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Le contenu de la réglementation 11
I. Les règles communes 11
II. Le visa de court séjour 13
A. Les conditions de l’entrée dans l’espace Schengen pour un court séjour 13
B. Les garanties sur les conditions du séjour et des ressources 14
C. L’attestation d’accueil 15
D. Le visa uniforme de court séjour (type C) 16
Les recours 23
I. La décision de refus de visa 23
A. Refus exprès et refus implicite 23
B. La motivation du refus de visa 23
C. Le refus de visa motivé par l’inscription au SIS 24
D. Autres arguments invocables contre un refus de visa 25
Annexes 31
I. L'acquis de Schengen
Convention d’application de l’accord de Schengen du 14 juin 1985, relatif à la suppression graduelle des contrôles
aux frontières communes [Extraits] 32
Règlement (CE) n° 562/2006 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2006 établissant un code
communautaire relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen) 37
Instructions consulaires communes relatives aux conditions de délivrance d’un visa uniforme,
valable pour le territoire de toutes les parties contractantes 45
Règlement (CE) n° 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants
sont soumis à l’obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des États membres et la liste de ceux
dont les ressortissants sont exemptés de cette obligation 59
Règlement (CE) n° 1683/95 du Conseil du 29 mai 1995 établissant un modèle type de visa 63
Présentation
I. Signification du visa et évolution gers qui dispensaient les ressortissants de ces pays
de visas de court séjour pour entrer en France. Le
Chaque État, dans l’exercice de sa souveraineté, processus a été arrêté avec l’arrivée de la gauche au
peut contrôler l’accès des étrangers à son territoire. pouvoir, en 1981, de sorte que les ressortissants des
Le visa est l’une des formes que prend ce contrôle. principaux pays d’émigration étaient encore dispen-
Le visa concrétise l’autorisation donnée par sés de visa jusqu’en 1986. Cette année-là, le gouver-
l’État à un étranger d’entrer sur son territoire, nement Chirac a décidé le rétablissement généra-
même si, par la suite, la présentation du visa ne lisé des visas : la mesure, présentée comme une ré-
donne pas l’assurance de pouvoir pénétrer sur le ponse d’urgence à la vague de terrorisme, n’était en
territoire. réalité que la reprise de la politique entamée avant
1981, et elle est devenue depuis lors l’un des leviers
Notons cependant qu’il n’y a pas de lien auto- de la « maîtrise des flux migratoires » désormais
matique entre la formalité du visa, qui est une exi- mise en œuvre au niveau communautaire.
gence de procédure, et la sévérité des conditions
de fond auxquelles est subordonné l’accès à un ter- Traditionnellement, le visa avait surtout pour
ritoire. Certains pays imposent un visa sans exer- fonction de protéger l’État contre les menaces pour
cer de contrôle poussé, le visa étant aussi un moyen la sécurité publique. Il en a acquis une seconde,
de faire entrer des devises. À l’inverse, il est possi- qui tend, sinon à supprimer, du moins à supplan-
ble d’exercer un contrôle strict aux frontières sans ter la première : l’obligation de produire un visa
exiger de visa (ce qui était le cas en France avant sert surtout à éviter que des étrangers présentant
1986). L’expérience a montré, néanmoins, que la un « risque migratoire » ne pénètrent sur le terri-
formalité du visa rend le franchissement des fron- toire. Le Conseil d’État a d’ailleurs admis que le
tières beaucoup plus difficile. visa pouvait être refusé non seulement pour des
motifs d’ordre public mais pour tout autre motif
d’intérêt général, y compris dans un but de pré-
De la sécurité publique vention de l’immigration irrégulière.
au « risque migratoire »
Le visa est une institution relativement an- Effacement des frontières intérieures
cienne, contemporaine de la constitution des États de l’UE et renforcement des frontières
souverains délimités par des frontières stables. Mais extérieures
la pratique varie beaucoup selon les époques. À la
veille de la première guerre mondiale, par exem- La communauté européenne s’est fondée sur
ple, la formalité du passeport et a fortiori du visa la base d’une libre circulation économique interne ;
avait presque entièrement disparu en Europe, mais petit à petit, l’idée d’une libre circulation des per-
elle redeviendra la règle dans l’immédiat après- sonnes au sein de l’Union européenne avance tan-
guerre. Après la seconde guerre mondiale, l’évolu- dis que se renforce la sécurisation des frontières
tion de la réglementation, à partir des années cin- extérieures.
quante, a été dans le sens d’un assouplissement Le 19 juin 1990, la signature de la Convention
constant, d’abord dans le contexte communautaire, d’application des accords de Schengen (en vigueur
mais aussi plus largement par le biais de conven- depuis 1995) amorçait cette politique sur un « es-
tions bilatérales ou parfois multilatérales dispen- pace Schengen » limité qui s’est graduellement
sant de la formalité du visa – régime dont ont no- étendu par des accords successifs. Sur cet espace
tamment bénéficié les ressortissants des anciens expérimental, les règles communes de franchisse-
territoires d’outre-mer. ment des frontières extérieures – visas, autres con-
Cette évolution a été brutalement stoppée à par- ditions à l’entrée, contrôles informatiques – se sont
tir de 1974 et, à la fin du septennat giscardien, la élaborées progressivement.
décision a été prise de dénoncer systématiquement Dès 1992, le traité de Maastricht prévoyait une
l’ensemble des accords passés avec les pays étran- réglementation commune au niveau de l’Union
page 6 Gisti
européenne de certains dispositifs relatifs aux vi- l’exigence de visa de long séjour qui restent cepen-
sas. Depuis 1999, avec l’entrée en vigueur du traité dant nombreuses (voir pp. 18-19).
d’Amsterdam, le principe de l’effacement progres-
Les étrangers entrés en France comme deman-
sif des frontières intérieures de l’Union européenne
deurs d’asile sans être en possession d’un visa, et
et de l’harmonisation des règles du franchissement
dont la demande de reconnaissance du statut de
des frontières extérieures est acquis. Le visa, insti-
réfugié a finalement été rejetée, sont considérés ré-
tution nationale, est devenu dans une large mesure
trospectivement comme étant entrés irrégulière-
une institution communautaire.
ment en France : cette entrée irrégulière risque de
faire obstacle à leur régularisation.
II. Le rôle du visa
III. Les sources
Le visa, condition d’entrée sur le territoire
français
de la réglementation
Sauf convention internationale plus favorable,
le visa est l’une des conditions exigées pour entrer A. Le droit français
en France. Toutefois, si la présentation du visa est Les conditions de l’entrée en France des étran-
une condition nécessaire, elle n’est pas une condi- gers en droit interne font l’objet du livre II du Code
tion suffisante. En effet, la possession d’un visa ne de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit
confère pas automatiquement le droit d’entrer sur d’asile (Ceseda) qui, depuis le 1er mars 2005, a rem-
le territoire : d’autres documents sont exigés, en placé l’ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre
fonction de l’objet du séjour en France (moyens 1945 et a été modifié par la loi n° 2006-911 du
d’existence, garanties de rapatriement, assurance, 24 juillet 2006 (voir en annexe pp. 65 à 67).
attestation d’accueil le cas échéant) et l’accès au
L’exigence du visa est posée, sauf dérogations :
territoire peut en outre être refusé pour des motifs
d’ordre public. Par ailleurs, l’autorité de police à – pour l’entrée en France, par l’article L 211-1
la frontière dispose d’un assez large pouvoir d’ap- du Ceseda qui prévoit que « pour entrer en
préciation pour vérifier que l’ensemble des condi- France, tout étranger doit être muni des docu-
tions requises sont remplies. ments et visas exigés par les conventions inter-
nationales et les règlements en vigueur » ;
À l’inverse, conformément à l’article 31 de la
Convention de Genève, les demandeurs d’asile ne – pour l’octroi des cartes de séjour, par l’article
peuvent se voir refuser l’accès du territoire fran- L 311-7 du Ceseda (voir pp. 9 et 18-19).
çais au motif qu’ils ne remplissent pas ces condi-
tions, notamment celle de l’obligation de visa. B. L’espace Schengen
Il existe également des instructions aux poli- – mesure d’éloignement, de renvoi ou d’expul-
ces aux frontières de l’espace Schengen, un « Code sion, non rapportée ni suspendue comportant
communautaire relatif au franchissement des fron- ou assortie d’une interdiction d’entrée, ou, le
tières par les personnes » (dénommé ci-dessous sous cas échéant de séjour.
son nom abrégé de « Code frontières Schengen », Les autorités consulaires doivent vérifier,
voir p. 37 à 44). Ce code dispose dans son avant la délivrance de visa, que le demandeur n’est
article 20 que : « les frontières intérieures peuvent pas inscrit aux fins de non-admission au système
être franchies en tout lieu sans que des vérifications d’information Schengen. L’inscription au SIS fait
aux frontières soient effectuées sur les personnes, en principe obstacle à la délivrance du visa. L’ad-
quelle que soit leur nationalité ». Il établit les règles ministration peut toutefois, pour « motifs huma-
communes du contrôle des personnes franchissant nitaires ou d’intérêt national ou en raison des obli-
les frontières extérieures. gations internationales », passer outre ; dans ce
La Grande Bretagne et l’Irlande maintiennent cas, le visa a une validité territoriale limitée (voir
leurs frontières maritimes. A court terme, les fron- p. 8).
tières intérieures des dix États devenus membres
en 2004 devraient s’effacer, mais cet élargissement C. La réglementation communautaire
de l’espace Schengen est encore conditionné à un
renforcement des contrôles aux frontières extérieu- Le 1er mai 1999, la Convention de Schengen et
res de ces États. l’ensemble des règlements de l’espace Schengen de-
viennent l’« acquis de Schengen » qui est intégré
au dispositif législatif du traité d’Amsterdam. L’évo-
Le système d’information Schengen (SIS)
lution de cet acquis et l’élargissement de l’espace
L’outil informatique de la sécurisation de l’es- Schengen relèvent désormais de la compétence du
pace Schengen est le SIS, fichier informatisé dans Conseil de l’Union européenne(1).
lequel chaque État inscrit les étrangers considérés
Selon l’article 62 du traité instituant la commu-
comme « persona non grata ». Il est établi par les
nauté européenne (TCE), le Conseil statue sur les
articles 92 à 119 de la Convention de Schengen et,
normes et modalités relatives au franchissement des
en droit français, par le décret n° 95-577 du 6 mai
frontières extérieures et, en matière de visa de court
1995 (voir pp. 34 à 36 et 78-79) ; une extension de
séjour, sur :
ce fichier (SIS II) est en cours.
– la liste des pays tiers dont les ressortissants
Selon l’article 96 de la Convention, un étran- sont soumis à l’obligation de visa ;
ger peut être notamment signalé par le SIS aux fins
de non admission dans l’espace Schengen pour les – les procédures et les conditions de délivrance
motifs suivants : des visas par les États membres ;
– condamnation pour une infraction passible – un modèle type de visa ;
d’une peine de prison d’au moins un an ; – des règles en matière de visa uniforme.
– raisons sérieuses de croire qu’il a commis des L’article 1er du « Code frontières Schengen » se
faits punissables graves (dont trafic de stupé- situe clairement dans le cadre d’un espace Schengen
fiants) ou indices sérieux selon lesquels il s’ap- bientôt élargi à l’ensemble des États membres : « Le
prêterait à les commettre ; présent règlement prévoit l’absence de contrôle aux
(1) Règlement (CE) n°789/2001 du Conseil du 24 avril 2001 (JOUE L116 du 26 avril) modifié par la décision 2004/927/CE du
Conseil du 22 décembre 2004 (JOUE du 31 décembre) ; depuis le 1er janvier 2005, le conseil statue selon la procédure de codécision
à la majorité qualifiée.
page 8 Gisti
frontières des personnes franchissant les frontières l’espace Schengen sans possibilité d’entrer sur le
intérieures entre les États membres de l’Union euro- territoire, à l’occasion d’une escale d’un vol inter-
péenne. Il établit les règles applicables au contrôle national.
aux frontières des personnes franchissant les fron-
Remarques : 1/ On trouve dans certains textes
tières extérieures des États membres de l’Union euro-
une référence aux visas de sortie ou de retour
péenne ». Les frontières insulaires de la Grande
(l’article 5.3 du « Code frontières Schengen »
Bretagne et de l’Irlande continueront cependant à
mentionne par exemple un visa de retour). Il n’en
être considérées comme extérieures.
existe toutefois plus d’application en droit in-
A l’exception du Danemark, du Royaume Uni terne, depuis que le Conseil d’État a censuré à
et de l’Irlande, qui se réservent la possibilité de deux reprises le visa de sortie et retour instauré
choix sélectifs parmi les décisions, tous les États en 1986 sur la base d’une simple circulaire (CE,
membres sont concernés par cet « acquis de 22 mai 1992, Gisti) et que le visa de sortie, insti-
Schengen ». Il en va de même pour les États asso- tué par la loi Pasqua en 1993 pour les ressortis-
ciés – Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse. sants de certains pays, a été supprimé par la loi
Chevènement de 1998. En cas d’urgence, le pré-
fet ou le consul peuvent cependant délivrer un
IV. Les différents types de visas « visa de retour » mais il ne s’agit que d’une
« information destinée à faciliter les formalités à
On distingue traditionnellement deux grandes
la frontière »(2).
catégories de visas : le visa de court séjour ou visa
de tourisme, délivré pour des séjours de moins de 2/ La grande majorité des visas fait l’objet d’une
trois mois, et le visa de long séjour dit aussi visa demande, d’une instruction et d’une décision in-
d’établissement, qui permet de séjourner en France dividuelles ; rien ne s’oppose toutefois à la déli-
pour une durée supérieure à trois mois. L’appari- vrance d’un visa collectif qui peut être apposé
tion de nouvelles catégories de visas est toutefois sur un passeport collectif, par exemple pour un
venue brouiller cette distinction. voyage de groupe : c’est un type de visa uniforme
expressément prévu par l’article 2.1.4 des instruc-
A. Visas de court séjour tions consulaires communes (voir p. 45).
(2) CE réf., 3 juillet 2004, n° 270462 F-D, Moussaoui, dans le cas d’un réfugié statutaire retournant au pays avec un sauf-conduit
français.
Les visas en France page 9
cle 138 de la Convention de Schengen, seul le ter- être subordonné à la production par l’étranger d’un
ritoire européen de la France fait partie de l’espace visa de séjour d’une durée supérieure à trois mois ».
Schengen. Ainsi, une personne souhaitant se ren- L’exigence du visa de long séjour n’est cepen-
dre vers l’une de ces terres ultramarines devra, si dant pas systématique, bien que son champ se soit
elle est soumise à visa, solliciter un visa spécifique élargi par la réforme de 2006 (voir pp. 18 et 19).
(voir p. 21).
Par ailleurs, en vertu de l’article 18 de la Con-
vention de Schengen(3) relatif à la libre circulation
3. Visas préalables à un établissement
avec un visa long séjour (voir p. 33), les titulaires
en France d’un visa de long séjour peuvent, dans l’attente de
Il existe aussi des visas de court séjour d’une la délivrance de leur titre de séjour, se déplacer dans
nature un peu particulière, dans la mesure où ils l’espace Schengen pour une durée maximale de
visent expressément l’établissement en France et 90 jours comme s’ils disposaient d’un visa de court
sont régis exclusivement par le droit interne. Ce séjour (donc en satisfaisant aux autres conditions
sont : requises, voir pp. 13 à 16).
– le visa portant la mention « étudiant-con-
cours », d’une durée inférieure ou égale à trois C. Visas « mixtes »
mois, qui permet à l’étudiant étranger, dont
l’inscription définitive dans un établissement Il s’agit de visas d’une durée supérieure à trois
d’enseignement supérieur est liée à la réussite mois, qui pour autant ne sont pas des visas de long
d’un examen d’entrée, de passer cet examen séjour, car n’ayant, en principe, pas vocation à per-
en France et, en cas de réussite, d’obtenir une mettre la délivrance d’un titre de séjour.
carte de séjour temporaire ; - Un visa de long séjour temporaire, d’une du-
– le visa portant la mention « carte de séjour à rée comprise entre trois et six mois, a été créé
solliciter dès l’arrivée en France », délivré dans par le décret n° 99-352 du 5 mai 1999 ; il peut
certains cas particuliers, notamment aux étran- être assorti d’une autorisation provisoire de tra-
gers qui peuvent prétendre à l’obtention d’une vail (APT) à solliciter en France, et concerne
carte de résident en justifiant d’un séjour régu- principalement les étudiants venant pour une
lier sans être soumis à l’obligation de visa de formation courte notamment dans le cadre
d’échanges, les stagiaires professionnels et les
long séjour ou aux membres de la famille d’un
cadres détachés en France. S’il le mentionne
ressortissant communautaire (voir pp. 20-21).
expressément, il vaut aussi pour le court-séjour
dans les autres États Schengen.
B. Visas de long séjour
- Le visa vacances-travail permet un séjour d’une
Le visa de long séjour permet à l’étranger de année avec autorisation de travail, pour de jeu-
séjourner en France au-delà des trois mois pendant nes étrangers âgés de 18 à 30 ans, dans le cadre
lesquels il peut rester légalement en France sous d’accords bilatéraux. De tels accords existent
couvert de son seul passeport, revêtu le cas échéant à ce jour avec le Japon, la Nouvelle-Zélande et
d’un visa de court séjour. Le visa de long séjour l’Australie.
doit donc, sauf exceptions, être produit par l’étran- - Le visa pour étudiant mineur peut être délivré
ger qui sollicite la délivrance d’un titre de séjour. Il à un mineur scolarisé en France dont les pa-
est exclusivement régi par le droit interne. rents résident hors de France. Établi par le pré-
L’article L 311-7, introduit dans le Ceseda par fet, ce visa permet au mineur d’être réadmis en
la loi 2006-911 du 24 juillet 2006, dispose que « sous France sans visa et cela jusqu’à sa majorité ; à
réserve des engagements internationaux de la France l’âge de 18 ans, il devra solliciter la délivrance
et des exceptions prévues par les dispositions législa- d’un titre de séjour.
tives du présent code, l’octroi de la carte de séjour
Remarque : Un mineur étranger peut aussi ob-
temporaire et celui de la carte de séjour « compéten-
tenir un :
ces et talents » sont subordonnés à la production par
l’étranger d’un visa d’une durée supérieure à trois - Document de circulation pour étranger mineur
mois ». Cet article renforce le caractère impératif (DCEM) s’il remplit les conditions de l’obtention
du visa de long séjour par rapport à l’article L 313- de plein droit d’une carte de séjour à la majorité ;
2 de la version antérieure du Ceseda qui disposait - Titre d’intégration républicaine (TIR) s’il est né
que « l’octroi de la carte de séjour temporaire peut en France.
(3) Article modifié par le règlement (CE) n° 1091/2001 du Conseil du 28 mai 2001.
page 10 Gisti
Pour les conditions précises de délivrance de ces Le mineur peut alors voyager et revenir en France
documents, voir par exemple le cahier juridique muni seulement de son passeport et de ce docu-
« La circulation des mineurs étrangers hors de ment ; le visa pour étudiant mineur ne le concerne
France », Gisti, 2006. pas.
Les visas en France page 11
Le contenu de la réglementation
29 mai 1995 révisé – voir en annexe pp. 63 et 64 – et
Les règles évoquées dans ce cahier juridique annexe 8 des Instructions consulaires communes).
s’appliquent à l’accès des ressortissants des pays Certains types de visa à validité territoriale li-
tiers au territoire métropolitain de la France. mitée peuvent enfin être délivrés en France par la
Les modalités de la libre circulation des ressor- préfecture. Ils concernent l’Outre-mer (voir p. 21),
tissants communautaires ou associés et de leurs certains mineurs scolarisés (voir p. 19) et certains
familles sont rappelées dans la section V. conjoints de Français (voir p. 19).
Les spécificités de l’accès aux départements, ter-
ritoires ou collectivités d’outre-mer sont présen- Délais d’obtention d’une décision
tées dans la section VI.
Les délais d’instruction des demandes de visa
Les statuts spéciaux des chefs d’État, diplo- sont variables ; ils peuvent être très longs s’il s’agit
mates, fonctionnaires internationaux, marins, d’étrangers originaires des pays qui sont considé-
pilotes et équipages d’avions… ne sont pas rés comme présentant un « risque migratoire ». Il
abordés ici ; on trouve le régime qui leur est en résulte que les décisions interviennent rarement
applicable dans les annexes du « Code fron- dans le délai de deux mois à l’expiration duquel
tières Schengen » et des Instructions consu- naît une décision implicite de rejet.
laires communes.
La loi du 24 juillet 2006 relative à l’immigra-
tion et à l’intégration comporte une disposition
singulière : « les autorités diplomatiques ou consu-
I. Les règles communes laires sont tenues de statuer sur la demande de visa
de long séjour formée par le conjoint de Français
Autorité compétente et forme du visa dans les meilleurs délais ». Le projet de loi prévoyait
Les visas sont délivrés ou refusés par les auto- en effet que le conjoint de Français ne pourrait
rités consulaires ou diplomatiques françaises du bénéficier d’une carte de séjour que s’il était muni
pays dans lequel se trouve l’étranger qui entend se d’un visa de long séjour. Cet amendement a été
rendre en France. Toutefois, le visa de court séjour introduit par les députés inquiets des conséquen-
dit « visa uniforme » peut être délivré par les auto- ces pour les couples mixtes d’une séparation trop
rités d’un autre État Schengen. longue, le conjoint étranger étant conduit à retour-
ner au pays et à y attendre pendant une durée très
Pour la France, sont en principe compétents : aléatoire la délivrance de ce visa de long séjour
– le chef d’un poste consulaire (le consul) ; (voir p. 19). Sans être contraignant vis-à-vis du
– le chef de mission diplomatique représentant consul, cet amendement est révélateur du trop long
l’État français (en général l’ambassadeur) sur silence auquel se heurtent souvent les demandeurs
une circonscription consulaire (tout ou partie de visa.
de l’État selon sa taille) ; Le très grand nombre de décisions implicites
– dans certaines circonstances exceptionnelles, rend souvent illusoire l’obligation de motiver, lors-
le directeur des Français à l’étranger du minis- qu’elle est imposée par les textes, et contribue à en-
tère des affaires étrangères(4). tretenir l’opacité autour des pratiques des consulats.
La délivrance du visa prend la forme d’une vi-
gnette sécurisée apposée dans le passeport, suivant Motivation du refus
un modèle uniforme pour l’ensemble des pays de Par dérogation à la règle qui veut que les déci-
l’Union européenne (règlement du Conseil du sions administratives défavorables soient motivées,
(4) Décret n° 47-77 du 13 janvier 1947 relatif aux attributions des chefs de poste consulaire et des chefs de mission diplomatique
pourvus d’une circonscription consulaire en matière de passeports et de visas [modifié par le décret n° 2004-1543 du 30 décembre
2004].
page 12 Gisti
les refus de visa ont été dispensés de cette obliga- modalités d’une expérimentation de visas
tion par la loi Pasqua de 1986. Toutefois, depuis la biométriques portant sur sept postes de contrôle aux
loi du 11 mai 1998, les refus de visas opposés à cer- frontières et sept consulats ; un décret du 26 avril
taines catégories d’étrangers doivent être motivés, 2006 prolonge l’expérience sur trois ans en en éten-
sous réserve que des considérations tenant à la sû- dant considérablement le champ (voir pp. 80 à 82).
reté de l’État ne s’y opposent pas. Ces huit catégo-
ries sont définies par l’article L 211-2 du Ceseda Taxes
(voir p. 65) ; elles ouvrent la voie vers des jurispru-
Par décision en date du 20 décembre 2001, le
dences favorables sur lesquelles s’appuient les re-
Conseil de l’Union européenne a décidé que les
cours contentieux (voir pp. 23 et 25).
frais relatifs à une demande de visa doivent être
acquittés lors du dépôt de la demande, quelle que
Mémorisation des données du demandeur soit son issue. Si celle-ci est favorable, il n’y a pas à
de visa payer de frais supplémentaires. En revanche, si les
Un fichier VIS, système d’échange d’informa- autorités consulaires opposent un refus de visa, l’in-
tions entre les États membres en matière de visas de téressé n’a pas droit au remboursement des frais
court séjour, est en cours d’élaboration au niveau de perçus. Le gouvernement français applique cette
l’Union européenne(5) ; il intégrera progressivement décision depuis le 1er janvier 2003.
les données biométriques des demandeurs de visa Le 1er juillet 2005, ces frais ont été fixés à 35 €
auprès des consulats des États Schengen. La com- pour tous les visas uniformes(7). Chaque État mem-
mission européenne souhaite bientôt modifier les bre est libre de fixer les droits pour les visas de
instructions consulaires communes afin d’introduire long séjour : en France, 99 € en général, 50 € pour
l’identification biométrique du demandeur de visa(6). les étudiants.
En droit français, depuis la loi du 26 novembre A l’initiative de la France, le Conseil de l’Union
2003, « afin de mieux garantir le droit au séjour des européenne a, le 23 mai 2006(8), augmenté les frais
personnes en situation régulière et de lutter contre l’en- de dossier des visas uniformes, les portant à 60 €
trée et le séjour irréguliers des étrangers en France », afin de « tenir compte des conséquences de la mise
les empreintes digitales et une photographie des res- en œuvre du système d’information sur les visas et
sortissants étrangers qui sollicitent un visa afin de de l’introduction de la biométrie que cette mise en
séjourner en France ou dans l’espace Schengen peu- œuvre impose dans le processus d’examen des de-
vent être relevées, mémorisées et faire l’objet d’un mandes de visas ». Cette décision doit être appli-
traitement automatique ; elles doivent l’être si le visa quée par les États membres au plus tard le
est délivré (article L 611-6 du Ceseda). Un décret 1er janvier 2007 (au plus tôt le 1er octobre 2006) ; le
du 25 novembre 2004 établissait, pour deux ans, les tableau suivant s’appliquera dès cette date.
Schengen pendant trois mois, les étrangers munis professionnelles ; des cartes d’entrée à des foires
d’un titre de séjour (carte de séjour ou autorisa- et à des congrès, en cas de participation à un évé-
tion provisoire de séjour) sont dispensés de visa. nement de ce genre.
Les autres conditions sont requises ; si elles ne sont - Pour des voyages effectués dans le cadre d’étu-
pas remplies, un transit vers le pays qui a délivré le des ou d’un autre type de formation.
titre de séjour sera autorisé.
Le certificat d’inscription à un institut d’ensei-
Selon l’article L 212-1 du Ceseda, avec un pas- gnement en vue de prendre part à des cours d’en-
seport en cours de validité, la possession d’un titre
seignement professionnel ou théoriques dans le ca-
de séjour français ou d’un document de circula-
dre d’une formation de base ou d’une formation
tion délivré aux mineurs (DCEM ou TIR, voir
continue ; les cartes d’étudiants ou certificats rela-
p. 10) suffit pour être réadmis en France.
tifs aux cours suivis.
Selon l’article L 212-2 du Ceseda, l’étranger ve-
- Pour des voyages à caractère touristique ou privé.
nant rejoindre son conjoint autorisé à résider en
France ou le mineur (dépourvu de document de Concernant l’hébergement : une invitation de
circulation) venant rejoindre l’un de ses parents l’hôte, en cas d’hébergement chez une personne
régulièrement autorisé à résider en France doit être privée, ou une pièce justificative de l’établissement
muni d’un passeport en cours de validité et d’un d’hébergement.
visa ; les autres conditions ne sont pas requises. Concernant l’itinéraire : la confirmation de la
Dans les sous-sections suivantes, nous réservation d’un voyage organisé ou tout autre do-
détaillons les points que doivent connaître le voya- cument approprié indiquant le programme de
geur ou son hébergeant : voyage envisagé ; un billet de retour ou un billet
– les garanties sur les conditions du séjour et circulaire.
des ressources (partie B) ; En droit français, certaines de ces conditions
– l’attestation d’accueil (partie C) ; sont précisées par les articles 2 et suivants du dé-
– le visa uniforme de court séjour (partie D). cret du 27 mai 1982 modifié. Par exemple, pour
un voyage motivé par une hospitalisation, les justi-
ficatifs concernant le dossier médical et la preuve
B. Les garanties sur les conditions de la couverture de l’ensemble des frais seront re-
du séjour et les ressources quis (sauf dans le cas de soins en urgence).
Aux termes de l’article L 211-1 du Ceseda, pour Dans le cas d’un voyage privé, le justificatif
entrer en France, un étranger doit être muni « des d’hébergement est une attestation d’accueil qui a
documents et visas exigés par les conventions inter- remplacé en 1998 l’ancien certificat d’hébergement
nationales et les règlements en vigueur » et, « sous et dont le dispositif, considérablement renforcé par
réserve des conventions internationales, des docu- la loi du 26 novembre 2003, est présenté dans la
ments prévus par décret en Conseil d’État et relatifs, sous-section C.
d’une part, à l’objet et aux conditions de son séjour
et, d’autre part, s’il y a lieu, à ses moyens d’exis- Les moyens de subsistance
tence, à la prise en charge par un opérateur d’assu-
rance agréé, des dépenses médicales et hospitalières Selon le « Code frontières Schengen », l’appré-
y compris d’aide sociale résultant des soins qu’il pour- ciation se fait « par référence aux prix moyens en
rait engager en France, ainsi qu’aux garanties de ra- matière d’hébergement et de nourriture dans l’État
patriement ». membre concerné, pour un logement à prix mo-
déré multiplié par le nombre de jours de séjour ».
Les justificatifs à présenter sont précisés par Les montants de référence sont fixés chaque an-
les articles L 211-2 à 10 du Ceseda et par le décret née par les États.
du 27 mai 1982 modifié (voir pp. 65 et 70).
Pour la France, le montant de référence est le
Smic journalier (50,4 € en août 2006) rapporté à
L’objet et des conditions du voyage
la durée du séjour (la moitié pour une personne
Le « Code frontières Schengen » donne une munie d’une attestation d’accueil). Le décret de
liste indicative de justificatifs (voir p. 43). 1982 (article 3-1) énumère d’éventuels justificatifs.
- Pour des voyages à caractère professionnel.
L’invitation d’une entreprise ou d’une autorité L’assurance
à participer à des réunions, à des conférences ou à Conformément aux instructions consulaires
des manifestations à caractère commercial, indus- communes (article V.1.4) et à l’article L 211-1-2° du
triel ou professionnel ; d’autres documents qui font Ceseda, le décret de 1982 modifié (article 3-2) pré-
apparaître l’existence de relations commerciales ou voit l’exigence d’une assurance à hauteur de
Les visas en France page 15
30 000 € qui doit couvrir l’ensemble des dépenses d’accueil il a établies antérieurement. Une géné-
médicales ou hospitalières, y compris d’aide sociale, reuse hospitalité risque d’être interprétée comme
susceptibles d’être engagées pendant toute la durée un « détournement de procédure ».
du séjour en France. Elle peut être souscrite par Un même formulaire peut concerner le conjoint
l’étranger ou, pour son compte, par son hébergeant. et les enfants mineurs. L’accueil de plusieurs per-
Ces contrats d’assurance obligatoires sont coû- sonnes dépourvues de ces liens familiaux requiert
teux pour une faible couverture. plusieurs formulaires. Chaque formulaire rempli
coûte 15 €, quelles que soient les suites de la de-
C. L’attestation d’accueil mande.
Sauf dispenses, le justificatif des conditions du
Les contrôles effectués par le maire
voyage exigé pour une visite familiale ou privée est
une attestation d’accueil. Les conditions de la déli- La validation de l’attestation d’accueil relève
vrance de cette attestation sont établies par les ar- du maire qui fait effectuer les contrôles afin de
ticles L 211-3 à 8 du Ceseda et par le décret du vérifier les points suivants.
27 mai 1982 modifié (articles 2-1 et 2-2) ; elles sont a) L’étranger peut être accueilli dans un « loge-
minutieusement détaillées par une circulaire du ment décent(11) » et dans des conditions normales
23 novembre 2004 (voir pp. 71 à 77). d’occupation. Ces conditions pourront être véri-
fiées par une visite au domicile de l’hébergeant,
Dispenses effectuée soit par des agents de l’Agence nationale
– Séjour à caractère humanitaire ou culturel, à d’accueil des étrangers et des migrations (12)
l’invitation d’un organisme agréé ; (Anaem), soit par les services de la commune char-
gés des affaires sociales ou du logement. Si l’hé-
– cause médicale urgente ou maladie grave d’un bergeant refuse cette visite, cette condition sera
proche ; jugée non remplie. La circulaire précise qu’un large
– obsèques en France d’un proche. pouvoir d’appréciation est donné au maire.
b) L’hébergeant dispose de ressources suffisan-
L’établissement de la demande tes pour satisfaire à l’engagement de prise en charge
L’hébergeant doit se présenter personnellement financière de l’hébergé(13).
à la mairie du lieu de l’hébergement ; il remplit et Le maire peut refuser parce que certains des
signe sur place le formulaire sécurisé (voir p. 101- documents requis font défaut ou parce qu’il juge
102). S’il est étranger, il doit être titulaire d’un ti- les conditions non remplies ou parce qu’il lui appa-
tre de séjour d’au moins un an ou d’un récépissé raît que « l’attestation d’accueil sollicitée tend à cons-
de demande de renouvellement d’un tel titre ; ni tituer un détournement de procédure ». S’il délivre
une autorisation provisoire de séjour, ni un récé- l’attestation en vue de l’établissement d’un visa, il
pissé de première demande de titre de séjour ou sera informé par le consulat des suites de la demande
de demande d’asile ne sont admis. de visa, donc de l’arrivée de l’étranger dans sa com-
L’hébergeant doit produire les pièces justifica- mune. Pour les recours en cas de refus, voir p. 30.
tives de son identité, de son logement et de ses res-
sources ; il doit préciser l’identité de son invité, sa Le fichier des hébergeants
nationalité, les dates de son arrivée et de son dé- « Afin de lutter contre les détournements de pro-
part. Au cas où son hôte n’y pourvoirait pas, il s’en- cédure », l’article L 211-7 du Ceseda prévoit que les
gage à prendre en charge son séjour à hauteur du demandes d’attestation d’accueil peuvent faire l’ob-
Smic pendant toute la durée du visa ou, si l’inté- jet d’un traitement automatisé par la mairie. Un dé-
ressé n’est pas soumis à visa, pendant trois mois à cret du 2 août 2005 et une circulaire du 12 août (voir
compter de son entrée dans l’espace Schengen. En pp. 83 et 87) établissent les règles de ce fichier : en-
ce qui concerne l’attestation d’assurance, l’héber- registrement de l’ensemble des données recueillies
geant précise son intention de la souscrire lui-même lors de l’établissement de la demande et lors des vé-
ou de laisser l’hébergé s’en acquitter. rifications effectuées ; durée de conservation des
Outre les questions relatives à tous ces points, données fixée à cinq ans ; accessibilité donnée au
il est demandé à l’hébergeant quelles attestations maire, au préfet et à certaines personnes habilitées(14).
(11) Le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 donne des précisions sur cette notion.
(12) L’Anaem, constituée par le décret 2005-381 du 20 avril 2005, réunit les anciens OMI et SSAE.
(13) Le Ceseda prévoit un engagement de prise en charge éventuelle des frais de séjour et la vérification des conditions normales de
logement. Le décret du 17 novembre 2004 va au-delà en prévoyant une vérification des ressources de l’hébergeant.
page 16 Gisti
L’établissement de ce fichier n’est à ce jour qu’une de solliciter l’entrée sur le territoire des parties con-
possibilité offerte aux maires, mais la demande d’at- tractantes pour des motifs autres que l’immigration,
testation d’accueil impliquera alors l’acceptation par en vue d’un séjour ininterrompu ou de plusieurs sé-
l’hébergeant de ce fichage. jours dont la durée totale ne dépasse pas trois mois
par semestre à partir de la date de première entrée.
D. Le visa uniforme de court séjour Ce visa peut être délivré, en règle générale, pour une
(type C) ou plusieurs entrées ».
Ce visa n’est donc valable que trois mois au maxi-
Dispenses mum. Toutefois, il est prévu qu’un visa valable un
En vertu du droit communautaire, sont dispen- an – et jusqu’à cinq ans de manière exceptionnelle –
sés de visa court séjour, outre les ressortissants com- peut être délivré à certaines catégories de personnes
munautaires, de l’espace économique européen (notamment aux personnes qui justifient devoir faire
(Norvège, Islande et Liechtenstein) et de la Suisse, plusieurs allers-retours pour des raisons profession-
les ressortissants des États tiers dont la liste figure nelles ou familiales) en ne permettant toutefois que
à l’annexe II du règlement CE n° 539/2001 du des séjours de 90 jours maximum par semestre.
15 mars 2001 modifié en dernier lieu le 2 juin 2005 Le détenteur d’un visa uniforme, même déli-
(voir pp. 59 à 62). La « liste noire » des États dont vré par un autre « État Schengen » que la France,
les ressortissants sont soumis à l’obligation étant doit être considéré comme étant entré régulière-
longue, il est plus aisé de donner la « liste blan- ment sur le territoire français. Il sera en séjour ré-
che » de ceux qui en sont exemptés. gulier pendant la durée de validité de son visa et
pourra donc, pendant cette courte période, pré-
Liste « blanche » des États tiers
tendre (s’il réunit les autres conditions légales) à la
dont les ressortissants sont exemptés
délivrance d’une « carte de résident » selon l’arti-
de l’obligation de visa uniforme
cle L 314-11 du Ceseda.
Andorre Israël Remarque : Il ne faut pas confondre la durée de
Argentine Japon séjour prévue par le visa et la période de validité
Australie Malaisie
à l’intérieur de laquelle est enfermé ce séjour.
Bolivie Mexique
Ainsi, l’étranger titulaire d’un visa de 30 jours,
Brésil Monaco
Brunei Nicaragua
valable du 1er mars au 31 mai de la même année,
Bulgarie Nouvelle-Zélande et qui entre en France le 15 avril, ne sera en si-
Canada Panama tuation régulière que jusqu’au 14 mai, et non jus-
Chili Paraguay qu’au 31 ; inversement, s’il pénètre sur le terri-
Corée du sud Roumanie toire au-delà du 1er mai, il devra néanmoins l’avoir
Costa Rica Saint-Marin quitté au plus tard le 31.
Croatie Saint-Siège
El Salvador Singapour Autorité compétente
États Unis Uruguay
Guatemala Venezuela Les instructions consulaires communes fixent
Honduras certains critères pour déterminer quelle est l’auto-
rité compétente pour la délivrance d’un visa com-
Cette liste est susceptible d’être modifiée au gré mun : le pays de la destination principale ou uni-
des accords passés avec les États concernés. Selon que du voyage ou, à défaut, l’État de première en-
le règlement précité, pour effectuer une telle mo- trée. Toutefois, rien dans les textes ne prévoit ni
dification, « une évaluation pondérée au cas par cas modalités d’application, ni sanctions, de sorte que
de divers critères liés notamment à l’immigration le visa peut être demandé aux autorités consulai-
clandestine, à l’ordre public et à la sécurité ainsi res de n’importe quel État Schengen.
qu’aux relations extérieures de l’Union avec les pays Remarque : À notre connaissance, le Conseil
tiers » doit être prise en compte. d’État n’a pas eu l’occasion de se prononcer sur
cette question de l’autorité compétente. En re-
Définition et objet vanche, il a jugé que devait être considérée
Les instructions consulaires communes définis- comme régulière l’entrée sur le territoire fran-
sent ainsi ce visa : « visa permettant à un étranger çais d’une personne munie d’un visa Schengen
(14) La Commission nationale de l’informatique et des libertés, consultée avant publication du décret, avait émis des critiques,
notamment sur la durée de conservation des données jugée trop longue et sur la mémorisation des ressources de l’hébergeant au
motif que « cette information une fois collectée et enregistrée est susceptible d’être utilisée à d’autres fins » (délibération de la
Cnil n° 2005-052 parue au JO du 6 août 2005). Mais son avis n’a pas été pris en compte.
Les visas en France page 17
délivré par un État autre que la France. Cela im- – ne pas être considéré comme pouvant com-
plique qu’une décision préfectorale de reconduite promettre l’ordre public, la sécurité nationale
à la frontière prise au motif que l’intéressé est ou les relations internationales de l’une des
entré en France de manière irrégulière est, dans parties contractantes.
ce cas, illégale (CE, 21 avril 2000, Zaïdi).
Durée
Prolongation du visa La durée de ce type de visa dépend du nombre
Elle est prévue, avec une validité territoriale li- de transits :
mitée à l’État qui en prend la responsabilité, par – s’il s’agit d’un seul transit, la durée de vali-
l’article 20 de la Convention de Schengen (voir dité se calcule à partir de la date de départ plus
p. 33) ; pour la France, par deux circulaires des cinq jours (durée maximale du séjour), à la-
23 mars 1995 et 23 décembre 1999. Elle est de la quelle on ajoute une franchise de sept jours en
compétence du préfet et peut intervenir pour des cas de report de la date du départ. Ainsi, si la
motifs imprévus lors de la délivrance du visa, p. ex. date de départ prévue est le 15 janvier, le visa
des raisons médicales, familiales, professionnelles. est valable du 15 au 27 janvier ;
– s’il s’agit de transits multiples dont les dates
ne sont pas connues, la durée de validité se cal-
III. Les visas uniformes de transit cule à partir de la date du départ, plus six mois.
Chaque transit ne peut excéder cinq jours.
A. Le visa de transit (type B)
B. Le visa de transit aéroportuaire
Définition et objet
(type A)
Les instructions consulaires communes définis-
sent ce visa comme « autorisant un étranger qui se Définition et objet
rend d’un État tiers vers un autre État tiers à traver- Les instructions consulaires communes définis-
ser le territoire des Parties contractantes. […] Ce sent ce visa comme « permettant à l’étranger spéci-
visa peut être délivré pour un, deux ou, exception- fiquement soumis à cette exigence de passer par la
nellement, plusieurs transits, sans pour autant que zone internationale de transit d’un aéroport, et ce
la durée de chaque transit puisse excéder cinq jours » sans accéder au territoire national du pays concerné,
(point 2.1.2). lors d’une escale ou d’un transfert entre deux tron-
Ce visa permet lui aussi à son titulaire de tran- çons d’un vol international. L’exigence de ce visa est
siter par la France en vue de se rendre sur le terri- une exception au privilège général de transit sans
toire du pays de destination finale. La durée de tran- visa par ladite zone internationale de transit »
sit sur l’ensemble de l’espace Schengen ne peut ex- (point 2.1.1.). Il ne permet donc pas l’entrée dans
céder cinq jours à compter de la date d’entrée. l’espace Schengen.
Sont concernés par le visa de transit tous les Il peut s’agir :
pays dont les ressortissants doivent être munis d’un – d’un seul transit ;
visa de court séjour pour franchir les frontières ex- – d’un transit double ;
térieures de l’espace Schengen.
– d’un visa multiple permettant plusieurs pas-
sages.
Conditions d’obtention
Les États tiers dont les ressortissants sont sou-
Les conditions exigées pour la délivrance de ce mis à l’obligation de visa de transit aéroportuaire
visa, comme celles requises pour la délivrance d’un sont ceux dont les États Schengen redoutent le plus
visa de court séjour, sont les conditions posées pour le « risque migratoire ». Une « liste noire » com-
le franchissement des frontières extérieures de l’es- mune à tous les États Schengen est établie, mais
pace Schengen. En l’occurrence, il s’agira de : chaque État a le droit de compléter la liste.
– disposer de moyens d’existence suffisants,
L’objectif de ce visa est clairement affiché par
tant pour la durée de la traversée de l’espace
l’Action commune relative au transit aéroportuaire,
Schengen que pour le transit vers un État tiers
adoptée par le Conseil européen en date du 4 mars
ou être en mesure d’acquérir légalement ces
1996, selon laquelle « la voie aérienne, notamment
moyens ;
lorsqu’il s’agit de demandes d’entrée ou d’entrées de
– prouver que l’admission par le pays tiers est fait, lors d’un transit aéroportuaire, constitue un
garantie ; moyen important de pénétration en vue notamment
– ne pas être signalé aux fins de non-admission d’un établissement illégal sur le territoire des États
dans le système d’information Schengen (SIS) ; membres et qu’il convient de rechercher une amélio-
page 18 Gisti
ration de la maîtrise de cette voie ». Aucune dis- départ jusqu’à la date du retour, plus une franchise
tinction n’est toutefois faite à l’égard des nationaux de sept jours.
de ces pays qui voudraient demander une protec- Enfin, en cas de visa multiple, la validité com-
tion internationale. mence à partir de la date du départ et se prolonge
trois mois.
