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INTERNATIONALES
79F
Hamidou Ba
avec la collaboration de
Babacar Ndione
Ce rapport fait partie d’une série spéciale publiée en tant que produit du projet « Gérer les migrations
de main d’œuvre en tant qu’instrument de développement », mis en œuvre par le BIT avec le soutien
financier de l’Union Européenne. Les fonds pour la recherche et les autres activités du projet ont été
octroyés par la Direction Générale de la CE Justice, Liberté et Sécurité, dans le cadre de l’accord
2002/HLWG/41.
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protocole n° 2, annexe à la Convention universelle pour la protection du droit d’auteur. Toutefois, de courts
passages pourront être reproduits sans autorisation, à la condition que leur source soit dûment mentionnée.
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courriel: [email protected]. Ces demandes seront toujours les bienvenues.
Hamidou B.
Les statistiques des travailleurs migrants en Afrique de l’Ouest
Genève, Bureau international du Travail, 2006
Egalement disponible en (anglais): Labour migration statistics in West Africa (ISBN 92-2-118915-5 & 978-92-
2-118915-2 (print) 92-2-118916-3 & 978-92-2-118916-9 (web pdf) ), (Genève, 2006)
Les désignations utilisées dans les publications du BIT, qui sont conformes à la pratique des Nations Unies, et
la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part du Bureau international du Travail aucune
prise de position quant au statut juridique de tel ou tel pays, zone ou territoire, ou de ses autorités, ni quant au
tracé de ses frontières.
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n’implique de la part du Bureau international du Travail aucune appréciation favorable ou défavorable.
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auprès des bureaux locaux du BIT. On peut aussi se les procurer directement, de même qu’un catalogue ou une
liste des nouvelles publications, à l’adresse suivante: Publications du BIT, Bureau international du Travail, CH-
1211 Genève 22, Suisse, ou par email: [email protected] ou par notre site web: www.ilo.org/publns
Imprimé en Suisse
.
iii
Remerciements ..........................................................................................................................x
1. Introduction ........................................................................................................................1
1.1 Contexte .....................................................................................................................1
1.2 Objectifs de l’étude ....................................................................................................4
1.3 Approche méthodologique .........................................................................................5
3. Concepts et définitions utilisés par les statistiques sur les migrants ...........................22
3.1. Critères d’espace (lieu) et de temps (durée).............................................................22
3.2. Catégories de migrants et indicateurs de la migration .............................................23
3.3. Typologie sur la base du critère temps.....................................................................24
3.4. Typologie sur la base du critère espace....................................................................24
7. Conclusion.........................................................................................................................34
8. Recommandations ............................................................................................................36
8.1. Recommandations pour la prise en compte des questions de migration au niveau
national 36
8.2. Recommandations en vue de l’intégration de la variable migration dans le
processus de coopération régionale entre les pays de l’Afrique de l’Ouest ..........................37
Avant-propos
Ce rapport fait partie de la série des documents de travail de l’OIT Cahiers des Migrations
Internationales, dont le but est de diffuser les résultats des recherches récentes portant sur les
tendances mondiales en matière de migration et de chercher à stimuler le dialogue et
l’élaboration de politiques de régulation la migration de main d’œuvre.
La migration est devenue une question prioritaire de l’agenda politique et social en Afrique.
Ces dernières années, des progrès substantiels ont été réalisés dans le développement de
nouveaux cadres, de législation et de mécanismes visant l'intégration régionale économique
et sociale plus poussée entre les Etats concernés. L’Union Africaine et la Commission
Economique pour l'Afrique ont toutes deux exprimé leur fort soutien à une plus grande
mobilité de la main-d'œuvre au sein de la région.
L’Afrique de l’Ouest a toujours été caractérisée par une forte dynamique migratoire due aux
conditions démographiques, du marché du travail et politiques. En Afrique, cette région est à
la fois celle qui compte la plus forte concentration de migrants intra régionaux et celle de
première émigration vers l’Europe.
1
Projet OIT-UE “Gérer les migrations de main d’œuvre pour l’intégration et le développement en Afrique” site
internet: http://migration-africa.itcilo.org
viii
Ce rapport est le produit d'un processus lancé par l'OIT et soutenu par la Commission
européenne. Il se base sur les recommandations et requêtes des mandants, souhaitant plus
d’implication de la part du BIT. A travers des consultations avec les mandants de l'OIT
représentant les gouvernements et les partenaires sociaux dans les pays de l’Afrique de
l’Ouest, le projet dans cette région a été actif durant les trois dernières années. Une phase
pilote étaient lancée en 2003, suivi en 2004 par le projet "Gérer les migrations de main
d’œuvre pour l'intégration et le développement dans la région Euromed, Afrique de l'Est et
Afrique de l’Ouest", financé par la ligne budgétaire de la Commission européenne pour la
coopération avec les pays tiers administrée par la DG pour la justice, liberté et sécurité. Les
objectifs centraux de ce projet sont :
• Renforcer les capacités des mandants tripartites de l’OIT pour la gestion des
migrations de main d’œuvre comme instrument de développement,
• Promouvoir le dialogue social et sensibiliser les décideurs politiques sur les
questions relatives aux migrations de main d’œuvre
• Acquérir les connaissances et les données cruciales pour les gouvernements et les
partenaires sociaux afin qu’ils puissent formuler des politiques efficientes et gérer les
migrations de main d’œuvre.
• Faciliter la coopération entre l’Afrique de l’Est, de l’Ouest, du Nord et de l’Europe
sur les questions de migration de main d’oeuvre.
Ce rapport fait partie d’une série de trois études complémentaires menées en Afrique de
l’Ouest ayant pour but d’assister les gouvernements et les partenaires sociaux dans la
formulation des fondements pour une politique et des procédures efficaces. Etant donné
qu’une bonne politique dépend de données fiables, cette première étude évalue l'état actuel
des mécanismes de collecte des données statistique sur la migration de travail. Cette étude
suggère également des mesures spécifiques visant à améliorer et harmoniser la collecte et
l’analyse de ces données ainsi que leur meilleure utilisation dans l’élaboration des politiques
et de leur application. Une deuxième étude analyse les législations nationales existantes sur
la migration de main d’œuvre - référence légale pour orienter l’action de l’Etat en matière de
migration. Elle souligne en particulier l'importance d’intégrer les normes internationales
pertinentes et de les harmoniser autant que possible avec leurs pays voisins. Une troisième
étude régionale examine un nombre de liens clés entre la migration et le développement de
manière à identifier quelles actions et quels outils politiques peuvent contribuer à assurer que
la migration est effectivement une source de développement.
Ce rapport synthétise les résultats des trois études spécifiques nationales conduites sous les
auspices du projet au Burkina Faso, Cap Vert, Gambie, Mali, Mauritanie et du Sénégal,
réalisée respectivement par Bonayi Dabiré et François Ilboudo, Jacques Angelo Santos,
Seikou JK Trawally, Sékouba Diarra et Mobido Koly Keita, Mohamed Laghdaf Ould Cheikh
Malainine, Abdourahmane Barry, Hamidou Ba et Salif Ndiaye. Cette synthèse expose dans
ses grandes lignes les défis universels associés à la production d’information et de
statistiques fiables et détaillées sur la migration de la main d’œuvre, et elle passe en revue les
définitions existantes et les caractéristiques des différents systèmes d’informations. L’étude
offre aussi un examen systématique des sources de données existantes, y compris les
informations fournies par les recensements, les archives administratives et également sur les
nationaux habitant à l’étranger. Basé sur ce compte rendu, l’étude identifie les lacunes en
matière d’information disponibles et les faiblesses en terme de données sur le recensement
des migrants mais également sur la coordination parmi les producteurs et les utilisateurs de
données. Avec ces éléments, l’étude conclut avec des recommandations spécifiques
ix
Nous souhaiterions remercier les chercheurs pour leur travail significatif qui a permis la
réalisation des études nationales, et particulièrement Prof. Hamidou Ba pour la synthèse des
trois études nationales offrant ainsi une vue régionale de la situation en Afrique de l’Ouest.
D’autre part, nous voudrions remercier les différents gouvernements du Burkina Faso, Cap
Vert, Gambie, Mali, Mauritanie et du Sénégal, ainsi que du Ghana et Nigeria, pour avoir fait
part de leurs points de vue, leurs préoccupations et échanger leurs informations. Ce rapport
n’aurait pu aboutir sans leur coopération.
Nous adressons aussi nos remerciements à l’équipe de projet de l'OIT pour l’Afrique de
l’Ouest basée à Dakar : Prof. Hamidou Ba, Carole Brunet et Racky Sow pour leurs efforts de
coordination et d'édition, ainsi que le Directeur du Bureau sous-régional de l’OIT à Dakar,
Mr. Mohamed Ould Sidi, et Tharcisse Nkanagu pour leur travail éditorial et de liaison avec
les gouvernements et les partenaires sociaux.
Jason Schachter du département de l’OIT pour les statistiques (STAT) a passé en revue ce
rapport pour en assurer la cohérence technique. Enfin, nous tenons à souligner l’attention
dédiée portée par David Nii Addy, Responsable régional du projet, sans lequel n’aurait pu
aboutir le processus complet de recherche, rédaction et révision, et Céline Peyron pour le
travail éditorial et la publication de ces études.
Patrick A Taran
Senior Migration Specialist
Coordinator, ILO Africa Labour
Migration initiative
x
Remerciements
Ce rapport est un produit fondé sur des études nationales réalisées par des consultants du
Bureau de l’OIT à Dakar. Les membres de l’équipe du projet Migration Dakar, Carole
Brunet, Racky Sow, ont apporté, chacune à sa manière, une contribution appréciable à la
réalisation de ce rapport. De même, nous devons souligner l’appui constant de David Nii
Addy et de Patrick Taran du département Migrant de l’OIT à Genève. Nous aimerions aussi
citer le Directeur du Bureau de l’OIT à Dakar, Mohamed A. O. Sidi et M.Tharcisse Nkanagu,
Point focal du Projet auprès du Bureau pour leur contribution à la réalisation des études.
Enfin, nos remerciements vont à tous les membres des partenaires tripartites (gouvernement,
organisations des employeurs, syndicats de travailleurs) des pays couverts par le Projet qui
ont été associés, de près ou de loin, à la validation des études.
1
1. Introduction
Le présent document fait la synthèse des rapports nationaux sur les statistiques des migrants
réalisés dans les six pays de la sous région ouest africaine qui sont couverts par le Projet
« Migration de main d’œuvre pour l’Intégration et le Développement en EuroMed, Afrique
de l’Est et Afrique de l’Ouest ». Il s’agit plus spécifiquement du Burkina Faso, du Cap-Vert,
de la Gambie, du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal.
Globalement, il est admis que les statistiques existantes dans la sous région concernant les
migrations internationales de main d’œuvre sont à la fois éparses, peu fiables et sujettes à des
problèmes de comparabilité et de disponibilité. De plus, étant difficilement accessibles et
répondant mal aux besoins des utilisateurs, ces statistiques, mal utilisées de surcroît, ne
répondent pas de manière satisfaisante aux besoins de gestion et de politiques. Entre autres,
ces difficultés résultent en grande partie de la diversité des systèmes migratoires, des
législations et des sources d’informations.
La réalisation de ces rapports est une émanation de la volonté des mandants de l’OIT qui,
reconnaissant l’importance capitale des statistiques, ont recommandé le diagnostic des
systèmes statistiques pour déterminer leur capacité de collecte, de traitement et de diffusion
d’informations pertinentes sur les mouvements migratoires et la situation des travailleurs et
travailleuses migrants dans la sous région Africaine. En effet, l’obtention de telles données,
outre l’appréciation de la situation actuelle, devrait permettre également :
• de suivre les tendances des migrations internationales au niveau national et
international;
• d’évaluer l’efficacité des politiques migratoires ;
• d’évaluer l’impact des migrations sur les sociétés d’accueil et les sociétés d’origine ;
• de guider le débat politique sur les contrôles migratoires, la migration et le
développement et la migration irrégulière ;
• de gérer les conditions de travail des travailleurs migrants et assurer leur protection ;
• de rendre plus adéquates les prises de décision concernant les migrations de main
d’œuvre donc une meilleure gestion des migrations ;
• d’élaborer et mettre en œuvre des politiques, stratégies et plans d’actions sur les
migrations ;
• de développer des échanges entre Etats ;
• et enfin de gérer la mise en pratique des instruments internationaux relatifs aux
travailleurs migrants.
1.1 Contexte
2
Nations Unies, World Population prospects, The 2000 revision, New York, 2001.
2
L’Afrique de l’Ouest, à l’instar des autres régions du monde, est soumise aux contraintes de
la mondialisation dont une des principales caractéristiques est la forte dynamique migratoire.
Cette région est, en Afrique subsaharienne, à la fois celle qui compte la plus forte
concentration de migrants intra régionaux et celle de première émigration vers l’Europe
(Stalker, 1995 ; Robin, 1996). Les mouvements intra régionaux, y compris ceux des réfugiés,
demeurent les plus importants (Grégory et Piché, 1985 ; Russell et col., 1990 ; Adepoju,
1990; Cordell et col., 1996 ). Selon les résultats des enquêtes REMUAO3, pas moins de
1.556.000 migrations ont été effectuées au cours de la période 1988-1992 entre les sept pays
de la sous-région étudiés4 (Bocquier et Traoré, 1996). Ces échanges migratoires se
caractérisent par une polarisation par la Côte d’Ivoire des flux en provenance du Burkina
Faso (92% du total des émigrations de ce pays vers les autres pays du REMUAO), du Mali
(74%) et du Niger (71%). Les émigrations de Mauritanie ont pour principale destination le
Sénégal (68%) ; celles du Sénégal sont essentiellement dirigées vers la Guinée (36%) et la
Mauritanie (30%)5. L’Enquête sur les Migrations, l’Insertion urbaine et l’Environnement au
Burkina Faso (EMIE, 2000) confirme la prépondérance des mouvements migratoires
internationaux burkinabé vers la Côte d’Ivoire (93% du total des émigrés recensés). Au Cap-
Vert, une estimation de l’Institut d’Appui à l’Émigrant (IAPE, 1998) révèle qu’en Afrique de
l’Ouest, les ressortissants capverdiens immigrent principalement au Sénégal où ils seraient au
nombre de 25.000.
