Concours Blanc PTSI: Maths et Méthodes
Concours Blanc PTSI: Maths et Méthodes
PTSI
Nicolas Nguyen
PTSI
Walter Damin
Mathieu Fontes
Christophe Jan
PRÉ PAS
P R É P A S S C I E N C E S SCI EN CES P R É P A S S C I E N C E S
COLLECTION DIRIGÉE PAR BERTR AND HAUCHECORNE
MATHS
Les ouvrages de la collection PRÉPAS SCIENCES sont le 3e édition
actualisée
complément indispensable à la réussite en CPGE scientifiques.
Ils ont été conçus et rédigés par des professeurs enseignant en CPGE
scientifiques dans différents lycées de notre pays. Leur contenu a été discuté
et pensé avec soin pour permettre la meilleure adéquation avec les attentes et
MATHS
les besoins des étudiants en classes préparatoires scientifiques.
Pour intégrer, il faut assimiler le cours, en connaître les points fondamentaux et
savoir le mettre en application dans des exercices ou des problèmes souvent ardus.
Cette collection est conçue pour répondre à ces difficultés. Dans chaque chapitre,
correspondant à peu près à une semaine de cours, le lecteur trouvera :
Le résumé de cours
Il vous permettra d’accéder
Les exercices, avec des indications
Souvent tirés d’annales de
Objectifs 3e édition
actualisée
à une connaissance synthétique
des notions.
concours, ils vous entraîneront aux
écrits comme aux oraux.
Cours résumé
Les méthodes Les corrigés Méthodes
Elles vous initieront aux techniques
usuelles qu’il faut savoir
Toujours rédigés avec soin,
ils vous aideront à progresser Vrai-faux
mettre en place. dans la résolution d’exercices.
Erreurs à éviter
Le vrai/faux
Il testera votre compréhension Exercices de base et d’approfondissement
du cours et vous évitera de tomber
dans les erreurs classiques. Énoncés de sujets de concours (écrits, oraux)
Ainsi, avec un seul livre par année et par matière, la collection PRÉPAS SCIENCES vous Corrigés détaillés et commentés
permettra de surmonter les colles, d’affronter les DS, et elle vous guidera, jour après
jour, dans votre cheminement vers la réussite aux concours.
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9782340-018693_COUV.indd 1-3 29/03/2017 12:06
Mathématiques
PTSI
PRÉPAS SCIENCES
collection dirigée par Bertrand Hauchecorne
Mathématiques
PTSI
3e édition actualisée
ouvrage coordonné par
Nicolas NGUYEN
Professeur au lycée François Rabelais (Saint-Brieuc)
Walter DAMIN
Professeur au lycée Pierre-Paul Riquet
(Saint-Orens de Gameville)
Mathieu FONTES
Professeur au lycée Louis Barthou (Pau)
Christophe JAN
Professeur au lycée Claude Fauriel (Saint-Étienne)
Collection
PRÉPAS SCIENCES
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Sommaire
Sommaire
■■ Premier semestre Premier semestre
Premier semestre SEMESTRE
I PREMIER
1. Logique et raisonnements ............................................................... 3
1. 2.
Logique et raisonnements
Ensembles ...............................................................
et applications 1 Logique et raisonnements 3 31
.............................................................
2. 3.
Ensembles
Nombresetcomplexes
applications
et.............................................................
trigonométrie
2 Ensembles 3159
.............................................
et applications
3. 4.
Nombres
Calculscomplexes
algébriqueset......................................................................
trigonométrie ............................................. 5991
3 Nombres complexes et trigonométrie
4. 5.
Calculs algébriques
Techniques ......................................................................
de calcul en analyse ................................................... 91121
5. 6.
Techniques
Fonctionsde calcul en
usuelles analyse4 ...................................................
Calculs algébriques
121
..................................................................... 149
6. 7.
Fonctions usuelles .....................................................................
5 Techniques de calcul en analyse 149
Primitives et équations différentielles ............................................ 183
7. 8.
