Classique 2
Classique 2
Mathématiques
Sujets de synthèse
Polynômes orthogonaux
Fevrier 2022
1.1 Montrer que L𝜔2 (𝐼 ) est un R-ev et que h., .i est bien
défini et que c’est un produit scalaire de L𝜔2 (𝐼 ). On notera
Énoncé k.k 2 la norme associée à ce produit scalaire.
On notera P (𝐼 ) le sous-espace vectoriel de L𝜔2 (𝐼 ) formé des
fonctions polynomiales.
Le premier problème est consacré à quelques pro-
priétés communes aux différentes familles de po- 1.2 Montrer qu’il existe une suite de polynômes (𝑃𝑛 )𝑛 telle
lynômes orthogonaux ainsi qu’à leurs justification que
dans un cadre global. Le deuxième sujet étudie, au
(
travers d’exemples, les opérateurs différentiels as- ∀𝑛 ∈ N deg 𝑃𝑛 = 𝑛
sociés aux polynômes orthogonaux usuels. Le troi-
(𝑃𝑛 )𝑛 est une famille orthogonale pour h., .i
sième donne une condition suffisante pour qu’une
famille de polynôme orthogonaux associés à un
poids 𝜔 donné soit totale. Le dernier propose une (𝑃𝑛 )𝑛 est dite une suite de polynômes orthogonaux associée
généralisation de la notion de suite de polynômes au produit scalaire h., .i.
orthogonaux associée à un produit scalaire et donne 1.3 Montrer que pour toutes les suites de polynômes or-
une condition nécessaire et suffisante pour qu’une thogonaux (𝑄𝑛 )𝑛 , tous les polynômes 𝑄𝑛 sont colinéaires
telle suite existe. pour un 𝑛 donné et en déduire qu’il existe une seule suite de
polynômes orthogonaux unitaires (au sens polynomial).
Problème 1
Les propriétés de base 1B — Polynômes de Legendre
∀𝑡 ∈ 𝐼 𝜔 (𝑡) > 0
∀𝑛 ∈ N 𝑡 ↦−→ 𝜔 (𝑡)𝑡 𝑛 est intégrable sur 𝐼 1.4 Montrer que (𝐿𝑛 )𝑛 est une suite totale de polynômes
(C.M) orthogonaux dans L𝜔2 (𝐼 ).
1.5 Montrer en utilisant le théorème de Rolle que pour
On note L𝜔2 (𝐼 ) l’ensemble des fonctions 𝑓 continue de 𝐼 dans
tout 𝑛 > 1, le polynôme 𝐿𝑛 est scindé à racines simples.
R tels que 𝑡 ↦−→ 𝜔 (𝑡) 𝑓 (𝑡) 2 soit intégrable sur 𝐼 . et on pose
pour tout couple de fonctions (𝑓 , 𝑔) de L𝜔2 (𝐼 ) 1.6 Montrer que pour tout 𝑛 > 1,
∫
h𝑓 , 𝑔i = 𝜔 (𝑡)𝑓 (𝑡)𝑔(𝑡)d𝑡 (𝑛 + 1)𝐿𝑛+1 (𝑥) = (2𝑛 + 1)𝑥𝐿𝑛 (𝑥) − 𝑛𝐿𝑛−1 (𝑥)
𝐼
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Sujets de synthèse Polynômes orthogonaux
1.16 Soit 𝑛 > 1. Montrer que 𝑃𝑛 est scindé à racines Noter qu’en particulier
simples, toutes ces racines étant dans 𝐼 .
1.17 Montrer que pour tout 𝑛 > 1 il existe des réels 𝑎𝑛 , 𝑏𝑛 1 d𝑛
𝑄𝑛,𝑛 (𝑡) = 𝜔 (𝑡)𝐴(𝑡)𝑛
et 𝑐𝑛 tels que 𝜔 (𝑡) d𝑡 𝑛
Construire des polynômes 𝐴 et 𝐵 et écrire les équations (EDL) Soit 𝐸 l’ensemble des fonctions continues 𝑔 : [0, +∞[−→ 𝐼
qui correspondent aux polynômes de telles que
2.5 Legendre : 𝐼 = [−1, 1] et 𝜔 = 1 ; ∀𝑥 ∈ [0, +∞[ 𝑡 ↦−→ 𝑔(𝑡)e−𝑥𝑡 est intégrable
2.6 Tchebychev : 𝐼 =] − 1, 1[ et 𝜔 (𝑡) = √1 ;
1−𝑡 2 et on pose pour tout 𝑔 ∈ 𝐸 et pour tout 𝑥 ∈ [0, +∞[
2.7 Laguerre : 𝐼 = [0, +∞[ et 𝜔 (𝑡) = −𝑡
e ; ∫ +∞
2.8 Hermite : 𝐼 = R et 𝜔 (𝑡) = e−𝑡 .
2 𝐿𝑔(𝑥) = 𝑔(𝑡)e−𝑥𝑡 d𝑡
0
11a. Montrer que 𝑍 est un ouvert relatif de [0, +∞[ et en 4.2 Montrer que si 𝑄 est un polynôme de degré 𝑛 et de co-
déduire que 𝑍 = [0, +∞[. efficient dominant 𝜆 alors 𝜆𝑛 h𝑃𝑛 , 𝑄i = 𝜆 k𝑃𝑛 k 2 et en déduire
11b. Montrer que 𝑓 = 0. Conclure. que
𝜆𝑛 𝜌𝑛−1
𝑎𝑛 = et 𝑐𝑛 =
𝜆𝑛+1 𝜌𝑛
On peut aussi démontrer que lorsque 𝐼 = R, un critère suffisant
pour que P (𝐼 ) soit dense dans L𝜔2 (𝐼 ) est donné par 4.3 Montrer que pour tout 𝑛 > 1
𝑃𝑛 (𝑥)𝑃𝑛 (𝑡)
∃𝑐 > 0 ∀𝑥 ∈ R 𝜔 (𝑥) 6 e−𝑐 |𝑥 | 𝐾𝑛 (𝑥, 𝑡) − 𝐾𝑛−1 (𝑥, 𝑡) =
k𝑃𝑛 k 2
On y parvient selon le même schéma que lorsque 𝐼 = [0, +∞[ et en déduire que
mais en faisant cette fois intervenir la transformé de Fourier 𝑛
d’une fonction continue intégrable 𝑓 : R −→ R qui est définie
∑︁ 𝑃𝑘 (𝑥)𝑃𝑘 (𝑡)
𝐾𝑛 (𝑥, 𝑡) =
par 𝑘=0 k𝑃𝑘 k 2
∫ +∞ 4.4 Une application
∀𝑥 ∈ R 𝑓 (𝑥) =
b 𝑓 (𝑡)e−𝑖𝑥𝑡 d𝑡 4a. Montrer que 𝐾𝑛 (𝑥, 𝑥) > 0 pour tout 𝑥 ∈ R.
−∞
4b. Montrer que
et la fameuse formule d’inversion de Fourier qui affirme que
𝑎𝑛
𝑃 0 (𝑥)𝑃𝑛 (𝑥) − 𝑃𝑛+1 (𝑥)𝑃𝑛0 (𝑥)
si 𝑓 et 𝑓b sont intégrables sur R alors 𝐾𝑛 (𝑥, 𝑥) = 2 𝑛+1
∫ +∞ k𝑃𝑛 k
∀𝑥 ∈ R 𝑓 (𝑥) = 𝑓b(𝑡)e𝑖𝑥𝑡 d𝑡 4c. En déduire que si 𝑛 > 1 alors entre deux racines de 𝑃𝑛+1
−∞ il y a exactement une racine de 𝑃𝑛 .
et garantit de ce fait l’injectivité de la transformation de Fou-
rier (Voir cnc 2003 — math I à ce propos) 4B — Le problème de l’approximation ponctuelle
On suppose que la suite (𝑃𝑛 )𝑛 est totale et on note 𝑆𝑛 la pro-
Problème 4 jection orthogonale de L𝜔2 (𝐼 ) sur le sous-espace vectoriel
P𝑛 (𝐼 ) formé des fonctions polynomiales de degré inférieurs
Approximation par des polynômes
ou égal à 𝑛.
orthogonaux
4.5 Montrer que pour tout 𝑓 ∈ L𝜔2 (𝐼 )
Dans ce problème on étudie la possibilité d’effectuer une ∫
approximation ponctuelle (au sens de la convergence simple) ∀𝑥 ∈ 𝐼 𝑆𝑛 (𝑓 ) (𝑥) = 𝐾𝑛 (𝑥, 𝑡) 𝑓 (𝑡)𝜔 (𝑡)d𝑡
𝐼
d’un élément de L𝜔2 (𝐼 ) par des fonctions polynomiales s’ex-
Que donne ce résultat si on prend 𝑓 = 1.
primant à l’aide de polynômes orthogoanaux. Soit (𝑃𝑛 )𝑛 une
suite de polynômes orthogonaux de L𝜔2 (𝐼 ). On conserve sous On suppose désormais que 𝑓 est un élément de classe C 1 de
2
L𝜔 (𝐼 ). On fixe 𝑥 dans 𝐼 et on définit la fonction 𝑔𝑥 sur 𝐼 par
sa forme l’équation de récurrence (E.R)
𝑓 (𝑡) − 𝑓 (𝑥)
𝑋 𝑃𝑛 = 𝑎𝑛 𝑃𝑛+1 + 𝑏𝑛 𝑃𝑛 + 𝑐𝑛 𝑃𝑛−1 (E.R) si 𝑡 ≠ 𝑥
𝑔𝑥 (𝑡) = 𝑡 −𝑥
On note en plus 𝜆 le coefficient dominant de 𝑃 et on pose 𝑓 0 (𝑥) si 𝑡 = 𝑥
𝑛 𝑛
𝜌𝑛 = 𝜆𝑛 /k𝑃𝑛 k 2 . 4.6 Montrer que 𝑔𝑥 est un élément de L𝜔2 (𝐼 ).
