Logique et Arithmétique Mathématique
Logique et Arithmétique Mathématique
Introduction 2
1 Logique 5
1.1 Logique assertionnelle ou propositionelle . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.2 But du calcul propositionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.3 Syntaxe et évaluation des propositions . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.4 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2 A RITHMÉTIQUE . 10
2.1 Divisibilité dans les entiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2 Plus grand commun diviseur, Plus pétit commun multiple . . . . . . . . . 13
2.2.1 Définitions et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.2 Résolution d’équations diophantiennes linéaires . . . . . . . . . . 14
2.3 Entiers relativement premiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.3.1 Définitions et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.4 Les nombres premiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.4.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.4.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.5 Quelques familles de nombres premiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.5.1 Les grands nombres premiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.5.2 Les premiers de Sophie Germain . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.5.3 Les factoriels et primoriels premiers . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.6 Production des nombres premiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.6.1 A partir les nombres de Fermat et/ou de Mersennes . . . . . . . . 23
2.6.2 Formules de nombres premiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.6.3 Nombres premiers dans une progressions Arithmetique . . . . . . 24
2.7 T HÉORIE DES C ONGRUENCES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.7.1 La congruence modulo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.7.2 Classes résidues et conséquences . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.8 L OI DE RÉCIPROCITÉ QUADRATIQUE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.8.1 Généralité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.8.2 Utilisation des symboles de Jacobi . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.8.3 Symbol de Legendre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.8.4 Symbol de Jacobi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.9 Numération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.9.1 Bases de numération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
1
2.9.2 Quelques systèmes de numération les plus usuels . . . . . . . . . 34
2.9.3 Congruences particulières-Critères de divisibilité par 3, 4, 5, 9, 11
et 25 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
Introduction
3
lité, théorie de la complexité des algorithmes). La théorie de la démonstration de Hilbert
a également continué à se développer avec les travaux de Gerhard Gentzen qui a produit
la première démonstration de cohérence relative et a initié ainsi un programme de clas-
sification des théories axiomatiques. Le résultat le plus spectaculaire de l’après-guerre
est dê à Paul Cohen qui démontre en utilisant la méthode du forcing, l’indépendance
de l’hypothèse du continu en théorie des ensembles, résolvant ainsi le 1er problème de
Hilbert. Mais la logique mathématique subit également une révolution due à l’apparition
de l’informatique ; la découverte de la correspondance de Curry-Howard, qui relie les
preuves formelles au lambda-calcul de Church et donne un contenu calculatoire aux dé-
monstrations, va déclencher un vaste programme de recherche. La logique classique est
la première formalisation du langage et du raisonnement mathématique développée à par-
tir de la fin du 19ème siècle en logique mathématique. Appelée simplement logique à ses
débuts, c’est l’apparition d’autres systèmes logiques formels, notamment pour la logique
intuitionniste, qui a suscité l’adjonction de l’adjectif classique au terme logique.
Il est important d’avoir un langage rigoureux. La langue française est souvent ambigüe.
Prenons l’exemple de la conjonction «ou» ; au restaurant «fromage ou dessert» signifie
l’un ou l’autre mais pas les deux. Par contre si dans un jeu de carte on cherche «les as ou
les coeurs» alors il ne faut pas exclure l’as de coeur. Autre exemple : que répondre à la
question «As-tu 15 000 francs en poche ?» si l’on dispose de 20 000 francs ?
XIl y a des notions difficiles à expliquer avec des mots : par exemple la continuité
d’une fonction est souvent expliquée par «on trace le graphe sans lever le crayon». Il
est clair que c’est une définition peu satisfaisante. Voici la définition mathématique de la
continuité d’une fonction f : I −→ R en un pont x0 se traduit par :
Logique
5
étudie les valeurs de vérité grâce à la définition des opérateurs de base et grâce à quelques
régles de base dites régles logiques : c’est là la démarche du calcul propositionnel dont le
but est d’étudier et de mettre en place ces règles logiques. Ce calcul étudie comment la
fausseté ou la vérité d’une assertion complexe est fonction de la fausseté ou de la vérité
des assertions élémentaires qui la composent. C’est donc un calcul bivalent n’admettant
classiquement que deux valeurs de vérité possibles desquels il se préocccupe uniquement,
sans s’intéresser du sens des propositions ou de leur contenu. Il est alors important de
connaître la syntaxe à la base de ces propositions et comment ces dernières sont évaluées.
