Vincent 2012
Vincent 2012
Faculté de médecine-ToulouseRangueil
Introduction..............................................................................................p.1
PARTIE THEORIQUE.............................................................................p.2
PARTIE PRATIQUE............................................................................................................p.37
IV. La réévaluation................................................................................................p.58
A) Brian............................................................................................................................p.58
B) Alexis..........................................................................................................................p.59
C) Medhi..........................................................................................................................p.61
V. Discussion.....................................................................................................................p.63
Conclusion................................................................................................................................p.65
Bibliographie...........................................................................................................................p.66
Annexes......................................................................................................................................p.69
Introduction
L'IME où je suis en stage accueille en demi-pension des enfants ayant une déficience
intellectuelle moyenne à profonde. Cette définition reste très large, la déficience intellectuelle
pouvant s'exprimer de façon très diverse et étant souvent associée à d'autres troubles. La population
rencontrée est hétérogène. De par le déficit cognitif et cette hétérogénéité, une adaptation constante
est nécessaire d'un enfant à l'autre. Cela en fait un stage très riche, particulièrement formateur pour
la pratique de la psychomotricité mais aussi humainement.
Les enfants bénéficient d'un suivi par une équipe pluridisciplinaire régulée par un chef de
service et un médecin psychiatre. Elle est composée d'éducateurs spécialisés, d'une psychologue,
d'orthophonistes, d'un kinésithérapeute, d'éducateurs sportifs, d'une enseignante, d'une assistante
sociale et d'une psychomotricienne. Une telle équipe est une richesse car elle permet une prise en
charge globale de l'enfant, un échange entre professionnels, chacun apportant un point de vue
différent.
Chez ces enfants, un retard psychomoteur est presque constamment observé. Parmi les
enfants que j'ai suivi, certaines difficultés motrices sont récurrentes notamment au niveau de la
coordination intersegmentaire. Parfois, certaines coordinations de base telles que la marche ou la
course ne sont pas totalement acquises. Je me suis donc penchée sur le développement de ces
habiletés en prenant pour hypothèse que l'entraînement de patrons de coordination présents dans le
développement peut aider à l'installation et/ou la stabilisation de certaines habiletés.
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PARTIE I :
PARTIE THEORIQUE
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I. La motricité globale dans les théories classiques :
A) Définition
Corraze (1987) définit les comportements comme des actions orientées vers un but et
constituées de mouvements et de postures. Ces mouvements sont possibles grâce à une multitude de
contractions qui permettent à des points du corps d'aller d'un point de l'espace à un autre. Cet
ensemble de contractions ne se fait pas n'importe comment mais se coordonne de manière précise
au niveau spatial comme temporel. Tout mouvement demande bien plus que de simples séries de
contractions. Il faut saisir et traiter les informations nécessaires dans le milieu, élaborer le projet,
organiser et ajuster le mouvement, anticiper le résultat, contrôler l'action motrice... Cela implique
donc à la fois les systèmes sensoriels, moteurs et cognitifs.
– Les actions exploratrices : elles ont pour but de récolter un maximum d'informations sur
le milieu environnant.
Ces actions font références à tout un ensemble d'actes moteurs pouvant concerner les mains
(motricité fine), le visage et la bouche (motricité oro-faciale)... Dans ce mémoire, je m'intéresse plus
particulièrement à la motricité globale c'est à dire celle impliquant le tronc et un ou plusieurs
segments corporels.
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B) Théories cognitives
1. Généralités :
a) Le traitement de l'information :
Stimulus
Le stimulus est capté par les récepteurs
sensoriels et remonté au système nerveux central
identification du
où il est analysé, comparé à ce qui est connu,
stimulus
identifié. Le système nerveux élabore une
sélection de la réponse adaptée puis envoie l'information aux
réponse effecteurs (les muscles) afin de permettre la
réalisation de cette réponse.
programmation
de la réponse
réponse
Lors d'une commande motrice, un effet est attendu. C'est ce qu'on appelle l'efférence. Le
sujet est averti de la réussite ou non de son mouvement grâce à des informations perceptives
appelées réafférences. C'est la comparaison de l'effet désiré et des réafférences qui indique au sujet
si le but a été atteint. Les réafférences peuvent être traitées pendant l'action, ce qui permet d'ajuster
le mouvement en cours. Pour d'autres mouvements (notamment les mouvements rapides ou
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balistiques), la comparaison n'a pas le temps de se faire pendant l'exécution. Le geste ne peut être
corrigé ou ajusté en cours.
C'est le système nerveux central (SNC) qui code tous les paramètres du mouvement : sélection du
groupe musculaire, de l'intensité et du timing de leur contraction et de leur relâchement. C'est le
programme moteur.
Adams (1971) propose une théorie basée sur un apprentissage en boucle fermée. Il porte une
importance majeure aux réafférences sensorielles (feed-back). Selon lui, chaque mouvement est lié
à 2 traces :
– une trace mnésique : il s'agit d'un bref programme moteur qui choisit et initie la réponse.
– Une trace perceptive : c'est une représentation interne du mouvement qui s'élabore à
partir des informations sensorielles.
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Ce modèle présente deux limites :
Tout d'abord, la constitution de deux traces par mouvement pose un problème de stockage
dans le SNC. Les capacités mnésiques ne sont pas suffisantes.
Ensuite, il ne rend pas compte de la capacité d'adaptation du sujet à une tâche nouvelle.
– en boucle ouverte, il n'y a pas de prise en compte des réafférences durant le mouvement.
Il ne peut donc pas être modifié au cours de son exécution. C'est le cas pour des
mouvements rapides ou mouvements balistiques.
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But à atteindre Conditions initiales
Schéma moteur
Invariant +
paramétrisation Schéma de reconnaissance
Schéma de rappel
Conséquences sensorielles
Programme moteur
attendues
résultat
Selon les théories vues précédemment, le mouvement est issu de l'action des muscles suite
aux messages envoyés par le SNC. Ce dernier contrôle donc les mouvements et permet la
coordination des segments des membres entre eux. Or, le corps humain comporte des centaines
d'articulations, de muscles et des milliards de neurones. Il peut créer une multitude de mouvements
et de coordinations différents. Il ne peut exister un programme moteur pour chacun d'eux qui serait
choisi par le SNC. Celui-ci ne peut pas non plus contrôler en même temps tous les effecteurs
nécessaires pour créer un mouvement adapté. Cela entraînerait une surcharge d'informations à
traiter. Pourtant, nous nous mouvons dans notre environnement sans même réfléchir à la façon dont
nous bougeons. Comment arrivons-nous à coordonner nos membres, articulations et muscles ?
Selon Berstein (1967), le principal problème pour le SNC est de diminuer le nombre initial de
degrés de liberté.
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II. Les théories dynamiques
Au début des années 80, une nouvelle approche du mouvement, issue des sciences de la
complexité apparaît. Il s'agit de l’approche des patrons dynamiques de coordination (APDC). Les
sciences de la complexité rassemblent un ensemble de sciences s'intéressant à l'émergence de
phénomènes dynamiques dans des systèmes complexes (biologique, chimique, physique...). Ces
derniers sont qualifiés de dynamiques, auto-organisés, ouverts. En effet, ils échangent de l'énergie,
des informations et de la matière avec leur environnement.
Ils sont constitués d'éléments a priori indépendant les uns des autres main qui interagissent
sous l'effet de contraintes pour donner des formes plus ou moins stables. Ainsi, Bernard (1900) a
observé le phénomène d'auto-organisation en faisant chauffer une faible couche de liquide par le
bas. Sous l'effet de l'augmentation de la température, l'énergie du système augmente. Son
organisation se modifie afin de dissiper cette énergie. Des formes spatio-temporelles organisées
vont alors émerger. Alors même qu'il n'y a pas intervention d'une quelconque intelligence, une
réorganisation va spontanément s'opérer. Celle-ci est prévisible en fonction de la viscosité du
liquide et de la température. Plusieurs formes d’organisations collectives du liquide sont visibles
simultanément (en rouleaux, en ronds, en spirales, en hexagones, en pentagones, en rectangles ou de
manière chaotique). Les contraintes de viscosité et thermiques seront responsables du maintien, de
la disparition ou de la transformation de ses patrons.
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Illustration des différentes formes collectives observées lors des expériences sur les convections de
Bernard (dans Salesse 2007)
L'émergence de ces patrons temporaires mais stables est possible grâce à des interactions entre les
différents composants des systèmes complexes a priori indépendants. Cette dépendance mutuelle est
appelée couplage
Introduite par Kelso dans les années 80, elle cherche à expliquer l'apparition spontanée de
coordinations et leur adaptation aux contraintes de l’environnement. Selon Berstein, la sélection des
degrés de liberté constitue une part importante du mouvement. Effectivement, leur réduction limite
la charge de contrôle du système nerveux central dans la production de mouvements. Selon les
tenants de cette approche, le processus de sélection des degrés de liberté repose sur l’exploitation
par le SNC des contraintes spécifiques, de l’auto-organisation et du couplage entre les différents
éléments du système à tous les niveaux d’organisation.
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1. Couplage et auto-organisation :
Ce sont les contraintes qui permettent la diminution des degrés de liberté du système moteur.
En effet, elles ne sont pas la cause des actions mais restreignent l'étendue des coordinations
possibles.
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Diagramme schématique des catégories de contraintes qui guident
l'émergence du patron de coordination (d’après Newell, 1986).
Ainsi, l'observation de la course chez des animaux tous quadrupèdes mais dont la
morphologie est très différente montre que chacun doit s'adapter à des contraintes
morphodynamiques.