4.7 Montrer que pour tout 𝑥 ∈ 𝐼 ,
𝑎𝑛
4A — Noyaux relatifs à une suite de polynômes 𝑆𝑛 (𝑓 ) (𝑥) − 𝑓 (𝑥) = 𝑃 (𝑥)h𝑃𝑛+1, 𝑔𝑥 i − 𝑃𝑛+1 (𝑥)h𝑃𝑛 , 𝑔𝑥 i
2 𝑛
k𝑃𝑛 k
orthogonaux
h𝑃 ,𝑔 i
4.8 Justifier que la suite k𝑃𝑛 k𝑥2 𝑛 converge vers 0 et en
On pose pour tout (𝑥, 𝑡) ∈ 𝐼 2 tel que 𝑥 ≠ 𝑡 𝑛
déduire que si la suite de terme
𝑎𝑛 𝑃𝑛+1 (𝑡)𝑃𝑛 (𝑥) − 𝑃𝑛+1 (𝑥)𝑃𝑛 (𝑡)
𝐾𝑛 (𝑥, 𝑡) = |𝜆𝑛 | k𝑃𝑛+1 k |𝑃𝑛 (𝑥)| |𝑃𝑛+1 (𝑥)|
k𝑃𝑛 k 2 𝑡 −𝑥 𝛿𝑛 = +
|𝜆𝑛+1 | k𝑃𝑛 k k𝑃𝑛 k k𝑃𝑛+1 k
𝐾𝑛 est appelée noyau d’ordre 𝑛 de la suite (𝑃𝑛 )𝑛 . est bornée alors (𝑆𝑛 (𝑓 ) (𝑥))𝑛 converge vers 𝑓 (𝑥).
4.1 Montrer que 𝐾𝑛 est une fonction polynomiale en 𝑥 et 4.9 Traiter le cas des polynômes de Legendre, Tcheby-
𝑡. chev et Laguerre.
5.5 On suppose que 𝐿 est presque définie montrer que la On note (𝐸 1, 𝐸 2, . . . , 𝐸𝑛 ) la base canonique de M𝑛,1 (R).
suite de polynômes (𝑃𝑛 )𝑛 définie par 8a. Montrer que pour tout 𝑥 ∈ RrSp(𝐴)
𝐿(𝑃 2 ) = 𝑡 𝑉 𝐻𝑛𝑉 où 𝑉 = 𝑡 𝑎 0 𝑎 1 · · · 𝑎𝑛
∫ 1
= 𝐴𝑛(𝑛+1) (𝑥)𝐴𝑚
(𝑚−1)
(𝑥)d𝑥
−1
Corrigé Car 1 et −1 sont des racines de multiplicité 𝑚 de 𝐴𝑚 et donc
(𝑚−1) (𝑚−1)
𝐴𝑚 (1) = 𝐴𝑚 (−1) = 0. En observant que 𝐴𝑛(2𝑛) = (2𝑛)! on
arrive donc à
∫ 1
Problème 1 h𝐴𝑛(𝑛) , 𝐴𝑚(𝑚)
i = (2𝑛)! (𝑚−𝑛)
𝐴𝑚 (𝑥)d𝑥
−1
Les propriétés de base = (2𝑛)! 𝐴𝑚(𝑛−𝑚−1)
(1) (𝑚−𝑛−1)
− 𝐴𝑚 (−1)
1A — ∀𝑚 > 𝑛, h𝐿𝑛 , 𝐿𝑚 i = 0
1.1 Constatons d’abords que pour deux fonctions réelles 𝑓 et 𝑔 n.b. Parce que ce sera utile dans la suite, notons que les calculs
précédents donnent aussi
on a |𝑓 𝑔| 6 12 𝑓 2 + 𝑔2 ).
L𝜔2 (𝐼 ) contient la fonction nulle et si 𝑓 , 𝑔 ∈ L𝜔2 (𝐼 ) et 𝜆 ∈ R alors (2𝑛)!
∫ 1
k𝐿𝑛 k 2 = 𝐴𝑛 (𝑥)d𝑥
(2𝑛 𝑛!) 2 −1
𝜔 (𝑓 + 𝜆𝑔) 2 6 𝜔 𝑓 2 + 𝜆 2𝜔𝑔2 + 𝜆 𝜔 𝑓 2 + 𝜔𝑔2 )
Montrons maintenant que la famille orthogonale (𝐿𝑛 )𝑛 est totale
Et donc 𝑓 + 𝜆𝑔 ∈ L𝜔2 (𝐼 ). Alors L𝜔2 (𝐼 ) est sev de R𝐼 . dans (L𝜔2 (𝐼 ), h., .i).
Par ailleurs h., .i est bien défini grâce à la majoration 𝜔 |𝑓 𝑔| 6 Soit donc 𝑓 ∈ L𝜔2 (𝐼 ) et soit ve.p > 0. La fonction 𝑓 est continue
𝜔 2 2
2 (𝑓 + 𝑔 ). Il est linéaire à droite par linéarité de l’intégrale, natu- sur le segment 𝐼 donc, d’après le théorème de Weierstrass, il existe
rellement symétrique, positif par positivité de l’intégrale et défini 𝑃 ∈ P (𝐼 ) tel que
positif par propriété de séparation de l’intégrale d’une fonction
continue. C’est donc un produit scalaire de L𝜔2 (𝐼 ). k𝑓 − 𝑃 k ∞ 6 ve.p
1.2 La condition (𝐶.𝑀) assure que L𝜔2 (𝐼 )
contient P (𝐼 ). Il suffit √
ensuite d’appliquer le procédé de Gram-Schmidt à la suite (𝑒𝑛 )𝑛 Et comme pour tout 𝑔 ∈ L𝜔2 (𝐼 ), k 𝑓 k 6 2 k𝑔k ∞ alors
des fonctions 𝑒𝑛 : 𝑡 ↦−→ 𝑡 𝑛 , 𝑡 ∈ 𝐼 . √
k𝑓 − 𝑃 k 6 ve.p 2
1.3 Soient (𝑃𝑛 )𝑛 et (𝑄𝑛 )𝑛 deux suites de polynômes orthogonaux
associées au même produit scalaire h., .i. Notons pour tout 𝑛 ∈ N, Ce qui montre que P (𝐼 ) = Vect{𝐿𝑛 / 𝑛 ∈ N} est dense dans L𝜔2 (𝐼 ).
P𝑛 (𝐼 ) le sev de P (𝐼 ) formé des fonctions polynomiales de degré Ainsi
6 𝑛.
(𝑃0, 𝑃1, . . . , 𝑃𝑛 ) est une base (échelonnée) de P𝑛 (𝐼 ) et 𝑄𝑛 ∈ P𝑛 (𝐼 ) (𝐿𝑛 )𝑛 est une base orthogonale totale de L𝜔2 (𝐼 )
donc on peut écrire
1.5 Il suffit d’utiliser le résultat usuel suivant : si 𝑃 est un po-
𝑛−1
∑︁ lynôme réel de degré 𝑛 > 0 qui est scindé sur R alors pour tout
𝑄𝑛 = 𝑎 𝑘 𝑃𝑘 entier 𝑘 < 𝑛, 𝑃 (𝑘) est scindé sur R. Ce dernier est une application
𝑘=0
du théorème de Rolle.
