Cours Integral Ddo
Cours Integral Ddo
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COURS DU DROIT DES OBLIGATIONS I et II
SEQUENCE I : LE CONTRAT
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1-1 Objectifs de la sous-séquence
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1.2.2.2.2. Le principe de l’effet relatif (article 1095)
1.3 Récapitulons
2.2.1.1.2 Le consentement
2.2.1.1.2.1 L'existence du consentement sain : La nullité d'un contrat passé sous l'emprise
d'un trouble mental
2.2.1.1.2.2.2 La violence
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2.2.2.1 L a mise en œuvre de la nullité
2.3 Récapitulons
3.2.2.1 L'offre
3.2.2.2 L'acceptation
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3.2.3.1 La solution en France
3.3 Récapitulons
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4.2.5.1.1. Les cas de maintien du contrat inexécuté
4.2.5.1.3.1.3. La causalité
4.3 Récapitulons
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5.2.3. La répétition de l’indu ou le paiement de l'indu
5.3. Récapitulons
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6.2.1.1.2 La responsabilité du fait d'autrui (articles 1139 à 1147 Code civil)
6.2.2.1.2.L'effectivité de la réparation
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6.3.Récapitulons
6.4.Exercices d’autoévaluation
7.2.1.1 : Du paiement en général ou le droit commun du paiement ( art. 1181 à 1202 C.civ.)
7.2.2.2 Compensation
7.2.2.3 Confusion
7.2.3.1 Prescription
7.3 Récapitulons
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8.2.1 : La circulation sans transformation
8.2.2.1 La délégation
8.2.2.2 La novation
8.3 Récapitulons
11.4 Récapitulons
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12.2.1.1 Obligation conjointe
12.4 Récapitulons
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
I - Ouvrages
II - Textes de loi
A – La notion d’obligation
L’article 923 du nouveau Code civil dispose que : « L'obligation lie un débiteur à son créancier
en donnant à celui-ci le droit d'exiger à celui-là une prestation ou une abstention ».
Il ressort de cet article que l’obligation est un lien de droit en vertu duquel une personne, le
créancier, peut exiger d’une autre, le débiteur, l’exécution d’une certaine prestation qui peut
être une abstention. Il y a par conséquent dans toute obligation un sujet actif (le créancier) et un
sujet passif (le débiteur) et ce à quoi ce débiteur est tenu c’est la prestation. De ce fait, on peut
appréhender les caractères du lien de l’obligation.
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- Primo, c’est un lien personnel parce qu’il met nécessairement en face au moins deux
personnes. Par conséquent, le pouvoir du créancier s’exerce sur la personne du débiteur, ce qui
en fait un lien de droit personnel, un droit de créance par opposition au droit réel qui est le
pouvoir d’une personne sur une chose.
- Secundo, c’est un lien juridique en ce que son application peut être assurée par la force
publique. Cet élément de contrainte distingue l’obligation civile des autres obligations qui n’ont
pas un tel caractère, telles que l’obligation morale et l’obligation matérielle.
- Tertio, c’est un lien patrimonial en ce sens qu’il s’agit d’un droit susceptible d’être évalué en
argent, d’un droit pécuniaire.
1. L’importance pratique : c’est parce que le droit des obligations se vit au quotidien. Ce droit
est connu pour sa quotidienneté, par exemple acheter du pain, louer une maison ou prendre un
taxi, etc. Pour reprendre professeur Isaac, une personne peut vivre toute sa vie sans jamais
rencontrer le droit pénal mais, on ne peut pas avoir vécu sans jamais rencontrer un acte qui
relève du droit des obligations.
2. L’importance théorique : c’est est un droit qui nécessite une certaine abstraction et un esprit
critique. C’est un droit qui utilise des concepts techniques que l’on rencontre dans toutes les
autres disciplines juridiques tant en droit public qu’en droit privé. Selon Jean CARBONNIER,
le droit c’est la famille et les obligations, les autres sont leurs applications.
Selon l’article 925 nouveau, les obligations se distinguent selon leur objet ou selon leurs
modalités. La Loi du 04 juillet 2019 a légèrement modifié les classifications en procédant à un
regroupement sans remettre en cause les classifications dites traditionnelles.
La classification des obligations d’après leur objet est la principale et la plus classique. Elle
distingue, d’abord, les obligations de donner, de faire ou de ne pas faire. Elle cite ensuite les
obligations selon l’intensité de l’engagement ou de la promesse ou encore d’après leurs effets
(obligation de résultat et l’obligation de moyen) et, enfin, les obligations selon leur contenu
monétaire (obligation de payer une somme d’argent).
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1.1.1 L’obligation de donner : c’est l’obligation de transférer la propriété d’une chose ou les
droits qu’on a sur cette chose et ses accessoires. Par exemple, le vendeur doit transférer à
l’acheteur la propriété d’une chose.
1.1.3 L’obligation de ne pas faire : elle consiste en une abstention. Cette obligation est rare.
Elle pèse, par exemple, sur le vendeur d’un fonds de commerce, qui s’oblige envers son
acquéreur, à ne pas se rétablir, pour exercer un commerce similaire, dans un rayon déterminé.
1.2.1 L’obligation de résultat : dans la plupart des cas, cette obligation constitue la promesse
de fournir un résultat déterminé, auquel s’engage le débiteur envers son créancier. Exemple :
l’obligation du transporteur de livrer les marchandises en bon état, au jour et au lieu fixés.
1.2.2 L’obligation de moyen : parfois, la partie qui s’oblige, ne peut garantir l’obtention du
résultat souhaité, elle peut seulement s’engager à faire son possible pour y parvenir, à agir avec
plus de prudence ou de diligence. Exemple : le médecin s’engage seulement à fournir au malade
des soins consciencieux, attentif, conforme aux données acquises de la science. On dit que le
médecin est obligé de soigner son patient et non de le guérir.
Ici, c’est la somme d’argent qui constitue l’objet de l’obligation, pas n’importe quel bien. Il
s’agit d’une obligation pécuniaire ou monétaire.
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2.1. Obligations conditionnelles ;
Les obligations naissent soit des actes juridiques tels que le testament ou contrat, soit des faits
juridiques.
SEQUENCE I : LE CONTRAT
L’article 1034 du nouveau Code civil guinéen définit le contrat en ses termes, « Le contrat est
un accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes destinées à créer, modifier,
transmettre ou éteindre des obligations ». On peut donc passer un contrat pour créer ou
éteindre… un lien juridique. De cette définition, il est possible de remarquer que le contrat est
un véritable instrument juridique de gestion patrimoniale.
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1-2 Objectifs de la sous-séquence
Le droit commun des contrats régi par les articles 1034 à 1111 du nouveau Code civil. Il
concerne tous les contrats quelques soient leurs nomenclatures car l’on est libre de passer
n’importe quel contrat sous réserve de l’ordre public.
Le Code civil de 1983 faisait la distinction des contrats d’après leur mode de formation ou
d’exécution ou selon leur but économique (art 640).
Le nouveau Code a fait disparaitre cette classification traditionnelle des contrats en énumérant
tout simplement un certain nombre de distinctions (articles 1037 et suivant).
-contrat consensuel : c’est celui qui se forme dès le seul échange de volonté, indépendamment
du respect d’une formalité particulière. En règle générale, les contrats consensuels.
-contrats solennels : ce sont des contrats dans lesquels on exige, en plus du consentement, une
formalité particulière. C’est généralement un écrit (acte notarié ou sous seing privé). Les
contrats solennels constituent une exception au principe du consensualisme.
-contrat réel : c’est celui qui exige, pour sa formation, la remise d’une chose (contrat de prêt à
usage ou le commodat, contrat de dépôt).
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-les contrats synallagmatiques ou les contrats bilatéraux sont des contrats dans lesquels chaque
partie est à la fois créancière et débitrice l’une de l’autre. Les obligations des parties sont
réciproques et interdépendantes. Exemple : la vente, le bail, le transport.
-le contrat unilatéral : c’est lorsqu’une seule partie est tenue d’obligations. Ex : le contrat de
prêt, de dépôt.
L’intérêt de la distinction est double : d’une part, dans les contrats synallagmatiques, lorsque
l’une des parties ne s’exécute pas, l’autre peut aussi refuser de s’exécuter ; c’est ce qu’on
appelle l’exception d’inexécution. C’est une forme de justice privée. D’autre part, en matière
de preuve, les contrats synallagmatiques doivent respecter la formalité du double original, c'est -
à-dire que chaque partie au contrat doit avoir un exemplaire du contrat à titre de preuve. A
contrario, dans les contrats unilatéraux, on doit respecter la formalité du ‘’bon pour’’, c'est-à-
dire que la personne qui s’engage doit rédiger en toutes lettres et en tous chiffres le montant de
son engagement.
Dans les contrats à titre onéreux, il y a une contrepartie pour chaque contractant (donnant-
donnant) ; chaque partie reçoit de l’autre un avantage en contrepartie de celui qu’il procure.
L’hypothèse correspond à l’immense majorité des contrats.
Dans les contrats à titre gratuit ou de bienfaisance, l’une des parties consent à l’autre un
avantage sans contrepartie. C’est la préférence d’autrui à soi-même. Ex : la donation sans
charges.
Le contrat instantané est celui qui s’exécute en une seule prestation ; ce type de contrats
s’exécute en instant de temps. Ex : la vente.
Quant au contrat successif, c’est celui dont l’exécution est étalée dans le temps. Ex : contrat de
travail, contrat de bail, etc.
Le contrat est dit commutatif lorsque chaque partie peut apprécier, dès sa conclusion,
l’envergure que lui procure un contrat. La plupart des contrats sont commutatifs.
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Par contre, le contrat aléatoire, c’est le contrat dans lequel l’appréciation de l’avantage est
subordonnée à un aléa, c'est-à-dire un événement qui peut se réaliser ou non. Par ex, dans les
contrats d’assurance, l’assuré paie des primes pour se couvrir contre un sinistre, lequel peut ne
pas se réaliser.
Le contrat de gré à gré ou contrat négocié est le contrat dans lequel les parties ont la possibilité
de discuter ou de négocier tous les éléments de leur contrat jusqu’à tomber d’accord.
A l’inverse, le contrat d’adhésion est celui dans lequel les conditions du contrat sont fixées par
l’une des parties, généralement la plus forte économiquement qui dicte ses volontés à l’autre, à
tel enseigne qu’elle ne peut qu’y adhérer ou refuser de contracter.
Au terme de l’art 1040 nouveau, le contrat cadre est un accord par lequel les parties conviennent
des caractéristiques générales de leurs relations contractuelles futures. Les modalités
d’exécution sont par la suite précisées par des accords dits d’application. Ce type de contrat
n’était pas prévu dans l’ancien Code civil.
Les contrats individuels sont ceux qui ne lient que les personnes qui ont donné leur
consentement.
Les contrats collectifs sont au contraire ceux qui lient des personnes sans que celles-ci aient
donné leur consentement. Ex : conventions collectives, concordat.
Les contrats nommés sont ceux qui sont désignés, définis et réglementé par un texte ; que celui-
ci soit impératif ou supplétif, codifié ou non (loi, décret, arrêté, recommandations). Ex : contrat
de vente, le bail, le dépôt.
Quant aux contrats innommés, ils sont imaginés par les parties sur le fondement de la liberté
contractuelle. Ex : le contrat de déménagement, le contrat d’hôtellerie, de sponsoring.
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Le contrat principal est celui qui permet d’atteindre le but recherché par les parties sans être
rattaché à un autre contrat.
Le principe de la liberté contractuelle, principe fondateur du Droit des contrats, est affirmé dans
de nombreux textes modernes de Droit des contrats. Il est directement déduit de l'autonomie de
la volonté et du libéralisme. En Droit guinéen, aucun texte d e l'ancien Code civil de 1983
n'affirmait expressément le principe de la liberté contractuelle. Le principe n'y apparaissait
qu'en creux. En particulier, on déduisait habituellement de l'art 12 du Code civil selon lequel «
on ne peut déroger, par des conventions particulières, aux lois qui intéressent l'ordre public et
les bonnes mœurs », que, à contrario, on pouvait déroger à toute autre loi. Avec la réforme de
2019, le principe a fait son entrée dans le nouveau Code civil à l'art 1034. En France, le silence
du Code civil de 1804 n'avait pas empêché le conseil constitutionnel, à partir de 1998, d'affirmer
la valeur constitutionnelle du principe de la liberté contractuelle.
Ce premier aspect est évidemment fondamental. Vous êtes toujours libre de ne pas acheter des
biens qui ne vous plaisent pas, de ne pas contracter un prêt, de ne pas faire partie d'une société
commerciale ou d'une association. Cette liberté de ne pas contracter est étroitement liée à
l'absence même du contrat qui repose sur un accord de volonté : une personne ne peut donc
jamais être contractuellement engagée si elle n'y consent pas. A l'inverse, on libre en principe
de passer les contrats que l'on souhaite conclure pour satisfaire ses envies.
Si je vends ma voiture, je peux la vendre à qui je veux, je peux choisir le marché où je fais mes
courses, je peux vendre mes actions dans une société à telle personne ou à telle autre. D'une
manière générale, lorsqu'on offre de conclure un contrat, on est libre de se réserver la possibilité
de sélectionner la personne avec qui on passera le contrat.