Ce sont les contraintes qui vont expliquer l'apparition, la persistance ou la disparition des
patrons de coordination.
Hoyt et Taylor en 1981 ont mis un cheval sur un tapis de course à différentes vitesses. Trois
patrons de coordinations vont être spontanément adoptés par le cheval en fonction la vitesse : le pas,
le trot, le galop. Certaines vitesses peuvent induire deux patrons de coordination.
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Consommation d'oxygène dans les trois allures chez le cheval (pas, trop, galop). L'histogramme
représente les vitesses spontanément adoptées par le cheval pour chaque allure (D'après Hoyt et
Taylor, 1981, dans Temprado et Montaigne, 2001)
Cette expérience montre que le maintien d'un patron au delà (ou en deçà) d'une certaine
vitesse demande une augmentation du coût énergétique. Cela se remarque par l'augmentation de la
consommation d'oxygène par le cheval. Le passage d'un patron de coordination à un autre est alors
nécessaire pour conserver une consommation minimum d'énergie, cela sous la contrainte de la
vitesse de locomotion.
Les modes de coordination préférentiels et stables sont appelés des attracteurs. Il s'agit d'une
organisation spatio-temporelle choisie car stable et peu coûteuse en énergie. Ici, le pas, le trot et le
galop sont des attracteurs. Le bassin d'attraction est délimité par deux repellants (comportements
anti-naturels) entre lesquels, quels que soient les conditions initiales, le mode de coordination va
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s'orienter vers l'attracteur. La profondeur du bassin d'attraction dépend de la stabilité de l'attracteur.
Le passage d'un attracteur à un autre s'appelle une transition. C'est ce qui se passe quand le
cheval passe du pas au galop sous l'effet de l'augmentation de la vitesse.
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Lorsque les sujets sont libres de leur choix, deux patrons de coordination apparaissent
préférentiellement :
Les patrons en phase et en anti-phase correspondent à des états stables du système neuro-
musculo-squelettique. Il s'agit d'attracteurs.
Illustration des patrons préférentiels (en phase et en antiphase) mis en évidence lors de la
coordination simultanée des doigts (d'après Kelso, 1995, dans Salesse, 2007)
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(A) Calcul de la phase relative discrète par la méthode de l’estimation par point (Zanone et Kelso,
1997). (B) Calcul de la phase relative continue par les trajectoires du plan de phase. (C) Les séries
temporelles de la position des deux index montrent la transition du patron en antiphase vers le
patron en phase lorsque la fréquence d’oscillation des membres est augmentée. (D) Représentation
de la phase relative discrète correspondante dont les valeurs fluctuent autour du patron en
antiphase puis du patron en phase.(E)Représentation de la phase relative continue qui est une
mesure plus fine des relations spatiotemporelles entre les membres et calculée à partir de la
différence des trajectoires du plan de phase ( x x ) de chaque index.
De manière générale, que la coordination soit inter ou intra segmentaire, deux types de
coordination sont adoptés spontanément. Dans les coordinations impliquant les muscles
homologues, le patron en phase correspond à des mouvements symétriques par rapport au plan
sagittal et le patron en anti-phase à des mouvements asymétriques. On parle de contraintes
neuromusculaires. Dans les coordinations n'impliquant pas des muscles homologues, les contraintes
sont directionnelles. Le mouvement en phase correspond au mouvement dans la même direction
(isodirectionnel) et en anti-phase dans la direction opposée.
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La transition se fait généralement d'anti-phase à mouvement en phase.
Dans le cas d'une coordination avec l'environnement (entre plusieurs personnes ou d'un
membre avec une stimulation externe), les mêmes étapes sont repérables :
– présence d'états stables
– perte de stabilité en fonction des contraintes
– transition de phase du patron le moins stable vers le patron le plus stable.
C'est le cas lorsque deux personnes bougent une jambe en se regardant. Le patron en phase
(les jambes vont simultanément du même côté) est plus stable que le patron en anti-phase.
Pour résumer, on peut dire que face à l'augmentation des contraintes, une réorganisation
fonctionnelle du système éloigné de son état d'équilibre s'observe, du patron instable vers le patron
stable.
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III. Le développement de la motricité globale
A) Le développement
1. La motricité du nourrisson
a) Motricité réflexe :
Au départ, avant tout apprentissage, la motricité du tout petit est principalement réflexe.
Ainsi, en 1952, André-Thomas (in Le Métayer, 1999) parle de motricité primaire. Il décrit de
nombreux réflexes archaïques régissant la motricité du nourrisson. Ces réflexes ne s'observent que
durant les premiers mois de la vie. Certains deviennent des mouvements coordonnés et volontaires,
d'autres disparaissent.
On en compte 70. Il renseignent sur le bon développement du système nerveux. Une absence
de ces réflexes ou une présence après 6 mois peut indiquer d'éventuelles atteintes neurologiques.
Voici quelques réflexes archaïques particulièrement repérables :
– réflexe de succion
– réflexe de marche automatique
– réflexe de Moro
– Grasping reflex
– réflexe tonique asymétrique du cou
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b) La motricité spontanée :
Elle correspond à l'observation de l'enfant en situation libre. Elle est reliée à la conquête de
la position verticale. Il s'agit de mouvements effectués spontanément par l'enfant dès lors qu'il n'a
pas d'activité à but fonctionnel.
A la naissance, on observe des flexions et extensions des membres puis des mouvements de
rotation.
a) Tonus et posture :
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segments corporels les uns par rapport aux autres.
Chez le nourrisson, un déséquilibre tonique est observé durant les premières semaines de
vie. Effectivement, sa posture est caractérisée par une hypotonie axiale de la tête et du tronc et une
hypertonie des fléchisseurs des membres.
c) Les redressements :
Les lois vues ci-dessus vont permettre au bébé de se redresser petit à petit pour passer de la
station couché à celle debout.
Les âges donnés ci-dessous sont des moyennes. La tonicité, le milieu et la motivation de
l'enfant vont avoir un impact sur l'évolution de son développement.
A 3 mois, le bébé est capable de maintenir sa tête. C'est la première étape du redressement.
Petit à petit, en décubitus ventral, il redresse ses épaules pour s'appuyer sur ses avant bras (position
du sphinx) et sur ses bras (position du phoque).
– la station assise :
A 5 mois, le tronc est droit mais la station assise n'est pas acquise. A 6 mois, l'enfant peut
s'asseoir avec un léger support. En effet, si le haut du tronc est bien maintenu, ce n'est pas tout à fait
le cas des lombaires. A 7 mois, l'enfant acquiert la station assise de façon statique : il est déstabilisé
par d'éventuels mouvements. Aidé par l'allongement des jambes permis par la baisse de l'hypertonie
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des fléchisseurs des jambes, la station assise se stabilise et est acquise de façon dynamique : l'enfant
peut alors utiliser ses mains, bouger ses bras sans être déséquilibré.
– La station érigée :
Jusqu'à 3 mois, le bébé se redresse de façon réflexe lorsqu'il est verticalisé : c'est le réflexe
de la marche automatique. Comme tous les réflexes archaïques, il disparaît dans les premier mois de
vie. Il faut attendre l'âge de 5 mois pour observer de nouveaux redressements. A 6 mois, la
verticalisation du tronc et la baisse du tonus des fléchisseurs des jambes permettant leur extension
rendent possible la position debout avec un support. A 11 mois, la station debout sans appuis est
tenue mais l'enfant a peu d'équilibre : le polygone de sustentation est large et le centre de gravité est
difficilement maintenu à l'intérieur, entraînant de nombreuses chutes.
a) Les retournements :
Ils se font du dos sur le ventre puis du ventre sur le dos. Au départ il s'agit de passer du
décubitus latéral sur le dos (entre 2 et 6 mois). C'est le premier changement de position que le
nourrisson exécute seul. C'est le premier moyen de locomotion. Dans sa forme définitive, la tête
tourne et décolle du plan d'appui par un redressement de l'épaule, le redressement se fait à partir de
cette dernière sur le coude et le membre supérieur libre va prendre appui sur la main et l'avant-bras
b) La reptation :
La reptation au départ est une traction des membres supérieurs, les membres inférieurs
restant passifs. Cela peut apparaître dès 5 mois. Les jambes entrent dans le mouvement petit à petit,
permettant un meilleur déplacement. Ce dernier peut se faire vers l'avant et vers l'arrière. Le ramper
demande une dissociation des ceintures scapulaire et pelvienne. Il nécessite un transfert de poids au
niveau des membres et de pouvoir organiser son corps sans contrôle visuel.
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c) La marche quadrupède :
Il s'agit d'un déplacement sur les genoux ou les pieds et les mains. En général, les
mouvements des membres sont croisés et alternés mais quelques bébés peuvent marcher l'amble.
Elle apparaît vers 7 mois mais certains enfants l'utilisent beaucoup plus tôt (5mois).
Le 4 pattes comme le ramper ne sont pas présents chez tous les enfants.
d) la marche bipède :
Vers 9 mois, l'enfant peut faire quelques pas avec soutien. Le cabotage apparaît vers 10
mois. Il s'agit d'une marche sur le côté avec appuis sur un support. Petit à petit, l'enfant s'appuie
moins sur ses bras et plus sur ses pieds. La marche autonome apparaît en moyenne entre 9 et 17
mois. Cependant, elle est différente de celle de l'adulte. Elle nécessite un contrôle visuel permanent,
l'enfant marche donc avec la tête inclinée vers l'avant. Il n'y a pas de déroulement plantaire, les
pieds sont posés à plat. L'écartement des pieds est important.
e) la course :
Si dans la marche, la phase en double appui est plus longue que celle est suspension, c'est
l'inverse pour la course. Elle apparaît vers 2 ans. Les mouvements sont alors peu organisés, le
freinage et la direction pas contrôlés. A 3 ans, l'enfant court en continu. A partir de 4 ans, il contrôle
de mieux en mieux ses mouvements. La course est acquise entre 4 et 6 ans mais la vitesse continue
d'augmenter jusqu'à l'adolescence.
f) Le saut :
Tout comme la course, les prémices du saut s'observent vers 2 ans. A 3 ans, l'efficacité du
mouvement augmente. A 4 ans, c'est la variabilité des sauts qui s'accroît ainsi que l'amplitude.
