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Ce rapport du Bureau International du Travail examine les statistiques des travailleurs migrants en Afrique de l'Ouest dans le cadre d'un projet visant à gérer les migrations de main-d'œuvre comme un instrument de développement. Il aborde les sources de données, les concepts et définitions, ainsi que les rôles et contraintes des institutions de collecte de données. Le rapport souligne également les faiblesses du système d'information actuel et propose des recommandations pour améliorer la prise en compte des questions de migration au niveau national et régional.

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Ce rapport du Bureau International du Travail examine les statistiques des travailleurs migrants en Afrique de l'Ouest dans le cadre d'un projet visant à gérer les migrations de main-d'œuvre comme un instrument de développement. Il aborde les sources de données, les concepts et définitions, ainsi que les rôles et contraintes des institutions de collecte de données. Le rapport souligne également les faiblesses du système d'information actuel et propose des recommandations pour améliorer la prise en compte des questions de migration au niveau national et régional.

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CAHIERS DES MIGRATIONS

INTERNATIONALES

79F

Les statistiques des travailleurs


migrants en Afrique de l’Ouest
________

Hamidou Ba

avec la collaboration de

Babacar Ndione

Ce rapport fait partie d’une série spéciale publiée en tant que produit du projet « Gérer les migrations
de main d’œuvre en tant qu’instrument de développement », mis en œuvre par le BIT avec le soutien
financier de l’Union Européenne. Les fonds pour la recherche et les autres activités du projet ont été
octroyés par la Direction Générale de la CE Justice, Liberté et Sécurité, dans le cadre de l’accord
2002/HLWG/41.

PROGRAMME DES MIGRATIONS INTERNATIONALES

BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL GENEVE


Copyright © Organisation internationale du Travail 2006
Première édition 2006

Les publications du Bureau international du Travail jouissent de la protection du droit d’auteur en vertu du
protocole n° 2, annexe à la Convention universelle pour la protection du droit d’auteur. Toutefois, de courts
passages pourront être reproduits sans autorisation, à la condition que leur source soit dûment mentionnée.
Toute demande d’autorisation de reproduction ou de traduction devra être adressée à l’adresse suivante :
Publications du BIT (Droits et licences), Bureau international du Travail, CH-1211 Genève 22, Suisse, ou par
courriel: [email protected]. Ces demandes seront toujours les bienvenues.

Hamidou B.
Les statistiques des travailleurs migrants en Afrique de l’Ouest
Genève, Bureau international du Travail, 2006

ISBN (version imprimée) 92-2-218915-9 & 978-92-2-218915-1


ISBN (web pdf) 92-2-218916-7 & 978-92-2-218916-8

Egalement disponible en (anglais): Labour migration statistics in West Africa (ISBN 92-2-118915-5 & 978-92-
2-118915-2 (print) 92-2-118916-3 & 978-92-2-118916-9 (web pdf) ), (Genève, 2006)

Les désignations utilisées dans les publications du BIT, qui sont conformes à la pratique des Nations Unies, et
la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part du Bureau international du Travail aucune
prise de position quant au statut juridique de tel ou tel pays, zone ou territoire, ou de ses autorités, ni quant au
tracé de ses frontières.
Les articles, études et autres textes signés n’engagent que leurs auteurs et leur publication ne signifie pas que le
Bureau international du Travail souscrit aux opinions qui y sont exprimées.
La mention ou la non-mention de telle ou telle entreprise ou de tel ou tel produit ou procédé commercial
n’implique de la part du Bureau international du Travail aucune appréciation favorable ou défavorable.
Les publications du Bureau international du Travail peuvent être obtenues dans les principales librairies ou
auprès des bureaux locaux du BIT. On peut aussi se les procurer directement, de même qu’un catalogue ou une
liste des nouvelles publications, à l’adresse suivante: Publications du BIT, Bureau international du Travail, CH-
1211 Genève 22, Suisse, ou par email: [email protected] ou par notre site web: www.ilo.org/publns

Imprimé en Suisse

.
iii

Table des matières

Avant-propos ......................................................................................................................... viii

Remerciements ..........................................................................................................................x

1. Introduction ........................................................................................................................1
1.1 Contexte .....................................................................................................................1
1.2 Objectifs de l’étude ....................................................................................................4
1.3 Approche méthodologique .........................................................................................5

2. Revue des sources statistiques sur les migrations internationales.................................5


2.1. Les relevés administratifs...........................................................................................6
2.2. Les recensements généraux de population .................................................................9
2.3. Les enquêtes nationales............................................................................................12
2.4. Les études locales.....................................................................................................16
2.5. Les autres sources répertoriées par les études nationales.........................................20

3. Concepts et définitions utilisés par les statistiques sur les migrants ...........................22
3.1. Critères d’espace (lieu) et de temps (durée).............................................................22
3.2. Catégories de migrants et indicateurs de la migration .............................................23
3.3. Typologie sur la base du critère temps.....................................................................24
3.4. Typologie sur la base du critère espace....................................................................24

4. Rôles, capacités et contraintes des institutions de collecte ...........................................24


4.1. Rôles des institutions de collecte .............................................................................25
a) Les organes centraux spécialisés en matière de collecte..........................................25
b) Les services d’immigration ......................................................................................25
c) Les institutions chargées des nationaux expatriés....................................................25
4.2. Capacités des structures productrices de statistiques ...............................................26
a) Les organes centraux spécialisés en matière de collecte..........................................26
b) Les services d’immigration et les institutions chargées des nationaux expatriés ....26
4.3. Contraintes des organes producteurs de données.....................................................26
a) Les organes centraux spécialisés en matière de collecte..........................................27
b) Les services d’immigration et les institutions chargées des nationaux expatriés ....27

5. Décalages et faiblesses dans le système d’information actuel ......................................27


5.1. Fiabilité des sources de données statistiques sur les migrations ..............................27
a) Les services administratifs d’immigration et de gestion des nationaux expatriés ...27
b) Les organes centraux de collecte spécialisés............................................................28
5.2. Représentativité des données collectées sur les migrants ........................................30
5.3. Cohérence des informations sur les migrations........................................................31
5.4. Régularité et consistance des données sur les migrants ...........................................31
5.5. Comparabilité des statistiques sur les migrants........................................................32
5.6. Accessibilité des informations sur les migrants .......................................................33

6. Coordination et utilisation de données pour la prise de décision ................................33


6.1. Des données anciennes, partielles et parcellaires.....................................................33
iv

6.2. Absence d’échanges et de cadres de concertation entre producteurs et utilisateurs


de données .............................................................................................................................34

7. Conclusion.........................................................................................................................34

8. Recommandations ............................................................................................................36
8.1. Recommandations pour la prise en compte des questions de migration au niveau
national 36
8.2. Recommandations en vue de l’intégration de la variable migration dans le
processus de coopération régionale entre les pays de l’Afrique de l’Ouest ..........................37

Références bibliographiques sur les migrations ouest-africaines.......................................39

Annexes statistiques – Séries de données récentes sur la migration internationale .........51


Tableau 1 : Statistiques migratoires issues de sources administratives par pays................................ 6
Tableau 2 : Trois derniers recensements par pays, année et selon les variables relatives à la
migration........................................................................................................................................... 11
Tableau 3 : Trois dernières enquêtes par pays, année et selon les variables relatives à la migration15
Tableau 4 : Matrice des migrations entre les pays du Réseau pour la période 1988-92. .................. 51
Tableau 5 : Indices d’intensité migratoire relative entre les pays du Réseau pour la période 1988-
92 ...................................................................................................................................................... 51
Tableau 6 : Taux de migration nette selon le type de flux. Période 1988-92. .................................. 51
Tableau 7 : Répartition des migrations internes et internationales. Période 1988-92....................... 52
Tableau 8 : Burkina Faso : Provenance des immigrés en 1996 ........................................................ 52
Tableau 9: Répartition des étrangers vivant au Burkina Faso en 1996............................................ 52
Tableau 10 : Burkina Faso : Structure par age et sexe des migrants au cours de l’année 1999........ 53
Tableau 11 : Burkina Faso : Répartition des émigres en 1999 par destination................................. 53
Tableau 12 : Burkina Faso : Répartition des immigrés en 1999 selon le pays de provenance ......... 53
Tableau 13 : Burkina Faso : Population étrangère par âge et sexe en 2000...................................... 54
Tableau 14 : Cap-Vert : Répartition des immigrants selon la nationalité et le sexe en 2000 ........... 54
Tableau 15 : Cap-Vert : Population résidente par sexe selon la nationalité (2000).......................... 54
Tableau 16 : Cap-Vert : Population de 10 ans et plus occupée selon la nationalité et le sexe ......... 55
Tableau 17 : Cap-Vert : Population de 10 ans et plus occupée selon la nationalité et le secteur
économique (2000) ........................................................................................................................... 56
Tableau 18 : Cap-Vert : Population de 15 ans et plus occupée selon la nationalité et le groupe de
profession (2000) .............................................................................................................................. 57
Tableau 19 : Cap-Vert : Population de 15 ans et plus occupée selon la nationalité et la situation
dans l’occupation (2000) .................................................................................................................. 58
Tableau 20 : Cap-Vert : Distribution des boursiers à l’étranger selon le domaine de formation...... 58
Tableau 21 : Cap-Vert : Distribution des boursiers en formation à l’étranger selon le sexe ........... 59
Tableau 22 : Cap-Vert : Estimation du nombre de Capverdiens par pays d’accueil ........................ 59
Tableau 23 : Cap-Vert : Transferts des émigrants par pays d’origine et année ................................ 60
Tableau 24 : Mali : Répartition des migrants internationaux de retour selon la région de résidence
au recensement de 1998 et le dernier pays de destination ................................................................ 60
Tableau 25 : Mali : Migrants de retour selon la région de résidence et la dernière destination extra-
régionale (1998)................................................................................................................................ 61
Tableau 26 : Mali : Répartition des universitaires maliens expatriés par pays (2003) ..................... 61
Tableau 27 : Mali :Les transferts de fonds des migrants par rapport aux PIB de 2000 à 2002 ....... 62
Tableau 28 : Mauritanie : Nationaux à l’étranger par pays d’accueil (2004) ................................... 62
Tableau 29 : Mauritanie : Personnes pourvues d’un emploi par sexe et citoyenneté ....................... 62
Tableau 30 : Mauritanie : Personnes pourvues d’un emploi par branche d’activité, nationaux et
travailleurs migrants (1988).............................................................................................................. 63
v

Tableau 31 : Mauritanie : Population par sexe et citoyenneté en 1988 ............................................ 64


Tableau 32 : Mauritanie : Personnes pourvues d’un emploi par situation dans la profession,
nationaux et étrangers (1988) ........................................................................................................... 65
Tableau 33 : Sénégal : Répartition de la population émigrée selon le milieu de résidence, le sexe et
l’âge au départ................................................................................................................................... 66
Tableau 34 : Sénégal : Répartition de la population émigrée selon le milieu de résidence, l’ethnie
ou la nationalité................................................................................................................................. 67
Tableau 35 : Sénégal : Répartition de la population émigrée selon le milieu de résidence et la
situation matrimoniale au départ....................................................................................................... 67
Tableau 36 : Sénégal : Répartition de la population émigrée selon le milieu de résidence et la
région ................................................................................................................................................ 67
Tableau 37 : Sénégal : Répartition de la population émigrée selon le milieu de résidence et la
destination......................................................................................................................................... 68
Tableau 38 : Sénégal : Répartition de la population émigrée selon le milieu de résidence et
l’occupation principale au départ...................................................................................................... 68
Grille d’entretien............................................................................................................................... 69
vii

Avant-propos

Ce rapport fait partie de la série des documents de travail de l’OIT Cahiers des Migrations
Internationales, dont le but est de diffuser les résultats des recherches récentes portant sur les
tendances mondiales en matière de migration et de chercher à stimuler le dialogue et
l’élaboration de politiques de régulation la migration de main d’œuvre.

Face à l'importance et l'urgence d'une régulation plus efficace de la migration de travail en


Afrique, en 2002, l’OIT a reconnu la pertinence de mettre en place une Initiative pour les
Migrations de Main-d’oeuvre en Afrique. Le point de départ essential pour cette initiative
consistait à étendre la base de connaissance, fondement indispensable pour la formulation de
programmes de coopération technique et d’activités pratiques efficaces. En ce sens, ce
rapport fait partite d'une série spéciale de 31 études régionales et national menées en Afrique
de l’Ouest, de l’Est et au Maghreb, publiée en 2006 dans le cadre de la série des Cahiers des
Migrations Internationales, à partir du numéro 76, ou disponibles sur le site internet de
projet1.

La migration est devenue une question prioritaire de l’agenda politique et social en Afrique.
Ces dernières années, des progrès substantiels ont été réalisés dans le développement de
nouveaux cadres, de législation et de mécanismes visant l'intégration régionale économique
et sociale plus poussée entre les Etats concernés. L’Union Africaine et la Commission
Economique pour l'Afrique ont toutes deux exprimé leur fort soutien à une plus grande
mobilité de la main-d'œuvre au sein de la région.

L’Afrique de l’Ouest a toujours été caractérisée par une forte dynamique migratoire due aux
conditions démographiques, du marché du travail et politiques. En Afrique, cette région est à
la fois celle qui compte la plus forte concentration de migrants intra régionaux et celle de
première émigration vers l’Europe.

En outre, les questions touchant à l'intégration du marché du travail et à la libre circulation


des travailleurs à travers les Etats Membres ont été explicitement abordées dans le contexte
du processus d'intégration régionale de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine
(UEMOA), et plus spécifiquement de la Communauté Economique des Etats Africains
Occidentaux (CEDEAO). Durant ces deux dernières décennies, la CEDEAO a formulé des
Protocoles relatifs à la Libre Circulation des Personnes et au Droit de Séjour et
d’Etablissement. Cependant, la non-application des protocoles est généralement constatée.
Les données précises permettant de formuler une politique claire sont inexistantes ou non-
adaptées. Les législations nationales des Etats membres de la CEDEAO n’ont pas intégré de
manière appropriée les clauses des protocoles régionaux et des normes internationales. Les
politiques existantes et les pratiques courantes sont rarement ou non adaptées aux conditions
réelles des migrations de main d’œuvre et au marché du travail. De plus, l’engagement et la
capacité des Ministères du Travail, des organisations de travailleurs et d’employeurs pour
aborder la question des migrations de main d’œuvre nécessitent d’être renforcés grâce à de
nouveaux mécanismes favorisant le dialogue social institutionnalisé et la création de comités
tripartites efficaces.

1
Projet OIT-UE “Gérer les migrations de main d’œuvre pour l’intégration et le développement en Afrique” site
internet: http://migration-africa.itcilo.org
viii

Ce rapport est le produit d'un processus lancé par l'OIT et soutenu par la Commission
européenne. Il se base sur les recommandations et requêtes des mandants, souhaitant plus
d’implication de la part du BIT. A travers des consultations avec les mandants de l'OIT
représentant les gouvernements et les partenaires sociaux dans les pays de l’Afrique de
l’Ouest, le projet dans cette région a été actif durant les trois dernières années. Une phase
pilote étaient lancée en 2003, suivi en 2004 par le projet "Gérer les migrations de main
d’œuvre pour l'intégration et le développement dans la région Euromed, Afrique de l'Est et
Afrique de l’Ouest", financé par la ligne budgétaire de la Commission européenne pour la
coopération avec les pays tiers administrée par la DG pour la justice, liberté et sécurité. Les
objectifs centraux de ce projet sont :
• Renforcer les capacités des mandants tripartites de l’OIT pour la gestion des
migrations de main d’œuvre comme instrument de développement,
• Promouvoir le dialogue social et sensibiliser les décideurs politiques sur les
questions relatives aux migrations de main d’œuvre
• Acquérir les connaissances et les données cruciales pour les gouvernements et les
partenaires sociaux afin qu’ils puissent formuler des politiques efficientes et gérer les
migrations de main d’œuvre.
• Faciliter la coopération entre l’Afrique de l’Est, de l’Ouest, du Nord et de l’Europe
sur les questions de migration de main d’oeuvre.

Ce rapport fait partie d’une série de trois études complémentaires menées en Afrique de
l’Ouest ayant pour but d’assister les gouvernements et les partenaires sociaux dans la
formulation des fondements pour une politique et des procédures efficaces. Etant donné
qu’une bonne politique dépend de données fiables, cette première étude évalue l'état actuel
des mécanismes de collecte des données statistique sur la migration de travail. Cette étude
suggère également des mesures spécifiques visant à améliorer et harmoniser la collecte et
l’analyse de ces données ainsi que leur meilleure utilisation dans l’élaboration des politiques
et de leur application. Une deuxième étude analyse les législations nationales existantes sur
la migration de main d’œuvre - référence légale pour orienter l’action de l’Etat en matière de
migration. Elle souligne en particulier l'importance d’intégrer les normes internationales
pertinentes et de les harmoniser autant que possible avec leurs pays voisins. Une troisième
étude régionale examine un nombre de liens clés entre la migration et le développement de
manière à identifier quelles actions et quels outils politiques peuvent contribuer à assurer que
la migration est effectivement une source de développement.

Ce rapport synthétise les résultats des trois études spécifiques nationales conduites sous les
auspices du projet au Burkina Faso, Cap Vert, Gambie, Mali, Mauritanie et du Sénégal,
réalisée respectivement par Bonayi Dabiré et François Ilboudo, Jacques Angelo Santos,
Seikou JK Trawally, Sékouba Diarra et Mobido Koly Keita, Mohamed Laghdaf Ould Cheikh
Malainine, Abdourahmane Barry, Hamidou Ba et Salif Ndiaye. Cette synthèse expose dans
ses grandes lignes les défis universels associés à la production d’information et de
statistiques fiables et détaillées sur la migration de la main d’œuvre, et elle passe en revue les
définitions existantes et les caractéristiques des différents systèmes d’informations. L’étude
offre aussi un examen systématique des sources de données existantes, y compris les
informations fournies par les recensements, les archives administratives et également sur les
nationaux habitant à l’étranger. Basé sur ce compte rendu, l’étude identifie les lacunes en
matière d’information disponibles et les faiblesses en terme de données sur le recensement
des migrants mais également sur la coordination parmi les producteurs et les utilisateurs de
données. Avec ces éléments, l’étude conclut avec des recommandations spécifiques
ix

permettant d’améliorer la collecte et l’utilisation des données statistiques pour la gestion de


la migration de main d’œuvre dans les pays d’Afrique de l’Ouest. Les auteurs préconisent
des voies qui permettront de réviser en profondeur les systèmes d’information existants et
l’implication plus grande des mandants du BIT dans la production et la validation des
données.

Comme les recherches effectuées par l’équipe du projet le démontrent, de nombreuses


difficultés viennent faire obstacle à une gestion effective des migrations de main d’œuvre
intra-régionales ou en provenance de l’Afrique de l’Ouest. Disposer de données pertinentes
nécessaires à un choix de politiques éclairé, traduire les normes internationales au niveau
national et mettre en place ou améliorer les structures institutionnelles et les mécanismes de
régulation de ce type de migration, constituent autant de défis à surmonter. Les orientations
proposées ici supposent un intérêt commun, tant pour les pays d’accueil que pour les pays
d’origine, pour l’optimisation des bénéfices potentiels. Ceci est réalisable si l’on s’appuie
sur une gestion administrative effective de la migration de main d’oeuvre. Nous espérons que
ce rapport servira de tremplin aux membres du gouvernement et partenaires sociaux afin
qu’ils puissent faire face aux défis que posent les migrations. Nous espérons aussi que la
diffusion des résultats obtenus renforcera le dialogue et la coopération en matière de
politiques régionales relatives à la migration de main-d’oeuvre.

Nous souhaiterions remercier les chercheurs pour leur travail significatif qui a permis la
réalisation des études nationales, et particulièrement Prof. Hamidou Ba pour la synthèse des
trois études nationales offrant ainsi une vue régionale de la situation en Afrique de l’Ouest.
D’autre part, nous voudrions remercier les différents gouvernements du Burkina Faso, Cap
Vert, Gambie, Mali, Mauritanie et du Sénégal, ainsi que du Ghana et Nigeria, pour avoir fait
part de leurs points de vue, leurs préoccupations et échanger leurs informations. Ce rapport
n’aurait pu aboutir sans leur coopération.

Nous adressons aussi nos remerciements à l’équipe de projet de l'OIT pour l’Afrique de
l’Ouest basée à Dakar : Prof. Hamidou Ba, Carole Brunet et Racky Sow pour leurs efforts de
coordination et d'édition, ainsi que le Directeur du Bureau sous-régional de l’OIT à Dakar,
Mr. Mohamed Ould Sidi, et Tharcisse Nkanagu pour leur travail éditorial et de liaison avec
les gouvernements et les partenaires sociaux.

Jason Schachter du département de l’OIT pour les statistiques (STAT) a passé en revue ce
rapport pour en assurer la cohérence technique. Enfin, nous tenons à souligner l’attention
dédiée portée par David Nii Addy, Responsable régional du projet, sans lequel n’aurait pu
aboutir le processus complet de recherche, rédaction et révision, et Céline Peyron pour le
travail éditorial et la publication de ces études.

Genève, juin 2006.

Patrick A Taran
Senior Migration Specialist
Coordinator, ILO Africa Labour
Migration initiative
x

Remerciements

Ce rapport est un produit fondé sur des études nationales réalisées par des consultants du
Bureau de l’OIT à Dakar. Les membres de l’équipe du projet Migration Dakar, Carole
Brunet, Racky Sow, ont apporté, chacune à sa manière, une contribution appréciable à la
réalisation de ce rapport. De même, nous devons souligner l’appui constant de David Nii
Addy et de Patrick Taran du département Migrant de l’OIT à Genève. Nous aimerions aussi
citer le Directeur du Bureau de l’OIT à Dakar, Mohamed A. O. Sidi et M.Tharcisse Nkanagu,
Point focal du Projet auprès du Bureau pour leur contribution à la réalisation des études.
Enfin, nos remerciements vont à tous les membres des partenaires tripartites (gouvernement,
organisations des employeurs, syndicats de travailleurs) des pays couverts par le Projet qui
ont été associés, de près ou de loin, à la validation des études.
1

1. Introduction

Le présent document fait la synthèse des rapports nationaux sur les statistiques des migrants
réalisés dans les six pays de la sous région ouest africaine qui sont couverts par le Projet
« Migration de main d’œuvre pour l’Intégration et le Développement en EuroMed, Afrique
de l’Est et Afrique de l’Ouest ». Il s’agit plus spécifiquement du Burkina Faso, du Cap-Vert,
de la Gambie, du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal.

Globalement, il est admis que les statistiques existantes dans la sous région concernant les
migrations internationales de main d’œuvre sont à la fois éparses, peu fiables et sujettes à des
problèmes de comparabilité et de disponibilité. De plus, étant difficilement accessibles et
répondant mal aux besoins des utilisateurs, ces statistiques, mal utilisées de surcroît, ne
répondent pas de manière satisfaisante aux besoins de gestion et de politiques. Entre autres,
ces difficultés résultent en grande partie de la diversité des systèmes migratoires, des
législations et des sources d’informations.

La réalisation de ces rapports est une émanation de la volonté des mandants de l’OIT qui,
reconnaissant l’importance capitale des statistiques, ont recommandé le diagnostic des
systèmes statistiques pour déterminer leur capacité de collecte, de traitement et de diffusion
d’informations pertinentes sur les mouvements migratoires et la situation des travailleurs et
travailleuses migrants dans la sous région Africaine. En effet, l’obtention de telles données,
outre l’appréciation de la situation actuelle, devrait permettre également :
• de suivre les tendances des migrations internationales au niveau national et
international;
• d’évaluer l’efficacité des politiques migratoires ;
• d’évaluer l’impact des migrations sur les sociétés d’accueil et les sociétés d’origine ;
• de guider le débat politique sur les contrôles migratoires, la migration et le
développement et la migration irrégulière ;
• de gérer les conditions de travail des travailleurs migrants et assurer leur protection ;
• de rendre plus adéquates les prises de décision concernant les migrations de main
d’œuvre donc une meilleure gestion des migrations ;
• d’élaborer et mettre en œuvre des politiques, stratégies et plans d’actions sur les
migrations ;
• de développer des échanges entre Etats ;
• et enfin de gérer la mise en pratique des instruments internationaux relatifs aux
travailleurs migrants.