Définition 1.1.1 (Opérateurs booléens unaires) Ce sont les opérateurs booléens prenant
un seul argument. Ils sont au nombre de quatre (04).
Id ¬
V V V F F
F V F V F
La plus connue est la négation notée. Etant donnée une proposition p, on appelle négation
de p notée ¬p ou p̄, la proposition qui est vraie lorsque p est fausse et fausse lorsque p
est vraie.
Définition 1.1.2 (Opérateurs booléens binaires) Ce sont les opérateurs booléens prenant
deux arguments. Ils sont au nombre de seize (16).
∨ ⇐ ⇒ ⇔ ∧ 6∧ 6∨
V V V V V V V V V V F F F F F F F F
V F V V V V F F F F V V V V F F F F
F V V V F F V V F F V V F F V V F F
F F V F V F V F V F V F V F V F V F
Parmi les opérateurs booléens binaires les plus utilisés, on peut citer :
X≡, ⇔ = : équivalence, égalité,
X6≡, 6⇔ = : inéquivalence, inégalité,
X¬ : négation, non,
Ordre de priorité
En tant qu’opérateurs, le tableau ci-après rend compte des règles de préséance entre
ces connecteurs logiques : l’ordre étant décroissant de gauche à droite, ceux situès dans
la même case ont la même priorité, de même qu’un opérateur et sa négation.
¬ ∧, ∨ ⇒, ⇐ ⇔, ≡
• x2 = y2 ⇔ (x = y ou x = −y).
• (x ≤ y) ⇔ (x = y ou x < y).
• (x ≤ 0) ⇔ (|x| = −x).
• (x ≥ 0) ⇔ (|x| = x).
(b) La disjonction ∨.
Étant données deux propositions p et q, la proposition «p ou q» notée p ∨ q est la
proposition qui est vraie lorsque l’une au moins des propositions p et q est vraie
et fausse lorque les deux propositions sont simultanément fausses.
Table de vérité
p q p∨q
V V V
V F V
F V V
F F F
Dr. Euloge TCHAMMOU
(c) Le ou exclusif 6⇔.
Le ou exclusif (rendu par soit... soit... ; ou bien... ) s’exprime par l’utilisation de
l’inéquivalence 6⇔. Étant données deux propositions p et q, cet opérateur ne rend
la valeur vrai que lorsqu’exactement l’une des deux propositions est vraie, et, elle
est fausse dans les deux autres cas.
Table de vérité
p q p 6⇔ q
V V F
V F V
F V V
F F F
(d) La conjonction ∧.
Étant données deux propositions p et q, la proposition «p et q» notée p ∧ q est la
proposition qui n’est vraie que lorsque les propositions p et q sont simultanément
vraies. Elle est donc fausse si et seulement l’une au moins des propositions p et q
est fausse.
Table de vérité
p q p∧q
V V V
V F F
F V F
F F F
(e) L’implication =⇒.
Étant données deux propositions p et q, la proposition «p implique q» notée p =⇒
q est la proposition qui n’est fausse que lorsque la proposition p est vraie et q ne
l’est pas.
Table de vérité
p q p =⇒ q
V V V
V F F
F V V
F F V
Satisfiabilité et validité
Définition 1.1.3 Soit E une expression booléenne donnée. On dit que
. E est satisfaite dans un état si elle a la valeur vrai dans cet état.
. E est satisfiable s’il y a un état dans lequel elle est satisfaite.
. E est valide si elle est satisfaite dans tous les états.
. E est une tautologie lorsqu’elle est une expression booléenne valide.
Exemple 2 1. L’expression 2x − 5 > 0 est satisfaite dans l’état (x, 3). C’est donc
une expression satisfiable. Mais elle n’est pas valide, car n’étant pas satisfaite
dans l’état (x, 0).
1.1.4 Propriétés
A XIOMES 1.1.1 - (p ⇐⇒ p) ≡ Vrai (Réflexivité).
- (p ⇐⇒ q) ≡ (q ⇐⇒ p) (Symétrie).
- (p ⇐⇒ (q ⇐⇒ q)) ≡ ((p ⇐⇒ q) ⇐⇒ r) (Associativité). On écrit alors simplement
p ⇐⇒ q ⇐⇒ r.