Ces mouvements migratoires intra régionaux s’articulent fortement avec les autres systèmes
migratoires orientés vers l’Afrique Centrale et Australe et vers les pays du Nord (notamment
de l’Union Européenne). Selon les données d’Eurostat6, la population ouest africaine en
Union européenne réunissait 414.942 individus en 1993, à part égale avec celle de l’Afrique
centrale, derrière celles de l’Afrique du nord (2.076.071) et des autres régions africaines
(430.076) (Robin, 1996 ). Dans ce contingent, le Sénégal comptait 77.000 individus,
constituant en 1993 le premier groupe ouest africain résidant en Union européenne devant le
Nigeria (72.000) et le Cap-Vert (43.000). Cette immigration sénégalaise en Union
européenne a cependant connu des évolutions au cours des années quatre-vingt-dix,
marquées par l’apparition de nouvelles destinations : longtemps considéré comme un foyer
d’émigration vers la France, le Sénégal oriente de plus en plus ses flux de départ vers l’Italie
et l’Espagne (Robin et col., 1999 ; Ndione et col., 2005)7. En Italie, les Sénégalais sont
passés de 27.500 individus en 1993 à près de 40.000 en 1999 selon les chiffres fournis par le
gouvernement italien. En Espagne, il avait été recensé 3190 Sénégalais en 1993 ; ils sont au
nombre de 11.051 en 20008. Les Capverdiens s’établissent particulièrement au Portugal
(31.000 en 1993) et dans une moindre mesure en Italie (5400), au Pays-Bas (3000) et en
Espagne (2000). Les Maliens (39.000 en 1993) sont essentiellement installés en France
3
Réseau sur les Migrations et l’Urbanisation en Afrique de l’Ouest, coordonné par le CERPOD.
4
Les sept pays concernés ici sont : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger
et Sénégal.
5
Cf. Bocquier et Traoré, 1996, op.cit.
6
Population par nationalité en UE en 1993, Eurostat, 1995.
7
Selon les données de l’enquête DEmIS de 1997/98 qui prennent en compte les ménages résidants à Dakar et à
Touba dont au moins un membre est allé vivre à l’étranger au cours des dix dernières années, l’Italie constitue
le premier pays d’accueil des Sénégalais (45% des ménages migrants) ; moins de 10% s’orientent vers la
France ; l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce réunissent 50% de cette migration récente.
8
Selon l’Instituto National de Estadistica
3
(37.693, soit 97%), de même que les Mauritaniens (8.000 dont plus de 6.000 en France :
75%). Ils sont majoritairement originaires de la vallée du fleuve Sénégal (région de Kayes
pour le Mali et région de Guidimakha pour la Mauritanie). Les Gambiens (11.000) se
répartissent principalement entre le Royaume-Uni (3000), l’Espagne (2900) et l’Allemagne
(2600)9. En Afrique centrale, le Gabon et la République Démocratique du Congo
constituaient les principales destinations des migrants ouest africains (Ba, 1996 ; Ndione et
Lombard, 2004). Mais depuis la fin de l’apartheid, les flux sont orientés vers l’Afrique du
sud perçu par les migrants ouest africains comme un nouvel eldorado (Bredeloup, 1993 ;
Bouillon, 1996), même si cette nouvelle dynamique migratoire a été très vite atténuée par la
mise en place de barrières administratives10.
Si, en Afrique de l’Ouest, les mouvements migratoires sont régis par des accords bilatéraux
et par des traités des communautés économiques, le phénomène de la migration n’en
demeure pas moins complexe et difficile à gérer. Il constitue un enjeu majeur et pose de réels
défis aux gouvernements des pays de la région et aux institutions régionales et sous-
régionales. Les défis opérationnels soulevés par les migrations nécessitent l’élaboration d’un
cadre politique global au niveau régional. Ce cadre devrait intégrer les différents aspects
suscités par les questions relatives aux déplacements et à l'établissement des travailleurs
migrants et apporter des solutions durables à ces questions. Une des composantes d’une
politique de gestion concertée des flux migratoires est la disposition de l’information sur le
phénomène migratoire sous ses différentes formes. En effet, les tendances actuelles de la
migration internationale font ressortir, si besoin était, la place et l’importance de
l’information comme source essentielle pour les gouvernements qui souhaitent se doter d’une
politique migratoire, pour les institutions internationales et régionales et pour les autres
9
Robin, 1996, op.cit. p. 95
10
Percevant la présence étrangère croissante comme une menace, le gouvernement de Pretoria a durci les lois
en instaurant, en 1999, un visa d’entrée aux ressortissants ouest-africains.
4
structures intéressées par la migration. En tant qu’outil de gestion, la mise en place d’un
système d’information sur les migrations permettrait une bonne compréhension des questions
théoriques et pratiques soulevées par les migrations internationales tout en aidant à la prise
de décision.
L’objectif global de cette étude vise l’amélioration des capacités des gouvernements et des
partenaires sociaux pour une gestion efficace de la migration internationale en tant
qu’instrument pour le développement. De manière spécifique, les objectifs assignés à l’étude,
conformément aux termes de référence, se résument comme suit :
• Entreprendre un état des lieux (listage et analyse) du système d’information, des
sources et des bases de données statistiques par rapport à la migration ;
• Évaluer la nature, les définitions, la qualité et la représentativité des données
existantes, avec la liste des institutions qui produisent et/ou utilisent ces données ;
• Identifier les décalages entre les données, les faiblesses des bases de données et les
contraintes institutionnelles pour la production d’une information fiable devant servir
d’aide à la décision aux niveaux national et régional ;
• Proposer des mesures prioritaires destinées à l’amélioration du système d’information
sur la migration de main-d’œuvre.
Les études nationales menées dans les six pays reposent sur une recherche documentaire et
statistique portant sur les différentes sources d’information existantes sur les migrations
internationales. L’approche méthodologique adoptée par le projet s’appuie sur une grille
d’entretien conçue pour répertorier les sources de données sur les migrations et disposer
d’informations sur la nature des données collectées, relever les statistiques disponibles,
analyser leur mode d’exploitation et identifier les principaux utilisateurs de ces données. De
manière générale, la grille d’entretien s’articule autour de quatre thèmes principaux :
• l’évaluation globale du système d’information statistique sur les migrants, en termes
de disponibilité, de régularité, de fiabilité et de représentativité des données produites,
de robustesse des méthodologies utilisées, de disponibilité des ressources humaines,
matérielles et financières pour la pérennisation du dispositif de collecte, de traitement
et d’analyse des données, et de diffusion de l’information ;
• les interactions entre producteurs et utilisateurs de données sur les migrants sous
plusieurs aspects (existence et opérationnalité d’un cadre formel de concertation entre
structures productrices et utilisatrices de données sur la migration, implication des
structures utilisatrices par les structures productrices dans la conception des enquêtes
spécifiques sur la migration ou traitant de modules liés au phénomène migratoire) ;
• l’utilisation des données sur la migration dans les politiques (identifications des
données pertinentes pour l’élaboration et la formulation de politique migratoire,
adéquation entre les besoins réels exprimés par les utilisateurs et décideurs, et les
données statistiques disponibles sur la migration) ;
• les recommandations visant l’amélioration du système d’information statistique sur la
migration (identification des domaines spécifiques sur lesquels devrait porter
l’amélioration, actions à entreprendre pour renforcer les liens entre producteurs et
utilisateurs de données sur la migration, propositions pour combler le déficit
statistique, etc.).
Pour de plus amples informations sur le contenu de la grille d’entretien, le lecteur pourra se
référer à la partie annexe du rapport.
Dans cette partie, nous passons en revue les différentes sources d’information statistique en
matière de migration internationale répertoriées dans les six pays, tout en procédant à une
analyse critique de la nature des données recueillies, sur la base des variables saisies sur les
migrations, afin de voir dans quelle mesure les informations collectées par source et par pays
autorisent des possibilités de comparaison aux niveaux national et régional en Afrique de
l’Ouest. Dans un souci de clarté, nous procédons à une classification des sources par
catégorie et selon la nature des données collectées sur les migrations internationales. A cet
égard, nous distinguons quatre types de sources telles qu’elles apparaissent dans les rapports
des études nationales menées dans les six pays : les registres administratifs, les recensements
généraux de la population, les enquêtes nationales et les études locales.
On entend ici par sources administratives, les services étatiques qui collectent des données
destinées à l’utilisation de l’institution publique et pas nécessairement à des fins de diffusion.
L’analyse des rapports nationaux montre que le nombre de sources administratives et de
types de données recueillies varient légèrement d’un pays à un autre (tableau 1).
De manière globale, les relevés administratifs les plus courants comprennent les registres
administratifs des polices des frontières, les fichiers des étrangers résidant dans chaque pays
7
et les fiches d’immatriculation des émigrés auprès des missions diplomatiques et/ou
consulaires établies à l’étranger.
Les informations recueillies par les polices des frontières concernent les entrées et les sorties
de passagers dans/du territoire national de chaque pays. Elles sont obtenues à partir des
fiches quotidiennes d’embarquement et de débarquement des aéroports internationaux et des
ports, ainsi qu’à partir des notices des postes de frontières terrestres. Ces formulaires
renseignent généralement sur :
- l’identité de la personne et sa date d’entrée/de sortie dans/du territoire,
- le pays de provenance/de destination et la nationalité,
- lieu de destination dans le pays d’accueil,
- la durée de séjour projetée et le motif du voyage.
Ces documents constituent une mine importante d’information dont la combinaison pourrait
servir à élaborer des séries chronologiques permettant de dégager le profil temporel des flux
migratoires et d’apprécier en temps réel le solde migratoire international de chaque pays.
Les fichiers des étrangers sont constitués à partir des visas accordés et des cartes d’identité
(titre de séjour) délivrées aux étrangers installés dans chaque pays. Ces fichiers fournissent
généralement des informations sur :
- le pays de nationalité et le pays de naissance,
- l’âge, le sexe, la situation de famille et le niveau d’instruction,
- le type de visa ou de permis de séjour ; la durée de validité du visa ou permis de
séjour,
- la date d’entrée dans le territoire,
- l’emploi occupé, la branche d’activité et la situation professionnelle.
Cette source administrative permet de calculer la population étrangère résidente ainsi que le
nombre de travailleurs migrants établis dans chaque pays.
Quant aux fiches d’immatriculation des nationaux vivant à l’étranger, elles permettent de
recueillir des informations sur la situation démographique et professionnelle de la personne
enregistrée et sa famille (femme(s) et enfant(s)) ainsi que son adresse dans le pays d’accueil
et son adresse de référence dans le pays d’origine. Ainsi, cette source permet d’estimer le
nombre de ressortissants résidant de manière légale à l’étranger.
En plus de ces trois sources, les rapports sur la Mauritanie, le Sénégal et le Burkina Faso font
ressortir d’autres types de données administratives sur les migrations internationales. Il
s’agit :
Pour la Mauritanie de :
- la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS), chargée de la gestion des pensions
sociales pour l’ensemble des travailleurs et notamment les étrangers résidant dans le
pays. Pour chaque personne assurée, la base de données de la CNSS collecte les
caractéristiques suivantes : le nom de l’employé, sa nationalité, son âge, son sexe, le
nom et l’adresse de l’employeur, l’année d’inscription. La base de données de la
CNSS est informatisée.
- la Direction de l’emploi qui délivre les permis de travail aux étrangers pour l’exercice
d’un emploi formel. Cette structure dispose de statistiques sur les étrangers ayant une
8
autorisation d’exercer une activité économique. Pour chaque permis délivré, les
informations suivantes sont renseignées : le numéro de série, le nom de l’employé, la
nationalité de l’employé, le poste occupé, les nom et adresse de l’employeur, la durée
de validité du permis. Les données sont saisies dans un fichier excel.
Pour le Sénégal de :
- la Direction du travail et de la sécurité sociale, chargée de la gestion de l’information
sur les travailleurs sénégalais exerçant à l’étranger et de la délivrance de permis de
travail aux étrangers résidant au Sénégal,
- la Direction de l’emploi qui a en charge la gestion de l’information statistique sur
l’emploi aussi bien des nationaux que des étrangers au Sénégal.
Par ailleurs, les missions diplomatiques accréditées dans chaque pays constituent une source
non moins importante d’information statistique sur les ressortissants immatriculés. Les
données collectées à cet effet concernent notamment :
• le nombre de ressortissants du pays d’appartenance de la mission diplomatique et/ou
consulaire résidant dans le pays d’accueil,
• le nombre de ressortissants du pays d’accueil résidant dans le pays d’appartenance de
la mission diplomatique et/ou consulaire,
• le nombre de visas de séjour et de types de séjour délivrés par le pays hôte aux
ressortissants du pays d’appartenance de la mission diplomatique et/ou consulaire,
• le nombre de visas et de types de séjour délivrés par le pays d’appartenance de la
mission diplomatique et/ou consulaire aux ressortissants du pays d’établissement de
la mission diplomatique et/ou consulaire,
• le nombre de ressortissants du pays d’appartenance de la mission diplomatique et/ou
consulaire travaillant par sexe, âge, secteur d’activité, durée de résidence etc.
• le nombre de ressortissants du pays hôte travaillant dans le pays d’appartenance de la
mission diplomatique et/ou consulaire par sexe, âge, secteur d’activité, durée de
résidence etc.
A cet égard, les relevés administratifs, si ils sont activés ou réactivés, peuvent constituer un
important réseau de collecte et de transmission de l’information sur les migrations
internationales, dans une perspective de mise en place d’un système d’information statistique
fiable, permettant aux gouvernements de disposer d’outils de gestion efficaces de leurs
ressortissants vivant à l’étranger, mais aussi des étrangers résidant dans leur pays.
Le recensement est la source fondamentale de données sur l’état de la population d’un pays.
