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Corrds 6

Le document présente des corrections d'exercices de mathématiques sur les polynômes et les espaces vectoriels, incluant des décompositions en éléments simples et des propriétés des polynômes de Q[X]. Il aborde également le théorème de Rolle pour les polynômes complexes, en démontrant des propriétés de dérivées et des relations entre les racines. Enfin, il traite des transformations de cercles dans le plan complexe et des implications de ces transformations sur les ensembles de valeurs.

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Lycée Louis-Le-Grand, Paris Samedi 08/02/2014

MPSI 4 – Mathématiques
A. Troesch

Devoir Surveillé 6 – Polynômes, espaces vectoriels

Correction de l’exercice 1 –
2kπ
• Les racines de (X n − 1)2 sont les racines n-èmes de l’unité ωk = ei n , k ∈ [[0, n − 1]], toutes d’ordre de multiplicité
égal à 2. Ainsi, la décomposition en éléments simples de F sera de la forme
n−1
X ak bk
F (X) = + .
(X − ωk )2 X − ωk
k=0

• Pour commencer, déterminons a0 et b0 , en remarquant qu’en posant h = x − 1, on a, au voisinage de 0 :

h2 F (1 + h) = a0 + b0 h + o(h).

Or,
1
h2 F (1 + h) = .
(1 + (1 + h) + · · · + (1 + h)n−1 )2
Nous effectuons un DL du dénominateur :
n−1 n−1  
X X n(n − 1) n−1
(1 + h)k = 1 + kh + o(h) = n + h + o(h) = n 1 + h + o(h) .
2 2
k=0 k=0

Ainsi,
12
 
n−1
h2 F (1 + h) = 1−2 h + o(h).
n 2
Par unicité du développement limité, nous obtenons donc :

12 n−1
a0 = et b0 = − .
n n2

• Remarquons ensuite que pour tout ℓ ∈ [[1, n]], F (ωℓ X) = F (X). Or, en étendant cycliquement la définition des ωk
à des indices dans N, il vient :
n−1 n−1
X ak bk X ak /ωℓ2 bk /ωℓ
F (ωℓ X) = 2
+ = + .
(ωℓ X − ωk ) ωℓ X − ωk (X − ωk−ℓ )2 X − ωk−ℓ
k=0 k=0

Par unicité des décompositions en éléments simples, on peut identifier les parties polaires correspondant au pôle 1
pour les fractions F (X) et F (ωℓ X). Pour ces dernières, cela corrsepond à l’indice k = ℓ de la somme. On obtient
donc :
ω2 ωℓ (n − 1)
aℓ = ωℓ2 a0 = ℓ2 et bℓ = ωℓ b0 = − .
n n2

Correction de l’exercice 2 – Caractérisation des polynômes de Q[X].


1. On a pour tout n ∈ N, deg(Pn ) = n. La famille (Pn ) est une famille échelonnée en degré de Q[X], donc libre
(car toute sous-famille (P0 , . . . , Pn ) est libre d’après le cours). Par ailleurs, (P0 , . . . , Pn ) étant une famille libre
de cardinal n + 1 de Qn [X] dont la dimension est n + 1, il s’agit d’une base de Qn [X]. Ainsi, tout polynôme
Q ∈ Qn [x] est une combinaison linéaire des Pk . Tout polynôme Q ∈ Q[X] étant dans un Qn [X], (Pk )k∈N est une
famille génératrice de Q[X].
Ainsi, (Pk )k∈N est une base de Q[X].
2. Soit n ∈ N et k ∈ Z. On a alors :
• si k ∈ N, Pn (k) = n+k

n × k! ∈ Z ;

1
• si k ∈ [[−n, −1]], Pn (k) = 0 ∈ Z
• si k < −n,
 
1 |k| − 1
|Pn (k)| = (|k| − n) . . . (|k| − 1) = × (|k| − 1 − n)! ∈ N, donc: Pn (k) ∈ Z.
n! n
Ainsi, on a bien Pn (Z) ⊂ Z.
3. Pour la même raison que dans la question 1, les Pk , k ∈ [[0, n + 1]], vus comme polynômes de R[X], forment une
base de Rn [X]. Ainsi, il existe un unique (λ0 , . . . , λn ) ∈ Rn+1 tel que
n
X
A= λi Pi .
i=0

Puisque −1 est racine de Pk , k > 1, −2 est racine de Pk , k > 2, −3 est racine de Pk , k > 3, etc., et puisque

∀k ∈ N, Pk (−(k + 1)) = (−1)k ,

on obtient, en évaluant en −1 :
λ0 = A(−1) ∈ Z,
et, en supposant que pour k < n, λ0 , . . . , λk sont des entiers, en évaluant en −(k + 2) :
k
X
λk+1 (−1)k+1 = A(−(k + 2)) − λi Pi (−(k + 2)) ∈ Z.
i=0

Ainsi, par récurrence, on obtient (λ0 , . . . , λn ) ∈ Zn+1 .