P ROPRIÉTÉS 1.1.1
A RITHMÉTIQUE .
La théorie des nombres est l’étude ( des propriétés ) des nombres en occurrence les
entiers.
Rappel
— L’ensemble des entiers est noté Z = {· · · , −3, −2, −1, 0, 1, 2, 3, · · · } ;
— L’ensemble des entiers naturels est noté N = {0, 1, 2, 3, · · · }
NB : Z est aussi appelé "ensemble des entiers relatifs" et alors N est "l’ensemble des
entiers relatifs positifs".
P ROPRIÉTÉS 2.1.1
1. Tout entier non nul divise 0 (zéro).
2. 1 divise tout entier.
3. Tout entier non nul est divisible par lui-même.
Preuve.
1. Il suffit d’écrire 0 = a × 0 ∀ a ∈ Z∗
2. Ici il suffit d’écrire a = a × 1 ∀a∈Z
3. Il se déduit de 2.
P ROPRIÉTÉS 2.1.2
Soient a, b c et d des éléments de Z∗ ( entiers non nuls).
10
1. Si a|b et b|c alors a|c ( transitivité).
2. Si a|b alors |a| ≤ |b|.
3. Si a|b et b|a alors a = ± b (antisymétrie).
4. Si a|b, a|c alors a| mb + nc pour tout (m, n) ∈ Z2 .
5. Si a|b et c|d alors ac|bd
Preuve.
1. Supposons a|b et b|c.
Alors il existe (t,t 0 ) ∈ Z∗ × Z∗ tels que b = at et c = bt 0 . Ainsi, c = (at)t 0 = a(tt 0 ).
D’où le résultat.
2. a|b implique qu’il existe t ∈ Z∗ tels que b = at et |b| = |a| · |t|. D’où le résultat.
3. D’après la transitivité, on a : a = a(tt 0 ) pour un certain (t,t 0 ) ∈ Z∗ × Z∗ . Donc
tt 0 = 1 c’est-à dire t 0 = t ∈ {−1, 1}. D’où le résultat.
4. a|b et c|d alors il existe (t,t 0 ) ∈ Z∗ × Z∗ tels que b = at et d = ct 0 . Donc bd =
(at)(ct 0 ) = ac(tt 0 ).
E XERCICE 2
On considère le nombre An = n(n + 1)(n + 2), n ∈ Z.
1. Justifier que 2|An , pour tout n ∈ Z.
2. Pour n pair, An est-il divisible par 8 ?
puisque b 6= 0 on obtient q = q0 .
E XERCICE 3
Compléter le tableau suivant.
Dividende Diviseur Quotient Reste
25 7
32 -3
-48 9
-38 -5
15 21
-8 10
E XERCICE 4
Soit a un entier.
1. Quels sont les restes possibles dans la division euclidienne de a par 4.
2. Prouver que si a est impair alors 8 divise a2 − 1.
E XEMPLE 2.1.1
Les nombres 220 et 284 sont amiables.
E XEMPLE 2.1.2
Les nombres 6 et 28 sont parfaits.
E XERCICE 6
1. Citer 4 nombres triangulaires plus grands que 6.
2. Justifier que les nombres 496 et 8128 sont parfaits.
3. Démontrer qu’un entier naturel pair est parfait si et seulement s’il est de la forme
2n−1 (2n − 1), avec n ∈ N, 2n − 1 premier.
4. Justifier que sont amiables.
D ÉFINITION 2.2.1
L’entier µ est le plus pétit commun multiple positif de a et b. On le note ppcm(a, b).
Théorème 2.2.2
Soient a et b deux entiers.
Il existe un unique entier positif δ qui satisfait à : ∀ d ∈ Z, d|a et d|b ⇔ d|δ
Preuve. Soient a et b deux entiers. aZ + bZ est un idéal de Z alors il existe δ N tel que
aZ + bZ = δ Z. L’unicité de δ se montre de la même manière que celle de µ précédente.
Soit dZ∗ .
D ÉFINITION 2.2.2
L’entier δ est le plus grand commun diviseur de a et b. On le note pgcd(a, b) ou a ∧ b.
P ROPRIÉTÉS 2.2.1
Soient a, b, et c des entiers.