Il consiste à faire un inventaire exhaustif d’une population jusqu’au niveau géographique le
plus fin11. C’est aussi selon une définition des Nations Unies « l’ensemble des opérations qui
consistent à recueillir, à grouper, à évaluer, à analyser et à publier des données
11
Ceped, (1994), « La démographie de 30 états d’Afrique et de l’Océan indien » eds du Ceped, 351p.
10
Pour étudier les migrations, les questions généralement posées dans les recensements portent
sur :
- le lieu (pays) de résidence au moment du recensement,
- le lieu (pays) de naissance,
- la situation de résidence,
- lieu (pays) de résidence précédente (antérieure) à une date donnée,
- la durée de résidence au lieu (pays) de dénombrement,
- la nationalité ou citoyenneté.
Plusieurs opérations de recensement ont été menées dans les six pays de la sous-région ciblés
par le projet. Le tableau suivant récapitule ces opérations de collecte par année et selon les
variables migratoires saisies.
12
Nations Unies (1958), cité par CEPED (1994), op.cit.
11
Tableau 2 : Trois derniers recensements par pays, année et selon les variables relatives à la migration
Pays Année Lieu Lieu de Lieu de Durée Nationalit Émigré Émigré
du de résidence résidenc dans la é ou (Situatio (volet du
recenseme naissan au e résidence citoyenne n questionna
nt ce recensem antérieur actuelle té résidenc ire)
ent e e)
1975 X X - - X X -
Burkina 1985 X X X - X - -
Faso 1996 X X X X X X -
1980 X X X - X - X
1990 X X X X - X
Cap-Vert 2000 X X X X - X
1983 X X X - - - -
Gambie 1993 X X X X - - -
2003 X X X X - -
1976 X X - - X - -
1987 X X - - X - -
Mali 1998 X X X X X - -
1977 X X - - X - -
1988 X X X X X - X
Mauritanie 2000 X X X X -
1976 X X - - X - -
Sénégal 1988 X X X X X - -
2002 X X X - X - X
Comme on peut le constater, les variables sur les migrations saisies dans les différents
recensements ne sont pas toujours identiques. Cela est vrai aussi bien pour un pays pris
isolément que pour l’ensemble des six pays. Cette diversité dans le choix des variables d’une
opération de collecte à l’autre pose le problème de la comparabilité des données issues des
différents recensements. Nous y reviendrons.
En outre, les variables : lieu de naissance, lieu de résidence antérieure à une date donnée et
lieu de résidence au recensement sont assez fréquemment saisies par les différents
recensements, notamment à partir des années 1980. Leur croisement offre des possibilités de
mesure et d’analyse supplémentaires sur certains aspects du phénomène migratoire
international. Ce croisement permet de définir une sous-population relativement importante
de migrants de retour, ces derniers étant en situation migratoire internationale à la date
antérieure considérée par le recensement.
La question sur la durée de résidence, qui devrait permettre d’étudier le caractère récent ou
ancien de la migration, n’est pas souvent posée, notamment lors des derniers recensements
réalisés (Sénégal en 2002, Mauritanie en 2000). A cet égard, peu de pays ouest africains
12
suivent les recommandations des Nations Unies des années quatre-vingts qui visaient
l’introduction de la notion de durée de résidence en plus de celle déjà existante de lieu de
naissance afin de fournir des données élémentaires sur l’importance des migrations à
différents moments du passé (Ricca, 1990).
Par contre, la nationalité est souvent déclarée et permet en principe de mesurer la population
étrangère dans le pays où le recensement est réalisé. Mais il faut faire très attention à l’usage
de cette mesure. Comme le souligne certains auteurs (Ricca, 1990 ; Dackam-Ngatchou,
1996), la définition de l’étranger varie selon qu’on se réfère à la nationalité ou au lieu de
naissance. Pour certains pays, le lieu de naissance constitue l’indicateur le plus sûr de la
condition d’étranger. Cette approche, en plus d’inclure parmi les immigrés les nationaux nés
à l’étranger, rend les résultats du recensement incompatibles avec ceux des pays pour qui la
notion d’étranger est liée à celle de la citoyenneté. Comme nous le verrons dans la partie
consacrée aux concepts et définitions, l’étranger (de nationalité) est différent de l’immigré
(de naissance). Cependant, du fait d’une législation de plus en plus contraignante en matière
de traversée des frontières, le rôle déterminant de la nationalité sur la migration
internationale est une évidence, si on considère notamment les principaux types de
migrations (de travailleurs, de réfugiés). Toutefois, la mesure de la population étrangère à
partir de la nationalité permet de donner des indications sur les effets d’âge et de générations
produits par la migration, ainsi que sur la contribution des étrangers au mouvement naturel de
la population du pays d’accueil.
Par ailleurs, certains pays comme le Burkina Faso (1975 ; 1996), le Cap-Vert (1980 ; 1990 ;
2000), la Mauritanie (1988) et plus récemment le Sénégal (2002) ont introduit des variables
spécifiques dans les recensements pour saisir les populations émigrées. Toutefois, cette
évaluation de l’émigration internationale reste souvent partielle, ne concernant que les
individus partis récemment à l’étranger (durant les 12 derniers mois pour les recensements du
Burkina Faso de 1975 ; au cours des 5 dernières années pour le recensement du Sénégal de
2002). Le recensement du Burkina Faso de 1996 et celui de la Mauritanie de 1988 ont
mesuré les effectifs de ressortissants de leur pays résidant depuis plus de 6 mois à l’étranger.
Seul le Cap-Vert semble s’intéresser à saisir l’ensemble de ses ressortissants résidant à
l’étranger ainsi que les membres de leurs familles, et cela, quelque soit le recensement.
Au total, on peut dire que le recensement peut constituer une source d’informations
importantes et utiles sur les migrations internationales. Il faudrait, pour cela, que les pays
partageant les mêmes axes migratoires s’accordent à harmoniser les concepts à utiliser et les
variables à saisir, en s’inscrivent dans une perspective de réalisation des opérations de
collecte au cours d’une même année.
Les enquêtes démographiques par sondages, lorsqu’elles ont été réalisées à l’échelle
nationale et sur des échantillons représentatifs de la population, offrent des possibilités de
mesure et d’analyse supérieures à celles des recensements. Moins lourdes à mettre en place et
moins onéreuses que les recensements, ces enquêtes permettent le recueil à la fois de données
de structure et de mouvement. Il faut signaler à ce propos que les enquêtes nationales
répondent souvent à des préoccupations ponctuelles sur un sujet déterminé (fécondité, santé,
mortalité, pauvreté, migration, etc.). Lorsqu’elles ne portent pas spécifiquement sur les
13
migrations, elles ne fournissent des informations sur le phénomène que de manière indirecte,
à l’image des recensements.
Il faut rappeler à ce niveau que, jusqu’à la fin des années quatre-vingt, peu d’enquêtes ont été
consacrées de manière spécifique à l’observation et à l’analyse des migrations internationales
ouest-africaines. J. Condé et K.C. Zachariah ont mené une des premières études sur le sujet
dans les années soixante-dix (Condé et Zachariah, 1978). Cette étude, financée par la Banque
mondiale, a permis d’identifier les niveaux et tendances de la migration en Afrique de
l’Ouest à travers les recensements nationaux disponibles à l’époque. Sur la base des indices
de migrations « durée de vie », les auteurs ont conclu que trois pays recevaient la plupart des
migrants internationaux en Afrique de l’Ouest : le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Nigeria.
Une enquête nationale sur les mouvements migratoires a aussi était menée en Haute Volta
(Burkina Faso) en 1974-75 par le CVRS13 et par le INSD14, avec le soutien de l’université de
Montréal. Cette enquête a permis de saisir les itinéraires migratoires, les caractéristiques des
migrants internationaux et leur destination, rendant ainsi possible l’analyse historique des
mouvements migratoires internes et internationaux de main-d’œuvre depuis la période de
colonisation jusqu’après l’indépendance (Cordel et col., 1996).
Enfin, en 1982, l’Enquête sur la Vallée du fleuve Sénégal a été réalisée dans les trois pays
traversés par le fleuve (Sénégal, Mali et Mauritanie) par l’OCDE et l’Institut du Sahel. Cette
étude s’intéressait principalement à la migration vers l’Europe et notamment vers la France
(Condé et col., 1986).
Bien que peu nombreuses, les études sur la migration ont permis de susciter un regain
d’intérêt sur les mouvements de population en Afrique de l’Ouest, notamment en ce qui
concerne la formulation de politique en matière de population (Bocquier et Traoré, 1996). En
fait, la région est désormais considérée comme une des régions du monde où la concentration
des migrants est la plus importante (Grégory et Piché, 1985 ; Russel et col., 1990 ; Adepoju,
1990 ; Cordell et col., 1996). Cette nouvelle situation a permis de souligner la nécessité de
mener des études spécifiques sur les migrations ouest-africaines, aussi bien au niveau sous-
régional que national et/ou d’incorporer davantage de variables migratoires dans les
recensements et enquêtes nationales non directement portant sur le sujet. C’est dans cette
perspective que les enquêtes du Réseau Migrations et Urbanisations en Afrique de l’Ouest
(REMUAO) ont été initiées.
Les Enquêtes sur les Migrations et l’Urbanisation en Afrique de l’Ouest (REMUAO) sont les
premières du genre, entreprises dans la sous-région, qui abordent de façon spécifique les
migrations internes et internationales. Elles ont été réalisées en 1992-93 dans le cadre d’un
réseau pluridisciplinaire de recherche comprenant huit pays de l’Afrique de l’Ouest (Burkina
Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria et Sénégal) et coordonnée par
le Centre d’Étude et de Recherche sur les Populations et le Développement (CERPOD). Il
s’agit d’enquêtes rétrospectives à passage unique, conduites auprès d’échantillons de
ménages représentatifs au niveau national de chaque pays concerné15. L’immigration est
appréhendée dans le questionnaire ménage à partir des variables suivantes : lieu de naissance,
lieu de résidence antérieure, lieu de résidence actuelle et durée de résidence actuelle. Le
13
Centre Voltaïque de Recherches Scientifiques
14
Institut National de la Statistique et de la Démographie
15
Exception faite pour le Nigeria où l’enquête n’a couvert que 22 des 31 États de la Fédération.
14
Ces opérations de collecte devaient permettre de saisir et de comprendre les rapports sociaux
à travers les conditions et les modalités d’insertion des migrants et leurs relations avec le
milieu d’origine. Elles fournissent des informations consistantes sur les volumes, les formes
et les directions des migrations internes à chaque pays, ainsi que les migrations
internationales. Toutes ces données font finalement de ces enquêtes une source très riche à la
fois pour la mesure et l’analyse des migrations. A ce titre, elles constituent aujourd’hui la
principale référence sur les migrations ouest-africaines.
Le tableau 3 fournit la liste des trois dernières enquêtes nationales effectuées dans chacun des
six pays d’étude qui s’intéressent directement ou indirectement aux questions de migrations
internationales. Nous ne considérons ici que les opérations de collecte de nature
démographique susceptibles de fournir des éléments substantiels sur la migration
internationale.
15
Tableau 3 : Trois dernières enquêtes par pays, année et selon les variables relatives à la migration
Pays Enquête Variables sur la migration
Enquête démographique de itinéraires migratoires ; lieu de naissance ; durée de résidence ;
1991 (INDS) lieu de destination ; lieu de résidence antérieure ; dernière
migration ; lieu de résidence à l’enquête, émigrés
Enquête sur les migrations et Lieu de naissance, lieu de résidence précédent, lieu de résidence
Burkina l’urbanisation au Burkina Faso actuelle, statut migratoire ; émigrés des 5 dernières années avec
Faso de 1993 (INDS/CERPOD) notamment l’âge au départ et le pays de destination ; itinéraires
migratoires (toutes les résidences d’un minimum de 6 mois depuis
la naissance jusqu’au moment de l’enquête) avec notamment les
lieux de résidence, l’activité principale (type, statut, secteur), âge
fin étape, raison de départ ; immigrés hors du lieu de naissance
avec notamment les raisons de la migration, les conditions de
réalisations de la migration, profits de la migration en faveur du
lieu d’origine, biens et dons monétaires envoyés dans le lieu
d’origine ; migrants de retour dans leur lieu de naissance depuis
au moins 10 ans (mêmes questions sur immigrés)
Enquête sur les migrations, itinéraires migratoires ; lieu de naissance ; durée de résidence ;
l’insertion urbaine et lieu de destination ; lieu de résidence antérieure ; dernière
l’environnement au Burkina migration ; lieu de résidence à l’enquête, émigrés
Faso de 2000 (UERD)
Cap-Vert Le rapport ne mentionne pas
d’enquête nationale
Gambie Nation-wide migrations study Le rapport ne mentionne pas les variables migratoires saisies par
1978 cette enquête
Enquête migration dans la Le rapport ne mentionne pas les variables migratoires saisies par
vallée du fleuve (1982/83) cette enquête
Enquête sur les migrations et Mêmes variables que pour l’enquête au Burkina Faso de 1993
Mali l’urbanisation au Mali (1993) (REMUOA)
Enquête permanent auprès Lieu de naissance, lieu de résidence précédent, lieu de résidence
des ménages actuelle
Enquête sur les migrations et Mêmes variables que pour l’enquête au Burkina Faso de 1993
l’urbanisation en Mauritanie de (REMUAO)
Mauritanie 1993
Enquête démographique et de Le rapport ne mentionne pas les variables migratoires saisies par
santé de 2000 cette enquête
Enquête sur les conditions de Le rapport ne mentionne pas les variables migratoires saisies par
vie des ménages de 2004 cette enquête
Enquête migrations et Mêmes variables que pour l’enquête au Burkina Faso de 1993
urbanisation au Sénégal (1993) (REMUAO)
Sénégal
Enquête 123 Le rapport ne mentionne pas les variables migratoires saisies par
cette enquête
Enquête sénégalaise auprès Lieu de naissance, lieu de résidente actuelle, nationalité, émigrés
des ménages selon l’âge au départ, le pays de destination, les raisons de la
migration, les transferts de fonds envers le Sénégal
16
En plus des sources statistiques nationales, les populations migrantes ont été appréhendées à
partir d’études réalisées au niveau local dans les six pays ciblés par le projet. Celles-ci se
limitent le plus souvent à l’échelle d’un village, d’un quartier, d’une ville, et au mieux, d’un
ensemble de localités dispersées à l’intérieur d’une région ou d’un département. Loin de
mesurer le phénomène, ces études apportent plus à sa compréhension. Elles ne permettent
donc pas une connaissance précise des effectifs de migrants internationaux, de leur
répartition spatiale et de leur origine, contrairement aux recensements et enquêtes nationales
qui fournissent des informations, d’une qualité variable, sur ces aspects.
