Alternatives Managériales Economiques
E-ISSN : 2665-7511
[Link]
DIEDHIOU / Revue AME Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368
Effet de la consommation en énergies renouvelables sur la croissance
économique et les émissions de dioxyde de carbone en Afrique de l’Ouest
DIEDHIOU, F.1
1. Docteur en Sciences Économiques, Laboratoire de Recherche en Sciences Économiques et
Sociales-LARSES, Université Assane Seck de Ziguinchor, f.diedhiou334@[Link]
Date de soumission : 12/01/2024 Date d’acceptation : 11/07/2024
Résumé :
Assurer l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables, modernes et abordables (PNUD,
2015) figure parmi les dix-sept Objectifs de développement durable entérinés en septembre 2015 par
l’Assemblée générale des Nations unies pour succéder aux Objectifs du Millénaire pour le
développement. Pour ce faire, il est recommandé de multiplié par deux d’ici 2030 le taux
d’amélioration de l’efficacité énergétique et de favoriser la transition énergétique.
Cet article a pour objectif, d’analyser le triangle consommation des énergies renouvelables,
Croissance Economique et Emissions dioxyde de carbone en Afrique de l’Ouest sur la période 1990 à
2018.
Nous avons eu recours à deux méthodes d’estimations : la Méthode des Moments Généralisés
(MMG) et celle des Régression Quantile en panel.
Il résulte de la première méthode, l’existence d’un effet négatif de la croissance économique sur la
consommation des énergies renouvelables en Afrique de l’Ouest de 0.75 point. À travers la méthode
de régression quantile, il est établi que les pays avec un niveau de développement initial se situant
entre le dixième quantile (Q10) aux soixante quinzième quantiles (Q75) voient leur émission en CO2
réduire leur consommation des énergies renouvelables de 0.13 point. Cependant, à partir des quatre-
vingt dixième quantiles (Q90), le niveau de consommation de CO2 agit positivement sur la
consommation des énergies renouvelables.
Mots clés : Consommation des énergies renouvelables, Croissance Économique, Emissions dioxyde
de carbone, Afrique de l’Ouest.
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 352
Effect of Renewable Energy Consumption on Economic Growth and Carbon
Dioxide Emissions in West Africa
Abstract:
Ensuring access to reliable, sustainable, modern and affordable energy services for all (UNDP, 2015)
is one of the seventeen Sustainable Development Goals endorsed in September 2015 by the United
Nations General Assembly to succeed the Millennium Development Goals. To achieve this, it is
recommended that the rate of improvement in energy efficiency be doubled by 2030 and that the
energy transition be promoted.
The aim of this article is to analyze the triangle of renewable energy consumption, economic growth
and carbon dioxide emissions in West Africa over the period 1990 to 2018.
Two estimation methods are used: the Generalized Moment Method (GMM) and Panel Quantile
Regression.
The first method shows a negative effect of economic growth on renewable energy consumption in
West Africa of 0.75 points. Using the quantile regression method, it’s established that countries with
an initial level of development between the tenth quantile (Q10 ) and the seventy-fifth quantile (Q75)
see their CO2 emissions reduce their renewable energy consumption by 0.13 points. However, from
the ninetieth quantile onwards (Q90), the level of CO2 consumption has a positive impact on
renewable energy consumption.
Keywords: Renewable energy consumption, Economic growth, Carbon Dioxide Emissions, West
Africa.
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 353
Introduction :
« Croître sans réchauffer ? », tel est le dilemme que le monde contemporain cherche à résoudre. À la
sortie de la conférence de Rio+20, les décideurs du monde ont tous remis l’objectif de développement
durable au cœur des préoccupations de développement et souligné la nécessité de solutions intégrées
en termes de politiques, d’actions et de moyens de mise en œuvre.
Dans ce contexte, l’économie verte a été retenue comme un moyen destiné à soutenir un développement
durable, réduire la pauvreté et l’exclusion sociale. Elle a été définie par le Programme des nations Unies
pour l’environnement (PNUE) comme « Une économie qui entraîne une amélioration du bien-être et de
l’équité sociale, tout en réduisant considérablement les risques environnementaux et les pénuries de
ressources ».
L’Afrique subsaharienne est particulièrement concernée : près de la moitié de sa population vit sans accès
à l’électricité (AIE, 2014, 30-34), tandis que les énergies combustibles, non commerciales et renouvelables
de type biomasse représentent près de 80% de la consommation totale (Kebede et al. 2010). Cependant,
un accroissement de la consommation d’énergies commerciales non renouvelables, telles que le charbon
ou le pétrole entraînerait une hausse de la pollution et une aggravation du changement climatique. De
nombreuses études ont examiné la relation causale entre la consommation d’énergie et plusieurs
variables indépendantes telles que la croissance économique et les émissions de dioxyde de carbone. Il
devient alors nécessaire d’explorer l’effet de la consommation en énergie renouvelable (CER) sur l’activité
économique et les émissions de dioxyde de carbone (CO2) des pays d’Afrique de l’Ouest.