Primitives
Nombres et réels
équations différentielles
et suites numériques ............................................
6 Fonctions 183
............................................
usuelles 217
8. 9.
Nombres réels et suites numériques ............................................ 217
Limite et continuité des fonctions ................................................. 249
7 Primitives et équations différentielles
9.10.
Limite et continuité
Dérivabilité des fonctions ................................................. 249
............................................................................... 279
10.11.
Dérivabilité
Systèmes ...............................................................................
8 Nombres réels et suites numériques 279
linéaires ..................................................................... 311
11.12.
Systèmes linéaires .....................................................................
Calcul matriciel 311
.........................................................................
9 Limite et continuité des fonctions 335
12.13.
Calcul matriciel
Entiers .........................................................................
naturels et dénombrement ............................................... 335 359
10 Dérivabilité
13. Entiers naturels et dénombrement ............................................... 359
■■ Deuxième semestre Deuxième semestre
11 Systèmes linéaires
Deuxième semestre
12 Calcul matriciel
14. Géométrie élémentaire dans le plan .............................................. 389
14.15.
Géométrie élémentaire
Géométrie élémentairedans le 13
dans plan ..............................................
l’espace
Entiers 389
............................................
naturels et dénombrement 415
15.16.
Géométrie élémentaire dans l’espace ............................................ 415
Polynômes................................................................................ 443
16.17.
Polynômes................................................................................
Espaces vectoriels et applications
II DEUXI linéaires 443
....................................
ÈME SEMESTRE 471
17.18.
Espaces vectoriels
Espaces et applications
vectoriels de dimension linéaires .................................... 471
finie ............................................ 499
14 Géométrie élémentaire dans le plan
18.19.
Espaces vectoriels
Matrices de dimension
et applications finie.................................................
linéaires ............................................ 499 525
15 Géométrie élémentaire dans l’espace
19.20.
Matrices et applications
Déterminants* linéaires ................................................. 525
.......................................................................... 551
20.21.
Déterminants* ..........................................................................
Isométries vectorielles du plan et de l’espace .................................
16 Polynômes 551 575
21.22.
Isométries vectorielles du plan 17 et de l’espace ................................. 575
Intégration................................................................................
Espaces vectoriels et applications linéaires 597
22.23.
Intégration................................................................................
Analyse asymptotique ................................................................. 597 623
18 Espaces vectoriels de dimension finie
23.24.
Analyse
Sériesasymptotique
numériques................................................................. 623
..................................................................... 657
24.25.
Séries numériques
Probabilités sur .....................................................................
un univers fini 19 Matrices et applications linéaires 657
..................................................... 691
25.26.
Probabilités
Variables sur un univers
aléatoires sur unfini espace
..................................................... 691
probabilisé fini ...........................
