DEONTOLOGIE
COURS 1
[Link] Déontologie : Définition et Évolution
Définition : La déontologie est définie comme "la science dont l’objet est l’étude des règles
morales et juridiques qui régissent une profession".
Évolution Historique : Les premières règles étaient influencées par la morale chrétienne.
- Au 19ème siècle, elle se laïcise, avec les premiers manuels de déontologie.
- Le 20ème siècle voit une évolution avec le monde des affaires, notamment en 1991
avec une déontologie juridique s'appliquant au droit des sociétés et au droit des
affaires.
- Le décret déontologie du 12 juillet 2005, actualisé le 30 juin 2023, marque une étape
importante. La déontologie n’est ni statique, ni dépassée et elle s’adapte aux
évolutions de la profession (structures, communication, conflits d'intérêt).
Objectif Actuel : La déontologie vise à protéger la profession face aux attaques et s'adapte
aux évolutions.
II. Le Serment : Valeurs et Signification
Obligation : "Nul ne peut s’inscrire sans avoir prêté serment et ce depuis 1274 (Philippe le
Hardi)".
Évolution Historique : Origine religieuse.
- Sous Napoléon, il devient politique (obéissance à l'empire).
- En 1972, la dignité, la conscience et l'indépendance sont ajoutées.
- En 1982, la connotation politique est effacée, se concentrant sur les aspects moraux.
Signification : Le serment est prêté devant le 1er Président de la Cour d'Appel. Les avocats
sont des auxiliaires de justice indispensables au procès équitable. Il appartient à une
profession règlementée.
III. Les Valeurs du Serment
- Dignité : "Respect de soi-même et respect que l’on mérite." Implique une attitude
respectueuse des règles et des personnes.
- Conscience : "Rigueur morale et professionnelle." Nécessité d'accomplir sa fonction
avec le souci du Bien.
- Indépendance : "Liberté complète de l’avocat dans l’exercice de sa profession."
Indépendance matérielle, morale, intellectuelle, y compris le droit de refuser un client.
"Article 1 de la loi du 31 décembre 1971 la profession d’avocat est une profession
libérale et indépendante."
- Probité : "C’est le respect des devoirs imposés par la justice, outre l’honnêteté." Les
faits contraires à la probité sont sévèrement jugés.
- Humanité : "Caractère de ce qui est humain: c’est donc la compassion vis-à-vis des
clients." Inclut la participation à l'aide juridictionnelle (AJ) ou au pro bono, la
modération des honoraires, et l'attention aux personnes affaiblies.
IV. Les Principes Essentiels (Décret Déontologie et RIN)
Onze principes guident le comportement de l'avocat. Ils peuvent être classés ainsi :
Principes orientés client :
- Compétence : L'avocat est tenu du devoir de conseil. Ses actes doivent être efficaces
et il doit connaître la jurisprudence.
- Dévouement : Travailler avec sérieux, disponibilité et bienveillance.
- Diligence : Ponctualité et soin attentif aux tâches confiées. "La diligence est ce
qu’attend le justiciable qui s’en remet à son conseil pour le suivi de son dossier."
- Prudence : Agir avec précaution, éviter les erreurs, et dissuader les causes
impossibles.
Autres principes fondamentaux :
- Honneur : "C’est un état d’esprit une marque de considération morale que l’on se
porte et que els autres vous portent." Respect des principes moraux de la profession.
- Loyauté : Respect du contradictoire, absence de malhonnêteté.
- Désintéressement : Ne pas avoir d'intérêt personnel dans le dossier. Cela implique
l'interdiction du pacte de quota litis et l'impossibilité d'exercer une profession
commerciale.
- Confraternité : "C’est le savoir vivre entre contradicteurs." Respect mutuel entre
avocats.
- Délicatesse : Éviter les conflits d’intérêts.
- Modération : Dans les écrits, la plaidoirie, et les demandes d'honoraires (en tenant
compte de la fortune du client).
- Courtoisie : Politesse et respect des titres et qualités des personnes. Conforme à une
bonne éducation.
- Égalité et non-discrimination : Principe ajouté en 2019.
QUESTIONNAIRE
1. Qu'est-ce que la déontologie et comment a-t-elle évolué au sein de la profession
d'avocat ?