Pour cela, ce papier a pour objectif d’analyser l’effet de la Consommation d’Energie Renouvelable (CER)
en Afrique de l’Ouest en se basant sur l’hypothèse que celle-ci réduit la croissance économique et les
émissions à CO2.
Pour atteindre cet objectif, notre article est organisé en cinq sections y compris l’introduction. La suite de
ce papier présentera dans la section deux une revue de la littérature. La section trois se focalisera sur la
méthodologie qui sera adoptée. La présentation des résultats et la conclusion ainsi que les
recommandations feront l’objet des sections quatre et cinq respectivement.
1. Faits stylises
1.1. Aperçu sur la consommation d’énergies renouvelables en Afrique de l’Ouest
Le basculement progressif vers un mix énergétique plus diversifié et l'accélération du développement
des énergies renouvelables est un choix réfléchi. Les efforts consentis par les États de l'Afrique de
l'Ouest pour assurer cette transition vers les énergies renouvelables ne découlent pas d'un simple
effet de mode. Ils s'expliquent par la prise de conscience des effets pervers engendrés par les modes
de production et de consommation d'énergie utilisés jusqu'ici, mais aussi des importants atouts de
ces énergies pour le développement économique et social.
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 354
Figure 1 : La part des énergies renouvelables dans la consommation finale en énergie entre 1990 et
2018.
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
1990 2018
Source : World Development Indicators, 2020
De la lecture du Figure 1, on constate que la part de l’énergie renouvelable dans la consommation
totale d’énergie est en moyenne de 60% dans les pays comme le Mali, Libéria et la Guinée Bissau et
le Togo. Il faut également noter que la plupart des pays de la région ont connu une baisse de leur
part de consommation en énergie renouvelable dans la consommation totale d’énergie.
1.2. Relation entre la Consommation en Énergie Renouvelable (CER) et la croissance
économique
Notre analyse s’appuie sur un échantillon de 15 pays d’Afrique de l’Ouest. La figure 1 représente la
corrélation entre la consommation en énergie renouvelable (CER) et le PIB par habitant des pays de
la CEDEAO de 1990 et 2018.
Il résulte de cette représentation (Figure 3) l’existence d’une corrélation négative entre la
consommation en énergie renouvelable et le niveau de vie par habitant. Ainsi, globalement, les pays
à haut revenu à l’image du Cap-Vert, de la Côte-d’Ivoire, du Nigéria et du Ghana ont une
consommation en énergie renouvelable réduite.
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 355
Figure 2: Profils de la relation entre consommation en énergie renouvelable et croissance
économique des pays d’Afrique de l’Ouest.
Source : Résultats à partir de Stata.15.
Figure 3 : Corrélation entre CER et PIB par habitant en Afrique de l’Ouest en 1990 et 2018.
Source : Auteur à partir des données World Development Indicators, 2020
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 356
Figure 4 : Corrélation entre CER et émissions en CO2 en Afrique de l’Ouest en 1990 et 2018
Source : Auteur à partir des données World Development Indicators, 2020.
Le potentiel peu exploité des énergies renouvelables en Afrique de l’Ouest laisse présager
d’importantes évolutions dans ce secteur. C’est une fenêtre d’opportunité qui s’ouvre afin de mieux
satisfaire les besoins énergétiques de l’Afrique de l’Ouest de manière durable et soutenable, dans un
contexte de volatilité des prix de combustibles fossiles, de dépendances des importations
énergétiques extérieures et de prise de conscience des conséquences néfastes des émissions de
carbone.
Par conséquent, le déploiement élargi des énergies renouvelables en Afrique de l’Ouest peut s’avérer
bénéfique pour les pays du continent à travers l’amélioration de l’indépendance et de la sécurité
énergétique, mais aussi à travers la contribution aux actions climatiques et au développement
économique soutenable. Dans ce sens, elles pourraient accélérer la transformation socio-
économique de l’Afrique de l’Ouest, en associant prospérité et qualité de vie.
2. Revue de la littérature
Cette section se veut de passer en revue la littérature économique l’effet de la consommation en
énergie renouvelable sur le développement économique mais également sur l’émission en dioxyde
de carbone.
