L’analyse des conditions maritimes est une étape clé pour le dimensionnement et la conception d’une
centrale marémotrice. Cette analyse permet de comprendre l’environnement marin dans lequel la
centrale sera implantée, et d’optimiser la production d’énergie tout en réduisant les risques et impacts
environnementaux. Voici les principaux éléments à considérer dans cette analyse :
1. Amplitude des marées
L’amplitude des marées représente la différence entre le niveau de la mer à marée haute et à marée
basse. Cette variation est essentielle pour calculer l’énergie potentielle. Les marées sont principalement
influencées par l’attraction gravitationnelle de la Lune et du Soleil, mais d’autres facteurs comme la
position géographique, la forme de la côte et les conditions météorologiques peuvent les moduler.
• Marée semi-diurne : Une marée qui se produit deux fois par jour, avec deux marées
hautes et deux marées basses.
• Marée diurne : Une marée qui se produit une fois par jour, avec une marée haute et une
marée basse.
L’amplitude peut varier de quelques dizaines de centimètres à plusieurs mètres, et plus l’amplitude est
grande, plus la quantité d’énergie potentielle est importante.
2. Courants marins
Les courants marins générés par les marées ont un impact direct sur la production d’énergie dans les
centrales marémotrices de type turbines sous-marines. La vitesse du courant varie en fonction de
l’heure de la marée, de la géographie locale et de la profondeur de l’eau.
• Vitesse du courant : Plus la vitesse des courants marins est élevée, plus la quantité
d’énergie générée par une turbine peut être importante.
• Régularité et prévisibilité : Les courants doivent être suffisamment constants et réguliers
pour permettre une production d’énergie stable et efficace.
3. Configuration géographique et bathymétrie
La forme de la côte et la profondeur de l’eau influencent la conception de la centrale marémotrice et le
type d’installation choisie (barrage ou turbines sous-marines).
• Profil de la côte : Les zones avec des estuaires étroits ou des baies profondes favorisent
la concentration des courants marins et peuvent être idéales pour l’implantation d’un barrage
marémoteur.
• Profondeur de l’eau : La profondeur détermine la facilité d’accès pour l’installation des
turbines sous-marines et la conception des infrastructures. Les zones peu profondes peuvent permettre
de capturer plus d’énergie, mais sont aussi plus sensibles aux variations de niveaux d’eau.
4. Fréquence et durée des cycles de marée
Le cycle des marées (souvent de 12 heures) doit être pris en compte pour évaluer la durée pendant
laquelle une centrale peut produire de l’énergie. Une période de production continue est nécessaire
pour assurer une rentabilité maximale.
• Phases de hautes et basses marées : La durée des périodes de haute et basse marée
varie selon la localisation géographique. Ces informations aident à définir la période optimale de
fonctionnement de la centrale.
• Perte d’efficacité : Les périodes de faible amplitude ou les moments où la vitesse des
courants est faible peuvent réduire la capacité de production, ce qui doit être anticipé lors de la
conception.
5. Conditions climatiques et météorologiques
Les conditions climatiques locales affectent la performance de la centrale et la durabilité des
infrastructures maritimes. Cela inclut :
• Températures de l’eau : Les températures marines peuvent influencer l’efficacité des
turbines et des équipements sous-marins, ainsi que la corrosion des matériaux utilisés.
• Tempêtes et vagues : Des événements météorologiques violents peuvent endommager
les installations marémotrices, d’où l’importance de prendre en compte les conditions climatiques
extrêmes dans la conception des structures.
6. Qualité de l’eau
La salinité, la turbidité et la composition chimique de l’eau influencent la conception des équipements
marémoteurs, notamment les turbines et les générateurs sous-marins. Ces facteurs doivent être pris en
compte pour éviter la corrosion et prolonger la durée de vie des équipements.
7. Interaction avec les écosystèmes marins
Une analyse environnementale est cruciale pour évaluer les impacts des installations sur les habitats
marins, la faune et la flore locales.
• Migration des poissons et autres espèces marines : Les courants générés par les turbines
marémotrices peuvent affecter les migrations animales, ce qui nécessite des études pour minimiser ces
impacts.
• Modification des habitats : Le développement de barrages ou d’infrastructures sous-
marines peut perturber les écosystèmes marins, comme les herbiers marins ou les récifs coralliens.
8. Évaluation des risques géologiques
Il est important de réaliser une étude géologique pour vérifier la stabilité du sol marin, particulièrement
si des structures lourdes comme des barrages sont envisagées. Les mouvements sismiques ou des
risques géotechniques peuvent affecter la faisabilité du projet.
9. Impact des variations saisonnières
La marée peut également être influencée par des variations saisonnières dues à des phénomènes
comme El Niño ou des tempêtes majeures. Ces changements doivent être anticipés pour garantir une
production d’énergie stable tout au long de l’année.