Les principales études répertoriées par les rapports nationaux sont les suivantes16 :
Burkina Faso
L’enquête de 1969-71 de J.M. Kohler
J.M. Kohler a, dans le cadre des travaux de l’Orstom, réalisé d’octobre 1969 à mai 1971 une
série d’enquêtes auprès des Mossi de l’Ouest du Burkina Faso pour l’étude des migrations
temporaires (durée inférieure à 10 ans). Après avoir recensé 19 villages, soit environ 32.000
individus, il a interrogé un échantillon de 8700 personnes sur leurs migrations, pour ensuite
se focaliser particulièrement sur un sous-échantillon de 300 migrants de retour sur divers
aspects de leur mouvement migratoire et plus particulièrement sur leurs épargnes monétaires,
sur le système matrimonial, sur la rentabilité comparée des cultures de rente (notamment le
coton) et les revenus de la migration. Si les données sur les ménages, les familles et les
exploitations sont totalement absentes, par contre l’information est assez abondante sur le
système matrimonial, les opinions et surtout la conscience collective sur la migration.
Incontestablement, c’est l’enquête qui a fourni le plus d’informations sur les structures
internes (famille, ménage, exploitation, système matrimonial etc.) en pays Mossi, autorisant
ainsi une analyse riche de la migration, en relation avec les caractéristiques des structures de
la communauté de départ. D’ailleurs, beaucoup d’études17 basées sur cette enquête se sont
axées sur le rôle des structures internes de la société Mossi sur les migrations.
16
Les rapports sur le Cap-Vert et la Gambie ne font pas mention d’études réalisées au niveau local.
17
Quesnel et al (1975, 1977, 1985) ; Marchal J.Y (1975, 1983), pour ne citer que ceux-là.
17
Mali
Enquête migration dans la vallée du fleuve Sénégal réalisée en 1982/83
Cette enquête a porté sur la migration internationale des gens du fleuve Sénégal (Mali,
Mauritanie et Sénégal). Elle s’est déroulée dans un premier temps dans les foyers de migrants
en France, ce qui a permis de recueillir auprès des travailleurs migrants un certain nombre de
caractéristiques dont la localité de naissance. Dans un deuxième temps, l’enquête s’est
déroulée dans les régions de départ des migrants. Pour le Mali, ces informations concernaient
presque exclusivement les cercles de Kayes et de Yélimané dans la région de Kayes.
L’échantillon dans ces deux cercles a concerné aussi bien les villages représentés dans
l’échantillon de France que les villages non représentés.
Enquête sur les projets de réinsertion économique des migrants de retour au Mali (Bamako,
Kayes) (2002)
Initiée par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), avec le soutien financier
du gouvernement suisse, cette enquête a porté sur un échantillon de 100 migrants de retour
ayant développé des projets de réinsertion économique dans le district de Bamako et dans la
région de Kayes. L’enquête traite de séries de questions sur les caractéristiques socio-
économiques et géographiques des émigrés et les impacts sur l’évolution de chaque projet de
réinsertion, le parcours migratoire de l’individu et son influence sur le démarrage et le
développement de son projet, l’évolution dans la durée des projets, en fonction de l’esprit
18
d’entreprise des promoteurs, des capitaux investis, des difficultés rencontrées et des
conditions dans lesquelles celles-ci ont été ou non surmontées.
Mauritanie
Étude sur les Migrations et l’urbanisation en Mauritanie de 1995 (C.O. Abdellahi) qui a
porté sur les mouvements migratoires internes, l’exode rural, les motifs de migration et les
caractéristiques des migrants.
Étude sur les populations nomades de 1998 (M.L.O Moujtaba) qui a permis d’analyser les
caractéristiques des nomades, ainsi que les tendances et motifs de leur sédentarisation.
Étude sur les déterminants socio-économiques des migrations en 2002 (M.M El Mouvide)
qui a analysé les déterminants de la migration en terme de caractéristiques des migrants, de
répartition spatiale et de motifs de migration.
Étude sur les conséquences socioéconomiques de la migration en 2002 (S.M.O Jiyed) qui a
analysé les conséquences de la migration sur les conditions de vie des non migrants, sur la
structure démographique des ménages et leur évolution socioéconomique.
Sénégal
Au Sénégal, la vallée du fleuve Sénégal a traditionnellement fait l’objet d’études spécifiques
sur les migrations internationales. On peut citer, à cet égard, les recherches suivantes :
Enquête sur les migrations des gens du Fleuve Sénégal (Kane F. et Lericollais A., 1975)
Cette recherche sur les mouvements migratoires des gens de la vallée du fleuve Sénégal avait
pour objectifs d’en mesurer l’ampleur, d’en saisir les circonstances du déclenchement et les
modalités, les types d’insertions réalisés dans les régions d’accueil, les liens conservés avec
le pays d’origine et les effets sur les activités traditionnelles. Les données ont été
rassemblées lors d’une enquête exhaustive, auprès de tous les campements et villages de la
vallée (au Sénégal et en Mauritanie) ; l’objectif étant de cartographier et d’analyser la
répartition des hommes, leurs activités économiques et leurs ressources. Les émigrés vers
l’étranger, en Afrique et en Europe ont été recensés par « tente » et par « carré ». Les
migrations vers les villes et les régions du Sénégal et de la Mauritanie n’ont pas été
appréhendées d’une manière systématique.
Enquête sur les migrations internationales sud-nord. Une étude de cas: les migrants maliens,
mauritaniens et sénégalais de la vallée du fleuve Sénégal, en France (Condé J. et Diagne P.
S., 1982/83) (voir paragraphes précédents sur le Mali)
familiaux et les déplacements, y compris de courte durée, qui se sont déroulés entre les
différents passages. Le suivi de l’échantillon a permis de rassembler les données relatives à
3599 personnes de 15 ans et plus, réparties en 805 ménages, dont on connaît à la fois les
migrations anciennes et les formes de mobilité récentes, ainsi que les activités agricoles sur
plusieurs années.
Plus récemment, les enquêtes sur les migrations internationales ont privilégié des localités
dans la région de Dakar et dans les régions du bassin arachidier (Diourbel et Kaolack). Il
s’agit notamment de :
En outre, les quatre quartiers ont fait l’objet d’une enquête qualitative, par le biais de deux
grilles d’entretien semi-directif, l’une adressée à des informateurs clés (notables et autres
chefs coutumiers ou religieux), et l’autre aux migrants internationaux de passage, soit un
total de 48 entretiens. Ces entretiens ont permis de décrire l’histoire migratoire et sociale du
quartier, son mode de fonctionnement et d’organisation ainsi que les rapports de voisinage
entre les habitants. De même, ces récits ont étayé les questions de la diffusion du phénomène
migratoire à l’intérieur du quartier, des appuis et soutiens reçus au départ et à destination, par
un parent ou un ami du quartier et des transferts économiques et symboliques dans le
quartier.
20
L’Enquête sur les investissements immobiliers des migrants internationaux dans les quartiers
périphériques de Dakar (Tall S. M., 1994)
Cette enquête a été réalisée dans les quartiers périphériques de Dakar (capitale du Sénégal).
De la proche banlieue aux limites du périmètre urbain, quatre quartiers d’histoire et d’origine
différentes ont été étudiés : Grand Dakar, Grand Yoff, Parcelles Assainies et Pikine. La
variété des espaces migratoires et la diversité des investissements des migrants
internationaux dans l’immobilier sont examinées par cette étude. Une analyse morphologique
de ces investissements a permis de mesurer la multiplicité des influences : logiques
traditionnelles, emprunts de modèles des pays d’accueil, volontés individuelles, ou
contraintes urbanistiques et/ou officielles.
D’autres sources de données sur les migrations internationales ont été mises en exergue par
les études réalisées dans les six pays. Il s’agit de sources spécifiques concernant un groupe
particulier de migrants :
Les bases de données sur l’expertise des cadres sénégalais et maliens expatriés
Elle a été initiée par le PNUD, dans le cadre du projet TOKTEN (Technology Knowledge of
Expatriate Nationals). Ces bases de données renseignent sur l’identité et le profil des cadres
expatriés, l’objectif étant d’apporter une assistance au pays d’origine par le transfert de
savoir-faire acquis notamment en pays d’accueil.
En définitive, l’aperçu sur les migrations internationales dans les pays ciblés par le projet
repose sur l’utilisation simultanée de plusieurs techniques et la confrontation d’informations
apportées par les statistiques issues du traitement de sources très variées.
Une définition rigoureuse et précise des termes utilisés par les différentes sources statistiques
sur les migrations internationales est un préalable qui permet de lever toute équivoque et
d’éclairer au mieux le lecteur. Il s’agit ici d’appréhender la nature et les catégories
statistiques utilisées, et de faire le lien avec les concepts et définitions universellement
préconisés. La question est de savoir si les termes utilisés par les systèmes statistiques dans
les pays d’étude sont conforment aux recommandations internationales et à celles du BIT, et
si les concepts et définitions permettent de faire des comparaisons au niveau régional ouest
africains
La notion d’espace est caractérisée par les différents lieux que parcourt l’individu tout au
long de sa vie. La première équivoque à lever à ce niveau concerne la délimitation précise de
chaque lieu de résidence, en fonction du phénomène étudié (migration interne ou migration
internationale). Aborder la question du point de vue international reviendrait à considérer
comme lieu de résidence, toute entité géographique délimitée et matérialisée concrètement
par une frontière. Par conséquent, il y aurait migration internationale quand il y a transfert de
résidence d’un pays à un autre.
Le temps est exprimé par la notion de durée de résidence dans un lieu. Là, il n’y a pas de
consensus sur la définition de la durée de séjour, chaque État appliquant ses propres critères,
qui ne coïncident pas forcément avec ceux d’un État voisin, alors qu’il peut s’agir des mêmes
populations. A cet égard, les différentes sources de données statistiques sur les migrations
relevées dans les six pays d’étude font apparaître plusieurs périodes ou durées de référence :
- il y a cinq ans ou il y a dix ans pour le lieu de résidence antérieure : ces périodes de
référence sont souvent utilisées dans les recensements et mais aussi dans quelques
enquêtes nationales et locales ;
- durée de résidence de six mois (ou de moins de six mois avec une intention de rester
plus de six mois) pour définir la migration : beaucoup de recensements et d’enquêtes
nationales retiennent ce critère ;
- durée de résidence de trois mois (enquêtes spécifiques sur les migrations au Burkina
Faso) ;
23
- durée de résidence d’un an (ou moins d’un an avec l’intention de rester plus d’un an)
pour définir la migration dans certaines enquêtes spécifiques (Enquête Déterminants
de la Migration Internationale au Sénégal par exemple).
Migrant : il définit toute personne qui a changé de lieu de résidence par rapport à une période
de référence donnée.
Non-migrant : ce concept caractérise toute personne vivant dans un lieu et n’ayant jamais
changé de résidence habituelle.
Migrant de retour : il définit tout individu ayant changé de résidence habituelle et qui se
retrouve dans son lieu de naissance au moment de l’opération de collecte.
Immigré et émigré : ces concepts définissent une population de migrants selon qu’on se
réfère au lieu de départ ou au lieu d’accueil. On parle d’immigré par rapport au lieu d’accueil
et d’émigré par rapport au lieu de départ.
Travailleur migrant : le travailleur migrant stricto-sensu est le migrant détenteur d’un contrat
de travail dans le secteur moderne notamment. Dans ce cas, la réglementation lui fait
obligation de disposer d’une autorisation d’établissement. Une carte d’identification
d’immigré lui est délivrée.
Flux migratoires : on désigne par flux migratoires la somme des migrations entre deux zones
géographiques au cours d’une période déterminée.
Taux d’émigration : le taux d’émigration est obtenu en rapportant les flux hors d’une zone
géographique aux années vécues dans celle-ci. Cette zone représente l’origine de
l’émigration. La population de la zone de destination n’intervient pas dans le calcul.
Taux d’immigration : le taux d’immigration est obtenu en rapportant les flux migratoires
vers une zone géographique aux années vécues dans celle-ci. Cette zone représente la
destination de la migration. La population de la zone d’origine n’intervient pas dans le calcul.
Solde migratoire : le solde migratoire est pour une zone géographique donnée, le nombre
entier relatif (positif ou négatif) obtenu en retranchant les émigrations à partir de cette zone
des immigrations vers celle-ci.
Taux net de migration : le taux de migration nette (croît migratoire) est obtenu en rapportant
le solde migratoire d’une zone géographique donnée au total des années vécues dans celle-ci
;
24
Indice d’intensité migratoire relative : l’indice d’intensité migratoire relative d’une zone vers
une autre est obtenu en rapportant le flux migratoire de la première vers la seconde au
produit des années vécues dans les deux zones. Cet indice fait intervenir les populations des
deux zones.
Il importe ainsi de distinguer les flux (entrants ou sortants au cours d’une période) et les
stocks (population résidente à un moment déterminé). Le concept de migrant (émigré,
immigré), qui est fondé sur un critère géographique (déplacement dans l’espace), ne doit pas
être confondu avec celui d’étranger, fondé sur un critère juridique : est étranger celui qui ne
possède pas la nationalité du pays où il réside.
Il est à noter que les migrants multiples et de retour sont toujours des migrants « récents ».
Cette partie traite de l’évaluation des dispositifs de collecte, de traitement et de diffusion des
statistiques sur la migration dans les pays ciblés par l’étude. L’accent sera mis sur les
missions de collecte dévolues à ces structures, tout en appréhendant leurs capacités et leurs
limites.
