Mémoire Version Josias
Mémoire Version Josias
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Réalisé par :
Sous la direction de :
2
Dédicace
A:
3
Remerciements
Le présent travail de recherche est le résultat de nombreux échanges scientifiques et
de collaboration avec des personnes auxquelles j’aimerais exprimer ici toute ma
gratitude sachant que ces quelques lignes sont insuffisantes pour résumer le rôle
qu’elles ont eu à jouer. A ce titre, mes sincères remerciements vont à l’endroit de :
Docteur Rachad K. F. M. ALI, Maître-Assistant à
l’UAC/FASHS-Adjarra/DGAT et Coordonnateur pédagogique et administratif
FASHS/Adjarra pour avoir accepté de diriger ce mémoire malgré son agenda
suffisamment chargé. Les nombreux conseils qui ont découlé de chacune des
séances d’encadrement ont été le phare qui a conduit cette recherche à bon port.
Docteur Jules ODJOUBERE, pour ses brillantes explications des cours et qui
m’a donné le goût de l’écologie et pour avoir consacré son précieux temps pour
les orientations dès les premières séances d’encadrement ;
Docteur Akibou A. AKINDELE, Chef du Département de Géographie et
Aménagement du Territoire et à tous les Docteurs du département de
Géographie FASHS /Adjarra, pour leur enseignement de qualité ;
ma Tante maternelle Sidonie HESSOU, pour ses conseils et soutiens affectifs,
mes frères et sœurs pour leur soutien de tout genre ;
au personnel de la mairie de Grand-Popo notamment M. Messan AMAN et M.
Edem K. KLOBESSI respectivement comptable, chef service assainissement et
au personnel d’Eco-Bénin pour leur contribution ;
à M. Hermann AKUE guide touristique Eco-Bénin et M. Hospice SESSOU
pour leur disponibilité ;
à M. Yao AMOUSSOU, Président de l’Association Mianlébénnin pour ses
multiples informations ;
à M. Rufin KPATINNON, pour sa disponibilité, ses observations de qualité et
son encadrement ;
aux aînés Lionel TODOME, Justin DJIHOUMETO, Tobias MEVOGNON
André SAGBOHAN, et aux camarades étudiants de promotion pour leur sens
de partage scientifique ;
4
au Président et les membres du Jury, pour avoir accepté d’examiner ce
document.
5
Culture
USAID : Agence des Etats-Unis pour le Développement International
Résumé
La mangrove est l’un des écosystèmes les plus précieux de la Commune de Grand-
Popo, qui subit des pressions anthropiques de nos jours. La présente recherche vise à
étudier les pressions et la dynamique de l’espace côtier à mangrove dans la Commune
de Grand Popo.
Pour y parvenir, des enquêtes sont faites auprès de la population riveraine (67), les
autorités locales (3) et des agents d’ONG (4). Ensuite, il est procédé à l’analyse
diachronique du couvert végétal à partir des cartes d’occupation du sol (1999-2009-
2019). Les conversions sont présentées par la matrice de transition.
De 1999 à 2019, la superficie de mangrove de la Commune est passée de 1473,92 ha à
1201,13 ha. Depuis quelques années, l’Etat et les organisations s’impliquent
activement à travers des sensibilisations, des initiatives pour remédier aux formes de
pressions qui sont entre autres liées à la saliculture 61,19 % ; la pêche 19,4 % ; le
fumage de poisson 11,94 % ; et agriculture /maraîchage (7,46 %). La gestion
participative et la sensibilisation à travers une éducation environnementale s’avèrent
alors indispensables pour augmenter considérablement les superficies de mangroves.
Mots-clés : Grand-Popo, Mangrove, pressions, dynamiques, espace côtier
Abstract
The mangrove is one of the most valuable ecosystems of the Township of Grand-
Popo, which is undergoing human pressures today. The present research aims to study
the pressures and dynamics of the mangrove coastal area in the Township of Grand
Popo.
To achieve this, surveys were made of the local population (67), local authorities (3)
and NGO agents (4). Then, a diachronic analysis of the vegetation cover is carried out
from the land cover maps (1999-2009-2019). Conversions are presented by the
transition matrix.
From 1999 to 2019, the mangrove area of the Commune increased from 1473.92 ha to
1201.13 ha. In recent years, the State and organisations are actively involved through
sensitisation, initiatives to address the forms of pressure that are inter alia related to
6
salt farming 61.19 %; fishing 19.4 %; fish smoking 11.94 %; and agriculture / market
gardening (7.46 %). Participatory management and awareness raising through
environmental education is therefore essential to significantly increase the area of
mangroves.
Keywords: Grand-Popo, Mangrove, pressures, dynamic, coastal space
Introduction
A Partir du 20è siècle, les progrès industriels et technologiques ont provoqué une
pression croissante de l’homme sur l’environnement et ses ressources (ACED-Bénin,
2015, p.7). En effet, les écosystèmes côtiers sont soumis à de nombreuses
perturbations (naturelles et anthropiques) qui entrainent la modification de leur
structure et de leur fonctionnement (ACED-Bénin, 2015, p.12). De nombreuses études
scientifiques viennent alimenter la littérature sur les mangroves et viennent confirmer
leur importance tant pour les équilibres naturels, que pour les hommes (J. Avau, 2009,
p.4).
De par le passé, ces écosystèmes de mangroves ont été durablement gérés par les
communautés autochtones pour la production alimentaire, la collecte des plantes
médicinales, le bois-énergie et le bois d’œuvre (INRAB, 2016, p.20). Toutefois, les
mangroves sont d’une richesse groupant une gamme d’activités humaines comprenant
la pêche traditionnelle de subsistance en premier lieu, l’extraction de bois de
construction et de combustible orientée vers le marché ainsi que l’affermage crevettier
moderne (B. Basel, 2007, p.3). Les populations riveraines de la mangrove tirent
d’importants revenus de l’exploitation du bois, de la pêche, de la riziculture, de
7
l’extraction de sel, du maraichage et d’autres activités notamment la récolte de miel et
les plantes médicinales (FAO, 2018, p.9). L’apiculture offre également d’autres
avantages aux populations, car elle permet de favoriser l’équilibre nutritionnel des
populations en consommant du miel ; protéger l’environnement, en luttant contre la
déforestation (ADG, 2016, p.15). Les mangroves jouent également un rôle essentiel en
matière d’atténuation des changements climatiques (L. Hirep, 2O14, p.1).
