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Études internationales
Amin, Samir; Arrighi, Giovanni; Gunder-Frank, André;
Wallerstein, Immanuel. La crise, quelle crise? Dynamique de la
crise mondiale. Paris, Librairie François Maspéro, Coll.
« Textes à l’appui », 1982, 251 p.
Pierre-André Tremblay
Volume 15, numéro 1, 1984
Les processus décisionnels en matière de commerce extérieur :
quelques éléments de réflexion à la lumière de l’expérience
québécoise
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Éditeur(s)
Institut québécois des hautes études internationales
ISSN
0014-2123 (imprimé)
1703-7891 (numérique)
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Citer ce compte rendu
Tremblay, P.-A. (1984). Compte rendu de [Amin, Samir; Arrighi, Giovanni;
Gunder-Frank, André; Wallerstein, Immanuel. La crise, quelle crise? Dynamique
de la crise mondiale. Paris, Librairie François Maspéro, Coll. « Textes à l’appui »,
1982, 251 p.] Études internationales, 15(1), 222–225.
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2. COMPTES RENDUS l'auteur estime qu'il faut différencier entre la
stagnation que nous traversons et qui fait
partie du cycle économique normal, et la crise
THÉORIES, IDÉOLOGIES ET structurelle du capitalisme, le déclin de ce
PROBLÈMES INTERNATIONAUX système ayant commencé en 1917. On peut
prévoir que la stagnation sera réglée vers
1990, car elle a toujours pris 20 ans à être
surmontée.
AMIN, Samir; ARRIGHI, Giovanni; GUN-
DER-FRANK, André; WALLERSTEIN, Im-
manuel. La crise, quelle crise? Dynami- La plus grande partie de l'essai est
que de la crise mondiale. Paris, Librairie consacrée à expliquer pourquoi la solution
François Maspéro, Coll. « Textes à l'ap- même à la stagnation ne fera qu'aggraver la
pui », 1982, 251 p. crise. On peut résumer ce point de vue en
disant que le système fait surgir les limites de
Ce livre se compose de 4 essais. Les sa propre reproduction. La principale est sans
auteurs, aux idées voisines mais non identi- doute que l'économie capitaliste a besoin d'un
ques, se sont donné pour objectif d'explorer extérieur qui s'amenuise de plus en plus. La
les causes, historiques ou structurelles, de la prolétarisation tendancielle de toute la planète
crise que traverse le système économique est contradictoire: impliquant une mercantili-
mondial depuis une dizaine d'années. Ils cher- sation totale, elle contredit la non-liberté de la
chent donc d'abord à savoir ce qui constitue la force de travail qui est pourtant une condition
crise. Par ailleurs, ainsi qu'ils le rappellent essentielle du capitalisme. En d'autres termes,
dans leur introduction commune, les auteurs le jeu même de la loi de la valeur détruira le
sont voués à une optique socialiste du change- MPC et offre une possibilité objective d'exis-
ment social. C'est dire que le troisième volet tence aux divers aspects culturels et politiques
de leur réflexion, celui analysant les consé- des mouvements anti-systémiques. On com-
quences de la crise, les amène à tenter de prend que, dans un tel contexte, les prévisions
donner des scénarios possibles pour sortir de sur le futur du capitalisme ne pourront être
la crise et à en évaluer l'impact sur les forces que globales et planétaires: on peut s'attendre
progressistes mondiales. à une remontée des nationalismes, qui sont
maintenant des réponses populaires à l'idéolo-
Le premier chapitre (« La crise comme gie universaliste du MPC plus qu'une réponse
transition », par I. Wallerstein) n'apprendra bourgeoise à l'internationalisme prolétarien;
rien de nouveau à ceux qui ont lu les travaux on assistera à un déclin relatif des États-Unis,
précédents de cet auteur. Il y rappelle que dont le leadership est remis en question par
dans notre économie-monde (qui englobe les l'Europe et le Japon, et à la constitution
États), c'est la pluralité même de ces Etats qui d'axes mondiaux Japon-Chine-États-Unis et
permet de reproduire une économie unifiée. Europe de l'Est-Europe de l'Ouest-URSS, ce
L'accumulation, l'offre mondiale croissante, méli-mélo montrant assez que les processus
se heurte à une demande mondiale restant à révolutionnaires sont encore incomplets. Une
peu près stable ; ce déséquilibre a comme effet telle prospective revient à donner des objectifs
une crise de surproduction qui se répète tous aux forces révolutionnaires mais, à l'exception
les 25 ans. Cela provoque des remous, voire de la référence à une remise en question des
des crises politiques, car les divers groupes réseaux supra-étatiques, les tenants du change-
sociaux se querelleront à propos de la réparti- ment social devront chercher ces objectifs as-
tion des produits. Cela peut provoquer, de la sez loin entre les lignes de l'article. Situant le
part des groupes dirigeants, deux types de débat à un tel niveau de généralité, il n'offre
réponses: soit un transfert des industries de que des assises bien vagues à l'optimisme
pointe vers la semi-périphérie, soit l'incorpo- dont il fait preuve. Comment avoir prise sur
ration de nouvelles zones dans l'économie- une crise de civilisation? Cet article n'est
monde. Ces remarques générales étant faites, vraiment pas « un guide pour l'action ».