2.1. Effet de la consommation énergie renouvelable sur la croissance économique
Plusieurs travaux se sont livrés à l’exercice d’examiner la relation entre la consommation des énergies
renouvelables et la croissance économique, Apergis et Payne (2012); Rahman et Velayutham (2020)
; Maji et al. (2019) ; Vural (2020)). L’étude de Apergis & Payne (2010a) décide d’analyser la relation
entre la consommation des énergies et la croissance économique de neuf économies d’Amérique du
Sud entre 1980 et 2005 en s’appuyant sur la technique de cointégration en panel et modèle vectoriel
à correction d’erreur (VCEM). Leurs résultats soulignent l’existence d’une causalité unidirectionnelle
à long terme allant de la consommation d’énergie à la croissance économique. En effet, ces auteurs
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 357
ont continué sur ce même sillage, le premier papier (2010b) basé sur un échantillon de vingt pays de
l’OCDE sur la période 1985 à 2005 et le second (2010c) porte sur 13 pays d’Eurasie durant la période
de 1992 à 2007. Au cours de ces travaux précités, les auteurs découvrent la présence d’une causalité
bidirectionnelle entre la consommation d’énergie renouvelable et la croissance économique à court
et long terme1.
En outre, en utilisant la même technique d’estimation de leurs travaux antérieurs, Apergis & Payne
(2012) mais cette fois-ci appliqué sur un échantillon composé de 80 pays de 1990 à 2007, ils
parviennent à la conclusion selon laquelle, il existe une relation de causalité bidirectionnelle à court
et à long terme, entre, d’une part la consommation des énergies renouvelable, la consommation non
renouvelables et la croissance économique, et d’autre part entre la consommation d'énergie
renouvelable et non renouvelable, indiquant une substituabilité entre les deux sources d'énergie.
Ocal et Aslan (2013) appliquent les tests empiriques de l'approche ARDL et des tests de causalité
Toda-Yamamoto au cas de la Turquie. Les résultats de cette étude confirment l'hypothèse de
conservation et suggèrent que la consommation d'énergie renouvelable a un impact négatif sur la
croissance économique.
À travers un modèle à effet fixes, Behmane (2014) souligne l’existence d’une causalité à court et long
terme entre la consommation d'énergie renouvelable et la croissance économique dans les pays de
l’Europe de l'Ouest pour la période 1990 - 2010 et constate qu’il existe une relation bidirectionnelle
entre la consommation d'énergie renouvelable et la croissance économique à long terme et à court
terme.
Chen et al., (2020) analysent la relation entre la consommation des énergies renouvelables et la
croissance économique en utilisant le modèle de seuil « threshold model » appliqué à 103 pays entre
1995 et 2015. Ils constatent que, particulièrement, dans les pays en développement, cette relation
dépend du montant de l’énergie renouvelable utilisé.
Par ailleurs, Maji et al., (2019) étudient l'impact des énergies renouvelables sur la croissance
économique dans les pays d'Afrique de l'Ouest en utilisant la méthode des moindres carrés ordinaires
dynamiques (DOLS) appliquée à un panel de 15 pays d'Afrique de l'Ouest entre 1995 et 2014. Les
résultats indiquent que l'utilisation des énergies renouvelables peut ralentir la croissance
économique en réduisant la productivité lorsque des sources très polluantes, impures, et inefficaces,
comme la biomasse ligneuse (Wood biomass) sont utilisées. Plus récemment, Rahman et Velayutham
(2020) examinent la relation entre la consommation des énergies renouvelables et non renouvelables
et la croissance économique de cinq pays du Sud Asiatique entre 1990 et 2014. Rahman et
Velayutham (2020), ont appliqué les tests de Pedroni (2004) et Kao (1999) pour analyser la
cointégration de long terme et le test de causalité sur données de panel proposé par Dumitrescu-
1
La présence d’une relation bidirectionnelle à court et long terme conduit à confirmer l’hypothèse de rétroaction.
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 358
Hurlin (2012). Ces auteurs déterminent la relation d’équilibre à long terme en utilisant les deux
techniques d’estimation FMOLS et DOLS.
2.2. Effet de la consommation d’énergie renouvelable et l’émission de dioxyde de carbone
De nombreuses études antérieures se sont intéressées à la relation de long terme entre la
consommation des énergies renouvelables et les émissions de gaz à effet de serre.
Selon Ahmad & al. (2022), la consommation d’énergie reposant sur des combustibles provoque des
émissions de gaz à effet de serre, entrainant ainsi une dégradation de l’environnement. Ainsi, les
travaux de Riti & al. (2017), soulignent que le développement économique important de la Chine
combinée à la croissance rapide de la consommation d'énergie a également entraîné de nombreuses
émissions de gaz à effet de serre.
Cependant, un grand nombre d’études ont trouvé des résultats que les énergies renouvelables
réduisent les chocs de pollution.
