Synthèse du Droit : Concepts et Règles
Synthèse du Droit : Concepts et Règles
Format d’examen ; QCM, questions de maniement du code (retrouver les sources légales d’une
affirmation juridique), questions transversales et de compréhension globale. Matière d’examen
: le syllabus (sauf les parties « pour mémoire »)
TIP IMPORTANT ; annoter le code bac avec toutes les références aux codes (civil, pénal...)
présentes tout au long su syllabus. C’est un antisèche légal.
(!) les articles de lois ([Link]. ou autres) mentionnés dans le syllabus ne sont pas tous repris
dans cette synthèse (sauf les plus importants).
Le droit est une notion polysémique (comme la plupart des sciences sociales) ; en voici
quatre acceptions différentes ;
II. Le droit naturel : Le droit naturel désigne un ensemble de valeurs et de principes non
écrits, qui sont inscrits dans la nature des choses (ex. : rendre la chose empruntée à
autrui) ou dans la nature de l’être humain (ex. : la liberté d’expression), et qui expriment
un idéal supérieur de justice. Le droit naturel s’identifie au droit tel qu’il devrait être
idéalement. Il est présenté comme universel et immuable car fondé sur la nature
humaine.
III. Le droit objectif : Le droit objectif (« law ») est l’ensemble des règles juridiques
applicables dans un ordre juridique donné. Le droit apparaît comme un ensemble
formé de règles de conduite ayant pour objet d'ordonner les comportements sociaux.
Ex. : le droit belge.
Deux éléments ressortent de cette définition du droit objectif : la « règle juridique » et l’«
ordre juridique ».
(1) Toutes les règles ne sont pas des règles de droit. Le droit peut cependant
s’approprier n’importe laquelle de ces règles (= internormativité). Ex. : les règles de
politesse et de savoir-vivre. Ex. : l’incivilité est devenue un concept juridique ; le non-
respect d’une règle de savoir-vivre (se promener nu en rue) est également le non-
respect d’une règle juridique (outrage aux bonnes mœurs).
(2) Toutes les règles de droit ne sont pas des règles de droit étatiques (= norme
juridique établie par l'État, obligatoire et sanctionnée). À nouveau, le droit étatique est
néanmoins libre de reconnaître toute règle de droit « non étatique », en l’assortissant
d’effets juridiques dans l’État considéré. Ex. : les règles édictées par l’Église catholique
ou les fédérations sportives internationales (illustration : les lois de la FIFA).
(3) Les règles de droit étatiques peuvent être sanctionnées de manière contraignante.
Les autres règles juridiques ne pourront l’être que si le droit étatique le prescrit.
Autrement dit, la contrainte est le monopole du droit étatique.
L’ordre juridique étatique repose sur un corps social spécifique : la population (les
générations passées, présentes et futures) de l’État, à savoir les nationaux et les
étrangers établis durablement sur le territoire de l’État. Il est pourvu d’organes qui lui
sont propres (ex. en Belgique : le Sénat, la Chambre...). Mais l’État n’a pas le monopole
du droit, il y a des ordres juridiques autres qu’étatiques. Ex. : une fédération sportive,
l’Église orthodoxe, l’Union européenne…
Une différence essentielle distingue les ordres juridiques étatiques des autres ordres
juridiques : l’État a le monopole de l’exercice de la violence physique légitime. Le
caractère coercitif est spécifique à la règle de droit étatique.
Le droit subjectif peut donc se définir comme la faculté d’exiger d’un tiers (= le titulaire
passif : le débiteur) une prestation ou une abstention déterminée par une règle de droit
objectif. Si tout droit subjectif puise son fondement dans une règle de droit objectif,
toute règle de droit objectif ne confère pas nécessairement un droit subjectif (on ne
parle donc pas de « règle de droit subjectif », mais bien d’un ou de droit(s) subjectif(s)).
Les fonctions du droit (étatique) peuvent varier d’après la vision que l’on a de la société.
Le droit permet le maintien de l’ordre social en évitant l’anarchie et la violence. Le droit
sécurise les rapports humains. Le droit garantit la liberté individuelle et assure l’égalité.
Dans une perspective plus conflictuelle, le droit peut être présenté comme un outil
pour maintenir la domination et les rapports de force existants.
Le droit peut aussi avoir pour fonction de protéger les intérêts communs et de concilier
des intérêts divergents.
Les valeurs désignent des qualités estimées ou désirées par une ou plusieurs
personnes. Les valeurs concernent principalement la sphère privée. Par contraste, le
droit se concentre sur la sphère publique. La séparation entre les deux notions n’est
pas totale, le droit consacre certaines valeurs morales. Ex. : - C. civ., art. 5.35 : le
respect de la parole donnée, la loyauté - C. civ., art. 1.9 : l’obligation d’être de « bonne
foi » - C. civ., art. 6.5 : l’obligation de réparer le dommage causé par sa faute
Les valeurs consacrées par le droit changent constamment et donc le législateur est
en permanence amené à adopter de nouvelles règles de droit ou à modifier les règles
existantes pour suivre l’évolution de la société. Ex. : l’avortement, l’euthanasie ou le
mariage du même sexe.
Lorsque le juge doit trancher un litige, il doit se fonder sur les règles de droit en vigueur,
et non sur des valeurs personnelles, même celle de l’équité. On dit que le juge doit
statuer « en droit », et non « en équité ». Permettre au juge de s’affranchir de la règle de
droit présente un risque d’arbitraire. Le juge serait autorisé à tenir compte de l’équité
uniquement lorsque le droit positif lui-même l’y invite. Ex. : - C. civ., art. 6.10 : « La mineure
de douze ans et plus est responsable du dommage causé par sa faute (...). Le juge peut
néanmoins décider que le mineur ne doit aucune réparation ou limiter cette réparation. Il statue
selon l’équité (...) »
(!) Toutefois, l’équité est davantage présente dans la décision que ne le fait
croire une application rigoureuse du syllogisme juridique. L’équité ne peut pas
s’afficher, elle est perçue comme inconvenante et « juridiquement incorrecte » mais est
omniprésente.
Le droit objectif se manifeste concrètement dans des règles de droit. La règle de droit
prescrit de manière impérative et sous peine de sanction des comportements
déterminés, en obligeant, interdisant ou autorisant certaines choses.
Les règles primaires sont les règles qui régissent les comportements de leurs
destinataires. Ex. : interdiction de fumer dans les lieux publics, obligation de s’arrêter à
un feu rouge, interdiction de porter atteinte à l’intégrité physique d’autrui (C. pén., art.
398 et 418)
Les destinataires secondaires (ou indirects) sont les personnes pour qui la règle de
droit est source de droits subjectifs. Les destinataires secondaires peuvent exiger que
les destinataires primaires fassent ou s’abstiennent de faire quelque chose.
Les destinataires tertiaires sont les personnes qui ont pour fonction de faire respecter
la règle de droit et de sanctionner sa violation. Ces destinataires tertiaires sont des
juridictions et des autorités publiques (ex. : juges, policiers).
Les règles secondaires sont les règles qui déterminent les conditions, les procédures
pour créer, reconnaître, appliquer, modifier et supprimer les règles primaires. Ces
règles concernent prioritairement les institutions juridiques dont elles régissent le
fonctionnement.
II. Structure de la règle de droit : La norme est construite en deux temps selon un
schéma hypothético-déductif : si X alors Y ; s’il y a telle hypothèse, alors il y a telle
conséquence juridique (solution + dispositif).
- des circonstances de fait ; -1. Fait de la nature (pas de mariage avant 18 ans) 2.
Fait de l’homme (“Le meurtre commis avec préméditation est qualifié assassinat. Il
sera puni de la réclusion à perpétuité”) 3. Déclaration de volonté (“Il n’y a pas de
mariage lorsqu’il n’y a point de consentement”.)
- un état de droit (“le mineur est émancipé de plein droit par le mariage” ;
La règle de droit prescrit l’adoption d’un comportement dans une situation déterminée.
Pour encadrer les relations sociales, les règles de droit édictées par l’État sont
obligatoires.
=>La règle impérative est la règle qui s’impose à ses destinataires sans que
ceux-ci puissent en écarter l’application. L’État intervient de manière autoritaire.
Il y a les règles d’ordre public qui protègent l’ordre public. L’ordre public concerne ce
qui touche aux intérêts essentiels de l’État ou de la collectivité ainsi que les bases
juridiques sur lesquelles repose l’ordre économique, moral social ou environnemental
de la société.
Il y a les règles impératives au sens strict (ou simplement impératives) qui protègent
des intérêts privés, souvent les intérêts d’une catégorie de personnes présentant une
vulnérabilité ou une faiblesse.
- il y a nullité absolue de l’acte qui s’oppose à une règle d’ordre public : toute
personne intéressée peut solliciter la nullité, on ne peut renoncer à se prévaloir de la
nullité, le juge peut prononcer d’office cette nullité ;
b. Caractère coercitif
Pour assurer son effectivité, la règle de droit est généralement assortie d’une sanction.
Cette sanction est susceptible d’être exécutée par la force (contrainte). La notion de «
sanction » vise l’ensemble des conséquences attachées au non-respect d’une règle de
droit.
> Les sanctions consistant en une exécution forcée : L’exécution forcée consiste
à condamner le débiteur à exécuter son obligation. Elle s’effectue en nature. Ex. :
expulser un squatteur ou un ancien locataire ;
> Les sanctions consistant en une privation ou une limitation d’un droit ou d’une
liberté : Si l’auteur de la règle estime qu’il faut protéger un intérêt d’ordre général alors
il est possible de retrouver des sanctions de ce type qui cherchent à punir l’auteur du
comportement. La logique est répressive. Ex. : - emprisonnement ;
La sanction ne se retrouve pas uniquement dans les règles de droit étatiques. Les
ordres juridiques non étatiques peuvent prévoir des sanctions en cas de non-respect
des règles qu’ils édictent.