1.1 Contexte

Les migrations internationales qui concerneraient actuellement près de 150 millions


d’individus2 à l’échelle mondiale, sont caractérisées par une combinaison de forces parmi
lesquelles une forte pression à l’émigration et une réduction des opportunités de migrer. Du
fait de la mondialisation, elles sont entrain de connaître de profondes mutations qui rendent
plus complexe leur maîtrise : diversification des origines géographiques des migrants et des
circuits empruntés, variations au niveau des flux, etc. Les processus migratoires engendrent
ainsi de nouvelles modalités de circulation et participent à la restructuration des espaces

2
Nations Unies, World Population prospects, The 2000 revision, New York, 2001.
2

migratoires régionaux et à la construction de nouveaux territoires intercontinentaux de


migration.

L’Afrique de l’Ouest, à l’instar des autres régions du monde, est soumise aux contraintes de
la mondialisation dont une des principales caractéristiques est la forte dynamique migratoire.
Cette région est, en Afrique subsaharienne, à la fois celle qui compte la plus forte
concentration de migrants intra régionaux et celle de première émigration vers l’Europe
(Stalker, 1995 ; Robin, 1996). Les mouvements intra régionaux, y compris ceux des réfugiés,
demeurent les plus importants (Grégory et Piché, 1985 ; Russell et col., 1990 ; Adepoju,
1990; Cordell et col., 1996 ). Selon les résultats des enquêtes REMUAO3, pas moins de
1.556.000 migrations ont été effectuées au cours de la période 1988-1992 entre les sept pays
de la sous-région étudiés4 (Bocquier et Traoré, 1996). Ces échanges migratoires se
caractérisent par une polarisation par la Côte d’Ivoire des flux en provenance du Burkina
Faso (92% du total des émigrations de ce pays vers les autres pays du REMUAO), du Mali
(74%) et du Niger (71%). Les émigrations de Mauritanie ont pour principale destination le
Sénégal (68%) ; celles du Sénégal sont essentiellement dirigées vers la Guinée (36%) et la
Mauritanie (30%)5. L’Enquête sur les Migrations, l’Insertion urbaine et l’Environnement au
Burkina Faso (EMIE, 2000) confirme la prépondérance des mouvements migratoires
internationaux burkinabé vers la Côte d’Ivoire (93% du total des émigrés recensés). Au Cap-
Vert, une estimation de l’Institut d’Appui à l’Émigrant (IAPE, 1998) révèle qu’en Afrique de
l’Ouest, les ressortissants capverdiens immigrent principalement au Sénégal où ils seraient au
nombre de 25.000.

Ces mouvements migratoires intra régionaux s’articulent fortement avec les autres systèmes
migratoires orientés vers l’Afrique Centrale et Australe et vers les pays du Nord (notamment
de l’Union Européenne). Selon les données d’Eurostat6, la population ouest africaine en
Union européenne réunissait 414.942 individus en 1993, à part égale avec celle de l’Afrique
centrale, derrière celles de l’Afrique du nord (2.076.071) et des autres régions africaines
(430.076) (Robin, 1996 ). Dans ce contingent, le Sénégal comptait 77.000 individus,
constituant en 1993 le premier groupe ouest africain résidant en Union européenne devant le
Nigeria (72.000) et le Cap-Vert (43.000). Cette immigration sénégalaise en Union
européenne a cependant connu des évolutions au cours des années quatre-vingt-dix,
marquées par l’apparition de nouvelles destinations : longtemps considéré comme un foyer
d’émigration vers la France, le Sénégal oriente de plus en plus ses flux de départ vers l’Italie
et l’Espagne (Robin et col., 1999 ; Ndione et col., 2005)7. En Italie, les Sénégalais sont
passés de 27.500 individus en 1993 à près de 40.000 en 1999 selon les chiffres fournis par le
gouvernement italien. En Espagne, il avait été recensé 3190 Sénégalais en 1993 ; ils sont au
nombre de 11.051 en 20008. Les Capverdiens s’établissent particulièrement au Portugal
(31.000 en 1993) et dans une moindre mesure en Italie (5400), au Pays-Bas (3000) et en
Espagne (2000). Les Maliens (39.000 en 1993) sont essentiellement installés en France

3
Réseau sur les Migrations et l’Urbanisation en Afrique de l’Ouest, coordonné par le CERPOD.
4
Les sept pays concernés ici sont : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger
et Sénégal.
5
Cf. Bocquier et Traoré, 1996, op.cit.
6
Population par nationalité en UE en 1993, Eurostat, 1995.
7
Selon les données de l’enquête DEmIS de 1997/98 qui prennent en compte les ménages résidants à Dakar et à
Touba dont au moins un membre est allé vivre à l’étranger au cours des dix dernières années, l’Italie constitue
le premier pays d’accueil des Sénégalais (45% des ménages migrants) ; moins de 10% s’orientent vers la
France ; l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce réunissent 50% de cette migration récente.
8
Selon l’Instituto National de Estadistica
3

(37.693, soit 97%), de même que les Mauritaniens (8.000 dont plus de 6.000 en France :
75%). Ils sont majoritairement originaires de la vallée du fleuve Sénégal (région de Kayes
pour le Mali et région de Guidimakha pour la Mauritanie). Les Gambiens (11.000) se
répartissent principalement entre le Royaume-Uni (3000), l’Espagne (2900) et l’Allemagne
(2600)9. En Afrique centrale, le Gabon et la République Démocratique du Congo
constituaient les principales destinations des migrants ouest africains (Ba, 1996 ; Ndione et
Lombard, 2004). Mais depuis la fin de l’apartheid, les flux sont orientés vers l’Afrique du
sud perçu par les migrants ouest africains comme un nouvel eldorado (Bredeloup, 1993 ;
Bouillon, 1996), même si cette nouvelle dynamique migratoire a été très vite atténuée par la
mise en place de barrières administratives10.

Ces mouvements migratoires internationaux s’inscrivent dans un contexte économique,


politique et social en pleine mutation. D’une part l’instabilité politique, la faiblesse des
performances économiques et la dégradation de l’environnement augmentent le potentiel
migratoire des pays de départ. Des régions qui jadis n’étaient pas affectées, sont
progressivement devenues des zones de difficultés économiques et de pauvreté croissante.
Cette extension de la crise a favorisé le développement de nouveaux courants migratoires
dans la plupart des pays ouest africains. D’autre part, au Nord comme au Sud, les pays
d’accueil se ferment, parfois expulsent et durcissent les lois concernant l’entrée des
étrangers. Aujourd’hui, plus de la moitié des pays développés ont mis en place des mesures
visant à restreindre l’immigration. Un peu plus de 25% des pays en développement tentent
également de contrôler l’entrée des migrants internationaux. En Afrique subsaharienne,
notamment en Afrique de l’Ouest, les principaux pays d’immigration ont multiplié, à partir
des années quatre-vingts, les mesures dissuasives et les contraintes à l’égard des migrants
(instauration de carte d’identité pour les étrangers de nationalité, augmentation importante
des coûts des visas et des permis de séjour, politique de nationalisation de l’emploi,
expulsion d’étrangers…). Dans ce contexte, les réseaux migratoires se développent et
participent au renforcement des systèmes migratoires et à la diversification des espaces
migratoires et des territoires circulatoires. S’érigeant en stratégies de contournement des
politiques migratoires, ces réseaux favorisent la migration clandestine et augmentent le
nombre de migrants illégaux, en situation irrégulière, en asile politique, en plus des réfugiés
et des migrants régulièrement établis.

Si, en Afrique de l’Ouest, les mouvements migratoires sont régis par des accords bilatéraux
et par des traités des communautés économiques, le phénomène de la migration n’en
demeure pas moins complexe et difficile à gérer. Il constitue un enjeu majeur et pose de réels
défis aux gouvernements des pays de la région et aux institutions régionales et sous-
régionales. Les défis opérationnels soulevés par les migrations nécessitent l’élaboration d’un
cadre politique global au niveau régional. Ce cadre devrait intégrer les différents aspects
suscités par les questions relatives aux déplacements et à l'établissement des travailleurs
migrants et apporter des solutions durables à ces questions. Une des composantes d’une
politique de gestion concertée des flux migratoires est la disposition de l’information sur le
phénomène migratoire sous ses différentes formes. En effet, les tendances actuelles de la
migration internationale font ressortir, si besoin était, la place et l’importance de
l’information comme source essentielle pour les gouvernements qui souhaitent se doter d’une
politique migratoire, pour les institutions internationales et régionales et pour les autres
9
Robin, 1996, op.cit. p. 95
10
Percevant la présence étrangère croissante comme une menace, le gouvernement de Pretoria a durci les lois
en instaurant, en 1999, un visa d’entrée aux ressortissants ouest-africains.
4

structures intéressées par la migration. En tant qu’outil de gestion, la mise en place d’un
système d’information sur les migrations permettrait une bonne compréhension des questions
théoriques et pratiques soulevées par les migrations internationales tout en aidant à la prise
de décision.

Cependant, compte tenu de l’insuffisance et de la fiabilité des sources statistiques existantes,


il est difficile d’observer l’évolution du phénomène migratoire dans le temps et dans
l’espace. Les données disponibles sont parcellaires et n’offrent pas de possibilités d’analyse à
la fois complète, fine et détaillée. C’est pour pallier cette insuffisance que de nombreux pays
de la région ont fait appel à l’Organisation Internationale du Travail (OIT), en vue de
l’élaboration de politiques efficaces et d’approches pratiques en matière de gestion des
migrations. Dans cette perspective, le Programme des Migrations internationales de l’OIT a
mis en œuvre un projet intitulé « Migration de travail pour l’intégration et le développement
dans la région EuroMed, en Afrique de l’Est et Afrique de l’Ouest », avec le soutien
financier de l’Union européenne. Ce projet s’appuie sur l’expérience de l’OIT dans tous les
aspects de la migration et constitue ainsi une réponse aux préoccupations exprimées par ses
mandants tripartites en Afrique de l’Ouest sur la mise en place d’une coopération technique
dans la gestion des travailleurs migrants. Le projet plus large cible trois sous-régions du
continent : le Maghreb, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est. Ces espaces sont traversés
par des initiatives d’intégration régionale (Union du Maghreb Arabe, Processus Euro-Med,
Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest, Communauté de l’Afrique de
l’Est).

Dans le cadre sous-régional de l’Afrique de l’Ouest, le projet outre sa composante


renforcement des capacités comprend le dialogue social, l’assistance technique et la conduite
d’études notamment sur les statistiques et sur la législation en matière de migration. C’est
ainsi que des études nationales sur les législations en vigueur et sur les sources de données
statistiques disponibles ont été réalisées dans six pays de la sous-région : Burkina Faso, Cap-
Vert, Gambie, Mali, Mauritanie et Sénégal. Le présent document fait la synthèse des études
sur les statistiques en matière de migration internationale menées dans ces pays. Il s’appuie
donc sur les rapports élaborés par les consultants chargés des études nationales.

Après avoir exposé brièvement les objectifs de l’étude et l’approche méthodologique


adoptée, nous tenterons, dans un premier temps, de faire une revue des sources de données
statistiques disponibles sur les migrations internationales, sur la base des études nationales
réalisées, afin de dégager la nature des variables saisies sur les migrations, dans une
perspective de comparaison au niveau régional. Dans un deuxième temps, nous procéderons
à une revue critique des concepts et définitions utilisés par les différentes sources, dans un
souci d’harmonisation, tout en identifiant les décalages et faiblesses dans le système
d’information actuel et des bases de données. Nous tenterons ensuite d’appréhender les
capacités et les contraintes des institutions chargées de la collecte d’informations sur les
migrants internationaux, ainsi que les niveaux de coordination et d’utilisation des données
statistiques sur les migrations pour la prise de décision. Nous proposerons enfin des
conclusions et recommandations pour l’amélioration du système d’information statistique sur
les migrations internationales à l’échelle nationale et sous-régionale.

1.2 Objectifs de l’étude


5

L’objectif global de cette étude vise l’amélioration des capacités des gouvernements et des
partenaires sociaux pour une gestion efficace de la migration internationale en tant
qu’instrument pour le développement. De manière spécifique, les objectifs assignés à l’étude,
conformément aux termes de référence, se résument comme suit :
• Entreprendre un état des lieux (listage et analyse) du système d’information, des
sources et des bases de données statistiques par rapport à la migration ;
• Évaluer la nature, les définitions, la qualité et la représentativité des données
existantes, avec la liste des institutions qui produisent et/ou utilisent ces données ;
• Identifier les décalages entre les données, les faiblesses des bases de données et les
contraintes institutionnelles pour la production d’une information fiable devant servir
d’aide à la décision aux niveaux national et régional ;
• Proposer des mesures prioritaires destinées à l’amélioration du système d’information
sur la migration de main-d’œuvre.

1.3 Approche méthodologique

Les études nationales menées dans les six pays reposent sur une recherche documentaire et
statistique portant sur les différentes sources d’information existantes sur les migrations
internationales. L’approche méthodologique adoptée par le projet s’appuie sur une grille
d’entretien conçue pour répertorier les sources de données sur les migrations et disposer
d’informations sur la nature des données collectées, relever les statistiques disponibles,
analyser leur mode d’exploitation et identifier les principaux utilisateurs de ces données. De
manière générale, la grille d’entretien s’articule autour de quatre thèmes principaux :
• l’évaluation globale du système d’information statistique sur les migrants, en termes
de disponibilité, de régularité, de fiabilité et de représentativité des données produites,
de robustesse des méthodologies utilisées, de disponibilité des ressources humaines,
matérielles et financières pour la pérennisation du dispositif de collecte, de traitement
et d’analyse des données, et de diffusion de l’information ;
• les interactions entre producteurs et utilisateurs de données sur les migrants sous
plusieurs aspects (existence et opérationnalité d’un cadre formel de concertation entre
structures productrices et utilisatrices de données sur la migration, implication des
structures utilisatrices par les structures productrices dans la conception des enquêtes
spécifiques sur la migration ou traitant de modules liés au phénomène migratoire) ;
• l’utilisation des données sur la migration dans les politiques (identifications des
données pertinentes pour l’élaboration et la formulation de politique migratoire,
adéquation entre les besoins réels exprimés par les utilisateurs et décideurs, et les
données statistiques disponibles sur la migration) ;
• les recommandations visant l’amélioration du système d’information statistique sur la
migration (identification des domaines spécifiques sur lesquels devrait porter
l’amélioration, actions à entreprendre pour renforcer les liens entre producteurs et
utilisateurs de données sur la migration, propositions pour combler le déficit
statistique, etc.).

Pour de plus amples informations sur le contenu de la grille d’entretien, le lecteur pourra se
référer à la partie annexe du rapport.

2. Revue des sources statistiques sur les migrations internationales


6

Dans cette partie, nous passons en revue les différentes sources d’information statistique en
matière de migration internationale répertoriées dans les six pays, tout en procédant à une
analyse critique de la nature des données recueillies, sur la base des variables saisies sur les
migrations, afin de voir dans quelle mesure les informations collectées par source et par pays
autorisent des possibilités de comparaison aux niveaux national et régional en Afrique de
l’Ouest. Dans un souci de clarté, nous procédons à une classification des sources par
catégorie et selon la nature des données collectées sur les migrations internationales. A cet
égard, nous distinguons quatre types de sources telles qu’elles apparaissent dans les rapports
des études nationales menées dans les six pays : les registres administratifs, les recensements
généraux de la population, les enquêtes nationales et les études locales.

2.1. Les relevés administratifs

On entend ici par sources administratives, les services étatiques qui collectent des données
destinées à l’utilisation de l’institution publique et pas nécessairement à des fins de diffusion.
L’analyse des rapports nationaux montre que le nombre de sources administratives et de
types de données recueillies varient légèrement d’un pays à un autre (tableau 1).

Tableau 1 : Statistiques migratoires issues de sources administratives par pays


Statistiques Flux d’entrée et de sortie Étrangers vivant dans Nationaux vivant à Travailleurs migrants
migratoires du territoire national le pays l’étranger
Burkina Faso Direction des études et Direction des études Direction des Agence nationale pour
de la planification et de la planification études et de la la promotion de
(Ministère de l’intérieur et (Ministère de l’intérieur planification l’emploi
de la sécurité) et de la sécurité) (Ministère des Caisse nationale de
affaires sécurité sociale
étrangères)
Cap-Vert Direction des migrations Direction des Institut des -
et frontières migrations et frontières communautés
Gambie Immigration department Immigration Office for the -
department expatriate quota
and naturalisation
Mali Direction des services de Direction des services Délégation des
police (Ministère de la de police (Ministère Maliens de -
Sécurité Intérieure de la de la Sécurité l’extérieur
Protection Civile) Intérieure et de la (Ministère des
Protection Civile) Maliens de
l’extérieur)
Mauritanie Direction de la Direction de la Ministère des Caisse nationale de la
surveillance du territoire surveillance du affaires étrangères sécurité sociale
territoire et de la Direction de l’emploi
coopération
Sénégal Direction de la police des Direction de la police Direction des Direction du travail et
étrangers et titres de des étrangers et titres Sénégalais de de la sécurité sociale
voyage (Ministère de de voyage (Ministère l’extérieur Direction de l’emploi
l’intérieur) de l’intérieur) (Ministère des
Sénégalais de
l’extérieur)

De manière globale, les relevés administratifs les plus courants comprennent les registres
administratifs des polices des frontières, les fichiers des étrangers résidant dans chaque pays
7

et les fiches d’immatriculation des émigrés auprès des missions diplomatiques et/ou
consulaires établies à l’étranger.

Les informations recueillies par les polices des frontières concernent les entrées et les sorties
de passagers dans/du territoire national de chaque pays. Elles sont obtenues à partir des
fiches quotidiennes d’embarquement et de débarquement des aéroports internationaux et des
ports, ainsi qu’à partir des notices des postes de frontières terrestres. Ces formulaires
renseignent généralement sur :
- l’identité de la personne et sa date d’entrée/de sortie dans/du territoire,
- le pays de provenance/de destination et la nationalité,
- lieu de destination dans le pays d’accueil,
- la durée de séjour projetée et le motif du voyage.

Ces documents constituent une mine importante d’information dont la combinaison pourrait
servir à élaborer des séries chronologiques permettant de dégager le profil temporel des flux
migratoires et d’apprécier en temps réel le solde migratoire international de chaque pays.

Les fichiers des étrangers sont constitués à partir des visas accordés et des cartes d’identité
(titre de séjour) délivrées aux étrangers installés dans chaque pays. Ces fichiers fournissent
généralement des informations sur :
- le pays de nationalité et le pays de naissance,
- l’âge, le sexe, la situation de famille et le niveau d’instruction,
- le type de visa ou de permis de séjour ; la durée de validité du visa ou permis de
séjour,
- la date d’entrée dans le territoire,
- l’emploi occupé, la branche d’activité et la situation professionnelle.

Cette source administrative permet de calculer la population étrangère résidente ainsi que le
nombre de travailleurs migrants établis dans chaque pays.

Quant aux fiches d’immatriculation des nationaux vivant à l’étranger, elles permettent de
recueillir des informations sur la situation démographique et professionnelle de la personne
enregistrée et sa famille (femme(s) et enfant(s)) ainsi que son adresse dans le pays d’accueil
et son adresse de référence dans le pays d’origine. Ainsi, cette source permet d’estimer le
nombre de ressortissants résidant de manière légale à l’étranger.

En plus de ces trois sources, les rapports sur la Mauritanie, le Sénégal et le Burkina Faso font
ressortir d’autres types de données administratives sur les migrations internationales. Il
s’agit :

Pour la Mauritanie de :
- la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS), chargée de la gestion des pensions
sociales pour l’ensemble des travailleurs et notamment les étrangers résidant dans le
pays. Pour chaque personne assurée, la base de données de la CNSS collecte les
caractéristiques suivantes : le nom de l’employé, sa nationalité, son âge, son sexe, le
nom et l’adresse de l’employeur, l’année d’inscription. La base de données de la
CNSS est informatisée.
- la Direction de l’emploi qui délivre les permis de travail aux étrangers pour l’exercice
d’un emploi formel. Cette structure dispose de statistiques sur les étrangers ayant une
8

autorisation d’exercer une activité économique. Pour chaque permis délivré, les
informations suivantes sont renseignées : le numéro de série, le nom de l’employé, la
nationalité de l’employé, le poste occupé, les nom et adresse de l’employeur, la durée
de validité du permis. Les données sont saisies dans un fichier excel.

Pour le Sénégal de :
- la Direction du travail et de la sécurité sociale, chargée de la gestion de l’information
sur les travailleurs sénégalais exerçant à l’étranger et de la délivrance de permis de
travail aux étrangers résidant au Sénégal,
- la Direction de l’emploi qui a en charge la gestion de l’information statistique sur
l’emploi aussi bien des nationaux que des étrangers au Sénégal.

Pour le Burkina Faso de :


- l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi et de la formation professionnelle
qui enregistre les demandes d’emploi et organise aussi des tests de recrutement pour
les employeurs. Elle produit (trimestriellement, semestriellement et annuellement)
des statistiques sur les demandes et les offres d’emploi national et international. Elle
vise également les contrats de travail concernant les étrangers.
- La Caisse nationale de sécurité sociale qui s’occupe des dossiers d’assurance
vieillesse, des accidents et maladies professionnels, des allocations familiales. Elle
paye les pensions trimestrielles des burkinabé qui ont eu à travailler à l’étranger.

Par ailleurs, les missions diplomatiques accréditées dans chaque pays constituent une source
non moins importante d’information statistique sur les ressortissants immatriculés. Les
données collectées à cet effet concernent notamment :
• le nombre de ressortissants du pays d’appartenance de la mission diplomatique et/ou
consulaire résidant dans le pays d’accueil,
• le nombre de ressortissants du pays d’accueil résidant dans le pays d’appartenance de
la mission diplomatique et/ou consulaire,
• le nombre de visas de séjour et de types de séjour délivrés par le pays hôte aux
ressortissants du pays d’appartenance de la mission diplomatique et/ou consulaire,
• le nombre de visas et de types de séjour délivrés par le pays d’appartenance de la
mission diplomatique et/ou consulaire aux ressortissants du pays d’établissement de
la mission diplomatique et/ou consulaire,
• le nombre de ressortissants du pays d’appartenance de la mission diplomatique et/ou
consulaire travaillant par sexe, âge, secteur d’activité, durée de résidence etc.
• le nombre de ressortissants du pays hôte travaillant dans le pays d’appartenance de la
mission diplomatique et/ou consulaire par sexe, âge, secteur d’activité, durée de
résidence etc.

A titre d’exemple, le rapport de la Mauritanie montre l’intérêt spécifique des données


collectées auprès des missions diplomatiques et/ou consulaires qui ont permis de dénombrer :
• Ambassade du Sénégal : 250.000 Sénégalais inscrits (dont 80% sont des actifs
occupés). Il s’agit en fait des Sénégalais qui ont eu à un moment ou un autre résidé
sur le territoire mauritanien. Ce chiffre n’est pas à ne pas confondre avec le nombre
de sénégalais résidant actuellement en Mauritanie. Aussi, l’ambassade estime le
nombre de mauritaniens résidents au Sénégal à 250.000 (dont 1.300 sont des
étudiants).
9

• Ambassade du Mali : 15.000 Maliens en âge de voter selon le recensement


administratif effectué en Mauritanie par les services de l’ambassade, à l’occasion des
élections présidentielles de 2001 au Mali. L’ambassade estime que 15.000 autres
Maliens ne se sont pas inscrits lors de ce recensement.
• Ambassade du Maroc : 1963 ressortissants inscrits.
• Ambassade de Chine : 1000 ressortissants chinois en Mauritanie (dont 30 femmes).
Parmi eux, 800 travaillent dans le secteur de la pêche, 113 dans les secteurs de
construction de route et du pétrole, 27 en mission médicale en Mauritanie et 60 dans
les services de restauration et du commerce.
• Consulat de Côte d’Ivoire : 350 Ivoiriens inscrits et environ 100 non inscrits.
• Ambassade de la Russie : 630 dont 500 marins.