Conclusion
L’analyse des conditions maritimes est donc essentielle pour le dimensionnement d’une centrale
marémotrice. Elle permet de maximiser l’efficacité du projet en tenant compte de l’amplitude des
marées, de la vitesse des courants, de la géographie locale, des conditions climatiques et
environnementales, ainsi que des impacts sur les écosystèmes marins. Ces informations permettent
également de choisir la meilleure technologie et conception pour la centrale, tout en assurant sa
rentabilité et sa durabilité.
Le dimensionnement d’une centrale marémotrice implique plusieurs étapes pour déterminer la taille et
la capacité de production d’énergie de la centrale en fonction des caractéristiques du site et des besoins
énergétiques. Voici les étapes principales à considérer pour concevoir une centrale marémotrice :
1. Évaluation des caractéristiques du site
• Amplitude des marées : Il est crucial de connaître l’amplitude des marées sur le site,
c’est-à-dire la différence de niveau entre la marée haute et la marée basse. L’amplitude maximale
permet de déterminer la quantité d’énergie potentielle.
• Cycles des marées : Une étude des périodes de marées (telles que la durée d’un cycle de
marée haute/basse) est nécessaire pour comprendre la variation du niveau de l’eau.
• Géologie et topographie du fond marin : Il est important de connaître la configuration
du fond marin pour la construction des infrastructures (barrages, turbines, etc.).
• Vitesse du courant : La vitesse des courants marins est également importante, car elle
impacte directement l’efficacité des turbines marémotrices.
2. Choix du type de centrale marémotrice
Il existe différents types de centrales marémotrices :
• Centrale à barrage avec turbines : Ce type utilise un barrage pour créer une différence
de niveau entre la mer et une baie fermée. L’eau qui entre ou sort à marée haute ou basse passe par des
turbines pour produire de l’électricité.
• Centrale à fossé (ou à étang de marée) : Il s’agit d’un système de bassin de stockage
d’eau de mer qui se remplit à marée haute et se vide à marée basse, passant à travers des turbines pour
générer de l’électricité.
• Systèmes à courant de marée (turbines sous-marines) : Ces turbines sont installées dans
les courants marins, où la vitesse de l’eau est utilisée pour produire de l’énergie sans nécessiter un
barrage.
3. Calcul de la capacité de production
La capacité de production d’une centrale marémotrice dépend de la variation du niveau de l’eau
(amplitude des marées) et de la puissance des turbines. Pour calculer l’énergie produite, il faut prendre
en compte :
• Volume d’eau qui passe à travers les turbines lors de chaque cycle de marée.
• Débit d’eau : Le débit d’eau qui traverse la turbine dépend de la différence de niveau
d’eau (H) et de la surface de la baie ou du bassin (A).
• Rendement des turbines : Il faut estimer le rendement des turbines pour obtenir une
estimation de la puissance disponible. Les turbines marémotrices typiques ont un rendement qui peut
varier entre 30 % et 50 %.
La formule pour calculer la puissance théorique est :
P = \eta \cdot \rho \cdot g \cdot H \cdot A \cdot v
où :
• P est la puissance produite (W),
• \eta est le rendement des turbines,
• \rho est la densité de l’eau de mer (~1000 kg/m³),
• g est l’accélération gravitationnelle (~9,81 m/s²),
• H est la hauteur de la différence de niveau (m),
• A est la surface du bassin ou du barrage (m²),
• v est la vitesse du courant (m/s).
4. Dimensionnement des infrastructures
Une fois que la capacité de production a été déterminée, il faut dimensionner les infrastructures :
• Barrage : La taille du barrage ou de la digue doit être dimensionnée pour supporter la
différence de niveau de l’eau.
• Turbines : Le choix du type de turbine dépendra de la vitesse du courant et de
l’amplitude des marées. Les turbines doivent être capables de supporter les fluctuations de débit et de
pression.
• Système de transmission : Le réseau de câblage et de distribution d’énergie doit être
dimensionné pour transporter l’électricité produite.
5. Évaluation de l’impact environnemental et économique
• Impact écologique : L’étude d’impact environnemental est essentielle, car une centrale
marémotrice peut perturber l’écosystème local, notamment la faune et la flore marines.
• Analyse économique : Les coûts d’investissement (construction du barrage, des
turbines, des infrastructures de transport d’électricité) doivent être comparés aux bénéfices à long
terme de la production d’énergie. Il faut également considérer le retour sur investissement en fonction
du coût de l’énergie produite.
6. Intégration au réseau électrique
• Connexion au réseau : La centrale marémotrice devra être connectée au réseau
électrique national ou local. Des études sur l’optimisation de la gestion de l’intermittence de la
production d’énergie en fonction des cycles de marée seront nécessaires.
Conclusion
Le dimensionnement d’une centrale marémotrice nécessite une analyse détaillée des caractéristiques
du site, une estimation de la capacité de production d’énergie, le choix des turbines adaptées, et une
évaluation des impacts environnementaux et économiques. L’optimisation de la conception doit tenir
compte de la variabilité des marées et des contraintes techniques.