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Le texte suivant de G. Arrighi, « Une des scénarios pour la décennie 1980, l'auteur
crise d'hégémonie », s'il souffre d'une langue écarte (après quelques hésitations) la possibili-
moins souple, est néanmoins d'une facture té d'une résurgence des rivalités inter-
plus simple. Il se base sur le fait que l'écono- impérialistes, car même l'URSS n'effraie guère
mie mondiale est soutenue, voire régulée, par le capital. Une solution politique à la crise,
l'action des États. C'est ainsi que les États- c'est-à-dire l'apparition d'une nouvelle hégé-
Unis ont moins cherché à garantir la sécurité monie, n'est guère plus probable, car elle est
des échanges qu'à assurer celle des entreprises liée à la soumission du travail dans les pays du
et surtout, après 1975, celle des entreprises centre (le corporatisme libéral) mais comme
américaines. Ce « changement discontinu » cela est dépendant d'une stabilisation de l'éco-
qu'est la crise actuelle est donc analysable nomie transnationale, on ne voit pas comment
comme la remise en question de la place et du cela serait possible à court ou même à moyen
rôle des blocs leaders de l'économie mondia- terme. Les années 1980 ressembleront donc à
le. Elle est amenée par la conjonction de trois la décennie précédente. La reprise est certes
ordres de facteurs. possible vers 1990 mais elle exigera que l'ac-
cumulation reprenne dans les nouvelles bran-
La première racine de la crise est dite ches productives (robotique, énergie) et, jus-
« insoumission de la périphérie » et rappelle qu'à présent, aucune issue viable ne se laisse
que la croissance qui a suivi la Deuxième entrevoir.
Guerre mondiale fut surtout visible dans les
pays de la semi-périphérie (Japon, Europe de Si, à la suite de cette dose concentrée
l'Ouest) puis dans ceux du Tiers Monde. Ce d'économie politique, on en vient à croire que
développement très inégal eut des effets désta- les chercheurs sont incapables d'offrir une
bilisateurs profonds sur la puissance américai- analyse qui soit actuelle (c'est-à-dire arrivant à
ne et sur la légitimité des États périphériques voir les tendances du présent qui agiront dans
face aux sociétés qui les composent et face le futur), on fera bien de lire l'article suivant
aux autres États. Le second ensemble de fac- d'A. Gunder-Frank intitulé « Crise de l'idéo-
teurs est appelé « insoumission du capital ». Il logie et idéologie de la crise ». D'entrée de
renvoie à la transnationalisation et l'analyse jeu, l'auteur annonce que l'issue de la crise
comme une façon, pour les monopoles, de sera sans doute une régénération et une nou-
renforcer leurs avantages concurrentiels. Il velle expansion du capitalisme et que, si cela
faut insister sur le changement de la forme prépare le renversement du système, il est
prise par cette concurrence: on assiste à des encore trop tôt pour savoir comment il s'effec-
innovations et à une différenciation des pro- tuera. On sait cependant que sa forme dépen-
duits plus qu'à une guerre des prix. « L'insou- dra des évolutions corrélatives des pôles
mission du travail » constitue le troisième Ouest, Est et Sud du système mondial.