- La déontologie est l'étude des règles morales et juridiques qui régissent une
profession. Pour les avocats, elle englobe un ensemble de devoirs et de principes
essentiels qui guident leur conduite professionnelle et personnelle. Initialement
influencée par la morale chrétienne, la déontologie s'est laïcisée au XIXe siècle et
a continué d'évoluer au XXe siècle, notamment avec l'essor du monde des
affaires. Des décrets importants, tels que ceux de 2005 et 2023, témoignent de
son adaptation constante aux changements de la profession, comme les nouvelles
structures d'exercice, les moyens de communication, et la gestion des conflits
d'intérêts. Elle vise à protéger la profession et à maintenir la confiance du public.
2. Quelle est l'importance du serment pour un avocat, et quelles sont les valeurs qu'il
représente ?
- Le serment est une étape obligatoire pour tout avocat depuis 1274.
Historiquement d'origine religieuse, il a évolué pour intégrer des dimensions
politiques sous Napoléon, puis s'est recentré sur les aspects moraux à partir de
1982. Les valeurs fondamentales du serment sont la dignité, la conscience,
l'indépendance, la probité et l'humanité. Le serment symbolise l'engagement de
l'avocat à respecter les lois et règlements, à agir avec intégrité, et à contribuer à
une justice équitable. L'avocat est un auxiliaire de justice et un partenaire
essentiel dans la mission de justice.
3. Comment la dignité se manifeste-t-elle dans la pratique de l'avocat ?
- La dignité, pour un avocat, est le respect de soi-même et le respect que l'on
mérite. Cela se traduit par une attitude respectueuse des règles et des personnes,
évitant les comportements tels que le démarchage, le mensonge ou toute conduite
indigne. La dignité est essentielle pour maintenir l'honneur de la profession et la
confiance du public.
4. Qu'est-ce que l'indépendance pour un avocat, et pourquoi est-ce une valeur
fondamentale ?
- L'indépendance est une valeur fondamentale de la profession d'avocat, garantie
par la loi. Elle se manifeste par la liberté complète de l'avocat dans l'exercice de
sa profession, tant sur le plan matériel, moral qu'intellectuel. Cela inclut le droit
de refuser un client, la liberté de plaider et de traiter un dossier sans influence
indue. L'indépendance garantit que l'avocat peut défendre les intérêts de son
client de manière objective et impartiale.
5. En quoi consiste la probité pour un avocat, et quelles sont les conséquences d'un
manquement à cette valeur ?
- La probité est le respect des devoirs imposés par la justice, au-delà de la simple
honnêteté. Cela signifie respecter scrupuleusement les règles morales, les lois et
les règlements. Les manquements à la probité, tels que la non-représentation de
fonds, la réclamation d'honoraires indus ou l'usurpation de titres, sont jugés
sévèrement et ne sont généralement pas amnistiés.
6. Comment l'humanité se traduit-elle dans l'exercice de la profession d'avocat ?
- L'humanité se traduit par la compassion envers les clients, la présence auprès de
ceux qui souffrent, la participation à l'aide juridictionnelle (AJ) ou au pro bono, la
modération des honoraires, et l'attention particulière portée aux personnes
affaiblies. Cela inclut même la défense de clients que l'avocat juge moralement
condamnables, garantissant ainsi l'accès à la justice pour tous.
7. Quels sont les principes essentiels qui guident l'avocat envers son client, et
comment se manifestent-ils ?
- Les principes essentiels qui guident l'avocat envers son client sont la compétence,
le dévouement, la diligence et la prudence. La compétence implique un devoir de
conseil, une connaissance de la jurisprudence et une formation continue. Le
dévouement se manifeste par le sérieux, la disponibilité et la bienveillance. La
diligence se traduit par la ponctualité et le soin attentif apporté aux dossiers. La
prudence implique d'agir avec précaution, d'éviter les erreurs, et de dissuader les
causes impossibles.
8. Au-delà des devoirs envers le client, quels sont les autres principes importants que
doit respecter un avocat, et comment s'appliquent-ils dans sa pratique quotidienne ?
- Outre les devoirs envers le client, l'avocat doit respecter des principes tels que
l'honneur, la loyauté, le désintéressement, la confraternité, la délicatesse, la
modération, la courtoisie, l'égalité et la non-discrimination. L'honneur implique le
respect des principes moraux de la profession. La loyauté se traduit par le respect
du contradictoire et l'absence de malhonnêteté. Le désintéressement signifie ne
pas avoir d'intérêt personnel dans le dossier. La confraternité est le savoir-vivre
entre avocats. La délicatesse évite les conflits d'intérêts. La modération s'applique
tant aux écrits qu'à la plaidoirie. La courtoisie est une attitude de politesse.