La liberté de déterminer le contenu du contrat est sans doute l'aspect principal de la liberté
contractuelle. Cette liberté se manifeste de deux manières qui se complètent et se recoupent :
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d'une part, les parties ont en principe le libre choix de l'objet et des clauses de leurs contrat ;
d'autre part, elles déterminent librement l'équilibre entre les sacrifices que chaque partie
consent, les avantages que chacun reçoit. En effet, il appartient aux parties de déterminer sur
quoi elles veulent contracter « vendre une Maison ou un ouvrage du Droit civil, une voiture,
prêter de l'argent, donner un mandat, s'associer en vue d'exercer une activité économique » et à
quelles conditions elles veulent le faire « quel sera le prix de vente ou le montant d'un loyer,
quand et où le bien sera-t-il livré, à quelle échéance l'emprunteur devrait-il rembourser, quelles
seront les sanctions si le vendeur ne livre pas ou si l'emprunteur ne rembourse pas ». Quant à la
liberté de forme, il faut dire qu'en principe, un contrat peut être valablement conclu sans le
respect d'aucune forme. C'est le principe du consensualisme qui est réaffirmé par l'art 1042 du
nouveau Code civil. Contrairement à une idée bien ancrée dans l'imaginaire collectif, un contrat
ne prend pas nécessairement la forme d'un écrit signé par les parties. Il peut résulter d'un simple
échange de parole. Ex : « peux-tu me prêter 10000 gnf, je te les rendrai dans 3 jours ? oui
d'accord », voire le comportement qui traduit de manière univoque la volonté de contracter. Ex
: « un taxi s'arrête pour prendre des passagers, vous y montez et vous payez les frais transport
»
Peu sont des principes en Droit qui n'admettent pas d'exception, car dit-on, c'est l'exception qui
fait la beauté du principe. Et mieux, aucune liberté n'est absolue. Telle est la situation de la
liberté contractuelle qui se trouve être limitée. Parce que l'autonomie de la volonté peut avoir
des effets pervers dans les contrats où les rapports de force ne sont pas égaux. La partie la plus
forte peut imposer « sa loi » à la partie la plus faible. L'ordre public va poser des règles qui ont
pour but de limiter l'autonomie de la volonté afin de défendre l'intérêt du plus grand nombre ou
les intérêts des plus faibles. L'ordre public peut prendre deux formes différentes : - l'ordre public
de direction constitué par les règles au moyen desquelles l'État influence l'économie. Ex : le
prix, les contrats obligatoires et droit de préemption. - l'ordre public de protection par lequel le
législateur entend protéger la partie la plus faible au contrat. Ex : clauses abusives et clauses
créant un déséquilibre significatif.
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Rien n'oblige les parties à contracter. Mais si elles ont contracté, elles sont tenues de respecter
leurs engagements. Ce qu'elles ont convenu s'impose à elles sans qu'il soit besoin du renfort
d'aucune norme. Il en découle qu'aucune des parties ne pourrait se délier par sa seule volonté
sans engager sa responsabilité. Le consentement mutuel peut seul dénouer ce qu'il a noué. Et
les parties doivent bien évidemment exécuter fidèlement les obligations nées du contrat.
Obligatoire pour les parties, la convention l'est aussi pour le juge. Elle s'impose à lui. Il doit la
respecter et la faire respecter. « Ministre de la volonté des parties », le juge doit être un serviteur
respectueux du contrat (François TERRE). S'il lui est demandé de l'interpréter, il recherchera
quelle a été la commune intention des parties. S'il lui est demandé de le modifier, de le réviser,
il s'y refusera, sauf changement imprévisible du contexte économique, social ou politique qui
en aurait déséquilibré l'économie. En cas de défaillance d'une des parties, il peut la contraindre
à exécuter ses obligations
Parce que le contrat repose sur la volonté des parties, il n'a pas d'effets à l'égard des tiers : les
parties ne peuvent par un contrat ni engager autrui, ni faire naître à son profit une créance. Les
postulats sur lesquels repose la théorie de l'autonomie de la volonté l'expliquent, au demeurant,
fort bien. La volonté des uns ne saurait entraver la liberté des autres. Si chaque homme est le
meilleur juge de ses intérêts, il ne l'est pas de ceux d'autrui selon F. TERRE.
La bonne foi a plusieurs sens, ce qui laisse présupposer quelle n'intervient pas de la même façon
et au même titre dans chacune de ses manifestations. Afin d'en comprendre les tenants et
aboutissants, un examen de ses diverses fonctions s'avère opportun après celui de son contenu.
L'article 1035 du Code civil dispose que : « Les contrats doivent être négociés, formés et
exécutés de bonne foi. Cette disposition est d'ordre public ». Il résulte de cet article que la bonne
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foi doit gouverner la conduite des parties, tant au moment de la naissance de l'obligation qu'à
celui de son exécution ou de son extinction.
Quant à la fonction supplétive ou complétive, elle permet de compléter les clauses et obligations
assignées dans le contrat au débiteur par des devoirs et obligations accessoires qui vont l'obliger
à exécuter utilement. En ce sens, nous pouvons dire que la bonne foi est alors créatrice
d'obligations.
Certains ont pu prétendre à juste raison qu'elle dénature le contrat et va à l'encontre du principe
de l'autonomie de la volonté en imposant aux parties des obligations qu'elles n'ont pas
expressément prévues.
La bonne foi a également une fonction limitative qui consiste à poser des limites à l'exercice
d'un droit lorsqu'un tel exercice irait à l'encontre des exigences de la bonne foi et constituerait
un abus de droit. Il s'agit de la fonction modératrice de la bonne foi qui permet de « ramener
l'exercice excessif d'un droit subjectif à un degré considéré comme légitime ». La fonction
adaptative de la bonne renvoie principalement à la théorie de l'imprévision (article 1091 C. civ).
Elle permet de modifier un contrat et de le rééquilibrer lorsque des circonstances imprévues
viennent en cours de route modifier les règles du jeu et qu'il ne correspond plus à l'intention
initiale des parties.
Il a été démontré que le principe de la bonne foi donnait ouverture à la réception de la théorie
de l'imprévision et qu'il en était le fondement.
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1.3 Récapitulons
Nous avons vu que les contrats peuvent être classés selon plusieurs critères tel que le mode
de formation ou d’exécution ou encore le but économique.
Chaque critère de classification a ses intérêts spécifiques.
Par ailleurs, la théorie générale du contrat est régie par des grands à savoir la force obligatoire,
la relativité des conventions, la liberté contractuelle, la bonne foi, etc.
La reconnaissance du contrat par l'ordre juridique est subordonnée au respect d'un certain
nombre de conditions posées par la loi. Certaines de ces conditions sont relatives aux personnes
contractantes alors que les autres se rapportent au contrat lui-même. Par conséquent, leur
violation est sanctionnée par la nullité du contrat.
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2.2.1.1.1 La capacité de contracter.
La capacité juridique s'acquiert avec la personnalité juridique ; mais en matière de droit des
contrats cela n'est pas suffisant. Pourtant, le principe est la capacité, l'incapacité est l'exception
parce que toute personne peut contracter si elle n'en est pas déclarée incapable par la loi.
Certaines incapacités ont pour objectif de protéger la personne déclarée incapable, c'est le cas
notamment pour les mineurs (sauf émancipation) sauf pour les « actes de la vie courante »
(achat de pain etc.).
Pour les adultes, il existe des incapacités (tutelle, curatelle etc.). Plus largement, si le majeur
n'est pas sous un régime de protection, on considère qu'il faut être lucide, saint d'esprit. Un
contrat conclu sous l'empire d'un trouble mental n'est pas valable. Certaines incapacités visent
à protéger le cocontractant de l'incapable. Il en va ainsi du tuteur qui ne peut de même pas
acquérir les biens de son pupille, alors qu'il est censé gérer ces biens. Il peut y avoir des
autorisations judiciaires, mais c'est rare. Il existe des incapacités d'exercice et des incapacités
de jouissance. Le mineur peut jouir de ses droits mais ne peut l'exercer.
2.2.1.1.2 Le consentement
Avant d'être une condition de validité, le consentement est d'abord une condition d'existence
même du contrat. Par définition, le consentement est un accord de deux volontés destinées à
produire un effet de Droit ou encore un accord en vue de faire naître des obligations.
2.2.1.1.2.1 L'existence du consentement sain : La nullité d'un contrat passé sous l'emprise
d'un trouble mental
Les personnes atteintes de manière habituelle de troubles mentaux peuvent être placées sous un
régime de protection (tutelle, curatelle, sauvegarde de justice) qui entraine une incapacité
juridique plus ou moins complète.
L'un des effets de cette incapacité sera la nullité des contrats qui auraient été passés par
l'incapable. Mais il peut aussi arriver qu'une personne atteinte d'un trouble mental passe un
contrat alors qu'elle n'a pas été placée sous un régime de protection. Le Code civil de 1983 ne
contenait aucune réponse à cette question. Cependant, le nouveau code, à travers l'art 1042
dispose qu’« il faut être sain d'esprit pour consentir valablement à un contrat ».
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2.2.1.1.2.2 L’intégrité du consentement.
Les articles 1043 et suivants du code civil visent un certain nombre de cas où le consentement
bien que donné par une personne saine d'esprit n'a pas été suffisamment éclairé (la personne
s'est trompée sur un élément important du contrat ou son contractant l'a trompée) ou
insuffisamment libre (elle a été contrainte de passer le contrat). Il s'agit respectivement de
l'erreur, du dol et de la violence.
La différence entre les deux est que, dans le cas de l'erreur, le contractant s'est trompé tout seul
sans que l'autre partie y soit pour quelque chose, alors qu'on parlera de dol lorsque l'erreur a été
provoquée par le comportement de l'autre.
- L'erreur : lorsqu'elle est spontanée, l'erreur n'est admise comme cause de nullité que dans
des cas très limités.
L'article 1044 du nouveau code civil reprend, en partie, en limitant la nullité pour erreur aux
cas où l'erreur a porté sur les qualités essentielles de la prestation due ou sur celles du
cocontractant.
Le 1e cas correspond à ce que l'on appelait dans le Droit antérieur, l'erreur sur la substance c'est -
à-dire l'erreur sur les qualités qu'un contractant attend normalement de l'objet du contrat.
Exemple : l'authenticité d'une œuvre d'art.
Le second cas est relatif à l'erreur sur les qualités essentielles de la personne du cocontractant
(concernant seulement les contrats dits intuitu personae visés à l'article 1045 du Code civil dans
lesquels la considération des qualités personnelles du cocontractant joue un rôle important).
Exemple : casier judiciaire vierge en matière d'abus de confiance d'une personne que l'on
s'apprête à embaucher en qualité de comptable.
On ajoute à deux types d'erreur prévus à l'article 1044 ce qu'on appelle erreur obstacle qui est
un malentendu entre les parties au contrat. Par exemple, un malentendu sur l'unité monétaire :
j'achète un téléphone que vendeur m'a dit coûter « 5000 » ; j'ai compris que cela voudrait dire
« 5000 GNF » ; mais en réalité, mon vendeur qui est sénégalais voulait dire « 5000FCFA ».
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- Le dol, l'erreur provoquée : on bascule dans le dol régi par les articles 1046 et 1047 du
Code civil lorsque l'erreur a été provoquée par le cocontractant.
Traditionnellement, on estimait que pour ait dol, il fallait que l'erreur ait été provoquée par un
comportement actif destiné à tromper, c'est-à-dire des manœuvres ou des mensonges. Par
exemple, dans le cas de la vente d'une œuvre d'art, le fait de produire un certificat d'authenticité.
Avec la réforme de 2019, il existe désormais deux formes assez différentes de violence : la
violence ordinaire et la violence économique.
Pour que le contrat soit valable, il doit respecter certaines exigences relatives au contenu. Avant
la réforme de 2019, ces exigences s'articulaient autour de deux conditions (l'objet et la cause)
qui, dans l'ancien article 649, s'ajoutaient au consentement et à la capacité. Le nouveau Code
civil a supprimé, du moins en apparence, la notion de cause. La notion d'objet quant à elle, a
été intégrée dans une condition plus générale, celle d'un contenu licite et certain. Les exigences
qui sont posées sous cette notion assez vague de contenu, répondent à trois idées :
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(approfondissement aux articles 1067 et 1068 nouveaux s'inscrivant dans le prolongement d'une
jurisprudence française antérieures à la réforme de 2016 et concernant la fixation du prix).
L'art 1041 qui énumère les conditions de validité du contrat ne mentionne aucune condition de
type formel. C'est qu'en principe, la validité d'un contrat n'est subordonnée à aucune condition
de ce type : c'est le principe du consensualisme qui est l'un des attributs de la liberté
contractuelle.
Après avoir posé le principe du consensualisme, l'article 1039 nouveau dispose que le contrat
est solennel lorsque sa validité est subordonnée à des formes déterminées par la loi : il s'agit
d'un formalisme direct. Il existe par ailleurs un formalisme ind irect qui est relatif aux formes
probatoires (preuve) et de publicité.
Un contrat qui ne remplit pas les conditions requises pour sa validité est nul. La nullité consiste
dans l'anéantissement rétroactif d'un contrat qui ne répond à toutes les conditions de validité
posées par le Droit. Elle se distingue d'autres sanctions qui ne répondent pas aux mêmes causes
et produisent pas les mêmes effets.
La nullité doit d'abord être distinguée de l'inexistence du contrat. On dit qu'un contrat est
inexistant quand il n'y a pas eu accord de volonté entre les parties (par exemple, lorsqu'on est
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resté au stade des négociations préliminaires). Par contre, la nullité suppose que le contrat a été
formé mais qu'une des conditions de validité fait défaut. Le contrat formé est présumé valable,
c'est à celui qui en conteste la validité d'apporter la preuve de la cause de nullité.
La nullité doit enfin être distinguée de la caducité. Un contrat devient caduc lorsqu'un de ses
éléments essentiels, qui existait lors de la conclusion, vient à disparaître en cours d'exécution.
C'est ce qui se passe par exemple, lorsqu'un immeuble loué vient à être détruit par un incendie,
ce qui met fin au bail.
L'intervention du juge est rendue obligatoire par le législateur pour prononcer la nullité du
contrat. Elle ne peut être déclarée unilatéralement par la partie qui conteste la validité du contrat.
Ce principe est rappelé à l'art 1079 nouveau. Le régime des nullités impose de s'interroger sur
les causes de nullité ; les titulaires de l'action en nullité, sur la possibilité confirmer un contrat
nul et sur la prescription qui les accompagne. Ce régime juridique dépend essentiellement d'une
distinction entre les nullités absolues et les nullités relatives.
Selon l'art 1080 nouveau, la nullité est absolue lorsqu'elle sanctionne une condition de validité
édictée dans l'intérêt général. Les cas de nullité absolue se limitent aujourd'hui à la violation
des règles d'ordre public. Dès lors que l'intérêt général a été violé, il est logique d'ouvrir
largement la possibilité d'agir en nullité. C'est pourquoi la nullité absolue peut être invoquée
par toute personne intéressée, par le ministère public et peut être soulevée d'office par le juge.
Pour la nullité relative, elle résulte de l'inobservation des règles destinées à assurer la protection
d'un intérêt privé. L'art 1081 cite expressément la violation des dispositions concernant les vices
du consentement, les incapacités de protection. Dans la nullité relative, seule la personne que
la loi protège peut l'invoquer.
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Le droit d'invoquer la nullité d'un contrat est paralysé dans un certain nombre de cas ; on dit
que la nullité a rencontré des difficultés dans sa mise en œuvre. Deux obstacles sont à relever :
la confirmation et la prescription.
