Recherchfs Sur La Genese Et L'Evolution
Recherchfs Sur La Genese Et L'Evolution
DU SENEGAL
-oooCX) 000 0 -
ERRATA
Pages Lignes
12 pH au lieu de pli
3 16 attribue
6 16 Ziguinchor
8 10 pH au lieu de pli
11 3 sédiments
2$ donnent
12 10 oxydants
20 16 Adansonia
23 10 remplacer V 53 par N° 3
24 9 remplacer V 51 par N°
10 V 52 N° 2
25 dernière V 51 N°
29 10 Echinochloo
31 20 supprimer (2)
36 10 adsorbés
41 4 physico-chimiques
14 limnigraphe
- l -
INTRODUCTION
Les sols de mangroves tropicales ont d~jà fait l'objet de nombreuses ~tudes,
mais les chercheurs se sont particulièrement penoh~s sur les problèmes des caractères aetpis
au cours de l'assainissement et de la construction de polders, le but prinoipal de ces
op~rations ~tant l'extension des surfaces utilisables pour la riziculture.
Parmi les r~gions où ont ~t~ entrepri ses ces ~tudes i l convient de citer la
Gambie, la Sierra Leone, le Nig~ria, la Floride, les Guyanes, la Malaisie, le Vietnam,
ainsi que le S~n~gal, la Guin~e, laGuyane Française et Madagasoar dans le domaine gé[Link]~
dtaotivit~ de l'O.R.S.T.O.M.
Rokupr en SieIT8 Leone, de 1954 à 19622, perm! lesquels i l faut mentionner TeE. TOMUmON,
M.G.R. HART, J.W.O. JEFFERY et P.R. HSSE.
Ces auteurs ont mis en évidence les modifications du pli et d'un certain nombre
de caractères ohimiques provoqu~s par le dreinage et la dessication de ces sols et ont ob-
servé que ces modifications n'avaient pas la mOrne amplitude suivant les sols et les types
de v~gétation les oouvrant à l'origine.
Au Sén~gal même, où quelques sols d'anoiennes mangroves ont été prospect~s Pir
R. MAIGNIEN, dans un but plus précis~ment agronomique, une sooiété néerlandaise (ILAOO),
a construit un polder dans une zone de mangrove de la r~gion de la Casamance, d ans le
but de rechercher des techniques d'assainissement faoilement r~alisable par les oultiva-
teurs locaux.
Il nous a paru plus logique de tenter une étude plus fine de ces sols, en
- 2 -
insistant sur leur genèse et leur comportement dans le milieu naturel, afin de dégager les
différentes phases de leur évolution, et ainsi mieux connattre les facteurs sur lesquels
DEFINITIONS
Les mangroves sont des formations végétales arborées spécifiques des régions
littorales à climat équatorial ou tropical humide ; elles peuvent cependant subsister à
l'état de "reliques" en région plus sèche, tropicale sèche ou même semi-aride, attestant
végétation.
Les sols y sont récents, en cours d'évolution, et l'on peut y observer les
différents stades de la pédogenèse précose.
Les tannes (termes vernaculaire "ouolof") sont des étendues sans végétation
situées à l'arrière des mangroves, qui ne sont plus atteintes par la submersion quotidienne,
sauf aux très grandes ma~es, mais subissent une alternanoe annuelle d'inondation et d'as-
sèchement, que favorise le climat tropical alterné, saison sèohe et saison des pluies (ou
hivernage) étant nettement tranchées. Ils sont fr~ents au Sénégal, nais plus rares en
Sierra Leone ou au Nigéria.
Les marais à halophytes qui sont mêlés aux tannes sans végétation, et caracté-
risés eux aussi par une submersion annuelle, leur sont assimilés.
de l'Ooéan Atlantique, est une région idéale pour l'étude des mangroves, des tannes et de
16"~D'
t~"30' 1
.....
fi 500 000'
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
...... + .. + + ~ ++ .. +++ .....:
LEGENDE
FRDtlT1ERE
R OuT E
f--
Limite â mont G6
., Id
1 [Link]. Iles ed(J)( salines
en saison sèche.
z:
«
lJ.J
. .. .......... ~ + ..
N E
G ù p o R T.
Int~rnot;DnQl
<Il
- 3 -
leurs sols. Les mangroves y sont très étendues et remontent jusqu'à près de 200 Kms de la
merl le long des deux cours d'eau qui drainen~ cette région, la Casamance et le Songrougrou.
bassin de la Casamanoe, par ailleurs les matériaux déposés sont d'une grande homogénéité,
4) Géomorphologie.
Les séries marines du Crétacé, de l'Eocène et du Miocène sont surmontés par des
Terminal o Ces formations constituent des plateaux très largement découpés au Quaternaire,
d'autant plus que l'on s'approche du rivage marin, et qui disparaissent à l'ouest par un
( )~ Cet auteur a distingué les dép&ts sableux en terrasses qu'il attibue à une transgres-
sion "ou ljienne", qui suivit le creusement des vallées des marigots lors d'une régression
les dépOts argileu:c récents des vasières, et enfin les dépOts sableux des cordons littoraux
subactuels et aotuels.
Tout d'abord, il semble que l'on puisse nettement étendre les surfaces de la terrasse
lI oulj ienne', en particulier sur le pourtour du petit plateau limité à Pest par la route
Btgnona-Diouloulou~ Par ailleurs, à l'intérieur ~e des vallées colmatées qui rejoignent
les marigots de Bignona, de Baïla et de Diouloulou, on observe fréquemment des ilots sa-
bleu~ séparés par des chenaux argileux, tous sensiblement à la même altitude, qui sont in-
A l'amont de ces vallées colmatées, le sable est moins trié et les traoes de
colluvionnement sont nettes~ Cependant, on ne trouve jamais dans oette région, des dép6ts
sableux surmontant les dép6ts argileux récents, comme à l'ouest, sous les oordons littoraux~
laquelle a débuté le dép6t des vases et argiles, soit marqué par une terrasse argileuse,
analogue à un anoien schorre, que l'on peut observer par exemple près de la rizière dite
La morphologie aotuelle de "slikkeu et "schorre" ntest pas aussi nette que dans
les pays tempérés, on observe cependant de l'aval vers l'amont: d'abord les zones à mangm~
recouvertes à chaque marée, puis les zones plus ou moins dénudées recouvertes par les marées
de vives eaux, puis par ~ seules grandes marées, enfin la zone de transition avec les sols
argileux de vasières, le raccord avec les dépots sableux "ouljiens" et les colluvions
Sur la face ouest des bas plateaux, les vallées oolmatées sont presque entiè-
Les premières observations ont mon~ que si au voisinage de l'Ooéan, les diffé-
renoes d'altitude entre les terrasses "ouljienne" et "flandrienne~ sont fortes (4 à 5 m),
elles s'atténuent en remontant vers l'amont des oours d'eau, les niveaux sableux disparais-
sant m~me, alors que l'on trouve des dép8ts argileux consolidés en amont de Sedhiou. p.
