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Réalité et fiction dans le roman

Le document explore la dualité entre réalité et fiction dans le roman, en affirmant que certains romanciers s'enferment dans la fiction pure, tandis que d'autres, comme ceux des romans historiques et autobiographiques, s'inspirent de faits réels. Il souligne que les romans de mœurs et d'anticipation illustrent comment la fiction peut parfois représenter la réalité de manière plus convaincante que la réalité elle-même. En fin de compte, le texte plaide pour une redéfinition des notions de réalité et de fiction, suggérant que les deux genres littéraires se nourrissent mutuellement.

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Réalité et fiction dans le roman

Le document explore la dualité entre réalité et fiction dans le roman, en affirmant que certains romanciers s'enferment dans la fiction pure, tandis que d'autres, comme ceux des romans historiques et autobiographiques, s'inspirent de faits réels. Il souligne que les romans de mœurs et d'anticipation illustrent comment la fiction peut parfois représenter la réalité de manière plus convaincante que la réalité elle-même. En fin de compte, le texte plaide pour une redéfinition des notions de réalité et de fiction, suggérant que les deux genres littéraires se nourrissent mutuellement.

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Sujet 2 « Le romancier ment autant qu’un arracheur de dents »

affirment avec moquerie certains détracteurs de ces artistes talentueux.

Vous montrerez d’une part dans quelle mesure le roman peut reposer sur la
fiction. D’autre part, vous prouverez à tous ceux qui voient le roman d’un
mauvais œil que celui-ci sait également s’inspirer de faits réels. Pour clore ce
débat, vous expliquerez que l’inspiration de la production romanesque est à
mi-chemin entre réalité et fiction.

Dans un premier temps, il existe des romanciers qui restent confinés dans
l’isoloir de leur bureau pour écrire une histoire qui n’est que le fruit de leur
propre imagination. Elle n’est pas réelle ; c’est de la fiction tout
bonnement.C’est le cas de ceux qui s’adonnent à l’écriture de roman d’aventures
d’une part et d’autre part de roman policier. Dans l’un, l’écrivain est animé
d’une intention : divertir en tenant son lecteur par un personnage principal créé
de toute pièce ; celui-ci n’a jamais existé, son nom n’ayant parfois figuré dans
aucun acte d’état civil, ou peut-être n’existera jamais que dans l’imagination où
il est né, quand bien même l’objectif serait atteint : captiver l’attention de celui
qui lit, qui s’envole avec le personnage, qui court avec lui, qui s’affole à ses
côtés, qui prie pour lui face aux nombreuses péripéties auxquelles la créature
s’expose constamment.

Donc le roman d’aventures et le polar justifient des raisons pour lesquelles


certains ont tendance à regarder le romancier d’un mauvais œil puisque son
œuvre est qualifiée d’imaginaire. Mais est-ce une bonne raison de penser que
toutes les histoires que ces artistes racontent sont fictives ?

