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Économie et pauvreté à Madagascar : enjeux clés

Madagascar fait face à une faible croissance économique et à une instabilité politique persistante, entraînant une pauvreté alarmante où 71,5% de la population est touchée. Malgré des efforts gouvernementaux pour atténuer les impacts de la crise socio-économique, la situation reste critique, avec un IDH en déclin et des difficultés dans l'éducation et la santé. Les défis structurels, tels que l'accès limité au crédit et la corruption, entravent le développement durable du pays.
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Économie et pauvreté à Madagascar : enjeux clés

Madagascar fait face à une faible croissance économique et à une instabilité politique persistante, entraînant une pauvreté alarmante où 71,5% de la population est touchée. Malgré des efforts gouvernementaux pour atténuer les impacts de la crise socio-économique, la situation reste critique, avec un IDH en déclin et des difficultés dans l'éducation et la santé. Les défis structurels, tels que l'accès limité au crédit et la corruption, entravent le développement durable du pays.
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I.

ETAT DES LIEUX

a. ECONOMIE
Madagascar n’a connu qu’une faible croissance économique depuis son indépendance (1,9% en
moyenne). Le taux d’investissement durant cette période semble insuffisant (en moyenne 14,6%) pour
tirer une croissance économique élevée, mais l’échec du développement économique et social du pays
provient surtout de l’instabilité politique qui a entrainé une transformation perpétuelle du modèle de
développement à chaque changement de République.

Ce ne sont pas les actions et politiques économiques menées durant les cinquante années passées qui
sont entièrement responsables du déclin de l’économie malgache car, toutefois, à l’aube de chaque
crise survenue au pays, des croissances économiques élevées ont été enregistrées : en 1971(3,9%),
1990 (3,1%), 2001 (6%) en 2008 (7%). L'absence de mécanisme de partage ou de répartition des
revenus issus de la croissance pour créer des emplois et améliorer les conditions de vie de la
population est la cause principale de l’instabilité des politiques menées et l’échec des modèles de
développement économique et social à Madagascar.

Depuis 2009, l’effet des cinq années de crise politique à Madagascar a fortement affaibli l'économie
malgache. Le taux de croissance économique n’est que de 0,9% en moyenne pour la période de 2009 à
2013. La croissance a continué à stagner du fait de l’incertitude persistante, de la perte d’accès au
marché préférentiel notamment celui de l’AGOA, de la suspension des aides budgétaires, et des
catastrophes naturelles. Une modeste reprise s’est amorcée en 2011 avec une croissance moyenne de
2,3 % pour la période 2011 à 2013, soutenue principalement par les deux grands projets miniers
d’envergure mondiale mais elle reste en dessous de la croissance démographique (2,8 %) et de la
croissance économique moyenne de l’Afrique subsaharienne estimée à 5,1 % par le Fonds monétaire
international (FMI).

L’inflation a pu être contenue à 7,6% contre 9,2% en 2008 suite à la maitrise du déficit budgétaire et à
la gestion rigoureuse de la liquidité par la BCM, la stabilisation des prix du carburant à travers la
subvention accordé par l’Etat aux opérateurs pétroliers (un taux préférentiel de devises pour leurs
importations de carburants). Aussi, les prix des PPN n’ont pas connu une volatilité marquante à cause
notamment de la faiblesse de la demande due à la baisse du revenu des ménages sous l’effet de la crise
(fermeture d’entreprises, baisse des activités économiques et ainsi de la consommation).

Le déficit budgétaire a pu être maitrisé et s’est établi en moyenne à l’équivalent de 1,7% du PIB pour
la période 2009-2013 contre 2,1% en 2008, en raison de la compression continue de dépenses
publiques, notamment celles d’investissement public. En effet, la politique d’austérité budgétaire a été
appliquée suite à la suspension des aides budgétaires des partenaires techniques et financiers (qui
finançaient 40 à 50% du budget avant 2009) et à la faible performance des recettes fiscales. Les
dépenses publiques ont été réduites de 4,4 points pour la période 2009-2013 par rapport à 2008,
passées de 18,6% du PIB en 2008 à 14,3% du PIB en moyenne durant 2009-2013.