25
Les six pays concernés par la présente étude disposent d’un organe central spécialisé en
matière de collecte, de traitement et d’analyse de données statistiques notamment sur les
migrations : Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) au Burkina Faso,
Institut National de la Statistique (INS) au Cap-Vert, Central Statistics Department (CSD) en
Gambie, Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique (DNSI) au Mali, Office
Nationale de la Statistique (ONS) en Mauritanie et Direction de la Prévision et de la
Statistique (DPS) au Sénégal. Ces structures sont principalement chargées de :
- la réalisation des recensements généraux de la population et des enquêtes
démographiques et socio-économiques nationales ;
- la conception de méthodologies de collecte et de traitement des données relatives aux
recensements et aux enquêtes ;
- l’exploitation et l’analyse des données issues de ces opérations de collecte ;
- la publication des résultats des recensements et enquêtes mis en œuvre ;
- la coordination et la diffusion des données statistiques officielles sur la population.
- la collecte des informations sur les émigrés, à travers notamment les fiches
d’immatriculation auprès des missions diplomatiques et/ou consulaires établis à
l’étranger ;
- le renouvellement des passeports et des cartes nationales d’identité de leurs
compatriotes à l’étranger.
Pour l’essentiel, les statistiques disponibles sont fournies par les rapports nationaux
descriptifs se rapportant aux recensements et aux enquêtes nationales réalisées. En ce qui
concerne la migration internationale, on peut souligner la disponibilité d’informations sur :
- les immigrés par âge, sexe, statut matrimonial, niveau d’instruction, pays de
provenance, type d’activité, statut d’emploi, branche d’activité, milieu de résidence,
région etc. (recensements et enquêtes nationales) ;
- les étrangers par pays d’origine, âge, sexe, statut matrimonial, niveau d’instruction,
type d’activité, statut d’emploi, branche d’activité, milieu de résidence, région etc.
(recensements et enquêtes nationales) ;
- les migrants internationaux de retour par pays de provenance, âge, sexe, statut
matrimonial, niveau d’instruction, type d’activité, statut d’emploi, branche d’activité,
milieu de résidence, région etc. (recensements et enquêtes nationales) ;
- les émigrés récents (5 dernières années ou au cours de l’année précédent la collecte)
par pays de destination, âge au départ, motif de migration (enquêtes spécifiques sur
les migrations et certains recensements) ;
- les matrices des migrations par régions ou pays étrangers (enquêtes spécifiques sur
les migrations) ;
- les taux d’émigration et d’immigration, les taux de migration nette (enquêtes
spécifiques sur les migrations) ;
- les indices d’intensité migratoire relative (enquêtes spécifiques sur les migrations).
Ils produisent des informations sur les migrations internationales à partir des fiches d’entrée
et de sortie dans/du territoire national et de délivrance des titres de séjour des étranger en ce
qui concerne les services d’immigration, par le biais des fiches d’immatriculation des
émigrés pour ce qui est des institutions chargées des nationaux expatriés.
Le constat général qui se dégage de l’analyse des statistiques produites par les organes
spécialisés est que les données collectées n’ont pas fait l’objet d’analyses approfondies. Les
rapports disponibles font état d’analyses descriptives, basées sur le simple croisement des
variables migratoires avec les caractéristiques socio-démographiques des individus. Or, les
recensements et en particulier les enquêtes nationales sur les migrations offrent des
possibilités d’analyse détaillées des mouvements migratoires sous plusieurs aspects. Le faible
niveau d’exploitation et de valorisation des sources disponibles limitent les possibilités de
diffusion à grande échelle des informations collectées.
Les données collectées ne sont pas suffisamment exploitées à des fins statistiques. Les
structures chargées de la gestion des informations recueillies n’ont pas la compétence requise
en matière de technique d’exploitation et d’analyse de données quantitatives. Par ailleurs,
elles ne disposent pas de ressources financières suffisantes pour la saisie informatique, le
traitement et l’analyse des données collectées. Elles se trouvent donc dans l’impossibilité de
mettre à la disposition des utilisateurs et décideurs potentiels des statistiques élaborées.
La fiabilité des sources administratives appelle quelques remarques générales. Les données
provenant des fiches d’immatriculation des ressortissants auprès des missions diplomatiques
et/ou consulaires installées dans les pays étrangers souffrent de limites à deux niveaux :
• la collecte de l’information (tous les ressortissants des pays ne sont pas immatriculés ;
le plus souvent, les décès et les départs du pays d’accueil des individus immatriculés
ne sont pas signalés aux missions diplomatiques et/ou consulaires).
• la transmission des fiches d’immatriculation enregistrées par les missions consulaires
n’est pas régulière ou n’est pas assurée.
Les données sur les statistiques aux frontières ne font pas l’objet de saisie informatique. Les
fiches d’embarquement et de débarquement à l’aéroport et au port sont en général stockées
28
sans être archivées, ni exploitées, alors qu’elles constituent une mine d’informations sur
l’ampleur, l’orientation et l’objet des déplacements ainsi que sur les caractéristiques socio-
démographiques des personnes en mouvement.
Les recensements
Lorsqu'on se réfère au recensement général de la population, il est habituel de reconnaître
que ce système de collecte n'est pas directement conçu, surtout dans les pays du Sud, pour
réaliser une mesure et une analyse fines des migrations. Ses limites géographiques, du fait
qu’il ne produit des informations que sur les individus présents ou résidant sur le territoire
national au moment de la collecte, lui permettent de mesurer assez correctement la
population étrangère résidente et la migration interne. La description des mouvements de
population vers l’extérieur du pays se heurte à une série d’obstacles relatifs à la fois à la
définition du phénomène et à sa mesure. En principe, à quelques exceptions près, le
recensement ne permet pas de fournir des indications sur les stocks et les flux d’émigrants
internationaux18. Mais, en l'absence de sources plus pertinentes, il demeure en Afrique sub-
saharienne une des sources de données majeures pour connaître les populations immigrantes et
étrangères. Néanmoins, trois critiques importantes peuvent être formulées à l’égard de ces
mesures.
Tout d’abord, le recensement de la population d'un pays fournit des renseignements sur les
personnes présentes ou résidentes sur le territoire national au moment de l'opération de
collecte. En général, aucune donnée n'est disponible sur les personnes originaires du pays
qui résident à l'étranger. A lui seul donc, le recensement ne permet généralement d'évaluer ni
le stock ni le flux des émigrants internationaux d'un pays.
18
Certains recensements de certains pays ouest-africains ont collecté des informations sur les populations
émigrées (le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Mauritanie et plus récemment le Sénégal).
19
La migration dite « de durée de vie », si elle est très répandue, n’en constitue pas moins une des catégories
migratoires les plus grossières.
29
Une dernière remarque, et non des moindres, concerne les immigrants qui échappent
volontairement au recensement. Les migrants internationaux souffrent sans doute plus que
toutes autres personnes d’une sous-déclaration censitaire. Les immigrants irréguliers20, et
même les immigrants « légaux », ont tendance à suspecter un caractère policier à l’opération.
Un exemple de cette situation nous est donné avec les Sénégalais en Mauritanie. Évalués à
17.624 au recensement mauritanien de 1988, les Sénégalais résidant en Mauritanie étaient
plus de 65.000 à quitter le pays au moment du conflit sénégalo-mauritanien (1989), d’après
les chiffres officiels du Sénégal. Par ailleurs, les données de l’enquête EMUS signalent que
63% des étrangers de naissance déclarent être de nationalité sénégalaise. Cette proportion
monte à 88% pour les Gambiens de naissance et à 74% pour les Bissau-guinéens de
naissance. Même si cette situation peut être expliquée en partie par la naturalisation ou par la
naissance à l’étranger d’enfants sénégalais, ces proportions paraissent trop élevées pour être
vraisemblables. Ce comportement devrait être encore plus manifeste chez les réfugiés et les
personnes déplacées. Enfin, les politiques migratoires, mises en place dans plusieurs pays
d’Afrique de l’Ouest (Côte-d’Ivoire, Nigeria, Ghana...), renforcent sans doute cette attitude
dissimulatrice.
En outre, il arrive que dans certaines analyses la définition de la migration internationale des
étrangers se dispense du passage de la frontière et repose exclusivement sur la nationalité
déclarée de la personne recensée. En dépit d’un usage assez fréquent de cette définition dans
les recensements africains, il s’agit bien évidemment d’une pratique abusive, puisque les
étrangers de nationalité n’ont pas nécessairement réalisé une migration internationale. La
naturalisation demeurant souvent exceptionnelle en Afrique, il n’est pas rare qu’une personne
naisse et réside dans un pays donné, et donc n’effectue aucune migration, tout en ayant une
nationalité étrangère. Une comptabilité des migrants internationaux à partir de la nationalité
pose également le problème des personnes qui ont plusieurs nationalités. Toutes ces raisons
doivent donc exclure, lorsque cela est possible, le recours à la nationalité pour la mesure de
la migration internationale.
20
On préférera le terme d’irrégulier à celui de clandestin, dans la mesure où les accords de la CEDEAO
permettent une libre circulation des personnes à l’intérieur de l’Afrique de l’Ouest. En revanche, les politiques
migratoires nationales placent parfois le migrant en situation irrégulière, notamment au regard des législations
du travail.
30
Par ailleurs, toutes les évaluations faites à partir des recensements mettent en chiffres
l’importance reconnue des mouvements migratoires en Afrique sub-saharienne, et
notamment en Afrique de l’Ouest. Ces estimations, si elles reposent souvent sur les données
censitaires, trouvent leur validité davantage dans un usage répété que dans la rigueur des
calculs qui les produisent. A l’exclusion de quelques considérations générales, les corrections
des données censitaires ne s’appuient sur aucune méthode et analyse scientifiques explicites.
Ainsi il est habituel de reconnaître qu’à la fin des années quatre-vingt, les migrants
internationaux et les réfugiés d’Afrique sub-saharienne étaient environ 35 à 45 millions (Ricca,
1990 ; Russell et col., 1990 ; Stalker, 1995). Rappelons qu’on évaluait, à la même époque, à 80
millions les migrants internationaux et des réfugiés dans le monde. Aujourd’hui on les estime à
environ 150 millions (OIM, Nations Unies, 2000). Pour l’Afrique sub-saharienne, ces chiffres
sont obtenus à partir des données censitaires des années 1970, corrigées d’une sous-déclaration
estimée à plus de 50% pour les immigrants internationaux et à 100% pour les réfugiés
(Stalker, 1995). Cependant, l’origine de ces taux de sous-enregistrement n’est jamais
vraiment donnée.
À travers ces quelques remarques apparaît donc un des paradoxes qui traversent la littérature
scientifique : l’Afrique de l’Ouest est considérée à juste titre comme une région du monde
fortement affectée par les migrations internationales de travail, mais c’est aussi en Afrique de
l’Ouest que ce phénomène majeur est le moins bien mesuré.
Fondamentalement, nous pouvons dire qu’une enquête, quand elle n’a pas pour objet
principal les migrations internationales, repose sur un plan de sondage qui peut être
inadéquat pour l’évaluation du phénomène. La migration internationale n’est pas un
événement démographique également réparti sur l’ensemble du territoire national. Bien au
contraire, il est parfois soumis à un effet de grappe plus ou moins important. De surcroît, il
s’agit presque toujours d’un événement rare, au sens statistique du terme. Finalement, toutes
ces considérations peuvent faire craindre une erreur d’échantillonnage non-négligeable,
notamment au regard d’un plan « classique » - c’est-à-dire non-stratifié selon un critère
migratoire.
Les services administratifs d’immigration et de gestion des nationaux expatriés ont un niveau
de couverture relativement faible des personnes ciblées. Dans la plupart des pays de la région
ouest-africaine, l’enregistrement direct des migrants à la frontière se fait uniquement aux
entrées aériennes et maritimes. Cette source, bien que saisissant à la fois les entrants
(immigrés) et les sortants (émigrés) est assez incomplète à cause de la perméabilité et de
l’importance des entrées et des sorties par voie terrestre. Par ailleurs, la délivrance des cartes
d’identité ne touche qu’une fraction de la population, qui évolue généralement en milieu
urbain et dans le secteur moderne. En outre, les permis de travail et de séjour ignorent les
immigrés sans papiers qui composent les plus forts contingents de population étrangère
d’origine africaine.
31
Les données collectées par les missions diplomatiques et/ou consulaires ne sont pas non plus
représentatives de la population émigrée à l’étranger. Elles ne couvrent que les personnes
inscrites, laissant de côté la majorité des migrants (notamment ceux en situation irrégulière
qui sont probablement les plus nombreux).
Les informations issues des recensements ne ciblent pas généralement toutes les catégories
de migrants. Les opérations qui ont tenté de mesurer l’émigration internationale se sont
surtout focalisées sur les migrants récents (ceux partis durant les 5 dernières années), comme
ce fut le cas en 2000 au Cap-Vert et en 2002 au Sénégal. Elles sont loin de refléter la réalité
des migrations vers l’extérieur. Par ailleurs, elles demeurent relativement limitées quant aux
caractéristiques des émigrés saisies (âge, sexe, pays de destination et motif de migration) et
s’intéressent rarement aux variables relatives à l’emploi des migrants à l’étranger.
Il convient de noter qu’il n’y a pas de consensus sur la définition de la migration, chaque
pays adoptant ses propres critères, qui ne coïncident pas forcément avec ceux des autres
pays. A cet égard, les différentes sources de données statistiques sur les migrations relevées
dans les pays d’étude font apparaître plusieurs périodes de référence dans la définition des
concepts :
- cinq ans ou dix ans pour la détermination du lieu de résidence antérieure ;
- durée de résidence de trois mois, de six mois ou d’un an pour l’identification du
migrant.
Au Burkina Faso par exemple, toutes les opérations de collecte n’ont pas adopté la même
définition du migrant. Pour l’enquête renouvelée de 1972 de l’ORSTOM, « est considérée
comme migrant toute personne absente pour une durée d’au moins 6 mois ». Pour l’enquête
de 73-74 et de 1960-61, la durée retenue est de 3 mois. Toutes les autres opérations de
collecte, notamment celles qui se sont déroulées après 197521, ont opté pour une durée de 6
mois.
