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La Mécanique Ventilatoire Cours

Le document traite de la mécanique ventilatoire, en détaillant le cycle respiratoire, les propriétés statiques et dynamiques de l'appareil respiratoire, ainsi que les volumes pulmonaires. Il explique les mécanismes de l'inspiration et de l'expiration, les relations pression-volume, et l'importance du surfactant. Enfin, il aborde les méthodes de mesure des volumes pulmonaires et des pressions respiratoires.

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La Mécanique Ventilatoire Cours

Le document traite de la mécanique ventilatoire, en détaillant le cycle respiratoire, les propriétés statiques et dynamiques de l'appareil respiratoire, ainsi que les volumes pulmonaires. Il explique les mécanismes de l'inspiration et de l'expiration, les relations pression-volume, et l'importance du surfactant. Enfin, il aborde les méthodes de mesure des volumes pulmonaires et des pressions respiratoires.

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La mécanique ventilatoire

République Tunisienne
****
Ministère de l’Enseignement Supérieur
Et de la recherche Scientifique
****
Université de Sfax
****
Faculté de Médecine de Sfax

Minimodule d’auto-apprentissage

Thème : PHYSIOLOGIE RESPIRATOIRE

Titre : La mécanique ventilatoire

Public cible : étudiants en PCEM1

Préparé par : Pr Kaouthar MASMOUDI FRIKHA

OBJECTIFS :

1. Décrire le mécanisme de l’inspiration et de l’expiration


2. Décrire les propriétés statiques de l’appareil respiratoire
3. Etudier les volumes pulmonaires mobilisables et non mobilisables
4. Etudier les relations pression- volume du poumon, de la paroi thoracique et de l’ensemble
thoraco-pulmonaire
5. Préciser le rôle du surfactant dans la réduction de la tension de surface
6. Décrire les propriétés dynamiques de l’appareil respiratoire
7. Décrire les débits ventilatoires moyens et instantanés
8. Décrire les résistances des voies aériennes et les résistances de frottement tissulaires
9. Etudier la courbe débit- volume
10. Expliquer la compression dynamique des voies aériennes
11. Savoir interpréter une spirométrie

PLAN :
1 - LE CYCLE RESPIRATOIRE
2 - PROPRIÉTÉS STATIQUES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
3 - PROPRIÉTÉS DYNAMIQUES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

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La mécanique ventilatoire

LA MECANIQUE VENTILATOIRE

1 - LE CYCLE RESPIRATOIRE
Selon la loi de Boyle et Mariotte, le produit de la pression par le volume d’une masse de gaz
est une constante (Pression x Volume = constante) et donc toute variation d’un des éléments
de l’équation s’accompagnera d’une modification en sens inverse de l’autre paramètre.
Une autre notion importante est que les gaz comme les liquides, s’écoulent des zones de haute
pression vers les zones de basse pression.

1 - 1- L’inspiration
Avant que l’inspiration commence, c’est-à-dire en fin d’expiration normale, l’appareil
respiratoire est au repos, les voies aériennes sont ouvertes donc en communication avec
l’atmosphère, la pression alvéolaire est égale à la pression atmosphérique. Puis, les muscles
inspiratoires mobilisent la cage thoracique et, par l’intérimaire de la plèvre, le poumon.
L’augmentation du volume alvéolaire induit une baisse de la pression alvéolaire en dessous de
la pression atmosphérique , ce qui provoque une entrée d’air (débit) dans les poumons jusqu’à
ce qu’il y ait une égalité des pressions en fin d’inspiration .
Les forces en présence sont d’une part, la force motrice due à l’activité des muscles
inspiratoires, et d’autre part les forces résistantes constituées par l’élasticité propre du système
respiratoire qui tend à ramener l’ensemble thorax-poumon à un petit volume, la résistance à
l’écoulement d’air des voies aériennes et l’inertie du système puisque le système respiratoire
est au repos.