Au cours de la crise 2009-2013, le déficit de la balance des paiements s’est aggravé à cause d’une
décroissance des opérations financières due surtout à la réduction des IDE (passés de 15% du PIB en
2008 et 2009 à 5% du PIB en 2013) .Par contre, le déficit du compte courant extérieur s’est amoindri,
représentant l’équivalent du 10,2% du PIB contre 18,9% en 2008 suite à la hausse plus rapide des
exportations, marquée par celles de cobalt et nickel, par rapport à celle des importations. De ce fait,
l’Ariary s’est déprécié de 5,4% et 3,2% par rapport aux principales devises (l’USD et l’Euro) malgré
que les réserves en devises restent stables autour de 3 mois d’importations.

Sous l’effet de la crise, la durée du chômage a été de plus en plus longue. En moyenne, le chômage
dure 12,2 mois. Ces phénomènes traduisent l’incapacité du secteur formel à résorber la main d’œuvre
présente sur le marché de l’emploi entrainant l’explosion du secteur informel (constituant 90% des
emplois). Le sous-emploi concerne 10 % de la population active et 80 % pour l’emploi inadéquat.
Comme l’emploi est une des conditions majeures permettant de sortir de la pauvreté, la mise place

1
d’un environnement favorable à la création d’emplois au même titre que d’autres facteurs de
production comme l’investissement est primordial.

La création d’un climat plus propice aux investissements, locaux comme étrangers, demeure toutefois
limitée par des contraintes structurelles liées citées suivantes :
- l'instabilité macro-économique et politique ;
- le manque d'accès au crédit ;
- le coût élevé de l'énergie ;
- l'insécurité foncière ;
- la corruption ;
- les dysfonctionnements de la justice ;
- le manque d'infrastructures et de transports ;
- la pénurie de travailleurs qualifiés ;
- des exigences administratives contraignantes de la législation du travail.

En conclusion, les facteurs du non développement de Madagascar sont à la fois l’instabilité politique
et la faible performance économique du pays.

b. SOCIAL
PAUVRETE

Selon l’Enquête Nationale sur le Suivi des indicateurs des Objectifs de Millénaire pour le
Développement (ENSOMD) 2012-2013, 71,5% de la population malagasy sont pauvres et 52,7% se
trouvent dans un état d’extrême pauvreté. Environ 48,5% des pauvres vivent en milieu urbain tandis
que 77,3% en milieu rural.
La pauvreté est une situation physique et psychologique qui empêche un individu de mener une vie
convenable. Elle se définit comme un état de privation matérielle, caractérisée par un revenu en
dessous du seuil de pauvreté.
- Tout individu dont la contre-valeur monétaire de ses consommations annuelles est en dessous
de 535.603 Ariary est classé comme pauvre.
- Un individu est dit en état d’extrême pauvreté si la contre-valeur monétaire de ses
consommations annuelles est en dessous de 374.941 Ariary.
Cette situation alarmante résulte :
 Des effets de la crise socio-économique endurée par le pays pendant cinq ans à savoir la perte
d’emplois formels dans les zones urbaines ;
 De la disproportion entre le taux de croissance économique et du taux de croissance
démographique, et
 De la diminution du PIB réel par tête passant de 33,8 Milliers d’Ariary en 2008 à 31,5 Milliers
d’Ariary en 2009 pour chuter à 30,1 Milliers d’Ariary en 2012, se traduisant par l’effritement du
pouvoir d’achat de la population et la faiblesse de la demande.
Des actions d’atténuation et curatives ont été entreprises par le Gouvernement pour atténuer les
impacts des différents chocs sur les populations vulnérables et dans le but d’améliorer les conditions
d’existence des groupes défavorisées en leur assurant un minimum vital :
- Accès aux services sociaux de base : distribution de kits scolaires aux enfants scolarisés, mise
en place des cantines scolaires dans les Régions à forte proportion d’enfants vulnérables,
gratuité des soins médicaux et des médicaments, distribution des moustiquaires imprégnés
d’insecticides à l’endroit des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans dans les zones
à forte taux d’incidence du paludisme, supplémentation et récupération nutritionnelle pour
les malnutris ;
- Création d’emplois temporaires aux groupes vulnérables dans le cadre des travaux HIMO et
Argent contre le Travail (ACT) ;
- Mise en place d’un système socio-économique tel que des activités génératrices de revenus ;

