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Pipeline 3

Le document présente une étude sur le transport par pipeline, abordant sa typologie, son fonctionnement, ainsi que ses avantages et inconvénients. Il décrit les différents types de pipelines selon la nature du produit transporté et l'étape de transport, tout en se concentrant sur des exemples spécifiques au Cameroun. L'étude souligne l'importance des infrastructures associées aux pipelines pour garantir un transport efficace et sécurisé des fluides.

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Morel Nseke
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Le document présente une étude sur le transport par pipeline, abordant sa typologie, son fonctionnement, ainsi que ses avantages et inconvénients. Il décrit les différents types de pipelines selon la nature du produit transporté et l'étape de transport, tout en se concentrant sur des exemples spécifiques au Cameroun. L'étude souligne l'importance des infrastructures associées aux pipelines pour garantir un transport efficace et sécurisé des fluides.

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RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

Paix –Travail- Patrie Peace- Work- Fatherland


************ ************
MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT MINISTRY OF HIGHER
SUPÉRIEUR EDUCATION
************ ************
UNIVERSITE DE MAROUA UNIVERSITY OF MAROUA
************* ************
ECOLE NATIONALE SUPERIEURE NATIONAL ADVANCED SCHOOL
DES MINES ET DES INDUSTRIES OF MINES AND PETROLEUM
PETROLIERES INDUSTRIES
*********** ***********
DEPARTEMENT DEPARTMENT OF MINING
D’INGENIERIE MINIERE ET ENGEENERING AND MINERALS
TRAITEMENT DES MINERAIS PROCESSING

UE / TRANSPORT, STOCKAGE ET
TRAITEMENT INDUSTRIEL DES
PRODUITS MINIERS

THEME : TRANSPORT PAR PIPELINE

IMTM IC5 NOMS ET PRENOMS MATRICULES


ATSASSI LAURA 20A0158FM
TALLA LELE MEDHY DONALD 20A0203FM
POUT BILIGHA PIERRE ALAIN 19A022FM
TCHOUDA MONTHEU YVAN ULRICH 20A0205FM
MVE ATSAMA RENE 20A0183FM
NGUE LONYO JUNIOR 21A0524EM

Sous la supervision du Dr NGUIMATSIA Franck Wilfried


(Chargé de Cours)

Année Académique 2024-2025


Table des matières
Table des Figures .......................................................................................................................................... 3
INTRODUCTION....................................................................................................................................... 4
I. TYPOLOGIE DE TRANSPORT PAR PIPELINE............................................................................... 5
I.1. En fonction de la nature du produit .................................................................................................... 5
I.2. En fonction de l’étape de transport ..................................................................................................... 7
II. ETUDE D’UN PIPELINE .................................................................................................................. 10
II. 1. Principe de fonctionnement ............................................................................................................ 10
II.2. Ouvrages associés aux canalisations ............................................................................................... 10
III. AVANTAGES ET INCONVENIENTS DU TRANSPORT PAR PIPELINE ............................... 14
III.1. Avantages....................................................................................................................................... 14
III.2. Inconvénients ................................................................................................................................. 14
IV. PIPELINES AU CAMEROUN ...................................................................................................... 15
IV.1. Pipeline Tchad-Cameroun ............................................................................................................. 15
IV.1.1. Historique ............................................................................................................................... 15
IV.1.2. Présentation technique ............................................................................................................ 15
IV.2. Pipeline d’Afrique Centrale ........................................................................................................... 18
IV.3. Pipeline Port Autonome Douala (PAD)-SCDP Bessengue ........................................................... 19
IV.4. Gazoduc Bipaga-Mpolongwé ........................................................................................................ 20
IV.5. Pipeline pour le chinois Keda ........................................................................................................ 20
CONCLUSION ......................................................................................................................................... 21
Références Bibliographiques.................................................................................................................... 22
Table des Figures
Figure 1 Gazoduc Maroc-Nigeria ................................................................................................................. 6
Figure 2 Oléoduc d’Alaska .......................................................................................................................... 7
Figure 3 Diagramme des pipelines................................................................................................................ 9
Figure 4 Station de pompage ...................................................................................................................... 11
Figure 5 Station de compression ................................................................................................................ 12
Figure 6 Parc de Stockage .......................................................................................................................... 13
Figure 7 Carte de l’oléoduc pétrolier entre le Tchad et le Cameroun ......................................................... 18