Les références de douze, six et trois mois sont toutes relatives et dépendent de ce que l’on
cherche à mesurer. Il est vrais que, dans le cas où tous les changements de résidence sont pris
en compte par une opération de collecte, avec leur date, toutes les mobilités peuvent être
saisies. Mais une telle éventualité reste difficile à rendre opérationnelle. D’où la nécessité
d’harmoniser les définitions pour avoir la même compréhension du phénomène et les mêmes
possibilités de comparaison au niveau national et régional.
Les systèmes statistiques sur les migrations dans les pays concernés par la présente étude
souffrent de l’irrégularité des données induite par l’absence d’un système permanent de
collecte, de traitement et d’analyse des données. En effet, l’essentiel des informations
disponibles sur les migrations est produit par des enquêtes et des recensements, c’est-à-dire,
par des opérations ponctuelles. Or, en raison des longs délais souvent observés entre les
opérations de collecte, mais aussi entre une opération de collecte et la publication des
résultats, d’importants changements peuvent survenir dans les dynamiques migratoires. Par
21
Il s’agit des deux recensements, des enquêtes de 1991 et 1993 respectivement de l’INSD et du REMUAO.
32
exemple, une période de 10 ans sépare généralement la réalisation des recensements dans un
pays ; les enquêtes spécifiques sur les migrations ne sont pas renouvelées périodiquement.
Un autre exemple : le dernier recensement du Sénégal a été réalisé en 2002 mais les résultats
ne sont pas encore disponibles ; celui du Mali, réalisé en 1998, n’a pas encore fait l’objet
d’une publication officielle, du moins en ce qui concerne les migrations.
Par ailleurs, si on considère les migrations internationales et particulièrement les aspects liés
à l’emploi des migrants, on constate que beaucoup d’informations font défaut, du fait de la
non prise en compte ou tout simplement de la non exploitation de plusieurs variables
relatives à la main-d’œuvre de la population migrante.
D’une manière générale, les statistiques existantes ne sont pas exploitées de manière
satisfaisante pour l’étude et la gestion des migrations, et cela surtout dans le cadre des
politiques migratoires.
Pour comparer plusieurs sources de données, il faut s’assurer que les champs des opérations
de collecte sont identiques (même échelle d’observation), et que les sujets traités obéissent
aux mêmes critères de définition et de sélection. A ce niveau, il est fréquent que les unités
géographiques varient d’un pays à un autre, mais aussi d’une date à une autre pour un même
pays.
Par exemple, au Burkina Faso les différentes opérations de collecte n’ont pas adopté les
mêmes références quant à la limite géographique au-delà de laquelle un déplacement est
considéré comme une migration. La modification des divisions administratives intervenue
après 1975 a compliqué davantage la situation. Selon le rapport national de ce pays, il est
difficile d’établir une correspondance entre les anciennes et les nouvelles divisions
administratives. Dans ce contexte, une étude de l’évolution chronologique des flux
migratoires s’avère souvent un exercice périlleux aux résultats peu satisfaisants.
Les pays voisins (ou d’un même groupe sous-régional) entre lesquels existent des courants
migratoires de grande envergure gagneraient en ce qui concerne l’étude des migrations
internationales à recueillir les données de même type, si possible à la même année.
L’exécution des opérations relatives aux recensements au cours d’une même période de
référence serait d’un apport certain pour une meilleure connaissance des migrations
internationales. Bien que l’information soit disponible, il est difficile, par exemple entre le
Mali et le Sénégal, et à partir des recensements réalisés quatre ans l’un après l’autre (1998
pour le Mali et 2002 pour le Sénégal), de fournir une estimation fiable sur les tendances
migratoires entre ces deux pays.
Par ailleurs, il convient d’être prudent quant au mode de présentation des résultats (sous
forme brute ou ajustée), aux types de migrants pris en compte, etc. qui peuvent perturber une
33
analyse comparative. A titre d’exemple, la tabulation des étrangers lors d’un recensement
d’un pays donné peut ne pas isoler les résidents d’un autre pays alors que pour ce dernier, le
recensement a permis d’identifier les nationaux du premier.
La présentation des résultats d’une opération de collecte est une phase importante dans le
processus de valorisation d’une source d’information statistique. Elle justifie toutes les
étapes antérieures et permet la réalisation de travaux en vue de la mise en œuvre de la
planification nationale et/ou régionale. Cependant, les rapports nationaux descriptifs faisant
la publication des opérations de recensements et d’enquêtes dans les pays de la sous-région
fournissent peu d’informations au regard des migrations internationales. Beaucoup de
variables sur les migrations sont occultées, et l’accessibilité à de telles données nécessite
souvent une investigation supplémentaire. Par exemple, en ce qui concerne la spécificité des
migrations internationales pour lesquelles les aspects liés à la main-d’œuvre doivent être
prépondérants, beaucoup d’informations pertinentes font complètement défaut.
Par ailleurs, les publications des résultats de telles opérations paraissent longtemps après la
collecte, en raison de la longue période écoulée entre la réalisation des activités de terrain et
l’exploitation proprement dite des données. De ce fait, les résultats publiés ne reflètent pas
souvent la réalité migratoire du moment, d’autant que les migrations internationales
connaissent des mutations profondes d’une période à une autre.
Il s’agit ici d’examiner la nature des liens entre producteurs et utilisateurs de statistiques sur
les migrants. L’accent sera mis sur la non concordance entre les capacités, les méthodes et les
formes de diffusion des organes de production de statistiques, et les besoins des structures
utilisatrices et des décideurs, notamment en ce qui concerne la définition et la formulation de
politiques migratoires.
L’analyse critique des sources de données en matière de migration dans les six pays a permis
de constater que l’élaboration et la publication de statistiques sur les migrations relève
essentiellement des services nationaux de statistique. Ailleurs, les données disponibles sont
particulièrement réduites, du fait notamment de l’absence dans les autres structures
productrices, de services techniques appropriés chargés de la saisie, de l’exploitation et de
l’analyse des données collectées. Comme nous l’avons déjà souligné, l’état actuel du système
de collecte montre que les relevés administratifs ne permettent pas de disposer de statistiques
bien élaborées sur les migrants. Certaines sources ne sont pas exploitées ou le sont
insuffisamment. Par ailleurs, les opérations de collecte réalisées par les instituts nationaux de
statistique ne sont pas régulières et ne prennent pas souvent en compte tous les aspects liés au
phénomène migratoire. En outre, les informations issues de ces opérations de collecte ne sont
pas actuelles, de sortes que les données disponibles sont souvent anciennes. D’une manière
générale, les informations sur les migrations internationales sont insuffisantes, éparses, peu
fiables et sujettes à des problèmes de comparabilité.
34
Les échanges entre producteurs et utilisateurs de statistiques sur les migrations ne sont pas
réguliers, et sont souvent organisés dans un but spécifique, généralement pour définir les
grandes orientations relatives à la politique de population, sans susciter un intérêt réel pour
les statistiques relevant de la migration. Dans ce contexte, les préoccupations politiques en
matière de migration ne sont pas prises en compte de manière permanente. Globalement, il
n’existe pas de cadre de concertation soutenu entre les décideurs et les producteurs de
données, de sorte que les informations fournies par les structures productrices ne sont pas
souvent adaptées aux besoins de prise de décision.
Pourtant, compte tenu des changements rapides qui interviennent dans le domaine de la
migration, et en raison des implications économiques et sociales du phénomène, une
importance particulière devrait être accordée aux questions de migration dans le cadre de la
planification au niveau de chaque pays, mais aussi en vue du processus d’intégration
régional.
Toutefois, il faut noter que certains organes (producteurs comme utilisateurs), pour des
besoins exclusifs de la planification émanant de leurs propres services, peuvent être amenés à
produire (ou disposer) ponctuellement des données sur les migrations, mais de manière
réduite, en raison des coûts additionnels qu’entraînerait la recherche d’éventuels
approfondissements.
7. Conclusion
Il ressort des nombreuses recherches sur les populations d’Afrique de l’Ouest que ces
dernières sont d’une grande mobilité à la fois vers les pays de la sous-région, en direction
d’autres pays d’Afrique et vers certains pays d’Europe. Toutefois, ce constat ne se fonde que
rarement sur des méthodes d’estimation rigoureuses du phénomène - les sources de données
existantes fournissent souvent des migrations internationales une mesure partielle et
approximative et une description simplifiée et ancienne.
L’analyse des sources administratives montre qu’elles peuvent constituer un important réseau
de collecte et de transmission de l’information sur les migrations internationales. Elles
doivent, dans cette perspective être activées ou réactivées, afin de participer à la mise en
place d’un système d’information statistique fiable, permettant aux gouvernements des pays
concernés de disposer d’outils de gestion efficaces de leurs ressortissants vivant à l’étranger,
mais aussi des étrangers résidant dans leur pays. Cependant, les structures productrices de ce
type de données ne disposent pas de capacités techniques spécialisées dans le traitement des
statistiques des migrants. En définitive, bien que saisissant pratiquement toutes les catégories
de migrants, ces sources sont rarement sollicitées. Les recensements et enquêtes restent donc
les sources de données de référence en ce qui concerne les migrations internationales.
nationale, ils ne récoltent que peu d’informations relatives à la mobilité des personnes22,
informations qui ne permettent d’observer ce phénomène qu’avec de grands intervalles. On
ne peut donc pas analyser le processus migratoire (Ammassari, 2003). Les données
censitaires issues des années quatre-vingts et quatre-vingt dix n’ont fait l’objet d’aucune
analyse fine dans les rapports nationaux23. Il n’existe pas non plus de synthèse régionale,
semblable aux travaux de Zachariah et de Condé (1981) et plus récemment de Bocquier et
Traoré (1998), les données étant aujourd’hui généralement indisponibles ou difficilement
accessibles.
22
Généralement les recensements généraux de la population permettent d’obtenir des informations concernant
les migrations en croisant des informations concernant le lieu de naissance et le lieu de résidence des individus
au moment du recensement, ou en recoupant l’information sur le lieu de résidence au moment du recensement
et la résidence 5 ans auparavant.
23
Le rapport de la Côte d’Ivoire fait ici exception (République de Côte d’Ivoire, 1992).
24
Voire : Condé J. et K.C. Zachariah (1981), « Migration in Weat Africa. Demographic Aspects », Oxford
University Press, World Bank Staff working papers n°414 et 415 et Russell, S.S., K. Jacobsen et W.D. Stanley
(1990), « International Migrations and Development in Sub-Saharan Africa », World Bank discussion papers
n°101 et 102.
25
Les enquêtes du REMUAO ont été effectuées au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Mali, en Mauritanie, au
Nigeria, au Niger et au Sénégal. Les données du Nigeria sont exclues des analyses parce qu’elles ont été
recueillies selon une méthodologie différente aux autres pays.
36
Malgré l’insuffisance des sources, on dispose de quelques connaissances sur les systèmes et
mouvements migratoires en Afrique de l’Ouest. Les recensements africains de la période
1980-1990, les enquêtes migratoires récentes et la littérature scientifique révèlent la présence de
migrations internationales très importantes. Ces déplacements sont surtout transfrontaliers et
sous-régionaux, même si les mouvements migratoires vers d’autres régions de l’Afrique sub-
saharienne et vers l’Europe occupent une place non négligeable.
Malgré le potentiel relativement important des sources de données, les statistiques existantes
ne sont pas exploitées de manière satisfaisante pour l’étude et la gestion des migrations, et
cela surtout dans le cadre des politiques migratoires. Aucune disposition conséquente n’est
encore prise pour l’amélioration des connaissances sur le phénomène migratoire, quoique
cette préoccupation soit considérée comme réelle par les gouvernements des pays de la
région ouest-africaine. En outre, il n’existe pas de structures adéquates de suivi et de
coordination des activités de production, de publication et de diffusion de données
statistiques sur les migrations. Par ailleurs, le champ de coopération ou de partenariat entre
les institutions concernées par les questions de migration reste limité.
Le problème de la comparabilité des données se pose également de manière réelle dans les
pays de la sous-région dans la mesure où les organes producteurs de statistiques utilisent des
méthodologies différentes pour la collecte des données, et parfois des concepts différents
pour définir la migration. D’où la nécessité de s’accorder sur des concepts et une
méthodologie harmonisés aussi bien dans la conception des questionnaires que sur le plan de
l’échantillonnage et de la présentation des résultats. La réalisation des recensements de
manière simultanée dans les pays de la sous-région autoriserait davantage des comparaisons
entre les pays, en ce qui concerne notamment le nombre d'immigrés et d’émigrés.
8. Recommandations
Promouvoir la création d’une base de données sur les migrations – désagrégée par genre
– par la compilation des sources de données existantes et par la mise en œuvre de
recherches spécifiques sur les migrantes et les migrants ;
Développer des analyses comparatives entre les différentes sources de données, afin
d’améliorer la qualité de l’information qu’elles apportent et de mettre en évidence leur
complémentarité ;
Établir des liens organiques fonctionnels entre les différentes structures concernées par
les questions de migration (administration centrale, secteurs publics et parapublics,
partenaires sociaux) ;
Mettre en place un système d’enquêtes légères sur les migrations et définir les
indicateurs de suivi et d’évaluation de l’évolution des dynamiques migratoires ;
Élaborer des guides communs sur les migrations internes et internationales pour les pays
de la région ouest-africaine ;
Utiliser les mêmes variables pour saisir les aspects liés au phénomène migratoire, en
définissant de commun accord, entre les pays de la région, les informations à collecter et
adopter les mêmes méthodologies de collecte pour étudier les migrations internes et
internationales des populations ouest-africaines ;
A partir des sources de données existantes, adapter des critères communs de tabulation et
d’analyse statistique des migrations internationales basées sur les recommandations des
Nations Unies.