4. Soit A ∈ R[X].
• Si A(Q) ⊂ Q, alors A(Z) ⊂ Q. Soit n = deg(A). L’argument de la question 3 utilise uniquement les valeurs de
A sur [[−(n + 1), −1]]. En multipliant par le ppcm des dénominateurs, on peut trouver N ∈ N∗ tel que pour
tout k ∈ [[−(n + 1), −1]], N A(k) ∈ Z. Ainsi, N A est combinaison linéaire à coefficients entiers des Pk , donc A
est combinaison linéaire à coefficients rationnels des Pk :

A ∈ VectQ (Pk , k ∈ N) ⊂ Q[X],

la dernière inclusion ayant lieu car les Pk sont à coefficients rationnels.


• Réciproquement, si A ∈ Q[X], il est évident que pour tout x ∈ Q, A(x) ∈ Q, en tant que somme de produits
d’éléments de Q.
Ainsi, (A(Q) ⊂ Q) ⇐⇒ (A ∈ Q[X]).

Correction du problème – Théorème de Rolle pour les polynômes complexes (d’après Mines PC 2010)

Dans ce problème, on se propose de prouver l’analogue complexe suivant du théorème de Rolle :


Théorème 1 Soient a et b deux nombres complexes distincts, et n un entier supérieur ou égal à 2. Soit
P (X) ∈ C[X] un polynôme de degré n tel que P (a) = P (b). Le polynôme dérivé P ′ (X) de P possède au
moins un zéro z0 (i.e. P ′ (z0 ) = 0) dans le disque
 
a+b
Da,b,n = z ∈ C z− 6 Rn (a, b) ,
2

où :
|a − b|
Rn (a, b) = .
2 tan nπ

Partie I – Définition de An,z P (X)

2
1. • An,z est bien à valeurs dans Cn−1 [X]. En effet, d’après les règles usuelles sur les degrés, An,z est à valeurs dans
Cn [X], et si an X n est le monôme de degré n de P , alors le monôme de degré n de An,z P est −X(nan X n−1 ) +
nan X n = 0. Ainsi, deg(An,z P ) < n.
• Pour tout (P, Q) ∈ Cn−1 [X] et tout λ ∈ C,

An,z (λP + Q) = (z − X)(λP ′ + Q′ )+ n(λP + Q) = λ ((z − X)P ′ + nP ) + ((z − X)Q′ + nQ) = λAn,z P + An,z Q.

Ainsi, An,z ∈ L(Cn [X], Cn−1 [X]).


2. Soient z1 et z2 dans C, et soit P ∈ Cn [X]. On a :

An−1,z1 ◦ An,z2 (P ) = An−1,z1 ((z2 − X)P ′ + nP )


= (z1 − X)(−P ′ + (z2 − X)P ′′ + nP ′ ) + (n − 1) ((z2 − X)P ′ + nP )
= (z1 − X)(z2 − X)P ′′ + (n − 1)(z1 + z2 − 2X)P ′ + n(n − 1)P.

La symétrie de cette expression en z1 et z2 nous assure alors que

An−1,z1 ◦ An,z2 = An−1,z2 ◦ An,z1 .

3. • Soit P ∈ Ker(An,z ). On a alors (X − z)P ′ = nP.. Ainsi, toute racine de P différente de z est de même
multiplicité dans P et dans P ′ , ce qui est impossible. Par conséquent, z est la seule racine possible de P , et,
P étant scindé dans C[X], d’après le théorème de d’Alembert-Gauss, il existe donc λ ∈ C et k ∈ N tel que
P = λ(X − z)k . Mais, l’équation caractérisant le noyau est alors :

λ(X − z)k(X − z)k−1 = n(X − z)n ,

de laquelle on tire k = n. Réciproquement les polynômes λ(X − z)n sont bien dans Ker(An,z ). Ainsi :

Ker(An,z ) = Vect((X − z)n ) .