3|Page
INTRODUCTION
Des réseaux d’aqueducs pour la collecte et la distribution d’eau potable et d’irrigation existent
depuis les temps historiques les plus anciens. Durant l’antiquité, des conduites en terre cuite, en
pierres ou en métal ductile (plomb) sont utilisées pour le transport de l’eau et des saumures. Au
début du 19e siècle, la civilisation industrielle qui a vu se développer des installations complexes
(hauts fourneaux, usine à gaz, centrales de vapeur…etc.) met en place des systèmes locaux de
transport de fluides constitués par des canalisations en fonte, bois, acier ou céramique mais restants
d’ampleur modeste. Il a fallu attendre les années 1860 avec la révolution industrielle et le début
d’exploitation du pétrole pour trouver un moyen autre que les chemins de fer pour transporter par
barils ces productions massives : c’est la naissance des pipelines. Ce moyen de transport a connu
depuis sa création une expansion mondiale jusqu’à devenir de nos jours une pratique courante ou
un projet futur pour tous. Par la suite, il nous sera assigné de présenter ce type de transport ; pour
se faire nous présenterons premièrement les types de pipelines, suivi d’une étude de l’ouvrage de
pipeline, ensuite les avantages et inconvénients de ce moyen de transport et pour finir les pipelines
au Cameroun.

4|Page
I. TYPOLOGIE DE TRANSPORT PAR PIPELINE
On appelle pipeline tout ouvrage qui sert à déplacer des fluides sous pression sur une longue
distance d’un point A à un point B. Concrètement, un pipeline est un système industriel constitué
de tubes, de pompes, de vannes et d’accessoires variés (robinets, compresseurs, etc.).

Ces dispositifs de transport sont de tailles très variables. Au niveau de leurs matériaux de
construction qui peuvent être en métal, en fonte, en acier, en aluminium, en argile ou encore en
polyéthylène. Pour mettre en place une canalisation de ce type, il convient de faire intervenir
différents acteurs entre les constructeurs, les industriels qui souhaitent transporter leur fluide, les
opérateurs de transport ou encore les consommateurs finaux.

Il existe plusieurs types de pipelines en fonction de la nature du produit ou encore en fonction


de l’étape de transport du fluide dans laquelle on se trouve.

I.1. En fonction de la nature du produit


Le type et le nom d’un pipeline dépendent des caractéristiques physiques et des conditions de
transport du produit.

Les principaux types de pipelines sont :

Pour le gaz naturel, on parle de gazoduc

C’est le moyen de transport du gaz le plus utilisé jusqu’à très récemment, car il est fiable et
rentable sur la durée. Des tubes d’acier sont soudés pour former une canalisation, pouvant atteindre
plus de 3000 kilomètres de long. Lorsque le gaz est sous pression, il occupe moins de volume et
circule plus vite : il peut atteindre une vitesse de 40km/h dans les gazoducs. Pour garantir une
vitesse optimum et éviter les déperditions énergétiques, des stations de compression sont installées
à intervalles réguliers le long du gazoduc, tous les 100 à 200km. La pression est fixée entre 16 et
100 bars. Ils sont le plus souvent enterrés. Cependant, les gazoducs peuvent aussi être installés à
même le sol en fonction de la nature du sol. Des spots de livraison sont également répartis le long
du gazoduc afin de distribuer le gaz aux différents réseaux de distribution.

5|Page
Figure 1 Gazoduc Maroc-Nigeria (Source: [Link])

Pour le pétrole, on parle d’oléoduc

Les oléoducs sont constitués de différents tronçons qui ont été coudés et contrôlés par rayon
gamma afin d’éviter des fuites. Ceux-ci ont été créés lorsque l’on s’est rendu compte que le pétrole
devait obligatoirement traverser des terres, par exemple s’il circule vers un pays n’ayant pas
d’ouverture sur la mer. Ces canalisations sont recouvertes d’un matériau goudronneux pour éviter
la corrosion et enveloppées d’une couche de laine minérale ou de plastique. Lorsqu’ils sont
enterrés, les oléoducs reposent sur un lit de sable ou de gravier. Certains tubes peuvent être lestés
avec du béton pour éviter que l’oléoduc ne se soulève avec la pression des fluides. Tous ces
oléoducs sont soumis à des essais hydrostatiques avant leur mise en scène. La pression à l’intérieur
des oléoducs est élevée jusqu’à un niveau de près de 70 bars afin de permettre la circulation du
pétrole. Des stations de pompage en surface, situées tous les 60 à 100km, maintiennent cette
pression. Le pétrole transite dans les oléoducs à faible vitesse, à une moyenne de 7km/h soit 2
mètres par seconde. Il est indispensable de surveiller en permanence la pression, l’écoulement et
la consommation d’énergie du pipeline sur toute sa longueur.