1 – 2 - L’expiration
En fin d’inspiration, la pression alvéolaire est égale à la pression barométrique. L’inactivation
des muscles inspiratoires entraîne un retour du système respiratoire sur lui même, avec
diminution du volume pulmonaire et, par là, élévation de la pression alvéolaire au-dessus de la
pression barométrique ce qui provoque une sortie d’air du poumon jusqu’à égalité des pressions,
en fin d’expiration.
La force motrice est la force de rétraction élastique du système respiratoire. Les forces
résistantes sont présentées par les voies aériennes et l’inertie du système.

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La mécanique ventilatoire

Le cycle respiratoire

1 – 3 – Relation forces motrices et résistantes :


La relation entre les forces motrices et résistantes est exprimée par l’équation du mouvement
de Newton : Ptot = E x V + RxV’ + IxV’’
Ptot : pression totale appliquée par les muscles respiratoires
E : élastance V : volume R : résistance V’ : débit I : inertie V’’ : accélération
I : négligeable  Ptot = E x V + R x V’
Ptot = pression élastique + pression résistive
Dans ce qui suit, nous allons étudier les propriétés élastiques du poumon et du thorax et les
propriéts dynamiques des voies aériennes

2 - PROPRIÉTÉS STATIQUES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

En absence de mouvement respiratoire, Ptot = Elastance x volume = E x V

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La mécanique ventilatoire

L’étude des propriétés statiques de l’appareil respiratoire a pour but de déterminer les volumes
pulmonaires et l’élasticité du système respiratoire

2 -1- Les volumes pulmonaires


2-1-1- Les volumes pulmonaires mobilisables :
Ils sont déterminés à partir de certains moyens de mesures :
On distingue :
- Le spiromètre volumétrique : spiromètre à cloche : C’est le moyen mécanique le plus
anciennement utilisé. Il est constitué d’une cuve remplie d’eau, sur laquelle repose une cloche.
Le sujet est relié à celle-ci par un circuit fermé de tuyaux. Lorsqu’il expire, la cloche s’élève et
transmet ce mouvement à l’enregistreur auquel elle est reliée, le phénomène inverse se produit
à l’inspiration.

Spiromètre à cloche

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La mécanique ventilatoire

Le spiromètre débimétrique : avec capteur débit : Il existe plusieurs types, les plus courants
sont ceux qui déterminent le débit à partir d’une mesure de pression, les appareils à fils chauds
et les appareils à ultrasons. Le capteur de débit permet de mesurer directement les débits gazeux
respiratoires. Les volumes peuvent être déterminés par intégration analogique ou numérique du
signal de débit.

Capteurs de débit :
a – à fils chauds b - pneumotachographe

Les volumes et les capacités (sommes de volumes) pulmonaires mesurés sont :


- le volume courant : VT : C’est le volume d’air inspiré ou expiré lors de chaque mouvement
respiratoire au cours de la respiration calme.
- le volume de réserve inspiratoire : VRI : C’est le volume maximal d’air inhalé par une
inspiration à partir de la fin d’une inspiration normale.
- le volume de réserve expiratoire VRE : C’est le volume maximal d’air que peut le sujet expirer
à partir de la fin d’une expiration normale.
-Capacité vitale CV = VRE + VT + VRI : C’est le volume maximal d’air expiré à partir de la
fin d’une inspiration maximale.
- Capacité inspiratoire : CI : C’est le volume maximal qui peut être inhalé à partir de la fin d’une
expiration normale.
La frontière entre le VRE et le VT correspond au niveau ventilatoire de repos.

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La mécanique ventilatoire

2-1-2 - Le volume pulmonaire non mobilisable


Volume Résiduel VR : c’est le volume d’air qui reste dans les poumons à la fin de l’expiration
maximale.
 - Capacité pulmonaire totale CPT = VR + CV : C’est la somme de tout les volumes d’air
se trouvant dans les poumons à la fin d’une inspiration maximale.
- capacité résiduelle fonctionnelle CRF= VR + VRE : c’est le volume d’air dans les poumons à
la fin d’une expiration normale. Elle correspond au niveau ventilatoire de repos

Les volumes pulmonaires

Le volume résiduel est déterminé par des méthodes indirectes :


-méthode de dilution des gaz : elle peut être procédée à cycle respiratoire unique en circuit
ouvert ou à cycles respiratoires multiples en circuit fermé en utilisant des gaz relativement