(!)Les sanctions peuvent, le cas échéant, être imposées par la contrainte, c.-à-d. en
recourant à l’usage de la force. C’est une condition de l’effectivité du droit. À la
différence de la sanction, l’usage de la contrainte physique légitime constitue le
monopole de l’État et donc du droit étatique. Il existe des exceptions à ce monopole
étatique de la violence légitime, comme la légitime défense.
La règle de droit individuelle est celle qui s’adresse à une ou plusieurs personnes
déterminée(s) ou, à tout le moins, déterminable(s) par avance. Contrairement à la règle
de droit générale, qui présente un caractère abstrait, la règle de droit individuelle est
concrète, en ce sens qu’elle est destinée à s’appliquer une seule fois. Les règles
individuelles sont tantôt d’origine publique, tantôt d’origine privée. Les principales
règles individuelles d’origine publique sont adoptées par :
>le pouvoir judiciaire, dans le cadre des litiges dont il est saisi (Ex. : décisions
jurisprudentielles) ;
(!)Les règles individuelles peuvent également émaner de personnes privées. On vise ici
les contrats (conventions) conclus entre particuliers. Ex. : un contrat de vente d’une
propriété.
E. L’Etat de Droit
I. Le respect du droit par tous : Le droit doit être quelque chose qui influence tout le
monde ; l’Etat de droit est un État au sein duquel toute personne est soumise au droit, y
compris l’État et toute autorité publique qui disposent. L’action des pouvoirs publics
est entièrement canalisée par le droit. L’exercice de la puissance publique suppose
toujours une compétence qui procède par une habilitation légale. Ce principe s’oppose
à l’Ancien Régime (régime arbitraire dans lequel il y avait une forte concentration des
pouvoirs et où ceux qui le détenaient agissaient dans leur intérêt personnel et non dans
l’intérêt général (tyrannie, despotisme, Etat de police... -> risque d’abus de pouvoir)).
=> Exigence formelle (pour être dans un Etat de droit) ; les gouvernements agissent sur
base d’une habilitation juridique = autolimitation du droit.
=> Exigence matérielle ou substantielle (pour être dans un Etat de droit) ; certaines
insuffisances de l’exigence formelle se sont révélées à l’issue de la WW2 (l’Etat Nazi
était un état de droit d’un point de vue de l’exigence formelle, puisqu’il agissait selon
ses propres habilitations juridiques) -> le droit doit être créé sur base d’un système de
valeurs liées d’une part aux libertés fondamentales et aux droits humains et, d’autre
part à la démocratie = hétérolimitation du droit ( limité par un droit qui lui est extérieur,
par un droit dont le contenu est indépendant de la volonté du pouvoir politique et qui se
traduit par les notions de droits fondamentaux et de démocratie).
- fin du 18e siècle : pensée libérale = libertés civiles individuelles (liberté d’expression)
et libertés politiques (droit de vote, droit d’être élu) ;
- fin du 20e siècle : troisième génération se centrant sur l’espèce humaine en lien avec
des mouvements écologistes, pacifistes et tiers-mondistes (droits relatifs à
l’environnement, droits relatifs aux minorités, droits sur la protection des données...).
=> Idéal démocratique : régime où le pouvoir est exercé par le peuple, pour le peuple et
au nom du peuple. Trois principes ; décisions prises à la majorité, protection des
minorités (éviter les décisions discriminatoires par rapport à l’ethnie, la religion etc.) et
acceptation de la contestation politique.
II. La séparation et l’équilibre des pouvoirs : Dans un État de droit, il existe une pluralité
de « pouvoirs constitués ». Les pouvoirs sont dits « constitués », car ils sont établis et
organisés par la Constitution de l’État. Une seule personne (physique ou morale) ne
peut pas obtenir tout le pouvoir => Depuis Montesquieu, il est classique de dire que le
pouvoir est réparti entre trois instances ayant leurs missions respectives :
- pouvoir exécutif (le gouvernement et le Roi) : exécute, applique les règles juridiques de
valeur législative, définit la politique nationale (établissement du budget, dirige la
politique extérieure, commande l’armée...) ;
- pouvoir judiciaire (les juridictions) : tranche les litiges en appliquant la règle de droit
aux cas concrets. L’ensemble des décisions prises par le pouvoir judiciaire forme la
jurisprudence.
(!)Cette séparation n’est que relative, ce qui permet d’éviter les abus de pouvoir.
Chacun des pouvoirs exerce une influence sur l’un l’autre :
- Législatif sur exécutif : délimite les compétences de l’exécutif puisqu'il vote des
lois qui limitent son champ d’action. Il y a aussi un contrôle politique => droit
d’interpellation sur la manière dont le gouvernement (pas le Roi) exerce son
pouvoir exécutif (peut amener à un vote de méfiance si un ministre n’exerce pas
bien son pouvoir). Il peut aussi créer des commissions parlementaires pour
enquêter sur certains événements particuliers permettant d’évaluer la politique
du gouvernement, et il vote le budget élaboré par le gouvernement exécutif ;
- Législatif sur judiciaire : Le pouvoir législatif établit les lois relatives à
l’organisation et au fonctionnement des cours et tribunaux, et en élaborant et en
modifiant les lois, va forcément influencer le travail des cours et tribunaux qui
tranchent les conflits en appliquant les lois. Il vote aussi le budget de la justice ;
- Exécutif sur législatif : Le Roi et les gouvernements communautaires et
régionaux sont en Belgique une des branches du pouvoir législatif. Ils jouent
donc un rôle important dans l’élaboration des lois, décrets et ordonnances
(Const. Art. 36). Le Roi peut également dissoudre la Chambre des représentants
(pouvoir de dissolution) dans des cas précis (Const. Art. 46) ;
- Exécutif sur judiciaire : Le Roi nomme les juges (Const, art. 151, §4) et nomme et
révoque les membres du ministère public près les cours et tribunaux (Const.,
art. 153). => principe d’inviolabilité du Roi : le judiciaire ne peut pas punir le Roi.
Le Roi peut remettre ou réduire des peines prononcées par un juge.
- Judiciaire sur législatif : peut juger des parlementaires même si cela suppose
des règles particulières (Const., art. 58, 59 et 120). Selon la jurisprudence de la
Cour de cassation, les juges doivent écarter une loi qui s’oppose à un traité
international qui a des effets directs.
- Judiciaire sur exécutif : peut juger des ministres même si cela suppose des
règles particulières (Const., art. 103 et 125). Les cours et tribunaux n’appliquent
pas les arrêtés et règlements du pouvoir exécutif qui ne sont pas conformes aux
lois.
III. Hiérarchie des règles juridiques : La hiérarchie des règles juridiques (ou hiérarchie
des normes) suppose que les pouvoirs publics, lorsqu’ils édictent des règles,
respectent les règles supérieures. Le respect de la hiérarchie des règles juridiques est
lié à l’exigence formelle de l’État de droit.
De ce point de vue, la Constitution a la primauté sur les autres règles en tant que « Loi
fondamentale » de l’État, viennent ensuite les règles issues du pouvoir législatif
(censées être l’expression de la volonté générale) et enfin, viennent les règles issues du
pouvoir exécutif (venant exécuter les règles du pouvoir législatif).
-> Il existe des contrôles qui permettent de déterminer si cette hiérarchie est
bien respectée (Cour Const., Const. Art. 159, Conseil d’Etat etc.).
Le droit est associé avec la neutralité et avec l’objectivité (exigence formelle) ainsi
qu’avec la justice, la démocratie et l’ordre naturel des choses (exigence matérielle ou
substantielle). Le droit Belge, lui, s’inspire de l’idéologie libérale car il est très axé sur la
protection de la liberté individuelle face aux abus de pouvoir, ainsi que la nécessité de
maintenir une sphère privée chez l’individu (l’Etat ne nous dit pas quoi penser) et
l’égalité des chances des individus (on ne cherche pas à donner à chacun la même
chose, mais on met tout le monde dans les mêmes conditions).
On peut aussi avancer que le droit en lui-même est une idéologie, car il vise à présenter
la réalité à partir de concepts juridiques, à transformer les problèmes politiques et
sociaux en problèmes juridiques ; tout est analysé à travers les lunettes du droit (ex. :
une personne achète un journal, c’est un contrat, pas juste une action culturelle ou
sociale).
Enfin, le droit peut être vu comme un instrument dans une relation de pouvoir pour
justifier une idée politique. Ex. : la colonisation justifiée parce que les tribus avaient
signé des contrats ou que la colonisation était juridiquement bonne, car elle a permis la
suppression de pratiques culturelles considérées à l’époque comme barbares
(polygamie, anthropophagie). On voit donc qu’un régime raciste a pu être justifié par la
référence au droit.
F. Les personnes
Désigne tous les êtres humains dès la naissance si nés vivants (par opposition à
l’enfant mort-né) et viables (viabilité désigne « la capacité physiologique à survivre »,
certaines déficiences ou immaturités physiologiques conduisent nécessairement et
rapidement au décès).
(!)Tous les êtres humains sont des personnes physiques et jouissent donc de la
personnalité juridique. En effet, l’esclavage et la mort civile (qui consiste en la privation
de tous les droits civils et politiques) sont abolis en Belgique (Const. art. 18).