6|Page
Figure 2 Oléoduc d’Alaska (Source : [Link])

On compte aussi :

Pour l’eau industrielle, il s’agit de conduite. Le terme d’aqueduc est plutôt réservé aux
ouvrages maçonnés, avec écoulement libre d’eau ;

Pour l’eau salée, on utilise le mot saumoduc ;

Pour l’oxygène, on utilise le terme d’oxygénoduc ou d’oxyduc ;

Pour l’hydrogène, on utilise le terme d’hydrogénoduc.

I.2. En fonction de l’étape de transport

❖ Pipelines de Collecte (Gathering lines)


Longueur courte-Petit diamètre-Pression variable

Il faut savoir qu’aucune ressource naturelle ne peut être extraite et conduite directement
jusqu’aux points de consommation. Le pétrole, le gaz naturel, le butane, le propane et même l’eau
des rivières doivent faire l’objet de traitement avant d’être distribués aux consommateurs finaux.
7|Page
C’est dans ce but que les pipelines de collecte interviennent. Il s’agit de petites canalisations, tant
au niveau du diamètre que de la longueur (200 mètres maximum). Le rôle de ces pipelines est de
conduire la ressource brute jusqu’à une station de traitement initial.

A partir d’ici, le produit peut passer dans différents pipelines de transport pour être traité
plusieurs fois si nécessaire. Le produit peut aussi être conduit vers une zone de stockage via les
canalisations de collecte.

❖ Pipelines de Transport (Transmission lines)


Grande longueur-Grand diamètre-Haute pression

Les pipelines de transport sont les canalisations dont le rôle est le transport de longue distance.
Ils peuvent permettre de relier des villes entre elles, voire des pays ou des continents. Ces pipelines
ont des particularités : très grand diamètre, traitement de grandes quantités de matériaux,
fonctionnent à des niveaux de pressions élevées.

Les pipelines de transport fonctionnent à des pressions élevées allant de 200 à 1200 psi, chaque
ligne de transport utilisant des stations de compression (pour les conduites de gaz) et des stations
de pompage (pour le pétrole brut et les produits liquides). Ces gros tuyaux mesurent jusqu’à 42
pouces de diamètre, la plupart d’entre eux dépassant 10 pouces de diamètre.

Pour que le transport de fluide se déroule correctement, le parcours des pipelines est balisé par
des stations de pompage ou les stations de compression.

❖ Pipelines de Distribution (Distribution lines)


Longueur moyenne-Petit diamètre-Basse pression

Un fluide, après avoir été extrait, puis déplacé sur une longue distance, arrive enfin sur son lieu
de consommation. Il passe finalement dans un pipeline de distribution.

Au niveau de ses caractéristiques, le pipeline de distribution ressemble à un pipeline de collecte.


C’est-à-dire qu’il est d’un petit diamètre et est très court. En revanche, les canalisations de
distribution sont composées de plusieurs éléments : un principal et un service.

Les conduites de service sont celles qui se connectent à des compteurs individuels. Les
matériaux utilisés ici sont le plastique, l’acier ou le cuivre. La pression dans ces tuyaux est faible,
environ 0,4bar.

8|Page
Les canalisations dites principales sont l’étape entre les lignes de transmission à haute pression
et les lignes de service à basse pression. Les matériaux utilisés pour celles-ci sont l’acier, la fonte,
le plastique et le cuivre. Les pressions peuvent varier considérablement et aller jusqu’à environ
14bars.

La population est la plus familière de ce type d’installation : les pipelines de distribution


servent à alimenter les foyers d’eau potable ou de gaz naturel.

Maintenant que nous avons examiné les principaux types de pipelines, il est utile de rassembler
tous les éléments. Vous pouvez voir comment tous ces pipelines fonctionnent ensemble dans le
contexte de distribution de gaz naturel en consultant ce diagramme :

Figure 3 Diagramme des pipelines (Source : [Link])

Comme vous pouvez le constater tous les pipelines fonctionnent ensemble pour leur objectif
ultime. En matière de pipeline, aucun type n’est plus important que les autres. Chaque type joue
un rôle dans le fonctionnement de la société, c’est pourquoi il est important de travailler avec des
personnes qui comprennent chaque type de pipeline.

