Délai de prescription en assurance dommages
Délai de prescription en assurance dommages
2 édition, 2020
e
(Mise à jour :
Août 2023)
22 Introduction au droit de l’assurance – agent et courtier en assurance de dommages et expert en sinistre
EXEMPLE
La clôture d’Antoine a été endommagée par son voisin Karl. N’ayant
pas été complètement indemnisé par son assureur, Antoine aura trois
ans pour réclamer à son voisin la différence qu’il a dû payer. Si Antoine
n’entreprend pas de recours dans ce délai, il perdra son droit à
récupérer la somme qu’il a dû assumer.
Une personne peut également renoncer — mais pas à l’avance — à la prescription acquise
ou au bénéfice du temps écoulé (art. 2883 et 2898 C.c.Q.). La reconnaissance d’un droit a
également pour effet d’interrompre la prescription (art. 2898 C.c.Q.).
Le délai de déchéance
Parfois, la loi assujettit l’exercice d’un recours à une dénonciation préalable qui, si elle n’est
pas transmise dans le délai indiqué par la loi, fait échec à un recours, même si la
prescription n’est pas encore acquise. C’est notamment le cas en matière de poursuite en
dommages matériels contre une municipalité24.
24. La victime d’un préjudice matériel doit aviser la municipalité dans les 15 jours de la date de l’accident pour donner avis de
son intention d’intenter un recours. Il s’agit d’un délai de déchéance entraînant la perte du droit de poursuite en cas de
manquement (Loi sur les cités et villes, RLRQ, c. C-19, art. 585 ; Code municipal, RLRQ, c. C-27.1, art. 1112.1). Dans tous
les cas, la victime du préjudice matériel doit intenter son recours contre la municipalité dans les huit mois de l’accident ou
du jour où le droit d’action a pris naissance (Loi sur les cités et villes, RLRQ, c. C-19, art. 585 et 586 ; Code municipal,
RLRQ, c. C-27.1, art. 1112.1). Toutefois, cet avis ne trouve pas application en matière de dommages corporels : art. 2930
C.c.Q. et + Doré c. Verdun (Ville), [1997] 2 R.C.S. 862.
six
EXEMPLE
Dans une garderie, un enfant en blesse un autre accidentellement avec
des ciseaux. Il est alors présumé que l’éducateur a commis une faute
dans la garde, la surveillance et l’éducation de cet enfant mineur.
Cependant, l’éducateur pourra être exonéré en établissant qu’il n’a pas
commis de faute dans la surveillance de l’enfant en faisant la preuve
qu’il a pris les mesures nécessaires pour qu’un tel accident n’arrive pas
et qu’il a exercé une surveillance constante dans la garderie.
Toutefois, le second alinéa de l’article 1460 C.c.Q. assouplit cette règle à l’égard des
personnes qui gardent et surveillent un enfant gratuitement ou moyennant une
récompense. Dans ce cas, c’est la victime qui devra prouver que la personne qui garde et
surveille l’enfant a commis une faute. Il n’y a donc pas de présomption de faute à l’égard
de ces personnes.
EXEMPLE
Charline est appelée d’urgence au chevet de son conjoint malade. Elle
confie momentanément la garde de son fils à son amie Karah. À cette
occasion, celui-ci fracasse la vitre du camion du laitier. Pour que Karah
soit tenue de réparer les dommages causés au camion, le laitier devra
d’abord prouver le fait ou la faute de l’enfant, sa minorité et sa garde au
moment du fait dommageable. De plus, comme Karah agit
gratuitement, le laitier devra également prouver la faute de cette
dernière dans la garde et la surveillance de l’enfant. Il devra donc établir
que Karah a été négligente. Par contre, Charline sera présumée
responsable en sa qualité de parent.
fautive
2 500 $
10 000 $
réponse 5 000 $
7 500 $
➔ Justification
Si les deux conditions de l’article 2411 C.c.Q. sont réunies, le contrat d’assurance ne
pourra être annulé, et l’assureur devra indemniser l’assuré, le cas échéant, dans le rapport
de la prime perçue à celle qu’il aurait dû percevoir.