La personne morale est une entité abstraite constituée par un groupement de biens ou
de personnes (physiques ou morales) à laquelle le droit objectif attribue une
personnalité juridique distincte des membres qui la composent. Elle peut être sujet de
droits et d’obligations et elle jouit d’un patrimoine propre et peut être traduite en
justice. Elle est composée d’organes (personnes physiques qualifiées pour agir au nom
de la personne morale).
=> personne morale de droit public : créée par les autorités publiques, qui
doivent servir l’intérêt général. (Communautés, provinces, SNCB, CPAS, ONSS, STIB...)
=> personne morale de droit privé : les personnes morales de droit privé doivent
être distinguées, selon qu’elles constituent des groupements de personnes ou des
groupements de biens. Entreprises de particuliers (sociétés, associations) =
groupements de personnes à but lucratif ou non-lucratif =/= fondations (groupement de
biens, a pour objet de gérer un capital en vue d’un but désintéressé).
a. La capacité de jouissance
=> Certaines personnes physiques sont inaptes à avoir la capacité de jouissance (les
incapacités de jouissance sont soit une sanction, soit liées à une inaptitude), comme
un mineur qui ne peut pas voter ou une indignité successorale (un fils qui tue son père
ne peut pas hériter de son patrimoine) (C. Civ. Art. 4.6).
=> Les personnes morales se voient reconnaître la personnalité juridique et donc une
capacité de jouissance pour leur permettre de réaliser un but spécifique (C. civ., art.
1.3). Leur spécificité justifie donc diverses restrictions :
-qui résultent de la nature même de la personne morale (une entreprise ne peut pas se
marier) ;
-qui résultent de la Loi (principe de la spécialité légale) : restrictions liées à son cadre
légal (ex. : l’objet des sociétés étant lucratif, il leur est en principe interdit de faire des
donations ou libéralités, à moins que celles-ci n’aient un but de promotion
commerciale) ;
b. La capacité d’exercice
=> Les personnes physiques ont la capacité d’exercice sauf exceptions prévues
par la Loi (C. civ. art. 1.3 et 5.40) et liées à une idée de protection ; par exemple les
mineurs ou les personnes protégées (infirmes mentaux, personnes majeures qui sont
totalement ou partiellement incapables d’assumer la gestion de leurs biens ou de leurs
personnes) => pas de capacité d’exercice pour ne pas conclure de ventes stupides (par
exemple).
Pour mettre en œuvre les droits d’un “incapable”, il faut donc qu’intervienne une
personne capable, à même de suppléer à l’incapacité. On parle alors du « représentant
légal » (ex. : les parents du mineur ou le tuteur de l’incapable).
Les personnes morales sont par nature dans l’incapacité d’exercer elles-mêmes les
droits dont elles sont titulaires. Mais la Loi (C. Civ. Art. 1.3) prévoit la capacité
d’exercice (étonnant selon le professeur) pour les personnes morales par
l’intermédiaire de personnes physiques (organes1). Ex. : conseil d’administration =
organe d’une entreprise, Sénat = organe de l’Etat.
1
Les organes ont en principe le pouvoir d’accomplir tous les actes nécessaires ou utiles à la réalisation
de l’objet de la personne morale concernée. Ce sont eux qui assument la gestion, ainsi que la
représentation externe de la personne morale. Les actes posés par les organes sont considérés comme
posés par la personne morale elle-même.
III. Le patrimoine des personnes :
Ensemble indivisible de droits et obligations qui ont une valeur pécuniaire que
possèdent une personne. Cet ensemble est ou peut être :
-inaliénable entre vifs ; càd qu’il ne peut pas avoir de donations de patrimoine entier
entre personnes vivantes (le contenu du patrimoine ne se transmet, dans sa globalité,
que pour cause de mort))
-un gage commun des créanciers ; si qqn est votre créancier, votre patrimoine peut être
utilisé en son entièreté comme remboursement (sauf bien insaisissables : vêtements,
le coucher, objets nécessaires pour les études).
(!) Le patrimoine de la personne morale étant distinct de celui de ses membres, les
créanciers de la personne morale ne pourront en principe pas exercer de recours sur le
patrimoine personnel de ses membres afin de le saisir, et inversement.
Les droits extrapatrimoniaux sont des droits inhérents à la personne. Ils ont un
caractère absolu, ils sont opposables à tous (pers. physiques et morales). Il en existe
deux catégories :
(!) les personnes morales possèdent aussi de droits de la personnalité sous réserve
qu’ils soient étroitement liés à la nature humaine (ex. : le droit à l’image)
Ils ont une valeur pécuniaire et font donc partie du patrimoine de la personne et
possèdent toutes les caractéristiques propres à ce dernier (vente, succession...). Les
droits patrimoniaux sont en principe susceptibles d’être prescrits (peuvent s’acquérir
ou se perdre par l’écoulement du temps). Parmi les droits patrimoniaux, on distingue
les droits de créance et les droits réels :
- les droits de créance (ou droits personnels) ; droit en vertu duquel une personne
(créancier) peut exiger d’une autre (débiteur), l’exécution (forcée) d’une prestation,
étant entendu qu’il peut s’agir d’une :
(!) Le droit de créance établit un rapport entre des personnes (physiques ou morales),
ce rapport est relatif (limité au créancier et au débiteur) et n’est donc pas opposable à
tous (ex. : C. civ., art. 5.103).
- les droits réels ; Les droits réels confèrent à leur titulaire une maîtrise directe,
immédiate et exclusive sur une chose corporelle. Les droits réels portent sur
une chose corporelle (meuble ou immeuble).
(!) À la différence des droits de créance, les droits réels ont un effet absolu (erga
omnes, opposable à tous) et octroient un droit de suite (permet de revendiquer le bien,
même si celui-ci a changé de propriétaire (en cas de vol d’un bien ensuite vendu par
exemple)) et de préférence (donne au titulaire d'un droit réel la priorité sur d'autres
créanciers lors du partage de la valeur d'un bien (ex. : privilège du Trésor public : si une
personne doit des impôts, l'État a priorité pour récupérer ce montant avant d’autres
créanciers sur les biens du débiteur).
Les droits réels sont énumérés par la loi. Cela signifie que les particuliers ne peuvent
pas créer des droits réels. L’art. 3.3 du Code civil permet d’établir la liste des droits
réels (tous cités). Ces différents droits réels peuvent être rassemblés en deux
catégories :
1. Les droits réels principaux (ou droits réels de jouissance). Cette catégorie regroupe ;
(!) Les autres droits réels principaux sont des « démembrements » de la propriété. Ainsi,
dans le cas de l’usufruit (droit réel d’usage), l’usufruitier dispose de l’usus et du fructus
tandis que le nu-propriétaire dispose de l’abusus (C. civ., art. 3.138 à 3.166).
=>Ces trois types de droits réels principaux ont une existence propre (ils existent
indépendamment d’une créance) et confèrent à leur titulaire une utilité tant juridique
que matérielle sur la chose corporelle.
2. Les droits réels accessoires ; - les sûretés réelles (garanties offertes par un débiteur
à un créancier, portant sur un bien spécifique, afin d'assurer le paiement de la dette en
cas de défaillance : privilèges spéciaux, le gage, l’hypothèque et le droit de rétention
(art.3.3. [Link].))
(!) Ils n’ont pas une existence propre puisqu’ils se greffent sur un droit de créance pour
en garantir l’exécution (si insolvabilité du débiteur (incapacité de venir à bout de sa
dette). Ils confèrent à leur titulaire une utilité juridique (mais pas matérielle) puisqu’il
s’agit pour son titulaire d’être protégé face à l’insolvabilité du débiteur.
Les droits intellectuels confèrent à une personne des droits sur une création
immatérielle, qui doit être matérialisée (breveter une idée = matérialiser) pour exister
juridiquement. Ces droits permettent au créateur de protéger l’intégrité morale de son
œuvre et d’en tirer un bénéfice économique exclusif et temporaire, conciliant ainsi les
intérêts du créateur (doit pouvoir tirer profit) et ceux de la société (ne doit pas être
privée de l’invention).
(!) Ils ont des aspects extrapatrimoniaux et des aspects patrimoniaux ; ils englobent des
aspects moraux, pour protéger la personnalité du créateur, et économiques, pour
favoriser l’exploitation de l’œuvre.
Les droits subjectifs puisent leur fondement dans une règle de droit objectif. Plus
précisément, des actes juridiques ou des faits juridiques ;
- Le fait juridique est un événement, volontaire ou non, qui produit des effets
juridiques déterminés par la loi sans que ceux-ci aient été voulus par la personne
concernée. Ces faits incluent des actes humains (comme un accident ou un vol), des
phénomènes naturels (le temps), et des événements de la vie (comme la naissance ou
le décès). (C. civ., art. 3.21, 3.24, 3.28, 2219)
H. Les branches du droit (interne) : (!) Une branche de droit regroupe les règles
régissant un domaine particulier des rapports sociaux, élaborées au niveau national
(droit interne) ou international. En droit interne, la division principale est entre le droit
public, qui régit les relations entre les pouvoirs de l'État et les citoyens, et le droit privé,
qui régit les relations entre particuliers.
a. Le droit constitutionnel
b. Le droit administratif
(!) Les règles de droit administratif sont en partie inscrites dans la Constitution, mais
surtout dispersées dans des lois spécifiques, avec des principes généraux appliqués
par la jurisprudence du Conseil d’État (très importante pour cette branche du droit).
c. Le droit fiscal
-impôts directs, prélevés sur des revenus récurrents ; immobiliers (loyers...), mobiliers
(dividendes...), et professionnels (salaire...),
-impôts indirects, perçus lors de certaines transactions (droits de douane, TVA, droits
d’accises, droits d’enregistrement, droits de succession).