9|Page
II. ETUDE D’UN PIPELINE

II. 1. Principe de fonctionnement


Les pipelines ont un fonctionnement plus ou moins différent en fonction du fluide qu’ils
transportent.

Par exemple, pour des canalisations transportant du pétrole brut ou des produits pétroliers
liquéfiés, une ligne de collecte d’un petit diamètre permet d’extraire le produit. Puis, le produit est
conduit jusqu’à une installation de collecte d’où il passe ensuite dans des pipelines
d’alimentation construits avec un diamètre plus important. Les pipelines de transport sont utilisés
lorsque le pétrole et les liquides doivent parcourir de longues distances. Pour que le liquide évolue
tout au long du tuyau sans difficultés, des pompes puissantes permettent de créer du mouvement.

Le processus est similaire pour les gazoducs, le gaz naturel qui est extrait est transporté pour
le traitement dans des pipelines de collecte et d’alimentation, d’où il passe dans de grands pipelines
de transport généralement en acier ; des compresseurs hautes pressions sont ensuite utilisés et
provoquent des changements de pression dans le réseau. Le gaz peut alors facilement avancer
jusqu’à une usine de distribution. Une fois que le gaz a atteint une usine de distribution, les
entreprises réduisent sa pression et les plus petites canalisations (pipelines de distribution) sont
enfin utilisées pour le transport jusqu’aux consommateurs.

II.2. Ouvrages associés aux canalisations

Tel un corps humain, le pipeline se divise aussi en plusieurs dispositifs ceux-ci sont dits
« ouvrages concentrés ». Ces ouvrages sont des installations essentielles pour assurer la sécurité,
l’efficacité, et la fiabilité du transport du fluide.

➢ Terminal de Départ
Le terminal de départ (TD) est un ouvrage essentiel pour un pipeline qui marque le point de
départ du transport du fluide. Il a pour fonction de lancer le flux de fluide dans le pipeline.

10 | P a g e
Il est équipé de vannes de départ qui contrôlent le flux de fluide et permettent de réguler le
débit ; les instruments de mesure qui mesurent la pression, le débit, la température etc… ; les
systèmes de détection qui détectent les anomalies et les problèmes potentiels et dans certains de
cas, des pompes pour aider à lancer le flux de fluide.

➢ Stations de pompage
Elles sont conçues pour augmenter la pression du fluide et maintenir le débit nécessaire pour
transporter le fluide sur de longues distances. Elles sont situées à intervalles réguliers le long du
pipeline typiquement entre 50 et 100 kilomètres.

Elles sont équipées de pompes puissantes qui sont capables de générer des pressions élevées
pour pousser le fluide à travers le pipeline. Ces pompes peuvent être électriques, à gaz ou à vapeur,
selon les besoins spécifiques de l’application. Les stations de pompage peuvent également être
équipées de système par régulation de pression pour maintenir une pression constante dans le
pipeline, ils permettent d’empêcher les fuites et les ruptures du pipeline.

Figure 4 Station de pompage

➢ Terminal d’arrêt
C’est un ouvrage critique qui permet d’interrompre le flux du fluide en cas d’urgence ou de
maintenance. Cette installation est essentielle pour assurer la sécurité et la fiabilité du pipeline,
protégeant ainsi les opérateurs et l’environnement.

11 | P a g e
Il est équipé de vannes d’arrêt, de vannes de sécurité, d’instruments de mesure et de systèmes
de détection. Les vannes d’arrêt coupent le flux de fluide tandis que les vannes de sécurité
empêchent les fuites.

➢ Stations de Compression
Les stations de compression ont pour but d’élever la pression du gaz dans la canalisation,
afin de pallier aux effets des pertes de charge. Le gaz est recomprimé par des compresseurs
centrifuges qui sont entraînés par des turbines à gaz considérées comme étant très avantageuses du
point de vue entretien. Chaque groupe turbocompresseur possède un panneau de contrôle
comportant les séquences et les automatismes qui permettent de démarrer et de surveiller la marche
du groupe à partir de la salle de contrôle.