Chen & al. (2019) ont constaté que le niveau mondial des émissions de dioxyde de carbone a
augmenté en raison de l'augmentation de la demande d'énergie au cours des dernières décennies.
En effet, Cosmas & al. (2019), à travers une étude portant sur les émissions de carbone au Nigeria
traduit un impact négatif significatif des énergies renouvelables sur l’émission de carbone.
Zhang & Zhao (2019), trouvent que l’investissement dans la R&D et les énergies renouvelables jouent
un rôle essentiel dans la réduction des émissions de CO2 dans les zones à vocation industrielle
chinoise. Xu & al. (2019) a montré que le PIB par habitant et la consommation d’électricité ont un
impact positif sur l’émission de CO2, tandis que l’hydroélectricité, l’énergie nucléaire et d’autres
énergies renouvelables ont un impact négatif. Xu & al. (2019) ont montré que le PIB par habitant et
la consommation de pétrole de la Chine sont positivement corrélés avec le CO2émissions, tandis que
la consommation de gaz naturel nuit aux émissions. Une partie considérable de la recherche a
également montré que la consommation d'énergie renouvelable augmente l'autosuffisance
énergétique, stimule la croissance économique durable et réduit les émissions de CO2 émissions
(Noorpoor et Kudahi, 2015 ; Gill et al. 2018 ; Lin et Raza., 2022). Certaines études suggèrent qu'il n'y
a pas beaucoup de relation entre l'énergie nucléaire et les émissions de carbone (Jaforullah et King,
2015 ; Cai et al. 2022).
3. Méthodologie
Cette étude utilise la Méthode des Moments Généralisés en Système de Arellano et Bover (1995)
pour estimer l’impact de la consommation des énergies renouvelables sur la croissance économique
d’une part et d’autre part la méthode de régression quantile en panel inspirée des travaux de
(Koenker, 2004 ; Harding et Lamarche, 2009) afin d’évaluer l’effet de la consommation des énergies
renouvelables sur les émissions de CO2 en Afrique de l’Ouest.
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 359
3.1. Méthode des GMM-Système
Dans un souci d’éviter le biais d’estimation (endogénéité potentielle), nous pouvons ajouter la
variable retardée 𝒚𝒊𝒕 et 𝒙𝒊𝒕 , qui sont considérées comme des variables instrumentales de la variable
endogène (𝑮𝑫𝑷).
𝒚𝒊,𝒕 = 𝜶 + 𝝆𝟏 𝒚𝒊,𝒕−𝟏 + 𝝆𝟐 𝒚𝒊,𝒕−𝟐 +……+ 𝝆𝒑 𝒚𝒊,𝒕−𝒑 + 𝒙𝒊,𝒕 𝜷 + 𝒛𝒊 𝜹 + 𝝁𝒊 + 𝜺𝒊,𝒕 (1)
⏞
En partant de l’équation.2, nous pouvons obtenir l’estimateur efficace 𝜷 employant la
𝑺𝒀𝑺−𝑮𝑴𝑴
méthode GMM (Méthode des Moments Généralisés).
3.2. Régression des quantiles en panel
Pour saisir l’effet de la consommation des énergies renouvelables sur les émissions de CO2, nous
utilisons la méthode régression quantile en panel inspirée de l’étude Koenker (2004) et Harding &
Lamarche (2009).
𝑸𝒚𝒊,𝒕 (𝝉|𝒙𝒊,𝒕 ) = 𝜶𝒊 + 𝒙𝑻𝒊𝒕 𝜷(𝝉) + 𝜺𝒊,𝒕 (2)
Dans l’equation.2, 𝜶𝒊 traduit l’élément à effet fixe individuel qui ne change pas avec le temps, 𝝉 est
le quantile, 𝒙𝒊𝒕 est la variable indépendante, 𝜺𝒊𝒕 est le terme de perturbation aléatoire individuel, et
𝑸𝒚𝒊,𝒕 est le vecteur variable dépendant du sous-échantillon du quantile 𝝉 correspondant.
3.3. Données
Cette étude se veut d’évaluer l’impact de la consommation des énergies renouvelables sur la
croissance économique et sur les émissions de CO2 en Afrique de l’Ouest de 1990 à 2018. En effet,
l’ensemble des variables mises en cause dans cette étude nous proviennent des données statistiques
World Development Indicators2.
➢ Descriptions des variables :
La description des differentes variables se fait essentiellement au tour des paramètres de tendance
centrale (Moyenne) et de dispersion (Ecart-type).
Le niveau de vie en Afrique de l’Ouest varie en moyenne de 6.41 avec un écart type de 0.68, basé sur
un échantillon composé de 15 pays² sur la période 1990 à 2018. En outre, l’IDE varie en moyenne de
3.64% avec un écart type fortement dispersé de 9.06.