(!) La Constitution belge fixe des principes fondamentaux du droit fiscal, tels que la
légalité (Const. Art. 170), l’annualité (Const., art. 171) et l’égalité de l’impôt (Const., art.
172). Les règles fiscales belges se trouvent dans la Constitution, des codes spécifiques
et diverses lois.
Le droit de la sécurité sociale assure la prise en charge des risques sociaux (comme la
maladie, le chômage et la vieillesse) et certaines situations de pauvreté via des aides
sociales (CPAS). Il définit les bénéficiaires, les conditions d’accès, le montant et les
modes de financement des prestations.
(!) Bien que reconnu par la Constitution (Const., art. 23, al. 3, 2°), ce droit n'est pas
codifié et se trouve dans diverses lois spécifiques.
(!) Ces règles sont codifiées dans le Code pénal (pour le droit pénal) et le Code
d’instruction criminelle (pour le droit de la procédure), complétés par diverses lois
spécifiques (pour les deux). Le droit pénal repose sur des principes fondamentaux :
- la légalité des incriminations et des peines (on ne peut être condamné que si
une loi prévoit l'infraction => Const. Art. 12 et 14), - l’interprétation stricte (le juge doit
s’en tenir aux termes de la loi sans extrapoler, aller au-delà de la loi), - la non-
rétroactivité (une infraction ne peut être punie que si elle était déjà illégale au moment
où elle a été commise => (!) sauf exception ; C.pén. art.2).
a. Le droit civil
Le droit civil est la branche principale du droit privé, régissant les relations entre
particuliers et comprenant les (sept) matières suivantes :
- (1)le droit des personnes (relatives à la condition juridique des individus), (2)- le droit
de la famille (mariage et filiation), (3) - le droit des régimes matrimoniaux (situation
juridique des époux), (4) - le droit des successions (sort des biens, créances et dettes
post-mortem), (5) -le droit des donations (actes juridiques à titre gratuit (testaments)),
(6) - le droit des biens (définition des droits que l’on peut acquérir sur biens meubles ou
immeubles), (7) - le droit des obligations (engagements liés à une loi ou à un acte
juridique).
(!) Ce droit règle des aspects essentiels de la vie, comme la naissance, le mariage, les
contrats, et la transmission des biens après décès. Le droit civil est principalement
codifié dans le (nouveau) Code civil belge, initialement de 1804 (Code Napoléon = Anc.
[Link].) et progressivement mis à jour, avec des lois complémentaires pour des
situations particulières.
(!) Le droit économique et le droit du travail (qui sont d’autres branches du droit privé)
ont progressivement conquis leurs autonomies par rapport au droit civil pour mieux
répondre à des relations sociales spécifiques.
b. Le droit économique
Le droit économique régit les activités économiques et répond aux besoins spécifiques
des relations entre sociétés, tels que la rapidité et la simplification des preuves. Il est
encadré par le Code des sociétés et des associations, le Code de droit économique, et
diverses lois spécifiques.
Le droit judiciaire privé fixe les règles de procédure que les juridictions suivent pour
résoudre des conflits relatifs aux droits subjectifs, en définissant les compétences, les
étapes du procès et les modes d’exécution des décisions. Il accompagne des branches
du droit comme le droit civil, économique et du travail, et est principalement codifié
dans le Code judiciaire. La Constitution en pose certains principes fondamentaux, tels
que la publicité des audiences, l’indépendance des juges, et le droit d’être entendu, qui
sont précisés par la jurisprudence de la Cour de cassation (au niveau de
l’interprétation).
Le droit international privé régit les situations de droit privé comportant un élément
étranger, comme des litiges impliquant plusieurs législations nationales. Il traite de
trois aspects principaux :
-la compétence des tribunaux belges dans des litiges internationaux liés à la
Belgique,
(!) Bien que « international » dans son objet, il est principalement établi par chaque État,
même si certaines conventions, comme celle de La Haye (12 juin 1902), harmonisent
certaines règles. En Belgique, le droit international privé est codifié dans le Code de
droit international privé de 2004.
(!) La classification du droit n'est pas universelle et certains auteurs proposent d’autres
divisions au-delà de la distinction traditionnelle entre droit public et droit privé (summa
divisio). La frontière entre ces branches est souvent floue, et avec l’évolution de la
société, de nouvelles branches émergent, comme le droit de l’environnement et le droit
de la jeunesse, rendant la classification encore plus complexe.
I. État de droit : En Belgique, l’État de droit (défini auparavant) limite les pouvoirs des
institutions publiques, qui doivent respecter des règles établies démocratiquement et
protectrices des droits humains. Le système belge assure la séparation des pouvoirs,
permet des réparations pour les fautes des autorités, et dispose de juges indépendants
vérifiant la hiérarchie des normes (Conseil d’Etat, Cour Const., + reconnait la CJUE,
CEDH). Les droits fondamentaux sont garantis par la Constitution et protégés par des
recours juridiques et divers traités internationaux (déclaration universelle des droits de
l’homme etc., voir code bac).
II. Monarchie :
La Belgique est une monarchie constitutionnelle où le Roi, chef de l’État, n’a que les
pouvoirs accordés par la Constitution (Const. Art. 105). Ses actes nécessitent un
contreseing ministériel (signature d’un ministre validant un acte juridique), rendant les
ministres responsables, tandis que le Roi lui-même est inviolable (Const. Art. 88 ; le roi
ne peut être assigné devant un tribunal) et n’exerce qu’une influence symbolique. La
monarchie est héréditaire selon le principe de primogéniture, désormais ouvert aux
femmes.
De 1831 à 1970, la Belgique était un État unitaire décentralisé (unitaire, car une seule
autorité centrale gouvernait tout le pays ; décentralisé, puisque les provinces et
communes géraient les intérêts locaux sous contrôle central). Aujourd'hui, la Belgique
est un État fédéral avec plusieurs niveaux juridiques superposés, comprenant quatre
régions linguistiques, trois Communautés, et trois Régions, tout en conservant ses
provinces et communes décentralisées.
a. Régions linguistiques
En 1960, quatre régions linguistiques ont été créées :
- Région néerlandaise avec cinq provinces flamandes ; - Région française avec cinq
provinces wallonnes ; - Région allemande avec neuf communes germanophones (en
province de Liège) ; - Région bilingue de Bruxelles-Capitale comprenant 19 communes
bruxelloises.
b. Régions et communautés
Le fédéralisme belge est une dynamique « centrifuge » (=/= “centripète” d’autres états
fédéraux (construction par association d’Etats)), marquée par la dissolution
progressive d'un État unitaire via six réformes successives :
a. Territoire
La Belgique compte actuellement dix provinces et 581 communes, toutes faisant partie
d'une province sauf les 19 communes bruxelloises, dont les compétences provinciales
sont exercées par les autorités régionales. Les provinces sont des subdivisions des
Régions flamande et wallonne et fonctionnent comme des entités décentralisées.
Depuis la sixième réforme de l'État, les Régions ont la possibilité de supprimer les
provinces et de les remplacer par des collectivités supra communales.
b. Compétences
Les provinces et communes n’ont pas de compétences législatives, mais elles peuvent
adopter des règlements dans deux cas :
- Pour des matières d’intérêt général déléguées par une autorité supérieure
(fédérale ou fédérée), telles que l’octroi de permis d'urbanisme ou la gestion de
bibliothèques.
- Pour des matières d'intérêt provincial ou communal, qui leur confèrent une
autonomie limitée, comme la promotion du tourisme provincial ou la gestion de
l’urbanisme local.
c. Institutions
-Le collège provincial ; Organe exécutif élu par le conseil provincial, comprenant le
gouverneur. Gère les affaires quotidiennes de la province, exécute les décisions du
conseil, participe à la tutelle sur les communes et intervient dans les litiges électoraux.
- Le gouverneur provincial ; Nommé à vie par le gouvernement régional, il veille au
respect des normes supérieures et assure l’ordre public dans la province.
II. Principaux organes communaux : Le conseil communal ; Assemblée élue pour 6 ans
(Belges, citoyens de l’UE, et certains étrangers non européens), dont les réunions sont
publiques au moins 10 fois par an. Gère le budget, le patrimoine, les taxes
communales et prend des règlements locaux, tout en organisant des consultations
populaires.
I. L’Autorité fédérale :
a. Territoire : Bien que la Belgique soit un État fédéral, elle conserve des
institutions nationales (Chambre des représentants, Sénat, gouvernement fédéral) aux
compétences couvrant tout le territoire.
La fonction de juger, qui consiste à trancher les litiges en appliquant le droit, est
exercée principalement par le pouvoir judiciaire, mais d’autres institutions y
contribuent également (Chambres pour les élections, juridictions internationales, Cour
constitutionnelle, Conseil d’État, arbitrage, etc.). Les cours et tribunaux traitent les
litiges civils, politiques et pénaux, chacun selon des règles spécifiques.
- Le juge : Nommé à vie par le Roi (et est inamovible sauf consentement), est
indépendant (tranche sans influence/contrainte) et impartial (tranche sans parti pris ou
préjugés) ; il ne peut pas trancher sur qqch qui le concerne personnellement ou sur une
affaire qu’il a connue auparavant, ou s'il y a conflit d’intérêts ou une “inimité capitale”
(ex. : 2 étudiants, 1 devient juge, l’autre devient défendant => le juge n’aimait pas
l’autre étudiant = inimité capitale).
- Le ministère public : Nommé et révoqué par le Roi, défend l’intérêt général dans les
procès civils et pénaux (rôles différents ; civil = assiste le juge, pénal = poursuit). Il n’est
ni irrévocable ni inamovible, et il peut aussi imposer la continuité d’une affaire mais pas
l’arrêt de celle-ci (=pouvoir d’injonction positive).
