forme la plus représentative,
cf. remarque ci-dessous.
→ Squelette : O N O
→ Liaisons multiples : si toutes les liaisons étaient simples, il faudrait huit doublets non-liants pour que les deux
atomes puissent satisfaire la règle de l’octet mais il n’en reste que six à attribuer. Il devrait donc y avoir deux
liaisons doubles. Comme il reste un électron célibataire, on peut anticiper que la multiplicité de la liaison sera
moindre : il n’y a qu’une seule liaison double au lieu de deux.
→ Répartition des doublets : 8 − 2 − 1 = 5 doublets non liants et 1 électron célibataire.

O N O

→ Charge formelle sur l’oxygène « de gauche » et ⊕ sur l’azote.



O N O

Une autre forme tout à fait acceptable (et qui peut même sembler plus représentative car sans charge
formelle) serait
O N O.
Des observations montrent cependant que le schéma de Lewis localisant l’électron célibataire sur
l’azote est plus proche de la réalité de la molécule. Évidemment, vous ne pouvez pas le deviner, et
les deux formes vous permettraient d’obtenir les points en concours.

. Peroxyde d’azote N2 O4 : la structure se déduit directement de celle de NO2 en reliant les deux électrons célibataires,

O N O

O N O

La molécule fait apparaître quatre charges formelles, ce qui est beaucoup, mais il n’y a pas d’autre solution pour
que tous les atomes respectent la règle de l’octet.
. Acide nitreux HNO2 :
→ Nombre d’électrons de valence : 1 + 5 + 2 × 6 = 18 soit 9 doublets ;
→ Méthode simple : a priori pas évident de savoir comment placer l’atome d’hydrogène, il faut faire des essais.
H O N O d’où H O N O

1.b NO et NO2 sont deux radicaux.

1.c De la même façon que pour le peroxyde d’azote, la représentation de Lewis de l’anhydride nitreux s’obtient en
reliant les deux électrons célibataires de NO et NO2 .

N O

O N O

2.a HNO3 + NH3 −−→ N2 O3 H4 .

2.b Aucune difficulté avec la méthode simple.

H N H

3 La méthode simple ne donne pas de solution immédiate, il faut donc utiliser l’algorithme général.

6/7 Étienne Thibierge, 27 octobre 2017, [Link]


Correction TD AM3 : Modèle de Lewis Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

. Nombre d’électrons de valence : 2 × 5 + 6 = 16 soit huit doublets ;


. Squelette : N N O;
. Liaisons multiples : si toutes les liaisons étaient simples, il faudrait 8 doublets non-liants pour que les trois atomes
puissent satisfaire la règle de l’octet, mais il n’en reste que six à attribuer. Il devrait donc y avoir deux liaisons
doubles ou une liaison triple.
. Répartition des doublets : 8 − 2 − 2 = 4 doublets non liants.
→ Essai avec deux liaisons doubles :
N N O
Charges formelles : sur l’azote de gauche et ⊕ sur l’azote central

N N O
→ Essai avec une liaison triple :
N N O
Charges formelles : sur l’azote de gauche et ⊕ sur l’azote central

N N O
L’oxygène étant plus électronégatif que l’azote, la forme avec la liaison triple est a priori plus représentative de la
structure de la molécule que celle avec les deux liaisons doubles.

Annale de concours
Exercice 5 : Monoxyde de carbone [écrit banque PT 2013]
1 Les règles ci-dessous concernent l’état fondamental des atomes.
. Principe d’exclusion de Pauli : deux électrons ne peuvent pas être dans le même état quantique, et donc dans
un même atome ne peuvent avoir leur quatre nombres quantiques deux à deux égaux ;
. Règle de Klechkovski : les sous-couches sont remplies par ordre croissant de la somme n + `, et si deux sous-
couches ont même n + `, elles sont remplies par ordre croissant de n ;
. Règle de Hund : si une sous-couche n’est pas complètement remplie, alors l’état fondamental est celui dans lequel
les électrons occupent le maximum d’orbitales atomiques, les spins des électrons non-appariés étant parallèles.
2 O : 1s2 2s2 2p4 et C : 1s2 2s2 2p2 .

3 Le carbone fait partie de la deuxième période de la classification et doit donc respecter la règle de l’octet.
Comme il compte quatre électrons de valence, il doit former quatre liaisons (ce qui est la définition de tétravalent)
pour être entouré d’un octet d’électron.
12 13
4 Les deux isotopes du carbone les plus répandus sont le carbone 12 6C et le carbone 13 6C.

5 D’après sa configuration électronique, l’oxygène se trouve dans la deuxième ligne de la classification périodique
et dans la quatrième colonne du bloc p, ce qui correspond à la seizième colonne (2 colonnes pour le bloc s puis 10
colonnes pour le bloc d).

6 L’élément situé juste sous l’oxygène dans la classification est le soufre. Les autres éléments de la colonne sont
le sélénium, le tellure et le polonium.
« Soufre » ne prend qu’un seul F !

7 C’est un exemple du cours ...


. Nombre d’électrons de valence : 4 + 6 = 10 soit 5 doublets
. Squelette : C O.
. Liaisons multiples : si toutes les liaisons étaient simples, il faudrait 3 + 3 = 6 doublets non-liants pour que tous les
atomes respectent la règle de l’octet, mais il n’en reste que quatre à attribuer. La liaison est donc triple.
. Répartition des doublets et attribution des charges formelles :

C O

8 L’électronégativité augmente de gauche à droite dans une ligne du tableau périodique, c’est à dire croît
lorsque le numéro atomique croît.

9 La formule proposée n’est pas en accord avec les électronégativités puisque χO > χC ... mais il n’est pas possible
de construire un schéma de Lewis respectant la règle de l’octet et l’électronégativité, c’est donc la règle de l’octet qui
s’impose.

7/7 Étienne Thibierge, 27 octobre 2017, [Link]


Architecture de la matière 4 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Interactions intermoléculaires
Exercices
Exercice 1 : Molécules polaires [♦♦]
Préciser la direction et le sens du moment dipolaire de chacun des édifices chimiques suivants. Pour schématiser
la géométrie de la molécule, seuls les doublets liants ont été représentés (représentation de Cram), en omettant les
éventuels doublets non liants et lacunes électroniques.
Données : électronégativités dans l’échelle de Pauling.

Élément H C N O F S Cl
χ 2,2 2,6 3,0 3,4 4,0 2,6 3,2

1 - OCS 2 - H2 S 3 - NO2+
O C S S O N O
H H
4 - CCl4 5 - NO2– 6 - NO2 F
Cl N O
O O
C N
Cl Cl
Cl O F

Exercice 2 : Solubilité et miscibilité [♦]


1 - Interpréter la différence de solubilité dans l’eau à température ambiante des trois composés gazeux.

Gaz CO2 SO2 NH3


s, en mol · L−1 3,8 · 10−2 1,77 31,1

S
O C O O O N
H H
H

2 - Interpréter la différence de miscibilité à l’eau à température ambiante des trois liquides.

Liquide Éthanol Anniline Benzène


Miscibilité Totale 36 g · L−1 Nulle

NH2

H3 C CH2 OH

1/2 Étienne Thibierge, 27 novembre 2017, [Link]


TD AM4 : Interactions intermoléculaires Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 3 : Isomères de position [♦]


Expliquer la différence de température d’ébullition sous 1 bar des deux isomères de position que sont l’hexane-
2,4-diol et l’hexane-2,6-diol.

OH OH OH OH

hexane-2,4-diol hexane-2,6-diol
Téb = 188 ◦C Téb = 238 ◦C

Annale de concours
Exercice 4 : Températures d’ébullition [écrit Centrale TSI, ♦]
Les températures d’ébullition sous 1 bar des composés hydrogénés des éléments des colonnes 14 et 17 de la
classification périodique sont données dans le tableau ci-dessous.
1 - La représentation de Cram de la molécule
de méthane est représentée ci-dessous.
H

C
H H
H
1.a - En déduire le moment dipolaire de la
molécule de méthane.
1.b - En déduire la géométrie et le moment
dipolaire des autres composés hydrogénés de la
colonne.
2 - Pourquoi les composés hydrogénés des élé-
ments de la colonne 14 ont-ils des températures
d’ébullition plus basses que celles des composés
hydrogénés des éléments de la colonne 17 ?
3 - Expliquer l’augmentation observée entre
HCl à HI.
4 - Proposer une explication à l’anomalie ob-
servée pour HF.

2/2 Étienne Thibierge, 27 novembre 2017, [Link]


Architecture de la matière 4 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Interactions intermoléculaires
Exercices
Exercice 1 : Molécules polaires
Les moments dipolaires des liaisons sont représentés en bleu, le moment dipolaire de la molécule est représenté
en rouge. Version couleur sur le site de la classe.

S
O C S O N O
#” H #”
µ
H
#” #”
µ µ = 0 par symétrie

Cl
O
#”
µ
C N
Cl Cl
Cl O #”
µ
O N
#” #” O F
µ = 0 par symétrie

Exercice 2 : Solubilité et miscibilité

1 L’eau est un solvant polaire et protique, qui dissout donc efficacement les composés ioniques, polaires, et capables
de former des liaisons hydrogène.
. La molécule de dioxyde de carbone est symétrique, et n’a donc pas de moment dipolaire permanent : elle est
apolaire. Elle est donc peu soluble dans l’eau.
. La molécule de dioxyde de soufre n’est pas symétrique, et possède un moment dipolaire permanent. En tant que
molécule polaire, elle est bien soluble dans l’eau.
. La molécule d’ammoniac NH3 est également une molécule polaire, mais en plus l’atome d’azote peut former
des liaisons hydrogène (il fait partie de la deuxième période et est très électronégatif). L’ammoniac est donc
extrêmement soluble dans l’eau.

2 L’eau est un solvant polaire et protique, à même de dissoudre les espèces chimiques qui présentent les mêmes
caractéristiques.
. L’éthanol possède un moment dipolaire permanent (liaison C−O), et son groupement alcool lui permet de former
des liaisons hydrogène, ce qui explique sa totale miscibilité à l’eau.
. Comme l’éthanol, l’anniline possède un moment dipolaire permanent (liaison C−N) et le groupement amine lui
permet de former des liaisons hydrogène. Cependant, le cycle aromatique est très peu polaire et constitue un
groupe hydrophobe. La miscibilité de l’anniline à l’eau n’est donc que partielle.
. Le benzène est une molécule symétrique et donc apolaire. Il est donc logique qu’elle ne soit pas soluble à l’eau.

Exercice 3 : Isomères de position


Dans l’hexan-2,4-diol, les deux groupements alcool sont suffisamment proches l’un de l’autre pour former des
liaisons hydrogène intra-moléculaires (à l’intérieur de la molécule). Ce n’est pas le cas dans l’hexan-2,6-diol. Ces
groupements sont alors moins disponibles pour former des liaisons hydrogène inter-moléculaires (entre molécules),
les molécules sont donc moins liées entre elles, l’énergie à fournir pour les séparer est plus faible, et finalement la
température d’ébullition de l’hexane-2,4-diol est plus faible que celle de l’hexane-2,6-diol.
Pour savoir quels groupements peuvent interagir dans une molécule, il faut se rappeler qu’une liaison
hydrogène est environ deux fois plus longue qu’une liaison covalente. Des groupements séparés de plus
de deux ou trois atomes dans la chaîne carbonée ne peuvent donc pas interagir entre eux.

1/2 Étienne Thibierge, 27 novembre 2017, [Link]


Correction TD AM4 : Interactions intermoléculaires Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Annale de concours
Exercice 4 : Températures d’ébullition [écrit Centrale TSI]
1.a Par symétrie, la molécule de méthane ne possède pas de moment dipolaire permanent.

1.b Tous les éléments d’une même colonne ont le même nombre d’électrons de valence. Par conséquent, leurs
composés hydrogénés ont tous la même structure, et en particulier leur géométrie est la même que celle de la
molécule de méthane en ne changeant que l’atome central. De même, tous les composés hydrogénés de la
colonne du carbone n’ont pas de moment dipolaire permanent.

2 Des interactions de London (dipôle induit–dipôle induit) existent dans les deux familles. Les éléments de la
famille des halogènes sont bien plus électronégatifs que l’hydrogène et les molécules ne sont pas symétriques. Tous
les composés de type H−X où X est un halogène ont donc un moment dipolaire permanent. Ainsi, des interactions
de Keesom (dipôle permanent–dipôle permanent) et de Debye (dipôle permanent–dipôle induit) existent entre les
composés hydrogénés de la colonne 17 alors qu’elles n’existent pas entre les composés hydrogénés de la colonne 14.
Ces interactions supplémentaires expliquent les différences de température d’ébullition.

3 La masse molaire de HI est plus élevée que celle de HCl, ce qui indique que la molécule est davantage polarisable.
Les interactions de London (dipôle induit-dipôle induit) entre molécules sont donc plus fortes dans le cas de l’iode
que dans le cas du chlore, ce qui explique la croissance observée.

4 L’atome de fluor appartient à la deuxième période et il est fortement électronégatif. Des liaisons hydrogène
peuvent donc se former entre molécules de HF, ce qui n’est pas possible dans les autres espèces chimiques. Comme ces
liaisons sont beaucoup plus fortes que les autres interactions faibles, elles expliquent la forte anomalie de température
d’ébullition observée pour HF.

2/2 Étienne Thibierge, 27 novembre 2017, [Link]


Architecture de la matière 5 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Solides cristallins

Exercices
Exercice 1 : Structure cristalline du niobium [♦♦]
Le niobium Nb, élément de numéro atomique Z = 41 et de masse molaire M = 92,0 g · mol−1 ,
cristallise à température ambiante dans la structure cubique centrée CC de paramètre de maille
a = 330 pm. Les atomes occupent les sommets et le centre d’une maille cubique, voir ci-contre.
1 - Déterminer la population N de la maille.
2 - Calculer la masse volumique ρ du niobium.
3 - Déterminer le rayon métallique R du niobium en précisant au préalable où a lieu le contact entre les atomes.
4 - Définir et calculer la compacité C de la structure cubique centrée.

Exercice 2 : Galène [♦♦]


L’élaboration du plomb par voie sèche repose sur l’extraction et l’exploitation d’un minerai appelé galène : le
sulfure de plomb PbS. Ce minerai cristallise selon une structure du type chlorure de sodium, où les cations Pb2+
occupent les sites octaédriques d’un réseau CFC d’anions S2– .
Données : MPb = 207,2 g · mol−1 ; MS = 32,1 g · mol−1 ; densité de la galène 7,62.
1 - Représenter la maille élémentaire de la galène.
2 - Déterminer la coordinence de chacun des ions de cette structure.
3 - Déterminer le paramètre de maille a de la structure.

Exercice 3 : Trioxyde de tungstène [♦]


Le trioxyde de tungstène WO3 solide est, en première approche, un solide ionique. Il présente une structure
cubique telle que les ions tungstène W6+ occupent les sommets de la maille et les ions oxyde O2– le milieu des arêtes.
On note a le paramètre de maille.
1 - Dessiner une maille et vérifier la stoëchiométrie du cristal.
2 - On admet une tangence anion-cation. Calculer la compacité du cristal WO3 .
3 - Le centre du cube et les centres des faces de la maille dessinée précédemment sont vides. Calculer le rayon maximal
d’un hétéroélément qui pourrait s’insérer dans ces sites sans déformation de la structure.
4 - On observe expérimentalement que les cations M + , où M peut être H, Li, Na ou K, peuvent s’insérer dans le
cristal et occupent tous le même type de site. En déduire de quel site il s’agit.

Espèce H+ Li+ Na+ K+ O2– W6+


Rayon ionique (pm) 10−5 78,0 98,0 133 132 62,0

Exercice 4 : Alliages du cuivre [♦]


Le cuivre peut être utilisé pur, notamment pour des applications exploitant sa haute conductivité électrique, ou
bien en alliage, tel que le laiton (alliage cuivre-zinc) et le bronze (alliage cuivre-étain).
Données :
. masse volumique du cuivre pur : ρCu = 8,96 · 103 kg · m−3 ;
. masses molaires : MCu = 63,5 g · mol−1 ; MAg = 108 g · mol−1 ; MZn = 65,4 g · mol−1 ;
. rayons métalliques : rCu = 128 pm ; rAg = 144 pm ; rZn = 134 pm.
1 - Le cuivre pur cristallise dans un réseau cubique faces centrées. Représenter la maille et déterminer sa population.
Déterminer le paramètre de maille a.

1/3 Étienne Thibierge, 11 décembre 2017, [Link]


TD AM5 : Solides cristallins Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Lorsqu’un atome a un rayon voisin de celui du cuivre, il peut former des alliages dits de substitution, où l’hété-
roatome remplace un ou plusieurs atomes de cuivre par maille.
2 - L’alliage Cu–Ag est utiliser pour augmenter la résistance à la température du matériau. Dans cette structure, les
atomes d’argent remplacent les atomes de cuivre aux sommets de la maille CFC.
2.a - Faire un schéma de la maille. Quelle est la stoëchiométrie de l’alliage ?
2.b - Déterminer le nouveau paramètre de maille a0 ainsi que la masse volumique ρ0 de l’alliage. Commenter.
3 - Le laiton, alliage Cu–Zn, est l’alliage le plus fabriqué. Il permet d’augmenter la résistance mécanique et la dureté
du cuivre, mais diminue la densité et la conductivité thermique. La structure du laiton peut être décrite par un
réseau cubique hôte d’atomes de cuivre avec un atome de zinc au centre du cube.
3.a - Faire un schéma de la maille. Quelle est la stoëchiométrie de l’alliage ?
3.b - Déterminer le nouveau paramètre de maille a00 ainsi que la masse volumique ρ00 de l’alliage.
4 - Les différences structurales induites par la substitution sont responsables d’une modification des propriétés de
conduction électrique et de résistance mécanique. Proposer une explication.

Exercice 5 : Solide ionique ou covalent ? [♦]


L’objectif de cet exercice est de déterminer lequel des modèles de liaison ionique ou covalente décrit le mieux
l’iodure cuivreux CuI. Les atomes d’iode y forment un réseau cubique faces centrées où les atomes de cuivre occupent
la moitié des sites tétraédriques en alternance. On mesure expérimentalement un paramètre de maille a = 615 pm.
Données :
. Électronégativités de Pauling : χ(I) = 2,66 et χ(Cu) = 1,90 ;
. Rayons ioniques : R(I− ) = 220 pm, R(Cu+ ) = 96 pm et R(Cu2+ ) = 73 pm ;
. Rayons covalents : R(I) = 133 pm et R(Cu) = 117 pm.
1 - Représenter la maille CFC et déterminer sa population. Rappeler la localisation des sites tétraédriques dans la
maille et en déduire leur nombre. Conclure quant à la stoëchiométrie du cristal.
2 - Donner la structure électronique de l’iode (Z = 53) et du cuivre (Z = 29). Le cuivre est une exception à la règle
de Klechkowski : contrairement à ce que prévoit cette règle, sa dernière sous-couche d est pleine.
Étudions dans un premier temps l’iodure cuivreux en supposant qu’il s’agit d’un solide ionique.
3 - Quels sont les ions monoatomiques les plus stables que ces deux éléments peuvent former ? Cela est-il cohérent
avec la stoëchiométrie du cristal ?
4 - Pour qu’un cristal ionique soit stable, il faut qu’il y ait davantage de contact entre ions de charge opposée qu’entre
ions de même charge. Montrer que pour que les cations et les anions puissent être en contact il faut que les rayons
ioniques soient tels que
R(Cu+ )
r
3

> − 1.
R(I ) 2
Compte tenu des valeurs numériques données en début d’énoncé, que peut-on en conclure ?
5 - Déterminer le paramètre de maille théorique ai de l’iodure cuivreux en fonction des rayons ioniques. Comparer
sa valeur à celle mesurée. Conclure.
Considérons maintenant que les liaisons sont de nature covalente au sein de l’iodure cuivreux.
6 - Déterminer sans calcul supplémentaire le paramètre de maille ac dans le modèle covalent. Conclure quant à la
nature des liaisons au sein du cristal.
7 - Pouvait-on anticiper ces résultats compte tenu des électronégativités des deux éléments ?

Annale de concours
Exercice 6 : Oxyde de zirconium solide [écrit PT 2015, ♦]
Les piles à combustible à oxyde solide permettent d’avoir en contact deux phases solide et gazeuse, ce qui supprime
les problèmes liés à la gestion de trois phases, notamment la corrosion. Les électrodes sont poreuses de façon à
permettre un transport rapide des gaz. Un matériau de choix pour l’électrolyte est l’oxyde de zirconium, appelé
zircone, stabilisé à l’yttrium.
1 - Le zirconium se situe dans la classification périodique (fournie en annexe du sujet original, à reprendre dans votre
cours AM2) dans la colonne du titane, directement en dessous de cet élément. Indiquer à quelle famille d’éléments
appartient le zirconium.
2 - Indiquer la configuration électronique fondamentale du titane et celle du zirconium.
3 - Énoncer les règles utilisées pour établir ces configurations électroniques.

2/3 Étienne Thibierge, 11 décembre 2017, [Link]


TD AM5 : Solides cristallins Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

La zircone peut être assimilée à un cristal ionique formé de cations Zr4+ et d’anions O2– assimilés à des sphères
dures de rayons respectifs r+ et r− . Les cations sont distribués aux nœuds d’un réseau cubique faces centrées cfc.
4 - Représenter la maille conventionnelle d’une structure de cations cfc. Indiquer le nombre de cations par maille.
5 - Donner sans démonstration la compacité d’une telle structure dans le cas d’une maille métallique. Commenter.
6 - Indiquer où se situent les sites tétraédriques de cette maille. Combien y en a-t-il ?
7 - Exprimer le rayon maximal r− de la particule sphérique pouvant s’insérer dans ces sites sans induire de déformation
en fonction de a, le paramètre de la maille et de r+ .
Les anions occupent tous les sites tétraédriques de la maille cfc formée par les cations.
8 - Déterminer le nombre d’anions contenus dans cette maille.
9 - Indiquer alors la formule de la zircone.
10 - Donner la coordinence des anions par rapport aux cations, et des cations par rapport aux anions.
11 - Exprimer la masse volumique de la zircone en fonction du paramètre de maille a, de la masse molaire MZr du
zirconium, de la masse molaire MO de l’oxygène et du nombre d’Avogadro.
La formule de l’oxyde d’yttrium est Y2 O3 .
12 - En déduire la charge du cation yttrium.
13 - Le dopage consiste à substituer dans la maille élémentaire de l’oxyde de zirconium une fraction molaire x des
cations Zr4+ par des cations yttrium. Expliquer pourquoi l’électroneutralité de la structure n’est alors pas respectée.
14 - Proposer une modification de la formule chimique impliquant le nombre y d’anions O2– présents dans la zircone
dopée à l’oxyde d’yttrium, au moyen de x, pour rétablir cette électroneutralité.

Résolution de problème
Pour aborder un exercice de type résolution de problème, il peut notamment être utile de faire un
schéma modèle, d’identifier et nommer les grandeurs pertinentes, d’utiliser l’analyse dimensionnelle,
de proposer des hypothèses simplificatrices, de décomposer le problème en des sous-problèmes simples,
etc. Le candidat peut également être amené à proposer des valeurs numériques raisonnables pour
les grandeurs manquantes ... et toutes les valeurs données ne sont pas forcément utiles. Le tout est
évidemment à adapter à la situation proposée !

Exercice 7 : Un glaçon qui coule ! ? [♦]


Expliquer pourquoi le glaçon d’eau deutérée D2 O coule au fond du verre. Des valeurs numériques sont attendues
en appui du raisonnement.
D est le deutérium, aussi noté 2H : c’est un isotope de l’hydrogène dont le noyau contient un neutron. La glace
ordinaire cristallise dans un réseau hexagonal compact 1 , dont la maille est représentée à droite. Il s’agit d’un prisme
à base losange de côté a = 452 pm et de hauteur c = 739 pm, dans laquelle γ = 2π/3.

H2 O(s)

H2 O(liq)

D2 O(s)

1. Pour la culture, il s’agit du réseau obtenu par empilement compact ABAB. C’est de là que vient la valeur de l’angle γ.

3/3 Étienne Thibierge, 11 décembre 2017, [Link]


TD AM5 : Solides cristallins Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4/3 Étienne Thibierge, 11 décembre 2017, [Link]


Architecture de la matière 5 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Solides cristallins

Exercices
Exercice 1 : Structure cristalline du niobium
1 Un atome sur un des sommets est partagé entre huit mailles et compte pour 1/8, l’atome central n’appartient
qu’à une seule maille, donc
1
N = 8 × + 1 = 2.
8

2 La masse d’un atome de niobium est égale à mNb = M/NA , la masse d’une maille vaut donc 2M/NA , d’où

2M
ρ= = 8,51 · 103 kg · m−3 .
NA a3

3 La distance entre atomes situés sur deux sommets vaut a, celle entre atomes situé sur un sommet et au centre

de la maille vaut a 3/2 < a : le contact a donc lieu le long de la grande diagonale du cube. Ainsi, en comptant
successivement les atomes,

√ 3
a 3 = R + 2R + R d’où R= a = 143 pm .
4

4 La compacité est la proportion du volume de la maille réellement occupé par la matière. Dans le cas de la
structure CC,
 √ 3 √
2 × 43 πR3 8π 3 π 3
C= = × d’où C= = 0,68 .
a3 3 4 8

Exercice 2 : Galène
1 Voir figure 1.

Figure 1 – Maille élémentaire de la galène. Les anions S2– sont représentés en vert, les cations Pb2+ en gris. Version
couleur sur le site de la classe.

2 Raisonnons d’abord sur un cation. Le plus simple pour la visualisation est de raisonner à partir du cation situé
au centre du cube. Ses plus proches voisins sont les anions situés au centre des six faces du cube, distants de a/2.
Les cations ont donc une coordinence 6.
Raisonnons maintenant sur un anion, en considérant par exemple celui situé au centre de la face avant de la maille
représentée. Ses plus proches voisins sont les cations situés au milieu des arêtes du cube, auquel il ne faut pas oublier

1/7 Étienne Thibierge, 11 décembre 2017, [Link]


Correction TD AM5 : Solides cristallins Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

d’ajouter le cation central de la maille représentée et le cation central de l’autre maille à laquelle appartient la face
considérée. On en déduit que les anions ont également une coordinence 6.

3 La population d’une maille CFC est de 4 (8 × 1/8 + 6 × 1/2), d’où on déduit la population en anions NS2− = 4,
et elle compte quatre sites octaédriques en propre (1 au centre et 1 au centre de chacune des 12 arêtes, ces arêtes
étant partagées entre 4 mailles). On en déduit la population en cations NPb2+ = 4. Ainsi, la masse volumique de la
galène vaut
 1/3
4MPb + 4MS 4(MPb + MS )
ρ= d’où a= = 596 pm .
NA a3 NA ρ

Exercice 3 : Trioxyde de tungstène


1 Voir figure 2. Cette maille compte 8 × 1/2 = 1 cation W6+ et 12 × 1/4 = 3 anions O2– . On retrouve bien la
stoëchiométrie WO3 .

Figure 2 – Maille élémentaire du trioxyde de tungstène. Les anions O2– sont représentés en rouge, les cations W6+
en bleu. Version couleur sur le site de la classe.

2 Le contact anion–cation se fait selon l’arête du cube, donc a = 2RW + 2RO = 388 pm. On en déduit alors la
compacité,
4 3 4 3
πRW + 3 × πRO
C= 3 3 = 0,51 .
(2RW + 2RO )3

3 Les anions O2– ont un rayon ionique supérieur aux cations W6+ , ce sont donc eux qui contraignent l’habitabilité
des sites. Pour loger un hétéroélément au centre d’une face, il faut que son rayon R soit tel que
a
2RO + 2R ≤ a soit R≤ − RO = 62 pm .
2
Pour loger un hétéroélément au centre du cube, la contrainte est imposée par les anions au centre de deux arêtes
opposées le long de la « diagonale » du cube. On en déduit

√ a 2
2RO + 2R ≤ a 2 soit R≤ − RO = 142 pm .
2

4 H+ pourrait s’insérer dans les deux types de sites, mais les autres cations alcalins ne peuvent s’insérer qu’au
centre du cube.

Exercice 4 : Alliages du cuivre


1 1
1 Voir cours : N = 8 × + 6 × = 4. Dans une maille CFC, il y a contact entre atomes le long de la diagonale
8 2
d’une face. Ainsi,
√ 4rCu
a 2 = 4rCu d’où a = √ = 361 pm
2

2.a Schéma à faire. La maille compte 8 × 1/8 = 1 atome d’argent et 6 × 1/2 = 3 atomes de cuivre, l’alliage est
donc Cu3 Ag.

2.b Le contact entre atomes a lieu le long de la diagonale d’une face, donc

a0 2 = 2rCu + 2rAg d’où a0 = 385 pm > a ,

2/7 Étienne Thibierge, 11 décembre 2017, [Link]


Correction TD AM5 : Solides cristallins Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

ce qui est logique puisque le rayon métallique de l’argent est supérieur à celui du cuivre. La masse volumique vaut

3MCu + MAg
ρ0 = = 8,71 · 103 kg · m−3 .
NA a0 3

3.a Voir figure 3. On compte 8 × 1/8 = 1 atome de cuivre par maille et 1 atome de zinc, ce qui donne bien la
stoëchiométrie CuZn annoncée.

Figure 3 – Maille élémentaire du laiton. Les atomes de cuivre sont représentés en gris, l’atome de zinc en rouge.
Version couleur sur le site de la classe.

3.b Le contact a lieu le long de la grande diagonale du cube, donc



a00 3 = 2rCu + 2rZn d’où a00 = 303 pm .

La masse volumique vaut


MCu + MZn
ρ00 = = 7,71 · 103 kg · m−3 .
NA a00 3

4 On constate à partir des résultats précédents que les mailles sont déformées dans les alliages, ce qui a un effet
sur la facilité de déplacement des électrons de conduction au sein du cristal, et donc un effet sur les propriétés de
conduction électrique. La présence d’hétéroéléments rend plus difficile le glissement des plans de cations les uns sur
les autres dans le matériau, ce qui explique la modification des propriétés mécaniques.

Exercice 5 : Solide ionique ou covalent ?


1 Voir cours. La maille CFC compte quatre atomes en propre. Les sites tétraédriques sont situés au centre de
chaque octant (cube huitième) de la maille : il y en a donc huit par maille. En conclusion, il y a dans le cristal autant
d’atomes (ou d’ions) iode (4) que d’atomes (ou d’ions) cuivre (0,5 × 8 = 4 aussi), la stoëchiométrie est bien CuI.