2
[Link]
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 360
Tableau 1 : Statistiques descriptives
Variables Définition Moyenne Ecart-type
lnGDP ln (PIB par habitant : Dollar US) 6.417616 0.6840932
lnCER ln (Part de consommation en énergies 4.241353 0.3198194
renouvelables dans l’énergie totale)
lnINDUSTRY ln (Part de l’industrie dans la production totale en 2.950401 0.4027619
Milliard Dollar US)
lnCO2 ln (émissions totales de dioxyde de carbone : 0,1 -2.002571 0.4322198
milliard de tonnes)
IDE Investissement Direct Etranger en pourcentage du 3.644824 9.060727
PIB
Nombre
425
observations
Nombre de Pays 15
Source : Auteur à partir des données World Development Indicators, 2020
➢ Corrélations des variables :
Le tableau 2 sur les corrélations bilatérales montre que le secteur de l’industrie (Industry) et les
émissions de CO2 (lnCO2) sont corrélées positivement avec la croissance économique (lnGDP)
contrairement à la part de consommation des énergies renouvelables (lnCER). Il en résulte de cette
matrice corrélation que le développement de l’industrie entraine une forte émission de CO2
provoquant ainsi un accroissement de la croissance économique. En effet, l’augmentation des
émissions CO2 réduit tout de même la consommation en énergie renouvelable. Par contre, une forte
option de consommation en énergie renouvelable (CER) réduit la croissance économique des pays
d’Afrique de l’Ouest. Quoique informatives ces statistiques, nous ne pouvons focaliser notre étude
sur des analyses descriptives. Par conséquent, nous menons une analyse empirique mieux fournie et
robuste pour atteindre notre objectif.
Tableau 2 : Matrice de corrélation des différentes variables
LnGDP LnCER CER LnINDUSTRY INDUSTRY I IDE DE LnCO2O2
lnGDP 1
lnCER -0.7003 1
lnINDUSTRY 0.1965 -0.134 1
IDE 0.0705 -0.0203 -0.2726 1
lnCO2 0.2216 -0.324 0.143 0.0944 1
Source : Auteur, résultats à partir de Stata.15.
Tableau 4 : Test de multicolinéarité des variables
Variables VIF 1/VIF
lnINDUSTRY 1.1 0.907134
IDE 1.08 0.923334
lnCER 1.02 0.9786
Moyenne VIF 1.07
Source : Auteur à partir des données World Development Indicators, 2020
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 361
Tableau 5: Test d’indépendance entre les individus
T Prob.
Pesaran's test of cross-sectional independence 19.64 0.000
Average absolue value of the off-diagonal elements 0.492
Source : Auteur à partir des données World Development Indicators, 2020.
Tableau 6: Test d’homogénéité de Hausman
Coefficients
(b) fixed (B) random (b-B) Difference sqrt(diag(V_b-V_B) S. E
lnCER -2.400969 -2.157537 -0.243432 0.0643966
lnINDUSTRY -0.1637417 -0.1233831 -0.0403586 0.152588
IDE 0.0046697 0.0050011 -0.0003314 0.0000501
chi2(3) 24.22
Prob>chi2 0.0000
Source : Auteur à partir des données World Development Indicators, 2020
4. Résultats économétriques
4.1. Impact de la consommation en energie renouvelables sur la croissance économique
Le tableau 7 ci-dessous présente les résultats des estimations de l’effet de la consommation en
energie renouvelable sur la croissance. Ledit tableau présente une situation globale de l’Afrique de
l’Ouest. Les tests d’Arellano-Bond (1998) pour la corrélation en série des perturbations indiquent que
nos estimateurs MMG sont cohérents. De plus, les tests de Sargan et Hansen pour la sur-
identification des restrictions ne rejettent pas l'hypothèse selon laquelle nos instruments sont valides
dans les estimations MMG.
Les résultats revelent que le processus autorégressif de la variable expliquée est positif et significatif
et par conséquent cela valide la pertinence de l’utilisation des estimateurs en panel dynamique afin
d’analyser l’impact réel des énergies renouvelables sur la croissance économique en Afrique de
l’Ouest.
Toutefois, le comportement dynamique de la croissance économique est pris en charge par la valeur
retardée de lnGDP(-1), préconisant ainsi une absence d’un effet de convergence de l’ensemble des
pays de l’Afrique l’Ouest à long terme.