2
- Appui au relèvement économique des personnes handicapées et des victimes de chocs dont le
phénomène dahalo, les cataclysmes, le délogement en masse ;
- Protection des enfants entre 5 et 10 ans de la pire forme de travail des enfants ;
- Intervention du Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC) pour
atténuer les réactions aux chocs naturels (cyclones, inondation, invasion acridienne….).

INDICATEURS DE DEVELOPPEMENT HUMAIN

Le développement humain peut se définir comme un processus d’élargissement des possibilités de


choix des personnes en vue de la satisfaction de leurs besoins, de manière soutenue et durable. Le
concept de développement humain se présente et se mesure sur le plan opérationnel par le biais de
l’Indice de Développement Humain (IDH). Théoriquement, cet indice varie de 0 à 1.

L’IDH a connu une baisse, passant de 0,571 en 2008 à 0,483 en 2012, classant Madagascar parmi les
pays ayant un développement humain faible et le plaçant au rang de 151ème sur 187 pays.

Certains résultats de l’ENSOMD permettant d’évaluer ou de donner une quelconque appréciation


de l’IDH de Madagascar se résument comme suit :
 L’espérance de vie à la naissance des Malgaches a été estimée à 65 ans, soit en baisse par
rapport aux années précédentes avec respectivement 66,7 ans et 66,9 ans en 2012 et 2011 ;
 Le taux d’alphabétisation est resté au niveau de 71,4% contre 74,8% en 2008 ;
 Les Taux Bruts de Scolarisation (TBS) n’ont pas connu de véritable évolution, et même en
baisse aux niveaux du primaire (86,3% en 2013 contre 91,3% en 2009), du collège (51,5% en
2013 contre 52,3% en 2011) et du lycée (18,6% en 2013 contre 19,3% en 2012) ;
 Le revenu par tête apprécié à travers la Parité de Pouvoir d’Achat a régressée à 828 USD en
2012 contre 1.450,7 USD en 2008.
EDUCATION

La situation de l’éducation primaire à Madagascar connaît encore de grandes difficultés. Ainsi, à ce


jour et sans une intervention vigoureuse, les quelques résultats acquis dans le cadre de la mise
en œuvre de l’Education Pour Tous (EPT) risquent d’être perdus et pourront compromettre
l’atteinte des objectifs de l’OMD à l’horizon 2015.
Le Taux Net de Scolarisation a connu une régression, passant de 91,3% en 2009 à 86,3% en 2013,
situation montrant que bon nombre d’enfants âgés de 6 à 10 ans n’ont pas encore accès à l’école alors
que beaucoup d’enfants âgés de plus de 10 ans fréquentent encore l’école primaire. On estime que le
nombre d’enfants qui devraient être à l’école mais qui n’y sont pas pourrait avoir atteindre au moins
600.000 enfants ces dernières années.
Plusieurs facteurs ont potentiellement des impacts sur la scolarisation primaire dans un contexte de
crise politique et économique prolongée, à savoir : (i) la hausse des coûts directs et indirects liés à la
scolarisation ; (ii) la pauvreté des ménages ; (iii) la perception du retour de l’investissement dans
l’éducation, et (iv) les coûts d’opportunité associés à l’éducation.
Une hausse remarquable des enseignants communautaires (FRAM) est notée : passant d’environ
40.000 en 2008 à 76.000 en 2013.