• Le théorème du rang permet alors d’affirmer que dim(Im(An,z )) = n + 1 − 1 = n, et comme An,z est à valeurs
dans Cn−1 [X] de dimension n, Im(An,z ) = Cn−1 [X] (autrement dit An,z est surjective).
• On pouvait éviter le théorème du rang (pas encore vraiment vu en cours au moment du DS) en considérant
l’image par An,z d’une famille génératrice de Cn [X], par exemple la base canonique (en oubliant l’image de
X n , on est ramené à un système échelonné donc une base de Cn−1 [X], ainsi, l’image de la base canonique
engendre Cn−1 [X]). C’est un peu plus élégant en partant de la base ((X − z)k )k∈[[0,n]] de Cn [X].

Partie II – Définition de δ(ξ)

1. (a) • Puisque 0 ∈ C + , |z0 − 0| > R, donc r > R .


1
• La fonction f étant involutive (c’est-à-dire f ◦ f = id), on a l’équivalence z ∈ f (C) ⇐⇒ ∈ C. Or :
z
1 1
∈ C ⇐⇒ − z0 = R
z z
1 z0 z0
⇐⇒ − − + z0 z0 = R 2
zz z z
⇐⇒ zz(R2 − |z0 |2 ) + zz0 + zz0 = 1.

Ainsi, en posant s = R2 − |z0 |2 , il vient :


zz0 zz0 1
z ∈ f (C) ⇐⇒ zz + + =
 s s s
z0  z0  1 z0 z0
⇐⇒ z + z+ = − 2
s s s s
2
z0 R2
⇐⇒ z + = .
R − |z0 |2
2 (R2 − |z0 |2 )2

re− i α R
Ainsi, f (C) est le cercle de centre z0′ = − et de rayon R′ =
R2 − r 2 (R2 − r2 )

3
(b) On a
r R
|z0′ | = > 2 = R′ ,
R2 − r 2 R − r2
d’où 0 ∈ f (C)+ .
(c) • Soit u ∈ C − , et Du = {λu, λ ∈ R+ }. D’après le fait admis, il existe deux réels 0 < λ1 < 1 < λ2 tels que
λ1 u ∈ C et λ2 u ∈ C (le fait que 1 s’insère strictement entre les deux traduit le fait que u appartient au
segment ouvert ]A, B[, et le fait que λ1 > 0 traduit le fait que 0 6∈ C). Alors
1 1 1 1 1
f (λ1 u) = · , f (u) = et f (λ2 u) = · .
λ1 u u λ2 u
1 1
Comme f (λ1 u) et f (λ2 u) sont éléments de f (C), et comme 0 < <1< , on a bien trouvé deux
λ2 λ1
points A′ et B ′ de f (C), situés sur la demi-droite engendrée par u1 = f (u), et tels que f (u) ∈]A′ , B ′ [.
D’après le fait admis, on peut conclure que f (u) ∈ f (C)− . Ainsi, f (C − ) ⊂ C −
• Réciproquement, si u ∈ f (C)− , alors, en appliquant le résultat précédent au cercle f (C), f (u) ∈ (f ◦f (C))− ,
soit u1 ∈ C − (puisque f ◦f = id). Comme u = f u1 , on a bien u ∈ f (C − ), d’où l’inclusion f (C)− ⊂ f (C − ).


• Des deux inclusions, on tire l’égalité f (C)− = f (C − ) .


2. Soit C un cercle tel que {zi , i ∈ [[1, n]]} ⊂ C − .
(a) On suppose 0 ∈ C + .
• D’après ce qui précède, comme zi ∈ C − , on a alors f (zi ) ∈ C − , pour tout i ∈ [[1, n]]. La convexité des
disques permet alors de conclure que la moyenne des valeurs de ces points est également dans [[1, n]], ce
qu’on peut redémontrer à l’aide de l’inégalité triangulaire. En effet, en notant z0′ et R′ le centre et le
rayon de f (C) on a :
∀i ∈ [[1, n]], |f (zi ) − z0′ | < R′ ,
donc !
n n n n
1X 1X 1X 1X ′
f (zi ) − z0′ = (f (zi ) − z0′ ) 6 |f (zi ) − z0′ | < R = R′ .
n i=1 n i=1 n i=1 n i=1
n
1X 1
• Le fait que 0 6∈ f (C)− (question 1(b)) permet alors d’être sur que est inversible, ce qui
n i=1 zi
permet de définir δ0 par la relation :
n
1 1X 1
= .
δ0 n i=1 zi

1
• Le premier point permet d’affirmer que δ0 ∈ f (C)− , donc que δ0 ∈ C − (question 1(c)).
(b) Soit ξ tel que ξ ∈ C + . On applique le résultat précédent au cercle Cξ = C − ξ, obtenu par translation de −ξ,
et aux zi′ = zi − ξ. L’hypothèse ξ ∈ C + amène alors 0 ∈ Cξ+ . Ainsi, il existe un unique δ0′ , qui appartient à
Cξ− , tel que
n
1 1X 1
= .
δ0′ n i=1 zi − ξ

Il suffit de poser δξ = δ0′ + ξ ∈ C − pour obtenir l’ existence de δξ , ainsi que son appartenance à C − .