Puisque 𝑄𝑛 et orthogonal à 𝑄 0, 𝑄 1, . . . , 𝑄𝑛−1 alors il est ortho- 1.6 Soit 𝑛 ∈ N∗ . 𝑋 𝐿𝑛 est un élément de P𝑛+1 (𝐼 ) et de ce fait il
gonal à P𝑛−1 (𝐼 ). Donc h𝑃𝑘 , 𝑄𝑛 i = 0, et donc 𝑎𝑘 = 0, pour tout est une combinaison linéaire de 𝐿0, 𝐿1, . . . , 𝐿𝑛+1 . Par ailleurs, pour
𝑘 ∈ È0, 𝑛 − 1É. Ainsi 𝑄𝑛 = 𝑎𝑛 𝑃𝑛 . tout 𝑘 < 𝑛 − 1 on peut écrire
h𝑋 𝐿𝑛 , 𝐿𝑘 i = h𝐿𝑛 , 𝑋 𝐿𝑘 i
1B — Et comme deg(𝑋 𝐿𝑘 ) < 𝑛 alors h𝑋 𝐿𝑛 , 𝐿𝑘 i = 0. Alors 𝑋 𝐿𝑛 est une
combinaison linéaire de 𝐿𝑛−1, 𝐿𝑛 et 𝐿𝑛+1 . Posons donc
Soit pour tout 𝑛 ∈ N, 𝐴𝑛 (𝑥) = 𝑥 2 − 1)𝑛 , de telle sorte que
𝑋 𝐿𝑛 = 𝑎𝑛 𝐿𝑛+1 + 𝑏𝑛 𝐿𝑛 + 𝑐𝑛 𝐿𝑛−1
1 (𝑛)
𝐿𝑛 = 𝐴
2 𝑛! 𝑛
𝑛
On peut observer que le polynôme 𝐿𝑛 est paire si 𝑛 est paire et
impaire si 𝑛 est impaire (𝐴𝑛 est paire donc sa dérivée 𝑛 eme à la
1.4 Soient 𝑛, 𝑚 ∈ N tels que 𝑛 < 𝑚
même parité que 𝑛). En écrivant
∫ 1
(𝑛) (𝑚)
h𝐴𝑛 , 𝐴𝑚 i = 𝐴𝑛(𝑛) (𝑥)𝐴𝑚
(𝑚)
(𝑥)d𝑥 𝑋 𝐿𝑛 − 𝑎𝑛 𝐿𝑛+1 − 𝑐𝑛 𝐿𝑛−1 = 𝑏𝑛 𝐿𝑛 (∗)
−1
1 ∫ 1
(𝑛) (𝑚−1) les polynômes des deux côtés de cette égalité sont de parités in-
= 𝐴𝑛 (𝑥)𝐴𝑚 (𝑥) + 𝐴𝑛(𝑛+1) (𝑥)𝐴𝑚
(𝑚−1)
(𝑥)d𝑥 verses. Il sont donc nuls. On en déduit que 𝑏𝑛 = 0.
−1 −1
(2𝑛)!
Ensuite, 𝐿𝑛 admet pour coefficient dominant , donc en
2𝑛 (𝑛!) 2
comparant les termes en 𝑋 𝑛+1 dans l’égalité (∗) on obtient 𝑛 𝑛−2𝑘
(1 − 𝑋 2 )𝑘
∑︁ 𝑘
avec 𝑇𝑛 (𝑋 ) = (−1) 𝑋
2𝑘 6𝑛 2𝑘
(2𝑛)! (2𝑛 + 2)! (2𝑛 + 1)!
= 𝑎𝑛 𝑛+1 = 𝑎𝑛 𝑛
2𝑛 (𝑛!) 2 2 (𝑛 + 1)!2 2 (𝑛 + 1)𝑛!2 𝑇𝑛 est de degré 6 𝑛 et le coefficient du terme en 𝑋 𝑛 est
𝑛+1 ∑︁ 𝑛 1
et donc 𝑎𝑛 = = (1 + 1)𝑛 + (1 − 1)𝑛 = 2𝑛−1
2𝑛 + 1 2𝑘 6𝑛 2𝑘 2
Et enfin, grâce à la formule de Leibniz Il est non nul donc c’est le coefficient dominant de 𝑇𝑛 .
1.9 Soient 𝑛, 𝑚 ∈ N2 .
𝑛
1 ∑︁ 𝑛 (𝑘) (𝑛−𝑘)
𝐿𝑛 (𝑋 ) = 𝑛 (𝑋 − 1)𝑛 (𝑋 + 1)𝑛
∫ 𝜋
2 𝑛! 𝑘=0 𝑘 h𝑇𝑛 ,𝑇𝑚 i = 𝑇𝑛 (cos 𝜃 )𝑇𝑚 (cos 𝑚𝜃 )d𝜃
𝑛 0
1 ∑︁ 𝑛 𝑛! 𝑛! ∫
1 𝜋
= 𝑛 (𝑋 − 1)𝑛−𝑘 (𝑋 + 1)𝑘 = cos(𝑛 + 𝑚)𝜃 + cos(𝑛 − 𝑚)𝜃 d𝜃
2 𝑛! 𝑘=0 𝑘 (𝑛 − 𝑘)! 𝑘! 2 0
𝑛 2 𝜋
1 ∑︁ 𝑛 si 𝑛 = 𝑚 ≠ 0
= 𝑛 (𝑋 − 1)𝑛−𝑘 (𝑋 + 1)𝑘 2
2 𝑘=0 𝑘
h𝑇𝑛 ,𝑇𝑚 i = 𝜋 si 𝑛 = 𝑚 = 0
En particulier 𝐿𝑛 (1) = 1. En appliquant à 1 la relation (∗) cela 0 si 𝑛 ≠ 𝑚
donne 1 = 𝑎𝑛 + 𝑐𝑛 et donc
1.10 Soit 𝑛 ∈ N∗ . Cherchons les racines de 𝑇𝑛 qui sont de la
𝑛+1 𝑛 forme cos 𝜃 avec 𝜃 ∈]0, 𝜋 [
𝑐𝑛 = 1 − =
2𝑛 + 1 𝑛 + 1
𝑇𝑛 (cos 𝜃 ) = 0 ⇐⇒ cos 𝑛𝜃 = 0
En conclusion 𝜋
⇐⇒ ∃𝑘 ∈ Z, 𝑛𝜃 = + 𝑘𝜋
2
∀𝑛 ∈ N∗, (2𝑛 + 1)𝑋 𝐿𝑛 = (𝑛 + 1)𝐿𝑛+1 + 𝑛𝐿𝑛−1 (2𝑘 + 1)𝜋
⇐⇒ ∃𝑘 ∈ È0, 𝑛 − 1É , 𝜃 =
2𝑛
La fonction cos induisant une injection sur ]0, 𝜋 [ les racines
1C —
𝑥𝑘 = cos (2𝑘+1)𝜋
2𝑛 , 𝑘 ∈ È0, 𝑛 − 1É, de 𝑇𝑛 ainsi déterminées sont
distinctes. Comme il y en a 𝑛 et 𝑇𝑛 est de degré 𝑛 alors ce sont les
1.7 𝜔 est bien continue strictement positive sur 𝐼 et pour tout
seules.
𝑛∈N
Si 𝑛 ∈ N∗ alors 𝑇𝑛 est scindé à racines simples et ses racines
1 1
𝑥 𝑛 𝜔 (𝑥) ∼ √︁ 𝑥 𝑛 𝜔 (𝑥) ∼ √︁ (2𝑘 + 1)𝜋
1 2(1 − 𝑥) −1 2(1 + 𝑥) 𝑥𝑘 = cos 𝑘 ∈ È0, 𝑛 − 1É
2𝑛
sont toutes dans l’intervalle 𝐼 .
Ce qui montre que toutes les fonctions 𝑥 ↦−→ 𝑥 𝑛 𝜔 (𝑥) sont inté-
grables sur 𝐼 . Par ailleurs la fonction 𝜃 ↦−→ cos 𝜃 étant une bijection 1.11 Il suffit de constater que
de classe ]0, 𝜋 [ sur ] − 1, 1[, le changement de variable 𝑥 = cos 𝜃
donne pour tous 𝑓 , 𝑔 ∈ L𝜔2 (𝐼 ) cos(𝑛 + 1)𝜃 + cos(𝑛 − 1)𝜃 = 2 cos 𝜃 cos 𝑛𝜃
∫ 1 ∫ 𝜋
𝑓 (𝑥)𝑔(𝑥)
h𝑓 , 𝑔i = √ = 𝑓 (cos 𝜃 )𝑔(cos 𝜃 )d𝜃 1D —
−1 1 − 𝑥2 0
1.12 La fonction 𝜔 : 𝑥 ↦−→ e−𝑥 est bien continue partout stric-
1.8 𝑇0 = 1 et pour 𝑛 > 1, cela peut se faire par calcul directe : tement positive sur 𝐼 = [0, +∞[ et pour tout 𝑛 ∈ N,
1
cos(𝑛𝜃 ) = Re (cos 𝜃 + 𝑖 sin 𝜃 )𝑛 𝑥 𝑛 𝜔 (𝑥) = 𝑜 +∞ 2
𝑛 𝑥
∑︁ 𝑘 𝑛
= Re 𝑖 𝑛−𝑘
cos 𝜃 sin 𝜃 𝑘 Donc 𝑥 ↦−→ 𝑥 𝑛 𝜔 (𝑥) qui est continue sur 𝐼 est intégrable sur
𝑘=0 𝑘 [1, +∞[ et donc sur 𝐼 .
𝑛 Par ailleurs, grâce à la formule de Leibniz
cos𝑛−2𝑘 𝜃 sin2𝑘 𝜃
∑︁
= (−1)𝑘
2𝑘 𝑛 𝑛
2𝑘 6𝑛 e𝑥 ∑︁ 𝑛 𝑛! 𝑘 −𝑥 ∑︁ (−1)𝑘 𝑛 𝑘
𝑃𝑛 (𝑥) = (−1)𝑘 𝑥 e = 𝑥 (1)
𝑛 𝑛! 𝑘=0 𝑘 𝑘! 𝑘! 𝑘
cos𝑛−2𝑘 𝜃 (1 − cos2 𝜃 )𝑘
∑︁
= (−1)𝑘 𝑘=0
2𝑘 6𝑛 2𝑘
𝑃𝑛 est bien polynomiale et elle est de degré 𝑛 et de coefficient
cos 𝑛𝜃 = 𝑇𝑛 (cos 𝜃 ) dominant (−1)
𝑛
𝑛! .