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d'escalader des marches (ou fauteuil, ou lit...) à 4 pattes. Elle est acquise debout avec alternance des
pieds avant l'âge de 2 ans. La descente est acquise plus tard. Elle se fait au départ en général dos à la
descente et les méthodes utilisées sont variées.
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9. Position assise stable : au début, l'enfant est déséquilibré quand il fait des
mouvements. Grâce à la diminution du tonus des fléchisseurs des jambes, l'enfant
peut étendre ses dernières afin de stabiliser sa position et de pouvoir la tenir tout en
manipulant des objets.
10. Chevalier servant : l'enfant est sur un genou, l'autre est redressé
11. Position accroupie avec appuis
12. Position accroupie sans appuis
13. Position 4 pattes : sur les mains et sur les genoux
14. Position de l'ours : sur les pieds et sur les mains
15. 4 pattes avec déplacement
16. passage en position debout
17. Debout avec appuis
18. Debout avec appuis d'une seule main
19. Debout sans appuis
20. Marche latérale avec appuis
21. Cabotage
22. Marche autonome
Selon Le Métayer, ces étapes ont une importance particulière notamment dans la rééducation
d'enfants cérébro-lésés.
Gesell est un des principaux théoriciens de cette approche. Les théories maturationistes
supposent que la maturation est le principal facteur de développement. C'est un facteur intrinsèque
et endogène. Le développement psychomoteur est dû à la croissance des systèmes biologiques qui
sont les muscles et le système nerveux.
Le mouvement évolue sous l'influence de la maturation corticale. Elle permet de passer
d'une motricité réflexe et inorganisée à des gestes organisés et coordonnés grâce à l'influence
inhibitrice du cortex. Le développement du tonus se fait selon les lois proximo-distale et céphalo-
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caudale vues plus haut.
Ainsi, selon les théories maturationistes, les compétences psychomotrices sont issues de la
maturation. L'environnement n'a qu'une influence à partir de trois mois sur la qualité de ces
compétences.
Gesell a notifié les âges d'apparition des différentes compétences psychomotrices. Son
travail a été utilisé dans l'élaboration de tests et d'échelles de développement à l'instar du test de
Brunet Lezine (1997) et du test de développement fonctionnel moteur Vaivre-Douret (1997).
a) Piaget :
Il s'est intéressé au développement de l'enfant. Selon lui, ce développement est actif. Il est
possible grâce à une interaction permanente entre l'enfant et son environnement.
– Le schème : il s'agit d'une unité fondamentale de la connaissance qui peut être aussi bien
physique/motrice (préhension, succion...) et mentale (classement, comparaison...).
L'enfant assimile les informations de son environnement et adapte les schèmes dont il
dispose à partir de son expérience. Il les modifie, c'est l'accommodation, pour s'ajuster aux
nouvelles expériences.
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Piaget décrit des stades qui sont, selon lui, des étapes obligées et hiérarchisées. Il les définit
comme des phases d'équilibration entre assimilation et accommodation.
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b) Les néopiagétiens :
Le mouvement néopiagétien est né dans les années 60 et 70. Il s'inspire des travaux de
Piaget tout en prenant en compte les principales critiques faites à ce dernier.
Au début des années 60, Pascual-Leone (in J.Lautrey, 2006) est le pionnier des
néopiagetiens. La principale critique qu'il fait à Piaget est de ne pas expliquer le mécanisme de
passage d'un stade à un autre.
Pascual-Leone reprend les schèmes comme unité cognitive élémentaire. Il ajoute l'existence
d'opérateurs qu'il décrit comme des ressources cognitives. Ce sont des mécanismes fonctionnels
dont l'effet sur les schèmes détermine les possibilités du système cognitif. Par exemple, l'opérateur
responsable de la capacité attentionnelle détermine le nombre de schèmes pouvant être activés
simultanément.
Selon Pascual-Leone les stades ne correspondent pas à des structures qualitativement
différentes mais par l'augmentation du nombre maximal de schèmes pouvant être activés par
l'enfant quel que soit le type de relation qu'ils ont entre eux.
En 1980, Fischer amène la notion de niveau plutôt que celle de stade. En effet, selon lui, il
n'y a pas d'arrêts dans le développement mais des périodes d'accélération et de ralentissement. Il
porte moins d'importance à la maturation.
Pour Mounou, il n'y a pas de connaissances innées mais un cadre prédéfinit et stable. C'est
alors le système des connaissances qui change. La même aptitude est acquise plusieurs fois avec des
modes de codage différents : sensoriels, perceptifs ou conceptuels. Il introduit un lien entre
motricité et cognition arguant qu'il n'y a pas d'apprentissages passifs.
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Sur le plan du développement, l'apparition de contraintes nouvelles seraient à l'origine de la
désorganisation des états stables qui est retrouvée à différentes étapes du développement moteur.
Elle permettrait de découvrir les affordances. Les affordances sont les informations perçues en
fonction des possibilités d'action du sujet sur l'objet ou l'évènement. Elles induisent le mouvement.
Ces informations changent suite aux transformations physiologiques et neuropsychologiques de
l'acteur, à la nécessité de s'adapter à des sollicitations plus complexes ou à la recherche de
fonctionnements optimaux pour résoudre un problème moteur. Elles permettent ainsi une évolution
des aptitudes motrices. Pour E. Gibson, les affordances découlent des comportements exploratoires.
4. Le modèle dynamique :
Comme vu plus haut, selon les théories dynamiciennes, le mouvement ne provient pas
seulement d'un ensemble d'indications provenant du système nerveux central. Il est issu
d'intéractions entre les propriétés physiques de l'organisme, de l'environnement et du projet du sujet.
L'influence de ces contraintes a été montrée dans l'expérience de Thelen et ses collaborateurs
(1984/1987). Ils ont pris des enfants de 2 mois chez lesquels le réflexe de la marche automatique ne
s'observait plus. Ils les ont immergés jusqu'à mi-jambe dans l'eau. Dans ses conditions, libéré du
poids de la pesanteur, le réflexe réapparait. Ainsi, sa disparition serait due à une augmentation de la
masse graisseuse par rapport à la masse musculaire chez le tout-petit. Elle ne trouverait pas son
origine dans la seule maturation du système nerveux comme le suggère les maturationistes mais à la
modifications de contraintes morphologiques.
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IV. La déficience mentale
A) Définition
1. Selon le DSM IV :
B/ Déficit dans la capacité d’adaptation actuelle de l’individu (en fonction de son âge)
dans au moins 2 des secteurs suivants : communication, apprentissages scolaires,
autonomie, responsabilité individuelle, vie sociale, travail, loisirs, santé, sécurité.
2. Classification :
La déficience mentale peut être caractérisée par un QI de 70 comme inférieur à 20. Elle
s'exprime alors de façon totalement différente et à un impact très variable sur la vie quotidienne.
Une classification a donc été élaborée en fonction du QI.
Entre 70 et 80, on ne parle pas de déficience intellectuelle bien que limite.
Elle correspond à 85% des déficiences mentales. Elle est généralement repérée au moment
de la scolarisation. Ce sont des enfants qui ont les possibilités d'acquérir les bases des premiers
apprentissages scolaires, la lecture, l'écriture, le calcul. Elle permet un certain degré
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d’indépendance, des capacités de communication suffisantes. L'intégration sociale est possible
avec un accompagnement adapté.
Elle correspond à 10% des déficiences mentales. Dès la première année, un retard est
constaté au niveau moteur, relationnel, et dans les communications verbales ou non verbales.
Des apprentissages concrets sont possibles dans des conditions d'apprentissage spécifiques
et adaptées. La personne peut avoir des relations sociales. Cependant, la capacité de jugement est
déficiente, l'adaptation aux changements problématique et le contrôle émotionnel fragile.
L'autonomie dans la vie quotidienne est acquise par le biais d'une éducation soutenue.
Dès la naissance, un retard de l'éveil est constaté qui se poursuit dans toutes les grandes
fonctions de l'autonomie comme manger seul, s'habiller, être propre, se déplacer... Des difficultés du
développement du langage sont aussi présentes. Il n'y a pas de langage écrit et la communication se
fait par mots et phrases simples. Retard important dans les acquisitions. Des troubles somatiques
sont fréquemment associés.
La personne est très dépendante et requiert des soins permanents. Elle présente des
problèmes moteurs et des capacités de communication très réduites. Il n'y a pas de langage ou juste
quelques mots. Un retard massif est observé dans toutes les acquisitions de la petite enfance.
3. L'étiologie :
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– infectieuses ou virales
B) Quelques pathologies
1. La trisomie 21 :
La trisomie 21 est la plus fréquente des anomalies chromosomiques. Elle concerne une
naissance sur 700. L'anomalie chromosomique a été découverte en 1959 par J.Lejeune, M.Gauthier
et R.Turpin. Cependant, des descriptions cliniques précises de cette pathologie avaient déjà été
faites en 1838 par J. Esquirol et en 1846 par E.Seguin en France et en 1866 par L. Down dans les
pays anglo-saxon. Ce dernier a d'ailleurs donné son nom à la trisomie 21 aussi appelé syndrome de
Down.