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La mécanique ventilatoire

insolubles (hélium, hydrogène) ou des gaz non respiratoires qui stagnent normalement dans les
poumons (azote)
Le sujet est raccordé à un spiromètre à circuit fermé contenant une concentration connue
d’hélium, après un certain nombre de cycles, Les concentrations d’hélium dans le spiromètre et
dans les poumons s’équilibrent. On peut écrire donc C1V1 = C2 (V1 +V2)
V1(C1-C2) = C2V2 V2 = V1(C1-C2)/C2 V2 : CRF

Détermination du volume résiduel par la méthode de dilution des gaz

- méthode par élimination de l’azote (N2) en circuit ouvert, par des cycles ventilatoires
multiples (respiration d’O2 pur)
Ces 2 méthodes ont l’inconvénient de ne mesurer que les volumes pulmonaires qui
communiquent avec la bouche.
-méthode pléthysmographique : Dans une enceinte fermée, toute variation du volume ou de la
pression alvéolaire s’accompagne d’une variation proportionnelle de signe contraire du volume
ou de la pression pléthysmographique.
Selon la loi de Boyle et Mariotte Pression x Volume = constante
C’est la méthode de choix car elle tient en compte des zones mal-ventilées ou non ventilées
A la fin d’une expiration normale, un clapet ferme la sortie de la pièce buccale et il est demandé
au sujet d’effectuer les efforts inspiratoires. En essayant d’inspirer, il dilate le gaz contenu dans
sa cage thoracique,  le volume pulmonaire P dans la boite et  le volume.

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La mécanique ventilatoire

Détermination du volume résiduel par la méthode pléthysmographique

Les volumes pulmonaires varient en fonction de l’âge, du sexe, du poids et de la taille du


sujet.

2 – 2 – Les pressions :
2 – 2 – 1 - Pressions mesurées :
Trois pressions sont importantes à étudier au cours de la ventilation
- La pression atmosphérique (barométrique) est la pression exercée par le poids de l'air de
l'atmosphère sur les objets situés à la surface de la terre. Au niveau de la mer, elle est égale à
760 mmHg. La pression atmosphérique diminue avec l'altitude puisque la hauteur de la colonne
d'air au-dessus de la surface diminue de façon concomitante. A n'importe quelle altitude, il y a
de légères fluctuations de la pression barométrique qui monte ou baisse selon les changements
de temps.
- La pression intra alvéolaire est la pression du gaz contenu dans les alvéoles. Si les voies
aériennes ne sont pas en communication avec l'air atmosphérique et si la glotte est ouverte, la
pression alvéolaire sera égale à la pression buccale (Pb): PA= Pb
- La pression intra pleurale est la pression dans la cavité pleurale. C'est la pression exercée sur
la surface des poumons à l'intérieur de la cage thoracique. Elle est en règle générale plus basse
que la pression barométrique, égale en moyenne à 756 mmHg au repos. A la pression absolue
de 756 mmHg correspond une pression relative, rapportée à la pression barométrique normale
de 760 mmHg, égale à -4 mmHg.
Traditionnellement les pressions utilisées en physiologie respiratoire sont exprimées en
cmH2O et sous forme de pressions relatives.
Le facteur de conversion est : 1 mmHg = 1,33 cmH20.

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La mécanique ventilatoire

Mesurer la pression pleurale est délicat. On admet que si un organe, soumis à la pression
pleurale, n'a pas de pression propre particulièrement importante, ses variations de pressions
reflètent fidèlement les variations de pression pleurale. La veine cave supérieure et l'œsophage
répondent à cette définition. En usage clinique, on mesure la pression dans l'œsophage en lieu
et place de la pression pleurale : Pœsoph = Ppl
2 – 2 – 2 - la pression motrice :
Lorsque l'on veut gonfler un ballon ou une chambre à air, il suffit d'augmenter la pression
interne par rapport à la pression (externe) environnante. La pression motrice est donc la
différence entre pressions interne et externe.