De 1978 à 2010, le Bénin a perdu près de 85 % de ses forêts et plus de 30% de son
couvert végétal (FAO, 2007). Les études de G. Anagonou sur l’évolution des
populations naturelles des palétuviers des mangroves dans la Commune de Ouidah,
2014 révèlent que, les mangroves finiraient par disparaitre d’ici 2040 si rien n’est fait
pour conserver la ressource. L’USAID estime dans son étude menée en 2014 sur les
mangroves de l’Afrique de l’Ouest, que l’expansion agricole dans les écosystèmes de
mangrove et la production de sel contribuent à la déforestation. La Commune de
Grand Popo dispose des mangroves qui sont d’une grande importance, mais qui
subissent une forte pression anthropique. Ce qui constitue un drame écologique et
pourrait pénaliser les générations à venir des utilités de cet écosystème.
8
CHAPITRE I : CADRES THEORIQUE ET GEOGRAPHIQUE DE L’ETUDE
Ce chapitre présente le cadre théorique et géographique du secteur d’étude.
1.1.1. Problématique
La gestion durable des ressources naturelles est devenue une préoccupation majeure
des politiques de développement aussi bien au niveau national qu’international. Ces
biens de la planète subissent une forte exploitation. Dès lors, la perte de la
biodiversité ; constitue un problème d’envergure planétaire. Depuis des siècles
l’homme interagit avec son environnement et modifie petit à petit l’équilibre de la
nature (N. Dessay, 2006, p.11). Selon V. Orekan (2015, p.3), les ressources naturelles
de l’Afrique occidentale évoluent dans un environnement qui subit à un rythme
effréné et inquiétant des transformations rapides. Cela n’épargne sans doute les
écosystèmes mangroves. Ainsi pour (F. Taureau ; M. Rosin et al., 2015, p.14), les
mangroves suscitent un regain d’intérêt depuis une dizaine d’années. La raison
première réside dans le rythme alarmant de leur disparition à l’échelle mondiale.
Selon UNEP-WCMC (2007, p.5), les mangroves de l’Afrique de l’Ouest sont dans un
état de détérioration modérée, avec une diminution moyenne estimée à un quart entre
1980 et 2006. Face à cette dynamique, il urge de préserver l’écosystème côtier.
Les régions côtières abritent une grande partie des écosystèmes les plus riches, les
plus complexes et les plus productifs de la planète (K. Samoura, 2010, p.4). Les
mangroves, jouent, entre autres un rôle clé dans la protection des rives, la filtration des
eaux, la réduction de l’érosion du littoral, la biodiversité des milieux côtiers et
représentent un habitat de choix pour une multitude d’espèces marines ou
terrestres (F. Magali, 2009, p.11). Les racines du palétuvier rouge (Rhizophora
racemosa) servent de refuges et de frayères pour un nombre élevé de poissons (G.
Ajonina, E. Ago et al., 2013, p.21). Outre son importance dans le cycle de
9
reproduction de la faune aquatique, la mangrove est l’écosystème privilégié d’un
nombre important d’espèces d’oiseaux (V. A. Adikpeto, 2012, p.5).
C’est pour répondre à ces questions que la présente recherche sur « pressions et
dynamique de l’espace côtier à mangrove dans la Commune de Grand-Popo » est
menée. Elle est fondée sur trois hypothèses.
Mangrove : Selon Charline Gaudin (2006 p.6), la mangrove est un ensemble d’arbres,
d’arbustes, d’herbiers à caractère halophile que l’on rencontre à l’embouchure des
rivières et des zones côtières à l’abri des courants marins. Selon le dictionnaire Pierre
George (1974 p.262), la mangrove est une forêt ou formation arborescente
caractéristique de l’étage intertidal des littoraux lagunaires et vaseux de la zone
intertropicale. L’espèce végétale dominante est le palétuvier, nom commun donné à
divers arbres de la mangrove (genre : Avicennia, Rhizophora, etc.) ces arbres ont des
racines échasses et des pneumatophores (excroissance verticale et aérienne des racines
qui assurent leur respiration. Dans le cadre de ce sujet, la mangrove est un écosystème
aquatique constitué essentiellement de palétuviers.
11
Pression : Les sociétés dépendent de diverses ressources naturelles, énergétiques,
minérales. Ainsi, l’activité humaine exerce une pression croissante sur ces ressources,
ce qui affecte le capital constitué par l’écosystème (R. D. Bemba, 2014, p.52). La
pression est un facteur environnemental conséquence des activités humaines par
exemple la densité de la population dans la zone que l’expert dessine et sous un
certain sous-ensemble de biotope sur lesquels l’expert s’est déclaré connaisseur (J.
Daeden, 2015, p.206). Dans le cadre de ce sujet, la pression est toute action naturelle
ou anthropique pouvant nuire à l’écosystème mangrove.
La Commune de Grand Popo s’étend sur une superficie de 289 km², soit 7,2 % de
l’ensemble du département du Mono pour une densité moyenne de population
d’environ 140 habitants/km². Elle compte sept (07) arrondissements et 44 villages. La
figure 1 présente la situation géographique de la Commune de Grand-Popo.
12
Figu
re 1 : Situation géographique de la Commune de Grand-Popo
De l’analyse de la figure1, il ressort que sur les sept arrondissements ; seules trois se
trouvent à proximité de la côte. Il s’agit de Agoué, Avlo et de l’arrondissement central
Grand-Popo. Les enquêtes ont été menées dans ces trois (3) arrondissements.
- Caractéristiques Climatiques
La Commune de Grand-Popo fait partie d’un ensemble qui jouit d’un climat
subéquatorial de type guinéen caractérisé par quatre (04) saisons plus ou moins
marquées :
140 140
120 120
100 100
80 80
60 60
40 40
20 20
0 0
Mois
- la période humide au cours de laquelle la courbe de ½ ETP passe sous celle des
précipitations (½ ETP < Pluviométrie). Cette période va de mi-mars à mi-juillet.
Au cours des périodes humides, celles des hautes marrées, les propagules qui tombent
n’arrivent plus à régénérer.
14
élevées sont relevées en mars (34 °C) tandis que les températures les plus basses sont
observées en août (23 °C). L’humidité relative est forte et varie entre 70 % et 90 % du
fait de la proximité de la mer.
Pendant l’été (décembre à mars), l’alizé continental (ou harmattan) qui est un vent sec
et chaud de secteur nord-est souffle à une vitesse de 2 à 3 m/s tandis que pendant
l’hivernage (avril à novembre), règne un régime de mousson avec l’alizé maritime
venant de l’océan qui souffle à une vitesse dépassant parfois 20 m/s. Ces températures
favorisent la présence des mangroves et leur développement ainsi que leur
régénération.