– La trisomie libre ou homogène : Elle représente 90 % des trisomies 21. Toutes les
cellules du sujet portent 3 chromosomes 21 entiers. L'anomalie vient de la meïose d'un
des gamètes des parents qui contient 24 chromosomes au lieu de 23, le plus souvent c'est
celui de la femme.
– La trisomie en mosaïque : Elle concerne 8 % des trisomies 21. Toutes les cellules du
sujet ne sont pas porteuses de l'anomalie. Lors des mitoses suivant la fécondation, une
cellule de 46 chromosomes va donner une de 45 chromosomes qui va mourir et une de
47 chromosomes qui va continuer à se diviser. Il va il y avoir un mélange entre les
cellules à 46 et celles à 47 chromosomes.
– La trisomie par translocation : Elle concerne 2 % des trisomies 21. Un des parents est
porteur d'une translocation : un bout de chromosome 21 est attaché à un autre
chromosome (le 13, le 14 ou le 15).
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Certains facteurs peuvent augmenter le risque tels que l'âge de la mère, la présence de
personnes porteuses d'anomalies génétiques dans la famille.
Tous les enfants ne sont pas concernés par tous les problèmes médicaux. Cependant, ils sont
très fréquents. Ils doivent donc être recherchés dès la naissance et demandent une attention
particulière.
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– Les malformations viscérales
Les malformations cardiaques sont très fréquentes. Par exemple, Alexis (voir partie pratique)
souffre d'un canal atrio-ventriculaire (CAV) ce qui signifie qu'il y a une communication entre les
oreillettes et les ventricules ainsi que des anomalies des valves qui séparent ces deux entités
(mitrales et tricuspidiennes). Cela peut entraîner une fatigabilité, un essoufflement rapide, une
baisse de l'appétit.
Il y a plus de malformations digestives chez les personnes porteuses de trisomie que dans la
population générale. Elles peuvent toucher l'œsophage, l'estomac, l'intestin, l'anus.
Les troubles de l'audition peuvent passer inaperçu. Il est pourtant particulièrement important
de les dépister car ils peuvent être à l'origine de troubles du langage. Ils ont de multiples étiologies
notamment les infections ORL : la présence d'otites séreuses s'accompagne de l'accumulation dans
l'oreille moyenne d'un liquide visqueux.
Au niveau visuel, le strabisme est particulièrement courant. Des anomalie type myopie ou
astigmatisme sont fréquentes. Il est essentiel de dépister ces troubles ce qui est parfois difficile chez
des enfants en difficulté pour exprimer leurs problèmes. Dans la pratique, cela peut avoir un impact
sur la mise en place de la coordination oculo-manuelle mais aussi dans la perception de l'espace et
des relief.
Beaucoup d'enfants porteurs d'une trisomie présentent une hypothyroïdie compensée par des
traitements. La thyroïde joue un rôle dans la maturation osseuse, la taille, le tonus. Une baisse des
hormones thyroïdienne peut s'accompagner d'une baisse de l'endurance ou agir sur l'attention.
Les enfants porteurs de trisomie 21 ont une sensibilité importante aux infections, notamment
ORL : rhino-pharyngites et otites, bronchiolites et pneumatiques. Elles trouvent probablement leurs
origines dans un déficit immunitaire et peuvent être liées l'hypotonie (par exemple, hypotonie de la
32
langue). Il faut donc porter une importance particulière aux règles d'hygiène et à la prévention des
infections.
33
compensation par d'autres modes de communication, comme le geste ou la
mimique),
– chez les sujets maîtrisant assez le langage, incapacité marquée à engager ou
soutenir une conversation avec autrui,
– usage stéréotypé et répétitif du langage, ou langage idiosyncrasique (reprennent
des slogans publicitaires, des phrases de dessins animés, désigne des objets avec
des mots sans rapport avec ceux-ci, par exemple « 35 » pour un biberon),
Le retard mental peut alors aller d'un retard léger à profond. Le développement des capacités
cognitives est hétérogène, les capacités verbales sont généralement inférieures aux non verbales.
Des capacités très spécifiques dans un domaine particulier peuvent être présentes.
34
c) Le TED non spécifique :
Introduite par J.J. Gibson, le principe d'affordance s'intègre dans une approche particulière
de la psychologie et de la perception, dénomée « une approche écologique ». Cette dernière lie la
perception à l'action, l'individu à son environnement. En effet, selon Gibson, l'environnement
fournit les informations nécessaires à l'action. L'affordance correspond à la perception des
propriétés d'un objet et des actions applicables sur lui en fonction des capacités du sujet.
C'est là que le concept d'affordance devient intéressant par l'importance portée à l'influence
de l'environnement sur notre motricité. Par la mise en œuvre d'un environnement adapté, le
psychomotricien va pouvoir conditionner la posture ou le mouvement choisit chez le patient.
35
Prenons l'exemple du ramper :
L'enfant va ramper s'il ne peut faire autrement. Pour cela il doit passer en dessous de
quelque chose de suffisamment long pour qu'il ne fasse pas que s'allonger et se redresser
immédiatement, suffisamment haut pour que cela ne soit pas beaucoup plus intéressant de passer
par dessus et surtout suffisamment bas pour qu'il doive s'allonger à terre et ne puisse passer à 4
pattes.
2. La nécessité d'adapter
Les enfants en IME ont une évolution ralentie sur le plan cognitif. De plus, rencontrant des
problèmes de catégorisation de généralisation et de consolidation des acquisitions cognitives,ils ont
des difficultés à mobiliser des ressources pour une tâche. A cela s'ajoutent des problèmes de
motivation : un renforcement constant par un tiers est nécessaire.
Face aux difficultés de compréhension, il est important de parler avec des mots simples, de
répéter souvent et utiliser plusieurs sens par exemple en expliquant autant avec des mots qu'avec
une démonstration. De plus, le point fort étant la mémoire visuelle et le codage imagé il ne faut pas
hésiter à utiliser des images.
36
PARTIE II :
PARTIE PRATIQUE
37
I. Présentation des enfants :
Au cours de mon stage, j'ai remarqué des difficultés motrices récurrentes entre les enfants
notamment pour ce qui est de la coordination intersegmentaire. Parfois, les coordinations de base
telles que la marche, la course, le saut posent problème. Je me suis donc penchée sur les étapes du
développement moteur de l'enfant en supposant que l'entraînement de ces patrons qui sont à la base
de notre motricité puissent permettre une amélioration de la motricité globale, une stabilisation de
certaines habiletés.
Pour ce travail, j'ai choisi d'entraîner de façon préférentielle trois coordinations et une
position généralement présentes dans notre développement et de les proposer à des enfants ayant
des difficultés de motricité globale. Ces trois coordinations et cette position sont :
– Les retournements : c'est le premier mode de locomotion des enfants
– Le ramper : il nécessite une bonne dissociation des ceintures et des membres inférieurs
et supérieurs. De plus, cette coordination se fait sans contrôle visuel et demande donc
une bonne connaissance de son corps.
– Le 4 pattes avec déplacement : étape importante du développement, coordination
nécessitant une maîtrise du bassin et des épaules ainsi qu'une dissociation.
– La position accroupie : étape de la verticalisation demandant un bon maintien du bassin.
38
A) Brian :
Brian est un jeune garçon âgé de 9 ans et 8 mois (en avril 2012) présentant un retard
intellectuel moyen-sévère et des troubles autistiques.
1. Situation familiale :
En 2005, les parents de Brian repartent aux Comores dont ils sont originaires. Ils le confient à sa
grand-mère paternelle et son compagnon qu'il appelle « Papa » et « Maman ». Brian n'a plus que
des contacts épisodiques avec la mère.
La grand-mère de Brian et son compagnon sont tous les deux analphabètes.
En avril 2011, une mesure d'AEMO est décidée suite à la difficulté de la famille à collaborer dans la
recherche d'une structure adaptée, le signalement par l'école d'une aggravation des troubles en
milieu scolaire et des troubles du comportement devant lesquels les grands-parents restent démunis.
2. Antécédents médicaux :
Brian présente des troubles autistiques typiques d'intensité marquée associée à un retard
intellectuel de niveau moyen-sévère.
En effet, le contact est très indifférencié. L'expressivité mimique est limitée, l'expression des
émotions est peu nuancée avec de vives colères en situation de frustration. L'attention conjointe
n'est pas en place.
La communication verbale est exclusivement écholalique. La communication non verbale est
parasitée par l'échopraxie. La compréhension verbale impose un recours à des supports concrets et à
la démonstration.
Le jeu est peu élaboré, centré sur des intérêts sensorimoteurs.
L'autonomie est limitée (Brian a besoin d'aide pour les actes de la vie quotidienne).
Des troubles de la régulation des perceptions auditives sont constatés. Des troubles du sommeil sont
39
également rapportés.
L'amplitude articulaire est normale. Brian présente un déficit global de la force musculaire qui n'est
pas spécifique à un groupe musculaire. Il y a une raideur importante de la chaîne musculaire
postérieure entraînant des compensations.
Brian a une attitude en flexion du genou. Lors de la marche, une rotation interne des pieds est
constatée. Elle est due a une rotation au niveau des hanches.
Il est à noter que Brian a les pieds plats.
