La Mécanique Ventilatoire Cours
La Mécanique Ventilatoire Cours
République Tunisienne
****
Ministère de l’Enseignement Supérieur
Et de la recherche Scientifique
****
Université de Sfax
****
Faculté de Médecine de Sfax
Minimodule d’auto-apprentissage
OBJECTIFS :
PLAN :
1 - LE CYCLE RESPIRATOIRE
2 - PROPRIÉTÉS STATIQUES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
3 - PROPRIÉTÉS DYNAMIQUES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
Page 1
La mécanique ventilatoire
LA MECANIQUE VENTILATOIRE
1 - LE CYCLE RESPIRATOIRE
Selon la loi de Boyle et Mariotte, le produit de la pression par le volume d’une masse de gaz
est une constante (Pression x Volume = constante) et donc toute variation d’un des éléments
de l’équation s’accompagnera d’une modification en sens inverse de l’autre paramètre.
Une autre notion importante est que les gaz comme les liquides, s’écoulent des zones de haute
pression vers les zones de basse pression.
1 - 1- L’inspiration
Avant que l’inspiration commence, c’est-à-dire en fin d’expiration normale, l’appareil
respiratoire est au repos, les voies aériennes sont ouvertes donc en communication avec
l’atmosphère, la pression alvéolaire est égale à la pression atmosphérique. Puis, les muscles
inspiratoires mobilisent la cage thoracique et, par l’intérimaire de la plèvre, le poumon.
L’augmentation du volume alvéolaire induit une baisse de la pression alvéolaire en dessous de
la pression atmosphérique , ce qui provoque une entrée d’air (débit) dans les poumons jusqu’à
ce qu’il y ait une égalité des pressions en fin d’inspiration .
Les forces en présence sont d’une part, la force motrice due à l’activité des muscles
inspiratoires, et d’autre part les forces résistantes constituées par l’élasticité propre du système
respiratoire qui tend à ramener l’ensemble thorax-poumon à un petit volume, la résistance à
l’écoulement d’air des voies aériennes et l’inertie du système puisque le système respiratoire
est au repos.
1 – 2 - L’expiration
En fin d’inspiration, la pression alvéolaire est égale à la pression barométrique. L’inactivation
des muscles inspiratoires entraîne un retour du système respiratoire sur lui même, avec
diminution du volume pulmonaire et, par là, élévation de la pression alvéolaire au-dessus de la
pression barométrique ce qui provoque une sortie d’air du poumon jusqu’à égalité des pressions,
en fin d’expiration.
La force motrice est la force de rétraction élastique du système respiratoire. Les forces
résistantes sont présentées par les voies aériennes et l’inertie du système.
Page 2
La mécanique ventilatoire
Le cycle respiratoire
Page 3
La mécanique ventilatoire
L’étude des propriétés statiques de l’appareil respiratoire a pour but de déterminer les volumes
pulmonaires et l’élasticité du système respiratoire
Spiromètre à cloche
Page 4
La mécanique ventilatoire
Le spiromètre débimétrique : avec capteur débit : Il existe plusieurs types, les plus courants
sont ceux qui déterminent le débit à partir d’une mesure de pression, les appareils à fils chauds
et les appareils à ultrasons. Le capteur de débit permet de mesurer directement les débits gazeux
respiratoires. Les volumes peuvent être déterminés par intégration analogique ou numérique du
signal de débit.
Capteurs de débit :
a – à fils chauds b - pneumotachographe
Page 5
La mécanique ventilatoire
Page 6
La mécanique ventilatoire
insolubles (hélium, hydrogène) ou des gaz non respiratoires qui stagnent normalement dans les
poumons (azote)
Le sujet est raccordé à un spiromètre à circuit fermé contenant une concentration connue
d’hélium, après un certain nombre de cycles, Les concentrations d’hélium dans le spiromètre et
dans les poumons s’équilibrent. On peut écrire donc C1V1 = C2 (V1 +V2)
V1(C1-C2) = C2V2 V2 = V1(C1-C2)/C2 V2 : CRF
- méthode par élimination de l’azote (N2) en circuit ouvert, par des cycles ventilatoires
multiples (respiration d’O2 pur)
Ces 2 méthodes ont l’inconvénient de ne mesurer que les volumes pulmonaires qui
communiquent avec la bouche.
-méthode pléthysmographique : Dans une enceinte fermée, toute variation du volume ou de la
pression alvéolaire s’accompagne d’une variation proportionnelle de signe contraire du volume
ou de la pression pléthysmographique.