1.13 On pose 𝑓𝑛 (𝑥) = 𝑥 𝑛 e−𝑥 de telle sorte que Supposons ensuite que 𝑎 est la plus petite des racines de 𝑅𝑘 . On a
𝑅𝑘+1 (0) = (𝑛 − 𝑘)𝑅𝑘 (0) donc 𝑅𝑘+1 (0) et 𝑅𝑘 (0) ont le même signe,
e𝑥 (𝑛) celui de 𝑅1 (0) = 𝑛 > 0. 𝑅𝑘0 n’a pas de racines entre 0 et 𝑎 donc
𝑃𝑛 (𝑥) = 𝑓 (𝑥)
𝑛! 𝑛 elle garde un signe constant sur ]0, 𝑎[. Ce qui signifie que 𝑅𝑘 est
∫ +∞
Les intégrales 0 𝑄 (𝑥)e−𝑥 étant convergente pour toute ∈ P (𝐼 ), strictement monotone sur ]0, 𝑎[. Puisque 𝑅𝑘 (0) > 0 et 𝑅𝑘 (𝑎) = 0
une intégration par parties donne alors 𝑅𝑘 est strictement décroissante sur ]0, 𝑎[ ce qui implique que
𝑅𝑘0 (𝑎) < 0 et donc que 𝑅𝑘+1 (𝑎) < 0. Alors 𝑅𝑘+1 admet au moins
∫ +∞
1 une racine entre 0 et 𝑎.
h𝑃𝑛 , 𝑄i = 𝑓𝑛(𝑛) (𝑥)𝑄 (𝑥)d𝑥
𝑛! 0 Supposons finalement que 𝑏 est la plus grande des racines de 𝑅𝑘 .
1h i 𝑥→+∞ 1 ∫ +∞ Au delà de 𝑏 il n’y a plus aucune racine de 𝑅𝑘0 est donc 𝑅𝑘 est
= 𝑄 (𝑥) 𝑓𝑛(𝑛−1) (𝑥) − 𝑄 0 (𝑥) 𝑓𝑛(𝑛−1) (𝑥)d𝑥 strictement monotone sur ]𝑏, +∞[. 𝑅𝑘0 (𝑏) a donc le même signe
𝑛! 𝑥=0 𝑛! 0
que la limite (infinie) de 𝑅𝑘 en +∞. Puisque 𝑅𝑘 et 𝑅𝑘+1 ont des coef-
Grâce à la formule de Leibniz, 𝑓𝑛(𝑛−1) (𝑥) est de la forme ficients dominants de signes opposés, leurs limites en +∞ sont de
𝑥𝑅𝑛−1 (𝑥)e−𝑥 (voir ci-après). Donc 𝑓𝑛(𝑛−1) (0) = 0 et signes opposés. On en déduit que 𝑅𝑘+1 (𝑏) et lim 𝑅𝑘+1 ont des signes
+∞
𝑄 (𝑥) 𝑓𝑛(𝑛−1) −−−−−→ 0. Alors opposés. 𝑅𝑘+1 admet donc au moins une racine dans ]𝑏, +∞[.
𝑥→+∞
En conclusion, 𝑅𝑘+1 est scindé à racines simples dans ]0, +∞[. Ce
∫ +∞ qui achève de montrer par récurrence que tous les polynômes
1
h𝑃𝑛 , 𝑄i = − 𝑄 0 (𝑥) 𝑓𝑛(𝑛−1) (𝑥)d𝑥 𝑅𝑘 , 𝑘 ∈ È1, 𝑛É sont scindés à racines simples dans ]0, +∞[.
𝑛! 0
À l’ordre 𝑘 = 𝑛, on a 𝑓𝑛(𝑛) (𝑥) = 𝑅𝑛 (𝑥)e−𝑥 et donc 𝑃𝑛 = 𝑛!1 𝑅𝑛 . Alors
En répétant ces intégrations par parties, ceci mène vers
∫ +∞ 𝑃𝑛 est scindé à racines simples qui se
(−1)𝑛
h𝑃𝑛 , 𝑄i = 𝑄 (𝑛) (𝑥) 𝑓𝑛 (𝑥)d𝑥 trouvent toutes dans ]0, +∞[.
𝑛! 0
1.15 Comme pour les polynômes de Legendre, on peut justifier
(−1)𝑛
∫ +∞ qu’il existe 𝑎𝑛 , 𝑏𝑛 , 𝑐𝑛 ∈ R tels que
∀𝑄 ∈ P (𝐼 ), h𝑃𝑛 , 𝑄i = 𝑥 𝑄 (𝑛) (𝑥)e−𝑥 d𝑥
𝑛
(2)
𝑛! 0 𝑋 𝑃𝑛 = 𝑎𝑛 𝑃𝑛+1 + 𝑏𝑛 𝑃𝑛 + 𝑐𝑛 𝑃𝑛−1 (3)
Notons alors que dès que deg 𝑄 < 𝑛 alors h𝑃𝑛 , 𝑄i = 0. Ce qui suffit (−1)𝑛
Sachant que 𝑃𝑛 a pour coefficient dominant , en comparant
pour justifier que 𝑛!
les termes de plus haut degré dans cette égalité on obtient
La suite (𝑃𝑛 )𝑛 est orthogonale 𝑎𝑛 = −(𝑛 + 1)
1.14 On a 𝑓𝑛0 (𝑥) = (𝑛𝑥 𝑛−1 − 𝑥 𝑛 )e−𝑥 = 𝑥 𝑛−1𝑅1 (𝑥)e−𝑥 où le poly- Par ailleurs, grâce à l’expression de 𝑃𝑛 donnée en (1)
nôme 𝑅1 (𝑥) est de degré 1 et sa racine est dans 𝐼 . Supposons par
récurrence qu’à un ordre 𝑘 < 𝑛 on ait 𝑃𝑛(𝑛) (𝑥) = (−1)𝑛 𝑃𝑛(𝑛−1) (𝑥) = (−1)𝑛 (𝑥 − 𝑛)
∫ 1
𝑓𝑛(𝑘) (𝑥) = 𝑥 𝑛−𝑘 𝑅𝑘 (𝑥)e−𝑥 1
et via (2) h𝑃𝑛 , 𝑃𝑛 i = 𝑥 𝑛 e−𝑥 d𝑥 = 1
𝑛! 0
𝑅𝑘 étant un polynôme de degré 𝑘 scindé à racines simples dans
on peut faire le calcul :
]0, +∞[. ∫ +∞
(−1)𝑛 (𝑛) −𝑥
𝑓𝑛(𝑘+1) (𝑥) = 𝑥 𝑛−𝑘−1 (𝑛 − 𝑘 − 𝑥)𝑅𝑘 (𝑥) + 𝑥𝑅𝑘0 (𝑥) e−𝑥
h𝑃𝑛 , 𝑋 𝑃𝑛 i = 𝑥 𝑛 𝑥𝑃𝑛 (𝑥) e d𝑥
𝑛! 0
+∞
= 𝑥 𝑛−𝑘−1 𝑅𝑘+1 (𝑥)e−𝑥
∫
(−1)𝑛
𝑥 𝑛 𝑥𝑃𝑛(𝑛) (𝑥) + 𝑛𝑃𝑛(𝑛−1) (𝑥) e−𝑥 d𝑥
=
avec 𝑅𝑘+1 (𝑥) = (𝑛 − 𝑘 − 𝑥)𝑅𝑘 (𝑥) + 𝑥𝑅𝑘0 (𝑥) 𝑛!
∫ +∞0
1
𝑥 𝑛 𝑥 + 𝑛(𝑥 − 𝑛) e−𝑥 d𝑥
On a bien deg 𝑅𝑘+1 = 𝑘 + 1 et on note en plus que le coefficient =
𝑛! 0
dominant de 𝑅𝑘+1 est l’opposé de celui de 𝑅𝑘 . 1
Soient maintenant 𝑎 < 𝑏 deux racines successives de 𝑅𝑘 . Alors = (𝑛 + 1) · (𝑛 + 1)! − 𝑛 2 · 𝑛!
𝑛!
𝑅𝑘+1 (𝑎) = 𝑎𝑅𝑘0 (𝑎) 𝑅𝑘+1 (𝑏) = 𝑏𝑅𝑘0 (𝑏) = 2𝑛 + 1
En composant (3) en produit scalaire avec 𝑃𝑛 on obtient donc
𝑅𝑘 est scindé à racines simples donc selon le théorème de Rolle
𝑅𝑘0 est aussi scindé à racines simples et chacune de ces racines et 𝑏𝑛 = 2𝑛 + 1
comprise entre deux racines de 𝑅𝑘 . Il admet exactement une racine
entre 𝑎 et 𝑏, racine en laquelle 𝑅𝑘 présente un extrémum local. Ce Ensuite en substituant 0 à 𝑋 dans (3), 𝑎𝑛 + 𝑏𝑛 + 𝑐𝑛 = 0 et donc
qui signifie que 𝑅𝑘0 s’annule et change de signe une seule fois entre 𝑐𝑛 = −𝑛
𝑎 et 𝑏. Alors 𝑅𝑘0 (𝑎)𝑅𝑘0 (𝑏) < 0 et donc 𝑅𝑘+1 (𝑎)𝑅𝑘+1 (𝑏) < 0. D’après
le tvi 𝑅𝑘+1 admet au moins une racine dans ]𝑎, 𝑏 [. D’où 𝑋 𝑃𝑛 = −(𝑛 + 1)𝑃𝑛+1 + (2𝑛 + 1)𝑃𝑛 − 𝑛𝑃𝑛−1
1.16 Soit 𝑛 ∈ N∗ . Grâce à l’orthogonalité de la suite (𝑃𝑛 )𝑛 on a 2.2 Notons P𝑛 (𝐼 ) le sev de P (𝐼 ) formé des éléments de degré
6 𝑛. Les hypothèses deg 𝐴 6 2 et deg 𝐵 6 1 impliquent que P𝑛 (𝐼 )
∀𝑄 ∈ R𝑛−1 [𝑋 ], h𝑃𝑛 , 𝑄i = 0 est stable par 𝑈 . On notera 𝑈𝑛 l’endomorphisme de P𝑛 induit par 𝑈 .