2 L’iode compte tellement d’électrons qu’il est incontournable de reproduire le diagramme en triangle ...
. I : 1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s2 3d10 4p6 5s2 4d10 5p5 .
. Cu : 1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s1 3d10 car l’énoncé indique qu’il s’agit d’une exception.
3 L’ion monoatomique le plus stable pour l’iode est celui qui lui donne une configuration externe en 5p6 , comme
le xénon qui le suit : c’est donc le bien connu I– . Pour le cuivre, l’ion le plus stable est celui qui lui permet de n’avoir
que des couches remplies, donc une configuration en 4s0 : c’est donc Cu+ .

4 Les ions Cu+ occupent les sites T du réseau CFC formé par les ions I– . Pour que la structure soit stable, il faut
qu’il y ait contact entre anion et cation, donc au sein des sites T , mais pas entre anions, qui sont les plus proches le
long de la diagonale d’une face. Le non-contact entre anions se traduit par

a 2 > 4R(I− ) .

Le contact entre anion et cation au sein du site T a lieu le long de la grande diagonale du cube octant (ou cube
huitième), voir figure 4. L’atome hôte du site se trouve au milieu de cette diagonale, donc une extrémité est occupée
par un atome
√ du réseau CFC. Rappelons aussi que ce cube octant a pour côté a/2 donc sa grande diagonale
mesure a 3/2. La condition de contact s’écrit
1 a√ 4 
R(I− ) + R(Cu+ ) = a = √ R(I− ) + R(Cu+ ) .

× 3 d’où
2 2 3

3/7 Étienne Thibierge, 11 décembre 2017, [Link]


Correction TD AM5 : Solides cristallins Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

a√
3
2

Figure 4 – Site T de la structure CFC. Le contact au sein d’un site T a lieu sur la grande diagonale du cube octant.
Les ions I– sont représentés en rouge et bleu, et un ion Cu+ est représenté en jaune. Version couleur sur le site de la
classe.

En remplaçant l’expression de a dans l’inégalité issue du non contact entre anions, on en déduit
√ r
4 2 − + − − + 3
R(I− )

√ R(I ) + R(Cu ) > 4R(I ) soit R(I ) + R(Cu ) >
3 2
ce qui conduit à
R(Cu+ )
r
3
> − 1.
R(I− ) 2

Autre approche possible : Calculer l’habitabilité RT du site T en supposant le réseau d’anions


compact, et dire qu’il y a contact anion-cation seulement si R(Cu+ ) > RT ... ce qui a aussi pour effet
de « faire gonfler » la maille et de perdre le contact entre anions, ce qui est favorable.

5 On vient de montrer qu’il y avait contact entre les anions et les cations au sein des sites T, dont on a exprimé
la taille en fonction du paramètre de maille. Ainsi,
1 ai √ 4 
R(I− ) + R(Cu+ ) = ai = √ R(I− ) + R(Cu+ ) = 730 pm .

× 3 d’où
2 2 3

Cette valeur est beaucoup plus grande que celle mesurée, d’environ 20 %. Cet écart est élevé, trop élevé pour que le
modèle de liaison ionique puisse être considéré comme satisfaisant.

6 Comme la structure est exactement la même que précédemment, et que les rayons covalents vérifient toujours
R(Cu)/R(I) > 0,225 (habitabilité du site T) alors le contact entre atomes se fait toujours sur la grande diagonale
des petits cubes huitièmes. En utilisant cette fois les rayons covalents, on déduit de la question précédente que
4
ac = √ [R(I) + R(Cu)] = 577 pm .
3

On trouve cette fois une valeur inférieure d’environ 7 % à la valeur mesurée. L’écart est plus faible, signe que le
modèle covalent décrit mieux les liaisons que le modèle ionique. Cependant, il ne peut pas non plus être considéré
comme parfaitement satisfaisant. Les liaisons dans le cristal sont des liaisons covalentes polarisées, qui présentent
des caractéristiques intermédiaires entre une liaison covalente et une liaison ionique.

7 La différence d’électronégativité entre l’iode et le cuivre est de l’ordre de 0,7, elle est donc trop faible pour que la
liaison soit purement ionique (limite usuelle à 1,5) et trop élevée pour que la liaison soit purement covalente (limite
usuelle à 0,5). Compte tenu de cette valeur, il est donc logique de trouver un comportement plutôt covalent, sans
que le modèle covalent ne soit pour autant parfaitement en accord avec l’expérience.

Annale de concours
Exercice 6 : Oxyde de zirconium solide [écrit PT 2015]
1 Le zirconium et le titane font partie du bloc d de la classification périodique, ce sont donc des métaux.

2 ZTi = 22, donc la configuration est 1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s2 3d2 .
ZZr = 40, donc la configuration est 1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s2 3d10 4p6 5s2 4d2 .

3 . Règle de Klechkowski : les niveaux d’énergie se remplissent par ordre de n + ` croissant, puis à n + ` égal par
ordre de n croissant.

4/7 Étienne Thibierge, 11 décembre 2017, [Link]


Correction TD AM5 : Solides cristallins Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

. Principe d’exclusion de Pauli : deux électrons d’un même atome ne peuvent pas avoir leur quatre nombres quan-
tiques identiques, ce qui a pour conséquence qu’une orbitale contient au plus deux électrons.
. Règle de Hund inutile quand on s’intéresse au remplissage des sous-couches plutôt que des OA.

4 Voir cours. Les six cations au centre des faces sont partagés entre deux mailles, et les huit cations aux sommets
sont partagés entre huit mailles, d’où
1 1
N =6× +8× donc N = 4 cations par maille.
2 8

5 La compacité de la structure est de 74 %, ce qui est la compacité maximale pour une structure de sphères
dures identiques.

6 Dans la structure CFC, les sites tétraédriques sont au centre des huit cubes d’arête a/2. Il y en a donc
évidemment huit par maille.

7 À la limite où l’anion occupe le site T sans déformer la structure de cations, le contact anion–cation se fait sur
la grande diagonale du petit cube d’arête a/2, voir figure 5, soit

+ 1 a √ a 3

r +r ≤ × × 3 d’où −
r ≤ − r+ .
2 2 4

a√
3
2

Figure 5 – Site T de la structure CFC. La contrainte sur l’habitabilité du site T est donnée par la tangence le long
de la diagonale du cube octant. Version couleur sur le site de la classe.

Les anions ont presque toujours un rayon ionique bien plus grand que les cations, et donc n’ont aucune
chance de loger dans un site T du réseau de cations. La question telle qu’elle est posée veut vous faire
refaire un calcul du cours mais n’a pas grand sens, puisqu’elle considère un cas qui ne se produit jamais
en pratique.

8 Les sites tétraédriques appartiennent en propre à la maille, il y a donc autant d’anions que de sites, c’est-à-dire
huit anions par maille.

9 On voit à partir des questions précédentes que la maille compte deux fois plus d’anions O2– que de cations Zr4+ .
La formule la plus simple qui convient est donc ZrO2 .
Pensez à vérifier que la formule proposée donne bien un cristal neutre : un solide ne peut pas être
chargé !

10 La coordinence est le nombre de plus proches voisins. Un anion est situé dans un site T, il a donc quatre plus
proches voisins : la coordinence des anions par rapport aux cations est de 4. Un cation au centre d’une face
(plus facile à voir) ou au sommet de la maille (sans doute moins facile mais équivalent) est entouré de huit cubes
d’arête a/2 dans lesquels se trouvent les sites T et donc les anions. On en déduit que la coordinence des anions
par rapport aux cations est de 8.

11 La masse volumique s’exprime à partir de la masse des atomes contenus dans la maille et de son volume,
4mZr + 8 mO 4MZr + 8 MO
ρ= soit ρ=
a3 NA a3

12 Comme l’oxygène se trouve toujours sous la forme d’anions O2– (c’est le cas dans tous les oxydes), on déduit
la charge z du cation yttrium par la neutralité de la structure,
2z + 3 × (−2) = 0 soit z = 3,

5/7 Étienne Thibierge, 11 décembre 2017, [Link]


Correction TD AM5 : Solides cristallins Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

le cation yttrium est donc Y3+ .

13 Si la substitution se fait le plus simplement possible, un cation Zr4+ est remplacé par un cation Y3+ : tout se
passe donc comme si le cristal avait perdu une charge +, c’est-à-dire qu’il s’est chargé négativement.

14 En fonction de x et y, la formule chimique de la structure s’écrit Yx Zr1−x Oy . La neutralité impose

x
3x + 4(1 − x) − 2y = 0 soit y =2− .
2

Ainsi, au cours du processus de substitution, certains sites tétraédriques de l’alliage se vident de leurs ions O2– pour
préserver la neutralité de la structure.
Un moyen efficace de vérifier le calcul est de contrôler que le cas x = 0 (pas de dopage) redonne
bien y = 2.

Résolution de problème
Exercice 7 : Un glaçon qui coule ! ?
Supposons que la glace d’eau H2 O et la glace d’eau deutérée D2 O cristallisent dans la même structure, avec les
mêmes paramètres de maille. Cela semble plutôt raisonnable, car la présence du neutron supplémentaire n’affecte
que le noyau et n’a donc pas d’impact sur les électrons et les liaisons. Le problème n’est alors pas très difficile au
niveau de la démarche : il suffit d’estimer les masses volumiques de la glace d’eau H2 O et celle de la glace d’eau
deutérée D2 O pour les comparer à celle de l’eau liquide.
Commençons par calculer le volume de la maille. L’aire du losange se déterminent à partir de la longueur de ses
diagonales. En raisonnant sur les triangles rectangles délimités par les traits pointillés, la petite diagonale a pour
longueur
γ π
d = 2a cos = 2a cos = a
2 3
même s’il faut bien admettre que cela ne se voit pas bien sur le dessin ! La longueur de la grande diagonale se déduit
du théorème de Pythagore,
2  2
D2 √

D d 3
+ = a2 d’où = a2 et D = a 3.
2 2 4 4

Pour déterminer l’aire du losange, rien ne vaut un dessin : elle est égale à la moitié de celle d’un rectangle dont les
côtés seraient d et D. On en déduit donc √
1 3 2
A= d×D = a .
2 2
Le volume de la maille s’obtient ensuite par V = A × c soit

3 2
V= a c = 1,3 · 10−28 m3 .
2

Calculons maintenant la masse de matière contenue dans une maille en dénombrant les molécules qui lui appar-
tiennent en propre. En se basant sur les atomes d’oxygène,
1 1
2 + 8 × +4 × = 4
N = |{z}
intérieur | {z } | {z 4}
8
sommets arêtes

Pour vérifier le résultat, on peut compter également les molécules à partir des atomes d’hydrogène,
 
1 1
N= 7 +4 ×  = 4
2 | {z 4}
 |{z}
intérieur
arêtes

Les deux décomptes sont bien cohérents, il y a donc quatre molécules qui appartiennent en propre à la maille. La
masse d’une molécule d’eau dépend de l’isotope de l’hydrogène qu’elle contient. Pour l’eau H2 O,

MH2 O 2MH + MO
mH2 O = = = 3,0 · 10−26 kg
NA NA

6/7 Étienne Thibierge, 11 décembre 2017, [Link]


Correction TD AM5 : Solides cristallins Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

(masses molaires à connaître). On en déduit alors la masse volumique du cristal d’eau H2 O,

N mH2 O
ρH2 O = = 9,2 · 103 kg · m−3 .
V
Pour estimer la masse molaire du deutérium, on peut raisonnablement considérer que la masse d’un proton est égale
à celle d’un neutron et négliger les électrons : on a alors MD = 2MH . Ainsi, la masse d’une maille d’eau deutérée
vaut
2 × 2MH + MO
mD2 O = = 3,3 · 10−26 kg
NA
et donc la masse volumique du cristal d’eau deutérée est égale à

ρD2 O = 1,02 · 103 kg · m−3 .

Finalement, les masses volumiques des deux solides et celle de l’eau liquide s’ordonnent selon

ρH2 Os < ρliq < ρD2 Os ,

ce qui permet d’expliquer la position des différents glaçons.

7/7 Étienne Thibierge, 11 décembre 2017, [Link]


Transformations chimiques 1 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Cinétique chimique

Exercices
Exercice 1 : Analyse de courbes [♦♦]
On simule numériquement des réactions du type A + B −−→ produits. La concentration initiale en espèce A vaut
toujours [A]0 = 1,0 mol · L−1 . Elle est « mesurée » en continu au cours de la réaction, et donne lieu aux courbes
ci-dessous. Que peut-on dire sur l’ordre de la réaction dans les différents cas ?

1 - B est le solvant. 2 - [B]0 = [A]0 .

[A](t), en mol · L−1


−2.200 1.00
−2.725 0.75
ln v

−3.250 0.50
−3.775 0.25
−4.300 0.00
−1.10 −0.55 0.00 0 2 4 6 8 10
ln[A](t) t, en minutes
−1
3 - [B]0 = 20 mol · L 4 - B est le solvant.
1/[A](t), en L · mol−1
1/[A](t), en L · mol−1

3.300
169.2
127.1 2.725
85.1 2.150
43.0 1.575
1.0 1.000

0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
t, en minutes t, en minutes
5 - [B]0 = [A]0 . 6 - Un système extérieur impose [B] constante.
−2.300 0.0
−2.675 −0.9
ln[A](t)
ln v

−3.050 −1.8
−3.425 −2.7
−3.800 −3.6
−0.8 −0.4 0.0 0 2 4 6 8 10
ln[A](t) t, en minutes

Exercice 2 : Calcul d’une énergie d’activation [♦♦]


Calculer l’énergie d’activation d’une réaction dont la vitesse double lorsque la température à laquelle elle est
réalisée passe de 300 K à 400 K, toutes choses égales par ailleurs.

Exercice 3 : Décomposition du peroxodisulfate [♦]


Les ions peroxodisulfate S2 O2–
8 sont instables en solution aqueuse car ils oxydent lentement l’eau en dioxygène en
formant des ions sulfates SO2–
4 , ce qui a pour effet d’acidifier la solution. On cherche à savoir combien de temps une
telle solution peut être conservée dans une pièce de stockage à 25 ◦C d’un laboratoire sans que sa concentration ne
soit trop altérée.
Pour étudier la cinétique de la réaction, on suit l’évolution d’une solution de peroxydisulfate de sodium Na2 S2 O8
de concentration initiale C0 = 10,0 mmol · L−1 . Ce suivi se fait en mesurant la pression dans un réacteur fermé de
volume fixé. Le tableau ci-dessous donne la concentration C en ions S2 O82– , calculée à partir des mesures de pression,
pour une manipulation réalisée à 80 ◦C.

1/4 Étienne Thibierge, 1er février 2018, [Link]


TD TC1 : Cinétique chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

t (min) 0 50 100 150 200 250


C (mmol · L−1 ) 10,0 7,80 6,05 4,72 3,68 2,86

Par ailleurs, des expériences complémentaires ont permis de déterminer que l’énergie d’activation de la réaction
vaut Ea = 140 kJ · mol−1 .
Donnée : constante des gaz parfaits R = 8,31 J · mol−1 · K−1 .
1 - Écrire l’équation de réaction traduisant l’instabilité des ions peroxodisulfate. Pourquoi est-il judicieux de faire le
suivi cinétique par mesure de pression ?
2 - Quel est l’intérêt de mener l’étude expérimentale à 80 ◦C alors que la pièce de stockage n’est qu’à 25 ◦C ?
3 - Montrer que les résultats obtenus par le suivi temporel sont compatibles avec une cinétique d’ordre 1 par rapport
aux ions peroxodisulfate. Déterminer la constante de vitesse à cette température.
4 - Pendant combien de temps peut-on conserver cette solution sans que sa concentration ne varie de plus de 1% ?
5 - Qu’en est-il si l’on souhaite maintenant conserver une solution dix fois plus concentrée ?

Exercice 4 : Hydrolyse du saccharose [♦]


Cet exercice s’intéresse à la réaction dite d’inversion du saccharose dans une solution tampon à pH = 5,0. Cette
solution tampon permet à la concentration en ions H3 O+ de demeurer constante au cours de la transformation. La
réaction d’inversion est décrite par l’équation

S(aq) + H3 O+ −−→
(aq) ←−− G(aq) + F(aq) ,

S étant le saccharose, G le glucose et F le fructose. On mesure par polarimétrie la concentration du saccharose au


cours du temps. Les résultats sont représentés dans le tableau ci-dessous.

t (min) 0 100 250 500 750 1000


[S] (mol · L−1 ) 0,400 0,345 0,280 0,195 0,140 0,100

1 - En expliquant avec précision la démarche choisie et en utilisant une représentation graphique, montrer que la
réaction est d’ordre 1 par rapport à S.
2 - Déterminer la valeur de la constante de vitesse apparente kapp en précisant son unité.
3 - Définir le temps de demi-réaction t1/2 et déterminer sa valeur dans ces conditions.
Cette réaction est maintenant réalisée dans une autre solution tampon à pH = 3,8, et on mesure de nouveau
l’évolution de la concentration en saccharose en fonction du temps. Les résultats obtenus dans ces nouvelles conditions
0
donnent une constante vitesse apparente kapp = 2,22 · 10−2 min−1 .
4 - En déduire l’ordre partiel de la réaction d’hydrolyse du saccharose par rapport aux ions oxonium H3 O+ .
5 - Déterminer alors la valeur de la constante de vitesse k de cette réaction, et préciser son unité.

Exercice 5 : Scintigraphie de la thyroide [♦]


Une transformation nucléaire de désintégration spontanée suit une loi cinétique d’ordre 1, de constante de vitesse λ
appelée constante de désintégration.
L’iode 123 est un radioisotope de l’iode se désintégrant avec une demi-vie de 13,2 heures. C’est un émetteur de
rayons gamma utilisé comme traceur en imagerie médicale, en particulier pour analyser la structure de la thyroïde
d’un patient par scintigraphie. En effet, les cellules thyroïdiennes sont des capteurs d’iode. Notons N0 le nombre
d’atomes d’iode 123 injectés à un patient pour son examen à l’instant t = 0. Au bout d’un temps t > 0 ce nombre
n’est plus que de N (t) < N0 sous l’effet des désintégrations.
1 - Exprimer la vitesse de désintégration, et déduire de la loi de vitesse une équation différentielle vérifiée par N (t).
2 - Résoudre cette équation différentielle par séparation des variables pour montrer que le nombre de noyaux présents
dans la thyroïde du patient à l’instant t vaut N (t) = N0 e−λt .
3 - En la reliant au temps de demi-vie, calculer numériquement la constante radioactive λ.
4 - Un examen par scintigraphie à l’iode dure environ deux heures. De combien a varié la quantité de radioisotope
capturée par la tyroïde du patient au cours de l’examen ?
5 - Au bout de combien de temps 99 % des radioisotopes injectés à l’occasion de l’examen se sont-ils désintégrés ?

2/4 Étienne Thibierge, 1er février 2018, [Link]


TD TC1 : Cinétique chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Annales de concours
Exercice 6 : Décomposition de l’éthanal [oral CCP, ♦]
On étudie la décomposition de l’éthanal CH3 CHO en CH4 et CO. Tous les composés sont gazeux.
On place n0 moles d’éthanal seul dans une enceinte fermée, indéformable, de volume V à la température T . À
l’instant initial, la pression dans l’enceinte est p0 .
1 - Nommer les espèces et écrire l’équation de réaction.
2 - Construire le tableau d’avancement à l’instant t en fonction de l’avancement ξ(t).
3 - Montrer que l’on peut suivre l’avancement par la mesure d’une seule grandeur physique.
p(t) − p0
On constate expérimentalement que la fonction F (t) = − est proportionnelle à t.
p(t) − 2p0
4 - Montrer qu’une réaction d’ordre 2 est compatible avec ces résultats.
5 - Calculer le temps de demi-réaction.
6 - Même question pour un volume 2V .

Exercice 7 : Détermination d’ordres initiaux [écrit e3a PSI 2016, ♦]


On considère la transformation modélisée par l’équation bilan ci-dessous, qui est une des nombreuses transforma-
tions se déroulant dans les gaz d’échappement des moteurs à explosion. Toutes les espèces sont à l’état gazeux.

NO2 + CO −−→ NO + CO2

On souhaite étudier la cinétique de la transformation. Dans ce but, on réalise plusieurs expériences à différentes
concentrations initiales et on mesure la vitesse initiale v0 de la réaction. Les résultats sont reportés figure 1.
Déterminer les ordres partiels initiaux par rapport à chacun des réactifs. Évaluer numériquement la constante de
vitesse.

Expérience [NO2 ]0 (mol · L−1 ) [CO]0 (mol · L−1 ) v0 (mol · L−1 · s−1 )
1 0,1 0,1 0,5 · 10−2
2 0,1 0,4 8 · 10−2
3 0,2 0,1 0,5 · 10−2

Figure 1 – Tableau récapitulatif des résultats des différentes expériences.

Exercice 8 : Décoloration de l’érythrosine B [écrit banque PT 2016, ♦♦]


L’érythrosine B (E127) est un colorant azoïque apparenté à l’éosine et utilisé pour colorer les aliments ou pour
teinter les préparations microscopiques et les médicaments. L’ensemble des manipulations est réalisé à 298 K.
On prépare dans quatre béchers les solutions listées figure 2 à partir d’une solution d’hypochlorite de sodium
de concentration C = 0,80 mol · L−1 . À chacune de ces solutions, on ajoute à un instant pris comme origine des
temps 10,0 mL d’une solution aqueuse d’érythrosine B (E127) de concentration 8,4 · 10−6 mol · L−1 . La concentration
initiale en érythrosine B après mélange vaut donc [E127]0 = 2,8 · 10−6 mol · L−1 .

Solution no 1 2 3 4
Solution d’hypochlorite (mL) 3,0 6,0 9,0 12,0
Eau distillée (mL) 17,0 14,0 11,0 8,0

Figure 2 – Tableau récapitulatif des solutions préparées.

On suit alors l’évolution temporelle de l’absorbance à 530 nm, longueur d’onde à laquelle on considère que seul le
colorant azoïque absorbe. La décoloration de la solution est due à la réaction supposée totale d’équation

E127 + ClO−
(aq) −−→ produits incolores .

Connaissant le coefficient d’absorption molaire de l’érythrosine B ε = 8,2 · 10−4 L · mol−1 · cm−1 à cette longueur
d’onde, on détermine l’évolution temporelle de la concentration en érythrosine B.
On suppose que la loi de vitesse s’écrit sous la forme

v = k[E127]α [ClO− ]β .

3/4 Étienne Thibierge, 1er février 2018, [Link]


TD TC1 : Cinétique chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

1 - En comparant les concentrations initiales de réactifs, proposer une expression simplifiée de la loi de vitesse. On
note kapp la constante de vitesse apparente.
2 - Dans l’hypothèse où α = 1, écrire l’équation différentielle régissant l’évolution temporelle de la concentration en
érythrosine B et donner sa solution.
3 - Dans l’hypothèse où α = 2, écrire l’équation différentielle régissant l’évolution temporelle de la concentration en
érythrosine B et donner sa solution.
4 - À partir des deux courbes de la figure 3, obtenues pour la solution 1, déterminer la valeur probable de α. En
déduire la valeur de la constante de vitesse apparente kapp,1 à 298 K en précisant l’unité choisie.

Figure 3 – Suivi cinétique de la décoloration de l’érythrosine. Courbes obtenues à partir de la solution 1.

On exploite de même les résultats des manipulations 1 à 4, voir figure 4.

Solution no 1 2 3 4
[ClO− ]0 (mol · L−1 ) 0,0800 0,160 0,240 0,320
kapp (unité SI) ? 4,40 · 10−3 6,60 · 10−3 8,80 · 10−3

Figure 4 – Tableau récapitulatif des manipulations réalisées.

Pour une manipulation analogue correspondant à une concentration initiale en ions hypochlorite [ClO− ]0 égale à
0,100 mol · L−1 , la constante de vitesse apparente exprimée en unité SI serait égale à 2,75 · 10−3 .
5 - Déterminer la valeur de l’ordre partiel β et la valeur de la constante de vitesse k à 298 K en précisant l’unité
choisie.

4/4 Étienne Thibierge, 1er février 2018, [Link]


Transformations chimiques 1 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Cinétique chimique

Exercices
Exercice 1 : Analyse de courbes
L’analyse des courbes se fait en se posant les questions suivantes :
. Les conditions expérimentales peuvent-elles donner accès à un ordre global ou partiel ?
. À quelle méthode correspond le tracé ? Que peut-on en déduire ?
. S’il s’agit de la méthode intégrale, quel ordre est testé par ce tracé ?
. Les données peuvent-elles être décrites par une droite ?
. Qu’en conclut-on ?
1 Il y a dégénérescence de l’ordre par rapport à B : on peut donc mesurer un éventuel ordre partiel par rapport
à A. La courbe tracée permet de déterminer cet ordre, quel qu’il soit (méthode différentielle). Les données ne sont
pas compatibles avec une modélisation linéaire, donc la réaction n’admet pas d’ordre partiel par rapport à
A, donc pas d’ordre global, mais peut potentiellement admettre un ordre partiel par rapport à B.

2 Les conditions initiales sont stoëchiométriques : on peut alors accéder à un éventuel ordre global. La courbe
tracée correspond à un test de l’ordre 0 par la méthode intégrale. Les données sont très bien modélisables par une
droite, donc la réaction admet un ordre global 0, et donc un ordre partiel 0 par rapport à chaque réactif.
Ce cas théorique est très improbable en pratique !

3 Comme [B]0  [A]0 , il y a dégénérescence de l’ordre par rapport à B : on peut donc accéder à un ordre partiel
par rapport à A. La courbe tracée correspond à un test de l’ordre 2 par la méthode intégrale. Les données ne sont
pas modélisables par une droite, donc si la réaction admet un ordre par rapport à A, alors cet ordre n’est
pas 2.
Attention : cette seule courbe ne permet pas de dire que la réaction n’admet pas d’ordre par rapport
à A, mais seulement d’être sûr que ce n’est pas 2. En l’occurence, la simulation est faite avec une
réaction d’ordre 1.

4 Il y a dégénérescence de l’ordre par rapport à B : on peut donc mesurer un éventuel ordre partiel par rapport
à A. La courbe tracée correspond à un test de l’ordre 2 par la méthode intégrale. Les données sont bien modélisables
par une droite : la réaction admet un ordre partiel 2 par rapport à A. En revanche, on ne peut rien dire
sur l’ordre partiel par rapport à B, ni sur l’ordre total.

5 Les conditions initiales sont stoëchiométriques : on peut alors accéder à un éventuel ordre global. La courbe
tracée permet de déterminer cet ordre, quel qu’il soit (méthode différentielle). Les données sont bien décrites par une
modélisation linéaire, donc la réaction admet un ordre global donné par la pente de la courbe, qui vaut
ici 3/2. Par contre, on ne peut rien dire sur les ordres partiels.

6 Les conditions sont telles qu’il y a dégénérescence de l’ordre par rapport à B : on peut donc accéder à un éventuel
ordre partiel par rapport à A. La courbe tracée correspond à un test de l’ordre 1 par la méthode intégrale. Les données
ne peuvent pas être décrites par une modélisation linéaire : si la réaction admet un ordre par rapport à A,
alors cet ordre n’est pas 1.
Attention : cette seule courbe ne permet pas de dire que la réaction n’admet pas d’ordre par rapport
à A, mais seulement d’être sûr que ce n’est pas 1. En l’occurence, la simulation est faite avec une
réaction d’ordre 3/2.

Exercice 2 : Calcul d’une énergie d’activation


La vitesse double alors que seule la température est modifiée : c’est donc la constante de vitesse qui a doublé,
passant de k à T = 300 K à k 0 à T 0 = 400 K. Ainsi, d’après la loi d’Arrhénius,
0
k0 A e−Ea /RT
  
Ea 1 1
= = exp − − .
k A e−Ea /RT R T0 T

1/7 Étienne Thibierge, 1er février 2018, [Link]


Correction TD TC1 : Cinétique chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

L’énergie d’activation s’obtient en prenant le logarithme,

k0 T T0
 
Ea 1 1
− − = ln = ln 2 d’où Ea = −R ln 2 = 6,91 kJ · mol−1 .
R T0 T k T − T0

Exercice 3 : Décomposition du peroxodisulfate


1 L’équation bilan de la transformation est

2−
2 S2 O2− +
8(aq) + 2 H2 O(liq) = 4 SO4(aq) + 4 H(aq) + O2(g) .

Les mesures de pression sont adaptées au suivi cinétique de cette réaction car elle se fait en dégageant un seul
gaz et sans en consommer. La pression peut donc facilement être reliée à l’avancement de la réaction.

2 Augmenter la température permet d’augmenter la vitesse de réaction, et donc de mener l’étude plus rapide-
ment.

3 Vérifions l’hypothèse d’ordre 1 par la méthode intégrale. La réaction a lieu en solution : l’eau est donc le solvant,
et il y a nécessairement dégénérescence de l’ordre par rapport à l’eau.
1 dC
= −
v |{z} = kC
2 dt |{z}
BM LV

Attention à ne pas oublier le nombre stoëchiométrique !

Séparons les variables,


ˆ C(t) ˆ t
dC dC
= −2 k dt d’où = −2k dt et ln C(t) − ln C0 = −2kt
C C0 C 0

Ainsi, si la réaction est bien d’ordre 1, alors la courbe représentant ln C en fonction de t est une droite de pente −k.
Pour vérifier la compatibilité avec les données, il faut calculer (avec sa calculette !) les différentes valeurs de ln C
et les représenter sur un graphe, voir figure 5. On en déduit que les résultats expérimentaux sont compatibles
avec une cinétique d’ordre 1. La constante de vitesse se déduit directement de la pente, qu’on lit graphiquement 1

k = 2,50 · 10−3 min−1 .

Attention à ne pas oublier qu’une constante de vitesse a une unité ! Elle dépend de l’ordre de la réaction,
et se déduit de la loi de vitesse.

2.4
2.2
2.0
1.8
ln(c)

1.6
1.4
1.2
1.0
0 50 100 150 200 250
t, en minutes
Figure 5 – Méthode intégrale appliquée à la décomposition du peroxodisulfate. La droite de modélisation a pour
équation y = −5,00 · 10−3 x + 2,30.

4 La conservation se fait à T0 = 25 ◦C et non pas T = 80 ◦C. Il faut donc commencer par déduire des mesures
précédentes la constante de vitesse k0 à 25 ◦C, ce qui se fait par l’intermédiaire de la loi d’Arrhénius,
A e−Ea /RT0
  
k0 Ea 1 1
= d’où k0 = k exp − − = 7,54 · 10−7 min−1 .
k A e−Ea /RT R T0 T

1. On peut également réaliser une régression linéaire à la calculatrice.

2/7 Étienne Thibierge, 1er février 2018, [Link]


Correction TD TC1 : Cinétique chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Attention, les températures doivent être exprimées en kelvin dans la loi d’Arrhénius.