20 Déterminants ⋆
723
26. Variables aléatoires sur un espace probabilisé fini ........................... 723
21 Isométries vectorielles du plan et de l’espace
24 Séries numériques
PREMIER SEMESTRE
■ Premier semestre
1
Chapitre 1
Logique
et raisonnements
LeȱmathématicienȱitalienȱGiuseppeȱPeanoȱétaitȱtrèsȱsoucieuxȱ
d’exposerȱlesȱmathématiquesȱdansȱunȱcadreȱprécisȱetȱrigoureux.ȱ
DansȱsonȱFormulaireȱmathématiqueȱpubliéȱenȱ1895,ȱilȱintroduisitȱdeȱ
nombreuxȱsymbolesȱnouveaux.ȱOnȱluiȱdoitȱenȱparticulierȱȱetȱȱ
désignantȱrespectivementȱl’intersectionȱetȱlaȱréunion.ȱIlȱutiliseȱlaȱ
lettreȱgrecqueȱepsilon,ȱabréviationȱduȱgrecȱesti,ȱilȱest,ȱpourȱnoterȱ
l’appartenanceȱetȱintroduitȱleȱquantificateurȱexistentielȱqu’ilȱ
noteȱ,ȱrenversantȱunȱEȱpourȱsignifierȱl’initialeȱduȱmotȱitalienȱ
esiste.ȱIlȱproposeȱaussiȱdeȱsupprimerȱlesȱdéclinaisonsȱduȱlatinȱ
pourȱobtenirȱuneȱlangueȱinternationale,ȱsimpleȱetȱcompriseȱȱ
parȱtous,ȱqu’ilȱnommeȱLatinoȱsineȱflexione.ȱLeȱlogicienȱanglaisȱ
ȱ
BertrandȱRussellȱproposeȱunȱparadoxeȱquiȱremetȱenȱcauseȱlaȱ
Bertrand Russell
théorieȱdesȱensemblesȱetȱnécessiteȱdeȱlaȱfonderȱȱ
1872-1970
surȱunȱsystèmeȱd’axiomes.ȱ
LOGIQUE ET RAISONNEMENTS 3
Objectifs
les Les incontournables
incontournables
Z Manipulerȱlesȱquantificateurs.ȱ
manipuler les quantificateurs
raisonner par implication ou par équivalence
Z Raisonnerȱparȱimplicationȱouȱparȱéquivalence.ȱ
utiliser un raisonnement par l’absurde ou par contraposition
Z Utiliserȱunȱraisonnementȱparȱlȇabsurdeȱouȱparȱcontraposition.ȱ
effectuer un raisonnement par récurrence simple ou double
Z Effectuerȱunȱraisonnementȱparȱrécurrenceȱsimpleȱouȱdouble.ȱ
et plus si affinités
Et plus
appliquer une si affinités...
récurrence forte
raisonner par analyse-synthèse
Z Appliquerȱuneȱrécurrenceȱforte.ȱ
Z RaisonnerȱparȱanalyseȬsynthèse.ȱȱ
ȱ
Résumé de cours
Notions de logique
Définition : Proposition —. Une proposition (ou assertion) est un énoncé mathématique qui
peut prendre deux valeurs : vrai (V) ou faux (F).
Définition : Négation d’une proposition —. Soit P une proposition. On appelle négation de P
et on note non P la proposition définie par :
non P est vraie lorsque P est fausse ;
non P est fausse lorsque P est vraie.
Définition : Conjonction de deux propositions —. Soit P et Q deux propositions. On appelle
conjonction de P et Q la proposition notée P et Q, et définie de la manière suivante :
P et Q est vraie lorsque P et Q sont vraies ;
P et Q est fausse lorsque l’une au moins des deux propositions est fausse.
Définition : Disjonction de deux propositions —. Soit P et Q deux propositions. On appelle
disjonction de P et Q la proposition notée P ou Q, et définie de la manière suivante :
P ou Q est vraie lorsque l’une au moins des deux propositions est vraie ;
P ou Q est fausse lorsque P et Q sont fausses.
Définition : Implication —. Soit P et Q deux propositions. On appelle implication de Q par P la
proposition non P ou Q. Cette proposition se note P ⇒ Q.
Vocabulaire : la proposition P ⇒ Q se lit ≪ P implique Q ≫ ou encore ≪ si P alors Q ≫
Remarque : lorsque P ⇒ Q est vraie, on dit que P est une condition suffisante pour avoir Q,
ou que Q est une condition nécessaire pour avoir P .
Définition : Réciproque —. Soit P et Q deux propositions. On appelle réciproque de P ⇒ Q
l’implication Q ⇒ P .
Définition : Équivalence —. Soit P et Q deux propositions. On appelle équivalence de P et Q la
proposition P ⇒ Q et Q ⇒ P . Cette proposition se note P ⇔ Q.
Vocabulaire : la proposition P ⇔ Q se lit ≪ P si et seulement si Q ≫.