Prime perçue
Indemnité = × Montant de la perte
Prime à percevoir
400 $
5 000 $ = × 10 000 $
800 $
Chapitre 3 • Les dispositions particulières à l’assurance de dommages 171
Réponse 2
Sabine est couverte par une police d’assurance habitation valide du 10 septembre 2014
au 10 septembre 2015. Son montant d’assurance est de 100 000 $, et son contrat
comporte une franchise de 500 $ pour les risques liés au vol, au vandalisme et à l’incendie.
Or, à l’occasion du renouvellement de son contrat d’assurance, son assureur lui transmet
sa nouvelle police, laquelle comporte un changement quant au montant de la franchise ;
elle est désormais de 750 $. Ce changement est-il opposable à Sabine ?
réponse Non, parce que le changement n’a pas été communiqué dans un document distinct
indiquant les modifications apportées au contrat.
Non, car Sabine n’y a pas consenti par écrit.
Oui, puisque le changement n’est que l’augmentation de la franchise ne nécessitant
pas un consentement écrit de la part de Sabine.
➔ Justification
De manière à protéger le preneur, l’article 2405 C.c.Q. prévoit que les modifications
apportées par les parties au contrat d’assurance sont généralement constatées par un
avenant à la police.
Lorsque cette modification est constatée par avenant et qu’elle avantage l’assureur, elle
n’aura d’effet que si le preneur y consent par écrit.
172 Introduction au droit de l’assurance – agent et courtier en assurance de dommages et expert en sinistre
Réponse 3
À la suite d’un important incendie, la résidence de Béatrice est une perte totale. Au moment
de sa déclaration portant sur les circonstances du sinistre qu’elle s’empresse de rapporter,
Béatrice se conforme à son obligation d’aviser son assureur de la cause probable du
sinistre, de la nature et de l’étendue des dommages ainsi que de l’emplacement du bien
sinistré. Cependant, dans sa déclaration portant sur l’étendue des dommages, Béatrice
exagère volontairement sa réclamation en y incluant des biens dont elle n’a jamais été
propriétaire, tels un magnétoscope, un appareil photo et un ordinateur portable. Béatrice
aura-t-elle droit à une indemnité ?
L’assureur de Béatrice lui refusera toute indemnité puisqu’elle a fait une déclaration
mensongère.
réponse L’assureur de Béatrice l’indemnisera pour les dommages à sa résidence seulement.
L’assureur de Béatrice l’indemnisera pour les dommages à sa résidence et à ses biens
meubles.
L’assureur de Béatrice l’indemnisera pour les dommages à sa résidence et aux biens
meubles dont elle a pu faire la preuve qu’elle était propriétaire.
➔ Justification
À l’intérieur d’une même catégorie de risque, la sanction pour une déclaration mensongère
est réduite à la catégorie de biens à laquelle se rattache la déclaration mensongère.
Réponse 4
La résidence de Dina subit d’importants dommages par vandalisme. Ceux-ci sont évalués
à 120 000 $. Supposons que, sans fraude, Dina détient trois polices d’assurance habitation
couvrant les mêmes biens et les mêmes risques. Les montants d’assurance souscrits par
chaque assureur sont les suivants.
Quelle sera la contribution de chacun des assureurs si Dina fait le choix de réclamer la
totalité de son indemnité à l’assureur A ?
Assureur A = 40 000 $
Assureur B = 40 000 $
Assureur C = 40 000 $
Assureur A = 120 000 $
Assureur B = 0 $
Assureur C = 0 $
Assureur A = 80 000 $
Assureur B = 20 000 $
Assureur C = 20 000 $
Assureur A = 60 000 $
réponse Assureur B = 30 000 $
Assureur C = 30 000 $
➔ Justification
Montant d’assurance
Contribution de l’assureur = × Montant de la perte
Total des montants
d’assurance souscrits
200 000 $
Contribution de l’assureur A = × 120 000 $ = 60 000 $
400 000 $
100 000 $
Contribution de l’assureur B = × 120 000 $ = 30 000 $
400 000 $
100 000 $
Contribution de l’assureur C = × 120 000 $ = 30 000 $
400 000 $
➔ Justification
Réponse 2
N’étant pas satisfaite des services reçus à l’occasion du règlement de son sinistre, Zoé
désire porter plainte contre OMG Assurances, son assureur de dommages. À qui Zoé doit-
elle s’adresser ?