1. ppcm(ac, bc) = |c| · ppcm(a, b).
2. pgcd(ac, bc) = |c| · pgcd(a, b).
3. ppcm(a, b) · pgcd(a, b) = |ab|.
E XERCICE 7
1. Détermine ppcm(6, −15, 33), pgcd(−6, −15) et pgcd(6, −15, 35).
2. Applique l’Algorithme d’Euclide pour trouver le pgcd de 2772 et 390.
E XEMPLE 2.2.2
3x + 2y = 3, 64x + 108y = 2
Théorème 2.2.3
Soient a, b des entiers non nuls.
Preuve.
E XEMPLE 2.2.3
Résolvons dans Z, l’équation 803x + 154y = pgcd(803, 154)
— Nous déterminons d’abord pgcd(803, 154) par l’algorithme d’Euclide. On a :
803 = 5 × 154 + 33
154 = 4 × 33 + 22
33 = 1 × 22 + 11
22 = 2 × 11 + 0 donc pgcd(803, 154) = 11
— L’équation devient
803x + 154y = 11.
En reprenant la technique inverse de l’algorithme d’Euclide, on a :
11 = 33 − 1 × 22
= 33 − 1 × (154 − 4 × 33) = 5 × 33 − 154
= −154 + 5 × (803 − 5 × 154) =
= 5 × 803 − 26 × 154
D’où (x0 , y0 ) = (5, −26) est solution. On déduit toutes les solutions à partir de
cette solution.
E XERCICE 8
Résoudre les équations diophantiennes suivantes.
1. 64x + 108y = 4
2. 64x + 108y = 1
3. 52x + 18y = 24
Remarque 2.3.1
pgcd(a, b) = 1 ⇔ aZ + bZ = Z
pgcd(a, b) = 1 ⇔ aZ + bZ = Z
⇔ aZ + bZ =< 1 >
⇔ ∃(u, v) ∈ Z2 , au + bv = 1.
Preuve. a|bc implique qu’il existe t ∈ Z tel que bc = at. Or pgcd(a, b) = 1 ⇔ ∃ (u, v) ∈
Z2 , au + bv = 1.
au + bv = 1 ⇒ tau + tbv = t
⇒ bcu + tbv = t
⇒ ab(cu + tv) = at = bc
⇒ a(cu + tv) = c car Z a la propriété de simplification
D’où le résultat.
Théorème 2.3.3
(a|c et b|c et pgcd(a, b) = 1 ) alors ab|c
Preuve. a|c et b|c implique qu’ils existent t et t 0 tel que c = at = bt 0 alors b divise at donc
b|t car pgcd(a, b) = 1 (d’après ce qui précède). Il existe alors t1 ∈ Z tel que t = bt1 . Ainsi
c = abt1 , d’où ab|c
E XEMPLE 2.4.1
2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, · · ·
D ÉFINITION 2.4.2
Un entier naturel qui n’est pas premier est dit composé.
Remarque 2.4.1
Hormis la distance entres la paire de nombres premiers {2; 3}, la distance |p − q| = 2 est
la plus petite distance possible entre deux nombres premiers p et q.
E XEMPLE 2.4.3
Les nombres premiers suivants sont circulaires : 37, 131, 199.
E XERCICE 9
L’entier 1193 est-il un nombre premier circulaire ? un nombre premier presque circu-
laire ? Justifier votre réponse.
2.4.2 Propriétés
Théorème 2.4.1 (Euclide)
L’ensemble des entiers premiers est infini.
C OROLLAIRE 2.4.1
Tout entier relatif n ∈ Z \ {−1, 0, 1} a au moins un diviseur premier.
Preuve. Tout diviseur premier de |n| ≥ 2 convient. Un entier naturel non premier s’écrit
donc n = pq avec p ≥ 2 premier q un entier relatif.
P ROPRIÉTÉ 2.4.1
supérieur ou égal à 2 qui est composé a au moins un diviseur premier p tel
Tout entier n √
que 2 ≤ p ≤ n.
E XERCICE 10
√
Prouver que le nombre p est irrationnel pour tout entier premier p.
Proposition 2.4.1
Soit p un entier naturel premier. Pour tout entier naturel non nul n, on a soit p divise n,
soit p premier avec n.