B) Mat~riaux.
I) Nature et origine.
Mis à part les matériaux grossiers que nous n'aborderont pas, les dépOts des
vasières sont caraotérisés par une forte altération, la kaolinite y est le minéral presque
exclusif, avec le quartz finement divisé. Le bassin versant est en effet constitué des seule;
formations du Continental Terminal qui ont subi une intense ferrallitisation~ Dans d'autres
linite, oautionnant la notion dhéritage, qui semble également valable pour le bassin de la
Casamance.
2) Epaisseur~
atteint moins 50 mètres par rapport au niveau marin actuel. Des mesures de sondages éleo-
triques permettent dlapp~écier à environ 30 mètres l'épaisseur des sédiments fins, même
dans les petites vallées affluentes~ Les car~ges ont permis de reconna1tre 2 couches,
nement au Quaternaire.
C) Climatologie.
Il se caractérise comme le climat soudanien par deux saisons sèche et plusieuse très
tranchées, mais avec des précipitations plus importantes et une humidité de l'air plu~ ére-
vée. L'influence de la mer y est par ailleurs importanteè Bignona, ~tué à 25 kms au nord
Températures.
23°8 25°6 27°4 27°9 2805 28°4 27°I 26°4 26°9 27°8 26°7 24°4 26°7
Fi9: 2
PR~CIPITATION EVAPORATION
Sos -
3°0 -
,_._ ..... .
/ - ' \.
\
/
\
1
\
,1
.... -
--
2.00 -
/'
-- /'
/" "' \
\
, ","
~
_" _" ~:t'"
/
"'"
","
\
.-- /'
/
AOO - 1
/
,/
---
,/
.....-
0
J J S ~ :J>
"
J F Pa M 0
Précipitations Ziguinchor.
Evaporation Il (piclle)
(6ac C()/Oy~tlo 1968/
"
- 6 -
Hygrométrie.
90 et 100 % (99 % de JufUet à Novembre). Les minima ne sont pas inférieur à 30 % et se si-
tuent autour de 70 % en hivernage.
Précipitations. (fig. 2)
Sedhiou. Le mois d'aoOt est le plus pluvieux, avec 34,4 % et 33,2 % des précipitations
annuelles, respectivement pour Zinguinchor et Sedhiou.
Vents.
Les vents sont du secteur nord-est en saison sèche, du seoteur ouest en sai-
son humide. Bien qu'ils ne soient jamais très violents, les vents de saison sèches, aidés
de fréquentes trombes, peuvent occasionner'une importante déflation dans les zones dépour-
Evaporation.
mensuel, faible en saison des pluies, dépasse 100 mm de décembre à juin et atteint presque
Les mesures effectuées par 1LACO en bac Colorado donnent des résultqts plus
élevés que celles de l'évaporomètre Piche, ainsi que le montre la figure 2. Elles ren-
draient cependant plus fidèlement compte des variations observées dans le régime hydrique
des sols.
D) Hydrologie.
Tous les cours d'eau de la zone qui nous intéresse de la Casamance Maritime
sont soumis ~x mouvements des marées. M~me pendant la saison des pluies, et malgré d'im-
portants apports dus aux fréquentes averses, ces mouvements se propagent loin vers l'amont.
On observe simplement de légères diminutions d'amplitude. En saison sèche, alors que l'écou-
lement en provenance des plateaux est pratiquement interrompu , la marée parcourt librement
les marigots.
, L'hivernage a surtout une influence sur la salinité des eaux cp i se déplacent.
E
",.
-!l
z.
1 ..
1 •ID
Cc..
• ,0:
- SALINITE: DE L'EAU DU MARIGOT DE NIA55A A MEDINA
...
lU
(VALEUR MOYfI'tt1E MAREE HAUTE ET MAREE &A55E~_
_ _.~ BIGNONA À BALIN&ORt. '
Fig: 3 .. , , ' '/If
'0
1
1 / ' - - .......
!I6 +-------+-----+------+-----+-------+-----+------+-----r------+-----t---~.L.j_--""'~+-----1
+ "'"
i 1
1
1 1
Il
+ /+
/ ' "
L.J.. +--+
i
\---+-----"r'---t- -t-- --+-_-_+------'+'---_+--+---=A:..:,I'l:..:.Il-=.f=--E----.:..:.f9=--"t----=l-.:..:96:..:,7.::-_--+-'
1
40
.\. '1,
~----------t---l\---\- ---+---+--=====~~~~---i-----I----I------+---.~--+--~V~'"\--+-~
., ,..~ 19b7 Balin"ré 1 ;/ i /l \'"
~b \ \ ! i : /{ , V· i / \ \
~2 \
\
\
1
I i
i
i
1
/:
/ Ji. 1 / \
'"
1
1 1
\ \ 1 \ 1 ; 1 ; / / l ( \ \ Il
,,
1
1
~
\'1
1
,
,
i i
, e 8 ~ 5 2~ e I~ ,3 e ,~ 1:; , [; i5 2, 1 8 15 2, 1 Il 1S 2:; 1 Il Il 15 n , e i5 23 1
DATf
AG..,7 SEPT 0(T JANv FEVll AvRI L JUIN JUI~lfT
- 7 -
l'année, les pluies de l'hivernage provoquent une très forte et très rapide chute de la
en saison sèche est d'autant moins rapide et son terme moins élevé que l'on s'éloigne de
l'embouchure.
II. METHODOLOGIE.
A) Sur le terrain.
de tanne, de~is l'embouchure de la Casamance juscp 'à l'amont des vallées affluentes, où
terrasses ont été caractérisé9, ainsi que leurs rapports avec les vasières~ Une étude
dynamique sommaire de ces dernières a été entreprise, à l'aide des photos aériennes et
échanti Hons.
C'est près de Balingore, sur le marigot de Bignona, qu'à été choisie la zone
trouve.
195"4-
Région de Ziguinchor
Iles ~ux oIseaux
daprts photos aérie/1/JeJ.7U IjsOIJf)Q'
- 8 -
régime hydrique ont été sélectionnés, sur lesquels ont été faites les opérations suivantes
surface,
Par ailleurs, la cha~ne de sols a été équipée d'une série de pièzomètres enfon-
cés à 0,50, l et 2 mètres de profondeur, pour le prélèvement périodique des nappes, tandis
d'oxydo-réduction, à l'aide d'un m3tériel portatif facilitant les mesures nin situ l1 •
B) Au laboratoire.
A la différence des sols drainés, qui ne posent pas de problèmes pour la conser-
vation des échantillons, on se hemrte dans l'étude des sols de mangroves à de nombreuses
difficultés, et l'on doit faire appel à d'autres techniques que celles qui sont habituel-
graphie.
r) Difficultés.