On cherche le temps t1 au bout duquel la variation de concentration atteint 1 %, c’est-à-dire tel que C(t1 ) =
0,99 C0 . On déduit de la question précédente que

1
ln(0,99 C0 ) − ln C0 = −2k0 t1 soit t1 = − ln 0,99 = 6,7 · 103 min = 4,6 jours .
k0

Pour que la concentration soit stable à 1 % près, il faut que la solution soit utilisée dans les quatre
jours qui suivent sa préparation.

5 La durée de vie de la solution ne dépend pas de sa concentration initiale : quelle que soit cette concentration
initiale, la solution est stable à 1 % près pendant un peu plus de quatre jours.

Exercice 4 : Hydrolyse du saccharose


1 Vérifions l’hyptohèse d’ordre 1 par la méthode intégrale. La réaction a lieu en milieu tamponné, c’est-à-dire de
pH fixé. La concentrations en ions H+ est ainsi maintenue constante : on est dans un cas de dégénérescence de l’ordre
par rapport aux ions H+ .
d[S]
= −
v |{z} = kapp [S]
dt |{z}
BM LV

Par séparation des variables,


ˆ [S](t) ˆ t
d[S] d[S]
= −kapp dt soit = −kapp dt et ln[S](t) − ln[S]0 = −kapp t
[S] [S]0 [S] 0

c’est-à-dire que la courbe représentant ln[S] en fonction de t est une droite de pente −kapp . La courbe obtenue à
partir des données de l’énoncé est représentée ci-dessous, figure 6. Celle-ci pouvant être modélisée par une droite, on
en déduit que les résultats expérimentaux sont compatibles avec une cinétique d’ordre 1.

−0.8
−1.0
−1.2
−1.4
ln[S]

−1.6
−1.8
−2.0
−2.2
−2.4
0 200 400 600 800 1000
t, en minutes
Figure 6 – Méthode intégrale appliquée à l’hydrolyse du saccharose. La droite de modélisation a pour équation y =
−1,39 · 10−3 x − 0,925.

2 La constante de vitesse apparente se déduit directement de la pente,

kapp = 1,39 · 10−3 min−1 .

Attention à ne pas oublier qu’une constante de vitesse a une unité ! Elle dépend de l’ordre de la réaction,
et se déduit de la loi de vitesse.

3 Le temps de demi-réaction est le temps au bout duquel la moitié du réactif limitant a été consommé. Sans aller
plus loin dans la résolution, on peut estimer à partir des données de l’énoncé qu’il est de l’ordre de 500 min.

4 En supposant que la réaction admet un ordre partiel α par rapport aux ions H3 O+ , la loi de vitesse s’écrit sous
la forme
v = k [H3 O+ ]α [S] .
La constante de vitesse apparente mesurée dans les expériences précédentes vaut donc

kapp = k [H3 O+ ]α = k 10−α pH

3/7 Étienne Thibierge, 1er février 2018, [Link]


Correction TD TC1 : Cinétique chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Ainsi,
kapp 0 kapp
0
= 10−α(pH−pH ) soit − α(pH − pH0 ) = log 0
kapp kapp
où log est la fonction logarithme décimal. On en déduit

1 kapp
α= log 0 = 1 .
pH0 − pH kapp

5 La constante de vitesse k se détermine à partir de l’expression de la constante apparente,

k = kapp 10+α pH = 1,45 · 102 L · mol−1 · s−1 .

L’unité se détermine à partir de l’homogénéité de la loi de vitesse, sachant qu’une vitesse de réaction en solution
s’exprime en mol · L−1 · s−1 .

Exercice 5 : Scintigraphie de la thyroide


1 La notion de concentration en noyaux radioactifs n’est pas pertinente ici : on exprime donc la vitesse directement
à partir du nombre de noyaux. La vitesse de désintégration est une vitesse de disparition, qui s’écrit donc

dN
v=− .
dt
Comme la désintégration obéit à une loi cinétique d’ordre 1 de constante de vitesse λ, alors la vitesse vaut
v = λN .
En effet, il s’agit de désintégration spontanée donc il n’y a pas d’autre « réactif » et le nombre de noyaux intervient
à la puissance 1 par définition de l’ordre. On en déduit alors l’équation différentielle cherchée,

dN
= −λ N .
dt

2 Réécrivons l’équation différentielle en séparant les variables,


dN
= −λ dt ,
N
et procédons à l’intégration entre l’instant initial (t = 0, N = N0 ) et l’instant courant (t quelconque, N = N (t)),
ˆ N (t) ˆ t
dN N (t)
= −λ dt . d’où ln N (t) − ln N0 = −λ(t − 0) soit ln = −λ t .
N0 N 0 N0
En prenant l’exponentielle de cette dernière relation, on arrive à
N (t)
= e−λt d’où N (t) = N0 e−λt .
N0

3 Le temps de demi-vie t1/2 est l’analogue du temps de demi-réaction. Ainsi,


N0 1
N (t1/2 ) = N0 e−λt1/2 = soit e−λt1/2 = .
2 2
Le logarithme de cette relation donne

1 ln 2
−λt1/2 = ln = − ln 2 d’où λ= = 5,25 · 10−2 h−1 .
2 t1/2

4 Cherchons la proportion de noyaux restants au bout de la durée d’examen tex = 2 h, c’est-à-dire la quan-
tité N (tex )/N0 . D’après la loi de désintégration,

N (tex )
= e−λtex = 0,90
N0

4/7 Étienne Thibierge, 1er février 2018, [Link]


Correction TD TC1 : Cinétique chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Ainsi, 10 % des noyaux se désintègrent au cours de l’examen.

5 Cherchons le temps t99 au bout duquel 99 % des noyaux se sont désintégrés, c’est-à-dire N (t99 )/N0 = 0,01.
Prendre le logarithme de la loi de désintégration conduit à

N (t99 ) 1 N (t99 )
−λ t99 = ln d’où t99 = − ln = 87,7 h = 3,65 jours .
N0 λ N0

Annales de concours
Exercice 6 : Décomposition de l’éthanal [oral CCP]
1 CH4 est le méthane, CO le monoxyde de carbone. L’équation de réaction est

CH3 CHO(g) → CH4(g) + CO .

CH3 CHO → CH4 + CO


t=0 n0 0 0
t qcq n0 − ξ ξ ξ

3 La quantité totale de gaz ngaz dans le milieu réactionnel vaut

ngaz = nCH3 CHO + nCH4 + nCO = n0 + ξ .

Elle varie donc au cours de la transformation, ce qui permet d’envisager un suivi par mesure de pression. D’après la
loi des gaz parfaits,
ngaz RT (n0 + ξ)RT RT
p= = = p0 + ξ.
V V V
Comme toutes les grandeurs sont connues hormis ξ, mesurer la pression p dans l’enceinte permet de suivre l’avance-
ment de la réaction.

4 Supposons la réaction d’ordre 2 :

d[CH3 CHO]
= −
v |{z} = k[CH3 CHO]2 .
dt |{z}
BM LV

Séparons les variables,


d[CH3 CHO]
= −k dt ,
[CH3 CHO]2
puis intégrons entre t = 0, où [CH3 CHO] = n0 /V , et t, où [CH3 CHO] = (n0 − ξ)/V ,
ˆ (n0 −ξ)/V ˆ t
d[CH3 CHO] V V
= −k dt donc − + = −kt
n0 /V [CH3 CHO]2 0 n0 − ξ n0

Cette relation peut se réécrire


V (−n0 + n0 − ξ) −ξ n0 kt
= −kt soit =− .
n0 (n0 − ξ) n0 − ξ V
Or à l’instant intial
p0 V
n0 =
RT
et la pression à l’instant t s’écrit
ξRT V
p = p0 + donc ξ= (p − p0 ) .
V RT
ce qui permet de remplacer
p − p0 n0 kt
− =−
−p + 2p0 V

5/7 Étienne Thibierge, 1er février 2018, [Link]


Correction TD TC1 : Cinétique chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

ou encore
p − p0 n0 kt
−= .
p − 2p0 V
On y reconnaît l’expression de la fonction F , qui est bien proportionnelle au temps : l’hypothèse d’ordre 2 est
compatible avec les résultats expérimentaux.

5 L’éthanal est évidemment limitant donc ξmax = n0 /2. Ainsi,


n0 3 3
ngaz (t1/2 ) = n0 + = n0 d’où p(t1/2 ) = p0 .
2 2 2
On en déduit
3 1
V 2 p0 − p0 V 2 p0 V
t1/2 =− =− et t1/2 = .
n0 k 3 n0 k 1 n0 k
p0 − 2p0 − p0
2 2

6 Si la transformation est réalisée dans un volume V 0 = 2V , alors

t01/2 = 2t1/2 .

Exercice 7 : Détermination d’ordres initiaux [écrit e3a PSI 2016]


Si la réaction admet un ordre initial, alors la vitesse initiale s’écrit sous la forme
v0 = k[NO2 ]0α [CO]0β .
Il est implicitement supposé que la température est la même dans les trois expériences, donc la constante de vitesse
ne change pas.
Entre les expériences 1 et 3, [CO]0 est gardée constante et [NO2 ]0 varie. La vitesse initiale ne change pas. On en
déduit qu’elle ne dépend pas de [NO2 ]0 , donc que α = 0.
Entre les expériences 1 et 2, [NO2 ]0 est gardée constante. Ainsi,
α β β
k[NO2 ]0,2 [CO]0,2

v0,2 [CO]0,2
= =
v0,1 α [CO] β
k[NO2 ]0,1 [CO]0,1
0,1

On a alors
v0,2 [CO]0,2
ln = β ln
v0,1 [CO]0,1
soit
v0,2
ln
v0,1 ln 16 2 ln 4
β= = = = 2.
[CO]0,2 ln 4 ln 4
ln
[CO]0,1
Il reste maintenant à déterminer la constante de vitesse k, ce qui se fait sans peine, par exemple à partir de
l’expérience 1,
v0,1 −1
2
v0,1 = k[NO2 ]0,1 soit k= 2 = 0,5 L · mol · s−1 .
[NO2 ]0,1

Finalement, la loi de vitesse initiale s’écrit

v0 = k[NO2 ]02 avec k = 0,5 L · mol−1 · s−1 .

Exercice 8 : Décoloration de l’érythrosine B [écrit banque PT 2016]


Extrait du rapport du jury : « En cinétique, l’écriture des équations différentielles régissant l’évo-
lution des concentrations a été inégalement traitée, de nombreux candidats ne sachant pas résoudre
les équations différentielles. Le jury invite les candidats à analyser les résultats obtenus (homogénéité,
conditions limites, ...). Dans les copies où les expressions temporelles des concentrations ont été établies,
l’analyse des résultats expérimentaux pour trouver les ordres partiels a souvent été menée à bien. »

1 La solution la moins concentré en hypochlorite est la solution 1. Après dilution, sa concentration initiale vaut
Vcomm C C
[ClO− ]0,1 = = = 8,0 · 10−2 mol · L−1 .
V1 10

6/7 Étienne Thibierge, 1er février 2018, [Link]


Correction TD TC1 : Cinétique chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Cette concentration est très supérieure à [E127]0 : on peut supposer pour toutes les solutions [ClO− ](t) ' [ClO− ]0 .
La loi de vitesse devient
v ' kapp [E127]α avec kapp = k [ClO− ]0β .

2 Si α = 1, la vitesse de réaction s’écrit

d[E127]
= −
v |{z} = kapp [E127] .
dt |{z}
BM LV

Procédons par séparation de variables pour la résoudre,


ˆ [E127](t) ˆ t
d[E127] d[E127] [E127](t)
= −kapp dt , donc = −kapp dt et ln = −kapp t
[E127] [E127]0 [E127] 0 [E127]0
ou encore
[E127](t) = [E127]0 e−kapp t .

3 De même, si α = 2
d[E127]
− = kapp [E127]2 .
dt
Par séparation des variables,
ˆ [E127](t) ˆ t
d[E127] d[E127] 1 1
= −kapp dt , d’où = −kapp dt et − + = −kapp t .
[E127]2 [E127]0 [E127]2 0 [E127](t) [E127]0

4 Si α = 1, alors la courbe représentant ln ([E127](t)/[E127]0 ) en fonction du temps est une droite. De même,
si α = 2 alors c’est la courbe qui représente 1/[E127](t) qui est une droite. On observe sur la figure que la deuxième
courbe présente une courbure nette et n’est pas linéaire. Au contraire, la première courbe semble compatible avec
un modèle linéaire. Même si cela ne veut rien dire, le jury attend du candidat qu’il dise que cette impression est
renforcée par les valeurs de R2 . On en déduit que α vaut probablement 1. La constante de vitesse est donnée par
la pente, à savoir
kapp = 2,20 · 10−3 s−1 .

5 On note dans le tableau récapitulatif que kapp = k[ClO− ]0β est proportionnelle à [ClO− ]0 . On en déduit que β
est égal à 1. Pour le calcul numérique de k, on utilise bien sûr le résultat complémentaire : pour [ClO− ]0 =
0,100 mol · L−1 , kapp = 2,75 · 10−3 s−1 , donc

k = 2,75 · 10−2 L · mol−1 · s−1 .

7/7 Étienne Thibierge, 1er février 2018, [Link]


Transformations chimiques 2 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Introduction à l’équilibre chimique

Exercices
Exercice 1 : Manipulation de constantes d’équilibre [♦♦]
On donne les constantes d’équilibre associées aux transformations suivantes :

(1) Ag+ – −−→ K1◦ = 1012


(aq) + Br(aq) ←−− AgBr(s)
(2) + –
Ag(aq) + 2CN(aq) −−→
←−− Ag(CN)–2(aq) K2◦ = 1021
(3) 2Ag+ −−→ 2 Ag(s) + 2H3 O+ K3◦ = 1027
(aq) + H2(g) + 2H2 O ←−− (aq)

En déduire les constantes d’équilibre des réactions

(A) AgBr(s) + 2CN–(aq) −


←−
−→
− Ag(CN)2(aq)– + Br–(aq) KA◦

(B) 2Ag(s) + 2Br–(aq) + 2H3 O+ −−


←−→
− 2AgBr(s) + H2(g) + 2H2 O KB◦
(aq)

Exercice 2 : Équilibre en solution aqueuse [♦♦]


Considérons un système de volume 20 mL évoluant selon la réaction d’équation bilan

CH3 COOH(aq) + F−(aq) = CH3 COO−(aq) + HF(aq) .

Sa constante d’équilibre à 25 ◦C vaut K ◦ = 10−1,60 = 2,5 · 10−2 .


Déterminer le sens d’évolution du système et l’avancement à l’équilibre en partant des deux situations initiales
suivantes.
1 - [CH3 COOH]i = [F− ]i = c = 0,1 mol · L−1 mais [CH3 COO− ]i = [HF]i = 0.
2 - [CH3 COOH]i = [F− ]i = [CH3 COO− ]i = [HF]i = c = 0,1 mol · L−1 .

Exercice 3 : Pentachlorure de phosophore [♦]


Le pentachlorure de phosphore PCl5 est un composé très toxique, servant de réactif en synthèse organique pour
ajouter des atomes de chlore à une chaîne carbonée. Mis en phase gazeuse, il se décompose spontanément en trichlorure
de phosphore et en dichlore, donnant naissance à un équilibre en phase gazeuse.
Considérons un réacteur fermé de volume constant V = 2 L maintenu à température constante T = 180 ◦C. À cette
température, la constante thermodynamique de l’équilibre précédemment cité vaut K ◦ = 8. On y met n0 = 0,5 mol
de PCl5 .
1 - Écrire l’équation de réaction modélisant le processus dans le réacteur.
2 - Construire le tableau d’avancement relatif à cette réaction.
3 - Exprimer les pressions partielles des gaz en fonction de n0 , de l’avancement ξ et de la pression initiale p0 .
4 - Calculer le coefficient de dissociation à l’équilibre α = ξéq /n0 . Que représente-t-il physiquement ?
5 - Calculer la pression régnant dans le réacteur à l’équilibre.

Exercice 4 : Production industrielle de chaux vive [♦]


La chaux vive, solide blanc de formule CaO, est un des produits de chimie industrielle les plus communs. Utilisée
depuis l’Antiquité, notamment dans le domaine de la construction, elle est aujourd’hui utilisée comme intermédiaire
en métallurgie. Elle est obtenue industriellement par dissociation thermique du calcaire CaCO3 dans un four à T =
1100 K. On modélise cette transformation par la réaction

CaCO3(s) = CaO(s) + CO2(g)

1/3 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


TD TC2 : Introduction à l’équilibre chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

La constante d’équilibre de cette réaction vaut K = 0,358 à 1100 K.


1 - Dans un récipient de volume V = 10 L préalablement vide, on introduit 10 mmol de calcaire à température
constante T = 1100 K. Déterminer le sens d’évolution. Quels sont les états finaux possibles ?
2 - Supposons que l’état final est un état d’équilibre. Déterminer la quantité de matière de calcaire qui devrait avoir
réagi. Conclure.
3 - Quelle quantité maximale de calcaire peut-on transformer en chaux dans ces conditions ?

Exercice 5 : Combustion du soufre [♦]


On introduit dans un creuset à combustion une masse m = 0,30 g de fleur de soufre (soufre pur solide se présentant
sous forme d’une poudre jaune). On enflamme le soufre avec un bec bunsen et on place immédiatement le creuset
dans un flacon de volume V = 1,0 L contenant de l’air sous pression initialement de P = 1,0 bar. On referme herméti-
quement le flacon. On observe alors une combustion lente du soufre dans l’air avec une flamme bleue caractéristique.
On modélise cette transformation par une réaction chimique d’équation bilan

S(s) + O2(g) = SO2(g) .

On rappelle que l’air est un mélange constitué de 80 % de diazote et 20 % d’oxygène. Les pourcentages corres-
pondent aux fractions molaires. Bien qu’étant présent dans le flacon, le diazote n’est ni un réactif ni un produit de
la transformation.
Même si la température augmente légèrement pendant la combustion avant de redescendre ensuite, on admet
pour simplifier qu’elle est toujours voisine de T = 25 ◦C. À cette température, la constante d’équilibre de la réaction
de combustion vaut K ◦ = 4 · 1052 .
Données :
. masses molaires MO = 16,0 g · mol−1 et MS = 32,1 g · mol−1 ;
. constante des gaz parfaits R = 8,31 J · mol−1 · K−1 .
1 - Calculer les quantités de matière initiales de soufre, de dioxygène et de diazote contenues dans le flacon.
2 - Construire le tableau d’avancement de la réaction. Identifier le réactif limitant. La réaction peut-elle être totale
ou est-elle forcément équilibrée ?
3 - Que peut-on dire de la quantité de matière totale de gaz au cours de la transformation ? Qu’en déduit-on pour
la pression ?
4 - Déterminer la composition finale du système : masse restante de soufre et pression partielle des différents gaz.

Annale de concours
Exercice 6 : Formation de SiC par CVD [écrit Centrale TSI 2016, ♦]

Document 1 :
La face optique des miroirs des instruments spatiaux peut être revêtue de SiC par dépôt chimique en phase vapeur
(ou CVD pour l’anglais « chemical vapor deposition ») afin de masquer toute porosité résiduelle et obtenir ainsi une
surface polissable parfaite.
Le dépôt chimique en phase vapeur (CVD) est un procédé utilisé pour produire des matériaux solides de grande
pureté et sous forme de couches minces. Dans ce procédé, un solide inerte servant de support est exposé à un ou
plusieurs composés chimiques en phase gazeuse qui se décomposent à sa surface pour former le matériau désiré.
Généralement, plusieurs réactions se produisent conjointement, les produits des réactions indésirables étant évacués
par un flux gazeux traversant en continu la chambre réactionnelle.
De nombreux composés chimiques sont utilisés pour produire des films minces de SiC. Parmi ceux-ci, le méthyl-
trichlorosilane MTS CH3 SiCl3 est très souvent choisi. La réaction se déroule sur un solide en graphite, à température
élevée et sous pression réduite. Elle se déroule dans un courant de dihydrogène et, d’un point de vue microscopique, en
deux étapes : une décomposition du MTS en présence de dihydrogène pour former des produits intermédiaires gazeux
suivie d’une réaction entre ceux-ci pour former le carbure de silicium solide. La transformation peut être modélisée par
l’équation bilan globale
CH3 SiCl3(g) = SiC(s) + 3 HCl(g) .

2/3 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


TD TC2 : Introduction à l’équilibre chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

On étudie dans cette partie la réaction présentée dans le document 1 à température T1 = 870 K, où sa constante
thermodynamique d’équilibre vaut K ◦ (T1 ) = 10. On considère une enceinte vide, thermostatée à la température T1 ,
dans laquelle on introduit une quantité n = 1,0 mol de MTS. La pression p dans l’enceinte est maintenue constante.
1 - Exprimer le quotient réactionnel Qr de la réaction en fonction des pressions partielles des espèces gazeuses
présentes dans le milieu réactionnel et de la pression standard P ◦ .
Le taux de décomposition α du MTS est défini par le quotient de la quantité de MTS ayant réagi sur la quantité
initiale de MTS introduite.
2 - Exprimer les pressions partielles des différentes espèces gazeuses présentes en fonction de p et α.
3 - En déduire une équation dont la résolution donne la valeur αéq à l’équilibre. La résolution, non demandée,
donne αéq = 0,80.
4 - En déduire la quantité de matière de carbure de silicium solide formée.

3/3 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


TD TC2 : Introduction à l’équilibre chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4/3 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


Transformations chimiques 2 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Introduction à l’équilibre chimique

Exercices
Exercice 1 : Manipulation de constantes d’équilibre
Pour identifier les combinaisons linéaires de réaction impliquées, repérer les espèces chimiques qui
n’interviennent que dans une seule des réactions de référence. Ici, il s’agit par exemple de H2(g) ou
Ag(CN)–2(aq) , mais surement pas de Ag+
(aq) qui intervient dans chacune des réactions.

La réaction (A) est combinaison linéaire de la réaction inverse de (1) et de la réaction (2), où les nombres
stoëchiométriques sont les mêmes. Ainsi,
◦ K◦
KA = 2◦ = 109 .
K1

La réaction (B) est combinaison linéaire de la réaction inverse de (3) et de la réaction (1) dont les nombres
stoëchiométriques sont doublés. Ainsi,
(K1◦ )2
KB◦ = = 10−3 .
K3◦

Exercice 2 : Équilibre en solution aqueuse


1 En assimilant activité et concentration, le quotient réactionnel à l’état initial vaut

[CH3 COO− ]i [HF]i


Qr,i = = 0 < K◦
[CH3 COOH]i [F− ]i
La réaction va donc avoir lieu dans le sens direct.
Effectuons maintenant un bilan de matière. Comme toutes les espèces chimiques sont en solution, on peut le faire
directement en termes de concentration : les quantités de matière y sont toutes proportionnelles au facteur de volume
près.

CH3 COOH + F– = CH3 COO– + HF


état initial c c 0 0
état d’équilibre c − xéq c − xéq xéq xéq

À l’équilibre, en vertu de la loi d’action des masses,


2
[CH3 COO− ]éq [HF]éq xéq
Qr,éq = = = K◦
[CH3 COOH]éq [F− ]éq (c − xéq )2
ce qui donne

xéq √ √ K◦
= K◦ soit xéq = K◦ (c − xéq ) d’où xéq = √ c = 1,4 · 10−2 mol · L−1
c − xéq 1 + K◦

On note que xéq > 0, ce qui confirme que la réaction se fait dans le sens direct.

2 En assimilant activité et concentration, le quotient réactionnel à l’état initial vaut

[CH3 COO− ]i [HF]i c2


Qr,i = = = 1 > K◦
[CH3 COOH]i [F− ]i c2
La réaction va donc avoir lieu dans le sens inverse.
Effectuons maintenant un bilan de matière. Comme toutes les espèces chimiques sont en solution, on peut le faire
directement en termes de concentration : les quantités de matière y sont toutes proportionnelles au facteur de volume
près.

1/5 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


Correction TD TC2 : Introduction à l’équilibre chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

CH3 COOH + F– = CH3 COO– + HF


état initial c c c c
état d’équilibre c − xéq c − xéq c + xéq c + xéq

À l’équilibre, en vertu de la loi d’action des masses,


[CH3 COO− ]éq [HF]éq (c + xéq )2
Qr,éq = −
= = K◦
[CH3 COOH]éq [F ]éq (c − xéq )2
ce qui donne
c + xéq √ √  √  √ 
= K◦ soit c + xéq = K ◦ (c − xéq ) d’où 1 + K ◦ xéq = c K◦ − 1
c − xéq
et enfin

K◦ − 1
xéq =√ c = −7,3 · 10−2 mol · L−1
K◦ + 1
On note que xéq < 0, ce qui confirme que la réaction se fait dans le sens inverse.

Exercice 3 : Pentachlorure de phosophore


1 PCl5(g) −
←−
−→
− PCl3(g) + Cl2(g)
La formule des espèces chimiques mises en jeu se trouve à partir de leur nom ! Il ne faut pas oublier de
préciser les états physiques dans l’équation bilan.
L’énoncé indique qu’il s’agit d’un équilibre, autorisant le symbole −
←−
−→
− . Si rien n’était précisé, il aurait
fallu se contenter du symbole =.

2 Comme tous les réactifs et produits sont en phase gazeuse, le tableau d’avancement peut s’écrire indifféremment
en termes de pression partielle ou de quantité de matière, mais pas d’écriture en concentrations possible.

PCl5 = PCl3 + Cl2


état initial n0 0 0
état quelconque n0 − ξ ξ ξ
état d’équilibre n0 − ξéq ξéq ξéq

3 Déterminons d’abord la pression totale Ptot dans l’enceinte. D’après la question précédente, la quantité de matière
totale de gaz est égale à n0 + ξ, d’où
(n0 + ξ)RT
Ptot = .
V
La pression initiale vaut quant à elle
n0 RT
P0 =
V
On en déduit
RT P0 n0 + ξ
= d’où Ptot = P0
V n0 n0
Ainsi,
 
n0 − ξ n0 − ξ ξ
pPCl5 = Ptot soit pPCl5 = P0 = 1 − P0
n0 + ξ n0 n0
et de même
ξ
pPCl3 = pCl2 = P0 .
n0

4 Le coefficient de dissociation représente la proportion de réactif ayant effectivement réagi.


D’après la loi d’action des masses, les activités à l’équilibre aéq
i sont telles que

aéq éq
PCl × aCl péq éq
PCl × pCl
3 2
= 3 2
= K◦ .
aéq
PCl péq
PCl
5 5

2/5 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


Correction TD TC2 : Introduction à l’équilibre chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

On omet souvent de préciser la pression standard p◦ lors du passage des activités aux pressions partielles,
ce qui donne (fictivement) une écriture inhomogène ... c’est ce qu’il faut faire en général, mais nous
verrons que dans le cas présent il sera nécessaire de réintroduire la pression standard.

Remarquons que l’écriture des pressions partielles à la question précédente permet de faire directement apparaître le
coefficient de dissociation. La loi d’action des masses s’écrit alors
α2 p02 α2 p0

= = K◦
(1 − α)p0 p 1 − α p◦

Attention, bien qu’elle s’appelle aussi « P zéro », il n’est pas question de simplifier la pression initiale !
Il faut même prendre soin de rajouter la pression standard pour que l’écriture soit homogène.

On en déduit une équation du second degré portant sur α,


p0 2
α + K◦ α − K◦ = 0
p◦
Cette équation admet deux solutions, mais comme 0 ≤ α ≤ 1, seule celle avec le signe + est pertinente. Ainsi,
q
−K ◦ + K ◦ 2 + 4 pp◦0 K ◦
α= = 0,59
2 pp◦0

où la résolution numérique demande de calculer la pression intiale p0 = 9,4 bar à l’aide de la loi des gaz parfaits.

5 La pression totale régnant dans le réacteur à l’équilibre est la somme des pressions partielles à l’équilibre. On
déduit de la question 3 et de la définition de α

péq = (1 + α) p0 = 15,0 bar .

Exercice 4 : Production industrielle de chaux vive


1 Comme on ne part que de calcaire, la réaction ne peut avoir lieu que dans le sens direct. Pour le
« confirmer », calculons le quotient réactionnel Q. Les deux solides étant purs, leur activité vaut 1, et le quotient
réactionnel est égal à l’activité en CO2 . Comme il s’agit d’un gaz parfait pur sa pression partielle est égale à la
pression totale p dans l’enceinte, d’où
p
Q= avec p = 0 dans l’état initial, d’où Q0 = 0 < K.
p◦
Au cours de la réaction, du CO2 est produit et Q augmente pour se rapprocher de K. Deux situations sont possibles :
. si le dernier grain de calcaire disparaît, Q n’a pas atteint K et la transformation s’arrête : la dissociation est
rigoureusement totale ;
. s’il y a suffisamment de calcaire alors la transformation s’arrête lorsque Q = K, l’état final est un état d’équilibre.
2 Supposons l’équilibre atteint. Dans ce cas, la pression à l’équilibre vaut péq = K p◦ , ce qui signifie d’après
l’équation d’état des gaz parfaits que la quantité de matière de CO2 produite par la réaction, égale à l’avancement à
l’équilibre (se montre avec un tableau d’avancement), vaut
V K p◦
ξéq = = 39 mmol .
RT

L L L Attention ! Dans l’équation d’état des gaz parfaits, les volumes s’expriment en m3 et les pressions
en Pa.
Or le même bilan de matière montre que l’avancement maximal de la réaction ξmax est égal à la quantité de
matière initiale en calcaire, soit 10 mmol. On trouve donc ξéq > ξmax , ce qui est impossible, puisque cela voudrait
dire qu’il reste une quantité de matière négative en réactif limitant. Il y a donc contradiction, l’hypothèse est fausse :
l’état d’équilibre ne peut pas être atteint et la réaction est rigoureusement totale. Dans l’état final, le
système ne contient plus du tout de CaCO3 , mais contient ξmax = 10 mmol de CaO solide et ξmax = 10 mmol de CO2
gazeux.

3 Pour toute quantité de matière de calcaire n0 < n la réaction est totale. En revanche, si n0 > n alors l’équilibre
chimique est atteint lorsque l’avancement est égal à n et l’excès de calcaire ne se transformera pas, quelle que soit sa
quantité. Ainsi, la quantité de matière de calcaire maximale qui puisse être transformée est n = 39 mmol.

3/5 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


Correction TD TC2 : Introduction à l’équilibre chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 5 : Combustion du soufre


1 Quantité de matière initiale de soufre solide :
m
nS (0) = = 9,4 mmol .
MS

Pour calculer les quantités de matière de chacun des gaz, on commence par calculer la quantité de matière totale en
gaz avec la loi des gaz parfaits et on utilise ensuite les fractions molaires données pour calculer la quantité de matière
de chaque gaz. Ainsi, d’après la loi des gaz parfaits,
PV 1,0 · 105 × 1,0 · 10−3
ngaz (0) = = = 40 mmol
RT 8,3 × (273 + 25)

L L L Attention ! aux unités avec la loi des gaz parfaits : pression en Pa et volume en m3 .