- Prescription par voie d'action : L'action en nullité ne peut être exercée que dans la limite
de la prescription. Selon le même article 1080, l'action en nullité absolue est soumise à la
prescription de Droit de commun. Et quant à l'action en nullité relative, elle se prescrit par 2
ans. Il est important de noter que l'exception de nullité absolue ou relative ne se prescrit point.
La nullité a pour effet la restitution de tout en principe sauf dans certains cas.
Selon l'art 1086 Code civil, sauf dans les contrats successifs, le contrat nul est censé n'avoir
jamais existé et les parties doivent restituer ce qu'elles ont reçu. C'est l'anéantissement rétroactif
du contrat : il est anéanti non seulement pour le présent mais aussi pour le passé, comme s'il
n'avait jamais existé. Il est dépourvu de toute efficacité. En conséquence, les parties doivent
être placées dans l'état où elles se trouvaient avant la conclusion du contrat nul (statuquo ante),
c'est ce qui se traduit par la restitution de ce qu'elles ont reçu. S'agissant, par exemple, d'un
contrat translatif de propriété (vente), on fera comme si la propriété n'avait jamais été transmise.
Le vendeur devra restituer à l'acheteur le prix qu'il a reçu, et l'acheteur devra rendre au vendeur
la chose qui lui avait été livrée.
Il est parfois impossible de faire comme si le contrat n'avait jamais existé. C'est le cas chaque
fois que la restitution d'une prestation est impossible en nature. Le problème se pose
particulièrement dans les contrats successifs, comme le bail (le locataire ne peut pas rendre la
jouissance des lieux loués). Dans ce cas, la restitution se fait en valeur. En dehors des limites
de fait, il existe des limites de droit.
29
- Juridiques (incapables et contrats immoraux) : Lorsque le contrat a été annulé pour
l'incapacité d'un des contractants, l'art 1087 nouveau limite l'obligation de restitution à
l'enrichissement de cet incapable, c'est-à-dire ce qu'il a encore entre les mains.
2.3 Récapitulons
Selon l’article 1041 du Code civil, Les conditions de validité du contrat sont : le consentement
des parties, la capacité de contracter, et le contenu licite et certain. On les appelle les
conditions générales applicables à tout contrat. On remarque ici que la forme notamment
l’écrit n’est pas obligatoire en général.
D’abord, le consentement des parties doit être exempt de vices à savoir le l’erreur, le dol ou
la violence.
Ensuite, les parties doit être capables ou doivent passer par le mécanisme de la représentation.
Enfin, le contenu doit être possible matériellement et juridiquement.
Tout contrat qui viole l’une de ces conditions est nul. Cependant, la nullité est toujours
judiciaire.
2) – Expliquez cette expression : erreur entrée sur le champ contractuel n’est pas une cause
nullité du contrat.
30
SOUS-SEQUENCE 3 : Le mécanisme de formation du contrat
Être capable de :
- Comprendre qu’il y a des phases dans ce processus qui ne comportent pas d’obligations ;
C'est une période qui peut être plus ou moins longue. Les parties n'ont pas encore conclu leur
contrat définitif. Elles en sont aux préludes. C'est une période qu'on peut sérier en trois
principales phases, soit il s'agit de la période des pourparlers (1), soit il s'agit de la période des
avants contrats (2).
C'est une période dans laquelle les parties n'ont pas encore contracté. Elles viennent tout juste
de débuter leur discussion. Le contrat est simplement envisagé. Les pourparlers peuvent ou non
décider les parties à s'engager définitivement. La question est de savoir si l'une quelconque des
parties peut se dégager en rompant les pourparlers sans aucune conséquence juridique. La
réponse est positive, le principe étant la liberté de rupture des pourparlers. Chaque partie peut
s'en sortir sans que sa responsabilité soit engagée sauf, lorsque la rupture a été brutale ou
intempestive, ou marquée d'une légèreté blâmable. En d'autres termes, c'est lorsque celui qui
prend l'initiative a abusé de sa liberté de rompre les pourparlers. Au-delà des pourparlers on
31
entre dans une nouvelle phase, une nouvelle étape, celle des avants contrats qui peuvent prendre
la forme soit d'une promesse unilatérale de contrat, soit d'une promesse synallagmatique de
contrat.
Ici, une des parties est déjà engagée. Son engagement se traduit par la promesse faite à l'autre
partie que l'on appelle bénéficiaire de conclure un contrat déterminé à des conditions
déterminées. Seul le promettant est engagé, le bénéficiaire de la promesse lui n'est tenu à aucune
obligation. On dit qu'il a une option, soit conclure le contrat à la date convenue avec le
promettant, on dit alors qu'il a levé l'option ; soit ne pas conclure le contrat et dans ce cas on dit
qu'il n'a pas levé l'option. Toutefois, il peut arriver que la promesse unilatérale soit
accompagnée d'une clause de dédit ou clause d'immobilisation en vertu de laquelle si le
bénéficiaire ne lève pas l'option, il sera condamné à payer au promettant une indemnité de dédit
ou d'immobilisation.
Ici, les deux parties sont toutes deux déjà engagées. En fait, il ne reste qu'à finaliser le contrat
définitif. Généralement, on rencontre une telle promesse dans les contrats complexes qui
nécessitent souvent un certain formalisme. Comme les deux parties sont déjà engagées, lorsque
l'une d'elles ne s'exécute pas, on peut l'y contraindre par la force. Au-delà de cette période, le
contrat va être définitivement scellé. C'est la rencontre entre une offre et une acceptation.
Un pacte de préférence est un contrat (échange de consentements) dans lequel l'une des parties
s'engage à proposer au bénéficiaire du pacte en priorité la conclusion du contrat au cas où elle
se déciderait de conclure ce contrat. Si le bénéficiaire refuse, le principe redevient la liberté de
choix du cocontractant. Si le promettant cède le bien à un autre sans avoir préalablement
proposé, la Cour de cassation a longtemps estimé que la seule sanction possible était des
dommages intérêts parce que « toute obligation de faire ou de ne pas faire se résout en
dommages intérêts en cas d'inexécution », on ne peut forcer l'exécution d'une telle obligation,
on peut ici forcer le transfert de propriété. Mais depuis, le 26 mai 2006 elle a estimé que le
bénéficiaire du pacte de préférence peut exiger l'annulation du contrat conclu avec le tiers en
méconnaissance du pacte de préférence. Il peut de plus obtenir sa substitution à l'acquéreur.
32
Une condition se pose néanmoins : il faut que le tiers ait eu connaissance de l'existence du pacte
de préférence et de l'intention du bénéficiaire d'en bénéficier (il faut qu'il ait été de mauvaise
foi).
Il s'agit des deux éléments du consentement dont la réunion crée le lien contractuel.
3.2.2.1 L'offre
C'est une déclaration unilatérale de volonté par laquelle l'offrant, encore appelé pollicitant, fait
savoir son intention de conclure un contrat déterminé à des conditions déterminées. Pour être
considérée comme offre, cette déclaration unilatérale de volonté doit revêtir certains caractères.
En premier lieu, il faut préciser que l'offre ou la pollicitation peut être faite à personne
déterminée ou au public. Cette offre doit être ferme, précise et non équivoque. Elle doit
renfermer les éléments essentiels du contrat. En principe, elle doit être assortie d'un délai avant
de pouvoir être rétractée. Ce délai peut être expressément convenu. Mais si tel n'est pas le cas,
il peut résulter des circonstances, donc être implicite. Tant que le délai n'est pas expiré, l'offrant
ne peut retirer son offre. Mais, l'incapacité ultérieure ou le décès du pollicitant rendent caduques
l'offre. Ce qui pose le problème de la théorie de l'engagement unilatéral de volonté :
L’incapacité ultérieure ou le décès de l'offrant rendent caduques l'offre.
3.2.2.2 L'acceptation
C'est le second terme de l'accord. C'est la réponse positive apportée par le destinataire à l'offre
de contracter. Elle doit être identique à tout point de vue à l'offre. Elle peut être expresse ou
tacite, elle doit être précise et non équivoque. Et, elle ne doit pas être accompagnée de réserves
sinon, il s'agit d'une contre-offre, d'une contreproposition. L'acceptant devient nouvel offrant
parce que du fait de la réserve ou de la modification de l'offre, les rôles vont être renversés.
C'est une hypothèse plus ou moins complexe, celle dans laquelle les personnes qui veulent
contracter sont géographiquement distantes l'une de l'autre. Elles ne sont pas en face l'une de
l'autre : l'offrant est à Labé, l'acceptant à Macenta. C'est par abus de langage qu'on parle de
contrat entre absents, parce que l'absent en droit c'est celui dont on est resté longtemps sans
nouvelles jusqu'à douter de son existence. C'est l'hypothèse de l'incertitude sur la personne.
33
Or, ici on fait allusion au contrat de personnes non présentes. C'est pourquoi, l'appellation de
contrat par correspondance traduit mieux la réalité.
C'est un problème qui présente au moins deux intérêts relativement à la date et au lieu de
conclusion du contrat. En effet, la date du contrat va permettre de déterminer à partir de quels
moments les parties sont soumises aux obligations contractuelles. Quant au lieu du contrat, il
permet souvent de déterminer le tribunal compétent
Les péripéties du droit français se ramènent à une doctrine controversée et à une jurisprudence
embarrassée. En ce qui concerne la doctrine, elle se manifeste à travers deux théories : la théorie
de l'émission et la théorie de la réception. En vertu de la première théorie, c'est-à-dire celle de
l'émission, le contrat entre absents est conclu à partir du moment où l'acceptant aura émis son
intention d'accepter le contrat. Cette théorie renferme elle-même deux sous variantes. La
première on l'appelle la théorie de la déclaration : il suffit que le destinataire ait émis son
intention, son acceptation. La deuxième sous variante est appelée système de l'expédition. C'est
lorsque le destinataire se sera dessaisi de son acceptation, par exemple en expédiant sa réponse.
Cette théorie connaît des critiques dans la mesure où elle n'est pas totalement satisfaisante. C'est
pourquoi on a proposé une seconde théorie, c'est la théorie de la réception qui connaît elle-
même deux sous variantes. La première variante c'est la théorie de la réception proprement dite
dans laquelle le contrat est formé en lieu et au moment de l'arrivée de l'acceptation. La deuxième
variante c'est la théorie de l'information en vertu de laquelle le contrat est conclu quand l'offrant
aura eu effectivement connaissance de l'acceptation, c'est-à-dire concrètement quand il aura lu
la lettre. Mais, dans ce cas aussi, il faut convenir que l'on fait dépendre la conclusion du contrat
de la diligence bonne ou mauvaise de l'offrant. C'est ce qui explique certainement la contrariété
de jurisprudence, parce qu'aucune des deux théories n'est totalement satisfaisante. Ainsi, la
jurisprudence a eu à consacrer successivement, sans aucune logique, l'une et l'autre théorie
jusqu'à ce que la Cour de cassation soit saisie de la question et aggrave le problème, parce
qu'elle décide que le problème de la conclusion du contrat dépend de l'appréciation souveraine
des juges du fond. C'est une fuite en avant de la Cour.
Cette solution a son siège dans l'article art 1077 al 1 et 2 qui dispose : « Entre absents, le contrat
se forme comme entre personnes présentes au moment et au lieu de l'acceptation. Cependant,
34
si l'offre est acceptée tacitement, le contrat se forme au moment où l'acceptation tacite est
réputée être intervenue ».
Cette solution n'en est pas une. Au fond cet article 1077 est surtout contestable. Le texte semble
dire que le contrat entre personnes non présentes se fait de la même façon qu'entre personnes
présentes et que le contrat est conclu au lieu et au moment où l'acceptation est intervenue.
Il faut d'abord remarquer que l'assimilation avec les personnes présentes est impossible parce
qu'objectivement les deux contractants sont éloignés l'un de l'autre.
Par définition, cela ne peut pas se passer comme entre personnes présentes. Il s'y ajoute qu'entre
personnes présentes le problème de la détermination du lieu et du moment ne se pose pas parce
que tout se fait en même temps. Chaque partie sait que son contractant a dit Oui de façon
instantanée. L'hésitation n'est pas permise. Mais, si l'on s'en tient à la lettre de l'alinéa 1er, on
peut estimer a priori qu'on a consacré la théorie de la réception si le contrat se forme comme
entre personnes présentes parce que dans ce cas l'offrant sait que l'acceptant a dit Oui. Or, dans
le même temps, l'alinéa 1er dispose que : « Le contrat est formé au moment et au lieu de
l'acceptation ». Si c'est le lieu de l'acceptation qui détermine la formation du contrat, alors c'est
la théorie de l'émission. Il y a par conséquent dans le même alinéa deux solutions
contradictoires. C'est pourquoi cet article n'apporte pas de solution au problème posé. Mais il y
a pire, parce que l'alinéa 2 semble apporter une solution différente, or il dit la même chose.
Finalement, l'existence de texte ne règle pas le problème en Guinée. Nul ne peut affirmer quelle
est la solution retenue par le droit guinéen en matière de contrats par correspondance. On peut
tout au moins se rassurer parce qu'il est possible aux parties de prévoir dans une clause quelle
est la date de formation de leur accord. La détermination de cette date n'étant pas d'ordre public
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3.3 Récapitulons
Le contrat se forme par la rencontre entre l’offre et l’acceptation. Cette rencontre se fait le
plus souvent de manière instantanée. C’est ce que l’on appelle la foudre contractuelle.
Toutefois, nombreux contrats notamment les plus grands sont précédés par une longue
période de négociation. Ils sont souvent précédés par des avant-contrats.
- Connaître le lien entre le contrat et les parties d’une part et entre le premier et les tiers d’autre
part ;
Ces effets se ramènent à un principe fondamental que l'on appelle le principe de la force
obligatoire du contrat. C'est à ce principe que les parties sont soumises sauf exceptions.
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Le principe de la force obligatoire du contrat trouve son siège dans l'article 1091 Code civil
guinéen. En effet, aux termes de ce texte : « Les contrats ne peuvent être modifiés ou révoqués
que du consentement mutuel des parties ou pour les causes que la loi autorise .......». La
formulation de la règle traduit son importance et ce principe signifie que les parties au contrat
régulièrement formé sont tenues d'exécuter leurs engagements jusqu'à leur terme, jusqu'au bout.