Proposition 2.4.2
Deux nombres premiers distincts sont premiers entre eux.
Preuve. Facile
Proposition 2.4.3
Un entier p ≥ 2 est premier si, et seulement si, il est premier avec tout entier compris
entre 1 et p − 1.
Preuve. Si p est premier, comme il ne divise pas k ∈ {1, · · · , p − 1}, il est premier avec k.
Réciproquement si p n’est pas premier, il s’écrit alors p = ab avec a ≥ 2, b ≥ 2 et p n’est
pas premier avec a ∈ {1, · · · , p − 1}
Proposition 2.4.4
Tout couple de nombres premiers jumeaux, à l’exception du couple (3, 5), est de la forme
(6n − 1, 6n + 1) pour un certain entier n.
E XEMPLE 2.4.4
1. 2016 = 25 · 32 · 7, 2160 = 24 · 33 · 5. On a :
ppcm(2160, 2016) = 25 · 33 · 5 · 7 et pgcd(2160, 2016) = 24 · 32 .
2. On utilise aussi la décompositions en facteurs premiers pour déterminer le nombres
de diviseurs positifs d’un entier.
On peut déterminer celui de 308 = 22 · 7 · 11 via un arbre de dénombrement.
C OROLLAIRE 2.4.2
Si a est un entier composé de factorisation (ou décomposition) a = ± ps11 ps22 · · · pskk alors
le nombre de ces diviseurs positifs est :
(s1 + 1)(s2 + 1) · · · (sk + 1)
E XERCICE 13
1. Déterminer le nombres de diviseurs positifs de chacun des nombres 2016, 1056 et
1119.
2. Déterminer ppcm(2016, 1056 ) et pgcd(4032, 2 × 1119).
E XERCICE 14
Soit k, m et n des entiers tel que gcd(m, n) = 1.
On suppose qu’un nombre premier p > 2 divise gcd(km2 + 4, kn2 − 4).
Justifier que p ne divise aucun des entier k, m et n.
E XEMPLE 2.5.1
7 8
F0 = 3, F1 = 5, F2 = 17, F3 = 257, F4 = 65537, F7 = 22 + 1, F8 = 22 + 1, · · · .
E XEMPLE 2.5.2
M2 = 3, M3 = 7, M4 = 15, M5 = 31, M6 = 63, M7 = 127, M8 = 255, · · · .
Attention
Tous les nombres de Mersenne ne sont pas premiers : M8 = 3 × 5 × 17, M11 = 2047 =
23 × 89, · · · .
E XERCICE 15
1. Justifier qu’un entier x est un nombre de Fermat si et seulement si ln(ln(x−1))−ln(ln
ln 2
2)
∈
N.
2. L’entier dont l’écriture hexadécimale est 8 · 1015 est-il un nombre de Fermat ?
E XERCICE 16
Soient a ≥ 2, m ≥ 2 deux entiers et p = am − 1.
1. Montrer que si p est premier alors a = 2 et m est premier.
2. La réciproque est-elle vraie ?
E XEMPLE 2.5.4
2, 3, 5, 11, 23, 29, 41, 53, 83, 89, 113, 131, · · · sont des nombres premiers de Sophie
Germain.
E XERCICE 18
Les nombres suivants : 59, 179, 491, 983, 1103, 1223, 1259, 1289, 1397. sont-ils
1. des premiers de Sophie Germain ? Justifier.
2. des premiers sûr ? Justifier.
Remarque 2.5.2
Le premiers de Sophie Germain record, en 2016, est 2 618 163 402 417 × 21290000 − 1 [4],
les deux nombres possèdent 388 342
Il y a une Conjecture qui dit qu’il existe une infinité de nombres premier de Sophie
Germain
Remarque 2.5.3
Dans une chaîne de Cunningham, à l’exception du premier élément et du dernier élément,
chaque élément est à la fois un nombre premier de Sophie Germain et un nombre premier
sûr. Le premier élément dans la chaîne est un nombre premier de Sophie Germain et le
dernier un nombre premier sûr.
E XERCICE 19
Donner deux chaînes de Cunningham.
E XEMPLE 2.5.6
D ÉFINITION 2.5.6
Soit p un nombre premier. Le primoriel p est l’entier défini par p# = 2 × 3 × 5 × 7 × · · · ×
p.