Liste « noire » des États
dont les ressortissants sont soumis
à visa de transit aéroportuaire
IV. Le visa de long séjour
(15)
Liste commune aux États Schengen
Afghanistan Irak L’exigence de visa de long séjour
Bangladesh Iran
République Nigeria Le principe de l’exigence d’un visa de long sé-
démocratique du Congo jour pour l’octroi d’une carte de séjour (article
Érythrée Pakistan L 311-7 du Ceseda) a été présenté p. 9.
Éthiopie Somalie a) Selon le Ceseda, avant comme après la ré-
Ghana Sri Lanka forme de 2006, la délivrance d’une carte de séjour
Liste complémentaire décidée par la France (16) temporaire portant la mention « salarié », « visi-
Albanie Libéria teur », « profession non salariée », « profession ar-
Angola Libye tistique et culturelle » et (sauf dérogation) « étu-
Burkina Faso* Mali* diant » est subordonnée à la production d’un visa
Cameroun* Sénégal* de long séjour. Depuis l’entrée en vigueur de la loi
Côte d’Ivoire* Sierra Leone n° 2006-911 du 24 juillet 2006, un visa de long sé-
Cuba Soudan jour est également exigé pour l’obtention de la carte
Gambie Syrie* de séjour temporaire portant la mention « scienti-
Guinée* les Palestiniens munis fique » ainsi que pour la nouvelle carte de séjour
Haïti d’un titre de voyage « compétences et talents » (article L 315-1).
Inde* délivré par l’Égypte,
le Liban ou la Syrie b) L’exigence du visa de long séjour n’est en
général pas requise pour obtenir de plein droit une
carte de séjour temporaire (article L 313-11) ou
Conditions d’obtention une carte de résident de dix ans, qui n’est subor-
Aucune condition de délivrance de ce visa n’est donnée qu’à la régularité du séjour de l’étranger
au moment où il la sollicite (article L 314-11).
mentionnée dans les instructions consulaires com-
munes. En pratique, les postes consulaires et di- Depuis l’entrée en vigueur de la loi n° 2006-
plomatiques français exigent pour l’instruction de 911 du 24 juillet 2006, doivent cependant produire
la demande : un visa de long séjour :
– le billet d’avion avec confirmation des vols ; – le conjoint de Français ou de scientifique en
– des justificatifs de l’admission (le visa le cas vue de l’obtention d’une carte de séjour tem-
échéant) ou de la réadmission dans le pays de poraire (articles L 313-11-4° et 5°) ;
destination. – le conjoint ou les enfants du bénéficiaire d’une
carte de séjour portant la mention « compéten-
Durée ces et talents » ou « salarié en mission » en vue
de l’obtention d’une carte de séjour temporaire
La durée générale d’un visa de transit aéropor- (article L 313-11-3°) ;
tuaire est fixée à partir de la date du départ, plus
– l’enfant de moins de 21 ans ou à charge d’un
une franchise de sept jours au cas où son titulaire ressortissant français ainsi que les ascendants
reporte son départ. d’un ressortissant français ou de son conjoint
S’il s’agit d’un aller-retour avec un transit dou- qui sont à sa charge en vue de l’obtention d’une
ble, la durée se décompte à partir de la date du carte de résident (article L 314-11-2°).
(17) Projet de loi relatif au contrôle de la validité des mariages, adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 22 mars 2006.
page 20 Gisti
ble selon des critères plus étendus que ceux qui Cependant, selon l’article 138 de la Convention
autorisent à restreindre la liberté de circulation com- de Schengen, seul le territoire européen de la
munautaire (menace réelle, actuelle et suffisamment France fait partie de l’espace Schengen et le visa
grave affectant un intérêt fondamental de la société). uniforme ne concerne donc que la France métro-
Dès lors, un refus de visa à un membre de la famille politaine, l’accès pour un séjour de moins de trois
d’un citoyen de l’Union fondé sur la seule inscrip- mois dans les territoires d’outre-mer étant régi par
tion au SIS viole le droit communautaire. un visa à validité territoriale limitée : validité limi-
Ce droit à la libre circulation des ressortissants tée aux « départements français d’Amérique » ou
communautaires et de leur famille s’applique aussi validité limitée à un territoire.
aux ressortissants de la Norvège, de l’Islande, du Une circulaire en date du 22 juin 1998 (voir
Liechtenstein et de la Suisse et aux membres de pp. 90 à 92) précise la procédure de demande de
leur famille. visa vers l’Outre-mer. L’étranger présent en métro-
Pour en savoir plus, voir le Cahier juridique pole sous couvert d’un visa uniforme doit s’adres-
« Les étrangers et le droit communautaire », Gisti, à ser à la préfecture qui pourra étendre la validité du
paraître. visa. L’étranger qui se trouve hors de France doit
demander un visa spécifique (ou une extension d’un
éventuel visa Schengen) auprès du consulat de
VI. L’Outre-mer hors de l’espace France. Dans les deux cas, l’approbation du préfet
de la destination outre-mer sera requise. Sont dis-
Schengen pensés de l’obligation de visa de court séjour vers
Selon l’article L 111-3 du Ceseda, « l’expres- les DOM, les étrangers titulaires d’un titre de sé-
sion “en France” s’entend de la France métropoli- jour en France métropolitaine et les ressortissants
taine, des départements d’outre-mer et de Saint- de l’Union européenne ou des États associés. La
Pierre et Miquelon ». Les conditions de l’accès en liste « blanche » des autres États qui en sont dis-
France des étrangers s’appliquent donc aux DOM pensés n’est pas identique à celle que prévoit le
et à Saint-Pierre et Miquelon. Les conditions d’en- droit communautaire (voir p. 16) ; pour les DOM,
trée et de séjour applicables dans les territoires et en sont exclus, la Bolivie, le Brésil, Israël et le Ve-
collectivités d’outre-mer (Nouvelle-Calédonie, nezuela(20).
Mayotte, Polynésie française, Terres australes et an- L’étranger présent sur une terre ultramarine de
tarctiques françaises, îles Wallis et Futuna) obéis- la France peut demander un visa uniforme en
sent à des règles spécifiques(19). s’adressant à la préfecture locale.
Les recours
Même si la jurisprudence reconnaît à l’admi- États associés (Espace économique européen et
nistration un assez large pouvoir d’appréciation, il Suisse) qui ne sont pas eux-mêmes ressortissants
ne faut pas hésiter à former un recours pour de- de l’un de ces États (voir p. 20).
mander l’annulation d’un refus de visa, voire une b) Les membres de la famille (conjoints, en-
indemnité pour le préjudice qui est résulté d’un fants de moins de vingt-et-un ans ou à charge, as-
refus illégal. D’autant que le seul fait d’intenter un cendants) d’un ressortissant français.
recours permet parfois d’obtenir le visa initialement
refusé, l’autorité consulaire sachant qu’elle ne c) Les enfants mineurs ayant fait l’objet, à
pourra pas justifier son refus devant le juge. l’étranger, d’une décision d’adoption plénière au
profit de personnes titulaires d’un agrément pour
Par ailleurs, la jurisprudence en matière d’illé-
adoption délivré par les autorités françaises.
galité de refus de visa s’est enrichie au cours des
dernières années par une forte augmentation du d) Les bénéficiaires d’une autorisation de re-
nombre de requêtes auprès du juge administratif groupement familial.
contre des refus de visa sous l’effet conjugué de : e) Les travailleurs autorisés à exercer une acti-
– l’obligation de motiver le refus de visa intro- vité professionnelle salariée en France.
duite, dans un certain nombre de situations, f) Les étrangers dont le visa a été refusé en rai-
par la loi « Chevènement » du 11 mai 1998 ; son de leur inscription au SIS (voir pp. 7 et 13) ;
– la possibilité depuis la loi du 30 juin 2000 d’in-
e) Certains étrangers qui peuvent prétendre ob-
troduire, en cas d’urgence, un référé adminis-
tratif. tenir de plein droit une carte de résident : les bé-
néficiaires d’une rente d’accident de travail ou de
maladie professionnelle et leurs ayants droit béné-
I. La décision de refus de visa ficiaires d’une rente de décès ; les anciens combat-
tants des armées françaises ou alliées, ou de la lé-
gion étrangère ; les réfugiés statutaires ou apatri-
A. Refus exprès et refus implicite des et les membres de leur famille (alinéas 4° et 6°
La demande de visa doit être considérée comme à 10° de l’article L 314-11 du Ceseda, voir p. 65).
rejetée dans deux cas de figure :
– Lorsque le service consulaire a répondu né- Communication des motifs du refus
gativement à la demande, par une lettre adres- pour une demande de visa relevant
sée ou remise au demandeur. On parle alors de d’une de ces catégories
refus exprès. En cas de rejet exprès, la décision doit com-
– Lorsque le consulat n’a pas répondu à la de- porter l’énoncé des considérations de droit et de
mande et qu’un délai de deux mois s’est écoulé fait qui la fondent : c’est-à-dire que le service con-
depuis qu’elle a été déposée. Il s’agit alors d’une sulaire doit exposer, dans la lettre notifiant le re-
décision implicite de rejet. fus, de façon complète et précise, les raisons qui
l’ont conduit à prendre cette décision.
B. La motivation du refus de visa En cas de rejet implicite, si le refus est soumis
à l’obligation de motivation, on peut, dans les deux
Les catégories concernées
mois suivant la naissance de la décision implicite
L’article L 211-2 du Ceseda prévoit l’obliga- (née elle-même de l’absence de réponse de l’ad-
tion pour les services consulaires, de motiver les ministration pendant deux mois), demander au
refus de visas opposés aux étrangers appartenant service consulaire la communication des motifs de
aux catégories suivantes. ce refus implicite ; celui-ci doit les communiquer
a) Les membres de la famille de ressortissants dans un délai d’un mois, sous peine d’illégalité (voir
des États membres de l’Union européenne et des p. 27).
page 24 Gisti
Remarque : Pour les étrangers n’entrant dans les autorités consulaires françaises ne sont pas te-
aucune des catégories prévues à l’article L 211-2 nues par cette inscription au SIS lors de l’instruc-
du Ceseda, le fait que la loi ne prévoie pas l’obli- tion de demandes de visa de long séjour (CE,
gation pour les services consulaires de commu- 14 juin 2002, Ipek, req. n° 227061). Cela étant, l’ins-
niquer la motivation du refus ne signifie pas pour cription au SIS peut par la suite faire obstacle à la
autant que ces décisions puissent légalement délivrance d’une carte de séjour.
être prises de façon arbitraire. Le service consu- L’article 109 de la Convention de Schengen pré-
laire devra porter sur le dossier de l’intéressé la voit que toute personne inscrite au SIS a le droit
raison du refus et, en cas de recours contentieux, d’accéder aux données qui la concernent, selon les
il devra faire connaître au juge les motifs de sa règles de l’État où elle entend faire valoir ce droit.
décision, lesquels seront également communi- L’intéressé peut également demander la rectifica-
qués au requérant dans le cadre de la procédure tion, l’effacement ou l’information sur l’utilisation
contradictoire. de ces données (articles 110 et 111). Dans chaque
État existe une autorité de contrôle de ce fichier,
C. Le refus de visa motivé qui est pour la France la Commission Nationale de
par l’inscription au SIS l’Informatique et des Libertés (Cnil)(21).
Parmi les catégories d’étrangers énumérées à En droit français, la loi du 6 janvier 1978
l’article L 211-2 du Ceseda figurent les personnes « relative à l’informatique, aux fichiers et aux liber-
« faisant l’objet d’un signalement aux fins de non-
tés »(22) précise les conditions d’accès et de rectifi-
admission au système d’information Schengen ». L’ar- cation de données à caractère personnel enregis-
ticle 96 de la Convention de Schengen précise les trées dans des fichiers.
décisions dont font objet les ressortissants de pays L’article 41 de cette loi prévoit notamment que :
tiers qui peuvent donner lieu à l’inscription au SIS « lorsqu’un traitement intéresse la sûreté de l’État, la
(voir pp. 7, 34 et 78). défense ou la sécurité publique, le droit d’accès
s’exerce dans les conditions prévues par le présent
Les conséquences de l’inscription au SIS ont
article pour l’ensemble des informations qu’il con-
donné lieu à un abondant contentieux et le Con-
tient. La demande est adressée à la commission qui
seil d’État a peu à peu précisé les conditions de la
désigne l’un de ses membres appartenant ou ayant
motivation du refus de visa dans cette hypothèse.
appartenu au Conseil d’État, à la Cour de cassation
Ainsi, il a estimé que le refus opposé sur la base
ou à la Cour des comptes pour mener les investiga-
d’une inscription au SIS doit comporter :
tions utiles et faire procéder aux modifications néces-
– l’indication de l’État signalant (CE, 9 juin saires. Celui-ci peut se faire assister d’un agent de la
1999, Mme Hamssaoui, req. n° 198344) ; commission. Il est notifié au requérant qu’il a été pro-
– l’indication des motifs du signalement (CE, cédé aux vérifications. » L’acte réglementaire créant
25 octobre 2000, Mme Cucicea-Lamblot, req. un fichier peut cependant prévoir la possibilité pour
n° 212315 : en l’occurrence, le simple fait une personne d’en saisir directement le gestionnaire
d’avoir été débouté d’une demande d’asile n’est lorsque la communication des informations ne met-
pas un motif prévu à l’article 96 de la Conven- trait pas en cause les fins assignées à ce fichier.
tion de Schengen pour l’inscription d’un étran- Selon le décret du 6 mai 1995 (voir en annexe
ger au SIS). pp. 78 et 79) qui règlemente le SIS, le droit d’accès
Le Conseil d’État a aussi estimé que le juge ad- aux informations du SIS s’exerce auprès de la Cnil
ministratif pouvait apprécier la légalité de la déci- conformément à l’article 41 cité ci-dessus. Sur son
sion administrative d’inscription au SIS, même si site internet, la Cnil ne mentionne l’accès direct que
l’auteur de celle-ci est de nationalité étrangère : dans quelques cas très restrictifs – le droit d’accès
d’où l’obligation pour le ministre des affaires étran- indirect étant ainsi la pratique courante(23).
gères de communiquer les motifs d’inscription au L’étranger concerné peut donc saisir la Cnil,
fichier SIS (CE, 29 juillet 2002, Guetarni, qui désignera un de ses membres pour faire les dé-
req. n° 218141). Ce contrôle peut s’exercer qu’il marches nécessaires. Cette procédure s’est long-
s’agisse d’une demande de visa de court séjour ou temps avérée de peu d’intérêt pratique, la Cnil se
d’une demande de visa de long séjour (CE, 9 juin limitant à informer l’intéressé que les démarches
1999, Mme Forabosco, req. n° 190384). Par ailleurs, avaient été effectuées. Mais une décision du Con-
(21) Voir une information détaillée sur le site internet de la CNIL « système d’information Schengen : guide pour l’exercice du
droit d’accès » : [Link]/fileadmin/documents/approfondir/dossier/international/shengen/[Link]
(22) Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés modifiée en dernier lieu par la loi n° 2006-
64 du 23 janvier 2006.
Les visas en France page 25
seil d’État (CE, Ass. 6 novembre 2002, M. Moon, d’appréciation un refus motivé par les ressources
req. n° 194295) a introduit un peu plus de trans- insuffisantes du demandeur, alors que celui-ci était
parence. En effet, le Conseil d’État a estimé qu’il pris en charge par des proches, résidant en France,
fallait distinguer, en ce qui concerne le SIS, deux et qui faisaient eux-mêmes état de ressources suf-
types de motifs de signalement : fisantes. De même a été annulé le refus de visa op-
– ceux qui relèvent effectivement de la sûreté, posé à une personne âgée de 70 ans qui voulait ve-
de la défense et de la sécurité publique, pour nir rendre visite à son mari, alors que lui-même se
lesquels le droit d’accès « indirect » doit s’ap- trouvait empêché de se rendre dans le pays de rési-
pliquer ; dence de son épouse (CE, 19 février 2001,
– ceux qui n’en relèvent pas, et qui doivent donc Lahousaine Azouyvakh, req. n° 211891).
donner lieu à un droit d’accès « direct ». Concernant le visa de long séjour, les motifs
Il appartient au juge administratif de préciser d’annulation dépendent des motifs du séjour.
quelles sont ces décisions auxquelles on appliquera Ainsi, pour le regroupement familial ou pour
un droit d’accès « direct » : dans sa décision préci- l’introduction d’un travailleur salarié, la demande
tée, le Conseil d’État y a déjà placé les « décisions d’un visa de long séjour est l’aboutissement d’une
administratives ou juridictionnelles qui ont été ou longue procédure menée en France dont l’issue po-
auraient dû préalablement être communiquées à sitive est communiquée au consulat qui n’est dès
l’intéressé ». lors censé invoquer à l’appui d’un refus de délivrer
Quoi qu’il en soit, l’intéressé a toujours la pos- le visa que des motifs d’ordre public. Pour le re-
sibilité de s’adresser à l’autorité de contrôle du pays groupement familial, une jurisprudence constante
signalant afin de connaître les motifs de son ins- du Conseil d’État le rappelle.
cription et demander, le cas échéant, son efface- Lorsque l’autorité consulaire invoque le carac-
ment (voir les noms et adresses des autorités de tère frauduleux des documents d’état civil produits
contrôle des États membres de l’Union européenne par le demandeur, c’est à elle de prouver ce carac-
en annexe, pp. 103-104). tère frauduleux : de simples allégations ne suffi-
sent pas.
D. Autres arguments invocables Dans le cas des étudiants, le juge a annulé des
contre un refus de visa décisions fondées par exemple sur « l’interruption
Il est de jurisprudence constante que « les auto- prolongée des études au pays d’origine » ou sur le
rités françaises à l’étranger disposent d’un large pou- fait que le même diplôme (la maîtrise) avait déjà
voir d’appréciation et peuvent fonder leur décision, été obtenu au pays d’origine, alors que la posses-
non seulement sur des motifs tenant à l’ordre public, sion d’une maîtrise délivrée par une université fran-
mais sur toute considération d’intérêt général » (CE, çaise est exigée en pratique pour poursuivre les
28 février 1986, Ngako Jeuga). Il en résulte que le études de 3ème cycle en France.
contrôle du juge sur les décisions de refus de visa Enfin, depuis 1992, le juge administratif con-
est nécessairement limité : il accepte néanmoins de trôle également que le refus de visa attaqué ne porte
les annuler lorsque l’administration a commis, à ses pas une atteinte disproportionnée au respect de la
yeux, une « erreur manifeste d’appréciation ». vie privée et familiale garanti par l’article 8 de la
Il n’y a pas de « critères » de l’erreur manifeste. CEDH (CE, 10 avril 1992, Aykan), qu’il s’agisse
Mais la plupart des annulations concernent soit des d’un visa de court séjour ou de long séjour.
hypothèses où l’étranger s’est vu refuser la déli-
vrance d’un visa alors qu’il remplissait toutes les Principaux arguments
conditions généralement exigées, soit des atteintes
Comme on l’a vu en introduction de ce chapi-
au respect de la vie privée et familiale.
tre, la jurisprudence s’est beaucoup développée au
cours des dernières années. On peut puiser dans
Exemples cette jurisprudence pour argumenter des recours
Concernant le visa de court séjour, le juge a con- contre un refus de visa, notamment dans les direc-
sidéré comme entachée d’une erreur manifeste tions suivantes.
(23) Accès direct aux données pour les personnes suivantes : personnes recherchées dans l’intérêt des familles, mineurs fugueurs ou
faisant l’objet d’une opposition à sortie du territoire ; personnes mentionnées à l’occasion du signalement d’un véhicule volé. Dans
système d’information Schengen : guide pour l’exercice du droit d’accès,
[Link]/fileadmin/documents/approfondir/dossier/international/shengen/[Link]
Ce document contient des informations utiles sur les législations et procédures d’accès au SIS dans les divers pays de l’espace
Schengen ; mais il semble daté de 2000.
page 26 Gisti
1°. En premier lieu, il faut s’efforcer de démon- pour contester le refus. Toutefois, l’existence de
trer que, contrairement à ce que prétend ou sem- ce recours ordinaire ne modifie pas le délai de
ble penser le service consulaire, les raisons invo- deux mois pendant lequel la commission de re-
quées pour venir en France sont exactes, et que sa cours peut être saisie. De ce fait, il est conseillé de
demande n’était en rien motivée par une volonté former ce recours parallèlement au recours devant
de détourner l’objet du visa délivré ou d’en faire la commission pour ne pas dépasser le délai de
un usage illégal (par exemple, rester durablement deux mois.
en France ou venir y travailler si le visa demandé Le choix d’effectuer seulement un recours de-
est un visa touristique ou pour une visite familiale). vant la commission de recours ou de cumuler re-
2°. En second lieu, en fonction des circonstan- cours gracieux et recours devant la commission est
ces, on pourra invoquer la violation d’un droit fon- une question d’opportunité, qui doit être appré-
damental garanti par une convention internatio- ciée en fonction des circonstances.
nale, par exemple :
Il peut être utile de faire un recours gracieux
– la violation de l’article 8 de la Convention auprès des services consulaires si l’intéressé pense
européenne des droits de l’homme selon lequel qu’ils n’avaient pas l’ensemble des éléments de droit
« toute personne a droit au respect de sa vie pri- leur permettant de trancher en pleine connaissance
vée et familiale » dans le cas où le requérant a de cause et que, mieux éclairés, ils seraient suscep-
l’essentiel des ses attaches personnelles et fa- tibles de revenir sur leur décision initiale (par exem-
miliales en France ; ple, si le dossier n’était pas complet ou si un élé-
– la violation des articles 3.1 (prise en compte ment nouveau est apparu depuis la demande).
de l’intérêt supérieur de l’enfant) et 9 (prohibi-
En revanche, il paraît plus judicieux de s’adres-
tion de la séparation des enfants de leurs parents)
ser directement à la commission de recours si le
de la Convention internationale des droits de
refus semble s’ancrer dans une pratique courante
l’enfant, en cas de risque de séparation d’en-
du service consulaire, de sorte que tout recours de-
fants de leur(s) parent(s).
vant ce service semble indubitablement voué à
3° En troisième lieu, il est possible de convain- l’échec.
cre le juge d’un examen trop rapide du dossier par
le consulat (examen des ressources sur la base des Procédure
seuls revenus de la personne ne prenant pas en
compte d’autres ressources ; refus pour ordre pu- Le recours gracieux consiste à contester la dé-
blic sur la base de faits anciens et ne prenant pas cision rejetant la demande de visa auprès de l’auto-
en compte des motifs importants de vie privée et rité consulaire ou diplomatique qui a pris cette
familiale…). décision. Il s’agit donc concrètement d’adresser une
lettre au service auprès duquel la demande de visa
a été déposée, de préférence par courrier recom-
II. Les procédures de recours mandé avec avis de réception.
contre un refus de visa Dans cette lettre, le demandeur doit expliquer
en détail les raisons de droit et de fait pour les-
Comme pour toute décision administrative, une quelles il a effectué sa demande de visa, les pièces
décision de refus de visa peut être contestée par un et documents qu’il a joints à celle-ci (bien vérifier
recours gracieux et par un recours contentieux ins- que le dossier était complet) et tout justificatif sus-
crit dans des délais stricts – éventuellement accom- ceptible d’étayer ses dires.
pagné par une requête en urgence.
À cette lettre doit être jointe soit une copie du
Dans le cas du refus de visa, le recours conten- courrier rejetant la demande de visa, soit, en cas de
tieux comporte obligatoirement deux phases : rejet implicite, la copie de la demande ou tout autre
– la saisine de la commission de recours contre justificatif prouvant que l’intéressé a bien déposé
les refus de visa ; une demande auprès d’un service consulaire (récé-
– le recours auprès de la juridiction adminis- pissé administratif, numéro de dossier, convoca-
trative. tion, liste de pièces, etc.).
En cas de rejet de ce recours gracieux, l’inté-
A. Le recours gracieux ressé n’a pas d’autre solution que de saisir la com-
mission de recours… s’il n’a pas eu la prudence de
Opportunité ? faire cette saisine plus tôt et si le délai de deux mois
Il est toujours possible à l’intéressé de former après la décision de refus n’est pas écoulé… ce qui
un recours gracieux auprès du service consulaire est très vraisemblable.
Les visas en France page 27
B. La commission de recours contre refus de visas, elle ne pourra contester le refus im-
les décisions de refus de visa plicite par exception d’illégalité que si elle a, dans le
même délai, demandé au service consulaire la com-
La saisine de la commission de recours, munication des motifs du refus (voir p. 23). Si celui-
préalable à la saisine du juge administratif ci obtempère dans un délai inférieur à un mois, ce
Afin de limiter le nombre de requêtes auprès délai allonge d’autant le délai maximum prévu pour
du Conseil d’État, en forte croissance depuis 1998, la saisine de la commission de recours. Si les motifs
une commission de recours contre les décisions de ne sont pas communiqués dans le mois qui suit la
refus de visa d’entrée en France a été créée par un demande de motivation, l’intéressé peut saisir la com-
décret du 10 novembre 2000 (modifié par un dé- mission de recours contre les refus de visa, puis dé-
cret du 1er août 2006) et un arrêté du 16 novem- férer au juge administratif sans condition de délai,
bre 2000 (voir pp. 88 et 89). la décision implicite dont il a vainement demandé
les motifs étant, de ce seul fait, illégale.
La saisine de cette commission est un préala-
ble obligatoire pour pouvoir déposer un recours Si l’intéressé ne saisit pas la commission, ou ne
contentieux auprès du Conseil d’État contre un la saisit pas dans le délai imparti, il perd toute pos-
refus de visa. Le recours doit être rédigé en fran- sibilité d’attaquer ultérieurement la décision de re-
çais « par une personne justifiant d’un intérêt lui fus de visa devant le juge administratif.
donnant qualité pour contester la décision de refus Remarque : Cependant si, dans la lettre notifiant
de visa ou par un mandataire dûment qualifié ». L’ap- le refus de visa (en cas de rejet exprès) ou dans le
pel à un avocat est facultatif pour cette démarche.
récépissé délivré lors du dépôt du dossier (en cas
Le recours devant cette commission doit être de rejet implicite), il n’a pas été porté à la con-
formé : naissance du demandeur les voies et délais de
a) Lorsqu’il s’agit d’un refus exprès, dans un recours pour contester la décision de refus, aucun
délai de deux mois à compter de la notifica- délai ne lui est opposable, et le recours pourra
tion de la décision de refus. être formé même au-delà du délai de deux mois.
b) Lorsqu’il s’agit d’un refus implicite, dans un Le siège de cette commission est à Paris mais
délai de deux mois suivant la naissance de la son secrétariat est établi à Nantes (Commission de
décision implicite (née elle-même de l’absence recours contre les refus de visa, BP 83609, 44036 Nan-
de réponse de l’administration pendant deux tes cedex 1). Il faut donc envoyer les recours à cette
mois, donc au total au moins deux mois et au adresse, par courrier recommandé avec accusé de
plus quatre mois après la demande). réception. Ce secrétariat est chargé notamment d’en-
Toutefois, si la personne concernée relève des registrer les recours, de recueillir les informations
catégories concernées par l’obligation de motiver les nécessaires à leur examen et de notifier les décisions.
(24) La liste des membres a été établie par le décret du 9 janvier 2001 portant nomination du président et des membres de la commis-
sion de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France NOR : MAE A 00 20533 D (paru au JO du 10 janvier 2001).
page 28 Gisti
néral des impôts, dans leur rédaction issue de l’or- La requête en référé suspension n’est receva-
donnance du 4 mai 2000). ble qu’après l’introduction du recours contentieux
en annulation ou en même temps que celui-ci.
2. Le recours en indemnité Si ces requêtes sont antérieures à la décision
L’illégalité commise par l’administration qui a de la commission de recours, elles portent sur la
refusé la délivrance du visa peut constituer par décision du consulat. La suspension produit effet
ailleurs une faute « de nature à engager la responsa- jusqu’à l’intervention de la décision de la commis-
bilité de l’État ». Comme dans tous les cas de faute sion : si celle-ci est négative, ou si le ministre des
administrative, si elle a causé un dommage, par affaires étrangères confirme le refus de visa malgré
un avis favorable de la commission, il faudra in-
exemple la séparation d’une famille, un préjudice
tenter un nouveau recours en annulation et dépo-
moral, des frais de voyage ou d’avocat, la perte
ser une nouvelle demande de référé-suspension, en
d’emploi ou d’opportunité de travail…, ils doivent
argumentant à la fois sur l’illégalité de la nouvelle
être indemnisés. À condition qu’on le lui demande,
décision et sur l’urgence.
le juge peut faire courir les intérêts au taux légal
applicable à la date de sa saisine (CE, Section, 6 dé- « En raison des pouvoirs conférés à la commission
cembre 2002, M. et Mme Amouche, req. n° 238288 chargée d'examiner les recours contre les décisions de
et 238289), voire à une date antérieure (par exem- refus de visa d'entrée en France prises par les autorités
ple celle de la décision attaquée)(25). diplomatiques et consulaires, les décisions par lesquel-
les celle-ci rejette, implicitement ou expressément, les
recours introduits devant elle se substituent à celles de
D. Les référés ces autorités. Lorsqu'un requérant a présenté au juge
Ces procédures d’urgence jouent, depuis qu’el- des référés une demande tendant à la suspension de la
les existent, un rôle important dans le contentieux décision d'une autorité diplomatique ou consulaire re-
administratif en droit des étrangers, notamment en fusant de lui accorder un visa et qu'il a également saisi
cas de refus de visa. Si les conditions de leur re- de ce refus, comme il en a l'obligation, la commission
cevabilité, notamment d’urgence, sont satisfaites il de recours, il lui appartient, lorsqu'est intervenue une
est utile d’accompagner le recours en annulation décision implicite ou explicite de rejet par cette com-
par un référé(26). Pour ces référés, il n’est pas obli- mission, de présenter contre cette dernière décision
gatoire, mais nettement préférable, de recourir à d'une part, de nouvelles conclusions tendant à sa sus-
un avocat. pension, d'autre part, une requête tendant à son an-
nulation. À défaut, sa demande de suspension doit être
rejetée comme irrecevable. » (CE réf., 20 juillet 2006,
1. Le référé suspension
Emmanüelle Gaëtan N. L., req. n° 294741).
Conditions
Effets de la suspension d’un refus de visa
En vertu de l’article L 521-1 du code de justice Le juge administratif pourra donc suspendre
administrative, il est possible de demander, dans la décision de refus si les motifs invoqués lui pa-
l’attente du jugement au fond sur l’annulation sol- raissent créer un doute sérieux sur la légalité de
licitée, la suspension de la décision attaquée. Pour cette décision et s’il reconnaît l’urgence. La sus-
cela, deux conditions doivent être réunies : pension peut être accompagnée d’une injonction à
– les moyens contenus dans la requête en an- l’administration de réexaminer sa décision. Mais
nulation doivent créer un doute sérieux sur la seul le jugement sur la requête en annulation peut
légalité de la décision attaquée ; conduire à une injonction à délivrer le visa.
– la suspension doit être justifiée par l’urgence
(on peut invoquer ici des arguments tenant à 2. Le référé liberté
la survenue d’un événement important qui né- Les conditions de ce référé définies par l’arti-
cessite la venue en France : événement fami- cle L 521-2 du code de justice administrative (mise
lial grave, besoin d’être présent en France pour en cause d’une liberté fondamentale, atteinte grave
un litige qui concerne directement le deman- et manifestement illégale à cette liberté, urgence
deur, pour subir une intervention chirurgicale, impliquant une décision imminente) semblent avoir
etc). rarement été jugées remplies pour un refus de visa.
(25) Concernant la procédure à suivre (nécessité d’une demande préalable à l’administration, obligation de recourir à un avocat,
etc…) on peut consulter : Le guide des étrangers face à l’administration, Gisti/La découverte, 2001 ; Après une décision illégale
de l’administration : comment obtenir des indemnités de l’administration, Gisti (les notes pratiques), 2000.
(26) On trouve une étude approfondie de ces procédures d’urgence et de leur jurisprudence dans le cadre des refus de visas dans le
Cahier juridique du Gisti : Cicade et Gisti, Utiliser le référé administratif pour la défense des étrangers, novembre 2005, pp. 19 à 30.
page 30 Gisti
III. Les recours contre un refus après ce refus (exprès ou implicite) ; le silence du
préfet pendant un mois vaut confirmation du re-
d’attestation d’accueil fus du maire.
Comment l’hébergeant peut-il contester un re-
fus par le maire de lui délivrer une attestation d’ac- Le recours en annulation
cueil (voir p. 15) ? La procédure est analogue à celle Le recours hiérarchique doit obligatoirement
qui est relative au refus de visa, avec le passage être engagé avant de former un recours devant le
obligatoire par un recours hiérarchique (ici auprès tribunal administratif. Un recours formé directe-
du préfet) avant toute requête auprès du juge ad- ment devant le tribunal administratif serait déclaré
ministratif. irrecevable. Il n’est cependant pas nécessaire d’at-
tendre la réponse du préfet ; la preuve du dépôt
Le refus du maire du recours hiérarchique suffit.
(27) Sur cette procédure et ses chances d’aboutir contre une décision de refus d’attestation d’accueil, voir le cahier juridique du
Gisti : Gisti et Cicade, Utiliser le référé administratif pour la défense des étrangers, novembre 2005 - p.19.
Annexes
I. L'acquis de Schengen 31
CONCORDANCES
Deux codifications récentes modifient certaines références. La lecture des textes législatifs antérieurs
aux codifications figurant en annexe devra parfois faire appel aux tableaux de correspondance suivants
(le premier dans l'annexe I et le second dans l'annexe II).
Le « Code frontières Schengen », entré en vigueur le 13 octobre 2006, abroge et substitue certains articles
de la Convention d'application des accords de Schengen notamment son article 5.
Depuis le 1er mars 2005, le « Ceseda » remplace l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 notamment
les articles 5, 5-1 et 5-3 concernant l'entrée en France.
(...) dont la durée de validité est régie par contractantes désignées dans le cadre
l'article 11, peut être délivré pour un de l'article 17.
séjour de trois mois au maximum.
TITRE II 2. La Partie contractante compétente
Suppression des contrôles 2. Jusqu'à l'instauration d'un tel visa, pour la délivrance de ce visa est en
les Parties contractantes reconnaî- principe celle de la destination prin-
aux frontières intérieures
tront leurs visas nationaux respectifs, cipale. Si celle-ci ne peut être déter-
et circulation pour autant que leur délivrance s'ef- minée, la délivrance du visa incombe
des personnes fectue sur la base des conditions et en principe au poste diplomatique ou
(...) critères communs déterminés dans le consulaire de la Partie contractante
cadre des dispositions pertinentes du de première entrée.
CHAPITRE III présent chapitre.
3. Le Comité Exécutif précise les mo-
Visas 3. Par dérogation aux dispositions des dalités d'application et notamment les
paragraphes 1 et 2, chaque Partie con- critères de détermination de la desti-
Section I tractante se réserve le droit de res- nation principale.
Visas pour les séjours treindre la validité territoriale du visa
d'une courte durée selon les modalités communes déter-
minées dans le cadre des dispositions Article 13
Partie contractante, aux autorités Genève du 28 juillet 1951 relative au 3. Les décisions peuvent être éga-
compétentes de la Partie contractante statut des réfugiés, telle qu'amendée lement fondées sur le fait que
sur le territoire de laquelle ils pénè- par le Protocole de New York du l'étranger a fait l'objet d'une me-
trent. Cette déclaration peut être 31 janvier 1967 ni aux dispositions du sure d'éloignement, de renvoi ou
souscrite au choix de chaque Partie paragraphe 2 du présent article et de d'expulsion non rapportée ni sus-
contractante, soit à l'entrée, soit, dans l'article 33, paragraphe 1, de la pré- pendue comportant ou assortie
un délai de trois jours ouvrables à sente Convention. d'une interdiction d'entrée, ou, le
partir de l'entrée, à l'intérieur du ter- cas échéant, de séjour, fondée sur
ritoire de la Partie contractante sur le non-respect des réglementations
lequel ils pénètrent. Article 24 nationales relatives à l'entrée ou au
Sous réserve de la définition par le séjour des étrangers.
2. Les étrangers résidant sur le terri-
toire de l'une des Parties contractan- Comité exécutif des critères et moda-
tes et qui se rendent sur le territoire lités pratiques appropriés, les Parties (...)
d'une autre Partie contractante sont contractantes compensent entre elles
astreints à l'obligation de déclaration les déséquilibres financiers qui peu-
vent résulter de l'obligation d'éloigne- CHAPITRE III
visée au paragraphe 1.
ment prévue à l'article 23 lorsque cet Protection des données
3. Chaque Partie contractante arrête éloignement ne peut se réaliser aux à caractère personnel
les exceptions aux dispositions des frais de l'étranger. et sécurité des données
paragraphes 1 et 2 et les communi- dans le cadre du Système
que au Comité exécutif. (...) d'Information Schengen
Article 23
Article 102
1. L'étranger qui ne remplit pas ou ne TITRE IV
Système d’Information 1. Les Parties contractantes ne peu-
remplit plus les conditions de court
vent utiliser les données prévues aux
séjour applicables sur le territoire de Schengen
articles 95 à 100 qu'aux fins énoncées
l'une des Parties contractantes doit en
pour chacun des signalements visés à
principe quitter sans délai les territoi-
CHAPITRE II ces articles.
res des Parties contractantes.
Exploitation et utilisation 2. Les données ne peuvent être du-
2. L'étranger qui dispose d'un titre de
du Système d'Information pliquées qu'à des fins techniques pour
séjour ou d'une autorisation de séjour
Schengen autant que cette duplication soit né-
provisoire en cours de validité déli-
cessaire pour l'interrogation directe
vrés par une autre Partie contractante
par les autorités visées à l'article 101.
doit se rendre sans délai sur le terri- Article 96 Les signalements d'autres Parties con-
toire de cette Partie contractante.
1. Les données relatives aux étrangers tractantes ne peuvent être copiés de
3. Lorsque le départ volontaire d'un qui sont signalés aux fins de non-ad- la partie nationale du Système d'In-
tel étranger n'est pas effectué ou lors- mission sont intégrées sur la base d'un formation Schengen dans d'autres fi-
qu'il peut être présumé que ce départ signalement national résultant de dé- chiers de données nationaux.
n'aura pas lieu ou si le départ immé- cisions prises, dans le respect des rè- 3. Dans le cadre des signalements pré-
diat de l'étranger s'impose pour des gles de procédure prévues par la lé- vus aux articles 95 à 100 de la présente
motifs relevant de la sécurité nationale gislation nationale, par les autorités Convention, toute dérogation au pa-
ou de l'ordre public, l'étranger doit administratives ou les juridictions ragraphe 1, pour passer d'un type de
être éloigné du territoire de la Partie compétentes. signalement à un autre, doit être justi-
contractante sur lequel il a été appré- fiée par la nécessité de la prévention
hendé, dans les conditions prévues par 2. Les décisions peuvent être fondées
d'une menace grave imminente pour
le droit national de cette Partie con- sur la menace pour l'ordre public ou
l'ordre et la sécurité publics, pour des
tractante. Si l'application de ce droit la sécurité et sûreté nationales que
raisons graves de sûreté de l'État ou
ne permet pas l'éloignement, la Partie peut constituer la présence d'un
aux fins de la prévention d'un fait pu-
contractante concernée peut admettre étranger sur le territoire national.
nissable grave. A cet effet, l'autorisa-
l'intéressé au séjour sur son territoire. Tel peut être notamment le cas : tion préalable de la Partie contractante
4. L'éloignement peut être réalisé du signalante doit être obtenue.
a) d'un étranger qui a été condamné
territoire de cet État vers le pays d'ori- pour une infraction passible d'une 4. Les données ne pourront pas être
gine de cette personne ou tout autre peine privative de liberté d'au utilisées à des fins administratives. Par
État dans lequel son admission est moins un an ; dérogation, les données intégrées con-
possible, notamment en application formément à l'article 96 ne pourront
des dispositions pertinentes des ac- b) d'un étranger à l'égard duquel il
être utilisées, conformément au droit
cords de réadmission conclus par les existe des raisons sérieuses de croire
national de chacune des Parties con-
Parties contractantes. qu'il a commis des faits punissables
tractantes, qu'aux fins découlant de
graves, y inclus ceux visés à l'article
5. Les dispositions du paragraphe 4 l'article 101, paragraphe 2.
71, ou à l'égard duquel il existe des
ne font pas obstacle aux dispositions indices réels qu'il envisage de com- 5. Toute utilisation de données non
nationales relatives au droit d'asile ni mettre de tels faits sur le territoire conforme aux paragraphes 1 à 4 sera
à l'application de la Convention de d'une Partie contractante. considérée comme détournement de
Les visas – Annexe I – L’acquis de Schengen page 35
finalité au regard du droit national de 2. Si une des Parties contractantes qui signalement ne peut communiquer des
chaque Partie contractante. n'a pas fait le signalement dispose informations concernant ces données
d'indices faisant présumer qu'une que si elle a donné préalablement à la
donnée est entachée d'erreur de droit Partie contractante signalante l'occa-
Article 103
ou de fait, elle en avise dans les sion de prendre position.
Chaque Partie contractante veille à ce meilleurs délais la Partie contractante
2. La communication de l'information
qu'en moyenne toute dixième trans- signalante qui doit obligatoirement
à la personne concernée est refusée si
mission de données à caractère per- vérifier la communication et, si néces-
elle peut nuire à l'exécution de la tâ-
sonnel soit enregistrée dans la partie saire, corriger ou effacer la donnée
che légale consignée dans le signale-
nationale du Système d'Information sans délai.
ment ou pour la protection des droits
Schengen par l'instance gestionnaire
3. Si les Parties contractantes ne et libertés d'autrui. Elle est refusée
du fichier, aux fins du contrôle de l'ad- dans tous les cas durant la période de
peuvent parvenir à un accord, la Par-
missibilité de l'interrogation. L'enre- signalement aux fins de surveillance
tie contractante qui n'est pas à l'ori-
gistrement ne peut être utilisé qu'à discrète.
gine du signalement soumet le cas pour
cette fin et est effacé après six mois.
avis à l'autorité de contrôle commune
visée à l'article 115, paragraphe 1.
Article 110
Article 104
Toute personne peut faire rectifier des
1. Le droit national de la Partie con- Article 107
données entachées d'erreur de fait la
tractante signalante s'applique au si- concernant ou faire effacer des don-
Lorsqu'une personne a déjà fait l'ob-
gnalement, sauf conditions plus exi- jet d'un signalement dans le Système nées entachées d'erreur de droit la
geantes prévues par la présente Con- d'Information Schengen, la Partie concernant.
vention. contractante qui introduit un nou-
2. Pour autant que la présente Con- veau signalement s'accorde avec la
Article 111
vention ne prévoit pas de dispositions Partie contractante qui a introduit le
particulières, le droit de chaque Par- premier signalement sur l'intégration 1. Toute personne peut saisir, sur le
tie contractante est applicable aux des signalements. A cette fin, les Par- territoire de chaque Partie contrac-
données intégrées dans la partie na- ties contractantes peuvent également tante, la juridiction ou l'autorité com-
tionale du Système d'Information arrêter des dispositions générales. pétentes en vertu du droit national,
Schengen. d'une action notamment en rectifica-
tion, en effacement, en information
3. Pour autant que la présente Con- Article 108
ou en indemnisation en raison d'un
vention ne prévoit pas de dispositions 1. Chacune des Parties contractantes signalement la concernant.
particulières concernant l'exécution désigne une instance qui a la compé-
2. Les Parties contractantes s'enga-
de la conduite à tenir demandée par tence centrale pour la partie nationale
gent mutuellement à exécuter les dé-
le signalement, le droit national de la du Système d'Information Schengen.
cisions définitives prises par les juri-
Partie contractante requise qui exé-
2. Chacune des Parties contractantes dictions ou autorités visées au para-
cute la conduite à tenir est applica-
effectue ses signalements par l'inter- graphe 1, sans préjudice des disposi-
ble. Dans la mesure où la présente
médiaire de cette instance. tions de l'article 116.