Remarque : lorsque P ⇔ Q est vraie, P est une condition nécessaire et suffisante pour avoir
Q. Ainsi, les équivalences sont les conditions nécessaires et suffisantes.
Table de vérité des connecteurs logiques :
P Q non P P et Q P ou Q P ⇒ Q P ⇔Q
V V F V V V V
V F F F V F F
F V V F V V F
F F V F F V V
LOGIQUE ET RAISONNEMENTS 5
Remarque : d’après cette table de vérité, si P et P ⇒ Q sont vraies alors Q est vraie. C’est le
principe de déduction.
Définition : Contraposée —. Soit P et Q deux propositions. On appelle contraposée de l’implica-
tion P ⇒ Q l’implication non Q ⇒ non P
(P ⇒ Q) ⇐⇒ (non Q ⇒ non P )
Quantificateurs
Définition : Soit P (x) une propriété dépendant d’un paramètre x, où x est un élément d’un en-
semble E.
• Quantificateur universel : Pour signifier que la propriété P (x) est vraie pour tous les éléments
x de E, on écrit :
∀x ∈ E, P (x)
Remarque : attention, l’ordre des quantificateurs est très important. Lorsque plusieurs quantifi-
cateurs apparaissent dans une proposition, on ne peut pas intervertir leur ordre sans changer (en
général) le sens de la proposition. Pour s’en convaincre, on pourra consulter le Vrai/Faux.
6 CHAPITRE 1
Raisonnement par récurrence
Théorème 1.4.— Propriété fondamentale de N —. Toute partie non vide de N admet un plus
petit élément.
Théorème 1.7.— Principe de récurrence forte (ou récurrence avec prédécesseurs) —. Soit
P(n) une proposition dépendant de n ∈ N, et n0 ∈ N. Si
• Initialisation : la proposition P(n0 ) est vraie,
• Hérédité : pour tout entier n n0 , P(n0 ) et P(n0 + 1) et · · · et P(n) implique P(n + 1) ;
LOGIQUE ET RAISONNEMENTS 7
Méthodes
Démontrer une proposition
Exemple : montrer qu’il n’existe pas d’entier naturel supérieur à tous les autres.
Nous allons démontrer cette proposition en raisonnant par l’absurde. Pour cela, on suppose qu’il
existe un entier naturel N0 supérieur à tous les autres. On a alors, pour tout n ∈ N, n N0 . La
relation est donc vraie pour l’entier n = N0 + 1, donc N0 + 1 N0 ; d’où 1 0, ce qui est faux !
Par conséquent, il n’existe pas d’entier naturel supérieur à tous les autres.
Mise en œuvre : exercice 1.9, exercice 1.12.
8 CHAPITRE 1
Démontrer une implication
Ainsi, pour montrer que l’implication P ⇒ Q est vraie, on peut prouver que l’implication
non Q ⇒ non P est vraie. En pratique, on suppose donc que non Q est vraie et on montre
que non P est vraie.
Exemple : soit n un entier naturel. Montrer que, si n2 est pair, alors n est pair.
La proposition à démontrer s’écrit : ≪ n2 est pair ⇒ n est pair ≫. Nous allons raisonner par
contraposition en démontrant la proposition (équivalente) : ≪ n n’est pas pair ⇒ n2 n’est pas
pair ≫, c’est-à-dire ≪ n est impair ⇒ n2 est impair ≫. Considérons un entier impair n : il existe
donc k ∈ N tel que n = 2k + 1. On a alors n2 = (2k + 1)2 = 4k 2 + 4k + 1, ce qui s’écrit aussi
n2 = 2p+1, où p = 2k 2 +2k. Par conséquent, n2 est un entier impair, ce qui démontre l’implication :
si n est impair, alors n2 est impair. Par contraposition, nous avons donc montré l’implication : si
n2 est pair, alors n est pair.