Comme on peut le constater, les structures administratives ont pour avantage –


potentiellement – de fournir des informations sur les flux et les stocks de migrants
internationaux de manière continue. Elles permettent ainsi de disposer de données
complémentaires les unes des autres sur :
- les ressortissants de chaque pays vivant à l’étranger ;
- la population étrangère résidente dans chaque pays ;
- la population étrangère établie légalement dans le pays d’accueil (spécifiquement) ;
- les ressortissants de chaque pays établis de manière légale dans un pays étranger
(spécifiquement) ;
- le nombre de ressortissants immatriculés auprès des missions diplomatiques et/ou
consulaires (spécifiquement) ;
- les travailleurs migrants établis dans chaque pays ;
- l’émigration ou l’immigration internationale.

A cet égard, les relevés administratifs, si ils sont activés ou réactivés, peuvent constituer un
important réseau de collecte et de transmission de l’information sur les migrations
internationales, dans une perspective de mise en place d’un système d’information statistique
fiable, permettant aux gouvernements de disposer d’outils de gestion efficaces de leurs
ressortissants vivant à l’étranger, mais aussi des étrangers résidant dans leur pays.

Cependant, les structures productrices de statistiques ne disposent pas souvent de capacités


techniques en matière d’exploitation et de traitement de données leur permettant de fournir
des produits statistiques élaborés. En définitive, bien que saisissant pratiquement toutes les
catégories de migrants, ces sources sont souvent imprécises et d’un faible secours pour une
mesure et une analyse fine des migrations internationales. C’est pour pallier ces insuffisances
que les recensements et les enquêtes sont sollicités comme source de données sur les
migrations internationales.

2.2. Les recensements généraux de population

Le recensement est la source fondamentale de données sur l’état de la population d’un pays.
Il consiste à faire un inventaire exhaustif d’une population jusqu’au niveau géographique le
plus fin11. C’est aussi selon une définition des Nations Unies « l’ensemble des opérations qui
consistent à recueillir, à grouper, à évaluer, à analyser et à publier des données

11
Ceped, (1994), « La démographie de 30 états d’Afrique et de l’Océan indien » eds du Ceped, 351p.
10

démographiques, économiques et sociales se rapportant, à un moment donné, à tous les


habitants d’un pays ou d’une partie déterminée d’un pays12 ».

Pour étudier les migrations, les questions généralement posées dans les recensements portent
sur :
- le lieu (pays) de résidence au moment du recensement,
- le lieu (pays) de naissance,
- la situation de résidence,
- lieu (pays) de résidence précédente (antérieure) à une date donnée,
- la durée de résidence au lieu (pays) de dénombrement,
- la nationalité ou citoyenneté.

Le croisement de ces variables permet de définir plusieurs catégories de migrants


internationaux :
• les sédentaires (non-migrants), pour lesquels le lieu de naissance, le lieu de résidence
précédente (ou antérieure) et le lieu de résidence au moment de l’opération de collecte
se situent dans le pays où le recensement est réalisé. Ce sont des résidents natifs du
pays qui n’ont effectué aucune migration internationale depuis leur naissance ;
• les migrants « durée de vie » (immigrants « établis ») : ils résultent de la comparaison
entre le pays de naissance et le pays de résidence au moment du recensement. Ce sont
des non-natifs recensés dans un pays (nés hors du pays où ils sont recensés et
déclarant le même pays de résidence au recensement et à une date antérieure) ;
• les immigrants « récents » : ils résultent de la comparaison entre la résidence à la date
du recensement et le pays de résidence précédente (ou antérieure). Il s’agit des
individus recensés dans un pays et dont le lieu de résidence antérieure est un autre
pays ;
• les migrants multiples qui déclarent trois pays différents (le pays de naissance, le pays
de résidence antérieure et le pays de recensement ne sont pas identiques) ;
• les migrants de retour, c’est à dire les personnes nées dans le pays où elles sont
recensées et dont la résidence antérieure (ou précédente) se trouvait à l’étranger ;
• Les étrangers qui déclarent une nationalité (ou citoyenneté) différente de celle du
pays où ils sont recensés ;
• Les émigrés qui sont saisis soit à partir de la situation de résidence, lorsque celle-ci
classe la population recensée selon quatre modalités (résident présent, résident absent,
visiteur et émigré), soit à partir d’un volet spécifique du questionnaire du
recensement.

Plusieurs opérations de recensement ont été menées dans les six pays de la sous-région ciblés
par le projet. Le tableau suivant récapitule ces opérations de collecte par année et selon les
variables migratoires saisies.

12
Nations Unies (1958), cité par CEPED (1994), op.cit.
11

Tableau 2 : Trois derniers recensements par pays, année et selon les variables relatives à la migration
Pays Année Lieu Lieu de Lieu de Durée Nationalit Émigré Émigré
du de résidence résidenc dans la é ou (Situatio (volet du
recenseme naissan au e résidence citoyenne n questionna
nt ce recensem antérieur actuelle té résidenc ire)
ent e e)
1975 X X - - X X -
Burkina 1985 X X X - X - -
Faso 1996 X X X X X X -
1980 X X X - X - X
1990 X X X X - X
Cap-Vert 2000 X X X X - X
1983 X X X - - - -
Gambie 1993 X X X X - - -
2003 X X X X - -
1976 X X - - X - -
1987 X X - - X - -
Mali 1998 X X X X X - -
1977 X X - - X - -
1988 X X X X X - X
Mauritanie 2000 X X X X -
1976 X X - - X - -
Sénégal 1988 X X X X X - -
2002 X X X - X - X

Comme on peut le constater, les variables sur les migrations saisies dans les différents
recensements ne sont pas toujours identiques. Cela est vrai aussi bien pour un pays pris
isolément que pour l’ensemble des six pays. Cette diversité dans le choix des variables d’une
opération de collecte à l’autre pose le problème de la comparabilité des données issues des
différents recensements. Nous y reviendrons.

Globalement, nous pouvons retenir avec le tableau 2 que l’essentiel de l’information


censitaire sur les migrations internationales est fourni par le croisement entre le lieu de
naissance et celui de résidence au moment de la collecte. Cette information permet d’estimer
les effectifs des résidents nés à l’étranger (immigrants, durée de vie). Cette méthode ne
permet pas de connaître le calendrier de la migration ; elle exclut les étrangers, les migrants
de retour et les émigrés (nés dans le pays et résidant à l’étranger).

En outre, les variables : lieu de naissance, lieu de résidence antérieure à une date donnée et
lieu de résidence au recensement sont assez fréquemment saisies par les différents
recensements, notamment à partir des années 1980. Leur croisement offre des possibilités de
mesure et d’analyse supplémentaires sur certains aspects du phénomène migratoire
international. Ce croisement permet de définir une sous-population relativement importante
de migrants de retour, ces derniers étant en situation migratoire internationale à la date
antérieure considérée par le recensement.

La question sur la durée de résidence, qui devrait permettre d’étudier le caractère récent ou
ancien de la migration, n’est pas souvent posée, notamment lors des derniers recensements
réalisés (Sénégal en 2002, Mauritanie en 2000). A cet égard, peu de pays ouest africains
12

suivent les recommandations des Nations Unies des années quatre-vingts qui visaient
l’introduction de la notion de durée de résidence en plus de celle déjà existante de lieu de
naissance afin de fournir des données élémentaires sur l’importance des migrations à
différents moments du passé (Ricca, 1990).

Par contre, la nationalité est souvent déclarée et permet en principe de mesurer la population
étrangère dans le pays où le recensement est réalisé. Mais il faut faire très attention à l’usage
de cette mesure. Comme le souligne certains auteurs (Ricca, 1990 ; Dackam-Ngatchou,
1996), la définition de l’étranger varie selon qu’on se réfère à la nationalité ou au lieu de
naissance. Pour certains pays, le lieu de naissance constitue l’indicateur le plus sûr de la
condition d’étranger. Cette approche, en plus d’inclure parmi les immigrés les nationaux nés
à l’étranger, rend les résultats du recensement incompatibles avec ceux des pays pour qui la
notion d’étranger est liée à celle de la citoyenneté. Comme nous le verrons dans la partie
consacrée aux concepts et définitions, l’étranger (de nationalité) est différent de l’immigré
(de naissance). Cependant, du fait d’une législation de plus en plus contraignante en matière
de traversée des frontières, le rôle déterminant de la nationalité sur la migration
internationale est une évidence, si on considère notamment les principaux types de
migrations (de travailleurs, de réfugiés). Toutefois, la mesure de la population étrangère à
partir de la nationalité permet de donner des indications sur les effets d’âge et de générations
produits par la migration, ainsi que sur la contribution des étrangers au mouvement naturel de
la population du pays d’accueil.

Par ailleurs, certains pays comme le Burkina Faso (1975 ; 1996), le Cap-Vert (1980 ; 1990 ;
2000), la Mauritanie (1988) et plus récemment le Sénégal (2002) ont introduit des variables
spécifiques dans les recensements pour saisir les populations émigrées. Toutefois, cette
évaluation de l’émigration internationale reste souvent partielle, ne concernant que les
individus partis récemment à l’étranger (durant les 12 derniers mois pour les recensements du
Burkina Faso de 1975 ; au cours des 5 dernières années pour le recensement du Sénégal de
2002). Le recensement du Burkina Faso de 1996 et celui de la Mauritanie de 1988 ont
mesuré les effectifs de ressortissants de leur pays résidant depuis plus de 6 mois à l’étranger.
Seul le Cap-Vert semble s’intéresser à saisir l’ensemble de ses ressortissants résidant à
l’étranger ainsi que les membres de leurs familles, et cela, quelque soit le recensement.

Au total, on peut dire que le recensement peut constituer une source d’informations
importantes et utiles sur les migrations internationales. Il faudrait, pour cela, que les pays
partageant les mêmes axes migratoires s’accordent à harmoniser les concepts à utiliser et les
variables à saisir, en s’inscrivent dans une perspective de réalisation des opérations de
collecte au cours d’une même année.

2.3. Les enquêtes nationales

Les enquêtes démographiques par sondages, lorsqu’elles ont été réalisées à l’échelle
nationale et sur des échantillons représentatifs de la population, offrent des possibilités de
mesure et d’analyse supérieures à celles des recensements. Moins lourdes à mettre en place et
moins onéreuses que les recensements, ces enquêtes permettent le recueil à la fois de données
de structure et de mouvement. Il faut signaler à ce propos que les enquêtes nationales
répondent souvent à des préoccupations ponctuelles sur un sujet déterminé (fécondité, santé,
mortalité, pauvreté, migration, etc.). Lorsqu’elles ne portent pas spécifiquement sur les
13

migrations, elles ne fournissent des informations sur le phénomène que de manière indirecte,
à l’image des recensements.

Il faut rappeler à ce niveau que, jusqu’à la fin des années quatre-vingt, peu d’enquêtes ont été
consacrées de manière spécifique à l’observation et à l’analyse des migrations internationales
ouest-africaines. J. Condé et K.C. Zachariah ont mené une des premières études sur le sujet
dans les années soixante-dix (Condé et Zachariah, 1978). Cette étude, financée par la Banque
mondiale, a permis d’identifier les niveaux et tendances de la migration en Afrique de
l’Ouest à travers les recensements nationaux disponibles à l’époque. Sur la base des indices
de migrations « durée de vie », les auteurs ont conclu que trois pays recevaient la plupart des
migrants internationaux en Afrique de l’Ouest : le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Nigeria.

Une enquête nationale sur les mouvements migratoires a aussi était menée en Haute Volta
(Burkina Faso) en 1974-75 par le CVRS13 et par le INSD14, avec le soutien de l’université de
Montréal. Cette enquête a permis de saisir les itinéraires migratoires, les caractéristiques des
migrants internationaux et leur destination, rendant ainsi possible l’analyse historique des
mouvements migratoires internes et internationaux de main-d’œuvre depuis la période de
colonisation jusqu’après l’indépendance (Cordel et col., 1996).

Enfin, en 1982, l’Enquête sur la Vallée du fleuve Sénégal a été réalisée dans les trois pays
traversés par le fleuve (Sénégal, Mali et Mauritanie) par l’OCDE et l’Institut du Sahel. Cette
étude s’intéressait principalement à la migration vers l’Europe et notamment vers la France
(Condé et col., 1986).

Bien que peu nombreuses, les études sur la migration ont permis de susciter un regain
d’intérêt sur les mouvements de population en Afrique de l’Ouest, notamment en ce qui
concerne la formulation de politique en matière de population (Bocquier et Traoré, 1996). En
fait, la région est désormais considérée comme une des régions du monde où la concentration
des migrants est la plus importante (Grégory et Piché, 1985 ; Russel et col., 1990 ; Adepoju,
1990 ; Cordell et col., 1996). Cette nouvelle situation a permis de souligner la nécessité de
mener des études spécifiques sur les migrations ouest-africaines, aussi bien au niveau sous-
régional que national et/ou d’incorporer davantage de variables migratoires dans les
recensements et enquêtes nationales non directement portant sur le sujet. C’est dans cette
perspective que les enquêtes du Réseau Migrations et Urbanisations en Afrique de l’Ouest
(REMUAO) ont été initiées.

Les Enquêtes sur les Migrations et l’Urbanisation en Afrique de l’Ouest (REMUAO) sont les
premières du genre, entreprises dans la sous-région, qui abordent de façon spécifique les
migrations internes et internationales. Elles ont été réalisées en 1992-93 dans le cadre d’un
réseau pluridisciplinaire de recherche comprenant huit pays de l’Afrique de l’Ouest (Burkina
Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria et Sénégal) et coordonnée par
le Centre d’Étude et de Recherche sur les Populations et le Développement (CERPOD). Il
s’agit d’enquêtes rétrospectives à passage unique, conduites auprès d’échantillons de
ménages représentatifs au niveau national de chaque pays concerné15. L’immigration est
appréhendée dans le questionnaire ménage à partir des variables suivantes : lieu de naissance,
lieu de résidence antérieure, lieu de résidence actuelle et durée de résidence actuelle. Le
13
Centre Voltaïque de Recherches Scientifiques
14
Institut National de la Statistique et de la Démographie
15
Exception faite pour le Nigeria où l’enquête n’a couvert que 22 des 31 États de la Fédération.
14

questionnaire biographique fournit d’autre part l’histoire migratoire des migrants


sélectionnés, âgés de 15 ans et plus. Enfin, l’émigration est captée à partir d’un questionnaire
émigré soumis au répondant du ménage et portant sur les membres du ménage ayant quitté le
pays entre 1988 et 1993 et qui résident toujours, au moment de l’enquête, à l’étranger.

Ces opérations de collecte devaient permettre de saisir et de comprendre les rapports sociaux
à travers les conditions et les modalités d’insertion des migrants et leurs relations avec le
milieu d’origine. Elles fournissent des informations consistantes sur les volumes, les formes
et les directions des migrations internes à chaque pays, ainsi que les migrations
internationales. Toutes ces données font finalement de ces enquêtes une source très riche à la
fois pour la mesure et l’analyse des migrations. A ce titre, elles constituent aujourd’hui la
principale référence sur les migrations ouest-africaines.

Le tableau 3 fournit la liste des trois dernières enquêtes nationales effectuées dans chacun des
six pays d’étude qui s’intéressent directement ou indirectement aux questions de migrations
internationales. Nous ne considérons ici que les opérations de collecte de nature
démographique susceptibles de fournir des éléments substantiels sur la migration
internationale.
15

Tableau 3 : Trois dernières enquêtes par pays, année et selon les variables relatives à la migration
Pays Enquête Variables sur la migration
Enquête démographique de itinéraires migratoires ; lieu de naissance ; durée de résidence ;
1991 (INDS) lieu de destination ; lieu de résidence antérieure ; dernière
migration ; lieu de résidence à l’enquête, émigrés
Enquête sur les migrations et Lieu de naissance, lieu de résidence précédent, lieu de résidence
Burkina l’urbanisation au Burkina Faso actuelle, statut migratoire ; émigrés des 5 dernières années avec
Faso de 1993 (INDS/CERPOD) notamment l’âge au départ et le pays de destination ; itinéraires
migratoires (toutes les résidences d’un minimum de 6 mois depuis
la naissance jusqu’au moment de l’enquête) avec notamment les
lieux de résidence, l’activité principale (type, statut, secteur), âge
fin étape, raison de départ ; immigrés hors du lieu de naissance
avec notamment les raisons de la migration, les conditions de
réalisations de la migration, profits de la migration en faveur du
lieu d’origine, biens et dons monétaires envoyés dans le lieu
d’origine ; migrants de retour dans leur lieu de naissance depuis
au moins 10 ans (mêmes questions sur immigrés)
Enquête sur les migrations, itinéraires migratoires ; lieu de naissance ; durée de résidence ;
l’insertion urbaine et lieu de destination ; lieu de résidence antérieure ; dernière
l’environnement au Burkina migration ; lieu de résidence à l’enquête, émigrés
Faso de 2000 (UERD)
Cap-Vert Le rapport ne mentionne pas
d’enquête nationale
Gambie Nation-wide migrations study Le rapport ne mentionne pas les variables migratoires saisies par
1978 cette enquête
Enquête migration dans la Le rapport ne mentionne pas les variables migratoires saisies par
vallée du fleuve (1982/83) cette enquête
Enquête sur les migrations et Mêmes variables que pour l’enquête au Burkina Faso de 1993
Mali l’urbanisation au Mali (1993) (REMUOA)
Enquête permanent auprès Lieu de naissance, lieu de résidence précédent, lieu de résidence
des ménages actuelle
Enquête sur les migrations et Mêmes variables que pour l’enquête au Burkina Faso de 1993
l’urbanisation en Mauritanie de (REMUAO)
Mauritanie 1993
Enquête démographique et de Le rapport ne mentionne pas les variables migratoires saisies par
santé de 2000 cette enquête
Enquête sur les conditions de Le rapport ne mentionne pas les variables migratoires saisies par
vie des ménages de 2004 cette enquête
Enquête migrations et Mêmes variables que pour l’enquête au Burkina Faso de 1993
urbanisation au Sénégal (1993) (REMUAO)
Sénégal
Enquête 123 Le rapport ne mentionne pas les variables migratoires saisies par
cette enquête
Enquête sénégalaise auprès Lieu de naissance, lieu de résidente actuelle, nationalité, émigrés
des ménages selon l’âge au départ, le pays de destination, les raisons de la
migration, les transferts de fonds envers le Sénégal
16

2.4. Les études locales

En plus des sources statistiques nationales, les populations migrantes ont été appréhendées à
partir d’études réalisées au niveau local dans les six pays ciblés par le projet. Celles-ci se
limitent le plus souvent à l’échelle d’un village, d’un quartier, d’une ville, et au mieux, d’un
ensemble de localités dispersées à l’intérieur d’une région ou d’un département. Loin de
mesurer le phénomène, ces études apportent plus à sa compréhension. Elles ne permettent
donc pas une connaissance précise des effectifs de migrants internationaux, de leur
répartition spatiale et de leur origine, contrairement aux recensements et enquêtes nationales
qui fournissent des informations, d’une qualité variable, sur ces aspects.

Les principales études répertoriées par les rapports nationaux sont les suivantes16 :

Burkina Faso
L’enquête de 1969-71 de J.M. Kohler
J.M. Kohler a, dans le cadre des travaux de l’Orstom, réalisé d’octobre 1969 à mai 1971 une
série d’enquêtes auprès des Mossi de l’Ouest du Burkina Faso pour l’étude des migrations
temporaires (durée inférieure à 10 ans). Après avoir recensé 19 villages, soit environ 32.000
individus, il a interrogé un échantillon de 8700 personnes sur leurs migrations, pour ensuite
se focaliser particulièrement sur un sous-échantillon de 300 migrants de retour sur divers
aspects de leur mouvement migratoire et plus particulièrement sur leurs épargnes monétaires,
sur le système matrimonial, sur la rentabilité comparée des cultures de rente (notamment le
coton) et les revenus de la migration. Si les données sur les ménages, les familles et les
exploitations sont totalement absentes, par contre l’information est assez abondante sur le
système matrimonial, les opinions et surtout la conscience collective sur la migration.

L’enquête renouvelée de l’Orstom de 1972-73 en pays Mossi


Elle s’est limitée exclusivement à la zone rurale Mossi et Bissa (les deux ethnies vivent dans
des régions contiguës). C’est une enquête renouvelée, réalisée sous la direction de A.
Quesnel et J. Vaugelade. Il s’agissait d’interviewer une deuxième fois, en 1972, les
concessions enquêtées en 1960-61. Un questionnaire détaillé renseigne sur les exploitations :
nature, constitution, taille, nombre de personnes de l’exploitation, nombre d’aides familiaux
etc. 5950 exploitations, soit 61650 individus, ont été touchées par l’enquête. Un module
spécifique a été consacré à chaque migration effectuée par les hommes de l’exploitation
depuis 1961, de même que sur le devenir de tous les individus de l’exploitation présentes en
1961. 6800 personnes ont été interrogées. Une des originalités de cette enquête a été
l’établissement d’un questionnaire sur les événements matrimoniaux vécus par l’individu
depuis 1961. Mais, vu la lourdeur d’un tel questionnaire, il n’a été administré qu’à un sous-
échantillon limité d’individus.

Incontestablement, c’est l’enquête qui a fourni le plus d’informations sur les structures
internes (famille, ménage, exploitation, système matrimonial etc.) en pays Mossi, autorisant
ainsi une analyse riche de la migration, en relation avec les caractéristiques des structures de
la communauté de départ. D’ailleurs, beaucoup d’études17 basées sur cette enquête se sont
axées sur le rôle des structures internes de la société Mossi sur les migrations.

16
Les rapports sur le Cap-Vert et la Gambie ne font pas mention d’études réalisées au niveau local.
17
Quesnel et al (1975, 1977, 1985) ; Marchal J.Y (1975, 1983), pour ne citer que ceux-là.
17

On peut regretter cependant que le questionnaire migration ne soit administré qu’aux


hommes. Même si la migration masculine, surtout vers l’extérieur du pays, est la plus
importante et la plus dépendante des conditions économiques, devait-on pour autant occulter
la migration féminine ? On s’étonne aussi qu’une enquête d’une telle importance n’ait pas
couvert tout le pays contrairement à celle de 1960-61 sur laquelle elle s’était basée.

L’enquête renouvelée de l’ORS TOM (76) en pays Lobi et Dagara


Cette enquête, menée part Benoit D., P. Levi, J. Papail et F. Sodter, constitue le
renouvellement de l’enquête démographique de 1960-61 réalisée par R. Clairin. Elle a
concernée les pays Lobi et Dagara. de la région du Sud-Ouest. Elle constitue l’une des rares
enquêtes spécifiques sur les migrations réalisées en dehors du pays Mossi dans les années
soixante-dix. Les questionnaires et la méthodologie sont identiques à celle de l’enquête de
72-73. On notera que pour l’enquête en pays Lobi, la période de référence pour les
migrations était de 3 mois (au lieu de 6 mois). Ensuite, en pays Lobi, le questionnaire
migration a été administré à toutes les personnes, sans distinction de sexe, contrairement à
l’enquête en pays Mossi dont le questionnaire migration a été exclusivement réservée aux
individus de sexe masculin. Les biographies migratoires ont été établies même pour les
personnes décédées, l’information indirecte étant recueillie auprès des chefs de ménage.
L’échantillon comportait 22 villages, soit 5629 individus.

L’enquête à passages répétés de l’ORSTOM


Elle s’est déroulée de 1986 a 1994 dans la région Mossi (départements de Yako, Gourcy et
Pissila) et dans la région du Sud-Ouest (département de Niangoloko). Cette enquête a couvert
34 villages et atteint environ 30.000 individus. Les passages étaient de six mois.

Mali
Enquête migration dans la vallée du fleuve Sénégal réalisée en 1982/83
Cette enquête a porté sur la migration internationale des gens du fleuve Sénégal (Mali,
Mauritanie et Sénégal). Elle s’est déroulée dans un premier temps dans les foyers de migrants
en France, ce qui a permis de recueillir auprès des travailleurs migrants un certain nombre de
caractéristiques dont la localité de naissance. Dans un deuxième temps, l’enquête s’est
déroulée dans les régions de départ des migrants. Pour le Mali, ces informations concernaient
presque exclusivement les cercles de Kayes et de Yélimané dans la région de Kayes.
L’échantillon dans ces deux cercles a concerné aussi bien les villages représentés dans
l’échantillon de France que les villages non représentés.