Convention prévoit des dispositions
particulières concernant l'exécution 3. Ladite instance est responsable du
de la conduite à tenir demandée par bon fonctionnement de la partie na- Article 112
le signalement, les compétences en tionale du Système d'Information
1. Les données à caractère personnel
matière de conduite à tenir sont ré- Schengen et prend les mesures pro-
intégrées dans le Système d'Informa-
gies par le droit national de la Partie pres à assurer le respect des disposi-
tion Schengen aux fins de la recher-
contractante requise. Si la conduite à tions de la présente Convention.
che de personnes ne sont conservées
tenir demandée ne peut être exécu- 4. Les Parties contractantes s'infor- que pendant la durée nécessaire aux
tée, la Partie contractante requise en ment mutuellement par l'intermé- fins auxquelles elles ont été fournies.
informe la Partie contractante diaire du dépositaire de l'instance vi- Au plus tard trois ans après leur inté-
signalante sans délai. sée au paragraphe 1. gration, la nécessité de leur conserva-
tion doit être examinée par la Partie
Article 105 contractante signalante. Ce délai est
Article 109 d'un an pour les signalements visés à
La Partie contractante signalante est 1. Le droit de toute personne d'accé- l'article 99.
responsable de l'exactitude, de l'ac- der aux données la concernant qui sont
tualité, ainsi que de la licéité de l'in- 2. Chacune des Parties contractantes
intégrées dans le Système d'Informa-
tégration des données dans le Système fixe le cas échéant des délais d'exa-
tion Schengen s'exerce dans le respect
d'Information Schengen. men plus courts conformément à son
du droit de la Partie contractante
droit national.
auprès de laquelle elle le fait valoir. Si
Article 106 le droit national le prévoit, l'autorité 3. La fonction de support technique
nationale de contrôle prévue à l'arti- du Système d'Information Schengen
1. Seule la Partie contractante cle 114, paragraphe 1 décide si des in- signale automatiquement aux Parties
signalante est autorisée à modifier, à formations sont communiquées et se- contractantes l'effacement pro-
compléter, à rectifier ou à effacer les lon quelles modalités. Une Partie grammé dans le système, moyennant
données qu'elle a introduites. contractante qui n'a pas effectué le un préavis d'un mois.
page 36 Annexe I – Gisti
[….] entre deux mêmes ports, ou davan- 9) « contrôle aux frontières », les ac-
tage, situés sur le territoire des États tivités effectuées aux frontières, con-
membres, sans escale dans des ports formément au présent règlement et
Titre 1 situés en dehors du territoire des États aux fins de celui-ci, en réponse exclu-
Dispositions générales membres, et assurant le transport de sivement à l’intention de franchir une
personnes et de véhicules selon un frontière ou à son franchissement in-
horaire publié ; dépendamment de toute autre consi-
Article premier. Objet et principes dération, consistant en des vérifica-
5) « personnes jouissant du droit com- tions aux frontières et en une sur-
Le présent règlement prévoit l’ab-
munautaire à la libre circulation »: veillance des frontières ;
sence de contrôle aux frontières des
personnes franchissant les frontières a) les citoyens de l’Union, au sens
10) « vérifications aux frontières », les
intérieures entre les États membres de de l’article 17, paragraphe 1, du
vérifications effectuées aux points de
l’Union européenne. traité, ainsi que les ressortissants de
passage frontaliers afin de s’assurer
pays tiers membres de la famille
Il établit les règles applicables au con- que les personnes, y compris leurs
d’un citoyen de l’Union exerçant
trôle aux frontières des personnes fran- moyens de transport et les objets en
son droit à la libre circulation, aux-
chissant les frontières extérieures des leur possession peuvent être autori-
quels s’applique la directive 2004/
États membres de l’Union européenne. sés à entrer sur le territoire des États
38/CE du Parlement européen et du
membres ou à le quitter ;
Conseil du 29 avril 2004 relative au
Article 2. Définitions droit des citoyens de l’Union et des 11) « surveillance des frontières », la
membres de leurs familles de circu- surveillance des frontières entre les
Aux fins du présent règlement, on ler et de séjourner librement sur le points de passage et la surveillance
entend par : territoire des États membres(28) ; des points de passage frontaliers en
1) « frontières intérieures » : dehors des heures d’ouverture fixées,
b) les ressortissants de pays tiers et
en vue d’empêcher les personnes de
a) les frontières terrestres commu- les membres de leur famille, quelle
se soustraire aux vérifications aux
nes, y compris fluviales et lacustres, que soit leur nationalité, qui, en
frontières ;
des États membres ; vertu d’accords conclus entre la
Communauté et ses États membres, 12) « vérification de deuxième li-
b) les aéroports des États membres d’une part, et ces pays tiers, d’autre gne », une vérification supplémen-
pour les vols intérieurs ; part, jouissent de droits en matière taire pouvant être effectuée en un lieu
c) les ports maritimes, fluviaux et de libre circulation équivalents à spécial à l’écart de celui où toutes les
lacustres des États membres pour ceux des citoyens de l’Union ; personnes sont soumises à des vérifi-
les liaisons régulières de transbor- cations (première ligne) ;
6) « ressortissant de pays tiers », toute
deurs ; 13) « garde-frontière », tout agent pu-
personne qui n’est pas citoyen de
2) « frontières extérieures », les fron- l’Union au sens de l’article 17, para- blic affecté, conformément à la légis-
tières terrestres des États membres, y graphe 1, du traité et qui n’est pas vi- lation nationale, soit à un point de
compris les frontières fluviales et la- sée par le paragraphe 5 du présent passage frontalier, soit le long de la
custres, les frontières maritimes, ainsi article ; frontière ou à proximité immédiate de
que leurs aéroports, ports fluviaux, cette dernière, et qui exerce, confor-
7) « personne signalée aux fins de mément au présent règlement et à la
ports maritimes et ports lacustres,
non-admission », tout ressortissant de législation nationale, des fonctions de
pour autant qu’ils ne soient pas des
pays tiers signalé dans le système d’in- contrôle aux frontières ;
frontières intérieures ;
formation Schengen conformément à
3) « vol intérieur », tout vol en pro- l’article 96 de la convention d’appli- 14) « transporteur », toute personne
venance ou à destination exclusive cation de l’accord de Schengen et aux physique ou morale qui assure, à ti-
des territoires des États membres et fins prévues par cet article ; tre professionnel, le transport de per-
sans atterrissage sur le territoire d’un sonnes ;
8) « point de passage frontalier », tout
pays tiers ; 15) « titre de séjour »:
point de passage autorisé par les auto-
4) « liaison régulière par transbor- rités compétentes pour le franchisse- a) tous les titres de séjour délivrés
deur », toute liaison par transbordeur ment des frontières extérieures ; par les États membres selon le for-
concernés, pour un logement à prix forme de feuillet pour l’apposition fouilles sont effectuées, le droit natio-
modéré, multipliés par le nombre de d’un visa, établi par le règlement nal de l’État membre concerné s’ap-
jours de séjour. Les montants de ré- (CE) n° 333/2002 du Conseil du plique.
férence arrêtés par les États membres 18 février 2002 établissant un mo-
2. Toutes les personnes font l’objet
sont notifiés à la Commission confor- dèle uniforme de feuillet pour l’ap-
position d’un visa délivré par les d’une vérification minimale visant à
mément à l’article 34.
États membres aux titulaires d’un établir leur identité sur production ou
L’appréciation des moyens de subsis- document de voyage non reconnu sur présentation de leurs documents
tance suffisants peut se fonder sur la par l’État membre qui établit le de voyage. Cette vérification minimale
possession d’argent liquide, de chè- feuillet(32), est utilisé. consiste en un examen simple et ra-
ques de voyage et de cartes de crédit pide de la validité du document auto-
par le ressortissant de pays tiers. Les c) les ressortissants de pays tiers qui risant son titulaire légitime à franchir
déclarations de prise en charge, lors- ne remplissent pas une ou plusieurs la frontière et de la présence d’indi-
qu’elles sont prévues par le droit na- conditions énoncées au paragra- ces de falsification ou de contrefaçon,
phe 1 peuvent être autorisés par un le cas échéant en recourant à des dis-
tional, et les lettres de garantie telles
État membre à entrer sur son terri- positifs techniques et en consultant,
que définies par le droit national, dans
toire pour des motifs humanitaires dans les bases de données pertinen-
le cas des ressortissants de pays tiers
ou d’intérêt national ou en raison tes, les informations relatives, exclu-
logés chez l’habitant, peuvent aussi
d’obligations internationales. Lors- sivement, aux documents volés, dé-
constituer une preuve de moyens de que le ressortissant de pays tiers
subsistance suffisants. tournés, égarés et invalidés.
concerné fait l’objet d’un signale-
ment visé au paragraphe 1, point La vérification minimale visée au pre-
4. Par dérogation au paragraphe 1, d), l’État membre qui autorise son mier alinéa constitue la règle pour les
a) les ressortissants de pays tiers qui entrée sur son territoire en informe personnes jouissant du droit commu-
ne remplissent pas toutes les condi- les autres États membres. nautaire à la libre circulation.
tions visées au paragraphe 1, mais Lorsqu’ils effectuent des vérifications
qui sont titulaires d’un titre de sé- minimales sur des personnes jouissant
jour ou d’un visa de retour délivré Chapitre 2. Contrôle
du droit communautaire à la libre cir-
par l’un des États membres ou, lors- aux frontières extérieures
culation, les garde-frontières peuvent
que cela est requis, de ces deux do- et refus d’entrée toutefois, d’une manière non systéma-
cuments, se voient autorisés à entrer tique, consulter les bases de données
aux fins de transit sur le territoire nationales et européennes afin de s’as-
Article 6. Traitement
des autres États membres afin de surer que ces personnes ne représen-
des vérifications aux frontières
pouvoir atteindre le territoire de tent pas une menace réelle, actuelle
l’État membre qui a délivré le titre 1. Les garde-frontières respectent et suffisamment grave pour la sécu-
de séjour ou le visa de retour, sauf pleinement la dignité humaine dans rité intérieure, l’ordre public ou les
s’ils figurent sur la liste nationale de l’exercice de leurs fonctions. relations internationales des États
signalements de l’État membre aux membres, ou une menace pour la
Toutes les mesures prises dans l’exer-
frontières extérieures duquel ils se santé publique.
cice de leurs fonctions sont propor-
présentent et si ce signalement est
tionnées aux objectifs poursuivis. Les conséquences de ces consulta-
assorti d’instructions quant à l’inter-
diction d’entrée ou de transit ; 2. Lors des vérifications aux frontiè- tions ne compromettent pas le droit
res, les garde-frontières n’exercent d’entrée des personnes jouissant du
b) les ressortissants de pays tiers qui droit communautaire à la libre circu-
envers les personnes aucune discrimi-
remplissent les conditions d’entrée lation sur le territoire de l’État mem-
nation fondée sur le sexe, la race ou
énoncées au paragraphe 1, à l’ex- bre concerné comme le prévoit la di-
l’origine ethnique, la religion ou les
ception du point b), et qui se pré- convictions, un handicap, l’âge ou rective 2004/38/CE.
sentent à la frontière peuvent être l’orientation sexuelle.
autorisés à entrer sur le territoire 3. À l’entrée et à la sortie, les ressor-
des États membres si un visa est tissants des pays tiers sont soumis à
délivré à la frontière conformément Article 7. Vérifications aux frontiè- une vérification approfondie.
au règlement (CE) n° 415/2003 du res portant sur les personnes
a) La vérification approfondie à l’en-
Conseil du 27 février 2003 relatif à 1. Les mouvements transfrontaliers trée comporte la vérification des con-
la délivrance de visas à la frontière, aux frontières extérieures font l’ob- ditions d’entrée fixées à l’article 5,
y compris aux marins en transit(31). jet de vérifications de la part des paragraphe 1, ainsi que, le cas
Les visas délivrés à la frontière sont garde-frontières. Les vérifications échéant, des documents autorisant le
consignés sur une liste. sont effectuées conformément au pré- séjour et l’exercice d’une activité pro-
S’il n’est pas possible d’apposer un sent chapitre. fessionnelle. Cette vérification com-
visa sur le document, le visa est ap- prend un examen détaillé des élé-
Les vérifications peuvent également
posé à titre exceptionnel sur un ments suivants :
porter sur les moyens de transport des
feuillet séparé inséré dans le docu- personnes franchissant la frontière et i) la vérification que le ressortissant
ment. Dans ce cas, le modèle uni- les objets en leur possession. Si des du pays tiers est en possession, pour
(31) JO L 64 du 7.3.2003, p. 1.
(32) JO L 53 du 23.2.2002, p. 4.
page 40 Annexe I – Gisti
franchir la frontière, d’un docu- ou les relations internationales de telle qu’elle rend excessif le délai d’at-
ment valable et qui n’est pas arrivé l’un des États membres. tente au point de passage frontalier,
à expiration, et que ce document alors que toutes les ressources en per-
c) En plus des vérifications visées au
est accompagné, le cas échéant, du sonnel, en moyens et en organisation
point b), la vérification approfondie
visa ou du permis de séjour requis ; ont été épuisées.
à la sortie peut également comporter :
ii) l’examen approfondi du docu- 2. En cas d’assouplissement des véri-
i) la vérification que la personne est
ment de voyage à la recherche d’in- fications aux frontières conformé-
en possession d’un visa en cours de
dices de falsification ou de contre- ment au paragraphe 1, les vérifica-
validité si celui-ci est requis confor-
façon ; tions des mouvements à l’entrée ont,
mément au règlement (CE) n° 539/
iii) l’examen des cachets d’entrée et 2001, sauf si elle est titulaire d’un en principe, priorité sur les vérifica-
de sortie sur le document de voyage titre de séjour en cours de validité ; tions de sortie.
du ressortissant de pays tiers con- La décision d’assouplir les vérifica-
ii) la vérification que la personne
cerné, afin de vérifier, en compa- tions est prise par le garde-frontière
n’a pas dépassé la durée de séjour
rant les dates d’entrée et de sortie, qui est responsable du point de pas-
maximale autorisée sur le territoire
que cette personne n’a pas déjà dé- sage frontalier.
des États membres ;
passé la durée de séjour maximale
autorisée sur le territoire des États iii) la consultation des signalements Cet assouplissement des vérifications
membres ; de personnes et d’objets intégrés est temporaire, adapté aux circons-
dans le SIS et les fichiers de recher- tances qui le motivent et mis en œuvre
iv) la vérification des points de dé- progressivement.
che nationaux.
part et d’arrivée du ressortissant de
pays tiers concerné ainsi que de 4. Lorsque des installations existent 3. Même en cas d’assouplissement des
l’objet du séjour envisagé et, si né- et si le ressortissant du pays tiers le vérifications aux frontières, le garde-
cessaire, la vérification des docu- demande, cette vérification approfon- frontière appose un cachet sur les
ments justificatifs correspondants ; die est effectuée dans un lieu privé. documents de voyage des ressortis-
sants de pays tiers à l’entrée et à la
v) la vérification que le ressortissant 5. Les ressortissants de pays tiers qui sortie, conformément à l’article 10.
du pays tiers concerné dispose de font l’objet d’une vérification appro-
moyens de subsistance suffisants fondie de deuxième ligne reçoivent des 4. Chaque État membre transmet an-
pour la durée et l’objet du séjour informations sur l’objectif de cette vé- nuellement au Parlement européen et
envisagé, pour le retour dans le pays rification et sur la procédure à suivre. à la Commission un rapport sur l’ap-
d’origine ou pour le transit vers un plication du présent article.
pays tiers dans lequel son admission Ces informations sont disponibles
est garantie, ou qu’il est en mesure dans toutes les langues officielles des
d’acquérir légalement ces moyens ; institutions de l’Union et dans la ou Article 9. Aménagement de
les langues du pays ou des pays limi- couloirs séparés et signalisation
vi) la vérification que le ressortis- trophes de l’État membre concerné ;
sant du pays tiers concerné, son 1. Les États membres aménagent des
il y est indiqué que le ressortissant de couloirs séparés, notamment aux
moyen de transport et les objets pays tiers peut demander le nom ou
qu’il transporte ne sont pas de na- points de passage frontaliers aériens,
le numéro de matricule des garde- afin de pouvoir procéder aux vérifi-
ture à compromettre l’ordre public, frontières effectuant la vérification
la sécurité intérieure, la santé pu- cations sur les personnes, conformé-
approfondie de deuxième ligne ainsi ment à l’article 7. Ces couloirs sont
blique ou les relations internationa- que le nom du point de passage fron-
les de l’un des États membres. Cette différenciés au moyen des panneaux
talier et la date du franchissement de portant les indications visées à
vérification comprend la consulta- la frontière.
tion directe des données et des si- l’annexe III.
gnalements relatifs aux personnes 6. Les vérifications portant sur des Les États membres peuvent aména-
et, si nécessaire, aux objets intégrés personnes jouissant du droit commu- ger des couloirs séparés à leurs points
dans le SIS et dans les fichiers de nautaire à la libre circulation sont ef- de passage frontaliers maritimes et
recherche nationaux ainsi que, le fectuées conformément à la directive terrestres, ainsi qu’aux frontières en-
cas échéant, de la mesure à pren- 2004/38/CE. tre les États membres n’appliquant
dre à la suite d’un signalement. pas l’article 20 à leurs frontières com-
7. Les modalités pratiques relatives
b) La vérification approfondie à la aux informations à enregistrer sont munes. Si les États membres aména-
sortie comporte : décrites à l’annexe II. gent des couloirs séparés à ces fron-
tières, des panneaux portant les indi-
i) la vérification que le ressortissant cations visées à l’annexe III doivent
du pays tiers est en possession d’un Article 8. Assouplissement être utilisés.
document valable pour franchir la des vérifications aux frontières
frontière ; Les États membres veillent à ce que
1. Les vérifications aux frontières ex- ces couloirs soient clairement signa-
ii) l’examen du document de térieures peuvent faire l’objet d’un lés, y compris lorsque les règles rela-
voyage à la recherche d’indices de assouplissement en raison de circons- tives à l’utilisation des différents cou-
falsification ou de contrefaçon ; tances exceptionnelles et imprévues. loirs sont suspendues conformément
iii) si possible, la vérification que le Ces circonstances exceptionnelles et au paragraphe 4, en vue d’assurer
ressortissant du pays tiers n’est pas imprévues sont supposées exister une fluidité optimale de la circula-
considéré comme une menace pour lorsque des événements imprévisibles tion des personnes franchissant la
l’ordre public, la sécurité intérieure provoquent une intensité du trafic frontière.
Les visas – Annexe I – L’acquis de Schengen page 41
2. a) Les personnes jouissant du droit quels un visa est délivré à la fron- 5. Chaque fois que cela est possible,
communautaire à la libre circulation tière par un État membre de fran- les ressortissants de pays tiers sont in-
sont autorisées à emprunter les cou- chir la frontière ; formés de l’obligation qu’a le garde-
loirs indiqués par le panneau figurant c) sur les documents permettant frontière d’apposer un cachet sur
dans la partie A de l’annexe III. Elles aux ressortissants de pays tiers qui leur document de voyage à l’entrée
peuvent également utiliser les couloirs ne sont pas soumis à l’obligation de et à la sortie, même lorsque les véri-
indiqués par le panneau figurant dans visa de franchir la frontière. fications sont assouplies conformé-
la partie B de l’annexe III. ment à l’article 8.
2. Un cachet est apposé à l’entrée et à
b) Toutes les autres personnes utili- la sortie sur les documents de voyage 6. La Commission fait rapport au Par-
sent les couloirs indiqués par le pan- des ressortissants de pays tiers mem- lement européen et au Conseil, d’ici
neau figurant dans la partie B de bres de la famille d’un citoyen de à la fin 2008, en ce qui concerne la
l’annexe III. l’Union auxquels la directive 2004/ mise en œuvre des dispositions rela-
Les indications figurant sur les pan- 38/CE s’applique, mais qui ne présen- tives à l’apposition de cachets sur les
neaux visés aux points a) et b) peu- tent pas la carte de séjour visée à l’ar- documents de voyage.
vent être affichées dans la (ou les) ticle 10 de ladite directive.
langue(s) jugée(s) appropriée(s) par Un cachet est apposé à l’entrée et à la Article 11. Présomption
chaque État membre. sortie sur les documents de voyage des concernant les conditions
3. Aux points de passage frontaliers ressortissants de pays tiers membres de de durée du séjour
maritimes et terrestres, les États mem- la famille de ressortissants de pays tiers 1. Si le document de voyage d’un res-
bres peuvent séparer le trafic des vé- qui jouissent du droit communautaire sortissant d’un pays tiers n’est pas re-
hicules dans des couloirs distincts, à la libre circulation, mais qui ne pré- vêtu du cachet d’entrée, les autorités
selon qu’il s’agit de véhicules légers sentent pas la carte de séjour visée à nationales compétentes peuvent pré-
ou de véhicules lourds et d’autobus, l’article 10 de la directive 2004/38/CE. sumer que son titulaire ne remplit pas
au moyen des panneaux figurant à ou ne remplit plus les conditions re-
3. Il n’est pas apposé de cachet d’en-
l’annexe III, partie C. latives à la durée du séjour applica-
trée et de sortie :
Les États membres peuvent, le cas bles dans l’État membre concerné.
a) sur les documents de voyage des
échéant, modifier les indications qui chefs d’État et des personnalités 2. La présomption visée au paragra-
figurent sur ces panneaux, compte dont l’arrivée a été préalablement phe 1 peut être renversée lorsque le
tenu des circonstances locales. annoncée officiellement par voie di- ressortissant d’un pays tiers présente,
4. En cas de déséquilibre temporaire plomatique ; par tout moyen crédible, des éléments
des flux de trafic à un point de pas- de preuve tels qu’un titre de transport
b) sur les licences de pilote ou les
sage frontalier donné, les règles rela- ou des justificatifs de sa présence en
certificats de membres d’équipage
tives à l’utilisation des couloirs dis- dehors du territoire des États mem-
d’un aéronef ;
tincts peuvent être suspendues par les bres, démontrant qu’il a respecté les
autorités compétentes pendant la du- c) sur les documents de voyage des conditions relatives à la durée de
rée nécessaire au rétablissement de marins, qui ne séjournent sur le ter- court séjour.
l’équilibre. ritoire d’un État membre que pen-
dant l’escale du navire dans la zone Dans ce cas,
5. L’adaptation des panneaux du port d’escale ; a) lorsque le ressortissant d’un pays
existants aux dispositions des para- tiers se trouve sur le territoire des
d) sur les documents de voyage de
graphes 1, 2 et 3 doit être achevée au États membres appliquant intégra-
l’équipage et des passagers d’un na-
plus tard le 31 mai 2009. Lorsque les lement l’acquis de Schengen, les
vire de croisière qui ne sont pas sou-
États membres remplacent des pan- autorités compétentes indiquent,
mis à des vérifications aux frontiè-
neaux existants ou en établissent de conformément à la législation et à
res conformément au point 3.2.3 de
nouveaux avant cette date, ils se con- la pratique nationales, dans son
l’annexe VI ;
forment aux indications prévues aux document de voyage, la date et le
dits paragraphes. e) sur les documents permettant lieu auxquels il a franchi la frontière
aux ressortissants d’Andorre, de extérieure d’un des États membres
Monaco et de Saint-Marin de fran- appliquant intégralement l’acquis
Article 10. Apposition de cachets chir la frontière.
sur les documents de voyage des de Schengen ;
ressortissants de pays tiers À la demande d’un ressortissant de b) lorsque le ressortissant d’un pays
pays tiers, il peut, à titre exceptionnel, tiers se trouve sur le territoire d’un
1. Un cachet est systématiquement ap- être renoncé à l’apposition du cachet
posé sur les documents de voyage des État membre à l’égard duquel la dé-
d’entrée ou de sortie lorsqu’elle risque cision visée à l’article 3, paragra-
ressortissants de pays tiers à l’entrée d’entraîner des difficultés importan-
et à la sortie. Il est notamment apposé phe 2, de l’acte d’adhésion de 2003
tes pour celui-ci. Dans ce cas, l’entrée
un cachet d’entrée et de sortie : n’a pas encore été prise, les autori-
ou la sortie est consignée sur un feuillet
tés compétentes indiquent, confor-
a) sur les documents, revêtus d’un séparé avec mention du nom et du nu-
mément à la législation et à la pra-
visa en cours de validité, permet- méro du passeport. Ce feuillet est re-
tique nationales, dans le document
tant aux ressortissants de pays tiers mis au ressortissant du pays tiers.
de voyage du ressortissant du pays
de franchir la frontière ; 4. Les modalités pratiques de l’appo- tiers, la date et le lieu auxquels il a
b) sur les documents permettant sition du cachet sont décrites à franchi la frontière extérieure d’un
aux ressortissants de pays tiers aux- l’annexe IV. tel État membre.
page 42 Annexe I – Gisti
Outre les mentions visées aux points Article 13. Refus d’entrée fait l’objet d’une décision de refus
a) et b), un formulaire conforme à ce- d’entrée ne pénètre pas sur le terri-
1. L’entrée sur le territoire des États
lui qui figure à l’annexe VIII peut être toire de l’État membre concerné.
membres est refusée au ressortissant
remis au ressortissant du pays tiers.
de pays tiers qui ne remplit pas l’en- 5. Les États membres établissent un
Les États membres s’informent mu- semble des conditions d’entrée, tel- relevé statistique sur le nombre de
tuellement et informent la Commis- les qu’énoncées à l’article 5, paragra- personnes ayant fait l’objet d’une dé-
sion et le secrétariat général du Con- phe 1, et qui n’appartient pas à l’une cision de refus d’entrée, les motifs du
seil au sujet de leurs pratiques natio- des catégories de personnes visées à refus, la nationalité des personnes re-
nales concernant les mentions visées l’article 5, paragraphe 4. Cette dispo- fusées et le type de frontière (terres-
dans le présent article. sition est sans préjudice de l’applica- tre, aérienne, maritime) auquel l’en-
tion des dispositions particulières re- trée leur a été refusée. Les États
3. Dans le cas où la présomption vi- membres transmettent ces statisti-
latives au droit d’asile et à la protec-
sée au paragraphe 1 ne serait pas ren- ques à la Commission une fois par
tion internationale ou à la délivrance
versée, les autorités compétentes peu- an. La Commission publie tous les
de visas de long séjour.
vent expulser le ressortissant du pays deux ans une compilation des statis-
tiers du territoire de l’État membre 2. L’entrée ne peut être refusée qu’au tiques communiquées par les États
concerné. moyen d’une décision motivée indi- membres.
quant les raisons précises du refus. La
décision est prise par une autorité 6. Les modalités du refus sont décri-
Article 12. Surveillance tes à l’annexe V, partie A.
compétente habilitée à ce titre par la
des frontières
législation nationale. Elle prend effet
1. La surveillance des frontières a immédiatement.
pour objet principal d’empêcher le Chapitre 3. Effectifs et
La décision motivée indiquant les rai- moyens affectés au contrôle
franchissement non autorisé de la
sons précises du refus est notifiée au aux frontières et coopération
frontière, de lutter contre la crimina-
moyen d’un formulaire uniforme tel
lité transfrontalière et de prendre des entre les États membres
que celui figurant à l’annexe V, par-
mesures à l’encontre des personnes
tie B, et rempli par l’autorité compé-
ayant franchi illégalement la frontière.
tente habilitée par la législation na- Article 14. Effectifs et moyens
2. Les garde-frontières agissent en tionale à refuser l’entrée. Le formu- affectés au contrôle aux frontières
unités fixes ou mobiles pour procé- laire uniforme ainsi complété est re-
Les États membres mettent en place
der à la surveillance des frontières mis au ressortissant concerné, qui ac-
les effectifs et les moyens appropriés
extérieures. cuse réception de la décision de refus
et suffisants pour exercer le contrôle
au moyen dudit formulaire.
Cette surveillance est effectuée de aux frontières extérieures conformé-
manière à empêcher et à dissuader 3. Les personnes ayant fait l’objet ment aux articles 6 à 13, de manière
les personnes de se soustraire aux vé- d’une décision de refus d’entrée ont à assurer un contrôle efficace, de haut
rifications aux points de passage le droit de former un recours contre niveau et uniforme à leurs frontières
frontaliers. cette décision. Les recours sont for- extérieures.
més conformément au droit national.
3. La surveillance entre les points de
Des indications écrites sont égale- Article 15. Mise en œuvre
passage frontaliers est assurée par des
ment mises à la disposition du res- des contrôles
garde-frontières dont les effectifs et
sortissant du pays tiers en ce qui con-
les méthodes sont adaptés aux risques 1. Le contrôle aux frontières prévu
cerne des points de contact en me-
et aux menaces existants ou prévus. aux articles 6 à 13 est effectué par les
sure de communiquer des informa-
Les périodes de surveillance sont garde-frontières, conformément aux
tions sur des représentants compé-
modifiées de manière fréquente et dispositions du présent règlement et
tents pour agir au nom du ressortis-
inopinée, de sorte que les passages de au droit national.
sant du pays tiers conformément au
personnes qui franchissent la fron-
droit national. Dans l’exercice de ce contrôle, les
tière sans autorisation risquent en per-
manence d’être découverts. L’introduction d’un tel recours n’a garde-frontières conservent les compé-
pas d’effet suspensif à l’égard de la tences en matière de poursuites péna-
4. La surveillance est effectuée par des les dont ils sont investis par la législa-
décision de refus d’entrée.
unités fixes ou mobiles qui accomplis- tion nationale et qui sortent du champ
sent leur mission en patrouillant ou Sans préjudice de toute éventuelle d’application du présent règlement.
en se postant à des endroits réputés compensation accordée conformé-
ou présumés sensibles, l’objectif de ment à la législation nationale, le res- Les États membres veillent à ce que
cette surveillance consistant à appré- sortissant du pays tiers concerné a le les garde-frontières soient des profes-
hender les individus franchissant il- droit à la rectification du cachet d’en- sionnels spécialisés et dûment formés.
légalement la frontière. La sur- trée annulé, ainsi que de toute autre Ils les encouragent à apprendre des
veillance peut également être exercée annulation ou ajout, de la part de langues, en particulier celles nécessai-
à l’aide de moyens techniques, y com- l’État membre qui a refusé l’entrée, res à l’exercice de leurs fonctions.
pris électroniques. si, dans le cadre du recours, la déci-
2. Les États membres notifient à la
sion de refus d’entrée devait être dé-
5. Des modalités supplémentaires con- Commission la liste des services na-
clarée non fondée.
cernant la surveillance peuvent être tionaux chargés du contrôle aux fron-
arrêtées conformément à la procédure 4. Les garde-frontières veillent à ce tières par leur législation nationale
visée à l’article 33, paragraphe 2. qu’un ressortissant de pays tiers ayant conformément à l’article 34.
Les visas – Annexe I – L’acquis de Schengen page 43
3. Pour que le contrôle aux frontiè- dividuelle des États membres décou- c) pour des voyages à caractère tou-
res soit efficace, chaque État membre lant des articles 6 à 13. ristique ou privé :
veille à assurer une coopération i) justificatifs concernant l’héberge-
Les États membres peuvent conclure
étroite et permanente entre ses servi- ment :
entre eux des arrangements bilaté-
ces nationaux chargés du contrôle aux
raux à cette fin. - une invitation de l’hôte, en cas
frontières.
2. Les États membres informent la d’hébergement chez une personne
Commission de tout arrangement con- privée,
Article 16. Coopération
entre les États membres clu conformément au paragraphe 1. - une pièce justificative de l’établis-
sement d’hébergement ou tout autre
1. Les États membres se prêtent as- [….]
document approprié indiquant le
sistance et assurent entre eux une coo- type d’hébergement envisagé ;
pération étroite et permanente pour Article 40. Entrée en vigueur ii) justificatifs concernant l’itiné-
que le contrôle aux frontières soit mis
Le présent règlement entre en vigueur raire :
en œuvre de manière efficace, confor-
le 13 octobre 2006. Toutefois, l’arti- la confirmation de la réservation
mément aux articles 6 à 15. Ils échan-
cle 34 entre en vigueur le jour suivant d’un voyage organisé ou tout autre
gent toutes informations utiles.
celui de sa publication au Journal of- document approprié indiquant le
2. La coopération opérationnelle en- ficiel de l’Union européenne. programme de voyage envisagé ;
tre États membres en matière de ges-
Le présent règlement est obligatoire iii) justificatifs concernant le re-
tion des frontières extérieures est
dans tous ses éléments et directement tour :
cordonnée par l’Agence européenne
applicable dans les États membres, un billet de retour ou un billet cir-
pour la gestion de la coopération
conformément au traité instituant la culaire.
opérationnelle aux frontières exté-
Communauté européenne.
rieures (ci-après dénommée d) pour des voyages entrepris pour
« l’Agence ») créée par le règlement une manifestation à caractère politi-
(CE) n° 2007/2004. que, scientifique, culturel, sportif ou
3. Sans préjudice des compétences de religieux, ou pour toute autre raison :
*
l’Agence, les États membres peuvent invitations, cartes d’entrée, inscrip-
poursuivre la coopération opération- * *
tions ou programmes indiquant, dans
nelle avec d’autres États membres et/ la mesure du possible, le nom de l’or-
ou pays tiers aux frontières extérieu- ganisme d’accueil et la durée du sé-
res, y compris l’échange d’officiers de jour, ou tout autre document appro-
liaison, lorsque cette coopération Annexe 1. Justificatifs servant à
vérifier le respect des conditions prié indiquant l’objet de la visite.
complète l’action de l’Agence.
d’entrée
Les États membres s’abstiennent de Extrait de l’annexe 7. Mineurs
Les justificatifs visés à l’article 5, pa-
toute activité susceptible de compro-
ragraphe 2, peuvent être les suivants : 1. Les garde-frontières accordent une
mettre le fonctionnement de l’Agence
ou la réalisation de ses objectifs. a) pour des voyages à caractère pro- attention particulière aux mineurs,
fessionnel : que ces derniers voyagent accompa-
Les États membres informent gnés ou non. Les mineurs franchissant
l’Agence en ce qui concerne la coo- i) l’invitation d’une entreprise ou la frontière extérieure sont soumis aux
pération opérationnelle visée au pre- d’une autorité à participer à des mêmes contrôles à l’entrée et à la sor-
mier alinéa. réunions, à des conférences ou à des tie que les adultes, conformément aux
manifestations à caractère commer- dispositions du présent règlement.
4. Les États membres proposent des cial, industriel ou professionnel ;
formations sur les règles régissant le 2. Dans le cas de mineurs accompa-
contrôle aux frontières ainsi que sur ii) d’autres documents qui font ap- gnés, le garde-frontière vérifie l’exis-
les droits fondamentaux. À cet égard, paraître l’existence de relations tence de l’autorité parentale des ac-
il est tenu compte des normes com- commerciales ou professionnelles ; compagnateurs à l’égard du mineur,
munes de formation établies et déve- iii) des cartes d’entrée à des foires notamment au cas où le mineur n’est
loppées par l’Agence. et à des congrès, en cas de partici- accompagné que par un seul adulte
pation à un événement de ce genre. et qu’il y a des raisons sérieuses de
croire qu’il a été illicitement soustrait
Article 17. Contrôle conjoint b) pour des voyages effectués dans le à la garde de la ou des personne(s)
cadre d’études ou d’un autre type de qui détiennent légalement l’autorité
1. Les États membres qui n’appli-
formation : parentale à son égard. Dans ce der-
quent pas l’article 20 à leurs frontiè-
res communes terrestres peuvent, jus- i) le certificat d’inscription à un ins- nier cas, le garde-frontière effectue
qu’à la date d’application dudit arti- titut d’enseignement en vue de pren- une recherche plus approfondie afin
cle, effectuer un contrôle conjoint de dre part à des cours d’enseignement de déceler d’éventuelles incohérences
ces frontières communes ; dans ce cas, professionnel ou théoriques dans le ou contradictions dans les informa-
une personne ne peut être arrêtée cadre d’une formation de base ou tions données.
qu’une seule fois aux fins de réaliser d’une formation continue ; 3. Dans le cas de mineurs qui voya-
un contrôle à l’entrée ou à la sortie, ii) les cartes d’étudiants ou certifi- gent non accompagnés, les garde-
sans préjudice de la responsabilité in- cats relatifs aux cours suivis. frontières s’assurent, par une vérifi-
page 44 Annexe I – Gisti
cation approfondie des documents de les mineurs ne quittent pas le terri- personne(s) investie(s) de l’autorité
voyage et des autres documents, que toire contre la volonté de la ou des parentale à leur égard.
Annexes non reproduites (Que l’on peut consulter sur le site cité ci-dessous).
A2. Enregistrement manuel ou électronique de toute information importante à tous les points de passage
frontaliers.
A3. Modèles de panneaux figurant aux différents couloirs des points de passage frontaliers
A4. Modalités d’apposition du cachet
A5. Modalités du refus d’entrée à la frontière et formulaire uniforme de refus d’entrée à la frontière
A6. Modalités relatives aux différents types de frontières et aux moyens de transport utilisés pour le franchisse-
ment des frontières extérieures
A7. Modalités propres à certaines catégories de personnes - Chefs d’État ; pilotes d’aéronefs et autres membres
d’équipage ; marins ; titulaires de passeports diplomatiques, officiels ou de service ainsi que membres d’organi-
sations internationales ; travailleurs frontaliers ; mineurs
I. Dispositions générales l’obligation de visa, de se présenter à Parties contractantes pour des mo-
un poste de la frontière extérieure de tifs autres que l’immigration, en vue
1. Champ d’application la Partie contractante de délivrance ou d’un séjour ininterrompu ou de plu-
Les dispositions communes suivantes d’une autre Partie contractante pour sieurs séjours dont la durée totale ne
fondées sur les dispositions du cha- solliciter, selon le type de visa, le tran- dépasse pas trois mois par semestre
pitre 3, (sections 1 et 2) de la « Con- sit ou le séjour, pourvu que soient réu- à partir de la date de première en-
vention d’application de l’Accord de nies les autres conditions de transit ou trée. Ce visa peut être délivré, en rè-
Schengen du 14 juin 1985 entre les d’entrée. Le fait d’être en possession gle générale, pour une ou plusieurs
Gouvernements des États de l’Union d’un visa uniforme ne confère pas de entrées.
Économique Benelux, de la Républi- droit d’entrée irrévocable. Dans le cas de certains étrangers qui
que Fédérale d’Allemagne et de la Ré- doivent se rendre fréquemment dans
2.1.1. Visa de transit aéroportuaire
publique française relatif à la suppres- un ou plusieurs États Schengen, dans
sion graduelle des contrôles » (ci- Visa permettant à l’étranger spécifi- le cadre par exemple de voyages d’af-
après « la Convention »), signée à quement soumis à cette exigence, de faires, le visa pour un séjour de courte
Schengen le 19 juin 1990, à laquelle passer par la zone internationale de durée peut être délivré pour des sé-
l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la transit d’un aéroport et ce, sans accé- jours multiples, la durée totale de ces
Grèce et l’Autriche ont adhéré depuis der au territoire national du pays con- séjours ne pouvant excéder trois mois
lors, s’appliquent à l’examen des de- cerné, lors d’une escale ou d’un trans- par semestre. La validité de ce visa
mandes concernant les visas pour un fert entre deux tronçons d’un vol in- multiple peut être d’un an et, excep-
séjour n’excédant pas trois mois, y ternational. L’exigence de ce visa est tionnellement, de plus d’un an pour
compris les visas de transit, valables une exception au privilège général de certaines catégories de personnes
pour le territoire de l’ensemble des transit sans visa par ladite zone inter- (voir V 2., 2.1).
Parties contractantes(33). nationale de transit.
2.1.4. Visa collectif
Les visas pour un séjour de plus de Les ressortissants des pays figurant à
trois mois restent soumis aux procé- l’annexe 3 ainsi que les personnes qui, Visa, de transit ou d’une durée ne
dures nationales et ne permettent le sans être des ressortissants de ces pays, dépassant pas trente jours, qui peut
séjour que sur le seul territoire natio- sont en possession d’un document de être apposé sur un passeport collec-
nal. Néanmoins, les titulaires de tels voyage délivré par les autorités de ces tif – sauf si la législation nationale en
visas pourront transiter par le terri- dispose autrement – délivré à un
pays, sont soumis à ce type de visa.
toire des autres Parties contractantes groupe d’étrangers, constitué préala-
en vue de se rendre sur le territoire Les exceptions à l’obligation de visa blement à la décision d’entreprendre
de la Partie contractante qui a déli- de transit aéroportuaire sont réglées le voyage, à condition que les mem-
vré le visa, sauf s’ils ne satisfont pas dans la Partie III de l’annexe 3. bres du groupe entrent sur le terri-
aux conditions d’entrée visées à l’ar- toire, y séjournent et le quittent en
2.1.2. Visa de transit tant que groupe.
ticle 5, paragraphe 1, points a, d et e
ou s’ils figurent sur la liste de signale- Visa autorisant un étranger qui se Le visa collectif est délivré pour des
ment national de la Partie contrac- rend d’un État tiers vers un autre État groupes composés d’un nombre de
tante par le territoire de laquelle le tiers à traverser le territoire des Par- personnes compris entre 5 et 50. Le
transit est souhaité. ties contractantes. responsable du groupe devra dispo-
Ce visa peut être délivré pour un, ser d’un passeport individuel et, si
2. Définition et types de visas nécessaire, d’un visa individuel.
deux ou, exceptionnellement, plu-
2.1. Visa uniforme sieurs transits, sans pour autant que Par dérogation à ce qui précède, des
Le visa uniforme est l’autorisation ou la durée de chaque transit puisse ex- visas de transit collectifs peuvent être
la décision, matérialisées par l’apposi- céder cinq jours. délivrés aux marins conformément
tion d’une vignette par une Partie con- aux dispositions du règlement (CE)
2.1.3. Visa de court séjour ou de
tractante sur un passeport, un titre de n° 415/2003 du Conseil du 27 février
voyage ; visa à entrées multiples
voyage ou un autre document valable 2003 relatif à la délivrance de visas à
permettant le franchissement des fron- Visa permettant à un étranger de sol- la frontière, y compris aux marins en
tières. Il permet à l’étranger, soumis à liciter l’entrée sur le territoire des transit(34).
(33) Au sens de l’article 138 de la Convention, ces dispositions ne concernent, pour la France et les Pays-Bas, que leurs territoires
européens.
page 46 Annexe I – Gisti
2.2. Visa de long séjour formément aux règlements (CE) première destination qui est détermi-
n° 693/2003 (36) et (CE) n° 694/ nante.
Le visa pour un séjour supérieur à
2003(37) du Conseil (voir annexe 17).
trois mois est un visa national délivré b) - De la Partie contractante de pre-
par chaque État membre conformé- mière entrée, lorsque la Partie con-
ment à sa propre législation. II. Représentation tractante de destination principale ne
diplomatique ou consulaire peut être définie.
Toutefois, ce visa aura également, compétente
pendant une durée maximale de trois On entend par Partie contractante de
mois à compter de sa date initiale de Les étrangers soumis à l’obligation de première entrée l’État par la frontière
validité, valeur concomitante de visa visa (voir l’annexe 1) qui souhaitent extérieure duquel le demandeur entre
uniforme de court séjour si sa déli- entrer sur le territoire d’une Partie dans l’espace Schengen après avoir été
vrance a été faite dans le respect des contractante, sont tenus de s’adres- soumis à un contrôle des documents.
conditions et critères communs qui ser au service des visas de la Repré-
- Lorsque la Partie contractante de
ont été arrêtés par ou en vertu des dis- sentation diplomatique ou consulaire
première entrée ne soumet pas le de-
positions pertinentes du chapitre 3, compétente.
mandeur à l’obligation de visa, elle
section I de la présente Convention n’est pas obligée de lui délivrer le visa
et si son titulaire satisfait aux condi- 1. Détermination de l’État
et – à moins qu’elle ne délivre le visa
tions d’entrée visées à l’article 5, pa- compétent volontairement, après accord du de-
ragraphe 1, points a, c, d et e de la mandeur – la compétence est trans-
convention et reprises dans la 1.1. État compétent pour
statuer sur la demande férée à la Partie contractante de pre-
partie IV de ces Instructions. Dans le mière destination ou la Partie contrac-
cas contraire, il ne permet à son titu- L’instruction des demandes et la dé- tante de premier transit qui soumet
laire que de transiter par le territoire livrance des visas uniformes de courte le demandeur à visa.
des autres États membres en vue de durée ou de transit relèvent de la com-
se rendre sur le territoire de l’État pétence, dans l’ordre suivant : - L’instruction des demandes et la
membre qui a délivré le visa, sauf s’il délivrance des visas à validité territo-
ne remplit pas les conditions d’entrée a) - De la Partie contractante sur le riale limitée (au territoire d’une Par-
visées à l’article 5 paragraphe 1, territoire de laquelle se situe la desti- tie contractante ou au territoire des
points a), d), et e) ou s’il figure sur la nation unique ou principale du États du Benelux) relèvent de la com-
liste de signalement nationale de voyage. En aucun cas une Partie con- pétence de la ou des Partie(s)
l’État membre par le territoire duquel tractante de transit ne peut être con- contractante(s) concernée(s).
le transit est souhaité. sidérée comme destination principale.