E XEMPLE 2.5.7
P ROPRIÉTÉ 2.6.2
Soit n ≥ 2 un entier. Si le nombre de Mersenne Mn = 2n − 1 est premier alors n est un
nombre pemier.
Il existent d’autres formules telles que celle de Ruiz, (en 2000) et la tentative par une
suite récurrente de Rowland, (en 2008). Mais comme on peut le constater avec celles
données ci-dessus ces formules sont aussi lourde pour manipulation.
E XEMPLE 2.6.1
Considerons la suite (un )n≥1 où un = 3n + 1.
Les nombres premiers 7, 13, 19, 31, · · · sont des éléments de cette suite.
E XEMPLE 2.7.1
100 ≡ 9 (mod 13), 2022 ≡ 2 (mod 10), 3341 ≡ 2 (mod 7).
Remarque 2.7.1 Pour tous entiers a et b et pour tous entiers naturels non nuls n et k, on
a:
(a ≡ b (mod n)) =⇒ ak ≡ bk (mod n) .
P ROPRIÉTÉS 2.7.3
Soient a, b, c, d des entiers et n un entier naturel non nul.
1. Si a ≡ b (mod n) et d divise n, d > 0, alors a ≡ b (mod d)
2. Si a ≡ b (mod n) alors ac ≡ bc (mod nc) pour tout entier c > 0.
3. Soit f est une fonction polynomiale à coefficients entiers.
Si a ≡ b (mod n) alors f (a) ≡ f (b) (mod n)
4. Si (n1 , n2 , · · · , nk ) est une famille d’entiers naturels non nuls et a ≡ b (mod ni )
pour tout i ∈ {1, 2, · · · , k}, alors a ≡ b (mod ppcm(n1 , n2 , · · · , nk ))
5. Si a ≡ b (mod n), alors pgcd(a, n) = pgcd(b, n).
E XERCICE 20
1. Déterminer le dernier chiffre (chiffre des unités) du nombre 720 .
E XERCICE 21
Le R.I.B. (Relevé d’Identité Bancaire) est un nombre constitué de gauche à droite de la
façon suivante :
Code de la banque Code du guichet Numéro de compte clé
| {z }| {z }| {z } | {z }
5 chiffres 5 chiffres 11 chiffres 2 chiff
Pour calculer la clé de contrôle d’un RIB, on considère le nombre a formé par les 21
premiers chiffres ; on calcule le reste r de la division euclidienne de N = 100 × a par 97 ;
la clé R.I.B est 97 − r.
Soit le RIB (incomplet)
Code de la banque Code du guichet Numéro de compte clé
12345 25896 35715942681 ? .
1. Soit n ∈ {2, · · · , 19}. Donner dans un tableau les restes des divisions euclidiennes
de 10n par 97.
2. Calculer la clé de contrôle d’un RIB.
E XERCICE 22
1. Soit g une fonction Arithmetique. Justifier que si g est multiplicative alors g(1) = 1.
2. Soit a ∈ R. Justifier que Na donné par Na (n) = na pour tout n ∈ N \ {0}, est une
fonction Arithmetique multiplicative.
Remarque 2.7.2
— La fonction d’Euler est multiplicative.
— Le système modulaire de réduction (mod m) est un groupe multiplicatif conte-
nant ϕ(m) éléments.
P ROPRIÉTÉ 2.7.1
Soient n un entier naturel non nul et p un entier premier. On a :
ϕ(pn ) = pn − pn−1
Preuve. pgcd(a, m) = 1 alors la classe ā, résidu de a (mod m) est un élément du système
modolaire de réduction (mod m). Ainsi il est inversible (car le système modolaire de
réduction (mod m) est un groupe multiplicatif). Par ailleurs l’ordre de ā divise l’ordre
du système modolaire de réduction (mod m) qui est ϕ(m). Donc (ā)ϕ(m) = 1̄ = aϕ(m) .
D’où aϕ(m) ≡ 1 (mod m)
On déduit le résultat suivant qu’on appelle " le petit théorème de Fermat".
Proposition 2.7.1
Soient a et b des entiers et p un entier premier. On a : a2 ≡ b2 (mod p) ⇒ a ≡ ±b
(mod p)
Résulat. 23
est résoluble si et seulement si a ≡ b (mod pgcd(m, n)). Dans le cas où une solution
x0 existe, x est aussi solution si et seulement si x ≡ x0 (mod ppcm(m, n)).