Enquête sur les projets de réinsertion économique des migrants de retour au Mali (Bamako,
Kayes) (2002)
Initiée par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), avec le soutien financier
du gouvernement suisse, cette enquête a porté sur un échantillon de 100 migrants de retour
ayant développé des projets de réinsertion économique dans le district de Bamako et dans la
région de Kayes. L’enquête traite de séries de questions sur les caractéristiques socio-
économiques et géographiques des émigrés et les impacts sur l’évolution de chaque projet de
réinsertion, le parcours migratoire de l’individu et son influence sur le démarrage et le
développement de son projet, l’évolution dans la durée des projets, en fonction de l’esprit
18

d’entreprise des promoteurs, des capitaux investis, des difficultés rencontrées et des
conditions dans lesquelles celles-ci ont été ou non surmontées.

Mauritanie
Étude sur les Migrations et l’urbanisation en Mauritanie de 1995 (C.O. Abdellahi) qui a
porté sur les mouvements migratoires internes, l’exode rural, les motifs de migration et les
caractéristiques des migrants.

Étude sur les populations nomades de 1998 (M.L.O Moujtaba) qui a permis d’analyser les
caractéristiques des nomades, ainsi que les tendances et motifs de leur sédentarisation.

Étude sur les déterminants socio-économiques des migrations en 2002 (M.M El Mouvide)
qui a analysé les déterminants de la migration en terme de caractéristiques des migrants, de
répartition spatiale et de motifs de migration.

Étude sur les conséquences socioéconomiques de la migration en 2002 (S.M.O Jiyed) qui a
analysé les conséquences de la migration sur les conditions de vie des non migrants, sur la
structure démographique des ménages et leur évolution socioéconomique.

Les nouvelles tendances du phénomène migratoire en Mauritanie (M.L.C Malainine, 2002)


qui permis d’analyser l’intensité migratoire, l’évolution des migrations dans le temps, les
comportements migratoires par cohorte et les motifs de migration.

Sénégal
Au Sénégal, la vallée du fleuve Sénégal a traditionnellement fait l’objet d’études spécifiques
sur les migrations internationales. On peut citer, à cet égard, les recherches suivantes :

Enquête sur les migrations des gens du Fleuve Sénégal (Kane F. et Lericollais A., 1975)
Cette recherche sur les mouvements migratoires des gens de la vallée du fleuve Sénégal avait
pour objectifs d’en mesurer l’ampleur, d’en saisir les circonstances du déclenchement et les
modalités, les types d’insertions réalisés dans les régions d’accueil, les liens conservés avec
le pays d’origine et les effets sur les activités traditionnelles. Les données ont été
rassemblées lors d’une enquête exhaustive, auprès de tous les campements et villages de la
vallée (au Sénégal et en Mauritanie) ; l’objectif étant de cartographier et d’analyser la
répartition des hommes, leurs activités économiques et leurs ressources. Les émigrés vers
l’étranger, en Afrique et en Europe ont été recensés par « tente » et par « carré ». Les
migrations vers les villes et les régions du Sénégal et de la Mauritanie n’ont pas été
appréhendées d’une manière systématique.

Enquête sur les migrations internationales sud-nord. Une étude de cas: les migrants maliens,
mauritaniens et sénégalais de la vallée du fleuve Sénégal, en France (Condé J. et Diagne P.
S., 1982/83) (voir paragraphes précédents sur le Mali)

Enquêtes dans la moyenne vallée du fleuve Sénégal (Guilmoto C., 1992-93)


Il s’agit d’une série d’enquêtes à passages répétés menée en milieu rural dans la moyenne
vallée (département de Podor), sur un échantillon de près de 900 ménages répartis en douze
grappes. Les principales données recueillies concernaient le niveau de vie de la famille et les
biographies migratoires des adultes durant les vingt années précédent l’enquête. Les passages
(tous les six mois) ont enregistré notamment les activités économiques, les changements
19

familiaux et les déplacements, y compris de courte durée, qui se sont déroulés entre les
différents passages. Le suivi de l’échantillon a permis de rassembler les données relatives à
3599 personnes de 15 ans et plus, réparties en 805 ménages, dont on connaît à la fois les
migrations anciennes et les formes de mobilité récentes, ainsi que les activités agricoles sur
plusieurs années.

Plus récemment, les enquêtes sur les migrations internationales ont privilégié des localités
dans la région de Dakar et dans les régions du bassin arachidier (Diourbel et Kaolack). Il
s’agit notamment de :

L’enquête sur les déterminants de la migration internationale au Sénégal (IRD-DPS,


1997/98)
Cette enquête a été réalisée dans les villes de Dakar/Pikine et de Touba, auprès de 1713
ménages et 6311 individus migrants et non-migrants. Les informations collectées auprès des
ménages portent essentiellement sur la situation économique du ménage et sur les conditions
d’habitat. Au niveau individuel, les renseignements concernent la situation matrimoniale et
professionnelle actuelle de l'individu et sur ses caractéristiques socio-démographiques. Le
passé migratoire de l'individu est retracé en incluant aussi bien ses migrations à l’intérieur du
Sénégal que ses migrations internationales. La composition du ménage est documentée, ainsi
que la situation économique de l’individu juste avant la dernière migration internationale ou
cinq ans avant l’enquête pour les non-migrants. Quatre modules renseignent sur le processus
migratoire : i) les motifs de la migration, ii) les informations que les migrants possédaient
avant de migrer, iii) l’assistance qu’ils ont reçue au départ et dans le pays d’accueil et iv)
leurs activités professionnelles en migration. Un dernier module porte sur les intentions
relatives à une migration internationale future.

L’Enquête sur les déterminants de l’émigration internationale dans la ville de Kaolack


(Ndione B., 1997)
Cette enquête a été réalisée dans quatre quartiers de la ville de Kaolack, caractérisés par une
forte émigration internationale. Dans ces quartiers, il a été dénombré 2546 ménages, dont
39% sont des ménages migrants. A partir de cette base de sondage, 400 ménages ont été
enquêtés et 4.044 individus recensés. Des informations démographiques, sociales et
économiques ont été collectées pour chaque membre du ménage ainsi que des
renseignements sur les conditions de vie familiale. Un questionnaire approfondi a été
administré aux migrants internationaux de retour et aux émigrés de passage au moment de
l'enquête. Il comportait six modules : i) biographie migratoire, ii) liens et contacts en pays
d’accueil, iii) liens et contacts avec le pays et la région d’origine, iv) décision de partir, v)
réseaux migratoires et assistance, vi) objectifs ou projets liés à la migration internationale et
modalités de réinsertion.

En outre, les quatre quartiers ont fait l’objet d’une enquête qualitative, par le biais de deux
grilles d’entretien semi-directif, l’une adressée à des informateurs clés (notables et autres
chefs coutumiers ou religieux), et l’autre aux migrants internationaux de passage, soit un
total de 48 entretiens. Ces entretiens ont permis de décrire l’histoire migratoire et sociale du
quartier, son mode de fonctionnement et d’organisation ainsi que les rapports de voisinage
entre les habitants. De même, ces récits ont étayé les questions de la diffusion du phénomène
migratoire à l’intérieur du quartier, des appuis et soutiens reçus au départ et à destination, par
un parent ou un ami du quartier et des transferts économiques et symboliques dans le
quartier.
20

L’Enquête sur les investissements immobiliers des migrants internationaux dans les quartiers
périphériques de Dakar (Tall S. M., 1994)
Cette enquête a été réalisée dans les quartiers périphériques de Dakar (capitale du Sénégal).
De la proche banlieue aux limites du périmètre urbain, quatre quartiers d’histoire et d’origine
différentes ont été étudiés : Grand Dakar, Grand Yoff, Parcelles Assainies et Pikine. La
variété des espaces migratoires et la diversité des investissements des migrants
internationaux dans l’immobilier sont examinées par cette étude. Une analyse morphologique
de ces investissements a permis de mesurer la multiplicité des influences : logiques
traditionnelles, emprunts de modèles des pays d’accueil, volontés individuelles, ou
contraintes urbanistiques et/ou officielles.

2.5. Les autres sources répertoriées par les études nationales

D’autres sources de données sur les migrations internationales ont été mises en exergue par
les études réalisées dans les six pays. Il s’agit de sources spécifiques concernant un groupe
particulier de migrants :

Le « Fichier » des étudiants burkinabé boursiers à l’étranger


La direction générale de l’orientation et du service des bourses dispose de la liste des
étudiants burkinabé boursiers à l’étranger. Mais ce fichier n’est pas à jour. En plus, il ne
permet pas de répertorier l’ensemble des étudiants burkinabé à l’étranger, car seul les
boursiers de l’État peuvent y figurer.

Le « Fichier » de la Commission Nationale du Burkina Faso pour les réfugiés


Cette commission produit régulièrement des statistiques sur les réfugiés qui permettent de
suivre l’évolution des crises politiques en Afrique et d’évaluer les efforts fournis par les
Nations Unies dans la gestion des populations réfugiées et déplacées.

La commission Nationale pour l’Intégration


Cette commission travaille pour l’amélioration du processus d’intégration des pays de la
sous-région. A ce titre, elle collabore avec les représentations diplomatiques installées au
Burkina Faso et les associations des différentes communautés étrangères. La structure ne
produit pas de données statistiques sur les immigrants. Elle œuvre à l’intégration de ces
communautés au sein de la société burkinabé. Elle ne dispose pas de moyens pour collecter
les données statistiques sur les migrants. Les données dont elle dispose sont fournies par les
représentations diplomatiques et les associations. Ces données, selon le Secrétaire Permanent
de la Commission ne sont pas fiables. La Commission Nationale estime à environ deux
millions les étrangers vivant au Burkina Faso.

Le Secrétariat Permanent du Conseil Supérieur des Burkinabé de l’Étranger


Il s’occupe de la gestion des burkinabé de l’étranger. Il est en contact permanent avec les
ambassades et les consulats du Burkina Faso, mais ne produit pas de statistiques sur les
émigrants burkinabé.

L’Organisation Internationale pour les Migrations (O.I.M)


Le bureau de l’Organisation Internationale pour les Migrations au Burkina Faso a été ouvert
en 2003, suite à la crise politique ivoirienne. Depuis sa création, ce bureau a pris en charge la
gestion des personnes rapatriées de la Côte. Ainsi, de juin 2003 à septembre 2003,
21

l’Organisation a géré le dossier de 7500 personnes rapatriées de la Côte d’Ivoire. Ces


personnes étaient composées de burkinabé, de maliens, de guinéens… L’OIM ne dispose pas
de statistiques sur le phénomène de la migration. Elle travaille avec certaines structures
nationales et internationales pour gérer les questions des rapatriés.

Le « Fichier » de la Direction Générale de l’Enseignement Supérieur et des sciences du


Cap-Vert
Cette source concerne les étudiants capverdiens inscrits en études supérieures à l’étranger,
avec une possibilité de répartition par âge, par sexe et par domaine de formation pour
certains pays.

Le « Ficher » de l’institut national de la promotion de la formation technique et


professionnelle
Cet institut mène des études sur certains métiers jugés prometteurs d’emplois. Au titre de
l’année 2004, l’INAP-FTP a réalisé des enquêtes ciblées sur la situation de l’emploi et les
besoins en formation dans les sous-secteurs suivants : « mécanique automobile », « BTP »,
« froid et climatisation », « bureautique et comptabilité » et « habillement et textile ». Pour
chaque sous secteur, les études ressortent le nombre d’emplois occupés en 2004 et la
répartition des employés selon la nationalité.

Le « Ficher » de l’Union des Travailleurs Mauritaniens (UTM)


L’UTM compte 54.000 adhérents répartis en 32 fédérations disposant de 2 antennes à
l’étranger (Espagne, France). L’UTM ne compte pas d’adhérents étrangers, et pour cette
raison, elle ne dispose pas de statistiques sur la main d’œuvre étrangère en Mauritanie.
Néanmoins, elle a mené une enquête sur le métier de chauffeurs de taxi dans 3 villes
(Nouakchott, Nouadhibou et Zoueirat). L’étude a recensé 1.650 étrangers chauffeurs de taxi
dans ces trois villes. Concernant la main d’œuvre mauritanienne à l’étranger, l’UTM ne
dispose que du nombre d’adhérents communiqué par ses antennes en France (2.000
adhérents) et en Espagne (1.500 adhérents).

L’Observatoire des migrations internationales au Sénégal


Il a été initié par l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM), en partenariat avec
le Ministère de la justice et la Ministère des Sénégalais de l’extérieur, dans le cadre du
renforcement des capacités de ces structures en matière de gestion des migrations. Les
données collectées ne sont pas encore accessibles au public.

Les bases de données sur l’expertise des cadres sénégalais et maliens expatriés
Elle a été initiée par le PNUD, dans le cadre du projet TOKTEN (Technology Knowledge of
Expatriate Nationals). Ces bases de données renseignent sur l’identité et le profil des cadres
expatriés, l’objectif étant d’apporter une assistance au pays d’origine par le transfert de
savoir-faire acquis notamment en pays d’accueil.

Par ailleurs, la population migrante internationale a été appréhendée à partir des


recensements réalisés dans certains pays. Cette mesure indirecte a été faite par Russel et col.
(1990) à partir de trente trois recensements effectués dans les années 1970 et 1980 en Afrique
au Sud du Sahara, permettant ainsi d’avoir une idée des migrations intra-africaines. Les
données d’Eurostat, issues des recensements des pays de l’Union européenne, apportent aussi
des précisions substantielles sur l’immigration des pays de la sous-région en Europe.
22

En définitive, l’aperçu sur les migrations internationales dans les pays ciblés par le projet
repose sur l’utilisation simultanée de plusieurs techniques et la confrontation d’informations
apportées par les statistiques issues du traitement de sources très variées.

3. Concepts et définitions utilisés par les statistiques sur les migrants

Une définition rigoureuse et précise des termes utilisés par les différentes sources statistiques
sur les migrations internationales est un préalable qui permet de lever toute équivoque et
d’éclairer au mieux le lecteur. Il s’agit ici d’appréhender la nature et les catégories
statistiques utilisées, et de faire le lien avec les concepts et définitions universellement
préconisés. La question est de savoir si les termes utilisés par les systèmes statistiques dans
les pays d’étude sont conforment aux recommandations internationales et à celles du BIT, et
si les concepts et définitions permettent de faire des comparaisons au niveau régional ouest
africains

3.1. Critères d’espace (lieu) et de temps (durée)

Les Nations Unies recommandent la définition suivante du migrant international : « toute


personne qui change de pays de résidence habituelle ». Le franchissement d’une frontière
internationale, avec changement de résidence habituelle, différencie la migration
internationale de la migration interne qui s’effectue à l’intérieur des frontières d’un État.
Dans sa compréhension la plus simple, la notion de migration implique donc au minimum le
déplacement d'un lieu géographique à un autre. Le phénomène migratoire ainsi défini introduit
fondamentalement deux notions : l’espace et le temps.

La notion d’espace est caractérisée par les différents lieux que parcourt l’individu tout au
long de sa vie. La première équivoque à lever à ce niveau concerne la délimitation précise de
chaque lieu de résidence, en fonction du phénomène étudié (migration interne ou migration
internationale). Aborder la question du point de vue international reviendrait à considérer
comme lieu de résidence, toute entité géographique délimitée et matérialisée concrètement
par une frontière. Par conséquent, il y aurait migration internationale quand il y a transfert de
résidence d’un pays à un autre.

Le temps est exprimé par la notion de durée de résidence dans un lieu. Là, il n’y a pas de
consensus sur la définition de la durée de séjour, chaque État appliquant ses propres critères,
qui ne coïncident pas forcément avec ceux d’un État voisin, alors qu’il peut s’agir des mêmes
populations. A cet égard, les différentes sources de données statistiques sur les migrations
relevées dans les six pays d’étude font apparaître plusieurs périodes ou durées de référence :
- il y a cinq ans ou il y a dix ans pour le lieu de résidence antérieure : ces périodes de
référence sont souvent utilisées dans les recensements et mais aussi dans quelques
enquêtes nationales et locales ;
- durée de résidence de six mois (ou de moins de six mois avec une intention de rester
plus de six mois) pour définir la migration : beaucoup de recensements et d’enquêtes
nationales retiennent ce critère ;
- durée de résidence de trois mois (enquêtes spécifiques sur les migrations au Burkina
Faso) ;
23

- durée de résidence d’un an (ou moins d’un an avec l’intention de rester plus d’un an)
pour définir la migration dans certaines enquêtes spécifiques (Enquête Déterminants
de la Migration Internationale au Sénégal par exemple).

A partir de ces définitions du phénomène migratoire, les concepts de migrant, de non-


migrant, de migrant de retour, d’immigré/émigré, de travailleur migrant, de flux migratoire,
de taux d’émigration/immigration, d’indice d’intensité migratoire relative et de solde
migratoire sont déterminés.

3.2. Catégories de migrants et indicateurs de la migration

Migrant : il définit toute personne qui a changé de lieu de résidence par rapport à une période
de référence donnée.

Non-migrant : ce concept caractérise toute personne vivant dans un lieu et n’ayant jamais
changé de résidence habituelle.

Migrant de retour : il définit tout individu ayant changé de résidence habituelle et qui se
retrouve dans son lieu de naissance au moment de l’opération de collecte.

Immigré et émigré : ces concepts définissent une population de migrants selon qu’on se
réfère au lieu de départ ou au lieu d’accueil. On parle d’immigré par rapport au lieu d’accueil
et d’émigré par rapport au lieu de départ.

Travailleur migrant : le travailleur migrant stricto-sensu est le migrant détenteur d’un contrat
de travail dans le secteur moderne notamment. Dans ce cas, la réglementation lui fait
obligation de disposer d’une autorisation d’établissement. Une carte d’identification
d’immigré lui est délivrée.

Flux migratoires : on désigne par flux migratoires la somme des migrations entre deux zones
géographiques au cours d’une période déterminée.

Taux d’émigration : le taux d’émigration est obtenu en rapportant les flux hors d’une zone
géographique aux années vécues dans celle-ci. Cette zone représente l’origine de
l’émigration. La population de la zone de destination n’intervient pas dans le calcul.

Taux d’immigration : le taux d’immigration est obtenu en rapportant les flux migratoires
vers une zone géographique aux années vécues dans celle-ci. Cette zone représente la
destination de la migration. La population de la zone d’origine n’intervient pas dans le calcul.

Solde migratoire : le solde migratoire est pour une zone géographique donnée, le nombre
entier relatif (positif ou négatif) obtenu en retranchant les émigrations à partir de cette zone
des immigrations vers celle-ci.

Taux net de migration : le taux de migration nette (croît migratoire) est obtenu en rapportant
le solde migratoire d’une zone géographique donnée au total des années vécues dans celle-ci
;
24

Indice d’intensité migratoire relative : l’indice d’intensité migratoire relative d’une zone vers
une autre est obtenu en rapportant le flux migratoire de la première vers la seconde au
produit des années vécues dans les deux zones. Cet indice fait intervenir les populations des
deux zones.

Il importe ainsi de distinguer les flux (entrants ou sortants au cours d’une période) et les
stocks (population résidente à un moment déterminé). Le concept de migrant (émigré,
immigré), qui est fondé sur un critère géographique (déplacement dans l’espace), ne doit pas
être confondu avec celui d’étranger, fondé sur un critère juridique : est étranger celui qui ne
possède pas la nationalité du pays où il réside.

3.3. Typologie sur la base du critère temps

• La migration durée de vie : est le déplacement d’un individu dont le lieu de


résidence au moment de la collecte est différent du lieu de naissance.
• La migration récente : est le déplacement d’un individu dont la dernière migration
est dite récente. Autrement dit, il s’agit d’un individu dont le lieu de résidence au
moment de la collecte est différent du lieu de la résidence antérieure (quand elle est
connue) et dont le changement de résidence s’est produit récemment (il y a moins d’1
an ou de 5 ans, selon la période de référence).
• La migration ancienne : est le déplacement d’un individu dont la dernière migration
est dite ancienne. Autrement dit, il s’agit d’un individu dont le lieu de résidence au
moment de la collecte est identique au lieu de la résidence antérieure, mais différent
de son lieu de naissance. Le changement de résidence s’est produit avant la période
de référence (il y a plus de 1 an ou de 5 ans).

3.4. Typologie sur la base du critère espace

• La migration simple : est le déplacement d’un individu dont le lieu de résidence de


la collecte et/ou le lieu de résidence antérieure est différent du lieu de naissance.
Lorsque le lieu de résidence antérieure est différent du lieu de naissance, il est alors
identique au lieu de résidence au moment de la collecte.
• La migration multiple: est le déplacement d’un individu dont les trois lieux de
résidence (à la naissance, antérieure à l’opération et au moment de la collecte) sont
différents.
• La migration de retour: est le déplacement d’un individu dont le lieu de résidence
au moment de la collecte est identique au lieu de naissance et est différent du lieu de
la résidence antérieure. Le retour ainsi identifié peut être aussi bien temporaire
(d’une durée d’au moins 6 mois) que définitif.

Il est à noter que les migrants multiples et de retour sont toujours des migrants « récents ».

4. Rôles, capacités et contraintes des institutions de collecte

Cette partie traite de l’évaluation des dispositifs de collecte, de traitement et de diffusion des
statistiques sur la migration dans les pays ciblés par l’étude. L’accent sera mis sur les
missions de collecte dévolues à ces structures, tout en appréhendant leurs capacités et leurs
limites.
25

4.1. Rôles des institutions de collecte

a) Les organes centraux spécialisés en matière de collecte

Les six pays concernés par la présente étude disposent d’un organe central spécialisé en
matière de collecte, de traitement et d’analyse de données statistiques notamment sur les
migrations : Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) au Burkina Faso,
Institut National de la Statistique (INS) au Cap-Vert, Central Statistics Department (CSD) en
Gambie, Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique (DNSI) au Mali, Office
Nationale de la Statistique (ONS) en Mauritanie et Direction de la Prévision et de la
Statistique (DPS) au Sénégal. Ces structures sont principalement chargées de :
- la réalisation des recensements généraux de la population et des enquêtes
démographiques et socio-économiques nationales ;
- la conception de méthodologies de collecte et de traitement des données relatives aux
recensements et aux enquêtes ;
- l’exploitation et l’analyse des données issues de ces opérations de collecte ;
- la publication des résultats des recensements et enquêtes mis en œuvre ;
- la coordination et la diffusion des données statistiques officielles sur la population.

b) Les services d’immigration

Il existe, au niveau de chaque pays, des services départementaux ministériels chargés de la


délivrance des documents de voyages et des titres de séjour : visa d’entrée, carte de séjour. Il
s’agit de la Direction des études et de la planification du Ministère de l’intérieur et de la
sécurité du Burkina Faso, de la Direction des migrations et des frontières du Cap-Vert, de
l’Immigration Department de la Gambie, de la Direction des services de police du Ministère
de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile du Mali, de la Direction de la surveillance
du territoire de la Mauritanie et de la Direction de la police des étrangers et titres de voyage
du Ministère de l’intérieur du Sénégal. Ces structures sont composées par les services de
police des frontières et par les services des étrangers. Plus spécifiquement, ces institutions
collectent les informations sur :
- les entrées et les sorties dans/du territoire national à partir des fiches
d’embarquement/débarquement au niveau des aéroports et des ports et des notices des
polices des frontières terrestres ;
- la délivrance des titres de séjour aux étrangers résidants.

c) Les institutions chargées des nationaux expatriés

Il s’agit de la Direction des études et de la planification du Ministère des affaires étrangères


du Burkina Faso, de l’Institut des Communautés (Cap-Vert), du Bureau pour les Quotats
d’expatriés (Office for the Expatriate Quota and Naturalisation, Gambie), de la Délégation
des Maliens de l’extérieur, du Ministère des affaires étrangères et de la coopération
(Mauritanie) et de la Direction des Sénégalais de l’extérieur. Ces institutions
gouvernementales sont chargées de la gestion de leurs nationaux expatriés. En tant que tel,
elles ont en charge :
26

- la collecte des informations sur les émigrés, à travers notamment les fiches
d’immatriculation auprès des missions diplomatiques et/ou consulaires établis à
l’étranger ;
- le renouvellement des passeports et des cartes nationales d’identité de leurs
compatriotes à l’étranger.