Partie III – Condition d’apolarité


n
Y
1. Soit P (X) = (X − zi ) un polynôme de Cn [X]
i=1
P′
(a) La décomposition en éléments simples de est :
P
n
P′ X 1
= .
P i=1
X − zi

4
En évaluant en ξ, (qui n’est pas racine de P ), il vient :
n
P ′ (ξ) X 1 n
= =− ,
P (ξ) i=1
ξ − zi δξ − ξ

expression de laquelle on tire sans mal :

P (ξ)
δξ = ξ − n .
P ′ (ξ)

(b) On a An,z P = (z − X)P ′ + nP . Ainsi :


• Si zi est racine de P de multiplicité αi , il est racine de P ′ de multiplicité αi − 1. L’expression de An,z P
permet de conclure que zi est racine de An,z P de multiplicité αi − 1. Ainsi, une racine de P est racine
de An,z P si et seulement si elle n’est pas simple.
• Soit ξ, différent des zi (donc non racine de P ). Alors ξ est racine de An,z P si et seulement si

(z − ξ)P ′ (ξ) + nP (ξ) = 0.

Dans un premier temps, remarquons que puisqu’on a supposé P (ξ) 6= 0, si l’égalité précédente est vérifiée
on a nécessairement P ′ (ξ) 6= 0. On peut donc affirmer que ξ est racine de An,z P si et seulement si

P (ξ)
z =ξ−n .
P ′ (ξ)

En utilisant 1(a), on a la CNS : δξ = z.


En regroupant les deux cas possibles, et en utilisant la caractérisation par les dérivées des multiplicités des
racines, on obtient bien :

rac(An,z P ) = {zi , 1 6 i 6 n, P ′ (zi ) = 0} ∪ {ξ ∈ C \ {zi , i ∈ [[1, n]]}, δξ = z}.

n
ak X k , avec an 6= 0 (car deg(P ) = n, on a même an = 1 d’après l’expression de P )
P
(c) En notant P (X) =
k=0
le coefficient de degré n − 1 de An,z P est :

nzan − (n − 1)an−1 + nan−1 = nan + an−1 .


an−1
Ainsi, deg(An,z P ) < n − 1 si et seulement si nzan + an−1 = 0 donc si et seulement si z = − . Les zi
nan
étant les racines de P , les relations de Viète amènent alors

n
1X
deg(An,z P ) < n − 1 ⇐⇒ z = zi .
n i=1

(d) • Les zj sont dans C1− , donc aussi leur moyenne (même argument que plus haut). Or, z 6∈ C1− , donc
n
1X
z 6= zj .
n j=1

La question 1(c) permet de conclure que deg(An,z P ) = n − 1.


• Les racines de Az P sont soit des racines multiples de P , appartenant à C1− par hypothèse, soit des
complexes ξ vérifiant δξ = z (question 1(c)). Or, une telle valeur ξ ne peut pas être dans C + , sinon on
aurait δξ ∈ C1− (question II-2(b)), ce qui contredit z ∈ C1+ ∪ C1 .
De plus, si ξ ∈ C1 , alors on peut rétrécir légèrement le cercle C1 sans perdre les différentes propriétés (car
max(|zi − z0 |) < R, où C1 est le cercle de centre z0 et de rayon R ; tout cercle de centre z0 et de rayon
compris entre max(|zi − z0 |) (strictement) et R conviendra). Soit alors C2 un tel cercle. On a donc ξ ∈ C2+ ,
et donc δξ ∈ C2− d’après question II-2(b). Comme C2− ⊂ C1− , cela contredit également le fait que z 6∈ C1− .
Ainsi, toutes les racines de Az P sont dans C1− .

5
2. On montre la contraposée. Supposons que pour tout i ∈ [[1, n]], zi′ 6∈ C − . En appliquant itérativement la question
1(d) (il faudrait écrire une récurrence), les An−k+1,zn−k+1
′ · · · An,zn′ P (pour k ∈ [[1, n]]) sont de degré n − k à
racines toutes comprises dans C1− (ce qui permet l’itération).