Aucune d'elles ne peut modifier, ni rompre le contrat de façon unilatérale au risque de voir sa
responsabilité engagée. Ce que la volonté commune a fait, seule la volonté commune peut le
défaire. Par conséquent, les deux parties sont tenues de respecter toutes les obligations issues
du contrat, sinon elles porteraient atteinte au principe de la force obligatoire du contrat. Non
seulement les parties y sont soumises, mais aussi le juge qui ne peut modifier les termes d'un
contrat régulièrement conclu. Même la loi ne peut venir porter atteinte à la force obligatoire du
contrat. C'est pour dire toute la vigueur et la rigueur qui s'attachent à un tel principe. Il y a lieu
maintenant d'identifier les parties qui sont soumises au principe de la force obligatoire du
contrat. Ces parties appartiennent à diverses catégories.
Il s'agit d'abord des personnes qui ont conclu le contrat en leur nom et pour leur compte. Mais,
il peut aussi s'agir des personnes qui se sont faites représenter, parce que l'acte du représentant
produit effets sur la tête du représenté, donc le représenté est partie au contrat.
Il y a enfin les ayants cause universelle et les ayants cause à titre universel, c'est-à-dire
respectivement ceux qui ont vocation à recueillir la totalité ou une fraction du patrimoine de
leur auteur. A l'égard de ces gens-là, le contrat crée un lien irrévocable. Ils sont tenus de
l'exécuter dès la conclusion du contrat au risque de voir leur responsabilité engagée, à moins
que l'exécution du contrat ait été assortie de certaines modalités pouvant différer, éteindre ou
faire disparaître les obligations issues du contrat. Il s'agit du terme et de la condition.
Toutefois, le principe de la force obligatoire n'a pas une portée absolue, parce qu'il y a des
situations dans lesquelles il y a une tentative de refoulement. D'abord, On sait en effet que dans
les contrats à durée indéterminée chaque partie à un droit de rupture unilatérale qu'elle peut
exercer à bon escient. Par ailleurs, dans les contrats qui sont marqués par la confiance, il est
possible de mettre fin à tout moment au contrat. C'est ce que l'on appelle la révocation ad nutum.
L'article 1109 du Code civil rupture par simple notification. Ensuite, la théorie de l'imprévision,
cas de force majeure et le principe de l'équilibre sont d'autres exceptions.
37
Il y a ici un principe inverse à celui de la force obligatoire du contrat. Ce principe c'est celui de
la relativité du contrat ou des effets relatifs du contrat. Il faut en relever la signification avant
d'étudier les exceptions qui lui sont assorties.
Ce principe trouve son siège dans l'article 1095 qui dispose « Le contrat ne crée d'obligations
qu'entre les parties.
Les tiers ne peuvent ni demander l'exécution du contrat ni se voir contraints de l'exécuter, sous
réserve des dispositions de la présente section et de celles du chapitre I du titre III consacré aux
contrats. Les tiers doivent respecter la situation juridique créée par le contrat. Ils peuvent s'en
prévaloir notamment pour apporter la preuve d'un fait ».
Le principe de la relativité des conventions signifie en premier lieu qu'un tiers ne peut être ni
créancier, ni débiteur en vertu d'un contrat auquel il n'a pas souscrit, en vertu d'un contrat qu'il
n'a pas conclu.
Nul ne peut être créancier par un contrat s'il ne l'a voulu, nul ne peut être débiteur par un contrat
s'il ne l'a voulu. Par conséquent, on ne peut exiger d'un tiers qu'il exécute une obligation
contractuelle. Réciproquement, un tiers ne peut exiger d'une partie l'exécution d'un contrat à
son profit parce que le contrat a un effet relatif vis-à-vis du tiers.
Mais, le contrat est opposable aux tiers et par les tiers. L'opposabilité aux tiers signifie que le
contrat est une situation de fait objective qui s'impose à tous y compris aux tiers. Par voie de
conséquence, un tiers ne peut méconnaître un contrat légalement formé, sous le prétexte qu'il
est tiers, sous peine de voir sa responsabilité engagée parce que le contrat lui est opposable.
Mais, il y a aussi l'opposabilité du contrat par les tiers. Dans ce cas, le tiers va invoquer
l'existence d'un contrat pour bénéficier éventuellement des avantages que procure ledit contrat.
Il reste alors à déterminer qui sont ces tiers qui sont soumis au principe de la relativité des
conventions. Il y a plusieurs catégories de tiers. Parmi ces catégories, il y'en a une seule dont
on a la certitude absolue que le principe de la relativité des conventions leur est applicable sans
restriction de façon pleine et entière. Cette catégorie ce sont les tiers absolus que l'on appelle
Penitus Extranei, c'est-à-dire les personnes qui n'ont aucun lien ni direct, ni indirect avec le
contrat ; les personnes que le contrat laisse totalement indifférent. A l'égard de ces gens-là, le
contrat ne produit aucun effet, le principe de la relativité des conventions joue à temps plein.
38
Mais, il y a des tiers qui sont dans des situations plus nuancées qui peuvent parfois faire douter
ou hésiter. Il y a d'abord les créanciers chirographaires de l'une des parties, c'est -à- dire les
créanciers qui n'ont aucune garantie de leur débiteur, sauf son patrimoine, gage général. Donc,
ces créanciers, pour qu'ils soient payés, il faudrait que le patrimoine de leur débiteur soit
consistant à l'échéance. Or, ce patrimoine peut fluctuer entre temps, des biens peuvent y sortir
d'autres y entrer. Mais, dans l'hypothèse où il y a plus de sorties que d'entrées, le créancier
chirographaire voit ses chances d'être payé se restreindre. C'est pourquoi sont envisagées pour
eux des techniques qui leur permettent de préserver leurs intérêts dans le patrimoine de leur
débiteur, partie contractante.
En d'autres termes, doit-on sous le prétexte qu'ils sont des tiers leur appliquer rigoureusement
le principe de la relativité des conventions au risque de sacrifier leurs intérêts même lorsque le
débiteur, partie au contrat, est négligent ou de mauvaise foi. Le droit n'a pu rester insensible à
leur sort, c'est pourquoi il a prévu deux actions qui permettent aux créanciers chirographaires
de se prémunir contre la négligence ou la fraude de leur débiteur. C'est L'action oblique et
l'action paulienne qui permettent donc à des tiers, créanciers chirographaires de s'impliquer, de
s'immiscer dans un contrat qui leur est étranger.
En matière d'action paulienne, on présume s'il s'agit d'un acte à titre gratuit qu'il y a fraude parce
que nul ne peut faire des libéralités tant que lui-même n'est pas libéré (Nemo liberalis nisi
liberatus). Par contre, s'il s'agit d'un acte à titre onéreux, le créancier doit prouver que le débiteur
a voulu porter atteinte à ses intérêts, qu'il a fraudé.
Donc, le principe de la relativité des conventions est quelque peu assoupli par rapport au
créancier chirographaire. Il y a une dernière catégorie de tiers qui se trouve dans une situation
plus singulière, ce sont les ayants cause à titre particulier, c'est-à-dire les personnes qui ont reçu
un droit ou un bien déterminé de leur auteur. Ces ayants cause à titre particulier sont -ils tenus
par rapport au contrat conclu par leur auteur ? Il faut illustrer cette situation par l'exemple de
l'immeuble loué qui finalement a été acquis par un nouvel acquéreur. Quel est le sort du contrat
de bail conclu précédemment ? Sur ce point particulier il y a une réponse de principe en ce qui
concerne les dettes, les obligations de l'auteur. L'ayant-cause à titre particulier ne peut être tenu
des obligations de son auteur. Mais, qu'en est-il des droits de son auteur ? Est-ce que ces droits
lui sont transmis ? Ici, on estime lorsque ces droits sont l'accessoire du bien transmis l'ayant -
cause à titre particulier les acquiert en même temps que le droit, donc toutes les fois où il y a
un lien étroit entre le bien transmis et le droit envisagé. C'est en quelque sorte l'application de
la règle selon laquelle « L'accessoire suit le principal ». En dehors de ces situations, il peut y
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avoir des situations ponctuelles, des situations légales qui prévoient la transmissibilité des droits
et des obligations. Ainsi, en est-il par exemple en droit du travail en cas de modifications dans
la situation juridique de l'employeur, c'est-à-dire lorsqu'un nouvel employeur succède à un
ancien, lorsqu'un employeur est remplacé par un autre. Dans ce cas, le Code du travail prévoit
que « Les contrats de travail se maintiennent avec le nouvel employeur s'il survient une
modification dans la situation juridique de l'employeur, notamment par vente, succession,
transformation de fonds, mise en société ». Finalement, le principe de la relativité des
conventions s'applique de façon vigoureuse à l'égard des tiers absolus et devient plus souple,
plus flexible, lorsqu'il s'agit des créanciers chirographaires et des ayants cause à titre particulier.
Les articles 1097 et suivants évoquent des hypothèses dans lesquelles le tiers se verra lié par un
contrat. Il y a donc des cas légaux où un tiers peut devenir créancier en vertu d'un contrat qu'il
n'a pas conclu. Il s'agit alors d'une véritable dérogation à l'effet relatif des contrats. Cette
dérogation renvoie à l'hypothèse de la stipulation pour autrui. Par contre, la promesse de porte-
fort est une fausse dérogation
La promesse de porte-fort peut être définie comme une convention par laquelle une personne,
le porte-fort, s'engage auprès de son contractant qu'un tiers ratifiera le contrat conclu.
Cette convention, en aucune façon, ne peut être considérée comme une exception à la relativité
des conventions. En effet, quel que soit le côté par lequel on l'aborde, on ne peut trouver une
exception. Soit, première hypothèse, le tiers pour lequel on s'est porté fort ratifie le contrat, mais
alors il devient partie au contrat et le porte-fort est écarté de l'opération. Soit, et c'est la deuxième
hypothèse, le tiers pour lequel on s'est porté fort refuse de ratifier le contrat, mais alors dans ce
cas seul le porte-fort reste tenu vis-à-vis de son contractant.
Par voie de conséquence, dans aucune des deux situations, il n'y a pas d'atteinte à la relativité
des conventions. Donc, on ne peut présenter la promesse de portefort comme une exception.
C'est parce qu'il s'agit d'un contrat par lequel une personne, que l'on appelle le promettant,
s'engage vis-à-vis d'une autre, que l'on appelle le stipulant, d'exécuter une prestation déterminée
au profit d'un tiers que l'on appelle le tiers bénéficiaire. En vertu de ce contrat, ce tiers
bénéficiaire acquiert un droit direct, une créance contre le promettant. C'est en cela qu'il y a
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véritablement une dérogation à la relativité des conventions, parce qu'un tiers devient créancier
de l'une des parties par la grâce d'un contrat qu'il n'a pas conclu.
La stipulation pour autrui obéit à certaines conditions il est vrai, mais les effets qu'elle
développe confirment que la situation du tiers est exceptionnelle vis-à-vis de la règle de la
relativité des conventions. Quelles sont les conditions de la stipulation pour autrui ? Comme il
s'agit d'un contrat entre le promettant et le stipulant, il faudra respecter toutes les conditions de
validité des contrats : consentement, absence de vices, capacité, objet et cause conformes à
l'ordre public et aux bonnes mœurs. Une fois que ces conditions sont respectées, la stipulation
est valable.
Il n'est pas besoin que le tiers accepte la stipulation faite à son profit. Son droit contre le
promettant naît dès l'instant que l'accord est conclu entre le promettant et le stipulant. Mais, tant
qu'il n'a pas accepté le stipulant peut toujours révoquer la stipulation. Et, une fois qu'il accepte,
son droit devient intangible, irrévocable.
Le tiers bénéficiaire peut être une personne déterminée, mais il peut aussi s'agir d'une personne
non encore née, d'une personne future, d'une personne indéterminée. Ce tiers bénéficiaire
acquiert un droit direct contre le promettant, droit qui n'a jamais appartenu au stipulant, donc
qui échappe aux héritiers et aux créanciers de ce dernier. Il est possible que le tiers bénéficiaire
soit tenu en même temps d'obligations, mais encore faudrait-il que ces obligations n'absorbent
pas les avantages que lui procure la stipulation. Enfin, comme le droit du tiers bénéficiaire est
dérivé du contrat, même s'il s'agit d'un droit direct, le promettant pourra toujours opposer au
tiers les exceptions qu'il pouvait opposer au stipulant.
Aux termes de l’article 1101 du nouveau Code civil, « Les engagements perpétuels sont
prohibés. Chaque contractant peut y mettre fin dans les conditions prévues pour le contrat à
durée indéterminée.
Lorsque le contrat est conclu pour une durée indéterminée, chaque partie peut y mettre fin à
tout moment, sous réserve de respecter le délai de préavis contractuellement prévu ou, à défaut,
un délai raisonnable.
Lorsque le contrat est conclu pour une durée déterminée, chaque partie doit l'exécuter jusqu'à
son terme.
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Nul ne peut exiger le renouvellement du contrat. Le contrat peut être prorogé si les contractants
en manifestent la volonté avant son expiration.
Le contrat à durée déterminée peut être renouvelé par l'effet de la loi ou par l'accord des
parties.
Lorsqu'à l'expiration du terme d'un contrat conclu à durée déterminée, les contractants
continuent d'en exécuter les obligations, il y a tacite reconduction. Celle-ci produit les mêmes
effets que le renouvellement du contrat ».
L’article 1102 du nouveau Code civil dispose qu’ : « Un contractant, le cédant, peut céder sa
qualité de partie au contrat à un tiers, le cessionnaire, avec l'accord de son cocontractant, le
cédé.
Cet accord peut être donné par avance, notamment dans le contrat conclu entre les futurs
cédant et cédé, auquel cas la cession produit effet à l'égard du cédé lorsque le contrat conclu
entre le cédant et le cessionnaire lui est notifié ou lorsqu'il en prend acte.
La cession doit être constatée par écrit, à peine de nullité. Si le cédé y a expressément consenti,
la cession de contrat libère le cédant pour l'avenir.
A défaut, et sauf clause contraire, le cédant est tenu solidairement à l'exécution du contrat.
Le cessionnaire peut opposer au cédé les exceptions inhérentes à la dette, telles que la nullité,
l'exception d'inexécution, la résolution ou la compensation de dettes connexes. Il ne peut lui
opposer les exceptions personnelles au cédant.
Le cédé peut opposer au cessionnaire toutes les exceptions qu'il aurait pu opposer au cédant.