Le gaz naturel qui circule dans un pipeline doit être pressurisé à des intervalles
généralement compris entre 40 et 100milles pour lui permettre de continuer à s’écouler au débit
souhaité. Cette augmentation régulière de la pression du pipeline est nécessaire pour corriger les
pertes qui se produisent le long de la ligne de transport. Elles utilisent des moteurs électriques, des
moteurs à gaz naturel et des turbines à gaz pour alimenter des compresseurs alternatifs et
centrifugeuses qui collectent le gaz entrant, le compriment pour augmenter sa pression
d’écoulement et le canalisent vers la station suivante. En fonction, du volume de gaz à traiter et de
la distance, la taille du compresseur et le nombre de stations de compression varient.

Figure 5 Station de compression (Source : www.pages_jaunes.com)

12 | P a g e
➢ Terminal de stockage
Encore appelé parc de stockage, il consiste en un espace sur lequel a été érigé un certain
nombre de réservoirs avec leurs dispositifs annexes (conduites de remplissage et d’extraction,
manifold, moyens de pompage, dispositifs de sécurisation) pour le stockage de pétrole brut, de gaz
liquéfiés, ou de produits pétroliers. Il est la tête de ligne du pipeline pouvant se trouver à proximité
des terminaux de chargement et de déchargement, ou au début et à la fin des pipelines.

Figure 6 Parc de Stockage (Source : [Link])

➢ Télétransmission et automatismes
La télétransmission et les automatismes jouent un rôle très important dans la bonne marche et
la sécurité d’un ouvrage de transport d’hydrocarbures. En effet, des instruments de mesures sont
placés en différents points de la ligne pour transmettre les valeurs des pressions, températures et
débits aux salles de contrôles. Ainsi en cas de rupture de la canalisation, le tronçon défectueux sera
isolé en commandant la fermeture des vannes.

13 | P a g e
III. AVANTAGES ET INCONVENIENTS DU
TRANSPORT PAR PIPELINE

III.1. Avantages
▪ Le produit peut être transporté en continu, car n’est pas affecté par les conditions
météorologiques ;
▪ Le pipeline peut prendre des raccourcis et la distance de transport est courte ;
▪ Le volume de transport est important ;
▪ Absence de substances nocives donc pas de pollution ;
▪ Le projet de transport est de petite quantité et couvre une petite zone. Le transport ne
nécessite que la pose de pipelines et la construction de stations de pompage. La quantité de
travaux de terrassement et de pierre est bien inférieure à celle de la construction ferroviaire ;
▪ La consommation d’énergie est faible, ce qui est la plus faible parmi les différents modes
de transport ;
▪ Vu que le transport est fermé il y’a moins de pertes de la matière.

III.2. Inconvénients
▪ Les produits transportés sont trop limités aux fluides ;
▪ La distance entre le volume transporté par pipeline et le volume transporté maximal est
faible. Par conséquent, au stade initial de développement du champ pétrolier, lorsque le
transport par pipeline est difficile, il faut utiliser le transport routier, terrestre et maritime
comme moyen de transition ;
▪ Le transport est à sens unique, mauvaise manœuvrabilité ;
▪ L’investissement fixe est important ;
▪ La destruction systématique des forêts ;
▪ Les menaces sur la biodiversité ;
▪ La disparition progressive de certaines espèces animales ;
▪ Augmentation de la pollution sonore

14 | P a g e
IV. PIPELINES AU CAMEROUN

IV.1. Pipeline Tchad-Cameroun

IV.1.1. Historique

Le pétrole tchadien est convoité depuis les années 1960, notamment avec les recherches
infructueuses menées par deux groupes français au Nord du pays : le Bureau des recherches
pétrolières (de 1962 à 1965) et l’institut française de recherche : l’ORSTOM (de 1965 à 1967). En
1969, les recherches et travaux entrepris par le groupe américain Continental Oil Company
(CONOCO), se révèlent fructueux au Sud du Tchad. En 1992, la situation interne du pays n’étant
pas stable, le Cameroun est choisi par les promoteurs pour acheminer le pétrole via la construction
d’un oléoduc de 1070 km depuis Doba jusqu’à la région côtière Kribi.

Par ailleurs, les deux pays signent des accords avec le consortium et entre eux pour la
réalisation du pipeline. L’un des accords est une lettre d’intention concernant la réalisation de
l’oléoduc « qui servira à l’évacuation du brut tchadien à travers le Cameroun ». L’autre, à savoir
le protocole d’accord, est signé en janvier 1994 entre les deux gouvernements et le groupe pétrolier
qui « énoncent les principes directeurs à prendre en compte pour la réalisation du tronçon
camerounais du système de transport des hydrocarbures par pipeline ».