L'égalité et la non-discrimination sont des principes fondamentaux depuis 2019.
Ces principes garantissent une pratique professionnelle éthique et respectueuse.
-
COURS 2
I. La Discipline de l'Avocat
Définition et Fondements
La discipline de l'avocat est intrinsèquement liée à une déontologie rigoureuse.
L'avocat se distingue des autres professionnels du droit par cette déontologie et son
assurance responsabilité professionnelle. La source souligne que la déontologie doit
être respectée tant dans la vie professionnelle que privée.
L'article 183 du décret du 27 novembre 1991 est cité comme fondement des sanctions
disciplinaires : « Toutes contraventions aux lois et règlements, toute infraction aux
règles professionnelles, tout manquement à la probité, à l’honneur ou à la délicatesse,
même se rapportant à des faits extra-professionnels, exposent l’avocat qui en est
l’auteur aux sanctions disciplinaires de l’article 184 ».
Il est crucial de noter que la faute disciplinaire est indépendante des fautes pénale et
civile.
Serment et Principes
L'avocat prête serment d'exercer avec « Dignité, Conscience, Indépendance, Probité,
Humanité ». Il doit agir dans le respect des principes d’honneur, de loyauté, d’égalité,
de non-discrimination, de désintéressement, de confraternité, de délicatesse, de
modération, de courtoisie, de compétence, de dévouement, de diligence et de
prudence, et respecter strictement le secret professionnel.
Sanctions Disciplinaires
Les sanctions disciplinaires comprennent :
L’avertissement
Le blâme
L’interdiction temporaire (jusqu’à 3 ans)
La radiation
Des peines complémentaires peuvent être ajoutées, telles que la publicité de la
décision ou la privation du droit de faire partie du conseil de l’ordre.
[Link]édure Disciplinaire
Évolution de la procédure : Avant la loi du 11 février 2004, le conseil de l’ordre était à la
fois organe de poursuite et conseil de discipline, ce qui était contraire à l’article 6 de la
Convention européenne des droits de l’homme. La loi de 2004 a créé les conseils régionaux
de discipline (sauf à Paris).
Nouvelle procédure (loi du 22 décembre 2021) : La nouvelle procédure, applicable depuis
le 1er juillet 2022, vise à corriger les défauts des procédures antérieures (complexité, entre-
soi, absence du justiciable plaignant). Le plaignant devient un des organes de poursuite aux
côtés du Bâtonnier et du Procureur Général. L'échevinage est instauré en première instance
avec un magistrat du siège présidant le conseil, sur demande de l'avocat ou du plaignant. En
appel, la cour est composée de trois magistrats et de deux avocats. Le Conseil régional de
discipline devient une véritable juridiction.
Traitement des réclamations : Le Bâtonnier accuse réception de la réclamation, peut
l'écarter si elle est abusive, et sinon en informe l'avocat mis en cause. Une conciliation
facultative peut être proposée. Quel que soit le résultat, le Bâtonnier informe le
plaignant de sa décision d'engager ou non la procédure disciplinaire. En cas de refus,
le plaignant peut saisir directement le conseil de discipline ou le procureur général.
Enquête déontologique : L'enquête déontologique est maintenue, mais elle est
facultative.
Saisine du conseil régional de discipline : Le conseil est saisi par une requête du
Bâtonnier, du Procureur Général ou du plaignant. Il existe un filtre : le président du
conseil peut rejeter une requête infondée.
Rapporteur : Un rapporteur est désigné par le conseil de l'ordre, et l'instruction doit
être impartiale et contradictoire.
Audience de jugement : L'avocat est convoqué un mois avant l'audience. Le
plaignant peut être entendu.
Voies de recours : Seuls l'avocat mis en cause, le Bâtonnier et le Procureur Général
peuvent faire appel de la décision. Un pourvoi en cassation peut être formé.
QUESTIONNAIRE
1. Quels sont les devoirs fondamentaux d'un avocat, tant dans sa vie professionnelle que privée, et quelles en
sont les conséquences s'ils ne sont pas respectés ?
Un avocat doit exercer ses fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité. Il doit agir avec
honneur, loyauté, égalité, non-discrimination, désintéressement, confraternité, délicatesse, modération, courtoisie,
compétence, dévouement, diligence et prudence, tout en respectant scrupuleusement le secret professionnel. Le non-
respect de ces principes, même dans la vie extra-professionnelle, expose l'avocat à des sanctions disciplinaires,
indépendamment de potentielles sanctions pénales ou civiles. L'article 183 du décret du 27 novembre 1991 prévoit
des sanctions disciplinaires pour toute infraction aux règles professionnelles ou tout manquement à la probité, à
l'honneur ou à la délicatesse.