Les resultats montre que les parametres estimés sont plus ou moins conformes à la littérature
économique. La serie lnCER mesurant la part de consommation en energie renouvelable dans
l’energie totale est corrélée négativement et de façon significative avec la croissance économique
(lnGDP) au seuil de 1%. En effet, l’augmentation de la consommation en energie renouvelable réduit
la croissance économique des pays Ouest Africain de 0.75 point. Ce resultat semble etre en accord
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 362
avec les travaux de Maji et al., (2019) et de Rahman et Velayutham (2020) dont les resultats indiquent
que le recours aux énergies renouvelables peut affecter la croissance car la plupart des économies
Ouest Africaines ont besoin d’une intensité capatalistique assez lourde capable de facilité la
transformation de produits vecteur de création d’une valeur ajoutée.
Au niveau des variables de contrôle, nos résultats montrent qu’il existe une relation positive entre le
secteur de l’industrie (lnIndustry) et la croissance économique (lnGDP). En effet, il est établi qu’une
variation d’une unité du secteur de l’industrie augmente la croissance économique de 0.31 point.
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 363
Tableau 7- Equation 1 : Resultats des estimations par la Méthode GMM de l’impact de la
consommation en energie renouvelable sur la croissance en Afrique de l’Ouest.
Variable dépendante : logarithme du PIB par habitant (ln GDP)
Fixed effects (1) One-step (2) Two-step (3) GMM-sys
lnGDP (-1) 0.6686253*** 0.7073337*** 0.8561018***
(0.000) (0.000) (0.000)
LnCER -2.400969*** -1.484549*** -1.285553*** -0.7513652***
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000)
lnINDUSTRY 0.1637417** 0.0823874** 0.316274**
(0.019) (0.055) (0.005)
IDE 0.0046697** -0.0009704***
(0.05) (0.000)
Constante 17.07059***
(0.000)
R²-squared 0.62
AR (2) 0.226 0.464 0.144
Sargan-Hansen 0.000 0.000 0.000
Nbre d'observations 425 385 386 386
Note : Les valeurs entre parenthèses sont les estimations p-valeurs. Le test de Sargan fait référence au test de sur-
identification pour les restrictions dans l'estimation du GMM. Le test AR (2) est le test d'Arellano – Bond pour l'existence
de l'autocorrélation du second ordre en différences premières.
*** Indiquez la signification au seuil de 1 %.
* * Indiquer la signification aux niveaux de 5 %.
* Indiquez la signification au seuil de 10 %.
4.2. Impact de la consommation en energie renouvelable sur les émissions de CO2
Le tableau 8 présente les résultats de l’estimation de l’effet de la consommation en énergie
renouvelable sur la quantité des emissions de dioxyde carbone en Afrique de l’Ouest.
Les résultats montrent que la consommation en energies renouvelables exerce un effet négatif sur
la quantité de dioxyde de carbone emise par les pays qui se situe entre le dixième quantile et le
soixante quinzième quantile. Ce qui suppose que l’utilisation des énergies renouvelables réduit les
émissions de dioxyde de carbone et donc atténue la dégradation de l’environnement dans l’union.
Ce résultat est conforme à ceux de Bhattacharya et alii (2016) qui, dans le cas de 85 économies
développées et en développement pour la période de 1991 à 2012, indiquent que l’utilisation des
énergies renouvelables contribute atténuer la dégradation de l’environnement. Toutefois, il est
contraire aux conclusions de Apergis et alii (2010) qui, dans le cas de dix-neuf économies développées
et en développement, constatent que les énergies renouvelables augmentent la croissance
économique, alors qu’elles ne contribuent pas à réduire les émissions de CO2.
Cependant, au-delà du soixante quinzième quantile, cet effet est non significatif. Autrement dit, le
recours aux energies renouvelables permet de reduire la quantité de gaz à effet de serre emis par les
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 364
pays se trouvant dans la catégorie du dixième jusqu’au soixante quinzième quantile. Du point de vu
économique, ce resultat peut s’expliquer par le fait que la plupart des économies ouest africaines
disposent d’un secteur industriel à l’état embryonnaire peu orienté vers la transformation des
matières premières. Il s’y ajoute le fait que ces economies restent fortement tertiarisées (Commerce
et Service) car l’essentiel de la production decoule de ce secteur et celui de l’Agriculture au sens large.
Tableau 8-Equation 2 : Résultats des estimations par la méthode regression quantile de l’impact de
la consommation en energie renouvelable sur les émissions en CO2 en Afrique de l’ouest.