- Si l'on considère le système thoraco-pulmonaire, la pression interne est représentée par la


pression alvéolaire (PA) et la pression externe par la pression atmosphérique ou barométrique
(PB). P trans thoracopulmonaire = PA – PB
- Si l’on considère la cage thoracique, la pression interne est la pression pleurale et la pression
externe est la pression barométrique
P trans thoracique = Ppl - PB
- Si l'on considère maintenant la composante pulmonaire, sa pression interne est la pression
alvéolaire mais sa pression externe est la pression pleurale (Ppl) et on peut écrire:
P transpulm = PA - Ppl
En condition statique, la pression interne s'équilibre dans tout le poumon. On peut donc écrire:
Ptranspulm = Pb - Pœsoph

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La mécanique ventilatoire

2 – 3 - Relations pression - volume


Considérant l'équation de Newton en condition statique, l'élastance du système respiratoire ou
de ses composantes, la paroi thoracique et le poumon, est égale au rapport pression (motrice)
sur volume (mobilisé) : E = P/V. En fait, on ne mesure pas l'élastance, on lui préfère son inverse,
la compliance.
Compliance = l/élastance : C = l/E = V/P
En d'autres termes, on mesure la quantité d'air qui pénètre dans le poumon pour une variation
de pression égale à l'unité. La compliance est donc une mesure de la distensibilité du poumon
ou du système respiratoire ou de la cage thoracique.
2 – 3 – 1 – Poumon isolé :
Lorsqu'on mesure la relation pression-volume du poumon, on s'aperçoit que la variation de
volume suit de manière linéaire la variation de pression, puis, que les variations de pression
doivent être de plus en plus importantes pour entraîner de petites augmentations de volume, la
courbe devient asymptotique à l'horizontale. Lorsque l'on observe cette courbe, on constate
qu'elle reste toujours du même côté de l'axe des ordonnées; sa distance par rapport à celui-ci est
grande à haut volume pulmonaire, elle existe toujours à bas volume pulmonaire. Cette distance
représente la pression de rétraction élastique du poumon. Un autre point est que cette courbe
pression-volume ne croise pas l'axe des ordonnées. On dit que le poumon ne satisfait pas à son
élasticité. En fin d'expiration, il exerce encore une pression de rétraction, et ne peut se vider
complètement.
En pratique, on évalue les
propriétés élastiques du poumon
de deux manières différentes,
d'une part en mesurant la
compliance de ce poumon, c'est-
à-dire le rapport V/P au
niveau de la partie linéaire de la
courbe. Cette compliance est
égale à 0,250L/cmH2O : Une
variation de la pression de
1cmH2O en condition statique

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La mécanique ventilatoire

permet l'entrée dans le poumon d'un volume d'air de 0,250L.


On mesure également la pression de rétraction élastique maximale, elle est de l'ordre de 30
cmH2O.
Les courbes suivies par le poumon à l’inspiration et à l’expiration sont différentes. Ce
comportement définit l’hystérésis. Le volume pulmonaire, à n’importe quelle pression est plus
élevé pendant l’expiration que pendant l’inspiration. Pour mesurer la compliance pulmonaire,
on considère toujours la courbe de l’expiration.

2 – 3 – 2 - Relation pression-volume de la paroi thoracique


Si l'on réalise la courbe pression-volume de la paroi thoracique, on observe un aspect différent.
A haut volume pulmonaire, cette courbe se trouve du même côté que la courbe pulmonaire, la
paroi exerce donc une pression de rétraction élastique. Mais pour un volume pulmonaire
d'environ 60 % de la capacité vitale, la courbe de la paroi croise l'axe des ordonnées. Il s'agit
du volume de repos, d'équilibre de la paroi, volume dit de relaxation car la paroi n'exerce alors
aucune traction. En dessous de ce volume, la paroi va exercer une pression de distension
élastique, elle aura donc tendance non plus à se « vider» mais au contraire à se « gonfler ». Si
l'élasticité du poumon pouvait être comparée à celle d'un extenseur, celle de la cage thoracique
(et du système respiratoire) peut être comparée à un ressort rigide. Lorsque l'on étire ce ressort
puis on le relâche, il revient vers son point de repos donc il se raccourcit (se vide). Lorsque l'on
enfonce ce ressort, il revient ensuite vers son point de repos en s'allongeant (se gonfle).
2 – 3 – 3 - Relation pression-volume de l’ensemble poumon-paroi
La courbe pression-volume du système respiratoire est la somme algébrique des courbes de ses
deux composantes : le poumon et la paroi. A haut volume pulmonaire, le système respiratoire
exerce une pression de rétraction élastique, puis la courbe coupe l'axe des ordonnées. Il s'agit
du volume de relaxation du système respiratoire. A ce niveau, les pressions de rétraction
élastique du poumon sont égales et de sens opposé aux pressions de distension élastique de la
paroi thoracique. C'est donc à ce niveau que se terminera l'expiration spontanée passive évoquée
plus haut. En dessous de ce niveau ventilatoire de repos, le système respiratoire exerce une
pression de distension élastique.
En pratique clinique, on mesure couramment la compliance pulmonaire, et de manière
beaucoup moins usuelle, la compliance de la paroi ou celle du système respiratoire pour une
raison simple, l'activité résiduelle des muscles respiratoires en condition statique. Lors de la
mesure de compliance pulmonaire, cette activité résiduelle influence à la fois la pression