Selon la loi de Boyle et Mariotte Pression x Volume = constante
C’est la méthode de choix car elle tient en compte des zones mal-ventilées ou non ventilées
A la fin d’une expiration normale, un clapet ferme la sortie de la pièce buccale et il est demandé
au sujet d’effectuer les efforts inspiratoires. En essayant d’inspirer, il dilate le gaz contenu dans
sa cage thoracique, le volume pulmonaire P dans la boite et le volume.
Page 7
La mécanique ventilatoire
2 – 2 – Les pressions :
2 – 2 – 1 - Pressions mesurées :
Trois pressions sont importantes à étudier au cours de la ventilation
- La pression atmosphérique (barométrique) est la pression exercée par le poids de l'air de
l'atmosphère sur les objets situés à la surface de la terre. Au niveau de la mer, elle est égale à
760 mmHg. La pression atmosphérique diminue avec l'altitude puisque la hauteur de la colonne
d'air au-dessus de la surface diminue de façon concomitante. A n'importe quelle altitude, il y a
de légères fluctuations de la pression barométrique qui monte ou baisse selon les changements
de temps.
- La pression intra alvéolaire est la pression du gaz contenu dans les alvéoles. Si les voies
aériennes ne sont pas en communication avec l'air atmosphérique et si la glotte est ouverte, la
pression alvéolaire sera égale à la pression buccale (Pb): PA= Pb
- La pression intra pleurale est la pression dans la cavité pleurale. C'est la pression exercée sur
la surface des poumons à l'intérieur de la cage thoracique. Elle est en règle générale plus basse
que la pression barométrique, égale en moyenne à 756 mmHg au repos. A la pression absolue
de 756 mmHg correspond une pression relative, rapportée à la pression barométrique normale
de 760 mmHg, égale à -4 mmHg.
Traditionnellement les pressions utilisées en physiologie respiratoire sont exprimées en
cmH2O et sous forme de pressions relatives.
Le facteur de conversion est : 1 mmHg = 1,33 cmH20.
Page 8
La mécanique ventilatoire
Mesurer la pression pleurale est délicat. On admet que si un organe, soumis à la pression
pleurale, n'a pas de pression propre particulièrement importante, ses variations de pressions
reflètent fidèlement les variations de pression pleurale. La veine cave supérieure et l'œsophage
répondent à cette définition. En usage clinique, on mesure la pression dans l'œsophage en lieu
et place de la pression pleurale : Pœsoph = Ppl
2 – 2 – 2 - la pression motrice :
Lorsque l'on veut gonfler un ballon ou une chambre à air, il suffit d'augmenter la pression
interne par rapport à la pression (externe) environnante. La pression motrice est donc la
différence entre pressions interne et externe.
Page 9
La mécanique ventilatoire
Page 10
La mécanique ventilatoire
Page 11
La mécanique ventilatoire
alvéolaire et la pression pleurale donc s'annule. Pour les autres compliances, cette activité
parasite les tracés en pratique clinique.
2 - 3 - 4 - Relation courbes pression-volume / volumes pulmonaires
Lorsque le sujet respire spontanément, l'inspiration dépend du niveau de stimulation de ses
centres respiratoires mais l'expiration se termine systématiquement au niveau ventilatoire de
repos (NVR), c'est-à-dire au niveau pulmonaire pour lequel les pressions de rétraction élastique
du poumon sont égales et de sens opposé aux pressions de distension élastique de la cage
thoracique.
Si le sujet fait une inspiration profonde, celle-ci est limitée pour le volume pulmonaire auquel
la pression développée par les muscles inspiratoires ne peut plus compenser la pression de
rétraction élastique du système respiratoire. L'élément le plus rigide à haut volume pulmonaire,
donc le plus limitatif, est le poumon.
Si le sujet fait une expiration forcée, celle-ci se termine pour le volume pulmonaire auquel la
pression développée par les muscles expiratoires ne peut plus compenser la pression de
distension élastique du système respiratoire, le facteur limitatif étant à bas volume pulmonaire
la rigidité du thorax.
Page 12
La mécanique ventilatoire
C'est Von Neergaard qui, en 1929, a proposé qu'une force de tension superficielle pulmonaire
puisse participer à la force de rétraction élastique de cet organe. Il a ensuite prouvé l'existence
de ce phénomène. Comparant des courbes pression-volume de poumons isolés de chats gonflés
avec de l'air puis avec du sérum physiologique, il a montré qu'en présence de ce dernier, la
compliance pulmonaire était multipliée par deux, la pression de rétraction élastique divisée par
le même chiffre et l'hystérésis du poumon extrêmement diminuée. En substituant à l'interface
naturelle gaz-liquide une interface liquide-liquide, il a supprimé globalement la moitié de la
force de rétraction élastique du poumon, démontrant par là même qu'un facteur physico-
Page 13
La mécanique ventilatoire
Page 14
La mécanique ventilatoire
de tension superficielle, le surfactant diminue cette négativité, et permet de garder les alvéoles
secs et assure en particulier l'imperméabilité alvéolaire aux protéines.