1.2. État agissant en représen-
La Représentation diplomatique ou tation de l’État compétent
2.3. Visa à validité territoriale
consulaire saisie de la demande dé-
limitée a) En cas d’absence dans un État
terminera, au cas par cas, quelle est
Visa apposé à titre exceptionnel sur la Partie contractante de destination d’une Représentation diplomatique
un passeport, un titre de voyage ou principale, en tenant compte, lors de ou consulaire de l’État compétent, le
un autre document valable permet- son appréciation, de l’ensemble des visa uniforme peut être délivré par la
tant le franchissement de la frontière éléments de fait et notamment de Représentation de l’État représentant
dans les cas où le séjour est autorisé l’objet du voyage, de l’itinéraire et de l’État compétent. Le visa est délivré
exclusivement sur le territoire natio- la durée du séjour ou des séjours. pour le compte de l’État représenté,
nal d’une ou de plusieurs Parties con- Dans l’examen de ces éléments, la après autorisation préalable de ce der-
tractantes, pourvu que l’accès et la Représentation se fondera principa- nier, la consultation entre autorités
sortie du territoire soient également lement sur les documents justificatifs centrales étant effectuée si nécessaire.
effectués par le territoire de cette ou S’il existe une Représentation d’un
présentés par le demandeur.
de ces Parties contractantes (voir V 3. État du Benelux, celle-ci assure en
des présentes Instructions). - Elle se basera plus particulièrement principe d’office la représentation des
sur le motif ou l’objet essentiel du autres États du Benelux à moins que
2.4. Visa délivré à la frontière(35) voyage lorsqu’une ou plusieurs desti- l’État du Benelux concerné ne soit
nations sont la conséquence directe dans l’impossibilité matérielle d’assu-
2.5. Documents ayant la même ou le complément d’une autre desti- rer la représentation des autres États
valeur qu’un visa et autorisant nation ; du Benelux, auquel cas ces derniers
le franchissement des frontiè- peuvent faire appel à un autre État
- Elle se basera plus particulièrement
res extérieures - FTD/FRTD partenaire pour se faire représenter
sur la durée la plus longue du séjour
en matière de visa dans l’État tiers
Afin de faciliter le transit, un docu- lorsque aucune destination n’est la
considéré.
ment facilitant le transit (FTD) ou un conséquence directe ou le complé-
document facilitant le transit ferro- ment d’une autre destination ; en cas b) Même si un État dispose d’une
viaire (FRTD) peut être délivré con- d’égalité des durées de séjour, c’est la Représentation diplomatique ou con-
(34) JO L 64 du 7.3.2003, p. 1.
(35) Dans des cas exceptionnels, des visas de court séjour ou de transit peuvent être délivrés à la frontière, dans les conditions
définies à la partie II, point 5 du Manuel commun frontières extérieures.
(36) JO L 99 du 17.4.2003, p. 8.
(37) JO L 99 du 17.4.2003, p. 15.
Les visas – Annexe I – L’acquis de Schengen page 47
sulaire dans un pays tiers, il peut de- l’État dans lequel l’activité en ques- - Le dispositif de la représentation
mander à un autre État ayant une tion doit être exercée. peut encore être amélioré par une
Représentation consulaire dans ledit extension du réseau de consultation,
- Les États Schengen ne sont pas te-
pays tiers de le représenter. Le visa par le biais d’un développement du
nus d’être représentés aux fins de
uniforme est délivré pour le compte logiciel permettant aux postes du pays
délivrance de visa dans tous les pays
de l’État représenté, après autorisa- représentant de consulter, de manière
tiers. Ils peuvent décider que les de-
tion préalable de ce dernier, la con- simple, les autorités centrales du pays
mandes de visa introduites dans cer-
sultation entre autorités centrales représenté.
tains pays tiers ou les demandes pour
étant effectuée si nécessaire.
un certain type de visa doivent être - Au niveau local, les représentations
c) La représentation pour la déli- adressées à une Représentation de diplomatiques ou consulaires assurent,
vrance des visas uniformes prévue aux l’État de destination principale du dans le cadre de la coopération con-
points a) et b) fait l’objet d’un accord demandeur. sulaire locale, qu’une information ap-
entre le ou les États représentés et propriée sur les compétences résultant
- L’évaluation du risque d’immigration
l’État représentant, qui précise : du recours à la représentation confor-
clandestine lors de l’introduction des
mément aux points a) et b) soit mise à
- la durée de la représentation et les demandes de visa, relève pleinement
la disposition des demandeurs de visa.
conditions de dénonciation de celle-ci ; de la Représentation diplomatique et
consulaire qui traite la demande. 2. Demandes de visa
- et, pour l’application du point b),
les modalités de mise en œuvre de la - Les États représentés acceptent la soumises à la consultation
représentation, telles que les condi- responsabilité du traitement des de- de l’autorité centrale nationale
tions de mise à disposition de locaux mandes d’asile présentées par les per- ou de celle d’une ou de plusieurs
par l’État représentant, les conditions sonnes munies d’un visa délivré par autres Parties contractantes,
de mise à disposition de personnel par les États représentants en leur nom, conformément à l’article 17,
l’État représentant et l’État repré- et qui porte une mention indiquant paragraphe 2
senté, et l’éventuelle participation fi- qu’il a été délivré en représentation.
nancière de l’État représenté aux frais 2.1. Consultation de l’autorité
liés à la délivrance des visas en repré- - Dans des cas exceptionnels, les ac- centrale nationale
sentation par l’État représentant. cords bilatéraux peuvent stipuler que
l’État représentant soumet les deman- La Représentation diplomatique ou
d) La représentation pour la déli- des de visa de certaines catégories consulaire qui instruit la demande,
vrance de visa uniformes prévue aux d’étrangers aux autorités de l’État devra solliciter l’autorisation de son
points a) et b) est reflétée par le ta- représenté qui est l’État de destina- autorité centrale, la consulter ou l’avi-
bleau de représentation en matière de tion principale ou qu’il les renvoie à ser de la décision envisagée dans les
délivrance de visas uniformes figurant un poste de carrière de cet État. Ces cas et selon les modalités et délais
à l’annexe 18. catégories devront être définies par fixés par la loi et la pratique nationa-
écrit, éventuellement pour chaque Re- les. Les cas de consultation interne
e) En cas de représentation en appli- figurent à l’annexe 5, partie A.
cation des points a) et b), la délivrance présentation diplomatique ou consu-
de visas Schengen s’effectue selon les laire. La délivrance du visa est alors 2.2. Consultation de l’autorité
principes suivants : censée intervenir avec l’autorisation centrale d’une ou de plusieurs
de l’État représenté, prévue à l’arti- Parties contractantes
- Les règles de représentation dans le cle 30, paragraphe 1, point a, de la
cadre du traitement des demandes de Convention de Schengen. La Représentation diplomatique ou
visa concernent les visas de transit consulaire saisie de la demande de-
aéroportuaire, les visas de transit et - Les accords bilatéraux pourront au vra solliciter l’autorisation de sa pro-
les visas de court séjour uniformes, fil du temps être adaptés à la lumière pre autorité centrale, qui, de son côté,
délivrés dans le cadre de la Conven- des évaluations nationales des deman- devra transmettre la demande aux
tion de Schengen et conformément des d’asile introduites au cours d’une autorités centrales compétentes d’une
aux dispositions des Instructions con- période déterminée par des titulaires ou de plusieurs autre(s) Partie(s)
sulaires communes. L’État représen- d’un visa délivré en représentation et contractante(s) (cf. Partie V, 2., 2.3).
tant est tenu d’appliquer les disposi- d’autres données pertinentes relatives Tant que la liste définitive des cas de
tions des Instructions consulaires à la délivrance de visa. En fonction consultation mutuelle n’aura pas été
communes avec une diligence identi- des résultats obtenus, on pourra dé- arrêtée par le Comité exécutif, la liste
que à celle qu’il accorde à la déli- cider de renoncer à la représentation annexée aux présentes Instructions
vrance de ses propres visas de même pour certains postes (et, éventuelle- communes sera utilisée (voir annexe 5
type et de même durée. ment, pour certaines nationalités). partie B).
- Sauf accord bilatéral explicite, les - La représentation ne vaut qu’en ma-
tière de délivrance de visa. Si le visa
2.3. Procédure de consultation
règles de représentation ne concer-
ne peut être délivré du fait que l’étran- en cas de représentation
nent pas les visas délivrés en vue de
l’exercice d’une activité profession- ger n’est pas en mesure de fournir les a) Les demandes de visas concernant
nelle rémunérée ou d’une activité su- preuves suffisantes qu’il satisfait aux les nationalités mentionnées dans
bordonnée à l’approbation préalable conditions, l’étranger doit être in- l’annexe 5C introduites auprès d’une
de l’État dans lequel elle doit être formé de la possibilité d’introduire sa Ambassade ou d’un poste consulaire
exercée. Les demandeurs de ce type demande auprès d’une Représenta- d’un État Schengen qui représente un
de visa doivent s’adresser à la Repré- tion de carrière de l’État de destina- autre État Schengen font l’objet d’une
sentation consulaire accréditée de tion principale. consultation de cet autre État.
page 48 Annexe I – Gisti
semestre considéré, une Partie contrac- dats à l’immigration qui cherchent à passement du séjour autorisé lors
tante délivre en cas de besoin, un nou- pénétrer et à s’établir dans le terri- d’un séjour antérieur.
veau visa dont la validité sera limitée toire des États membres sous le cou-
à son territoire. vert de visa pour tourisme, affaires, 1.3. Vérification du document
études, travail ou visite à des parents. de voyage
Article 14, paragraphe 1 Il convient à cet effet d’exercer une - vérification de la régularité du do-
1. Aucun visa ne peut être apposé dans vigilance particulière sur les « popu- cument : il doit être complet et ne
un document de voyage si celui-ci n’est lations à risque », les chômeurs, les doit être ni modifié, ni falsifié, ni
valable pour aucune des Parties con- personnes démunies de ressources contrefait ;
tractantes. Si le document de voyage stables, etc. Toujours dans ce but,
l’entretien avec le demandeur en vue - vérification de la validité territoriale
n’est valable que pour une ou plusieurs
de s’assurer de l’objet du voyage re- du document de voyage : il doit être
Parties contractantes, le visa à apposer
vêt une importance fondamentale. valable pour l’entrée sur le territoire
sera limité à cette ou à ces Parties con-
On pourra également réclamer des des Parties contractantes ;
tractantes.
justificatifs supplémentaires, dont la - vérification de la durée de validité
Article 16 nature aura été définie, si possible, du document de voyage : la durée de
Si une Partie contractante estime né- dans le cadre de la coopération con- validité du document de voyage de-
cessaire de déroger, pour l’un des mo- sulaire locale. La Représentation di- vrait dépasser de trois mois celle du
tifs énumérés à l’article 5, paragra- plomatique et consulaire doit égale- visa (article 13, paragraphe 2 de la
phe 2, au principe défini à l’article 15, ment s’appuyer sur la coopération Convention) ;
en délivrant un visa à un étranger qui consulaire locale pour renforcer sa
- toutefois, pour des motifs urgents à
ne remplit pas l’ensemble des condi- capacité de déceler les documents
caractère humanitaire ou d’intérêt na-
tions d’entrée visées à l’article 5 para- faux ou falsifiés produits à l’appui de
tional ou en raison d’obligations in-
graphe 1, la validité de ce visa sera li- certaines demandes de visa. En cas
ternationales, il sera possible, de ma-
mitée au territoire de cette Partie con- de doute portant sur l’authenticité
nière tout à fait exceptionnelle, d’ap-
tractante qui devra en avertir les autres des documents et des justificatifs poser des visas sur des documents de
Parties contractantes. présentés, y compris en ce qui con- voyage dont la durée de validité est
cerne la véracité de leur contenu, inférieure à celle citée dans le para-
V. Instruction de la ainsi que sur la fiabilité des déclara- graphe précédent (trois mois), à con-
tions recueillies lors d’un entretien, dition que cette durée de validité dé-
demande et décision la représentation diplomatique ou
relative à celle-ci passe celle du visa et que la garantie
consulaire s’abstiendra de délivrer le du retour ne soit pas compromise ;
La Représentation diplomatique ou visa.
consulaire vérifie en premier lieu les - vérification des durées des séjours
À l’inverse, les contrôles seront allé- antérieurs sur le territoire des Parties
documents présentés (1.) et s’appuie gés pour les demandeurs reconnus
ensuite sur ces documents pour la dé- contractantes.
comme étant des personnes « bona
cision concernant la demande de visa fide », ces informations étant inchan- 1.4. Vérification d’autres
(2.). gées dans le cadre de la coopération documents en fonction
Critères de base pour l’instruction de consulaire. de la demande
la demande Le nombre et la nature des justifica-
1. Instruction des demandes
Il est rappelé que les préoccupations de visa tifs dépendent du risque éventuel
essentielles qui doivent guider l’ins- d’immigration illégale et de la situa-
truction des demandes de visa sont : 1.1. Vérification de la demande tion locale (ex. monnaie transférable
la sécurité des Parties contractantes de visa ou non) et peuvent varier d’un pays à
et la lutte contre l’immigration clan- l’autre. En ce qui concerne l’appré-
destine ainsi que d’autres aspects re- - la durée de séjour demandée doit ciation des justificatifs les Représen-
levant des relations internationales. correspondre à l’objet du voyage tations diplomatiques et consulaires
Selon les pays, l’une pourra prévaloir - les réponses aux questions du for- des Parties contractantes peuvent
sur les autres, aucune ne devra jamais mulaire doivent être complètes et co- convenir de modalités pratiques
être perdue de vue. hérentes. Ce formulaire devra com- adaptées aux circonstances locales.
S’agissant de la sécurité, il convient de porter une photographie d’identité Ces documents justificatifs devront
s’assurer que les contrôles nécessaires du demandeur du visa et indiquer, obligatoirement porter sur le motif du
ont été effectués : consultation des fi- dans la mesure du possible, la desti- voyage, les moyens de transport et le
chiers des non-admis (signalements nation principale de son voyage. retour, les moyens de subsistance et
aux fins de non-admission), via le Sys- les conditions d’hébergement :
1.2. Vérification de l’identité du
tème d’Information Schengen, consul- Justificatifs relatifs à l’objet du
demandeur et vérification si le de-
tation des autorités centrales pour les voyage, par exemple lettre d’invita-
mandeur est signalé aux fins de non-
pays soumis à cette procédure. tion, convocation, voyage organisé.
admission dans le Système d’Informa-
S’agissant du risque migratoire, l’ap- tion Schengen (SIS) ou s’il présente Justificatifs relatifs aux moyens de
préciation relève de l’entière respon- d’autres menaces (pour la sécurité) transport et au retour, par exemple
sabilité de la Représentation diplo- s’opposant à la délivrance d’un visa billet de voyage aller-retour, devi-
matique ou consulaire. L’examen des ou si, sur le plan migratoire, il pré- ses pour l’essence ou l’assurance
demandes vise à détecter les candi- sente un risque en raison d’un dé- voiture.
page 50 Annexe I – Gisti
Justificatifs relatifs aux moyens de ciels ou en vue de protéger des inté- pose pas l’instauration d’une nouvelle
subsistance. rêts nationaux dans le domaine de la condition de délivrance de visas. Ces
politique étrangère ou de la politique documents sont des instruments à
Pourront être acceptés comme preuve
du développement ou dans d’autres portée pratique, destinés à justifier la
de moyens de subsistance : argent li-
domaines représentant un intérêt pu- disponibilité d’un logement et, le cas
quide en monnaie convertible, chè-
blic vital. échéant, des moyens de subsistance.
ques de voyage, carnets de chèques
Si une Partie contractante utilise un
sur un compte en devises, cartes de Il peut également être dérogé à l’obli-
crédit, ou tout autre moyen permet- tel document, celui-ci doit, en tout
gation d’apporter la preuve d’une as-
tant de justifier d’une garantie de res- cas, préciser l’identité de l’hébergeant
surance-voyage lorsque l’on constate,
sources en devises. et de l’hébergé ou des hébergés,
dans le cadre de la coopération con- l’adresse du logement, la durée et
Le niveau des moyens de subsistance sulaire locale, que les ressortissants de l’objet du séjour, l’éventuel lien de
doit être proportionné à la durée et à certains États tiers n’ont pas la possi- parenté, ainsi que des indications sur
l’objet du séjour, ainsi qu’au coût de bilité d’obtenir une telle assurance. le caractère régulier du séjour de l’hé-
la vie dans l’État ou les États Lorsqu’ils évaluent si une assurance bergeant.
Schengen visités. À cet effet des mon- est adéquate, les États membres peu-
tants de référence seront déterminés Après avoir délivré le visa, la Repré-
vent vérifier si les prestations dues par sentation diplomatique ou consulaire
chaque année par les autorités natio- la compagnie d’assurance seraient
nales des Parties contractantes en vue appose son cachet et inscrit le numéro
récupérables dans un État membre, de visa sur le document afin d’éviter
du franchissement des frontières (voir en Suisse ou au Liechtenstein.
l’annexe n° 7). qu’il soit réutilisé.
Justificatifs relatifs aux conditions Ces vérifications ont pour objet d’évi-
En outre, à l’appui de sa demande de d’hébergement
visa de court séjour ou de voyage, le ter les invitations de complaisance,
demandeur est tenu de prouver qu’il Les documents suivants pourront frauduleuses ou émanant d’étrangers
est titulaire, à titre individuel ou col- entre autres être acceptés comme jus- en situation irrégulière ou précaire.
lectif, d’une assurance-voyage adé- tificatifs relatifs aux conditions d’hé- Le demandeur peut être dispensé de
quate et valide couvrant les éventuels bergement. l’obligation de fournir un justificatif
frais de rapatriement pour raison mé- relatif aux conditions de logement
a) les réservations dans un hôtel ou
dicale, de soins médicaux d’urgence avant d’introduire sa demande de visa
un établissement similaire.
et/ou de soins hospitaliers d’urgence. uniforme s’il peut prouver qu’il dis-
b) les documents attestant de l’exis- pose des moyens financiers suffisants
Les demandeurs devraient en principe
tence d’un contrat de location ou d’un pour subvenir à ses frais de subsis-
contracter une assurance dans leur
titre de propriété, au nom du deman- tance et de logement dans l’État (les
État de résidence. Lorsque cela n’est
deur, d’un logement situé dans le pays États) Schengen qu’il a l’intention de
pas possible, ils devraient s’efforcer
d’en obtenir une dans tout autre pays. visité. visiter.
Si l’hôte contracte une assurance pour c) dans le cas où l’étranger déclare Autres documents exigibles le cas
le demandeur, il devrait le faire dans être logé chez un particulier ou dans échéant : justificatifs du lieu de rési-
son propre État de résidence. une institution, les Représentations dence et relatifs aux attaches avec le
Cette assurance doit être valable sur consulaires devront vérifier si l’étran- pays de résidence, autorisation paren-
l’ensemble du territoire des États ger y sera effectivement hébergé : tale pour les mineurs, justificatifs
membres qui appliquent intégrale- - soit en procédant à des vérifica- ayant trait à la situation socioprofes-
ment les dispositions de l’acquis de tions auprès des autorités nationa- sionnelle du demandeur.
Schengen et pendant toute la durée les, dans la mesure où de telles vé-
Lorsque des déclarations/engage-
du séjour de l’intéressé. La couverture rifications sont nécessaires ;
ments de prise en charge, des certifi-
minimale est de 30 000 €.
- soit en exigeant la production cats d’hébergement, des attestations
En principe, la preuve d’assurance en d’un certificat attestant l’engage- d’accueil… sont requis par la législa-
question est fournie au moment où le ment d’hébergement, sous la forme tion nationale d’un État Schengen
visa est délivré. d’un formulaire harmonisé rempli pour justifier l’invitation de person-
par l’hébergeant et visé par l’auto- nes privées ou d’hommes d’affaires,
La représentation diplomatique ou le
rité compétente de la Partie con- ces documents sont produits sous
poste consulaire compétent pour
tractante, selon les dispositions de forme d’un formulaire harmonisé.
l’examen d’une demande de visa peut
sa législation nationale. Un modèle
décider que cette obligation est rem- 1.5. Examen de la « bonne foi »
de ce formulaire pourra être arrêté
plie dans les cas où il est établi que
par le Comité exécutif. du demandeur
l’on peut supposer l’existence d’un
niveau adéquat de couverture, - soit en exigeant la production En vue de l’appréciation de la
compte tenu de la situation profes- d’un certificat ou d’un document « bonne foi » du demandeur les Re-
sionnelle du demandeur. officiel ou public d’engagement présentations vérifient si le deman-
d’hébergement, formalisé et vérifié deur fait partie des personnes « de
Les représentations diplomatiques ou conformément au droit interne de bonne foi » reconnues comme telles
les postes consulaires peuvent, au cas la Partie contractante concernée. dans le cadre de la coopération con-
par cas, prévoir une dérogation à cette
La production des documents relatifs sulaire sur place.
obligation pour les titulaires de pas-
seports diplomatiques, de passeports à l’engagement d’hébergement prévus Par ailleurs elles consultent également
de service et d’autres passeports offi- aux deux tirets qui précèdent ne sup- les informations échangées, mention-
Les visas – Annexe I – L’acquis de Schengen page 51
nées au chapitre VIII, 3., des présen- 2.3. Procédure à suivre dans La Représentation diplomatique ou
tes Instructions. les cas soumis à la consultation consulaire saisie d’une demande
préalable des autorités centra- d’une personne relevant des catégo-
2. Procédure de décision les des autres Parties contrac- ries soumises à consultation transmet-
concernant les demandes tantes tra sans délai cette demande à l’auto-
de visa rité centrale de son pays.
Les Parties contractantes ont décidé
2.1. Choix du type de visa et du de mettre un système en place pour - Si l’autorité centrale prend une déci-
nombre d’entrées la réalisation des consultations des sion de refus à l’égard d’une demande
autorités centrales. En cas de dé- pour laquelle la Partie contractante
Un visa uniforme peut être (arti- faillance du système technique de saisie est compétente, il n’est pas né-
cle 11) : consultation, les mesures suivantes cessaire d’entamer ou de poursuivre la
- un visa de voyage valable pour une pourront être adoptées à titre transi- procédure de consultation des autori-
ou plusieurs entrées, sans que ni la toire et selon le cas : tés centrales des Parties contractantes
durée d’un séjour ininterrompu, ni qui ont demandé à être consultées.
- réduction du nombre des cas de
la durée totale des séjours succes- consultation aux cas pour lesquels - Dans le cas d’une demande instruite
sifs puissent excéder trois mois par la consultation est jugée indispen- en représentation de l’État compé-
semestre, à compter de la date de sable ; tent, l’autorité centrale de la Partie
la première entrée ; contractante saisie de la demande la
- recours au réseau local des ambas-
- un visa d’une durée de validité sades ou consulats des Parties con- transmet à l’autorité centrale de l’État
égale à un an, donnant droit à un tractantes concernées pour canali- compétent. Si l’autorité centrale de
séjour de trois mois au cours d’une ser les consultations ; l’État représenté – ou, au cas où cela
période de six mois et à plusieurs est prévu par l’accord de représenta-
- recours au réseau des Ambassa- tion, l’autorité centrale de l’État re-
entrées ; un tel visa peut être déli-
des des Parties contractantes si- présentant – décide de rejeter la de-
vré aux personnes qui offrent les
tuées a) dans le pays qui doit effec- mande de visa, il n’est pas nécessaire
garanties nécessaires et à l’égard
tuer la consultation, b) dans le pays d’entamer ou de poursuivre la procé-
desquelles une des Parties contrac-
qui doit être consulté ; dure de consultation des autorités
tantes manifeste un intérêt particu-
lier. Exceptionnellement, un visa - utilisation des techniques conven- centrales des Parties contractantes qui
d’une durée de validité supérieure tionnelles entre les points de con- ont demandé à être consultées.
à un an, d’un maximum de cinq ans, tact : télécopie, téléphone etc. ;
c) Informations transmises à l’auto-
donnant droit à plusieurs entrées - renforcement de la vigilance au rité centrale
peut être délivré à certaines caté- bénéfice de l’intérêt commun.
gories de personnes ; Dans le cadre de la consultation des
Dans le cas des demandeurs relevant autorités centrales, les Représenta-
- un visa de transit qui permet à son des catégories figurant à l’annexe 5 B tions diplomatiques ou consulaires
titulaire de transiter une, deux ou soumises à la consultation d’une auto- saisies de la demande transmettent les
exceptionnellement plusieurs fois rité centrale – du Ministère des affai- informations suivantes à leur autorité
par les territoires des Parties con- res étrangères ou d’une autre ins- centrale :
tractantes pour se rendre sur le ter- tance – (article 17, paragraphe 2, de
ritoire d’un État tiers, sans que la 1. Représentation diplomatique ou
la convention), la délivrance du visa
durée d’un transit puisse dépasser consulaire auprès de laquelle a été
uniforme et du visa de long séjour
cinq jours et dans la mesure où l’en- introduite la demande.
ayant valeur concomitante de visa de
trée de l’étranger sur le territoire de court séjour, s’effectue selon la pro- 2. Nom et prénoms, date et lieu de
l’État tiers de destination est garan- cédure décrite ci-dessous. naissance et, dans la mesure où ils
tie et que le trajet à parcourir passe sont connus, les noms des parents
normalement par le territoire des La Représentation diplomatique ou du ou des demandeur(s).
Parties contractantes. consulaire saisie d’une demande
d’une personne relevant d’une de ces 3. Nationalité du ou des deman-
2.2. Responsabilité administra- catégories est, dans un premier temps, deur(s) et, dans la mesure où elles
tive du service intervenant tenue de s’assurer, par la consultation sont connues, les nationalités anté-
du Système d’Information Schengen rieures.
Le Représentant diplomatique ou le
que le demandeur n’est pas signalé 4. Type et numéro du ou des
chef de la section consulaire assu-
aux fins de non-admission. document(s) de voyage présentés
ment, conformément à leurs compé-
tences nationales, la pleine responsa- Elle suivra, en outre, la procédure ainsi que leur date de délivrance et
bilité à l’égard des modalités prati- décrite ci-dessous. de péremption.
ques de la délivrance des visas par leur 5. Durée et objet du séjour envisagé.
a) Procédure
Représentation et se concertent entre
eux. La procédure sous b ne doit pas être 6. Dates prévues pour le voyage.
suivie lorsque le demandeur du visa 7. Domicile, profession, employeur
La Représentation diplomatique ou
est signalé aux fins de non-admission du demandeur de visa.
consulaire arrête sa décision sur la
dans le Système d’Information
base de l’ensemble des informations 8. Références auprès des États
Schengen.
dont elle dispose et compte tenu de membres, en particulier, demandes
la situation concrète de chaque de- b) Transmission de la demande à et séjours antérieurs dans les États
mandeur. l’autorité centrale nationale signataires.
page 52 Annexe I – Gisti
9. Frontière par laquelle le deman- une demande en vue de la prolonga- En aucun cas la réponse ou la de-
deur a l’intention d’entrer sur le tion du délai, celui-ci peut être aug- mande de prolongation du délai de
territoire Schengen. menté de sept jours. la consultation ne pourront être trans-
10. Autres noms (nom de naissance mises au niveau local, excepté dans
Dans des cas exceptionnels, l’autorité
ou, le cas échéant, nom après ma- le cas des consultations effectuées au
centrale consultée peut formuler une
riage, afin de compléter l’identifi- niveau local actuellement prévues
demande motivée en vue d’une pro-
cation conformément aux exigen- dans l’annexe 5B des Instructions
longation du délai, supérieure à sept
ces du droit national des Parties consulaires communes ; il doit tou-
jours.
contractantes et au droit national jours être recouru au réseau de con-
de l’État dont le demandeur est res- Les autorités consultées veillent à ce sultation entre les autorités centrales.
sortissant). qu’en cas d’urgence, la réponse soit
communiquée dans les meilleurs délais. 2.4. Refus d’instruire
11. Autres informations jugées op- la demande, de délivrer le visa
portunes pour les Représentations L’absence de réponse au terme du
consulaires, concernant par exem- délai initial ou, le cas échéant, du dé- La procédure et les recours possibles
ple le conjoint et les enfants mineurs lai prolongé équivaut à une autorisa- dans le cas où la Représentation di-
qui accompagnent l’intéressé, les vi- tion et signifie qu’il n’existe, pour la plomatique ou consulaire d’une Par-
sas reçus antérieurement par le de- ou les Parties contractantes consul- tie contractante refuse d’instruire une
mandeur, les demandes de visas tées, aucun motif s’opposant à la dé- demande ou de délivrer un visa, sont
ayant trait à la même destination. livrance du visa. régis par le droit de cette Partie con-
tractante.
Ces informations seront reprises du f) Décision en fonction du résultat de
formulaire de demande de visa, dans la consultation En cas de refus de visa et si les disposi-
l’ordre dans lequel elles figurent dans tions nationales prévoient la motivation
Une fois le délai initial ou prolongé de ce refus, celui-ci doit être motivé sur
ledit formulaire. expiré, l’autorité centrale de la Partie la base de la formulation suivante :
Ces rubriques constituent la base des contractante saisie de la demande
peut autoriser la Représentation di- « Le visa demandé vous a été refusé
informations à transmettre dans le ca-
plomatique ou consulaire à délivrer en conformité avec l’article 15 et en
dre de la consultation des autorités
le visa uniforme. relation avec l’article 5 de la Conven-
centrales. Le mode de transmission
tion d’application de l’Accord de
relève, en principe, de la compétence En l’absence d’une décision explicite Schengen du 19 juin 1990 étant
de la Partie contractante qui réalise de son autorité centrale, la Représen- donné que vous n’avez pas satisfait
la consultation, étant entendu que la tation diplomatique ou consulaire sai- aux conditions prévues aux points a,
date et l’heure de la transmission et sie de la demande de visa peut déli- c, d, e, de l’article 5, paragraphe 1,
de sa réception par les autorités cen- vrer le visa après un délai de quatorze de cette même Convention, (encer-
trales destinataires doivent apparaî- jours, à compter de la transmission de cler ce qui convient) qui stipule …
tre clairement. la demande par l’autorité centrale qui (énoncé de la ou des conditions qui
d) Transmission de la demande entre doit effectuer la consultation. Il ap- entrent en ligne de compte). »
les autorités centrales partient à chaque autorité centrale
d’informer ses Représentations du Cette motivation peut, le cas échéant,
L’autorité centrale de la Partie contrac- début du délai de consultation. être complétée par des informations
tante dont la Représentation a été sai- plus détaillées ou contenir d’autres
sie d’une demande consulte, à son tour, Dans les cas où l’autorité centrale est informations en fonction des obliga-
l’autorité ou les autorités centrale(s) de saisie d’une demande de prolongation tions prévues en la matière par les lé-
la ou des Parties contractantes qui ont exceptionnelle, elle en informe la Re- gislations nationales.
demandé à être consultées. À cet ef- présentation saisie ; celle-ci ne peut
pas statuer sur la demande avant Lorsqu’une Ambassade ou un poste
fet, les autorités désignées par les Par- consulaire agissant en représentation
ties contractantes sont considérées d’avoir reçu des instructions explici-
tes de son autorité centrale. d’un Partenaire est amené(e) à ne pas
comme autorités centrales. poursuivre l’examen d’une demande
Après avoir procédé aux vérifications g) Transmission de documents spéci- de visa, elle/il est tenu(e) d’en infor-
pertinentes, ces autorités transmettent fiques mer le demandeur et de lui commu-
leur évaluation de la demande de visa niquer qu’il peut s’adresser à la mis-
Dans des cas exceptionnels, l’ambas-
à l’autorité centrale qui les a consultées. sion diplomatique ou au poste con-
sade saisie de la demande de visa peut,
sulaire de l’État compétent pour le
e) Délai de réponse - Prolongation à la demande du poste consulaire de
traitement de sa demande.
l’État consulté conformément à l’ar-
Le délai maximum pour la transmis- ticle 17 de la Convention de 3. Visas à validité territoriale
sion de la réponse des autorités cen- Schengen, fournir à celui-ci le formu-
trales consultées à l’autorité centrale
limitée
laire de demande de visa (avec pho-
dont émane la consultation est de sept tographie). Un visa dont la validité est limitée au
jours-calendrier. Le délai de réponse territoire national d’une ou de plu-
Cette procédure ne s’applique que
initial est compté à partir de la trans- sieurs Parties contractantes peut être
dans les villes où il existe des missions
mission de la demande par l’autorité délivré :
diplomatiques ou des postes consu-
centrale qui doit effectuer la consul-
laires de l’État qui effectue la consul- 1) dans le cas où une Représentation
tation.
tation et de l’État consulté, et pour diplomatique estime nécessaire de
Si, au cours de ces sept jours, une des les nationalités mentionnées dans déroger au principe prévu à l’arti-
autorités centrales consultées formule l’annexe 5B. cle 15 de la Convention (article 16)
Les visas – Annexe I – L’acquis de Schengen page 53
pour l’un des motifs énumérés à l’ar- Cette rubrique ne peut être remplie gne moins et des codes des États
ticle 5, paragraphe 2 (raisons huma- que de quatre manières : membres pour le territoire desquels
nitaires ou d’intérêt national ou obli- le visa n’est pas valable.
a) États Schengen ;
gations internationales) ;
b) État Schengen ou États - La validité territoriale limitée ne
2) dans le cas prévu à l’article 14 de Schengen au territoire duquel ou peut pas non plus concerner un terri-
la Convention, en vertu duquel : desquels la validité du visa est limi- toire inférieur à celui d’une Partie
tée (dans ce cas, les indications sui- contractante.
1. Aucun visa ne peut être apposé
dans le document de voyage si ce- vantes sont utilisées : A pour
1.2. Rubrique « DU … AU … »
lui-ci n’est valable pour aucune des l’Autriche, F pour la France, D
Parties contractantes. Si le document pour l’Allemagne, E pour l’Espa- Cette rubrique indique la période
de voyage n’est valable que pour une gne, GR pour la Grèce, P pour le pendant laquelle le titulaire peut ef-
ou plusieurs Parties contractantes, le Portugal, I pour l’Italie, L pour le fectuer le séjour auquel le visa donne
visa à apposer sera limité à cette ou Luxembourg, NL pour les Pays- droit.
à ces Parties contractantes. Bas et B pour la Belgique) ;
La date à partir de laquelle le titulaire
2. Dans le cas où le document de c) Benelux ; du visa peut entrer sur le territoire
voyage n’est pas reconnu comme d) État Schengen (en utilisant les pour lequel le visa est valable, est ins-
valable par une ou plusieurs des indications figurant au point b)) qui crite de la manière suivante après
Parties contractantes, le visa peut a délivré le visa national de long « DU ».
être délivré sous la forme d’une séjour + États Schengen. - Le jour est représenté à l’aide de
autorisation tenant lieu de visa.
- Lorsque la vignette est utilisée pour deux chiffres, le premier d’entre eux
3) dans le cas où, en raison de l’urgence délivrer le visa uniforme au sens des étant un zéro si le jour en question
(raisons humanitaires ou d’intérêt na- articles 10 et 11 de la Convention, ou correspond à une unité.
tional ou obligations internationales), pour délivrer un visa dont la validité - Tiret horizontal de séparation.
une Représentation ne procède pas à n’est pas limitée au territoire de la
la consultation des autorités centrales Partie contractante de délivrance, la - Le mois est représenté à l’aide de
ou dans le cas où cette procédure rubrique « valable pour » est complé- deux chiffres, le premier d’entre eux
donne lieu à des objections ; tée par la formule « États Schengen », étant un zéro si le mois en question
dans la langue de la Partie contrac- correspond à une unité.
4) dans le cas où une Représentation
tante de délivrance. - Tiret horizontal de séparation.
délivre, en cas de nécessité, un nou-
veau visa pour un séjour à effectuer - Lorsque la vignette est utilisée pour - L’année est représentée à l’aide de
au cours du même semestre à un de- délivrer des visas qui ne permettent deux chiffres, correspondant aux
mandeur qui, durant une période de l’entrée, le séjour et la sortie que par deux derniers chiffres de l’année.
six mois, a déjà utilisé un visa d’une un territoire limité, cette rubrique
durée de validité de trois mois. mentionne, dans la langue nationale, - Exemple : 15-04-94 = le quinze
le nom de la Partie contractante au avril 1994.
La validité est limitée au territoire
territoire de laquelle l’accès, le séjour La date du dernier jour de la période
d’une Partie contractante, du Benelux
et la sortie du titulaire du visa sont pendant laquelle le titulaire peut ef-
ou de deux des États du Benelux dans
limités. fectuer le séjour auquel le visa donne
les cas 1, 3 et 4, au territoire d’une ou
de plusieurs des Parties contractan- - Lorsque la vignette est utilisée pour droit est inscrite après « AU ». Le ti-
tes, du Benelux ou de deux des États délivrer un visa national de long sé- tulaire du visa devra avoir quitté le
du Benelux dans le cas 2. jour ayant, pendant une durée maxi- territoire pour lequel le visa est vala-
male de trois mois à compter de sa ble, à cette date avant minuit. Cette
Les Représentations des autres Par- date est transcrite de la même manière
date de validité initiale, valeur con-
ties contractantes doivent être infor- que la date du premier jour.
comitante de visa uniforme de court
mées de ces délivrances.
séjour, cette rubrique mentionne
1.3. Rubrique
d’abord l’État membre qui a délivré
VI. Manière de remplir le visa national de long séjour puis les
« NOMBRE D’ENTRÉES »
la vignette-visa « États Schengen ». Cette rubrique indique le nombre de
Les annexes 8 et 13 contiennent, l’une fois que le titulaire du visa peut en-
- Dans les cas prévus à l’article 14 de
la description des caractéristiques de trer dans le territoire pour lequel le
la Convention, la validité territoriale
sécurité de la vignette, l’autre des visa est valable ; il s’agit, en d’autres
limitée peut concerner le territoire de
exemples de modèles de vignette-visa termes, du nombre de périodes de
plusieurs États membres ; dans ce cas
remplis. séjour sur lesquelles il pourra répar-
et en fonction des codes des États
tir les jours autorisés, visés à la rubri-
membres à éditer sur la rubrique les
1. Zone des mentions options suivantes sont envisagées :
que 1.4.
communes (zone 8) Le nombre d’entrées peut être égal à
a) inscription dans la rubrique des
un, deux ou à un nombre supérieur à
1.1. Rubrique codes des États membres concernés ;
deux. Ce nombre est inscrit à droite
« VALABLE POUR »
b) inscription dans la rubrique de la de la mention pré-imprimée, à l’aide
Cette rubrique indique le territoire à mention « États Schengen » dans la des chiffres « 01 » ou « 02 » ou de
l’intérieur duquel le titulaire du visa langue de l’État membre de déli- l’abréviation « MULT », au cas où le
peut se déplacer. vrance suivie entre parenthèses du si- visa donne droit à plus de deux entrées.
page 54 Annexe I – Gisti
Pour un visa de transit, il ne peut être mineurs et au conjoint inscrits sur le « nom/s » et, ensuite, le premier mot
accordé qu’une ou deux. Un nombre passeport, qui accompagnent le titu- qui figure sous la rubrique « prénom/
d’entrées supérieur à 2 ne sera auto- laire (une lettre « X » » pour les en- s » sur le passeport ou le document
risé que dans des cas exceptionnels. fants précédée du nombre d’enfants de voyage du titulaire du visa. La Re-
(exemple 3X = trois enfants) et une présentation diplomatique ou consu-
Si le total des sorties effectuées par le
lettre « Y » pour le conjoint). laire devra vérifier si le(s) nom(s) et
titulaire est égal au nombre d’entrées
Lorsque le modèle uniforme de feuillet le(s) prénom(s) qui figurent sur le pas-
autorisées, le visa est périmé, même si
est utilisé pour l’apposition du visa seport ou le document de voyage,
le titulaire n’a pas épuisé le nombre
parce que le document de voyage du ceux qui figurent sur la demande de
de jours auxquels le visa donne droit.
titulaire n’est pas reconnu, la Repré- visa et ceux qu’elle doit inscrire dans
1.4. Rubrique « DURÉE sentation diplomatique ou consulaire cette rubrique et dans la zone lisible
DU SÉJOUR … JOURS » qui délivre le visa a la faculté d’utiliser par machine sont identiques.
ce même feuillet pour étendre la vali-
Cette rubrique indique le nombre de 2. Zone des mentions natio-
dité du visa au conjoint et aux enfants
jours pendant lesquels le titulaire peut nales (« OBSERVATIONS »).
mineurs à charge qui accompagnent le
séjourner dans le territoire pour lequel zone 9
titulaire du feuillet, ou de délivrer des
le visa est valable(38). Ce séjour peut
feuillets séparés pour le titulaire, son À la différence de la zone 8 (mentions
s’effectuer de manière ininterrompue
conjoint et chacune des personnes à communes et obligatoires), cette zone
ou être réparti, à concurrence du nom-
charge en apposant le visa correspon- est réservée aux mentions que peu-
bre de jours autorisés, sur plusieurs
dant sur chaque feuillet séparément. vent prévoir les dispositions nationa-
périodes comprises entre les dates
mentionnées sous la rubrique 1.2, en Le numéro du passeport inscrit est le les. Si les Parties contractantes sont
tenant compte du nombre d’entrées numéro de série pré-imprimé ou per- libres d’introduire les mentions qu’el-
autorisées sous la rubrique 1.3. foré sur toutes ou presque toutes les les estiment opportunes, elles sont te-
pages du passeport. nues d’en aviser leurs Partenaires afin
Le nombre de jours autorisés est ins- que ces mentions puissent être inter-
crit dans l’espace libre situé entre la Le numéro inscrit dans cette rubrique, prétées (voir l’annexe n° 9).
mention « DURÉE DU SÉJOUR » et dans le cas d’un visa à apposer sur le
la mention « JOURS », sous la forme modèle uniforme de feuillet, est, au 3. Zone réservée à la photo-
de deux chiffres, le premier d’entre lieu du numéro de passeport, le même graphie
eux étant un zéro si le nombre de numéro typographique que celui qui
jours en question est inférieur à dix. figure sur le feuillet, composé de six La photographie, en couleurs, du ti-
chiffres et éventuellement complété tulaire du visa doit remplir l’espace
Le nombre maximum de jours pou- réservé à cet effet, comme indiqué
par la lettre ou les lettres attribuées à
vant être inscrit sous cette rubrique dans l’annexe 8. Les règles ci-après
l’État membre ou au groupe d’États
est de 90 par semestre. seront respectées pour la photogra-
membres qui émet le visa.
phie à insérer sur la vignette-visa.
1.5. Rubrique
1.7. Rubrique « TYPE DE VISA »
« DÉLIVRÉ À … LE … » La dimension de la tête, du sommet
Afin de faciliter l’identification par les au menton, sera de 70 à 80 % de la
Cette rubrique mentionne, dans la services de contrôle, cette rubrique hauteur de la surface de la photogra-
langue de la Partie contractante de phie.
précise le type de visa, à l’aide des
délivrance, le nom de la ville dans la-
mentions A, B, C et D désignant res-
quelle se trouve la Représentation di- Exigences minimales pour la résolu-
pectivement les types de visa men-
plomatique ou consulaire qui délivre tion :
tionnés ci-après :
le visa, ce nom étant inscrit entre - scanner, 300 « pixels per inch »
« À » et « LE ». La date de délivrance A : visa de transit aéroportuaire
(ppi), sans compression ;
est mentionnée après « LE ». B : visa de transit
- imprimante couleur, 720 « dot per
La date de délivrance est transcrite de C : visa de court séjour inch » (dpi) pour la photographie
la même manière que la date visée au imprimée.
D : visa national de long séjour
point 1.2.
D + C : visa de long séjour ayant va- À défaut de photographie, on impri-
L’autorité qui a délivré le visa pourra mera obligatoirement dans cette zone
leur concomitante de visa de court
être identifiée à l’aide de la mention séjour la mention « valable sans photogra-
figurant dans le sceau apposé dans la phie » dans deux ou trois langues
zone 4. Pour les visas à validité territoriale li- (langue de l’État membre qui délivre
mitée et les visas collectifs les lettres le visa, anglais et français). Cette men-
1.6. Rubrique A, B ou C seront utilisées selon les cas. tion sera en principe apposée par im-
« NUMÉRO DU PASSEPORT »
primante et, exceptionnellement, au
1.8. Rubrique
Cette rubrique indique le numéro du moyen d’un cachet spécifique recou-
« NOM ET PRÉNOM »
passeport sur lequel est apposée la vrant également, dans ce dernier cas,
vignette-visa. Ce numéro sera suivi On indiquera, dans l’ordre, le premier une partie de la zone d’impression en
d’une mention relative aux enfants mot qui figure sous la rubrique taille-douce qui entoure, à gauche ou
(38) Dans le cas des visas de transit, la durée de séjour ne peut excéder 5 jours.