En particulier, pour k = n, on obtient deg A1,z1′ · · · An,zn′ P = 0, donc il s’agit d’une constante non nulle, et P
n’est pas apolaire par rapport à Q.
En contraposant, si P est apolaire par rapport à Q, il existe i ∈ [[1, n]] tel que zi′ ∈ C − .
3. Par linéarité de l’intégrale, il suffit de poser
Z 1
n−1−k (−1)n−1−k h i1
bk = (−1) (a + t(b − a))n−1−k = (a + t(b − a))n−k ,
0 (n − k)(b − a) 0

(−1)n−1−k
soit : bk = (bn−k − an−k ).
(n − k)(b − a)
4. On a :
n−1  
X n−1
∆(X) = bk Xi
k
k=0
n−1 n−1
  !
1 X1 n−1 X 1 n − 1
= (−1)n−1−k bn−k − (−1)n−1−k an−k
b−a n−k k n−k k
k=0 k=0
n−1 n−1
    !
1 X n n−k n−k
X 1 n−1 n−k n−k
=− (−1) b − (−1) a
n(b − a) k n−k k
k=0 k=0
n   n   !
1 X n n−k n−k
X 1 n−1 n−k n−k
=− (−1) b − (−1) a
n(b − a) k n−k k
k=0 k=0

1
= ((X − a)n − (X − b)n ) ,
n(b − a)

l’avant-dernière égalité résulant du fait que les termes ajoutés au deux sommes sont égaux, la dernière provenant
de la formule du binôme.
5. Allégeons les notations, en posant, pour tout n ∈ N et tout (t1 , . . . , tn ) ∈ Cn ,

At1 ,...,tn = A1,t1 ◦ · · · ◦ An,tn .

L’application At1 ,...,tn est alors une application linéaire de Cn [X] dans C0 [X] = C.
Par linéarité, on se rend compte qu’il suffit de montrer que pour tout k ∈ [[0, n − 1]],
an−1
At ,t ,...,tn−1 (X k ) = (−1)k an−1−k .
(n − 1)! 1 2
On se rend compte que le problème est alors lié aux relations entre coefficients et racines. En se souvenant que
les ak ne sont les coefficients de P ′ qu’à un coefficient binomial près, on est donc ramené à montrer que :

∀k ∈ [[0, n − 1]], At1 ,t2 ,...,tn−1 (X k ) = σk (t1 , . . . , tn−1 )k!(n − 1 − k)!,

où, pour tout n ∈ N, tout k ∈ [[0, n]], et tout (u1 , . . . , un ), on a défini :

X k
Y
σk (u1 , . . . , un ) = uiℓ .
16i1 <···<ik 6n ℓ=1

En particulier, les conventions sur les produits vides amènent σ0 = 1.


Nous démontrons alors le résultat par récurrence sur n, notre propriété de récurrence étant au rang n ∈ N∗ :
P(n) : pour tout k ∈ [[0, n]], pour tout (t1 , . . . , tn ) ∈ Cn , At1 ,...,tn (X k ) = k!(n − k)!σk (t1 , . . . , tn ).
• Pour n = 1, on a, t1 étant donné, à calculer At1 (1) et At1 (X) :

At1 (1) = 1 = σ0 (t1 ) et At1 (X) = t1 = σ1 (t1 ).

La propriété P(1) est donc vraie.

6
• Soit n > 2, et supposons P(n − 1) vraie. Soit (t1 , . . . , tn ) ∈ Cn . Pour relier les fonctions symétriques σk
de n variables aux fonctions symétriques de n − 1 variables, nous utiliserons la relation suivante, pour tout
k ∈ [[1, n]] :

X k
Y
σk (t1 , . . . , tn ) = tiℓ
16i1 <···<ik 6n ℓ=1

X k
Y X k
Y
= tiℓ + tiℓ
16i1 <···<ik <n ℓ=1 16i1 <···<ik =n ℓ=1

X k
Y X k−1
Y
= tiℓ + tn × tiℓ
16i1 <···<ik 6n−1 ℓ=1 16i1 <···<ik−1 =n−1 ℓ=1

= σk (t1 , . . . , tn−1 ) + tn σk−1 (t1 , . . . , tn−1 ),

Nous avons alors, par linéarité et hypothèse de récurrence, pour tout k ∈ [[1, n − 1]] :

At1 ,...,tn (X k ) = At1 ,...,tn−1 (tn kX k−1 + (n − k)X k )