3. Comportement général :
Brian est un enfant joyeux; il rit facilement. Il peut se montrer farceur. Il semble toujours
content de venir en salle de psychomotricité : il affiche un grand sourire quand il comprend qu'on
vient le chercher, met son manteau et nous devance jusqu'à la salle. Brian présente une écholalie et
une échopraxie marquées. Cependant, il est capable de langage spontané pour dire « Bonjour » ou
quelques mots. Il est en difficulté pour la compréhension verbale. La démonstration est donc
essentielle. Présent dans la relation avec l'adulte, il rentre peu en contact avec les autres enfants.
Brian a un intérêt particulier pour la musique. Il chantonne beaucoup et tape en rythme sur
les tables, les couvercles...
Brian peut présenter des blocages : il reste à un endroit, sans parler, et refuse de bouger. Cela
se manifeste principalement lors de la transition entre deux temps ou quand il y a des changements
d'emploi du temps.
B) Alexis
Alexis est né en novembre 2001. Il est accueilli depuis septembre 2008 à l'IME en demi-
pension.
Il est porteur d'une trisomie 21 et d'une cardiopathie sévère.
40
1. Situation familiale :
Alexis est fils unique. Il est né en Roumanie. Ses parents, d'origine roumaine, se sont
installés en France en 2003 pour le suivi médical de leur fils.
2. Antécédents médicaux :
3. Comportement général :
Alexis est un jeune garçon vif et curieux. Il communique beaucoup avec les gens qui
l'entourent. Il a une bonne compréhension verbale. L'expression orale est compliquée mais il peut
très bien se faire comprendre par des sons et des gestes. S'il connaît les règles de collectivité, il ne
les respecte qu'en présence de l'adulte. Il peut se montrer provoquant. Il a tendance à vouloir
contrôler les autres enfants et peut se comporter en « petit chef ». Il est aussi taquin et débrouillard.
De par sa cardiopathie, il est rapidement essoufflé et fatigable à l'effort physique.
41
C) Mehdi
Né en juin 2005, Mehdi est un petit garçon porteur d'une trisomie 21.
1. Situation familiale :
Mehdi est l'aîné d'une fratrie de 4 enfants. Le mère de Mehdi élève seule ses 4 garçons. Ils
vivent dans un logement insalubre avec des problèmes d'humidité.
2. Antécédents médicaux :
Mehdi est porteur d'une trisomie 21. Il a une déficience intellectuelle moyenne.
Il a un strabisme convergeant important de l'oeil droit.
Il présente une hypothyroïdie traitée.
Il a eu une ablation des végétations.
En 2008, des drains transtympaniques en titane sont posés.
Il a une fragilité ORL et pulmonaire. Ainsi, il a été hospitalisé à de multiples reprises dans la
petite enfance pour des bronchiolites, des complications rhinopharyngites et des otites.
3. Comportement général :
Mehdi est une petit garçon vif et charmeur. Il aime chanter et verbalise de mieux en mieux.
Il dit les prénoms et certains mots. Mais ses paroles restent souvent inintelligibles. Il comprend les
énoncés simples en s'aidant beaucoup du contexte. S'il est moins dans la toute puissance qu'au début
de l'année, c'est un enfant qui a besoin d'un cadre et de fréquents rappels au respect des règles et de
l'autorité.
42
II. L'évaluation initiale :
J'ai cherché un moyen de créer une ligne de base à partir de laquelle je pourrai voir une
éventuelle évolution suite à la prise en charge que j'ai proposée. Un test m'a tout de suite paru
approprié : Le test du Charlop Atwell. Il est intéressant car permet d'observer plusieurs domaines
dans le mouvement :
La note objective permet d'évaluer la dissociation entre les membres (qui intervient
beaucoup dans le ramper), la coordination entre 2 tâches simultanées, l'équilibre.
La note subjective donne des indications sur la fluidité et la souplesse du mouvement.
De plus, il est relativement simple à faire passer et ne demande pas de grandes capacités de
compréhension orale ou intellectuelle. Il est donc assez accessible aux enfants de l'IME.
Cependant, il présente certaines difficultés. D'une part, il demande que les enfants soient en
capacité d'imiter. Ensuite, les gestes proposés n'ont pas de sens particuliers et sont difficiles à
justifier pour les enfants qui ont besoin d'avoir un but simple et concret. « Faire pareil » pour
montrer tout ce qu'on sait faire est trop abstrait.
Ainsi, les difficultés en imitation de Mehdi, son incompréhension face à ce que je lui
demandais et ses difficultés de coordination ont rendu impossible la passation de ce test. J'ai donc
cherché un autre outil.
Je me suis basée sur l'observation de coordinations que nous utilisons tous quotidiennement :
la marche, la course, le saut, monter et descendre les escaliers. Pour cela j'ai créé une grille
d'observation reprenant ces coordinations et les différentes étapes par lesquelles nous passons tous
pour arriver au stade mature.
43
plantaire
Bras Levés, servent à Léger balancement Balancement en
équilibrer opposition des pieds
COURSE
Longueur des foulées Courtes et inégales Plus longues Longues
Phase d'envol Pas de phase d'envol courte définitive
(marche rapide)
Extension des jambes Incomplète Complète
Balancement des bras Faible Plus efficace D'avant en arrière en
opposition des jambes
Flexion des bras Flexion à différents Flexion à angle droit
degrés
Balancement des Rotation en dehors des Les genoux croisent la Les cuisses remontent
jambes hanches ligne médiane parallèle au sol
Base de sustentation Large Plus réduite Réduite
SAUT D'UNE HAUTEUR
Impulsion Pas d'impulsion Donnée par les jambes Donnée par les jambes
légèrement décalées simultanément
Corps Pas de phase de Corps s'étend
suspension ni d'envol :
un pied est avancé et
touche le sol avant que
l'autre ait quitté le
socle.
Bras Derrière le tronc, Action symétrique pour
maintiennent l'équilibre maintenir l'équilibre
durant la suspension durant la suspension et
pour parer aux
déséquilibres dans la
réception.
Réception Équilibre précaire Sur un pied puis l'autre Flexion souple des
jambes
MONTER LES ESCALIERS
Debout avec aide Une marche après Alternance des pieds,
l'autre, 2 pieds par un par marche
marche
DESCENDRE LES ESCALIERS
44
Debout avec aide Descente d'un pied puis Alternance des pieds,
de l'autre par marche un par marche
1. Brian
a) Bilan global :
En salle de psychomotricité, Brian se montre volontaire et actif dans les propositions faites.
Au bureau, il est capable de se concentrer. Lorsque nous passons sur des temps en salle pour
bouger, il montre un véritable plaisir dans le mouvement (sans qu'il y ait de buts définis). Il peut
alors se laisser entraîner et montrer des difficultés à se poser.
Brian se présente dans une posture légèrement en flexion, les genoux ayant une tendance
fléchis et le buste un peu en avant. Quand il court, les bras semblent se mouvoir de façon
désordonnée.
Au niveau motricité fine, Brian a un bon déliement digital mais a des difficultés pour
organiser son geste de manière fonctionnelle dans un but. Il a peu de force dans les mains. En
graphomotricité, la tenue du crayon est à 4 doigts tendus et haute. Si, lorsqu'il est guidé (trottoirs...)
le contrôle et globalement correct voire bon, cela semble beaucoup plus complexe sur feuille
blanche : le crayon dévie sans qu'il semble il y avoir de projets ou de buts. Brian est plutôt droitier
mais la latéralité ne semble pas bien installée et il a tendance à utiliser préférentiellement la main la
plus proche.
Au niveau motricité globale, Brian a des difficultés pour dissocier les membres inférieurs/
supérieurs ou droits/gauches. La position unipodale ou sur la pointe des pieds s'accompagne de
nombreux déséquilibres nécessitant des rééquilibrations constantes (pas sur le côtés, sauts, parfois
chutes). Les membres sont raides et les gestes ont tendance à être saccadés.
b) Le Charlop Atwell :
45
Brian a des mouvements plutôt raides et saccadés. L'équilibre statique est très difficile
(sautille pour se rééquilibrer). Brian a des difficultés pour dissocier ses membres.
– Le pantin : 4/12
La dissociation membres inférieurs/supérieurs est difficile pour Brian : soit ce sont les bras,
soit ce sont les jambes qui bougent. Les sauts ne peuvent pas être enchaînés. Les mouvement sont
raides.
46
2. Alexis
a) Bilan global :
Alexis vient sans difficulté en salle de psychomotricité. Il se montre curieux et intéressé par
ce qui est proposé. Il peut alors rester concentré longtemps sur une tâche. Il peut aussi dire « non »
parce qu'il n'a pas envie ou par provocation. De par son caractère curieux, ses oppositions peuvent
être rapidement détournées. Il aime mener et diriger l'activité. Il est très sensible aux
encouragements et renforcements positifs.
Au niveau de la motricité fine, le déliement digital qui a longtemps été travaillé est correct.
Alexis présente une hyperlaxité importante au niveau des doigts. Alexis est droitier usuel. La pince
pouce-index est bien en place. Le geste bimanuel est organisé. Le contrôle graphomoteur est léger.
La tenue du crayon, à trois doigts, le pouce passant à plat par dessus le crayon, est loin de la mine.
Alexis présente une démarche un peu raide, le déroulement plantaire n'est pas toujours
complet. Lors de la course, l'amplitude des pas est réduite, la phase d'envol restreinte et la réception
lourde. Il court la plupart du temps la tête baissée. L'équilibre statique est précaire. L'équilibre
unipodal est peu stable. Le saut est encore en cours d'acquisition : les pieds sont disjoints et
l'impulsion est faible. L'équilibre dynamique est difficile pour Alexis. S'il est à l'aise dans les
mouvements spontanés, les rééquilibrations et dissociations segmentaires sont peu aisées.
b) Le Charlop Atwell :
– Le pantin : 0/12
Le saut est impossible. La posture arrêtée émerge (jambes écartées, mains au dessus de la
tête ou jambes serrées, bras le long du corps) mais ne peut être enchaînée. Les mouvement sont très
raides et saccadés.