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REMUAO
(Réseau « Migration et Urbanisation en Afrique de l’Ouest »)
Tableau 4 : Matrice des migrations entre les pays du Réseau pour la période 1988-92. Population de 15
ans et plus
Dest. Burkina Côte Guinée Mali Mauritanie Niger Sénégal Total
Origine Faso d’Ivoire Réseau
Burkina Faso - 383000 # 13000 # 18000 # 415000
Côte d’Ivoire 380000 - 24000 117000 3000 47000 13000 583000
Guinée # 38000 - 11000 3000 - 38000 91000
Mali 19000 166000 10000 - 6000 10000 12000 224000
Mauritanie # 8000 2000 5000 - # 32000 47000
Niger 19000 67000 # 8000 # - # 94000
Sénégal 1000 18000 37000 14000 31000 1000 - 103000
Total 419000 679000 73000 167000 45000 76000 97000 1556000
Réseau
# effectif inférieur à 1000 migrations
Source : Bocquier et Traoré, 1996, « Nouvelles tendances des migrations internationales d’après les enquêtes
du Réseau Migrations et Urbanisation en Afrique de l’Ouest (REMUAO)»
Tableau 5 : Indices d’intensité migratoire relative entre les pays du Réseau pour la période 1988-92.
Population de 15 ans et plus
Dest. Burkina Côte Guinée Mali Mauritanie Niger Sénégal
Origine Faso d’Ivoire
Burkina Faso - 4,52 0,01 0,28 0,08 0,39 0,01
Côte d’Ivoire 4,48 - 0,45 1,64 0,22 0,67 0,18
Guinée 0,00 0,73 - 0,38 0,55 0,00 1,35
Mali 0,41 2,33 0,35 - 0,74 0,27 0,31
Mauritanie 0,04 0,50 0,35 0,57 - 0,02 3,82
Niger 0,41 0,96 0,00 0,20 0,00 - 0,03
Sénégal 0,03 0,26 1,28 0,36 3,72 0,03 -
Source : Bocquier et Traoré, 1996, « Nouvelles tendances des migrations internationales d’après les enquêtes
du Réseau Migrations et Urbanisation en Afrique de l’Ouest (REMUAO)»
Tableau 6 : Taux de migration nette selon le type de flux. Période 1988-92. Population de 15 ans et plus
Taux de Burkina Côte Guinée Mali Mauritanie Niger Sénégal Total
migration Faso d’Ivoire Réseau
nette
par rapport +0,02 % +0,28 % -0,13 % -0,29 % -0,05 % -0,10 % -0,03 % -
aux pays du
Réseau
par rapport à +0,04 % +0,53 % -0,09 % -0,61 % n.d. -0,48 % -0,43 % -0,08 %
l’ensemble
du Monde
n.d. non disponible
Source : Bocquier et Traoré, 1996, « Nouvelles tendances des migrations internationales d’après les enquêtes
du Réseau Migrations et Urbanisation en Afrique de l’Ouest (REMUAO)»
52
Tableau 7 : Répartition des migrations internes et internationales. Période 1988-92. Population de 15 ans
et plus
Taux de Burkina Côte Guinée Mali Niger Sénégal Total
migration Faso d’Ivoire Réseau
nette
Entres 29,3 % 49,9 % 36,2 % 41,1 % 35,4 % 61,2 % 56,4 %
régions 65,1 % 44,9 % 42,2 % 46,2 % 20,9 % 21,9 % 27,4 %
Pays réseau 5,4 % 4,1 % 15,7 % 3,1 % 35,6 % 5,3 % 10,7 %
Afr. Ouest 0,3 % 1,1 % 5,9 % 9,6 % 8,1 % 11,6 % 5,5 %
Autres
Source : Bocquier et Traoré, 1996, « Nouvelles tendances des migrations internationales d’après les enquêtes
du Réseau Migrations et Urbanisation en Afrique de l’Ouest (REMUAO)»
BURKINA FASO
Tableau 10 : Burkina Faso : Structure par age et sexe des migrants au cours de l’année 1999
Immigres des 12 derniers mois Emigres des 12 derniers mois Solde migratoire
Age Total Homme Femme Rm % Total Homme Femme Rm % Total Homme Femme
Total 163061 94660 68401 138,4 100 185297 153246 32051 478,1 100 -22236 -58586 36350
<15 60985 32828 28157 116,6 34,7 21520 11849 9671 122,5 7,7 39465 20979 18486
15-19 16926 6044 10882 55,5 6,4 43535 33230 10305 322,5 21,7 -26609 -27186 577
20-24 32222 16340 15882 102,9 17,3 49915 45315 4600 985,1 29,6 -17693 -28975 11282
25-29 18288 13461 4827 278,9 14,2 35210 28280 6930 408,1 18,5 -16922 -14819 -2103
30-34 9872 6930 2942 235,6 7,3 13291 13040 251 5195,2 8,5 -3419 -6110 2691
35-39 11041 7453 3588 207,7 7,9 11886 11815 71 16640,8 7,7 -845 -4362 3517
40-44 3053 2764 289 956,4 2,9 5167 4944 223 2217,0 3,2 -2114 -2180 66
45-49 1892 971 921 105,4 1,0 2642 2642 0 - 1,7 -750 -1671 921
50-54 1791 1791 0 - 1,9 251 251 0 - 0,2 1540 1540 0
55 & + 6991 6078 913 665,7 6,4 1880 1880 0 - 1,2 5111 4198 913
Source : Enquête « migration et insertion urbaine au Burkina-2000 »
Tableau 12 : Burkina Faso : Répartition des immigrés en 1999 selon le pays de provenance
Provenance masculin féminin Total
eff. % eff. % eff. %
Benin 749 0,8 0 0,0 749 0,5
Côte d'Ivoire 78690 83,1 55428 81,0 134118 82,3
Gabon 0 0,0 195 0,3 195 0,1
Ghana 6369 6,7 6931 10,1 13300 8,2
Mali 3294 3,5 2567 3,8 5861 3,6
Niger 2908 3,1 794 1,2 3702 2,3
Togo 1565 1,7 437 0,6 2002 1,2
Autre Afr. 770 0,8 1215 1,8 1985 1,2
Non afr. 315 0,3 834 1,2 1149 0,7
Total 94660 100 68401 100 163061 100
Source : Enquête « migration et insertion urbaine au Burkina-2000 »
54
CAP-VERT
Tableau 16 : Cap-Vert : Population de 10 ans et plus occupée selon la nationalité et le sexe (2000
Nationalité/Sexe Masculin Féminin Total
Capverdienne 74457 63849 138306
seulement
Capverdienne et/ou 3470 1962 5432
autre
Africaine 2269 1146 3415
Afrique du Sud 6 7 13
Algérie 10 6 16
Sao Tome e Principe 709 514 1223
Angola 453 366 819
Mozambique 14 5 19
Guinee Bissau 478 127 605
Gambie 10 1 11
Ghana 81 8 89
Guinée 50 12 62
Mali 11 1 12
N igeria 120 19 139
Sierra Leone 28 5 33
Sénégal 261 58 319
Reste Afrique 38 17 55
Europe 1000 621 1621
Portugal 710 468 1178
Allemagne 25 9 34
Belgique 12 12 24
Espagne 16 1 17
France 63 38 101
Italie 64 17 81
Pays Bas 66 20 86
Russie 8 28 36
Reste Europe 36 28 64
Amérique 144 159 303
Etats unies d’Amérique 83 57 140
Brésil 18 32 50
Cuba 30 57 87
Reste Amérique 13 13 26
Asie 57 36 93
Chine 28 16 44
Reste Asie 29 20 49
Indéterminée 93 51 144
Total 78020 65862 143882
Source : INE – RGPH/2000
56
Tableau 19 : Cap-Vert : Population de 15 ans et plus occupée selon la nationalité et la situation dans
l’occupation (2000)
Travailleur Travailleur
Patron/
Nationalite/ Situation Admistration Entreprise Entreprise Familial non Autre Indet. Total
Independant Employeur
Publique Privee Publique Remunere
Capverdienne seulement 24.770 22.231 5.570 39.884 3.277 14.449 17.933 8.041 136.155
Capverdienne et/ou autre 1.078 1.159 239 1.587 245 159 589 370 5.426
Africaine 631 631 146 1.132 112 86 432 240 3.410
Afrique du Sud 3 2 1 2 0 0 1 4 13
Algerie 4 1 0 0 1 2 6 2 16
Sao Tome e Principe 229 193 66 382 31 38 211 72 1.222
Angola 195 178 30 165 43 34 107 65 817
Mozambique 1 9 1 2 1 0 2 3 19
Guinee-Bissau 136 167 30 169 15 4 41 42 604
Gambie 0 0 1 9 0 0 1 0 11
Ghana 0 8 0 69 2 0 6 4 89
Guinee 9 10 0 30 0 1 7 5 62
Mali 3 0 0 8 0 0 0 1 12
Nigéria 0 1 1 106 3 4 15 9 139
Sierra Leone 2 1 0 26 0 1 1 2 33
Senegal 40 48 10 147 11 2 30 30 318
Reste Afrique 9 13 6 17 5 0 4 1 55
Europeenne 336 438 81 382 108 71 108 96 1.620
Portugal 267 305 70 283 68 54 62 68 1.177
Allemagne 4 7 0 12 2 2 7 0 34
Belgique 4 8 0 6 3 0 1 2 24
Espagne 5 5 0 3 1 2 1 0 17
France 15 25 3 16 9 8 15 10 101
Italie 3 40 3 17 5 2 7 4 81
Pays Bas 8 19 0 26 16 2 9 6 86
Russie 16 10 3 2 1 0 2 2 36
Reste- Europe 14 19 2 17 3 1 4 4 64
Americaine 106 41 12 53 19 1 45 26 303
Etats-Unis d'Amerique 25 17 3 44 18 1 20 12 140
Bresil 14 11 2 2 1 0 16 4 50
Cuba 55 12 5 3 0 0 3 9 87
Reste Amerique 12 1 2 4 0 0 6 1 26
Asiatique 5 49 0 20 6 1 4 8 93
Chine 3 13 0 17 5 1 1 4 44
Reste Asie 2 36 0 3 1 0 3 4 49
Indeterminee 30 22 3 44 7 5 15 18 144
Total 25.878 23.412 5.812 41.515 3.529 14.613 18.537 8.429 141.725
Source : INE – RGPH/2000
Tableau 20 : Cap-Vert : Distribution des boursiers à l’étranger selon le domaine de formation (Année
Scolaire 2004/2005)
Domaine / Pays Brésil Cuba Portugal R. Tchèque Russie Total
Arts 2 2
Sciences Agraires 1 1
Sciences Biologiques 11 9 20
Sciences de la Santé 50 82 15 1 2 150
Sciences Exactes 47 6 96 1 6 156
Sciences Humaines 46 30 77
Sciences Sociales 83 6 149 5 13 256
Lettres 9 8 1 18
Autres 12 2
Total 249 95 307 7 34 692
Source : DESC
59
Tableau 21 : Cap-Vert : Distribution des boursiers en formation à l’étranger selon le sexe (Année
Scolaire 2004/2005)
Pays / Masculin Féminin Total
Sexe
Brésil 124 125 249
Cuba 50 45 95
Portugal 150 157 307
R. 2 5 7
Tchèque
Russie 12 22 34
Total 338 354 692
Source : DESC
Tableau 23 : Cap-Vert : Transferts des émigrants par pays d’origine et année (Millions de Escudos)
Pays/Annee 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004
Etats-Unis 780,9 768,0 749,0 1.238,0 1.470,0 1.143,9 1.184,8 1.399,6 1.625,1 1.948,9 2.321,1 2.515,6 2.193,5 1.886,4 1689,8
Pays Bas 611,9 679,0 674,0 888,0 914,1 1.024,1 898,2 839,2 1.137,8 1.386,5 1.136,0 1.352,0 881,4 798,5 759,5
France 495,4 510,0 561,0 696,0 688,8 794,8 760,8 673,0 824,1 877,7 1.034,0 1.532,9 1.791,9 1.896,0 1988,9
Italie 270,6 329,0 358,0 340,0 345,2 443,4 557,5 484,8 552,1 637,9 608,5 720,1 387,0 492,2 651,2
Allemagne 150,5 162,0 200,0 216,0 200,0 242,0 258,6 241,9 235,1 245,4 273,4 237,6 80,6 88,2 102,3
Portugal 238,5 370,0 453,0 440,0 779,9 1.271,9 1.481,4 1.057,0 1.878,7 1.490,1 1.578,1 1.726,2 2.023,9 2.025,9 2553,6
Royaume Uni 73,3 78,0 64,0 66,0 75,4 147,0 180,4 176,6 235,9 258,2 142,0 122,4 105,2 63,3 78,8
Suisse 102,8 122,3 144,9 133,2 193,5 237,0 209,1 219,8 187,8 195,5 160,9 164,9 132,2 150,1 164,9
Angola 32,1 9,0 13,0 10,0 0,0 0,0 0,6 10,4 9,7 17,7 16,1 14,2 3,9 9,4 7,6
Luxembourg - - - - - - - - - - 160,5 108,1 90,3 130,3 159,3
Espagne - - - - - - - - - - - - - - 219,7
Autres 379,9 467,0 577,0 595,0 551,0 542,4 595,1 518,0 474,8 395,6 302,9 357,7 320,1 388,2 365,4
TOTAL 3.135,9 3.494,3 3.793,9 4.622,2 5.217,8 5.846,5 6.126,5 5.620,2 7.161,0 7.453,6 7.733,5 8.851,8 8.010,0 7.928,5 8741,0
Source : BCV
MALI
Tableau 24 : Mali : Répartition des migrants internationaux de retour selon la région de résidence au
recensement de 1998 et le dernier pays de destination
Guinée Côte Burkin Niger Mauri Sénéga Aut.Afr Autres Franc Aut. Total
d’Ivoire a tanie l . Afrique e Pays du
Faso Ouest monde
Kayes
N 179 1179 55 19 250 453 184 337 747 52 3455
% 5,2 34,1 1,6 0,5 7,2 13,1 5,3 9,8 21,6 1,5 100,0
Koulikoro
N 263 5158 65 20 173 310 118 279 75 39 6500
% 4,0 79,4 1,0 0,3 2,7 4,8 1,8 4,3 1,2 0,6 100,0
Sikasso
N 149 8490 416 13 22 97 53 38 7 21 9306
% 1,6 91,2 4,5 0,1 0,2 1,0 0,6 0,4 0,1 0,2 100,0
Ségou
N 51 3264 405 19 163 61 136 76 6 58 4239
% 1,2 77,0 9,6 0,4 3,8 1,4 3,2 1,8 0,1 1,4 100,0
Mopti
N 97 4550 839 61 259 74 208 126 5 180 6399
% 1,5 71,1 13,1 1,0 4,0 1,2 3,3 2,0 0,1 2,8 100,0
Tombouct
N 61 699 124 329 4082 239 125 216 1 26 5902
% 1,0 11,8 2,1 5,6 69,2 4,0 2,1 3,7 0,0 0,4 100,0
Gao
N 17 185 665 900 8 7 736 60 3 36 2617
% 0,6 7,1 25,4 34,4 0,3 0,3 28,1 2,3 0,1 1,4 100,0
Kidal
N 3 2 17 2 21 486 2 2 535
% 0,6 0,4 3,2 0,4 3,9 90,8 0,4 0,4 100,0
Bamako
N 189 1326 157 68 39 205 170 298 214 205 2871
% 6,6 46,2 5,5 2,4 1,4 7,1 5,9 10,4 7,5 7,1 100,0
Total
N 1006 24854 2728 1446 4998 1446 1751 1916 1060 619 41824
% 2,4 59,4 6,5 3,5 12,0 3,5 4,2 4,6 2,5 1,5 100,0
Source: RGPH, 1998
61
Tableau 25 : Mali : Migrants de retour selon la région de résidence et la dernière destination extra-
régionale (1998)
Kayes Koulikor Sikass Ségou Mopti Tombou Gao Kidal Bamak Total
o o ct o
Autres 337 279 38 76 126 216 60 486 298 1916
Afrique
17,6 14,6 2,0 4,0 6,6 11,3 3,1 25,4 15,6 100,0
France 747 75 7 6 5 1 3 2 214 1060
70,5 7,1 0,7 0,6 0,5 0,1 0,3 0,2 20,2 100,0
Autres 52 39 21 58 180 26 36 2 205 619
pays du
monde
8,4 6,3 3,4 9,4 29,1 4,2 5,8 0,3 33,1 100,0
Total 1136 393 66 140 311 243 99 490 717 3595
31,6 10,9 1,8 3,9 8,7 6,8 2,8 13,6 19,9 100,0
Source: RGPH, 1998
Tableau 26 : Mali : Répartition des universitaires maliens expatriés par pays (2003)
Continents Pays Effectif %
France 49 20,6
Europe Allemagne 25 10,5
Autre Europe 11 4,6
Sénégal 25 10,5
Côte d’Ivoire 24 10,1
Niger 13 5,5
Afrique Burkina Faso 6 2,5
Guinée 1 0,4
Gabon 17 7,1
Zimbabwe 1 0,4
Maghreb 2 0,8
USA 29 12,2
Amérique Canada 29 12,2
Autre Amérique 4 1,7
Asie Japon 2 0,8
Total 238 100
Source : Université –Rectorat/Projet TOKTEN, août 2003-Bamako
62
Tableau 27 : Mali :Les transferts de fonds des migrants par rapport aux PIB de 2000 à 2002 (en Milliards
de CFA)
Désignations 2000 2001 2002 Moyenne
Total des transferts de fonds
(TTF) 111,23 118,7 157,38 129,10
Investissement Directs Etrangers
(IDE) 55,84 76,58 88 73,47
PIB à prix courants 1 883,00 2 204,00 2 359,00 2 148,67
TTF/IDE 199,19% 155,00% 178,84% 177,68%
TTF/PIB 5,91% 5,39% 6,67% 5,99%
IDE/PIB 2,97% 3,47% 3,73% 3,39%
Source : M.K.Keita / Etudes nationales sur les transferts de fonds des migrants : Cas du Mali
MAURITANIE
Tableau 29 : Mauritanie : Personnes pourvues d’un emploi par sexe et citoyenneté (1988)
Sexe
Masculin Féminin Total
Nationaux 251.628 92.121 343.749
Étrangers -- -- 21.210
Total
-- -- 364.959
Résidents
Source : RGPH 1988, volume I, tableaux 16 et 26.