On en déduit alors
nO2 (0) = xO2 ngaz (0) = 8,1 mmol et nN2 (0) = xN2 ngaz (0) = 32 mmol .

2 La réaction a lieu en milieu hétérogène (présence de solide et de gaz) : le tableau d’avancement doit impérativement
être construit en quantité de matière.

S + O2 = SO2
état initial t = 0 nS (0) nO2 (0) 0
état intermédiaire t qcq nS (0) − ξ(t) nO2 (0) − ξ(t) ξ(t)

Comme les nombres stœchiométriques sont égaux, le réactif limitant est celui qui est apporté en plus petite quantité
de matière initiale : il s’agit du dioxygène. Comme c’est un gaz, alors la réaction est forcément équilibrée ...
mais compte tenu de la valeur de la constante d’équilibre, on pourra malgré tout la considérer quasi-totale.

3 À un instant t quelconque, la quantité de matière totale de gaz vaut


ngaz (t) = nN2 (t) + nO2 (t) + nSO2 (t)
 
= nN2 (0) + nO2 (0) − ξ(t) + ξ(t)
= nN2 (0) + nO2 (0)
ce qui conduit finalement à
ngaz (t) = ngaz (0)
La quantité de matière de gaz est constante tout au long de la réaction : lorsque ξ moles de O2 sont consommées, ξ
moles de SO2 sont produites. D’après la loi des gaz parfaits, on en déduit que la pression est constante tout au
long de la transformation.

4 Comme K ◦  104 alors la réaction est quantitative. On pourra donc calculer toutes les quantités de matière
comme si elle était totale, sauf celle du réactif limitant qui devra être calculée à partir de la loi d’action des masses.
Du bilan de matière on déduit ξmax = nO2 (0) = 8,1 mmol. Ainsi, à l’état final

nS,f = nS (0) − ξmax d’où mS,f = (nS (0) − ξmax ) × MS = 40,6 mg .

On en déduit de même la quantité de matière et la pression partielle en dioxyde de soufre en utilisant le fait que ngaz
et P sont constants tout au long de la réaction,

ξmax
nSO2 ,f = ξmax d’où pSO2 ,f = P = 0,20 bar
ngaz

Enfin, d’après la loi d’action des masses,


pSO2 ,f
p◦ ◦
pSO2 ,f
pO2 ,f = K d’où pO2 ,f = = 5 · 10−54 bar
1× ◦ K◦
p
ce qui est bien absolument négligeable devant pSO2 ,f et légitime l’approximation de réaction quasi-totale.

4/5 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


Correction TD TC2 : Introduction à l’équilibre chimique Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

On peut même se poser des questions sur le sens de ces chiffres : la quantité de matière de O2 restant
dans le flacon à la fin de la combustion serait de 2 · 10−55 mol ... et compte tenu de la valeur du nombre
d’Avogadro cela fait moins que 1/1022 atome ! Avant de croire cette valeur, il faudrait remettre en cause
toutes les autres hypothèses, et en particulier celle de flacon hermétique.

Pour terminer, on n’oublie pas non plus de rappeler la pression partielle en diazote même si elle ne change pas
au cours de la réaction,
pN2 = xN2 P = 0,80 bar .

Annale de concours
Exercice 6 : Formation de SiC par CVD [écrit Centrale TSI 2016]

1 Compte tenu des expressions des activités,


p 3
HCl
1× 3
pHCl
Qr = P◦ d’où Qr = .
pMTS pMTS P ◦2
P◦

2 Commençons par un bilan de matière.

CH3 SiCl3 = SiC + 3 HCl


état initial n 0 0
état quelconque n−ξ ξ 3ξ

Le taux de décomposition s’exprime alors par α = ξéq /n. On en déduit les quantités de matière en fonction de α,

nMTS = (1 − α)n et nHCl = 3αn ,

puis enfin les pressions partielles, en utilisant le lien aux fractions molaires :

nMTS 1−α
pMTS = p pMTS = p
nMTS + nHCl 1 + 2α
nHCl soit
pHCl = p 3α
nMTS + nHCl pHCl = p
1 + 2α

3 D’après la loi d’action des masses,

3
27αéq p2
Qr,éq = K ◦ soit = K ◦ (T1 ) .
(1 + 2αéq )2 (1 − αéq ) P ◦2

Résoudre numériquement cette équation (qui n’est autre qu’un polynôme) donne accès à la valeur de αéq .

4 Compte tenu du bilan de matière,


nSiC,éq = αéq n = 0,80 mol .

5/5 Étienne Thibierge, 16 mars 2018, [Link]


Transformations chimiques 3 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Transformations acido-basiques

Exercices
Exercice 1 : Courbes de distribution [♦♦]
Les courbes de distribution des différentes formes acido-basiques du diacide sulfureux H2 SO3 sont représentées
figure 1.

100
Pourcentage

80
60
40
20
0
0 2 4 6 8 10 12 14
pH
Figure 1 – Diagramme de distribution de l’acide sulfureux.

1 - Attribuer les courbes aux différentes formes acido-basiques en justifiant.


2 - Déterminer les pKa des couples successifs du diacide sulfureux.
3 - Construire le diagramme de prédominance associé.
4 - On considère une solution de pH = 2.5 telle que la concentration totale en espèces soufrées soit égale à c0 =
2,0 · 10−3 mol · L−1 . Déterminer les concentrations des différentes formes par lecture des courbes de distribution.

Exercice 2 : Équilibres acido-basiques de l’acide tartrique [♦]


L’acide tartrique est un diacide fréquemment rencontré dans des denrées alimentaires d’origine végétale. On le
note symboliquement H2 T dans cet exercice.
On considère une solution alimentaire contenant 7,5 % en masse d’acide tartrique, en équilibre chimique sous ses
différentes formes acido-basiques. Le pH de la solution est égal à 4,0. On approxime la masse volumique de la solution
à celle de l’eau.
Données :
. pKa 1 (H2 T/HT− ) = 3,0 et pKa 2 (HT− /T2− ) = 4,4 ;
. Masse molaire M = 150 g · mol−1 .
1 - Calculer la concentration molaire totale C en acide tartrique de la solution.
2 - Construire le diagramme de prédominance de l’acide tartrique. En déduire que l’on peut approximer C '
[HT− ] + [T2− ] dans la solution étudiée.
3 - Calculer la concentration molaire des différentes formes acido-basiques.

Exercice 3 : Mesure de la constante d’acidité d’un indicateur coloré [♦]


1 - À partir du spectre d’absorption de la forme acide notée HIn du bleu de bromothymol, on détermine la
longueur d’onde correspondant à son maximum d’absorption λ1 = 430 nm. On détermine de même la longueur
d’onde λ2 = 620 nm correspondant au maximum d’absorption de la forme basique In– . Quelle est la couleur d’une
solution contenant uniquement HIn ? d’une solution contenant uniquement In– ?
2 - Quelle est la couleur d’une solution de BBT dans sa zone de virage ?
3 - Rappeler la loi de Beer-Lambert en précisant la signification des différents termes. Quelles sont les conditions de
validité de cette loi ?

1/2 Étienne Thibierge, 5 mars 2018, [Link]


TD TC3 : Transformations acido-basiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

On mesure l’absorbance pour la longueur d’onde λ1 de trois solutions contenant du BBT à une même concentration
totale c :
. en milieu fortement acide on mesure A1 = 0,196 ;
. en milieu fortement basique on mesure A2 = 0,076 ;
. pour une solution S à pH = 7,1 on mesure AS = 0,140.
4 - Montrer que le rapport des concentrations en forme acide et basique dans le solution S peut s’écrire

[In− ]S A1 − AS
= .
[HIn]S AS − A2

5 - En déduire la valeur du pKa du couple HIn/In– .

Exercice 4 : Mise en solution du sulfure d’ammonium [♦]


On introduit n = 1,0 mmol de sulfure d’ammonium solide (NH4 )2 S(s) dans V = 100 mL d’eau. On admet que le
sulfure d’ammonium se dissocie complètement dès qu’il est mis en solution.
Données : pKa 1 (NH4+ /NH3 ) = 9,2 et pKa 2 (HS− /S2− ) = 13,0.
1 - Représenter le diagramme de prédominance des deux couples.
2 - En déduire que la solution de sulfure d’ammonium ne peut pas être un électrolyte contenant les ions NH+ 2–
4 et S .
Écrire l’équation de la réaction qui a lieu et calculer sa constante d’équilibre.
3 - Calculer alors les concentrations de toutes les espèces en solution.
4 - Déterminer le pH de la solution.

Annale de concours
Exercice 5 : Mise en solution d’un comprimé d’aspirine [oral CCP, ♦♦]

Un comprimé d’aspirine contient de l’acide acétylsalicylique que l’on notera AH, et A sa base conjuguée. On
dissout une masse précise de AH dans V = 500 mL d’eau : on a alors une concentration C = 5,55 · 10−3 mol · L−1 .
1 - On mesure le pH de la solution : pH = 2,9.
1.a - Calculer la concentration en ions oxonium.
1.b - En écrivant l’équation de la réaction, déterminer l’avancement final xfinal .
1.c - Déterminer l’avancement maximal xmax . La réaction est-elle totale ?
2 - On mesure la conductivité de la solution : σ = 44 mS.
2.a - Calculer xfinal .
2.b - En déduire les concentrations molaires des espèces à l’équilibre et la constante d’acidité Ka du couple AH/A– .
3 - Laquelle des deux méthodes est la plus précise ?
Données : conductivités molaires ioniques à 298 K

Λ1 = Λ◦ (H3 O+ ) = 35,0 mS · m2 · mol−1 et Λ2 = Λ◦ (A− ) = 3,6 mS · m2 · mol−1 .

2/2 Étienne Thibierge, 5 mars 2018, [Link]


Transformations chimiques 3 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Transformations acido-basiques

Exercices
Exercice 1 : Courbes de distribution
1 Les différentes formes basiques issues du diacide sulfureux sont évidemment HSO–3 et SO2– 3 . Plus une forme est
+
protonée (porteuse de protons H ), plus elle est dominante à bas pH. On en déduit que la courbe en traits pointillés
bleus est associée à H2 SO3 , celle en trait plein vert à HSO–3 et celle en traits alternés rouge à SO2–3 .

2 D’après la relation de Henderson, le pH est égal au pKa du couple lorsque les deux formes acide et basique
coexistent en même proportion. Par lecture graphique, on en déduit

2−
pKa (H2 SO3 /HSO−
3 ) = 1,8 et pKa (HSO−
3 /SO3 ) = 7,2 .

3 Voir figure 2.

H2 SO3 HSO–3 SO2–


3
pH
1,8 7,2

Figure 2 – Diagramme de prédominance de l’acide sulfureux.

4 Compte tenu des courbes de distribution, la concentration en forme la plus basique SO2–
3 est négligeable à
pH = 2.5. On lit sur les courbes qu’à ce pH les proportions valent

pHSO− = 82 % et pH2 SO3 = 18 %


3

d’où on déduit les concentrations,

[HSO−
3 ] = 0,82 ct = 1,6 · 10
−3
mol · L−1 et [HSO−
3 ] = 0,18 ct = 0,4 · 10
−3
mol · L−1 .

Exercice 2 : Équilibres acido-basiques de l’acide tartrique


1 La fraction massique τ de la solution est définie à partir de la masse m d’acide tartrique (sous toutes ses formes)
qu’elle contient rapportée à sa masse totale mtot ,
m
τ= .
mtot
Elle est donc reliée à la concentration molaire totale C par

nM CM
τ= =
ρV ρ

d’où on déduit
τρ
C= = 0,50 mol · L−1 .
M

2 On constate sur le diagramme de prédominance, figure 3, que le pH de la solution se trouve dans le domaine
de prédominance de HT– . Comme ce pH est relativement loin de la frontière avec le domaine de H2 T, on en déduit
que sa concentration est négligeable. En revanche, il est trop proche de la frontière avec T2– pour faire la même
hypothèse. Ainsi,
C = [H2 T] + [HT− ] + [T2− ] ' [HT− ] + [T2− ] .

1/4 Étienne Thibierge, 5 mars 2018, [Link]


Correction TD TC3 : Transformations acido-basiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

H2 T HT– T2–
pH
3,0 4,4
pH = 4,0

Figure 3 – Diagramme de prédominance de l’acide tartrique.

3 D’après la loi d’action des masses appliquée à l’équilibre entre HT– et T2– ,

[T2− ] [H3 O+ ] C
Ka2 C − [T2− ] = [T2− ] [H3 O+ ] [T2− ] =

Ka2 = d’où soit
[HT− ] [H3 O+ ]
1+
Ka2
et ainsi
C
[T2− ] = = 0,14 mol · L−1 .
1+ 10−pH+pKa 2
On en déduit directement
[HT− ] = C − [T2− ] = 0,36 mol · L−1 .

Enfin, la concentration résiduelle en [H2 T] se détermine à partir de la loi d’action des masses appliquée à l’équilibre
entre H2 T et HT– ,

[HT− ] [H3 O+ ] [HT− ] [H3 O+ ]


Ka1 = donc [H2 T] = = 3,6 · 10−2 mol · L−1 .
[H2 T] Ka1

Ce n’est pas parce que [H2 T] est négligeable devant les deux autres qu’elle est nulle !
On peut vérifier la cohérence des résultats avec l’analyse qualitative : HT– est bien la forme la plus
concentrée, et la concentration en H2 T est effectivement bien plus faible que celle des autres formes.

Exercice 3 : Mesure de la constante d’acidité d’un indicateur coloré


1 La couleur d’une substance est la couleur complémentaire de celle qu’elle absorbe le plus. Pour HIn, la longueur
d’onde du maximum d’absorption est associée au violet, donc une solution contenant uniquement HIn est jaune.
Réciproquement,la longueur d’onde la plus absorbée par In– est rouge, si bien qu’une solution ne contenant que la
forme basique apparaît bleue.

2 Dans la zone de virage, les deux formes acide et basique sont présentes en quantités macroscopiques et la couleur
de la solution est donnée par les règles de la synthèse soustractive (chaque forme absorbe une partie du rayonnement).
Elle apparaît verte.

3 L’absorbance d’une solution contenant N espèces colorées est donnée par

N
X
A= εn (λ) ` cn ,
n=1

où ` est la longueur de la cuve de spectrophotométrie, εn (λ) le coefficient d’absorption molaire de l’espèce n à la


longueur d’onde de travail λ et cn la concentration molaire de l’espèce en question. Cette loi est valable tant que les
solutions sont suffisament diluées.

4 Notons respectivement εa et εb les coefficients d’absorption molaire des formes acide et basique à la longueur
d’onde λ1 . Par définition, c = [HIn] + [In− ].
. En milieu fortement acide, la forme acide est très majoritaire donc [HIn] ' c et

A1 = εa ` c .

. En milieu fortement basique, c’est cette fois la forme basique qui est très majoritaire et

A2 = ε b ` c .

2/4 Étienne Thibierge, 5 mars 2018, [Link]


Correction TD TC3 : Transformations acido-basiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

. Pour le pH intermédiaire, les deux formes contribuent à l’absorbance de la solution,

AS = εa ` [HIn]S + εb ` [In− ]S .
En combinant ces différents résultats,

A1 − AS = εa ` (c − [HIn]S ) − εb ` [In− ]S et AS − A2 = εa ` [HIn]S + εb ` ([In− ]S − c) .

Comme c = [HIn]S + [In− ]S alors

A1 − AS = (εa − εb ) ` [In− ]S et AS − A2 = (εa − εb ) ` [HIn]S

d’où on conclut
A1 − AS [In− ]S
= .
AS − A2 [HIn]S

5 Comme le pH de la solution S est connu, le pKa s’en déduit directement :

[In− ]S A1 − AS
pHS = pKa + log d’où pKa = pHS − log = 7,2 .
[HIn]S AS − A2

Exercice 4 : Mise en solution du sulfure d’ammonium


1 Voir figure 4.

pKa 1
NH+
4 NH3

pH
HS S2–
pKa 2

Figure 4 – Diagrammes de prédominance.

2 On constate sur les diagrammes de prédominance que les ions NH+ 4 et S


2–
sont incompatibles. Lorsque le
sulfure d’ammonium se dissout en ses ions constitutifs, la réaction qui a lieu s’écrit

NH+
4 +S
2−
= NH3 + HS− .

Sa constante d’équilibre s’écrit

[NH3 ] [HS− ] [NH3 ][H3 O+ ] [HS− ]


K= = ×
[NH+
4 ] [S
2− ] [NH+ 4] [S2− ] [H3 O+ ]

ce qui permet d’identifier


Ka1
K= = 10pKa 2 −pKa 1 = 103,8 .
Ka2

Bien sûr, on peut aussi raisonner en termes de combinaison linéaire pour retrouver K.

3 Compte tenu de la stœchiométrie du solide, la quantité de matière initiale en ammonium est le double de celle
en sulfure. On en déduit le tableau d’avancement, écrit en termes de concentration (c = n/V = 1,0 · 10−2 mol · L−1 )
car toutes les espèces sont en solution.

NH+ 4 + S2– = NH3 + HS–


état initial 2c c 0 0
état d’équilibre 2c − xéq c − xéq xéq xéq

Compte tenu de la valeur de la constante d’équilibre, on peut considérer la transformation quasi-totale, soit xéq '
c. On en déduit toutes les concentrations finales, sauf celle du réactif limitant :

[NH+ −
4 ]éq = [NH3 ]éq = [HS ]éq = c = 1,0 · 10
−2
mol · L−1 .

3/4 Étienne Thibierge, 5 mars 2018, [Link]


Correction TD TC3 : Transformations acido-basiques Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

La concentration en réactif limitant se déduit de la loi d’action des masses,

[NH3 ]éq [HS− ]éq [NH3 ]éq [HS− ]éq c


=K d’où [S2− ]éq = = donc [S2− ]éq = 1,6 · 10−6 mol · L−1 .
[NH+
4 ]éq [S
2− ]
éq
+
[NH4 ]éq K K

On vérifie bien que le réactif limitant est très minoritaire, et que l’hypothèse de transformation quasi-totale est
justifiée.

4 Le pH se détermine grâce à la relation d’Henderson, le couple choisi ne joue aucun rôle. Comme [NH+
4 ]éq = [NH3 ]éq
alors
pH = pKa 1 + log 1 d’où pH = 9,2 .

Annale de concours
Exercice 5 : Mise en solution d’un comprimé d’aspirine [oral CCP]
Pour information, cet exercice est en fait un exercice ... de bac, session 2004.

1.a Par définition,


[H3 O+ ] = 10−pH = 1,3 · 10−3 mol · L−1 .

1.b La réaction a pour équation


+
AH + H2 O −
←−
−→ −
− A +H .
En négligeant la concentration initiale en H+ , de l’ordre de 1 · 10−7 mol · L−1 pour de l’eau pure, on en déduit

xf = [H3 O+ ] = 1,3 · 10−3 mol · L−1 .

1.c Si la transformation était totale, on aurait

xmax = C = 5,55 · 10−3 mol · L−1 .

La réaction est donc non-totale.

2.a D’après la loi de Kohlrausch,

σ = Λ1 [H3 O+ ] + Λ2 [A− ] = (Λ1 + Λ2 )xf

d’où on déduit
σ
xf = = 1,1 · 10−3 mol · L−1 .
Λ1 + Λ2

Attention, l’utilisation des valeurs tabulées de Λ◦ dans la loi de Kohlrausch utilise l’unité SI des concen-
trations, c’est-à-dire mol · m−3 .

2.b D’après un bilan de matière évident,

[H3 O+ ] = [A− ] = xf = 1,1 · 10−3 mol · L−1 et [AH] = C − xf = 4,4 · 10−3 mol · L−1 .

Comme le système est à l’équilibre (hypothèse implicite), on en déduit

[H3 O+ ] [A− ]
Ka = = 2,9 · 10−4 d’où pKa = − log Ka = 3,5 .
[AH]

3 La méthode pH-métrique fait intervenir un logarithme, qui écrase toutes les différences, alors que la méthode
conductimétrique est linéaire. C’est donc la méthode conductimétrique qui est la plus précise.

4/4 Étienne Thibierge, 5 mars 2018, [Link]


Transformations chimiques 4 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Précipitation et dissolution

Exercices
Exercice 1 : Calculs de solubilité [♦♦]
Calculer la solubilité du chlorure d’argent (pKs (AgCl) = 9,7) et du chlorure de plomb (pKs (PbCl2 ) = 4,9) d’abord
dans l’eau pure, puis dans une solution de chlorure de sodium de concentration C0 = 1,0 · 10−2 mol · L−1 .
Donner dans un premier temps une équation vérifiée par la solubilité impliquant les produits de solubilité et le
cas échéant C0 , puis la résoudre lorsque cela est possible.

Exercice 2 : Précipité or not précipité ? [♦♦]


On dispose de deux solutions, l’une de nitrate de plomb (Pb2+ + NO–3 ), l’autre de chlorure de sodium (Na+ + Cl– )
de concentrations initiales respectives C1 et C2 . On prélève un même volume V0 = 10 mL de chaque solution que l’on
mélange l’une à l’autre.
Donnée : produit de solubilité du chlorure de plomb Ks = 1,2 · 10−5 .
1 - Résultats généraux : écrire l’équation bilan de dissolution, le quotient réactionnel, et calculer les concentrations
après mélange [Pb2+ ]i et [Cl− ]i en fonction de C1 et C2 .
2 - C1 = 0,02 mol · L−1 et C2 = 0,40 mol · L−1 .
2.a - Indiquer s’il y a formation ou non d’un précipité.
2.b - Justifier qu’il est possible de supposer la transformation quasi-totale. Calculer alors les concentrations en ions
dans l’état final.
2.c - Vérifier que le résultat est cohérent avec l’hypothèse.
3 - C1 = 0,10 mol · L−1 et C2 = 0,20 mol · L−1 .
3.a - Indiquer s’il y a formation ou non d’un précipité.
3.b - Justifier qualitativement qu’un traitement analogue à la question précédente n’est pas possible.
3.c - Raisonner directement sur la loi d’action des masses pour déterminer simplement les concentrations.
4 - C1 = 0,004 mol · L−1 et C2 = 0,002 mol · L−1 .
4.a - Indiquer s’il y a formation ou non d’un précipité.
4.b - Déterminer les concentrations dans l’état final.

Exercice 3 : Précipitations compétitives [♦]


On dispose d’une solution contenant les ions Cl– et I– à la même concentration C0 = 1,0 · 10−3 mol · L−1 à laquelle
on ajoute progressivement une solution de nitrate d’argent. Deux précipités peuvent apparaître, AgCl et AgI. Les
précipitations sont dites compétitives. Elles sont successives si, au moment où la deuxième précipitation commence,
la concentration restante du premier anion est inférieure à 1 % de sa valeur initiale, et simultanées sinon.
Données : Ks (AgCl) = 1,6 · 10−10 et Ks (AgI) = 7,9 · 10−17 .
1 - Déterminer la concentration minimale en Ag+ à partir de laquelle se forme chaque précipité. En déduire celui
qui apparaît le premier dans le bécher.
2 - Les précipitations sont-elles successives ou simultanées ?

Exercice 4 : Précipitation et redissolution [♦]


En solution, les ions argent Ag+ donnent avec les ions sulfite SO2–
3 un précipité blanc de sulfite d’argent Ag2 SO3(s)
de produit de solubilité pKs = 13,8. En présence d’un excès d’ions sulfite, ce précipité se redissout par formation de
2–
l’ion Ag(SO3 )3–
2(aq) . On néglige les propriétés acido-basiques de l’ion sulfite SO3 .

1 - Écrire l’équation de dissolution du précipité Ag2 SO3(s) en ses ions constitutifs Ag+ et SO2–
3 . Exprimer sa constante
d’équilibre.
2 - Écrire l’équation de réaction associée à la redissolution du précipité Ag2 SO3(s) en ion Ag(SO3 )3–
2(aq) en présence
d’un excès d’ions sulfite. Exprimer la constante d’équilibre associée K 0 , valant numériquement K 0 = 103,6 .

1/2 Étienne Thibierge, 6 mars 2018, [Link]


TD TC4 : Précipitation et dissolution Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

On note s = 21 [Ag+ ] + [Ag(SO3 )3−



2 ] la solubilité du sulfite d’argent en solution. On représente figure 1 son
évolution obtenuepour une solution contenant une concentration totale en argent c = 1 · 10−1 mol · L−1 en fonction
de log [SO2− ◦
3 ]/c .

0
−1

log(s)
−2
−3
−4
−5
−14 −12 −10 −8 −6 −4 −2 0
log[SO2−
3 ]
Figure 1 – Solubilité du sulfite d’argent.

3 - Interpréter qualitativement la courbe obtenue. On raisonnera en considérant qu’on ajoute progressivement une
solution contenant les ions sulfite à une solution contenant initialement uniquement les ions Ag+ à la concentration c.
On dispose de deux flacons contenant
. pour l’un, une solution A de sulfite de sodium (2Na+ + SO2−3 ) de concentration 0,1 mol · L
−1
;
+
. pour l’autre, une solution B de nitrate d’argent (Ag + NO3 ) à la même concentration 0,1 mol · L−1 .

À 10 mL de solution B on ajoute quelques gouttes de solution A. La quantité d’ions sulfite ajoutée est estimée à
1 · 10−7 mol. Il apparaît un trouble blanc dans la solution.
4 - Montrer à l’aide du critère de précipitation que le précipité de sulfite d’argent se forme. Calculer sans tenir compte
de la redissolution la quantité de matière de précipité formé et la concentration à l’équilibre des ions Ag+ et SO2– 3 .

5 - On veut pour finir montrer que la redissolution est bien négligeable dans la transformation précédente 1 . Calculer
la concentration en ion Ag(SO3 )3–
2 dans la solution. Commenter la valeur trouvée.

Annale de concours
Exercice 5 : Influence du pH sur la solubilité [oral Mines-Ponts, ♦]
La solubilité de l’hydroxyde ferreux Fe(OH)2 dans l’eau vaut S = 1,5 mg · L−1 à 25 ◦C.
1 - Calculer le produit de solubilité et le pH à saturation.
2 - Prévoir comment évolue la solubilité dans une solution de soude à 1 · 10−3 mol · L−1 , puis la calculer.
Données : masses molaires MFe = 56 g · mol−1 ; MO = 16 g · mol−1 ; MH = 1 g · mol−1 .

1. En d’autres termes, on souhaite ici vérifier que la réaction de précipitation est bien la réaction prépondérante pour décrire la
transformation.

2/2 Étienne Thibierge, 6 mars 2018, [Link]


Transformations chimiques 4 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Précipitation et dissolution

Exercices
Exercice 1 : Calculs de solubilité
Un calcul de solubilité suppose la solution saturée. On adopte donc une notation condensée du tableau d’avance-
ment, directement en termes de concentrations et en présence du précipité :

AgCl = Ag+ + Cl–


état initial excès 0 0
état d’équilibre excès s s

Le résultat s = ξéq /V vient de la définition de la solubilité, et il est donc tout le temps vrai. En
revanche, il n’est pas tout le temps vrai que dans l’état final les ions sont présents en quantité de
matière ξéq : il peut y avoir des nombres stœchiométriques ou une concentration initiale non nulle (effet
d’ion commun). Par conséquent, la concentration finale des ions n’est pas toujours égale à s.

1 Chlorure d’argent dans l’eau pure :


. Bilan de matière :
AgCl = Ag+ + Cl–
état initial excès 0 0
état d’équilibre excès s s

. Loi d’action des masses : dans l’état d’équilibre,

s × s = s2 = Ks
p
d’où s= Ks = 10−pKs /2 = 1,4 · 10−5 mol · L−1 .

2 Chlorure de plomb dans l’eau pure :


. Bilan de matière :
PbCl2 = Pb2+ + 2 Cl–
état initial excès 0 0
état d’équilibre excès s 2s

. Loi d’action des masses : dans l’état d’équilibre,


r
2 3 Ks 10−pKs /3
= 1,5 · 10−2 mol · L−1 .
3
s × (2s) = 4s = Ks d’où s= = √
3
4 4

3 Chlorure d’argent dans une solution de NaCl : il faut maintenant prendre en compte le fait que la
concentration « initiale » (état fictif après mélange et avant réaction) est non nulle.
. Bilan de matière :
AgCl = Ag+ + Cl–
état initial excès 0 C0
état d’équilibre excès s0 C0 + s0

. Loi d’action des masses : dans l’état d’équilibre,


s0 (C0 + s0 ) = Ks
L’équation se résout exactement (polynôme de degré 2), mais on peut aussi noter comme que s  C0 et comme
s0 < s (effet d’ion commun) alors C0 + s0 ' C0 , ce qui permet de simplifier le résultat en
Ks
s0 ' = 2,0 · 10−8 mol · L−1 .
C0

1/5 Étienne Thibierge, 6 mars 2018, [Link]


Correction TD TC4 : Précipitation et dissolution Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

4 Chlorure de plomb dans une solution de NaCl :


. Bilan de matière :

PbCl2 = Pb2+ + 2 Cl–


état initial excès 0 C0
état d’équilibre excès s0 C0 + 2s0

. Loi d’action des masses : dans l’état d’équilibre,

s0 (C0 + 2s0 )2 = Ks .

Cette équation n’est pas possible à résoudre analytiquement (en fait elle l’est, mais les formules ne sont pas à
connaître). Une résolution numérique donne
s0 = 1,1 · 10−2 mol · L−1 .
On vérifie bien que s0 < s : on retrouve l’effet d’ion commun.

Exercice 2 : Précipité or not précipité ?


1 L’équation bilan de dissolution s’écrit

PbCl2(s) = Pb2+ −
(aq) + 2 Cl(aq) d’où Qr = [Pb2+ ] [Cl− ]2 .
Comme les volumes prélevés de chaque solution sont identiques, alors les concentrations « initiales » après dilution
se calculent facilement,
C1 V0 C1 C2 V0 C2
[Pb2+ ]i = = et [Cl− ]i = = .
V0 + V0 2 V0 + V0 2

2.a [Pb2+ ]i = 0,01 mol · L−1 et [Cl− ]i = 0,20 mol · L−1 , donc

Qr,i = 1 · 10−2 × (2 · 10−1 )2 = 4 · 10−4 > Ks .


La transformation évolue donc spontanément dans le sens de formation du précipité : le précipité est présent
dans l’état final, qui est donc un état d’équilibre.