- L’avocat : défend et conseille son client, avec un rôle renforcé par (!)l'arrêt Salduz
(L’arrêt Salduz (- Cour eur. D.H., 27 novembre 2008) a entraîné une révision de la loi
belge pour permettre l'assistance d’un avocat dès l’interrogatoire et la concertation
confidentielle dès la première audition, renforçant les droits de la défense et le droit à
un procès équitable) octroyant des garanties supplémentaires pour les personnes
privées de liberté.
- Le greffier : Nommé par le Roi, assiste le juge et gère l’organisation des audiences. -
L’huissier : Nommé par le Roi, a 4 rôles ; signifie des actes judiciaires, recouvre les
dettes, exécute les décisions de justice et effectue des constatations matérielles. -
L’expert : fournit au juge des avis techniques dans des domaines spécialisés, qui, bien
que consultatifs (le juge charge l’expert mais n’est pas tenu de suivre son avis),
influencent souvent le verdict.
g. Autorité de la chose jugée : Une fois rendue, une décision de justice a une
autorité qui empêche que la même affaire soit rejugée (présomption de vérité légale ; la
décision est présumée exprimer la vérité légale dans le cas tranché). La décision peut
être contestée seulement par des voies de recours.
h. Voies de recours : Les parties peuvent contester une décision via l’opposition,
l’appel ou le pourvoi en cassation. Chaque voie permet une nouvelle révision :
Opposition : demande un réexamen par le même tribunal ; Appel : demande un
réexamen par un tribunal supérieur ; Pourvoi en cassation : la Cour de cassation vérifie
uniquement la légalité de la décision sans rejuger l’affaire sur les faits (elle va “casser”
si elle est considérée illégale).
(!) Les compétences des juridictions sont déterminées par leur champ d’action
(compétence matérielle) et par la zone géographique (compétence territoriale) où elles
peuvent exercer leur pouvoir.
=>Principales juridictions :
- Juge de paix : il en existe 187. Compétent pour les litiges civils d’un montant inférieur
à 5 000 euros et pour certains litiges spécifiques (n’importe le montant) (baux,
copropriété, etc.). En cas de litige supérieur à 2 000 euros, appel possible devant le
tribunal civil ou de la famille.
- Tribunal civil : il en existe 13. Compétent pour tous les litiges civils au-delà de 5 000
euros, les appels des jugements de paix et de police (civil, si + de 2000 euros). Appel
possible devant la Cour d’appel (sauf si le tribunal civil était lui-même l’instance
d’appel ou si le montant est inférieur à 2500 euros).
-Tribunal correctionnel : il en existe 13. Compétent pour les délits et certains crimes
"correctionnalisés" (crime requalifié en délit pour circonstances atténuantes), ainsi
que pour l’appel des décisions de la police (pénal). Appel possible devant la Cour
d’appel SAUF si le tribunal correctionnel était déjà la juridiction d’appel.
- Tribunal du travail : il existe 9 tribunaux. Compétent pour les litiges relatifs au droit du
travail et à la sécurité sociale et le règlement collectif des dettes, avec appel possible
devant la Cour du travail.
=>Cours d'appel :
- Cour du travail : il en existe 5. Compétente pour les appels des jugements du tribunal
du travail. Pas d’appel mais pourvoi en cassation.
- Cour d’assises : il en existe 11. Composée de 3 juges et 12 jurés tirés au sort. Non
permanente (ne siège que si nécessaire), elle juge des crimes graves (sauf crimes
correctionnalisés) et des délits politiques ou de presse (sauf délits de presse racistes
ou xénophobes => tribunal correctionnel). Pas de possibilité d’appel, mais pourvoi en
cassation possible.
=>Cour de cassation :
La Cour de cassation est la juridiction suprême en Belgique (1 seule, elle est à
Bruxelles). Elle vérifie si les décisions en dernier ressort respectent bien les règles de
droit. Elle ne traite pas du fond des affaires et ne les rejuge pas mais annule ("casse") la
décision si elle constate une erreur de droit et renvoie l’affaire devant une juridiction de
même niveau que celle qui a rendu la décision cassée (qui est tenue de respecter la
position de la cour de cassation). Elle reçoit les pourvois de multitudes de juridictions
vues ci-dessus.
(!) Rappel : L’ordre juridique belge est composé de sources formelles, qui sont
juridiquement contraignantes et de sources informelles, qui n’ont pas de force
obligatoire, mais qui influencent indirectement le droit belge.
A. La Constitution
B. Les lois spéciales : I. Définition : Les lois spéciales sont adoptées par le
pouvoir législatif fédéral avec des quorums (désignent les seuils de présence et de vote
nécessaires pour valider une décision) spécifiques pour protéger la minorité
linguistique francophone contre des décisions de la majorité néerlandophone.
II. Domaine : Leur domaine est fixé par la Constitution. Elles traitent de
questions sensibles pour les communautés linguistiques (ex. : Const. Art. 4 ; frontières
linguistiques, etc.)
III. Procédure d’élaboration : Trois procédures d’élaboration pour les lois ordinaires :
1. Initiative législative : L’initiative d’une loi peut venir soit de la Chambre des
représentants, soit du Roi (via le gouvernement). Si elle vient du gouvernement, elle est
appelée « projet de loi » et est accompagnée d’un exposé des motifs. Si elle vient des
membres de la Chambre, elle est appelée « proposition de loi », accompagnée de
développements.
(!) La signature du Roi est nécessaire pour valider la loi, toujours accompagnée du
contreseing d’un ministre.
(!) La loi devient obligatoire 10 jours après sa publication au MB, sauf si un autre délai
est précisé dans le texte.
III. Lois bicamérales optionnelles : Pour ces lois, le Sénat peut intervenir (=/= pas
d’initiative, juste intervenir) vis-à-vis d’un projet de loi de la Chambre s’il en décide par
une majorité et avec un tiers des membres de chaque groupe linguistique. En cas
d’amendement, le texte revient à la Chambre des représentants, qui a le dernier mot
(peut modifier son projet ou non). (Matières visées à Const. Art. 78)
D. Autres normes ayant valeur de loi fédérale ordinaire : arrêtés royaux de pouvoirs
spéciaux :
Certaines circonstances exceptionnelles, telles que des crises ou urgences nationales,
ont amené la Belgique à conférer temporairement au Roi un pouvoir législatif spécial
via des lois de pouvoirs spéciaux. (Const. Art. 105)
(!) Ces lois permettent au Roi de créer des arrêtés royaux ayant force de loi dans des
domaines définis, pour une période limitée, et visant des objectifs précis. Les arrêtés
ainsi pris doivent généralement être confirmés par une loi pour combler le manque de
légitimité démocratique et garantir leur validité.
III. Statut : Les décrets des Communautés et Régions ont « force de loi », leur
conférant un rang hiérarchique égal à celui des lois fédérales (peuvent abroger,
modifier ou remplacer les lois dans leurs domaines de compétences).
(!) Les ordonnances bruxelloises peuvent aussi modifier les lois, bien qu'elles ne soient
pas explicitement dotées de la même « force de loi » et sont soumises à une haute
tutelle fédérale pour certains domaines (en matière d’urbanisme, d’aménagement du
territoire, des travaux publics et des transports : une ordonnance peut être suspendue
et annulée par la pouvoir fédéral).
- Arrêtés royaux : pris par le Roi, sous contreseing ministériel (Const., art. 106), en tant
que détenteur du pouvoir exécutif fédéral (Const., art. 37).
- Pouvoir d’exécution (Const., art. 108) : le Roi met en œuvre les lois sans en modifier
l’essence. Tout retard excessif dans la prise de ces arrêtés peut engager la
responsabilité de l'État.
- Pouvoir d’attribution (Const., art. 105) : Le pouvoir d’attribution est la capacité que le
Parlement peut donner au Roi d'édicter des règles dans certains domaines spécifiques,
surtout lorsqu'il est plus pratique que le Parlement ne s'occupe pas des détails.
Certaines lois, dites d’habilitation ou lois-cadres, autorisent ainsi le Roi à régler
certaines matières non législatives de façon élargie. Les arrêtés royaux issus de ces lois
demeurent en principe réglementaires.
(!) Ils peuvent déléguer des pouvoirs accessoires à des ministres par arrêté ministériel,
suivant une procédure d'élaboration proche de celle du fédéral (ne porte que sur
mesures accessoires et doit être révocable).
Dans les provinces et communes, le pouvoir normatif est exercé principalement par le
Conseil provincial et le Conseil communal, respectivement.
I. Définition : Une convention collective de travail est un accord écrit entre syndicats et
employeurs, fixant les conditions de travail, les droits et les obligations des parties.
II. Élaboration : Elle est conclue au sein du Conseil National du Travail, d’une
commission paritaire ou d’entreprises, puis publiée au Moniteur belge. Elle peut être
rendue obligatoire pour un plus grand nombre par arrêté royal.
IV. Statut : Les conventions obligatoires sont considérées comme des règlements,
tandis que les autres peuvent être traitées comme des règlements ou des contrats,
selon la juridiction.
I. Définition : Les sources formelles dérivées du droit, comme les lois, décrets et
ordonnances, tiennent leur validité de la Constitution, à laquelle elles sont
subordonnées, et leur légalité est évaluée selon la hiérarchie des normes (art. 33 de la
Constitution). En parallèle, d’autres sources « originaires », comme les principes
généraux du droit et la coutume, reposent sur l’effectivité et la légitimité plutôt que sur
une norme supérieure.
a. Les principes généraux du droit (PGD) : Les PGD sont des règles non écrites
que le juge applique comme une norme même si elles ne sont mentionnées dans
aucun texte précis. Ils comprennent des principes de justice fondamentale (ex. : droits
de la défense, sécurité juridique).