63
Tableau 30 : Mauritanie : Personnes pourvues d’un emploi par branche d’activité, nationaux et
travailleurs migrants (1988)*
Branche d’activité économique Nationaux Étrangers Ensemble
Tableau 32 : Mauritanie : Personnes pourvues d’un emploi par situation dans la profession, nationaux et
étrangers (1988)*
Situation dans
Nationaux Etrangers Ensemble
La profession
Indépendant 234.864 9.808 244.672
Employeur 4.206 292 4.498
Salarié Permanent 57.162 4.099 61.261
Salarié Temporaire 51.235 5.075 56.310
Apprentis 2.259 548 2.807
Aide Familial 68.464 1.193 69.657
Autres 1.671 100 1.771
Non Déclaré 21.556 807 22.363
Total 441.417 21.922 463.339
Source : RGPH 1988
66
SENEGAL
Tableau 33 : Sénégal : Répartition de la population émigrée selon le milieu de résidence, le sexe et l’âge au départ
Milieu de résidence
Groupes d'âges Dakar urbain Autres villes Milieu urbain Milieu rural Ensemble
Total
de l'émigré Masculin Féminin Masculin Féminin Masculin Féminin Masculin Féminin Masculin Féminin
Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre %
Moins de 15 ans 707 1,7 721 6,2 165 0,6 261 5,3 872 1,3 982 5,9 3643 4,9 1112 10,9 4515 3,2 2094 7,8 6608 3,9
15-34 ans 29910 73,4 8541 73,4 18440 66,3 3186 65,1 48350 70,5 11728 71,0 46403 63,0 8092 79,4 94753 66,6 19820 74,2 114573 67,8
35-54 ans 8928 21,9 2010 17,3 8991 32,3 1324 27,1 17919 26,1 3334 20,2 22170 30,1 982 9,6 40089 28,2 4317 16,2 44406 26,3
55-74 ans 834 2,0 134 1,2 220 0,8 124 2,5 1054 1,5 259 1,6 1330 1,8 2384 1,7 259 1,0 2642 1,6
75 ans et plus 106 0,3 106 0,2 106 0,1 106 0,1
ND 269 0,7 227 2,0 269 0,4 227 1,4 122 0,2 391 0,3 227 0,8 618 0,4
Total 40754 100,0 11634 100,0 27816 100,0 4896 100,0 68570 100,0 16529 100,0 73668 100,0 10186 100,0 142238 100,0 26716 100,0 168953 100,0
67
GRILLE D’ENTRETIEN
Remplir le tableau récapitulatif des données produites, joint en annexe. Mettre l’emphase sur les indicateurs
de la base de données Migrant de l’OIT
NB - Pour les données collectées et non traitées, mettre une annotation dans la colonne Observations
2.2. Recourez vous à l’outil informatique dans le traitement des données collectées ?
Si oui, spécifiez les logiciels de traitement utilisés (performances, limites, etc.). Donner également votre
appréciation sur le niveau d’analyse des données ?……………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………………………
Comment évaluez-vous globalement le dispositif de collecte, de traitement et de diffusion des données sur les
migrants ?
En termes de régularité de la collecte……………………………………………………………………………
……….……………….………………………………………………………………………………………….
En termes de disponibilité des capacités techniques nécessaires pour le traitement, l’exploitation et l’analyse
des données ……………………………………………………………………………………………………
……….……………….…………………………………………………………………………………………
En termes de respect des délais de production des données……………………………………………………
……….……………….…………………………………………………………………………………………
En termes de comparabilité des données avec les autres sources existantes (niveau régional et niveau
national)…………………………………………………………………………………………………………
……….……………….…………………………………………………………………………………………
En termes de dispositions prises pour une large diffusion de l’information……………………………………
……….……………….…………………………………………………………………………………………
En termes de satisfaction des demandes qui vous sont adressées par les utilisateurs et décideurs
……….……………….…………………………………………………………………………………………
Quelles appréciations faites-vous des moyens mis en place pour le fonctionnement du dispositif de collecte, de
traitement et de diffusion des données ?
Moyens logistiques …………………………………………………………………….………………………
…………………………………………………………………………………………………………………
Moyens humains …………………………………………………………………….………………………
…………………………………………………………………………………………………………………
Moyens financiers …………………………………………………………………….………………………
…………………………………………………………………………………………………………………
Relever les autres contraintes éventuelles liées au système de collecte, de traitement et de diffusion des
données sur les migrants? ……………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………………………
III. INTERACTION PRODUCTEURS - UTILISATEURS DE DONNEES SUR LES MIGRANTS
3.1. En dehors de votre institution, connaissez vous d’autres institutions spécialisées dans la production de
71
3. Training abroad: German and Japanese schemes for workers from transition economies or
developing countries
Christiane Kuptsch; Nana Oishi, 1995
8 E. The integration of migrant workers in the labour market: Policies and their impact
W.R. Böhning; R. Zegers de Beijl, 1995
8 F. L'intégration des travailleurs migrants sur le marché du travail: Les politiques et leur
impact
W.R. Böhning; R. Zegers de Beijl, 1996
10. The jobs and effects of migrant workers in Northern America - Three essays
J. Samuel; P.L. Martin; J.E. Taylor, 1995
11. The jobs and effects of migrant workers in Italy - Three essays
L. Frey; R. Livraghi; A. Venturini; A. Righi; L. Tronti, 1996
74
13. Employer des travailleurs étrangers: Manuel sur les politiques et les procédures plus
particulièrement applicables aux pays à bas ou moyen revenus
W.R. Böhning, 1996
14. Protecting (im)migrants and ethnic minorities from discrimination in employment: Finnish
and Swedish experiences
K. Vuori, with the assistance of R. Zegers de Beijl, 1996
15E. Migration from the Maghreb and migration pressures: Current situation and future prospects
D. Giubilaro, 1997
16. The documentation and evaluation of anti-discrimination training activities in the Netherlands
J.P. Abell; A.E. Havelaar; M.M. Dankoor, 1997
19. Emigration pressures and structural change. Case study of the Philippines
A. Saith, 1997
23E. Discrimination in access to employment on grounds of foreign origin: the case of Belgium
P. Arrijn; S. Feld; A. Nayer, 1998
24. Labour immigration and integration in low- and middle-income countries: Towards an
evaluation of the effectiveness of migration policies
J. Doomernik, 1998
25. Protecting migrants and ethnic minorities from discrimination in employment: the Danish
experience
N.-E. Hansen, I. McClure, 1998
75
27. The effectiveness of integration policies towards immigrants and their descendants in France,
Germany and The Netherlands
Jeroen Doomernik, 1998
29. The documentation and evaluation of anti-discrimination training in the United States
M. Bendick, Jr., M.L. Egan, S. Lofhjelm, 1999
32. Legal and illegal labour migration in the Czech Republic: Background and current trends
Milada Horákova, 2000
34. Settlement and integration policies towards immigrants and their descendants in Sweden
Charles Westin, 2000
35. United States policies on admission of professional and technical workers: Objectives and
outcomes
Philip Martin, Richard Chen and Mark Madamba, 2000
38. The effectiveness of employment equality policies in relation to immigrants and ethnic
minorities in the UK
John Wrench and Tariq Modood, 2001
40. Migration for the Benefit of All: Towards a New Paradigm for Migrant Labour
Eric Weinstein, 2001
41. Migrants in Irregular Employment in the Mediterranean Countries of the European Union
Emilio Reynieri, 2001
42. From temporary guests to permanent settlers? A review of the German experience
Heinz Werner, 2001
76
43. From brain exchange to brain gain: Policy implications for the UK of recent trends in skilled
migration from developing countries
Allan Findlay, 2002
44. Migration of highly skilled persons from developing countries: Impact and policy responses
B. Lindsay Lowell and Allan Findlay, 2002
46. Some developmental effects on the international migration of highly skilled persons
B. Lindsay Lowell, 2002
50. Skilled labour migration from developing countries: Study on the Caribbean Region
Elizabeth Thomas-Hope, 2002
51. Skilled labour migration from developing countries: Study on the Philippines
Florian A. Alburo and Danilo I. Abella, 2002
52. Skilled labour migration from developing countries: Study on South and Southern Africa
Haroon Bhorat, Jean-Baptiste Meyer and Cecil Mlatsheni, 2002
56. Skilled labour migration from developing countries: Annotated Bibliography on Economic
Analysis, Impact and Policy Issues
B. Lindsay Lowell, 2002
58. Skilled labour migration from developing countries: Study on Argentina and Uruguay
Adela Pellegrino, 2002
61. Economic Integration in the Caribbean: The development towards a common labour market
Deike Fuchs and Thomas Straubhaar, 2003
69. Labour Market Effects of Immigration: an Empirical Analysis based on Italian Data
A. Venturini and C. Villosio, 2004
72E. Migration management and development policies: maximising the benefits of international
migration in West Africa
Savina Ammassari, 2006
73. Migration prospects after the 2004 enlargement of the European Union
Gloria Moreno-Fontes Chammartin and Fernando Cantú-Bazaldúa, 2005
74. Identification of potential for increasing employment and productive investment in Albania,
Moldova and Ukraine based on remittances
Gloria Moreno-Fontes Chammartin and Fernando Cantú-Bazaldúa, 2005
75. Rights of migrant workers in Asia: Any light at the end of the tunnel?
Piyasiri Wickramasekara, 2006
76F. Les systèmes d’informations statistiques sur les travailleurs migrants au Maghreb Central.
Musette Mohamed Saïb, et Belghazi Saad , Boubakri Hassan, Hammouda Nacer Eddine, 2006
77F. Rapport sur les législations relatives à la migration internationale au Maghreb Central.
Musette Mohamed Saïb, et Monia Benjemia, Khadija Elmadmad, Azzouz Kerdoun, 2006
84E. The challenge of labour migration flows between West Africa and the Maghreb.
Aderanti Adepoju, 2006.
84F. Les défis liés aux flux migratoire pour le travail entre l’Afrique de l’Ouest et de la Maghreb.
Aderanti Adepoju, 2006.
80
6. Temporary foreign worker programmes: policies, adverse consequences and the need to make
them work
Martin Ruhs, 2003