SANTE, VIH SIDA ET NUTRITION

Malgré les efforts conjugués de l'Etat, des partenaires au développement et des ménages, la situation
sanitaire reste préoccupante à cause d'une morbidité et d'une mortalité élevées liées au paludisme et à
la pandémie du VIH/Sida. Le principal problème qui se dégage de l’analyse du système de santé est
l’insuffisance de l’offre de soins accentuée par la crise sociopolitique que le pays a connue. Cette
insuffisance se traduit par une faible couverture sanitaire, l’inexistence ou l’inadéquation du plateau
technique des structures sanitaires ainsi que l’insuffisance et l’inégale répartition spatiale du personnel
de santé.
3
Organisation du Système de Santé

La faible qualité des soins, l’insuffisance de couverture vaccinale et l’accès limité aux médicaments
essentiels accentuent la non satisfaction des besoins en santé des populations, notamment chez les plus
vulnérables. Enfin, le secteur de la santé est confronté à un problème de financement résultant de la
stagnation de la proportion du budget du Ministère en charge de la santé, de la paupérisation croissante
et de l’inexistence d’un dispositif de couverture du risque maladie.

- Le taux de consultation externe des CSB a connu une baisse passant de 38,2% en 2012 à
29,2% en 2013 à cause de la fermeture d’un certain nombre de CSB dans les zones enclavées
insécurisées. L’on signale aussi que le manque de personnel entraîne l’insuffisance de la
continuité de services dans les CSB notamment avec un seul personnel au poste.
- Le taux d’occupation des lits en milieu hospitalier a été stabilisé à 40% durant les quatre
dernières années. Toutefois, l’objectif annuel de 50% n’est pas atteint vu l’insuffisance de kit
d'urgence et de fonds d'équité pour la prise en charge des démunis en milieu hospitalier.
- Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le ratio Paramédical habitant doit être au
moins égal à 1/5.000 habitants. Pour la période 2010-2013, ce ratio n’a cessé de s’améliorer
passant de 1/16.678 habitants en 2010 à 1/7.951 habitants en 2013 contre 1/3.388 habitants
en 2009. Pour la même période, le Ratio Médecin habitant est passé de 1/20.158 habitants en
2010 à 1/17.232 habitants en 2013, contre 1/5.228 habitants en 2009 alors que la norme de
l’OMS est de 1 Médecin pour 10.000 habitants.
- Le taux de disponibilité en médicaments essentiels n’a atteint que 88% en 2013 contre 98,1%
en 2009. Malgré l’approvisionnement des Pharmacies de Gros du District (Pha-G-Dis) en
médicaments essentiels génériques par le biais de la Centrale d'Achat SALAMA, le taux de
satisfaction des ordonnances servies se stabilise autour de 70% ces dernières années. Cette
faiblesse est liée à l’insuffisance de l’utilisation du Fonds d'équité ayant pour cause la
réticence liée à la stigmatisation d'être étiqueté de démunis et à l’insuffisance de couverture
en mutuelle de santé.
- La part du budget de la Santé par rapport au budget total a diminué à 7,60% en 2013 contre
8,4% en 2008.
Santé de la mère et de l’enfant

Mortalité maternelle, infantile et infanto-juvénile


D’après l’ENSOMD 2012/2013 :
 le taux de mortalité infanto-juvénile a connu une véritable amélioration durant les 15
dernières années, passant de 72‰ à 2009 pour chuter à 62‰ en 2013. Ce taux n’a atteint
que 39% en milieu urbain contre 64% en milieu rural ;
 Le taux de mortalité infantile a connu également une baisse entre 1997 et 2013 passant de
93‰ en 1997 à 42‰ en 2013 dont 30% en milieu urbain et 43% en milieu rural ;
 Le taux de mortalité maternelle pour 100.000 Naissances Vivantes (NV) a diminué à 478
pour 100.000 NV en 2012/2013 ;
 Le taux de mortalité néonatale pour 1.000 NV est passé de 24 pour 1.000 en 2008/2009 à
26 pour 1.000 en 2012/2013.
Couverture vaccinale
D’une manière générale, le taux de couverture vaccinale a connu une diminution au cours de ces
dernières années suite au manque de mobilisation sociale et d’inaccessibilité de la population aux
formations sanitaires.
- La couverture vaccinale en BCG a été très faible avec seulement un taux de 58,50% en 2013
contre 86,4% en et 2008;
- Le taux de couverture vaccinale en DTCHépB3Hib a diminué à 81% contre 87,9% en 2008 ;