47
– Le saut cloche pied : 0/12
Alexis tient à peine quelques secondes sur un pied et ne peut pas enchaîner les sauts. Ces
derniers sont très immatures et marqués par une réception lourde.
3. Mehdi
a) Bilan global :
Medhi vient sans difficulté en salle de psychomotricité. Lors des séances, les exercices
courts sont privilégiés car il a une capacité d'attention limitée. Il est rapidement rebuté par l'effort.
S'il peut se montrer un peu opposant ou provocateur, il montre aussi du plaisir à être félicité et
encouragé.
Medhi a tendance à présenter une posture avachie (particulièrement quand il est assis, le dos
rond). Il a une rotation interne importante des hanches et les pieds qui tournent beaucoup vers
l'intérieur, ce qui le gêne parfois dans la marche et la course : il se prend dans ses propres pieds.
Au niveau de la motricité fine, la pince est encore parfois massive. Les doigts peu déliés ont
des difficultés à bouger les uns indépendamment des autres. La prise n'est pas toujours adaptée.
L'orientation des objets commence à s'installer au contact. Le geste bimanuel est quasiment
48
impossible. Medhi est droitier usuel.
Au niveau de la motricité globale, le saut n'est pas acquis : Medhi ne décolle pas.
b) Grille :
49
Bras Derrière le tronc, Action symétrique pour
maintiennent l'équilibre maintenir l'équilibre
durant la suspension durant la suspension et
pour parer aux
déséquilibres dans la
réception.
Réception Équilibre précaire Sur un pied puis l'autre Flexion souple des
jambes
MONTER LES ESCALIERS
Debout avec aide Une marche après Alternance des pieds,
l'autre, 2 pieds par un par marche : Mehdi
marche : s'agrippe d'une main à
la rampe, la pointe du
pied levé cogne contre
la marche au moment
de la passer.
DESCENDRE LES ESCALIERS
Debout avec aide Descente d'un pied puis Alternance des pieds,
de l'autre par marche un par marche
50
III. La Prise en charge et son évolution :
A) Généralité :
Ensuite, j'ai adapté selon les enfants. Avec Alexis, qui accroche bien sur les histoires, je passe
beaucoup par l'imitation d'animaux (serpent, crocodile, cheval, chien, poule...). Avec Mehdi, qui
aime les comptines et les animaux, j'ai aussi tenté l'imitation des animaux mais il n'imite pas
directement l'adulte. Quand je parlais d'animaux, il restait sur le chien (« ouah ») et ce que j'ai
supposé être un tigre ou un lion (« Grrrrr »). Il a beaucoup cité l'escargot mais sans l'imiter. Brian et
lui, s'ils ne sont pas contraints de ramper (par l'environnement), ils restent sur du 4 pattes.
1. Brian :
Scéance 1 :
Le ramper est peu aisé. Seuls les bras exercent une traction sur tout le corps. Les jambes
restent tendues très raides. La traction est exercée par les deux bras en même temps (il n'y a pas
d'alternance). Brian reste peu longtemps dans la position.
Le 4 pattes semble désordonné : les bras et les pieds avancent sans qu'il y ait un ordre.
En position accroupie, Brian se place sur la pointe des pieds, genoux très écartés.
51
Pour ce qui est des retournements, le mouvement est très fluide, Brian est très droit quand il
tourne.
Séance 2 :
Je propose à Brian de souffler sur des plumes et de les faire avancer. Les plumes étant par
terre, il doit ramper ou se mettre à 4 pattes pour les atteindre avec sa bouche. Quand il rampe, Brian
n'utilise que les bras. Les jambes sont, soit raides, soit repliées sur le côté. Il ne reste pas longtemps
par terre et se met rapidement en 4 pattes. L'observation du mouvement est gênée par la posture
qu'il est obligé d'adopter pour rapprocher sa bouche des plumes et par le caractère très court du
déplacement (les plumes ne volent pas très loin).
Séance 3 :
J'introduis un skate board afin de faciliter le ramper. En s'allongeant à plat ventre dessus, les
jambes peuvent être plus dégagées (étant de chaque côté du skate). De plus, le glissement est induit
par les roues du skate, l'enfant n'est pas limité par le poids de son corps mais a juste à se laisser
porter et faire rouler le skate avec les bras et les jambes. Brian n'utilise que ses bras sans les alterner.
Les jambes restent raides et légèrement écartées. Afin d'induire un mouvement au niveau de ses
jambes, je lui demande de garder les mains sur le skate. Les jambes restent toujours raides. Ce sont
les chevilles qui par des mouvements de flexion/extension permettent d'avancer.
Séance 4 :
Je mets en place un parcours mettant en jeu le 4 pattes et le ramper. Pour cela, je place une
barre assez haute pour qu'il puisse passer à 4 pattes dessous. Sachant que c'est ce qu'il y a de plus
facile pour lui, je me doute que c'est la solution qu'il adoptera en premier. Puis, je place le
trampoline qui est trop bas pour passer à 4 pattes dessous et suffisamment long pour obliger
quelques mouvements pour avancer une fois dessous.
Pour le 4 pattes, la position est prise sans problème. Le mouvement se fait en controlatéral : la main
droite s'avance suivie tout de suite de la jambe gauche, puis la main gauche suivie tout de suite de la
jambe droite. Pour le ramper, les bras sont toujours utilisés ensemble pour la tractation. Seule la
jambe gauche se plie et se tend pour aider au mouvement. La jambe droite reste raide : elle ne se
plie du même côté que la jambe gauche que pour se relever une fois sortie de dessous le trampoline.
Séance 5 :
La proposition du ramper sur une certaine distance ayant fait apparaître le pliage d'une
52
jambe, je décide de poursuivre dans cette direction et propose un parcours similaire en remplaçant
le 4 pattes par des retournements. Les retournements sont toujours aussi fluides. Le passage des
retournements au ramper (demandant de se réorienter) ne pose pas de problème. Brian passe sans
difficultés apparente sous le trampoline mais je n'ai pas pu bien l'observer. Au second passage, il ne
veut pas bouger de sous le trampoline. Il tapote sa tête sur le revêtement du trampoline et ne semble
pas bien. Nous enlevons le trampoline en lui demandant ce qui se passe. Il ne répond pas. Peut-être
sa tête a-t-elle cogné le bord du trampoline.
Séance 6 :
Ne souhaitant pas renouveler l'expérience du trampoline, je propose de ramper d'un bout de
la salle jusqu'à la toupie qui est à l'autre bout. Mais sans rien pour l'y obliger, Brian ne reste pas au
sol et se met tout de suite à 4 pattes (ce qui est beaucoup plus économique pour lui vu sa difficulté à
ramper). Quand il rampe, il se hisse avec ses deux bras en même temps et n'utilise pas les jambes.
Je me place derrière lui et appuie sur ses talons pour induire l'alternance des jambes. Brian plie alors
les deux jambes du même côté.
Séance 7 :
Je choisis une nouvelle alternative pour induire le fait de se mettre au sol en plaçant des
barres plates sur l'assise de petites chaises. J'en mets deux afin que Brian ne se relève pas tout de
suite et rampe un peu. On observe la plupart du temps les deux mains qui poussent ensemble. Cette
fois elles ne sont pas toujours toutes les deux devant mais seulement une devant et l'autre sur le
côté. C'est la jambe droite qui est pliée pour aider à avancer. C'est donc la main droite qui est devant
et la gauche qui est sur le côté. A un moment, Brian a poussé avec les mains en alternance.
2. Alexis :
De part sa cardiopathie, c'est un enfant très fatigable. Les séances sont adaptées en fonction
de son état et les temps en mouvement sont courts ou entre-coupés de pauses.
Alexis aime les histoires, les imitations. J'ai donc utilisé ce type d'outil. Nous avons aussi
beaucoup joué à choisir chacun notre tour un mode de déplacement pour aller d'un bout à l'autre de
la salle (ou sur le piano à pied). Alexis aime bien pouvoir prendre part à la séance en ayant la
possibilité de proposer. Cela doit se faire dans un cadre bien défini avec des tours de rôle car Alexis
peut devenir directif.
53
Séance 1 :
Les retournements sont approximatifs : Alexis dévie, il ne va pas droit. Les retournements
sont déclenchés par les épaules et les genoux. Le 4 pattes est bien acquis. Le ramper est présent,
Alexis utilise bien ses deux bras et ses deux jambes mais le mouvement et peu coordonné et pas
fluide.
Séance 2 :
Chacun son tour, nous proposons un déplacement pour aller d'un bout à l'autre de la salle. Le
retournement n'est pas droit. Il est démarré par les épaules et les genoux en même temps. Alexis
montre qu'il peut ramper de manière fluide mais pas longtemps : cela semble lui demander
beaucoup d'effort. Le 4 pattes est fluide.
Séance 3 :
Nous avons travaillé à partir de figurines d'animaux en bois et de cartons représentant des
animaux (vaches, moutons, cochons, poules). Le principe du jeu est de retourner un carton et
d'empiler l'animal représenté sur ceux déjà au centre. Une fois qu'un animal était posé en équilibre,
j'ai ajouté une nouvelle règle : l'imiter. Le 4 pattes est toujours bon. La position accroupie est plutôt
hypotonique : Alexis tient accroupi, talon au sol, genoux très écartés, mais il a du mal à se redresser.