Contexte géomorphologique
La côte qui correspond à toute la partie Sud le long de la mer et va de Hillacondji au-
delà de Hokoué. C’est un cordon littoral sablonneux (fluviomarin) plat et rectiligne
dans son ensemble et dont l’altitude ne dépasse pas 5 m au-dessus du niveau de la mer
(Agbo, 2012). Au niveau de cette côte se trouvent des arrondissements possédant les
mangroves et une formation riche en Cocos nucifera. Au plan morphologique, la zone
où pousse la mangrove est globalement plate.
Les zones marécageuses ou zones de bas-fonds et les zones inondables qui couvrent la
plus grande partie des terres, vont de l’Est d’Adjaha au Nord-Est jusqu’au chenal de
Aho, estuaire du lac Ahémé.
Le plateau continental terminal qui recouvre des formations fines, sableuses ou sablo-
argileuses souvent ferrugineux, s’étend de l’ouest vers le nord. Il couvre les régions
d’Adjaha et remonte vers Gbéhoué et Comé. Le secteur d’étude étant inclus dans le
site Ramsar 1017, on y retrouve trois groupes d’écosystèmes à savoir : les
écosystèmes de la plaine côtière, les écosystèmes des plateaux de terres de barre et les
écosystèmes de la dépression argileuse (FAO, 2018, p.30).
Végétation et faune
15
Les formations des zones humides sont caractérisées par un couvert végétal
spécifique. En effet, pour la FAO (2018, p.16), les formations des zones humides
(lagunes et vasières) se présentent sous deux types physionomiques fondamentaux.
D’une part, les mangroves, constituées de palétuviers rouge (Rysophora racemosa) et
blanc (Avicenia germinans), longent les lagunes jeunes. Et, d’autre part, les forêts/
savanes marécageuses à Anthocleista vogelii, Raphia hookeri, Alchomea cordifolia
occupent les lagunes anciennes en voie de comblement. Ces formations forestières,
après dégradation, sont transformées en des prairies et savanes herbeuses
marécageuses.
Hydrographie
Ces cours d'eau ont tous un régime pluvial, tropical en rapport avec le régime de pluie
et la durée de saturation des terrains qu'ils traversent.
Fleuve Mono : d'une longueur d'environ 527 km, il prend sa source dans les monts
Alédjo dans l'Atacora au nord du Bénin et coule dans sa partie supérieure au Togo
avant de constituer dans sa partie inférieure la frontière naturelle entre le Bénin et le
16
Togo à partir d'Aplahoué sur une longueur de 100 km avant de se jeter dans l’Océan
par la bouche du Roy. Il a un régime tropical très irrégulier avec de grandes variations
inter annuelles et connaît une crue généralement située entre juin - octobre. Ceci
s'explique par le fait que le cours d'eau reçoit en même temps, dans son cours
supérieur, les eaux de la grande saison des pluies ainsi que celles de la petite saison
dans son cours inférieur. Cette concentration des eaux en rapport avec les pentes
entraîne les inondations à Grand-Popo. Il faut noter que la mise en service du barrage
de Nangbéto a modifié ce régime. Le fleuve se jette dans l'océan Atlantique par un
large delta appelé "Bouche du Roy" au niveau du village Avlo plage. Face aux
désastres naturels tels que l’inondation que subit la Commune, les mangroves s’ils
sont d’une grande superficie peuvent amoindrir les effets des inondations. Aussi
l’installation du barrage de Nangbéto a engendré la diminution de la salinité de l’eau
qui a entraîné l’encombrement des eaux par les plantes aquatiques (G. Chabi, D.
Houessou et al., 2018, p.3).
Pour atténuer les effets de cette crue, les mangroves peuvent protéger contre les
inondations et l’érosion grâce à leur capacité à absorber et dissiper l’énergie des
vagues et à stabiliser les terres côtières (B. Locatelli, 2013, p.30).
Rivière Sazué : la Sazué est un défluent du fleuve Mono. D'une longueur de 35 km,
elle coule parallèlement à ce dernier depuis la région de Zounhouè jusqu'à leur
confluent à Hêvê. La Sazué est entièrement située dans le delta inférieur du Mono.
Depuis la construction du barrage de Nangbéto, ce cours d'eau a vu ses caractères
physico-chimiques modifiés.
17
Les mangroves étant des formations végétales aquatiques, elles dépendent de
l’hydrographie du milieu. En effet, l’alimentation minérale de la plante est
essentiellement conditionnée par son alimentation hydrique (Duchauffour, cité par F.
J. Dokpè, 2016, p.32). La figure 3 présente la carte hydrographique de la commune de
Grand-Popo.
18
ménage est de 4,05 (INSAE, 2002). En 2013, cette population est passée à 161 544
habitants. Cette évolution de la population n’est pas sans répercussion sur les
écosystèmes mangroves. Le tableau I présente la répartition de la population de la
commune de Grand-Popo lors des derniers recensements et le taux d’accroissement de
la population entre 1979-2002 et celui de 2002 à 2013.
70000
60000
50000
40000
30000
20000
10000
0
1979 1992 2002 2013
Années
19
Une approche méthodologique est élaborée pour pouvoir atteindre les objectifs fixés
pour ce travail. Elle est détaillée dans le chapitre II du présent document.
20
CHAPITRE Ⅱ : APPROCHE METHODOLOGIQUE
Dans le but d’atteindre les objectifs fixés dans cette étude, une approche
méthodologique s’est avérée indispensable. Elle a comporté la collecte des données,
les travaux de terrain.
Ces différents centres de documentation parcourus ont permis de cerner les contours
du sujet. Ils ont aussi permis d’avoir des données quantitatives et qualitatives sur le
sujet.
21
2.2. Travaux de terrain
Il a comporté le matériel et les outils, l’échantillonnage et les méthodes de traitement.
Il est élaboré par objectif spécifique.
❖ Matériel et outils
- les images satellites LandSAT OLI (1999, 2009, 2019) pour analyser la
dynamique spatiale
❖ Echantillonnage
L’échantillonnage est déterminé selon certains critères, fondés sur le choix raisonné.
Les différents groupes cibles enquêtés ont été choisis en tenant compte des activités
(Agriculture, Maraîchage, Saliculture, Pêcheurs) qui les lient à l’écosystème
mangrove. Les critères sont entre autres :
De plus, des guides d’entretiens ont été adressés aux autorités locales et agents de
l’ONG ECO-Bénin et associations.