noyau dur de la crise. Cela réfère à une
transformation dans les rapports entre le capi- Les éléments de la crise du bloc occiden-
tal et le travail : si la classe ouvrière organisée tal sont connus. Depuis 1973, les investisse-
a perdu une partie de son pouvoir de négocia- ments ont été dirigés vers une rationalisation
tion sur le marché du travail (dont son intégra- plus que vers des innovations économiques,
tion dans diverses formes de « corporatisme surtout dans le secteur des services. L'essouf-
libéral » est le signe), elle a néanmoins déve- flement devient visible dans l'inflation dont
loppé son pouvoir de négociation sur le lieu de souffrent les économies occidentales et dans
travail, lui-même lié à la division du travail sa récupération politique où, sous prétexte
dans l'entreprise. d'austérité, on ne fait que sabrer dans les
dépenses sociales. Le retour en vogue des
Malgré son assez grand respect des thèses vieilles théories libérales (von Hayek, par
léninistes, l'article d'Arrighi est assez déce- Friedman interposé) s'explique par l'effort du
vant si on y cherche autre chose qu'une mise capital pour remettre en question l'État-
en ordre intéressante de la situation économi- providence et rediriger l'investissement vers
que internationale. Lorsqu'il s'agit d'établir des secteurs plus productifs, en particulier les
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armements. Cela a des conséquences graves et principale est moins, à l'heure actuelle, entre
directes sur les économies du Tiers Monde capital et travail qu'entre l'impérialisme et les
car, comme elles font partie intégrante de forces populaires de la périphérie. Cette diffé-
l'économie mondiale capitaliste, la crise y est rence est importante; elle oblige à qualifier le
immédiatement transférée par les déficits terme de développement capitaliste, car il dif-
croissants de la balance des paiements. L'ex- fère selon qu'on se trouve au centre ou à la
portation des industries du centre vers la pé- périphérie. La faiblesse des bourgeoisies de la
riphérie devient plus cruciale que jamais pour périphérie indique bien la profondeur des iné-
celle-ci. Les États du Tiers Monde doivent galités de développement. Amin va jusqu'à
donc maintenir une pression constante pour parler d'une désintégration du pouvoir à la
abaisser les salaires. Si les réponses des popu- périphérie, produisant un vide et un appel
lations furent diverses formes de populismes, d'air par où s'engouffrent les superpuissances.
c'est sans doute parce que le repli des pays de Si on rejette l'éventualité d'une intégration de
l'Est vers le chauvinisme de grande puissance l'Union soviétique au capital mondial, les
et le socialisme dans un seul pays a discrédité pays du Tiers Monde se trouvent donc, et pour
l'idéologie socialiste et retiré au Tiers Monde longtemps, dans une structure tri-pôlaire (Est,
un appui indispensable dans la lutte contre Ouest, Sud). Le socialisme étant peu probable
l'impérialisme. Le débat des années futures à l'Ouest et l'Est étant engoncé dans son
sera donc entre nationalisme et socialisme: il social-impérialisme, seule une stratégie de dé-
n'y a plus de cohésion entre libération natio- connexion pourra rendre possible l'indépen-
nale, socialisme local et États socialistes. La dance et le développement des populations de
crise actuelle ne sera pas le fossoyeur du la périphérie. Cette vision d'un « socialisme
capital. Il faudra donner de nouvelles bases à dans divers pays » porte l'auteur à croire que
la lutte socialiste à l'intérieur et à la recherche la transition au socialisme ressemblera plus au
d'une indépendance par rapport aux structures passage de l'Antiquité au féodalisme qu'à ce-
impérialistes. Voilà un objectif clair, à défaut lui du féodalisme au capitalisme (« décaden-
d'être original, mais complexe. L'auteur n'in- ce » plutôt que « révolution »). Il faut donc
dique pas comment y parvenir. être prudent face à l'internationalisme à ou-
trance, reviser les conceptions qu'on a eues du
D'une certaine façon, l'article suivant populisme et s'efforcer de mieux comprendre
(« Crise, socialisme et nationalisme », par la place de l'État dans le Tiers Monde.
S. Amin) reprend la même discussion que
Gunder-Frank mais tente d'être plus explicite On aura vu qu'il ne faut pas chercher
quant aux moyens à prendre pour arriver à dans ce livre une consistance qui présenterait
cette reformulation des structures mondiales. l'état du monde présent et futur d'une façon
Après avoir rappelé que la fascination écono- systématique et unitaire. Les auteurs ont
mique (le jeu de la loi de la valeur) ne doit pas d'ailleurs eu la bonne idée de résumer leurs
faire oublier que la forme concrète prise par divergences dans la conclusion. Après la pré-
l'expansion capitaliste dépendra de la combi- sentation faite ici, il est clair que de sérieux
naison des luttes des diverses classes en pré- problèmes restent sans solution. Certains sont
sence, Amin conclut: l'économie mondiale est historiques (le Japon et l'Europe faisaient-ils