Séance 4 :
Comme la fois précédente, je m'inspire d'un jeu avec des figurines d'animaux en ajoutant la
consigne de les imiter. Il s'agit d'un jeu type tactilo dans lequel il faut retrouver les animaux sur la
carte dans un sac sans regarder. Les animaux sont : la girafe, l'éléphant, le crocodile, le pingouin, le
zèbre, la tortue. Les mêmes constatations que la fois précédente sont faites. Pour le ramper, le
mouvement se fait bien en controlatéral pour les bras et les jambes, mais Alexis n'avance pas vite et
fatigue rapidement.
Séance 5 :
Cette fois c'est un parcours qui est proposé. Je lui demande de ramper sous une barre
accrochée à deux barres de support puis de passer à 4 pattes entre des plots. Lors de la reptation,
seuls les bras sont utilisés pour se hisser. Cela est peut-être dû aux barres de support qui gênent les
jambes.
54
Séance 6 :
Nous reprenons le principe du déplacement dans la salle, cette fois sur un piano à pied. Cela
permet de donner un intérêt au déplacement : faire de la musique. Alexis s'inspire beaucoup des
animaux que nous avons imité pour choisir les déplacements. Le piano étant court, le ramper ne
pose pas de problème. En position accroupie, il est difficile pour Alexis d'avancer (transfert de poids
qui ne se fait pas complètement). Il glisse les pieds au sol.
3. Medhi :
Au début de l'année, Medhi s'est parfois montré opposant, bloquant ainsi la séance.
Maintenant, il s'oppose peu mais détourne plutôt les consignes pour tenter une provocation joyeuse.
Cela limite parfois les séances car demande du temps pour le recadrer. De plus, son attention est de
courte durée. Les exercices proposés doivent donc être assez courts. Enfin, Medhi est fatigable et
perpétuellement enrhumé, ce qui n'arrange rien à son état de fatigue.
Séance 1 :
Je propose la position accroupie pour jouer avec une grosse toupie à terre. Medhi s'installe
en tailleur et ne voit pas d'intérêt à se mettre accroupi. Je tente d'induire la position en me mettant
derrière lui. Ne comprenant pas, il ne tient pas et se laisse tomber en avant. J'installe le gros matelas
afin de l'inciter à aller au sol. Le 4 pattes est bien acquis. Medhi semble très à l'aise. Les
retournements ne posent pas de problème. J'ai des difficultés à induire le ramper.
Séance 2 :
le trampoline est installé au milieu de la salle. Medhi passe dessous dans un sens et dans
l'autre. Cela à l'air de beaucoup l'amuser. Il rampe essentiellement en avant. Seule la jambe gauche
se plie pour aider à avancer. Il se hisse à l'aide de ses deux bras. Medhi s'arrête vite, fatigué.
Il est à noter que nous avons fait de la pâte à modeler au cours de la séance. Un bout est
tombé à terre. Medhi s'est levé pour aller le chercher et s'est accroupi pour le ramasser. La position
accroupie est acquise. Elle est très stable. Les talons sont au sol.
Séance 3 :
Je repropose le travail sous le trampoline. Je tente de placer ma main contre ses talons pour
induire l'alternance des jambes. Il peut s'appuyer sur ma main mais le ramper est particulièrement
55
désordonné. Les deux jambes se plient sans qu'il semble y avoir d'ordre particulier, Medhi se glisse
les deux jambes du même côté puis revient sur le ventre... J'introduis alors le skate afin que Mehdi
reste sur le ventre. Malgré une démonstration, il refuse de s'allonger à plat ventre dessus. Pourtant
cela ne ressemble pas à de l'opposition, il semble à la fois ne pas comprendre la demande et craintif.
J'installe alors un gros cube de mousse sur le skate. Cette fois Medhi s'allonge sur le cube sans
difficulté. Le cube est trop gros : ni ses bras ni ses jambes ne touchent par terre (mais il n'y a pas de
petit coussin dans la salle de psychomotricité). Je le pousse doucement afin qu'il sente et comprenne
mieux l'utilisation que je propose de ce nouvel outil. Il semble un peu craintif au début mais rigole
rapidement et en redemande.
Séance 4 :
Je me suis procuré un petit coussin à installer sur le skate afin de poursuivre l'exercice de la
séance précédente. Cette fois Medhi s'installe à plat ventre sur le skate et se fait rouler. Les bras
donnent l'impulsion en même temps. Seule la jambe gauche se plie.
Séance 5 :
Mehdi est particulièrement enrhumé et sous antibiotiques. De plus, à cause d'une réunion,
nous devons écourter la séance. Nous avons peu de temps avant la fin de la séance. Nous reprenons
rapidement le skate. Seule la jambe gauche est utilisée pour avancer. La jambe droite reste raide et
droite. Les bras sont utilisés sans ordre particulier.
Séance 6 :
La tentative d'utiliser le skate échoue : Mehdi reste à 4 pattes et ne s'allonge pas dessus. Il
commence à faire « ouah ouah ». Nous faisons donc le chien ensemble. Medhi est toujours très à
l'aise dans un 4 pattes qui peut aller vite. Afin d'induire le ramper, je propose l'escargot (c'est un
animal qu'il évoque souvent). Medhi reste à 4 pattes et ne me suis pas sur la démonstration. Il ne
semble pas du tout dans une quelconque opposition : évite-il quelque chose qui est trop coûteux
pour lui ? Trop difficile ? Est-ce l'imitation qui pose problème ?
Séance 7 :
Je tente de proposer de façon plus cadrée et inductive une imitation à partir de figurines
d'animaux en plastique. Medhi ne semble pas comprendre le principe et ne reconnaît pas les
animaux. Seul le chien reste et une sorte de tigre (« Grrrr » et montre les griffes). Le 4 pattes est
toujours organisé et stable. Je lui propose alors de faire l'escargot en passant sous le trampoline.
56
Seule la jambe gauche se plie. Je place mes mains sous ses talons mais il ne s'appuie pas dessus. Ses
mains agrippent les barres du cadre pour se hisser.
C) Conclusion :
Ma principale difficulté a été de trouver des exercices (variés si possible) adaptés à chaque
enfant et surtout justifiant les coordinations que je souhaite leur faire travailler. Si Alexis se prête
facilement au jeu de l'imitation (d'animaux ou de l'autre), ce n'est le cas ni pour Brian ni pour
Medhi. Le 4 pattes est un moyen de déplacement maîtrisé, peu coûteux en énergie, pour lequel ils
sont à l'aise et qu'ils privilégient à moins d'être obligés par l'environnement.
57
IV. Réévaluation :
A) Brian
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–L'équilibre sur la pointe des pieds : 8/12
Brian se met immédiatement sur la pointe des pieds et peut tenir 4 secondes. Après ce laps
de temps, des mouvements et des déséquilibres apparaissent.
Bilan 1 Bilan 2
Score objectif 8 14
Score subjectif 10 17
Score total 18 31
La différence pour le score objectif provient essentiellement de l'équilibre sur la pointe des
pieds.
Pour ce qui est du score subjectif, dans presque tous les items, la souplesse et la fluidité se
sont améliorées. C'est quelque chose qui a été constaté cliniquement : Brian présente moins de
mouvements parasites. Son éducatrice référente l'a aussi constaté. Il est plus stable dans son action.
Cela peut donc influencer l'équilibre statique, qui au début de l'année était très difficile, voire
impossible en unipodal (sursauts permanents pour se rééquilibrer).
B) Alexis
Alexis se montre très fatigué et peu volontaire au début de ce bilan. Le pantin a donc été
reproposé à la fin du test une fois qu'Alexis était plus concentré.
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–Le saut avec demi-tour : 5/8
Alexis ne saute pas tout à fait à 180°. Son corps est détendu mais la réception est lourde et
les pieds ne peuvent être maintenus joints.
Bilan 1 Bilan 2
Score objectif 8 14
Score subjectif 11 15
Score total 19 29
La différence pour le score objectif provient de l'animal préhistorique dans laquelle Alexis a
fait preuve d'une belle capacité de dissociation. Pour ce qui est du pantin (qui demande aussi une
bonne coordination entre les membres inférieurs et supérieurs) il est à noter que le saut est très
complexe pour Alexis. Cependant une amélioration s'observe pour ce qui est de la précision du
mouvement.
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Le score subjectif est amélioré essentiellement sur les items présentant un saut. Les
réceptions sont toujours très lourdes mais la précision du mouvement et la fluidité sont meilleures.
C) Medhi
Stade initiale Stade élémentaire Stade mature
MARCHE
Contrôle visuel Permanent Pas de contrôle visuel nécessaire
Amplitude des pas faible augmente étirée
Raideur, souplesse Mouvements saccadés Aspect plus délié souple
Polygone de élargi Inférieur aux réduit
sustentation dimensions du corps
Déroulement Pieds posés à plat Déroulement du pied Déroulement définitif
plantaire
Bras Levés, servent à Léger balancement Balancement en
équilibrer opposition des pieds
COURSE
Longueur des foulées Courtes et inégales Plus longues Longues
Phase d'envol Pas de phase d'envol courte définitive
(marche rapide)
Extension des jambes Incomplète Complète
Balancement des bras Faible Plus efficace D'avant en arrière en
opposition des jambes
Flexion des bras Flexion à différents Flexion à angle droit
degrés
Balancement des Rotation en dehors des Les genoux croisent la Les cuisses remontent
jambes hanches ligne médiane parallèle au sol
Base de sustentation Large Plus réduite Réduite
SAUT D'UNE HAUTEUR
Impulsion Pas d'impulsion Donnée par les jambes Donnée par les jambes
légèrement décalées simultanément
Corps Pas de phase de Corps s'étend Le corps s'étend
suspension ni d'envol : complètement
Bras un pied est avancé et Derrière le tronc, Action symétrique pour
touche le sol avant que maintiennent l'équilibre maintenir l'équilibre
61
l'autre ait quitté le durant la suspension durant la suspension et
socle. pour parer aux
déséquilibres dans la
réception.