- Caractéristiques :
- Non écrits et même quand un principe est cité dans une loi, il peut avoir une portée
plus large que ce que la loi prévoit et peut donc être appliqué par lui-même (application
autonome). (!) Par exemple, le principe d’impartialité est illustré par des articles
spécifiques dans le Code judiciaire, mais ce principe peut s’appliquer dans d’autres
situations qui ne sont pas couvertes par ces articles. Il a donc une existence et une
force qui ne dépendent pas exclusivement des textes.
- Généraux, appliqués à de nombreuses situations et parfois à toutes les branches du
droit.
- Inspirés par des valeurs morales ou sociales, ils traduisent les besoins de la société.
- Catégories :
1. **PGD qui étendent une règle écrite** : Ces principes appliquent l’esprit d’une règle
écrite à d’autres situations similaires non spécifiquement prévues par le texte (ex. :
impartialité)
2. **PGD qui structurent l’ordre juridique** : Ils forment les bases du droit pour assurer
sa stabilité et cohérence (ex. : sécurité juridique
3. **PGD qui protègent contre les abus de pouvoir** : Ces principes limitent les actions
des autorités pour préserver les droits des individus (ex. : la non-rétroactivité en
matière pénale).
(!) Ces trois catégories montrent l’étendue des PGD : de l’application de règles, à la
structuration du droit, jusqu’à la protection des droits individuels.
b. La coutume
La coutume est une règle non écrite, basée sur des pratiques répétées et considérées
comme juridiquement obligatoires. Elle se compose d’un élément matériel (la
répétition dans le temps) et d’un élément psychologique (la conviction de son
caractère obligatoire).
- **Contra legem** (contre la loi) : possible pour des règles supplétives (s'applique
uniquement si les parties n'ont pas prévu de dispositions contraires) mais la loi prime
en général.
c. La jurisprudence
Portée : En Belgique, il n’existe pas de précédent obligatoire. Les juges ne sont pas
tenus par les décisions antérieures, mais une jurisprudence constante renforce la
sécurité juridique.
=>TABLEAU RECAPITULATIF
Exemple : Une loi fédérale ordinaire discrimine les bénéficiaires d’allocations chômage
en fonction de la couleur des cheveux, mais la Constitution garantit l'égalité des
citoyens. Ici, la Constitution, en tant que norme supérieure, devrait prévaloir.
Exemple : Un décret régional et une loi fédérale couvrent une même matière, créant un
conflit de compétence.
- Annulation : Décidée par une juridiction (Cour constitutionnelle pour les lois, Conseil
d’État pour les actes administratifs) ou par l’autorité de tutelle (autorité supérieure qui
supervise et contrôle certaines décisions des autorités locales ou décentralisées).
Elle agit ex tunc (effet rétroactif, signifie "depuis le début" : la décision ou la règle agit
comme si elle avait toujours été en vigueur, annulant les effets passés de la règle
précédente).
3. Application de la loi dans le temps : Les lois peuvent s’appliquer de manière
immédiate ou rétroactive, selon des principes précisés par le Code civil.
- Effet immédiat : La loi nouvelle s’applique aux effets futurs des situations en cours,
sauf si elle porte atteinte à des droits acquis (C. civ., art. 1.2).
- Absence d’effet rétroactif : En principe, une loi ne s’applique pas aux événements
passés, sauf exception, comme pour certaines lois d’intérêt général, d’ordre public ou
de gestion de crise (C. civ., art. 1.2, al. 1er).
III. Conflits des lois dans l’espace (le droit international privé) : Un conflit de lois
« dans l’espace » se produit lorsqu'une situation juridique pourrait être soumise à
plusieurs lois nationales en raison d'éléments internationaux. Ces conflits peuvent
concerner des domaines civils ou pénaux, et la loi applicable dépend des règles de
rattachement propres à chaque État.
Ces règles indiquent quelle juridiction est compétente et quelle loi doit être appliquée,
mais elles ne sont pas uniformes entre pays, ce qui peut mener à des solutions
juridiques différentes pour une même situation. En Belgique, par exemple, le Code de
droit international privé (DIP) régit ces situations, mais une loi étrangère ne sera pas
appliquée si elle est contraire à l'ordre public belge. Pour limiter les divergences, on
harmonise parfois les règles de conflit de lois ou le droit lui-même par des traités
internationaux.
Les mécanismes de contrôle pour respecter la hiérarchie des normes sont distingués
de la manière suivante :
- les contrôles préventifs (visent à éviter qu’une norme non encore promulguée
ne méconnaisse une norme de niveau supérieur) ET les contrôles curatifs (visent à
sanctionner, pour méconnaissance d’une norme supérieure, une norme d’ores et déjà
promulguée) ;
- les contrôles exercés par une institution à caractère juridictionnel (contrôles
juridictionnels) => par un juge ET les contrôles exercés par une institution à caractère
politique (contrôles politiques) => par des instituions de tutelle ;
- les contrôles exercés sur la compatibilité des normes ayant valeur de loi avec
les normes qui leur sont supérieures ET les contrôles exercés sur la compatibilité des
normes de rang infralégislatif avec les normes qui leur sont supérieures.
1. Le respect, par les normes ayant valeur de loi, des normes qui leur sont
supérieures :
b. Contrôle curatif par la Cour constitutionnelle (CC) : La CC a été créée pour assurer la
constitutionnalité des lois, avec 12 juges (parité linguistique et professionnelle). Elle
peut annuler ces normes.
Elle peut être saisie par recours en annulation OU question préjudicielle = question
posée par une juridiction à la CC ou à une autre cour internationale pour vérifier la
conformité d'une loi ou norme avec des dispositions constitutionnelles ou
internationales avant de juger l'affaire en cours. Les arrêts d’annulation s’appliquent à
tous et ont effet rétroactif, sauf exception pour préserver la sécurité juridique.
(!)c. La non-application par les Cours et tribunaux des lois qui sont contraires aux droits
international et européen directement applicables (jurisprudence « Le Ski ») : La
jurisprudence « Le Ski » (Cour de cassation, 27 mai 1971) établit que les normes de
droit européen et international directement applicables priment sur les lois internes.
Une règle internationale est considérée comme directement applicable si elle est
claire, précise, inconditionnelle et répond à l’intention des auteurs du traité. En cas de
conflit entre une loi belge et une règle internationale ayant effet direct, le juge belge doit
écarter la loi interne sans devoir poser de question préjudicielle. Dans l'affaire « Le Ski
», une loi belge imposant des droits de douane contraires au traité CEE (communauté
économique européenne) a été ignorée pour respecter le droit européen. (!) Ceci
concerne les lois mais aussi les normes réglementaires.
2. Le respect, par les normes de niveau réglementaire, des normes qui leur sont
supérieures : -Contrôle préventif par le Conseil d’État (section de législation) pour
vérifier la compétence et la conformité aux normes supérieures.
-Contrôle préventif de l’autorité de tutelle (voir synthèse ci-dessous) : Pour les
actes des autorités décentralisées (communes, provinces), les Régions exercent un
contrôle préventif pour vérifier la conformité à la loi et à l’intérêt général.
Ex. : Un arrêté royal impose une vaccination obligatoire mais n'a pas respecté
une procédure préalable prévue par la loi. Les parents refusant la vaccination ne
peuvent pas être condamnés, car l'arrêté royal est jugé illégal dans ce contexte.
Le contrôle de tutelle portant sur les actes des autorités décentralisées peut être
curatif (on a vu qu’il pouvait également être préventif) et peut mener à sa suspension ou
à son annulation avec effet rétroactif pour en garantir la légalité et l'opportunité.
Le contrôle de l’autorité de tutelle est un mécanisme par lequel une autorité supérieure
(comme une région) surveille les actes des autorités décentralisées (comme les
communes ou provinces) pour s’assurer qu’ils respectent la loi et l’intérêt général. Ce
contrôle peut être :
2. curatif : L’autorité de tutelle peut suspendre ou annuler un acte après son adoption,
avec effet rétroactif si nécessaire, s’il est jugé illégal ou inopportun.
Selon le C. civ. (art. 5.4), le contrat est défini comme un accord de volontés entre deux
ou plusieurs personnes visant à produire des effets de droit. Cette définition implique
plusieurs caractéristiques :
Le contrat est un acte juridique
Un contrat est un acte volontaire destiné à produire des effets juridiques (C. civ., art.
1.3). Contrairement aux faits juridiques, qui entraînent des effets de droit sans intention
(ex. : naissance, accident), les actes juridiques sont intentionnels (ex. : achat d’un bien,
reconnaissance d’un enfant).
Le contrat nécessite un accord entre au moins deux parties. Les actes juridiques
unilatéraux (ex. : testament, acceptation d’une succession) ne sont pas des contrats
(C. civ., art. 5.125).
1. Liberté contractuelle
Les parties sont libres de conclure ou non un contrat, de choisir leur cocontractant et
de déterminer son contenu, dans les limites fixées par la loi (C. civ., art. 5.14). Ce
principe est toutefois limité par :
• Ordre public et lois impératives (C. Civ. Art. 1.3) : Certaines règles protègent
des intérêts généraux ou individuels et ne peuvent être dérogées.
• Contrat forcé : Rarement, des personnes peuvent être obligées de contracter
(ex. : assurance en responsabilité civile pour une voiture).