Le surfactant est indispensable à la vie. Synthétisé dans les dernières semaines de la vie fœtale,
il peut être absent ou non fonctionnel chez les prématurés chez qui il existe un risque de
présenter ce qui est appelé la détresse respiratoire du nouveau-né. Ce dernier, pour remplir ses
poumons d'air, réalise des efforts musculaires dramatiques («tirage» avec «avalement» de la
partie supéro-antérieure de la cage thoracique) qui conduisent à l'épuisement et à la mort si la
ventilation n'est pas « assistée» (aidée). Parallèlement, un liquide hyalin (protéinique) remplit
les alvéoles, c'est la maladie des membranes hyalines, aggravant la fatigue musculaire. Seule
l'instillation de surfactant peut sauver ces enfants.
Page 15
La mécanique ventilatoire
une manœuvre standardisée, la courbe d'expiration forcée, ou capacité vitale forcée CVF. Il
s'agit de gonfler ses poumons à fond puis d'expirer le plus rapidement et le plus puissamment
possible jusqu'au volume résiduel.
Concernant la relation volume-temps, on mesure le volume expiré pendant la première seconde
de l'expiration forcée. Il s'agit du volume expiratoire maximal seconde VEMS. C'est le
paramètre le plus utilisé en exploration de la fonction respiratoire. Le rapport VEMS/CVF%
désigne le rapport de Tiffeneau. On mesure également le débit maximal expiratoire 25-75 %
(DME 25-75), c'est-à-dire que l'on mesure le temps nécessaire pour expirer la partie de
l'expiration forcée comprise entre 25 et 75 % de la capacité vitale.
Pour la relation débit-volume, on exprime les débits instantanés en fonction du volume expiré.
Par convention on mesure le débit instantané maximal (ou débit de pointe) ainsi que les débits
à 75 %, 50 % et 25 % de la capacité vitale forcée.
Les résistances des voies aériennes, qui nécessitent du matériel lourd pour mesurer la pression
alvéolaire en condition dynamique (pléthysmographe), n'évaluent que la fonction des grosses
voies aériennes, ce qui a peu d'intérêt en pratique.
Page 17
La mécanique ventilatoire
Lors d'une expiration forcée, il y a contraction maximale des muscles expiratoires, ce qui
entraîne une augmentation de la pression pleurale. Cette pression pleurale s'applique sur
l'ensemble du poumon, c'est-à-dire sur les parois alvéolaires avec pour conséquence une
augmentation de la pression alvéolaire (pression alvéolaire = pression pleurale + pression de
rétraction élastique du poumon), mais également sur les bronches elles-mêmes.
La pression bronchique décroît depuis l'alvéole jusqu'à la bouche, il y a donc forcément un
ensemble de points où la pression pleurale sera égale à la pression intrabronchique (points
d'égale pression). En aval de ces points, donc vers les grosses bronches, il y aura compression
des voies aériennes.
Ainsi toute augmentation de l'effort des muscles expiratoires engendrera à la fois une
augmentation de la pression alvéolaire et une compression des voies aériennes, il y aura donc
une autolimitation des débits.
Au-delà de la force nécessaire pour initier l'expiration forcée (le premier quart de cette dernière)
les débits sont indépendants de l'effort musculaire, ils ne dépendent que de la force de rétraction
élastique pulmonaire au volume considéré et de la résistance du segment non comprimé. Le
point d'égale pression se déplaçant vers l'alvéole au cours de l'expiration forcée, la zone
bronchique explorée se raccourcit progressivement en devenant de plus en plus distale.
Page 18
La mécanique ventilatoire
Page 19
La mécanique ventilatoire
Autoévaluation
1/ Le volume maximal de gaz inspiré après une expiration normale est appelé:
A - Volume courant.
B - Capacité vitale.
C - Capacité résiduelle fonctionnelle.
D - Capacité inspiratoire.
E - Capacité pulmonaire totale.
2/ Le volume de gaz contenu dans les poumons quand les forces de rétraction des
poumons sont égales aux forces d'expansion de la paroi thoracique est appelé:
A - Volume courant.
B - Capacité vitale.
C - Capacité résiduelle fonctionnelle.
D - Capacité inspiratoire.
E - Capacité pulmonaire totale.
6/ La pression pleurale :
A – est la pression entre les deux feuillets de la plèvre.
B – est supérieure à la pression atmosphérique.
C – Dépend de la gravité.
D – Est plus négative à la partie supérieure.
E – Est plus négative en fin d’expiration.
Page 21