2.b La réaction de précipitation est l’inverse de celle de dissolution. Elle a donc pour constante d’équilibre 1/Ks '
105 : on peut la supposer quasi-totale, il ne reste que des traces du réactif limitant Pb2+ à l’état final.
Bilan de matière :

Pb2+ + 2 Cl– = PbCl2


état initial [Pb2+ ]i [Cl− ]i 0

état d’équilibre traces ' [Cl ]i − 2xmax présent

Deux possibilités pour le bilan de matière : ou bien on garde l’équation de dissolution et on raisonne
avec un avancement négatif, ce qui est inhabituel donc périlleux, ou bien on raisonne sur l’équation de
précipitation avec un avancement positif ... mais alors on ne se trompe pas sur l’état d’équilibre. Ici, je
décide de raisonner sur la précipitation.

Ainsi,
[Cl− ]éq = [Cl− ]i − 2[Pb2+ ]i = 0,18 mol · L−1
et on déduit ensuite de la loi d’action des masses la quantité finale de réactif limitant,

Ks
[Pb2+ ]éq [Cl− ]éq
2
= Ks soit [Pb2+ ]éq = 2
= 3,7 · 10−4 mol · L−1
[Cl− ]éq

2.c On vérifie enfin qu’on a bien [Pb2+ ]éq  [Pb2+ ]i , ce qui est cohérent avec l’hypothèse de transformation
quasi-totale.

3.a [Pb2+ ]i = 0,05 mol · L−1 et [Cl− ]i = 0,10 mol · L−1 , donc

Qr,i = 5 · 10−2 × (1 · 10−1 )2 = 5 · 10−4 > Ks .

2/5 Étienne Thibierge, 6 mars 2018, [Link]


Correction TD TC4 : Précipitation et dissolution Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

La transformation évolue donc spontanément dans le sens de formation du précipité : le précipité est présent
dans l’état final, qui est donc un état d’équilibre.

3.b Le même bilan de matière que précédemment montre que les deux réactifs sont versés dans les proportions
stœchiométriques : les deux sont donc limitants, il n’y a pas de réactif en excès. La méthode précédente ne peut
aboutir qu’à une contradiction.

3.c Comme [Cl− ]i = 2 [Pb2+ ]i on peut factoriser la loi d’action des masses sous la forme
2 2 3
[Pb2+ ]i − xéq [Cl− ]i − 2xéq = [Pb2+ ]i − xéq × 4 [Pb2+ ]i − xéq = 4 [Pb2+ ]i − xéq = Ks
 

ce qui permet d’en déduire


r r
2+ Ks − Ks
= 1,4 · 10−2 mol · L−1 = 2,8 · 10−2 mol · L−1 .
3 3
[Pb ]éq = et [Cl ]éq = 2
4 4

On remarque ici qu’en dépit d’une grande constante d’équilibre (1/Ks ' 105 ) on est loin d’une trans-
formation totale : à peine 70 % des quantités de matière initiales ont été transformées.

4 [Pb2+ ]i = 2 · 10−3 mol · L−1 et [Cl− ]i = 1 · 10−3 mol · L−1 , donc


Qr,i = 2 · 10−3 × (1 · 10−3 )2 = 2 · 10−9 < Ks .
S’il y avait transformation spontanée, elle se ferait dans le sens de la disparition du précipité ... mais comme il n’y a
pas de précipité en solution, on en déduit qu’il n’y a pas de transformation. Il n’y a pas de précipité dans l’état
final, et les concentrations finales des ions sont égales aux concentrations initiales,

[Pb2+ ]f = 2 · 10−3 mol · L−1 et [Cl− ]f = 1 · 10−3 mol · L−1 .

Exercice 3 : Précipitations compétitives


La concentration [Ag+ ] dans le bécher part de 0 et augmente progressivement, mais en particulier elle est « à la
première goutte versée » inférieure au seuil de précipitation des deux précipités.

1 Calculons la concentration en Ag+ au tout début de la précipitation, c’est-à-dire lorsque l’équilibre vient d’être
atteint mais que la concentration en I– et Cl– est encore quasiment égale à C0 .
Au tout début de la précipitation de AgCl,
Ks (AgCl)
Ks (AgCl) = [Ag+ ]min,AgCl C0 d’où [Ag+ ]min,AgCl = = 1,6 · 10−7 mol · L−1
C0
De même, au tout début de la précipitation de AgI,
Ks (AgI)
Ks (AgI) = [Ag+ ]min,AgI C0 d’où [Ag+ ]min,AgI =
= 7,9 · 10−14 mol · L−1
C0
C’est donc le précipité d’iodure d’argent qui apparaît en premier.

2 Ici, les précipitations sont successives si lorsque la précipitation de AgCl commence ([Ag+ ] = [Ag+ ]min,AgCl ) la
concentration restante en ions I– est inférieure à 1 % de sa valeur initiale, c’est-à-dire inférieure à 0,01C0 . Comme le
solide AgI est bien sûr présent, alors à cet instant d’après la LAM
Ks (AgI)
Ks (AgI) = [Ag+ ]min,AgCl [I− ]restant d’où [I− ]restant = = 4,9 · 10−10 mol · L−1
[Ag+ ]min,AgCl
C0
Comme [I− ]restant < alors les deux précipitations sont successives.
100

Exercice 4 : Précipitation et redissolution


1 Ag2 SO3(s) = 2 Ag+ 2− + 2 2−
(aq) + SO3(aq) , d’où [Ag ]éq [SO3 ]éq = Ks à l’équilibre.

[Ag(SO3 )3− 2
2 ]éq
2 Ag2 SO3(s) + 3 SO2− 3−
3(aq) = 2 Ag(SO3 )2(aq) d’où = K 0 à l’équilibre.
[SO2− 3
3 ]éq

3 Qualitativement, si l’on part d’une solution sans sulfite et qu’on en ajoute progressivement, le précipité va
d’abord être inexistant (solution trop peu concentrée), puis se former (diminution de la solubilité) via la réaction
de précipitation, avant de se redissoudre (augmentation de la solubilité) lorsque la concentration en sulfite sera plus
élevée, avant d’avoir complètement disparu à très forte concentration.

3/5 Étienne Thibierge, 6 mars 2018, [Link]


Correction TD TC4 : Précipitation et dissolution Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Il est possible d’interpréter cette courbe de façon plus quantitative ... et même de retrouver son équation
analytique, ce que je ne ferai pas ici.
À la première goutte de solution contenant les sulfites versée, [SO2− 3 ] est trop faible pour atteindre la
condition de précipitation : il n’y a pas de précipité en solution, donc [Ag+ ] = c et [Ag(SO3 )3−
2 ] = 0, si
bien que s = c/2 = 5 · 10−2 mol · L−1 , ce que l’on retrouve sur la partie gauche de la figure 1.
Lorsque davantage de solution a été versée, mais pas trop encore, le précipité existe mais on peut faire
l’approximation que l’argent est présent en solution presque seulement sous forme Ag+ et presque pas
1 +
sous forme Ag(SO3 )3–2 , et on a alors s ' 2 [Ag ]. Comme le précipité est présent, le système est dans
état d’équilibre chimique, la loi d’action des masses s’applique et donc

[Ag+ ]2 [SO2−
3 ] = Ks

d’où, en passant au logarithme,


1 1
2 log 2s + log[SO2−
3 ] = log Ks soit log s = − log[SO2−
3 ] − pKs − log 2
2 2
La courbe de solubilité doit donc avoir l’allure d’une droite de pente −1/2, ce que l’on retrouve bien
sur la figure 1, portion « au milieu à gauche ».
Ensuite, lorsque la concentration en sulfite devient suffisamment grande, le précipité est en grande partie
3− +
repassé en solution sous forme de l’ion Ag(SO3 )3– 2 . En supposant cette fois [Ag(SO3 )2 ]  [Ag ], on
1 3−
a s ' 2 [Ag(SO3 )2 ]. Comme le précipité est toujours présent, le système est dans un état d’équilibre
chimique, et d’après la loi d’action des masses,

[Ag(SO3 )3−
2 ]
2
2− = K0
[SO3 ]

d’où, en passant au logarithme,


3 1
2 log 2s − 3 log[SO2−
3 ] = log K
0
soit log s = log[SO2−
3 ]+ log K 0 − log 2
2 2
La courbe de solubilité est donc une droite de pente 3/2, ce qui se retrouve sur la figure 1 dans sa partie
« au milieu à droite ».
Enfin, lorsque [SO2−3 ] est grand, on a rupture de l’équilibre de redissolution : il n’y a plus du tout
de précipité en solution, et la totalité de l’argent se trouve en solution sous forme de Ag(SO3 )3–
2 à la
concentration c. On a alors s = c/2 qui prend une valeur constante, ce qui se retrouve sur la partie de
droite de la figure 1.

4 Comme la quantité de matière n0 apportée en ions sulfite est connue, le calcul de concentration initiale est
simple,
n0
[SO2−
3 ]i = = 1 · 10−5 mol · L−1 .
VB

Comme seules quelques gouttes de solution A sont ajoutées, on néglige bien sûr la dilution de la
solution B.

Ainsi, le quotient réactionnel de la réaction de dissolution à l’instant initial vaut

Qr,i = CB2 × [SO2−


3 ]i = (1 · 10
−1 2
) × 1 · 10−5 = 1 · 10−7 > Ks = 10−pKs = 10−13,8 .

Il y a donc évolution spontanée en sens inverse de la réaction, donc formation de précipité.


Pour déterminer complètement l’état final, procédons à un bilan de matière.

2 Ag+ + SO2–
3 = Ag2 SO3
+
état initial ni (Ag ) = 1 · 10−3 mol ni (SO2−
3 )= 1 · 10−7 mol 0
état d’équilibre ni (Ag+ ) − 2 ξf ni (SO2−
3 ) − ξf ξf

La constante d’équilibre de cette réaction vaut K = 1/Ks = 1013,8 : on peut donc la considérer comme quasi-totale,
avec ξf ' ξmax = 1 · 10−7 mol.

nf (Ag+ ) ' ni (Ag+ ) = 1 · 10−3 mol et nf (Ag2 SO3 ) ' ni (SO2−


3 ) = 1 · 10
−7
mol .

4/5 Étienne Thibierge, 6 mars 2018, [Link]


Correction TD TC4 : Précipitation et dissolution Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Enfin, la quantité de matière du réactif limitant se déduit de la loi d’action des masses,

Ks Ks
[Ag+ ]f2 [SO2−
3 ]f = K s d’où [SO2−
3 ]f = = 2 = 1,6 · 10−12 mol · L−1 .
[Ag+ ]f2 CB

On constate [SO2− 2−
3 ]f  [SO3 ]i , ce qui légitime l’hypothèse de transformation totale.

5 Comme le précipité est présent en solution, alors les deux équilibres sont atteints simultanément. D’après les
deux lois d’action des masses, on a donc

K 0 Ks3
[Ag(SO3 )23− ]f2 = K 0 [SO2− 3
3 ]f '
CB6

ce qui donne
s
K 0 Ks3
[Ag(SO3 )3−
2 ]f = = 1,3 · 10−16 mol · L−1 .
CB6
+
On constate que [Ag(SO3 )3−2 ]f  [Ag ]f , signe que la redissolution est bien négligeable devant la précipitation pour
décrire la transformation.

Annale de concours
Exercice 5 : Influence du pH sur la solubilité [oral Mines-Ponts]
1 La solubilité molaire s s’obtient à partir de la solubilité massique S par

S
s= = 1,7 · 10−5 mol · L−1 .
MFe(OH)2

Tableau d’avancement de la réaction de dissolution, exprimé en concentrations et supposant la présence du précipité :

Fe(OH)2 = Fe2+ + 2 HO–


état initial excès 0 0
état d’équilibre excès s 2s

On déduit de la LAM
Ks = s × (2s)2 d’où Ks = 4s3 = 1,9 · 10−14
D’après le bilan de matière, tant qu’il existe du solide,
Ke Ke
[HO− ] = 2s donc = 2s soit [H3 O+ ] = .
[H3 O+ ] 2s

Finalement,
pH = pKe + log(2s) = 9,5 .

2 La soude contient des ions HO– : par effet d’ion commun, la solubilité de Fe(OH)2 va donc diminuer. En présence
de soude à concentration c, le tableau d’avancement devient

Fe(OH)2 = Fe2+ + 2 HO–


état initial excès 0 c
état d’équilibre excès s0 c + 2s0

D’après la LAM et comme s0 < s  c,


Ks = s0 × (c + 2s0 )2 ' s0 c2
d’où on déduit
Ks
s0 = = 1,9 · 10−8 mol · L−1 .
c2
On vérifie que le résultat est bien cohérent avec l’hypothèse s0  c.

5/5 Étienne Thibierge, 6 mars 2018, [Link]


Transformations chimiques 5 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Oxydoréduction
RT
Sauf précision contraire, la température est de 25 ◦C, ce qui permet d’approximer ln 10 = 0,059 V.
F

Exercices
Exercice 1 : Équations bilan d’oxydoréduction [♦♦]
On s’intéresse aux couples MnO–4 /Mn2+ , HClO(aq) /Cl2(g) et Cl2(g) /Cl– . On rappelle que MnO–4 est l’ion perman-
ganate et HClO est l’acide hypochloreux.
1 - Écrire et équilibrer les demi-équations de chacun des couples en milieu acide.
2 - Lorsque la réaction est possible, écrire l’équation bilan de la réaction entre
. l’acide hypochloreux et l’ion manganèse ; . le permanganate et le dichlore ;
. l’ion manganèse et l’ion chlorure ; . le permanganate et l’ion chlorure ;
. l’ion manganèse et le dichlore ; . le dichlore sur lui-même.

Exercice 2 : Nombres d’oxydation du chrome [♦♦]


Le chrome Cr a pour numéro atomique Z = 24, et il est moins électronégatif que l’oxygène.
1 - Donner le no du chrome au sein des espèces Cr(s) , Cr2+ et Cr3+ .

2 - Sans représenter de schéma de Lewis, déterminer le no du chrome dans les espèces CrO2– 2–
4 et Cr2 O7 . On précise
qu’il n’y a pas de liaison Cr−Cr dans le dichromate.
3 - Justifier que Cr2 O2–
7 et Cr
3+
forment un couple redox. Identifier l’oxydant et le réducteur. Écrire ensuite la
demi-équation associée, en milieu acide et en milieu basique.
4 - Justifier que CrO2– 2–
4 et Cr2 O7 ne forment pas un couple redox. Montrer qu’il s’agit d’un couple acide-base par
écriture d’une demi-équation.

Exercice 3 : Nombres d’oxydation du soufre [♦]


Le soufre S est situé juste en dessous de l’oxygène dans le tableau périodique.
1 - Déterminer sans construire de schéma de Lewis le no du soufre dans les espèces chimiques SO2 , SO2–
4 et SO3 .

2 - Calculer par la même méthode le no du soufre dans les espèces S2 O2– 2–


3 et S4 O6 .

3 - Écrire la formule de Lewis de S2 O2– 2– 2–


3 et S4 O6 . Un atome de soufre est central dans l’ion thiosulfateS2 O3 , et l’ion
2–
tétrathionate S4 O6 présente une liaison simple O−O.
4 - Que peut-on conclure de ces représentations à propos du no du soufre ? D’où vient le « problème » ? Que représente
le no calculé à la question 2 ?

Exercice 4 : Dismutation du dioxyde d’azote [♦♦]


En présence d’eau, le dioxyde d’azote NO2(g) peut se dismuter en ions nitrates NO–3(aq) et nitrites NO–2(aq) . Cette
réaction produit des protons H+ , à l’origine des pluies acides.
1 - Écrire les demi-équations de transfert électronique et la relation de Nernst pour les deux couples NO–3(aq) /NO2(g)
(potentiel standard E1◦ = 0,83 V) et NO2(g) /NO–2(aq) (potentiel standard E2◦ = 0,85 V).
2 - Justifier à l’aide de diagrammes de prédominance que NO2 se dismute. On choisira pNO2 = 1 bar et une concen-
tration frontière 1 mol · L−1 à pH nul.
3 - Écrire l’équation bilan de l’équation de dismutation.
4 - Exprimer sa constante d’équilibre K ◦ en fonction des potentiels standard et calculer sa valeur numérique.

1/4 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


TD TC5 : Oxydoréduction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 5 : Éthylotest [♦]


Peu après avoir été consommé, l’alcool (éthanol de formule CH3 CH2 OH) passe dans le
sang au niveau de l’intestin grêle. Ensuite, des échanges gazeux s’effectuent dans les alvéoles
pulmonaires : le sang se charge en dioxygène et se libère du dioxyde de carbone ainsi que d’une
partie de l’alcool. Ces vapeurs sont expirées dans l’air avec une concentration en alcool 2100
fois inférieure à celle du sang. Le seuil limite autorisé pour la conduite est de 0,50 g d’éthanol
par litre de sang.
Les alcootests jetables sont constitués d’un sachet gonflable de capacité 1 L et d’un tube
en verre contenant des cristaux orangés de dichromate de potassium K2 Cr2 O7 en milieu acide.
Ceux-ci se colorent en vert au contact de l’alcool.
Données :
. Potentiels standard : couple Cr2 O2–
7 /Cr
3+
E1◦ = 1,33 V ; couple CH3 COOH/CH3 CH2 OH E2◦ = 0,19 V ;
. Masses molaires atomiques : MH = 1 g · mol−1 ; MC = 12 g · mol−1 ; MO = 16 g · mol−1 ; MK = 39 g · mol−1 ;
MCr = 52 g · mol−1 .
1 - Écrire l’équation de la transformation responsable du changement de couleur. Identifier l’espèce oxydée et l’espèce
réduite.
2 - Calculer la constante d’équilibre de la réaction. Commenter.
3 - Déterminer la quantité de matière d’alcool expirée par litre d’air dans l’hypothèse d’une alcoolémie atteignant le
seuil de 0,50 g d’alcool par litre de sang.
4 - En déduire la masse de dichromate de potassium devant être placée avant le trait de jauge afin que celui-ci indique
le seuil limite.

Exercice 6 : Pile argent-zinc [♦♦]


On s’intéresse à la pile schématisée par Ag(s) |Ag+ (c)kZn2+ (c0 )|Zn(s) avec c = 0,18 mol · L−1 et c0 = 0,30 mol · L−1 .
Le compartiment de gauche a un volume V = 100 mL, celui de droite un volume V 0 = 250 mL.
Données : E ◦ (Zn2+ /Zn) = −0,76 V et E ◦ (Ag+ /Ag) = +0,80 V
1 - Déterminer la f.é.m. de la pile. Identifier alors l’anode et la cathode.
2 - Écrire les réactions électrochimiques aux électrodes puis la réaction de fonctionnement qui se produit lorsque la
pile débite.
3 - Schématiser le déplacement des porteurs de charge dans chaque partie de la pile lorsqu’elle débite du courant.
4 - Déterminer la composition de la pile lorsqu’elle est usée. Quelle quantité d’électricité, en coulombs, a-t-elle
débité ?

Exercice 7 : Stabilisation du cuivre (I) par précipitation [♦]


L’objectif de cet exercice est d’étudier la stabilisation du cuivre au no +I par précipitation, qui illustre plus
généralement l’influence de la précipitation sur l’oxydoréduction.
Données : potentiels standards des couples Cu+ /Cu E1◦ = 0,52 V et Cu2+ /Cu+ : E2◦ = 0,16 V.
1 - Montrer à partir de diagrammes de stabilité que l’ion Cu+ est instable. Pour simplifier, on prendra 1 mol · L−1
comme concentration frontière. Qu’observe-t-on ?
Les ions cuivre (I) forment avec les ions iodure I– le précipité CuI(s) , de produit de solubilité Ks = 10−11 .

2 - Écrire l’équation de dissolution du précipité, puis écrire les demi-équations redox pour les couples CuI/Cu et
Cu2+ /CuI.
3 - En déduire la relation de Nernst pour les couples CuI/Cu et Cu2+ /CuI en notant leurs potentiels standards E3◦
et E4◦ . Exprimer alors E3◦ en fonction de pKs et E1◦ , et de même E4◦ en fonction de pKs et E2◦ . Calculer les valeurs
numériques.
4 - Expliquer en quoi les ions cuivre (I) sont stabilisés en présence d’iodure.

2/4 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


TD TC5 : Oxydoréduction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 8 : Dosage colorimétrique en retour [♦]


On s’intéresse à un dosage colorimétrique d’une solution de dichromate de potassium par les ions fer (II) dans en
milieu sulfurique garantissant un pH très acide. On donne les potentiels standard
E1◦ = E ◦ (Cr2 O72− /Cr3+ ) = 1,33 V et E2◦ = E ◦ (Fe3+ /Fe2+ ) = 0,77 V .
En milieu acide, l’ion dichromate est orange et l’ion chrome (III) est vert, alors que l’ion Fe2+ est vert pâle et l’ion
Fe3+ est jaune-orangé.
1 - Écrire l’équation bilan du titrage redox direct.
2 - Calculer sa constante d’équilibre. Cette réaction est-elle adaptée à un titrage ? Pourquoi est-elle malgré tout peu
adaptée à un titrage colorimétrique ?
3 - Justifier qu’il serait possible de suivre la réaction par potentiométrie. Déterminer le sens du saut de potentiel qui
serait observé : est-il descendant ou montant ?
Pour contourner la difficulté sans montage de potentiométrie, on effectue un dosage en retour. Dans un bécher,
on verse V1 = 4,0 mL de la solution de dichromate de potassium dont on cherche la concentration C1 . On y ajoute
V2 = 10,0 mL d’une solution de sulfate de fer (II) en milieu sulfurique de concentration C2 = 0,10 mol · L−1 et
90,0 mL d’eau. On verse ensuite par une burette une solution de permanganate de potassium de concentration
C3 = 1,0 · 10−2 mol · L−1 . Une coloration violette, caractéristique du permanganate en solution, apparaît lorsque
V3E = 12 mL ont été versés.
4 - Comment peut-on s’assurer qualitativement que les ions fer (II) ont bien été apportés en excès par rapport au
dichromate ?
5 - Écrire l’équation bilan du titrage en retour.
6 - Déterminer la concentration C1 de la solution de dichromate de potassium.

Annale de concours
Exercice 9 : Pile à combustible à oxyde solide [écrit PT 2015, ♦]
Le principe de la pile à combustible consiste à utiliser du dihydrogène pour stocker et transporter de l’énergie.
Une pile à combustible est un assemblage de cellules élémentaires, en nombre suffisant pour assurer la production
électrochimique d’électricité dans les conditions de tension et d’intensité voulues. De façon générale, le fonctionnement
électrochimique d’une cellule élémentaire de pile à combustible peut être représenté selon le schéma figure 1.

Figure 1 – Schéma de principe d’une pile à combustible.

Chaque cellule élémentaire est constituée de deux compartiments disjoints alimentés chacun en gaz dihydrogène
et dioxygène. Les électrodes sont séparées par un électrolyte solide qui laisse passer les anions oxygène. Les couples
d’oxydoréduction mis en jeu dans la réaction sont H+(aq) /H2(g) et O2(g) /H2 O(liq) .
1 - Indiquer les configurations électroniques fondamentales des atomes constitutifs des réactifs et du produit. En
déduire les schémas de Lewis des trois molécules.
2 - À partir des informations du schéma, attribuer et justifier le choix de la cathode et de l’anode aux électrodes 1
et 2, ainsi que le sens de circulation des électrons.
3 - Écrire les demi-équations électroniques pour chaque couple mis en jeu, quand la pile débite.
4 - Le réactif qui est oxydé est appelé le combustible de la pile. Parmi les espèces chimiques présentes dans les

3/4 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


TD TC5 : Oxydoréduction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

couples, laquelle constitue le combustible ?


5 - En déduire l’équation de la réaction modélisant la transformation ayant lieu dans la cellule de réaction.
Dans un véhicule motorisé fonctionnant grâce à une pile à combustible, on estime à 1,5 kg la masse de dihydrogène
nécessaire pour parcourir 250 km.
6 - Calculer la quantité de matière de dihydrogène correspondant à cette masse, puis le volume occupé par cette
quantité de gaz à 20 ◦C sous pression atmosphérique.
7 - Quel est l’avantage pour l’environnement de l’utilisation d’une pile à combustible au dihydrogène par rapport à
un carburant classique ? Quel en est l’inconvénient majeur ?

Exercice 10 : Accumulateur lithium métal [oral banque PT, ♦]


On étudie ici l’accumulateur lithium-oxyde de manganèse, qui représente environ 80 % du marché des batteries au
lithium. La première électrode est en dixoyde de manganèse MnO2 , la deuxième en lithium Li. Ces deux électrodes
baignent dans un électrolyte organique contenant des ions Li+ .
Données :
. Numéro atomique du lithium : Z = 3 ;
. Masse molaire du lithium : M = 5,9 g · mol−1 ;
. Potentiels standard : E1◦ (Li+ /Li(s) ) = −3,03 V et E2◦ (MnO2(s) /LiMnO2(s) ) = 0,65 V.
1 - Donner la configuration électronique du lithium. Indiquer sa position dans le tableau périodique. Pourquoi choisir
un électrolyte organique plutôt que de l’eau ?
2 - Écrire les réactions aux électrodes lorsque l’accumulateur fonctionne en générateur, ainsi que la réaction globale
de fonctionnement.
3 - La pile contient elle un pont salin ou équivalent ? Pourquoi ?
4 - Déterminer la force électromotrice de la pile.
5 - Déterminer la capacité C de la pile en A · h pour une masse initiale de 2 g de lithium.

Exercice 11 : Dosage d’une solution d’hypochlorite de sodium [écrit PT 2016, ♦]


Après avoir introduit un volume V0 = 2,00 mL d’une solution commerciale d’hypochlorite de sodium (Na+ +ClO− )
dans une fiole jaugée de volume Vf = 100 mL, on complète avec de l’eau distillée jusqu’au trait de jauge. À un
volume V = 10,0 mL de cette solution fille, on ajoute environ 10 mL d’une solution d’iodure de potassium (K+ + I− )
à 15 % en masse et 5,0 mL d’acide éthanoïque CH3 CO2 H(aq) à 3,0 mol · L−1 . L’échantillon obtenu est titré par une
solution de thiosulfate de sodium (2 Na+ + S2 O32− ) de concentration C = 2,0 · 10−2 mol · L−1 . Le volume équivalent
est égal à V 0 = 16,0 mL.
Données : potentiels standards à 298 K

E ◦ (ClO− /Cl− ) = 0,89 V E ◦ (I2 /I− ) = 0,54 V E ◦ (S4 O2− 2−


6 /S2 O3 ) = 0,08 V

1 - Proposer une équation pour la réaction entre les ions hypochlorite ClO– et les ions iodure I– . Prévoir qualitati-
vement le caractère favorisé ou défavorisé de la réaction.
2 - Proposer une équation pour la réaction de titrage du diiode I2 par les ions thiosulfate S2 O2–
3 . Prévoir qualitati-
vement le caractère favorisé ou défavorisé de la réaction.
3 - Sachant que les ions iodure et l’acide éthanoïque sont introduits en excès, déterminer la concentration en ions
hypochlorite dans la solution commerciale.

4/4 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Transformations chimiques 5 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Oxydoréduction

Exercices
Exercice 1 : Équations bilan d’oxydoréduction
1
+ 2+
MnO−
4 + 8 H + 5e = Mn

+ 4 H2 O
2 HClO + 2 H+ + 2e− = Cl2 + 2 H2 O
Cl2 + 2e− = 2 Cl−

2 . Pas de difficulté :
10 HClO + 2 Mn2+ = 5 Cl2 + 2 H2 O + 2 MnO−
4 + 6H
+

. Pas de réaction entre Mn2+ et Cl– car ce sont deux réducteurs.


. Comme Mn2+ est un réducteur, Cl2 intervient forcément en tant qu’oxydant :

2 Mn2+ + 8 H2 O + 5 Cl2 = 2 MnO− +


4 + 16 H + 10 Cl

. Comme MnO–4 est un oxydant, Cl2 intervient forcément en tant que réducteur :
+ 2+
2 MnO−
4 + 6 H + 5 Cl2 + 2 H2 O = 2 Mn + 10 HClO

. Pas de difficulté :
+ 2+
2 MnO− −
4 + 16 H + 10 Cl = 2 Mn + 8 H2 O + 5 Cl2
. Le dichlore intervient en tant qu’oxydant et réducteur (dismutation) :

Cl2 + H2 O = Cl− + HClO + H+

Exercice 2 : Nombres d’oxydation du chrome


1 Le nombre d’oxydation d’un édifice monoatomique est égal à la charge de cet édifice, donc

no(Cr) = 0 no(Cr2+ ) = +II no(Cr3+ ) = +III

2 Comme l’oxygène est le plus électronégatif des éléments présents dans l’édifice, alors son no est égal à −II. La
somme des no étant égale à la charge totale de l’édifice, on en déduit
. pour l’ion chromate CrO2–
4 : no(Cr) + 4 no(O) = no(Cr) − 8 = −2, donc no(Cr) = +VI.
. pour l’ion dichromate Cr2 O2–
7 : 2 no(Cr) + 7 no(O) = no(Cr) − 14 = −2, donc no(Cr) = +VI.

3 Le chrome possède un nombre d’oxydation différent dans les deux espèces, elles forment donc un couple redox.
Le no du chrome est plus élevé dans l’ion dichromate, c’est donc lui l’oxydant. En milieu acide, la demi-équation
s’écrit
3+
Cr2 O2− +
7 + 14 H + 6 e = 2 Cr

+ 7 H2 O .

Rappel de méthode : on équilibre d’abord l’élément autre que O et H, puis ensuite O en rajoutant
des molécules d’eau, puis ensuite H en rajoutant des protons H+ , et enfin la charge en rajoutant les
électrons.
En milieu basique, on obtient cette fois
3+
Cr2 O2−
7 + 7 H2 O + 6 e = 2 Cr

+ 14 HO− .

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Correction TD TC5 : Oxydoréduction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Rappel de méthode : Le plus fiable pour équilibrer une demi-équation redox en milieu basique est
d’abord de l’écrire en milieu acide, puis de rajouter (des deux côtés) autant de HO– que nécessaire pour
compenser les H+ et former H2 O : ici il y a 14 H+ dans la demi-équation en milieu acide, donc il faut
ajouter 14 HO– de chaque côté pour passer en milieu basique. On simplifie enfin les molécules d’eau
excédentaires.

4 Le chrome est au même nombre d’oxydation dans les deux édifices, ce n’est donc pas un couple redox. La
demi-équation s’écrit avec exactement la même méthode que pour un couple redox ... sauf qu’il ne sera pas nécessaire
d’ajouter des électrons pour équilibrer les charges.

2 CrO2− + 2−
4 + 2 H = Cr2 O7 + H2 O .

La demi-équation met en jeu un échange de proton, mais pas d’électron, on est donc bien en présence d’un couple
acide-base.