Les visas – Annexe I – L’acquis de Schengen page 55
à droite, la zone réservée à la photo- position de la vignette, les passeports uniforme de feuillet, on apposera à
graphie. périmés ainsi que ceux qui ne permet- droite, à cheval sur la vignette et le
tent pas la sortie du territoire avant feuillet, le sceau de la Représentation
4. Zone de lecture optique l’expiration du délai de validité du diplomatique ou consulaire qui déli-
(zone 5) visa, le retour de l’étranger vers son vre le visa, de manière à ce qu’il n’en-
pays d’origine ou l’entrée sur le terri- trave pas la lecture des rubriques et
Tant le format de la vignette-visa que
toire d’un pays tiers (cf. art. 13 de la données remplies et ne déborde pas
celui de la zone de lecture optique ont
Convention), seront refusés. sur la zone de lecture optique si cette
été arrêtés par l’OACI sur la base
dernière a été remplie.
d’une proposition des États 5.4. Passeports et documents
Schengen. Cette zone se compose de de voyage susceptibles d’être
deux lignes de 36 caractères (OCR B- VII. Gestion administrative
revêtus d’un visa uniforme
10 cpi). L’annexe 10 précise comment et organisation
cette zone sera complétée. Les critères permettant de décider si
un document de voyage peut être re- 1. Organisation du service
5. Autres aspects vêtu d’un visa, conformément aux des visas
liés à la délivrance dispositions de l’article 17, paragra-
L’organisation du service des visas
phe 3, point a) de la Convention, fi-
relève de la compétence de chaque
5.1. Signature du visa gurent à l’annexe 11.
Partie contractante.
Dans le cas où le droit ou la pratique Aux termes de l’article 14, aucun visa Les Chefs de poste doivent s’assurer
d’une Partie contractante prescrivent ne peut être apposé dans un docu- que le service chargé de la délivrance
la signature manuscrite, la vignette ment de voyage si celui-ci n’est vala- des visas est organisé de manière à
collée sur la feuille du passeport est ble pour aucune des Parties contrac- prévenir tout type de négligence sus-
signée par le fonctionnaire habilité à tantes. Si le document de voyage n’est ceptible de faciliter les vols et falsifi-
cet effet. valable que pour une ou plusieurs cations.
La signature est apposée dans le côté Parties contractantes, le visa à appo-
ser sera limité à cette ou à ces Parties - Le personnel affecté à la délivrance
droit de la rubrique « OBSERVA-
contractantes. des visas ne devra en aucun cas être
TIONS »; il est veillé à ce que les traits
exposé à des pressions locales.
de la signature débordent sur la feuille Dans les cas où le document de
du passeport ou du document de voyage n’est pas reconnu comme - Pour éviter que se créent des « ha-
voyage, sans toutefois recouvrir la étant valable par un ou plusieurs États bitudes » susceptibles d’entraîner une
zone de lecture optique. membres, le visa aura uniquement diminution de la vigilance, il sera no-
l’effet d’un visa à validité territoriale tamment procédé à des permutations
5.2. Annulation d’une vignette régulières des agents.
limitée. La Représentation diploma-
remplie tique ou consulaire d’un État mem- - La conservation et l’utilisation des
La vignette-visa ne doit présenter ni bre doit utiliser le modèle uniforme vignettes-visa doivent faire l’objet de
surcharges ni ratures. Si une erreur de feuillet pour l’apposition du visa mesures de sécurité analogues à cel-
est commise au moment de la déli- délivré aux titulaires d’un document les qui existent pour les autres docu-
vrance, la vignette doit être annulée. de voyage non reconnu par l’État ments à protéger.
membre qui délivre le feuillet. Ce visa
- Si l’erreur est décelée sur une vi-
aura uniquement l’effet d’un visa à 2. Archivage des dossiers
gnette qui n’est pas encore apposée
validité territoriale limitée.
sur le passeport, la vignette doit être Les modalités de l’archivage des de-
détruite ou découpée en diagonale 5.5. Sceau de la Représentation mandes de visas et, dans le cas des
- Si l’erreur est décelée après que la diplomatique ou consulaire qui demandes soumises à consultation
délivre le visa centrale, des photographies des de-
vignette a été apposée sur le passe-
mandeurs, relèvent de la responsabi-
port, la vignette doit être barrée d’une Le sceau de la Représentation diplo- lité de chaque Partie contractante.
croix rouge et une nouvelle vignette matique ou consulaire qui délivre le
doit être apposée. visa est apposé dans la zone réservée Le délai de conservation des deman-
aux observations ; on veillera en par- des de visa est d’au moins un an pour
5.3. Apposition de la vignette- les cas de délivrance et d’au moins
ticulier à ce qu’il n’empêche pas la
visa sur le passeport cinq ans pour les cas de refus.
lecture de données, le sceau devant
La vignette est remplie avant d’être déborder sur la feuille du passeport Pour faciliter la localisation d’une
collée sur le passeport. Le sceau et la ou du document de voyage. Ce n’est demande, les références du fichier et
signature sont apposés sur la vignette que dans le cas où il faudrait renon- des archives seront mentionnées à
collée sur le passeport ou titre de cer à remplir la zone de lecture opti- l’occasion des consultations et des
voyage. que que le sceau pourra être apposé réponses aux consultations.
dans cette zone pour la rendre inuti-
Une fois la vignette correctement
lisable. Les dimensions et le contenu 3. Registre des visas
remplie, elle est apposée sur la pre-
du sceau ainsi que l’encre à utiliser
mière feuille du passeport exempte Chaque Partie contractante enregis-
sont fixés par les dispositions natio-
d’inscriptions ou de cachets – autres tre les visas délivrés conformément à
nales des États membres.
que le cachet d’identification de la sa pratique nationale. Les vignettes-
demande. Les passeports qui ne com- Afin d’éviter la réutilisation d’une vi- visas annulées seront enregistrées
portent pas d’espace libre pour l’ap- gnette-visa apposée sur le modèle comme telles.
page 56 Annexe I – Gisti
4. Droits à percevoir successives de visas, soit au cours de cal dans le cadre de leur coopération,
correspondant aux frais l’examen d’une demande, soit après et en conformité avec le point 1 du
administratifs de traitement le rejet de la demande, auprès d’une présent chapitre.
même Représentation ou de Repré-
de la demande de visa Pourront être échangées périodique-
sentations différentes.
ment des informations portant sur les
Les droits à percevoir correspondant
Sans préjudice des consultations que personnes dont les demandes ont été
aux frais administratifs de traitement
les Représentations peuvent mener rejetées en raison de l’utilisation de do-
de la demande de visa figurent à l’an-
entre elles et des échanges d’informa- cuments volés, perdus ou falsifiés, du
nexe 12.
tions auxquels elles peuvent procéder, non-respect de la date de sortie indi-
Toutefois, il n’est perçu aucun droit la Représentation saisie d’une de- quée sur un visa précédent ou de l’exis-
correspondant à ces frais administra- mande appose dans le passeport de tence d’un risque pour la sécurité et
tifs pour les demandes de visa intro- tout demandeur un cachet portant la notamment de la présomption de ten-
duites par des ressortissants de pays mention « visa demandé le … à … ». tative d’immigration clandestine sur le
tiers qui sont membres de la famille L’espace figurant après « le » est rem- territoire des Parties contractantes.
d’un citoyen de l’Union, ou d’un res- pli à l’aide de six chiffres (deux chif-
sortissant d’un État, partie de l’accord Les informations échangées et élabo-
fres pour le jour, deux pour le mois,
EEE, exerçant leur droit à la libre cir- rées en commun constituent un ins-
deux pour l’année) ; l’espace qui suit
culation. trument de travail dans l’appréciation
« à » est réservé à la mention de la Re-
des demandes de visa. Elles ne rem-
présentation diplomatique ou consu-
placent cependant ni l’examen pro-
VIII. Coopération laire. Le code du type de visa de-
prement dit de la demande de visa ni
consulaire au niveau local mandé est à ajouter.
la consultation du Système d’Infor-
Dans les passeports diplomatiques mation Schengen, ni celle des autori-
1. Cadre de la coopération
ou de service, l’apposition du cachet tés centrales requérantes.
consulaire au niveau local est laissée à la discrétion de la Re-
La coopération consulaire sur place, présentation compétente saisie de la 4. Échange de statistiques
plus généralement, portera sur l’éva- demande. 4.1. L’échange de statistiques relati-
luation des risques migratoires. Elle ves aux visas de court séjour, de tran-
Le cachet peut être apposé lorsqu’ est
aura pour objet notamment la déter- sit et de transit aéroportuaire délivrés
demandé un visa de long séjour.
mination de critères communs pour et formellement refusés s’effectue
l’instruction des dossiers, l’échange Dans le cas du visa délivré en repré- chaque trimestre.
d’informations sur l’utilisation de faux sentation, la mention « R » suivie du
documents, sur les éventuelles filières code de l’État représenté est indiquée 4.2. Sans préjudice des obligations
d’immigration clandestine et sur les dans le cachet après le code du type découlant de l’article 16 de la Con-
refus de visa dans le cas de demandes de visa demandé. vention, qui sont clairement formu-
manifestement non fondées ou frau- lées dans l’annexe 14 des Instructions
Si le visa est délivré, la vignette est, consulaires communes et conformé-
duleuses. Elle devra également per-
dans la mesure du possible, appliquée ment auxquelles les États Schengen
mettre l’échange d’informations sur
sur le cachet d’identification. sont tenus de communiquer dans un
les demandeurs bona fide ainsi que la
mise au point, en commun, de l’infor- Dans les cas exceptionnels où l’appo- délai de 72 heures les données relati-
mation du public sur les conditions de sition du cachet s’avère impraticable, ves à la délivrance de visas à validité
la demande du visa Schengen. la Représentation qui exerce la prési- territoriale limitée, les représentations
dence en informe le Groupe diplomatiques et consulaires des États
La coopération consulaire prend en Schengen sont tenues d’échanger cha-
Schengen compétent et soumet à l’ap-
compte la réalité administrative et la que mois leurs statistiques du mois
probation de ce dernier l’application
structure socio-économique locales. précédent concernant les visas à vali-
des mesures alternatives, par exem-
Les Représentations organiseront des ple l’échange de photocopies de pas- dité territoriale limitée délivrés, et de
réunions selon une périodicité établie seports ou de listes de visas refusés transmettre ces statistiques à leur
en fonction des circonstances et aux indiquant le motif du refus. autorité centrale nationale.
niveaux qu’elles estiment adéquats ;
Les chefs des Représentations diplo- 5. Demandes de visas dont
elles présenteront aux autorités cen-
matiques et consulaires décideront, à se chargent des prestataires
trales des rapports sur ces réunions.
l’initiative de la Présidence ou de leur de services administratifs,
A la demande de la Présidence un
propre initiative, si des mesures de
rapport semestriel global pourra être des agences de voyages
prévention alternatives ou complé-
présenté. et des voyagistes
mentaires sont nécessaires.
2. Prévention de demandes La règle générale, en matière de de-
3. Examen de la bonne foi mande de visas, prévoit une entrevue
multiples ou consécutives à des demandeurs avec le demandeur. Il est néanmoins
un refus récent de délivrance
Afin de faciliter l’examen de la possible de déroger à ce principe,
L’échange d’informations entre les « bonne foi » des demandeurs de visa, pour autant que, s’il n’existe aucun
Représentations et l’identification des les Représentations diplomatiques et doute fondé quant à la bonne foi du
demandes par un cachet ou par consulaires pourront, conformément demandeur, à l’objet effectif du séjour
d’autres moyens sont destinés à pré- à la législation nationale, procéder à ou à l’intention de retour vers le pays
venir l’introduction, par une même un échange d’informations sur la base de provenance, un organisme re-
personne, de demandes multiples ou d’arrangements conclus au niveau lo- nommé et digne de confiance qui pro-
Les visas – Annexe I – L’acquis de Schengen page 57
pose des voyages en groupe fournisse d’un détaillant ou d’une agence de locales, il y a lieu de s’attacher plus
à la représentation diplomatique ou voyages liée par contrat au voyagiste. précisément aux éléments concernant
consulaire les documents nécessaires le demandeur et à la vérification, au
Pour le voyagiste et l’agence qui vend
et réponde, avec une fiabilité raison- cas par cas, des documents justifica-
au détail des voyages combinés, la
nable, de la bonne foi de l’intéressé, tifs. Les représentations consulaires
personne qui demande un visa est
de l’objet du séjour et de l’intention collaborent étroitement : elles mettent
simplement le consommateur du
de retour (cf. III. 4). en œuvre leurs propres mécanismes
voyage programmé et la proposition
pour détecter les irrégularités dans les
L’intervention de prestataires de ser- de se charger de la procédure de de-
agences ainsi que dans les sociétés de
vices administratifs, d’agences de mande de visa fait partie de l’offre.
voyages et de voyagistes, ainsi que de transport et, pour renforcer ces mé-
Ce troisième type de services d’inter-
leurs détaillants, en tant qu’intermé- canismes, se tiennent mutuellement
médiaires est complexe et présente de
diaires mandatés du demandeur, est informées, dans le cadre de la coopé-
multiples aspects sur lesquels un con-
une pratique fréquente et utile, en par- trôle objectif peut être exercé : con- ration consulaire au niveau local et au
ticulier dans les pays de grande éten- trôle des documents commerciaux, niveau régional, des irrégularités com-
due. Ces organismes commerciaux ne contrôle de la gestion, vérification de mises par ces agences.
répondent pas à une typologie uni- la réalisation et de la destination du - Les critères à prendre en compte pour
forme car ils ne prennent pas auprès voyage, contrôle de l’hébergement et l’agrément des organisateurs de voya-
des clients pour lesquels ils se chargent contrôle des entrées et sorties pro- ges (voyagistes et détaillants) sont no-
d’une demande de visa le même type grammées en groupe. tamment : la validité de la licence ; l’ins-
d’engagement, de sorte que le degré cription au registre du commerce ; les
de confiance et de fiabilité qu’on peut 5.2. Harmonisation de la colla- statuts de la société ; les contrats avec
leur reconnaître est, en principe, di- boration avec les prestataires les banques partenaires ; les contrats
rectement proportionnel à leur impli- de services administratifs, les actualisés avec les intervenants touris-
cation, plus ou moins grande, dans agences de voyages, les voya- tiques communautaires, qui doivent
l’organisation globale du voyage, l’hé- gistes et leurs détaillants mentionner tous les éléments du
bergement, l’assurance médicale, l’as- voyage combiné (hébergement et ser-
a) Toutes les représentations diploma-
surance voyage et la prise en charge vices fournis dans le cadre du voyage
tiques et consulaires situées dans une
du retour dans le pays de provenance. combiné) ; les contrats avec les com-
même ville s’efforcent de parvenir à
une application harmonisée, au ni- pagnies aériennes, qui doivent inclure
5.1. Modalités des services
veau local, des lignes de conduite dé- le voyage aller et le voyage retour ga-
d’intermédiaires
finies ci-dessous, en fonction du type ranti et non modifiable, ainsi que les
a) Le type le plus simple de services de services d’intermédiaires proposés. polices d’assurance médicale et d’as-
d’intermédiaires correspond au pres- S’il appartient à chaque représenta- surance-voyage qui ont été obligatoi-
tataire de services administratifs, dans tion diplomatique ou consulaire de rement souscrites. Les demandes de
la mesure où l’aide fournie au client décider de travailler ou non avec les visa présentées par ces agences de voya-
consiste simplement à présenter à sa agences, chaque représentation devra ges doivent être examinées avec soin.
place les documents d’identité et les conserver la possibilité de retirer à b) Les représentations diplomatiques
justificatifs. tout moment un agrément si les cir- et consulaires s’efforcent également,
b) Un deuxième type d’organisme constances l’exigent ou dans l’intérêt dans le cadre de la coopération con-
commercial est celui des agences de d’une politique commune en matière sulaire au niveau local, d’harmoniser
transport ou des agences de voyages de visas. Dès lors qu’une représenta- les procédures et modalités de travail
locales, qui peuvent être éventuelle- tion diplomatique ou consulaire dé- ainsi que les critères applicables au
ment partenaires de compagnies aé- cide de collaborer avec une agence, contrôle de la régularité de l’activité
elle est tenue de se conformer aux des prestataires de services adminis-
riennes, nationales ou non, assurant
pratiques et modalités de travail dé-
le transport de passagers par services tratifs, des agences de voyages, et
finies dans la présente section.
réguliers ou services charters. L’aide d’organisateurs de voyages (voyagis-
fournie au client comprend la présen- - Les représentations consulaires des tes et détaillants). Ces contrôles doi-
tation des documents justificatifs, pa- États membres se montrent particu- vent consister au moins à vérifier, à
rallèlement à la vente de billets et aux lièrement vigilantes en ce qui con- n’importe quel moment, les docu-
réservations d’hôtel, le cas échéant. cerne l’évaluation et l’agrément ex- ments d’agrément, à demander de
ceptionnel des prestataires de servi- façon aléatoire une entrevue ou un
c) Un troisième type d’organisme as-
ces administratifs, et coopèrent étroi- entretien téléphonique avec les de-
surant des services d’intermédiaires
tement entre elles en la matière. Le mandeurs, à vérifier les voyages et
est celui qui correspond au concept
traitement des demandes de visa l’hébergement et, dans toute la me-
d’organisateur de voyages ou de voya-
qu’ils introduisent fait l’objet d’un sure du possible, à vérifier sur docu-
giste, à savoir une personne physique
examen minutieux, les justificatifs ments le retour en groupe.
ou morale qui organise à titre princi-
concernant le demandeur ainsi que les
pal des voyages combinés, (établisse- c) Il est procédé fréquemment à un
documents relatifs à la licence et à
ment des documents de voyage, trans- échange d’informations sur l’activité
l’inscription au registre du commerce
port, hébergement, services touristi- des prestataires de services adminis-
du prestataire de services étant dans
ques complémentaires, assurance mé- tous les cas vérifiés. tratifs, des agences de voyages et d’or-
dicale et assurance-voyage, transferts ganisateurs de voyages (voyagistes et
sur place, etc.), vend lesdits voyages - Pour l’évaluation des demandes de détaillants) : notification des irrégu-
combinés ou les propose à la vente visa introduites par les agences de larités constatées, échange régulier
directement ou par l’intermédiaire transport ou les agences de voyages d’informations sur les visas refusés,
page 58 Annexe I – Gisti
signalement des formes de fraude dé- d) Dans le cadre de la coopération e) Les prestataires de services admi-
tectées dans les documents de voyage consulaire au niveau local, les repré- nistratifs, les agences de voyages et les
ou du fait qu’un voyage programmé sentations diplomatiques et consulai- organisateurs de voyage (voyagistes et
n’a pas été effectué. La coopération res se communiquent la liste des détaillants) doivent présenter aux re-
avec les prestataires de services admi- prestataires de services administra- présentations diplomatiques et con-
nistratifs, des agences de voyages et tifs, agences de voyages et organisa- sulaires auprès desquelles elles sont
d’organisateurs de voyages (voyagis- teurs de voyages (voyagistes et dé- agréées un ou deux agents qui devien-
tes et détaillants) doit être un des su- taillants) qu’elles agréent ainsi que la nent alors les seuls intermédiaires
jets traités lors des réunions réguliè- liste des agréments retirés, accompa- autorisés pour l’introduction des de-
res organisées dans le cadre de la coo- gnée des circonstances ayant entraîné
mandes de visa.
pération consulaire commune. le retrait.
1. Liste commune des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l’obligation de visa par les États membres et
liste commune des pays tiers dont les ressortissants sont exemptés de l’obligation de visa par les États membres
(voir p. 16 et pp. 61-62).
2. Régime de circulation applicable aux titulaires de passeports diplomatiques et de service ainsi qu’aux titulaires de
laissez-passer délivrés par certaines organisations Internationales intergouvernementales à leurs fonctionnaires
3. Liste des États dont les ressortissants sont soumis à l’obligation du visa de transit aéroportuaire, les titulaires
de documents de voyage délivrés par ces États étant également soumis à cette obligation (voir p. 18)
4. Liste des documents qui donnent droit à l’entrée sans visa
5. Liste des demandes de visas subordonnées à la consultation préalable des autorités centrales, conformément
à l’article 17, paragraphe 2 de la Convention d’application de l’accord de Schengen
6. Liste de consuls honoraires habilités à délivrer des visas uniformes, à titre exceptionnel et transitoire
7. Montants de référence arrêtés annuellement par les autorités nationales en matière de franchissement des
frontières.
8. Modèles de la vignette-visa et informations sur les caractéristiques sécuritaires de celle-ci.
9. Mentions que les Parties contractantes inscriront, le cas échéant, dans la zone des observations
10. Instructions relatives à l’inscription de mentions dans la zone de lecture optique
11. Critères en fonction desquels les documents de voyage peuvent être revêtus d’un visa
12. Droits à percevoir, exprimés en euro, correspondant aux frais administratifs de traitement de la demande de
visa (voir p. 12)
13. Indications sur la manière de remplir la vignette-visa
14. Obligations en matière d’information des Parties contractantes lors de la délivrance de visas à validité territo-
riale limitée, de l’annulation, l’abrogation et la réduction de la durée de validité du visa uniforme et de la déli-
vrance de titres de séjour nationaux
15. Modèles des formulaires harmonisés pour les déclarations d’invitation, les déclarations/engagements de
prise en charge ou les attestations d’accueil, élaborés par les Parties contractantes
16. Modèle de formulaire harmonisé pour l’introduction d’une demande de visa uniforme
17. Document facilitant le transit (FTD) et Document facilitant le transit ferroviaire (FRTD)
18. Tableau de représentation en matière de délivrance des visas uniformes
Les visas – Annexe I – L’acquis de Schengen page 59
Le Conseil de l’Union européenne, ment. En conséquence, et sans préjudice de États membres doivent communiquer aux
l’article 4 du protocole précité, les dispositions autres États membres et à la Commission les
vu le Traité instituant la Communauté euro-
du présent règlement ne s’appliquent ni à l’Ir- mesures qu’ils ont prises dans le cadre du pré-
péenne, et notamment son article 62, point 2
lande ni au Royaume-Uni. sent règlement. Pour les mêmes raisons, ces
b) i),
informations doivent également être publiées
(5) La fixation des pays tiers dont les ressor- au Journal officiel des Communautés euro-
vu la proposition de la Commission (39),
tissants sont soumis à l’obligation de visa et péennes.
(40)
vu l’avis du Parlement européen , de ceux qui sont exemptés de cette obligation
se fait par le biais d’une évaluation pondérée (10) Les conditions d’entrée sur le territoire
considérant ce qui suit :
au cas par cas de divers critères liés notam- des États membres ou de délivrance des visas
(1) Il résulte de l’article 62, point 2 b), du ment à l’immigration clandestine, à l’ordre ne portent pas atteinte aux règles régissant
traité que le Conseil arrête les règles relati- public et à la sécurité ainsi qu’aux relations actuellement la reconnaissance de la validité
ves aux visas pour les séjours prévus d’une extérieures de l’Union avec les pays tiers, tout des documents de voyage.
durée maximale de trois mois et qu’à ce titre en tenant compte également des implications (11) Conformément au principe de proportion-
il lui appartient notamment de fixer la liste de la cohérence régionale et de la réciprocité. nalité énoncé à l’article 5 du traité, il est né-
des pays tiers dont les ressortissants sont sou- Il convient de prévoir un mécanisme commu- cessaire et approprié, pour assurer le bon fonc-
mis à l’obligation de visa pour franchir les nautaire permettant la mise en œuvre de ce tionnement du régime commun des visas, de
frontières extérieures ainsi que celle des pays principe de réciprocité au cas où l’un des pays recourir à un règlement pour fixer la liste des
tiers dont les ressortissants sont exemptés de tiers figurant à l’annexe II du présent règle- pays tiers dont les ressortissants sont soumis à
cette obligation. L’article 61 range la fixation ment déciderait de soumettre à l’obligation l’obligation de visa pour franchir les frontières
de ces listes parmi les mesures d’accompagne- de visa les ressortissants d’un ou plusieurs extérieures et la liste de ceux dont les ressor-
ment directement liées à la libre circulation États membres. tissants sont exemptés de cette obligation.
des personnes dans un espace de liberté, de
sécurité et de justice. (6) La libre circulation pour les ressortissants (12) Le présent règlement prévoit une har-
de l’Islande, du Liechtenstein et de la Nor- monisation totale concernant les pays tiers
(2) Le présent règlement s’inscrit dans le pro- vège étant assurée dans le cadre de l’accord dont les ressortissants sont soumis à l’obliga-
longement de l’acquis de Schengen, confor- sur l’Espace économique européen, ces pays tion de visa pour franchir les frontières exté-
mément au protocole intégrant celui-ci dans ne sont pas mentionnés dans la liste figurant rieures et les pays tiers dont les ressortissants
le cadre de l’Union européenne, ci après dé- à l’annexe II du présent règlement. sont exemptés de cette obligation.
nommé « protocole Schengen ». Il n’affecte
(7) Pour les apatrides et pour les réfugiés sta- A arrêté le présent règlement :
pas les obligations des États membres qui
découlent de cet acquis tel que défini par l’an- tutaires, sans préjudice des obligations décou-
nexe A de la décision 1999/435/CE du Con- lant des accords internationaux signés par les
États membres et notamment de l’accord euro- Article premier
seil du 20 mai 1999 relative à la définition de
l’acquis de Schengen en vue de déterminer, péen relatif à la suppression des visas pour
1. Les ressortissants des pays tiers fi-
conformément aux dispositions pertinentes du les réfugiés, signé à Strasbourg le 20 avril
1959, la détermination de l’obligation ou de gurant sur la liste de l’annexe I doi-
traité instituant la Communauté européenne
et du traité sur l’Union européenne, la base l’exemption de visa doit se faire en fonction vent être munis d’un visa lors du fran-
juridique de chacune des dispositions ou dé- du pays tiers où ces personnes résident et qui chissement des frontières extérieures
cisions qui constituent l’acquis (41). leur a délivré leurs documents de voyage. des États membres.
Toutefois et au vu des différences existant
(3) Le présent règlement constitue la pour- entre les réglementations nationales applica- 2. Les ressortissants des pays tiers fi-
suite du développement des dispositions à bles aux apatrides et aux réfugiés statutaires,
l’égard desquelles une coopération renforcée
gurant sur la liste de l’annexe II sont
les États membres peuvent déterminer si ces exemptés de l’obligation prévue au
a été autorisée par le protocole Schengen et catégories de personnes sont soumises à l’obli-
relève du domaine visé à l’article 1er, point B, gation de visa, dans le cas où le pays tiers où
paragraphe 1 pour des séjours dont
de la décision 1999/437/CE du Conseil du ces personnes résident et qui leur a délivré la durée totale n’excède pas
17 mai 1999 relative à certaines modalités leurs documents de voyage est un des pays trois mois.
d’application de l’accord conclu par le Con- tiers dont les ressortissants sont exemptés de
seil de l’Union européenne et la République 3. Les ressortissants de nouveaux pays
l’obligation de visa.
d’Islande et le Royaume de Norvège sur l’as- tiers issus de pays figurant sur les lis-
sociation de ces États à la mise en œuvre, à (8) Dans des cas particuliers qui justifient un
l’application et au développement de l’acquis régime spécifique en matière de visas, les États tes des annexes I et II sont soumis
de Schengen (42). membres peuvent dispenser certaines catégo- respectivement aux paragraphes 1 et
ries de personnes de l’obligation de visa ou 2 jusqu’à ce que le Conseil en décide
(4) En application de l’article 1er du proto-
au contraire les soumettre à cette obligation, autrement selon la procédure prévue
cole sur la position du Royaume-Uni et de
conformément notamment au droit interna-
l’Irlande annexé au traité sur l’Union euro- par la disposition pertinente du traité.
tional public ou à la coutume.
péenne et au traité instituant la Communauté
européenne, l’Irlande et le Royaume-Uni ne (9) Afin d’assurer la transparence du système L’instauration, par un pays tiers figu-
participent pas à l’adoption du présent règle- et l’information des personnes concernées, les rant sur la liste de l’annexe II, de
l’obligation de visa à l’égard des res- règlement est présentée par la Com- suppression des visas pour les réfugiés,
sortissants d’un État membre donne mission au plus tard neuf mois signé à Strasbourg le 20 avril 1959, les
lieu à l’application des dispositions après l’entrée en vigueur de la me- réfugiés statutaires et les apatrides :
suivantes : sure provisoire. Cette proposition
– sont soumis à l’obligation de visa
prévoit également la levée des me-
a) dans les quatre-vingt-dix jours de si le pays tiers où ils résident et qui
sures provisoires qui pourraient
l’annonce ou de l’application de leur a délivré leur document de
avoir été introduites conformément
cette instauration par le pays tiers, voyage est un des pays tiers figu-
aux procédures visées aux points c)
l’État membre concerné en fait no- rant sur la liste de l’annexe I ;
et d). Entre-temps, la Commission
tification par écrit au Conseil et à – peuvent être exemptés de l’obli-
poursuivra ses efforts en vue d’in-
la Commission ; cette notification gation de visa si le pays tiers où ils
citer les autorités du pays tiers en
est publiée au Journal officiel de cause à rétablir l’exemption de visa résident et qui leur a délivré leur
l’Union européenne, série C. Elle à l’égard des ressortissants de l’État document de voyage est un des
précise la date d’application de la membre concerné ; pays tiers figurant sur la liste de
mesure ainsi que la nature des do- l’annexe II.
cuments de voyage et visas concer- f) lorsque le pays tiers en cause sup-
nés ; Si le pays tiers décide de sup- prime l’obligation de visa, l’État
primer l’obligation de visa avant membre notifie immédiatement Article 4
l’expiration de ce délai, la notifica- cette suppression au Conseil et à
la Commission. Cette notification 1. Un État membre peut prévoir des
tion devient superflue ;
est publiée au Journal officiel de exceptions à l’obligation de visa pré-
b) immédiatement après la publi- l’Union européenne, série C. Toute vue par l’article 1er, paragraphe 1, ou
cation, la Commission entame, en mesure provisoire décidée confor- à l’exemption de visa prévue par l’ar-
consultation avec l’État membre ticle 1er, paragraphe 2, en ce qui con-
mément au point d) prend fin sept
concerné, des démarches auprès cerne :
jours après la publication de la no-
des autorités du pays tiers en cause
tification au Journal officiel. Si le a) les titulaires de passeports diplo-
en vue du rétablissement de
pays tiers en cause a instauré une matiques, de passeports de services
l’exemption de visa ;
obligation de visa à l’égard des res- et autres passeports officiels ;
c) dans les quatre-vingt-dix jours sortissants d’au moins deux États
suivant la publication de cette noti- b) l’équipage civil des avions et na-
membres, la mesure provisoire ne
fication, la Commission, en consul- vires ;
prendra fin qu’après la dernière
tation avec l’État membre concerné, publication. c) l’équipage et les accompagna-
fait rapport au Conseil. Ce rapport teurs d’un vol d’assistance ou de
5. Tant qu’il n’y a pas réciprocité en
peut être assorti d’une proposition sauvetage et d’autres personnes as-
matière d’exemption de visa entre surant les secours en cas de catas-
prévoyant le rétablissement tempo-
l’un des pays tiers figurant à trophes et d’accidents ;
raire de l’obligation de visa à l’égard
des ressortissants du pays tiers en l’annexe II et l’un des États membres,
la Commission fait rapport au Parle- d) l’équipage civil de navires opé-
cause. La Commission peut égale- rant sur les voies fluviales interna-
ment présenter cette proposition ment européen et au Conseil avant le
1er juillet de chaque année paire sur tionales ;
après les délibérations du Conseil
relatives à son rapport. Le Conseil la situation de non-réciprocité et pré- e) les titulaires de laissez-passer dé-
statue sur cette proposition dans les sente, le cas échéant, des propositions livrés par certaines organisations in-
trois mois à la majorité qualifiée ; appropriées. ternationales intergouvernementa-
les à leurs fonctionnaires.
d) si elle l’estime nécessaire, la
Commission peut, sans rapport Article 2 2. Un État membre peut dispenser
préalable, présenter une proposi- Aux fins du présent règlement, on de l’obligation de visa les écoliers res-
tion prévoyant le rétablissement entend par « visa » une autorisation sortissants d’un pays tiers figurant
temporaire de l’obligation de visa sur la liste de l’annexe I qui résident
délivrée par un État membre ou une
à l’égard des ressortissants du pays dans un pays tiers figurant sur la liste
décision prise par un État membre,
tiers, visée au point c). La procé- de l’annexe II lorsque ces écoliers
exigée en vue :
dure prévue au point c) s’applique participent à un voyage organisé
à cette proposition. L’État membre – de l’entrée pour un séjour envi- dans le cadre d’un groupe scolaire
concerné peut indiquer s’il souhaite sagé dans cet État membre ou dans accompagné d’un enseignant de
que la Commission s’abstienne de plusieurs États membres, pour une l’établissement.
proposer, sans rapport préalable, le période dont la durée totale n’ex-
3. Un État membre peut prévoir des
rétablissement temporaire de l’obli- cède pas trois mois ;
exceptions à l’exemption de visa pré-
gation de visa précitée ; – de l’entrée pour un transit à vue par l’article 1er, paragraphe 2, en
e) la procédure visée aux points c) travers le territoire de cet État ce qui concerne les personnes exer-
et d) n’affecte pas le droit de la membre ou de plusieurs États çant une activité rémunérée pendant
Commission de présenter une pro- membres, à l’exclusion du transit leur séjour.
position de modification du présent aéroportuaire.
règlement en vue du transfert du
Article 5
pays tiers concerné à l’annexe I. Si Article 3
une mesure provisoire visée aux 1. Dans un délai de dix jours ouvra-
points c) et d) a été décidée, la pro- Sans préjudice des obligations décou- bles suivant l’entrée en vigueur du
position de modification du présent lant de l’accord européen relatif à la présent règlement, les États membres
Les visas – Annexe I – L’acquis de Schengen page 61
communiquent aux autres États 2. Les versions définitives de l’Ins- États membres liés par le règle-
membres et à la Commission les me- truction consulaire commune (ICC) ment (CE) n° 539/2001 » ;
sures qu’ils ont prises en vertu de l’ar- et du Manuel commun (MC), telles
4) la liste figurant à l’annexe 1, par-
ticle 3, deuxième tiret, et de l’article 4. qu’elles résultent de la décision du
tie II, de l’ICC ainsi qu’à l’annexe
Les modifications ultérieures de ces comité exécutif Schengen du 28 avril
5, partie II, du MC est remplacée
mesures donnent lieu à une commu- 1999 [SCH/Com-ex(99) 13], sont
par la liste figurant à l’annexe II du
nication dans un délai de cinq jours modifiées comme suit :
présent règlement ;
ouvrables. 1) la dénomination de l’annexe 1,
partie I, de l’ICC ainsi que de l’an- 5) la partie III de l’annexe 1 de
2. Les communications visées au pa- l’ICC ainsi que la partie III de l’an-
ragraphe 1 sont publiées par la Com- nexe 5, partie I, du MC, est rem-
placée par le texte suivant : nexe 5 du MC sont supprimées.
mission à titre d’information au Jour-
nal officiel des Communautés euro- « Liste commune des pays tiers 3. Les décisions du comité exécutif
péennes. dont les ressortissants sont soumis de Schengen du 15 décembre 1997
à l’obligation de visa par les États [SCH/Com-ex(97) 32] et du 16 dé-
membres liés par le règlement cembre 1998 [SCH/Com-ex(98) 53,
Article 6
(CE) n° 539/2001 » ; REV 2] sont abrogées.
Le présent règlement n’affecte pas la 2) la liste figurant à l’annexe 1, par-
compétence des États membres en ce tie I, de l’ICC ainsi qu’à l’annexe 5,
qui concerne la reconnaissance des Article 8
partie I, du MC est remplacée par
États et des entités territoriales ainsi la liste figurant à l’annexe I du pré- Le présent règlement entre en vigueur
que des passeports, documents sent règlement ; le vingtième jour suivant celui de sa
d’identité ou de voyage qui sont déli- publication au Journal officiel des
vrés par leurs autorités. 3) la dénomination de l’annexe 1,
Communautés européennes.
partie II, de l’ICC ainsi que de l’an-
nexe 5, partie II, du MC est rem- Le présent règlement est obligatoire
Article 7 placée par le texte suivant : dans tous ses éléments et directement
1. Le règlement (CE) n° 574/1999 du « Liste commune des pays tiers applicable dans les États membres
Conseil est remplacé par le présent dont les ressortissants sont exemp- conformément au traité instituant la
règlement. tés de l’obligation de visa par les Communauté européenne.
ANNEXE I
Liste commune visée à l’article 1er, paragraphe 1
ANNEXE II
Liste commune visée à l’article 1er, paragraphe 2
(43) L’exemption de l’obligation de visa s’applique uniquement aux détenteurs du passeport « Hong Kong Special Administrative Region ».
(44) L’exemption de l’obligation de visa s’applique uniquement aux détenteurs du passeport « Região Administrativa Especial de Macau ».
Les visas – Annexe I – L’acquis de Schengen page 63
Le conseil de l’Union européenne, considérant que, en ce qui concerne les don- ou plus. Chaque État membre con-
nées à caractère personnel devant figurer sur serve la faculté de changer d’orga-
vu le traité instituant la Communauté euro-
le modèle type de visa conformément à l’an-
péenne, et notamment son article 100 C pa- nisme. Il en informe la Commission
nexe du présent règlement, il y a lieu de veiller
ragraphe 3, et les autres États membres.
au respect des dispositions prises par les États
vu la proposition de la Commission, membres en vue de la protection des données,
vu l’avis du Parlement européen, ainsi qu’au respect du droit communautaire
en la matière, Article 4
considérant que l’article 100 C paragraphe 3
du traité impose au Conseil l’obligation d’ar- A arrêté le présent réglement : 1. Sans préjudice de dispositions per-
rêter les mesures relatives à l’instauration d’un tinentes plus étendues en matière de
modèle type de visa avant le 1er janvier 1996 ;
Article premier protection des données, les personnes
considérant que l’introduction d’un modèle auxquelles un visa a été délivré ont le
type de visa représente un pas important vers Les visas délivrés par les États mem-
l’harmonisation des politiques en matière de droit de vérifier les données personnel-
bres conformément à l’article 5 sont
visas; que l’article 7 A du traité stipule que le les inscrites sur ce visa et, le cas échéant,
établis sous la forme d’un modèle
marché intérieur comporte un espace sans de les faire rectifier ou supprimer.
frontières intérieures dans lequel la libre cir- type (vignette adhésive). Ils sont con-
culation des personnes est assurée selon les formes aux spécifications figurant à 2. Le modèle type de visa ne contient
dispositions du traité ; que cette mesure doit l’annexe. aucune information, sous une forme
également être considérée comme formant un lisible par machine, autre que les don-
ensemble cohérent avec les mesures relevant
du titre VI du traité sur l’Union européenne ; Article 2 nées qui apparaissent aussi dans les
cases décrites aux points 6 à 12 de
considérant qu’il est essentiel que le modèle 1. Des spécifications techniques com-
type de visa contienne toutes les informations l’annexe ou qui figurent dans le do-
nécessaires et qu’il réponde à des normes tech- plémentaires pour le modèle type de cument de voyage correspondant.
niques de très haut niveau, notamment en ce visa sont établies conformément à la
qui concerne les garanties contre la contrefa- procédure prévue à l’article 6, para-
çon et la falsification ; que le modèle type doit graphe 2, en ce qui concerne : Article 5
aussi être adapté à son utilisation par tous les
États membres et comporter des dispositifs de a) les éléments et exigences de sé- Aux fins du présent règlement, on
sécurité universellement reconnaissables qui curité complémentaires, y compris entend par « visa » une autorisation
soient visibles à l’œil nu ; des normes de prévention renfor- délivrée ou une décision prise par un
considérant que le présent règlement n’éta- cées contre le risque de contrefa- État membre qui est exigée pour l’en-
blit que les spécifications qui n’ont pas un çon et de falsification ; trée sur son territoire en vue :
caractère secret ; que ces spécifications doivent
être complétées par d’autres qui doivent res- b) les procédés et modalités tech- – d’un séjour envisagé dans cet État
ter secrètes pour prévenir le risque de contre- niques à utiliser pour remplir le mo- membre ou dans plusieurs États
façon et de falsification et que parmi ces der- dèle type de visa. membres, pour une période dont la
nières il ne peut y avoir de données person-
nelles ni de référence à celles-ci; qu’il convient 2. Les couleurs de la vignette peuvent durée totale n’excède pas trois mois,
de conférer à la Commission le pouvoir d’ar- être modifiées conformément à la procé- – d’un transit à travers le territoire
rêter d’autres spécifications ;
dure prévue à l’article 6, paragraphe 2. ou la zone de transit aéroportuaire
considérant que, pour garantir que les infor- de cet État membre ou de plusieurs
mations en question ne seront pas divulguées
à un plus grand nombre de personnes qu’il Article 3 États membres.
n’est nécessaire, il est également essentiel que
chaque État membre ne désigne, pour l’impres- 1. Les spécifications visées à l’article 2
sion du modèle type de visa, qu’un seul orga- sont secrètes et ne sont pas publiées. Article 6
nisme, tout en conservant la faculté d’en chan- Elles ne sont communiquées qu’aux 1. La Commission est assistée par un
ger si nécessaire ; que, pour des raisons de sé-
curité, chaque État membre doit communiquer
organismes désignés par les États comité.
le nom de l’organisme compétent à la Com- membres pour l’impression et aux
2. Dans les cas où il est fait référence
mission et aux autres États membres ; personnes dûment autorisées par un
au présent paragraphe, les articles 5
considérant que, pour avoir une portée réelle, État membre ou par la Commission.
et 7 de la décision 1999/468/CE (*)
le présent règlement doit être applicable à tous
les types de visas relevant de son article 5; que 2. Chaque État membre désigne un s’appliquent.
les États membres devraient avoir la faculté organisme unique ayant la responsa-
La période prévue à l’article 5, para-
d’utiliser également le modèle type de visa bilité de l’impression des visas. Il com-
pour les visas qui peuvent être utilisés à des graphe 6, de la décision 1999/468/CE
munique le nom de cet organisme à
fins autres que celles visées à l’article 5, pour est fixée à deux mois.
la Commission et aux autres États
autant que des modifications visibles à l’œil
nu excluent toute confusion avec le visa uni- membres. Un même organisme peut 3. Le comité adopte son règlement
forme ; être désigné par deux États membres intérieur.
page 64 Annexe I – Gisti
ANNEXE
Dispositifs de sécurité pour la Slovaquie, SVN pour la Slo- 10. Cette case commence par le terme
vénie, UK pour le Royaume-Uni. « le » (à la suite duquel l’autorité
1. Une signe constitué de neuf ellipses émettrice indique la date d’émission) ;
en éventail apparaît dans cet espace. 4. Le mot « visa » écrit en lettres ca-
plus loin, sur la même ligne, apparais-
pitales apparaît au centre de cet es-
2. Une marque optique variable sent les termes « numéro du passe-
pace dans une encre optique variable. port » (à la suite desquels le numéro
(kinégramme ou équivalent) apparaît Selon l’angle d’observation, il appa-
dans cet espace. Selon l’angle d’ob- du passeport du titulaire est indiqué).
raît en vert ou en rouge.
servation, douze étoiles, la lettre « E » 11. Cette case commence par les ter-
et un globe terrestre sont visibles en 5. Cette case contient le numéro du mes « type de visa ». L’autorité émet-
plusieurs dimensions et couleurs. visa, qui est préimprimé et commence trice indiquera la catégorie de visa
par la lettre ou les lettres indiquant le conformément aux articles 5 et 7 du
2a. Insertion d’une photographie qui pays émetteur, telles qu’elles sont spé-
sera produite selon des normes de sé- présent règlement.
cifiées au point 3. Un caractère spé-
curité élevées. cial est utilisé. 12. Cette case commence par le terme
« remarques ». Elle est utilisée par
3. Le logo constitué d’une ou de plu-
Parties à compléter l’autorité émettrice pour indiquer
sieurs lettres indiquant l’État membre
toute information jugée nécessaire,
émetteur (ou « BNL » dans le cas des 6. Cette case commence par les ter-
pour autant qu’elle soit conforme à
pays du Benelux, à savoir la Belgique, mes « valable pour ». L’autorité émet- l’article 4 du présent règlement. Les
le Luxembourg et les Pays-Bas) appa- trice indique le territoire ou les terri- deux lignes et demie qui suivent sont
raît dans cet espace sous la forme toires pour lesquels le visa est valable. laissées vierges pour ces remarques.
d’une image latente. Ce logo apparaît 7. Cette case commence par le terme
en clair lorsqu’il est à plat et en foncé 13. Cette case contient les informa-
« du » et le terme « au » apparaît sur tions lisibles par machine nécessaires
lorsqu’il subit une rotation de 90°. Les la même ligne. L’autorité émettrice
logos suivants sont utilisés: A pour pour faciliter les contrôles aux fron-
indique à cet endroit la période de tières extérieures.
l’Autriche, BNL pour le Benelux, CY validité du visa.
pour Chypre, CZE pour la Républi- Le papier est de couleur vert pastel,
que tchèque, D pour l’Allemagne, DK 8. Cette case commence par les ter- avec des marques rouges et bleues.
pour le Danemark, E pour l’Espagne, mes « nombre d’entrées » et les ter-
mes « durée du séjour » (c’est-à-dire Les rubriques relatives aux cases sont
EST pour l’Estonie, F pour la France, établies en anglais et en français.