Preuve. Supposons que le système admet de solutions. Alors il existent t,t 0 entiers tel que
x = a + tm = b + t 0 n. Donc a − b = t 0 n − tm ≡ 0 (mod pgcd(m, n)).
Réciproquement si a ≡ b (mod pgcd(m, n)), alors a − b ≡ 0 (mod pgcd(m, n)) et
d’après Bézout, il existent t,t 0 entiers tel que a − b = tm + t 0 n ce qui implique que a +
(−t)m = b + t 0 n. D’où le système admet de solutions.
( Soit x0 une autre solution,(on :
x0 ≡ a ≡ x (mod m) x0 − x ≡ 0 (mod m)
⇒
x0 ≡ b ≡ x (mod n) x0 − x ≡ 0 (mod n)
Donc x0 − x ≡ 0 (mod ppcm(m, n))
Réciproquement, x0 − x ≡ 0 (mod ppcm(m, n)) implique que x0 − x ≡ 0 (mod m) et
x0 − x ≡ 0 (mod n). D’où le résultat.
x = a1 M1 y1 + · · · + ak Mk yk
E XEMPLE 2.7.5
Lorsque les mi ne sont pas premiers
entres eux deux à deux.
x ≡ 1 (mod 2)
(
x ≡ 1 (mod 6)
⇔ x ≡ 1 (mod 3)
x ≡ 4 (mod 15)
x ≡ 4 (mod 5)
(
x ≡ 1 (mod 3)
x ≡ 4 (mod 15) ⇔
x ≡ 4 (mod 5)
E XERCICE 24
Dans l’armée de Han Xing il y a entre 1000 et 1100 soldats. Combien cette armée
comporte-t-elle de soldats si, rangés par 3 colonnes, il reste 2 soldats, rangés par 5 co-
lonnes, il reste 3 soldats et, rangés par 7 colonnes, il reste 2 soldats ?
Théorème 2.7.7
Soient a, b des entiers et m un entier naturel.
L’équation ax ≡ b (mod m) admet de solution si et seulement si pgcd(a, m) divise b.
Si pgcd(a, m) divise b l’équation admet exactement d solutions.
C OROLLAIRE 2.7.2
Soient a, b des entiers et m un entier naturel.
Si pgcd(a, m) = 1 alors l’équation ax ≡ b (mod m) admet une seule solution (mod m).
Remarque 2.7.3
Soient a, b, c des entiers et m un entier naturel.
L’équation ax + by ≡ c (mod m) admet de solution si et seulement si pgcd(a, b, m)
divise c.
E XERCICE 25
1. Déterminer le reste dans la division euclidienne de 52022 par 11.
2. Justifie que le produit de trois entiers consécutifs est divisible par 3.
3. Soit n ≥ 2 un entier. Montrer que n5 − n est divisible par 30.
E XERCICE 26
1. Résoudre 20x ≡ 4 (mod 30).
2. Montrer que si pgcd(a, 42) = 1 alors 168 divise a6 − 1.
3. Prouver que a7 ≡ a (mod 42), ∀a ∈ Z (utiliser le petit Théorème de Fermat).
4. Prouver Φ(3n) = 3Φ(n) si et seulement si 3 divise n.
Définition 2.8.1 Soit p un entier naturel premier impair et soit a un entier tel que p ne
divise pas a.
On dit que a est un résidu quadratique modulo p ou un carré modulo p lorsque l’équa-
tion x2 ≡ a(mod p) admet de solutions dans Z.
Dans le cas contraire, on dira que a est non-résidu quadratique modulo p.
Remarque 2.8.1
Si a ≡ b (mod p), alors a est résidu quadratique de p si et seulement si b est résidu
quadratique" de p.
Exemple 3 On a 15508 45
47 = 47 car 15508 ≡ 45(mod 47). Donc
15508 32 ×5 3 2 5
47 = 47 = 47 47
3 2
47 = 1 et d’après la loi de réciprocité quadratique, on a :
5 5−1 47−1 47 47
47 = (−1)
2 (
5 ) = ( 5 ).