Parmi les particularités des sols étudiés qui compliquent leur étude analytique
on peut citer:
méthodes classiques.
qui se produisent entre le sol et sa solution, d'une part, et les nappes qui le baignent,
d'autre part. La tentative de bilan est cependant délicate, en raison des pertes qui
profondeur ou latéralement vers les m8rigots, les départs de gaz (SH2 , méthane, mercaptan)
2) Méthodes employées.
de tubes étanches, le contenu est ensuite divisé longitudinalement en deux (technique GONI,
- sels solubles,
dosage des différentes formes du soufre,
3) Etudes oomplémentaires.
Indépendament des mesures.périodiques qui sont faites dans le polder de Medina,
qui sont destinées à suivre les transformations induites dans les sols par différentes tech-
levés en pots étanohes, ont été soumis à une dessication ménagée, les variations du pH
processus naturels.
A) Le matériau originel.
Une récente mise au point de A. GUILCHER a montré que l'origine des vases
marines ou mieux, fluvio-marines, est [Link], au moins dans les régions chaudes qui
nous intéressent ioi. Nous ne reviendrons pas sur les conditions de dépOt qui ont été analy-
sées par cet auteur. Nous passerons rapidement en revue les principales caractéristiques
de ces vases.
Les vases sont constituées de matériaux variés, tant par leurs dimensions
granulomètriques que par leur constitution minéralogique. C'est donc plus un état du maté-
Les rra tériaux apportés en suspension par les cours d'eau subissent, dans les
estuaires comme dans la pleine mer, une importante homogénéisation. Le brassage par les
oourants de marée provoque un mélange intime des particules minérales amenées par les cou-
rants fluviaux et les particules organiques dont une grande partie proviendrait du planc-
ton.
2) Origine.
a) Influence du bassin versant.
duit l'influence de l'héritage du bassin versant. On trouve ~galement du quartz dans la plu-
part des fractions granulomètrïques, ces grains de quartz sont généralement colorés par des
- II -
oxydes de fer comme dans les sols qui recouvrent les plateaux.
Les sédiements déposés sont riches en eau (100 à 150 %du poids sec), la
teneur en eau serait liée d'une part à la granulomètrie du sédiment, d'autre part, à la
tain nombre de transformatiornqui nous permettent de dire que la vase, dès après son dép~t,
l'état d'anaérobiose.
1) Influence du tassement.
en eau d~ns les oouches situées immédiatement sous la surfaoe du dépôt. Dans les vases nues
dt Casamance, el~passe de 180 à 200 % dans la couche de 0 à 20 cms,à 160 %de 20 à 40 cms
et se stabilise à environ 155 % jusqu'à l mètre.
L'eau, ou plut6t la solution saline qui est ainsi expurgée du sédiment, en tra-
verse les couches supérieures, et oontribue ainsi à homogénéiser le sol en cours de forma-
tion.
2) Influence de l'anaérobiose.
Sous l'action de baotéries spécifiques comme Sporovibrio desulfuricans les
sulfates de l'eau de mer sont réduits en ions sulfures SH· et S--qui, se combinant au fer
apporté dans la fraction minérale, donne des sulfures de fer, de la pyrite. Le fer pro-
viendrait des hydroxydes fixés sur les feuillets argileux, tandis que les lits plus
de son appauvrissement en ions S04 au profit d'ions S-- et SH- donc en acide fort au
profit d'acides faibles, l'eau intersticielle voit cugmenter sa réserve alcaline. D'autre
part, une partie seulement du fer libéré des argiles serait consommé pour la production
de polysulfures, une certaine proportion du reste serait solubilisée dans l'eau intersti-
cielle.
atteint dans le sédiment et sa solution. Le cycle du soufre est bloqué au stade sulfure,
b~s mers, et donc subit une découverte de plus ou moins longue durée, les fruits flottants
Envisageons tout d'abord les différentes espèces végétales présentes dans les
mangroves.
Cinq espèces d'arbres seulement entrent dans la composition des vastes peuple-
caractérisés par des racines échasses qui partent du tronc et des basses branches pour
breuses, ainsi que par de remarquables fruits vivipares et flottants, qui sont susceptibles
de donner de nouveaux arbres dès qu'ils sont en contact avec la vase stabilisée. Seul le
Les Rhizophorœsont complétés par Avicennia nitida (=germinans) qui lui aussi
est très largement répandu, et Laguncularia racemosa, que l'on rencontre surtout sur les
- 13 -
vases récentes et dans les zones de m~grove en cours d'érosion. Les troncs des Avicennias
sont entourés d'un tapis dense de racines aérifères, les pneumatophores, dont le sommet
puisque les jeunes Avioenni~ présentent de petites racines échassês tandis que les Laguncu-
espèces, la flore des mangroves de l'océan Indien est riche de plusieurs espèces supplé-
mentaires, tandis que le genre Rhizophora n'est représenté que par une seule espèce.
2) Ecologie sommaire.
séparés, la zone de transition étant de faible largeur. Dans un peuplement "mar", les
Avicennias sont toujours plus éloignés des marigots et chenaux de marée que les Rhizophoras~
Parmi ces derniers, c'est le R~ racemosa que l'on trouve en bordure des chenaux voisins de
à R. racemosa est de peu d'épaisseur mais très visible, même sur les photos aériennes,
En arrière, les R. mangle forment une large bande, dont la limite interne se
situe à peu près à l'altitude moyenne des marées de vives eaux. S'y adjoignent quelques
C'est plus en amont, sur la pente faible des dép6ts vaseux que commencent les
Avicennias, qui ne sont pas soumis toute l'année à des submersions quotidiennes, et peuvent
Rhizophora mangle, soit des Avicennias, parfois accompagnés de Laguncularia, jamais les
deux premiers ensemble~ L'Avicennia s'implanterait de préférence sur les vases peu oonso-
- 14 -
lidées, plus riches en eau, mais aussi plus largement découvertes à basse mer. Par contre,
le Rhizophora mangle affectionnerait les sols plus stables mais supporterait une submer-
exposée ?
quelques Rhizophoras vont s'installer en bordure du cours d'eau ainsi que le long des
ohenaux de marée qui se creusent .progressivement sur le banc lui-même~ Les trois espèces
de Rhizophorffi s'établissent ainsi au hasard; elles ont ensuite tendance, par enracinement
sur place des fruits des premiers arbres, à étouffer les Avicennias et à gagner progressi-
Rhizophora s'élargit ainsi sur deux fronts: vers l'amont où il reste un t~pis de pneuma-
tophores lorsque les troncs d'Avicennias ont disparu vers l'aval en favorisant la conti-
nuité de la sédimentation.
contrariée, les Rhizophora n'empiètent sur les Avicennias que jusqu'à la limite de remontée
moyenne des marées; au delà les Avicennias subsistent, et repartiront ensuite à la conqu~
Dans l'autre cas f les Rhizophoras ayant occupé les premiers les bancs de vase
nue f on peut proposer un schèma moins complexe: les Rhizophoras s'étendent d'abord d~ns
toutes les directions, puis préfèrentiellement vers l'aval f et laissent ensuite progres-
sivement la place aux Avicennias dans les zones internes où les marées pénètrent de moins
en moins.