➔ Justification
La mission de l’Autorité est prévue dans l’article 4 de sa loi constitutive. Elle doit prêter
assistance aux consommateurs de produits et aux utilisateurs de services financiers en
assurant le traitement des plaintes reçues de ceux-ci et en leur donnant accès à des
services de règlement de différends. L’une des principales fonctions imparties à l’Autorité
en vertu de la LDPSF est de traiter les plaintes.
➔ Justification
Est un agent en assurance de dommages la personne physique qui offre directement au
public des produits d’assurance de dommages pour le compte d’un cabinet qui est un
assureur ou qui se trouve lié par contrat à un seul assureur. Il agit aussi comme conseiller
en assurance de dommages (art. 5 LDPSF).
244 Introduction au droit de l’assurance – agent et courtier en assurance de dommages et expert en sinistre
Réponse 2
Julien désire entreprendre une carrière de représentant en assurance de dommages. Pour
cela, il a rempli toutes les conditions nécessaires et possède maintenant son certificat. Il
s’apprête à ouvrir son bureau dans son sous-sol. Que doit-il faire de plus ?
Dans les 60 jours suivant sa période probatoire, demander à l’Autorité de lui émettre
un nouveau certificat.
Réponse Choisir un mode d’exercice.
Prouver à l’Autorité qu’il n’a jamais été condamné au Canada pour un acte criminel.
Déposer un cautionnement auprès de l’Autorité.
➔ Justification
Le seul fait de détenir un certificat de l’Autorité ne suffit pas pour exercer la profession de
représentant. En effet, pour pouvoir remplir ses fonctions, le représentant doit choisir un
mode d’exercice. Il doit donc faire le choix entre (art. 14 LDPSF) :
◼ agir pour le compte d’un cabinet ;
◼ être associé ou employé pour le compte d’une société autonome ;
◼ être inscrit comme représentant autonome.
Chapitre 5 • Les représentants : inscription, obligations et responsabilités, éthique et déontologie 245
Réponse 3
Un représentant décide de se lancer en affaires. Pour ce faire, il décide de publier une
brochure sur les services et les produits qu’il désire offrir à ses clients. Parmi les
renseignements ci-dessous, lesquels a-t-il le droit d’inclure dans sa brochure ?
i) Le nom du représentant
ii) Son statut de représentant d’expérience
iii) Une description des services offerts
iv) La reconnaissance par l’Autorité de ses services
v) Le titre d’agent en assurance de dommages ou de courtier en assurance de dommages
Choisissez :
a) Tous les renseignements peuvent apparaître dans la brochure.
Seuls les renseignements i), iii), iv) et v) peuvent apparaître dans la brochure.
Seuls les renseignements i) et v) peuvent apparaître dans la brochure.
Réponse Seuls les renseignements i), iii) et v) peuvent apparaître dans la brochure.
➔ Justification
Le représentant autonome doit, dans sa publicité, ses représentations ou sa sollicitation
auprès de la clientèle, utiliser son nom. À cela s’ajoute le titre sous lequel il exerce ses
activités. Le représentant autonome ou la société autonome ne peut laisser croire que les
actes qu’il accomplit dans l’exercice de ses activités sont approuvés ou reconnus par
l’Autorité. Une représentation écrite, par exemple une illustration de vente ou une brochure
publicitaire, doit décrire le produit ou le service offert sans mettre plus en évidence les
avantages que les inconvénients.
246 Introduction au droit de l’assurance – agent et courtier en assurance de dommages et expert en sinistre
Réponse 4
Le cabinet en assurance de dommages ABC doit se doter d’une politique relative au
traitement des plaintes et au règlement des différends. Parmi les mises en situation
suivantes, laquelle ne peut être considérée comme une plainte en vertu de la LDPSF ?
Réponse Félix, un employé ayant récemment pris sa retraite du cabinet, écrit à celui-ci pour
l’informer d’une erreur dans le calcul de son allocation de retraite. Félix exige le
paiement de 3 012 $, somme qui représente la différence entre ce qu’il a reçu et ce
qu’il aurait dû obtenir.