2. Principe du consensualisme
En règle générale, un contrat se forme par le simple accord des parties, sans formalité
spécifique (C. civ., art. 5.28). Cependant, des exceptions existent pour certains
contrats :
3. Principe de la convention-loi
Un contrat valablement formé a force obligatoire et agit comme loi entre les parties
(pas pour tout le monde) (C. civ., art. 5.69). Les parties doivent respecter leurs
engagements, sous peine de recours judiciaires. Toutefois, des exceptions existent :
Les obligations issues d’un contrat concernent uniquement les parties contractantes
(C. civ., art. 5.103). Cependant, certaines exceptions permettent de faire intervenir des
tiers :
Le contrat est opposable aux tiers (pas les effets internes), qui doivent en reconnaître
l’existence et les effets (C. civ., art. 5.103).
La tierce complicité signifie que le tiers qui connaît l’existence du contrat engage sa
responsabilité s’il se rend complice de l’inobservation des obligations contractuelles
par l’une des parties. Le tiers complice commet une faute qu’il devra réparer.
L’action paulienne est l’action par laquelle un créancier tente de s’opposer aux actes
de son débiteur qui sont passés en fraude de ses droits.
6. Bonne foi
Les contrats doivent être négociés et exécutés de bonne foi, impliquant loyauté,
collaboration et respect des attentes légitimes du cocontractant. Les parties ne
peuvent pas exclure ou limiter le principe de la bonne foi (C. Civ. Art. 5.73).
Intérêt pratique de la distinction : La théorie des risques (si une des parties est dans
l’impossibilité d’exécuter son obligation à cause d’un cas de force majeure (événement
imprévisible et insurmontable), l’autre partie est libérée de son obligation corrélative)
s’applique aux contrats synallagmatiques. Ex. : Si un bien loué est détruit par un
incendie accidentel, le locataire n’a plus à payer le loyer, car le bailleur ne peut plus
fournir la chose.
Cette distinction concerne les contrats à titre onéreux. Un contrat à titre onéreux est dit
:
- commutatif lorsque la valeur de la compensation revenant aux parties est fixée et
peut être appréciée au moment de la conclusion du contrat. Exemple : contrat de vente
;
- aléatoire lorsque la valeur de la compensation revenant aux parties ne peut être
évaluée au moment de la conclusion du contrat et dépend du hasard (et des
probabilités). Exemple : contrat d’assurance.
Intérêt pratique de la distinction : Les contrats aléatoires (jeu, pari), sauf assurance,
sont strictement encadrés. ([Link]. Art. 1965, 1966).
1. Processus de formation
a. Les pourparlers
Les pourparlers sont les négociations entre parties avant de conclure un contrat, sans
obligation de résultat. Les parties échangent des propositions, avec un devoir
d’information pour éclairer le consentement. La responsabilité peut être engagée en
cas de faute (faute précontractuelle) (ex. obtention frauduleuse d'informations).
b. L’offre
Le contrat est conclu lorsque l’acceptation rencontre l’offre, portant sur ses éléments
essentiels ou substantiels, sans ajout ou modification. La théorie de la réception
détermine que le contrat est formé dès que l’offrant reçoit l’acceptation.
2. Conditions de forme
a. L’objet
L’objet est la prestation convenue, qui doit être licite, possible, et déterminé ou
déterminable objectivement.
La cause est la raison d’être du contrat, qui doit être licite et déterminante.
c. La capacité
Seules les personnes capables peuvent contracter, sauf les mineurs et les personnes
protégées, qui peuvent être représentées pour couvrir leur incapacité.
d. Le consentement
Le consentement doit être libre et éclairé. Le consentement peut être vicié par l’erreur
(C. civ., art. 5.34 et 5.33), le dol (C. civ., art. 5.35 et 5.33), la violence (C. civ., art. 5.36
et 5.33), la lésion ou l’abus de circonstances (C. civ., art. 5.37 et 5.38)
=> ce qui expose le contrat à un acte de nullité (partielle = pour une clause si
précisé par le législateur ou l’entièreté du contrat ou totale). La nullité est absolue si
l’intérêt général est violé, relative si un intérêt privé est protégé.
4. Remèdes
1. La rescision
La rescision vise à annuler un contrat pour protéger une partie victime d'un
déséquilibre ou d'une situation spécifique prévue par la loi.
• Exemple : Un mineur vend un bien et se rend compte qu'il a été lésé dans la
transaction. Selon C. civ. art. 5.43, il peut demander la rescision du contrat, et il
ne devra restituer que ce qui lui a été profitable, tandis que l'acheteur devra
restituer l'intégralité du bien ou de sa valeur.
2. L'adaptation ou le rééquilibrage du contrat
L'adaptation permet au juge de modifier certaines clauses d’un contrat pour corriger un
déséquilibre, souvent en cas d'abus de circonstances ou de clauses abusives.
• Exemple : Une personne âgée ayant signé un contrat pour des volets facturés
trois fois leur valeur peut demander au juge d’adapter le prix à un montant
raisonnable (C. civ., art. 5.37).
3. Les dommages et intérêts
• Exemple : Un bail de courte durée (moins de trois ans) non conclu par écrit
devient automatiquement un bail de neuf ans conformément à la loi.
5. La caducité
Intervient lorsqu’un contrat valide au départ devient inefficace parce qu’un élément
essentiel disparaît après sa conclusion. Contrairement à la nullité, qui vise un contrat
invalide dès l'origine, la caducité se produit en raison d’un événement postérieur à la
formation du contrat.
• Exemple : Si un bien loué est détruit par un incendie, le bail devient caduc, car il
n’a plus d’objet.
(!) Ces remèdes permettent soit d'annuler, soit de corriger ou de compenser les
déséquilibres contractuels selon la situation.
V. Exécution du contrat :
Détermination du contenu
Le contenu des obligations est fixé par l’art. 5.71 du C. Civ., qui prévoit que le contrat
oblige non seulement à ce qui est convenu, mais aussi à ce que la loi, la bonne foi ou
les usages lui attribuent. Cela inclut :
Preuve
La charge de la preuve, qui désigne l'obligation pour une partie de prouver les faits ou
éléments nécessaires pour soutenir sa prétention devant un juge, varie selon l’intensité
de l’obligation ;
• Pour une obligation de moyens, le créancier doit prouver que le débiteur n’a
pas agi avec diligence.
• Pour une obligation de résultat, le créancier prouve uniquement que le résultat
n’a pas été atteint ; le débiteur doit démontrer la force majeure.
• Pour une obligation de garantie, le créancier prouve simplement l’inexécution ;
le débiteur reste responsable.
Le terme
Un terme est un événement futur et certain qui affecte l’exigibilité ou l’extinction d’une
obligation.
La condition
4. Interprétation du contrat
• En cas de doute du juge, les règles d’interprétation (C. Civ. Art. 5.66) prévoient
que :
o Les clauses d’un contrat d’adhésion s’interprètent contre leur rédacteur.
o Les clauses exonératoires de responsabilité s’interprètent contre le
débiteur.
Ex. : Si un contrat de bail mentionne des « frais communs », seuls ceux explicitement
mentionnés sont à la charge du locataire.
5. Voies normales d’extinction du contrat
Exécution ou paiement
L’obligation s’éteint par son exécution (appelée paiement), qui peut être réalisée par le
débiteur ou un tiers.
Terme ou condition
Un contrat peut se terminer avec l’arrivée d’un terme ou la réalisation d’une condition
(ex.: fin d’un bail).
Résiliation
(!) Après la fin de certains contrats, il peut arriver que les parties soient liées par des
obligations « post-contractuelles » (C. civ., art. 5.114). Ex. : Une clause de non-
concurrence ou de confidentialité.
a. La mise en demeure
Acte juridique unilatéral adressé par le créancier pour exiger de manière claire
l’exécution d’une obligation.
• Effets :
o Interpelle le débiteur et donne une dernière chance.
o Fait courir les intérêts de retard (5,75% sauf si les parties prévoient autre
chose).
o Transfère les risques liés à la disparition fortuite de la chose au débiteur =
La mise en demeure rend le débiteur responsable des risques si la chose
disparaît accidentellement.
• Exceptions : En principe (C. civ., art. 5.231, al. 2), la mise en demeure est
obligatoire mais la loi prévoit des exceptions (C. civ., art. 5.233) et les parties
peuvent également en prévoir.
o Pas requise si inutile (ex. : impossibilité d’exécution).
o Formalisme libre sauf cas spécifiques (ex. : lettre recommandée requise
en matière d’assurance).
b. L’exception d’inexécution
• Conditions :
o Contrat synallagmatique.
o Inexécution imputable au débiteur (c’est sa faute).
o Proportionnalité et bonne foi du créancier vis-à-vis de la faute du
débiteur.
• Effet : Suspension des obligations jusqu’à exécution du débiteur.
Exemple : Un locataire refuse de payer le loyer car le bailleur ne réalise pas les travaux
nécessaires.
c. Le droit de rétention
• Conditions :
o Le bien retenu et la créance doivent être connexes.
Exemple : Une société immobilière engage un autre sous-traitant pour achever des
travaux.
e. Le remplacement unilatéral par notification écrite
• Conditions :
o Urgence ou circonstances exceptionnelles.
o Notification écrite des manquements.
o Mise en demeure préalable.
• Conditions :
o Mise en demeure préalable.
o Notification écrite des manquements.
• Conditions :
o Mise en demeure préalable.
o Inexécution grave ou manifeste.
o Notification écrite des manquements.
• Conditions :
o Mise en demeure préalable.
o Notification écrite.
Exemple : Réduction du prix d’un produit livré en partie défectueux.
a. L’exécution en nature
Exemple : Livraison d’un bien promis ou remboursement par un tiers autorisé par le
juge.
b. La réparation du dommage
c. La résolution judiciaire
Exemple : Annulation d’un contrat de travaux non réalisés dans les délais convenus.
a. Le paiement ou l’exécution
b. L’inexistence de l’obligation
c. Force majeure
d. Clause exonératoire
Exemple : Limitation des dommages pour retard dans une livraison non essentielle.