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La mécanique ventilatoire

alvéolaire et la pression pleurale donc s'annule. Pour les autres compliances, cette activité
parasite les tracés en pratique clinique.
2 - 3 - 4 - Relation courbes pression-volume / volumes pulmonaires
Lorsque le sujet respire spontanément, l'inspiration dépend du niveau de stimulation de ses
centres respiratoires mais l'expiration se termine systématiquement au niveau ventilatoire de
repos (NVR), c'est-à-dire au niveau pulmonaire pour lequel les pressions de rétraction élastique
du poumon sont égales et de sens opposé aux pressions de distension élastique de la cage
thoracique.
Si le sujet fait une inspiration profonde, celle-ci est limitée pour le volume pulmonaire auquel
la pression développée par les muscles inspiratoires ne peut plus compenser la pression de
rétraction élastique du système respiratoire. L'élément le plus rigide à haut volume pulmonaire,
donc le plus limitatif, est le poumon.
Si le sujet fait une expiration forcée, celle-ci se termine pour le volume pulmonaire auquel la
pression développée par les muscles expiratoires ne peut plus compenser la pression de
distension élastique du système respiratoire, le facteur limitatif étant à bas volume pulmonaire
la rigidité du thorax.

Relation Pression – volume pour le poumon, la paroi thoracique


et l’ensemble poumon-paroi

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La mécanique ventilatoire

2 – 4 - Origine de l'élasticité pulmonaire


2 - 4 - 1 - Notion de tension superficielle
Intuitivement, parler de l'élasticité d'un organe fait appel aux facteurs histologiques, qu'il
s'agisse de l'élasticité du parenchyme pulmonaire, de celle des bronches, des vaisseaux, voire
du contenu liquidien du poumon lui-même (qui peut être variable). Toutefois, le poumon avec
sa membrane alvéolo-capillaire, dont la première couche est formée par du liquide, est en fait
une interface gaz-liquide
Toute interface gaz-liquide, entraîne un déséquilibre des forces d'attraction intermoléculaires,
elles sont toujours supérieures dans le liquide par rapport au gaz. Ce déséquilibre se traduit par
une force de rétraction physico-chimique du liquide vers le gaz, il s'agit de la force de tension
superficielle. C'est l'exemple classique de la bulle de savon : se rétractant sur elle-même, elle
induit une augmentation de sa pression interne, qui lorsqu'elle devient supérieure à la pression
atmosphérique fait éclater la bulle.

C'est Von Neergaard qui, en 1929, a proposé qu'une force de tension superficielle pulmonaire
puisse participer à la force de rétraction élastique de cet organe. Il a ensuite prouvé l'existence
de ce phénomène. Comparant des courbes pression-volume de poumons isolés de chats gonflés
avec de l'air puis avec du sérum physiologique, il a montré qu'en présence de ce dernier, la
compliance pulmonaire était multipliée par deux, la pression de rétraction élastique divisée par
le même chiffre et l'hystérésis du poumon extrêmement diminuée. En substituant à l'interface
naturelle gaz-liquide une interface liquide-liquide, il a supprimé globalement la moitié de la
force de rétraction élastique du poumon, démontrant par là même qu'un facteur physico-