Le 18 octobre 2000, les travaux de pipeline commencent officiellement au Tchad. Deux


jours plus tard, c’est le lancement officiel du coté camerounais à Kribi. En octobre 2003, le pipeline
est inauguré officiellement par le président Déby en présence de 4 chefs d’état de la sous-région.
Depuis juillet 2003, le pipeline est en service.

IV.1.2. Présentation technique

Le pipeline Tchad-Cameroun est un système de transport des hydrocarbures par pipeline,


utilisé pour évacuer à travers le territoire camerounais, le brut extrait des champs de pétrole brut
du sud tchadien. C’est un oléoduc mesurant 1070 km, dont 170 km traversant le Tchad et 900 km

15 | P a g e
le Cameroun, permettant l’acheminement du pétrole depuis les trois zones d’exploitation,
Miandoum, Komé et Bolobo de la région de Doba, au sud du Tchad jusqu’à la ville côtière
camerounaise Kribi. La canalisation se prolonge de 12km sous la mer jusqu’à un terminal marin
flottant d’où les tankers sont chargés à destination du marché mondial.

Les réserves pétrolières sont estimées à 920 millions de barils, soit 120 millions de tonnes de
pétrole. La production destinée à l’exploitation est estimée à 250 000 barils/jours, soit près de 11
à 12 millions de tonnes de pétrole, pour une durée de 35 ans. Deux sociétés de transport pour
l’oléoduc ont été spécialement crées pour l’occasion : la Cameroon Oil Transportation Company
S.A (COTCO) et la Tchad Oil Transportation Company S.A (TOTCO).

Il a été construit et est opéré au Cameroun par la Cameroon Oil Transportation Company
(COTCO). Ce système comprend, en territoire camerounais :

▪ Un oléoduc terrestre long de 900 km sur un total de 1070 km ;


▪ Deux stations de pompage (Dompta et Bélabo) ;
▪ Une station de réduction de pression (Kribi) ;
▪ Un terminal flottant de stockage et de déchargement (Terminal Komé-Kribi 1).

L’oléoduc est constitué de tubes métalliques de 760mm de diamètre, soudés les uns aux autres,
et enfouis sur toute la longueur du tracé, à une profondeur minimum de 1mètre, dans une emprise
foncière d’une largeur variant entre 10 et 15 mètres constituant un périmètre de protection.

L’oléoduc est protégé contre la corrosion pour empêcher les fuites de pétrole. Quarante-huit
vannes de sectionnement dont quarante en territoire camerounais, sont installées le long de
l’oléoduc pour réguler l’écoulement du brut et en cas d’incident de l’arrêter. Ces vannes sont
installées à des intervalles de 35km et près de chaque côté des traversées des grandes rivières.

Les stations de pompages sont implantées au Cameroun respectivement à Dompta, dans


l’Arrondissement de Touboro (Région du Nord) et à Bélabo (Région de l’Est). Ces stations de
pompage servent à donner au brut l’énergie nécessaire pour couler dans l’oléoduc, jusqu’au
terminal flottant de stockage de déchargement. Pour faciliter le pompage, le brut est réchauffé
jusqu’à une température de 70°C dans chacune des stations de pompage : ce qui réduit sa viscosité.
La température du brut réchauffé baisse sur une courte distance de façon qu’elle ne puisse avoir
aucun impact négatif sur le sol et la végétation.

16 | P a g e
Chacune des stations de pompage est équipée d’une capacité de stockage pour la
décompression du système en cas d’urgence. En outre des gares de lancement et de réception des
racleurs y sont installées pour l’introduction dans l’oléoduc des racleurs assurant le contrôle de
l’état interne des tubes.

La station de réduction de pression du Pipeline Tchad/Cameroun située à Kribi, au bord de


l’Océan Atlantique, permet d’abaisser la pression du flux de brut avant son entrée dans le Terminal
flottant de stockage et déchargement du Brut. Cette station est également équipée de capacités de
stockage pour la décompression du système en cas d’arrêt d’urgence.

Le terminal flottant de stockage de déchargement du pipeline Tchad/Cameroun est un tanker


converti en barges de 2,4millions de barils de capacité de stockage et ancré en permanence à 12km
au large de Kribi, à l’aide d’un système d’amarrage à point unique. Cette barge dénommée Komé-
Kribi 1, comporte des ballasts séparés ; ce qui prévient tout mélange entre l’eau et le pétrole brut
stocké. Elle est équipée d’un système de comptage automatique doté d’une boule d’étalonnage
pour assurer l’exactitude des quantités de brut déchargé dans les tankers enleveurs. En outre, une
unité de traitement des eaux de production est installée sur le pont de cette barge.