Si ce schèma est très souvent attesté par les observations des mangroves aux
- 15 -
concernant :
170 56 40 g/l
·· à 100 om · o
7 à 8
:--------------:---------------:--------------:---------------:
(2) surface no % 30 g/l 6,7 à 7,6
à 100 cm 130 %
.
que llimplanta~ion des Rhizophoras provoque dans la zone où les racines sont très denses,
N
--..:._--
____
__ ~ - - _ o _ - - _ o _ _._· --0 ~o o
D Ton vir
___
- _ Niveau minimum de la nappe iMarsAvrili
de la mangrove est commandé en premier lieu par le régime hydrique, le régime de submer-
vives eaux, ayant tendance à s'éloigner vers l'aval, l'humectation du sol n'est plus
sibles, et corrélativement une concentration des sels. Les Avicennias ne peuvent résister
La nappe phréatique, qui s'éloigne peu de la surface du sol dans les mangroves,
s'abaisse fortement dans le tanne, jusqu'à un mètre de profondeur vers la fin de la saison
sèche.
tation.
Au cours de la saison des pluies, la submersion. des tannes est quasi totale
assez longtemps après la saison des pluies. Elle permet m~me une légère désalinisation
Heleocharis et Scirpus •
- 17 -
On peut ainsi observer des tannes, soit en bordure des zones non salées
étnblies sur le Continental Terminal ou les terrasses anciennes, soit au milieu des for-
que des apports de nappes d'eau douce. Par ailleurs, les zones proches de l'estuaire ne
C'est pourquoi la zone pilote pour l'étude de ces sols a été choisie près de
1) Topographie.
Ainsi qu'il est dit plus haut, c'est par une transition progressive que l'on
passe des bras des marigots aux zones dénudées; cette transition s'observe dans la topo-
graphie, où les pentes, quoique très fùibles, marquent bien les différences d'inondation
oentrale, on a suocessivement :
2m
/
_50 cmi
/
Profils 8 0 0, 8 8
Maximum fin JuJilet.
/)
liî.
Niveau mo Yen en hivernage
;~
" i.~ \
Rhizophora. Avicennio
!'~rmf
,rill
He\eochoris
,
Niveaux de la nappe à
Fin de sOlsan
. 5è<he Mai
Figure 6
-c~-_ r_ Minimum fin [Link]
- 18 -
- au pied des grands Avicennias, une pente plus forte (3 %0), cette bordure marquant
le point culminant de la coupe,
- vers la cuvette, une pente inverse de 0,7 %0, où se trouvent les zones dénudées ou
"tannes vifs ll ,
Vers le bord ouest de la cuvette, la pente remonte brusquement sur une sorte
construite par les dép8ts d'éléments arrachés en saison sèche aux "tannes vifs".
jusqu'au marigot.
2) Régime hydrique.
frange à Avicennias et Sesuviums se couvrent d'une couche d'eau qui peut atteindre 20 cms
d'épaisseur, dans les autres zones, c'est le gonflement du marigot provo~é par les pluies
qui amène une augmentation de la lame d'eau venant recouvrir le sol à chaquerrarée.
Pendant la saison sèche, alors que les zones de mangroves à Rhizophoras conti-
nuent à ~tre recouvertes par les marées, la zone centrale des tannes et sa bordure d'Avi-
0,90 m pour le tanne herbu, 0,35 m pour le tanne nu, 0,25 m pour la frange à grands
Seules les marées d'équinoxe de printemps peuvent venir submerger une partie
des tannes ; elles provoquent alors d'importants changements dans la structure des
- I9 -
.horizons de surface.
3) Végétation.
Bordures.
Sur les tlots eu terrasses sableuses "ouljiens n , la strate arborée est carac-
térisée par Parinari macrophylla et quelques Acacia albida, ces derniers sans doute intro-
duits par l'homme ( ). La partie supérieure des ~nciens shorres et le bas des colluviŒS
\
sableuses sont couverts de Schizachirium compressum, Pobéguina arrecta, Parathéria
d'Elaeis guinéensis, qui ceinturent chacune des rizières; il semble que leur emplacement
marque la position des sources alimentées par la nappe du Continental Terminal, ainsi
que le point où les variations de hauteurs de la nappe sont les plus faibles,tandis que
dans les terrains drainés du Continental Terminal et dans les vallées les variations sont
plus importantes.
Mangrove et tanne.
du marigot et des chenaux de mangrove actifs. Cette bordure est peu épaisse, elle s'élar-
git sur les rives convexes et s'amoindrit jusqu'à disparaître parfois sur les rives conca-
4) peuplement plus ou moins large drAvicennias nitida de taille moyenne, m~lé de quel-
drAvicennias nitida de grande taille avec une strate herbaoée composée de Sporobolus
6) zone dénudée (tanne vif) très étendue à surfaoe boueuse ou poudreuse suivant les
morceaux la dernière.
petite.
sont couvertes de Paspalum vaginatum, et les Parties hautes portent une végétation inha-
Spondias mombin, de Stereospermum Kunthianum, parfois même drAdaksonia (Baobab) aveo en-
dessous un Igname sauvage et des Andropogonées banales. Cette butte a d'ailleurs été colo-
nisée par des termites. Nous reviendrons plus loin sur la question de son origine.
Suivant le sens de l'évolution tel qu'il apparait dans 18 répartition des sols,
quand on passe des régions de mangroves récentes à celles plus anciennes où un cert~n é~
libre est atteint, il est logique d'étudier succéssivement les compléxes sol-végétation
définis ci-dessus en passant des bords du marigot au centre du tanne, puis à sa bordure oc-
de sous-bois herbacé. Les arbres, qui mesurent 2 mètres à 2 mètres 50 de haut, sont serrés
et leurs racines échasses sont étroitement m~16es, opposant un obstacle sérieux à la pénè-
tration.
- 2r -
incisée du ceté du marigot pûr de fins chenaux anastomosés qui recueillent le ruissel-
thixotropie du matériau.
Description du profil.
Ce sol est roccuvert chaque jour par la marée, et toujours complétement engor-
gé. Il ne se draine momentanément sur les ro ans supérieur que lors des grandes marées
basses.