22
Ces groupes comprennent les populations riveraines situées dans les arrondissements
ayant les mangroves (Avlo, Grand-Popo et Agoué), les autorités locales, les agents
d’ONG ECO-Bénin et associations
N = taille de l’échantillon
Q=1–P
Méthode de traitement
23
du taux moyen annuel d’expansion spatiale et à travers la réalisation de matrice de
transition.
S=S1S2 et S’S2S3
2.2.2. Identification des pressions exercées sur l’espace côtier à mangrove dans la
commune de Grand-Popo
Il est décrit ici, le matériel et les outils, l’échantillonnage et la méthode de traitement
des données, relatifs aux pressions exercées sur l’espace côtier à mangrove
❖ Matériel et outils
- un guide d’entretien à l’endroit des autorités locales (chef village, chef service
hygiène et assainissement de la Mairie), ONG (Eco-Bénin, association) pour
connaître leur perception et leur implication sur les pressions exercées sur les
mangroves.
24
❖ Echantillonnage
❖ Méthode de traitement
❖ Outils et Matériel
25
❖ Echantillonnage
Afin de connaître les stratégies, le questionnaire et le guide d’entretien ont été mis à
contribution pour prendre connaissance des stratégies de gestion efficientes pour la
préservation et la sauvegarde des mangroves.
Les entretiens directs ont permis de connaître les mesures de protections des forêts de
mangroves auprès des ONG à travers certaines associations (4) ; personnel de la
mairie et chefs de village (3) et des questionnaires adressés à la population riveraine
(67).
❖ Méthode de traitement
Le dépouillement des fiches d’enquête et des guides d’entretien après codification ont
été traité avec le logiciel IBM SPSS Statistique 21. Puis une approche prospective est
faite à partir des enquêtes et des résultats afin de proposer des mesures pour la gestion
durable des mangroves.
Les résultats obtenus ont été analysés et ont permis de connaître les facteurs de
pressions et dynamique des écosystèmes à mangroves. Ces résultats sont présentés
dans le chapitre trois.
26
CHAPITRE III: PRESENTATION DES RESULTATS
Ce chapitre présente les résultats issus des objectifs spécifiques.
27
Figure 5 : Occupation du sol dans la Commune de Grand-Popo en 1999
28
L’analyse des figures 6 et 7 montre que les unités d’occupation du sol identifiées sont
composées d’agglomération, zones de cultures, zones de végétation, mangrove,
marécage, sable marin et plans d’eau. Les mangroves représentent respectivement
1473,92 ha pour l’année 1999 et 1411,88 ha pour 2009.Ces mangroves occupent la
zone du littoral notamment les arrondissements de Avlo, Grand-Popo, Agoué comme
l’indiquent les figures 6 et 7. Mais l’aire de concentration est réduite en 2009.
La dynamique des occupations du sol 1999 (figure 6) et 2009 (figure 7) est synthétisée
par la matrice de transition. Le tableau IV présente la matrice de transition
29
Tableau V : Evolution des unités d’occupation du sol de la Commune de Grand-Popo
de 1999 à 2009
Unité Etat de surface en 1999 Etat de surface en 2009 Bilan entre 1999 et 2009
d'occupatio Sup en Proportion Sup en Proportion Sup en Proportion
n du sol Ha (%) Ha (%) Ha (%)
Agglo 1393,87 5,17 1817,44 6,74 423,57 1,57
Cult ja 7995,84 29,67 8485,64 31,49 489,8 1,82
Eau 2377,71 8,82 2289,82 8,49 -87,89 -0,33
Mang 1473,92 5,47 1411,89 5,24 -62,03 -0,23
Plan 9284,63 34,45 10181,14 37,78 896,51 3,33
Sm 370,93 1,37 470,38 1,74 99,45 0,37
Maré 4046,65 15,01 2287,24 8,48 -1759,4 -6,53
Total 26943,55 100 26943,55 100
Source : Résultats de la classification des images LandSat TM 1999 et 2009
Légende : (+) = progression ; (-) = régression
Agglo : Agglomération ; Cult jach : Culture et jachère ; Mang : Mangrove ; Plan :
Plantation ; Sm : Sable marin ; Maré : Marécage
De l’observation du tableau V, il ressort que de 1999 à 2009, l’eau a subi une légère
régression passant de 2377,71 ha (8,82 %) à 2289,82 ha (8,49 %). Cette dernière est
estimée 87,89 ha (0, 33 %). Il en est de même pour la mangrove, passée de 1473,92 ha
(5,47 %) à 1411,89 ha (5,24 %), soit une régression 62,03 ha (0,23 %). Le marécage
estimé à 4046,65 ha (15,01%) a diminué presque de moitié, soit 2287,24 ha (8,48 %)
en 2009. Ces régressions notamment celle de la mangrove est due aux activités
anthropiques (saliculture, pêche, maraîchage)
30
Occupation 1999 Occupation 2009
12000
8000
Proportion des unités
4000
0
n e u e n in e
t io hèr Ea rov t io ar us
a a e
ér ja
c
an
g
an
t
e
m
ag
om et M Pl bl éc
gl re S a ar
Ag lt u n
m
Cu io
t at
gé
Vé
Unité d'occupation
31
Figure 8 : Occupation du sol dans la Commune de Grand-Popo en 2009
32
De l’analyse des figures 8 et 9, il ressort que sept (7) catégories d’occupation du sol
sont observées. Ce sont l’agglomération, les zones de cultures, les zones de
végétation, la mangrove, le marécage, le sable marin et le plan d’eau. Les mangroves
représentent respectivement 1411,88 ha pour l’année 2009 et 1201,13 ha pour 2019.
Ces mangroves occupent la zone du littoral notamment les Arrondissements de Avlo,
Grand-Popo, Agoué comme l’indiquent les figure 8 et 9. Mais l’aire de concentration
est de plus en plus réduite en 2019.