Exercice 3 : Nombres d’oxydation du soufre


1 Le soufre étant moins électronégatif que l’oxygène, raisonnons en attribuant un no de −II à chaque oxygène
présent dans l’édifice.
. Pour SO2 : no(S) + 2 no(O) = no(S) − 4 = 0 d’où no(S) = +IV ;
. Pour SO2–4 : no(S) + 4 no(O) = no(S) − 8 = −2 d’où no(S) = +VI ;
. Pour SO3 : no(S) + 3 no(O) = no(S) − 6 = 0 d’où no(S) = +VI.

2 . Pour S2 O2– 3 : 2 no(S) + 3 no(O) = 2 no(S) − 6 = −2 d’où no(S) = +II ;


. Pour S4 O2–6 : 4 no(S) + 6 no(O) = 4 no(S) − 12 = −2 d’où no(S) = 5/2 ? ? ? Un no non-entier doit vous faire
réagir ... mais vous avez beau vérifier votre calcul (si si vous l’avez fait), il semble juste.

3 Thiosulfate S2 O2– 3 :
. Décompte des électrons de valence :
→ O : 1s2 2s2 2p4 donc 6 électrons de valence ;
→ S : même famille donc 6 électrons de valence également avec possibilité d’hypervalence ;
→ on n’oublie pas la charge ;
→ Total : 2 × 6 + 3 × 6 + 2 = 32 électrons soit 16 doublets.
. Méthode simple :

O O

O S O d’où O S O

S O

6 : immédiat par rapport au schéma de Lewis précédent.


Tétrathionate S4 O2–

O O

O S O O S O

O O

4 L’écriture des schémas de Lewis montre qu’il existe des liaisons S S, donc symétriques, pour lesquelles le
no se calcule en attribuant la moitié des électrons de la liaison à chaque atome de soufre. On en déduit que le soufre
est présent à des nombres d’oxydation différents dans ces édifices : les atomes de soufre centraux ont un no
de +IV alors que les atomes de soufre périphériques ont un no de 0. Le no calculé à la question 2 correspond au no
moyen des atomes de soufre dans l’édifice.

Exercice 4 : Dismutation du dioxyde d’azote


1 Pour le couple NO–3(aq) /NO2(g) : NO− +
3 + 2 H + e = NO2 + H2 O et

+ 2 ◦
[NO−
3 ] [H ] p
E1 = E1◦ + 0,059 log .
pNO2

2/10 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Correction TD TC5 : Oxydoréduction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Pour le couple NO2 /NO–2 : NO2 + e− = NO−


2 et

pNO2
E2 = E2◦ + 0,059 log .
p [NO−

2]

2 Calculons les potentiels frontière compte tenu des conventions de l’énoncé.

E1,fr = E1◦ + 0,059 log 1 = 0,83 V et E2,fr = E2◦ + 0,059 log 1 = 0,85 V

On en déduit les diagrammes de prédominance :

0,83 V
NO2 NO–3
E
NO–2 NO2
0,85 V

On constate alors que les domaines de prédominance de NO2 sont disjoints : il est « instable en sa propre présence »,
et se dismute donc. Cependant, les potentiels frontière sont très proches, la réaction de dismutation est donc peu
favorisée.
+
3 2 NO2 + H2 O = NO− −
3 + 2 H + NO2 .

4 La constante d’équilibre est donnée par


E ◦ −E ◦
2 1
K ◦ = 10 0,059 = 2,15 .

Cette relation peut se redémontrer à partir de l’unicité du potentiel à l’équilibre, mais le faire à chaque
fois est fastidieux. Mieux vaut donc l’apprendre par cœur et vérifier systématiquement sa cohérence
avec les diagrammes de prédominance : ici les domaines de prédominance sont disjoints, donc la réaction
est favorisée, donc K ◦ > 1, donc l’exposant doit être positif. C’est bien cohérent car E2◦ > E1◦ .

Exercice 5 : Éthylotest
1 Les espèces en présence sont l’éthanol et le dichromate. L’équation bilan de la transformation s’obtient à partir
des demi-équations.
3+
Cr2 O2− +
7 + 14 H + 6 e = 2 Cr

+ 7 H2 O (×2)
+
CH3 CH2 OH + H2 O = CH3 COOH + 4 H + 4e −
(×3)

3+
2 Cr2 O2− +
7 + 16 H + 3 CH3 CH2 OH = 4 Cr + 11 H2 O + 3 CH3 COOH

L’éthanol (réducteur) est oxydé et le dichromate (oxydant) est réduit.

2 La transformation met en jeu un échange de 6 × 2 = 4 × 3 = 12 électrons. La constante d’équilibre s’écrit donc


◦ ◦
K ◦ = 10 0,059 (E1 −E2 ) = 10228 .
12

Il s’agit d’une transformation (quasi) totale.


Cette relation peut se redémontrer à partir de l’unicité du potentiel à l’équilibre, mais le faire à chaque
fois est fastidieux. Mieux vaut donc l’apprendre par cœur ... et vérifier systématiquement la cohérence
de l’expression écrite, par exemple en traçant des diagrammes de prédominance qualitatifs. Pour tracer
de tels diagrammes (au brouillon !) on considère que le potentiel frontière est de l’ordre du potentiel
standard.
0,19 V
CH3 CH2 OH CH3 COOH
3+
E
Cr Cr2 O2–
7
0,85 V

3/10 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Correction TD TC5 : Oxydoréduction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Comme les domaines de prédominance de l’éthanol et du dichromate sont (très) disjoints alors la
constante d’équilibre de la réaction doit être (très) supérieure à 1.

3 Si la concentration massique sanguine vaut τs = 0,50 g · L−1 alors la concentration massique dans l’air expiré
vaut
τs
τa = = 2,4 · 10−4 g · L−1 .
2100
On en déduit la concentration molaire
τa
ca = = 5,2 · 10−6 mol · L−1 .
Méthanol

4 Pour que tous les cristaux situés avant le trait de jauge se colorent en vert lorsque l’alcoolémie atteint sa valeur
limite, il faut que la quantité de dichromate de potassium qui s’y trouve permette d’oxyder les n0 = 5,2 · 10−6 mol
d’éthanol présentes dans le litre d’air expiré dans l’éthylotest. Procédons à un bilan de matière de la réaction entre
l’éthanol présent dans l’air en quantité n0 et le dichromate (quantité de matière initiale ni ) présent juste avant le
trait de jauge. On se se préoccupe pas des autres espèces.

2 Cr2 O2–
7 + 3 CH3 CH2 OH + etc.
état initial ni n0
état final ni − 2ξf n0 − 3ξf

Pour que la limite soit correctement définie, il faut que le mélange soit stœchiométrique, c’est-à-dire
ni n0 2
ξf = = d’où ni = n0
2 3 3
La masse à placer avant le trait de jauge vaut donc

2
m= n0 MK2 Cr2 O7 = 1,0 mg .
3

Attention à ne pas oublier que la neutralité du solide impose qu’il y ait DEUX cations K+ pour un
anion Cr2 O2–
7 .

Exercice 6 : Pile argent-zinc


1 La f.é.m. de la pile est la différence entre les potentiels redox des deux électrodes, qui sont donnés par la loi de
Nernst. Pour le couple Ag+ /Ag,
EAg+ /Ag = EAg◦
+ /Ag + 0,059 log c = 0,76 V

et pour le couple Zn2+ /Zn,


0,059
EZn2+ /Zn = EZn

2+ /Zn + log c0 = −0,78 V ,
2
d’où on déduit la f.é.m. de la pile (forcément positive),

fém = EAg+ /Ag − EZn2+ /Zn = 1,53 V .

Au sein du circuit électrique, les électrons migrent vers l’électrode de potentiel le plus élevé : c’est donc à cette
électrode qu’a lieu la réduction (consommation d’électrons), qui est donc la cathode. On en déduit que dans cette
pile l’électrode d’argent est la cathode alors que l’électrode de zinc est l’anode.

2 Au niveau de la cathode d’argent,


Ag+
(aq) + e −−→ Ag(s) ,

et au niveau de l’anode de zinc


Zn(s) −−→ Zn2+
(aq) + 2e .

La réaction de fonctionnement de la pile lorsqu’elle débite est donc

2 Ag+ 2+
(aq) + Zn(s) −−→ 2 Ag(s) + Zn(aq) .

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Correction TD TC5 : Oxydoréduction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Attention à ne pas oublier les nombres stoëchiométriques : une réaction chimique ne peut pas produire
d’électrons, il ne doit donc pas en rester dans l’équation bilan !

3 Les électrons migrent par le circuit extérieur de l’électrode de zinc jusqu’à l’électrode d’argent. Connaissant les
réactions aux électrodes, on en déduit le mouvement des ions dans le pont salin : leur migration permet de garantir
l’électroneutralité des deux solutions. On en déduit le schéma figure 2.

anions cations

Zn Ag

Zn2+ Ag+
anode cathode
Zn(s) −−→ Zn2+
(aq) + 2e Ag+
(aq) + e −−→ Ag(s)

Figure 2 – Mouvement des porteurs de charge dans la pile argent-zinc. Le dessin est fait lorsque la pile débite.

4 Lorsque la pile est usée, la réaction de fonctionnement a atteint son état d’équilibre. Compte tenu de la différence
entre les potentiels standard, on peut la supposer quasi-totale : en effet,
◦ ◦
2
(EAg + /Ag −EZn2+ /Zn )
K = 10 0,059 = 1053 .

Comme les volumes des deux compartiments sont différents, le bilan de matière doit impérativement être fait en
quantité de matière. La concentration finale, quasi nulle, en ions argent est notée ε.

2 Ag+ + Zn = 2 Ag + Zn2+
état initial cV excès excès c0 V 0
cV
état d’équilibre εV excès excès c0 V 0 +
2

La concentration finale en Zn2+ vaut donc

c0 V 0 + cV
[Zn2+ ]f = 2
= 0,34 mol · L−1 .
V0
Comme les ions argent ne sont plus présents qu’à l’état de traces dans la demi-pile à l’argent, leur concentration ε
ne peut que se déduire de la loi d’action des masses.
s
2+
[Zn f ] [Zn2+ f ]
2
=K d’où ε=
ε K
ce qui donne numériquement
[Ag+ ]f = 1,8 · 10−27 mol · L−1 .
Compte tenu de la valeur numérique trouvée, l’hypothèse de réaction quasi-totale utilisée pour les calculs est largement
confirmée.
La quantité d’électricité débitée par la pile est reliée au nombre d’électrons ayant transité par le circuit électrique.
Comme chaque ion Ag+ ayant réagi a reçu un électron, on en déduit la charge délivrée par la pile,

Q = c V × F = 1,7 · 104 C ,

où cV est la quantité de matière d’ions Ag+ ayant réagi et F = NA e la constante de Faraday est la charge d’une
mole d’électrons.

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Exercice 7 : Stabilisation du cuivre (I) par précipitation


1 Couple Cu+ /Cu : Cu+ + e− = Cu donc

E = E1◦ + 0,059 log[Cu+ ] d’où Efr = E1◦ + 0,059 log 1 = 0,52 V .


Couple Cu2+ /Cu+ : Cu2+ + e− = Cu+ donc

[Cu2+ ]
E = E2◦ + 0,059 log d’où Efr = E2◦ + 0,059 log 1 = 0,16 V .
[Cu+ ]
On en déduit les diagrammes de prédominance :

0,52 V
Cu Cu+
E
Cu+ Cu2+
0,16 V

On observe que Cu+ possède deux domaines disjoints : il est donc instable.

2 L’équation de dissolution du précipité d’iodure de cuivre s’écrit CuI = Cu+ + I− . Les demi-équations des couples
où le précipité apparaît font nécessairement intervenir l’ion I– , et s’écrivent
CuI + e− = Cu + I− et Cu2+ + I− + e− = CuI .

3 Pour les couples impliquant le précipité, la loi de Nernst s’écrit

1 [Cu2+ ] [I− ]
E = E3◦ + 0,059 log et E = E4◦ + 0,059 log
[I− ] 1
Comme le précipité CuI est par hypothèse présent (sinon écrire les demi-équations n’aurait aucun sens !), la concen-
tration [I− ] peut être reliée au produit de solubilité,
Ks
[Cu+ ][I− ] = Ks donc [I− ] = .
[Cu+ ]
Pour relier les potentiels standard les uns aux autres, utilisons l’unicité du potentiel en solution. D’abord,
1
E = E1◦ + 0,059 log[Cu+ ] = E3◦ + 0,059 log
[I− ]
et en introduisant le produit de solubilité
[Cu+ ]
E1◦ + 0,059 log[Cu+ ] = E3◦ + 0,059 log
Ks
ce qui permet d’identifier
E3◦ = E1◦ − 0,059 pKs = −0,14 V .
De même,
[Cu2+ ] 2+ [Cu2+ ]Ks
E2◦ + 0,059 log + = E4 + 0,059 log [Cu

] [I− ] = E4◦ + 0,059 log

[Cu ] [Cu+ ]
d’où par identification
E4◦ = E2◦ + 0,059pKs = 0,82 V .

4 Traçons les diagrammes de prédominance pour les couples impliquant le précipité.

−0,14 V
Cu CuI
E
CuI Cu2+
0,16 V

Les deux domaines de stabilité du cuivre au no +I, ceux du précipité, sont maintenant superposés. Le précipité est
donc stable, ou en d’autres termes le cuivre (I) a été stabilisé par précipitation.

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Exercice 8 : Dosage colorimétrique en retour

1 Les demi-équations relatives aux couples mis en jeu s’écrivent


Cr2 O72− + 14 H+ + 6 e− = 2 Cr3+ + 7 H2 O et Fe2+ = Fe3+ + e− .
L’équation bilan du titrage direct est donc

Cr2 O72− + 14 H+ + 6 Fe2+ = 2 Cr3+ + 7 H2 O + 6 Fe3+ .

2 La constante d’équilibre de la réaction s’obtient à l’aide de l’unicité à l’équilibre des potentiels redox des différents
couples,
0,06 [Cr2 O72− ] [H+ ]14 0,06 [Fe3+ ]6
E1◦ + log 3+ = E2

+ log
6 [Cr ]2 6 [Fe2+ ]6
soit
6 [Fe3+ ]6 [Cr2 O72− ] [H+ ]14 [Fe3+ ]6 [Cr3+ ]2
(E1◦ − E2◦ ) = log − log = log = log K ◦
0,06 [Fe2+ ]6 [Cr3+ ]2 [Fe2+ ]6 [Cr2 O72− ] [H+ ]14
et au final
◦ ◦
K ◦ = 10(E1 −E2 )/0,01 = 1056  1
Cette réaction est donc quantitative, ce qui la rend bien adaptée à un titrage (à condition qu’elle soit aussi rapide).
Cependant, elle consomme une espèce orange et une espèce verte et forme une espèce orange et une espèce verte : le
changement de couleur à l’équivalence risque d’être peu visible.

3 Cette réaction est une réaction redox : mesurer le potentiel redox de la solution permet donc de rendre compte
de sa composition et de suivre le titrage.
Pour déterminer le sens du saut de potentiel, il faut déterminer les espèces prédominantes de chaque couple avant
et après l’équivalence. L’énoncé indique (implicitement) que ce sont les ions fer II qui sont ajoutés progressivement
au milieu.
. Au début du titrage, en tout cas avant l’équivalence, Fe2+ est le réactif limitant, presque inexistant dans le bécher,
et Cr2 O72– le réactif en excès, présent en « grande » quantité. Comme la réaction est peu avancée, Cr3+ et Fe3+
sont présents en « faible » quantité. On en déduit qualitativement
[Cr2 O72− ] > [Cr3+ ] et [Fe3+ ] > [Fe2+ ] .
Ce sont donc les oxydants des couples qui prédominent : avant l’équivalence, le potentiel de la solution est
plutôt élevé.
. À la fin du titrage, nettement après l’équivalence, Cr2 O72– n’est plus présent qu’en quantité infime dans le bécher
alors que Fe2+ a été versé en large excès. La réaction n’avance presque plus et les produits sont présents environ
avec les mêmes quantités qu’à l’équivalence. Qualitativement, on en déduit
[Cr2 O72− ] < [Cr3+ ] et [Fe3+ ] < [Fe2+ ] .
Ce sont donc désormais les réducteurs des couples qui prédominent : après l’équivalence, le potentiel de la
solution est plutôt faible.
Au final, on en déduit que le saut de potentiel qui serait observé au cours du titrage est descendant.

4 Même s’il est sans doute peu clair, on peut penser qu’un changement de couleur doit être observable lorsque les
ions fer (II) sont en grand excès.

5 Deux réactions sont a priori possibles : le permanganate, oxydant fort, peut a priori oxyder les deux réducteurs
en présence, en l’occurence l’excès de Fe2+ ou les ions Cr3+ . L’énoncé indique qu’il s’agit d’un titrage en retour, on
en déduit que ce sont les ions Fe2+ qui sont dosés. Cela se confirme à la lecture des potentiels standard : comme
E2◦ < E1◦ , la réaction avec Fe2+ est plus favorable que celle avec Cr3+ . L’équation bilan du titrage en retour s’écrit
donc à partir des demi-équations
MnO4− + 8 H+ + 5e = Mn2+ + 4 H2 O
Fe2+ = Fe3+ + e
ce qui donne
MnO4− + 8 H+ + 5 Fe2+ −−→ Mn2+ + 4 H2 O + 5 Fe3+ .

6 Procédons à un bilan de matière partiel sur la réaction intermédiaire, en ne s’intéressant qu’à certaines espèces.
Par hypothèse, l’ion dichromate est le réactif limitant, donc ξf ' C1 V1 car la réaction est quantitative.

7/10 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


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Cr2 O72– 6 Fe2+


EI C1 V1 C2 V2
EF traces C2 V2 − 6 C1 V1

C’est la quantité de matière restante en ion fer (II) qui est ensuite titrée par la solution de permanganate de potassium.
Procédons à un bilan de matière partiel au cours de cette réaction.

MnO4– 5 Fe2+
EI C3 V3 C2 V2 − 6 C1 V1
EF C3 V3 − ξf0 C2 V2 − 6 C1 V1 − 5 ξf0

Lorsque l’équivalence est atteinte, V3 = V3E , les deux réactifs sont limitants et on a simultanément

C3 V3E − ξf0 ' 0 et C2 V2 − 6 C1 V1 − 5 ξf0 ' 0

d’où
C2 V2 − 6 C1 V1
C3 V3E = .
5
En inversant cette relation, on obtient

C2 V2 − 5 C3 V3E
6 C1 V1 = C2 V2 − 5 C3 V3E soit C1 = = 1,7 · 10−2 mol · L−1
6 V1

Annale de concours
Exercice 9 : Pile à combustible à oxyde solide [écrit PT 2015]
1 Est-ce bien nécessaire ?

2 Au niveau de l’électrode 1, il y a arrivée de dihydrogène, un réducteur, et départ d’eau, qui est l’oxydant associé.
On en déduit qu’il y a oxydation du dihydrogène, et donc que l’électrode 1 est l’anode. Réciproquement, au
niveau de l’électrode 2, il y arrivée de dioxygène, un oxydant, et départ d’eau qui est le réducteur associé. On en
déduit qu’il y a réduction du dioxygène, et donc que l’électrode 2 est la cathode. Ainsi, les électrons traversent
la pile de l’électrode 1 vers l’électrode 2.

3 H2 −−→ 2 H+ + 2e− et O2 + 4 H+ + 4e− −−→ 2 H2 O.


Il n’est jamais faux d’écrire les demi-équations avec des symboles « = », mais compte tenu de la précision
de la question (la pile débite), je pense que l’auteur du sujet attend plus de précision sur le sens réel
de la transformation électrochimique, d’où la flèche.

4 Parmi les espèces en présence, c’est le dihydrogène qui est oxydé. C’est donc lui le combustible.

5 En combinant les deux demi-équations : 2 H2 + O2 −−→ 2H2 O.

6 La masse molaire du dihydrogène est MH2 = 2,0 g · mol−1 . La quantité de matière n nécessaire pour parcourir
les 250 km est donc
m
n= = 750 mol .
M
D’après la loi des gaz parfaits, le volume occupé vaut

nRT
V = = 1,8 · 104 L .
P

7 Le gros avantage de la pile à combustible est qu’elle ne rejette que de l’eau, et aucune substance polluante.
L’inconvénient majeur de la pile envisagée ici est bien sûr la production et le stockage du dihydrogène, qui est un
gaz très explosif.
Le stockage du dihydrogène pour les piles à combustible est un domaine de recherche très actif. Il est
a priori produit par électrolyse de l’eau (soit l’inverse de la transformation qui a lieu dans la pile),

8/10 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Correction TD TC5 : Oxydoréduction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

l’énergie nécessaire à l’électrolyse pouvant venir d’une source d’énergie propre. Il est ensuite stocké
selon différentes modalités : bouteille de gaz ou de liquide, stockage dans des hydrures métalliques
solides, etc. Vous pouvez lire la page Wikipedia « pile à combustible » à ce sujet.

Exercice 10 : Accumulateur lithium métal [oral banque PT]


1 La configuration est 1s2 2s1 , le lithium est donc situé juste en dessous de l’hydrogène, à la deuxième ligne
et première colonne de la classification. Comme tous les alcalins (sodium, potassium, etc.) c’est un réducteur très
puissant, qui réagit violemment avec l’eau.

2 En fonctionnement générateur, la réaction chimique a lieu dans le sens spontané, donc entre espèces incompatibles.
Des diagrammes de prédominance permettent de constater que ce sont Li et MnO2 qui réagissent.

−3,03 V
Li Li+
E
LiMnO2 MnO2
0,65 V

À l’électrode de lithium,
Li −−→ Li+ + e− .
À l’électrode de manganèse,
MnO2 + Li+ + e− −−→ LiMnO2 .

L’ion lithium joue ici un rôle analogue à celui joué par H+ en solution aqueuse.

L’équation globale de fonctionnement est donc

MnO2 + Li+ + Li −−→ LiMnO2 + Li+

qui se simplifie en
MnO2 + Li −−→ LiMnO2 .

3 Les deux espèces qui réagissent sont deux solides, physiquement séparés en deux électrodes. Le rôle du pont salin
étant d’empêcher les réactifs d’être en contact direct, il n’est pas nécessaire ici.

4 D’après la loi de Nernst, le potentiel de l’anode (électrode de lithium) vaut

ELi = E1◦ + 0,06 log[Li+ ] .

De même, le potentiel de la cathode (électrode de MnO2 ) vaut

EMnO2 = E2◦ + 0,06 log[Li+ ] .

Ainsi, la fém de la pile est

U = EMnO2 − ELi soit U = E2◦ − E1◦ = 3,68 V .

5 À partir de l’équation à l’électrode de lithium, on constate que lorsque la réaction (totale) est terminée la quantité
de matière n d’électrons à avoir transité dans le circuit est égale à la quantité de matière de lithium initialement
introduite. On en déduit la capacité, c’est-à-dire la charge totale pouvant transiter dans le circuit,

mLi
C= × NA × e = 3,2 · 104 C = 9,0 A · h .
MLi

1 1
Pour la conversion : 1 C = 1 A × 1 s = 1 A × h= A · h.
3600 3600

9/10 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Correction TD TC5 : Oxydoréduction Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 11 : Dosage d’une solution d’hypochlorite de sodium [écrit PT 2016]


Extrait du rapport officiel : Lors de l’étude du titrage des ions hypochlorite, l’écriture des réactions
d’oxydoréduction nécessitait d’établir dans un premier temps des demi-équations d’oxydo-réduction.
Les réactions proposées étant support d’un titrage, de nombreux candidats ont compris qu’elles devaient
être thermodynamiquement favorisées et ont su le justifier qualitativement. L’exploitation du volume
équivalent est en revanche très décevante, les candidats raisonnant rarement sur des bilans de quantité
de matière.

1 À partir des demi-équations,

ClO− + 2 H+ + 2 e− = Cl− + H2 O
2 I− = I2 + 2 e−

ClO− + 2 H+ + 2 I− = Cl− + I2 + H2 O

Des diagrammes de prédominance qualitatifs (potentiel frontière égal au potentiel standard) montrent que les deux
espèces sont incompatibles, la réaction est donc favorisée.

0,89 V
Cl– ClO–
E
I– I2
0,54 V

2 De même,

I2 + 2 e− = 2 I−
2 S2 O2− 2−
3 = S4 O6 + 2 e

I2 + 2 S2 O2− 2−
3 = 2 I + S 4 O6

Des diagrammes de prédominance qualitatifs (potentiel frontière égal au potentiel standard) montrent que les deux
espèces sont incompatibles, la réaction est donc favorisée.

3 Raisonnons d’abord sur la deuxième réaction pour déterminer la quantité de matière n1 de diiode formée par la
première réaction. À l’équivalence, le thiosulfate est apporté dans les proportions stœchiométriques par rapport au
diiode, un bilan de matière montre donc que

n1 − ξéq = 0 et CV 0 − 2ξéq = 0

d’où on déduit
CV 0
n1 = .
2
Considérons la première réaction totale. Comme le réactif limitant est par hypothèse l’ion hypochlorite ClO– , un
bilan de matière montre que la quantité de matière initiale d’ion hypochlorite est égale à la quantité de matière de
diiode formé, c’est-à-dire n1 . Ainsi, compte tenu du processus de préparation des solutions,
n1
n1 = V Cf donc Cf = .
V
La conservation de la matière au cours de la dilution donne enfin accès à la concentration C0 de la solution commer-
ciale,
C0 V0 = Cf Vf .
En rassemblant,
Vf Vf n1 Vf V 0
C0 = Cf = d’où C0 = C = 8,0 · 10−1 mol · L−1 .
V0 V0 V 2 V0 V

10/10 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Transformations chimiques 6 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Diagrammes potentiel-pH

Exercices
Exercice 1 : Diagramme E-pH de l’argent [♦♦]
On donne figure 1 le diagramme potentiel-pH de l’argent, établi à 25 C en tenant compte des espèces Ag(s) ,

Ag2 O(s) et Ag+


(aq) , pour une concentration en ions argent égale à CAg
+ = 1 · 10
−1
mol · L−1 . On superpose au
diagramme la droite relative au couple H2 O(liq) / H2(g) , tracée pour PH2 = 1 bar.
Donnée : E ◦ (Ag+ /Ag) = 0,80 V.

Figure 1 – Diagramme E-pH de l’argent.

1 - Établir l’équation de la frontière relative au couple Ag+ /Ag.


2 - Déterminer la pente de la frontière relative au couple Ag2 O/Ag.
3 - Qu’observe-t-on si on élève le pH d’une solution d’ions argent sans variation de la concentration initiale en ions
Ag+ dans la solution ? Écrire l’équation de la réaction correspondante.
4 - L’argent est-il stable dans l’eau ? dans l’air ?

Exercice 2 : Diagramme E-pH de l’étain [♦]


Un diagramme potentiel-pH simplifié de l’étain est représenté figure 2. Les espèces prises en compte sont Sn(s) ,
SnO2(s) , HSnO–2(aq) , SnO2– 2+ 4+
3(aq) , Sn(aq) et Sn(aq) . Le tracé a été réalisé en considérant que la somme des concentrations
en espèces dissoutes est égale à c0 = 1 · 10−3 mol · L−1 . Il y a égalité des concentrations à la frontière entre deux
espèces dissoutes.
Données : E ◦ (Sn2+ /Sn) = −0,14 V ; E ◦ (SnO2 /Sn2+ ) = 0,14 V.
1 - Attribuer à chaque espèce de l’étain son domaine de stabilité.
2 - Déduire du diagramme la valeur du potentiel d’oxydoréduction standard du couple Sn4+ /Sn2+ et déterminer la
pente de la droite AB.
3 - Retrouver par un calcul la valeur du pH en B. Qu’observe-t-on en ce point ? Écrire l’équation de la réaction
correspondante.
4 - Montrer que le couple SnO2(s) /SnO2–3(aq) est un couple acide/base. Déduire du diagramme la valeur de sa constante
d’acidité Ka puis son pKa , exprimés pour un proton échangé et donc éventuellement des nombres stœchiométriques
fractionnaires pour les autres espèces.

1/4 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


TD TC6 : Diagrammes potentiel-pH Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Figure 2 – Diagramme E-pH de l’étain.

Exercice 3 : Corrosion du zinc [♦]


La corrosion désigne l’altération d’un matériau par réaction chimique avec un oxydant, en pratique l’eau ou le
dioxygène de l’air. Elle revêt une importance considérable : un quart de la production mondiale de fer ne sert qu’à
remplacer du fer corrodé ! Le zingage d’une pièce en fer constitue une protection relativement efficace contre sa
corrosion : il s’agit de la recouvrir de zinc métallique. Les aspects thermodynamiques de la corrosion peuvent être
étudiés à l’aide des diagrammes potentiel-pH.
On s’intéresse dans cet exercice à la corrosion du zinc. Son diagramme potentiel-pH est représenté figure 3 pour
une concentration de tracé égale à c0 = 1 · 10−6 mol · L−1 . Les espèces prises en compte sont Zn(s) , HZnO–2(aq) ,
Zn(OH)2(s) , ZnO2– 2+
2(aq) et Zn(aq) . Les conventions de frontière sont les suivantes :
. il y a égalité des concentrations à la frontière entre deux espèces dissoutes ;
. à la frontière entre une espèce dissoute et une espèce solide, la concentration de l’espèce dissoute est prise égale à
la concentration de tracé c0 .

Figure 3 – Diagramme E-pH du zinc.

1 - Proposer une explication au choix d’une concentration de tracé aussi faible.


2 - Montrer que les espèces HZnO–2(aq) , Zn(OH)2(s) , ZnO2– 2+
2(aq) et Zn(aq) sont liées par des équilibres acido-basiques.

2/4 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


TD TC6 : Diagrammes potentiel-pH Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Écrire les équations des réactions correspondantes et classer ces espèces par basicité croissante.
3 - Attribuer à chaque espèce son domaine de stabilité. Préciser s’il s’agit de domaines de prédominance ou d’existence.
4 - On a superposé au diagramme les droites délimitant le domaine de stabilité thermodynamique de l’eau. Indiquer
les couples redox correspondants et établir l’équation des deux droites. On considérera pour les espèces gazeuses
une pression partielle égale à 1 bar à la frontière, et on donne les potentiels standards E ◦ (O2 /H2 O) = 1,23 V et
E ◦ (H+ /H2 ) = 0 V.
5 - D’après le diagramme, une couche de zinc métallique placée dans une solution aqueuse désaérée est-elle corrodée ?
Écrire la ou les équation(s) de réaction associées.
6 - (Question intéressante mais programme PT) Proposer alors une explication à l’utilisation du zinc pour protéger
le fer de la corrosion.

Annales de concours
Exercice 4 : Diagramme E-pH du plomb [CCP PC 2014, ♦]
Les espèces prises en compte pour la construction du diagramme E-pH du plomb représenté figure 4 sont les
suivantes :
Pb(s) , PbO(s) , PbO2(s) , Pb3 O4(s) , Pb2+ − 2−
(aq) , HPbO2(aq) , PbO3(aq) .