4
- Le taux de couverture en vaccin anti-rougeoleux a également diminué à 78% en 2013 contre
85,0% en 2009.
Maladies transmissibles

Paludisme
A Madagascar, le paludisme représente la huitième cause de morbidité dans les centres de santé. Les
groupes prioritaires bénéficiaires du programme de prévention et de lutte contre le paludisme sont les
femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans à travers la Campagne d’Aspersion Intra
Domiciliaire d’insecticides (CAID), la distribution de Moustiquaires d’Imprégnations Durable (MID)
et le Traitement Préventif Intermittent du Paludisme (TPI). Toutefois, on a enregistré une hausse du
taux d’incidence du paludisme s’élevant à 5,52% en 2013 contre 1,88% en 2008 et du taux de
mortalité du paludisme en milieu hospitalier passant de 8% en 2008 à 8,20% en 2013.
VIH/SIDA
L’engagement du Gouvernement pour renforcer la lutte contre le SIDA concerne surtout l’élaboration
du nouveau Plan Stratégique National (PSN) 2013-2017, qui constitue le cadre de référence permettant
de renforcer les acquis et de mobiliser toutes les parties prenantes contre ce fléau. Le nombre de
personnes ayant effectué le dépistage est passé de 427.829 individus en 2008 à 322.674 individus en
2012, malgré l’extension de la couverture des services de dépistage dans 57% Formations Sanitaires
opérationnelles soit des formations sanitaires. L’on note toutefois que 367 personnes vivant avec le
VIH ont été nouvellement identifiées en 2013 contre 165 personnes en 2008.

Nutrition
Selon les résultats de l’ENSOMD 2012-2013, la situation reste préoccupante au niveau national car
47,3% des enfants de moins de 5 ans souffrent encore d`une malnutrition chronique et 8,6% des
enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aigüe dont 1,4% de malnutrition aigüe sévère.
L’on note que les filles sont les sujets les plus à risques de malnutrition aigüe avec un taux de 7,8%
contre 6% pour les garçons.
L’année 2013 était une année de mise en œuvre effective du Plan National d’Action pour la Nutrition.
Les partenaires et acteurs nationaux et internationaux n’ont pas manqué d’apporter leur contribution à
la lutte contre la malnutrition dans le pays, et ce sous la coordination multisectorielle et multi-acteur
de l’ONN.
Les indicateurs en matière de nutrition montrent une augmentation du taux d’insuffisance pondérale
chez les enfants de moins de 5 ans fréquentant les sites de nutrition communautaire à 19,83% en 2013
contre 18,26% en 2009 et une baisse de la proportion des enfants présentant un déficit pondéral vus en
consultation externe des CSB passant de 13,4% en 2009 à 9,6% en 2013.

INSECURITE ALIMENTAIRE

L’insécurité alimentaire sévit sur le pays ces dernières années à cause des effets combinés de la
conjoncture politique, des catastrophes naturelles, de la vétusté des infrastructures hydro agricoles, de
l’indisponibilité et le coût élevé des intrants agricoles, l’insécurité foncière, la dégradation des
ressources naturelles, la faiblesse du recours au crédit en matière de financement du secteur. La
production de paddy est passée 6,2 millions de tonnes en 2009 à 5,1 millions de tonnes en 2013.
La commercialisation des produits est handicapée par la dégradation des infrastructures routières et
des infrastructures de transport. L’on note que seulement 40% des Communes ont été accessibles par
voie de surface toute l’année en 2013 contre 60% en 2009.