Variable dépendante : Logarithme de la quantité de dioxyde de carbone (lnCO2)
Q.10 Q.25 Q.50 Q.75 Q.90
(1) (2) (3) (4) (5)
LnCER 0.580*** -0.499*** 0.381*** 0.367*** 0.130***
(0.000) (0.000) (0.000) (0.368)
LnINDUSTRY 0.178 0.162** 0.195** 0.037 0.304*
(0.041) * (0.004) (0.003) (0.531) (0.01)
IDE 0.011** 0.006* 0.006* 0.002 0.006
(0.003) (0.01) (0.027) (0.337) (0.187)
Constante -0.565 -0.646 -1.006* -0.316 2.882***
(0.305) (0.07) (0.017) (0.398) (0.000)
Nbre d’observations 415 415 415 415 415
Note : Les valeurs entre parenthèses sont les estimations p-valeurs. *** Indiquez la signification au seuil de 1 %. * *
Indiquer la signification aux niveaux de 5 %. * Indiquez la signification au seuil de 10 %.
Conclusion et recommandations :
L’objectif de cet article était d’analyser l’effet de la consommation en énergie renouvelable sur la
croissance économique et sur les émissions à effet de serre en Afrique de l’Ouest. Ce travail de
recherche porte sur un échantillon composé de 15 pays d’Afrique l’Ouest et couvre la période de
1990 à 2018 et les données proviennent essentiellement de World Development Indicators, 2020.
Nous avons fait recours dans un premier temps à la méthode d’estimation des Moments Généralisés
en système pour appréhender l’effet de la consommation en énergie renouvelable sur la croissance
économique et dans un second, le modèle de régression quantile a été privilégié dans le but de voir
si l’effet de la consommation en énergie renouvelable dépend fondamentalement sur le niveau
d’émission de gaz à effet de serre du pays.
Le recours aux énergies renouvelables réduit la croissance économique des pays d’Afrique l’Ouest.
Par ailleurs, le secteur de l’industrie est aussi sensible à ce recours aux énergies renouvelables et cela
se traduit par une baisse de la croissance économique. L’étude a également révélé que l’effet des
énergies renouvelables est aussi sensible au niveau d’émission de gaz à effet de serres des pays
d’Afrique de l’Ouest.
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 365
IL ressort de ces résultats que les pays de la CEDEAO gagnerait à développer une politique de Mix-
énergétique qui allient les energies durables et celles fossiles dans le seul but de satisfaire la demande
croissante en energie des populations de la region. De ce fait, il est vivement recommandé d’accorder
des mesures incitatives, telles que les avantages fiscaux, pour encourager les investissements dans
les énergies renouvelables (les énergies propres), et l’investissement dans l’innovation technologique
afin de produire des équipements qui consomment moins d’énergie et émettent moins de gaz à effet
de serre. Sous un autre angle, il devra consommer moins d’énergies fossiles et électriques en
l’adaptant et en développant des énergies durables à faible impact d’émissions de CO2, tel que le
solaire.
Tableau 9: Investissements dans les énergies renouvelables dans plusieurs pays de la CEDEAO (en
millions de dollars).
Pays 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Cote d'Ivoire 0 11.2 0 0 0 0
Ghana 0 0* 0 0 0 29.7
Libéria 112 0 0 0 5.8 0
Nigéria 0 0 23.3 12.6 101.3 0
Sénégal 0 69.8 0 0 0 0
Sierra Leone 0 0 0 357.5 6.3 0
Total 112 69.8 23.3 370.1 113.4 29.7
*Le chiffre « 0 » signale l’absence d’investissements pour l’année concernée.
Source : Rapport d’étape
Nos investigations empiriques présentent quelques limites qu’il convient de surmonter dans les
recherches futures. Il s’agit principalement de la prise en compte des effets liés à la responsabilité
des pays industrialisés dans la concentration actuelle des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Références :
AHMAD A ET AL. (2022) Financial Risk, Renewable Energy Technology Budgets, and Environmental
Sustainability: Is Going Green Possible? Frontiers in Environmental Science, Volume 10 – 2022,
P: 10.
AIE (2014) Africa Energy Outlook : A focus on Energy Prospects in Sub-Saharan Africa, World Energy
Outlook Special Report, 242p.
APERGIS N., PAYNE J.E. (2012) Renewable and non-renewable energy consumption-growth nexus:
Evidence from a panel error correction model, Energy Economics, 34 (3), pp. 733-738.
APERGIS N., PAYNE J.E. (2010) Renewable energy consumption and economic growth: Evidence from
a panel of OECD countries, Energy Policy, Volume 38, Issue 1, Pages 656-660.
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 366
ARELLANO, M. AND BOVER, O. (1995) Another Look at the Instrumental Variable Estimation of Error-
Component Models. Journal of Econometrics, 68, 29-52.
Bhattacharya, M., Paramati, S. R., Ozturk, I., & Bhattacharya, S. (2016) The effect of renewable
energy consumption on economic growth: Evidence from top 38 countries. Applied Energy,
162, 733–741.