2. Quelles sont les différentes sanctions disciplinaires auxquelles un avocat peut être exposé ?
Les sanctions disciplinaires comprennent l'avertissement, le blâme, l'interdiction temporaire d'exercer (jusqu'à 3 ans)
et la radiation. La peine d'interdiction peut être prononcée avec sursis. Des peines complémentaires peuvent être
ajoutées, telles que la publication de la décision (pour l'avertissement et le blâme), la privation du droit de faire partie
du conseil de l'ordre ou du CNB (jusqu'à 10 ans), et l'interdiction de conclure un nouveau contrat de collaboration ou
de stage pour un élève-avocat.
3. Comment la procédure disciplinaire a-t-elle évolué en France, et quelles sont les principales critiques
adressées à l'ancienne procédure ?
Avant la loi du 11 février 2004, le conseil de l'ordre se transformait en conseil de discipline, avec le Bâtonnier
cumulant les rôles d'organe de poursuite et de président du conseil, ce qui était jugé contraire à l'article 6 de la
Convention européenne des droits de l'homme. La nouvelle procédure, issue de la loi du 22 décembre 2021 et
appliquée depuis le 1er juillet 2022, instaure les conseils régionaux de discipline (sauf à Paris) et permet au plaignant
de devenir un organe de poursuite. L'ancienne procédure était critiquée pour sa complexité, un "entre-soi" en
première instance, et l'absence du justiciable plaignant.
4. Quelles sont les principales caractéristiques de la nouvelle procédure disciplinaire, et comment traite-t-elle
les réclamations ?
La nouvelle procédure introduit l'échevinage en première instance, avec un magistrat du siège présidant le conseil
régional de discipline si l'avocat poursuivi le demande ou si le plaignant est à l'origine de la saisine. Le plaignant
devient un organe de poursuite aux côtés du Bâtonnier et du Procureur Général. Le Bâtonnier doit instruire toutes les
réclamations. Il peut organiser une conciliation facultative dans les 3 mois. Si la conciliation échoue, le Bâtonnier
informe le plaignant de sa décision d'engager ou non la procédure disciplinaire, et en cas de refus, le plaignant peut
saisir directement le conseil de discipline ou le Procureur Général.
5. Qu'est-ce qu'une enquête déontologique et dans quelles circonstances peut-elle être ordonnée ?
L'enquête déontologique est une enquête facultative que le Bâtonnier peut ordonner de sa propre initiative, à la
demande du Procureur Général ou sur la plainte de toute personne intéressée. Le Bâtonnier peut déléguer un de ses
confrères pour mener l'enquête et décider ensuite de poursuivre ou non la procédure disciplinaire.
6. Comment se déroule la procédure disciplinaire devant le conseil régional de discipline, et quels sont les
droits de l'avocat mis en cause et du plaignant ?
Le conseil régional de discipline est saisi par une requête du Bâtonnier, du Procureur Général ou du plaignant
(contenant celle adressée au Bâtonnier). Le président du conseil peut rejeter une requête infondée. Un rapporteur est
désigné par le conseil de l'ordre. L'instruction doit être impartiale, objective et contradictoire. L'avocat est convoqué
un mois avant l'audience, où il peut se présenter en robe, assisté ou non d'un avocat. Le plaignant est informé et peut
demander à être entendu. La décision doit être rendue dans les 12 mois de la saisine du rapporteur (plus 8 mois si
renvoi ou affaire non en état).
7. Qu'entend-on par "conflit d'intérêts" dans le contexte de la profession d'avocat, et quelles sont les règles
applicables ?
Un conflit d'intérêts se produit lorsqu'un avocat a des intérêts personnels en contradiction avec ceux qu'il est chargé
de défendre professionnellement. Selon l'article 7 du décret du 30 juin 2023, un avocat ne doit pas être le conseil, le
représentant ou le défenseur de plus d'un client dans une même affaire s'il y a conflit entre leurs intérêts ou s'il existe
un risque sérieux d'un tel conflit (sauf accord des parties). Les règles du conflit d'intérêts s'appliquent à la défense, à
la représentation, au conseil, et à la rédaction d'actes, et sont liées au secret professionnel, au principe de loyauté et
au principe d'indépendance. L'avocat doit se déporter s'il existe un conflit avéré ou un risque de conflit.