2
47 2
5 = 5 car 47 ≡ 2(mod 5)
2
5 ne divise pas 2 et c’est un non résidu quadratique modulo 5, donc 5 = −1. Ainsi
15508
47 = −1
1. Si l’un au moins des nombres premiers p et q est congru à 1 modulo 4, alors p est
un résidu quadratique modulo q si et seulement si q en est un modulo p.
P ROPRIÉTÉS 2.8.1
Soient p 6= 2 premier et a, b des entiers relativement premiers avec p.
1. Si a ≡ b (mod p), alors ap = bp
2
2. ap = 1
p−1
3. ap ≡ a 2 (mod p)
4. ab p = p
a b
p
C OROLLAIRE 2.8.2
Si p et q sont des entiers premiers impairs alors
(
q p 1 si p ≡ 1 (mod 4) ou q ≡ 1 (mod 4)
=
p q −1 si p ≡ q ≡ 3 (mod 4)
E XERCICE 27
Soient p et q deux entiers premiers impairs. Vérifier que
p
q q si p ≡ 1 (mod 4) ou q ≡ 1 (mod 4)
=
p − p si p ≡ q ≡ 3 (mod 4)
q
P ROPRIÉTÉS 2.8.2
Soient p un entier premier impair et a un entier relativement premier avec p.
1. Si la factorisation est a = ±2k0 pk11 pk22 · · · pkr r alors
k0 k1 kr
a ±1 2 p1 pr
= ···
p p p p p
2. (
3 1 si p ≡ ±1 (mod 12)
=
p −1 si p ≡ ±5 (mod 12)
E XERCICE 28
Soient a, b et c des entiers positifs que gcd(b, c) = 1.
1. Justifier que pour tous a > 0 et tous b ≥ 2 on a : a2 b2 + 4a < (ab + 1)2 .
2. En deduire que si (a, b) 6= (0, 0), (1, 0) alors l’entier (a2 b2 +4a) n’est pas un carré
parfait.
2 2
3. Calculer le symbole a b 3+4a selon les valeur des entiers a et b.
4. Prouver aussi que pour tous a > 0 et tous c ≥ 2, (a2 c2 − 4a) n’est pas un carré
parfait.
5. Soit p ≡ 3 (mod 4) un nombre premier qui divise a. On pose X = (ab2 + 4)(ac2 −
4).
(a) Verifier que pour (a, b, c) = (4, 7, 3), (4, 7, 17), X est un carré parfait.
(b) Calculer le symbole Xp puis conclure.
E XERCICE 29
1. Résoudre
(a) 3x2 + 9x + 7 ≡ 0 (mod 13) ;
(b) x2 − x ≡ 7 (mod 3).
2. Montrer que 3 est résidu quadratique modulo 23.
3. Trouver la valeur de : −72
11 215
131 ; 23 ; 253 .
2.9 Numération
2.9.1 Bases de numération
Toutes les civilisations anciennes de Chine, Mésopotamie, Égypte, Amérique du Sud,...
ont inventé un système de numération. Mais ces différents systèmes de numération ne per-
mettaient pas d’effectuer facilement les opérations.
Le système décimal (base dix) a l’avantage de rendre simples toutes les opérations.
Le système binaire (base deux) est adapté à l’Informatique qui utilise également se
système hexadécimal (base seize) pour réduire la taille de l’écriture des nombres (code
ASCII).
Nous admettons la proposition suivante :
E XEMPLE 2.9.1
Pour écrire un entier naturel en base b, les chiffres utilisés sont 0; 1; ..., b − 1.
Système binaire
Pour écrire un entier naturel en base deux, les chiffres utilisés sont 0 et 1.
Système octal
C’est le système de numération de base huit. Pour écrire un entier naturel dans une
telle base, les chiffres utilisés sont 0; 1; ..., 6 et 7.
Système hexadécimal
C’est le système de numération de base seize. Pour écrire un entier naturel dans une
telle base, les chiffres utilisés sont 0; 1; ..., 9 A, B, C, D, E et F, où A, B, C, D, E et F
reprśentent respectivement 10; 11; 12; 13; 14 et 15.
16 16
E XEMPLE 2.9.4 1. Écrivons en système décimal les nombre FAC et F0A5 .
2. Écrivons en système hexadécimal les nombres 2022, 765043219 et 2988.
36