Si le cédant n'est pas libéré par le cédé, les sûretés qui ont pu être consenties subsistent. Dans
le cas contraire, les sûretés consenties par des tiers ne subsistent qu'avec leur accord.
Si le cédant est libéré, ses codébiteurs solidaires restent tenus, déduction faite de sa part dans
la dette ».
42
4.2.5 : L’inexécution du contrat
- Irrésistibilité : obstacle insurmontable, effet non évitable par des mesures appropriées.
- Extériorité : cas fortuit, faits humains ou sociaux, décisions des autorités publiques appelées
fait du prince. La crise cardiaque admise en Droit français.
La force majeure est d’ordre privé. Les parties peuvent donc s’engager sur elle. En tout état de
cause, il y a trois hypothèses : si l’impossibilité d’exécution est temporaire, le contrat sera
suspendu ; si elle est totale, le contrat sera résolu ou si elle est pour l’avenir, ce sera la résiliation
ou la caducité.
Ici, il y a deux principes. D’une part, Res peri dibitori qui signifie que c’est sur le débiteur de
l’obligation inexécutée que pèsent les effets de la force majeure. D’autre part, Res peri domino
pour les contrats portants sur les choses. C’est le propriétaire de la chose qui supporte sa perte.
C’est l’effet du transfert de risque sauf après mise en demeure infructueuse avant le péril.
Selon l’article 1105 du nouveau Code civil, « Une partie peut refuser d'exécuter son obligation,
alors même que celle-ci est exigible, si l'autre n'exécute pas la sienne et si cette inexécution est
suffisamment grave.
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Une partie peut, en outre, suspendre l'exécution de son obligation, dès lors qu'il est manifeste
que son cocontractant ne s'exécutera pas à l'échéance et que les conséquences de cette
inexécution sont suffisamment graves pour elle. Cette suspension doit être notifiée dans les
meilleurs délais ».
La première remarque sur cet article est que l’exception d’inexécution n’est possible que dans
les contrats synallagmatiques. Aussi, elle peut désormais être anticipée. Enfin, sa durée dépend
de la patience de celui qui l’applique et de la résistance de celui de la subit.
Aux termes de l’article 1107 du Code suscité, « Le créancier peut, après mise en demeure,
accepter une exécution imparfaite du contrat et solliciter une réduction proportionnelle du prix.
S'il n'a pas encore payé, le créancier notifie sa décision de réduire le prix dans les meilleurs
délais ».
L’article 1106 du Code précité dispose que : « Le créancier d'une obligation peut, après mise
en demeure, en poursuivre l'exécution en nature, sauf si cette exécution est impossible ou s'il
existe une disproportion manifeste entre son coût pour le débiteur et son intérêt pour le
créancier.
Après mise en demeure, le créancier peut aussi, dans un délai et à un coût raisonnable, faire
exécuter lui-même l'obligation ou, sur autorisation préalable du juge, détruire ce qui a été fait
en violation de celle-ci. Il peut demander au débiteur le remboursement des sommes engagées
à cette fin.
Il peut aussi demander en justice que le débiteur avance les sommes nécessaires à cette
exécution ou à cette destruction ».
L’article 989 du Code civil actuel énonce que : « La clause pénale est la compensation des
dommages et intérêts que le créancier souffre de l'inexécution de l'obligation principale. Il ne
peut demander en même temps le principal et la peine, à moins qu'elle n'ait été stipulée pour le
simple retard ».
44
Selon l’article 1108, al 1e du Code civil, « La résolution résulte soit de l'application d'une clause
résolutoire soit, en cas d'inexécution suffisamment grave, d'une notification du créancier au
débiteur ou d'une décision de justice ».
Par ailleurs, il peut y avoir une obligation de résultat atténuée ou celle de moyen renforcé selon
les circonstances.
La faute contractuelle peut avoir différentes gravités. Elle peut être volontaire (intentionnelle,
inexcusable, dolosive). Elle peut aussi être lourde (non volontaire mais grave, c’est inaptitude).
Elle peut également être simple (droit commun). Enfin, il y a la faute légère (peu grave souvent
exonératoire en matière de bienfaisance.
Il convient de rappeler que l’inexécution ou le fait générateur peut être soit l’œuvre du
contractant lui-même, soit du fait des choses ou soit du fait d’une autre personne.
Le préjudice subi par la victime de l’inexécution doit avoir certains caractères à savoir être
direct, légitime et surtout certains. Le caractère certain ne s’oppose pas à la réparation d’une
perte de chance ou à la réparation d’un préjudice futur.
4.2.5.1.3.1.3. La causalité
La causalité est établie à travers les théories de proximité, de l’équivalence des conditions et la
causalité adéquate.
45
4.2.5.1.3.2. Les effets ou la réparation du préjudice contractuel
D’une part, en droit guinéen, l’article 1131 pose la réparation par équivalence comme la forme
légale pour le dédommagement. Celle en nature est une exception.
D’autre part, le dommage réparable est celui qui a été prévu par le contrat ou qui pouvait être
prévu (principe de prévibilité) conformément à l’alinéa 4 de l’article 1111 suscité.
4.3 Récapitulons
Entre les parties le contrat doit être exécuté. Dans le cas contraire, on peut procéder à son
exécution forcée et ou engager la responsabilité contractuelle de la partie défaillante. C’est
ce que l’on a appelé l’effet obligatoire à l’égard des parties.
Quant aux tiers, ils ne doivent être ni débiteurs ni créanciers dans les contrats qui leur sont
étrangers.
Ces deux principes fondateurs admettent des exceptions.
Il faut retenir que nonobstant l’interdiction des contrats perpétuels, le contrat peut perdurer
dans le temps en circulant d’un patrimoine à un autre par le biais de la cession.
46
SEQUENCE II : LES FAITS JURIDIQUES
Il y a la gestion d'affaires quand une personne (gérant) accomplit un acte dans l'intérêt d'une
autre (le géré), sans avoir reçu mandat.
- existence d'un acte de gestion : ce peut être un matériel comme payer la dette pour éviter
saisie, commander les réparations...
- caractères de l'acte de gestion : Utile ; Sans opposition du géré ; Spontané c'est-à-dire sans
obligation préexistante ; Désintéressé.
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Le solvens doit prouver que son paiement n'était pas dû ; la dette ne doit pas être née d'un contrat
immoral.
Le solvens peut exercer l'action. L'accipiens de bonne foi peut demander la restitution des frais
de conservation et les fruits.
5.3. Récapitulons
La gestion d’affaires, le paiement de l’indu et l’enrichissement sans cause sont des sources
involontaires de l’obligation.
Ils sont désignés sous l’expression « quasi-contrat », car ils sont à quelques exceptions près
des contrats.
48
6.2 Contenu des apprentissages
La responsabilité civile c'est l'obligation de réparation mise à la charge d'une personne pour un
dommage subi par autrui.
Dans un premier temps, on a estimé que si l'on était responsable c'est parce qu'on a commis une
faute qui a causé un dommage à autrui. Le fondement classique de la responsabilité c'est donc
la faute. Et, pour qu'une personne soit déclarée responsable, il faut prouver sa faute. Il s'agit là
d'un fondement simple, facile à mettre à l'œuvre, mais qui était rapidement dépassé devant la
multiplication des accidents anonymes dans lesquels il était difficile de prouver une quelconque
faute avec comme inconvénient majeur que les victimes risquaient d'être sans indemnisation.
C'est certainement ce qui explique la remise en cause de la faute comme fondement de la
responsabilité civile, parce qu'un tel fondement laissait sans réparation beaucoup de victimes
avec l'essor de l'industrialisation.
C'est dans ce contexte que JOSSERAND et SALEILLES ont écrit sur la théorie du risque. Pour
ces auteurs, le recours à la faute comme fondement de la responsabilité civile est inutile et
inadapté et opère une confusion avec la morale. Pour eux, ce qui explique qu'une personne soit
déclarée responsable, c'est le risque duquel dérive le dommage. Soit on est responsable parce
qu'on exerce une activité dangereuse : c'est le risque créé. Soit on est responsable parce qu'on
tire profit d'une certaine activité : c'est le risque profit. La théorie du risque a donc deux termes,
c'est soit le risque créé, soit le risque profit. Mais, en tout état de cause, on a plus besoin de
rechercher la faute pour engager la responsabilité d'une personne. Il suffit plus simplement de
constater que cette personne exerce une activité qui est dangereuse ou dont elle tire profit. La
responsabilité est alors quasi-automatique, il faut par conséquent jeté par-dessus bord la faute
qui ne présente aucune utilité pour expliquer pourquoi on est responsable.
49
La théorie du risque bien qu'excessive a influencé dans une certaine mesure le droit positif,
notamment en matière de sécurité sociale avec la législation sur les accidents du travail. Il y a
eu par la suite l'émergence de la théorie de la garantie dont l'initiateur est Boris STARCK. Cet
auteur procède par une inversion dans la démarche. Pour lui, en effet, il faut partir de la victime
et non de l'auteur du dommage. Il n'y a pas à rechercher si l'auteur du dommage a commis une
faute ou s'il exerçait une quelconque activité. L'auteur part d'un postulat simple qui consiste à
affirmer que toute personne a droit à la sécurité de son intégrité physique. Et dès l'instant qu'il
y ait porté atteinte, il a droit à être garantie et c'est cette garantie qui explique que son dommage
doit être réparé sans qu'il soit besoin de rechercher les causes de cette atteinte.
Mais, pour le surplus, c'est-à-dire pour les dommages autres que ceux qui portent atteintes à
l'intégrité physique, il est toujours possible de recourir à la faute pour expliquer pourquoi on est
responsable.
La théorie de Boris STARCK a elle aussi influencé certains droits droit positifs comme français,
notamment la loi BADINTER de 1985 portant sur l'amélioration de la situation des victimes
d'accident de la circulation. Cette loi, en effet, octroie une indemnisation quasi-automatique aux
victimes d'accident de la circulation sans faire appel à la théorie du risque ni à la faute.
Finalement, il y a lieu de convenir que le fondement de la responsabilité civile est pluriel et que
malgré les attaques dont elle a été l'objet, la faute continue d'expliquer plusieurs régimes de
responsabilité civile, même si d'autres systèmes peuvent être justifiés par la théorie de la
garantie et celle du risque.
Dans ce présent thème, il sera question des conditions de la responsabilité civile délictuelle et
des conséquences des deux premiers aspects, c'est-à-dire les effets de la responsabilité civile.
Il s'agit ici d'étudier le support matériel de la responsabilité civile, le fait qui est à l'origine, le
fait qui a généré cette responsabilité civile. Ce fait est une variable parce qu'il varie d'un régime
à un autre, et on distingue trois régimes de responsabilité civile. Soit on est responsable parce
que par son fait personnel on a causé à autrui un dommage : c'est la responsabilité du fait
personnel. Soit on est responsable parce qu'une personne dont on répond a causé à autrui un
dommage : c'est la responsabilité du fait d'autrui. Soit enfin, on est responsable parce qu'une
50
chose dont on a la garde ou la maîtrise a causé à autrui un dommage : c'est alors la responsabilité
du fait des choses.
Ici on est responsable parce que personnellement on a commis une faute qui a causé à autrui un
dommage. C'est le droit commun de la responsabilité civile qui a pour siège l'article 1122 du
Code civil : « Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui
par la faute duquel il est arrivé, à le réparer. Chacun est responsable du dommage qu'il a causé
non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou par son imprudence ». Par
conséquent, dans ce régime de responsabilité, il faut prouver la faute de l'auteur pour pouvoir
prétendre à réparation. D'où la nécessité de savoir ce que c'est qu'une faute (paragraphe 1).
Qu'est-ce que l'auteur du dommage peut utiliser comme moyens de défense, soit pour échapper
à la responsabilité, soit pour en limiter les effets (paragraphe 2).
Le Droit guinéen ne définit pas la faute. Selon PORTALIS, « La faute est un manquement à
une obligation préexistante ». L'on convient pour dire que dans la faute à deux éléments. Il y a
en premier lieu un élément matériel (1) et en second lieu un élément moral ou psychologique
(2).
Il y a une difficulté qui peut se poser, c'est lorsque l'obligation violée n'était prévue nulle part,
par aucun texte. Alors, comment peut-on savoir qu'on est en faute ? C'est par exemple
l'hypothèse de la personne qui lit son journal et traverse l'autoroute, ce n'est interdit nulle part
et pourtant elle est en faute. Pourquoi ? Parce que le droit utilise un modèle standard, c'est le
bon père de famille, c'est-à-dire l'homme prudent, diligent et avisé. Alors, on va se poser la
question de savoir si un tel homme se serait conduit de la sorte. Comme la réponse est
nécessairement négative, celui qui traverse l'autoroute en lisant son journal est nécessairement
51
en faute, parce qu'on va apprécier son comportement de façon abstraite par référence à un
modèle : c'est ce que l'on appelle l'appréciation in abstracto. Pendant longtemps, l'élément
matériel de la faute était à lui tout seul insuffisant pour caractériser la faute. En effet, fallait-il
encore y ajouter l'élément moral, l'élément psychologique.
La question était de savoir si une personne pouvait commettre une faute sans savoir ce qu'elle
faisait, sans qu'on ne puisse lui imputer l'acte répréhensible ? La réponse était négative, elle
était en harmonie avec la conscience commune et le législateur avait consacré une telle option
en disposant : « Il n'y a pas de faute si l'auteur du dommage était par son état naturel dans
l'impossibilité d'apprécier son acte ». Par conséquent, comme il y a des gens qui peuvent faire
mal sans le savoir, ce sont les déments et les infantes, c'est-à-dire les enfants en bas âge, il faut
convenir que ces gens-là on ne peut engager leur responsabilité, parce qu'ils ne peuvent
commettre de faute au sens classique du terme, parce qu'ils sont dans l'impossibilité d'apprécier
leurs actes. L'effet pervers, c'est que les victimes des déments et des enfants en bas âge
n'obtiendront pas réparation. Pourtant, pendant longtemps telle a été la solution et elle était
conforme à la conception classique de la faute. Mais, sur ce point, il y a eu une évolution aussi
bien en droit guinéen qu'en droit français. Evolution qui a abouti à objectiver la faute en ce sens
que désormais l'élément moral n'est plus une exigence pour caractériser la faute. En d'autres
termes, peu importe que l'auteur du dommage ait été conscient de ce qu'il faisait, il suffit qu'il
ait causé objectivement un acte illicite pour que sa responsabilité soit engagée. Il s'agit là d'une
véritable révolution mais qui a profondément dénaturé la conception que l'on se faisait de la
faute comme acte répréhensible dont on peut se reprocher. L'histoire de cette révolution en droit
français peut être résumée en deux étapes. La première est d'origine législative, c'est
l'introduction dans le Code Civil d'une disposition aux termes de laquelle : « L'incapable majeur
pouvait être déclaré responsable » art. 489-2 du Code Civil. La seconde étape, ce sont des arrêts
rendus par la Cour de Cassation à propos des enfants en bas âge : Assemblée plénière 09 mai
1984 dans lesquels on peut relever : « Il n’y a pas lieu de vérifier si un mineur est capable de
discerner les conséquences de ses actes pour décider que victime d'un accident, son
comportement fautif justifiait la réduction de l'indemnité due sur le fondement de la
responsabilité pour faute ». Il faut en conclusion relever aujourd'hui que la faute est fortement
amputée de son élément moral, l'imputabilité qui n'est plus une exigence pour sa caractérisation.