= tn k(k − 1)!(n − 1 − (k − 1))!σk−1 (t1 , . . . , tn−1 ) + (n − k)k!(n − 1 − k)!σk (t1 , . . . , tn−1 )
= k!(n − k)! (tn σk−1 (t1 , . . . , tn−1 ) + σk (t1 , . . . , tn−1 ))
= k!(n − k)!σk (t1 , . . . , tn )

ce qui est bien ce qu’on voulait obtenir. Les cas k = 0 et k = n sont un peu spéciaux, mais se résolvent de
façon similaire. Ainsi, la propriété P(n − 1) entraîne la propriété P(n).
• L’axiome de récurrence nous permet donc de conclure que la propriété est vraie pour tout n ∈ N∗ , et en
particulier, on obtient la relation demandée :

n−1  
n−1 an−1 X
k n−1
(−1) A1,t1 A2,t2 . . . An−1,tn−1 ∆(X) = (−1) ak bn−1−k .
(n − 1)! k
k=0

6. D’après la question 3,
n−1   Z 1 i1 P (b) − P (a)
X n−1 1 h
(−1)k ak bn−1−k = P ′ (a + t(b − a)) dt = P (a + t(b − a) = = 0.
k 0 b−a 0 b−a
k=0

Ainsi, la question III-5 permet d’affirmer que ∆ est apolaire par rapport à P ′ .
La question III-2 nous assure que si on trouve un cercle C tel que les racines de ∆ soient toutes dans C − , alors
P ′ aura une racine dans C − . Pour montrer le théorème 1, il suffit donc de s’assurer que le cercle qui y est décrit
vérifie cette propriété. Or, d’après III-4, les racines de ∆ sont les complexes z vérifiant

(z − a)n = (z − b)n .

En notant, de façon usuelle, ω0 , . . . , ωn−1 les racines n-ième de 1, il vient donc

∃k ∈ [[0, n − 1]], z − a = ωk (z − b), puis: z(1 − ωk ) = a − bωk .

Le cas k = 0 correspondant à ωk = 1 est impossible (il amène a = b). On a donc ωk 6= 1, et

a − bωk
z= .
1 − ωk
On en déduit que
a+b a − bωk a+b a − b 1 + ωk
z− = − = · ,
2 1 − ωk 2 2 1 − ωk
et par symétrisation des arguments,
a+b a−b 1
z− = · kπ
.
2 2 2 tan n

7
La fonction tangente étant croissante et positive sur [0, π[, il vient donc
a+b |b − a|
z− 6 .
2 2 tan πn

a+b |b − a|
D’après III-2, il existe donc une racine z de P ′ dans tout disque ouvert de centre et de rayon R > .
2 2 tan nπ
a+b |b − a|
S’il n’existe pas de racine dans le disque fermé de centre 2 et de rayon  , on pourra construire par
2 tan πn
récurrence une suite (zm ) de racines de P ′ vérifiant :
a+b a+b |b − a|
∀m, zm − > zm+1 − > .
2 2 2 tan πn

Ces racines sont alors deux à deux distinctes, ce qui donne une infinité de racines pour P ′ , ce qui est impossible
(P n’étant pas constant).
a+b |b − a|
Ainsi, P ′ admet une racine dans le disque fermé de centre de rayon
2 tan nπ

2

Correction de l’exercice 3 – Polynômes irréductibles sur Fp .


Soit p un nombre premier, et soit n ∈ N∗ un entier fixé. On note pour tout k ∈ N∗ , A(k) l’ensemble des polynômes
irréductibles unitaires de degré k de Fp [X], et I(k) = Card(A(k)). Le but de l’exercice est de donner une formule pour
le calcul de I(n).
1. Soit d un diviseur de n et P ∈ A(d).
(a) La relation de congruence est clairement reflexive, symétrique, et transitive (la propriété de divisibilité étant
stable par somme). Ainsi, la congruence modulo P est une relation d’équivalence.
(b) On montre que la relation de congruence est compatible avec + et × de Fp [X]. Soient Q1 , Q2 , R1 , R2 tels
que Q1 ≡ Q2 [P ] et R1 ≡ R2 mod P .
• On a :
(Q2 + R2 ) − (Q1 + R1 ) = (Q2 − Q1 ) + (R2 − R1 ),
et, P divisant Q2 − Q1 et R2 − R1 , P divise aussi (Q2 + R2 ) − (Q1 + R1 ). Ainsi, Q1 + R1 ≡ Q2 + R2 [P ].
• De même,
Q2 R2 − Q1 R1 = Q2 (R2 − R1 ) + R1 (Q2 − Q1 ),
donc P divise Q2 R2 − Q1 R1 , puis Q1 R1 ≡ Q2 R2 [P ].
Ainsi, les lois + et × passent au quotient, définissant deux lois, qu’on notera de la même façon, sur l’espace
quotient K. Les propriétés liées à la structure d’anneau de Fp [X] restent vérifiées par passage au quotient,
ainsi, K est muni d’une structure d’anneau commutatif. Il reste à vérifier que tout élément non nul est
inversible.
Soit donc h ∈ K, non nul, représenté par un polynôme H de Fp [X]. Comme P est irréductible et unitaire,
H ∧ P = 1 ou H ∧ P = P . Puisque h 6= 0, H n’est pas divisible par P , donc H ∧ P = 1. D’après le théorème
de Bézout, il existe donc deux polynômes U et V tels que

HU + P V = 1.