La dynamique des occupations du sol 1999 et 2009 est synthétisée par la matrice de
transition. Le tableau VI présente la matrice de transition
33
L’analyse de cette matrice permet d’apprécier l’évolution de chaque unité
d’occupation en particulier celle des mangroves. Le tableau VII présente l’évolution
des unités d’occupation du sol
De l’observation du tableau VII, il ressort que de 2009 à 2019, les cultures et jachères
ont subi une régression de 8485,64 ha (31,49 %), elles passent à 6070,65 ha (22,53
%), soit une régression de 2414,99 ha (8,96 %). L’eau a subi une légère régression
passant de 2289,82 ha (8,49 %) à 2265,29 ha (8,40 %). Cette dernière est estimée ha
(0, 33 %). Il en est de même pour la mangrove, passée de 1411,89 ha (4,45 %) à
12651,04 ha (4,45%), soit une régression 210,76 ha (0,79 %), soit une régression plus
importante à la 1ère décennie. Le marécage estimé à 2287,24 ha (8,48 %) a diminué
soit 2257,92 ha (8,38 %) en 2019. Ces régressions notamment celle de la mangrove
est due aux activités anthropiques (saliculture, pêche, maraîchage)
34
(1,74 %) à 521,69 ha (1,93 %). Cette dernière est estimée à 51,31 ha (0,37 %). Ces
progressions sont liées à l’augmentation de la population de la Commune et à
certaines activités comme le maraîchage. La figure 10 présente les proportions de
chaque unité d’occupation entre les deux dates.
15000
10000
5000
0
n e u e n in e
at
io hèr Ea r ov at
io ar ag
r g t m c
é ac an an ar
é
om etj M Pl bl
e
M
gl re S a
Ag tu
ul
C
Unités D'occupation
35
Il s’agit entre autres du vent, la pluie la dérive du littoral, la température, etc. Les
études de K. Egbétowokpo, T. Adjakpa et al., 2015 ont montré que dans la Commune
de Grand-Popo deux années déficitaires consécutives comme 2000 et 2001 peuvent
induire à l’échelle locale des dommages à la végétation que plusieurs années de
pluviométrie normale mettront de temps à compenser. Les mangroves même si elles
se développent dans les eaux saumâtres de façon naturelle ne sont pas épargnées de
ces facteurs de pressions naturelles.
S’il est vrai que ces facteurs de pressions naturelles influencent les écosystèmes
mangroves, il n’en demeure pas moins vrai que les pressions anthropiques contribuent
à leurs réductions de superficies.
3.2.2.1. Saliculture
Elle occupe une place importante parmi les activités néfastes à l’écosystème
mangrove. En effet, la production du sel nécessite l’utilisation considérable des
palétuviers afin de porter la matière première (Saumure) à une température élevée.
Cette situation contribue énormément à la dégradation des superficies de mangroves et
constitue une menace pour le biotope de certaines espèces animales. La planche 1
présente les étapes de cuisson du sel à base de palétuviers à Avlo
36
1.11 1.2
.....
1.3 1.4
Planche 1 : Etapes de cuisson du sel à base de palétuviers
Prise de vues : da Silveira, juin 2019
De l’observation de la planche 1, il ressort que, des palétuviers sont utilisés dans le
processus de production de sel. La photo (1.1) présente un tas de sable destiné à être
transformé en sel. La photo (1.2) présente le panier de lixiviation fait à base de
palétuviers rouge et une bassine contenant de la saumure extraite après lixiviation. La
photo (1.3) montre un foyer ayant trois supports sur lesquels sont posés
respectivement différentes bassines contenantes chacune de la saumure. Cette matière
première est portée à une température très élevée avec des bois de chauffe constituée
essentiellement de bois de palétuviers. La photo (1.4) présente le sel obtenu après
cuisson.
37
2.1 2.2
La fumée générée par cette activité est constituée de monoxyde de carbone qui est un
gaz nocif pour l’Homme et pour les êtres vivants des écosystèmes.
3.2.2.3. Agriculture/Maraîchage
L’agriculture dans la commune de Grand-Popo s’appuie notamment sur le
maraîchage. Culture de contre saison par excellence, ce dernier est devenu une activité
de grande envergure dans la commune de Grand-Popo. De ce fait de vastes superficies
sont prises en comptes au point où des espaces à mangroves sont détruits au détriment
de plusieurs planches maraîchères. La planche 3 montre quelques planches
maraîchères.
38
3.1 3.2
Les photos 3.1 et 3.2 de la planche 3 montrent respectivement des planches de culture
de grande morelle (Solanum marcocarpum) et des planches de culture de carotte
(Daucus carota) retrouvées à environ 1 km du cours d’eau.
3.2.2.4. Pêche
C’est la principale activité de la commune. Cette dernière amène la population à
utiliser des plantes de palétuviers dans la confection de certains outils servant à la
réalisation des filets de pêche. En effet, de par sa rigidité, le bois de palétuviers est le
plus adulé. Cet usage des palétuviers bien constitue une forme de pression anthropique
(photo 1).
39
L’observation de la photo 1 montre trois aiguilles de filet de pêche ; deux grandes
aiguilles de part et d’autre d’une petite aiguille au milieu.
Ces différentes pressions sont représentées par des proportions inégales. La figure 11
présente la fréquence des pressions exercées sur les mangroves.
La photo 5 montre l’espace où les palétuviers sont détruits laissant place ainsi à la
fondation entamée. Par ailleurs ; les palétuviers sont très importants au niveau de la
rive togolaise qui fait face à l’espace.
Avant de proposer des solutions pour préserver de manière durable la mangrove ; il est
important de rappeler son importance.
41
3.2.2.4.1. Fonction économique de la mangrove
La population riveraine des mangroves de Grand Popo, pour la plupart Xwhla ou
mina, sont témoins de la portée économique. Cette portée se situe au niveau des biens
et services que fournit cette ressource naturelle. En effet, la mangrove regorge
d’énormes espèces halieutiques principalement les crustacés (Gammalus spp) et
poissons (Sardinella maderensis) qui constituent un atout pour la population. Pour
assurer la cuisson, de ces derniers les palétuviers sont utilisés notamment dans le
fumage. Par ailleurs, les mangroves sont des destinations de prédilection pour les
écotouristes.
42
comme le montre la photo (4.1). La planche 4 montre la sacralisation de bandes de
mangroves dans l’arrondissement d’Avlo.
4.1 4.2
Planche 4 : Sacralisation de bande de mangroves à Avlo
Prise de vues : da Silveira, juin 2019 pour photo 4.1 et
http://m.rfi.fr/emission/20180515-benin-sacralisation-mangrove-y-interdire-son-acces-
proteger,Août.2019 pour photo 4.2
3.3.1. Actions de l’ONG Eco-Bénin pour une gestion durable des mangroves
A Avlo ; le site de la bouche du Roy est aménagé par ECO-Bénin et reconnu par
L’UNESCO comme étant une réserve transfrontière du Mono depuis 2017.