On peut craindre que la notion ne soit quelque peu dénaturée par souci d'opportunité : la
sauvegarde des intérêts de la victime.
52
6.2.1.1.1.2 Les moyens de défense
Il est rare que l'on accepte une responsabilité imputée. Généralement, la personne désignée
responsable cherche à y échapper ou à atténuer les effets de cette responsabilité. Elle peut s'y
prendre de diverses manières, soit elle peut se « couvrir » en évoquant ce que l'on appelle des
faits justificatifs, soit elle tente d'impliquer la victime dans la réalisation de son dommage à
travers son attitude, soit enfin elle prétend qu'il y a eu une cause étrangère qui a entraîné le
dommage.
Ici, on suppose qu'un dommage a été subi, celui qui en était l'auteur ne le conteste pas, mais il
essaie de le justifier. Or, s'il le justifie, il ne peut être déclaré responsable, parce qu'il bénéficie
d'une couverture légale qui légitime en quelque sorte son comportement. Cette couverture
légale se présente sous l'appellation de faits justificatifs, notion empruntée au droit pénal. On
en trouve généralement trois : la légitime défense, l'état de nécessité, l'ordre de la loi et le
commandement de l'autorité légitime.
C'est le seul fait justificatif légalement prévu dans le Code civil à travers l'article 1130 qui
dispose qu’ : « Il n'y a pas de responsabilité si le fait dommageable a été commis de façon
raisonnable pour la légitime défense de soi-même ou d'autrui ou pour la garantie de biens que
l'auteur détient légitimement ». Il résulte de ce texte que si l'on réagit à une agression injuste et
qu'on cause à autrui, l'agresseur, un dommage, on est couvert. On ne peut voir sa responsabilité
engagée, parce que le dommage est la conséquence d'une défense légitime. Il faut, nuance la
loi, que la défense soit raisonnable, ce qui renvoie à l'idée de proportionnalité entre l'agression
et la riposte. C'est ce contrôle de proportionnalité qui va permettre de décider si la défense était
ou non légitime. En cas de réponse positive, l'auteur du dommage ne peut être responsable.
C'est une création prétorienne qui de plus en plus aujourd'hui est difficilement admise. C'est
l'hypothèse où une personne afin d'éviter un dommage est obligé d'en commettre un moins
grave. La personne se trouvait en état de nécessité. L'acte dommageable était nécessaire par
rapport au dommage qu'elle aurait subi si elle ne l'avait pas fait. Une dame entre dans un
supermarché et prend une bouteille de lait sans payer pour son enfant resté 48 heures sans lait.
53
Le juge MAGNAUD décide qu'elle a raison : la vie d'un enfant vaut plus qu'une bouteille de
lait.
L'ordre de la loi et le commandement de l'autorité légitime sur lequel on peut émettre beaucoup
de réserves parce qu'il s'agit d'une situation permissive susceptible de générer des abus de la
part de ceux qui l'invoquent (théorie des baïonnettes intelligentes en Allemagne : le policier
vérifie d'abord avant d'exécuter).
Généralement, la personne déclarée responsable cherche en à imputer une part à la victime elle-
même qui aurait contribué à la réalisation de son préjudice. Ce peut être soit parce que la victime
a consenti au dommage, soit parce qu'elle a accepté de subir les risques, soit parce qu'elle a
commis une faute.
Lorsque la victime consent à la réalisation de son dommage, elle n'a qu'à s'en prendre à elle-
même du moins s'il s'agit d'un dommage matériel. Par contre, la victime ne peut pas consentir
à une atteinte à son intégrité physique, un tel consentement n'est pas valable parce que le corps
humain est hors du commerce juridique. Par voie de suite, le consentement exprimé par la
victime n'a aucune incidence sur la responsabilité de l'auteur du dommage qui sera condamné.
Ce sont des circonstances dans lesquelles la participation de la victime peut faire présumer
qu'elle a accepté les risques de subir un dommage, donc elle ne pourra pas se plaindre. C'est le
cas notamment dans certains sports : le rugby, le catch ou la boxe et même le rallye automobile,
mais sous réserve que les règles du jeu soient respectées. C'est la théorie de l'acceptation des
risques que la jurisprudence apprécie restrictivement.
Il peut arriver que la victime elle-même ait commis une faute qui a concouru avec la faute du
responsable à la réalisation de son dommage. Dans ce cas, il va y avoir un partage de
responsabilité en tenant compte de la gravité respective de chaque faute, à moins que la faute
de la victime à elle seule n'absorbe la faute de l'auteur et soit considérée comme la cause
exclusive du dommage.
54
6.2.1.1.1.2.3 L'existence d'une cause étrangère
En plus de la faute de l'auteur du dommage, le préjudice peut être la résultante d'une cause
étrangère, notamment en cas de force majeure, c'est-à-dire un événement imprévisible,
irrésistible et insurmontable. Dans ce cas, l'auteur du dommage est exonéré parce que la force
majeure est exclusive, est libératoire. Mais, il peut aussi s'agir d'un fait d'un tiers. Dans ce cas,
on retrouve le même schéma que pour le partage de responsabilité, à moins que les faits du tiers
ne présentent les caractères de la force majeure. Dans ce cas aussi, l'auteur du dommage est
exonéré. En conclusion, la responsabilité du fait personnel repose sur la faute qui doit être
prouvée. Cette preuve incombe à la victime, à défaut la responsabilité ne peut être engagée.
Enfin, l'auteur du dommage peut toujours essayer de ne pas subir la responsabilité qu'on tente
de lui imputer en invoquant divers moyens de défense.
Il s'agit d'une responsabilité singulière parce qu'ici une personne va être déclarée responsable
pour des agissements commis par autrui, alors que le principe c'est la responsabilité individuelle
et personnelle. Il faut donc convenir que la responsabilité du fait d'autrui est une responsabilité
d'exception. Donc, en principe, l'interprétation qui la concerne doit être faite de façon
restrictive. Mais l'on tend aujourd'hui à instaurer un principe général de responsabilité du fait
d'autrui à côté des responsabilités de fait d'autrui expressément réglementées dans le Code civil
avec l'art 1139 qui dit énonce qu’ : « On est responsable non seulement du dommage qu'on
cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on
doit répondre ». La question est alors de savoir qu'elles sont ces personnes dont on doit répondre
et qui peuvent entraîner pour autrui une certaine responsabilité. Il y a :
La responsabilité du fait des choses a une histoire. C'est elle qui a servi de prétexte à la théorie
du risque de SALEILLES et JOSSERAND afin de pouvoir réparer les dommages causés par
55
des accidents anonymes pour lesquels il n'était pas possible de prouver la faute. On comprend
dans ces conditions que la responsabilité du fait des choses ait connu un développement
prodigieux jusqu'à vouloir absorber les autres régimes de responsabilité civile. C'était d'abord
parce qu'il s'agissait d'un régime de responsabilité facilitant la réparation des dommages subis
par les victimes sans que celles-ci aient besoin de prouver une faute. En second lieu, il s'agissait
d'une responsabilité énergique qui ne pouvait être écartée que par une cause étrangère.
En France, cette responsabilité s'est maintenue aujourd'hui mais elle a quelque peu perdu de
son aura, de son importance, parce qu'il existe depuis quelques années un régime spécial de
responsabilité du fait des choses, plus exactement un régime d'indemnisation des dommages
causés par des accidents de circulation, par les véhicules terrestres à moteur. En France, c'est la
loi de 1985 appelée loi BADINTER qui tend à améliorer la situation des victimes d'accidents
de la circulation.
Ce principe général est consacré par l'article 1135 qui dispose que : « Toute chose, quelle que
soit sa nature, peut engager la responsabilité de son gardien ».
D'autres articles précisent son régime juridique. La responsabilité du fait des choses est une
responsabilité de plein droit, elle ne peut être écartée que par la survenance d'un cas fortuit ou
d'une force majeure ou encore d'une cause étrangère. C'est une responsabilité qui s'applique de
façon automatique, une responsabilité de plein droit. On dit encore présomption de
responsabilité pour marquer la différence avec la présomption de faute. En effet, ici la personne
qui va être déclarée responsable ne peut y échapper en prouvant qu'elle n'a commis aucune
faute. Seuls les cas fortuits ou la cause étrangère constituent pour elle un moyen d'exonération.
Mais alors qui va être déclaré responsable pour un régime si lourd, si pesant ?
Selon le Code civil, c'est le gardien de la chose. Il reste alors la question de savoir qui est gardien
? le gardien c'est celui qui a sur la chose un pouvoir d'usage, de contrôle et de direction. Mais,
la garde peut être transférée à autrui comme elle peut être éclatée.
En principe, c'est le propriétaire de la chose qui en est gardien ou maître parce que c'est lui qui
exerce sur la chose ces trois prérogatives d'usage, de contrôle et de direction. Mais, il s'agit
d'une présomption simple parce que cette maîtrise peut faire l'objet d'un transfert volontaire ou
involontaire.
56
La garde peut être transférée par suite d'un contrat, c'est l'exemple de la location d'un véhicule.
Dans ce cas, c'est le locataire qui va devenir gardien.
Mais la garde peut aussi être transférée de façon involontaire à la suite d'une perte, d'un vol,
parce que dans ce cas le propriétaire est privé de l'usage, du contrôle et de la direction de la
chose.
Il y a tout juste à préciser que le préposé ne peut être gardien de la chose appartenant au
commettant parce que dit-on que la qualité de gardien et celle de préposé sont incompatibles.
Par ailleurs, la garde peut être éclatée. On distingue alors entre la garde du comportement et la
garde de la structure. Et, selon les circonstances, c'est le gardien du comportement ou le gardien
de la structure qui va être déclaré responsable. Une telle distinction n'est envisageable que pour
les choses ayant un dynamisme propre, qui peuvent fonctionner de façon autonome tels que la
bouteille de gaz, le poste de télévision ou encore le réfrigérateur. Lorsque le dommage est la
conséquence d'une mauvaise utilisation on va imputer cette responsabilité à celui qui utilisait la
chose en tant que gardien du comportement. En revanche, lorsque le dommage est consécutif à
un vice de fabrication, sera déclaré gardien de la structure le fabricant, c'est lui qui va êt re
responsable.
Il arrive parfois, à titre exceptionnel, qu'il y ait une garde collective, c'est-à-dire que plusieurs
personnes soient déclarées gardiennes d'une même chose en même temps, notamment lorsque
le dommage provient du fait d'une personne indéterminée mais appartenant à un groupe
déterminé.
Par ailleurs, la responsabilité du fait des choses concerne toutes choses, objets inanimés ou non
ayant été à l'origine d'un dommage. Qu'il s'agisse de choses inertes ou mobiles, de choses
dangereuses ou pas. Et, il n'est pas nécessaire qu'il y ait un contact direct entre la chose et la
victime. Il suffit que sans la chose, le dommage ne se sera produit. Exemple : lorsqu'une voiture
klaxonne et fait peur à un piéton qui tombe...
La responsabilité du fait des choses est une responsabilité qui milite en faveur de la victime qui
est quasiment assurée d'obtenir réparation, sauf cas de force majeure ou de cause étrangère qui
peut être le fait d'un tiers, ce peut être aussi la faute de la victime elle-même.
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- Le fait du bâtiment en ruine ;
- Le préjudice écologique.
Le dommage est aussi appelé préjudice. Il consiste en une atteinte à la personne ou à ses biens.
Il se présente sous une forme diversifiée, donc il y a plusieurs catégories de dommages. Et il
doit revêtir certains caractères pour être réparable.
Théoriquement il y en a trois.
6.2.1.2.3.1 Le dommage être direct : c'est-à-dire qu'il doit être la conséquence du fait
générateur, ce qui renvoie aux rapports de causalité.
6.2.1.2.3.2 Le dommage doit être certain : ce qui ne pose pas de difficulté lorsqu'il est actuel,
notamment parce qu'il est déjà réalisé. Par contre, le dommage futur n'est pas en principe
réparable, à moins qu'il ne s'agisse de la conséquence de l'état normal des choses. Mais, en
réalité, on se contente d'une simple probabilité de réalisation du dommage parce qu'il est
difficile d'avoir une certitude absolue. C'est ce qui explique certainement qu'on puisse réparer
ce que l'on appelle la perte d'une chance, notamment celle de réussir à son examen pour avoir
été victime d'un accident de circulation la veille. Or, dans ce cas, il n'est pas certain que
l'étudiant aurait réussi s'il avait passé l'examen. Pour pouvoir réparer un tel préjudice, le juge
58
va être obligé de se référer à un calcul de probabilité tenant compte des prestations de l'étudiant
au cours de cette année.
6.2.1.2.3.3 Le dommage doit être légitime : Il doit porter atteinte à un intérêt légitime
juridiquement protégé.
En droit français, jusqu'en 1970, il fallait ce caractère. C'était l'époque où la Cour de Cassation
rejetait de façon systématique l'action en responsabilité intentée par la concubine à la suite du
décès accidentel de son compagnon aux motifs que la concubine ne pouvait pas se prévaloir
d'un intérêt légitime juridiquement protégé. Parce que le concubinage était non seulement une
situation de fait, mais il était aussi contraire aux bonnes mœurs de l'époque.
Mais en Guinée, l'article 1125, in fine du Code civil dispose que : « Dans tous les cas, le
dommage matériel ou moral est générateur de responsabilité s'il porte atteinte à un droit ». Or,
en Guinée, personne ne peut affirmer que le concubinage est un droit. Par conséquent, toute
action en réparation qui serait introduite sur ce fondement a peu de chances de prospérer.