En notant u la classe d’équivalence de U modulo P , il vient donc, par passage au quotient, la relation
suivante dans K :
h · u = 1K .
Nous avons bien montré que tout élément non nul de l’anneau commutatif K est inversible, K est un corps.
Par ailleurs, d’après le théorème de la division euclidienne, h ∈ K admet un représentant dans Fp [X] de
degré au plus d − 1. Il y a un nombre fini de polynômes de degré au plus d − 1 (plus exactement pd , puisque
chacun des n coefficients peut prendre p valeurs différentes). Ainsi K est un corps fini.
(c) χ étant la classe de X, les lois de K étant obtenues de celles de Fp [X] par passage au quotient, P (χ) est la
classe de P (X), c’est-à-dire 0. Ainsi, P (χ) = 0K , donc P admet au moins la racine χ dans K .

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(d) • Puisque K est un corps, (K, +) est un groupe abélien.
• Puisque Fp est un sous-corps de K, la restriction du produit de K à Fp × K défini une loi de composition
interne. La structure de corps de K nous assure alors que celle loi est distributive sur la somme de K,
ainsi que sur la somme de Fp , qu’elle respecte le neutre de Fp (qui est aussi le neutre de K), et qu’elle
vérifie la propriété d’associativité externe, obtenue par restriction de l’associativité de × dans K.
Ainsi, K est un espace vectoriel sur Fp .
Comme on l’a dit plus haut, tout élément de K admet un représentant de degré au plus d − 1. Ainsi,
(1, χ, . . . , χd−1 ) est une famille génératrice de K en tant que Fp -ev. Par ailleurs, le seul polynôme de degré
au plus d − 1 divisible par P de degré d est le polynôme nul. On en déduit sans peine la liberté de la famille
(1, χ, . . . , χd−1 ). Il s’agit donc d’une base, de cardinal d.
Ainsi, K est un espace vectoriel de dimension d sur Fp .
Tout vecteur étant alors déterminé de façon unique par le choix de d coordonnées dans Fp (après choix
d’une base), Card(K) = pd (cela se formalise en disant que K est alors isomorphe à Fdp ).
d
2. (K∗ , ×) est un groupe de cardinal pd − 1. Donc, d’après le théorème de Lagrange, pour tout x ∈ K∗ , xp −1
= 1,
d
donc xp = x. Cette relation étant trivialement vraie pour x = 0 aussi, il vient :
d
∀x ∈ K, xp = x .

Vous aurez reconnu une généralisation du petit théorème de Fermat.