La concentration de chaque espèce dissoute est égale à c = 1,0 · 10−4 mol · L−1 . On suppose qu’à la frontière entre deux
espèces dissoutes, il y a égalité des concentrations molaires entre ces deux espèces. En pointillés, sont représentées
les droites frontières relatives aux couples redox de l’eau.
Données : produits de solubilité
2+ −
PbO(s) + H2 O ←
−−
−− Pb(aq) + 2 HO(aq)
→ pKs 1 = 14,5
PbO(s) + 2 H2 O −
←−
−→
− HPbO−
2(aq) + H 3 O+
(aq) pKs 2 = 15,0

Figure 4 – Diagramme E-pH du plomb.

1 - Attribuer chacun des domaines du diagramme E-pH à l’une des espèces chimiques prises en compte pour la
construction de ce diagramme. Justifier votre réponse.
2 - Déterminer la valeur de la pente de la droite frontière entre les domaines de PbO2(s) et Pb2+
(aq) .
3 - Calculer les valeurs de pH limites du domaine d’existence de PbO(s) .

4 - Écrire, à l’aide du diagramme, l’équation de transformation du plomb au contact d’une eau aérée et de pH voisin
de 7 contenue dans une canalisation au plomb.

3/4 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


TD TC6 : Diagrammes potentiel-pH Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 5 : L’eau de Javel [CCP MP 2016, ♦]

Document 1 : Composition de l’eau de Javel


Étudiée particulièrement à partir de 1775 par le chimiste français Claude Louis Berthollet, dont la manufacture
de produits chimiques a été construite dans le quartier de Javel à Paris, l’eau de Javel est une solution aqueuse
d’hypochlorite de sodium (Na+ – + –
(aq) + ClO(aq) ) et de chlorure de sodium (Na(aq) + Cl(aq) ), composé résiduel du processus
de fabrication, en présence d’un excès de soude. L’eau de Javel est donc oxydante et caustique (11,5 < pH < 12,5) :
sa composition varie en fonction du pH d’utilisation et du temps écoulé depuis sa fabrication. Des espèces minoritaires
chlorées, chlorite de sodium (Na+ – + –
(aq) + ClO2(aq) ) et chlorate de sodium (Na(aq) + ClO3(aq) ), issues du processus de
décomposition de l’eau de Javel peuvent être aussi présentes.
L’eau de Javel est commercialisée sous deux niveaux de dilution dans des bouteilles à 2,6 % de chlore actif (masse
volumique ρ1 = 1,03 g · cm−3 ) et dans des berlingots à 9,6 % de chlore actif (masse volumique ρ2 = 1,15 g · cm−3 ). On
définit le pourcentage de chlore actif par la masse de dichlore formé (suite à une acidification du mélange équimolaire
d’ions hypochlorite et chlorure) pour 100 g de solution.

Document 2 : Stabilité des ions hypochlorite


La décomposition de l’eau de Javel avec formation de dioxygène O2 est favorisée par l’ajout de sels métalliques
qui catalysent cette réaction, par une diminution du pH, une augmentation de la force ionique et une augmentation
de la température. Cette décomposition, produisant un gaz, conduit dans des récipients fermés à une augmentation
de la pression au-dessus du liquide et est donc à éviter pour des raisons de sécurité. L’eau de Javel est donc vendue
dans des contenants en plastique étanches à la lumière et non contaminés par des ions métalliques.
En l’absence de catalyseurs, la décomposition de l’ion hypochlorite en ion chlorate ClO–3(aq) est beaucoup plus rapide
que l’oxydation de l’eau (d’un facteur 10, ce qui correspond approximativement à 95 % de la perte d’ions hypochlorite
ClO– ). Les ions chlorate ClO–3(aq) présents dans le milieu ne possèdent aucune propriété bactéricide.

Données :
RT
. ln 10 ' 0,06 V ;
F
. masses molaires : MH = 1,0 g · mol−1 ; MO = 16,0 g · mol−1 ; MCl = 35,5 g · mol−1 ;
. potentiels standard des couples d’oxydoréduction :
Couple O2 /H2 O Cl2 /Cl– HClO/Cl2 HClO/Cl– ClO– /Cl– ClO–3 /HClO ClO–3 /ClO–
E (V/E.S.H.)

1,23 1,36 1,63 1,49 1,73 1,43 1,32

La figure 5 est la superposition des droites relatives au couple O2(g) /H2 O(l) et d’un diagramme simplifié de
l’élément chlore, c’est-à-dire dans une situation chimique sans présence d’ions chlorate ClO–3 . Les seules espèces à
envisager sont donc celles des couples de la partie gauche du tableau de données, pour lesquelles on indique la valeur
du potentiel standard E ◦ par rapport l’E.S.H. (Electrode Standard à Hydrogène).
La figure 6 superpose au diagramme simplifié du chlore précédent les segments de droites traduisant les lois de
Nernst de deux couples où intervient l’ion chlorate, indiquées sur la partie droite du tableau de données.
1 - Indiquer, pour chacun des domaines (A, B, C, D) présents dans les diagrammes potentiel-pH des figures 5 et 6,
l’espèce chimique correspondante.
2 - Préciser alors le principe de fabrication de l’eau de Javel à partir du dichlore Cl2 . Écrire l’équation de la réaction
mise en jeu pour une mole de dichlore Cl2 , notée (1).
3 - Calculer alors la concentration molaire volumique en ions hypochlorite dans les solutions à 2,6 % et 9,6 %.
4 - Écrire l’équation des réactions, notées (2) et (3), responsables de la décomposition des ions hypochlorite. On
utilisera les plus petits coefficients stœchiométriques entiers.
5 - Calculer les constantes d’équilibre K2◦ et K3◦ des deux réactions de décomposition des ions hypochlorite ClO– .

4/4 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


TD TC6 : Diagrammes potentiel-pH Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Figure 5 – Superposition des diagrammes potentiel-pH du chlore simplifié et de l’eau. La concentration des
espèces dissoutes est de 1 mol · L−1 .

Figure 6 – Superposition des diagrammes potentiel-pH du chlore simplifié et des deux couples faisant intervenir
les ions chlorate. La concentration des espèces dissoutes est de 1 mol · L−1 .

5/4 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


TD TC6 : Diagrammes potentiel-pH Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

6/4 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Transformations chimiques 6 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Diagrammes potentiel-pH

Exercices
Exercice 1 : Diagramme E-pH de l’argent

1 La frontière en question est une frontière redox. L’équation de frontière s’obtient par la loi de Nernst,

E = E ◦ (Ag+ /Ag) + 0,06 log[Ag+ ] soit Efr = E ◦ (Ag+ /Ag) + 0,06 log CAg+ = 0,74 V .

2 Il s’agit à nouveau d’une frontière redox. La demi-équation associée s’écrit

Ag2 O(s) + 2 H+ + 2e = 2 Ag(s) + H2 O(liq) ,

d’où on déduit l’écriture de la loi de Nernst,

E = E ◦ (Ag2 O(s) /Ag(s) ) + 0,03 log[H+ ]2 d’où Efr = E ◦ (Ag2 O(s) /Ag(s) ) − 0,06pH .

La frontière entre Ag2 O et Ag a donc une pente de −0,06 V.


Remarquons que l’équation de la frontière ne dépend pas de la concentration de tracé.

3 Supposons le potentiel redox constant au cours de l’opération. On part initialement d’un système se trouvant
dans le domaine de stabilité de Ag+ . Lorsque l’on augmente le pH, on va rencontrer la frontière verticale et passer
dans le domaine de stabilité de Ag2 O. On va donc observer l’apparition d’un dépôt solide de Ag2 O dans le fond du
bécher. L’équation de réaction associée s’écrit

2 Ag+ −
(aq) + 2 HO(aq) −−→ Ag2 O(s) + H2 O(liq)

4 L’argent et l’eau ont un domaine de stabilité conjoint, l’argent est donc stable dans l’eau. En revanche, la
droite relative au couple O2 /H2 O d’équation 1,23 − 0,06pH (en volt) est toujours au dessus du domaine de stabilité
de Ag : l’argent n’est donc pas stable dans l’air ... où il s’oxyde.

Exercice 2 : Diagramme E-pH de l’étain

1 Classons d’abord les espèces par nombre d’oxydation. À partir des règles usuelles, on détermine

+IV SnO2 , SnO32– , Sn4+


+II HSnO2– , Sn2+
0 Sn

Il faut ensuite classer les espèces d’un même no par basicité croissante, par écriture de demi-équations acido-basiques
entre elles. Pour le no IV, on a les réactions

Sn4+ + 2 H2 O = SnO2 + 4 H+ et SnO2 + H2 O = SnO32− + 2 H+

Pour le no +II, l’équation est plus simple à déterminer et s’écrit sous la forme

Sn2+ + 2 H2 O = HSnO2− + 3 H+ .

Comme la seule espèce susceptible d’intervenir dans l’équation est H+ , on peut se laisser guider par
l’intuition que plus l’espèce est chargée positivement, plus elle sera à même de « libérer » des protons.

1/6 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Correction TD TC6 : Diagrammes potentiel-pH Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

À défaut, on utilise une méthode adaptée de l’oxydoréduction : équilibrage de l’étain, puis de l’oxygène
avec de l’eau, et enfin des hydrogènes et des charges avec H+ .

On peut enfin construire le diagramme de situation en ordonnant les espèces par basicité croissante, ce qui permet
d’attribuer les domaines de stabilité des différentes espèces.

+IV À Sn4+ Á SnO2 Â SnO32–


2+
+II Ã Sn Å HSnO2–
0 Ä Sn

2 La frontière associée au couple Sn4+ /Sn2+ est la frontière redox À/Ã. Comme il s’agit d’une frontière redox,
l’équation de frontière est donnée par la loi de Nernst,
[Sn4+ ]f
Ef = E ◦ (Sn4+ /Sn2+ ) + 0,03 log = E ◦ (Sn4+ /Sn2+ )
[Sn2+ ]f
car à la frontière [Sn4+ ]f = [Sn2+ ]f par convention. On déduit de la lecture du diagramme

E ◦ (Sn4+ /Sn2+ ) = 0,14 V .

La droite AB est la frontière redox associée au couple SnO2 /Sn2+ , dont la demi-équation redox s’écrit
SnO2 + 4 H+ + 2e− = Sn2+ + 2 H2 O .
La loi de Nernst s’écrit alors
[H+ ]4
Ef = E ◦ (SnO2 /Sn2+ ) + 0,03 log 2+ = E (SnO2 /Sn
◦ 2+
) − 0,03 log c0 − 0,12pH .
[Sn ]
Sans même avoir à se soucier de la concentration de tracé, on en déduit que la pente de la droite AB vaut
−0,12 V.

3 Le point B est le point d’intersection de la frontière AB avec la frontière redox entre les domaines à et Ä. Cette
frontière, relative au couple Sn2+ /Sn a pour équation
Ef = E ◦ (Sn2+ /Sn) + 0,03 log[Sn2+ ] = E ◦ (Sn2+ /Sn) + 0,03 log c0 = −0,23 V .
Au point B, on a donc
−0,23 = 0,23 − 0,12 pHB d’où pHB = 3,8 .

Au delà du point B, on observe la disparition du domaine de stabilité du no +II : il y a une réaction de


dismutation. On identifie les couples mis en jeu par lecture du diagramme, ce qui permet de déterminer les demi-
équations,
Sn2+ + 2 H2 O = SnO2 + 4 H+ + 2e−
Sn2+ + 2e− = Sn
et l’équation bilan de la réaction,
2Sn2+ +
(aq) + 2 H2 O ←−− SnO2(s) + Sn(s) + 4 H(aq) .
−−→

Remarquons qu’au delà du point C, Sn et SnO2 redeviennent incompatible et peuvent réagir par
réaction de médiamutation.

4 Dans SnO2 et dans SnO2– 3 , l’étain est au même no +IV. Les deux espèces ne forment donc pas un couple redox.
On peut par contre les relier par une demi-équation acido-basique qui s’écrit en équilibrant successivement avec l’eau
puis H+ ,
1 1 1
SnO2(s) + H2 O = SnO2− 3(aq) + 2 H
+
soit SnO2(s) + H2 O = SnO2− +
3(aq) + H ,
2 2 2
en l’exprimant pour un proton échangé. On en déduit la constante d’acidité,
Ka = [SnO2−
3 ]
1/2
[H+ ] .
À la frontière acido-basique séparant les domaines de stabilité de ces deux espèces, on lit pH = 11 et on a par
convention [SnO2−
3 ] = c0 , d’où

Ka = 10−3/2 × 10−11 = 3,2 · 10−13 d’où pKa = 12,5 .

2/6 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Correction TD TC6 : Diagrammes potentiel-pH Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 3 : Corrosion du zinc


1 La corrosion a lieu sous l’effet d’agents extérieurs, comme par exemple l’eau de pluie, et il s’agit d’un phénomène
lent. Les ions n’ont donc pas le temps de s’accumuler avant d’être naturellement évacués, ce qui justifie d’utiliser une
concentration de tracé très faible.

2 Les équations de couple acide-base successifs sont les suivantes. Pour les trouver, on raisonne à partir du fait
qu’une espèce est d’autant plus basique qu’elle est chargée négativement. Ainsi,
ZnO2− + −
2(aq) + H = HZnO2(aq)
+
HZnO−
2(aq) + H = Zn(OH)2(s)

Zn(OH)2(s) + 2 H+ = Zn2+ + 2 H2 O

3 Le degré d’oxydation de Zn dans Zn(s) est 0. Le degré d’oxydation de Zn dans chacune des espèces étudiées à la
question précédente est +II. Le classement par basicité croissante est déjà effectué, on en déduit alors le diagramme
de situation. Comme on y retrouve directement l’allure du diagramme donné par l’énoncé, on peut conclure.

no = II Á Zn2+ | Â Zn(OH)2(s) | Ã HZnO–2(aq) | Ä ZnO2–


2(aq)
no = 0 À Zn(s)

Les domaines de stabilité des ions (Á, Ã, Ä) sont des domaines de prédominance, alors que les domaines de stabilité
des solides (À, Â) sont des domaines d’existence.
Dans un cas aussi simple, on peut conclure directement, sans passer par le diagramme de situation !

4 Le premier couple redox est le couple H+ /H2 . La loi de Nernst et l’équation de frontière de ce couple sont
[H+ ]2
E = E ◦ (H+ /H2 ) + 0,03 log soit Ef/V = 0 − 0,06 pH
p(H2 )
Le second couple redox est O2 /H2 O, associé à la demi-équation O2 + 2H+ + 2e = 2 H2 O. On en déduit
E = E ◦ (O2 /H2 O) + 0,03 log [H+ ]2 p(O2 ) soit Ef/V = 1,23 − 0,06 pH


Pour écrire les valeurs numériques directement dans les équations, on utilise parfois la notation dite de
Guggenheim E/V qui indique que E est numériquement exprimé en volt.

5 Compte tenu du diagramme, le zinc métallique et l’eau ont des domaines de stabilité disjoints : le zinc est
instable dans l’eau, donc une couche de zinc placée dans une solution aqueuse est normalement corrodée.
La réaction associée en milieu acide (pH < 8,5) s’écrit
Zn(s) + 2 H+ −−→ Zn2+
(aq) + H2(g) .

Pour 8,5 < pH < 10,6, l’espèce formée n’est plus Zn2+ mais Zn(OH)2 , l’équation de réaction s’écrit donc
Zn + 2 H2 O −−→ Zn(OH)2 + H2(g) .
Pour 10,6 < pH < 13,1, on forme désormais HZnO–2(aq) , d’où

Zn + 2 H2 O −−→ HZnO2− + H+ + H2(g) , donc Zn + H2 O + HO− −−→ HZnO2− + H2(g) ,


car il faut respecter la basicité du milieu dans l’écriture de la réaction. Enfin, pour pH > 13,1,
Zn + 2 H2 O −−→ ZnO2−
2 + H2(g) + 2 H
+
soit Zn + 2 HO− −−→ ZnO2−
2 + H2(g) .

Au moindre doute sur l’écriture de ces équations, n’hésitez pas à repasser par les demi-équations de
chaque couple.

6 D’après ce diagramme, le zinc ne devrait pas pouvoir protéger le fer de la corrosion, puisqu’il doit être lui-
même corrodé. Une première explication possible est d’ordre cinétique : les réactions de corrosion pourraient être
cinétiquement bloquées, c’est-à-dire trop lentes pour pouvoir avoir lieu. Il s’avère en fait que cette explication n’est
pas la bonne. En pratique, une couche d’oxyde de zinc se forme à la surface du zinc métallique, et elle est suffisamment
imperméable pour isoler le zinc de l’eau et de l’air, et ainsi le protéger de la corrosion : ce phénomène est appelé
passivation.

3/6 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Correction TD TC6 : Diagrammes potentiel-pH Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Annales de concours
Exercice 4 : Diagramme E-pH du plomb [CCP PC 2014]

1 Commençons par classer les différentes espèces en fonction du nombre d’oxydation du plomb.
. no = 0 : Pb(s) ;
. no = +II : PbO(s) , Pb2+ , HPbO–2(aq) ;
. no = +IV : PbO2(s) , PbO2– 3(aq) ;
. le cas de Pb3 O4(s) est particulier, puisque l’application naïve des règles de calcul donne un nombre d’oxydation
égal à 8/3, ce qui n’est pas possible : comme il y a trois atomes de plomb dans la molécule, on en déduit que deux
d’entre eux sont au no +III et le troisième au no +II.
Classons maintenant les espèces de chaque no par basicité croissante. Pour le no +II, on peut écrire les équilibres
acido-basiques
Pb2+ + H2 O = PbO + 2 H+ et PbO + H2 O = HPbO− +
2(aq) + H .

Pb2+ est donc à même de « libérer » deux protons, et il est donc plus acide que PbO, lui-même plus acide que
HPbO–2(aq) . En ce qui concerne le no +IV, on a cette fois

PbO2 + H2 O = PbO32− + 2H+ .

On en déduit le diagramme de situation suivant, où Pb3 O4(s) n’est pas représenté :

no = +IV PbO2 | PbO32–


no = +II Pb | PbO | HPbO–2(aq)
2+

no = 0 Pb

Comment placer Pb3 O4(s) ? Comme certains atomes sont au no +II, on s’attend à ce que son domaine de stabilité ait
une partie commune avec la bande du no +II, et comme le dernier atome est au no +III il est plutôt sur le haut de
cette bande. En outre, comme les no extrêmes 0 et IV sont nécessairement stables à tout pH, le domaine de stabilité
de Pb3 O4(s) se trouve dans un domaine de pH pour lequel quatre domaines sont empilés (no 0, II, III et IV). On en
déduit finalement l’identification suivante :

(A) Pb(s) (B) Pb2+ (C) PbO(s) (D) HPbO–2(aq)


(E) Pb3 O4(s) (F) PbO2(s) (G) PbO32–

2 Il s’agit d’une frontière redox. La demi-équation du couple s’écrit

PbO2(s) + 4 H+ + 2e = Pb2+ + 2 H2 O ,

ce qui donne comme loi de Nernst

[H+ ]4
E = EPbO

/Pb2+ + 0,03 log soit Efr/V = EPbO

2+ + 0,12 − 0,12 pH .
2 c 2 /Pb

La pente de la frontière est donc de −0,12 V.

3 Le domaine d’existence de PbO est le domaine (C). À la frontière avec le domaine de prédominance de Pb2+ ,
on a
[Pb2+ ]fr [HO− ]2fr = Ks1 et [Pb2+ ]fr = c
car le « premier grain » de solide est formé mais pratiquement aucun ion n’a été consommé. Cela donne

Ke2 Ke2
c = Ks1 soit [H+ ]2fr = c . donc 2 log[H+ ] = log c + 2 log Ke − log Ks1
[H+ ]2fr Ks1

et finalement
1
pHfr = (− log c + 2 pKe − pKs 1 ) = 8,75 .
2
De même, à la frontière de prédominance avec le domaine de HPbO–2(aq) ,

+
[HPbO−
2(aq) ]fr [H ]fr = Ks2 et [HPbO−
2(aq) ]fr = c

4/6 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Correction TD TC6 : Diagrammes potentiel-pH Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

d’où
Ks2
[H+ ]fr = donc log[H+ ]fr = log Ks2 − log c et pHfr = pKs 2 + log c = 11 .
c

4 Le domaine de stabilité du dioxygène est le domaine au dessus de la deuxième droite pointillée. À pH 7, l’espèce
stable du plomb ayant un dommaine commun avec O2 est PbO2 . Les demi-équations redox à considérer sont donc

Pb + 2 H2 O = PbO2 + 4H+ + 4e et O2 + 4 H+ + 4e = 2 H2 O

ce qui donne finalement en sommant


Pb(s) + O2(g) = PbO2(s) .

Le dioxygène étant de toute façon en large excès, il faut absolument considérer l’espèce du plomb stable
en sa présence, et pas une espèce intermédiaire.

Exercice 5 : L’eau de Javel [CCP MP 2016]


Extrait du rapport officiel : Le jury déplore un problème récurrent d’écriture des demi-équations
électroniques et de l’équation d’une réaction d’oxydoréduction.
1 - L’attribution des domaines est globalement bien réussie par une grande majorité de candidats.
2 - L’exploitation du diagramme potentiel-pH fourni n’a pas été réalisée afin de préciser le mode de
fabrication de l’eau de Javel à partir du dichlore Cl2 et de sa dismutation en milieu basique.
3 - Question très mal traitée alors qu’elle n’engageait que des concepts élémentaires de la chimie (masse
volumique, quantité de matière et concentration molaire volumique).
4 - Question très peu traitée en raison d’une mauvaise exploitation du diagramme potentiel-pH (présence
de domaines disjoints non exploités). De plus, lorsque des équations de réaction sont proposées, ces
dernières contiennent encore des électrons, ce qui n’est pas acceptable pour un concours de ce niveau.
5 - Rarement traitée car les équations précédentes n’ont pas été établies. Quelques candidats calculent
des constantes d’équilibre à partir de demi-équations électroniques ...

1 Les quatre espèces à considérer sont Cl2 , Cl– , HClO et ClO– . Le chlore y a pour nombre d’oxydation
. no = +I : HClO et ClO– ;
. no = 0 : Cl2 ;
. no = –I : Cl– .
Par ailleurs, on constate directement que HClO est l’acide conjugué de ClO– . On en déduit alors le diagramme de
situation,

no = +I HClO | ClO–
no = 0 Cl2
no = –I Cl–

ce qui permet d’identifier

A Cl– B Cl2 C HClO D ClO–

2 On constate sur le diagramme que le dichlore se dismute pour pH > 4,5. En faisant barboter du dichlore (qui
est un gaz) dans une solution de soude, donc en milieu fortement basique (le document 1 indique que le pH est de
l’ordre de 12), cette dismutation est possible. Pour écrire l’équation bilan correctement, il faut tenir compte du fait
que le milieu est fortement basique. Les couples à considérer sont donc Cl2 /Cl– et ClO– /Cl2 .

Cl2 + 2 H2 O = 2 ClO− + 4 H+ + 2 e−
(

Cl2 + 2e = 2 Cl

et
Cl2 + 4 HO− = 2 ClO− + 2 H2 O + 2 e−

d’où on déduit l’équation bilan (1)

Cl2(g) + 2 HO− − −
(aq) = ClO(aq) + Cl(aq) + H2 O(l) .

5/6 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Correction TD TC6 : Diagrammes potentiel-pH Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

La précision « pour une mole de Cl2 » (courante mais très moche) signifie que le dichlore doit être écrit
avec un nombre stœchiométrique égal à 1.

3 Compte tenu de l’équation bilan (1), la quantité de matière de dichlore libérable par la solution est égale à la
quantité de matière qu’elle contient en ClO– et en Cl– . La quantité de matière associée au pourcentage de chlore
actif p vaut
p × 100 g
n= .
2 MCl
100 g
Or les 100 g de solution occupent un volume V = , d’où
ρ

n pρ
[Cl− ] = [ClO− ] = = .
V 2MCl

Numériquement, [ClO− ]1 = 0,38 mol · L−1 et [ClO− ]2 = 1,55 mol · L−1 .

4 On constate sur le diagramme figure 5 que les ions ClO– sont incompatibles avec l’eau. L’équation bilan de la
réaction, qui forme du dioxygène, s’écrit en milieu basique avec le couple ClO– /Cl– , qui a pour demi-équation

ClO− + 2 H+ + 2 e− = Cl− + H2 O soit ClO− + H2 O + 2 e− = Cl− + 2 HO− .

L’autre couple à considérer est O2 /H2 O, dont la demi-équation s’écrit

2 H2 O = O2 + 4 H+ + 4 e− soit 4 HO− = O2 + 2 H2 O + 4 e− .

On en déduit l’équation bilan (2),


2 ClO− −
(aq) = O2(g) + 2 Cl(aq) .

Par ailleurs, le diagramme figure 6 montre que les ions ClO– sont instables car incompatibles avec eux-mêmes.
La réaction (3) est donc la dismutation de ClO– . Outre le couple ClO– /Cl– , considérons le couple ClO–3 /ClO– , de
demi-équation
+
ClO− + 2 H2 O = ClO−
3 + 4H + 4e

soit ClO− + 4 HO− = ClO−
3 + 2 H2 O + 4 e .

On en déduit l’équation de la réaction (3),

3 ClO− − −
(aq) = ClO3(aq) + 2 Cl(aq) .

5 Ces deux réactions mettent en jeu l’échange de quatre électrons. On en déduit alors leurs constantes d’équilibre,

[ ]
4 E ◦ (ClO− /Cl− )−E ◦ (O /H O)
2 2
K2◦ = 10 0,06 = 1033

et
[ −
4 E ◦ (ClO− /Cl− )−E ◦ (ClO /ClO− )
3 ]
K3◦ = 10 0,06 = 1027 .

6/6 Étienne Thibierge, 2 mai 2018, [Link]


Transformations chimiques 7 – Travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Dosages

Exercices sur les titrages directs


Exercice 1 : Titrage pH-métrique d’une amine [♦]
On veut déterminer par titrage la formule brute d’une
amine Cn H2n+1 NH2 . Pour cela, on dissout une masse m =
0,146 g dans 100 mL d’eau et on dose la solution obtenue par
une solution d’acide chlorhydrique (H+ + Cl– ) de concen-
tration molaire cA = 0,25 mol · L−1 . On donne ci-contre la
courbe de titrage pH = f (V ) à laquelle sont superposées en
traits fins deux courbes représentant les pourcentages respec-
tifs des espèces Cn H2n+1 NH2 et Cn H2n+1 NH3+ en solution
en fonction du volume V de la solution titrante versée.
Données :
. Masses molaires : MH = 1,0 g · mol−1 , MC = 12,0 g · mol−1
et MN = 14,0 g · mol−1 ;
. Zones de virage d’indicateurs colorés : phénolphtaléine 8,2
à 10,0 ; bleu de bromothymol 6,0 à 7,6 ; vert malachite 0,2
à 1,8.
1 - Attribuer les courbes de pourcentage aux deux espèces Cn H2n+1 NH2 et Cn H2n+1 NH3+ et déterminer le pKa du
couple.
2 - Écrire l’équation de la réaction. Calculer sa constante d’équilibre et justifier qu’elle peut servir de support de
titrage.
3 - Justifier qualitativement l’allure de la courbe de pH, et en particulier l’existence du saut.
4 - Proposer un indicateur coloré adapté au repérage de l’équivalence.
5 - Déterminer la formule de l’amine.

Exercice 2 : Dosage de Mohr [♦]


Le dosage de Mohr est une méthode permettant de titrer une solution d’ions chlorure. On introduit dans un
bécher un volume V0 = 40 mL d’une solution de chlorure de sodium de concentration attendue voisine de C0 =
5 · 10−3 mol · L−1 . Afin de vérifier cette valeur, cette solution est titrée par une solution de nitrate d’argent, de
concentration C1 = 2,5 · 10−2 mol · L−1 .
Pour simplifier, on considérera que la dilution est négligeable, c’est-à-dire que l’on considère le volume V versé
par la burette suffisamment faible pour approximer V0 + V ' V0 .
Données : pKs (AgCl) = 9,8 et pKs 0 (Ag2 CrO4 ) = 12,0.
1 - Écrire la réaction support de titrage.
2 - Déterminer en vérifiant la condition de saturation si la réaction de titrage débute dès la première goutte de nitrate
d’argent versée. Une goutte délivrée par la burette a un volume d’environ 0,05 mL.
3 - Déterminer le volume équivalent attendu VE . Commenter l’hypothèse de dilution négligeable.
Afin de repérer expérimentalement cette équivalence, on ajoute dans la solution avant le titrage quelques gouttes
d’une solution incolore de chromate de sodium Na2 CrO4 . Les ions chromate sont susceptibles de donner avec les ions
Ag+ un précipité rouge vif de chromate d’argent.
4 - Calculer la concentration C2 en ions chromate à apporter dans la solution initiale pour que l’apparition du
précipité se produise exactement à l’équivalence, et permette ainsi de la détecter avec précision.
5 - En quoi la précision du titrage serait-elle affectée si on introduisant au début du titrage une concentration 10 C2
de chromate de sodium ? une concentration C2 /10 ? Cela constitue-t-il un avantage ou un inconvénient ?

1/4 Étienne Thibierge, 8 mars 2018, [Link]


TD TC7 : Dosages Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercices sur les titrages en deux étapes


Exercice 3 : Dosage colorimétrique en retour [♦]
On s’intéresse à un dosage colorimétrique d’une solution de dichromate de potassium par les ions fer (II) dans en
milieu sulfurique garantissant un pH très acide. On donne les potentiels standard

E1◦ = E ◦ (Cr2 O72− /Cr3+ ) = 1,33 V et E2◦ = E ◦ (Fe3+ /Fe2+ ) = 0,77 V .

En milieu acide, l’ion dichromate est orange et l’ion chrome (III) est vert, alors que l’ion Fe2+ est vert pâle et l’ion
Fe3+ est jaune-orangé.
1 - Écrire l’équation bilan du titrage redox direct.
2 - Calculer sa constante d’équilibre. Cette réaction est-elle adaptée à un titrage ? Pourquoi est-elle malgré tout peu
adaptée à un titrage colorimétrique ?
3 - Justifier qu’il serait possible de suivre la réaction par potentiométrie. Déterminer le sens du saut de potentiel qui
serait observé : est-il descendant ou montant ?
Pour contourner la difficulté sans montage de potentiométrie, on effectue un dosage en retour. Dans un bécher,
on verse V1 = 4,0 mL de la solution de dichromate de potassium dont on cherche la concentration C1 . On y ajoute
V2 = 10,0 mL d’une solution de sulfate de fer (II) en milieu sulfurique de concentration C2 = 0,10 mol · L−1 et
90,0 mL d’eau. On verse ensuite par une burette une solution de permanganate de potassium de concentration
C3 = 1,0 · 10−2 mol · L−1 . Une coloration violette, caractéristique du permanganate en solution, apparaît lorsque
V3E = 12 mL ont été versés.
4 - Comment peut-on s’assurer qualitativement que les ions fer (II) ont bien été apportés en excès par rapport au
dichromate ?
5 - Écrire l’équation bilan du titrage en retour.
6 - Déterminer la concentration C1 de la solution de dichromate de potassium.