En effet, il y a d’un côté ce qu’on appelle le roman historique et d’un autre le


roman autobiographique qui contredisent cette opinion. Le premier restitue des
épisodes d’un événement historique dont personne ne s’oppose à l’existence
puisqu’il s’est déroulé dans un temps et un espace réel, sans oublier les
personnages dont l’étoffe n’est plus à contester. Justement, ces derniers
constituent des figures historiques dont il faut s’inspirer de l’acte s’il est
exemplaire ou s’en méfier s’il est peu recommandable. Les romanciers négro-
africains s’y sont d’ailleurs adonnés à cœur joie pour rappeler à leur peuple que
sont autrement réelles ces figures historiques que le monde occidental a
tendance à caricaturer en roitelets, en sanguinaires, en hors-la-loi… Quant au second,
c’est-à-dire le roman autobiographique, il mérite aussi d’être inscrit dans cette dynamique de
fidèle représentation du réel. Si le premier a un caractère plus collectif, le second, comme son
nom l’indique, est une production romanesque où l’écrivain restitue l’histoire d’une tranche
de sa propre vie. Sur les traces de ses pas, dans un cadre spatio-temporel réel, le romancier
s’en souvient et en partage les soubresauts avec son lecteur qui découvre une vie bien intime
de l’auteur qui se souvient, se justifie, se confie, se confesse,… Ainsi, le roman historique
et celui autobiographique donnent des raisons de prouver que le romancier est
bien capable de reproduire le réel, c’est-à-dire non fictif, non inventé, non
imaginaire.D’ailleurs, pour réconcilier cette dialectique du pour et du contre,
comment expliquer que le romancier est à mi-chemin entre réalité et fiction ?
Pour répondre à cette question, en revisitant le roman de mœurs et le roman d’anticipation,
nous pouvons observer le rapport que le romancier entretient avec la réalité et la fiction.
Premièrement, à la lecture de romans de mœurs tels que réalistes, naturalistes et romanciers
négro-africains qui y ont jeté leur dévolu, nous distinguons cette frontière si poreuse entre
réalité et fiction. On se rendra compte que l’écrivain n’appréhende le réel qu’en amont. Au
regard du cadre spatio-temporel, des personnages ordinaires, de leur parler, de leur coutume,
… c’est-à-dire ces « identités remarquables » à travers lesquelles nous nous reconnaissons,
ces romanciers s’inspirent du réel par une documentation sociologique digne des historiens et
des scientifiques à la limite. Mais quand vient le temps de la représentation, c’est là
qu’intervient la mimesis qui opère à des choix de décors, de propos et d’actions, quitte même
à en inventer pour rendre le réel plus vraisemblable. C’est cette mimesis, encore appelée
imitation, que beaucoup confondent au mensonge et qui est pourtant le propre de la fiction
plus vraisemblable que la réalité qu’elle est censée recomposer. Mieux, cette fiction sert
souvent les intérêts de la vérité. Deuxièmement – et c’est là où le rapport entre réalité et
fiction devient encore plus intéressant – dans le roman d’anticipation, l’auteur arrive à une
prouesse digne d’un génie. En effet, s’inspirant ici de notre univers à nous (réel) né de toutes
ces découvertes scientifiques et techniques dont la fulgurance affole, il représente un réel qui
se passe dans un univers imaginé (fictif), en y isolant un discours entretenu par des
personnages qui charrient sa vision d’à venir. Ce type de roman s’inscrit dans une perspective
de prédiction d’un futur perçu comme une accentuation des découvertes technoscientifiques.
Bizarrement, il arrive souvent que cette vision se passe dans un futur beaucoup plus proche et
ce seront ces mêmes détracteurs qui appelleront ces faits comme des « coïncidences fortuites
» ou, selon la formule d’aveu plus consacrée, « romans prémonitoires ». Dans Dette
d’honneur (1994), et ce n’est là qu’un exemple parmi plusieurs autres, nous en avons
l’illustration. Ce roman de Tom Clancy est devenu célèbre pour avoir décrit un attentat
semblable à ceux auxquels le monde entier assistera le 11 septembre 2001. « Près de 300
tonnes d’acier et de kérosène percutèrent la façade du bâtiment à une vitesse de 550 k/h »
avait-il écrit. En somme, le roman de mœurs et le roman d’anticipation apportent la preuve
selon laquelle ce que nous appelons « réel » est rendu dérisoire par une fiction qui s’installe
plus confortablement dans la réalité que ne le ferait le réel lui-même.
En définitive, nous comprenons pourquoi certains esprits mal éclairés pensent
que le romancier est un beau menteur ; c’est parce qu’au regard du roman
d’aventures ou encore du roman policier, l’histoire, aussi belle soit-elle, est
inventée. Toutefois, c’est ignorer, sans connaître le roman historique ou encore
autobiographique, que l’écrivain sait aussi représenter le réel, dans des
dimensions « trois D », comme on dit avec autant de réalisme. Justement n’est-
ce pas une bonne raison de redéfinir réalité et fiction, l’une ne faisant que servir
l’autre et vice-versa ? En tout cas, le roman de mœurs et le roman d’anticipation
démontrent que l’auteur est à la croisée des chemins. À notre humble avis, la
liberté d’inspiration donne tous les droits au romancier, lui dont le génie arrive
même à devancer le réel car des romans prémonitoires en ont donné la preuve et
l’autorisation. Justement, une autre question nous taraude l’esprit : entre le
roman et le théâtre, quel genre littéraire se montre plus apte à représenter le
réel ?

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