Pour qu'une personne soit déclarée responsable, il faut que le dommage soit la conséquence
directe du fait générateur de responsabilité. On dit qu'il faut un lien de cause à effet entre le
dommage et le fait générateur : c'est la relation causale. Cette causalité, elle doit être prouvée.
Mais, il peut y avoir quelques difficultés lorsque plusieurs circonstances ont concouru à la
réalisation du dommage pour déterminer laquelle de ces circonstances doit être retenue comme
cause du dommage. C'est l'hypothèse de la pluralité de causes.
Il faut prendre un exemple pour illustrer et mieux apprécier ainsi la délicatesse du lien de
causalité lorsque plusieurs événements se sont succédés avant la réalisation du dommage final.
C'est l'exemple d'un piéton qui est bousculé par son compagnon sur l'autoroute, renversé par un
cycliste avant de décéder à la suite du choc d'un véhicule.
59
Qui est responsable de quoi et qu'peut-être qu'il faut retenir comme cause du dommage ?
A cet égard, trois théories ont été posées, mais aucune à elles seules ne peut se justifier de façon
satisfaisante. Il s'agit respectivement de la théorie de la proximité de la cause, de celle de
l'équivalence des conditions et enfin de la théorie de la causalité adéquate.
6.2.1.3.1.3 La théorie de la causalité adéquate : Théorie qui essaie d'opérer un tri pour ne
retenir parmi les diverses circonstances que celles qui auraient selon le cours normal des choses
entraîné le dommage.
En réalité, il faut reconnaître que l'identification de la cause peut s'avérer bien délicate dans ce
genre de situation, et que le dernier mot appartient au juge qui va peser en quelque sorte le degré
d'implication de chaque événement, et éventuellement imputer une part de responsabilité à
chaque auteur selon le degré de sa participation dans la réalisation du dommage. Cette situation
de la pluralité de causes doit être différenciée du dommage causé simultanément par deux
personnes qui commettent ensemble un dommage. Dans ce cas, elles vont être déclarées
responsables in solidum, c'est-à-dire que le juge va permettre à la victime de poursuivre
n'importe lequel de ses co-auteurs pour la totalité, quitte pour celui qui aurait payé à se retourner
C’est donc l'application du droit commun de la charge de la preuve. Mais, il peut arriver que le
lien de causalité soit parfois présumé, c'est notamment le cas dans le régime de la responsabilité
du fait des choses ou encore lorsque le dommage est le fait d'une personne indéterminée mais
faisant partie d'un groupe déterminé.
60
Enfin, le juge, très souvent, va se fonder sur des indices pour rattacher le dommage à tel ou tel
autre fait.
Lorsqu'une personne est déclarée responsable, que ce soit sur le fondement de la responsabilité
du fait personnel, ou qu'il s'agisse de la responsabilité du fait d'autrui ou encore de la
responsabilité du fait des choses, elle va être tenue de réparer le d ommage subi par la victime.
Il y a lieu par voie de conséquence de s'intéresser à la mise en œuvre de cette action de
responsabilité civile avant de s'interroger sur l'étendue de la réparation.
Il y a deux aspects : c'est d'une part les parties à l'action, c'est d'autre part l'effectivité de l'action
en réparation.
Cette effectivité suppose que l'action soit exercée devant une juridiction civile parce qu'il s'agit
d'une action en responsabilité civile dont la finalité est de réparer le préjudice subi par la
victime. Mais, il peut arriver que l'action soit exercée devant la juridiction répressive parce que
l'acte dommageable est en même temps constitutif d'une infraction pénale. La victime peut par
voie principale agir en responsabilité civile en se constituant partie civile, ce qui a pour effet de
déclencher en même temps l'action publique. Mais, la victime peut aussi intervenir à l'instance
pénale après le déclenchement de l'action publique. Lorsque la responsabilité est reconnue au
61
plan pénal, elle le sera aussi nécessairement au plan civil en vertu de la règle selon laquelle « Il
y a une identité entre la faute pénale et la faute civile ».
En revanche, lorsque la juridiction répressive décide qu'il n'y a pas infraction, la victime ne
pourra demander réparation de son préjudice qu'en se fondant sur un moyen différent de la faute
telle que la responsabilité du fait des choses. La reconnaissance de la responsabilité civile a
pour effet d'opérer la condamnation à des dommages intérêts de la personne déclarée
responsable. Il restera alors à préciser l'étendue de cette réparation.
Il y a à cet égard un principe, c'est celui de la réparation intégrale. Mais, il arrive que ce principe
de la réparation intégrale subisse quelques influences dues à l'existence de clauses relatives à la
responsabilité civile.
Les dommages et intérêts qui tendent à effacer le dommage sont appelés dommages et intérêts
compensatoires.
Les clauses qui limitent la responsabilité sont appelées clauses limitatives de responsabilité
civile. Celles qui écartent totalement la responsabilité sont appelées clauses élusives de
62
responsabilité ou clauses d'irresponsabilité. De telles clauses sont en principe nulles surtout en
matière de responsabilité délictuelle parce que les règles y sont d'ordre public.
6.3. Récapitulons
La responsabilité civile délictuelle est le fait de répondre de ses actes en réparant les
préjudices causés à une autre personne.
Les conditions de la responsabilité civile extracontractuelle sont : un fait générateur, un
dommage réparable, un lien de cause à effet.
On peut responsable de son propre fait, du fait d’une chose ou d’une autre personne selon la
loi.
Les effets de cette responsabilité consistent à réparer tout le dommage, rien que le dommage.
63
DROIT DES OBLIGATIONS II : LE REGIME GENERAL DE L’OBLIGATION OU
LES EFFETS DES OBLIGATIONS
Le régime général des obligations est défini comme l’ensemble des règles applicables à toutes
les obligations indépendamment de leurs sources.
Ce droit commun des obligations est prévu par le titre IV du livre IV du nouveau Code civil
intitulé « des effets des obligations ».
L’article 1180 du nouveau Code civil énonce que : « Les obligations s'éteignent par : - le
paiement, - la novation, - la remise volontaire, - la compensation, - la confusion, - la perte de
la chose, - la nullité ou la rescision, - l'effet de la condition résolutoire prévue à l'article 946
du présent code, - la prescription ». Il est à retenir qu’au vrai sens, l’expression « extinction de
l’obligation » n’englobe pas la nullité et la résolution. Aussi, l’article devait citer le terme
extinctif, la délégation parfaite et les déchéances légales.
L’effet normal d’une obligation c’est d’être exécutée et c’est le mode normal d’extinction de
l’obligation. Cette extinction peut en effet se faire avec satisfaction du créancier, mais elle peut
aussi se faire sans qu’il y ait sa satisfaction.
7.2.1.1 : Du paiement en général ou le droit commun du paiement ( art. 1181 à 1202 C.civ.)
Il faut d’entrée préciser que par définition, payer en droit c’est exécuter une obligation quelle
qu’elle soit. Ce n’est pas seulement verser une somme d’argent. Le menuisier qui livre une
armoire commandée paie, comme le locataire qui verse un loyer paie. Exécuter une obligation,
c’est cela payer en droit.
64
Maintenant, il y a plusieurs points à savoir sur un paiement en Droit guinéen.
Ce sont :
- D’abord, les parties au paiement : celui qui paie est appelé le solvens, c’est le débiteur ou ses
ayants droit ou ses représentants. Celui qui reçoit le paiement est appelé l’accipiens, c’est le
créancier ou ses héritiers ou représentants ;
- Également, il y a lieu du paiement : En principe, la dette est quérable, elle n’est pas portable,
c’est-à-dire qu’il appartient au créancier d’aller réclamer, d’aller quérir sa dette au domicile du
débiteur. Mais, il s’agit d’une règle supplétive que la volonté des parties peut écarter.
- En outre, Il y a l’objet du paiement : c’est-à-dire ce qu’il faut payer. Le débiteur doit payer
exactement ce qui a été convenu et pas autre chose. C’est ce que l’on appelle la règle de
l’identité entre l’objet du paiement et l’objet de l’obligation.
- Il y a d’abord ce que l’on appelle le principe du nominalisme monétaire. Cela signifie qu’en
droit la monnaie est statique, elle vaut toujours sa valeur nominale. Peu importe les fluctuations
qu’elle peut subir : 100 gnf vaudront toujours 100 gf aussi lointaine que puisse être la date du
paiement. Par conséquent, le droit ignore les variations monétaires avec le principe du
nominalisme. Ce qui peut susciter de sérieuses difficultés surtout pour les parties engagées dans
des contrats de longue durée. La rigueur du nominalisme monétaire incite les parties à insérer
dans leur contrat certaines clauses leur permettant de pouvoir renégocier les termes du contrat
ou réadapter le contrat en cas de variation monétaire. Ce sont notamment les clauses
d’indexation ou d’échelle mobile ou encore les clauses de révision ou d’adaptation.
- Il y a ensuite que le paiement doit se faire en monnaie ayant cours légal, c’est-à-dire en Guinée,
en GNF. Toutefois, il faut souligner que dans les relations internationales, il est permis aux
parties d’insérer des clauses valeur or ou monnaie étrangère qui leur permettent d’écarter la
monnaie nationale.
- Enfin, il existe un ordre public monétaire contrôlé par l’Etat qui veille à la circulation de la
monnaie et la règlementation des changes.
En conclusion, le droit monétaire fait l’objet d’un contrôle rigoureux parce que la monnaie
relève des aspects de la souveraineté d’un Etat.
Il y a des hypothèses dans lesquelles le créancier ne reçoit pas exactement ce qui lui est dû et
pourtant le débiteur est libéré. On dit alors qu’il est partiellement satisfait. Cela se voit dans la
dation en paiement et la compensation.
On parle de dation en paiement lorsque le débiteur, pour se libérer, remet au créancier qui
l’accepte autre chose que ce qui était convenu. Le débiteur doit par exemple 1.000.000 francs,
il remet à titre de paiement un poste téléviseur au créancier. Donc, celui-ci ne reçoit pas
exactement ce qui a été convenu.
C’est donc une exception à la règle de l’identité entre l’objet du paiement et l’objet de
l’obligation. Par ailleurs, le débiteur doit être propriétaire de la chose qu’il remet parce qu’il ne
66
peut pas transférer plus de droit que lui-même n’a. Si le créancier accepte, il ne pourra plus
invoquer l’ancienne obligation et le débiteur est libéré.
7.2.2.2 Compensation
B : La compensation est un mécanisme par lequel deux parties qui sont respectivement à la fois
créancière et débitrice l’une de l’autre décident d’éteindre leurs obligations à concurrence de la
plus faible.
C’est l’hypothèse des personnes ayant sur elles des dettes réciproques. La compensation est un
raccourci qui évite le double paiement. Il faut que les deux dettes arrivent à échéance, qu’elles
soient devenues exigibles. Mais, il y a des obligations qu’on ne peut compenser, notamment les
créances alimentaires ou encore les dettes de l’Etat. La compensation opère extinction des
obligations à concurrence de la plus faible.
7.2.2.3 Confusion
La confusion est une hypothèse dans laquelle il y a cumul de qualités contradictoire sur la même
tête. C’est lorsqu’une personne devient à la fois son propre créancier et son propre débiteur.
Exemple : un héritier devant 2 millions à son père décidé ne doit qu’à lui-même.
7.2.3.1 Prescription
On peut définir la prescription comme l’écoulement d’un temps au-delà duquel on acquiert ou
on perd un droit. Dans le premier cas, on parle de prescription acquisitive et dans le second cas
de prescription extinctive ou libératoire. C’est précisément celle-ci qui permet au débiteur de
se libérer sans avoir payé.
Quel est alors le délai au-delà duquel le débiteur est libéré ? L’art 1270 du Code civil dispose
que : « Sauf disposition contraire de la loi, le délai de la prescription extinctive de droit commun
est de 30 ans ». Mais, il peut y avoir des prescriptions abrégées compte tenu de la nature des
obligations en cause. Ainsi par exemple, aux termes de l’article 1276 du Code civ, « Les
obligations à exécution périodique se prescrivent par 5 ans ». Exemple des loyers ou des
aréages.
Aussi, l’action en responsabilité civile délictuelle se prescrit par 10 ans (art 1274 C.civ.).
67
Selon l’art 1278, la prescription est d’une année, notamment pour les émoluments, les
honoraires ou les frais d’hôtel.
Sous réserve de ces délais de prescription abrégée, le point de départ du délai c’est le lendemain
du jour où l’obligation est devenue exigible, et le délai se compte par jour et non par heure.
Il arrive que ce délai soit suspendu ou interrompu. Lorsque la prescription est suspendue, le
temps qui a couru avant la suspension va être comptabilisé lorsque le délai va recommencer à
courir. Par contre, lorsque le délai est interrompu, le temps qui a couru avant l’interruption est
totalement effacé. C’est un nouveau délai qui va recommencer à courir.
Les causes de suspension sont l’état d’incapacité légale du créancier ou encore la force majeure
empêchant de poursuivre l’exécution forcée de l’obligation.
Quant aux causes d’interruption, c’est notamment l’aveu du débiteur ou la citation en justice.
Il faut enfin préciser qu’il y a des délais de prescription qui ne peuvent être ni suspendus ni
interrompus. On les appelle des délais préfix.
La prescription opère un effet extinctif, mais le créancier pourra déférer le serment au débiteur.
Lorsque la prescription est accomplie, le débiteur ne pourra plus être inquiété pour cette
obligation. Mais, si malgré tout il s’exécute au-delà de la prescription, il ne pourra pas en
réclamer restitution.
Selon l’article 1238 C.civ. La remise de dette est le contrat par lequel le créancier libère le
débiteur de son obligation. La remise volontaire du titre original sous signature privée, par le
créancier au débiteur, fait preuve de la libération. La remise de dette peut être totale ou
partielle, à titre onéreux ou gratuit ».
On voit ici une distinction car la remise conventionnelle et une présomption de libération.
Premièrement, c’est la situation dans laquelle le créancier libère le débiteur de son obligation.
Le créancier renonce volontairement à son droit. C’est donc un acte abdicatif et cette remise de
dette peut être totale ou partielle.