FIN pour la Finlande, GR pour la durée du séjour envisagé par les de-
L’État émetteur peut ajouter une
Grèce, H pour la Hongrie, I pour mandeurs) et « jours » apparaissent
autre langue officielle de la Commu-
l’Italie, IRL pour l’Irlande, LT pour plus loin sur la même ligne.
nauté. Toutefois, le terme « visa » fi-
la Lituanie, LVA pour la Lettonie, M 9. Cette case commence par les ter- gurant sur la première ligne peut ap-
pour Malte, P pour le Portugal, PL mes « délivré à » et elle est utilisée paraître dans n’importe quelle langue
pour la Pologne, S pour la Suède, SK pour indiquer le lieu d’émission. officielle de la Communauté.
Les visas – Annexe II – Les visas en droit français page 65
gulièrement en France, marié en 2° Il ressort, soit de la teneur de l’at- migrations internationales, d’une taxe
France avec un ressortissant de natio- testation et des pièces justificatives d’un montant de 15 EUR acquittée
nalité française et que le demandeur présentées, soit de la vérification ef- par l’hébergeant. Cette taxe est recou-
séjourne en France depuis plus de six fectuée au domicile de l’hébergeant, vrée comme en matière de droit de
mois avec son conjoint, la demande que l’étranger ne peut être accueilli timbre.
de visa de long séjour est présentée à dans des conditions normales de lo-
l’autorité administrative compétente gement ;
pour la délivrance d’un titre de séjour. Article L 211-9
3° Les mentions portées sur l’attesta-
tion sont inexactes ; Pour les séjours visés par la présente
Section 3 section, l’obligation d’assurance pré-
Justificatif d’hébergement 4° Les attestations antérieurement si- vue au 2° de l’article L 211-1 peut être
gnées par l’hébergeant ont fait appa- satisfaite par une assurance ayant la
Article L 211-3 raître, le cas échéant après enquête même portée souscrite au profit de
demandée par l’autorité chargée de l’étranger par la personne qui se pro-
Tout étranger qui déclare vouloir sé- valider l’attestation d’accueil aux ser-
journer en France pour une durée pose de l’héberger.
vices de police ou aux unités de gen-
n’excédant pas trois mois dans le ca-
darmerie, un détournement de la pro-
dre d’une visite familiale ou privée Article L 211-10
cédure.
doit présenter un justificatif d’héber-
gement. Ce justificatif prend la forme Un décret en Conseil d’État fixe les
d’une attestation d’accueil signée par Article L 211-6 conditions d’application de la pré-
la personne qui se propose d’assurer sente section, notamment les condi-
A la demande du maire, des agents tions dans lesquelles l’étranger peut
le logement de l’étranger, ou son re-
spécialement habilités des services de être dispensé du justificatif d’héber-
présentant légal, et validée par l’auto-
la commune chargés des affaires so- gement en cas de séjour à caractère
rité administrative. Cette attestation
ciales ou du logement ou l’Office des humanitaire ou d’échange culturel, ou
d’accueil constitue le document prévu
migrations internationales peuvent lorsqu’il demande à se rendre en
par la convention signée à Schengen
procéder à des vérifications sur place. France pour une cause médicale ur-
le 19 juin 1990 pour justifier les con-
Les agents qui sont habilités à procé- gente ou en raison des obsèques ou
ditions de séjour dans le cas d’une
der à ces vérifications ne peuvent pé- de la maladie grave d’un proche.
visite familiale ou privée.
nétrer chez l’hébergeant qu’après
s’être assurés du consentement,
Article L 211-4 donné par écrit, de celui-ci. En cas Chapitre II
de refus de l’hébergeant, les condi- Dispenses
L’attestation d’accueil, signée par l’hé-
tions d’un accueil dans des conditions
bergeant et accompagnée des pièces
normales de logement sont réputées Article L 212-1
justificatives déterminées par décret
non remplies.
en Conseil d’État, est présentée pour Par dérogation aux dispositions de
validation au maire de la commune l’article L 211-1, les étrangers titulai-
du lieu d’hébergement ou, à Paris, Article L 211-7 res d’un titre de séjour ou du docu-
Lyon et Marseille, au maire d’arron- ment de circulation délivré aux mi-
Les demandes de validation des at-
dissement, agissant en qualité d’agent neurs en application de l’article
testations d’accueil peuvent être mé-
de l’État. L 321-4 sont admis sur le territoire au
morisées et faire l’objet d’un traite-
Elle est accompagnée de l’engage- ment automatisé afin de lutter contre seul vu de ce titre et d’un document
ment de l’hébergeant de prendre en les détournements de procédure. Les de voyage.
charge, pendant toute la durée de va- fichiers correspondants sont mis en
lidité du visa ou pendant une durée place par les maires, selon des dispo- Article L 212-2
de trois mois à compter de l’entrée sitions déterminées par un décret en
de l’étranger sur le territoire des Conseil d’État, pris après avis de la Les documents mentionnés aux 2° et
États parties à la convention signée Commission nationale de l’informa- 3° de l’article L 211-1 ne sont pas
à Schengen le 19 juin 1990, et au cas tique et des libertés. exigés :
où l’étranger accueilli n’y pourvoi-
Ce décret précise la durée de conser- 1° D’un étranger venant rejoindre son
rait pas, les frais de séjour en France
vation et les conditions de mise à jour conjoint régulièrement autorisé à ré-
de celui-ci, limités au montant des
des informations enregistrées, les sider en France ;
ressources exigées de la part de
modalités d’habilitation des person- 2° Des enfants mineurs de dix-huit
l’étranger pour son entrée sur le ter-
nes qui seront amenées à consulter ces ans venant rejoindre leur père ou leur
ritoire en l’absence d’une attestation
fichiers ainsi que, le cas échéant, les mère régulièrement autorisé à résider
d’accueil.
conditions dans lesquelles les person- en France ;
nes intéressées peuvent exercer leur
Article L 211-5 droit d’accès. 3° Des personnes qui, de l’avis d’une
commission dont la composition est
Le maire peut refuser de valider l’at-
fixée par voie réglementaire, peuvent
testation d’accueil dans les cas sui- Article L 211-8 rendre, par leurs capacités ou leurs
vants :
Chaque demande de validation d’une talents, des services importants à la
1° L’hébergeant ne peut pas présen- attestation d’accueil donne lieu à la France, ou se proposent d’y exercer
ter les pièces justificatives requises ; perception, au profit de l’Office des des activités désintéressées.
Les visas – Annexe II – Les visas en droit français page 67
Chapitre III sée en application de l’article 5 de la treprise de transport qui l’a débarqué
Refus d’entrée convention signée à Schengen le en France.
19 juin 1990.
Article L 213-1 Article L 213-7
Article L 213-4
L’accès au territoire français peut être Les dispositions des articles L 213-4
refusé à tout étranger dont la présence Lorsque l’entrée en France est refu- et L 213-6 sont applicables à l’entre-
constituerait une menace pour l’ordre sée à un étranger non ressortissant prise de transport routier exploitant
public ou qui fait l’objet soit d’une d’un État membre de l’Union euro- des liaisons internationales sous la
interdiction du territoire, soit d’un péenne, l’entreprise de transport aé- forme de lignes régulières, de servi-
arrêté d’expulsion. rien ou maritime qui l’a acheminé est ces occasionnels ou de navette, à l’ex-
tenue de ramener sans délai, à la re- clusion des trafics frontaliers.
Article L 213-2 quête des autorités chargées du con-
trôle des personnes à la frontière, cet
Tout refus d’entrée en France fait Article L 213-8
étranger au point où il a commencé à
l’objet d’une décision écrite motivée utiliser le moyen de transport de cette Lorsque l’entrée en France est refu-
prise, sauf en cas de demande d’asile, entreprise, ou, en cas d’impossibilité, sée à un étranger non ressortissant de
par un agent relevant d’une catégorie dans l’État qui a délivré le document l’Union européenne, l’entreprise de
fixée par voie réglementaire. de voyage avec lequel il a voyagé ou transport ferroviaire qui l’a acheminé
Cette décision est notifiée à l’intéressé en tout autre lieu où il peut être ad- est tenue, à la requête des autorités
avec mention de son droit d’avertir mis. chargées du contrôle des personnes à
ou de faire avertir la personne chez la frontière, de mettre à la disposition
laquelle il a indiqué qu’il devait se Article L 213-5 de ces autorités des places permettant
rendre, son consulat ou le conseil de le réacheminement de cet étranger au-
son choix, et de refuser d’être rapa- Les dispositions de l’article L 213-4 delà de la frontière française.
trié avant l’expiration du délai d’un sont applicables lorsque l’entrée en
France est refusée à un étranger en Les dispositions de l’article L 213-6
jour franc. La décision et la notifica-
transit aérien ou maritime : sont applicables à l’entreprise de
tion des droits qui l’accompagne doi-
transport ferroviaire.
vent lui être communiquées dans une 1° Si l’entreprise de transport qui de-
langue qu’il comprend. L’étranger est vait l’acheminer dans le pays de des-
invité à indiquer sur la notification s’il tination ultérieure refuse de l’embar-
souhaite bénéficier du jour franc. quer ;
LIVRE III
Le séjour en France
Lorsque l’étranger ne parle pas le
2° Si les autorités du pays de destina-
français, il est fait application de l’ar-
tion lui ont refusé l’entrée et l’ont ren-
ticle L 111-7. Article L 311-7 (créé par la loi 2006-
voyé en France.
911 du 24 juillet 2006)
La décision prononçant le refus d’en-
trée peut être exécutée d’office par Sous réserve des engagements inter-
Article L 213-6
l’administration. nationaux de la France et des excep-
Lorsqu’un refus d’entrée a été pro- tions prévues par les dispositions lé-
noncé, et à compter de cette décision, gislatives du présent code, l’octroi de
Article L 213-3
les frais de prise en charge de l’étran- la carte de séjour temporaire et celui
Les dispositions de l’article L 213-2 ger non ressortissant d’un État mem- de la carte de séjour « compétences
sont applicables à l’étranger qui n’est bre de l’Union européenne, pendant et talents » sont subordonnés à la pro-
pas ressortissant d’un État membre de le délai nécessaire à son duction par l’étranger d’un visa pour
l’Union européenne à qui l’entrée sur réacheminement, ainsi que les frais de un séjour d’une durée supérieure à
le territoire métropolitain a été refu- réacheminement, incombent à l’en- trois mois.
page 68 Annexe II – Gisti
Le Premier ministre, la profession ou sur la qualité du voya- l'obligation d'assurance prévue à l'arti-
Sur le rapport du ministre d'État, ministre de geur ainsi que sur les établissements cle 5 de l'ordonnance du 2 novembre
l'intérieur et de la décentralisation, du minis- ou organismes situés sur le territoire 1945 susvisée ou si, conformément à
tre de la solidarité nationale, du garde des français par lesquels il est attendu ; l'avant-dernier alinéa de l'article 5-3
sceaux, ministre de la justice, du ministre des
relations extérieures et du ministre délégué 3. Pour un séjour en France d'une du- de cette ordonnance, l'obligation est
auprès du ministre de l'économie et des fi- rée n'excédant pas trois mois dans le satisfaite par une assurance souscrite
nances, chargé du budget.
cadre d'une visite familiale ou privée, au profit de l'étranger par la personne
Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre un justificatif d'hébergement, tel qu'il qui se propose de l'héberger.
1945 relative aux conditions d'entrée et de est défini à l'article 5-3 de
séjour en France des étrangers et portant créa- 2. Si l'attestation d'accueil est souscrite
tion d'un office national d'immigration, mo- l'ordonnance du 2 novembre 1945 par un Français ou par un étranger
difiée notamment par la loi n° 81-973 du susvisée. dispensé de l'obligation de détenir un
29 octobre 1981, et en particulier les 1° et 2°
de son article 5 ; 4. Pour un séjour motivé par une hos- titre de séjour en application de l'arti-
pitalisation, tout document justifiant cle 9-1 de l'ordonnance du 2 novem-
Vu le décret n° 46-1574 du 30 juin 1946 mo-
difié réglementant les conditions d'entrée et qu'il satisfait aux conditions requises bre 1945 susvisée, elle comporte l'in-
de séjour en France des étrangers ; par l'article R 716-9-1 du code de la dication du lieu et de la date de déli-
Vu le décret n° 80-581 du 24 juillet 1980 pris
santé publique pour l'admission dans vrance d'un document établissant
pour l'application de l'article 5-1 de l'ordon- les établissements publics d'hospita- l'identité et la nationalité de celui-ci.
nance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 mo- lisation, sauf dans le cas de malades
difiée susvisée ; ou blessés graves venant recevoir des 3. Si l'attestation d'accueil est sous-
soins en urgence dans un établisse- crite par un étranger ne relevant pas
Vu le code des douanes et notamment son ar-
ticle 67 ; ment sanitaire français. du 2 ci-dessus, elle comporte égale-
ment l'indication du lieu, de la date
Vu le code pénal, et notamment ses articles
R 25 et R 40 ; de délivrance et de la durée de vali-
Article 2-1 dité du titre de séjour de l'intéressé.
Le Conseil d'État (section de l'intérieur) en-
tendu, 1. L'attestation d'accueil demandée Celui-ci doit être obligatoirement ti-
pour les séjours à caractère familial tulaire de l'un des titres suivants :
Décrète :
ou privé est conforme à un modèle a) Carte de séjour temporaire ;
défini par arrêté du ministre de l'in-
Article 1 térieur. Elle indique : b) Carte de résident ;
Tout étranger qui déclare vouloir sé- a) L'identité du signataire et, s'il c) Certificat de résidence pour Al-
journer en France pour une durée agit comme représentant d'une per- gérien ;
n'excédant pas trois mois est tenu de sonne morale, sa qualité ;
d) Récépissé de demande de renou-
présenter, pour être admis sur le terri- b) Le lieu d'accueil de l'étranger ; vellement de l'un des titres de sé-
toire français, outre les documents et jour précités ;
c) L'identité et la nationalité de la
visas mentionnés au 1° de l'article 5 personne accueillie ;
de l'ordonnance n° 45-2658 du 2 no- e) Carte diplomatique ;
vembre 1945, les documents mention- d) Les dates d'arrivée et de départ
prévues ; f) Carte spéciale délivrée par le mi-
nés au 2° du même article et définis nistère des affaires étrangères.
aux articles 2 à 6 du présent décret. e) Le lien de parenté, s'il y a lieu,
du signataire de l'attestation d'ac- 4. Le signataire de l'attestation d'ac-
cueil avec la personne accueillie ; cueil doit, pour en obtenir la valida-
Article 2 tion par le maire, se présenter person-
f) Les attestations d'accueil anté-
En fonction de ses déclarations sur les rieurement signées par l'héber- nellement en mairie, muni d'un des
motifs de son voyage, l'étranger doit geant, s'il y a lieu ; documents mentionnés au 2 ou 3 ci-
présenter selon les cas : dessus, d'un document attestant de sa
g) Les caractéristiques du lieu d'hé-
bergement ; qualité de propriétaire, de locataire
1. Pour un séjour touristique, tout ou d'occupant du logement dans le-
document de nature à établir l'objet h) L'engagement de l'hébergeant à quel il se propose d'héberger le visi-
et les conditions de ce séjour, et no- subvenir aux frais de séjour de teur ainsi que de tout document per-
tamment sa durée ; l'étranger.
mettant d'apprécier ses ressources et
2. Pour un voyage professionnel, tout Elle précise également si l'étranger sa capacité à héberger l'étranger ac-
document apportant des précisions sur envisage de souscrire lui-même à cueilli dans un logement décent au
Les visas – Annexe II – Les visas en droit français page 69
sens des dispositions réglementaires l'intérieur, du ministre des affaires fier qu'il satisfait aux conditions d'en-
en vigueur et dans des conditions étrangères et du ministre chargé de trée dans le pays de destination.
normales d'occupation. la culture. L'organisme agréé, s'il n'as-
sure pas lui-même l'hébergement de
5. Le conjoint et les enfants mineurs Article 3-1
l'étranger, est tenu de communiquer
de 18 ans de l'étranger accueilli peu-
au préfet du département dans lequel L'étranger sollicitant son admission en
vent figurer sur une même attestation
l'étranger sera hébergé ou, à Paris, au France peut justifier qu'il possède les
d'accueil.
préfet de police, le nom et l'adresse moyens d'existence lui permettant de
6. Le maire adresse au préfet un de la personne physique ou morale faire face à ses frais de séjour, notam-
compte rendu annuel non nominatif assurant son hébergement. ment par la présentation d'espèces, de
relatif aux attestations d'accueil, com- chèques de voyage, de chèques certi-
b) L'étranger qui se rend en France
prenant notamment le décompte des fiés, de cartes de paiement à usage in-
pour un séjour justifié par une cause
attestations d'accueil validées et refu- ternational, de lettres de crédit.
médicale urgente le concernant ou en
sées et des vérifications sur place qui
raison de la maladie grave d'un proche. Les justifications énumérées au pre-
ont été prescrites.
mier alinéa du présent article sont
Dans ces deux cas, un rapport médi-
appréciées compte tenu des déclara-
cal attestant d'une cause médicale
Article 2-2 tions de l'intéressé relatives à la du-
urgente concernant l'étranger qui
rée et à l'objet de son séjour ainsi que
En application du dernier alinéa de souhaite se rendre en France ou at-
des pièces produites à l'appui de ces
l'article 5-3 de l'ordonnance du 2 no- testant de la maladie grave d'un pro-
déclarations et, le cas échéant, de la
vembre 1945 susvisée, peuvent être che présent sur le sol français doit être
durée de validité du visa.
dispensés de présenter l'attestation adressé sous pli confidentiel par le
d'accueil définie au 1 de l'article 2-1, médecin traitant au médecin respon-
outre les étrangers appartenant à l'une sable du centre médico-social auprès Article 3-2
des catégories visées à l'article 9, les de l'ambassade de France dans le pays
où réside l'étranger ou, à défaut, à un Les entreprises d'assurances, les mu-
étrangers entrant dans les cas suivants :
médecin de ce pays désigné à cet ef- tuelles et les institutions de pré-
a) L'étranger dont le séjour revêt un voyance habilitées à exercer en France
fet par les autorités diplomatiques ou
caractère humanitaire ou s'inscrit une activité d'assurance ainsi que les
consulaires françaises.
dans le cadre d'un échange culturel. organismes d'assurance ayant reçu les
La cause médicale urgente doit s'en- agréments des autorités de leur État
Le séjour doit être prévu dans le ca-
tendre d'un état de santé nécessitant d'origine pour l'exercice des opéra-
dre de l'activité d'un organisme me-
une prise en charge médicale rapide tions d'assurance concernées sont
nant une action à caractère humani-
dont le défaut pourrait entraîner pour considérés comme agréés pour l'ap-
taire ou culturel. L'étranger doit in-
l'étranger des conséquences d'une ex- plication des dispositions du 2° de
diquer le nom de cet organisme, son
ceptionnelle gravité, sous réserve qu'il l'article 5 de l'ordonnance susvisée du
objet social, l'adresse de son siège so-
ne puisse bénéficier d'un traitement 2 novembre 1945.
cial et, selon les cas, la référence des
approprié dans son pays de résidence.
statuts de l'association ou le numéro Le contrat d'assurance souscrit par
d'inscription de la société au registre La maladie grave d'un proche doit l'étranger ou par l'hébergeant pour le
du commerce et des sociétés ou au re- s'entendre d'une ou plusieurs patho- compte de celui-ci doit couvrir, à hau-
gistre des métiers. Il doit préciser la logies pour lesquelles le patient est teur d'un montant minimum, fixé à
nature et les dates du séjour humani- hospitalisé en France et qui nécessi- 30 000 euros, l'ensemble des dépen-
taire ou de l'échange culturel. Il doit tent la présence d'un proche à son ses médicales et hospitalières, y com-
enfin produire, d'une part, un docu- chevet. pris d'aide sociale, susceptibles d'être
ment attestant qu'il est personnelle- engagées pendant toute la durée du
Le médecin destinataire du rapport
ment invité par l'organisme précité séjour en France.
médical communique sans délai son
dans le cadre de ce séjour à caractère
avis motivé aux autorités diplomati-
humanitaire ou de cet échange cultu-
ques ou consulaires qui décident de Article 4
rel et, d'autre part, si l'étranger n'est
la suite à donner à la demande de dis-
pas hébergé par l'organisme lui- Les documents relatifs aux garanties
pense d'attestation d'accueil pour rai-
même, le nom et l'adresse de la per- de rapatriement doivent permettre à
sons médicales.
sonne physique ou morale assurant l'étranger qui pénètre en France d'as-
son hébergement. c) L'étranger qui se rend en France surer les frais afférents à son retour du
pour assister aux obsèques d'un pro- lieu situé sur le territoire métropolitain
Si l'organisme mentionné à l'alinéa
che. ou dans un département d'outre-mer,
précédent est agréé, l'étranger pourra
où il a l'intention de se rendre, jusqu'au
être dispensé de présenter l'attesta- Une attestation signée du maire de la
pays de sa résidence habituelle.
tion d'accueil au vu de la seule invita- commune où doivent se dérouler les
tion mentionnée à cet alinéa. L'agré- obsèques du proche doit être pro- La validité des garanties de rapatrie-
ment est délivré, s'agissant des orga- duite par l'étranger lors de sa de- ment est appréciée par rapport à la
nismes à caractère humanitaire par un mande de visa si celui-ci est requis et durée et au lieu de séjour principal
arrêté du ministre de l'intérieur, du lors du contrôle à la frontière. choisi par l'étranger ; en cas de mo-
ministre chargé des affaires sociales, dification notable de ce lieu de séjour
du ministre des affaires étrangères et principal et lorsque, de ce fait, la ga-
Article 3
du ministre chargé de la santé et, rantie initialement constituée s'avère
s'agissant des organismes à caractère Lorsque l'entrée en France est moti- manifestement insuffisante pour cou-
culturel, par un arrêté du ministre de vée par un transit, l'étranger doit justi- vrir les dépenses de rapatriement,
page 70 Annexe II – Gisti
l'intéressé doit se munir d'un nouveau ger soumis à l'obligation de garantir les membres de leur famille à charge,
document garantissant la prise en son rapatriement qui ne pourra plus venant de l'étranger pour prendre
charge des frais de retour vers le pays produire le titre de transport ou l'at- leurs fonctions en France ;
de sa résidence habituelle. testation bancaire mentionnés aux ar-
8. Les personnes auxquelles une dis-
ticles 5 et 6.
L'étranger doit être en possession du pense a été accordée par la commis-
document valant garantie de rapatrie- sion prévue par l'article 5-1 de l'or-
ment pendant la durée de son séjour. Article 9 donnance du 2 novembre 1945 ;
Cette obligation est levée lorsque
Sont dispensés de présenter les do- 9. Les personnes auxquelles une dis-
l'étranger obtient la délivrance d'un ti-
cuments prévus aux articles 2 à 6 du pense a été accordée par les autorités
tre de séjour dont la durée de validité
présent décret : consulaires françaises dans leur pays
est au moins égale à un an. En outre, si
l'intéressé justifie d'un motif légitime, 1. Les ressortissants des États mem- de résidence ;
le préfet du département où il séjourne bres de la Communauté européenne 10. Les membres des assemblées par-
peut mettre fin à cette obligation. et les membres de leur famille béné- lementaires des États étrangers ;
ficiaires des dispositions du traité de
Rome relatives à la libre circulation ; 11. Les fonctionnaires, officiers et
Article 5 agents des services publics étrangers
2. Les ressortissants des États parties
Le document relatif aux garanties de lorsqu'ils sont porteurs d'un ordre de
à l'accord sur l'Espace économique
rapatriement peut être un titre de mission de leur gouvernement ou
européen du 2 mai 1992 et les mem-
transport maritime, ferroviaire, rou- fonctionnaires d'une organisation in-
bres de leur famille, bénéficiaires des
tier ou aérien valable pour revenir tergouvernementale dont la France est
dispositions dudit accord relatives à
dans le pays de résidence habituelle. membre, munis d'un ordre de mission
la libre circulation des personnes ;
délivré par cette organisation ;
Le cas échéant, le porteur doit veiller 3. Les ressortissants suisses,
à en maintenir la validité jusqu'à la andorrans et monégasques ; 12. Les membres des équipages des
date de son départ. navires et aéronefs effectuant des dé-
4. L'étranger titulaire d'un visa por- placements de service sous le couvert
tant la mention « famille de Fran- des documents prévus par les conven-
Article 6 çais », délivré aux conjoints de ressor- tions internationales.
Le document concernant les garanties tissants français et aux membres de
de rapatriement peut être une attes- leur famille définis au 2° de l'article
tation d'un établissement bancaire si- 15 de l'ordonnance du 2 novembre Article 10
tué en France ou à l'étranger garan- 1945 précitée ; [Abrogé par Décret n° 2004-1237 du
tissant le rapatriement de l'intéressé 5. L'étranger titulaire d'un visa de cir- 17 novembre 2004 art. 9]
au cas où celui-ci ne serait pas en me- culation défini par la Convention
sure d'en assurer lui-même les frais. d'application de l'accord de Article 11
Si l'attestation est établie dans une Schengen, valable pour plusieurs en-
langue étrangère, elle doit être accom- trées et d'une durée de validité au [Abrogé par Décret n° 2004-1237 du
pagnée d'une traduction en français. moins égale à un an et délivré par une 17 novembre 2004 art. 9]
autorité consulaire française ou par
celle d'un État mettant en vigueur Article 12
Article 7 cette convention et agissant en repré-
[Abrogé par Décret n° 98-502 du 23 juin sentation de la France ; Lorsque l'étranger qui se présente à
1998 art. 7] la frontière demande à bénéficier du
6. L'étranger titulaire d'un visa por- droit d'asile, la décision de refus d'en-
tant la mention : « carte de séjour à trée en France ne peut être prise que
Article 8 solliciter dès l'arrivée en France ». par le ministre de l'intérieur, après
Sera puni des peines prévues pour les 7. Les membres des missions diplo- consultation de l'Office français de
contraventions de 5è classe tout étran- matiques et des postes consulaires et protection des réfugiés et apatrides.
Les visas – Annexe II – Les visas en droit français page 71
Annexes non reproduites sion sur le territoire français, dans sa – les maires peuvent constituer un
nouvelle rédaction issue du décret fichier des demandes de validation
Ministère de l'Intérieur, de la sécurité inté- n° 2004-1237 du 17 novembre 2004, d'attestation d'accueil en vue de
rieure et des libertés locales demeurent inchangées, tel étant le mieux lutter contre les manœuvres
[...] cas en particulier de l'article 1er (sous frauduleuses (article 5-3 de l'ordon-
REF : réserve de modifications rédaction- nance du 2 novembre 1945), le pro-
– Loi n° 2003-1119 du 26 novembre 2003 re- nelles), qui limite le champ d'appli- jet de décret en ce sens étant en
lative à la maîtrise de l'immigration, au sé- cation du décret aux seuls étrangers cours d'examen par la Commission
jour des étrangers en France et à la nationa- se rendant en France pour un court nationale de l'informatique et des
lité. libertés (Cnil) ;
séjour d'une durée de moins de
– Ma circulaire NOR/INT/D/04/00006/C du
20 janvier 2004.
3 mois, de l'article 3-1 qui définit les – la validation n'intervient qu'après
pièces à produire pour justifier les qu'un ensemble de justificatifs ont
PJ:
moyens d'existence, de l'article 4 été vérifiés (article 5-3 de l'ordon-
– Loi n° 2003-1119 du 26 novembre 2003 (ex-
traits relatifs aux articles 3 et 7) ; s'agissant des justificatifs à présen- nance du 2 novembre 1945 et arti-
– Décret n° 2004-1237 du 17 novembre 2004 ; ter pour justifier les garanties de ra- cle 2-1-paragraphe 4 du décret du
– Décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 ; patriement, et de l'article 9 (sous ré- 27 mai 1982) ;
– Modèle du nouveau formulaire « attesta- serve d'une modification d'adapta-
tion) relatif aux conditions dans – les services consulaires doivent in-
tion d'accueil » ;
lesquelles les étrangers peuvent être former les maires de la délivrance
– Modèle de tableau statistique à renseigner. ou du refus de délivrance du visa
dispensés de la production des do-
La loi n° 2003-1119 du 26 novembre (article 5-3 de l'ordonnance du
cuments habituellement requis.
2003 relative à la maîtrise de l'immi- 2 novembre 1945) ;
gration, au séjour des étrangers en Vous trouverez sur le site intranet de
– les délais et les modalités de re-
France et à la nationalité a rétabli l'ar- la direction des libertés publiques et
cours contre la décision de refus de
ticle 5-3 de l'ordonnance du 2 novem- des affaires juridiques la version con-
validité de l'attestation d'accueil
bre 1945 modifiée qui traite de l'at- solidée du décret du 27 mai 1982 dans
ont été adaptés (article 5-3 de l'or-
testation d'accueil. L'article 3 de cette sa rédaction issue du décret du 17 no- donnance du 2 novembre 1945),
même loi instaure une obligation d'as- vembre 2004 le modifiant, les dispo-
surance pour les étrangers qui souhai- sitions nouvelles par rapport à la ré- – un justificatif d'assurance est
tent entrer en France. glementation antérieure apparaissant exigé (article 5 de l'ordonnance du
en caractère gras. 2 novembre 1945).
Dans l'attente du décret d'application
de la loi, le nouveau dispositif vous a Les différences principales par rap-
déjà été présenté par circulaire du port aux dispositifs législatif et régle- 1) Objectifs et portée
20 janvier 2004. mentaire antérieurs apportées par la de l'attestation d'accueil
La présente circulaire a pour objet de loi du 26 novembre 2003 et le décret
du 17 novembre 2004 portent sur les L'attestation d'accueil demeure un
décrire le dispositif prévu par le dé- document officiel rempli et signé par
cret d'application du 17 novembre points suivants :
toute personne française ou étran-
2004 (JO du 23 novembre 2004) ainsi – l'attestation d'accueil est validée gère résidant en France et qui sou-
que certaines dispositions de l'ordon- par le maire et par lui seul, aucune haite accueillir un ressortissant étran-
nance du 2 novembre 1945 relative autre autorité publique ne pouvant ger pour une durée inférieure à trois
aux conditions d'entrée et de séjour désormais plus intervenir (article 5- mois.
des étrangers en France, dans leur 3 de l'ordonnance du 2 novembre
rédaction issue de la loi du 26 novem- 1945), 1-1 But de l'attestation d'accueil
bre 2003 précitée. – l'appréciation des conditions de L'attestation d'accueil a pour but de
Je souhaite en premier lieu appeler logement est rétablie et des enquê- s'assurer du consentement et de l'en-
votre attention sur le fait que certai- tes domiciliaires sont possibles à la gagement de l'hébergeant à l'accueil
nes dispositions du décret n° 82-442 demande du maire (article 5-3 de d'un ou de plusieurs étrangers pour
du 27 mai 1982 pris pour l'applica- l'ordonnance du 2 novembre un séjour n'excédant pas trois mois.
tion des articles 5, 5-1 et 5-3 de l'or- 1945) ; Elle permet au visiteur de justifier des
donnance n° 45-2658 du 2 novem- – l'attestation d'accueil donne lieu motifs de son séjour et de se voir ainsi
bre 1945 modifiée relative aux con- à la perception d'un droit de tim- accorder un traitement plus favora-
ditions d'entrée et de séjour en bre (article 5-3 de l'ordonnance du ble quant aux ressources et garanties
France, en ce qui concerne l'admis- 2 novembre 1945) ; financières à présenter.
page 72 Annexe II – Gisti
L'attestation d'accueil est exigée par la présentation d'une attestation des étrangers qui souhaitent effectuer
les autorités consulaires françaises ou d'accueil sur la base de conventions un séjour en France présentant un
d'un autre État partie à l'Accord de bilatérales. caractère humanitaire ou s'effectuant
Schengen pour l'obtention du visa dans le cadre d'un échange culturel.
2-3 Les cas de dispense (article 5-3
lorsque l'étranger y est soumis de par Il en est de même des étrangers qui
de l'ordonnance du 5 novembre 1945
sa nationalité. Elle doit être produite souhaitent se rendre en France pour
et article 2-2 du décret du 27 mai
à la frontière extérieure de l'espace une cause médicale urgente ou en rai-
1982)
Schengen par les autorités de con- son de la maladie grave ou des obsè-
trôle, sauf exceptions prévues par Sont dispensées de présenter une at- ques d'un proche.
l'Accord de Schengen et ses textes testation d'accueil les personnes re- Les modalités de dispense, relevant au
d'application. levant des catégories précisément premier chef de la compétence des
énumérées à l'article 9 du décret 82- autorités consulaires et de contrôle
1-2 L'objet de la validation et l'auto-
442 du 27 mai 1982 modifié : aux frontières et non de celle des mai-
rité compétente pour y procéder (ar-
ticle 5-3 de l'ordonnance du 2 novem- – les ressortissants des États mem- res, sont décrites de manière précise
bre 1945) bres de la Communauté euro- dans le décret. J'appelle tout particu-
péenne et les membres de leur fa- lièrement votre attention sur le fait
Le nouveau dispositif législatif prévoit mille ; que l'organisme humanitaire ou cul-
la validation de l'attestation d'accueil turel, au titre duquel l'étranger est dis-
par le maire de la commune du lieu – les ressortissants des États parties pensé de la production de l'attestation
d'hébergement de l'étranger accueilli à l'accord sur l'Espace économique d'accueil, est tenu de vous communi-
et par lui seul. La validation de l'at- européen et les membres de leur fa- quer les coordonnées de la personne
testation d'accueil a pour objectif de mille ; physique ou morale qui assure l'hé-
s'assurer que le signataire de l'attes- – les ressortissants suisses, an- bergement de l'étranger, s'il n'assure
tation est bien la personne qui déclare -dorrans et monégasques ; pas lui-même cet hébergement.
accueillir une ou plusieurs personnes
– l'étranger titulaire d'un visa por-
déterminées et de vérifier qu'il dis-
tant la mention « famille de Fran- 3) La procédure de délivrance
pose bien de la capacité d'héberger
çais » ; de l'attestation d'accueil
dans des conditions normales le(s)
visiteur(s) étranger(s). – l'étranger titulaire d'un visa de cir-
3-1 Il revient au maire, à l'exclusion
culation ;
de toute autre autorité, de valider et
– l'étranger titulaire d'un visa por- de délivrer les attestations d'accueil
2) Champ d'application
tant la mention « carte de séjour à (article 5-3 de l'ordonnance du 2 no-
de l'attestation d'accueil solliciter dès l'arrivée en France » ; vembre 1945)
Le champ d'application se définit par – les membres des corps diploma- Agissant en tant qu'agent de l'État,
rapport au motif du séjour en France tique et consulaire venant de les maires sont soumis à l'autorité hié-
et au regard de la nationalité de l'étranger pour prendre leurs fonc- rarchique du préfet.
l'étranger accueilli. tions en France et les membres de
leur famille ; L'attestation d'accueil ne peut être
2-1 Les motifs du séjour (articles 1er délivrée que par le maire de la com-
et 2-1 paragraphe 1 du décret du – les personnes auxquelles une dis- mune du lieu d'hébergement. Toute
27 mai 1982) pense a été accordée par la commis- pratique consistant à ce qu'un deman-
Seuls les séjours revêtant le caractère sion prévue à l'article 5-1 de l'or- deur, non domicilié dans la commune
donnance du 2 novembre 1945 ; d'hébergement (cas d'une résidence
d'une visite à caractère familial ou
privé d'une durée inférieure ou égale – les personnes auxquelles une dis- secondaire par exemple), se présente
à trois mois sont concernés par l'at- pense a été accordée par les autori- au maire de la commune de son do-
tés consulaires françaises ; micile et non au maire de la commune
testation d'accueil. Ces séjours se dis-
du lieu d'hébergement de l'étranger
tinguent des séjours touristiques ef- – les membres des assemblées par- est donc désormais à proscrire.
fectués avec des organismes de voyage lementaires des États étrangers ;
ou à l'hôtel, ainsi que des séjours pro- Dans les mairies, l'attestation d'ac-
fessionnels à l'invitation d'une entre- – les fonctionnaires étrangers ou cueil est validée par le maire. A Paris,
prise. d'une organisation intergouverne- Lyon et Marseille, le maire d'arron-
mentale munis d'un ordre de mis- dissement est compétent.
Les séjours d'une durée supérieure à sion ;
trois mois ne donnent pas lieu à pro- Le maire, et à Paris, Lyon et Marseille
duction d'une attestation d'accueil. – les membres des équipages des le maire d'arrondissement, peut dé-
navires et aéronefs dans les condi- léguer sa signature dans les conditions
2-2 Les nationalités concernées (ar- tions prévues par les conventions prévues au Code général des collecti-
ticle 5-2° de l'ordonnance du 2 no- internationales. vités territoriales.
vembre 1945)
Outre les catégories d'étrangers pré- La signature doit être apposée per-
L'attestation d'accueil est exigée citées, l'article 5-3 de l'ordonnance du sonnellement par la personne habili-
pour tous les étrangers, y compris les 2 novembre 1945, dans sa rédaction tée, à l'exclusion de tout recours à une
ressortissants des pays qui ne sont issue de la loi du 26 novembre 2003, griffe ou une machine à signer. Afin
pas soumis au visa de court séjour prévoit d'autres catégories d'étran- de permettre au poste consulaire ou
(sous réserve des cas de dispense) et gers susceptibles d'être dispensées du aux autorités de contrôle à la frontière
les ressortissants des États soumis à justificatif d'hébergement. I1 s'agit de vérifier l'authenticité d'une attes-
Les visas – Annexe II – Les visas en droit français page 73
tation d'accueil, la signature devra Toutefois les membres des missions arrêté ou décision, signé par le maire
être accompagnée d'un cachet per- diplomatiques et des postes consulai- ou l'adjoint ayant reçu délégation à
mettant d'identifier l'autorité ayant res, titulaires de la carte diplomatique cet effet. Si la détermination des ser-
validé l'attestation d'accueil. ou consulaire, peuvent être dispensés vices municipaux au sein desquels les
de la comparution personnelle. Dans agents peuvent être habilités ne sou-
S'il demeure toujours possible pour
ce cas, la personne qui se propose lèvera pas de difficultés particulières
les maires de valider l'attestation d'ac-
d'héberger l'étranger doit désigner un dans les communes les plus peuplées,
cueil en présence du demandeur, vous
mandataire qui, muni d'une attesta- tel n'est pas le cas des communes ne
veillerez à leur préciser qu'ils ne sont
tion désignant précisément ce manda- disposant pas expressément d'un ser-
nullement tenus de procéder de la
taire chargé d'effectuer les démarches vice chargé des affaires sociales ou du
sorte, notamment s'ils jugent utile de
nécessaires et porteur d'une photoco- logement tels que mentionnés par le
procéder à une instruction détaillée
pie de la carte diplomatique ou con- législateur. Le maire pourra, dans
du dossier de demande ou s'ils envi-
sulaire de l'hébergeant, pourra retirer cette hypothèse, habiliter tout agent
sagent de diligenter une enquête do-
le formulaire. Le formulaire dûment intervenant dans ces domaines d'ac-
miciliaire dans les lieux mêmes de
rempli et signé par l'hébergeant peut tivité placés sous son autorité hiérar-
l'hébergement déclaré. Dans ces cas,
être remis à la mairie par le manda- chique en qualité d'agent de l'État, les
qui devraient devenir la règle, la déli-
taire porteur des documents ci-dessus agents des offices publics d'HLM
vrance immédiate n'étant plus qu'ex-
mentionnés, soit adressé sous pli re- étant dans ces conditions exclus.
ceptionnelle, un récépissé de dépôt
commandé. Dans ce dernier cas, l'at-
sera remis au demandeur. Ce reçu Par ailleurs, la précision apportée par
testation d'accueil validée par l'auto-
portera le cachet de l'autorité sollici- le législateur s'agissant de la nature
rité publique doit être adressée à l'in-
tée, la date et la mention « Reçu va- des services au sein desquels les agents
téressé par pli recommandé.
lant preuve de dépôt d'une attestation peuvent recevoir l'habilitation ne fait
d'accueil à valider », ainsi que l'indi- Les autres facilités antérieurement pas obstacle à ce que le maire lui-
cation que, en cas de réponse néga- consenties à cet égard aux Français même ou un ou plusieurs de ses ad-
tive ou à défaut de réponse du maire résidant à l'étranger et aux héber- joints ayant reçu délégation à cet ef-
dans un délai d'un mois, le deman- -geants accueillant l'étranger dans une fet puissent procéder eux-mêmes aux
deur peut former un recours devant résidence secondaire sont désormais visites domiciliaires.
le préfet dans un délai de deux mois à proscrire.