Exercice 4 : Lire un protocole de dosage [♦]


Tous les documents suivants sont des extraits ou des adaptations de sujets de concours récents (la numérotation
des étapes n’est pas toujours présente, mais faite pour simplifier la résolution de l’exercice). Pour chacun d’entre eux,
identifier les étapes auxquelles ont lieu les transformations chimiques « utiles » aux bilans de matière du dosage et
écrire les équations des réactions associées. Vous pouvez exploiter les dosages pour vous entraîner, mais ce n’est pas
le but de l’exercice.
Méthode : Il faut utiliser toutes les informations mises à disposition, à commencer par le protocole,
mais aussi les données. Elles contiennent souvent des informations très utiles, notamment pour identifier
les espèces oxydantes, réductrices, les précipités, etc, et déterminer si les réactions auxquelles vous
pensez peuvent ou non être favorisées. Enfin il faut également faire appel à sa culture chimique, en
particulier pour reconnaître les espèces chimiques (soude, acide chlorhydrique, permanganate, etc.), et
pour identifier les ions spectateurs les plus fréquents (Na+ , K+ , SO2–
4 , etc.) ... tout en gardant en tête
que l’énoncé et les données priment sur les souvenirs et les habitudes !

Document 1 : Teneur en SO2 d’un effluent gazeux


Le dioxyde de soufre (SO2 ) est un polluant atmosphérique. Pour lutter contre cette pollution on peut agir de
manière préventive en diminuant la teneur en soufre des produits pétroliers mais aussi de manière curative en traitant
les effluents (fumées et rejets industriels) avant leur libération dans l’atmosphère. On désire contrôler la teneur en SO2
dans l’effluent gazeux d’une cheminée.
(1) Le dioxyde de soufre étant très soluble dans l’eau, on fait barboter lentement un volume de 0,1 m3 d’air, prélevé
à proximité de la sortie de la cheminée, dans 50 mL d’eau distillée de façon à obtenir 50 mL d’une solution
aqueuse incolore de dioxyde de soufre.
(2) On réalise ensuite un dosage redox de cette préparation par une solution acidifiée de permanganate de potassium
(K+ , MnO4– ) de couleur violette et de concentration molaire volumique C1 = 2,5 · 10−3 mol · L−1 . Le volume
de la solution de permanganate de potassium versé pour obtenir l’équivalence est V1 = 12 mL.
Données : potentiels standards E ◦ à 298 K et à pH = 0.
2+
E ◦ (MnO−
4 /Mn ) = 1,51 V E ◦ (SO2−
4 /SO2 ) = 0,17 V .

2/4 Étienne Thibierge, 8 mars 2018, [Link]


TD TC7 : Dosages Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Document 2 : Contrôle d’alcoolémie


Un automobiliste, après un contrôle d’alcoolémie positif, a subi une prise de sang.
(1) À 10 mL de sang on ajoute 10 mL d’une solution de dichromate de potassium à 2,38 · 10−2 mol · L−1 .
(2) L’excès des ions dichromate, n’ayant pas réagi avec l’éthanol contenu dans le sang, sont réduits avec une
solution de KI.
(3) Le diiode formé est réduit en I– par 15 mL d’une solution à 5 · 10−2 mol · L−1 de S2 O2–
3 .

Données : couples redox CH3 COOH/C2 H5 OH (acide éthanoïque/glycol) ; Cr2 O2–


7 /Cr
3+
; S4 O2–
6 /S2 O3 .
2–

Document 3 : Dosage du glycol dans un antigel


Une solution aqueuse S est obtnue en diluant 200 fois un antigel commercial permettant de protéger les radiateurs
automobiles jusqu’à −27 ◦C. On se propose de doser la solution S, on note c3 la concentration molaire en glycol C2 H6 O2
de la solution S et C la concentration molaire en glycol de l’antigel. Le protocole est le suivant :
Étape I :
(1) Dans un erlenmeyer introduire un volume V1 = 10,0 mL de dichromate de potassium (2 K+ , Cr2 O72− ), de
concentration molaire c1 = 1,00 · 10−1 mol · L−1 , puis ajouter lentement en agitant et en refroidissant 5 mL
d’acide sulfurique concentré ;
(2) Ajouter un volume V3 = 10,0 mL de solution S à doser ;
(3) Porter le milieu réactionnel au bain-marie bouillant pendant 30 minutes (l’erlenmeyer est équipé d’un réfrigérant
à air permettant de condenser les vapeurs éventuelles).
Étape II :
(1) Refroidir le mélange réactionnel à température ambiante, ajouter environ 50 mL d’eau en rinçant les parois de
l’erlenmeyer puis en agitant et en refroidssant 3,5 mL d’acide phosphorique concentré ;
(2) Ajouter alors quelques gouttes de diphénylaminesulfonate de baryum, indicateur de fin de réaction, doser par
une solution d’ions fer (II) Fe2+ , de concentration molaire c2 = 2,50 · 10−1 mol · L−1 , jusqu’au vert franc de la
solution dans l’erlenmeyer.

Le volume de solution d’ions fer (II) versé à l’équivalence est Véq = 9,30 mL.
Données : potentiels standards à 25 ◦C
. Cr2 O2–
7(aq) /Cr(aq) : E1 = 1,33 V ;
3+ ◦

. Fe3+
(aq) /Fe(aq) : E2 = 0,77 V ;
2+ ◦

. CO2 ,H2 O/C2 H6 O2(aq) : E3◦ = −0,24 V.


. L’acide sulfurique sera considéré ici comme un diacide fort en solution aqueuse.
. En solution aqueuse les ions Cr2 O2–
7(aq) sont orangés et les ions Cr(aq) sont verts.
3+

. Le diphénylaminesulfonate de baryum est un indicateur de fin de réaction utilisé en oxydoréduction : sa forme réduite
est incolore et sa forme oxydée rouge-violacée, le potentiel standard du couple est 0,80 V.

Annales de concours
Exercice 5 : Basicité d’un béton [écrit Mines PSI 2016, ♦]
L’hydroxyde de calcium Ca(OH)2(s) confère à l’eau qui se trouve dans les pores du béton (solution interstitielle)
un caractère fortement basique. On étudie une solution aqueuse recueillie à la surface d’un béton, modélisée par une
solution contenant des ions Ca2+ et HO– compte tenu de la solubilité de l’hydroxyde de calcium.
Le volume prélevé est égal à V0 = 100 mL, il est titré par une solution d’acide chlorhydrique (H3 O+ +Cl– ) concentré
de concentration c = 0,50 mol · L−1 . Le titrage est suivi par conductimétrie : la conductivité σ de la solution titrée
est mesurée en fonction du volume V de titrant ajouté. La courbe expérimentale est présentée figure 1.
Données : conductivités molaires ioniques Λ◦ en mS · m2 · mol−1

Ion H3 O + Cl– HO–


Λ◦ 35,0 7,6 19,8

3/4 Étienne Thibierge, 8 mars 2018, [Link]


TD TC7 : Dosages Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Figure 1 – Suivi conductimétrique du dosage de la solution recueillie en surface du béton.

1 - Écrire la réaction de titrage et indiquer la valeur de sa constante d’équilibre à 298 K.


2 - Quel est le pH de la solution prélevée à la surface du béton ?
3 - Justifier qualitativement (sans calcul) mais de façon détaillée l’allure de la courbe conductimétrique σ = f (V )
obtenue.
4 - Dessiner en la justifiant l’allure de la courbe qui aurait été obtenue à l’occasion d’un suivi pH-métrique. Préciser
la valeur du pH au point équivalent.

Exercice 6 : Dosage d’une solution d’hypochlorite de sodium [écrit PT 2016, ♦]


Après avoir introduit un volume V0 = 2,00 mL d’une solution commerciale d’hypochlorite de sodium (Na+ +ClO− )
dans une fiole jaugée de volume Vf = 100 mL, on complète avec de l’eau distillée jusqu’au trait de jauge. À un
volume V = 10,0 mL de cette solution fille, on ajoute environ 10 mL d’une solution d’iodure de potassium (K+ + I− )
à 15 % en masse et 5,0 mL d’acide éthanoïque CH3 CO2 H(aq) à 3,0 mol · L−1 . L’échantillon obtenu est titré par une
solution de thiosulfate de sodium (2 Na+ + S2 O32− ) de concentration C = 2,0 · 10−2 mol · L−1 . Le volume équivalent
est égal à V 0 = 16,0 mL.
Données : potentiels standards à 298 K

E ◦ (ClO− /Cl− ) = 0,89 V E ◦ (I2 /I− ) = 0,54 V E ◦ (S4 O2− 2−


6 /S2 O3 ) = 0,08 V

1 - Proposer une équation pour la réaction entre les ions hypochlorite ClO– et les ions iodure I– . Prévoir qualitati-
vement le caractère favorisé ou défavorisé de la réaction.
2 - Proposer une équation pour la réaction de titrage du diiode I2 par les ions thiosulfate S2 O2–
3 . Prévoir qualitati-
vement le caractère favorisé ou défavorisé de la réaction.
3 - Sachant que les ions iodure et l’acide éthanoïque sont introduits en excès, déterminer la concentration en ions
hypochlorite dans la solution commerciale.

4/4 Étienne Thibierge, 8 mars 2018, [Link]


Transformations chimiques 7 – Correction des travaux dirigés Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Dosages

Exercices sur les titrages directs


Exercice 1 : Titrage pH-métrique d’une amine
1 La forme basique de l’amine Cn H2n+1 NH2 est prédominante à pH élevé, alors que la forme acide Cn H2n+1 NH3+
est prédominante à pH faible, ce qui permet d’identifier les deux courbes. La distribution des espèces, le pH et le
pKa du couple sont reliés par la relation
[Cn H2n+1 NH2 ]
pH = pKa + log ,
[Cn H2n+1 NH3+ ]
et en particulier lorsque [Cn H2n+1 NH2 ] = [Cn H2n+1 NH3+ ] alors
pH = pKa .
Par lecture des courbes de distribution et du pH lorsque les deux formes sont en même proportion, on lit graphique-
ment
pKa = 10,7 .

2 La réaction de titrage s’écrit


Cn H2n+1 NH2 + H3 O+ −−→ Cn H2n+1 NH3+ + H2 O
de constante d’équilibre
[Cn H2n+1 NH3+ ] 1
K= = = 1010,7
[Cn H2n+1 NH2 ] [H+ ] Ka
Elle est donc quantitative, et peut servir de réaction support à un titrage.
On pourrait aussi écrire l’équation bilan de la réaction sous la forme (équivalente)

Cn H2n+1 NH2 + H+ −−→ Cn H2n+1 NH3+

... mais c’est un peu moins précis, car l’ion H+ n’existe pas.

3 Initialement, seule la forme basique de l’amine est présente en solution : il est donc normal que le pH soit élevé.
Réciproquement, en fin de titrage, un large excès d’acide chlorhydrique a été versé, si bien que le pH est faible. Il y a
un saut dans la courbe pH = f (V ) au voisinage de l’équivalence car les espèces prédominantes changent au sein des
couples.

4 Le meilleur indicateur coloré pour repérer l’équivalence est celui dont la zone de virage est située le plus au
milieu possible du saut de pH, car c’est lui qui donnera le changement de couleur le plus net. Il s’agit ici du bleu de
bromothymol.

5 Compte tenu de la stoëchiométrie de la réaction de dosage, lorsque l’équivalence est atteinte, la quantité de
matière versée en H+ est égale à la quantité de matière initiale en amine n0 , soit
cA VE = n0
La quantité de matière d’amine n’est pas connue, mais sa masse m l’est, donc en faisant intervenir sa masse molaire M ,
m m
cA V E = d’où M= .
M cA VE
La masse molaire s’exprime alors en fonction de l’entier n cherché par
M = n MC + (2n + 3)MH + MN = (MC + 2MH )n + 3MH + MN
et donc  
1 m
n= − 3MH − MN = 4.
MC + 2MH cA V E

1/7 Étienne Thibierge, 8 mars 2018, [Link]


Correction TD TC7 : Dosages Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Exercice 2 : Dosage de Mohr


1 Ag+ − −−→
(aq) + Cl(aq) ←−− AgCl(s) . La constante d’équilibre de cette réaction vaut 1/Ks (AgCl) = 10
pKs
= 109,8 .

2 Calculons la concentration en ions argent dans le bécher une fois la première goutte mélangée,
C1 Vgoutte
[Ag+ ]i = = 3,1 · 10−5 mol · L−1 .
V0
Comme [Cl− ]i ' C0 , alors le quotient de la réaction de dosage vaut
Qr,i = [Ag+ ]i [Cl− ]i = 1,6 · 10−7 < 1/Ks
Le système évolue donc dans le sens de formation du précipité, ce qui signifie que le titrage débute dès la première
goutte de nitrate d’argent versée.

3 D’après la stoëchiométrie de l’équation de réaction, les deux ions ont été versés en même quantité à l’équivalence,
donc
C0
C1 VE = C0 V0 soit VE = V0 = 8 mL .
C1
Le volume de la solution a alors augmenté de 20 % : supposer la dilution négligeable devient alors presque audacieux.

4 Calculons la concentration ε résiduelle en ions Ag+ à l’équivalence. Les réactifs à l’équivalence étant par définitiin
versés en proportions stoëchiométriques alors
[Ag+ ]E = [Cl− ]E = ε
ce qui permet d’exploiter la condition d’existence du précipité sous la forme
Ks = [Ag+ ]E [Cl− ]E = ε2
p
d’où ε = Ks = 1,3 · 10−5 mol · L−1 .
Pour que le précipité de chromate d’argent apparaisse exactement à ce moment, il faut que ε corresponde à la
concentration minimale d’existence du précipité de chromate d’argent, soit

Ks0
Ks0 = ε C2 d’où C2 = = 6 · 10−3 mol · L−1 .
ε

Le fait que ε soit la concentration minimale apparaît dans le calcul par le fait que la concentration en
ion chromate est prise égale à la concentration apportée C2 : on suppose ainsi que presque aucun ion
chromate n’a été consommé par précipitation.
On considère [CrO42− ]E = C2 car la dilution est négligée dans l’exercice.

5 Si on introduit en début de titrage une concentration 10 C2 en chromate de sodium, le précipité rouge apparaît
avant l’équivalence, lorsque r
Ks0
[Ag+ ] = = 4 · 10−6 mol · L−1
10 C2
... mais alors la concentration restante en ions chlorure dans la solution n’est que de
Ks
[Cl− ] = = 4 · 10−5 mol · L−1 ,
[Ag+ ]
c’est-à-dire qu’il reste moins de 1 % des ions à doser. On en conclut donc que l’erreur induite sur le repérage de
l’équivalence est faible.
Réciproquement, si seule une concentration C2 /10 en ions chromate est apportée, alors le précipité de chromate
d’argent apparaîtra après l’équivalence, lorsque la concentration en ions argent aura atteint
r
+ 10 Ks0
[Ag ] = = 4 · 10−5 mol · L−1 .
C2
On aura donc apporté un excès de concentration de 3,5 · 10−5 mol · L−1 après l’équivalence. Néanmoins, cela n’im-
plique qu’un volume supplémentaire Vexc tel que
C1 Vexc
= 3,5 · 10−5 mol · L−1 d’où Vexc = 0,03 mL ,
V0
ce qui correspond à moins d’une goutte de burette. On en déduit que là encore l’erreur induite sur le repérage
de l’équivalence est faible.

2/7 Étienne Thibierge, 8 mars 2018, [Link]


Correction TD TC7 : Dosages Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Il est rassurant que la concentration apportée en indicateur coloré n’ait pas beaucoup d’influence sur le
résultat du titrage : le contraire voudrait dire qu’il faudrait très bien connaître la concentration cherchée
pour la déterminer. On remarque cependant qu’il est nécessaire de connaître l’ordre de grandeur de la
concentration cherchée pour pouvoir faire un titrage de qualité.

Exercices sur les titrages en deux étapes


Exercice 3 : Dosage colorimétrique en retour

1 Les demi-équations relatives aux couples mis en jeu s’écrivent

Cr2 O72− + 14 H+ + 6 e− = 2 Cr3+ + 7 H2 O et Fe2+ = Fe3+ + e− .

L’équation bilan du titrage direct est donc

Cr2 O72− + 14 H+ + 6 Fe2+ = 2 Cr3+ + 7 H2 O + 6 Fe3+ .

2 La constante d’équilibre de la réaction s’obtient à l’aide de l’unicité à l’équilibre des potentiels redox des différents
couples,
0,06 [Cr2 O72− ] [H+ ]14 0,06 [Fe3+ ]6
E1◦ + log 3+ = E2

+ log
6 [Cr ]2 6 [Fe2+ ]6
soit
6 [Fe3+ ]6 [Cr2 O72− ] [H+ ]14 [Fe3+ ]6 [Cr3+ ]2
(E1◦ − E2◦ ) = log 2+ − log 3+ = log 2+ = log K ◦
0,06 [Fe ]6 [Cr ]2 [Fe ]6 [Cr2 O72− ] [H+ ]14
et au final
◦ ◦
K ◦ = 10(E1 −E2 )/0,01 = 1056  1
Cette réaction est donc quantitative, ce qui la rend bien adaptée à un titrage (à condition qu’elle soit aussi rapide).
Cependant, elle consomme une espèce orange et une espèce verte et forme une espèce orange et une espèce verte : le
changement de couleur à l’équivalence risque d’être peu visible.

3 Cette réaction est une réaction redox : mesurer le potentiel redox de la solution permet donc de rendre compte
de sa composition et de suivre le titrage.
Pour déterminer le sens du saut de potentiel, il faut déterminer les espèces prédominantes de chaque couple avant
et après l’équivalence. L’énoncé indique (implicitement) que ce sont les ions fer II qui sont ajoutés progressivement
au milieu.
. Au début du titrage, en tout cas avant l’équivalence, Fe2+ est le réactif limitant, presque inexistant dans le bécher,
et Cr2 O72– le réactif en excès, présent en « grande » quantité. Comme la réaction est peu avancée, Cr3+ et Fe3+
sont présents en « faible » quantité. On en déduit qualitativement

[Cr2 O72− ] > [Cr3+ ] et [Fe3+ ] > [Fe2+ ] .

Ce sont donc les oxydants des couples qui prédominent : avant l’équivalence, le potentiel de la solution est
plutôt élevé.
. À la fin du titrage, nettement après l’équivalence, Cr2 O72– n’est plus présent qu’en quantité infime dans le bécher
alors que Fe2+ a été versé en large excès. La réaction n’avance presque plus et les produits sont présents environ
avec les mêmes quantités qu’à l’équivalence. Qualitativement, on en déduit

[Cr2 O72− ] < [Cr3+ ] et [Fe3+ ] < [Fe2+ ] .

Ce sont donc désormais les réducteurs des couples qui prédominent : après l’équivalence, le potentiel de la
solution est plutôt faible.
Au final, on en déduit que le saut de potentiel qui serait observé au cours du titrage est descendant.

4 Même s’il est sans doute peu clair, on peut penser qu’un changement de couleur doit être observable lorsque les
ions fer (II) sont en grand excès.

5 Deux réactions sont a priori possibles : le permanganate, oxydant fort, peut a priori oxyder les deux réducteurs
en présence, en l’occurence l’excès de Fe2+ ou les ions Cr3+ . L’énoncé indique qu’il s’agit d’un titrage en retour, on
en déduit que ce sont les ions Fe2+ qui sont dosés. Cela se confirme à la lecture des potentiels standard : comme

3/7 Étienne Thibierge, 8 mars 2018, [Link]


Correction TD TC7 : Dosages Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

E2◦ < E1◦ , la réaction avec Fe2+ est plus favorable que celle avec Cr3+ . L’équation bilan du titrage en retour s’écrit
donc à partir des demi-équations

MnO4− + 8 H+ + 5e = Mn2+ + 4 H2 O
Fe2+ = Fe3+ + e

ce qui donne
MnO4− + 8 H+ + 5 Fe2+ −−→ Mn2+ + 4 H2 O + 5 Fe3+ .

6 Procédons à un bilan de matière partiel sur la réaction intermédiaire, en ne s’intéressant qu’à certaines espèces.
Par hypothèse, l’ion dichromate est le réactif limitant, donc ξf ' C1 V1 car la réaction est quantitative.

Cr2 O72– 6 Fe2+


EI C1 V1 C2 V2
EF traces C2 V2 − 6 C1 V1

C’est la quantité de matière restante en ion fer (II) qui est ensuite titrée par la solution de permanganate de potassium.
Procédons à un bilan de matière partiel au cours de cette réaction.

MnO4– 5 Fe2+
EI C3 V3 C2 V2 − 6 C1 V1
EF C3 V3 − ξf0 C2 V2 − 6 C1 V1 − 5 ξf0

Lorsque l’équivalence est atteinte, V3 = V3E , les deux réactifs sont limitants et on a simultanément

C3 V3E − ξf0 ' 0 et C2 V2 − 6 C1 V1 − 5 ξf0 ' 0

d’où
C2 V2 − 6 C1 V1
C3 V3E = .
5
En inversant cette relation, on obtient

C2 V2 − 5 C3 V3E
6 C1 V1 = C2 V2 − 5 C3 V3E soit C1 = = 1,7 · 10−2 mol · L−1
6 V1

Exercice 4 : Lire un protocole de dosage

1 L’étape (1) consiste simplement à solubiliser SO2 . Il n’y a pas de réaction dont le bilan de matière est utile au
dosage. L’étape (2) implique une réaction redox entre MnO–4 (oxydant) et SO2 (réducteur), qui est la réaction de
titrage.
+ 2+
MnO− −
4 + 8 H + 5 e = Mn + 4 H2 O (×2)
2 SO2 = SO2−
4 + 2e −
(×5)

2+
2 MnO− +
4 + 16 H + 10 SO2 = 2 Mn + 5 SO2−
4 + 8 H2 O

2 Un tel dosage par iodométrie est très classique. Il faut savoir ne pas s’y perdre. L’étape (1) permet d’oxyder tout
l’éthanol en acide éthanoïque,
3+
Cr2 O2− + −
7 + 14 H + 6 e = 2 Cr + 7 H2 O (×2)
+ −
C2 H5 OH + H2 O = CH3 COOH + 4 H + 4e (×3)

3+
2 Cr2 O2− +
7 + 16 H + 3 C2 H5 OH = 4 Cr + 11 H2 O + 3 CH3 COOH

L’étape (2) implique à nouveau une équation redox,


3+
Cr2 O2− + −
7 + 14 H + 6 e = 2 Cr + 7 H2 O
2 I− = I2 + 2 e− (×3)

3+
Cr2 O2− + −
7 + 14 H + 6 I = 2 Cr + 3 I2 7 H2 O

4/7 Étienne Thibierge, 8 mars 2018, [Link]


Correction TD TC7 : Dosages Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

Enfin, la troisième étape est la très classique réaction avec le thiosulfate, qui revient systématiquement en iodométrie :

I2 + 2 e− = 2 I−
2 S2 O2− 2−
3 = S4 O6 + 2 e

I2 + 2 S2 O2− − 2−
3 = 2 I + S 4 O6

3 La structure de l’énoncé laisse entendre que les deux étapes jouent des rôles distincts, en première intuition une
réaction par étape.
Étape I :
. L’étape (1) sert à produire une solution acidifiée contenant un oxydant (on le lit dans les données). En effet, une
réaction redox implique souvent H+ ... et ces protons ne viennent pas de nulle part !
. L’étape (2) permet de mélanger les solutions. Le dichromate est un oxydant assez fort (E1◦ plutôt élevé), le glycol
un réducteur fort également (E3◦ au contraire plutôt faible). La réaction qui a lieu s’écrit donc
3+
Cr2 O2− + −
7 + 14 H + 6 e = 2 Cr + 7 H2 O (×5)
+ −
C2 H6 O2 + 2 H2 O = 2 CO2 + 10 H + 10 e (×3)

3+
5 Cr2 O2− +
7 + 40 H + 3 C2 H6 O2 = 10 Cr + 6 CO2 + 29 H2 O

. L’étape (3) n’a vraisemblablement qu’un rôle cinétique.


Étape II :
. L’étape (1) est une étape de préparation. L’acide phosphorique n’apparaît nulle part dans les données, sa concen-
tration n’est pas indiquée, on peut donc penser qu’il ne joue pas de rôle dans les bilans de matière mais ne sert
qu’à placer H+ en excès.
Le fait que l’acide soit « phosphorique » ne change rien. On l’utilise plutôt que l’acide sulfurique ou
chlorhydrique pour éviter des réactions parasites, dites de complexation, avec les ions fer II.

. L’étape (2) est la réaction de dosage proprement dite.


3+
Cr2 O2− + −
7 + 14 H + 6 e = 2 Cr + 7 H2 O
Fe2+ = Fe3+ + e− (×6)

Cr2 O72− + 14 H+ + 6 Fe2+ = 2 Cr3+ + 7 H2 O + 6 Fe3+

Annales de concours
Exercice 5 : Basicité d’un béton [écrit Mines PSI 2016]
Extrait du rapport officiel : L’analyse des pentes de la courbe de conductimétrie doit être réalisée
en comparant les conductivités ioniques molaires à dilution infinie de tous les ions ajoutés par rapport
aux ions consommés. Il ne suffit donc pas de dire que l’on consomme H3 O+ et HO– pour conclure quant
à la décroissance de la courbe σ = f (V ), erreur malheureusement bien trop souvent constatée sur les
copies.

1 L’ajout d’acide chlorhydrique permet de doser les ions HO– selon la réaction

H3 O+ + HO− −−→ 2 H2 O .

Sa constante d’équilibre vaut K = 1/Ke = 1014 . Il s’agit donc d’une réaction quasi-totale, à même de servir de
support de titrage.

2 Déterminer le pH de la solution prélevée en surface du béton demande de déterminer sa concentration c0 en HO– .


À l’équivalence du titrage, comme les nombres stœchiométriques sont égaux,

cVéq
nH3 O+ ,versé = nH3 O+ ,i soit cVéq = c0 V0 d’où c0 = .
V0

5/7 Étienne Thibierge, 8 mars 2018, [Link]


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Le volume équivalent correspond à la rupture de pente sur la courbe de titrage, Véq = 1,0 mL (comme par hasard
...), d’où on déduit
c0 = 5 · 10−3 mol · L−1 .
On détermine ensuite le pH via le produit ionique de l’eau,

Ke = c0 [H3 O+ ] d’où pH = pKe + log c0 = 11,7 .

3 Distinguons les cas avant et après l’équivalence.


. Avant l’équivalence : le réactif limitant est H3 O+ , donc chaque ion H3 O+ ajouté consomme un ion HO– et est
accompagné d’un ion Cl– . Au global, tout se passe comme si un ion Cl– avait remplacé un ion HO– . Compte tenu
des valeurs des conductivités molaires, la conductivité de la solution décroît.
. Après l’équivalence : cette fois, il n’y a plus de HO– , et les ions H3 O+ et Cl– ajoutés ne font que s’accumuler sans
consommer aucun autre ion. La conductivité de la solution augmente donc.
4 La courbe obtenue numériquement est représentée figure 2. Elle part du pH déterminé précédemment et décroît
car on consomme HO– en ajoutant H3 O+ . Au point équivalent, les deux réactifs sont ajoutés dans les proportions
stœchiométriques et presque totalement consommés : dans l’état final, ils sont présents à l’état de trace ... mais leur
concentration ε = [H3 O+ ] = [HO− ] vérifie toujours la loi d’action des masses de l’autoprotolyse de l’eau. Ainsi,

ε2 = Ke
p
d’où pHE = − log ε = − log Ke soit pHE = 7 .

12
10
8
pH

6
4
2
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0
V (mL)
Figure 2 – Courbe de suivi pH-métrique.

Exercice 6 : Dosage d’une solution d’hypochlorite de sodium [écrit PT 2016]


Extrait du rapport officiel : Lors de l’étude du titrage des ions hypochlorite, l’écriture des réactions
d’oxydoréduction nécessitait d’établir dans un premier temps des demi-équations d’oxydo-réduction.
Les réactions proposées étant support d’un titrage, de nombreux candidats ont compris qu’elles devaient
être thermodynamiquement favorisées et ont su le justifier qualitativement. L’exploitation du volume
équivalent est en revanche très décevante, les candidats raisonnant rarement sur des bilans de quantité
de matière.

1 À partir des demi-équations,

ClO− + 2 H+ + 2 e− = Cl− + H2 O
2 I− = I2 + 2 e−

ClO− + 2 H+ + 2 I− = Cl− + I2 + H2 O

Des diagrammes de prédominance qualitatifs (potentiel frontière égal au potentiel standard) montrent que les deux
espèces sont incompatibles, la réaction est donc favorisée.

0,89 V
Cl– ClO–
E
I– I2
0,54 V

6/7 Étienne Thibierge, 8 mars 2018, [Link]


Correction TD TC7 : Dosages Langevin-Wallon, PTSI 2017-2018

2 De même,

I2 + 2 e− = 2 I−
2 S2 O2− 2−
3 = S4 O6 + 2 e

I2 + 2 S2 O2− − 2−
3 = 2 I + S 4 O6

Des diagrammes de prédominance qualitatifs (potentiel frontière égal au potentiel standard) montrent que les deux
espèces sont incompatibles, la réaction est donc favorisée.

3 Raisonnons d’abord sur la deuxième réaction pour déterminer la quantité de matière n1 de diiode formée par la
première réaction. À l’équivalence, le thiosulfate est apporté dans les proportions stœchiométriques par rapport au
diiode, un bilan de matière montre donc que

n1 − ξéq = 0 et CV 0 − 2ξéq = 0

d’où on déduit
CV 0
n1 = .
2
Considérons la première réaction totale. Comme le réactif limitant est par hypothèse l’ion hypochlorite ClO– , un
bilan de matière montre que la quantité de matière initiale d’ion hypochlorite est égale à la quantité de matière de
diiode formé, c’est-à-dire n1 . Ainsi, compte tenu du processus de préparation des solutions,
n1
n1 = V Cf donc Cf = .
V
La conservation de la matière au cours de la dilution donne enfin accès à la concentration C0 de la solution commer-
ciale,
C0 V0 = Cf Vf .
En rassemblant,
Vf Vf n1 Vf V 0
C0 = Cf = d’où C0 = C = 8,0 · 10−1 mol · L−1 .
V0 V0 V 2 V0 V

7/7 Étienne Thibierge, 8 mars 2018, [Link]

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