8. Comment les règles sur les conflits d'intérêts affectent-elles l'exercice de la profession d'avocat et quelles
sont les sanctions en cas de non-respect ?
Les règles sur les conflits d'intérêts s'appliquent à l'activité judiciaire et à l'activité de conseil, y compris dans le
cadre de la rédaction d'actes. Un avocat ne peut plaider pour deux personnes ayant des intérêts différents ou opposés.
Il existe des situations spécifiques, comme "la muraille de Chine" pour les structures d'exercice. C'est au Bâtonnier
de contrôler l'existence d'un conflit d'intérêts, mais la Cour de Cassation estime qu'il commet une faute en ne
renvoyant pas un confrère devant le conseil de discipline en cas de conflit d'intérêts avéré. Le non-respect des règles
sur les conflits d'intérêts ne peut aboutir à la nullité de la procédure, des enchères, du mandat de représentation, ni à
une réduction des honoraires. Des exemples de conflits d'intérêts incluent l'assistance de personnes aux intérêts
opposés, l'assistance d'une partie adverse dans un autre dossier, et le fait que deux avocats d'une même structure se
présentent l'un contre l'autre. Un avocat doit refuser un client lorsque les informations d'un ancien client
favoriseraient ce nouveau client.
COURS 3
COURS 4
Le document souligne l'absence d'une définition formelle du conflit d'intérêt dans les textes
réglementaires français (décret de 91, décret de 30 juin 2023, RIN), tout en reconnaissant
l'importance de cette notion. Il est également noté que les règles sur les conflits d'intérêts
peuvent restreindre le libre choix de l'avocat par le justiciable.
Définition Proposée : En l'absence d'une définition légale, le document propose la définition
suivante :
« L’AVANTAGE QUE POURRAIT TIRER L’AVOCAT D’UNE SITUATION DANS
LAQUELLE IL ACCEPTERAIT D’ASSURER OU DE CONTINUER D’ASSURER LA
DEFENSE DES INTERETS D’UN CLIENT EN CONTRADICTION AVEC LES
PRINCIPES D’INDEPENDANCE ET DE LOYAUTE DE SA PROFESSION ».
Domaine d'Application
- L'article 7 du décret du 30 juin 2023 est central : « L’AVOCAT NE DOIT ETRE NI
LE CONSEIL NI LE REPRESENTANT OU LE DEFENSEUR DE PLUS D’UN
CLIENT DANS UNE MEME AFFAIRE, S’IL Y A CONFLIT ENTRE LEURS
INTERETS OU, SAUF ACCORD DES PARTIES IL EXISTE UN RISQUE
SERIEUX D’UN TEL CONFLIT ». Cela couvre l'ensemble des activités de l'avocat :
la défense, la représentation et le conseil, en matière civile, pénale et de rédaction
d'actes.
II. Principes Connexes
Les règles sur les conflits d'intérêts sont liées à :
Le secret professionnel.
Le principe de loyauté.
Le principe d'indépendance.
III. Situations Spécifiques et Exemples
Activité Judiciaire : Un avocat ne peut plaider pour deux personnes ayant des intérêts
différents, voire opposés, même en cas de simple risque de conflit. En tant que conseil,
il est en conflit d'intérêt si son argumentation diffère de celle qu'il adopterait s'il ne
défendait qu'un seul client.
Ancien Client : L'avocat peut agir contre un ancien client si le secret professionnel est
respecté et s'il s'agit d'une affaire différente. Toutefois, la jurisprudence peut retenir un
"défaut de délicatesse."
Activité de Conseil : Les mêmes règles s'appliquent. L'exception de "la muraille de
Chine" est mentionnée.
Avocat Rédacteur d'Acte : Plusieurs situations sont possibles (conseil de toutes les
parties, rédacteur unique sans être le conseil de toutes les parties, participation à la
rédaction sans être le rédacteur unique).
Structures d'Exercice : Il faut vérifier les conflits potentiels au sein du cabinet
(logiciel de gestion, exercice de groupe, réseau pluridisciplinaire, collaborateur libéral,
structure à succursales multiples).
IV. Attitude à Adopter
En cas de conflit avéré ou de risque de conflit, l'avocat doit se déporter :
Pour tous les clients, s'il avait accepté d'être l'avocat ou le conseil de tous.
D'un seul client, s'il recueille l'accord des autres.