43
Au sein de cette réserve ; plusieurs bandes de mangroves sont sacralisées. En effet ; la
sacralisation est confiée à la divinité Zangbéto qui inflige des sanctions lorsque
certaines personnes coupent frauduleusement les palétuviers. Ces derniers sont
interpellés par la divinité afin de comprendre les motifs de leurs actes. Selon la gravité
de leurs actes ; ils sont écopés d’une amende de cent mille francs (100000 FCFA) et
parfois renvoyés du village lorsqu’ils refusent de payer l’amende. Aussi Eco-Bénin à
travers l’association Doukpo organise des séances de sensibilisation dans le but de
préserver la ressource. Par ailleurs l’écotourisme initié par ECO-Bénin constitue une
forme de sauvegarde et de restauration des mangroves ; car après chaque visite des
bandes de mangroves ; tout touriste de bonne volonté participe à « l’action carbone
qui consiste à la mise en terres d’un plant de palétuviers. Au regard des actions de
ECO-Bénin ; la mairie organise des séances dans la réserve pour larguer les
palétuviers qui obstruent la voie lors des visites touristiques. Outre ses actions ; Eco-
Bénin propose à la population des foyers améliorés et confectionne des affiches
publicitaires qui témoignent de l’importance des mangroves. A Avlo, le site de la
bouche du Roy est un exemple palpable. La photo 3 indique l’affiche qui s’y trouve à
l’entrée du site.
44
3.3.2. Actions d’ACED-Bénin pour une gestion durable des mangroves
Aucune gestion durable ne peut se faire sans l’accord des populations à la base. Vu
comme telles les organisations incitent la population à créer des associations qui
œuvrent pour la protection des mangroves. Ainsi, dans l’arrondissement de Grand-
Popo ; la population locale en synergie avec diverses organisations a créé l’association
« Mialébénin ». Ce mot mina signifie entretenons ; est un nom donné pour mobiliser
la population à la base à l’entretien des plants de palétuviers. La planche 5 présente les
actions d’ACEB-Bénin dans le cadre de la protection des mangroves.
5.1 5.2
Planche 5 : Action illustrant la plantation de palétuviers avec l’appui du PMF/FEM
Prise de vues : da Silveira, juin 2019
3.4. Perceptions des populations sur l’état actuel des mangroves et suggestions
Après plusieurs actions menées par les organisations et institutions, la population
locale à divers avis sur l’évolution des mangroves. La figure 12 présente la perception
de la population sur l’évolution des surfaces couvertes par les mangroves dans la
commune.
45
Figure 12 : Perception de la population riveraine sur l’évolution de la mangrove
Source : Travaux de terrain, juin 2019
De l’analyse de la figure 12, 44,77 % des enquêtés pensent que la mangrove a subi
une réduction des surfaces ; 43,28 % affirment que la mangrove connaît une stabilité
de ses surfaces à mangrove et 11,94 % estiment une augmentation des surfaces de
mangroves. On peut donc déduire de ses résultats que les diverses ONG et les
sensibilisations ont contribué énormément à une légère stabilité des superficies de
mangroves voire une augmentation. Face à cette situation, des propositions de gestion
durable sont à encourager.
Suggestion à court terme
Il s’agit de :
- inciter la population au reboisement à travers la création d’autres associations
comme Mianlébénin (Entretenons)
- encourager les politiques de reboisement dans les trois arrondissements.
- mettre à la disposition des salicultrices, des foyers améliorés
- créer des sites d’horticulture réservée uniquement à la récolte d’huître
- éviter la destruction massive des palétuviers lors de la pêche ou la récolte des
huîtres
- continuer par sacraliser des bandes de mangroves où s’exerce une forte pression
anthropique
46
- valoriser la journée internationale de la mangrove célébrée le 26 juillet de chaque
année en motivant la population riveraine à la mise en terre des plants de
palétuviers.
Suggestion à long terme
Il s’agit de :
- élaborer des modules de formation liés aux techniques de régénération des
mangroves ;
- produire des affiches sur les techniques de régénération des mangroves ;
- produire des bandes dessinées sur les techniques de régénération des mangroves ;
- élaborer un guide de bonnes pratiques liées aux changements climatiques et à la
conservation des mangroves ;
- organiser des campagnes de vulgarisation sur les lois interdisant l’abattage des
palétuviers ;
- restaurer les formations végétales des mangroves pour une meilleure protection de la
berge contre l’érosion et pour rétablir l’habitat des ressources halieutiques ;
- réorganiser et moderniser le secteur de l’écotourisme en mettant en place un système
de financement à partir des revenus et contribution de l’écotourisme pour participer à
la restauration des mangroves ;
- créer des aires protégées de mangroves à travers les zones tampons ;
- interdire l’installation des maraîchères au voisinage des espaces de mangroves ;
- réorganiser et moderniser le secteur de l’apiculture au sein de la mangrove ;
- sensibiliser la population riveraine sur la loi-cadre sur l’environnement n° 98-030
(protéger l’environnement, restaurer les zones et sites dégradés, assurer l’équilibre de
l’environnement et l’écosystème, faire cesser toute pollution ou dégradation)
- continuer les campagnes de sensibilisation et d’éducation environnementale en
inculquant de bonnes habitudes vit –à vis de la biodiversité à la population
- mettre en pratique le 15 ème objectif du développement durable qui stipule « préserver
et restaurer les écosystèmes terrestres en veillant à les exploiter de façon durable,
gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le
processus des sols et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité
47
Discussion
Les mangroves de la commune de Grand-Popo représentées essentiellement dans les
arrondissements d’Avlo, Agoué, et Grand-Popo ne garantissent pas totalement une
gestion durable parce que la population locale bien qu’étant sensibilisée exploite
clandestinement les mangroves. Dès lors, les mesures entreprises par le gouvernement
et les diverses organisations doivent continuer d’associer la population à la base. Ces
résultats sont similaires à ceux obtenus par V. Orekan et al., 2018 ; p.493 pour qui
l’implication des populations locales dans la gestion des ressources naturelles en
général et de la mangrove en particulier devient une nécessité. En effet, la population
dépend étroitement de cette ressource pour ses activités notamment la saliculture.
Selon D. M. Toffi, cité par V. Orekan, 2018 p.493; au Bénin, c’est surtout la
cohabitation saliculture-mangrove qui constitue le véritable problème, car, les
conditions écologiques d’existence de la mangrove sont les mêmes que celles qui
créent les gisements de sel. Ces résultats se rapprochent de ceux obtenus par USAID
qui pense que l’expansion agricole et la production du sel contribuent à la
déforestation des mangroves.