à compter du refus explicite ou im- Les conditions normales de logement
Ce principe de présentation person- doivent être appréciées eu égard aux
plicite (cf. également infra paragraphe
nelle de l'hébergeant permet au maire considérations de lieu et de temps,
4 de la présente circulaire).
d'exiger du demandeur la produc- l'intention du législateur étant de don-
3-2 Le principe de la présentation tion, au titre des pièces justificatives, ner un large pouvoir d'appréciation au
personnelle de l'hébergeant (article de documents originaux, et ce afin maire dans ce domaine. Il s'agit d'évi-
2-1 paragraphe 4 du décret du 27 mai d'éviter les manœuvres frauduleuses ter les situations d'abus et les attesta-
1982) tendant à la présentation de faux do- tions de complaisance. S'agissant d'hé-
cuments. Dans ce cas, les services bergements temporaires de membres
La présentation personnelle de l'hé-
municipaux devront photocopier les de famille, de proches ou d'amis, les
bergeant, prévue à l'article 2-1 para-
documents originaux afin d'en con- normes d'occupation et de superficie
graphe 4 du décret du 27 mai 1982
server des copies au dossier et rendre (contenues notamment dans le code
modifié, est une condition nécessaire les originaux au demandeur.
pour la validation de l'attestation de la construction et de l'habitation)
d'accueil. 3-3 La vérification des conditions nor- ne lieront pas le pouvoir d'apprécia-
males de logement (article 5-3 de l'or- tion des maires en ce qui concerne la
L'hébergeant remplit sur place le for- donnance du 2 novembre 1945) validation des attestations d'accueil.
mulaire sécurisé qui lui est remis au Toutefois, s'agissant des logements lo-
guichet en un seul exemplaire. Si un Lorsque le maire veut vérifier, préala- catifs à usage d'habitation, le maire de-
exemplaire est annulé à la suite d'une blement à la validation de l'attestation vra s'assurer que le logement destiné
erreur matérielle, il est enregistré d'accueil, que l'étranger peut être ac- à l'hébergement temporaire d'un
comme tel dans la comptabilité-ma- cueilli dans un logement décent et dans étranger remplit les conditions posées
tière. Le formulaire vierge ne saurait des conditions normales d'occupation, par le décret n° 2002-120 du 30 jan-
en aucun cas être remis au demandeur il peut demander à ses agents des ser-
vier 2002, relatif aux caractéristiques
et tout dispositif de la sorte invitant le vices chargés des affaires sociales ou
du logement décent pris pour l'appli-
demandeur à retourner en mairie le du logement ou à l'Office des migra-
cation de l'article 187 de la loi n° 2000-
formulaire rempli par ses soins est à tions internationales la vérification sur
1208 du 13 décembre 2000 relative à
proscrire, afin d'éviter toute utilisation place des conditions de ce logement.
la solidarité et au renouvellement ur-
frauduleuse de formulaires vierges. Cette mission ne peut être confiée à la
bains. Ces conditions sont relatives à
C'est en revanche au demandeur qu'il police municipale, telle ayant été l'in-
la sécurité, à la salubrité et au confort
appartient de transmettre l'attestation tention explicite du législateur à l'oc-
du logement. En ce qui concerne les
d'accueil validée par le maire à l'étran- casion des débats au Parlement.
logements occupés par leur proprié-
ger qu'il entend accueillir, afin que ce
Les agents de la commune chargés taire, le maire pourra également se ré-
dernier puisse présenter ce document
d'accomplir cette tâche devront être férer aux dispositions de ce même dé-
au consulat auprès duquel il déposera
spécialement habilités, c'est-à-dire cret pour en apprécier le caractère
sa demande de visa et aux autorités de
nommément désignés par le maire. décent.
contrôle aux frontières au moment de
sa demande d'entrer sur le territoire Cette habilitation nominative devra 3-4 Le renseignement du formulaire
national. être concrétisée par un document, d'attestation d'accueil et les justifica-
page 74 Annexe II – Gisti
tifs requis (article 2-1 du décret du nétrer sur le territoire relève de la com- réservées à la demande (article 5-3 de
27 mai 1982) pétence des autorités consulaires et de l'ordonnance du 2 novembre 1945) ;
contrôles aux frontières ; à l'occasion du dépôt de la demande
L'attestation d'accueil demandée
de validation de l'attestation d'ac-
pour les séjours à caractère familial – Toutefois, si l'attestation d'accueil
cueil, les maires doivent exiger la pro-
ou privé est conforme à un imprimé est demandée pour un ou des
duction du timbre fiscal de 15 euros
défini par arrêté du ministre de l'in- enfant(s) mineur(s) non accompa-
établi à cet usage, que les demandeurs
térieur (cf. également infra paragra- -gné(s) par les parents, le demandeur
peuvent se procurer dans les lieux de
phe 8 de la présente circulaire relatif devra produire une attestation éma-
délivrance habituels (débitants de ta-
aux dispositions transitoires). nant du ou des détenteur(s) de l'auto-
bac, comptables des impôts, comp-
rité parentale, établie sur papier libre,
Cet imprimé sécurisé, dont vous trou- tables du Trésor, comptables des
précisant l'objet et la durée du séjour
verez ci-joint un exemplaire en an- douanes et des droits indirects et ré-
de l'enfant ainsi que la personne à la-
nexe, s'inspire du précédent, auquel gisseurs de recette des préfectures et
quelle il(s) en confient la garde tem-
ont été ajoutées un certain nombre de sous-préfectures ), dès le dépôt de la
poraire à cette occasion, dont l'iden-
rubriques afférentes aux éléments demande de validation, la taxe de 15
tité devra être celle du demandeur.
d'information exigés à la suite de la euros étant due par le demandeur
Dans l'hypothèse où il pourrait ap-
nouvelle législation. même si la validation de l'attestation
paraître un doute sur l'authenticité du
d'accueil est in fine refusée ; ce tim-
J'appelle tout particulièrement votre document, le maire pourra utilement
bre fiscal devra être apposé à l'em-
attention sur plusieurs points : vous en faire part afin que vos servi-
placement prévu à cet effet sur le for-
ces se rapprochent de l'autorité con-
– La rubrique relative au nom du de- mulaire d'attestation d'accueil et obli-
sulaire compétente pour approfondir
mandeur de l'attestation d'accueil de- téré par le cachet de la mairie afin
les investigations.
vra être complétée, dans l'hypothèse d'éviter des utilisations multiples ; par
où l'hébergeant est une personne mo- – Ne peuvent figurer sur une même ailleurs, sauf dans l'hypothèse de la
rale, par la mention de la qualité au attestation d'accueil que le conjoint possible mention sur une même at-
titre de laquelle le signataire effectue et les enfants mineurs de 18 ans de testation d'accueil des seuls conjoint
la démarche pour le compte de cette l'étranger accueilli, à l'exclusion de et enfants mineurs de 18 ans de
personne morale (président d'associa- tout autre membre de la famille et a l'étranger accueilli, l'accueil de plu-
tion, directeur de société,...) ; fortiori d'amis ou de proches ; toute sieurs personnes par un même héber-
attestation d'accueil « collective », geant, nécessitant une demande de
– L'attestation d'accueil devant com-
hormis le cas précité, est à proscrire. validation d'attestation d'accueil par
porter l'indication des dates d'arrivée
personne accueillie comme indiqué
et de départ prévues, la pratique an- – Vous indiquerez aux maires l'obli-
précédemment, donne lieu au paie-
térieure ayant pu conduire à permet- gation qui leur est faite de vous adres-
ment d'autant de taxes de 15 euros
tre la production aux consulats pour ser un compte-rendu annuel non no-
que d'étrangers accueillis ; (cf. égale-
obtenir un visa ou aux autorités de minatif des attestations d'accueil dé-
ment infra paragraphe 8 relatif aux
contrôle aux frontières d'une attesta- livrées ou refusées ainsi que des véri-
dispositions transitoires).
tion d'accueil mentionnant une pé- fications sur place effectuées ; ces élé-
riode différente du séjour réel, voire ments statistiques vous permettront 3-4-1 La justification du domicile (arti-
expirée depuis plusieurs mois, ne sau- de renseigner annuellement le tableau cle 2-1 paragraphe 4 du décret du 27 mai
rait perdurer ; la période indiquée sur joint en annexe, que vous devrez me 1982).
l'attestation d'accueil devra donc dé- transmettre, s'agissant de l'année N,
Elle pourra être produite par un fais-
sormais strictement coïncider avec avant le 31 janvier de l'année N+I, à
ceau d'indices concordants conformé-
celle du séjour figurant sur le visa ; l'adresse électronique « ECT-Statis-
ment à l'article 102 du Code civil. Ce
les maires devront dans ces conditions tiques » figurant dans la messagerie
faisceau d'indices pourra être notam-
appeler l'attention du demandeur de « outlook » interne au ministère de
ment constitué des pièces suivantes :
l'attestation d'accueil sur la nécessité l'intérieur, ou par mail à
qui lui incombe de formuler cette « ECTStatistiques@[Link] ». – un titre de propriété ou un bail
demande suffisamment à l'avance, J'appelle tout particulièrement votre locatif ;
afin que l'attestation délivrée puisse attention sur la nécessité de commu- – une facture d'eau, d'électricité, de
parvenir à son destinataire dans un niquer, outre les données totales du gaz ou de téléphone ou une quit-
délai compatible avec celui requis département, celles relatives aux tance de loyer.
pour l'obtention du visa ; communes chefs-lieux du départe-
ment et de chaque arrondissement. Les demandes d'attestation d'accueil
– L'hébergeant n'est tenu de produire présentées par les sous-locataires dé-
Ces informations statistiques permet-
des pièces justificatives que s'agissant pourvus de bail locatif ou des occu-
tront d'alimenter le rapport annuel
de sa propre identité, de son logement pants sans titre sont irrecevables. En
du Gouvernement au Parlement
et de ses ressources (article 2-1 para- outre, le logement doit être à usage
prévu à l'article 1er de la loi du 26 no-
graphe 4 du décret du 27 mai 1982), principal d'habitation et ne saurait être
vembre 2003.
les renseignements fournis sur l'étran- un local à usage commercial ou indus-
ger accueilli relevant en revanche d'un – Chaque demande de validation d'at- triel. Le logement de fonction est assi-
régime déclaratif, sans qu'il soit besoin testation d'accueil donne désormais milable à un logement locatif.
de solliciter la production de pièces lieu à la perception d'une taxe d'un
justificatives. La vérification de l'iden- montant de 15 euros perçue au profit 3-4-2 La justification de l'identité de l'hé-
tité de l'hébergé et des justificatifs re- de l'Office des migrations internatio- bergeant (article 2-1 paragraphes 2 et 3
quis pour obtenir un visa et pour pé- nales, quelles que soient les suites du décret du 27 mai 1982).
Les visas – Annexe II – Les visas en droit français page 75
Le demandeur français prouvera son les, l'étranger qui se rend en France hospitaliers et dépenses d'aide sociale
identité soit par sa carte nationale pour un séjour de moins de trois mois précédemment décrites, la demande
d'identité, soit par son passeport, tel doit présenter l'attestation de prise en de validation de l'attestation d'accueil
étant également le cas des ressortis- charge par un opérateur d'assurance doit être accompagnée de l'engage-
sants des États de l'Union européenne agréé prévue au 2° de l'article 5 de ment de l'hébergeant à prendre en
dépourvus de titre de séjour ainsi que l'ordonnance du 2 novembre 1945 charge, pendant toute la durée de va-
l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée à l'occasion de la délivrance lidité du visa ou, s'il n'est pas soumis
l'autorise désormais dans son article du visa d'entrée en France par les à l'obligation de visa, pendant une
9-l. autorités diplomatiques ou consulai- durée de trois mois à compter de l'en-
res ainsi qu'à son arrivée sur le terri- trée de l'étranger sur le territoire des
Le demandeur étranger justifie son
toire français. États Parties à la Convention de
identité en présentant, selon sa situa- Schengen, et au cas où l'étranger ac-
tion au regard de son séjour en Cette obligation peut être satisfaite cueilli n'y pourvoirait pas, les frais de
France : par une assurance ayant la même por- séjour en France de celui-ci. Cet en-
– une carte de séjour temporaire ; tée souscrite au profit de l'étranger gagement doit couvrir un montant
par la personne physique ou morale correspondant au montant journalier
– une carte de résident ; qui se propose de l'héberger en du Smic, multiplié par le nombre de
– un certificat de résidence pour Al- France (article 5-3 de l'ordonnance jours de présence de l'étranger sur le
gériens. du 2 novembre 1945). territoire national.
– une carte de séjour de ressortis- L'article 3-2 du décret du 27 mai 1982 L'examen par le maire des documents
sant de la Communauté euro- modifié prévoit que les entreprises produits s'agissant des ressources du
péenne ou de l'Espace économique d'assurances, les mutuelles et les insti- demandeur (article 2-1 paragraphe 4
européen, si l'étranger en dispose ; tutions de prévoyance habilitées à du décret du 27 mai 1982) constitue
exercer en France une activité d'assu- donc un élément essentiel dans le ca-
– un récépissé de demande de re-
rance en application des législations et dre de la lutte contre l'immigration il-
nouvellement d'un de ses titres de
règlements nationaux et communau- légale, afin d'éviter que des personnes
séjours précités ;
taires ainsi que les organismes d'assu-
aux ressources manifestement insuffi-
– une carte diplomatique ou une rance ayant reçu les agréments des
carte spéciale délivrés par le minis- santes puissent se déclarer garantes de
autorités de leur État d'origine pour
tère des affaires étrangères. l'accueil d'une ou plusieurs personnes
l'exercice des opérations d'assurance
qui n'auraient très vraisemblablement
Il convient de souligner qu'aucune concernées sont considérés comme
d'autres moyens de subvenir à leurs
attestation d'accueil ne pourra être agréés pour l'application des disposi-
besoins que le travail clandestin et le
validée sur simple présentation d'une tions du 2° de l'article 5 de l'ordon-
maintien irrégulier sur le territoire au
autorisation provisoire de séjour, d'un nance susvisée du 2 novembre 1945.
delà de la durée de court séjour.
récépissé de première demande de Le contrat d'assurance souscrit par
titre de séjour ou d'un récépissé de l'étranger ou par l'hébergeant pour le
demande d'asile. compte de celui-ci doit couvrir, à hau- 4) Cas de refus de validation
Toute attestation d'accueil présentée teur d'un montant minimum, fixé à de l'attestation d'accueil
par un Français comporte l'indication 30 000 euros, l'ensemble des dépen- (article 5-3 de l'ordonnance
du lieu et de la date de délivrance du ses médicales et hospitalières, y com- du 2 novembre 1945)
document établissant son identité et pris d'aide sociale, susceptibles d'être
engagées pendant toute la durée du Les motifs de refus de validation sont
sa nationalité, et pour un étranger l'in- précisément indiqués dans l'ordon-
dication du lieu, de la date de déli- séjour en France.
nance du 2 novembre 1945. L'attes-
vrance et de la durée de validité du L'attestation d'assurance sera exigée tation d'accueil peut ainsi être refu-
titre de séjour de l'hébergeant. lors de la délivrance du visa et lors du sée pour les motifs suivants :
3-4-3 La justification de la part de contrôle à la frontière.
– l'hébergeant ne peut pas présen-
l'étranger hébergé de la souscription L'attestation d'assurance souscrite ter les pièces justificatives requises ;
auprès d'un opérateur d'assurance par l'hébergeant ou l'hébergé n'a
– il ressort, soit de la teneur de l'at-
agréé d'une assurance médicale cou- donc pas à être produite par le de-
testation et des pièces justificatives
vrant les éventuelles dépenses médica- mandeur de l'attestation d'accueil.
présentées, soit de la vérification ef-
les et hospitalières, y compris d'aide Les maires devront toutefois interro-
fectuée au domicile de l'héber-
sociale, résultant de soins qu'il pourrait ger le demandeur, pour remplir le for- geant, que l'étranger ne peut être
engager en France (articles 5 de l'ordon- mulaire, sur son intention de laisser accueilli dans des conditions nor-
nance du 2 novembre 1945 et 3-2 du l'hébergé souscrire lui-même à l'assu- males de logement ;
décret du 27 mai 1982). rance requise ou de s'acquitter de
cette obligation à son profit. – les mentions portées sur l'attes-
Le législateur a estimé nécessaire, tation sont inexactes ;
pour prévenir les abus, que les frais 3-4-4 La justification de l'engagement
médicaux et hospitaliers, y compris de l'hébergeant à prendre en charge les – les attestations antérieurement si-
d'aide sociale, éventuellement expo- frais de séjour de l'étranger au cas où gnées par l'hébergeant ont fait ap-
sés soient à la charge directe ou indi- celui-ci n'y pourvoirait pas (article 5-3 paraître, le cas échéant, après en-
recte du visiteur. de l'ordonnance du 2 novembre 1945). quête demandée par le maire aux
services de police ou aux unités de
C'est ainsi qu'il est prévu que, sous Indépendamment des attestations gendarmerie, un détournement de
réserve des conventions internationa- d'assurance pour soins médicaux et procédure.
page 76 Annexe II – Gisti
– au verso de ce même imprimé, des tion d'accueil et à retourner par le chaine publication de ces deux tex-
renseignements relatifs au domicile consulat à la mairie, les mairies de- tes au Journal officiel ne devront pas
principal ou secondaire, à l'enga- vront établir elles-mêmes ce coupon- dans ces conditions donner lieu au
gement et à l'information de l'hé- réponse, en n'omettant pas d'y repor- paiement de la taxe de 15 euros.
bergeant ainsi qu'à l'intention de ter le numéro de l'attestation d'accueil
celui-ci d'assurer ou non l'étranger figurant en haut et à droite du formu- * *
accueilli. laire, et le joindre à l'attestation d'ac-
8-2 L'information des maires cueil remise à l'hébergeant. *
par les autorités consulaires 8-3 Le paiement de la taxe Vous porterez sans délai le contenu
Ainsi qu'indiqué précédemment (cf. de 15 euros de la présente circulaire à la connais-
supra paragraphe 5 de la présente cir- Les conditions de perception de cette sance des maires. Il importe en effet
culaire), l'autorité consulaire est te- taxe ainsi que la création du timbre qu'ils soient destinataires le plus tôt
nue d'informer le maire des suites ré- fiscal correspondant doivent être possible des modalités détaillées d'ap-
servées à la demande de visa formulé prévues respectivement par un dé- plication du nouveau dispositif.
par l'étranger mentionné sur l'attes- cret modifiant le code général des im- Vous voudrez bien me tenir informé,
tation d'accueil. pôts et un arrêté du secrétaire d'État sous le timbre de la Direction des li-
Dans l'attente, comme indiqué au au budget et à la réforme budgétaire. bertés publiques et des affaires juri-
paragraphe 8-1 ci-dessus, de la livrai- Ces deux textes, préparés par le mi- diques – Sous-direction des étrangers
son des nouveaux formulaires d'attes- nistère de l'économie, des finances et de la circulation transfrontière –
tation d'accueil, qui comporteront un et de l'industrie, sont en cours de Bureau de la circulation transfrontière
coupon-réponse détachable (pièce contreseing. et des visas – des difficultés rencon-
jointe en annexe), comportant le Les demandes de validation d'accueil trées dans la mise en œuvre de la pré-
même numéro que celui de l'attesta- déposées préalablement à la pro- sente circulaire.
page 78 Annexe II – Gisti
Le Premier ministre, nistre d’État, ministre de l’intérieur et a) Cet enregistrement est nécessaire
Sur le rapport du ministre d’État, ministre de de l’aménagement du territoire, direc- pour la répression d’infractions pé-
l’intérieur et de l’aménagement du territoire, tion générale de la police nationale, nales et pour la prévention de me-
Vu la convention pour la protection des per- instance désignée en application de nace pour la sécurité publique, lors-
sonnes à l’égard du traitement automatisé des l’article 108 de cette convention. Le que des indices réels font présumer
données à caractère personnel, signée à Stras- fichier est SIS 11, rue des Saussaies, que la personne concernée envisage
bourg le 28 janvier 1981 et autorisée par la de commettre ou commet des faits
loi n° 82-890 du 10 octobre 1982 ;
75008 Paris.
punissables nombreux et extrême-
Vu l’accord signé à Schengen le 14 juin 1985 ment graves, ou lorsque l’apprécia-
entre les gouvernements des États de l’union Article 2 tion globale de l’individu, en parti-
économique Benelux, de la République fédé-
rale d’Allemagne et de la République fran- La finalité exclusive du système infor- culier sur la base des faits punissa-
çaise relatif à la suppression graduelle des matique national du système d’infor- bles commis jusqu’alors par l’inté-
contrôles aux frontières communes et sa con-
mation Schengen dénommé N-SIS est ressé, permet de supposer qu’il com-
vention d’application du 19 juin 1990, dont mettra également à l’avenir des faits
la ratification a été autorisée par la loi n° 91- la centralisation d’informations con-
punissables extrêmement graves ;
737 du 30 juillet 1991 ; cernant les personnes et objets recher-
Vu la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative chés par les autorités administratives b) Des indices concrets permettent
à l’informatique, aux fichiers et aux libertés ; et judiciaires des États parties à la de supposer que les informations
Vu la loi n° 92-1477 du 31 décembre 1992 convention d’application de l’accord visées au paragraphe 4 de l’article
relative aux produits soumis à certaines res- de Schengen, afin de permettre aux 99 de la convention d’application
trictions de circulation et à la complémenta- autorités désignées par ces États de de l’Accord de Schengen du 19 juin
rité entre les services de police, de gendarme- mettre en œuvre des conduites à te- 1990 sont nécessaires à la préven-
rie et de douane ; tion d’une menace grave émanant
nir relatives aux personnes et objets
Vu le décret n° 78-774 du 17 juillet 1978 pris recherchés. de l’intéressé ou d’autres menaces
pour l’application de la loi n° 78-17 du 6 jan- graves pour la sûreté intérieure et
vier 1978, modifié par les décrets n° 78-1223 extérieure de l’État.
du 28 décembre 1978, n° 79-421 du 30 mai Article 3
1979, n° 80-1030 du 18 décembre 1980 et III. Seules peuvent faire l’objet d’un
n° 91-336 du 4 avril 1991 ; I. Peuvent faire l’objet d’un traite- traitement automatisé dans le N-SIS
Vu le décret n° 95-315 du 23 mars 1995 por- ment automatisé dans le N-SIS les les données relatives aux objets
tant création et attributions du bureau natio- données nominatives relatives aux suivants :
nal chargé de la gestion opérationnelle de la personnes suivantes :
partie nationale du système d’information – les objets recherchés aux fins de
Schengen, dénommé Sirene ; – les personnes recherchées pour saisie ou de preuve dans le cadre
Vu l’avis de la Commission nationale de l’in- arrestation aux fins d’extradition ; d’une procédure pénale ;
formatique et des libertés en date du 25 avril
1995,
– les étrangers signalés aux fins de – les objets et documents volés, dé-
non admission à la suite d’une dé- tournés, ou égarés énumérés à l’ar-
cision administrative ou judiciaire ; ticle 100-3 de la convention d’ap-
Article 1 plication de l’Accord de Schengen
– les personnes disparues et les per-
Le système d’information Schengen sonnes qui, dans l’intérêt de leur du 19 juin 1990.
(SIS) a pour objet de concourir à la propre protection ou pour la pré-
préservation de l’ordre et de la sécu- vention de menaces, doivent être Article 4
rité publics, dans le contexte de la li- placées provisoirement en sécurité ;
bre circulation des personnes sur l’en- I. Pour les signalements relatifs aux
– les personnes recherchées par
semble du territoire des États parties l’autorité judiciaire dans le cadre personnes, les données nominatives
à la convention de Schengen du d’une procédure pénale ; enregistrées sont les suivantes :
19 juin 1990. – l’état civil (nom, prénoms et alias,
– les personnes recherchées par
Le système d’information Schengen l’autorité judiciaire pour la notifi- date et lieu de naissance), le sexe et
est composé d’une partie centrale dite cation ou l’exécution d’une déci- la nationalité ;
de support technique et d’une partie sion pénale. – les signes physiques particuliers,
nationale dans chaque État membre. objectifs et inaltérables, ainsi que
II. Peuvent faire l’objet d’un traite- l’indication que la personne est ar-
Le système informatique national du ment automatisé aux seules fins de mée ou violente ;
système d’information Schengen dé- surveillance discrète et de contrôle
nommé N-SIS, créé au titre de l’arti- spécifique, les données relatives aux – le motif du signalement ;
cle 92 de la convention du 19 juin personnes ou aux véhicules signalés – la conduite à tenir en cas de dé-
1990, est placé sous l’autorité du mi- pour les motifs suivants : couverte.
Les visas – Annexe II – Les visas en droit français page 79
II. Pour les signalements relatifs aux – les autorités judiciaires ; convention d’application de l’Ac-
objets, les données enregistrées sont cord de Schengen.
– les fonctionnaires de la police na-
les suivantes :
tionale et les militaires de la gendar-
– pour les armes à feu : le numéro merie nationale dûment habilités Article 6
d’arme, le type d’arme (marque, qui agissent dans le cadre de leur
modèle, calibre), le motif de la re- mission générale de police adminis- Le droit d’accès aux informations vi-
cherche, la conduite à tenir ; trative et de police judiciaire ; sées à l’article 4 s’exerce auprès de la
– pour les documents d’identité dé- Commission nationale de l’informa-
– les agents des préfectures et des tique et des libertés, conformément
livrés : le nom et le(s) prénom(s) du services de l’administration centrale
titulaire, ainsi que sa date de nais- aux articles 109 et 114 de la conven-
du ministère de l’intérieur et de
sance, le motif de la recherche, la tion et à l’article 39 de la loi du 6 jan-
l’aménagement du territoire com-
conduite à tenir ; vier 1978 susvisée sans préjudice des
pétents en matière d’entrée, de sé-
dispositions réglementaires relatives
– pour les billets de banque : le jour et d’éloignement des étrangers
motif de la recherche, la conduite aux données susceptibles d’être con-
et de recherche des personnes, ma-
à tenir ; jeures ou mineures, disparues, pour sultées directement par l’intéressé
les seules consultations de leurs at- exerçant ce droit.
– pour les documents d’identité
vierges, le motif de la recherche, la tributions ;
conduite à tenir ; – les agents des services du minis- Article 7
– pour les véhicules : le motif de la tère des affaires étrangères chargés Le droit d’opposition prévu au pre-
recherche, caractéristiques (couleur, de la délivrance des visas, des con- mier alinéa de l’article 26 de la loi du
catégorie, marque, nationalité, nu- sulats et sections consulaires d’am- 6 janvier 1978 susvisée ne s’applique
méros de série et d’immatriculation, bassades, pour les seuls renseigne- pas au présent traitement.
dangerosité), la conduite à tenir. ments concernant des étrangers si-
gnalés aux fins de non-admission
Sont également saisis et en cas de ré- Article 8
dans l’espace Schengen ;
ponse positive restitués, les éléments
de référence du dossier archivé rela- – les agents des douanes, pour les Le ministre d’État, ministre de l’inté-
tifs soit à l’objet lui-même, soit à la informations concernant les étran- rieur et de l’aménagement du terri-
nature, au procès-verbal et au lieu de gers non admissibles ; pour les toire, le ministre d’État, garde des
l’infraction concernés. autres catégories de signalement, sceaux, ministre de la justice, le mi-
à l’exception de ceux qui relèvent nistre d’État, ministre de la défense,
de l’article 98, les agents des doua- le ministre des affaires étrangères, le
Article 5
nes sont informés de l’existence ministre du budget et le ministre dé-
Peuvent seuls être destinataires de d’un signalement et doivent saisir légué aux affaires européennes sont
tout ou partie de ces informations l’officier de police judiciaire le plus chargés, chacun en ce qui le concerne,
dans le cadre de leurs compétences : proche ; de l’exécution du présent décret, qui
– les fonctionnaires et agents de – les autorités et services homolo- sera publié au Journal officiel de la
l’État du bureau Sirene français ; gués des autres États parties à la République française.
page 80 Annexe II – Gisti
Décret pris pour l’application de l’article 8-4 l’ordonnance du 2 novembre 1945 et les consulats des États, membres
de l’ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre susvisée, relevant du ministère de l’in- de l’Union européenne présents dans
1945 [articles L 611-6 et 7 du Ceseda] rela-
tive aux conditions d’entrée et de séjour des térieur. les pays mentionnés à l’annexe 2, à la
étrangers en France et portant création à ti- condition que la collecte desdites
La finalité de ce traitement est de
tre expérimental d’un traitement automatisé données présente un niveau de pro-
des données à caractère personnel relatives mieux garantir le droit au séjour des tection et des garanties équivalents à
aux ressortissants étrangers sollicitant la dé- personnes en situation régulière et de ceux du droit interne.
livrance d’un visa. lutter contre l’entrée et le séjour irré-
Le Premier ministre, guliers des étrangers en France, en
Sur le rapport du ministre de l’intérieur, de la prévenant les fraudes documentaires Article 3
sécurité intérieure et des libertés locales et du et les usurpations d’identité et en
ministre des affaires étrangères,
La durée de conservation des données
améliorant la vérification de l’authen-
à caractère personnel mentionnées à
Vu le traité instituant la Communauté euro- ticité des visas ainsi que de l’identité
péenne, notamment son article 62, ensemble
l’article 2 est de deux ans à compter
des étrangers lors des contrôles aux
la convention du 19 juin 1990 d’application de leur inscription pour les demandes
frontières extérieures des États par-
de l’accord signé à Schengen le 14 juin 1985 de visas uniformes de court séjour, et
entre les Gouvernements des États de l’Union ties à la convention signée à Schengen de cinq ans à compter de leur inscrip-
économique Benelux, de la République fédé- le 19 juin 1990, aux points de contrôle tion pour les demandes de visas de
rale d’Allemagne et de la République fran- français mentionnés à l’annexe I au
çaise relatif à la suppression graduelle des long séjour et les refus de visas sous
présent décret et en facilitant, sur le réserve de l’engagement de la procé-
contrôles aux frontières communes dont la
ratfication a été autorisée par la loi n° 91-737 territoire national, les vérifications dure de création du traitement auto-
du 30 juillet 1991, notamment le chapitre 3 d’identité opérées, en application de matisé prévu à l’article 8-4 de l’ordon-
de son titre IV ; l’article 78-3 du code de procédure nance du 2 novembre 1945 susvisée.
Vu la convention n° 108 du 28 janvier 1981 pénale, par les services de police men-
du Conseil de l’Europe sur la protection des tionnés à l’annexe 5.
personnes à l’égard du traitement automatisé Article 4
des données à caractère personnel approuvée
par la loi n° 82-890 du 19 octobre 1982 en- Article 2 Les destinataires des données à carac-
trée en vigueur le 1er octobre 1985 ; tère personnel enregistrées dans le
Vu le règlement (CE) n° 1683/95 du Conseil Les données à caractère personnel traitement automatisé prévu à l’arti-
du 29 mai 1995 établissant un modèle type enregistrées dans le traitement auto- cle 1er sont :
de visa, modifié par le règlement (CE) n° 334/ matisé prévu à l’article 1er sont :
2002 du Conseil du 18 février 2002 ; 1° Les agents des chancelleries con-
Vu la directive 95/46/CE du Parlement euro-
a) Les images numérisées de la pho- sulaires et des consulats français men-
péen et du Conseil du 24 octobre 1995 rela- tographie et des empreintes digitales tionnés à l’annexe 2, individuellement
tive à la protection des personnes physiques à des dix doigts des demandeurs de vi- désignés et spécialement habilités par
l’égard du traitement des données à caractère sas, collectées par les chancelleries
personnel et de la libre circulation de ces don- le chef de poste diplomatique ou con-
consulaires et les consulats mention- sulaire ;
nées ;
nés à l’annexe 2 au présent décret ;
Vu l’ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 2° Les agents du ministère de l’inté-
1945 modifiée relative aux conditions d’en- b) Les données à caractère personnel rieur, individuellement désignés et
trée et de séjour des étrangers en France, no- énumérées à l’annexe 3 au présent
tamment son article 8-4 ; spécialement habilités par le directeur
décret et communiquées automati- central de la police aux frontières ;
Vu la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modi- quement par le traitement automatisé
fiée en dernier lieu par la loi n° 2004-801 du 3° Les officiers de police judiciaire des
de données à caractère personnel dé-
6 août 2004 relative à l’informatique, aux fi-
chiers et aux libertés, notamment ses articles nommé Réseau mondial visas 2, dans services de la police nationale men-
6, 27 et 38 à 40 ; les conditions prévues par l’article 5 tionnés à l’annexe 5, individuellement
Vu l’avis de la Commission nationale de l’in- de l’arrêté du 22 août 2001 modifié désignés et spécialement habilités par
formatique et des libertés en date du 5 octo- portant création d’un traitement le préfet de police ou le commissaire
bre 2004 ; automatisé d’informations nominati- central concerné, pour des missions
Le Conseil d’État (section de l’intérieur) en- ves relatif à la délivrance des visas de vérification d’identité prévues par
tendu, dans les postes consulaires. les articles 78-2 et 78-3 du code de
procédure pénale.
Article 1 Article 2 bis
Article 5
Est autorisée la création, à titre expé- Les données à caractère personnel
rimental, d’un traitement automatisé mentionnées au paragraphe a de l’ar- Le droit d’accès et de rectification
de données à caractère personnel pris ticle 2 peuvent également être collec- prévu par les articles 39 et 40 de la loi
pour l’application de l’article 8-4 de tées par les chancelleries consulaires du 6 janvier 1978 susvisée s’exerce
Les visas – Annexe II – Les visas en droit français page 81
auprès du ministère des affaires étran- associé à la vignette visa prévue par le cellerie consulaire ou au consulat
gères (direction des Français à l’étran- règlement (CE) n° 1683/95 du Con- ayant délivré le visa.
ger et des étrangers en France), du seil du 29 mai 1995 susvisé, et délivré
ministère de l’intérieur (direction cen- aux ressortissants étrangers sollicitant
Article 8
trale de la police aux frontières) ainsi un visa afin de séjourner en France ou
que de la chancellerie consulaire ou sur le territoire d’un autre État partie Les dispositions du présent décret
du consulat où la demande de visa a à la Convention signée à Schengen le sont applicables aux demandes de vi-
été déposée. 19 juin 1990 par les chancelleries con- sas déposées dans les chancelleries
sulaires et les consulats mentionnés à consulaires et les consulats mention-
l’annexe 2 au présent décret. nés à l’annexe 2 à compter de la pu-
Article 6
Dans le cas où le composant électro- blication au Journal officiel du pré-
Le droit d’opposition prévu à l’arti- sent décret.
nique mentionné à l’alinéa précédent
cle 38 de la loi du 6 janvier 1978 sus-
est une puce sans contact, celle-ci La présente expérimentation est auto-
visée ne s’applique pas au présent trai-
devra comporter des sécurités suffi- risée pour une durée de trois ans à
tement.
santes pour prémunir le titulaire du compter de la publication du présent
visa contre les risques d’intrusion et décret. Il est procédé à son évaluation.
Article 7 de détournement.
Afin de faciliter l’authentification du Lors de la délivrance du visa, les chan- Article 9
détenteur de visa aux postes frontiè- celleries consulaires et les consulats
res, un composant électronique con- remettent au titulaire du visa une co- Le ministre de l’intérieur, de la sécu-
tenant les données à caractère person- pie sur papier des données nominati- rité intérieure et des libertés locales
nel mentionnées à l’annexe IV au pré- ves enregistrées dans le composant et le ministre des affaires étrangères
sent décret, ainsi que les images nu- électronique. Le titulaire du visa sont chargés, chacun en ce qui le con-
mérisées de deux empreintes digita- exerce son droit de rectification pour cerne, de l’exécution du présent dé-
les et de la photographie du titulaire les données à caractère personnel con- cret, qui sera publié au Journal offi-
du visa, peut, à titre expérimental, être tenues dans ce composant à la chan- ciel de la République française.
Annexe 1. Liste des points de con- - service départemental de la police - Bombay (République de l’Inde) ;
trôle français aux frontières exté- aux frontières de La Rochelle ;
- Brazzaville (République du
rieures des États parties à la con- - poste de Waterloo-Station. Congo) ;
vention signée à Schengen le
19 juin 1990 où peuvent être utili- - Bujumbura (République du
sées à titre expérimental les don- Annexe 2. Liste des chancelleries Burundi) ;
nées à caractère personnel du trai- et des consulats français où peu- - Casablanca (Royaume du Maroc) ;
tement automatisé prévu à l’article vent être collectées les données à
1er du présent décret. caractère personnel transmise au - Chisinau (République de
traitement automatisé prévu à l’ar- Moldavie) ;
- aéroport de Roissy ;
ticle 1er du présent décret. - Cotonou (République du Bénin) ;
- aéroport d’Orly ;
- Annaba (République algérienne - Dakar (République du Sénégal) ;
- aéroport de Genève ; démocratique et populaire) ;
- Damas (République arabe
- postes aux frontières terrestres - Bamako (République du Mali) ; syrienne) ;
entre la France et la Suisse ;
- Genève (Confédération suisse) ; - Douala (République du
- aéroport de Lyon - Saint-Exupéry ; Cameroun) ;
- Colombo (République
- aéroport de Marseille-Provence ; démocratique socialiste de Sri - Fès (Royaume du Maroc) ;
- port de Marseille-Joliette ; Lanka) ;
- Islamabad (République islamique
- aéroport de Bâle-Mulhouse ; - Minsk (République de Belarus) ; du Pakistan) ;
- aéroport de Bordeaux-Mérignac ; - San Francisco (États-Unis - Istanbul (République de Turquie) ;
d’Amérique) ;
- aéroport de Lille-Lesquin ; - Kigali (République rwandaise) ;
- Shanghai (République populaire de
- aéroport de Nantes-Atlantique ; Chine) ; - Kinshasa (République du Congo) ;
- aéroport de Nice-Côte d’Azur ; - Lagos (République fédérale du
- Agadir (Royaume du Maroc) ;
- aéroport de Strasbourg-Entzheim ; Nigeria) ;
- Alger (République algérienne
- aéroport de Toulouse-Blagnac ; démocratique et populaire) ; - Le Caire (République arabe
d’Égypte) ;
- gare maritime de Sète ; - Amman (Royaume hachémite de
Jordanie) ; - Lomé (République togolaise) ;
- service de la police aux frontières
et port d’Ajaccio ; - Ankara (République de Turquie) ; - Marrakech (Royaume du Maroc) ;
page 82 Annexe II – Gisti
- Moroni (République fédérale - date et lieu de délivrance du visa ; - les nom, prénom(s), date de nais-
islamique des Comores) ; - type de visa : A (transit aéropor- sance, sexe et nationalité du béné-
tuaire), B (transit), C (court séjour) ficiaire du visa ;
- Niamey (République du Niger) ;
ou D (long séjour) ; - le numéro de la vignette utilisée ;
- Nouakchott (République islamique
de Mauritanie) ; - validité territoriale du visa : - la validité territoriale du visa déli-
Schengen ou France ; vré : Schengen ou France ;
- Ouagadougou (Burkina Faso) ;
- date de début de validité du visa : - la date de début de validité du
- Rabat (Royaume du Maroc) ; date prévue du premier passage visa : date prévue du premier pas-
- Saint-Louis (République du (transit aéroportuaire), du premier sage (transit aéroportuaire), du pre-
Sénégal) ; transit ou de la première entrée mier transit ou de la première en-
(court séjour ou long séjour) ; trée (court séjour ou long séjour) ;
- Tanger (Royaume du Maroc) ;
- date de fin de validité du visa : - la date de fin de validité du visa :
- Tbilissi (République de Géorgie) ; date prévue du dernier passage date prévue du dernier passage
- Tripoli (Grande Jamahiriya arabe (transit aéroportuaire), du dernier (transit aéroportuaire), du dernier
libyenne populaire et socialiste) ; retour (transit ou court séjour) ou retour (transit ou court séjour) ou
de fin du séjour (court séjour ou de fin du séjour (court séjour ou
- Tunis (République tunisienne) ; long séjour) ;
long séjour) ;
- Washington (États-Unis - durée de séjour accordée : durée
d’Amérique) ; - la durée de séjour accordée : du-
maximale d’un transit ou durée to-
rée maximale d’un transit ou durée
- Yaoundé (République du tale de séjour (court séjour) ;
totale de séjour (court séjour) ;
Cameroun). - durée de validité du visa dans le
- le nombre de passages (transit aé-
cas particulier d’un visa de circula-
tion valable de 1 à 5 ans ; roportuaire) ou d’entrées accordé
Annexe 3. Liste des données à ca- (transit ou court séjour) ;
ractère personnel communiquées - nombre de passages (transit aéro-
automatiquement par le traite- portuaire) ou d’entrées accordé - le numéro perforé ou imprimé sur
ment automatisé de données à ca- (transit ou court séjour) ; le document de voyage ;
ractère personnel dénommé ré- - la date et le lieu de délivrance du
- motif du séjour ;
seau mondial visas 2 (RMV 2), en- visa ;
registrées dans le traitement auto- - date de l’annulation du visa.
matisé prévu à l’artice 1er du pré- - la durée de validité du visa dans
sent décret le cas particulier d’un visa de cir-
Annexe 4. Liste des données à ca- culation valable de 1 à 5 ans.
Identité du demandeur de visa : nom, ractère personnel pouvant être ins-
nom marital, alias ou surnom, crites dans le composant électro-
prénom(s), date et lieu de naissance, Annexe 5. Liste des services de la
nique mentionné au premier alinéa
sexe, nationalité, nationalité d’origine police nationale dont les officiers
de l’article 7 du présent décret
et profession. de police judiciaire individuelle-
Les données à caractère personnel qui ment désignés et spécialement
Titre de voyage : type de document peuvent être inscrites dans le compo- habilités peuvent consulter les
de voyage, État ou organisme émet- sant électronique sont celles impri- données à caractère personnel
teur du document de voyage, numéro mées sur la vignette visa, conformé- enregistrées dans le traitement
perforé ou imprimé sur le document ment aux annexes 10 et 13 des ins- automatisé prévu à l’article 1er.
de voyage. tructions consulaires communes
adressées aux représentations diplo- Circonscriptions de sécurité publique
Décision prise par la chancellerie con- matiques et consulaires de carrière, dépendant de l’autorité :
sulaire ou le consulat de France qui a prises en application de la convention - du préfet de police ;
instruit la demande de visa (accord signée à Schengen le 19 juin 1990.
ou refus du visa). - du commissaire central de Lille ;
Ces données sont : - du commissaire central de Lyon ;
En cas d’accord, caractéristiques du
visa délivré : - le type de visa ; - du commissaire central de Mar-
- numéro du visa ; - l’État émetteur du visa ; seille.
Les visas – Annexe II – Les visas en droit français page 83
Le Premier ministre, tre les détournements de procédure – éventuels liens de parenté avec le
Sur le rapport du ministre d'État, ministre de favorisant l'immigration irrégulière. demandeur ;
l'intérieur et de l'aménagement du territoire,
– avis de l'Agence nationale de l'ac-
Vu la convention n° 108 du 28 janvier 1981 Article 2 cueil des étrangers et des migrations
du Conseil de l'Europe pour la protection des ou des services de la commune char-
personnes à l'égard du traitement automatisé Les catégories de données enregis-
des données à caractère personnel, approuvée
gés des affaires sociales ou du loge-
trées sont les suivantes : ment, relatif aux conditions d'hé-
par la loi n° 82-890 du 19 octobre 1982 en-
trée en vigueur le 1er octobre 1985 ; 1° Données relatives à l'hébergeant : bergement, à la demande du maire ;
Vu la convention du 19 juin 1990 d'applica-
– identité (nom, prénoms et sexe) – suites données par l'autorité con-
tion de l'accord signé à Schengen le 14 juin sulaire à la demande de visa formu-
1985 entre les gouvernements des États de et, s'il agit comme représentant
d'une personne morale, sa qualité ; lée sur la base de l'attestation d'ac-
l'Union économique Benelux, de la Républi-
que fédérale d'Allemagne et de la Républi-
cueil validée ;
que française relatif à la suppression graduelle
– date et lieu de naissance ;
3° Données relatives au logement :
des contrôles aux frontières communes, dont – nationalité ;
la ratification a été autorisée par la loi n° 91- – caractéristiques du logement (sur-
737 du 30 juillet 1991 ; – type et numéro de document face habitable, nombre de pièces
Vu la directive 95/46/CE du Parlement euro- d'identité, ainsi que sa date et son habitables et nombre d'occu-
péen et du Conseil du 24 octobre 1995 rela- lieu de délivrance si l'attestation pants) ;
tive à la protection des personnes physiques à d'accueil est signée par un ressor-
l'égard du traitement des données à caractère tissant français ; – droits de l'hébergeant sur le lo-
personnel et à la libre circulation de ces don- gement (propriétaire, locataire ou
nées ; – type et numéro de titre de séjour, occupant).
Vu le code de l'entrée et du séjour des étran- ainsi que sa date, son lieu de déli-
gers et du droit d'asile, notamment ses arti- vrance et sa durée de validité si l'at-
cles L 111-2, L 211-7 et L 211-9 ; testation d'accueil est signée par un Article 3
Vu la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative ressortissant étranger ; La durée de conservation des données
à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, contenues dans le traitement men-
modifiée, en dernier lieu, par la loi n° 2004-
– adresse ;
tionné à l'article 1er est de cinq ans à
801 du 6 août 2004, notamment son article – données relatives à la situation fi-
26 ; compter de la date de validation ou
nancière, nécessaires pour appré- du refus de validation par le maire de
Vu le décret n° 82-442 du 27 mai 1982 modi- cier la capacité de prise en charge
fié pris pour l'application des articles 5, 5-1
l'attestation d'accueil
des frais de séjour et d'hébergement
et 5-3 de l'ordonnance n° 45-2658 du 2 no-
vembre 1945 modifiée relative aux conditions de l'étranger ;
d'entrée et de séjour des étrangers en France, Article 4
– données relatives aux attestations
en ce qui concerne l'admission sur le terri- Sont destinataires des données enre-
d'accueil antérieurement signées
toire français, notamment son article 2-1 ;
par l'hébergeant, s'il y a lieu (nom- gistrées :
Vu l'avis de la Commission nationale de l'in- bre, dates, identité de l'étranger) ;
formatique et des libertés en date du 30 mars a) Le maire de la commune du lieu
2005 ; 2° Données relatives à la personne d'hébergement ou, à Paris, Lyon et
Le Conseil d'État (section de l'intérieur) en- hébergée : Marseille, le maire d'arrondissement,
tendu, ainsi que les personnels de la mairie
– identité (nom, prénoms et sexe) ;
Décrète : individuellement habilités ayant
– date et lieu de naissance ; compétence pour instruire les de-
– nationalité ; mandes de validation des attestations
Article 1 d'accueil ;
En application de l'article L 211-7 du – numéro de passeport ;
b) Le représentant de l'État dans le
code de l'entrée et du séjour des étran- – adresse ; département et à Paris, le préfet de
gers et du droit d'asile, le maire de la – identité et date de naissance du police, ainsi que les personnels de la
commune du lieu d'hébergement ou, conjoint s'il est accompagné par préfecture individuellement habilités,
à Paris, Lyon et Marseille, le maire celui-ci ; ayant compétence pour instruire les
d'arrondissement peut, en qualité recours relatifs aux attestations d'ac-
d'agent de l'État, mettre place un trai- – identité et date de naissance des cueil et pour l'exercice du pouvoir
tement automatisé de données à ca- enfants mineurs, le cas échéant ; hiérarchique du préfet en tant que ce
ractère personnel relatif aux deman- – données relatives au séjour (du- pouvoir implique l'accès aux mêmes
des de validation des attestations d'ac- rée ainsi que dates d'arrivée et de informations que celles détenues par
cueil, dont la finalité est de lutter con- départ) ; les maires.
page 84 Annexe II – Gisti
Article 5 visée ne s'applique pas au traitement cle 26 de la loi du 6 janvier 1978 sus-
mentionné à l'article 1er. visée, d'une déclaration faisant réfé-
Le droit d'accès s'exerce conformé- rence au présent décret et précisant
ment à l'article 39 de la loi du 6 jan- le lieu exact d'implantation du traite-
vier 1978 susvisée auprès de la mairie Article 7
ment automatisé, les modalités d'exer-
du lieu d'hébergement ou, à Paris, Les données enregistrées dans le trai- cice du droit d'accès ainsi que l'enga-
Lyon et Marseille, de la mairie d'ar- tement mentionné à l'article 1er ne gement spécifique du maire qu'ont
rondissement. peuvent faire l'objet d'interconnexion, été mises en oeuvre des mesures de
mise en relation ou rapprochement sécurité et de confidentialité des don-
Le maire met à jour les données enre-
avec tout autre traitement automatisé nées et des modalités d'habilitation
gistrées dans le traitement mentionné
de données à caractère personnel. individuelle des personnels commu-
à l'article 1er, conformément aux dis-
naux ayant accès au fichier.
positions de l'article 40 de la loi du
6 janvier 1978 susvisée. Les données Article 8
à caractère personnel relatives à l'hé- Article 9
La mise en oeuvre du traitement men-
bergeant sont effacées lorsque la per- tionné à l'article 1er par le maire de la Le ministre d'État, ministre de l'inté-
sonne décède ou déménage. commune du lieu d'hébergement ou, rieur et de l'aménagement du terri-
à Paris, Lyon et Marseille, par le maire toire, et le ministre de l'outre-mer
d'arrondissement est subordonnée à sont chargés, chacun en ce qui le con-
Article 6
l'envoi préalable à la Commission cerne, de l'exécution du présent dé-
Le droit d'opposition prévu à l'arti- nationale de l'informatique et des li- cret, qui sera publié au Journal offi-
cle 38 de la loi du 6 janvier 1978 sus- bertés, en application du IV de l'arti- ciel de la République française.