Le sol qui se trouve sous la for~t à grands Rhizophoras racemosa est en tout
points identique, mais il est recouvert à la marée par une lame d'eau plus importante,
30 à 40 cms au lieu de ro en moyenne. Les arbres y ont une densité comparable, mais l'en-
lation d'appareil. L'étroitesse relative de la zone couverte par ces formations à fait
lum vaginatum, qui bien que considérée généralement comme une halophyte, est assez ubiquis~
Les coquillages sont beaucoup plus rares à la surface du sol qui est légèrement
mamelonnée.
Description du profil.
l'horizon sous-jacent.
30 à 45 cms N/6, gris clair et 5 B 4/r, bleu, bariolé; mêmes autres caracté-
racines de Rhizophoras.
Variations.
Rhizophoras, peut atteindro 40 à 50 cms ; sa densité est très largement inférieure à celle
zone où se développent les Avicennias, dont chaque tronc est entouré d'un tapis dense de
"pneumatophores".
encore légèrement mamelonnée. Les arbres sont légèrement plus halts que dans la zone
précédente.
- 23 -
Description du profil.
Variations.
an observe peu de variations sur ce sol, tant dans l'espace que dans le temps,
l'engorgement du profil étant permanent, sauf dans l'horizon tout à fait supérieur où la
nappe s'abaisse seulement jusqu'à r5 cms de la surface en fin de saison sèche; les mouche-
Bien que cette zone soit assez étroite, son intér~t réside dans sa position de
raissent également vers le tanne, et craquelée par de nombreuses gui ne traversent cepen-
Description du profil.
Variations.
Dans les zones où les Avioennias sont plus clairsemés, et les plages à Sesu~
Cette zone est celle qui est le moins soumise à la submersion par les marées
vaste zone plane, qui, en saison sèche, présente un caractère frappant d'aridité, tant
sur les plages dénudées que dans les zones herbacées dont le tapis d'halophyte est déssé-
vement riche en sels, parfois légèrement encroCtée. Au dessous on peut observer des amorces
de polygones d'environ 20 oms découpés p~r des fentes de l à 2 cms de large. La couleur
de la surface est un peu plus claire que dans la zone précédente et que dans la partie
herbue du tanne.
- 25 -
glissante et~nd à former une pellicule souple qui repose plus ou moins régulièrement sur
l'horizon sous-jacent. Cette pellicule est souvent boursoufflée par de petits d8mes où
s'accumulent des gaz (méthane, mercaptan), du moins tant qu'une lame d'eau les recouvre.
Description du profil.
nette
passage graduel à
30 à 50 oms - N/6, gris clair, grosses taches j éll nes moins nombreuses, argi-
50 à 65 ems N/6, gris clair, taches bleues (5 B 4/r) sur des amas de radi-
V SI.
- 26 -
Variations.
cule boueuse en saison des pluies, masquant les fentes et la structure de saison sèche.
Pendnnt la saison sèche, d'autres modifications peuvent être apportées p?r la submersion
occasionnelle par les grandes marées de saison sèche très salées. La struoture est encore
des eaux et de la dessication ••• Les zones non atteintes par ces marées ne subissent auCU-
Dans les horizons à taches ocres ou jaunes, il est fréquent que les taches
soient durcies et plus structurées que le reste de l'horizon ; les faces de ces petits
teinte de la surface est brune en hivernage, brun clair à beige en saison sèche, cer-
taines parties étant plus jaunes par dép8t de soufre en fleurs; quand les horizons de
surface sont recouverts d'une pellicule, m~me très mince, de sable, le tanne devient
blanc, les cristaux de sel liant les grains de sable provoquant une intènse réverbération~
désolé que les zones sans végétation, en hivernage un tapis dense et très vert se dévelop-
L'horizon superficiel est encore poudreux mais les fentes sont plus visibles
et plus profondes. On observe également de rares dép6ts de soufre en fleur et vers la fin
de l'hivernage on perçoit un assez fort dégagement d'hydrogène sulfuré, qli est commun
dans la mangrove à Rhizophoras mais plus rare sous Avicennias et dans le tanne vif.
20 oms d'épaisseur.
- 27 -
Description du profil.
Hmi te nette.
assez nette.
pass'es sableuses.
- 28 -
La structure décrite pour les horizons supérieurs jusqu'à 30 cms n'est obser-
vable qu'à la fin de la saison sèche. Dès qu~ les pluies engor~ent le sol et dissûlvent
les sels accumulés à la surface, elle disparait et le profil est uniformément plastique,
sauf une légère résistance à la pénétration entre 10 et 30 cms. Les horizons fibreux de
surface deviennent glissante, et il est difficile de se déplacer sur ce sol. La partie
supérieure forme une pellicule où s'accrochent parfois de nombreuses bulles de gaz (SH2~.
dépasse pas 3 à 4 pour rooo (mesur~par conductimétrie), dans la nappe située vers 80 cms
Variations.
dans les tannes à Heleocharis situés plus en amont du marigot ou d~ns les chenaux argileux
des rizières qui y aboutis sent on observe u.n profil un peu di fférent :
20 à 50 ou 75 cms Gris clair à gris olive, taches jaunes vif et taches rouilÈ
L'horizon à taches jaunes et rouille peut parfois ne commencer que vers 50 cms
de profondeur.
Bien que le bourrelet éolien ne représente qu'une très faible surface dans
la zone, il est intéressant de l'étudier ici en raison du type d'évolution spécial qu'il
Sur la bordure s~ouest du tanne, sous les vents dominants de saison sèche, la
Dioscorea sp.
faible du tanne s'y relève fortement et elle est striée de rigoles d'érosion hydrique,
- une plage horizontale d'une trentaine de mètres de large, plus ou moins dépourvue
Description du profil.
l'horizon sous-jacent.
passe rapidement à
+ de 50 cms ro YR 5/r, gris, tacheté vers 65 cms, argileux, cet horizon est
Variations.
d'explorer la partie supérieure de profil, sans atteindre le sous sol salé ••• Il semble
que ce sol se soit développé sur un dépôt éolien de "lunette" ; i l se trouve en effet
dans la partie sud-ouest du tanne, et nous rappelerons que les vents soufflent du nord-
Processus de formation.
provoque la mise en mouvement des sels sur une tranche de sol assez épaisse (prouvée par
concentre et une remontée des sels se produit, qui provoque en surface le développement
Cette poudre salée, qui est par ailleurs récoltée par les cultivateurs Diola
pour la production de sel, est mise en mouvement par déflation et transportée par le vent
Pendant l'hivernage suivant leur dép5t, ces sédiments très salés sont lessivés
de leur sels par l'eau des pluies qui entraîne également une grande partie des cations
tion non halophile, ainsi que de populations de termites qui concourent à l'édification
et à la consolidation de la lunette.