Exemple : Fournisseur demandant une révision des prix en raison d’une hausse
brutale des matières premières.
1. Objet de la preuve
• Définition : Dans un litige, prouver consiste à démontrer les faits ou actes sur
lesquels on fonde une prétention. Sans preuve, un droit ne peut être reconnu.
• Règle générale : Les parties doivent prouver les faits qu’elles allèguent, sauf
exception pour les faits notoires (connus de tous) et les règles d’expérience
commune (exemples usuels reconnus par tous).
o Exemple : Un créancier doit prouver qu’un contrat existe pour exiger son
exécution.
• Preuve et intensité des obligations :
o Obligation de moyens : Le créancier prouve que le débiteur n’a pas agi
de manière raisonnable et prudente.
▪ Exemple : Si un médecin est poursuivi, le patient doit prouver qu’il
n’a pas respecté les règles de l’art.
o Obligation de résultat : Le créancier prouve que le résultat promis n’est
pas atteint, et le débiteur doit prouver qu’un cas de force majeure l’a
empêché de s’exécuter.
▪ Exemple : Un transporteur doit prouver qu’un accident
imprévisible a empêché la livraison.
o Obligation de garantie : Le créancier prouve que le résultat garanti n’est
pas atteint. Le débiteur ne peut invoquer une force majeure.
▪ Exemple : Si un bien vendu présente un vice caché, le vendeur doit
réparer ou remplacer, sans invoquer une cause externe.
(!)Limitation de la preuve au droit : Les parties ne doivent pas prouver les règles
juridiques. Le juge est censé connaître le droit et doit rechercher les normes
applicables.
2. Caractères de la preuve
• Principe : la preuve libre
o En principe, les parties peuvent utiliser tous les moyens de preuve
disponibles. Le juge est libre d’évaluer la valeur des éléments soumis.
o Exemple : Témoignages, présomptions de fait, ou aveux peuvent être
utilisés.
• Exception : la preuve réglementée
o Certains cas imposent des moyens de preuve précis, notamment pour
garantir la sécurité juridique. Le juge ne peut s’appuyer que sur les
preuves définies par la loi.
▪ Exemple : Pour un acte juridique ≥ 3500 €, un écrit signé est
obligatoire (C. civ., art. 8.9).
(!)Ce système peut limiter la vérité judiciaire en écartant certains éléments de preuve.
• Règles supplétives ou impératives : Les parties peuvent déroger aux règles
supplétives (liberté contractuelle), mais pas aux règles impératives.
=>Exemple de disposition impérative : L’interdiction de clauses qui modifient les
règles avant un litige (C. civ., art. 8.11).
3. Charge de la preuve
• Principe général : C'est à celui qui affirme un fait ou un acte d'en apporter la
preuve.
o Exemple : Un créancier doit prouver l’existence d’une dette ; un débiteur
doit prouver qu’il a payé ou qu’il est libéré par un cas de force majeure.
• En cas de doute : Celui qui a la charge de la preuve et n’y parvient pas perd le
procès (C. civ., art. 8.4).
• Présomptions légales : Dans certains cas, le demandeur ne doit pas apporter
la preuve de sa prétention car il existe une présomption légale qui le dispense de
devoir prouver ce qu’il affirme.
o Présomption simple/réfragable : Valable jusqu’à preuve du contraire
(renversement de la charge de la preuve).
▪ Exemple : Le terme d’un contrat est présumé dans l’intérêt du
débiteur, sauf preuve du contraire (C. civ., art. 5.153).
o Présomption irréfragable : Ne peut être contestée par aucune preuve.
▪ Exemple : Un soignant ne peut recevoir de libéralités (donation
pécuniaire) d’un patient traité pendant sa maladie (C. civ., art.
4.142).
• Collaboration des parties : Les parties doivent coopérer pour établir la vérité.
o Exemple : Une banque peut être obligée de fournir des documents
prouvant une transaction litigieuse.
4. Degré de preuve
• Preuve certaine : Les faits doivent être établis avec un degré raisonnable de
certitude, excluant tout doute raisonnable. (Quasi-100%)
o Exemple : Preuve d’un contrat par un écrit signé.
• Preuve par vraisemblance : Admise pour certains faits difficiles à prouver de
manière certaine (faits négatifs ou positifs spécifiques). La vraisemblance est
atteinte à 75 %.
Exemple : Un assuré prouve par des indices sérieux qu’il a été victime d’un vol.
5. Typologie des moyens de preuve
• Écrit signé :
o Comprend les actes authentiques (rédigés par un officier public) et les
actes sous signature privée. ([Link]. Art. 8.1).
Exemple d’acte authentique : Contrat de vente passé devant notaire.
o Conditions d’un acte sous signature privée : [Link]. art. 8.20 et 8.21
• Témoignage :
o Déclarations orales ou écrites (attestations), admissibles seulement si la
loi permet la preuve libre.
Exemple : Témoignage d’un tiers ayant assisté à une transaction.
• Présomptions de fait :
o Déduction de faits inconnus à partir d’indices connus, sous réserve qu’ils
soient sérieux et précis.
Exemple : Tickets bancaires utilisés pour prouver une transaction.
• Aveu :
o Reconnaissance volontaire d’un fait défavorable.
Exemple : Une personne reconnaît sa dette dans une correspondance.
• Serment :
o Déclaration solennelle d’une partie devant un juge, rarement utilisée.
Exemple : Serment prêté pour confirmer une allégation en l’absence d’autres
preuves.
1. Définition et origine
(!)La fonction de prévention est souvent analysée d’un point de vue économique : un
individu agit de manière à éviter des coûts si les dépenses de prévention sont
inférieures à ceux liés au dommage.
B. Fondements de la responsabilité extracontractuelle : faute, risque,
accident
La responsabilité pour faute repose sur un manquement à une norme de conduite. Elle
exige une preuve par la victime que le comportement de l’auteur est fautif.
• Les anciens art. 1382 et 1383 du C. civ. posaient la faute comme base de la
responsabilité : tout dommage nécessitait une faute pour être réparé.
• La faute repose sur une morale individualiste : la personne libre et responsable
de ses actes doit en répondre.
• Concept clé : Celui qui tire profit d’une activité risquée doit en assumer les
conséquences dommageables, même sans faute.
• Notion de "risque créé" : L’accent est mis sur le lien entre l’activité à risque et
le profit généré par celle-ci.
• Exemples législatifs :
o Loi de 1919, art. 58 : Réparation des dommages miniers.
o Loi de 1985, art. 5 : Dommages nucléaires causés par un accident.
o Loi de 2022, art. 39 : Principe du "pollueur-payeur".
Avantages et limites
• Avantages :
o La victime n’a plus à prouver la faute, seulement le lien entre l’activité et
le dommage.
o Réparation facilitée et accélérée.
• Limites :
o La victime doit toujours prouver la causalité entre le risque et le
dommage.
o Certains régimes prévoient des plafonds d’indemnisation (ex. : accidents
nucléaires).
Dans certains cas, le simple fait qu’un dommage survienne donne droit à réparation,
sans avoir à démontrer un lien de causalité spécifique.
1. La faute
a. Types de normes
b. Critères d’évaluation
• Une faute est causale si, sans elle, le dommage ne se serait pas produit tel
qu’il s’est produit.
• Tempérament : lien causal trop distendu :
Dans certaines situations, bien qu’un comportement puisse être une condition
nécessaire du dommage, le lien avec ce dernier peut être jugé trop indirect ou
improbable pour engager la responsabilité. Dans ce cas, on dit que le lien est «
distendu », et il peut être écarté par le juge.
=>Critères d’appréciation :
3. Réparation
2. Réparation du dommage
• Le juge statue en équité (ne se contente pas d'appliquer strictement la loi ou les
règles juridiques préétablies. Il prend une décision en tenant compte des
circonstances particulières de l'affaire et des intérêts en présence), en tenant
compte des circonstances et de la situation économique des parties.
o Possibilité pour le juge de limiter, voire d’annuler la réparation.
o Si une assurance couvre le dommage, le juge ne peut pas refuser ou
limiter l’indemnité en deçà (dessous) de la couverture assurée.
Une personne atteinte d’un trouble mental reste responsable des dommages causés,
même si ce trouble abolit ou altère gravement sa capacité de discernement.
2. Réparation du dommage
La réparation suit les mêmes règles que pour un mineur de 12 ans et plus. Le juge
statue en équité, en prenant en compte les circonstances et les conditions
financières des parties.
1. Conditions d’application
1. Conditions d’application
1. Conditions d’application
Exemples de vices :
(!)Objectif : Relier les dommages causés par une chose à un patrimoine pour garantir
réparation.
A. Notion de validité
a. Distinction :
i. Matérielle : Influence les comportements (ex. : respect de
l’interdiction de vol).
ii. Symbolique : Influence les représentations (ex. : reconnaissance
des valeurs véhiculées).
Exemple : Une règle anti-cannabis peut être effective pour les autorités
poursuivant les contrevenants, mais peu effective si elle n’est pas respectée par
la population.
b. Différence entre efficacité et efficience :
i. Efficacité : La norme atteint-elle ses objectifs ?
ii. Efficience : Atteint-elle ces objectifs au moindre coût économique
et social ?
3. Légitimité : Validité axiologique
La norme est légitime si elle incarne des valeurs éthiques, humanitaires ou religieuses.
Elle reflète un idéal de justice. Exemple : Une norme sur l’abus de droit est légitime car
elle protège les individus contre des comportements contraires à la bonne foi.