n d d d
En notant d1 = nd , on obtient alors χp = (((χp )p ) · · · )p = χ, obtenu en élevant d1 fois à la puissance pd .
n n n
Ainsi, χ est racine commune de P et X p −X , donc que P ∧ X p − X 6= 1. Or, les polynômes P et X p − X étant
n
à coefficients dans Fp , l’algorithme d’Euclide pour le calcul du PGCD permet d’affirmer que P ∧ X p − X est
aussi à coefficients dans Fp . Comme il divise P (dans Fp [X]), et est différent de 1, l’irréductibilité de P amène
n d
P ∧ X p − X = P , donc P divise X p − X .
3. Nous établissons la réciproque :
n
(a) On itère l’argument de la question 1 : à chaque étape, si P = X p − 1 n’est pas scindé dans le corps K
construit, on en considère un facteur irréductible Q de degré au moins 2, et on construit un corps K′ de la
même manière que dans la question 1, contenant K comme sous-corps, et dans lequel Q aura une racine.
Dans ce corps K′ , le polynôme P a au moins une racine de plus que dans K. On itère ce procédé jusqu’à
ce que P soit scindé. On est assuré de la terminaison de cet algorithme du fait que P , dans n’importe quel
sur-corps de Fp ne pourra jamais avoir plus de pn racines. Le nombre de racines augmentant strictement à
chaque étape, il y aura au maximum pn étapes.
n
Ainsi, il existe un corps K′ contenant Fp , tel que X p − X soit scindé sur K′ .
Ce procédé permet toujours de construire un « corps de décomposition » d’un polynôme P (corps dans
lequel il sera scindé). La première étape donne un « corps de rupture » (corps dans lequel P admet une
racine au moins)
n
Puisque K′ contient Fp , K′ est de caractéristique p. Ainsi, P ′ = pn X p −1 − 1 = −1 6= 0. Donc une racine
de P ne peut pas être racine de P ′ , ce qui assure que les racines de P sont simples.
(b) • 0 ∈ Fpn
• Pour tout (ω1 , ω2 ) ∈ Fpn ,
n n n
(ω1 − ω2 )p = ω1p − ω2p = ω1 − ω2 ,
car dans un corps de caractéristique p, (x + y)p = xp + y p , et, en distinguant les cas p pair et p impair,
n n n
on obtient facilement (x − y)p = xp − y p , puis, par itération, (x − y)p = xp − y p . Ainsi, ω1 − ω2 ∈ Fpn .
• Pour tout (ω1 , ω2 ) ∈ Fpn ,
n n n
(ω1 ω2−1 )p = (ω1p )(ω2p )−1 = ω1 ω2−1 .
Donc ω1 ω2−1 ∈ Fpn .
On en déduit que Fpn est un sous-corps de K′ .
n
Puisque pour tout x ∈ Fp , on a xp = x, on a, par itération, xp = x, d’où x ∈ Fpn . Ainsi, Fp ⊂ Fpn .
n
Enfin, les racines de X p − X étant toutes simples, et ce polynôme étant scindé sur K′ , elles sont au nombre
de pn , donc Card(Fpn ) = pn .

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(c) P admet une racine x dans Fpn . Considérons ϕ : Fp [X] 7→ Fpn , le morphisme d’anneaux, bien et uniquement
défini par ϕ(k) = k si k ∈ Fp et ϕ(X) = x. Si Q est divisible par P , disons Q = P R, on a alors ϕ(Q) =
P (x)R(x) = 0. Ainsi, ϕ passe au quotient, définissant un morphisme d’anneaux ϕ̃ de K vers Fpn , tel que
ϕ̃(χ) = x. C’est alors un morphisme de corps (par définition), et, comme tout morphisme de corps, il est
injectif. En effet si P 6= 0, ϕ̃(y) = 0 implique

ϕ̃(1) = ϕ̃(y)ϕ̃(y −1 ) = 0,

ce qui contredit ϕ̃(1) = 1. Ainsi, Ker(ϕ̃) = {0}, d’où l’injectivité.


Par conséquent, ϕ̃ induit un isomophisme de corps de K sur son image dans Fpn . En identifiant le corps K
à son image, on peut donc considérer K comme sous-corps de Fpn .
(d) Comme dans 1(d), Fpn est alors un espace vectoriel sur K, de dimension finie. Comme K est de cardinal pk ,
il existe donc un entier k = dimK (Fpn ) tel que

pn = (pd )k = pkd , donc: n = kd.

On en déduit que d | n.
n
4. Tout polynôme irréductible de degré d | n divise X p − 1 (question 2), et ceci une seule fois car les racines de ce
n
dernier sont simples. Récirproquement, tout facteur irréductible de X p − 1 est de degré d | n. Ainsi,
n Y Y
Xp − 1 = P.
d|n P ∈A(d)

En identifiant les degrés, il vient alors :


X X X
pn = d= dI(d).
d|n P ∈A(d) d|n

On obtient la dernière identité par la formule d’inversion de Möbius, qu’on redémontre rapidement dans ce cas
particulier :

1 X n d 1 X n X ′ ′
µ p = µ d I(d )
n d n d ′
d|n d|n d |d
1 X ′ ′ X n
= d I(d ) µ .
n ′ d
d |n ′ d,d |d

n
Le changement de variable d′′ = d dans la seconde somme amène

1 X n d 1X ′ ′ X
µ p = d I(d ) µ (d′′ ) .
n d n ′ n
d|n ′′ d |n d | d′

αℓ
Or, étant donné k ∈ [[2, n]], de décomposition pα
1 , . . . , pℓ ,
1

1 1
! !
X X X X
ε1 +···+εk ε1 εℓ
µ (d) = (−1) = (−1) ··· (−1) = 0.
d|k (ε1 ,...,εk )∈{0,1}ℓ ε1 =0 εℓ =0

X
Pour k = 1, on obtient en revanche µ (d) = µ(1) = (−1)0 = 1 Ainsi, reprenant le calcul précédent, la plupart
d|k
des termes sont nuls, et il reste :
1 X n d
µ p = I(n).
n d
d|n

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