∫ 𝑈𝑛 est ainsi un endomorphisme symétrique de l’espace euclidien
Pour 𝑄 = 1 on voit que 𝐼 𝜔 (𝑥)𝑃𝑛 (𝑥)d𝑥 = 0. Par propriété de sépa- P (𝐼 ).
𝑛+1
ration de l’intégrale d’une fonction continue, 𝑃𝑛 ne peut garder un
Construisons les termes de la suite (𝑃𝑛 )𝑛 par récurrence sur 𝑛.
signe constant sur [0, +∞[. Il admet donc au moins une racine de
𝑈 (1) = 0 donc il suffit de prendre 𝑃0 = 1 à l’ordre 0.
multiplicité impaire dans 𝐼 . Notons alors 𝑥 1, 𝑥 2, . . . , 𝑥𝑟 les racines
de multiplicité impaire de 𝑃𝑛 dans 𝐼 et supposons par l’absurde Supposons qu’à l’ordre on ait construit une famille échelonnée
que 𝑟 < 𝑛. orthogonale formée de ve.p de 𝑈 . Cette famille est alors une base
orthogonale de P𝑛 (𝐼 ) formée de ve.p de 𝑈𝑛 . L’espace P𝑛 (𝐼 ) est
Posons 𝑄 = (𝑋 − 𝑥 1 ) · · · (𝑋 − 𝑥𝑟 ). Toutes les racines de
stable par 𝑈𝑛+1 donc son orthogonal dans P𝑛+1 (𝐼 ) est stable par
𝑄𝑃𝑛 dans 𝐼 sont de multiplicité paires. Il garde donc un signe
𝑈𝑛+1 . Cet orthogonal est une droite vectorielle, il existe donc un
constant sur 𝐼 . Ce qui est impossible puisque deg 𝑄 < 𝑟 et donc
∫ ve.p 𝑃𝑛+1 de 𝑈 dans P𝑛+1 (𝐼 ) et qui est orthogonal à P𝑛 (𝐼 ). Puisque
𝜔 (𝑥)𝑄 (𝑥)𝑃 𝑛 (𝑥)d𝑥 = 0.
𝐼 𝑃𝑛+1 ∈ P𝑛+1 (𝐼 ) rP𝑛 (𝐼 ) alors deg 𝑃𝑛+1 = 𝑛 + 1.
Pour tout 𝑛 ∈ N∗ est scindé à racines simples sur Ce qui achève la construction des vecteurs 𝑃𝑛 . Ce sont des ve.p de
R et toutes ses racines sont dans 𝐼 𝑈 donc pour tout 𝑛 ∈ N il existe 𝜆𝑛 ∈ R tel que
𝐴𝑃𝑛00 + 𝐵𝑃𝑛0 = 𝜆𝑛 𝑃𝑛
1.17 L’existence de 𝑎𝑛 , 𝑏𝑛 et 𝑐𝑛 se justifie exactement comme
pour les polynômes de Legendre. 2.3 Pour 𝑛 = 0, 𝑃0 est constant donc dans tous les cas 𝜆0 = 0.
Ensuite 𝑎𝑛 est non nul pour une histoire de degré est pour 𝑐𝑛 on a Soit maintenant 𝑛 ∈ N∗ . En comparant les termes de plus haut
degré dans l’égalité 𝐴𝑃𝑛00 + 𝐵𝑃𝑛0 = 𝜆𝑛 𝑃𝑛 on obtient
|𝑐𝑛 | k𝑃𝑛−1 k 2 = h𝑋 𝑃𝑛 , 𝑃𝑛−1 i = h𝑃𝑛 , 𝑋 𝑃𝑛−1 i
𝜆𝑛 = 𝑛(𝑛 − 1)𝑎 + 𝑛𝑏 si deg 𝐴 = 2, deg 𝐵 = 1
Mais puisque 𝑋 𝑃𝑛−1 est degré 𝑛, il peut être écrit par division eu-
clidienne sous la forme 𝛼𝑃𝑛 + 𝑅 avec 𝛼 ∈ R∗ et deg 𝑅 < 𝑛 et donc 𝜆𝑛 = 𝑛(𝑛 − 1)𝑎 si deg 𝐴 = 2, deg 𝐵 = 0
(5)
h𝑃𝑛 , 𝑋 𝑃𝑛 i = |𝛼 | k𝑃𝑛 k 2 ≠ 0. Par suite 𝑐𝑛 ≠ 0. 𝜆𝑛 = 𝑛𝑏 si deg 𝐴 6 1, deg 𝐵 = 1
𝜆𝑛 = 0 sinon
2.4 4a. La condition liant 𝐴 et 𝐵 s’écrit 2.5 Pour Legendre 𝐼 = [−1, 1] et 𝜔 = 1 donc il suffit de prendre
𝐴 = 𝑋 2 − 1 et 𝐵 = 2𝑋 . Selon (5), 𝜆𝑛 = 𝑛(𝑛 − 1) + 2𝑛 = 𝑛(𝑛 + 1) donc
𝐴𝜔 0 = (𝐵 − 𝐴 0)𝜔 (6)
Montrons par récurrence sur 𝑛 ∈ N∗ que la fonction 𝜔𝐴𝑛 est de (𝑥 2 − 1)𝑃𝑛00 (𝑥) + 2𝑥𝑃𝑛0 (𝑥) = 𝑛(𝑛 + 1)𝑃𝑛 (𝑥) (EDL)
classe C𝑛 .
Pour 𝑛 = 1, 𝜔𝐴 est bien de classe C 1 puisque 𝜔 l’est.
2.6 Pour Tchebychev, 𝐼 =] − 1, 1[ et 𝜔 (𝑥) = √ 1 . On a
Soit 𝑛 ∈ N∗ et supposons que 𝜔𝐴𝑛 est de classe C𝑛 . 𝜔𝐴𝑛+1 est alors 1−𝑥 2
au moins de classe C𝑛 et on peut écrire 𝜔 0 (𝑥) = (1−𝑥𝑥2 ) 3/2 donc
Pour tout 𝑛 ∈ N∗ , 𝜔𝐴𝑛 est de classe C𝑛 sur 𝐼 et on a 𝑥𝑃𝑛00 (𝑥) + (1 − 𝑥)𝑃𝑛0 (𝑥) = −𝑛𝑃𝑛 (𝑥) (EDL)
𝑛 (𝑘) 𝑛−𝑘
∀𝑘 ∈ È0, 𝑛É , (𝜔𝐴 ) = 𝜔𝐴 𝑄𝑛,𝑘
où 𝑄𝑛,𝑘 est un polynôme de degré 6 𝑘. 2
2.8 Pour Hermite 𝐼 =] − ∞, +∞[ et 𝜔 (𝑥) = e−𝑥 /2 . On a 𝜔 0 (𝑥) =
−𝑥𝜔 (𝑥) donc on cherche des polynômes tels que 𝐵 − 𝐴 0 = −𝑋𝐴
4b. Soit 𝑛 ∈ N∗ . On a 𝜔𝑄𝑛,𝑛 = (𝜔𝐴𝑛 ) (𝑛) donc pour tout polynôme soit
𝑃
∫
h𝑄𝑛,𝑛 , 𝑃i = (𝜔𝐴𝑛 ) (𝑛) 𝑃 𝐴 0 − 𝑋𝐴 = 𝐵
𝐼
Sachant que (𝜔𝐴𝑛 ) (𝑛−1) = 𝜔𝐴𝑄𝑛,𝑛−1 et que 𝐴𝑄𝑛,𝑛−1 est une fonc- Les conditions sur les degrés sont satisfaites lorsque 𝐴 = 1 et
tion polynomiale, alors (𝜔𝐴𝑛 ) (𝑛−1) admet des limites nulles aux 𝐵 = −𝑋 . Selon (5) on a alors 𝜆𝑛 = −𝑛.