4.2. Capacités des structures productrices de statistiques

a) Les organes centraux spécialisés en matière de collecte

Ces organes sont généralement des structures performantes en matière de collecte, de


traitement et d’analyse de données statistiques notamment sur les migrations. Ils fournissent
à cet effet des statistiques descriptives relativement bien élaborées sur les populations de
manière générale et sur les migrations en particulier. En outre, ces institutions disposent de
services informatiques appropriés et du personnel formé sur les techniques d’élaboration de
statistiques.

Pour l’essentiel, les statistiques disponibles sont fournies par les rapports nationaux
descriptifs se rapportant aux recensements et aux enquêtes nationales réalisées. En ce qui
concerne la migration internationale, on peut souligner la disponibilité d’informations sur :

- les immigrés par âge, sexe, statut matrimonial, niveau d’instruction, pays de
provenance, type d’activité, statut d’emploi, branche d’activité, milieu de résidence,
région etc. (recensements et enquêtes nationales) ;
- les étrangers par pays d’origine, âge, sexe, statut matrimonial, niveau d’instruction,
type d’activité, statut d’emploi, branche d’activité, milieu de résidence, région etc.
(recensements et enquêtes nationales) ;
- les migrants internationaux de retour par pays de provenance, âge, sexe, statut
matrimonial, niveau d’instruction, type d’activité, statut d’emploi, branche d’activité,
milieu de résidence, région etc. (recensements et enquêtes nationales) ;
- les émigrés récents (5 dernières années ou au cours de l’année précédent la collecte)
par pays de destination, âge au départ, motif de migration (enquêtes spécifiques sur
les migrations et certains recensements) ;
- les matrices des migrations par régions ou pays étrangers (enquêtes spécifiques sur
les migrations) ;
- les taux d’émigration et d’immigration, les taux de migration nette (enquêtes
spécifiques sur les migrations) ;
- les indices d’intensité migratoire relative (enquêtes spécifiques sur les migrations).

b) Les services d’immigration et les institutions chargées des nationaux


expatriés

Ils produisent des informations sur les migrations internationales à partir des fiches d’entrée
et de sortie dans/du territoire national et de délivrance des titres de séjour des étranger en ce
qui concerne les services d’immigration, par le biais des fiches d’immatriculation des
émigrés pour ce qui est des institutions chargées des nationaux expatriés.

4.3. Contraintes des organes producteurs de données


27

a) Les organes centraux spécialisés en matière de collecte

Le constat général qui se dégage de l’analyse des statistiques produites par les organes
spécialisés est que les données collectées n’ont pas fait l’objet d’analyses approfondies. Les
rapports disponibles font état d’analyses descriptives, basées sur le simple croisement des
variables migratoires avec les caractéristiques socio-démographiques des individus. Or, les
recensements et en particulier les enquêtes nationales sur les migrations offrent des
possibilités d’analyse détaillées des mouvements migratoires sous plusieurs aspects. Le faible
niveau d’exploitation et de valorisation des sources disponibles limitent les possibilités de
diffusion à grande échelle des informations collectées.

b) Les services d’immigration et les institutions chargées des nationaux


expatriés

Les données collectées ne sont pas suffisamment exploitées à des fins statistiques. Les
structures chargées de la gestion des informations recueillies n’ont pas la compétence requise
en matière de technique d’exploitation et d’analyse de données quantitatives. Par ailleurs,
elles ne disposent pas de ressources financières suffisantes pour la saisie informatique, le
traitement et l’analyse des données collectées. Elles se trouvent donc dans l’impossibilité de
mettre à la disposition des utilisateurs et décideurs potentiels des statistiques élaborées.

5. Décalages et faiblesses dans le système d’information actuel

Malgré le potentiel relativement important des sources de données, le système d’information


actuel sur les migrations internationales ouest-africaines souffre de nombreuses insuffisances
qui posent plus globalement le problème de la fiabilité des données recueillies, de leur
représentativité, de leur cohérence, de leur comparabilité et de leur accessibilité.

5.1. Fiabilité des sources de données statistiques sur les migrations

Dans le domaine de la migration en général et des migrations internationales en particulier, la


grande lacune demeure l’absence de données actuelles suffisamment fiables, tant au niveau
des relevés administratifs que des organes centraux spécialisés.

a) Les services administratifs d’immigration et de gestion des nationaux


expatriés

La fiabilité des sources administratives appelle quelques remarques générales. Les données
provenant des fiches d’immatriculation des ressortissants auprès des missions diplomatiques
et/ou consulaires installées dans les pays étrangers souffrent de limites à deux niveaux :
• la collecte de l’information (tous les ressortissants des pays ne sont pas immatriculés ;
le plus souvent, les décès et les départs du pays d’accueil des individus immatriculés
ne sont pas signalés aux missions diplomatiques et/ou consulaires).
• la transmission des fiches d’immatriculation enregistrées par les missions consulaires
n’est pas régulière ou n’est pas assurée.

Les données sur les statistiques aux frontières ne font pas l’objet de saisie informatique. Les
fiches d’embarquement et de débarquement à l’aéroport et au port sont en général stockées
28

sans être archivées, ni exploitées, alors qu’elles constituent une mine d’informations sur
l’ampleur, l’orientation et l’objet des déplacements ainsi que sur les caractéristiques socio-
démographiques des personnes en mouvement.

b) Les organes centraux de collecte spécialisés (recensements, enquêtes


nationales)

Les recensements
Lorsqu'on se réfère au recensement général de la population, il est habituel de reconnaître
que ce système de collecte n'est pas directement conçu, surtout dans les pays du Sud, pour
réaliser une mesure et une analyse fines des migrations. Ses limites géographiques, du fait
qu’il ne produit des informations que sur les individus présents ou résidant sur le territoire
national au moment de la collecte, lui permettent de mesurer assez correctement la
population étrangère résidente et la migration interne. La description des mouvements de
population vers l’extérieur du pays se heurte à une série d’obstacles relatifs à la fois à la
définition du phénomène et à sa mesure. En principe, à quelques exceptions près, le
recensement ne permet pas de fournir des indications sur les stocks et les flux d’émigrants
internationaux18. Mais, en l'absence de sources plus pertinentes, il demeure en Afrique sub-
saharienne une des sources de données majeures pour connaître les populations immigrantes et
étrangères. Néanmoins, trois critiques importantes peuvent être formulées à l’égard de ces
mesures.

Tout d’abord, le recensement de la population d'un pays fournit des renseignements sur les
personnes présentes ou résidentes sur le territoire national au moment de l'opération de
collecte. En général, aucune donnée n'est disponible sur les personnes originaires du pays
qui résident à l'étranger. A lui seul donc, le recensement ne permet généralement d'évaluer ni
le stock ni le flux des émigrants internationaux d'un pays.

En outre, la population immigrante qui est circonscrite est extrêmement hétérogène, ne


serait-ce que par rapport à la durée de séjour. Elle ne permet donc d’appréhender que les
stocks d’immigrants, les flux d’immigration n’étant approchés que très sommairement par le
lieu de résidence antérieure, lorsque cette information est disponible.

L’étendue, parfois très importante, de la période de référence introduit un autre problème,


celui de simplifier à l’excès le parcours du migrant. En croisant le lieu de naissance avec le
lieu de résidence au recensement, on peut être tenté de réduire la ou les migration(s) d’un
individu à ce seul déplacement entre les deux lieux19. Or, nous savons, grâce à la
reconstitution des biographies migratoires, que l’itinéraire est souvent complexe, fait
d’étapes multiples et qu’il peut se clore par un retour vers une région qui est parfois celle de
naissance. Dans cette perspective, la définition du migrant à partir de son lieu de naissance,
va produire une « linéarisation » d’un parcours migratoire quelquefois complexe, et induire
l’omission de toutes les personnes qui se sont déplacées depuis leur naissance et qui sont
retournées vivre dans leur pays natal.

Les biographies migratoires des Sénégalais recueillies lors de l’Enquête Migration et

18
Certains recensements de certains pays ouest-africains ont collecté des informations sur les populations
émigrées (le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Mauritanie et plus récemment le Sénégal).
19
La migration dite « de durée de vie », si elle est très répandue, n’en constitue pas moins une des catégories
migratoires les plus grossières.
29

Urbanisation au Sénégal (EMUS) de 1993 permettent une illustration de ces insuffisances


statistiques. La transformation des données biographiques en plusieurs recensements fictifs
permet de mesurer en partie ces risques d’omission et de « linéarisation ». Les données
biographiques transformées fournissent ainsi les lieux de résidence en 1983 et en 1988 des
Sénégalais de naissance, âgés de 15 ans et plus, et résidant au Sénégal en 1993. Nous notons
alors que parmi ceux-ci 236.204 Sénégalais ont résidé à l’étranger au moins une fois au cours
de leur vie. Or, 153.433 d’entre eux, soit 65%, auraient été déclarés sédentaires à partir des
informations habituelles d’un recensement réalisé en 1988 et qui recueillerait le lieu de
résidence en 1983. Ce cas de figure s’apparente à celui du recensement du Sénégal de 1988
et en exprime donc le potentiel d’erreur possible. Quant au risque « de linéarisation », on
observe, toujours à partir des données transformées de l’EMUS, que sur les 136.002
étrangers de naissance résidants au Sénégal en 1993 et âgés de 15 ans et plus, plus de 20%
ont réalisé, en plus du déplacement international suggéré par le lieu de résidence en 1983, au
moins un autre séjour à l’étranger.

Une dernière remarque, et non des moindres, concerne les immigrants qui échappent
volontairement au recensement. Les migrants internationaux souffrent sans doute plus que
toutes autres personnes d’une sous-déclaration censitaire. Les immigrants irréguliers20, et
même les immigrants « légaux », ont tendance à suspecter un caractère policier à l’opération.
Un exemple de cette situation nous est donné avec les Sénégalais en Mauritanie. Évalués à
17.624 au recensement mauritanien de 1988, les Sénégalais résidant en Mauritanie étaient
plus de 65.000 à quitter le pays au moment du conflit sénégalo-mauritanien (1989), d’après
les chiffres officiels du Sénégal. Par ailleurs, les données de l’enquête EMUS signalent que
63% des étrangers de naissance déclarent être de nationalité sénégalaise. Cette proportion
monte à 88% pour les Gambiens de naissance et à 74% pour les Bissau-guinéens de
naissance. Même si cette situation peut être expliquée en partie par la naturalisation ou par la
naissance à l’étranger d’enfants sénégalais, ces proportions paraissent trop élevées pour être
vraisemblables. Ce comportement devrait être encore plus manifeste chez les réfugiés et les
personnes déplacées. Enfin, les politiques migratoires, mises en place dans plusieurs pays
d’Afrique de l’Ouest (Côte-d’Ivoire, Nigeria, Ghana...), renforcent sans doute cette attitude
dissimulatrice.

En outre, il arrive que dans certaines analyses la définition de la migration internationale des
étrangers se dispense du passage de la frontière et repose exclusivement sur la nationalité
déclarée de la personne recensée. En dépit d’un usage assez fréquent de cette définition dans
les recensements africains, il s’agit bien évidemment d’une pratique abusive, puisque les
étrangers de nationalité n’ont pas nécessairement réalisé une migration internationale. La
naturalisation demeurant souvent exceptionnelle en Afrique, il n’est pas rare qu’une personne
naisse et réside dans un pays donné, et donc n’effectue aucune migration, tout en ayant une
nationalité étrangère. Une comptabilité des migrants internationaux à partir de la nationalité
pose également le problème des personnes qui ont plusieurs nationalités. Toutes ces raisons
doivent donc exclure, lorsque cela est possible, le recours à la nationalité pour la mesure de
la migration internationale.

20
On préférera le terme d’irrégulier à celui de clandestin, dans la mesure où les accords de la CEDEAO
permettent une libre circulation des personnes à l’intérieur de l’Afrique de l’Ouest. En revanche, les politiques
migratoires nationales placent parfois le migrant en situation irrégulière, notamment au regard des législations
du travail.
30

Par ailleurs, toutes les évaluations faites à partir des recensements mettent en chiffres
l’importance reconnue des mouvements migratoires en Afrique sub-saharienne, et
notamment en Afrique de l’Ouest. Ces estimations, si elles reposent souvent sur les données
censitaires, trouvent leur validité davantage dans un usage répété que dans la rigueur des
calculs qui les produisent. A l’exclusion de quelques considérations générales, les corrections
des données censitaires ne s’appuient sur aucune méthode et analyse scientifiques explicites.
Ainsi il est habituel de reconnaître qu’à la fin des années quatre-vingt, les migrants
internationaux et les réfugiés d’Afrique sub-saharienne étaient environ 35 à 45 millions (Ricca,
1990 ; Russell et col., 1990 ; Stalker, 1995). Rappelons qu’on évaluait, à la même époque, à 80
millions les migrants internationaux et des réfugiés dans le monde. Aujourd’hui on les estime à
environ 150 millions (OIM, Nations Unies, 2000). Pour l’Afrique sub-saharienne, ces chiffres
sont obtenus à partir des données censitaires des années 1970, corrigées d’une sous-déclaration
estimée à plus de 50% pour les immigrants internationaux et à 100% pour les réfugiés
(Stalker, 1995). Cependant, l’origine de ces taux de sous-enregistrement n’est jamais
vraiment donnée.

À travers ces quelques remarques apparaît donc un des paradoxes qui traversent la littérature
scientifique : l’Afrique de l’Ouest est considérée à juste titre comme une région du monde
fortement affectée par les migrations internationales de travail, mais c’est aussi en Afrique de
l’Ouest que ce phénomène majeur est le moins bien mesuré.

Les enquêtes nationales


Les enquêtes, surtout lorsqu’elles portent essentiellement sur les migrations, proposent des
possibilités d’analyse de loin supérieures à celles des recensements, même les plus raffinés.
Toutefois, ces enquêtes, aussi riches en information soient-elles, présentent parfois une limite
assez sérieuse au regard de l’étude des migrations internationales.

Fondamentalement, nous pouvons dire qu’une enquête, quand elle n’a pas pour objet
principal les migrations internationales, repose sur un plan de sondage qui peut être
inadéquat pour l’évaluation du phénomène. La migration internationale n’est pas un
événement démographique également réparti sur l’ensemble du territoire national. Bien au
contraire, il est parfois soumis à un effet de grappe plus ou moins important. De surcroît, il
s’agit presque toujours d’un événement rare, au sens statistique du terme. Finalement, toutes
ces considérations peuvent faire craindre une erreur d’échantillonnage non-négligeable,
notamment au regard d’un plan « classique » - c’est-à-dire non-stratifié selon un critère
migratoire.

5.2. Représentativité des données collectées sur les migrants

Les services administratifs d’immigration et de gestion des nationaux expatriés ont un niveau
de couverture relativement faible des personnes ciblées. Dans la plupart des pays de la région
ouest-africaine, l’enregistrement direct des migrants à la frontière se fait uniquement aux
entrées aériennes et maritimes. Cette source, bien que saisissant à la fois les entrants
(immigrés) et les sortants (émigrés) est assez incomplète à cause de la perméabilité et de
l’importance des entrées et des sorties par voie terrestre. Par ailleurs, la délivrance des cartes
d’identité ne touche qu’une fraction de la population, qui évolue généralement en milieu
urbain et dans le secteur moderne. En outre, les permis de travail et de séjour ignorent les
immigrés sans papiers qui composent les plus forts contingents de population étrangère
d’origine africaine.
31

Les données collectées par les missions diplomatiques et/ou consulaires ne sont pas non plus
représentatives de la population émigrée à l’étranger. Elles ne couvrent que les personnes
inscrites, laissant de côté la majorité des migrants (notamment ceux en situation irrégulière
qui sont probablement les plus nombreux).

Les informations issues des recensements ne ciblent pas généralement toutes les catégories
de migrants. Les opérations qui ont tenté de mesurer l’émigration internationale se sont
surtout focalisées sur les migrants récents (ceux partis durant les 5 dernières années), comme
ce fut le cas en 2000 au Cap-Vert et en 2002 au Sénégal. Elles sont loin de refléter la réalité
des migrations vers l’extérieur. Par ailleurs, elles demeurent relativement limitées quant aux
caractéristiques des émigrés saisies (âge, sexe, pays de destination et motif de migration) et
s’intéressent rarement aux variables relatives à l’emploi des migrants à l’étranger.

5.3. Cohérence des informations sur les migrations

Il convient de noter qu’il n’y a pas de consensus sur la définition de la migration, chaque
pays adoptant ses propres critères, qui ne coïncident pas forcément avec ceux des autres
pays. A cet égard, les différentes sources de données statistiques sur les migrations relevées
dans les pays d’étude font apparaître plusieurs périodes de référence dans la définition des
concepts :
- cinq ans ou dix ans pour la détermination du lieu de résidence antérieure ;
- durée de résidence de trois mois, de six mois ou d’un an pour l’identification du
migrant.

Au Burkina Faso par exemple, toutes les opérations de collecte n’ont pas adopté la même
définition du migrant. Pour l’enquête renouvelée de 1972 de l’ORSTOM, « est considérée
comme migrant toute personne absente pour une durée d’au moins 6 mois ». Pour l’enquête
de 73-74 et de 1960-61, la durée retenue est de 3 mois. Toutes les autres opérations de
collecte, notamment celles qui se sont déroulées après 197521, ont opté pour une durée de 6
mois.

Les références de douze, six et trois mois sont toutes relatives et dépendent de ce que l’on
cherche à mesurer. Il est vrais que, dans le cas où tous les changements de résidence sont pris
en compte par une opération de collecte, avec leur date, toutes les mobilités peuvent être
saisies. Mais une telle éventualité reste difficile à rendre opérationnelle. D’où la nécessité
d’harmoniser les définitions pour avoir la même compréhension du phénomène et les mêmes
possibilités de comparaison au niveau national et régional.

5.4. Régularité et consistance des données sur les migrants

Les systèmes statistiques sur les migrations dans les pays concernés par la présente étude
souffrent de l’irrégularité des données induite par l’absence d’un système permanent de
collecte, de traitement et d’analyse des données. En effet, l’essentiel des informations
disponibles sur les migrations est produit par des enquêtes et des recensements, c’est-à-dire,
par des opérations ponctuelles. Or, en raison des longs délais souvent observés entre les
opérations de collecte, mais aussi entre une opération de collecte et la publication des
résultats, d’importants changements peuvent survenir dans les dynamiques migratoires. Par
21
Il s’agit des deux recensements, des enquêtes de 1991 et 1993 respectivement de l’INSD et du REMUAO.
32

exemple, une période de 10 ans sépare généralement la réalisation des recensements dans un
pays ; les enquêtes spécifiques sur les migrations ne sont pas renouvelées périodiquement.
Un autre exemple : le dernier recensement du Sénégal a été réalisé en 2002 mais les résultats
ne sont pas encore disponibles ; celui du Mali, réalisé en 1998, n’a pas encore fait l’objet
d’une publication officielle, du moins en ce qui concerne les migrations.

Par ailleurs, si on considère les migrations internationales et particulièrement les aspects liés
à l’emploi des migrants, on constate que beaucoup d’informations font défaut, du fait de la
non prise en compte ou tout simplement de la non exploitation de plusieurs variables
relatives à la main-d’œuvre de la population migrante.

D’une manière générale, les statistiques existantes ne sont pas exploitées de manière
satisfaisante pour l’étude et la gestion des migrations, et cela surtout dans le cadre des
politiques migratoires.

5.5. Comparabilité des statistiques sur les migrants

Généralement, l’utilisateur de données cherche à réaliser deux types de comparaison : une


comparaison diachronique (avec d’autres opérations de collecte antérieures concernant le
même territoire) et une comparaison synchronique (avec des opérations de collecte réalisées
dans d’autres pays à des dates voisines). Or, la comparaison des données soulève de
nombreuses questions méthodologiques.

Pour comparer plusieurs sources de données, il faut s’assurer que les champs des opérations
de collecte sont identiques (même échelle d’observation), et que les sujets traités obéissent
aux mêmes critères de définition et de sélection. A ce niveau, il est fréquent que les unités
géographiques varient d’un pays à un autre, mais aussi d’une date à une autre pour un même
pays.

Par exemple, au Burkina Faso les différentes opérations de collecte n’ont pas adopté les
mêmes références quant à la limite géographique au-delà de laquelle un déplacement est
considéré comme une migration. La modification des divisions administratives intervenue
après 1975 a compliqué davantage la situation. Selon le rapport national de ce pays, il est
difficile d’établir une correspondance entre les anciennes et les nouvelles divisions
administratives. Dans ce contexte, une étude de l’évolution chronologique des flux
migratoires s’avère souvent un exercice périlleux aux résultats peu satisfaisants.

Les pays voisins (ou d’un même groupe sous-régional) entre lesquels existent des courants
migratoires de grande envergure gagneraient en ce qui concerne l’étude des migrations
internationales à recueillir les données de même type, si possible à la même année.
L’exécution des opérations relatives aux recensements au cours d’une même période de
référence serait d’un apport certain pour une meilleure connaissance des migrations
internationales. Bien que l’information soit disponible, il est difficile, par exemple entre le
Mali et le Sénégal, et à partir des recensements réalisés quatre ans l’un après l’autre (1998
pour le Mali et 2002 pour le Sénégal), de fournir une estimation fiable sur les tendances
migratoires entre ces deux pays.

Par ailleurs, il convient d’être prudent quant au mode de présentation des résultats (sous
forme brute ou ajustée), aux types de migrants pris en compte, etc. qui peuvent perturber une
33

analyse comparative. A titre d’exemple, la tabulation des étrangers lors d’un recensement
d’un pays donné peut ne pas isoler les résidents d’un autre pays alors que pour ce dernier, le
recensement a permis d’identifier les nationaux du premier.

5.6. Accessibilité des informations sur les migrants

La présentation des résultats d’une opération de collecte est une phase importante dans le
processus de valorisation d’une source d’information statistique. Elle justifie toutes les
étapes antérieures et permet la réalisation de travaux en vue de la mise en œuvre de la
planification nationale et/ou régionale. Cependant, les rapports nationaux descriptifs faisant
la publication des opérations de recensements et d’enquêtes dans les pays de la sous-région
fournissent peu d’informations au regard des migrations internationales. Beaucoup de
variables sur les migrations sont occultées, et l’accessibilité à de telles données nécessite
souvent une investigation supplémentaire. Par exemple, en ce qui concerne la spécificité des
migrations internationales pour lesquelles les aspects liés à la main-d’œuvre doivent être
prépondérants, beaucoup d’informations pertinentes font complètement défaut.

Par ailleurs, les publications des résultats de telles opérations paraissent longtemps après la
collecte, en raison de la longue période écoulée entre la réalisation des activités de terrain et
l’exploitation proprement dite des données. De ce fait, les résultats publiés ne reflètent pas
souvent la réalité migratoire du moment, d’autant que les migrations internationales
connaissent des mutations profondes d’une période à une autre.

6. Coordination et utilisation de données pour la prise de décision

Il s’agit ici d’examiner la nature des liens entre producteurs et utilisateurs de statistiques sur
les migrants. L’accent sera mis sur la non concordance entre les capacités, les méthodes et les
formes de diffusion des organes de production de statistiques, et les besoins des structures
utilisatrices et des décideurs, notamment en ce qui concerne la définition et la formulation de
politiques migratoires.