BLUNDELL, R ET BOND, B (1998) Initial conditions and moment restrictions in dynamic panel data
models, Journal of Econometrics 87 (1998) 115-143.
BEHMANE, M. (2014) La Consommation d’Energie Renouvelables et la Croissance economiqus dans
les pays d’Europe du Nord. 38(2000), 154-166.
CAI ET AL (2022) What drives carbon emissions in the long-run? The role of renewable energy and
agriculture in achieving the sustainable development goals, Economic Research-Ekonomska
Istraživanja, 35:1, 4603-4624.
CHEN ET AL., (2019) Exploring the effects of economic growth, and Renewable and non-Renewable
energy consumption on China’s CO2 emissions: Evidence from a regional panel analysis,
Renewable Energy Volume 140, September 2019, Pages 341-353.
CHEN ET AL., (2020) Will income inequality influence the abatement effect of renewable energy
technological innovation on carbon dioxide emissions? Journal of Environmental
Management, Volume 264, 15 June 2020, 110482.
COSMAS ET AL., (2019) (An econometric analysis of the macroeconomic determinants of carbon
dioxide emissions in Nigeria, Science of The Total Environment, Volume 675, 20 July 2019,
Pages 313-324.
DUMITRESCU E.I., HURLIN C. (2012) Testing for Granger non-causality in heterogeneous panels,
Economic Modelling, Volume 29, Issue 4, July 2012, Pages 1450-1460.
GILL, A.R., VISWANATHAN, K.K. & HASSAN, S. A (2018) Test of environmental Kuznets curve (EKC)
for carbon emission and potential of renewable energy to reduce greenhouse gases (GHG) in
Malaysia. Environ Dev Sustain 20, 1103-1114.
HARDING, M ET LAMARCHE, C., (2009) A quantile regression approach for estimating panel data
models using instrumental variables, Economics Letters Volume 104, Issue 3, September 2009,
Pages 133-135.
JAFORULLAH ET KING (2018) Climate change, regulatory policies and regional cooperation in South
Asia, Public Administration and Policy, Vol. 21 No. 1, 2018, pp. 22-35.
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 367
KAO, C. (1999) Spurious Regression and Residual-Based Tests for Cointegration in Panel Data. Journal
of Econometrics, 90, 1-44.
KEBEDE E., KAGOCHI J., JOLLY C. M. (2010) Energy consumption and economic development in Sub-
Sahara Africa, Energy Economics, 32, 532-537.
KOENKER, R (2004) Quantile regression for longitudinal data, Journal of Multivariate Analysis,
Volume 91, Issue 1, October 2004, Pages 74-89.
MAJI ET AL. (2019) Renewable energy consumption and economic growth nexus: A fresh evidence
from West Africa, Energy Reports, Volume 5, Pages 384-392.
NOORPOOR ET KUDAHI, (2015) CO2emissions from Iran’s power sector and analysis of the
influencing factors using the stochastic impacts by regression on population, affluence and
technology (STIRPAT) model, CARBON MANAGEMENT, 2015 VOL. 6.
OCAL O., ASLAN A. (2013) Renewable energy consumption–economic growth nexus in Turkey,
Renewable and Sustainable Energy Reviews, Elsevier, vol. 28(C), pages 494-499.
LIN ET RAZA. (2022) Analysis of Pakistan's electricity generation and CO2 emissions: Based on
decomposition and decoupling approach, Journal of Cleaner Production, Volume 359, 20 July
2022, 132074.
PEDRONI, P. (2004) Panel Cointegration: Asymptotic and Finite Sample Properties of Pooled Time
Series Tests with an Application to the Ppp Hypothesis. Econometric Theory, 20, 597-625.
RAHMAN, VELAYUTHAM. (2020) Clean energy consumption and economic growth in China: a time-
varying analysis, Studies in Nonlinear Dynamics & Econometrics.
RITI ET AL. (2017) Determination of Long and Short Run Demand for Money in the West African
Monetary Zone (WAMZ) Countries: A Panel Analysis, Econometric Research in Finance, Vol. 2,
PP: 19.
VURAL G. (2020) Renewable and non-renewable energy-growth nexus: A panel data application for
the selected Sub-Saharan African countries, Resources Policy, Elsevier, vol. 65(C).
XU ET AL. (2019) Global renewable energy development: Influencing factors, trend predictions and
countermeasures, Resources Policy, Volume 63, October 2019.
ZHANG ET ZAHO (2019) The Application of Real Option to Renewable Energy Investment: A Review,
Energy Procedia Volume 158, February 2019, Pages 3494-3499.
6 Revue ame, Vol 6, No 3 (Juillet, 2024) 352-368 Page 368