Les travaux du fond français pour l’environnement Mondial (FFME), pensent que
dans de nombreux pays où les mangroves ont été restaurées après dégradation, une
seule espèce a été représentée, limitant alors le nombre de fonctions assurées par la
mangrove, ainsi que sa résilience, la rendant plus fragile vis-à-vis des futures
pressions. Ces résultats sont similaires à ceux obtenus par B. Agbandou, F. Thoto et
al., (2018, p.3) qui de par leur étude affirment que la population recommande le
48
palétuvier rouge pour la restauration de la superficie dégradée. L. Hirep (2014, p.2)
estime que l’étude de la dynamique des mangroves sur le long terme est un excellent
indicateur de l’état de l’environnement. Il revient donc à l’homme d’œuvrer pour un
développement durable en se référant à la théorie des biens communs. C’est ce que
corrobore P. M. Niang (2015, p.7) lorsqu’il définit la démocratie environnementale
comme étant la participation des citoyens ou du public, à la prise de décision en
matière d’environnement. Mieux, cette participation s’apparente au devoir de
contribuer à la protection de l’environnement qui se présente comme une contrepartie
du droit à un environnement sain.
49
Conclusion
L’étude sur la pression et dynamique menée dans la commune de Grand-Popo a
permis certes de contribuer à une meilleure connaissance de l’écosystème mangrove.
L’analyse de la dynamique spatio-temporelle des mangroves entre 1999-2009 et 2009-
2019 a permis de comprendre que les unités d’occupations notamment les mangroves
ont subi de profonds changements dans le temps et dans l’espace. Les résultats issus
de cette étude ont permis également de comprendre que la saliculture, le fumage du
poisson, la pêche, et le maraîchage sont les principales activités exerçant de fortes
pressions sur les mangroves. Ces pressions réduisent le biotope des animaux et
diminuent le couvert végétal des mangroves. Tous ces résultats ont été possibles grâce
aux deux premiers objectifs qui constituent le démembrement des chapitres du
document. Le dernier qui propose les stratégies de gestion efficiente des mangroves a
permis de cerner les actions de sauvegardes et de restaurations.
Les actions de restauration, de sensibilisation entreprise par les ONG et les lois
interdisant l’abattage des palétuviers doivent être rigoureusement appliquées au regard
de l’enjeu que constitue l’écosystème mangrove à l’ère des changements climatiques.
L’approche participative de gestion instaurée par les ONG au sein de la commune est
un gage de gestion durable des écosystèmes mangroves de la commune de Grand-
Popo. Cette dernière confirme l’hypothèse selon laquelle des stratégies sont
développées pour préserver et valoriser l’écosystème mangrove. De ce fait, l’approche
participative serait l’idéale dans la mesure où les générations futures pourront
bénéficier des services éco systémiques de la mangrove.
L’Homme fait partie intégrante du processus de conservation et de protection des
ressources naturelles à l’instar des écosystèmes mangrove. La mise en place des aires
protégées et des sensibilisations ne sera pas suffisante pour renouveler les ressources
naturelles. Ce sont des changements de comportements vis-à-vis des écosystèmes en
particulier de la mangrove qui vont freiner les risques écologiques grandissants. En
effet, l’humanité subit déjà les affres de cette destruction massive des ressources
naturelles. Afin d’apporter une contribution à ce désastre écologique les études à venir
pourront s’articuler sur « SIG et gestion des mangroves à l’ère des changements
climatiques »
50
Bliographie
Actualité scientifique de IRD, 2012, n°406 en juin La mangrove, filtre pour les
métaux lourds
51
reboisement d’Abomey, les Annales de l’Université de Parakou, Série "Lettres, Arts et
Sciences Humaines, Vol. 1, n°2, octobre 2018, pp. 1-9.
52
DOSSOU-DOKPE François-José 2016, Gestion des risques en entrepreneuriat
agricole dans la Commune d’Adjohoun. Mémoire de Master II, option gestion des
risques et catastrophes, DGAT/FLASH/UAC
53
NIANG Pathé Marame, 2016, Les processus participatifs dans la gestion des
écosystèmes en Afrique de l’Ouest : Une contribution à la démocratie
environnementale, Thèse de doctorat en droit public, Université de la Rochelle, Ecole
Doctorale Pierre Couvrat, 482 p.
OREKAN Vincent, 2015, Dynamique des écosystèmes forestiers : cas des forêts
classées du Bénin 57 p.
Webographie
http://m.rfi.fr/emission/20180515-benin-sacralisation-mangrove-y-interdire-son-acces-
proteger, consulté 16 Avril 2019 à 21h38’
https//www.memoireonline.com/09/13/7357/m.Contraintes-environnementales-et-
urbanisation-dans-la-commune-de-Grand-Popo-au-Benin10.html, consulté le 22, août
2019 à 23h10’
54
Liste des figures
Figure 1 : Situation géographique de la Commune de Grand-Popo............................13
Figure 2 : Diagramme climatique de Grand-Popo......................................................14
Figure 3 : Hydrographie de la Commune de Grand-Popo...........................................18
Figure 4 : Evolution de la population de la commune de Grand-Popo.......................19
Figure 5 : Occupation du sol dans la Commune de Grand-Popo en 1999..................27
Figure 6 : Occupation du sol dans la Commune de Grand-Popo en 20019................27
Figure 7 : Proportions des unités d’occupation du sol entre 1999 et 2009..................30
Figure 8 : Occupation du sol dans la Commune de Grand-Popo en 2009..................31
Figure 9 : Occupation du sol dans la Commune de Grand-Popo en 2019..................31
Figure 10 : Proportion des unités d’occupation de 2009-2019....................................34
Figure 11 : Fréquence des activités exerçant des pressions sur la mangrove..............39
Figure 12 : Perception de la population riveraine sur l’évolution de la mangrove.....45
56
R…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………….
57
R…………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
5 Lequel préférez- vous pour vos activités ?
R…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………..
6 Pourquoi vous préférez cela pour vos activités ?
R…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………..
7-Les palétuviers sont exploités pour autres vertus ?
Oui non
Si oui lesquelles ? ……………… ………………………………………………..
……………………………………………………………………………….
8-Selon vous les mangroves sont surexploitées ?
Oui Non
9- Certaines espèces végétales sont en voie de disparitions ?
Oui Non
Si oui lesquelles ? ……………………………………………………………………
R…………………………………………………………………………………………
10-La disparition des espèces est-elle liée à l’exploitation des palétuviers ?