17 | P a g e
Figure 7 Carte de l’oléoduc pétrolier entre le Tchad et le Cameroun (Source : [Link])

IV.2. Pipeline d’Afrique Centrale

La sous-région d’Afrique Centrale va se doter d’un système d’oléoducs pétroliers d’ici


2030. Le Central African Pipeline System (CAPS), présenté le 08 septembre 2022 par le ministre
équatoguinéen des Mines et des Hydrocarbures au Central Africa Business Energy Forum
(CABEF) organisé à Douala, est un réseau de trois gazoducs d’environ 6500 kilomètres qui vise à
assurer la survie et l’approvisionnement en hydrocarbures des différents pays de l’Afrique Centrale.
Il va également favoriser le développement des zones industrielles et contribuer au développement
du marché commun. Les principaux acheteurs de pétrole africain que sont les Européens, les
Américains et les Asiatiques pensent l’implémentation de la politique de transition énergétique,
des énergies fossiles vers les énergies renouvelables, d’ici 2030 ; les pays dont l’économie est
adossée à l‘exportation de produits pétroliers pourraient se retrouver économiquement affaiblis.
Selon le ministre équato-guinéen, il est impératif de rendre ce projet viable dans un délai de sept
ans, pour éviter la survenue d’une crise dans les pays africains. Si le coût global du projet n’a pas
encore été rend public, le CAPS a reçu l’adhésion des chefs d’Etat d’Afrique centrale dont la

18 | P a g e
Guinée Equatoriale, Cameroun, Gabon, Tchad, Angola, Congo, République Démocratique du
Congo. Il sera financé par un partenariat public privé.

On distinguera trois réseaux de pipelines multinationaux. Le premier reliera le Cameroun,


la RCA, le Tchad, le second prendra la Guinée équatoriale, le Gabon et le Congo et enfin le
troisième sera pour l’Angola, la RDC, le Rwanda et le Burundi. L’objectif est de créer et de
connecter des hubs, des zones où les pays producteurs pourront acheminer les hydrocarbures,
stocker et distribuer du gaz, du pétrole, du gaz naturel liquéfié et d’autres produits, à l’image de
réseaux similaires existants aux USA, en Chine. Les ressources pourront être utilisées par des pays
enclavés pour les besoins en hydrocarbures ou pour la production d’électricité.

IV.3. Pipeline Port Autonome Douala (PAD)-SCDP Bessengue

Créée le 1er juillet 1979 par l’Etat du Cameroun dans le souci d’assurer la disponibilité des
produits pétroliers à travers le pays et favoriser le développement de son économie, la Société
Camerounaise de Dépôts Pétroliers (SCDP) est la première et unique société assurant le stockage
et la distribution en produits pétroliers sur l’ensemble du territoire national. Elle est la dernière
étape de la chaine pétrolière qui va de l’exploration des puits pétroliers (SNH), de la transformation
(SONARA) au stockage (SCDP).

En 2021, la SCDP lance le projet de modernisation, sécurisation et amélioration des


capacités de réception, conservation et distribution des produits pétroliers. En effet, il est
l’émanation du constat que la capacité limitée de la SCDP imposait un approvisionnement par
tanker de faible capacité ; soit 5000 tonnes métriques en moyenne ; ce qui induit des couts élevés,
un séjour prolongé des navires à quai et une charge logistique plus élevée.

Face à cela, l’optimisation de la réception des produits est passée par la construction d’un
pipeline multi produit enterré et protégé d’environ 4 km de long et de diamètre 10 pouces entre la
chambre à vannes de la SCDP au PAD-BONABERI et le dépôt SCDP-BESSENGUE (dépôt mère).
La mise en service s’est effectuée le 7 novembre 2023 au duc d’albe pétrolier du port de Douala-
Bonaberi.

19 | P a g e
IV.4. Gazoduc Bipaga-Mpolongwé

D’une longueur d’environ 18km, ce gazoduc longe la route d’accès au Centre de Traitement
de Gaz de Bipaga 1 sur une distance d’environ 5km, puis la route nationale N°7 Edéa-Kribi, sur
une distance de 13km. Il a été mis en service le 25 Février 2013. Depuis sa mise en service, il
satisfait toutes les commandes de son client, Kribi Power Development Company (KPDC),
opérateur de la centrale de Kribi. D’une capacité installée de 216 MW, cette centrale alimente le
réseau interconnecté sud, qui fournit de l’électricité à six des dix régions du Cameroun.