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Deuxièmement, c’est la présomption de paiement qui intervient lorsque le créancier remet
volontairement son titre de créance au débiteur. Dans une telle hypothèse, la loi en déduit que
c’est parce que le débiteur a payé, parce qu’on ne comprend pas pourquoi le créancier remettrait
son titre de preuve sans avoir été payé. Mais, il faut qu’il s’agisse d’une remise volontaire, ce
qui exclut les hypothèses de perte ou de dépossession involontaire. Mais, il ne s’agit que d’une
présomption simple. Par voie de conséquence, le créancier peut rapporter la preuve contraire,
c’est-à-dire que malgré la remise du titre, le débiteur n’a pas payé. Cette preuve peut être
rapportée par tous moyens. À défaut, le débiteur est libéré sans que le créancier obtienne
satisfaction.
Selon l’article 1248 C.civ., « Lorsque le corps certain et déterminé qui était l'objet de
l'obligation vient à périr, est mis hors du commerce ou se perd de manière qu'on en ignore
absolument l'existence, l'obligation est éteinte si la chose a péri ou a été perdue sans la faute
du débiteur et avant qu'il ne fût mis en demeure.
Alors même que le débiteur est en demeure, et s'il ne s'est pas chargé des cas fortuits,
l'obligation est éteinte dans le cas où la chose fut également périe chez le créancier si elle lui
eût été livrée.
Le débiteur est tenu de prouver le cas fortuit qu'il allègue. De quelque manière que la chose
volée ait péri ou ait été perdue, sa perte ne dispense pas celui qui l'a soustraite, de la restitution
du prix ». Ici, l’obligation va s’éteindre parce qu’elle est devenue postérieurement impossible
juridiquement ou matériellement (illicite, immorale ou contraire à l’ordre public).
7.3 Récapitulons
Toute obligation est appelée à disparaître, à s’éteindre comme l’on dit juridiquement.
Le Code civil a dressé une liste qui semble exhaustive même si dans cette liste il y en a dont
la place est usurpée.
Le mode normal d’extinction d’une obligation est le paiement. Le paiement en droit est
l’exécution d’une obligation. C’est le paiement qui satisfait le créancier.
La compensation, la dation en paiement, la remise, la prescription, la confusion ne pas une
satisfaction totale au créancier.
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1) – En quoi la nullité et la résolution ne sont-elles pas des causes d’extinction de
l’obligation ?
- Tirer une différence entre cession d’une créance et celle d’un contrat
C’est une convention par laquelle une personne, le cédant, transmet sa créance à une autre, le
cessionnaire.
Tout au plus doit on l’aviser de l’existence de la cession de créance par une notification. À
partir de ce moment, le débiteur cédé doit s’exécuter entre les mains du cessionnaire. Mais, s’il
payait au cédant, il aurait mal payé, il serait amené à payer deux fois. C’est l’adage selon lequel
: « Celui qui paie mal, paye deux fois ».
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Sous cette réserve, la cession de créance est une convention, en tant que telle elle est soumise
aux conditions générales de validité des contrats. Si toutes les conditions sont réunies, c’est à
partir de ce moment que s’opère la transmission de l’obligation. L’obligation est transférée du
patrimoine du cédant à celui du cessionnaire qui devient automatiquement le créancier du
débiteur cédé. Même si le cessionnaire a acquis la créance au-dessous de sa valeur, il devient
créancier pour la valeur normale initiale. Mais, la cession de créance n’entraîne pas un
changement de l’obligation : c’est la même obligation, celle qui existait entre le cédant et le
débiteur cédé qui est transférée au cessionnaire. Par voie de suite, le débiteur cédé peut opposer
au cessionnaire les mêmes exceptions qu’il aurait pu opposer au cédant.
Dans la cession de contrat c’est le contrat dans son entier qui est cédé.
La différence avec la cession de créance c’est que le débiteur cédé ici fait partie de l’opération.
Il doit nécessairement y consentir, la cession de contrat ne peut avoir lieu sans son
consentement. Comme il s’agit d’un contrat, il va falloir respecter les conditions générales de
validité.
Ensuite, il faut préciser qu’en principe tous les contrats sont cessibles, peuvent faire l’objet
d’une cession, sauf si la loi en dispose autrement.
On retrouve les mêmes effets que dans la cession de créance, c’est-à-dire que c’est le même
contrat qui est cédé. Par conséquent, il est possible de soulever des exceptions pour les opposer
à l’autre partie. Il faut simplement signaler que parfois c’est la loi elle-même qui impose le
transfert de convention, notamment en matière de changement d’un immeuble loué ou encore
en cas de changement dans la personne de l’employeur.
Il y a subrogation lorsqu’une chose est remplacée par une autre, on parle alors de subrogation
réelle que nous excluons dans cette étude.
La subrogation qui nous intéresse ici, c’est la subrogation personnelle, c’est l’hypothèse dans
laquelle une personne paye à la place d’une autre et prend la place du créancier à qui elle vient
71
de payer. Les cas et les effets de la subrogation sont prévus aux articles 1290 à 1295 du nouveau
Code civil.
Par le mécanisme de la subrogation celui qui a payé devient le créancier du débiteur pour qui il
a payé, il s’agit de la même créance originelle.
Par conséquent, le débiteur peut lui opposer les exceptions qu’il aurait pu valoir à l’égard du
premier créancier.
8.2.2.1 La délégation
C’est un mécanisme par lequel une personne, le délégant, donne instruction à une autre, le
délégué, de s’engager auprès d’une troisième personne qu’on appelle le délégataire.
Mais, il faut distinguer selon deux types de délégation : selon que la délégation est parfaite ou
imparfaite.
- Lorsqu’il s’agit d’une délégation parfaite, le délégant est totalement libéré vis-à-vis du
délégataire. En ce sens, la délégation parfaite ne présente pas d’intérêts pour le délégataire qui
va se retrouver avec un débiteur qu’il ne connaît pas et dont il n’est pas sûr de la solvabilité.
8.2.2.2 La novation
C’est une convention par laquelle les parties décident de remplacer l’obligation ancienne par
une obligation nouvelle.
72
Les parties décident donc de mettre fin à une obligation ancienne pour la remplacer par une
nouvelle obligation.
Il s’agit d’une convention soumise aux conditions générales de validité des conventions, mais
en plus, il y a des conditions spécifiques.
- La première c’est que la novation suppose une obligation à éteindre, donc une obligation
valable : c’est l’ancienne obligation.
- La seconde c’est qu’il faut que les parties aient l’intention de nover : c’est ce que l’on appelle
animus novandi.
Si ces conditions sont réunies, la transmission de l’obligation s’opère. La novation produit deux
effets, un effet extinctif et un effet constitutif, la création de l’obligation nouvelle. À partir de
là, les parties ne peuvent plus invoquer les exceptions qui étaient liées à l’ancienne obligation.
Il y a une mutation de l’obligation par la novation.
En conclusion, la valeur patrimoniale constituée par l’obligation peut circuler d’un patrimoine
à un autre. Les techniques utilisées par le droit pour y aboutir soit maintiennent l’obligation
telle quelle, soit la transforment avec un régime juridique différent selon les cas.
8.3 Récapitulons
L’obligation a une vie. Elle ne reste pas inerte dans le patrimoine de son auteur. Bien de fois,
elle est appelée à circuler, de passer d’un patrimoine à un autre.
Plusieurs situations renvoient aux techniques de circulation de l’obligation mais on les a
regroupées en deux rubriques, soit l’obligation circule en l’état (cession, subrogation), soit
l’obligation se modifie en circulant (délégation et la novation par changement d’obligation).
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SEQUENCE V : La protection de l’obligation
- Être capable de connaître les moyens de protection mis en place pour les créanciers
chirographaires ;
Selon l’article 1219 C.civ. « Le créancier peut exercer les actions que le débiteur aurait négligé
d'intenter, à l'exception de celles qui sont exclusivement attachées à la personne ».
Aussi, l’article 1220 suivant dispose que : « Outre son intérêt à agir en justice, le créancier doit
justifier de l'exigibilité de la créance. Il doit mettre en cause le débiteur négligent ».
Par ailleurs, l’article 1221 du même Code énonce que : « Les exceptions opposables au débiteur
le sont également au créancier exerçant l'action oblique. Le créancier ne bénéficie d'aucun
droit de préférence sur les biens rentrant dans le patrimoine du débiteur ».
C’est l’action par laquelle le créancier se substitue au débiteur pour exercer à sa place et son
profit tous les droits et actions de ce dernier. L’action oblique existe parce que le débiteur a été
inactif ou négligent.
Ses effets sont : substitution du débiteur, les fruits restent dans le patrimoine du débiteur,
absence de droit de préférence du créance dans le paiement.
A retenir que l’action oblique ne concerne pas les actions intuitu personae (action en divorce,
en action en qualification du contrat de travail, etc.).
Selon l’article 1223 du Code précité, « Le créancier peut agir en révocation des actes
frauduleux par lesquels son débiteur lui porte préjudice après la naissance de sa créance. La
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créance doit être exigible ». Cette action a pour finalité de rendre inopposables au créancier un
montage frauduleux de son débiteur pour organiser son insolvabilité.
Ses conditions d’exercice sont : l’agissant doit être un créancier, la créance doit être antérieure
à la fraude même si elle n’est pas liquide et le tiers doit en profiter.
Ses effets sont entre autres : inopposabilité des actes frauduleux au créancier avec possibilité
donc de saisir les biens qui en étaient l’objet.
A retenir que l’action paulienne ne pas porter sur les obligations de faire ou de ne pas faire car
elle vise une valeur patrimoniale, c’est-à-dire un bien ou un droit.
Article 1222 : Dans les cas prévus par la loi, le créancier peut exercer directement en son propre
nom l'action du débiteur. Les exceptions personnelles du débiteur ne sont pas opposables au
créancier qui bénéficie d'un privilège sur la créance de son débiteur ».
Il y a une diversité d’actions directes à la différence de l’action oblique qui est d’une portée
générale. Mais la définition des actions directes est la même. Celle-ci est de sources différentes,
les effets sont aussi les mêmes.
Ses conditions sont : autorisation légale, le demandeur doit être le créancier du créancier du
défendeur
Ses effets sont entre autres : paiement au demandeur, éviter la concurrence des autres
créanciers.
11.4 Récapitulons
Une protection de l’obligation est visible dans l’application du droit de gage général. Le gage
général signifie que l’obligation prend appui sur l’entier du patrimoine du débiteur.
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C’est pourquoi si le patrimoine du débiteur est insuffisant, on donne la chance au créancier
de faire exécuter son doit à travers des action paulienne, l’action directe ou l’action oblique.
Avec l’obligation conjointe chaque sujet subit une fraction de l’obligation, ou a droit à une part
de cette obligation. C’est l’exemple d’un de cujus qui laisse 300.000 GNF d’actif et 3 héritiers.
Chaque héritier a droit à 100.000 GNF.
Et, si le défunt avait laissé 300.000 GNF de dette, chaque héritier n’aurait à supporter que
100.000 GNF. Ce sont ces deux aspects que traduit l’obligation conjointe. Chacun a droit à sa
côte part, chacun subit une fraction de la dette. Par conséquent, le créancier devra poursuivre
successivement les 4 héritiers, ce qui peut paraître long et qui constitue un inconvénient pour
le recouvrement de la créance.
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La solidarité est dite active lorsqu’il y a plusieurs créanciers pour une seule obligation, c’est-
à-dire n’importe lequel des créanciers peut poursuivre le débiteur pour la totalité des
obligations.
Mais, la solidarité ne se présume pas, elle peut être conventionnelle, elle peut aussi être
d’origine légale.
Le débiteur qui a payé la totalité a une action récursoire contre les codébiteurs. Mais, il devra
diviser ses poursuites et réclamer à chaque codébiteurs une fraction de la dette.
En d’autres termes, le débiteur qui paie ne bénéficie pas de la solidarité. Il y a par ailleurs ce
que l’on appelle les effets secondaires de la solidarité en ce sens que tous les actes qui sont faits
contre l’un des débiteurs sont censés être dirigés contre tous. De même, les actes accomplis par
un débiteur sont censés être faits par tous les débiteurs. C’est ce que l’on appelle le système de
la représentation mutuelle entre coobligés, entre codébiteurs.
Par ailleurs, il faut distinguer l’obligation solidaire de l’obligation in solid ium. Cette dernière
ne renferme pas d’effets secondaires. Par exemple, dans l’hypothèse d’un dommage causé par
plusieurs auteurs, ces co-auteurs sont tenus in solidum en ce sens que la victime peut poursuivre
n’importe lequel d’entre eux pour la totalité de l’obligation due.
Le débiteur doit par exemple une voiture, un IPhone 13 pro, 10.000.000 GNF.
L’obligation est dite alternative lorsqu’elle renferme deux objets, mais un seul est dû par le
débiteur. Par exemple, le débiteur doit un IPhone ou une moto. Mais, lorsque l’un des objets
disparaît, notamment par cas fortuit, l’obligation devient pure et simple.
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L’obligation facultative est celle dans laquelle le débiteur est tenu d’un seul objet, mais le
créancier accepte le cas échéant qu’il puisse exécuter une autre prestation
12.4 Récapitulons
L’hypothèse des obligations plurales est aussi est une protection ou garantie de l’exécution
d’une obligation.
En effet, la pluralité se présente sous deux formes : les obligations avec sujet multiple
(obligation conjointe et obligation solidaire) et les obligations avec objet multiple (obligation
conjonctive ou cumulative, obligation alternative, obligation facultative).
CONCLUSION
On a vu que l’obligation est un lien juridique personnel qui permet à une personne d’exiger
d’une autre personne l’exécution d’une prestation consistant soit dans le transfert de propriété
d’un droit, soit en un service ou en une abstention.
Parmi les obligations, on distingue celles civiles et celles naturelles. Les obligations naturelles,
contrairement à celles civiles, sont dépourvues de sanction juridique. Cependant, si une
obligation naturelle entre dans champ de l’obligation civile, elle sera alors pourvue de sanction
juridique.
Les obligations prennent naissance dans les actes juridiques ou dans les faits juridiques. On
distingue concrètement trois sources d’obligations qui sont les actes juridiques, les quasi-
contrats et la responsabilité civile délictuelle.
Enfin, les obligations sont régies par un même régime, par une même réglementation.
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BIBLIOGRAPHIE
I - Ouvrages
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2019.
- P. MALAURIE et Laurent AYNES ,Droit des personnes : la protection des mineurs et des
majeurs, 8e édition, LGDJ, 2015.
S. M. KOITA, responsabilité des pères mère en droit guinéen, étude prospective à la lumière
du droit français 1ère édition L’Harmattan 2016.
II - Textes de loi
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