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La mécanique ventilatoire

chimique, la force de tension superficielle, jouait un rôle fondamental dans l'élasticité


pulmonaire.
2 – 4 – 2 - Notion de surfactant
La force de tension superficielle d'une interface gaz-liquide est très importante et n'est pas
compatible avec la vie dans la mesure où elle provoque un épuisement rapide des muscles
respiratoires. Il existe donc à l'intérieur des alvéoles un produit tensioactif dont l'objet est de
diminuer cette force de tension superficielle. Ce produit est le surfactant, une lipoprotéine, qui
est sécrété par les pneumocytes de type Il. Le surfactant est l'équivalent d'un détergent, c'est-à-
dire qu'il se fixe à la surface du liquide par son extrémité hydrophile, l'extrémité hydrophobe
interrompt l'attraction exercée par les molécules d'eau donc diminue la tension superficielle.
Le surfactant a de nombreuses
propriétés, il abaisse la tension
superficielle de l'interface gaz-
liquide du poumon et diminue le
travail des muscles respiratoires
s'opposant ainsi à leur fatigue. Il a la
propriété d'adapter son pouvoir
tensioactif à la taille de l'alvéole.
Selon la loi de Laplace [la pression
régnant à l'intérieur de l'alvéole est
égale au rapport tension de surface
sur rayon de courbure (T/R)], les
petits alvéoles auraient une pression
élevée et se videraient dans les gros
alvéoles à la pression plus basse. Le
surfactant permet de maintenir
identique les tensions dans les
différents alvéoles et ainsi de les
stabiliser. Du fait de cette force de
tension superficielle, la pression
régnant autour des alvéoles dans
l'interstitium est négative, cette
négativité agit sur les vaisseaux et tend à faire sortir le plasma de ceux-ci. En diminuant la force

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La mécanique ventilatoire

de tension superficielle, le surfactant diminue cette négativité, et permet de garder les alvéoles
secs et assure en particulier l'imperméabilité alvéolaire aux protéines.
Le surfactant est indispensable à la vie. Synthétisé dans les dernières semaines de la vie fœtale,
il peut être absent ou non fonctionnel chez les prématurés chez qui il existe un risque de
présenter ce qui est appelé la détresse respiratoire du nouveau-né. Ce dernier, pour remplir ses
poumons d'air, réalise des efforts musculaires dramatiques («tirage» avec «avalement» de la
partie supéro-antérieure de la cage thoracique) qui conduisent à l'épuisement et à la mort si la
ventilation n'est pas « assistée» (aidée). Parallèlement, un liquide hyalin (protéinique) remplit
les alvéoles, c'est la maladie des membranes hyalines, aggravant la fatigue musculaire. Seule
l'instillation de surfactant peut sauver ces enfants.

3 - PROPRIÉTÉS DYNAMIQUES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE


Lors de la ventilation normale, à la pression statique qu'il faut générer pour vaincre l'élasticité
thoraco-pulmonaire s'ajoute une pression dynamique qui doit lutter essentiellement contre les
résistances à l'écoulement du gaz.
3 – 1 - Résistance des voies aériennes ou relation pression-débit
Les résistances pulmonaires sont constituées à plus de 80 % par les résistances des voies
aériennes, le reste étant représenté par les résistances de frottement tissulaire. Si l'on assimile
l'arbre aérien à un tube aux multiples embranchements, la résistance à l'écoulement du gaz dans
ce tube est égale à la différence de pression entre les deux extrémités du tube, donc entre la
pression alvéolaire et la pression buccale, divisée par la valeur du débit gazeux dans ce tube:
Rva = (PA -Pb)/V’.
La résistance dépend de l'écoulement des gaz, celui-ci peut être laminaire, on peut alors écrire:
P = R1 x V’. L'élément essentiel du coefficient R1 est alors géométrique, plus le diamètre est
petit, plus la résistance est importante (lorsque le rayon diminue de moitié la résistance et
multipliée par 16. Selon la loi de Poiseuil : R1 = 8 η x L/ r 4 x 
η : coefficient de viscosité L : longueur r : rayon du tube. .
L'écoulement peut être turbulent, dans ces conditions on peut écrire : P = R2 x V’2, l'élément
contre lequel il faut alors lutter est le débit puisqu'il est élevé au carré, il faut donc augmenter
de manière considérable la pression motrice. R2est fonction de la densité du gaz et non de la
viscosité.