6.1. Des données anciennes, partielles et parcellaires

L’analyse critique des sources de données en matière de migration dans les six pays a permis
de constater que l’élaboration et la publication de statistiques sur les migrations relève
essentiellement des services nationaux de statistique. Ailleurs, les données disponibles sont
particulièrement réduites, du fait notamment de l’absence dans les autres structures
productrices, de services techniques appropriés chargés de la saisie, de l’exploitation et de
l’analyse des données collectées. Comme nous l’avons déjà souligné, l’état actuel du système
de collecte montre que les relevés administratifs ne permettent pas de disposer de statistiques
bien élaborées sur les migrants. Certaines sources ne sont pas exploitées ou le sont
insuffisamment. Par ailleurs, les opérations de collecte réalisées par les instituts nationaux de
statistique ne sont pas régulières et ne prennent pas souvent en compte tous les aspects liés au
phénomène migratoire. En outre, les informations issues de ces opérations de collecte ne sont
pas actuelles, de sortes que les données disponibles sont souvent anciennes. D’une manière
générale, les informations sur les migrations internationales sont insuffisantes, éparses, peu
fiables et sujettes à des problèmes de comparabilité.
34

6.2. Absence d’échanges et de cadres de concertation entre producteurs et


utilisateurs de données

Les échanges entre producteurs et utilisateurs de statistiques sur les migrations ne sont pas
réguliers, et sont souvent organisés dans un but spécifique, généralement pour définir les
grandes orientations relatives à la politique de population, sans susciter un intérêt réel pour
les statistiques relevant de la migration. Dans ce contexte, les préoccupations politiques en
matière de migration ne sont pas prises en compte de manière permanente. Globalement, il
n’existe pas de cadre de concertation soutenu entre les décideurs et les producteurs de
données, de sorte que les informations fournies par les structures productrices ne sont pas
souvent adaptées aux besoins de prise de décision.

Pourtant, compte tenu des changements rapides qui interviennent dans le domaine de la
migration, et en raison des implications économiques et sociales du phénomène, une
importance particulière devrait être accordée aux questions de migration dans le cadre de la
planification au niveau de chaque pays, mais aussi en vue du processus d’intégration
régional.

Toutefois, il faut noter que certains organes (producteurs comme utilisateurs), pour des
besoins exclusifs de la planification émanant de leurs propres services, peuvent être amenés à
produire (ou disposer) ponctuellement des données sur les migrations, mais de manière
réduite, en raison des coûts additionnels qu’entraînerait la recherche d’éventuels
approfondissements.

7. Conclusion

Il ressort des nombreuses recherches sur les populations d’Afrique de l’Ouest que ces
dernières sont d’une grande mobilité à la fois vers les pays de la sous-région, en direction
d’autres pays d’Afrique et vers certains pays d’Europe. Toutefois, ce constat ne se fonde que
rarement sur des méthodes d’estimation rigoureuses du phénomène - les sources de données
existantes fournissent souvent des migrations internationales une mesure partielle et
approximative et une description simplifiée et ancienne.

L’analyse des sources administratives montre qu’elles peuvent constituer un important réseau
de collecte et de transmission de l’information sur les migrations internationales. Elles
doivent, dans cette perspective être activées ou réactivées, afin de participer à la mise en
place d’un système d’information statistique fiable, permettant aux gouvernements des pays
concernés de disposer d’outils de gestion efficaces de leurs ressortissants vivant à l’étranger,
mais aussi des étrangers résidant dans leur pays. Cependant, les structures productrices de ce
type de données ne disposent pas de capacités techniques spécialisées dans le traitement des
statistiques des migrants. En définitive, bien que saisissant pratiquement toutes les catégories
de migrants, ces sources sont rarement sollicitées. Les recensements et enquêtes restent donc
les sources de données de référence en ce qui concerne les migrations internationales.

En dépit de l’existence de quelques enquêtes conçues spécifiquement pour l’analyse des


migrations (CVRS/INDS, 1975 ; CERPOD, 1993 ; UERD, 2000), les données disponibles
sur les migrations internationales ouest-africaines proviennent surtout de recensements
nationaux. Si les recensements de la population ont l’avantage d’être menés à l’échelle
35

nationale, ils ne récoltent que peu d’informations relatives à la mobilité des personnes22,
informations qui ne permettent d’observer ce phénomène qu’avec de grands intervalles. On
ne peut donc pas analyser le processus migratoire (Ammassari, 2003). Les données
censitaires issues des années quatre-vingts et quatre-vingt dix n’ont fait l’objet d’aucune
analyse fine dans les rapports nationaux23. Il n’existe pas non plus de synthèse régionale,
semblable aux travaux de Zachariah et de Condé (1981) et plus récemment de Bocquier et
Traoré (1998), les données étant aujourd’hui généralement indisponibles ou difficilement
accessibles.

Les synthèses démographiques de l’OCDE (Zachariah et Condé, 1981) et de la Banque


Mondiale (Russell, Jacobsen et Stanley, 1990) proposent, à partir notamment des données
censitaires des années 1970, un premier bilan statistique des mouvements de population dans
la sous-région24. Jusqu’aux études les plus récentes (REMUAO, 1993), toutes les analyses
des migrations internationales contemporaines en Afrique de l’Ouest reposent sur ces
évaluations censitaires des années 1970 et 1980. Les travaux de Makinwa-Adebusoye (1992),
de Russell (1993), d’Adepoju (1988) et de Stalker (1995) sont sans doute des illustrations
éloquentes de cette utilisation continue de statistiques maintenant vieillies. Les enquêtes
relativement récentes du Réseau Migrations et Urbanisation en Afrique de l’Ouest (REMUAO)
réalisées et analysées dans sept des seize pays de la sous-région25 viennent pallier ces
insuffisances. Mais ces données s’avèrent progressivement anciennes, les enquêtes datant de
1993. Finalement les statistiques officielles produisent, en raison de leur ancienneté et de leur
usage excessif, une image des migrations internationales figée, cristallisée sur une période
révolue.

Pourtant, nonobstant la pérennité de certains flux migratoires en Afrique de l'Ouest, il y a


lieu de penser que les récents changements sociaux et économiques qui ont frappé les pays
ouest-africains (e.g. la crise pétrolière du Nigeria, la crise économique des pays ouest-
africains dans les années 1980, l'adoption des programmes d'ajustement structurel, la
dévaluation du franc CFA) ont perturbé - ou du moins modifié - la carte migratoire de la
région, que se soit en terme d'intensité et de destination des mouvements migratoires. En
outre, les flux sont très sensibles à la conjoncture politique (e.g. le conflit entre la Mauritanie
et le Sénégal en 1989, la guerre civile au Libéria, les troubles politiques en Sierra Leone et
plus récemment la crise politique en Côte d’Ivoire). Il s'agit donc d'une réalité fluide et fragile
qui s'inscrit dans une dynamique mondiale instable. Pour toutes ces raisons, une mise à jour des
informations statistiques sur les migrations internationales en Afrique de l’Ouest semble être un
préalable nécessaire à toute étude ultérieure approfondie.

22
Généralement les recensements généraux de la population permettent d’obtenir des informations concernant
les migrations en croisant des informations concernant le lieu de naissance et le lieu de résidence des individus
au moment du recensement, ou en recoupant l’information sur le lieu de résidence au moment du recensement
et la résidence 5 ans auparavant.
23
Le rapport de la Côte d’Ivoire fait ici exception (République de Côte d’Ivoire, 1992).
24
Voire : Condé J. et K.C. Zachariah (1981), « Migration in Weat Africa. Demographic Aspects », Oxford
University Press, World Bank Staff working papers n°414 et 415 et Russell, S.S., K. Jacobsen et W.D. Stanley
(1990), « International Migrations and Development in Sub-Saharan Africa », World Bank discussion papers
n°101 et 102.
25
Les enquêtes du REMUAO ont été effectuées au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Mali, en Mauritanie, au
Nigeria, au Niger et au Sénégal. Les données du Nigeria sont exclues des analyses parce qu’elles ont été
recueillies selon une méthodologie différente aux autres pays.
36

Malgré l’insuffisance des sources, on dispose de quelques connaissances sur les systèmes et
mouvements migratoires en Afrique de l’Ouest. Les recensements africains de la période
1980-1990, les enquêtes migratoires récentes et la littérature scientifique révèlent la présence de
migrations internationales très importantes. Ces déplacements sont surtout transfrontaliers et
sous-régionaux, même si les mouvements migratoires vers d’autres régions de l’Afrique sub-
saharienne et vers l’Europe occupent une place non négligeable.

Malgré le potentiel relativement important des sources de données, les statistiques existantes
ne sont pas exploitées de manière satisfaisante pour l’étude et la gestion des migrations, et
cela surtout dans le cadre des politiques migratoires. Aucune disposition conséquente n’est
encore prise pour l’amélioration des connaissances sur le phénomène migratoire, quoique
cette préoccupation soit considérée comme réelle par les gouvernements des pays de la
région ouest-africaine. En outre, il n’existe pas de structures adéquates de suivi et de
coordination des activités de production, de publication et de diffusion de données
statistiques sur les migrations. Par ailleurs, le champ de coopération ou de partenariat entre
les institutions concernées par les questions de migration reste limité.

Le problème de la comparabilité des données se pose également de manière réelle dans les
pays de la sous-région dans la mesure où les organes producteurs de statistiques utilisent des
méthodologies différentes pour la collecte des données, et parfois des concepts différents
pour définir la migration. D’où la nécessité de s’accorder sur des concepts et une
méthodologie harmonisés aussi bien dans la conception des questionnaires que sur le plan de
l’échantillonnage et de la présentation des résultats. La réalisation des recensements de
manière simultanée dans les pays de la sous-région autoriserait davantage des comparaisons
entre les pays, en ce qui concerne notamment le nombre d'immigrés et d’émigrés.

8. Recommandations

L’amélioration du système de collecte doit être renforcée en prenant en considération les


recommandations suivantes :

8.1. Recommandations pour la prise en compte des questions de migration


au niveau national

 Promouvoir la création d’une base de données sur les migrations – désagrégée par genre
– par la compilation des sources de données existantes et par la mise en œuvre de
recherches spécifiques sur les migrantes et les migrants ;

 Mettre en place un Observatoire permanent et un système d’information sur les


migrations internationales. Cet observatoire pourrait être décliné en observatoires
sectoriels pour répondre aux besoins des organes producteurs/utilisateurs de données ;

 De manière spécifique, élaborer au niveau de chaque pays un mécanisme


d’enregistrement systématique auprès des missions diplomatiques et/ou consulaires afin
d’immatriculer le nombre de ressortissants nationaux vivant à l’étranger ;

 Mettre en place une unité nationale chargée de coordonner la collecte de données en


matière de statistiques sur les migrations provenant des différentes sources et établir un
point focal d’information sur tous les aspects relatifs aux questions de migration ;
37

 Apporter un soutien technique et financier pour le renforcement des capacités des


structures productrices de données sur les migrations internationales (acquisition
d’équipements appropriés, formation sur les questions relatives aux statistiques de
migration et en matière de traitement et d’analyse de données) ;

 Développer des analyses comparatives entre les différentes sources de données, afin
d’améliorer la qualité de l’information qu’elles apportent et de mettre en évidence leur
complémentarité ;

 Établir des liens organiques fonctionnels entre les différentes structures concernées par
les questions de migration (administration centrale, secteurs publics et parapublics,
partenaires sociaux) ;

 Organiser des rencontres périodiques entre utilisateurs et producteurs de statistiques


relatives aux migrations en vue de l’adéquation entre les besoins des utilisateurs et les
capacités des producteurs de données ;

 Mettre en place un système d’enquêtes légères sur les migrations et définir les
indicateurs de suivi et d’évaluation de l’évolution des dynamiques migratoires ;

8.2. Recommandations en vue de l’intégration de la variable migration dans


le processus de coopération régionale entre les pays de l’Afrique de l’Ouest

 Élaborer des guides communs sur les migrations internes et internationales pour les pays
de la région ouest-africaine ;

 Harmoniser les critères d’identification des migrants, qu’il s’agisse de nationaux ou


d’étrangers, d’émigrants ou d’immigrants, ainsi que les critères de définition de la
migration internationale afin de s’aligner sur les recommandations des Nations Unies ;

 Utiliser les mêmes variables pour saisir les aspects liés au phénomène migratoire, en
définissant de commun accord, entre les pays de la région, les informations à collecter et
adopter les mêmes méthodologies de collecte pour étudier les migrations internes et
internationales des populations ouest-africaines ;

 A partir des sources de données existantes, adapter des critères communs de tabulation et
d’analyse statistique des migrations internationales basées sur les recommandations des
Nations Unies.

 Promouvoir la coopération explicite entre les pays de la région ouest-africaine afin


d’améliorer la qualité de la mesure des statistiques de migration entre ces pays pour les
échanges migratoires qui les concernent ;

 Recommander aux institutions nationales de production de statistiques de meilleures


propositions pour l’amélioration des statistiques sur les migrations internationales, en
concevant des fiches relativement simples pour un système de collecte permanent des
mouvements de populations au niveau des frontières ;
38

 Mettre en place un Observatoire sous régional sur les migrations internationales.

 Promouvoir la mise en œuvre d’un réseau d’échange de données bibliographiques,


législatives, réglementaires et statistiques entre les États ouest-africains ;

 Développer un réseau sous-régional de statisticiens en charge des questions de


statistiques sur les migrations pour partager leurs connaissances et expériences en
matière de conception, d’exploitation et d’analyse de données statistiques sur les
migrations internationales ;

 Établir un réseau d’institutions sous-régionales et régionales s’intéressant aux


statistiques sur les migrations internationales, l’emploi et la pauvreté telles que le BIT,
l’UEMOA, la CEDEAO, les centres de recherche, etc.

 Promouvoir la coopération entre sous régions (Maghreb et Afrique de l’Ouest) et une


coopération Nord-Sud en matière de statistiques de migration.
39

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Annexes statistiques – Séries de données récentes sur la migration


internationale

REMUAO
(Réseau « Migration et Urbanisation en Afrique de l’Ouest »)

Tableau 4 : Matrice des migrations entre les pays du Réseau pour la période 1988-92. Population de 15
ans et plus
Dest. Burkina Côte Guinée Mali Mauritanie Niger Sénégal Total
Origine Faso d’Ivoire Réseau
Burkina Faso - 383000 # 13000 # 18000 # 415000
Côte d’Ivoire 380000 - 24000 117000 3000 47000 13000 583000
Guinée # 38000 - 11000 3000 - 38000 91000
Mali 19000 166000 10000 - 6000 10000 12000 224000
Mauritanie # 8000 2000 5000 - # 32000 47000
Niger 19000 67000 # 8000 # - # 94000
Sénégal 1000 18000 37000 14000 31000 1000 - 103000
Total 419000 679000 73000 167000 45000 76000 97000 1556000
Réseau
# effectif inférieur à 1000 migrations
Source : Bocquier et Traoré, 1996, « Nouvelles tendances des migrations internationales d’après les enquêtes
du Réseau Migrations et Urbanisation en Afrique de l’Ouest (REMUAO)»

Tableau 5 : Indices d’intensité migratoire relative entre les pays du Réseau pour la période 1988-92.
Population de 15 ans et plus
Dest. Burkina Côte Guinée Mali Mauritanie Niger Sénégal
Origine Faso d’Ivoire
Burkina Faso - 4,52 0,01 0,28 0,08 0,39 0,01
Côte d’Ivoire 4,48 - 0,45 1,64 0,22 0,67 0,18
Guinée 0,00 0,73 - 0,38 0,55 0,00 1,35
Mali 0,41 2,33 0,35 - 0,74 0,27 0,31
Mauritanie 0,04 0,50 0,35 0,57 - 0,02 3,82
Niger 0,41 0,96 0,00 0,20 0,00 - 0,03
Sénégal 0,03 0,26 1,28 0,36 3,72 0,03 -
Source : Bocquier et Traoré, 1996, « Nouvelles tendances des migrations internationales d’après les enquêtes
du Réseau Migrations et Urbanisation en Afrique de l’Ouest (REMUAO)»

Tableau 6 : Taux de migration nette selon le type de flux. Période 1988-92. Population de 15 ans et plus
Taux de Burkina Côte Guinée Mali Mauritanie Niger Sénégal Total
migration Faso d’Ivoire Réseau
nette
par rapport +0,02 % +0,28 % -0,13 % -0,29 % -0,05 % -0,10 % -0,03 % -
aux pays du
Réseau
par rapport à +0,04 % +0,53 % -0,09 % -0,61 % n.d. -0,48 % -0,43 % -0,08 %
l’ensemble
du Monde
n.d. non disponible
Source : Bocquier et Traoré, 1996, « Nouvelles tendances des migrations internationales d’après les enquêtes
du Réseau Migrations et Urbanisation en Afrique de l’Ouest (REMUAO)»
52

Tableau 7 : Répartition des migrations internes et internationales. Période 1988-92. Population de 15 ans
et plus
Taux de Burkina Côte Guinée Mali Niger Sénégal Total
migration Faso d’Ivoire Réseau
nette
Entres 29,3 % 49,9 % 36,2 % 41,1 % 35,4 % 61,2 % 56,4 %
régions 65,1 % 44,9 % 42,2 % 46,2 % 20,9 % 21,9 % 27,4 %
Pays réseau 5,4 % 4,1 % 15,7 % 3,1 % 35,6 % 5,3 % 10,7 %
Afr. Ouest 0,3 % 1,1 % 5,9 % 9,6 % 8,1 % 11,6 % 5,5 %
Autres
Source : Bocquier et Traoré, 1996, « Nouvelles tendances des migrations internationales d’après les enquêtes
du Réseau Migrations et Urbanisation en Afrique de l’Ouest (REMUAO)»

BURKINA FASO

Tableau 8 : Burkina Faso : Provenance des immigrés en 1996


Origine Effectif %
Cote d'Ivoire 16008 38.4
Mali 3043 7.3
Ghana 2168 5.2
Gabon 1542 3.7
Togo 1376 3.3
Niger 1668 4
Mauritanie 1626 3.9
Gambie 2335 5.6
Autres Afriques 6795 16.3
Hors Afrique 5211 12.5
Total 41688 100
Source : recensement du Burkina Faso 1996

Tableau 9: Répartition des étrangers vivant au Burkina Faso en 1996


Nationalité Masculin Féminin Total
Burkinabé 4941336 5309623 10250959
Etrangers 29546 32104 61650
Béninois 2051 1926 3977
Ivoiriens 871 1019 1890
Ghanéens 1479 3654 5133
Maliens 11876 12166 24042
Nigérien 4189 3415 7604
Nigerians 2187 2247 4434
Sénégalais 637 410 1047
Togolais 1287 2714 4001
Autres Africains 3099 3053 6152
Européens 962 905 1867
Autres 886 589 1475
N.D 22 6 28
Ensemble 4970882 5341727 10312609
53

Source : recensement du Burkina Faso 1996

Tableau 10 : Burkina Faso : Structure par age et sexe des migrants au cours de l’année 1999
Immigres des 12 derniers mois Emigres des 12 derniers mois Solde migratoire
Age Total Homme Femme Rm % Total Homme Femme Rm % Total Homme Femme
Total 163061 94660 68401 138,4 100 185297 153246 32051 478,1 100 -22236 -58586 36350
<15 60985 32828 28157 116,6 34,7 21520 11849 9671 122,5 7,7 39465 20979 18486
15-19 16926 6044 10882 55,5 6,4 43535 33230 10305 322,5 21,7 -26609 -27186 577
20-24 32222 16340 15882 102,9 17,3 49915 45315 4600 985,1 29,6 -17693 -28975 11282
25-29 18288 13461 4827 278,9 14,2 35210 28280 6930 408,1 18,5 -16922 -14819 -2103
30-34 9872 6930 2942 235,6 7,3 13291 13040 251 5195,2 8,5 -3419 -6110 2691
35-39 11041 7453 3588 207,7 7,9 11886 11815 71 16640,8 7,7 -845 -4362 3517
40-44 3053 2764 289 956,4 2,9 5167 4944 223 2217,0 3,2 -2114 -2180 66
45-49 1892 971 921 105,4 1,0 2642 2642 0 - 1,7 -750 -1671 921
50-54 1791 1791 0 - 1,9 251 251 0 - 0,2 1540 1540 0
55 & + 6991 6078 913 665,7 6,4 1880 1880 0 - 1,2 5111 4198 913
Source : Enquête « migration et insertion urbaine au Burkina-2000 »

Tableau 11 : Burkina Faso : Répartition des émigres en 1999 par destination


pays de
destination Masculin Féminin Total
eff. % eff. % eff. %
Bénin 1429 0,9 122 0,4 1551 0,8
Côte d'Ivoire 145143 92,8 31743 95,0 176886 93,1
Gabon 0 0,0 31 0,1 31 0,0
Ghana 6711 4,3 0 0,0 6711 3,5
Mali 1139 0,7 854 2,6 1993 1,0
Niger 130 0,1 373 1,1 503 0,3
Togo 666 0,4 0 0,0 666 0,4
Autre Afr. 638 0,4 0 0,0 638 0,3
Non afr. 514 0,3 304 0,9 818 0,4
N.D 108 0,1 0 0,0 108 0,1
Total 156478 100 33427 100 189905 100
Source : Enquête « migration et insertion urbaine au Burkina-2000 »

Tableau 12 : Burkina Faso : Répartition des immigrés en 1999 selon le pays de provenance
Provenance masculin féminin Total
eff. % eff. % eff. %
Benin 749 0,8 0 0,0 749 0,5
Côte d'Ivoire 78690 83,1 55428 81,0 134118 82,3
Gabon 0 0,0 195 0,3 195 0,1
Ghana 6369 6,7 6931 10,1 13300 8,2
Mali 3294 3,5 2567 3,8 5861 3,6
Niger 2908 3,1 794 1,2 3702 2,3
Togo 1565 1,7 437 0,6 2002 1,2
Autre Afr. 770 0,8 1215 1,8 1985 1,2
Non afr. 315 0,3 834 1,2 1149 0,7
Total 94660 100 68401 100 163061 100
Source : Enquête « migration et insertion urbaine au Burkina-2000 »
54

Tableau 13 : Burkina Faso : Population étrangère par âge et sexe en 2000


Age masculin féminin Total

<15 15702 13162 28864


15-19 2316 1733 4049
20-24 4292 4241 8533
25-29 3483 3878 7361
30-34 2986 5604 8590
35-39 2572 2543 5115
40-44 437 2498 2935
45-49 1884 1391 3275
50-54 1070 940 2010
55-59 799 22 821
60-64 1000 1102 2102
65-69 227 224 451
70-74 559 1064 1623
75-79 0 392 392
80 et + 463 0 463
Total 37790 38794 76584
Source : Enquête « migration et insertion urbaine au Burkina-2000 »

CAP-VERT

Tableau 14 : Cap-Vert : Répartition des immigrants selon la nationalité et le sexe en 2000


« Méthode de la dernière migration »
Nationalité / Sexe Masculin Féminin Total
Capverdienne 7.621 5.907 13.528
Double 1.509 1.090 2.599
Étrangère 2.271 1.681 3.952
Total 11.401 8.678 20.079
Source : INE - RGPH/2000

Tableau 15 : Cap-Vert : Population résidente par sexe selon la nationalité (2000)


Sexe/Nati CV CV+ Etrangère seulement Inco Total
on Seul Etr Total Séné Nigeri Gam G.Biss Angol Port France Chin Aurt nnu
g a a u e es e
Masculin 202080 2465 2876 266 119 11 474 314 357 68 32 1236 573 20799
4
Feminin 219454 2031 2124 111 25 1 217 350 326 52 19 1023 386 22399
5
Total 421534 4496 5000 377 144 12 691 664 683 120 51 2258 959 43198
9
Source : INE – RGPH /2000
55

Tableau 16 : Cap-Vert : Population de 10 ans et plus occupée selon la nationalité et le sexe (2000
Nationalité/Sexe Masculin Féminin Total
Capverdienne 74457 63849 138306
seulement
Capverdienne et/ou 3470 1962 5432
autre
Africaine 2269 1146 3415
Afrique du Sud 6 7 13
Algérie 10 6 16
Sao Tome e Principe 709 514 1223
Angola 453 366 819
Mozambique 14 5 19
Guinee Bissau 478 127 605
Gambie 10 1 11
Ghana 81 8 89
Guinée 50 12 62
Mali 11 1 12
N igeria 120 19 139
Sierra Leone 28 5 33
Sénégal 261 58 319
Reste Afrique 38 17 55
Europe 1000 621 1621
Portugal 710 468 1178
Allemagne 25 9 34
Belgique 12 12 24
Espagne 16 1 17
France 63 38 101
Italie 64 17 81
Pays Bas 66 20 86
Russie 8 28 36
Reste Europe 36 28 64
Amérique 144 159 303
Etats unies d’Amérique 83 57 140
Brésil 18 32 50
Cuba 30 57 87
Reste Amérique 13 13 26
Asie 57 36 93
Chine 28 16 44
Reste Asie 29 20 49
Indéterminée 93 51 144
Total 78020 65862 143882
Source : INE – RGPH/2000
56