5
c. COOPERATION EXTERIEURE

 Situation générale de l’aide reçue par Madagascar


Après avoir connu des baisses en 2011 et 2012, l’ensemble des allocations des partenaires habituels
(bilatéraux et multilatéraux) et non habituels (coopérations décentralisées et organisations non
gouvernementales internationales) a connu une hausse de 19,6% entre 2012 et 2013, passant de 419
millions USD à 501 millions USD. Cette situation reflète notamment le regain de confiance des
partenaires vis-à-vis du processus de sortie de crise engagé, marqué par une augmentation de 63% des
décaissements pour le secteur gouvernance entre 2012 et 2013. Les PTF habituels et les coopérations
décentralisées ont contribuées à cette évolution positive avec des hausses des aides fournies,
respectivement de 20,4% et 7,3% sur la même période. La mise en œuvre du Programme d’Appui au
Cycle Electoral à Madagascar (PACEM) a bénéficié du soutien des bailleurs de fonds dont l’Union
Européenne qui a plus que doublé ses décaissements passant de 30,643 millions USD en 2012 à
70,777 millions USD en 2013.

Décaissements Effectifs en milliers USD Total


Partenaires de développement
2010 2011 2012 2013 2010 - 2013
Agences Multilatérales (352) 321 602 255 701 256 204 321 960 1 155 467
Agences Bilatérales (427) 166 454 153 874 131 582 144 993 596 903
Organisations Non
21 953 22 586 22 598 24 760 91 897
Gouvernementales (74)
Coopérations décentralisées 6 168 7 733 8 816 9 464 32 182
TOTAL (845)* 516 177 439 894 419 200 501 177 1 876 449
Source : Aide Management Plateform (AMP) Madagascar