Page 15
La mécanique ventilatoire

Types d’écoulement d’air


Au niveau de l'arbre aérien, la surface de section est surtout petite dans les grosses voies
aériennes. De même à ce niveau, l'écoulement est essentiellement turbulent, alors qu'il est
surtout laminaire au niveau des petites voies aériennes. Dans ces conditions, l'essentiel de la
résistance des voies aériennes se trouve situé au niveau des grosses voies aériennes. 80% des
résistances de l'arbre bronchique se trouvent situés au niveau des premières générations
bronchiques soit 20 % pour le reste de l'arbre aérien. Une augmentation du double des
résistances des petites voies aériennes, donc considérable, ne modifiera pas de manière sensible
les résistances totales de l'arbre aérien et passera inaperçue. Pour cette raison l'ensemble des
petites voies aériennes est appelé « zone silencieuse» du poumon. En pratique clinique, la
mesure des résistances des voies aériennes se révèle donc décevante puisque pour les
principales maladies obstructives (broncho-pneumopathie chronique obstructive ou maladie
des fumeurs, asthme intercritique,..), c'est au niveau des petites voies aériennes que l'obstruction
est située.

3 – 2 - Relations volume-temps et débit-volume


Débit et résistance sont liés : pour une pression motrice donnée, plus les résistances sont élevées
plus le débit est diminué. On peut mesurer les débits moyens, c'est-à-dire le volume expiré dans
un temps, un simple spirographe permet cette mesure. On peut mesurer aussi les débits
instantanés, à chaque instant d'une expiration forcée par exemple. Pour ce faire, on mesure la
courbe débit-volume en utilisant un spiromètre débimétrique. Dans les deux cas, on exécute
Page 16
La mécanique ventilatoire

une manœuvre standardisée, la courbe d'expiration forcée, ou capacité vitale forcée CVF. Il
s'agit de gonfler ses poumons à fond puis d'expirer le plus rapidement et le plus puissamment
possible jusqu'au volume résiduel.
Concernant la relation volume-temps, on mesure le volume expiré pendant la première seconde
de l'expiration forcée. Il s'agit du volume expiratoire maximal seconde VEMS. C'est le
paramètre le plus utilisé en exploration de la fonction respiratoire. Le rapport VEMS/CVF%
désigne le rapport de Tiffeneau. On mesure également le débit maximal expiratoire 25-75 %
(DME 25-75), c'est-à-dire que l'on mesure le temps nécessaire pour expirer la partie de
l'expiration forcée comprise entre 25 et 75 % de la capacité vitale.
Pour la relation débit-volume, on exprime les débits instantanés en fonction du volume expiré.
Par convention on mesure le débit instantané maximal (ou débit de pointe) ainsi que les débits
à 75 %, 50 % et 25 % de la capacité vitale forcée.

Relations volume-temps et débit-volume

3 – 3 - Domaines explorés par ces différentes variables

Les résistances des voies aériennes, qui nécessitent du matériel lourd pour mesurer la pression
alvéolaire en condition dynamique (pléthysmographe), n'évaluent que la fonction des grosses
voies aériennes, ce qui a peu d'intérêt en pratique.

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La mécanique ventilatoire

Lors d'une expiration forcée, il y a contraction maximale des muscles expiratoires, ce qui
entraîne une augmentation de la pression pleurale. Cette pression pleurale s'applique sur
l'ensemble du poumon, c'est-à-dire sur les parois alvéolaires avec pour conséquence une
augmentation de la pression alvéolaire (pression alvéolaire = pression pleurale + pression de
rétraction élastique du poumon), mais également sur les bronches elles-mêmes.
La pression bronchique décroît depuis l'alvéole jusqu'à la bouche, il y a donc forcément un
ensemble de points où la pression pleurale sera égale à la pression intrabronchique (points
d'égale pression). En aval de ces points, donc vers les grosses bronches, il y aura compression
des voies aériennes.
Ainsi toute augmentation de l'effort des muscles expiratoires engendrera à la fois une
augmentation de la pression alvéolaire et une compression des voies aériennes, il y aura donc
une autolimitation des débits.