Le tanne fonctionne donc comme une petite sebkha, et le bourrelet est en tous
des sels qu'il contenait, le dép6t éolien est défloculé et perd ses caractéristiques
Lors du lessivage des sols dans le sol de la lunette, les chlorures sont
et bouclent leur cycle d'évolution dans la sebkha. Il semble donc que l'on assiste à une
sorte de triage chimique, mais moins net que celui qui a été observé par J. BOULAINE (2)
dans la sebkha de Ben Ziane. En particulier on n'observe pas dans notre cas d'accumulation
et particulièrement dense. On parle même de sol fibreux tant les radicelles sont nom-
breuses et finement divisées et entrelao~es, au moins dans les horizons supérieurs. Les
après la chute des arbres, que la surface soit alors couverte par les Avicennias ou par
un tanne.
lation ~rès les Rhizophoras provoque la disparition de l'horizon fibreux, mais les
racines d'Avicennias, de m~me que leur pneumatophores qui ne sont que des diverticules à
Si dans les deux principaux types de mangrove la couleur des horizons reste
uniforme, dans ses taches comme dans sa matrice, une importante modification se produit
dans les tannes, en particulier dans l'horizon de 20 à 50 cms, où apparaissent des teintes
plus claires et plus vives, en marbrures plus prononcées et dont les limites tranohées
sont souvent le lieu de ségrégation et de précipitations sp~cifiques, en particulier de
Sur le plan de la structure également, ce n'est que dans les tannes qu'elle
Bien que les inondations de la saison des pluies masquent provisoirement ces structures,
elles sont cependant un signe tangible d'évolution, car il nous a été permms de les
retrouver dans des sols actuellement couverts d'Avicennias dont la morphologie indiquait
lités. Ils concerneront des caractères physiques (teneur en eau, densité apparente) des
,1-
••
,, •
• •
•
,5 •
,4- o
o
o
,3 o
JO ........-----r-----------+--------~f__--------_+_-
So 100 lSO 2.00 "/oQ
• SaI de mtingrove
o Sol de t,gnne horizon 0 -20 cm5
- 33 -
Tableau n
: Profils :
:
l·: n III IV V
:
VI
--------- .------------ .------------ .------------ .------------ .------------ .------------
Rhiz. Rhiz.
. Avic. . Avic. Tanne vif : Heleo.
--------- : ------------ ·------------ ------------ : ------------ ·------------. .------------
: • ~ r
: 0-20 cm 210 (r,r5) 120 (1,27) 106 (r,4I) 67 (r,39 )
· 40 (1,64) 55 (l,54)
:
:20-40 \1
192 : 140 127 so 67 67
:40-60 \1
135 no 144 125 90 JI20
: :
:60-80 Il 132 145 r25 144 Ils 130
·:so-roo" : 135 152 IIO 132 132 145
.: .
·~--------~-----------~-----------------------------------------------------------------
:
Après l'augmentation signalée dans les sols de mangrove par r~pport aux vases
nues, on observe une diminution progressive, et qui gagne petit à petit les horizons
pas seulement en relation avec la teneur en eau, mais sans doute aussi avec les qua'li-
tés de la matière organique et sa teneur. La figure 7 montre en effet que les éohantil-
dans les tannes. De même le retrait au sèchage qui attein t 30 % en volume dans les
2) pH et potentiel redox.
Ces deux valeurs sont sous la dépendance de l'état d'engorgement du sol,
dans les mangroves oomme dans les rizières, le pH est moins lié au taux de saturation
que dans les sols bien drainés, il est par contre soumis à des variations importantes
dues aux variations du potentiel d'oxydo-réduction, lui-m@me conditionné par les
conditions d'engorgement ou de dessication du sol.
Nous verrons plus loin comment on peutoomparer les valeurs obtenues par
ces deux procédés dans l'étude des variations annuelles.
Tableau III
----------------------..-----------
Profils l II III IV V VI
-----: :-------:-------:-------:-------:- -.
0-20 cm 7,4 7,5 7,0 6,4 4,7 4,5
·:
·:
2Q-40 " 7,0 7,3 7,0 6,4 5,r 5,1 : .
----
·
so-roo"
...·
S,O
. 6,4
. 6,4 :
. 4,6
. 5,3
_ _ _- - " - - _ - - . l . - _ - - - . & o _____
:
.
~
5,3
_____._..
••
•
fig: 8
EVOLUTION DU PH DES SOLS
PENDANT LE SECHAGE
.-.-
6-A-
rt\ a '" ~V'o" ~
M .l\l\~t'o 'le.
~
j «-'A'" e cl
-
a Rf~'1.0rkO V",&
- 35 -
On observe que le pH de l'eau intersticielle est plus bas dans les sols de
tannes que dans la mangrove. Examinons maintenant le tableau IV des valeurs du pH des
Tableau IV
: :
Profils l III IV V VI
·
II
·.------------.-------.-------.-------.-------.-------.-------.
.
0-20 cm 2,4 : :
3,5 • 4,0 :
4,I • 4,I 5,4 :
est d'autant moins accentué que l'on passe des mangroves aux tannes. Il semble donc
que les alternances répétées d'humectation et d'engorgement qui se produisent dans les
les Thiobaoillus est susceptible de produire de llacide sulfurique. Les ions sulfate
fonn~s en saison sèche sont en effet soit lessivés en hivernage, soit blocpés sous
une vase nue d'un sol de mangrove ou d'un sol de tanne. Dans une expérience un certain
étanohes ont ~té soumis à une dessication ménagée, et le poids et le pH ont été mesurés
eux, une vase nue sous l'eau, une mangrove jeune à Rhizophoras et une mangrove ancien-
ne à Rhizophoras suocèdant aux Avicennias. Bien que l'on se soit limité à une perte
d'eau relativement faible (20 %du poids de l'échantillon frais) on constate une forte
baisse de pH dans les 2 éohantillons de la mangrove, alors que dans la vase nue la
variation est insignifiante. Il a été avancé par certains auteurs que le maximum
- 36 -
sur l'eau intersticielle et sur le sol sont toujours plus élevées que les mealres in
situ. On observe cependant que ces valeurs sont toujours un peu plus élevées dans les
3) Complexe absorbant.
L'analyse des cations aasorbés suppose, en raison de la présence d'une
grande quantité de sels solubles, soit une double détermination des sels solubles et
des cations du complexe non dessalé, soit un dessalement par l'alcool qui s'est avéré
Tableau V
Profils l III V VI
-----~------ 8
.------- .------- .------- .-------
• • •
1,8 1,5
.
K 2,2 1,7
Na 4,4 5,2 4,0 4,0
s 17,8 18,0 12,2 15,5
· T 20,5 19,3 15,9 15,1
Na/T % 21,5 27,0 25,2 26,6
·• Na + K
C 0,56 0,70 0,87 0,55
•
~
a + Mg..!- •
JJ. •
-.&.. •
~
•
-.t.