En 2013, par rapport au volume des décaissements, la majeure partie de l’aide provient des Agences
multilatérales, soit 64,2% du volume total. Les aides bilatérales occupent la deuxième place avec
29,0%, et les coopérations décentralisées et les ONG internationales ne représentent que
respectivement 1,9% et 5% de l’aide.
Les décaissements des PTF habituels constituent 93,2% de l’aide totale reçue par Madagascar en 2013.
Une reprise des allocations des partenaires bilatéraux et multilatéraux a été enregistrée en 2013 avec
une hausse de 19,8% après la tendance baissière observée en 2011 et 2012.
De 2010 à 2013, plus de 80% des décaissements des partenaires multilatéraux proviennent :
- des Nations Unies (SNU) pour 29,7%
- de la Banque Mondiale (BM) pour 26,8%
- de l’Union Européenne (UE) pour 14,9%
- et du Fonds Mondial (GFATM) pour 12,2%.
Par ailleurs, il faut souligner le doublement des décaissements réalisés par l’Union Européenne en
2013 par rapport à 2012 ainsi que les hausses enregistrées par la BAD (+82,7%), la Global Alliance
for Vaccines and Immunisation (GAVI) (+59,8%), la Banque Mondiale (+36,2%) et l’OPEP
(+12,6%). Les nouvelles contributions de la SADC et de la COI sont aussi à souligner,
particulièrement dans le cadre du Programme d’Appui au Cycle Electoral à Madagascar (PACEM).
Les Etats Unis et la France constituent les principaux partenaires bilatéraux de Madagascar en
occupant à eux seuls plus de deux tiers des aides bilatérales du pays entre 2010 et 2013, soit 69,6%.
Les Etats Unis occupent la première place avec plus du tiers des décaissements des agences bilatérales,
soit 37,8% sur la même période. La France contribue aux allocations bilatérales à raison de 31,8%.
A côté de l’aide des PTF habituels, le volume des allocations provenant des partenaires non habituels a
connu une tendance à la hausse depuis quelques années, passant de 28,121 millions USD en 2010 à
30,319 millions USD en 2011, à 31,414 millions USD en 2012 pour atteindre 34,224 millions USD en
2013.
Il faut noter que pour l’année 2014, à la fin du mois de Juillet, les décaissements enregistrés à la base
AMP-Madagascar, sont de 196,747 millions USD, soit 39,2% seulement de l’aide reçue en 2013
(coopérations décentralisées non comprises).
6
 Les déclarations de promesses de financements
Avec l’avènement de la quatrième république, suite aux élections présidentielles et législatives, le
nouveau gouvernement a été mis en place. La communauté internationale a reconnu le nouveau
régime et a fait des déclarations de promesses de financement aussi bien dans le cadre de l’appui
budgétaire que pour les financements des programmes et projets.
La Banque Mondiale a promis 65 millions USD pour le Projet d’urgence en matière de sécurité
alimentaire et de protection sociale, et 10 millions USD pour le Projet d’appui d’urgence aux services
essentiels en matière d’éducation, de santé et de nutrition ; ces déclarations ont été approuvées par le
Conseil d’Administration de la Banque Mondiale, et les projets sont en attente de mise en vigueur.
L’Union Européenne a déclaré appuyer la gouvernance, la gestion des ressources naturelles, le
développement rural, les infrastructures, le renforcement du système judiciaire, la création d’emploi et
le volet social pour 455 millions Euros ; les décaissements attendent les détails et les priorités de la
PGE ; l’Union Européenne accorde également 300 millions Euros au titre de l’aide dans certains
domaines dont la Santé, la réhabilitation de la RN8 et le renforcement de capacités de la structure de
développement agricole de la Basse Mahavavy ; ce Projet a été lancé récemment par l’ONG EFA pour
une période de 32 mois, et cible 3 100 ménages.
Le FMI a promis d’accorder une Facilité de crédit rapide (FCR) de 47 millions USD ; cet accord a
été adopté par le Conseil d’Administration du FMI à Washington le 18/06/2014.
Le Système des Nations Unies, dans le Plan Cadre des Nations Unies pour l’Aide au Développement
(UNDAF) 2015-2019, a programmé 523 382 500 USD de financement, dont 53,1% à mobiliser, soit
278 125 000 USD.
La BAD, le FMI, l’Union Européenne, et la Banque Mondiale ont ensemble promis d’appuyer les
secteurs : Education, Santé, Environnement, Infrastructure pour 200 millions USD.
La BAD a déclaré accorder 49,5 Millions Unité de Compte dans le cadre du FAD XIII 2014-2016 et
60 Millions Unités de Compte dans le cadre de Madagascar Etat fragile, qualité reconnue en avril
2014. Sur les 60 millions UC, 25 millions UC sont alloués au titre d’aide budgétaire 2014.
II. EBAUCHE DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE
Une politique économique pour la période 2014-2017 a été élaborée par le Ministère de l’Economie et
de la Planification dans le but de renverser la tendance observée au cours des dernières années au plan
économique et social, d’assurer un cadre macroéconomique stable, garant de l’expansion des
investissements privés, d’améliorer les conditions de vie de la population et de réduire la pauvreté.
Ayant fait l’objet d’une communication en Conseil des Ministres, la politique économique est
cohérente avec la Politique Générale de l’Etat (PGE) et mise sur une croissance inclusive et durable en
ciblant des secteurs prioritaires, générateurs d’emplois et de revenus. Elle intègre un système de
protection sociale en faveur des démunis et des actions en renforcement de leur résilience face à la
fréquence des aléas climatiques. L’économie devra évoluer dans le cadre d’une décentralisation où
sera effectif le transfert de pouvoir aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD).
La politique s’articule autour de cinq axes stratégiques incluant des actions et des mesures spécifiques
pour chacun des domaines d’intervention :
 la préservation de la stabilité macroéconomique dans la perspective d’améliorer la prévisibilité
du contexte économique interne, de soutenir le programme d’investissement des entreprises
grâce à un cadre macroéconomique stable, et de donner un coup d’arrêt à l’effritement du
pouvoir d’achats via la réduction de l’inflation ;
 la relance des activités dans quelques domaines prioritaires : développement rural, mines,
tourisme, environnement et forêts, élevage et pêche, protection sociale et filet de sécurité.
Certains de ces domaines semblent avoir connu des constantes détériorations ou des
dysfonctionnements tangibles dus à la crise, alors que leur contribution à la croissance, à
l’emploi et au développement est évidente ;