extrémités de 𝐼 . Une intégration par partie donne alors
∫
h𝑄𝑛,𝑛 , 𝑃i = − (𝜔𝐴𝑛 ) (𝑛−1) 𝑃 0 𝑃𝑛00 (𝑥) − 𝑥𝑃𝑛0 (𝑥) = −𝑛𝑃𝑛 (𝑥) (EDL)
𝐼
3A — 3B —
3.4 Supposons que (𝑃𝑛 )𝑛 est totale dans L𝜔2 (𝐼 ). Ce qui revient
3.1 Si 𝐼 est un segment [𝑎, 𝑏] alors, selon le théorème de Weires-
à dire que P (𝐼 ) est dense dans L𝜔2 (𝐼 ). Soit 𝑓 ∈ P (𝐼 ) ⊥ et considé-
trass, P (𝐼 ) est dense dans L𝜔2 √
(𝐼 ) pour la norme k.k ∞ . Puisque pour
rons une suite (𝑄𝑛 )𝑛 d’éléments de P (𝐼 ) qui converge vers 𝑓 . On
tout 𝑓 ∈ L𝜔2 (𝐼 ) on a k𝑓 k 6 𝑏 − 𝑎 k𝑓 k ∞ , alors il est dense dans a alors
L𝜔2 (𝐼 ) pour la norme ∞. Puisque P (𝐼 ) est engendré par la suite
(𝑃𝑛 )𝑛 alors (𝑃𝑛 )𝑛 est une famille orthogonale totale de L𝜔2 (𝐼 ). ∀𝑛 ∈ N, h𝑃𝑛 , 𝑓 i = 0
3.2 Supposons que 𝐼 est borné mais qu’il n’est pas un segment. La forme linéaire 𝑔 ∈ L𝜔2 (𝐼 ) ↦−→ h𝑔, 𝑓 i est continue (grâce à
Notons 𝑎 et 𝑏 ses extrémités. l’inégalité de Cauchy-Schwarz) donc en passant à la limite dans
Soient 𝑓 ∈ L𝜔2 (𝐼 ) et 𝜀 > 0. Puisque l’intégrale ∈𝑎𝑏 𝜔 (𝑥)𝑓 (𝑥) 2 d𝑥 est l’égalité précédente on obtient h𝑓 , 𝑓 i = 0. Par suite 𝑓 = 0. Alors
convergente alors il existe 𝛿 > 0 voisin de 0 tel que Si (𝑃𝑛 )𝑛 est totale alors P (𝐼 ) ⊥ = {0}
∫ 𝑎+𝛿 ∫ 𝑏 3.5 5a. 𝐼 et 𝜔 vérifient les conditions (C.M).
2
𝜔 (𝑥) 𝑓 (𝑥) d𝑥 + 𝜔 (𝑥) 𝑓 (𝑥) 2 d𝑥 6 𝜀 5b. On a pour tout 𝑡 ∈ [0, +∞[, 𝜔 (𝑡) 𝑓 (𝑡) 2 6 𝜔 (𝑡) donc 𝑓 ∈ L𝜔2 (𝐼 ).
𝑎 𝑏−𝛿
Soit 𝑛 ∈ N. En posant 𝑡 = 𝑢 4 , la fonction 𝑢 ↦−→ 𝑢 4 étant une bijec-
𝑓 et 𝜔 étant continues, et donc bornées, sur le segment [𝑎 +𝛿, 𝑏 −𝛿], tion de classe C 1 de [0, +∞[ et 𝑡 ↦−→ 𝑡 𝑛 𝜔 (𝑡) 𝑓 (𝑡) étant intégrable
soit sur 𝐼 , on a
∫ +∞ ∫ +∞
𝑀 = sup |𝑓 (𝑥)| 𝐾 = sup |𝑓 (𝑥)| 𝑡 𝑛 𝜔 (𝑡) 𝑓 (𝑡)d𝑡 = 4 𝑢 4𝑛+3 sin 𝑢e−𝑢 d𝑢
𝑥 ∈ [𝑎+𝛿,𝑏−𝛿 ] 𝑥 ∈ [𝑎+𝛿,𝑏−𝛿 ] 0 0
∫ +∞
4𝑛+3 −(1−𝑖)𝑢
Considérons alors la fonction 𝑔 continue sur le segment [𝑎, 𝑏], qui = 4 Im 𝑢 e d𝑢
0
coïncide avec 𝑓 sur [𝑎 + 𝛿 + 𝜀, 𝑏 − 𝛿 − 𝜀], qui est nulle sur [𝑎, 𝑎 + 𝛿]
et [𝑏 − 𝛿, 𝛿] et qui est affine sur les intervalles [𝑎 + 𝛿, 𝑎 + 𝛿 + 𝜀] et Des intégrations par parties (à justifier) donnent ensuite
∫ +∞
[𝑏 − 𝛿 − 𝜀, 𝑏 − 𝛿]. On a dans ce cas 4𝑛 + 3 +∞
∫
𝑢 4𝑛+3 e−(1−𝑖)𝑢 d𝑢 = 𝑢 4𝑛+2 e−(1−𝑖)𝑢 d𝑢
∫ 𝑎+𝛿 ∫ 𝑏 0 1 − 𝑖 0
k 𝑓 − 𝑔k 2 = 𝜔 (𝑥)𝑓 (𝑥) 2 d𝑥 + 𝜔 (𝑥) 𝑓 (𝑥) 2 d𝑥 + ..
𝑎 𝑏−𝛿 .
∫ +∞
(4𝑛 + 3)!
∫ 𝑎+𝛿+𝜀
e−(1−𝑖)𝑢 d𝑢
2
𝜔 (𝑥) 𝑓 (𝑥) − 𝑔(𝑥) d𝑥 + =
𝑎+𝛿 (1 − 𝑖) 4𝑛+3 0
∫ 𝑏+𝛿 2 (4𝑛 + 3)!
𝜔 (𝑥) 𝑓 (𝑥) − 𝑔(𝑥) d𝑥 =
(1 − 𝑖) 4𝑛+4
𝑏−𝛿−𝜀
2 4
Pour tout 𝑥 ∈ [𝑎 + 𝛿, 𝑎 + 𝛿 + 𝜀] ∪ [𝑏 − 𝛿 − 𝜀, 𝑏 − 𝛿] on a ∫ +∞ que (1 − 𝑖) = −2𝑖 et donc (1 − 𝑖) = 4. Ainsi
Or, il se trouve
l’intégrale 0 𝑢 4𝑛+3 e−(1−𝑖)𝑢 d𝑢 est réelle et par suite
2
6 2𝜔 (𝑥) 𝑓 (𝑥) 2 + 𝑔(𝑥) 2
∫ +∞
𝜔 (𝑥) 𝑓 (𝑥) − 𝑔(𝑥)
∀𝑛 ∈ N, 𝑡 𝑛 𝜔 (𝑡)𝑓 (𝑡)d𝑡 = 0
6 2𝐾𝑀 + 2𝐾𝑔(𝑥) 2 0
𝑓 (𝑎+𝛿+𝜀) 5c. La fonction 𝑓 est clairement non nulle et elle est dans P (𝐼 ) ⊥ .
D’autre part 𝑔(𝑥) = 𝜀 (𝑥 − 𝑎 − 𝛿) quand 𝑥 ∈ [𝑎 + 𝛿, 𝑎 + 𝛿 + 𝜀] D’après une question précédente P (𝐼 ) n’est pas dense dans L𝜔2 (𝐼 ).
donc
3C —
∫ 𝑎+𝛿+𝜀
1 2
𝑔(𝑥) 2 𝑑𝑥 6 𝑀𝜀
𝑎+𝛿 3
3.6 𝐸 contient la fonction nulle et si 𝑓 , 𝑔 ∈ 𝐸 et 𝜆 ∈ R alors
et de même la fonction 𝑡 ↦−→ (𝑓 (𝑡) + 𝜆𝑔(𝑡))e−𝑥𝑡 est intégrable pour tout
∫ 𝑏−𝛿 𝑥 ∈ [0, +∞[ par combinaison linéaire de fonctions intégrables.
1 2
𝑔(𝑥) 2 𝑑𝑥 6 𝑀𝜀 Alors 𝐸 est un sev de C( [0, +∞[, R). La linéarité de 𝐿 découle sim-
𝑏−𝛿−𝜀 3 plement de la linéarité de l’intégrale.
Au final 3.7 7a. 𝐺 est de classe C 1 sur [0, +∞[ et on a 𝐺 0 (𝑡) = 𝑔(𝑡)e−𝑡 .
2 La fonction 𝐺 admet une limite finie en +∞ car 𝑡 ↦→ 𝑔(𝑡)e−𝑡 est
k 𝑓 − 𝑔k 2 6 1 + 4𝐾𝑀 + 𝑀𝜀 𝜀 intégrable sur [0, +∞[. Donc si 𝑥 > 0 alors 𝐺 (𝑡)e−𝑥𝑡 −−−−−→ 0. L’in-
3 𝑡 →+∞
∫ +∞
On vient de démontrer que l’ensemble C des fonctions continues tégrale 0 𝑔(𝑡)e−(𝑥+1)𝑡 est en outre convergente puisque 𝑔 ∈ 𝐸.
sur 𝐼 prolongeable par continuité en 𝑎 et en 𝑏 est dense dans L𝜔2 (𝐼 ) Une intégration par partie est ainsi possible. Elle donne pour tout
pour sa norme k.k. 𝑥>0
∫ +∞
3.3 Comme P (𝐼 ) est dense dans C pour la norme k.k ∞ , et donc 1 1
𝐿𝐺 (𝑥) = 𝑔(𝑡)e−(𝑥+1)𝑡 = 𝐿𝐺 (𝑥 + 1)
pour k.k, alors il est dense dans L𝜔2 (𝐼 ) pour k.k. 𝑥 0 𝑥
7b. Considérons le changement de variable 𝑢 = e−𝑡 , la fonction 3.10 Soit ℎ ∈ 𝐼 ∩ ] − 𝑐/2, 𝑐/2[.