Compression dynamique des voies aériennes

Au-delà de la force nécessaire pour initier l'expiration forcée (le premier quart de cette dernière)
les débits sont indépendants de l'effort musculaire, ils ne dépendent que de la force de rétraction
élastique pulmonaire au volume considéré et de la résistance du segment non comprimé. Le
point d'égale pression se déplaçant vers l'alvéole au cours de l'expiration forcée, la zone
bronchique explorée se raccourcit progressivement en devenant de plus en plus distale.

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La mécanique ventilatoire

Effet de l’effort expiratoire sur la courbe Débit-Volume


Ainsi le VEMS qui couvre 80 % de la capacité vitale est effort-dépendant et explore un
ensemble important de l'arbre aérien global, alors que le DME 25-75%, le débit max 50, le débit
max25 sont effort-indépendants et explorent plus spécifiquement les petites voies aériennes de
la zone silencieuse du poumon.

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La mécanique ventilatoire

Autoévaluation
1/ Le volume maximal de gaz inspiré après une expiration normale est appelé:
A - Volume courant.
B - Capacité vitale.
C - Capacité résiduelle fonctionnelle.
D - Capacité inspiratoire.
E - Capacité pulmonaire totale.

2/ Le volume de gaz contenu dans les poumons quand les forces de rétraction des
poumons sont égales aux forces d'expansion de la paroi thoracique est appelé:
A - Volume courant.
B - Capacité vitale.
C - Capacité résiduelle fonctionnelle.
D - Capacité inspiratoire.
E - Capacité pulmonaire totale.

3 /Quelle est la caractéristique du syndrome respiratoire restrictif ?


A - Une diminution de la capacité pulmonaire totale
B - Une augmentation de la capacité vitale
C - Une augmentation du volume résiduel
D - Une diminution du rapport de Tiffeneau
E - Une augmentation de la capacité résiduelle fonctionnelle.

4/ Au sommet du Mont Everest, la pression barométrique est égale à environ 250


mm Hg. A cette hauteur, quelle est la pression partielle d'oxygène?
A - 0 mm Hg
B - 0,5 mm Hg
C - 10 mm Hg
D - 50 mm Hg
E - 100 mm Hg

5/ Au niveau de l’arbre bronchique, la zone de conduction :


A – S’étend de la trachée jusqu aux bronchioles terminales.
B – Participe aux échanges gazeux.
C – est alvéolisée.
D – Constitue « l’espace mort anatomique ».
E – Comporte les canaux alvéolaires et les alvéoles.

6/ La pression pleurale :
A – est la pression entre les deux feuillets de la plèvre.
B – est supérieure à la pression atmosphérique.
C – Dépend de la gravité.
D – Est plus négative à la partie supérieure.
E – Est plus négative en fin d’expiration.

7/ Quand le diaphragme se contracte,


A – Le volume de la cage thoracique diminue.
B – Les côtes sont soulevées.
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La mécanique ventilatoire

C - Le diamètre transversal du thorax diminue.


D – Il peut s’abaisser jusqu’à 10 cm.
E – la dimension verticale de la cage thoracique diminue.

8/ Au cours de la respiration calme, l’expiration :


A – Est passive.
B – Est due à l’inactivation des muscles inspiratoires.
C – Est due à la contraction des muscles expiratoires.
D – Est due à une augmentation du volume et baisse de la pression alvéolaire.
E – S’arrête quand la pression alvéolaire devient égale à la pression atmosphérique.

9/Concernant les relations pression-volume :


A - le thorax exerce toujours une force de rétraction élastique
B - le poumon exerce une force de distension élastique à bas volume pulmonaire
C - le volume de relaxation du thorax est situé à environ 40 % de la capacité vitale
D - le niveau ventilatoire de repos correspond au volume de relaxation du système respiratoire
E – Le volume de relaxation du poumon est très faible.

Réponses aux QCM :


1/ D 2/ C 3/ A 4/ D 5/ A – D
6/ A – D 7/ B- D 8/ A – B – E 9/ D – E

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