V. Sanctions et Rôle du Bâtonnier
C'est au seul bâtonnier de contrôler l'existence d'un conflit d'intérêt. Il émet un avis non
contraignant. Cependant, la Cour de Cassation estime qu'un bâtonnier commet une faute en ne
renvoyant pas un confrère devant le conseil de discipline en cas de conflit d'intérêt. Le non-
respect des règles sur les conflits d'intérêts ne peut entraîner la nullité de la procédure, des
enchères ou du mandat de représentation, mais peut entraîner une réduction des honoraires.
Exemples de Cas de Conflits d'Intérêt
L'avocat ne peut assister des personnes aux intérêts opposés.
Il ne peut assister une partie adverse dans un autre dossier.
Deux avocats d'une même structure ne peuvent se présenter l'un contre l'autre.
L'avocat doit refuser un client lorsque les informations d'un ancien client
favoriseraient ce nouveau client.
Qu'est-ce qu'un conflit d'intérêts pour un avocat ?
Un conflit d'intérêts pour un avocat survient lorsqu'il a des intérêts personnels ou
des devoirs envers une autre partie qui pourraient compromettre son
indépendance, sa loyauté ou sa capacité à représenter au mieux les intérêts de son
client. Cela peut se produire même si aucune loi n'est encore violée. L'avocat
pourrait tirer un avantage d'une situation où il continue de défendre les intérêts
d'un client en contradiction avec les principes d'indépendance et de loyauté de sa
profession.
Où trouve-t-on la définition précise d'un conflit d'intérêts dans la déontologie de
l'avocat en France ?
Il n'existe pas de définition formelle du conflit d'intérêts dans le Décret de 91, le
Décret du 30 juin 2023, ni dans le Règlement Intérieur National (RIN). Le RIN et
les décrets se contentent d'énumérer les situations où un avocat se trouverait en
situation de conflit d'intérêts. Cela peut limiter le libre choix de l'avocat par le
justiciable.
Dans quels domaines d'intervention l'avocat doit-il particulièrement faire attention
aux conflits d'intérêts ?
Le risque de conflit d'intérêts concerne tous les domaines d'intervention de
l'avocat : la défense, la représentation, le conseil, et la rédaction d'actes (civil,
pénal, etc.). Il doit être vigilant dans toutes ces activités.
Quels sont les principes fondamentaux de la profession d'avocat liés à la prévention
des conflits d'intérêts ?
Les règles relatives aux conflits d'intérêts sont étroitement liées au secret
professionnel, au principe de loyauté et au principe d'indépendance de l'avocat.
Ces principes doivent guider l'avocat dans toutes ses actions.
Un avocat peut-il défendre deux clients dans une même affaire si leurs intérêts sont
différents ou potentiellement conflictuels ?
Non, un avocat ne peut pas représenter ou conseiller plus d'un client dans la
même affaire s'il y a conflit entre leurs intérêts ou s'il existe un risque sérieux
d'un tel conflit, sauf accord des parties. Même un simple risque de conflit
d'intérêts est problématique. Dans sa fonction de conseil, l'avocat est en situation
de conflit d'intérêt si son argumentation au profit d'un ou des clients est différente
de celle qu'il aurait adoptée s'il n'avait défendu que l'un d'eux.
Un avocat peut-il plaider ou agir contre un ancien client ?
Oui, un avocat peut plaider ou agir contre un ancien client si le secret
professionnel est respecté et s'il s'agit d'une affaire différente. Toutefois, même
dans ce cas, la jurisprudence peut retenir un défaut de délicatesse.
Que doit faire un avocat s'il constate un conflit d'intérêts avéré ou un risque de
conflit ?
Que le conflit soit avéré ou qu'il existe un risque de conflit, l'avocat doit se
déporter. Cela signifie qu'il doit se retirer de la représentation de tous les clients
concernés s'il avait accepté d'être leur avocat ou leur conseil, ou seulement d'un
seul s'il recueille l'accord du ou des autres.
Qui contrôle l'existence d'un conflit d'intérêts chez un avocat et quelles sont les
sanctions possibles ?
C'est au Bâtonnier de contrôler l'existence d'un conflit d'intérêts. Les juridictions
ne peuvent se substituer au Bâtonnier sur cette question. Le Bâtonnier émet un
avis qui n'est pas contraignant, mais la Cour de Cassation a estimé qu'un
Bâtonnier commettait une faute en ne renvoyant pas un confrère devant le conseil
de discipline si celui-ci était en conflit d'intérêts. Le non-respect des règles
relatives aux conflits d'intérêts ne peut aboutir à la nullité de la procédure, la
nullité des enchères, la nullité du mandat de représentation, ou une réduction des
honoraires.