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 le soutien aux secteurs d’appui au développement : système financier, secteur privé, énergie ;
transports, infrastructures de communication, redynamisation des entreprises publiques dans le
cadre d’un programme de restructuration et d’assainissement bien défini, développement du
capital humain, gestion des risques et catastrophes naturelles ;
 la redynamisation et le développement du système social : système éducatif et sanitaire, eaux et
assainissement, emploi, habitat ;
 l’Etat de droit, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la sécurisation des biens et
des personnes et l’enclenchement du processus de dialogue politique, garant du bon
fonctionnement du système juridico-politique et du progrès socio-économique durable. Le
processus doit évoluer dans le cadre d’une décentralisation où le transfert de pouvoir aux CTD
est effectif.
III. CONDITIONS DE REUSSITE DE LA POLITIQUE
La réussite de la politique économique est tributaire de quelques conditions afférentes au contexte
interne et externe. La stabilité politique interne est primordiale en tant que condition préalable à
l’expansion des investissements privés. L’histoire atteste que l’afflux des capitaux étrangers est
étroitement lié à l’évolution du contexte politique et des conditions macroéconomiques internes. Leur
stabilité offre une meilleure prévisibilité dans divers domaines : choix optimal des secteurs
d’intervention, perspectives d’investissements, rentabilité des capitaux investis,…
La politique doit être accompagnée d’un plan d’actions cohérent, dont l’élaboration relève de la
compétence des Ministères techniques en charge de la mise en œuvre. Celle-ci, pour qu’elle soit
efficace, doit être menée à temps pour se prémunir contre les éventuels effets pervers associés à la
variation brusque et inattendue du contexte international (hausse des prix du pétrole, baisse des prix à
l’exportation, renchérissement des taux d’intérêts, préjudiciables aux investissements étrangers, …).
Les partenaires techniques et financiers ont manifesté leur intention de soutenir la politique de relance
économique après la mise en place d’un Gouvernement et des institutions issus des élections libres et
transparentes. Des déclarations ont été faites pour ce qui concerne les aides susceptibles d’être allouées
sans que le déblocage soit effectif. Ainsi, il reste à accélérer le déblocage puisque la disponibilité à
temps des aides attendues contribue à l’efficacité des actions à engager et à l’atteinte des objectifs
fixés.
Une large adhésion de la population en général et des acteurs de développement en particulier est
nécessaire pour soutenir la politique économique et faciliter la mise en œuvre. A ce titre, des
campagnes de communication et de sensibilisation à l’intention des différentes couches sociales
méritent d’être organisées au niveau central et régional.
La qualité des institutions et l’existence de canaux qui permettent à la base sociale et économique de
participer aux processus de décisions économiques et politiques sont les garants du développement
économique. L’absence chronique de ces deux aspects complémentaires de gouvernance (du haut et du
bas) a généré une politique économique en faveur d’intérêts particuliers plutôt que de l’ensemble de la
nation. Il est donc important d’établir un Etat de droit respectant entre autre la gouvernance sécuritaire
et la redevabilité sociale dans le processus de relance économique et de redressement social.
IV. FACTEURS DE RISQUES
Il s’agit essentiellement des risques associés à la faiblesse des institutions : déficit en ressources
humaines, insuffisance des moyens techniques et financiers pour mener à bien la mission avec pour
impact, la non réalisation éventuelle des objectifs fixés,… Ce qui pourrait entraver la mise en œuvre
efficace de la politique économique.
D’autres risques, en général inhérents aux pays en développement, sont étroitement liés à la non
disponibilité des informations fiables pour l’évaluation des performances. Toutefois, celle-ci constitue
un préalable à l’éventuel réajustement de la politique économique dans la perspective de renforcement
de son efficacité.
Tous ces facteurs ont été pris en compte dans la conception et l’élaboration de la politique
économique.

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