LOGIQUE ET RAISONNEMENTS 9
x y
Exemple : soit x, y ∈ R+ . En raisonnant par l’absurde, montrer que, si 1+y = 1+x , alors x = y.
x y
On raisonne par l’absurde en supposant que 1+y = 1+x et x �= y (P est vraie, Q est fausse). Il en
résulte que x(1 + x) = y(1 + y), d’où l’on tire x2 − y 2 = y − x, soit (x − y)(x + y) = y − x, d’où
(x − y)(x + y + 1) = 0. Comme x �= y, on en déduit que x + y + 1 = 0, donc x + y = −1. Absurde
vu que x et y sont positifs ! leur somme ne saurait être négative. D’où le résultat.
Exemple : on pose f (x) = mx + 1. Montrer que f garde un signe constant sur R si et seulement
si m = 0. Nous allons prouver cette équivalence en raisonnant par double implication.
⇒ Si m = 0, f est constante et égale à 1, elle garde donc un signe constant (positif) sur R.
⇐ Réciproquement, montrons que, si f garde un signe constant sur R, alors m = 0. Pour cela,
on raisonne par contraposée en supposant que m �= 0. On a alors :
1
f (x) = m x + ,
m
1 1 1
et f change de signe en − m (du signe de m pour x > − m , du signe de −m pour x < − m ). Ainsi,
si m �= 0, f change de signe sur R.
Nous avons montré les deux implications. Ainsi, f garde un signe constant sur R si et seulement
si m = 0.
√
Exemple : résoudre dans R l’équation 2x = x2 + 1.
On va raisonner par double implication.
• Si x est solution de l’équation, alors (2x)2 = x2 + 1, soit 4x2 = x2 + 1, d’où 3x2 = 1. On obtient
donc x = √13 ou x = − √13 .
• Réciproquement, √13 et − √13 sont-ils solutions de l’équation ? Si x est égal à √13 ou − √13 , alors
√
x2 + 1 = 4/3 = √23 . Par conséquent, √13 est solution mais − √13 ne l’est pas.
Finalement, l’unique solution de l’équation est √13 .
10 CHAPITRE 1
Remarque : Cette
Cette méthode
méthode est
estparticulièrement
particulièrementadaptée
adaptéeààlalarésolution
résolutiond’équations
d’équationsou
oud’inéquations.
d’inéquations.
Notons qu’il n’est
n’est pas
pas toujours
toujours possible
possible d’appliquer
d’appliquer cette
cette méthode
méthodedirecte
directepour
pourdémontrer
démontreruneune
équivalence. Il est
est parfois
parfois nécessaire
nécessaire de
de procéder
procéderpar
pardouble
doubleimplication
implication(méthode
(méthode1.7).
1.7).
√√
Exemple : résoudre dans R
résoudre dans R l’équation
l’équation 2x2x== xx22++1.1.
Pour x < 0, l’équation
l’équation n’a
n’a pas
pas dede solution
solution (un
(unnombre
nombrestrictement
strictementnégatif
négatifnenepeut
peutpas
pasêtre
êtreégal
égalà à
une racine carrée). Pour xx
carrée). Pour 0,0, on
on aa ::
11 11
2x = xx22 + + 11 ⇐⇒ (2x)22 =
⇐⇒ (2x) = (( xx22++1)1)22⇐⇒
⇐⇒4x4x22==xx22++11⇐⇒
⇐⇒xx2 2== ⇐⇒ ⇐⇒xx==√√
33 33
11
Ainsi, l’unique
l’unique solution
solution de
de l’équation
l’équation est
est √√33
..
Mise en œuvre
œuvre :: exercice
exercice 1.7.
1.7.
Utiliser un contre-exemple
contre-exemple
Méthode
Méthode 1.9.—
1.9.— Comment
Comment utiliser
utiliser un
un contre-exemple
contre-exemple
La négation
négation de
de la proposition ≪≪∀x
la proposition ∀x∈∈E,E,PP(x) est≪≪∃x
(x)≫≫est ∃x∈∈E, E,non
nonPP(x)
(x)≫≫. .