𝑡 ↦−→ e−𝑡 étant bien une bijection de classe C 1 de [0, +∞[ sur ]0, 1] ∫ +∞
et la fonction 𝑡 ↦−→ 𝐺 (𝑡)e−𝑛𝑡 étant intégrable sur [0, +∞[ 𝐿(𝜔 𝑓 ) (𝑥 0 + ℎ) = 𝜔 (𝑡) 𝑓 (𝑡)e−(𝑥 0 +ℎ)𝑡 d𝑡
0
+∞ 1 +∞
∫ +∞ ∑︁
+∞
(−1)𝑛
∫ ∫ ∫
d𝑢
𝐺 (𝑡)e−𝑛𝑡 d𝑡 = 𝐺 (− ln 𝑢)𝑢 𝑛−1 = 𝑛
𝑢 𝜑 (𝑢)d𝑢 𝐿(𝜔 𝑓 ) (𝑥 0 + ℎ) = 𝜔 (𝑡) 𝑓𝑥 0 (𝑡) (ℎ𝑡)𝑛 d𝑡 (9)
0 0 𝑢 0 0 𝑛=0 𝑛!
4A —
𝑛
∑︁ 𝑃𝑘 (𝑥) 2 𝑃 0 (𝑥) 2
4.4 4a. On a 𝐾𝑛 (𝑥, 𝑥) = 2
> >0
𝑘=0 k𝑃𝑛 k k𝑃0 k 2
n.b. L’identité 𝑋 𝑃𝑛 = 𝑎𝑛 𝑃𝑛+1 +𝑏𝑛 𝑃𝑛 +𝑐𝑛 𝑃𝑛−1 est valable pour 𝑛 > 1.
Pour 𝑛 = 0, on l’étendra sous la forme 𝑋 𝑃0 = 𝑎 0 𝑃1 + 𝑏 1 𝑃 0 .
4b. Si 𝑥 ≠ 𝑡 on peut écrire
4.1 Si on fixe 𝑡 la fonction 𝑥 ↦−→ 𝑃𝑛+1 (𝑡)𝑃𝑛 (𝑥) − 𝑃𝑛+1 (𝑥)𝑃𝑛 (𝑡)
est polynomiale et s’annule pour 𝑥 = 𝑡. Elle est donc divisible par
𝑥 − 𝑡. 𝐾𝑛 (𝑥, 𝑡) est donc une expression polynomiale en (𝑥, 𝑡). 𝑎𝑛 𝑃𝑛+1 (𝑡) − 𝑃𝑛+1 (𝑥)
𝐾𝑛 (𝑥, 𝑡) = 𝑃𝑛 (𝑥) +
4.2 Soit 𝑄 un polynôme de degré 𝑛 et de coefficient dominant 𝜆. k𝑃𝑛 k 2 𝑡 −𝑥
Le polynôme 𝑅 = 𝜆𝑃𝑛 − 𝜆𝑛 𝑄 est de degré < 𝑛 donc h𝑃𝑛 , 𝑅i = 0. Ce 𝑃𝑛 (𝑡) − 𝑃𝑛 (𝑥)
𝑃𝑛+1 (𝑥)
qui donne : 𝑡 −𝑥
Si 𝑄 est un polynôme de degré 𝑛 et de coefficient do-
Et en faisant tendre 𝑡 vers 𝑥
minant 𝜆 alors 𝜆𝑛 h𝑃𝑛 , 𝑄i = 𝜆 k𝑃𝑛 k 2 .
Ceci étant acquis on peut alors faire : 𝑎𝑛 0
(𝑥) − 𝑃𝑛+1 (𝑥)𝑃𝑛0 (𝑥)
𝐾𝑛 (𝑥, 𝑥) = 𝑃 (𝑥)𝑃𝑛+1
2 𝑛
𝑎𝑛 k𝑃𝑛+1 k 2 = h𝑋 𝑃𝑛 , 𝑃𝑛+1 i k𝑃𝑛 k
𝜆𝑛
= k𝑃𝑛+1 k 2 4c. Soit 𝑛 > 1. Notons 𝑥 1 < 𝑥 2 < · · · < 𝑥𝑛+1 les racines (simples)
𝜆𝑛+1 𝑃𝑛
𝑐𝑛 k𝑃𝑛−1 k 2 = h𝑋 𝑃𝑛 , 𝑃𝑛−1 i de 𝑃𝑛+1 et considérons la fonction rationnelle 𝐹𝑛 = . 𝐹𝑛 est de
𝑃𝑛+1
= h𝑃𝑛 , 𝑋 𝑃𝑛−1 i classe C1 sur chaque intervalle ]𝑥𝑘 , 𝑥𝑘+1 [ et
𝜆𝑛−1
= k𝑃𝑛 k 2 𝑎𝑛 𝐾𝑛 (𝑥, 𝑥)
𝜆𝑛 𝐹𝑛0 (𝑥) = −
k𝑃𝑛 k 2 𝑃𝑛+1 (𝑥) 2
𝜆𝑛 𝜌𝑛−1
Soit 𝑎𝑛 = 𝑐𝑛 = Puisque 𝐾𝑛 (𝑥, 𝑥) > 0 alors 𝐹𝑛 est strictement monotone sur
𝜆𝑛+1 𝜌𝑛
]𝑥𝑘 , 𝑥𝑘+1 [ et ses limites aux extrémités sont infinies et donc de
n.b. signes opposés. Elle s’annule donc une seule fois entre 𝑥𝑘 et 𝑥𝑘+1 .
𝑐𝑛 𝑎𝑛−1 Alors 𝑃𝑛 admet une racine unique entre 𝑥𝑘 et 𝑥𝑘+1
on a donc = (11)
k𝑃𝑛 k 2 k𝑃𝑛−1 k 2
En particulier si (𝑃𝑛 )𝑛 est supposée orthonormale ou si plus généra- Entre deux racines successives de 𝑃𝑛+1 il y a exac-
lement les polynômes 𝑃𝑛 ont la même norme alors alors 𝑐𝑛 = 𝑎𝑛−1 . tement une racine de 𝑃𝑛 .
En outre, 𝑃0 = 𝜆0 et 𝑋 𝑃0 = 𝑎 0 𝑃1 + 𝑏 0 𝑃0 donc 𝑎 0 = 𝜆𝜆0
1
vocabulaire On dira que les racines de 𝑃𝑛 et 𝑃𝑛+1 sont entrela-
4.3
cées.
𝑎𝑛 𝑃𝑛+1 (𝑡)𝑃𝑛 (𝑥) − 𝑃𝑛+1 (𝑥)𝑃𝑛 (𝑡) =
4.5 Soit 𝑛 ∈ N. On a
𝑃𝑛 (𝑥) 𝑡𝑃𝑛 (𝑡) − 𝑏𝑛 𝑃𝑛 (𝑡) − 𝑐𝑛 𝑃𝑛−1 (𝑡) −
𝑃𝑛 (𝑡) 𝑥𝑃𝑛 (𝑥) − 𝑏𝑛 𝑃𝑛 (𝑥) − 𝑐𝑛 𝑃𝑛−1 (𝑥) = 𝑛
∑︁ h𝑃𝑘 , 𝑓 i
𝑆𝑛 (𝑓 ) =
(𝑡 − 𝑥)𝑃𝑛 (𝑥)𝑃𝑛 (𝑡) + 𝑐𝑛 𝑃𝑛 (𝑡)𝑃𝑛−1 (𝑥) − 𝑃𝑛 (𝑥)𝑃𝑛−1 (𝑡) 𝑃𝑘
𝑘=0 k𝑃𝑘 k 2
𝑐𝑛 𝑎𝑛−1
Comme k𝑃𝑛 k 2
= k𝑃𝑛−1 k 2
alors
Donc pour tout 𝑥 ∈ 𝐼
𝑃𝑛 (𝑥)𝑃𝑛 (𝑡)
𝐾𝑛 (𝑥, 𝑡) − 𝐾𝑛−1 (𝑥, 𝑡) =
k𝑃𝑛 k 2 𝑛
∑︁ 𝑃𝑘 (𝑥)
∫
𝑆𝑛 (𝑓 ) (𝑥) = 𝜔 (𝑡)𝑃𝑘 (𝑡)𝑓 (𝑡)d𝑡
Par ailleurs 𝑃0 = 𝜆0 et en posant 𝑃1 = 𝜆1𝑋 + 𝛼 k𝑃𝑘 k 2 𝐼
𝑘=0
∫ ∑︁
𝑛
𝑎 0 (𝑃1 (𝑡) − 𝑃1 (𝑥))𝜆0 𝑃𝑘 (𝑥)𝑃𝑘 (𝑡)
𝐾0 (𝑥, 𝑡) = = 𝜔 (𝑡) 𝑓 (𝑡)d𝑡
𝜆02 𝑥 −𝑡 𝐼 𝑘=0 k𝑃𝑘 k 2
∫
𝜆1
= 𝑎0 = 1 𝑆𝑛 (𝑓 ) (𝑥) = 𝜔 (𝑡) 𝑓 (𝑡)𝐾𝑛 (𝑥, 𝑡)d𝑡 (13)
𝜆0 𝐼
𝑃0 (𝑥)𝑃 0 (𝑡)
𝐾0 (𝑥, 𝑡) =
k𝑃0 k 2 Ensuite si 𝑓 = 1 alors 𝑓 ∈ P𝑛 (𝐼 ) et donc 𝑆𝑛 (𝑓 ) = 𝑓 pour tout 𝑛 > 1.