Tableau 17 : Cap-Vert : Population de 10 ans et plus occupée selon la nationalité et le secteur


économique (2000)
Nationalité/Sexe Primaire Secondaire Tertiaire Indéterminé Total
Capverdienne 34093 25398 75263 3552 138306
seulement
Capverdienne et/ou 441 987 3823 181 5432
autre
Africaine 227 699 2395 94 3415
Afrique du Sud 1 1 11 0 13
Algérie 3 0 12 1 16
Sao Tome e Principe 145 268 782 28 1223
Angola 66 176 554 23 819
Mozambique 1 5 13 0 19
Guinée Bissau 2 163 425 15 605
Gambie 0 0 11 0 11
Ghana 1 14 71 3 89
Guinée 1 9 50 2 62
Mali 0 1 11 0 12
Nigeria 0 2 135 2 139
Sierra Leone 0 5 27 1 33
Sénégal 4 49 251 15 319
Reste Afrique 3 6 42 4 55
Européenne 202 238 1113 68 1621
Portugal 152 182 803 41 1178
Allemagne 2 3 27 2 34
Belgique 3 4 17 0 24
Espagne 4 3 10 0 17
France 16 13 64 8 101
Italie 2 18 54 7 81
Pays Bas 16 7 57 6 86
Russie 0 2 32 2 36
Reste Europe 7 6 49 2 64
Américaine 11 15 260 17 303
Etats unies d’Amérique 10 8 112 10 140
Brésil 1 1 43 5 50
Cuba 0 5 81 1 87
Reste Amérique 0 1 24 1 26
Asiatique 1 35 55 2 93
Chine 0 0 44 0 44
Reste Asie 1 35 11 2 49
Indéterminée 18 25 93 8 144
Total 34552 26410 79179 3741 143882

Source : INE – RGPH/2000


57

Tableau 18 : Cap-Vert : Population de 15 ans et plus occupée selon la nationalité et le groupe de


profession (2000)
N a ti o n a li te / G ro u p e 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0 I n d e t. T o ta l
C ap ve rd ienn e s e ulem e nt 1. 160 5. 37 1 5. 78 3 3. 92 4 17. 61 4 29. 58 7 22 .9 01 7 .1 66 36 .8 90 3 17 5. 44 2 1 36 .1 55
C ap ve rd ienn e et / ou au tre 291 82 1 38 9 24 8 88 2 40 4 8 55 1 96 1 .0 13 13 31 4 5 .4 26
A fri ca in e 46 30 1 17 7 13 0 62 5 20 3 6 97 1 41 9 27 6 15 7 3 .4 10
A friq ue du S ud 1 1 0 0 2 1 1 0 6 0 1 13
A lge rie 0 3 0 2 2 3 0 0 5 0 1 16
S ao Tom e e P rinc ipe 4 40 37 32 17 5 12 2 2 76 67 4 22 0 47 1 .2 22
A ng ola 13 84 72 39 12 1 62 1 61 39 1 95 2 29 8 17
M oz am biq ue 4 0 4 1 4 1 0 1 2 0 2 19
G uine e-B is s au 5 11 2 42 36 92 5 1 52 23 95 2 40 6 04
G am b ie 0 1 0 0 4 0 0 0 5 0 1 11
G ha na 0 4 1 0 31 0 33 0 18 0 2 89
G uine e 0 5 1 4 21 1 8 1 16 0 5 62
M ali 0 1 1 0 4 0 2 1 1 0 2 12
N igé ria 0 2 1 1 78 0 5 0 50 0 2 1 39
S ierra Leo ne 0 2 1 0 13 0 6 0 10 0 1 33
S en eg al 16 39 12 11 65 6 47 9 91 2 20 3 18
R es te A friqu e 3 7 5 4 13 2 6 0 11 0 4 55
Eu ro p e e n n e 205 36 1 18 3 10 3 19 0 19 1 1 49 49 79 7 10 3 1 .6 20
P ort ug al 132 24 7 14 1 90 12 8 14 6 1 20 33 67 6 67 1 .1 77
A lle m ag ne 6 6 7 1 5 2 5 1 0 0 1 34
B elg iq ue 3 8 4 2 2 2 2 0 0 0 1 24
E s p ag ne 4 2 2 0 0 4 2 2 1 0 0 17
F ran c e 18 29 11 3 10 16 2 1 2 0 9 1 01
Ita lie 21 12 7 2 13 1 5 3 3 1 13 81
P ay s B as 10 10 3 0 23 14 8 6 6 0 6 86
R us s ie 3 25 4 2 1 0 0 0 0 0 1 36
R es te - E u ro pe 8 22 4 3 8 6 5 3 0 0 5 64
A m e ri ca i n e 29 15 0 24 10 33 10 7 6 6 0 28 3 03
E t at s -U nis d 'A m eriq ue 18 46 7 4 29 9 4 5 4 0 14 1 40
B res il 2 28 5 2 2 1 2 0 2 0 6 50
C ub a 6 64 8 4 1 0 0 0 0 0 4 87
R es te A m erique 3 12 4 0 1 0 1 1 0 0 4 26
A si a ti q u e 11 9 5 5 34 0 2 0 1 0 26 93
C hin e 6 3 0 3 32 0 0 0 0 0 0 44
R es te A s ie 5 6 5 2 2 0 2 0 1 0 26 49
In d e te rm i n e e 3 17 4 10 19 16 27 3 36 0 9 1 44
T o ta l 1. 454 6. 20 9 6. 17 6 4. 18 2 18. 51 5 30. 00 7 23 .7 83 7 .3 65 37 .9 39 3 30 5. 76 5 1 41 .7 25

Source : INE – RGPH/2000


58

Tableau 19 : Cap-Vert : Population de 15 ans et plus occupée selon la nationalité et la situation dans
l’occupation (2000)
Travailleur Travailleur
Patron/
Nationalite/ Situation Admistration Entreprise Entreprise Familial non Autre Indet. Total
Independant Employeur
Publique Privee Publique Remunere
Capverdienne seulement 24.770 22.231 5.570 39.884 3.277 14.449 17.933 8.041 136.155
Capverdienne et/ou autre 1.078 1.159 239 1.587 245 159 589 370 5.426
Africaine 631 631 146 1.132 112 86 432 240 3.410
Afrique du Sud 3 2 1 2 0 0 1 4 13
Algerie 4 1 0 0 1 2 6 2 16
Sao Tome e Principe 229 193 66 382 31 38 211 72 1.222
Angola 195 178 30 165 43 34 107 65 817
Mozambique 1 9 1 2 1 0 2 3 19
Guinee-Bissau 136 167 30 169 15 4 41 42 604
Gambie 0 0 1 9 0 0 1 0 11
Ghana 0 8 0 69 2 0 6 4 89
Guinee 9 10 0 30 0 1 7 5 62
Mali 3 0 0 8 0 0 0 1 12
Nigéria 0 1 1 106 3 4 15 9 139
Sierra Leone 2 1 0 26 0 1 1 2 33
Senegal 40 48 10 147 11 2 30 30 318
Reste Afrique 9 13 6 17 5 0 4 1 55
Europeenne 336 438 81 382 108 71 108 96 1.620
Portugal 267 305 70 283 68 54 62 68 1.177
Allemagne 4 7 0 12 2 2 7 0 34
Belgique 4 8 0 6 3 0 1 2 24
Espagne 5 5 0 3 1 2 1 0 17
France 15 25 3 16 9 8 15 10 101
Italie 3 40 3 17 5 2 7 4 81
Pays Bas 8 19 0 26 16 2 9 6 86
Russie 16 10 3 2 1 0 2 2 36
Reste- Europe 14 19 2 17 3 1 4 4 64
Americaine 106 41 12 53 19 1 45 26 303
Etats-Unis d'Amerique 25 17 3 44 18 1 20 12 140
Bresil 14 11 2 2 1 0 16 4 50
Cuba 55 12 5 3 0 0 3 9 87
Reste Amerique 12 1 2 4 0 0 6 1 26
Asiatique 5 49 0 20 6 1 4 8 93
Chine 3 13 0 17 5 1 1 4 44
Reste Asie 2 36 0 3 1 0 3 4 49
Indeterminee 30 22 3 44 7 5 15 18 144
Total 25.878 23.412 5.812 41.515 3.529 14.613 18.537 8.429 141.725
Source : INE – RGPH/2000

Tableau 20 : Cap-Vert : Distribution des boursiers à l’étranger selon le domaine de formation (Année
Scolaire 2004/2005)
Domaine / Pays Brésil Cuba Portugal R. Tchèque Russie Total
Arts 2 2
Sciences Agraires 1 1
Sciences Biologiques 11 9 20
Sciences de la Santé 50 82 15 1 2 150
Sciences Exactes 47 6 96 1 6 156
Sciences Humaines 46 30 77
Sciences Sociales 83 6 149 5 13 256
Lettres 9 8 1 18
Autres 12 2
Total 249 95 307 7 34 692
Source : DESC
59

Tableau 21 : Cap-Vert : Distribution des boursiers en formation à l’étranger selon le sexe (Année
Scolaire 2004/2005)
Pays / Masculin Féminin Total
Sexe
Brésil 124 125 249
Cuba 50 45 95
Portugal 150 157 307
R. 2 5 7
Tchèque
Russie 12 22 34
Total 338 354 692
Source : DESC

Tableau 22 : Cap-Vert : Estimation du nombre de Capverdiens par pays d’accueil (1998)


Pays/Continent Nombre
Etats-Unis 264.900
Argentine 5.200
Brésil 3.000
Canada 300
Total - Amérique 273.400
Angola 45.000
Mozambique 1.000
S. Tomé & 20.000
Principe
Guinée-Bissau 2.000
Sénégal 25.000
Gabon 200
Total - Afrique 93.200
Norvège 300
Portugal 80.000
Luxembourg 3.000
France 25.000
Hollande 16.580
Italie 10.000
Espagne 12.000
Suisse 2.400
Belgique 800
Suède 700
Allemagne 800
Total – Europe 151.580
Total Général 518.180
Source : IAPE (1998)
60

Tableau 23 : Cap-Vert : Transferts des émigrants par pays d’origine et année (Millions de Escudos)
Pays/Annee 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004
Etats-Unis 780,9 768,0 749,0 1.238,0 1.470,0 1.143,9 1.184,8 1.399,6 1.625,1 1.948,9 2.321,1 2.515,6 2.193,5 1.886,4 1689,8
Pays Bas 611,9 679,0 674,0 888,0 914,1 1.024,1 898,2 839,2 1.137,8 1.386,5 1.136,0 1.352,0 881,4 798,5 759,5
France 495,4 510,0 561,0 696,0 688,8 794,8 760,8 673,0 824,1 877,7 1.034,0 1.532,9 1.791,9 1.896,0 1988,9
Italie 270,6 329,0 358,0 340,0 345,2 443,4 557,5 484,8 552,1 637,9 608,5 720,1 387,0 492,2 651,2
Allemagne 150,5 162,0 200,0 216,0 200,0 242,0 258,6 241,9 235,1 245,4 273,4 237,6 80,6 88,2 102,3
Portugal 238,5 370,0 453,0 440,0 779,9 1.271,9 1.481,4 1.057,0 1.878,7 1.490,1 1.578,1 1.726,2 2.023,9 2.025,9 2553,6
Royaume Uni 73,3 78,0 64,0 66,0 75,4 147,0 180,4 176,6 235,9 258,2 142,0 122,4 105,2 63,3 78,8
Suisse 102,8 122,3 144,9 133,2 193,5 237,0 209,1 219,8 187,8 195,5 160,9 164,9 132,2 150,1 164,9
Angola 32,1 9,0 13,0 10,0 0,0 0,0 0,6 10,4 9,7 17,7 16,1 14,2 3,9 9,4 7,6
Luxembourg - - - - - - - - - - 160,5 108,1 90,3 130,3 159,3
Espagne - - - - - - - - - - - - - - 219,7
Autres 379,9 467,0 577,0 595,0 551,0 542,4 595,1 518,0 474,8 395,6 302,9 357,7 320,1 388,2 365,4
TOTAL 3.135,9 3.494,3 3.793,9 4.622,2 5.217,8 5.846,5 6.126,5 5.620,2 7.161,0 7.453,6 7.733,5 8.851,8 8.010,0 7.928,5 8741,0

Source : BCV

MALI

Tableau 24 : Mali : Répartition des migrants internationaux de retour selon la région de résidence au
recensement de 1998 et le dernier pays de destination
Guinée Côte Burkin Niger Mauri Sénéga Aut.Afr Autres Franc Aut. Total
d’Ivoire a tanie l . Afrique e Pays du
Faso Ouest monde
Kayes
N 179 1179 55 19 250 453 184 337 747 52 3455
% 5,2 34,1 1,6 0,5 7,2 13,1 5,3 9,8 21,6 1,5 100,0
Koulikoro
N 263 5158 65 20 173 310 118 279 75 39 6500
% 4,0 79,4 1,0 0,3 2,7 4,8 1,8 4,3 1,2 0,6 100,0
Sikasso
N 149 8490 416 13 22 97 53 38 7 21 9306
% 1,6 91,2 4,5 0,1 0,2 1,0 0,6 0,4 0,1 0,2 100,0
Ségou
N 51 3264 405 19 163 61 136 76 6 58 4239
% 1,2 77,0 9,6 0,4 3,8 1,4 3,2 1,8 0,1 1,4 100,0
Mopti
N 97 4550 839 61 259 74 208 126 5 180 6399
% 1,5 71,1 13,1 1,0 4,0 1,2 3,3 2,0 0,1 2,8 100,0
Tombouct
N 61 699 124 329 4082 239 125 216 1 26 5902
% 1,0 11,8 2,1 5,6 69,2 4,0 2,1 3,7 0,0 0,4 100,0
Gao
N 17 185 665 900 8 7 736 60 3 36 2617
% 0,6 7,1 25,4 34,4 0,3 0,3 28,1 2,3 0,1 1,4 100,0
Kidal
N 3 2 17 2 21 486 2 2 535
% 0,6 0,4 3,2 0,4 3,9 90,8 0,4 0,4 100,0
Bamako
N 189 1326 157 68 39 205 170 298 214 205 2871
% 6,6 46,2 5,5 2,4 1,4 7,1 5,9 10,4 7,5 7,1 100,0
Total
N 1006 24854 2728 1446 4998 1446 1751 1916 1060 619 41824
% 2,4 59,4 6,5 3,5 12,0 3,5 4,2 4,6 2,5 1,5 100,0
Source: RGPH, 1998
61

Tableau 25 : Mali : Migrants de retour selon la région de résidence et la dernière destination extra-
régionale (1998)
Kayes Koulikor Sikass Ségou Mopti Tombou Gao Kidal Bamak Total
o o ct o
Autres 337 279 38 76 126 216 60 486 298 1916
Afrique
17,6 14,6 2,0 4,0 6,6 11,3 3,1 25,4 15,6 100,0
France 747 75 7 6 5 1 3 2 214 1060
70,5 7,1 0,7 0,6 0,5 0,1 0,3 0,2 20,2 100,0
Autres 52 39 21 58 180 26 36 2 205 619
pays du
monde
8,4 6,3 3,4 9,4 29,1 4,2 5,8 0,3 33,1 100,0
Total 1136 393 66 140 311 243 99 490 717 3595
31,6 10,9 1,8 3,9 8,7 6,8 2,8 13,6 19,9 100,0
Source: RGPH, 1998

Tableau 26 : Mali : Répartition des universitaires maliens expatriés par pays (2003)
Continents Pays Effectif %
France 49 20,6
Europe Allemagne 25 10,5
Autre Europe 11 4,6

Sénégal 25 10,5
Côte d’Ivoire 24 10,1
Niger 13 5,5
Afrique Burkina Faso 6 2,5
Guinée 1 0,4
Gabon 17 7,1
Zimbabwe 1 0,4
Maghreb 2 0,8

USA 29 12,2
Amérique Canada 29 12,2
Autre Amérique 4 1,7
Asie Japon 2 0,8
Total 238 100
Source : Université –Rectorat/Projet TOKTEN, août 2003-Bamako
62

Tableau 27 : Mali :Les transferts de fonds des migrants par rapport aux PIB de 2000 à 2002 (en Milliards
de CFA)
Désignations 2000 2001 2002 Moyenne
Total des transferts de fonds
(TTF) 111,23 118,7 157,38 129,10
Investissement Directs Etrangers
(IDE) 55,84 76,58 88 73,47
PIB à prix courants 1 883,00 2 204,00 2 359,00 2 148,67
TTF/IDE 199,19% 155,00% 178,84% 177,68%
TTF/PIB 5,91% 5,39% 6,67% 5,99%
IDE/PIB 2,97% 3,47% 3,73% 3,39%
Source : M.K.Keita / Etudes nationales sur les transferts de fonds des migrants : Cas du Mali

MAURITANIE

Tableau 28 : Mauritanie : Nationaux à l’étranger par pays d’accueil (2004)


Pays d’accueil Effectif total
Arabie Saoudite 20.000
Congo Brazzaville 2.500
Cote d'Ivoire 50.000
Emirats Arabes Unis 4.000
France 20.000
Gambie 20.000
Guinée Bissau 3.000
Iles Canaries 2.000
Mali 40.000
Niger 5.000
Sénégal 10.000
Autres pays africains 15.000
Reste du monde 58.500
Total 250.000
Source : MAEC.

Tableau 29 : Mauritanie : Personnes pourvues d’un emploi par sexe et citoyenneté (1988)
Sexe
Masculin Féminin Total
Nationaux 251.628 92.121 343.749
Étrangers -- -- 21.210

Total
-- -- 364.959
Résidents
Source : RGPH 1988, volume I, tableaux 16 et 26.
63

Tableau 30 : Mauritanie : Personnes pourvues d’un emploi par branche d’activité, nationaux et
travailleurs migrants (1988)*
Branche d’activité économique Nationaux Étrangers Ensemble

Agriculture 134.052 2.050 136.102


Élevage 81.734 933 82.667
Activités annexes à l’agriculture 860 43 903
Chasse 34 2 36
Sylviculture 1.173 22 1.195
Pêche 7.385 1.482 8.867
Industrie Extractive 6.322 190 6.512
Industrie manufacturière & alimentaire 5.530 1.226 6.756
Eau, Gaz & Électricité 1.326 107 1.433
Bâtiment – TP 12.291 1.968 14.259
Commerce 71.986 3.788 75.774
Transport 9.378 1.345 10.723
Banque & assurance 1.465 50 1.515
Administration & service sociaux 86.807 7.723 94.530

Non déclaré 21.974 993 22.967


Total 442.317 21.922 464.239
Source : RGPH 1988
* Les données comprennent et les actifs occupés et les chômeurs qui ont déjà travaillé.
64

Tableau 31 : Mauritanie : Population par sexe et citoyenneté en 1988


Sexe
Nationalité Total
Masculin Féminin
Algérie 637 754 1.391
Arabie Saoudite 169 123 292
Autres Etats Africains 460 170 630
Autres Etats Arabes 17 11 28
Bénin 258 213 471
Cameroun 160 176 336
Congo Démocratique 18 12 30
Cote d’Ivoire 105 63 168
Egypte 112 82 194
Emirats Arabes Unies 38 22 60
Gabon 42 32 74
Ghana 133 46 179
Guinée Conakry 1.880 755 2.635
Guinée-Bissau 760 263 1.023
Iraq 44 30 74
Koweït 20 8 28
Liban 65 37 102
Libye 69 50 119
Mali 4.075 2.422 6.497
Maroc 163 131 294
Niger 84 46 130
Palestine 75 55 130
Qatar 5 5 10
Sénégal 18.384 14.345 32.729
Soudan 34 17 51
Syrie 77 43 120
Tchad 23 23 46
Togo 77 23 100
Tunisie 128 84 212
Yémen 3 3 6
Autre nationalité 1.232 916 2.148
Total Etrangers 29.347 20.960 50.307
Total Mauritaniens 893.858 920.071 1.813.929
Total Résidents 923.205 941.031 1.864.236
Source : RGPH 1988.
65

Tableau 32 : Mauritanie : Personnes pourvues d’un emploi par situation dans la profession, nationaux et
étrangers (1988)*
Situation dans
Nationaux Etrangers Ensemble
La profession
Indépendant 234.864 9.808 244.672
Employeur 4.206 292 4.498
Salarié Permanent 57.162 4.099 61.261
Salarié Temporaire 51.235 5.075 56.310
Apprentis 2.259 548 2.807
Aide Familial 68.464 1.193 69.657
Autres 1.671 100 1.771
Non Déclaré 21.556 807 22.363
Total 441.417 21.922 463.339
Source : RGPH 1988
66

SENEGAL

Tableau 33 : Sénégal : Répartition de la population émigrée selon le milieu de résidence, le sexe et l’âge au départ

Milieu de résidence
Groupes d'âges Dakar urbain Autres villes Milieu urbain Milieu rural Ensemble
Total
de l'émigré Masculin Féminin Masculin Féminin Masculin Féminin Masculin Féminin Masculin Féminin
Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre %
Moins de 15 ans 707 1,7 721 6,2 165 0,6 261 5,3 872 1,3 982 5,9 3643 4,9 1112 10,9 4515 3,2 2094 7,8 6608 3,9
15-34 ans 29910 73,4 8541 73,4 18440 66,3 3186 65,1 48350 70,5 11728 71,0 46403 63,0 8092 79,4 94753 66,6 19820 74,2 114573 67,8
35-54 ans 8928 21,9 2010 17,3 8991 32,3 1324 27,1 17919 26,1 3334 20,2 22170 30,1 982 9,6 40089 28,2 4317 16,2 44406 26,3
55-74 ans 834 2,0 134 1,2 220 0,8 124 2,5 1054 1,5 259 1,6 1330 1,8 2384 1,7 259 1,0 2642 1,6
75 ans et plus 106 0,3 106 0,2 106 0,1 106 0,1
ND 269 0,7 227 2,0 269 0,4 227 1,4 122 0,2 391 0,3 227 0,8 618 0,4
Total 40754 100,0 11634 100,0 27816 100,0 4896 100,0 68570 100,0 16529 100,0 73668 100,0 10186 100,0 142238 100,0 26716 100,0 168953 100,0
67

Tableau 34 : Sénégal : Répartition de la population émigrée selon le milieu de résidence, l’ethnie ou la


nationalité
Milieu de résidence
Ethnie/nationalité de
Dakar urbain Autres villes Milieu rural Milieu urbain Milieu rural Total
l'émigré
% % % Nombre % Nombre % Nombre %
Wolof/Lébou 52,0 51,4 41,5 44058 51,8 34784 41,5 78841 46,7
Poular 20,6 24,3 34,0 18751 22,0 28531 34,0 47282 28,0
Sérère 4,8 5,0 6,8 4140 4,9 5667 6,8 9807 5,8
Diola 3,5 2,4 4,6 2647 3,1 3849 4,6 6496 3,8
Manding/Sossé 1,8 8,7 2,3 3785 4,4 1952 2,3 5737 3,4
Soninké 6,7 0,9 2,9 3804 4,5 2428 2,9 6232 3,7
Autres sénégalais 7,3 6,3 4,9 5893 6,9 4087 4,9 9980 5,9
Africains 2,4 1,0 3,0 1550 1,8 2557 3,0 4107 2,4
Autres étrangers 0,9 470 0,6 470 0,3
Total 100,0 100,0 100,0 85099 100,0 83854 100,0 168953 100,0