Si l’on souhaite
souhaite démontrer
démontrer qu’une
qu’une proposition
proposition du type ≪≪∀x
du type ∀x∈∈E,E,PP(x)
(x)≫≫est
estfausse,
fausse,il il
suffit de trouver
trouver une
une valeur
valeur de
de xx de
de EE pour
pour laquelle
laquellelalaproposition
propositionPP(x)
(x)est
estfausse.
fausse.On
On
parle alors
alors de
de contre-exemple.
contre-exemple.
Exemple : la fonction
fonction sinus
sinus n’est
n’est pas
pas paire.
paire.Par
Parexemple,
exemple,sin( sin(−π2 π2).).
sin(π2π2) )�=�=sin(−
Exemple : la proposition
proposition ≪≪ tout tout entier
entier naturel
naturelest
estsomme
sommede detrois
troiscarrés
carrés≫≫est-elle
est-ellevraie
vraie? ?
On peut facilement
facilement vérifier
vérifier que
que cettecette proposition
proposition est
est vraie
vraiepour
pourtout
toutentierentiernn∈∈{0, {0,· ·· ·· ·, 6}.
, 6}.Par
Par
exemple, 0 = 022+0+022+0+022 et = 2222+1
et 55 = +122+0+022..En
Enrevanche,
revanche,lalaproposition
propositionest estfausse
faussepour
pournn==7.7.Sinon, Sinon,
on pourrait écrire = aa22 +
écrire 77 = +bb22+ +cc77,, avec nécessairementa,a,b,b,cc∈∈{0,
avecnécessairement {0,· · · ·, 2} (puisque3232==9).
, 2}(puisque 9).Mais,
Mais,
22 22 22
avec trois des carrés
carrés 00 ,, 11 etet 22 ,, ilil est
estimpossible
impossiblededeformer
former7.7.Ainsi,
Ainsi,77constitue
constitueun uncontre-exemple
contre-exemple
et la proposition
proposition énoncée
énoncée estest donc
donc fausse.
fausse.
Mise en œuvre
œuvre :: voir
voir le
le Vrai/Faux.
Vrai/Faux.
Raisonner par
par analyse-synthèse
analyse-synthèse
Méthode
Méthode 1.10.—
1.10.— Comment
Comment raisonner
raisonnerparparanalyse-synthèse
analyse-synthèse
Le raisonnement
raisonnement par
par analyse-synthèse
analyse-synthèse est
est une
une méthode
méthode qui
quipermet
permetdededéterminer
déterminerles
les
solutions d’un
d’un problème.
problème. Ce
Ce raisonnement
raisonnementse sedéroule
dérouleen
endeux
deuxétapes.
étapes.
• Phase
Phase d’analyse
d’analyse :: on
on suppose
suppose lele problème
problème résolu
résolueteton
onen
endéduit
déduitdes
desconditions
conditions
nécessaires.
nécessaires.
• Phase
Phase dede synthèse
synthèse :: on
on montre
montre que
que ces
ces conditions
conditionsobtenues
obtenuessont
sontsuffisantes
suffisantesetetonon
résout
résout le
le problème.
problème.
En pratique,
pratique, on
on démontre
démontre que,
que, sisi xx est
est solution
solution dudu problème,
problème,ililne
nepeut
peutprendre
prendreque
que
certaines valeurs
valeurs (phase
(phase d’analyse)
d’analyse);; on on vérifie
vérifie ensuite
ensuitesisices
cesvaleurs
valeurssont
sonteffectivement
effectivement
solutions (phase
(phase de
de synthèse).
synthèse).
LOGIQUE ET RAISONNEMENTS
RAISONNEMENTS 1111
Exemple : montrer que toute fonction de R dans R est la somme d’une fonction paire et d’une
fonction impaire.
Nous allons raisonner par analyse-synthèse. Soit f une fonction de R dans R.
Analyse. On suppose le problème résolu, c’est-à-dire qu’il existe deux fonctions g et h de R dans
R, avec g paire et h impaire telles que f = g + h :
f (x) + f (−x)
En sommant les deux égalités précédentes, on en déduit que g(x) = .