Ce qui signifie que
On en déduit par télescopage que
𝑛
∑︁ 𝑃𝑘 (𝑥)𝑃𝑘 (𝑡) ∫
𝐾𝑛 (𝑥, 𝑡) = (12) ∀𝑛 > 1, ∀𝑥 ∈ 𝐼, 𝜔 (𝑡)𝐾𝑛 (𝑥, 𝑡)d𝑡 = 1 (14)
𝑘=0 k𝑃𝑘 k 2 𝐼
n.b. Soit en général un polynôme 𝑄 ∈ R[𝑋 ] et soit 𝑞 son degré. |𝜆𝑛 | k𝑃𝑛+1 k |𝑃𝑛 (𝑥)| |𝑃𝑛+1 (𝑥)
6𝜀 +
Pour tout 𝑛 > 𝑞 on a 𝑄 ∈ P𝑛 (𝐼 ) et donc 𝑆𝑛 (𝑄) = 𝑄. Cela implique |𝜆𝑛+1 | k𝑃𝑛 k k𝑃𝑛 k k𝑃𝑛+1 k
que
∫ Si on pose plutôt
∀𝑛 > 𝑞, ∀𝑥 ∈ 𝐼, 𝑄 (𝑥) = 𝜔 (𝑡)𝑄 (𝑡)𝐾𝑛 (𝑥, 𝑡)d𝑡
𝐼 |𝜆𝑛 | k𝑃𝑛+1 k |𝑃𝑛 (𝑥)| |𝑃𝑛+1 (𝑥)|
𝛿𝑛 (𝑥) = +
|𝜆𝑛+1 | k𝑃𝑛 k k𝑃𝑛 k k𝑃𝑛+1 k
En particulier
alors ∀𝑛 > 𝑁 , 𝑆𝑛 (𝑓 ) (𝑥) − 𝑓 (𝑥) 6 𝜀𝛿𝑛 (𝑥)
∫
∀𝑛 > 𝑞, ∀𝑥 ∈ 𝐼, 𝑥 𝑞 = 𝑡 𝑞 𝜔 (𝑡)𝐾𝑛 (𝑥, 𝑡)d𝑡
𝐼
et ainsi
1
4.6 𝑓 est de classe C sur 𝐼 donc 𝑔𝑥 est continue sur 𝐼 . Sa conti-
Si 𝑓 est de classe C 1 sur 𝐼 , alors la suite 𝑆𝑛 (𝑓 ) (𝑥) 𝑛 converge
nuité en 𝑥 implique l’existence d’un réel 𝛿 > 0 tel que
vers 𝑥 en tout 𝑥 ∈ 𝐼 pour lequel la suite (𝛿𝑛 (𝑥))𝑛 est bornée.
∀𝑡 ∈ 𝐼 ∩ ]𝑥 − 𝛿, 𝑥 + 𝛿 [, |𝑔𝑥 (𝑡)| 6 |𝑓 0 (𝑥)| + 1
n.b. On suppose que 𝑓 est de classe C 1 sur 𝐼 .
On pose 𝐽 = 𝐼 ∩ ]𝑥 − 𝛿, 𝑥 + 𝛿 [. On peut ensuite écrire
Si (𝛿𝑛 (𝑥))𝑛 est bornée en tout 𝑥 ∈ 𝐼 alors 𝑆𝑛 (𝑓 ) 𝑛 cvs vers 𝑓 sur
𝐼 . En outre si (𝛿𝑛 )𝑛 est uniformément bornée sur 𝐼 , c’est à dire s’il
1 1 1 existe 𝑀 > 0 tel que
∀𝑡 ∈ 𝐼 r 𝐽, |𝑔𝑥 (𝑡)| 6 |𝑓 (𝑡) − 𝑓 (𝑥)| 6 |𝑓 (𝑡)| + |𝑓 (𝑥)|
𝛿 𝛿 𝛿
∀𝑛 ∈ N, ∀𝑥 ∈ 𝐼, |𝛿𝑛 (𝑥)| 6 𝑀
Si on pose maintenant 𝑀 = 1 + |𝑓 0 (𝑥)| + 𝛿1 |𝑓 (𝑥)|, alors
Alors 𝑆𝑛 (𝑓 ) 𝑛 cvu vers 𝑓 sur 𝐼 . Noter toutefois que cette majoration
1 n’est pas possible si l’intervalle 𝐼 n’est pas borné.
∀𝑡 ∈ 𝐼, |𝑔𝑥 (𝑡)| 6 𝑀 + |𝑓 (𝑡)|
𝛿
synthese Si P (𝐼 ) est dense dans L𝜔2 (𝐼 ) alors la suite des fonc-
La fonction 𝑡 ↦−→ 𝑀 + 1
𝛿 |𝑓 (𝑡)| est un élément de L𝜔2 (𝐼 ) donc tions 𝑆𝑛 (𝑓 ) converge vers 𝑓 pour la norme k.k pour tout élément 𝑓
2
𝑔𝑥 ∈ L𝜔2 (𝐼 ). de L𝜔 (𝐼 ).
4.7 Selon (13) et (14) on a k. k
2
∀𝑓 ∈ L𝜔 (𝐼 ), 𝑆𝑛 (𝑓 ) −−−→ 𝑓
𝑆𝑛 (𝑓 )(𝑥) − 𝑓 (𝑥) =
∫ Ceci implique en particulier la formule de Parseval
𝜔 (𝑡)𝐾𝑛 (𝑥, 𝑡) 𝑓 (𝑡) − 𝑓 (𝑥) d𝑡 = +∞ h𝑃 , 𝑓 i 2 ∫
2
𝜔𝑓 2
∑︁ 𝑛
𝐼 ∀𝑓 ∈ L𝜔 (𝐼 ), 2
=
k𝑃 k
∫
𝑎𝑛 𝑛=0 𝑛 𝐼
2
𝜔 (𝑡) 𝑃𝑛+1 (𝑡)𝑃𝑛 (𝑥) − 𝑃𝑛+1 (𝑥)𝑃𝑛 (𝑡) 𝑔𝑥 (𝑡)d𝑡
k𝑃𝑛 k 𝐼 Ce dont traite cette partie est autre chose. C’est la convergence
« ponctuelle » de la suite 𝑆𝑛 (𝑓 )(𝑥) 𝑛 vers 𝑓 (𝑥) pour un 𝑥 ∈ 𝐼 donné.
Cette convergence ne dépend plus seulement de la suite (𝑃𝑛 )𝑛 mais
𝑃𝑛 (𝑥)h𝑃𝑛+1, 𝑔𝑥 i − 𝑃𝑛+1 (𝑥)h𝑃𝑛 , 𝑔𝑥 i aussi de la fonction 𝑓 . Cette partie à démontré que si la suite (𝛿𝑛 (𝑥))𝑛
𝑆𝑛 (𝑓 ) (𝑥) − 𝑓 (𝑥) = 𝑎𝑛 (15)
k𝑃𝑛 k 2 est bornée (condition qui dépend seulement de la suite (𝑃𝑛 )𝑛 ) et si
𝑓 est de classe C 1 (condition qui dépend de 𝑓 ) alors (𝑆𝑛 (𝑓 ) (𝑥))𝑛
4.8 La famille (𝑃𝑛 )𝑛 étant orthogonale et la fonction 𝑔𝑥 un élé- converge vers 𝑓 (𝑥).
ment de L𝜔2 (𝐼 ), on a selon l’inégalité de Bessel Si 𝑓 est de classe C 1 sur 𝐼 , cela signifie qu’en tout 𝑥 ∈ 𝐼 où la première
condition se vérifie on a
𝑛
h𝑃𝑘 , 𝑔𝑥 i 2
∀𝑛 ∈ N∗, 6 k𝑔𝑥 k 2
∑︁
+∞ h𝑃 , 𝑓 i
∑︁
k𝑃𝑘 k 2
𝑛
𝑓 (𝑥) = 𝑃𝑛 (𝑥)
𝑘=0
𝑛=0 k𝑃 𝑛k
P h𝑃𝑛 ,𝑔𝑥 i2
La série de termes réels positifs k𝑃𝑛 k 2
est donc convergente. Si cette première condition se réalise en tout 𝑥 ∈ 𝐼 alors la série de
P h𝑃𝑛 ,𝑓 i
Par condition nécessaire de convergence d’une série on a donc fonctions k𝑃 k 𝑃𝑛 cvs sur 𝐼 et sa somme est 𝑓 .
𝑛
h𝑃𝑛 , 𝑔𝑥 i2
−−−−−→ 0
k𝑃𝑛 k 2 𝑛→+∞
|𝑎𝑛 |
𝑆𝑛 (𝑓 )(𝑥) − 𝑓 (𝑥) 6 𝜀 2
|𝑃𝑛 (𝑥)| k𝑃𝑛+1 k + |𝑃𝑛+1 (𝑥)| k𝑃𝑛 k
k𝑃𝑛 k