certes un ensemble coordonné mais on ne doit ou non partie de la semi-périphérie au sortir de
pas sous-estimer l'accroissement des écarts la Deuxième Guerre mondiale?), d'autres mé-
entre Nord et Sud, ni la profondeur des thodologiques (qu'est-ce qu'une semi-péri-
conflits entre pôles centraux. En clair, cela phérie?), d'autres proprement théoriques (le
signifie que les États-Unis doivent maintenant débat entre Lénine et R. Luxemburg), d'au-
partager leur leadership avec le Japon et l'Al- tres, enfin, politiques (analyses du populisme,
lemagne. de l'intégration de l'URSS dans le capitalisme,
des dimensions géo-politiques des alliances
Mais cette évolution interne est constam- possibles, etc.). Ces essais ne donnent guère
ment dépendante de la Division Internationale le moyen de répondre à ces interrogations. Il
du Travail entre Nord et Sud. La contradiction n'en reste pas moins qu'à condition d'aimer
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l'économie politique, le niveau en général très situation qui ne cesse de s'aggraver dans plu-
accessible de ce livre en fait une lecture agréa- sieurs pays de la région. Il explique cet état de
ble et profitable. À conseiller à tous ceux qui choses en indiquant que la capacité de s'ali-
s'intéressent à la conjoncture économique menter dépend du pouvoir de chacun et ce
mondiale. pouvoir d'achat est très mal réparti, d'où la
persistance de la malnutrition dans certaines
Pierre-André TREMBLAY régions de l'Amérique latine. Il analyse ensui-
Département d'anthropologie te les liens entre disponibilités alimentaires et
Université Laval niveaux de revenus, la pauvreté et la malnutri-
tion, les conséquences sociales de la malnutri-
tion, la malnutrition et la dépendance extérieu-
GALANO, Ana-Maria; GÈZE, François et re. Sur ce dernier point, il montre comment au
GONZALES-BATLLE, Fanchita (Eds.) Fa-
cours de ces dix dernières années, en même
mines et pénuries : La faim dans le mon- temps que s'aggravait la malnutrition dans les
de et les idées reçues. Tricontinental, pays latino-américains, ceux-ci accroissaient
Nouvelle Série, 1982, Paris, Éditions leur dépendance à l'égard des apports exté-
François Maspéro, Coll. « Petite collec- rieurs pour satisfaire leurs besoins alimentaires
tion Maspéro », no. 273, 1982, 192 p. essentiels.
Quant à Jean Cabot, il évalue la situation
La première partie de cet ouvrage regrou- au Tchad en analysant le rôle respectif de
pe quatre articles de différents auteurs qui divers intervenants dans la famine de 1972-
présentent quelques aspects de la faim et de la 1973. Après avoir passé en revue les contrain-
sous-nutrition en Asie (Inde, Bengla Desh), en tes du milieu naturel, il affirme qu'il s'agit
Amérique latine et au Tchad en Afrique. d'un milieu rural où le paysan se contente
François Durand-Dastès aborde la ques- pour l'essentiel de s'adapter aux forces con-
tion de la famine et de sous-nutrition en Inde. traignantes de la nature. Il analyse ensuite les
Selon l'auteur, l'Inde est passée d'une situa- responsabilités coloniales et aussi l'imitation
tion de famines fréquentes et répétées à un état coloniale. En ce qui concerne les premières,
de sous-alimentation chronique. Dans le pre- l'introduction de cultures de rente, en l'occu-
mier cas, il s'agit d'une raréfication des pro- rence le coton, à la place des cultures vivrières
duits alimentaires disponibles pour une partie à entraîné une extension des défrichements
importante de la population; dans le second, dans un système d'agriculture à longues jachè-
on a affaire aux notions de quantité, de qualité res nécessaires à une bonne reconstruction des
et d'insuffisance. Il analyse successivement sols, ce qui a pour conséquences, entre autres,
les crises alimentaires en Inde de 1860 à 1981, la mise à nu des cuirasses ferrugineuses dans
les mécanismes des famines et les causes de sa certains secteurs perdus pour toute culture. En
raréfication. Sur ce dernier point, il affirme ce qui concerne les responsabilités des diri-
que « l'Inde indépendante a réussi, par la mise geants locaux, l'auteur estime que le gouver-
en oeuvre d'une politique réformiste, très sou- nement tchadien s'est agrippé aux structures
vent décriée, à assurer au pays quarante ans agricoles héritées de la période coloniale et
sans famine dans une conjoncture démogra- ainsi, le coton « colonial » est devenu le coton
phique ascendante » (p. 24). « national ».
Jacques Chonchol stigmatise quelques as- Les articles de la deuxième partie de cet
pects de la pauvreté et de la malnutrition en ouvrage ont d'une part, restitué la dimension
Amérique latine. L'auteur fait remarquer que historique du problème de la faim et de la
c'est l'une des régions du Tiers monde où la famine et montré les difficultés rencontrées
croissance économique a été la plus rapide pour les définir avec précision, et d'autre part,
pendant ces dernières années, mais que plus rendu compte de certains aspects des débats
de la moitié de sa population souffrait de suscités par les récentes campagnes contre la
malnutrition au début des années soixante-dix, faim.