- 37 -
On observe qu'il Y a plus de Mg que de Ca, !lB. i s aussi plus que de Na, ce
qui montre qu'une partie seulement du sodium de l'eau de mer est adsorbée sur le
complexe. Le rapport NalT est cependant partout supérieur à 20 %, bien que ces sols
ne développent pas les caractères de sols à alcalis.
4) Sels solubles.
conductivité électrique, tant dans la solution du sol que dans les prélèvements des
dans le sol et dans la solution du sol. On a rassemblé dans le tableau VI ces données
pour 4 profils, les deux types de mangrove, le tanne vif et le tanne à Heleocharis. Pour
les échantillons de solon a procédé à un sèchage à l'air puis les sels ont été déter-
minés sur l'extrait au 1/10 et notés en milliéquivalents pour 100 g. Les résultats
d'analyse des solutions extraites à la presse (dosés en mé/litre) ont été ramenées en
Nous comparerons dans le tableau VI les valeurs trouvées pour deux échan-
. --- --
: :
·,-.------- : ---------------------------·------------------ ---------------------------.---------------------------:
• Profils:
l III V
· VI
·· 0-20 cm
:------~----- ·-------------:------------- .-------------:------------- : -------------:------------- - -----.·
a · a a · a b a · b ·
·:
b
·
a
·
b
· . b
·
b
· a
· b a b
·
· ..: -....... : - - : - - -· - - : - - :
_ _ _ _ _ _.- _ _ _ _ _ : _ _ _ _ _ _ : _ _ _ _ _ _ e _ _ _ _ _ _ - _ _ _ _ _ _ : _ _ _ _ _ _
-":---,
· · · · : · · ·
Cl 22,0 · 7I,0 82,0 · 53,0 · 3I,0 6I,2 97,5 · 43,5 47,0 76 0 II4,0~ 76,0 64 , 2 · I02,0: H9 ,0:
128~7:
• ·
en
Cl') · 504- 12,4 6,3 29,5 · 6,2 · IO,O 14,2 87,5 2,1 8,4 ·· 7,0 47,5:· 12,5:: 15,4 8,8 : 76,2: 19,6:
· ··
1 · ·· 1,5 I,2 2,6 · 3,2: 3 ,9:: 1,6 ·· 2,5 7,3: 4,5:
Ca 1,3
·· 3,8
· 3,6 2,7 I,I 3,6 3,2 ·
:
10,6 14,7
··
37 ,3 · II,7 8,6 ·· 16,9 · 40,3 9,2 9,5 17,2 · 37,1:· 25 ,5'·: 21,3 17,7 52,0:· 32 3:
·
·: Mg
·· · · · · ·: · ,:
· · · :
· : •
·· K 1,1
· 1,5 0,1 : I,I 1,1 I,2 0,1 ··· 0,8 1,3 · 1,2 ·: 1,2:· 2,6;· 1,3 · 0,8 0,2:· 1,7:
· ·
· Na '·. 24,0 :· 66,0 62,0 46,8 '·. 35,0 · 66,5 ;II8,0 '··. 38,2 52,0 '·. 66,0 '·. 125,0: I08,0; 86,0 '··. 56,0 II6,0:· 105,0::
· · ·
· ··· ·· ·· ·· · ··· ·
---._--------------------------------~----------------------------------------
! :· ·: : :· · ···
- 39 -
dans les horizons profonds. Pour les chlorures par contre, si dans les horizons de
profondeur le sol est plus riche que la solution, il n'en est pas de même en surface,
les chlorures.
Si l'on calcule les rapports des cations et des anions antre eux on cons-
tate par exemple que le rapport Cl/S0 4 , qui est voisin de ra dans l'eau de mer, est
mangroves, ce qui peut être considér~ comme un indice de la réduction des sulfates.
l'oxydation des sulfures, d'autre part un certain lessivage préférentiel des chlorure~
bien que la remontée capillaire provoque une concentration de l'ensemble des sels.
des mangroves aux tannes. Dans les mangroves, il est un peu inférieur à sa valeur dans
l'eau de mer, mais dans les tannes, il augmente beaucoup, montrant une accumulation du
magnésium, aocumulation relativement plus forte que celle du sodium, qui est moins bien
fixé.
5) Composés soufrés.
on peut comparer les valeurs des teneurs en hydrogène sulfuré et en soufre élémentaire
pour les 6 profils de la chatne (en rnilliéquivalents pour 100 g, valeur maximum par
horizon).
- 40 -
Tableau VII
Profils l II III IV
. V VI .: .
: ; .
----------- : ------- ·------- .-------- : - - - - - - ------- : ------- :
:
0-20 cm
·
9,7 1,7 4,9 0,4 0 0
20-40 " 17,0 O,S 3,9 0,6 0 0
:
40-60 fi
19,0 3,2 3,7 3,4 0 0,9
60-80 " 13,1 5,9 3,1 5,8 3,5 1,5
SO-IOCJl 13,S 3,4 2,1 14,0 13,5 1,7
~
On observe une disparition progressive de ces composés des mangroves vers
les tannes. Il est probable que les sulfures de fer persistent plus longtemps~ Les
chiffres obtenus dans les mangroves de Balingore en S et SH sont par ailleurs très
2
inférieurs aux teneurs en soufre total citées par llILACO à Médina.
Nous avons étudié dans le chapitre précédent les différents types de sols
tain nombre de caraotéristiques dont les variations relatives mettent en valeur les
différents stades de l'évolution qui conduit des vases d'estuaire aux sols de tanne.
- \0 ~
~10 -
-S o·
FiC]: 10 INFLUENCE DE LA MAR~E
SUR LA NAPPE DE LA MANGROVE
'Pro ~.: l ~
- 41 -
de la stucture dans les horizons de surface. L'étude précise de ces variations, tant
de la hauteur des nappes que de leur concentration en sels, permet de mieux compren%e
les cycles annuels observés par exemple dans les caractéristiques physico-chimique
1) Battement de la nappe~
Nous avons vu que le battement de la nappe est d'~tant plus large que
l'on passe de la mangrove vers les tannes. On observe aussi que l'abaissement de la
la saison sèche. Cependant, avant m@me les premières pluies on constate une remontée
l'hygrométrie.
de la nappe se produit d'une manière assez brutale, ffinsi qu'il apparatt sur la figure
9. Vers le milieu de la saison sèche 67-68 elle est passée en 4 jours seulement de 18
à 54 cm de profondeur.
dans le marigot, et pas seulement quand les marées sont assez forte pour en submerger
un effet dynamique de la marée sur la nappe qui semble se transmettre jusqu'au tanne,
mais moins perceptible. Il est donc possible que des mouvements de solutions se pro-
2) Variations de la salinité.
L'inondation en hivernage de l'ensemble des sols par les eaux douces, Ité~
~~
1o
"- J \
,-1
"
--x-
'-
~o
\ \
,/
"-
\
'0 1
r ......... "-
\ (
"-
"-
(;0 i
-J['/
..........
.......... -- .