Réception Équilibre précaire Sur un pied puis l'autre Flexion souple des
jambes
MONTER LES ESCALIERS
Debout avec aide Une marche après Alternance des pieds,
l'autre, 2 pieds par un par marche : Mehdi
marche : s'agrippe d'une main à
la rampe, la pointe du
pied levé cogne contre
la marche au moment
de la passer.
DESCENDRE LES ESCALIERS
Debout avec aide Descente d'un pied puis Alternance des pieds,
de l'autre par marche un par marche
Peu d'évolutions sont constatées sur la grille. D'un point de vue clinique, lors de la montée et
de la descente des escaliers, Medhi s'agrippe moins : dans la première évaluation, la rambarde
semblait essentielle à son équilibre, il y était pendu. Elle a plus un rôle de soutien aujourd'hui.
De plus, nous étions d'accord avec son éducatrice référente pour dire qu'il se tient moins
avachi quand il est assis.
62
V. Discussion :
Les résultats ne sont pas massifs. Ils présentent une certaine évolution mais légère. Le travail
autour de la stabilisation de patrons de coordination présents dans notre développement semble
avoir un effet. Effectivement, une amélioration de la posture, de la stabilité et de la fluidité des
mouvements est observée.
Tout d'abord, les enfants suivis n'ont pas fini d'évoluer. Leur développement se poursuit leur
permettant d'acquérir de nouvelles capacités, d'ancrer celles qui sont émergentes. Les améliorations
peuvent être imputables à cette poursuite de leur développement.
De plus, de nombreux professionnels interviennent auprès des enfants. Les éducateurs, les
enseignants, les orthophonistes, la psychologue et tous les rééducateurs travaillent différents
domaines avec les enfants. Ces derniers sont stimulés dans leur prise en charge à l'IME mais aussi
par leurs parents, leur pairs... Leur motricité est travaillée en psychomotricité, en sport, tout comme
dans la cours de récréation. Il est alors difficile de faire la part des choses et de savoir ce qui vient
du travail en psychomotricité. On peut supposer que c'est l'ensemble de ces stimulations qui aident
l'enfant.
La méthode d'évaluation est peut-être trop ciblée sur un type de coordination. J'ai choisi
pour l'évaluation le Charlop Atwell qui évalue la motricité globale et la grille que j'ai constituée
autour de coordinations courantes. Je suis donc partie du postulat de départ que ce sont ces
domaines qui pourront être affectés par mon travail. Des bilans plus complets auraient peut-être pu
63
indiquer d'autres évolutions dans la connaissance des parties du corps, la maîtrise de balle ou la
graphomotricité par la stabilisation de la posture.
Remarque sur la méthode d'évaluation, elle est peut-être trop grossière et doit
impérativement s'accompagner d'annotations sur la clinique. Effectivement, parfois une
amélioration peut être observable sans qu'elle soit indiquée dans les cases proposées par le test ou la
grille. C'est notamment le cas pour Medhi.
Enfin, ce travail n'a pas pour objectif de montrer l'efficacité ou pas d'une pratique. Pour cela
il faudrait pouvoir vérifier si l'absence de ces objectifs de prise en charge auraient abouti aux mêmes
évolutions (avec un groupe témoin).
64
Conclusion
La déficience intellectuelle ne définit en rien les troubles d'une personne. En effet, elle peut
avoir une expression très diversifiée et s'associe à de nombreux troubles. Si elle peut avoir une
étiologie retrouvée, ce n'est souvent pas le cas. Des troubles moteurs sont souvent présents. En
1968, Stambak publie une étude, La motricité chez les débiles mentaux. De par leurs diversités, les
populations présentant une déficience intellectuelle peuvent-elles être l'objet d'étude sans
distinctions sur l'étiologie ou les comorbidités ? Si les études ne se basent que sur une étiologie
spécifique, que deviennent toutes les personnes dont l'origine de la déficience est inconnue ? Il
apparaît clairement que c'est une population sur laquelle un gros travail reste à accomplir,
notamment en ce qui concerne le développement d'outils d'évaluation adaptés.
Enfin, si ce travail de mémoire arrive à son terme, la réflexion et le questionnement n'en sont
pour moi qu'à leurs débuts. Loin d'avoir répondu à mes questions, cette expérience m'en pose de
nouvelles, d'un point de vue théorique sur les origines du mouvement, sur l'approfondissement des
théories dynamiques et ce qu'elles peuvent apporter en pratique, mais aussi sur la pertinence des
outils et des hypothèses exprimées dans les prises en charge. A moi de poursuivre cette réflexion
tout au long de ma carrière professionnelle.
65
Bibliographie
Albaret J.M et Soppelsa Régis. (2007). Précis de rééducation de la motricité manuelle .2éme
édition. Marseille : Solal.
American Psychiatic Associati (2003). DSM-IV-TR Manuel diagnostique et statistique des troubles
mentaux : Texte révisié. Masson.
Bonneau C. (2006). Etude de cas d'un jeune enfant prématuré et porteur d'une trisomie 21 : Apport
d'une prise en charge axée sur les particularités de sa motricité globale. Mémoire en vue de
l'obtention du diplôme d'état de psychomotricien. Toulouse.
Celeste B. et Lauras B. (2000). Le jeune enfant porteur de trisomie 21. Paris : Nathan.
Debu B. (2001). L'apprentissage moteur. Annales de kinésithérapie. Volume 28 n°5. Paris : Masson
Gibson E.J. (1988). Exploratory behavio in the development of perceiving, acting, and the acquiring
of knowledge. Annual Review Psychologie, 39, 1-42
66
Florin A. (2003). Introduction à la psychologie du développement Enfance et adolescence. Paris :
Dunod.
Moczadlo S. (2010). Vers une nouvelle approche de la prise en charge de la dysgraphie : L’apport
des théories dynamiques et de l’étude du mouvement. Mémoire en vue de l'obtention du diplôme
d'état de psychomotricien. Toulouse.
Papalia D-E., Olds S-W et Felman R-D (2010). Psychologie du développement humain. 7ème
édition. Chanelière éducation.
Salesse R. (2006). La Dynamique des coordinations intersegmentaires Résultat d'une coalition des
contraintes neuromusculaires et spatiales. Thèse pour obtenir le titre de Docteur de l'Université de
la Méditerranée, spécialité sciences du mouvement humain.
Simonet L. (2010). Essai d’apprentissage de deux activités motrices avec la méthode CO-OP à un
67
enfant présentant une déficience intellectuelle légère. Mémoire en vue de l'obtention du diplôme
d'état de psychomotricien. Toulouse.
68
Annexes
69
Annexe 1
Feuille de notation de Charlop Atwell
Brian, Bilan 1
70
71
Annexe 2
Brian, Bilan 2
72
73
Annexe 3
Alexis, Bilan 1
74
75
Annexe 4
Alexis, Bilan 2
76
77
Remerciements
Je tiens à remercier Marion Fenech qui m'a écoutée, a répondu à mes questionnements et m'a
accompagnée durant ce stage particulièrement formateur me permettant de mettre un premier pied
dans la vie professionnelle. Merci aussi à toute l'équipe de l'IME qui m'a accueillie et s'est montrée
disponible tout au long de ce stage. Et bien sûr, merci aux enfants de m'avoir acceptée durant une
partie de leur suivi.
Merci à ma famille, à mes parents qui m'ont toujours encouragée et accompagnée dans mes
choix. Merci d'être toujours présents pour moi, que ce soit dans les moments de stress, de blues ou
de joie ! Merci d'avoir relu et traqué les fautes d'orthographe et de français de ce mémoire.
Merci à Paul pour les corrections, les relectures, les coups de main de dernière minute et la
présence réconfortante (et à Carlos pour le délicieux houmous, pause le temps d'un repas).
Merci à vous les filles qui m'avaient supportée dans les moments de stress, soutenue et
encouragée, mais aussi pour tous les bons moments passés ensemble.
A ma super promo, un grand merci pour ces trois années ! On se retrouve au plus vite !!!
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RESUME
Des troubles de la motricité globale sont souvent présents chez les enfants ayant une
déficience intellectuelle. Ce mémoire expose un type de prise en charge de ces difficultés basé sur
l'entraînement de coordinations ou positions constituant des étapes du développement moteur : les
retournements, la reptation, la marche quadrupède et la position accroupie. Dans la partie théorique,
la réflexion se porte tout d'abord sur les théories explicatives du mouvement, notamment l'approche
dynamique. Ensuite, les généralités sur le développement moteur sont exposées. Dans la partie
pratique, le suivi de trois enfants présentant une déficience intellectuelle, leurs évolutions et les
difficultés rencontrées lors de leur prise en charge sont décrits.
ABSTRACT
Motor disabilities are often found in children with intellectual impairment. This dissertation
presents a type of support for these difficulties based on working coordinations or positions that are
important tages of motor devlopment : turning over, crawling, walking and crouching quadruped.
The theoretical part abings by considaring the explanatory theories of movement, including the
dynamic approach. Then, the general motor development is tackled. The practical part outlines
presents the follow up of three children with intellectual disabilities, their evolution and the
difficulties encountered while helping them.
Keywords: stages of motor devlopment, dynamic theories, intellectual disability, global motor
skills.
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