Les visas – Annexe II – Les visas en droit français page 85
Référence : – Loi n° 2003-1119 du 26 novem- Le dispositif détaillé sur la mise en enregistrées dans ce traitement
bre 2003 relative à la maîtrise de l’immigra- oeuvre de ces dispositions vous a été automatisé. Elles ont trait à l’héber-
tion, au séjour des étrangers en France et à la
nationalité. décrit par la circulaire du 23 novem- geant, à l’étranger accueilli et au lo-
bre 2004 relative au décret du 27 mai gement.
– Décret n° 2005-937 du 2 août 2005.
1982 pris pour l’application des arti-
– Ma circulaire NOR/INT/D/04/00135/C du 1° Ces informations sont pour l’hé-
23 novembre 2004. cles 5, 5-1 et 5-3 de l’ordonnance du bergeant : l’identité (nom, prénoms et
2 novembre 1945, dans sa nouvelle sexe) et, s’il agit comme représentant
Résumé : La présente circulaire a pour but
d’expliciter le dispositif permettant aux mai- rédaction issue du décret du 17 no- d’une personne morale, sa qualité ; la
res, en application de l’article L 211-7 du code vembre 2004. date et le lieu de naissance ; la natio-
de l’entrée et du séjour des étrangers et du
droit d’asile, d’instaurer dans leur commune Par rapport au dispositif antérieur, le nalité ; le type et numéro de docu-
un traitement automatisé des données à ca- législateur a prévu notamment la pos- ment d’identité, ainsi que sa date et
ractère personnel relatif aux demandes de sibilité pour les maires de recourir à son lieu de délivrance si l’attestation
validation des attestations d’accueil. d’accueil est souscrite par un Fran-
un traitement automatisé des deman-
J’appelle votre attention sur la publi- des de validation des attestations d’ac- çais ; le type et numéro de titre de
cation au Journal officiel de la Répu- cueil qui lui sont soumises. séjour, ainsi que le lieu, la date de
blique française du 6 août 2005 du délivrance et la durée de validité du
C’est ainsi que les maires, dont le rôle titre de séjour si l’attestation d’accueil
décret du 2 août 2005 pris pour l’ap-
est de lutter contre les détournements est souscrite par un ressortissant
plication de l’article L 211-7 du code
de procédure, ont désormais la pos- étranger ; l’adresse complète ; les
de l’entrée et du séjour des étrangers
sibilité de mémoriser et de traiter de données relatives à la situation finan-
et du droit d’asile et portant sur le
manière automatisée les demandes de cière nécessaires pour apprécier la ca-
traitement automatisé des données à
validation des attestations d’accueil. pacité de prise en charge des frais de
caractère personnel relatif aux de-
mandes de validation des attestations La mise en oeuvre d’un tel dispositif séjour et d’hébergement de l’étran-
d’accueil. La présente circulaire a est laissée à l’appréciation du maire, ger ; le nombre d’attestations d’ac-
pour but d’en expliciter le dispositif. eu égard notamment au nombre des cueil, ainsi que leurs dates, déjà si-
demandes enregistrées. Dans l’hypo- gnées par l’hébergeant, qu’elles aient
thèse où le maire déciderait d’en do- été ou non validées et qu’elles con-
1) Présentation du dispositif ter ses services, il conviendrait, d’une cernent ou non le ou les mêmes étran-
part que le traitement réponde aux gers accueillies.
Le dispositif instauré par le législateur
à l’article 7 de la loi 2003-1119 du conditions ci-après prescrites par le 2° Les catégories d’informations no-
26 novembre 2003 relative à la maî- décret du 2 août 2005, et d’autre part minatives relatives à l’étranger ac-
trise de l’immigration, au séjour des que le financement du dispositif soit cueilli sont : l’identité (nom, prénoms
étrangers en France et à la nationalité pris en charge sur le budget de la et sexe) ; la date et le lieu de nais-
vise à remédier aux dérives constatées commune. sance ; la nationalité ; le numéro de
dans la mise en oeuvre des mécanis- passeport ; l’adresse ; l’identité, la
mes issus de la loi du 11 mai 1998 en date de naissance de son conjoint s’il
ce qui concerne la validation des at-
2) Contenu du décret
est accompagné par celui-ci ; l’iden-
testations d’accueil exigées pour les L’article 1er du projet de décret prévoit tité, la date de naissance de ses en-
étrangers qui se rendent en France qu’en application de l’article 211-7 du fants mineurs de 18 ans, le cas
dans le cadre d’un court séjour à ca- code précité, le maire de la commune échéant ; la durée du séjour, exprimée
ractère familial ou privé d’une durée du lieu d’hébergement de l’étranger en nombre de jours, ainsi que le jour
inférieure ou égale à trois mois. Il ren- ou, à Paris, Lyon et Marseille, le maire d’arrivée et le jour de départ ; les
force ainsi les conditions de valida- d’arrondissement, agissant en qualité éventuels liens de parenté avec le de-
tion de l’attestation d’accueil en con- d’agent de l’État, peut mettre en place mandeur ; les suites données par
férant au maire un rôle important en un traitement automatisé de données l’autorité consulaire à la demande de
ce domaine. Agissant en tant qu’agent à caractère personnel relatives aux de- visa formulée sur la base de l’attesta-
de l’État, le maire dispose désormais mandes de validation des attestations tion d’accueil validée peuvent égale-
de réels moyens pour s’opposer à la d’accueil, pour lutter contre les détour- ment être mémorisées.
validation des attestations d’accueil nements de procédure et l’immigration
dans les conditions précisément défi- 3° Enfin des informations relatives au
irrégulière.
nies par le texte, ses décisions pou- logement peuvent également être
vant être contestées par recours hié- L’article 2 fixe les catégories d’infor- mémorisées et faire l’objet d’un trai-
rarchique auprès du préfet. mations nominatives qui peuvent être tement automatisé. Il peut en être
page 86 Annexe II – Gisti
ainsi de l’avis de l’Agence nationale de destinataire des informations ainsi enregistrées dans le traitement, ce qui
de l’accueil des étrangers et des mi- conférée aux personnels habilités de peut se traduire, par exemple, par la
grations (Anaem) ou des services de la préfecture leur permettrait de con- remise d’une copie d’écran. Les mai-
la commune chargés des affaires so- sulter les données enregistrées par les res devront également répondre à
ciales ou du logement, relatif aux mairies du département à l’aide d’un toute demande de rectification de
conditions d’hébergement, si le maire terminal d’accès installé à la préfec- données dont le caractère erroné ou
a sollicité une telle visite domici- ture, dans l’hypothèse où vous déci- obsolète serait avéré.
liaire ; des caractéristiques du loge- deriez, dans le cadre de votre pou-
Le maire devra par ailleurs remettre
ment (surface habitable, nombre de voir hiérarchique sur les maires agis-
à chaque demandeur d’attestation
pièces habitables et nombre d’occu- sant en la matière en qualité d’agent
d’accueil une notice d’information
pants) ; des droits de l’hébergeant sur de l’État et pour permettre à vos ser-
indiquant l’identité du responsable
le logement (propriétaire, locataire vices d’instruire plus rapidement les
du traitement, à savoir le maire lui-
ou occupant). recours hiérarchiques portés devant
même ou la personne désignée par lui
Si ces catégories d’informations no- vous, d’installer, en liaison avec les
en cette qualité, la finalité poursuivie
minatives pouvant être collectées maires concernés, un tel dispositif
par le traitement, en l’occurrence la
dans le traitement ont été déterminées reliant tout ou partie des communes
lutte contre les détournements de
comme celles pouvant être utiles au de votre département.
procédure favorisant l’immigration
maire et à ses services pour faciliter J’appelle cependant tout particulière- irrégulière, le caractère obligatoire
au mieux la gestion des dossiers de ment votre attention sur le fait que, des réponses de l’intéressé et le rap-
demandes de validation des attesta- dans cette éventualité, qui ne devrait pel à ce dernier de l’existence de ses
tions d’accueil et pour détecter dans la pratique concerner que les droits d’accès, de rectification et d’ef-
d’éventuels détournements de procé- communes de votre département facement, dans ce dernier cas à l’is-
dure, notamment par le recoupement dans lesquelles le nombre de deman- sue d’une période de 5 ans, à charge
de renseignements (le logiciel peut des d’attestation d’accueil le justifie- pour le demandeur de transmettre ces
ainsi prévoir des requêtes à partir de rait, vous ne pourriez procéder à informations à l’étranger qu’il se pro-
tel ou tel élément d’identification), il aucune interconnexion des fichiers pose d’héberger.
est à noter que le maire n’est pas tenu, communaux auxquels vos services
pour des considérations laissées à son Vous appellerez tout particulièrement
auraient accès, le décret n’ayant pas
appréciation, de collecter l’intégralité l’attention des maires sur la nécessité
prévu cette possibilité.
des données nominatives prévues par d’effacer l’intégralité des données re-
le décret. La seule obligation lui in- En d’autres termes, la création de tout latives à l’hébergeant, à l’étranger (ou
combant en la matière est de ne col- fichier départemental ou supra-com- aux étrangers) hébergé(s) et au loge-
lecter aucune information nominative munal est à proscrire. ment, dès lors que l’hébergeant est
en sus de celles limitativement énu- décédé ou a déménagé dans une autre
Dans une telle hypothèse d’accès commune. Il convient en effet de pro-
mérées. automatisé aux fichiers développés céder à une application extensive de
L’article 3 fixe à 5 ans la durée de con- par les maires de votre département la dernière phrase de l’article 5 en ne
servation des informations nominati- par le service des étrangers de votre limitant pas l’obligation d’effacement
ves contenues dans les fichiers à préfecture, le coût de ce dispositif ne des données en cas de décès ou de
compter de la date de validation ou saurait être supporté par les commu- déménagement de l’hébergeant aux
de refus de validation par le maire de nes, mais devrait être imputé sur le seules données relatives à l’héber-
l’attestation d’accueil. budget globalisé de la préfecture. En geant lui-même au sens de l’article 2
l’absence de ce type de dispositif, la du décret.
L’article 4 a trait aux destinataires des qualité de destinataire des informa-
informations nominatives enregis- tions conférée aux personnels de la L’article 6 est relatif au droit d’oppo-
trées, qui sont d’une part le maire de préfecture que vous aurez individuel- sition, prévu à l’article 38 de la loi du
la commune du lieu d’hébergement lement habilités à cet effet constitue 6 janvier 1978 qui ne s’applique pas
ou, à Paris, Lyon et Marseille, le maire le fondement juridique leur permet- au présent traitement automatisé.
d’arrondissement et, d’autre part, le tant de demander aux maires de leur Cette disposition a pour conséquence
représentant de l’État dans le dépar- communiquer, par tous moyens, les que le demandeur d’attestation d’ac-
tement et à Paris, le préfet de police, informations nominatives contenues cueil ne peut s’opposer à ce que les
ou les personnels placés sous leur données le concernant, relatives à son
dans les fichiers, sans qu’ils aient be-
autorité respective individuellement logement et à l’étranger qu’il se pro-
soin de motiver cette demande de
habilités. Ainsi, le maire doit-il, par pose d’accueillir, telles que prévues
communication.
une décision individuelle de sa part par le décret, soient collectées dans
ou d’un de ses adjoints ayant reçu L’article 5 concerne le droit d’accès l’application informatique si la mai-
délégation à cet effet, habiliter cha- et, le cas échéant, de mise à jour, prévu rie en dispose, tout refus de sa part
que agent appeler à accéder aux don- aux articles 39 et 40 de la loi n° 78-17 en ce sens aboutissant dans ces con-
nées dans le cadre de ses missions re- du 6 janvier 1978, qui s’exerce auprès ditions à la non prise en compte de sa
latives à l’instruction des dossiers de de la mairie du lieu d’hébergement demande de validation de l’attestation
demande de validation d’attestation ou, à Paris, Lyon et Marseille, de la d’accueil.
d’accueil. Tel est également l’obliga- mairie d’arrondissement. En d’autres
tion qui vous incombe s’agissant de termes, l’hébergeant ou l’étranger, sur L’article 7 a pour objet de préciser
l’accès aux données nominatives par simple demande écrite, doivent pou- que les fichiers constituant le traite-
les fonctionnaires du service des voir accéder à l’intégralité des infor- ment automatisé d’informations no-
étrangers de la préfecture. La qualité mations nominatives les concernant minatives ne peuvent faire l’objet
Les visas – Annexe II – Les visas en droit français page 87
d’aucun rapprochement ni d’aucune dalités d’exercice du droit d’accès, posée et non la préfecture comme cela
interconnexion ou mise en relation notamment le lieu où les intéressés est indiqué actuellement.
avec tout autre fichier. Ils ne peuvent peuvent se rendre ou l’adresse à la-
quelle ils peuvent écrire pour exer- * *
également faire l’objet d’aucune ces-
sion à des tiers. Vous appellerez tout cer ce droit, ainsi que l’engagement *
particulièrement l’attention des mai- spécifique qu’ont été mises en place Vous porterez sans délai le contenu
res sur ce point. des mesures de sécurité et de confi- de la présente circulaire à la connais-
dentialité des données et des moda- sance des maires. Il importe en effet
Conformément à l’article 8, vous pré- lités d’habilitation individuelles des qu’ils soient destinataires le plus tôt
ciserez aux maires que la mise en personnels communaux ayant accès possible des modalités détaillées d’ap-
oeuvre de cette application informa- au fichier. plication du nouveau dispositif.
tique est subordonnée à l’envoi préa- Par ailleurs, la mention d’information Vous voudrez bien me tenir informé,
lable à la Commission nationale de imprimée sur le formulaire d’attesta- sous le timbre de la Direction des li-
l’informatique et des libertés d’une tion d’accueil sera prochainement bertés publiques et des affaires juri-
déclaration faisant référence au pré- modifiée afin qu’elle soit conforme diques – Sous-direction des étrangers
sent décret et précisant le lieu exact aux dispositions de l’article 5 du dé- et de la circulation transfrontière –
d’implantation du traitement auto- cret s’agissant de l’indication du lieu Bureau de la circulation transfrontière
matisé, l’ensemble des mesures pri- où s’exerce le droit d’accès, à savoir et des visas – des éventuelles difficul-
ses pour assurer la sécurité et la con- la mairie auprès de laquelle la de- tés rencontrées dans la mise en oeuvre
fidentialité des informations, les mo- mande d’attestation d’accueil est dé- de la présente circulaire.
page 88 Annexe II – Gisti
Le Premier ministre, La commission ne peut être réguliè- des affaires étrangères fournissent à
Sur le rapport du ministre des affaires étran- rement saisie que par une personne la commission, sur sa demande, les
gères, justifiant d’un intérêt lui donnant informations utiles à l’examen des re-
Vu l’ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre qualité pour contester la décision de cours dont elle est saisie.
1945 modifiée relative aux conditions d’en- refus de visa ou par un mandataire
trée et de séjour en France des étrangers, no- dûment habilité.
tamment son article 5 (1°) ; Article 5
Nota. Les dispositions de l’article 2
Vu la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 rela-
ne sont applicables qu’aux recours La commission peut soit rejeter le re-
tive aux droits des citoyens dans leurs rela- cours, soit recommander au ministre
tions avec les administrations ; dirigés contre les décisions de refus
de visa d’entrée en France prises à des affaires étrangères d’accorder le
Vu le décret n° 65-29 du 11 janvier 1965 re- visa demandé.
latif aux délais de recours contentieux en
compter du 1er octobre 2006.
matière administrative, modifié par le décret Le président de la commission peut
n° 83-1025 du 28 novembre 1983 et par le rejeter, sans réunir la commission, les
décret n° 90-400 du 15 mai 1990 ;
Article 3
recours manifestement irrecevables
Après avis du Conseil d’État (section des fi- Le président de la commission est ou mal fondés.
nances). choisi parmi les personnes ayant
exercé des fonctions de chef de poste
diplomatique ou consulaire. Article 6
Article 1
La commission comprend, en outre : Les modalités de fonctionnement de
Il est institué auprès du ministre des la commission sont définies par arrêté
affaires étrangères une commission - un membre, en activité ou hono- du ministre des affaires étrangères.
chargée d’examiner les recours con- raire, de la juridiction administra-
tre les décisions de refus de visa d’en- tive ;
trée en France prises par les autori- - un représentant du ministre des Article 7
tés diplomatiques ou consulaires, affaires étrangères ; La procédure instaurée par le présent
dont la saisine est un préalable obli- décret est applicable aux décisions de
- un représentant du ministre chargé
gatoire à l’exercice d’un recours con- de la population et des migrations ; refus de visa d’entrée en France pri-
tentieux, à peine d’irrecevabilité de ses à compter du 1er décembre 2000.
ce dernier. - un représentant du ministre de
l’intérieur.
Article 8
Article 2. Le président et les membres de la
commission sont nommés par décret Le ministre de l’économie, des finan-
Les recours devant la commission du Premier ministre pour une durée ces et de l’industrie, la ministre de
doivent être formés dans un délai de de trois ans. Pour chacun d’eux, un l’emploi et de la solidarité, le garde
deux mois à compter de la notifica- premier et un second suppléants sont des sceaux, ministre de la justice, le
tion de la décision de refus. Ils doi- nommés dans les mêmes conditions. ministre de l’intérieur et le ministre
vent être motivés et rédigés en lan- des affaires étrangères sont chargés,
gue française. Ils sont seuls de nature chacun en ce qui le concerne, de l’exé-
Article 4
à conserver le délai de recours con- cution du présent décret, qui sera
tentieux jusqu’à l’intervention des dé- Les autorités diplomatiques ou con- publié au Journal officiel de la Répu-
cisions prévues à l’article 5. sulaires et les services du ministère blique française.
Les visas – Annexe II – Les visas en droit français page 89
Le ministre des affaires étrangères, Elle délibère valablement lorsque le Le secrétariat de la commission est
Vu l’ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre président ou son suppléant et deux établi à Nantes.
1945 modifiée relative aux conditions d’en- de ses membres au moins, ou leurs
trée et de séjour en France des étrangers, no-
tamment son article 5 (1°) ; suppléants respectifs, sont réunis.
Article 3
Vu le décret n° 2000-1093 du 10 novembre
2000 instituant une commission de recours La commission peut se faire assister
Article 2
contre les décisions de refus de visa d’entrée de rapporteurs, sans voix délibérative,
en France, notamment son article 6, La commission est assistée d’un se- désignés par son président parmi
Arrête : crétariat chargé d’enregistrer les re- les personnels du secrétariat ou les
cours, de recueillir auprès des auto- agents qui apportent leur collabora-
Article premier rités diplomatiques ou consulaires les tion à celui-ci.
informations utiles à l’examen de
La commission instituée par le décret ceux-ci, de préparer les séances de
Article 4
du 10 novembre 2000 susvisé siège à la commission et de notifier ses
Paris. Elle se réunit sur convocation décisions. Le présent arrêté sera publié au Jour-
de son président. nal officiel de la République française.
page 90 Annexe II – Gisti
Le ministre de l’intérieur à mesdames et mes- pole et souhaitent se rendre dans un Martinique, de la Guadeloupe et dé-
sieurs des préfets – métropole et départements département d’outre mer ou qui en- pendances et de la Réunion, ainsi que
d’outre-mer, monsieur le préfet de police,
messieurs les représentants de l’État sans les
tendent s’installer dans un DOM et le décret du 4 novembre 1936 relatif
territoires d’outre-mer. ont donc besoin d’un visa de long sé- à l’admission des Français et des
jour. étrangers en Guyane et en Inini qui
Résumé : Rôle des préfectures dans le cadre de
la circulation des étrangers résidant en France constituent la base du principe de la
En effet, aux termes de l’article 138 consultation des préfets avant la déli-
et souhaitant se rendre pour un court séjour
ou pour une installation dans un département de la convention d’application de l’ac- vrance d’un visa.
ou un territoire d’outre mer - Délivrance de cord de Schengen, les dispositions de
visas - information des administrés. celle ci ne s’appliquent qu’aux dépar- En résumé :
tements européens de la République. . Dans les départements d’outre
Les conditions d’entrée et le séjour
des étrangers dans les départements Par conséquent la délivrance des vi- mer, les nationalités qui sont sou-
et territoires d’outre mer soulévent un sas pour les DOM relève de la régle- mises au visa sont les mêmes qu’en
certain nombre de difficultés qui mentation française et doit être clai- métropole, toutefois, l’avis du re-
m’ont été signalées à plusieurs repri- rement distinguée de la procédure de présentant de l’État dans le DOM
ses. Je souhaite donc vous rappeler les délivrance des visas uniformes concerné est nécessaire pour la dé-
principes qui prévalent à la circula- Schengen. livrance du visa ;
tion et à l’installation des étrangers Lorsque le détenteur d’un visa uni- . Les ressortissants de l’Union euro-
dans ces départements et territoires, forme souhaite se rendre dans un dé- péenne, et toutes les nationalités
et plus particulièrement votre rôle partement d’outre mer il doit dépo- dispensées de visa pour la France,
dans ce processus, sachant qu’il s’ap- ser une nouvelle demande de visa ne sont pas soumis au visa pour
parente à celui des consulats pour les pour ce département. S’il est encore l’entrée dans un DOM, à l’excep-
étrangers résidant en France. à l’étranger, la demande de visa pour tion des ressortissants brésiliens et
l’entrée dans un DOM doit être dé- israéliens ;
posée auprès d’un consulat de France. . Les étrangers titulaires d’un titre
I - Entrée (…) des étrangers S’il se trouve sur le territoire métro- de séjour délivré par une préfecture
dans les départements politain, c’est la préfecture de son lieu métropolitaine ne sont pas soumis
d'outre mer et la collectivité de résidence, même temporaire, qui au visa pour l’entrée dans un
territoriale de Saint-Pierre doit recevoir sa demande. L’extension DOM ;
et Miquelon du visa uniforme au DOM concerné
sera alors matérialisée par la déli- . Les étrangers non résidents, titu-
Les départements d’outre mer - Gua- vrance d’un nouveau visa, par la pré- laires d’un visa Schengen, doivent
deloupe, Guyane, Martinique, Réu- fecture métropolitaine sollicitée ou le solliciter auprès de la préfecture
nion- et la collectivité territoriale de métropolitaine dans laquelle ils se
consulat de France, après consulta-
Saint Pierre et Miquelon sont régis trouvent temporairement, une ex-
tion et accord du représentant de
par l’ordonnance du 2 novembre tension de leur visa pour le DOM
l’État dans le DOM.
1945 modifiée relative aux conditions souhaité, qui nécessite la consulta-
d’entrée et de séjour des étrangers en Pour les trois départements français tion du préfet d’outre mer ;
France. A ce titre des dispositions d’Amérique, Guadeloupe, Guyane et . Le déplacement entre DOM est
identiques à celles de la métropole y Martinique, il existe un visa portant régi par les même dispositions : le
sont applicables, assorties toutefois de la mention « Départements Français représentant de l’État dans le dé-
deux exceptions [l’exécution des d’Amérique -DFA- » permettant l’ac- partement doit donner son accord
mesures d’éloignement et la limitation cès aux trois départements, sous ré- à la délivrance d’un visa. Toutefois
territoriale des autorisations de tra- serve de la présentation à l’entrée des seul le département de La Réunion
vail] (…). justificatifs relatifs aux motifs et à fait l’objet d’une autorisation spé-
l’objet du séjour ainsi que d’une ga- cifique puisque les visas sont com-
Aucun visa n’est exigé à l’entrée de rantie de rapatriement ou de conti-
ces départements pour les titulaires muns aux trois départements fran-
nuation de voyage. En revanche un çais d’Amérique ;
d’un titre de séjour en cours de vali-
visa spécifique doit être demandé
dité en métropole. En revanche, les . Les étrangers titulaires d’un visa
pour la Réunion.
préfectures de métropole peuvent délivré par un consulat français,
être appelées à délivrer des visas aux Je précise que c’est le décret du leur ouvrant l’accès à un ou plu-
étrangers non résidents, assujettis à 29 juillet 1935 portant réglementation sieurs DOM, et qui souhaitent se
l’obligation de visa consulaire de des conditions d’accès des français et rendre en métropole, doivent solli-
court séjour, qui séjournent en métro- des étrangers dans les colonies de la citer auprès de la préfecture du
Les visas – Annexe II – Les visas en droit français page 91
DOM où ils se trouvent, la déli- la même dispense. (catégorie I en an- Bassa da India). Les demandes doivent
vrance d’un visa uniforme nexe n° 2) être adressées au préfet de la Réunion.
Schengen ;
b) Sont par ailleurs dispensés de visa . Ile de Clipperton. Les demandes
. Seuls les consulats français et les de court séjour pour un séjour de doivent être adressées à Monsieur le
préfectures sont habilités à interro- moins d’un mois les ressortissants Haut Commissaire de la République
ger les départements d’outre mer d’Argentine, des Bermudes, du Bru- en Polynésie.
pour la délivrance d’un visa les con- nei, du Canada, du Chili, de la Corée
cernant. du sud, de la Croatie, des États Unis, II - 2 - Procédure de délivrance
de Hongrie, du Japon, de Malaisie, des visas préfectoraux
du Mexique, de Nouvelle Zélande A l’instar des départements d’outre
II - Entrée des étrangers (sauf pour la Nouvelle Calédonie et mer, le visa nécessaire à l’entrée dans
dans les territoires d'outre Wallis et Futuna), de Pologne, de Sin- un TOM, ou dans la collectivité terri-
mer et la collectivité territo- gapour, de Slovénie de la République toriale de Mayotte, selon les modali-
riale de Mayotte Tchèque et de l’Uruguay. tés décrites supra en fonction des na-
Les territoires concernés sont la Poly- c) Pour certains pays, les visas sont tionalités, doit être délivré par la pré-
nésie française, la Nouvelle Calédonie, délivrés directement par les postes fecture métropolitaine, selon les cas du
Wallis et Futuna et la collectivité ter- consulaires français avec information département de résidence de l’étran-
ritoriale de Mayotte. En vertu de l’ar- simultanée des représentants de l’État ger ou du département de passage.
ticle 74 de la constitution, les territoi- dans les TOM. C’est le cas de l’Aus- A cet égard je vous rappelle que le
res d’outre mer de la République ont tralie, du Bénin, de la Bolivie, du Bur- visa uniforme Schengen ne permet
une organisation particulière et un ré- kina Faso, du Centrafrique, de la Co- pas l’entrée dans un TOM ou à
gime de spécialité législative qui a no- lombie, du Congo, du Guatemala, Mayotte, il se limite au territoire euro-
tamment pour conséquence que l’or- d’Israél, du Mali, de la, Mauritanie, péen de la République tel que le pré-
donnance du 2 novembre 1945 modi- du Maroc, du Niger, du Salvador, de voit l’article 138 de la convention
fiée, et tous les textes pris pour son Taiwan et, lorsque le séjour est infé- d’application de l’accord de
application, n’y sont pas applicables. rieur ou égal à un mois, du Venezuela Schengen.
Les textes de base sur l’entrée et le et de la Yougoslavie.
L’avis du représentant de l’État dans
séjour des étrangers sont pour la Po- d) Pour toutes les autres nationalités, le territoire
lynésie française le décret du 27 avril le visa, avec information du représen-
1939 relatif à l’admission et au séjour tant de l’État est nécessaire, ainsi que concerné est obligatoire pour la déli-
des français, sujets et protégés fran- son accord exprés ou tacite dans cer- vrance d’un visa qui est spécifique à
çais, et des étrangers, dans les établis- tains cas qui vous sont indiqués en chaque territoire. Par conséquent dans
sements français de l’Océanie, pour annexe. Il convient de noter que les l’hypothése où un étranger, présent en
la Nouvelle Calédonie et Wallis et réfugiés statutaires munis d’un titre France, quelle que soit la durée de son
Futuna le décret du 13 juillet 1937 de voyage sur décision de l’OFPRA séjour, souhaite se rendre dans un
modifié relatif à la réglementation de sont dispensés de visa de court séjour TOM ou à Mayotte à partir du terri-
l’admission des citoyens français, des pour se rendre dans les départements toire métropolitain, c’est la préfecture
sujets et protégés français, et des et territoires d’outre mer. En revan- du département de métropole où il se
étrangers, en Nouvelle Calédonie et trouve qui doit instruire la demande
che, ils demeurent soumis aux régles
pour Mayotte le décret du 21 juin visa et interroger le territoire.
de délivrance des visas de long séjour
1932 relatif aux conditions d’admis- s’ils souhaitent s’établir durablement Le dossier que vous devrez constituer
sion des français et des étrangers à dans un territoire d’outre mer ou une au moyen des éléments transmis par
Madagascar et dépendances. collectivité territoriale. l’étranger varie selon que le visa solli-
cité est un visa de court ou de long
II - 1 - Régime de circulation - cas particulier de certains territoires
séjour. Les formulaires de visa dont
La plupart des nationalités sont sou- Toutes les personnes souhaitant se vous trouverez un modéle en annexe
mises au visa pour l’entrée dans les rendre dans les territoires suivants n° 3 et n° 4 devront être commandés
territoires d’outre mer, que ce soit sont tenus de déposer une demande auprès de l’imprimerie nationale ainsi
pour un court ou un long séjour. Il de visa qui devra être soumise à la que les vignettes qui figurent en an-
existe trois régimes de circulation consultation du délégué du gouver- nexe n° 5. Les vignettes réalisées à
pour les courts séjours : nement, et à son avis conforme, quels partir d’un modèle uniforme ne se dif-
que soient la nationalité du deman- férencient que par les mentions que
a) Ne sont pas soumis au visa de court
deur, l’objet, le motif et la durée du vous y porterez. Le visa est apposé sur
séjour, pour un séjour de moins de 3
séjour envisagé : un document ou titre de voyage éta-
mois, les ressortissants de l’Union
blissant l’identité et la nationalité de
Européenne et de l’Espace Économi- . les Terres Australes et Antarctiques
son titulaire. L’information ou la con-
que Européen, d’Andorre, de Mo- françaises (Saint Paul et Amsterdam ;
sultation préalable du représentant de
naco, de Chypre, de Malte, de Saint Crozet ; Kerguelen ; Terre Adélie).
l’État s’effectue par télégramme, suivi
Marin, du Saint siége, de Suisse et de Les demandes doivent être adressées
de l’envoi du formulaire comportant
Slovaquie. à Monsieur l’Administrateur des
une photo. Pour les catégories III et
T.A.A.F dont le siége se trouve dans
Il existe en outre un cas particulier IV, l’absence de réponse négative du
le département de la Réunion.
pour la Nouvelle Calédonie et les Iles représentant de l’État dans le terri-
Wallis et Futuna où les ressortissants . Les Iles Éparses (Ile Tromelin ; Iles toire concerné dans le délai de 15
de Nouvelle Zélande bénéficient de Glorieuses, Juan de Nova, Europa, jours vaut accord tacite.
page 92 Annexe II – Gisti
S’agissant des visas de long séjour, République, représentant de l’État III - Dispositions communes
toutes les demandes, sans exception, dans le territoire, doit obligatoirement à l’entrée des étrangers
doivent être soumises à l’avis con- consulter le comité consultatif pour le dans les DOM, les TOM
forme du représentant de l’État dans contrôle de l’entrée et du séjour des
étrangers en Polynésie française, et le
et à Mayotte
le territoire d’outre mer concerné.
J’insiste sur le fait qu’aucune natio- conseil des ministres du territoire. Il convient de rappeler aux étrangers
nalité n’est dispensée du visa de long Pour les demandes de visa de long qui souhaitent se rendre outre mer
séjour, pas même les ressortissants de séjour, vous devrez tout particulière- que la possession d’un visa ne garan-
l’Union européenne, à l’exception des ment veiller à ne pas omettre d’ins- tit pas à elle seule l’entrée dans le dé-
bénéficiaires du libre établissement et crire votre avis quant à la demande partement ou territoire souhaité.
de la libre prestation de service pour ainsi que les raisons qui l’ont moti- Toute personne doit être munie, et
lesquels vous trouverez des précisions vée. Des justificatifs concernant le présenter, un document d’identité
dans la partie « séjour ». Les titulai- motif de la demande devront être (passeport en cours de validité ou
res d’un titre de séjour valable en mé- joints. Ils doivent permettre d’appré- tout titre assimilé, dont les titres de
tropole demeurent soumis au visa de cier l’existence d’un éventuel risque voyage pour réfugiés et apatrides).
long séjour à destination des TOM et migratoire. Vous veillerez également On peut également lui demander de
de Mayotte. à ne pas délivrer des visas qui dépas- produire des documents relatifs à
Le délai d’instruction des demandes sent la validité du document de l’objet de son voyage, aux modalités
de visa de long séjour est d’environ voyage. Des indications quant aux de retour, aux conditions de ressour-
deux mois à compter de la réception justificatifs à produire sont fournies ces et d’hébergement, qui vous
dans la partie III de cette circulaire auront été présentés lors de la de-
de la demande par le territoire en rai-
comportant les dispositions commu- mande de visa. L’absence de justifi-
son des consultations locales nécessai-
nes aux DOM et aux TOM. catifs peut entra”ner le refus d’admis-
res. A titre d’exemple, en Polynésie
française, le Haut Commissaire de la (…). sion du visiteur (….).
Les visas – Annexe III – Libre circulation des communautaires page 93
Article 5. Droit d’entrée d’entrée, conformément au règlement n’ayant pas la nationalité d’un État
(CE) n° 539/2001 ou, le cas échéant, membre, à partir du moment où l’in-
1. Sans préjudice des dispositions
à la législation nationale. Aux fins de téressé présente la carte de séjour vi-
concernant les documents de voyage,
la présente directive, la possession de sée à l’article 10.
applicables aux contrôles aux frontiè-
res nationales, les États membres ad- la carte de séjour en cours de validité
visée à l’article 10 (39), dispense les 4. Lorsqu’un citoyen de l’Union ou un
mettent sur leur territoire le citoyen
membres de la famille concernés de membre de la famille qui n’a pas la
de l’Union muni d’une carte d’iden-
l’obligation d’obtenir un visa. nationalité d’un État membre ne dis-
tité ou d’un passeport en cours de
pose pas du document de voyage re-
validité ainsi que les membres de sa Les États membres accordent à ces quis ou, le cas échéant, du visa néces-
famille qui n’ont pas la nationalité personnes toutes facilités pour obte- saire, l’État membre concerné accorde
d’un État membre. nir les visas nécessaires. Ces visas sont à ces personnes tous les moyens rai-
Aucun visa d’entrée ni obligation délivrés sans frais dans les meilleurs sonnables afin d’obtenir ou de se pro-
équivalente ne peuvent être imposés délais et dans le cadre d’une procé- curer, dans un délai raisonnable, les
au citoyen de l’Union. dure accélérée. documents requis ou de faire confir-
mer ou prouver par d’autres moyens
2. Les membres de sa famille qui n’ont 3. L’État membre n’appose pas de leur qualité de bénéficiaires du droit
pas la nationalité d’un État membre cachet d’entrée ou de sortie sur le de circuler et de séjourner librement,
ne sont soumis qu’à l’obligation de visa passeport d’un membre de la famille avant de procéder au refoulement.
[ou si le refus de visa a été pris par un service situé à Nantes : Tribunal Administratif de Nantes]
REQUÊTE et MÉMOIRE
POUR : Nom et prénom
Date et lieu de naissance
Nationalité
Adresse complète
CONTRE : La décision de la Commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France
datée du….............., notifiée le…................ confirmant une décision de refus de visa du consul général de France
à…......................, en date du…........., notifiée le…......
[ou la décision du ministre nonobstant l’avis favorable de la commission si un tel avis avait été rendu et non suivi]
[ou de la décision du Consul de France à… si la Commission de recours n’a pas encore pris sa décision]
I. Faits
Exposez précisément la situation du requérant et ses démarches pour obtenir un visa (date du retrait du formulaire, date
du dépôt de la demande, date du refus implicite ou explicite, date du recours auprès de la commission de recours, date du
rejet de ce recours par la commission ou par le ministre des affaires étrangères, éventuellement motivation alléguée dans
ce refus, etc.).
Mentionnez l’ensemble de justificatifs produits pour demander le visa et, éventuellement, les attaches familiales et/ou
personnelles en France, les problèmes de santé, les risques encourus dans le pays d’origine, etc.
II. Discussion
A. Sur la légalité externe de la décision de refus de visa [Raisons de forme]
Choisir le ou les arguments qui correspondent à la situation personnelle du requérant parmi :
– Insuffisance de motivation [tous les refus de visas n’ont pas à être motivés. Cet argument ne peut donc être invoqué
que si le refus de visa entre dans les catégories énumérées à l’article L 211 2 du Ceseda, voir p. 65]. La décision de refus de
délivrance de visa opposée au requérant aurait dû être motivée dans les conditions prévues par l’article L 211-2 du
Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Ce texte prévoit en effet l’obligation pour les services
consulaires, « sous réserve de considérations tenant à la sûreté de l’État », de motiver les refus de visas opposés aux
[mentionnez la catégorie à laquelle le requérant appartient].
Les visas – Annexe IV – Informations pratiques page 95
Si la motivation est inexistante : Or, en l’espèce la décision n’est pas motivée. Cette décision encourt par conséquent
de ce seul chef l’annulation.
[NB : dans le cas d’une décision implicite de rejet, il est possible de demander dans les deux mois suivant la constitution
de cette décision au consulat de motiver son refus. En l’absence de réponse dans le mois, la décision est considérée comme
insuffisamment motivée et donc illégale (article 5 de la loi du 11 juillet 1979)]
Si la motivation est insuffisante, c’est-à-dire sommaire, stéréotypée ou ne prenant pas en compte la situation personnelle
de l’intéressé ou n’énumérant pas les textes juridiques fondant la décision : La décision aurait dû « comporter l’énoncé
des considérations de droit et de fait » qui la fondent. Ce n’est pas le cas en l’espèce. Il s’agit manifestement d’une
décision stéréotypée, ne prenant pas en compte la situation personnelle du requérant. Cette décision attaquée
méconnaît par conséquent les dispositions susvisées et encourt de ce seul chef l’annulation.
– Incompétence de l’auteur de l’acte en raison d’un défaut de signature
[Si la décision de refus de visa n’est pas signée ou si le signataire n’est pas identifiable ou s’il n’avait pas reçu de délégation
de signature, développez cet argument]
B. Sur la légalité interne de la décision de refus de visa [Raisons de fond]
Choisir le ou les arguments qui correspondent à la situation personnelle du requérant, et les illustrer en invoquant ce qui
prouve l’illégalité de fond.
NB : La difficulté réside dans le fait que le Conseil d’État reconnaît à l’administration un large pouvoir d’appréciation
pour se prononcer sur une demande de visa. Elle peut en effet fonder sa décision sur « toute considération d’intérêt
général ». Toutefois, cela ne signifie pas pour autant que la décision du consulat puisse être prise de façon arbitraire ou sur
des critères prédéterminés.
– Ainsi, le requérant peut d’abord s’efforcer de démontrer que, contrairement à ce que prétend le service consulaire, il
avait de bonnes raisons de demander un visa pour venir en France, que sa demande n’était en rien motivée par une
volonté de détourner l’objet du visa délivré ou d’en faire un usage illégal (par exemple rester durablement en France ou
venir y travailler si le visa demandé est un visa touristique ou pour une visite familiale) et que le motif invoqué par le
consulat pour refuser le visa n’est en rien un motif d’intérêt général. Il peut aussi invoquer « l’erreur manifeste d’apprécia-
tion » commise par l’administration dans l’évaluation de ses ressources (v. dans l’analyse pp. 14 et 25).
– Par ailleurs, le requérant peut également tenter de montrer que la décision de refus de visa porte atteinte à un droit
fondamental garanti par une convention internationale. Il faut alors citer la stipulation de la convention internationale et
s’efforcer de démontrer qu’elle lui est bien applicable, en fournissant un maximum de justificatifs susceptibles de prouver
ces dires. Par exemple :
- violation de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme selon lequel « toute personne a droit au
respect de sa vie privée et familiale » dans le cas où le requérant a l’essentiel des ses attaches personnelles et familiales
constituées en France : parents, enfants, conjoint, concubin (hétérosexuel ou homosexuel), etc.
- violation des articles 2 (droit à la vie) et 3 (prohibition de la torture et des traitements inhumains et dégradants) de
la Convention européenne des droits de l’homme en cas de risque d’atteinte à la vie ou à l’intégrité physique du
requérant s’il reste dans le pays où il a demandé le visa (risque de torture, de détention ou d’emprisonnement
arbitraire, de mauvais traitements, atteinte par une maladie grave ne pouvant être soignée dans le pays d’origine,
etc.).
- violation de l’article 3.1 (prise en compte de l’intérêt supérieur de l’enfant) et 9 (prohibition de la séparation des
enfants de leurs parents) de la Convention internationale des droits de l’enfant en cas de risque de séparation
d’enfants de leur(s) parent(s).
NOM Prénom
Signature
PJ : Joindre obligatoirement la copie de la décision refusant la demande de visa ou, éventuellement, la copie de la
demande de visa (s’il n’y a pas de réponse expresse) ainsi que celle de la décision de la commission de recours ou du
ministre des affaires étrangères rejetant le recours préalable (ou, s’il n’y a pas de réponse expresse, la copie de la
demande, ou encore l’avis favorable s’il n’a pas été suivi). Joindre également au dossier contentieux un maximum de
justificatifs susceptibles de confirmer la véracité de ces faits (attaches familiales, problèmes de santé, preuves du
risque de mauvais traitements, etc.). Bien définir ces documents dans une liste détaillée annexée au recours.
Les visas – Annexe IV – Informations pratiques page 97
Islande Pays-Bas
Espagne
Personuvernd Data Protection Authority
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Rauôararstig 10 Prins Clauslaan 20, Postbus 93374
C/Sagasta 22
105 Reykjavik 2509 AJ. S’Gravenhage
Madrid 28004
[Link] [Link]
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Italie Pologne
Estonie Garante per la protezione dei dati Biuro Generalnego Inspektora
Estonian Data Protection personali Ochrony Danych Osobowych
Inspectorate Piazza di Monte Citorio n.121, ul. Stawki 2
Väike-Ameerika 19 00186 Rome 00193 Warsaw
10129 Tallinn [Link] [Link]
page 104 Annexe IV – Gisti
Le GISTI est agréé par la Fondation de France. Les dons qui lui sont adressés sont déductibles des
impôts à hauteur de 66 % dans la limite de 20 % du revenu imposable. Si ces dons sont supérieurs
à 20%, l'excédant est reporté successivement sur les années suivantes jusqu'à la cinquième année
comprise et ouvre droit à la réduction d'impôt dans les mêmes conditions. Vous avez aussi la
possibilité de lui faire des dons par prélèvements automatiques (n’hésitez pas à nous écrire pour
obtenir de plus amples informations : Gisti, 3 villa Marcès, 75011 Paris).
Achevé d’imprimé
en septembre 2006
par Expressions II - 75011 Paris
ISBN 2-914132-48-4
L'entrée des étrangers en France, et plus particulièrement le régime des
visas, est un domaine où l'administration dispose d'un large pouvoir
d'appréciation. Le visa est d'ailleurs l'instrument « par excellence » de la
politique de contrôle aux frontières, menée depuis plus de trente ans au niveau
français mais aussi au niveau européen.
Toute reproduction
de cette brochure
sans autorisation
du Gisti est interdite
Gisti
3, villa Marcès 75011 Paris Septembre 2006
[Link] ISBN 2-914132-48-4