La CPSP assure le suivi environnemental du Gazoduc Bipaga-Mpolongwe, en collaboration


avec les administrations concernées. Dans ce cadre, le contrôle de l’intégrité de son emprise est
mensuellement réalisé, ainsi que la sensibilisation des autorités locales et des populations
riveraines sur les risques liés à son exploitation.

IV.5. Pipeline pour le chinois Keda

La Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) a lancé le 10 novembre 2022, le processus


de sélection des constructeurs et contrôleurs des travaux de construction, d’installation, de tests de
fonctionnement du gazoduc devant fournir du gaz naturel à l’usine de carreaux du chinois Keda,
qui doit être construite à Kribi, dans le Sud Cameroun. La SNH a en effet publié deux appels à
manifestation d’intérêt pour la préqualification d’entreprises nationales ou internationales
spécialisées dans la réalisation et la surveillance de ces travaux.

La construction de cette usine est prévue sur un site d’une trentaine d’hectares à environ 5
kilomètres du Centre de traitement de gaz naturel de Bipaga. L’alimentation de l’usine nécessitera
soit le raccordement au pipeline gazier de Bipaga-Mpolongwe existant, soit la construction d’un
nouveau pipeline gazier partant du Centre de traitement de gaz de Bipaga vers ladite usine.

C’est le 11 juillet 2024, que la société PERENCO officialise la fourniture du combustible à


l’installation à partir du centre de traitement de gaz de Bipaga, via un gazoduc de 6km. Le gaz
fournit à Keda Ceramics devrait soutenir la production, d’environ 20millions de mètres carrés de
carreaux céramiques au Cameroun. De quoi positionner le pays comme un acteur clé sur le marché
régional.

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CONCLUSION
En conclusion, le transport par pipeline est un moyen efficace, économique et
sécuritaire de transporter les fluides sur de longues distances. Les pipelines offrent une capacité de
transport et une diminution des risques d’accident par rapport aux autres modes de transport. De
plus, les pipelines jouent un rôle crucial dans l’approvisionnement énergétique mondial, en
transportant du pétrole, du gaz et d’autres produits essentiels à l’économie. Cependant, les défis
liés à la sécurité, à l’environnement et à la règlementation doivent être pris en compte pour assurer
un transport par pipeline responsable et durable. Les avancées technologiques et les meilleures
pratiques dans la conception, la construction et l’exploitation des pipelines sont essentielles pour
minimiser les risques et maximiser les bénéfices.

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Références Bibliographiques
[1] ABDELLAZIZ Mustapha et CHERROUF Elies. Projet de fin d’études en vue de l’obtention
du diplôme d’Ingénieur d’État en Génie Civil : « Etude des ouvrages génie civil de pipeline », pdf,
Ecole Nationale Polytechnique 10, Avenue Hassen Badi BP182 El-Harrach 16200 Alger, juin
2015

[2] FABIENNE ELODIE EKOBENA, « Stratégie de développement : Cas du pipeline Tchad-


Cameroun ? », juin 2006, Editions CHAIRE, P36

[3] MOKHTARI RANIA, Mémoire de master en Hydraulique, « Transport de pétrole par pipelines
et leurs éléments de protection », pdf, Ecole Nationale Polytechnique10, Avenue Hassen Badi
BP182 El-Harrach 16200 Alger, 11Octobre 2017

[4] Pipeline : Les éléments clés à retenir, [Link] consulté le Vendredi


04 Octobre 2024

[5] Terminaux, [Link] consulté le Lundi 07 Octobre 2024

[6] TRABELSI ABDERRAOUF, Projet de Fin d’Études pour l’obtention du diplôme d’Ingénieur
d’État en Génie Mécanique : « Conception d’un logiciel de dimensionnement de gazoducs
Application : Gazoduc GR4 reliant le champ de production de Rhourde Nouss au CNDG Hassi
R’mel », pdf, Ecole Nationale Polytechnique 10, Avenue Hassen Badi BP182 El-Harrach 16200
Alger, 2009

[7] Site du Comité de Pilotage et de Suivi des Pipelines (CPSP),


[Link] consulté le jeudi
03 Octobre 2024

[8] Site de Société Nationale des Hydrocarbures (SNH),


[Link] consulté le lundi 07 Octobre 2024

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