-.
'- /
... ,
\
\
1
/
_ l"" \
\
\
\ 1
~ - - - 1
1
1
1
" ..... "- .....
......
......
....
,
40 \ / 1
\ 1 \
... ./ ) 1
/' .....
,
-- --
\.) 1 \
.,. - ---
-" 1 1
-
\
\J , _-
",...., .-' 1"
./ \ \
..... J \ ......
\ ,.-
\ \ 1 / \
,.
\ \ 1/ \
........
\ , 1/
, .......
" ~ .......
..."
.... ./
lo
" -- ./
~.--jl Mai, JW:'I\ J"",-l.t t\~ [Link]""",,<\Ic. 6et.~(e. tSo*-~f' ~,",<.: J...-l~c.r fÜi"l" \4at'~
'9'1- 1 \!3(;~
1
- 42 -
variations de salinité dans les nappes, et ces variations ont des [Link] crois-
de la chatne.
sion d'une ou plusieurs marées de vives eqUX dans la mangrove, tandis que dans le tanne
dans l'eau intersticielle des sols. On comparera dans le tableau X leurs valeurs res-
pectives mesurées en fin de saison sèche et en fin de saison des pluies dans les hori-
zons correspondants~
Tableau X
· . ·• :
Profils l II III v VI
· . . . . . . .
.-------------.---------.---------.---------.---------.---------.---------.
Saison
· ·
: S
. . . . .
: H : S : H : S: H : S
.-------------.----.----.----.----.----.----.----.----.----.----.----.----.
D • • 0 • •
• • • • • lit • • • • • • • 0
33 · 38 · 42 · 50 46 : 53 ·· 54 - . 75
: : : :
: ECp
· · · ·
· · · ·
· . · . · . ·:24,2:· 50 32 79 ··:32,5:. 69 :
98
·
·
ECe :29,4: 36 ·: 18,6: 36 :22,5: 50 ·
: 50 cms
·
··
·:100 cms ECp 37 37 43
· . . . . .
50 50 56 55 61 85 96
·
67
..
74
:
ECe 31 :22,3:37,5:20,2: 53 :25,5: 58 30 85 :23,5: 66
: : : :
---------------------------------------------------------------------------
La conductivité, en rnillirnhos/cm/crn2 à 25 0, varie plus fortement dans la
MOYENN
ES pH
rH
rH
30
'20
pli
l'rotil ,
---
------
Prolil '2
--,--0- , fr o ti \4
-- Plolil ~
~~
_ ..
A A, 0, , tt o. , J, f. figure 12
- 43 -
solution du sol (eau intersticielle) que dans la nappe. Il semble que l'équilibre se
fasse en hivernage.
2 campagnes de mesures dans les différents sites de la chatne de solse Nous reverrons
Co~ne on pouvait s'y attendre, le poten~el redox est sous l'influence des
et du potentiel. Il y a cependant des exceptions qui montrent que les mécanismes en jeu
sont complexes.
du pH, ce dernier peut descendre plus bas que ne le justifierait le simple effet de
mation des ~lfures en sulfates, donc en acide fort, qui accentue l'abaissement du pH.
Par ailleurs, grâce aux mouvements des solutions acides, on peut observer une acidifi-
cation alors m~me que les conditions ambiantes du sol sont redevenues réductrices.
Les variations sont plus importantes dans les tannes que dans les mangroves
l'amplitude est comparable à celle des mesures in sitUe Il existe cependant un certain
l'hivernage e
Enfin si les mesures in situ ont montré que le pH est très souvent plus
bas en profondeur qu'en surface, il n'en est pas de même dans la solution du sole
-44-
de l'épuisement progressif des composés soufrés oxydables, ainsi qu'il l'a été mention-
des tannes à Heleocharis, le pH baisse beaucoup moins sous l'influence du drainage que
faire se cot6yer sur une carte des types de sols classés dans des groupes, voire des
unique.
de sols au sens large, depuis le dépet dit de "slikke" jusqu'aux rizières douces des
vallées?
postérieur sera faible, par contre on observera un enrichissement en même temps qu'une
Ce n'est donc que sur les slikkes, les bancs de vases nues non colonisées
par la mangrove que l'on pourra parler de sols minéraux bruts d'apport marin, ou mieux,
fluvio-marin.
- 45 -
organique de l'horizon de surface est faible et les modifications physiques peu impor-
tantes. Cependant, quelques caractères chimiques sont modifiés par rapport à la vase
nue~ Il est permis alors de parler de sols peu évolués d'apport, sous groupe hydromorphe~
tandis qu'en profondeur le sol devient mou et fluide~ L'ensemble du profil est salé,
mais la redistribution des sels est accompagnée d'une modification des rapports des
cations et des anions entre eux. Les caractères hydromorphes sont cependant toujours
prépondérants et l'on peut qualifier ce sol de sol hydromorphe. groupe humique à gley,
salé.
jours pendant lesquelles la marée ne recouvre plus les sols. Ces derniers se tassent
fluide se conserve et devient plus caractéristique d'un gley, tandis que quelques
racines.
Ce sol est encore un sol hydromorphe humique à gley, mais il est nettement
moins fibreux que le précédent qui pourrait peut-~tre se ranger dans la première sous-
matière organique.
Dès que la salure est trop forte pour que les Avicennias survivent on passe
Le profil est plus nettement différencié, gley et pseudogley sont bien carac-
térisés et il s'agit encore d'un sol à caractère hydromorphe, mais le dessèchement provo-
Ce sol est donc à classer dans les sols halomorphes (ou sodiques) sous
différent du précédent, le marais à Eleocharis est en effet moins salé, au moins légè-
Quand le tanne est en bordure des sols des plateaux du Continental Terminal,
par exemple le IDng des vallées transformées partiellement en rizières, les apports d'eau
douce sont plus réguliers, la saison des pluies se continuant par l'écoulement de la
nappe douce des plateaux; le dessalement est plus intense, l'acidification disparait,
au moins dans l'horizon supérieur; la végétation d'Eleocharis est remplacée par une
prairie à Paspalum vaginatum, pu~à Schizachirium dans les zones où la nappe ne dépasse
même roche-mère alluviale, des vases nues couvertes d'eau aux tannes dénudés puis aux
- 47 -
tition relative des sols hydromorphes et des sols salés quand on passe de la zone
d'estuaire aux vallées qui incisent les plateaux de Basse Casamance. De la zone litto-
raIe aux sols hydromorphes à végétation dense de palétuviers, on passe à une région où
les tannes s'étendent et où les sols salés prédominent, puis vers l'amont à des sols
profonds des caractéristiques physiques et chimiques des sols, permettent de suivre les
différentes étapes de cette évolution. Aussi intense que soit cette dernière, elle ne
parvient pas oependant à effacer complètement les traces de l'origine de ces sols,
...
. . ,