R…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………
11-Est-ce que vous participez aux différentes séances de concertation pour la
protection de la mangrove ?
Oui non
Objectif : Proposer des stratégies de gestion efficiente pour la préservation de
l’écosystème mangrove
1-La population est-elle consciente de la dégradation de la ressource ?
Oui Non
2-La population utilise-t-elle de façon abusive la mangrove ?
Oui non
3-Comment le savez-vous ? ……………………………………………………………
58
…………………………………………………………………………………………..
4-Les palétuviers sont-elles sous la protection des divinités ?
Oui non
Si oui lesquelles ?
R…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
5-Existe-t-il des sensibilisations pour la sauvegarde de la mangrove ?
Oui non
6-La mangrove est-elle confiée à des autorités locales ?
Oui non
7-Quelle est leur stratégie de gestion ?
R…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………
8-Existe-t-il des organisations qui s’occupent de la conservation des mangroves ?
R…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
9 Quelles actions mènent-elles (s) pour la protection de cet écosystème ?
R…………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
10-Quelles sont vos suggestions pour une meilleure conservation de la mangrove ?
R…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………....
11-La population connaît l’importance de la mangrove ?
Oui non
12-Quels services peuvent apporter la mangrove ?
Thérapeutique disponibilité en huitre abondance de l’eau abondances
d’espèces poissonneuses Autres à préciser
59
60
Guide d’entretien
-Nom et prénom…………………………………………………………………
Objectif spécifique 1
Objectif spécifique 2
Objectif spécifique 3
5-Quelles sont les ONG qui s’occupent des questions liées à l’écosystème mangrove
dans la commune ?
6-Les ONG organisent elles des sensibilisations sur la préservation et l’importance des
mangroves dans la commune ?
61
Guide d’entretien adressé aux Agents Forestiers / ou ONG
Objectif spécifique 1
1-Depuis combien d’années l’Etat s’implique-t-il dans la sauvegarde des mangroves ?
…………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
2- Quelles sont les causes de la dynamique de la mangrove ? …………………
…………………………………………………………………………………....
3-L’état actuel de la mangrove garantit une gestion durable des mangroves ?
R…………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
Objectif spécifique2
4- Selon vous quelles sont les activités qui engendrent des pressions sur les
mangroves ? ……………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………...-
5-Pensez-vous que c’est seulement la pression anthropique qui agit sur les
mangroves ? Oui Non
6-Si non ; quelle autre pression ?
Objectif spécifique 3
7- Existent-ils des dispositions réglementaires qui régissent l’exploitation des
mangroves ?
Oui Non
8- Quels sont les acteurs impliqués dans la gestion des mangroves ?
R…………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
9-Quelles sont les stratégies pour une gestion durable des mangroves ?
R…………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
10- Existent-ils des projets qui visent à l’amélioration de l’état des mangroves ?
Oui Non Si oui ; lesquels ? …………………………
……………………………………………………………………………………
62
Table des matières
Sommaire........................................................................................................................2
Dédicace.........................................................................................................................3
Remerciements...............................................................................................................4
Sigles, abréviations et acronymes...................................................................................5
Résumé...........................................................................................................................6
Abstract...........................................................................................................................6
Introduction....................................................................................................................7
CHAPITRE I : CADRES THEORIQUE ET GEOGRAPHIQUE DE L’ETUDE.........9
1.1. Cadre théorique de l’étude :.....................................................................................9
1.1.1. Problématique.......................................................................................................9
1.1.2. Hypothèses de travail..........................................................................................10
1.1.3. Objectifs de recherche........................................................................................11
1.1.4. Définitions opératoires.......................................................................................11
1.2. Cadre géographique de l’étude..............................................................................12
1.2.1. Situation géographique du milieu d’étude.........................................................12
1.2.2. Données biophysiques........................................................................................13
1.2.3.............................Caractéristique démographique de la commune de Grand-Popo
......................................................................................................................................18
CHAPITRE Ⅱ : APPROCHE METHODOLOGIQUE................................................20
2.1. Collecte des données.............................................................................................20
Tableau II : Bibliothèques et centres de documentation consultés...............................20
2.2. Travaux de terrain..................................................................................................21
2.2.1. Dynamique spatio-temporelle de la mangrove de la commune de Grand-Popo 21
2.2.2. Identification des pressions exercées sur l’espace côtier à mangrove dans la
commune de Grand-Popo.............................................................................................23
2.2.3. Proposition des stratégies de gestion efficientes pour la préservation et la
sauvegarde des mangroves...........................................................................................24
CHAPITRE III: PRESENTATION DES RESULTATS..............................................26
3.1. Analyse de la dynamique spatio-temporelle de la mangrove................................26
63
3.1.1. Dynamique spatio-temporelle des unités d’occupation du paysage des
mangroves de 1999 à 2009...........................................................................................26
3.1.2. Dynamique spatio-temporelle des unités d’occupation du paysage des
mangroves de 2009 à 2019...........................................................................................30
3.2. Identification des facteurs de pression exercée sur l’écosystème de mangrove de
la Commune de Grand-Popo........................................................................................34
3.2.1. Pressions naturelles.............................................................................................34
3.2.2. Pressions anthropiques.......................................................................................35
3.2.2.1. Saliculture........................................................................................................35
3.2.2.2. Fumage du poisson :........................................................................................36
3.2.2.3. Agriculture/Maraîchage...................................................................................37
3.2.2.4. Pêche................................................................................................................38
3.2.2.3. Impacts des activités liées à la mangrove........................................................39
3.2.2.4. Importance de la mangrove dans la commune de Grand-Popo.......................40
3.2.2.4.1. Fonction économique de la mangrove..........................................................40
3.2.2.4.2. Fonction scientifique de la mangrove..........................................................41
3.2.2.4.3. Fonction socioculturelle de la mangrove......................................................41
3.3. Proposition des stratégies de gestion efficientes pour la préservation de
l’écosystème mangrove................................................................................................42
3.3.1. Actions de l’ONG Eco-Bénin pour une gestion durable des mangroves..........42
3.3.2. Actions d’ACED-Bénin pour une gestion durable des mangroves....................43
3.4. Perceptions des populations sur l’état actuel des mangroves et suggestions........44
Discussion.....................................................................................................................47
Conclusion....................................................................................................................49
Bliographie...................................................................................................................50
Liste des figures............................................................................................................54
Liste des tableaux.........................................................................................................54
Liste des planches.........................................................................................................54
Liste des photos............................................................................................................54
Annexes........................................................................................................................55
64