Tableau 35 : Sénégal : Répartition de la population émigrée selon le milieu de résidence et la situation


matrimoniale au départ
Milieu de résidence
Etat matrimonial de l'émigré avant le départ Dakar urbain Autres villes Milieu urbain Milieu rural Total
% % % % %
Marié(e) monogame 34,6 44,6 38,5 43,7 41,1
Marié(e) polygame 6,3 6,9 6,5 14,6 10,6
Célibataire 57,3 44,6 52,4 40,5 46,5
Veuf(ve) 0,4 0,4 0,4 0,3 0,4
Divorcé(e) 1,3 3,6 2,2 0,8 1,5
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0

Tableau 36 : Sénégal : Répartition de la population émigrée selon le milieu de résidence et la région


Milieu de résidence
Région de résidence de l'émigré Dakar urbain Autres villes Milieu urbain Milieu rural Total
% % % % %
Dakar 100,0 61,6 0,4 31,2
Ziguinchor 7,9 3,0 4,7 3,9
Diourbel 10,1 3,9 15,9 9,9
St Louis 13,5 5,2 31,8 18,4
Tamba 5,7 2,2 9,1 5,6
Kaolack 6,1 2,3 3,5 2,9
Thiès 25,9 10,0 9,2 9,6
Louga 18,4 7,1 8,1 7,6
Fatick 5,9 2,3 4,4 3,3
Kolda 6,5 2,5 12,8 7,6
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
68

Tableau 37 : Sénégal : Répartition de la population émigrée selon le milieu de résidence et la destination


Milieu de résidence
Destination de l'émigré Dakar urbain Autres villes Milieu urbain Milieu rural Total
% % % % %
Bénin 0,6 0,5 0,5 0,4 0,5
Burkina Faso 1,6 0,6 0,7 0,7
Côte d'Ivoire 2,1 7,7 4,3 9,0 6,6
Guinée-Bissau 1,5 4,4 2,6 3,8 3,2
Mali 0,9 4,8 2,4 2,4 2,4
Niger 0,2 0,1 0,1
Togo 0,6 0,2 0,3 0,3
Autres pays africains 13,7 24,0 17,7 42,7 30,1
Europe 63,9 47,3 57,5 34,3 46,0
Usa ou Canada 11,8 6,9 10,0 5,0 7,5
Autre 5,0 1,8 3,8 1,2 2,5
Nsp 0,5 0,2 0,2 0,2
ND 0,2 0,1 0,1
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0

Tableau 38 : Sénégal : Répartition de la population émigrée selon le milieu de résidence et l’occupation


principale au départ
Milieu de résidence
Occupation principale de l'émigré avant le départ Dakar urbain Autres villes Milieu urbain Milieu rural Total
% % % % %
Occupé 42,4 40,5 41,7 50,2 45,9
Chômeur 21,0 35,9 26,7 31,3 29,0
Elève/Etudiant 26,9 12,5 21,4 7,0 14,2
Personne au foyer 5,6 6,2 5,9 7,4 6,6
Autre inactif 4,1 4,8 4,4 4,1 4,2
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
69

GRILLE D’ENTRETIEN

Organisation Internationale du Travail


-----
Projet Migration de Main d’œuvre en Afrique

ETUDE SUR LES STATISTIQUES DES MIGRANTS

GUIDE D’ENTRETIEN DESTINÉ AUX STRUCTURES PRODUCTRICES DE STATISTIQUES


Important
Ce guide est destiné à toute structure productrice de statistique sur les migrants (institutions publiques,
organismes internationaux, instituts de recherches, etc.). Il est conçu dans le cadre de la réalisation d’une étude
statistique sur les migrants, commanditée par le Bureau international du Travail .Cette étude qui rentre dans le
cadre des activités du projet - Migration de Main d’œuvre en Afrique (Composante Renforcement des
capacités) - se fixe, entre autres objectifs, l’amélioration du système d’information statistique sur les migrants
et le renforcement du niveau de coordination entre producteurs et utilisateurs de statistiques. Elle permet ainsi
de contribuer à une gestion efficace de la migration internationale, en tant qu’instrument pour le
développement. Votre contribution, en tant que structure productrice serait d’un apport précieux dans la
réalisation de cette étude. Merci pour votre collaboration
I. IDENTIFICATION
1.1. Dénomination de l’institution ………………………………………………………………………………
………………………………………………….……….……………….………………………………………
1.2. Adresse ………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………….……….……………….………………………………………
1.3. Mission (faire une description succincte des activités de la structure}
………………………………………………….……….……………….………………………………………
1.4. Personne contactée (nom, fonction, tel, e-mail)
Nom ………………………………………….. Fonction……………………………………
Tel ……………………………………. E-mail………………………………………..
II. EVALUATION DU DISPOSITIF DE COLLECTE, DE TRAITEMEMENT ET DE DIFFUSION DES DONNEES
PRODUITES SUR LA MIGRATRION
2.1. Spécifier les types de données produites par votre institution en matière de migration préciser pour chaque
type :
la méthode de collecte utilisée (recensements, enquêtes par sondage, exploitation de registres administratifs,
textes de loi, études et recherches scientifiques etc.),
la périodicité de collecte (mensuelle, trimestrielle, annuelle, etc.)
la couverture géographique (régionale, nationale)
70

Remplir le tableau récapitulatif des données produites, joint en annexe. Mettre l’emphase sur les indicateurs
de la base de données Migrant de l’OIT
NB - Pour les données collectées et non traitées, mettre une annotation dans la colonne Observations
2.2. Recourez vous à l’outil informatique dans le traitement des données collectées ?
Si oui, spécifiez les logiciels de traitement utilisés (performances, limites, etc.). Donner également votre
appréciation sur le niveau d’analyse des données ?……………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………………………
Comment évaluez-vous globalement le dispositif de collecte, de traitement et de diffusion des données sur les
migrants ?
En termes de régularité de la collecte……………………………………………………………………………
……….……………….………………………………………………………………………………………….
En termes de disponibilité des capacités techniques nécessaires pour le traitement, l’exploitation et l’analyse
des données ……………………………………………………………………………………………………
……….……………….…………………………………………………………………………………………
En termes de respect des délais de production des données……………………………………………………
……….……………….…………………………………………………………………………………………
En termes de comparabilité des données avec les autres sources existantes (niveau régional et niveau
national)…………………………………………………………………………………………………………
……….……………….…………………………………………………………………………………………
En termes de dispositions prises pour une large diffusion de l’information……………………………………
……….……………….…………………………………………………………………………………………
En termes de satisfaction des demandes qui vous sont adressées par les utilisateurs et décideurs
……….……………….…………………………………………………………………………………………
Quelles appréciations faites-vous des moyens mis en place pour le fonctionnement du dispositif de collecte, de
traitement et de diffusion des données ?
Moyens logistiques …………………………………………………………………….………………………
…………………………………………………………………………………………………………………
Moyens humains …………………………………………………………………….………………………
…………………………………………………………………………………………………………………
Moyens financiers …………………………………………………………………….………………………
…………………………………………………………………………………………………………………
Relever les autres contraintes éventuelles liées au système de collecte, de traitement et de diffusion des
données sur les migrants? ……………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………………………
III. INTERACTION PRODUCTEURS - UTILISATEURS DE DONNEES SUR LES MIGRANTS
3.1. En dehors de votre institution, connaissez vous d’autres institutions spécialisées dans la production de
71

statistiques sur migrants ?


Si oui, lesquelles………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………
3.2. Y a t-il un cadre formel de concertation et d’échanges entre votre institution et les autres institutions
productrices de données sur les migrants ?
Si oui, lesquelles ? ………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………
Quelles appréciations faites vous de votre niveau de collaboration avec les autres institutions productrices de
statistiques sur les migrants ?
En termes d’opérationnalité du cadre de concertation…………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………….
En termes d’harmonisation des concepts et définitions utilisés………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………………………….
En termes d’harmonisation des méthodologies utilisées (conception des supports de collecte, méthodologie
d’échantillonnage et présentation des résultats) ……………………………………………………………….
…………………………………………………………………………………………………………………
3.4. Quels sont les utilisateurs potentiels des données produites par votre institution sur la migration ?
(mentionner la structure)………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………
Y a t-il un cadre formel de concertation et d’échanges entre votre institution et ces utilisateurs ?
…………………………………………………………………………………………………………………
3.6. Quelles appréciations faites-vous de votre collaboration avec les utilisateurs ?
En termes d’opérationnalité du cadre de concertation…………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………
En termes d’harmonisation des concepts et définitions utilisés……………………………………………….
………….………………………………………………………………………………………………………
En termes d’implication des utilisateurs dans la préparation et la conception des enquêtes pour une meilleure
prise en compte de leurs préoccupations dans la définition des politiques
………………………………………………………………………………………………….………………
3.7. Mentionner ici les failles décelées par les utilisateurs dans le système statistique au niveau de votre
institution ………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………
3.8. Quelles sont les dispositions prises par votre institution pour une meilleure satisfaction des
besoins exprimés par les utilisateurs et décideurs ?……………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………
IV. SUGGESTIONS ET RECOMMANDATIONS POUR UNE AMELIORATION DU SUYTEME
72

D’INFORMATION STATISTIQUE SUR LA MIGRATION


4.1. Spécifier les domaines sur lesquels devrait porter l’amélioration du système d’information statistique sur les
migrants (en rapport avec les indicateurs de la base de données migrant de l’OIT) ?
…………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
4.2. Quelles propositions faites pour un développement du système d’information sur les migrants et une
meilleure satisfaction des demandes qui vous sont adressées par les utilisateurs/décideurs ? Comment tisser
les liens entre producteurs de statistiques et utilisateurs/décideurs. Comment améliorer le système de collecte,
de traitement et de diffusion ? Comment harmoniser les définitions et concepts ainsi que les méthodologies
utilisées ? Comment combler le déficit statistique constaté ?
…………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………….
73

International Migration Papers


Cahiers de migrations internationales
Estudios sobre Migraciones Internacionales

1. Adjustments to labour shortages and foreign workers in the Republic of Korea


M.I. Abella; Y.B. Park; W.R. Böhning, 1995

2. Consumption and investments from migrants' remittances in the South Pacific


Richard P.C. Brown, 1995

3. Training abroad: German and Japanese schemes for workers from transition economies or
developing countries
Christiane Kuptsch; Nana Oishi, 1995

4. Discrimination against migrant workers and ethnic minorities in access to employment


in the Netherlands
F. Bovenkerk; M.J.I. Gras; D. Ramsoedh, with the assistance of M. Dankoor and A.
Havelaar, 1995

5. Orderly international migration of workers and incentives to stay - options for


emigration countries
M.I. Abella; K.J. Lönnroth, 1995

6. From outlawing discrimination to promoting equality: Canada's experience with anti-


discrimination legislation
C. Ventura, 1995

7 G. Arbeitsmarkt-Diskriminierung gegenüber ausländischen Arbeitnehmern in


Deutschland
A. Goldberg; D. Mourinho; U. Kulke, 1995

7 E. Labour market discrimination against foreign workers in Germany


A. Goldberg; D. Mourinho; U. Kulke, 1996

8 E. The integration of migrant workers in the labour market: Policies and their impact
W.R. Böhning; R. Zegers de Beijl, 1995

8 F. L'intégration des travailleurs migrants sur le marché du travail: Les politiques et leur
impact
W.R. Böhning; R. Zegers de Beijl, 1996

9 S. La discriminación laboral a los trabajadores inmigrantes en España


Colectivo IOE: M.A. de Prada; W. Actis; C. Pereda, y R. Pérez Molina, 1995

9 E. Labour market discrimination against migrant workers in Spain


Colectivo IOE: M.A. de Prada; W. Actis; C. Pereda, y R. Pérez Molina, 1996

10. The jobs and effects of migrant workers in Northern America - Three essays
J. Samuel; P.L. Martin; J.E. Taylor, 1995

11. The jobs and effects of migrant workers in Italy - Three essays
L. Frey; R. Livraghi; A. Venturini; A. Righi; L. Tronti, 1996
74

12. Discrimination against racial/ethnic minorities in access to employment in the United


States: Empirical findings from situation testing
M. Bendick, Jr., 1996

13. Employer des travailleurs étrangers: Manuel sur les politiques et les procédures plus
particulièrement applicables aux pays à bas ou moyen revenus
W.R. Böhning, 1996

14. Protecting (im)migrants and ethnic minorities from discrimination in employment: Finnish
and Swedish experiences
K. Vuori, with the assistance of R. Zegers de Beijl, 1996

15F. Les migrations en provenance du Maghreb et la pression migratoire: Situation actuelle et


prévisions
D. Giubilaro, 1997

15E. Migration from the Maghreb and migration pressures: Current situation and future prospects
D. Giubilaro, 1997

16. The documentation and evaluation of anti-discrimination training activities in the Netherlands
J.P. Abell; A.E. Havelaar; M.M. Dankoor, 1997

17. Global nations. The impact of globalization on international migration


P. Stalker, 1997

18. Anti-discrimination training activities in Finland


K. Vuori, 1997

19. Emigration pressures and structural change. Case study of the Philippines
A. Saith, 1997

20. Emigration pressures and structural change. Case study of Indonesia


D. Nayyar, 1997

21. The evaluation of anti-discrimination training activities in the United Kingdom


P. Taylor; D. Powell; J. Wrench, 1997

22. Pratiques de formations antidiscriminatoires en Belgique


F. Castelain-Kinet; S. Bouquin; H. Delagrange; T. Denutte, 1998

23E. Discrimination in access to employment on grounds of foreign origin: the case of Belgium
P. Arrijn; S. Feld; A. Nayer, 1998

23F. La discrimination à l'accès à l'emploi en raison de l'origine étrangère : le cas de la Belgique


P. Arrijn; S. Feld; A. Nayer, 1998

24. Labour immigration and integration in low- and middle-income countries: Towards an
evaluation of the effectiveness of migration policies
J. Doomernik, 1998

25. Protecting migrants and ethnic minorities from discrimination in employment: the Danish
experience
N.-E. Hansen, I. McClure, 1998
75

26. Illegal migration and employment in Russia


Eugene Krassinets, 1998

27. The effectiveness of integration policies towards immigrants and their descendants in France,
Germany and The Netherlands
Jeroen Doomernik, 1998

28. Approche juridique de la discrimination à l’accès à l’emploi en Belgique en raison de l’origine


étrangère
B. Smeesters, sous la direction de A. Nayer, 1999

29. The documentation and evaluation of anti-discrimination training in the United States
M. Bendick, Jr., M.L. Egan, S. Lofhjelm, 1999

30. Illegal labour migration and employment in Hungary


J. Juhász with contributions from M. Cosmeanu; I. Ramond; J. Gmitra, A. Bácskai, 1999

31. Foreign labour in Lithuania: Immigration, employment and illegal work


A. Sipaviciene, in cooperation with V. Kanopiene, 1999

32. Legal and illegal labour migration in the Czech Republic: Background and current trends
Milada Horákova, 2000

33. Migrant labour - An annotated bibliography


R. Chen; M. Madamba, 2000

34. Settlement and integration policies towards immigrants and their descendants in Sweden
Charles Westin, 2000

35. United States policies on admission of professional and technical workers: Objectives and
outcomes
Philip Martin, Richard Chen and Mark Madamba, 2000

36. Employer sanctions: French, German and US experiences


Philip Martin and Mark Miller, 2000

37. Quotas d’immigration : l’expérience suisse


Etienne Piguet et Hans Mahnig, 2000

38. The effectiveness of employment equality policies in relation to immigrants and ethnic
minorities in the UK
John Wrench and Tariq Modood, 2001

39. The Ambiguities of Emigration: Bulgaria since 1988


August Gächter, 2002

40. Migration for the Benefit of All: Towards a New Paradigm for Migrant Labour
Eric Weinstein, 2001

41. Migrants in Irregular Employment in the Mediterranean Countries of the European Union
Emilio Reynieri, 2001

42. From temporary guests to permanent settlers? A review of the German experience
Heinz Werner, 2001
76

43. From brain exchange to brain gain: Policy implications for the UK of recent trends in skilled
migration from developing countries
Allan Findlay, 2002

44. Migration of highly skilled persons from developing countries: Impact and policy responses
B. Lindsay Lowell and Allan Findlay, 2002

44F. L’émigration de personnes hautement qualifiées de pays en développement : impact et


réponses politiques - Rapport de synthèse
B. Lindsay Lowell et Allan Findlay, 2003

45. Policy responses to the international mobility of skilled labour


B. Lindsay Lowell, 2002

46. Some developmental effects on the international migration of highly skilled persons
B. Lindsay Lowell, 2002

47. Women migrant domestic workers in Bahrain


Sabika al-Najjar, 2002

48. Women migrant domestic workers in Lebanon


Ray Jureidini, 2002

49. Skilled labour migration from developing countries: Study on India


Binod Khadria, 2002

50. Skilled labour migration from developing countries: Study on the Caribbean Region
Elizabeth Thomas-Hope, 2002

51. Skilled labour migration from developing countries: Study on the Philippines
Florian A. Alburo and Danilo I. Abella, 2002

52. Skilled labour migration from developing countries: Study on South and Southern Africa
Haroon Bhorat, Jean-Baptiste Meyer and Cecil Mlatsheni, 2002

53. Situación de los trabajadores migrantes en América Central


Abelardo Morales Gamboa, 2002

54S. La inmigración irregular subsahariana a través y hacia Marruecos


Lucile Barros, Mehdi Lahlou, Claire Escoffier, Pablo Pumares, Paolo Ruspini, 2002

54 F. L'immigration irrégulière subsaharienne à travers et vers le Maroc


Lucile Barros, Mehdi Lahlou, Claire Escoffier, Pablo Pumares, Paolo Ruspini, 2002

55. Skilled Labour Migration from Developing Countries: Annotated Bibliography


Allan M. Findlay and Emma Stewart, 2002

56. Skilled labour migration from developing countries: Annotated Bibliography on Economic
Analysis, Impact and Policy Issues
B. Lindsay Lowell, 2002

57. Asian Labour Migration: Issues and Challenges in an Era of Globalization


Piyasiri Wickramasekara, 2002
77

58. Skilled labour migration from developing countries: Study on Argentina and Uruguay
Adela Pellegrino, 2002

58S Migración de mano de obra calificada desde Argentina y Uruguay


Adela Pellegrino, 2003

59. Remesas de mexicanos en el exterior y su vinculación con el desarrollo económico, social y


cultural de sus comunidades de origen
Mario López Espinosa, 2002

60. Migraciones laborales en América del Sur: la Comunidad Andina


Ponciano Torales, M. Estela González y Nora Pérez Vichich, 2003

61. Economic Integration in the Caribbean: The development towards a common labour market
Deike Fuchs and Thomas Straubhaar, 2003

62F Enjeux et défis de la migration de travail ouest-africaine


A.S. Fall, 2003

63. Migraciones laborales en Sudamérica: el Mercosur ampliado


Ezequiel Texidó, Gladys Baer, Nora Pérez Vichich, Ana María Santestevan, Charles P.
Gomes, 2003

64. Empowering Filipino Migrant Workers: Policy Issues and Challenges


Rene E. Ofreneo and Isabelo A. Samonte, 2004

65. Acuerdos bilaterales sobre migración de mano de obra: Modo de empleo


Eduardo Geronimi, 2004

66. Acuerdos bilaterales sobre migración de mano de obra: Estudio de casos


Eduardo Geronimi, Lorenzo Cachón y Ezequiel Texidó, 2004

67. Labour market discrimination against migrant workers in Italy


E. Allasino, E. Reyneri, A. Venturini, G. Zincone, 2004

67 I. La discriminazione dei lavoratori immigrati nel mercato del lavoro in Italia


E. Allasino, E. Reyneri, A. Venturini, G. Zincone, 2004

68. Challenging discrimination in employment: A summary of research and a typology of


measures
P. Taran, R. Zegers de Beijl and I. McClure, 2004

69. Labour Market Effects of Immigration: an Empirical Analysis based on Italian Data
A. Venturini and C. Villosio, 2004

70. Admisión, contratación y protección de trabajadores migrantes: Panorama de la legislación y


la práctica nacionales de Argentina, Bolivia, Brasil, Chile, Colombia, Ecuador, España, Perú,
Portugal y Uruguay
E. Geronimi, 2004

72F. Gestion des migrations et politiques de développement : optimiser les bénéfices de la


migration internationale en Afrique de l’Ouest
Savina Ammassari 2004
78

72E. Migration management and development policies: maximising the benefits of international
migration in West Africa
Savina Ammassari, 2006

73. Migration prospects after the 2004 enlargement of the European Union
Gloria Moreno-Fontes Chammartin and Fernando Cantú-Bazaldúa, 2005

74. Identification of potential for increasing employment and productive investment in Albania,
Moldova and Ukraine based on remittances
Gloria Moreno-Fontes Chammartin and Fernando Cantú-Bazaldúa, 2005

75. Rights of migrant workers in Asia: Any light at the end of the tunnel?
Piyasiri Wickramasekara, 2006

76F. Les systèmes d’informations statistiques sur les travailleurs migrants au Maghreb Central.
Musette Mohamed Saïb, et Belghazi Saad , Boubakri Hassan, Hammouda Nacer Eddine, 2006

76E. Systems of statistical information on migrant workers in Central Maghreb.


Musette Mohamed Saïb, and Belghazi Saad , Boubakri Hassan, Hammouda Nacer Eddine,
2006

77F. Rapport sur les législations relatives à la migration internationale au Maghreb Central.
Musette Mohamed Saïb, et Monia Benjemia, Khadija Elmadmad, Azzouz Kerdoun, 2006

77E. Report on legislation concerning international migration in Central Maghreb.


Mohamed Saïb Musette, and Monia Benjemia, Khadija Elmadmad, Azzouz Kerdoun, 2006

78F. Rapport sur les migrations et le développement au Maghreb Central.


Musette Mohamed Saïb, et Youssef Alouane , Mohamed Khachani, Hocine Labdelaoui, 2006

78E. Summary report on migration and development in Central Maghreb.


Mohamed Saïb Musette , and Youssef Alouane, Mohamed Khachani, Hocine Labdelaoui,
2006

79F. Les statistiques des travailleurs migrants en Afrique de l’Ouest.


Hamidou Ba, et Babacar Ndione, 2006

79E. Labour migration statistics in West Africa.


Hamidou Ba, and Babacar Ndione, 2006

80F. Législations relatives aux travailleurs migrants en Afrique de l’Ouest.


Hamidou Ba, et Abdoulaye Fall, 2006

80E. Legislation relevant to migrant workers in West Africa.


Hamidou Ba, and Abdoulaye Fall, 2006

81. A study of labour migration data and statistics in east Africa.


Joseph M. Shitundu, 2006

82. Migration legislation in East Africa.


Flora Mndeme Musonda, 2006

83. The Migration-Development Nexus in East Africa.


Humphrey P.B. Moshi, 2006
79

84E. The challenge of labour migration flows between West Africa and the Maghreb.
Aderanti Adepoju, 2006.

84F. Les défis liés aux flux migratoire pour le travail entre l’Afrique de l’Ouest et de la Maghreb.
Aderanti Adepoju, 2006.
80

Perspectives on Labour Migration


Perspectives sur les migrations du travail
Perspectivas sobre migraciones laborales

1. Getting at the Roots: Stopping Exploitation of Migrant Workers by Organized Crime


Patrick Taran and Gloria Moreno-Fontes Chammartin, 2003

2. Aspectos jurídicos del tráfico y la trata de trabajadores migrantes


Eduardo Geronimi, 2002

2 F. Aspects juridiques du trafic et de la traite de travailleurs migrants


Eduardo Geronimi, 2003

3. Globalization, Labour and Migration: Protection is Paramount


Patrick Taran and Eduardo Geronimi, 2003

3 S. Globalización y migraciones laborales: importancia de la protección


Patrick Taran y Eduardo Geronimi, 2003

3F Globalisation et migrations de main-d’oeuvre : Importance de la protection


Patrick Taran et Eduardo Geronimi, 2003

5F Options politiques de réponse à la migration des compétences : rétention, retour et circulation


Piyasiri Wickramasekara, 2003

5E Policy responses to skilled migration: Retention, return and circulation


Piyasiri Wickramasekara, 2003

6. Temporary foreign worker programmes: policies, adverse consequences and the need to make
them work
Martin Ruhs, 2003

7. Protección y asistencia a las víctimas de trata


Eduardo Geronimi, 2003

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