2
f (x) − f (−x)
De même, en retranchant ces deux égalités, il vient h(x) = .
2
Ainsi, s’il existe deux fonctions solutions du problème, alors ce sont nécessairement les fonctions g
et h ci-dessus.
Synthèse. Nous allons vérifier que g et h sont bien solutions du problème.
• La fonction g est paire puisque :
f (−x) + f (x)
∀x ∈ R, g(−x) = = g(x).
2
• La fonction h est paire puisque :
12 CHAPITRE 1
n(n+1)
Exemple : montrer par récurrence que, pour tout entier n ∈ N∗ , 1 + 2 + · · · + n = 2 .
n(n+1)
Ici n0 = 1. Pour n ∈ N∗ , on note P(n) la proposition : ≪ 1 + 2 + ···+ n = 2
≫ .
1×(1+1)
• Initialisation : P(1) est vraie puisque 1 = 2 .
• Hérédité : On suppose que P(n) est vraie à un rang n 1 fixé, c’est-à-dire que 1 + 2 + · · · + n =
n(n+1)
2 . On déduit de cette hypothèse de récurrence que :
n(n + 1)
1 + 2 + · · · + n + n + 1 = (1 + 2 + · · · + n) + n + 1 = +n+1
2
n (n + 1)(n + 2)
= (n + 1) +1 = ,
2 2
ce qui démontre P(n + 1).
• Conclusion : Par récurrence, la proposition P(n) est vérifiée pour tout entier n 1.
Mise en œuvre : exercice 1.13, exercice 1.14, exercice 1.19, exercice 1.20.
Exemple : soit (un ) la suite définie par u0 = 1, u1 = −5 et, pour tout n ∈ N, un+2 = 5un+1 − 6un.
Montrer que pour tout entier n ∈ N, un = 4 × 2n+1 − 7 × 3n .
On effectue une récurrence double en introduisant, pour n ∈ N, la proposition
P(n) : ≪un = 4 × 2n+1 − 7 × 3n ≫.
LOGIQUE ET RAISONNEMENTS 13
• Initialisation : P(0) est vraie puisque u0 = 1 et 4 × 20+1 − 7 × 30 = 8 − 7 = 1., P(1) est vraie
puisque u1 = −5 et 4 × 21+1 − 7 × 31 = 16 − 21 = −5.
• Hérédité : On suppose maintenant que P(n) et P(n + 1) sont vraies, où n ∈ N est fixé,
c’est-à-dire :
un = 4 × 2n+1 − 7 × 3n et un+1 = 4 × 2n+2 − 7 × 3n+1 .
En utilisant l’égalité donnant un+2 en fonction de un+1 et un , on en déduit que :
un+2 = 5un+1 − 6un = 5(4 × 2n+2 − 7 × 3n+1 ) − 6(4 × 2n+1 − 7 × 3n )
= 20 × 2n+2 − 35 × 3n+1 − 24 × 2n+1 + 42 × 3n
= 2n+1 (2 × 20 − 24) + 3n (42 − 35 × 3) = 16 × 2n+1 − 63 × 3n
= 4 × 22 × 2n+1 − 7 × 32 × 3n = 4 × 2n+3 − 7 × 3n+2 ,
◮ si n + 1 n’est pas un nombre premier, on peut écrire n + 1 = pq, où p et q sont des entiers
compris entre 2 et n. D’après l’hypothèse de récurrence appliquée à p et q (p et q appartiennent
à [[2, n]] donc P(p) et P(q) sont vraies) : p et q se décomposent en produit de nombres premiers.
Il en est alors de même pour leur produit pq = n + 1.
Ainsi, la propriété est vraie au rang n + 1.
• Conclusion : On vient de démontrer, par récurrence forte, que tout entier n 2 se décompose
en produit de nombres premiers.
14 CHAPITRE 1