Jasmin, un client du cabinet, appelle pour se plaindre que son représentant lui a fait
souscrire une assurance de remplacement plutôt qu’une couverture valeur à neuf pour
son véhicule. Jasmin exige le remboursement de sa prime, sans frais, puisqu’on ne lui
a pas vendu le bon produit. L’employé du cabinet prend note de la plainte par écrit.
Jules, un client du cabinet, envoie un courriel à celui-ci pour se plaindre que son
représentant l’a forcé à souscrire une police d’assurance dont il n’avait pas besoin.
Jules demande un remboursement de la prime versée.
Franco, un client du cabinet, envoie une télécopie à celui-ci pour se plaindre des
menaces proférées par son représentant à son endroit. Il exige que le représentant ne
communique plus avec lui de quelque façon que ce soit, car les menaces l’ont ébranlé
à tel point qu’il a dû consulter un médecin.
➔ Justification
Une plainte constitue l’expression d’un des trois éléments suivants, qui subsiste après avoir
été considéré et traité par une personne compétente et responsable en la matière pour
rendre une décision :
◼ un reproche à l’endroit du cabinet, de la société autonome ou du représentant
autonome ;
◼ le signalement d’un préjudice potentiel ou réel qu’aurait subi ou que pourrait subir un
consommateur ;
◼ une demande de mesure corrective.
Chapitre 5 • Les représentants : inscription, obligations et responsabilités, éthique et déontologie 247
Réponse 5
Nicolas est représentant en assurance de dommages. Afin d’augmenter son chiffre
d’affaires, il use de plusieurs astuces. Parmi les énoncés suivants, lequel décrit une astuce
acceptable ?
➔ Justification
Le représentant autonome ne peut partager les commissions qu’avec un autre
représentant autonome, une société autonome, un cabinet, autre qu’une institution de
dépôts, ou un courtier ou une agence, les deux régis par la Loi sur le courtage immobilier
(art. 143 LDPSF).
Oui, car des billets de spectacle ne sont pas considérés comme une rémunération
représentant une valeur importante.
Non, il faudrait que la rémunération soit effectuée en argent afin qu’elle puisse être
inscrite dans un registre.
Oui, il est courant d’agir ainsi dans l’industrie de l’assurance.
Réponse Non, il n’est pas permis de rémunérer une personne pour obtenir ce genre
d’informations.
➔ Justification
En vertu de l’article 6 du Code de déontologie des représentants en assurance de
dommages, le représentant ne doit pas verser, offrir de verser ou s’engager à verser à une
personne qui n’est pas un représentant une rémunération, des émoluments ou tout autre
avantage, sauf dans les cas permis par la LDPSF.
Chapitre 6 • La déontologie du représentant en assurance de dommages 271
Réponse 2
Guylain, un client potentiel, contacte Julienne, courtière en assurance de dommages, afin
qu’elle procède à l’analyse de son dossier. Guylain est propriétaire d’un resto-bar et a de
la difficulté à trouver un assureur qui répond à ses besoins. Après avoir transmis plusieurs
propositions, Julienne finit par trouver un assureur qui accepte de couvrir le resto-bar de
Guylain. Julienne et son client discutent ensemble des protections offertes et du montant
de la prime. Guylain accepte alors le contrat. Une fois les procédures entamées pour
l’émission de la police d’assurance, Julienne transmet à Guylain sa police d’assurance et
une facture, laquelle comprend des honoraires de 500 $.
En recevant la facture de Julienne, Guylain est très surpris de constater que des honoraires
lui ont été facturés puisqu’il n’en a jamais été question entre eux.
Oui, car c’est une pratique courante chez les courtiers en assurance de dommages de
facturer des honoraires pour l’analyse de dossier.
Réponse Non ; au moment de la transaction, Julienne avait le devoir d’informer Guylain que des
frais additionnels seraient facturés, et celui-ci devait les avoir acceptés au même
moment.
Non, car Julienne devait informer Guylain, lors de la transmission de la facture, que
des honoraires avaient été facturés, honoraires qui n’étaient pas inclus dans la prime
de l’assureur.
Oui, si Julienne est en mesure d’expliquer et de justifier ces frais additionnels.
➔ Justification
En vertu de l’article 22 du Code de déontologie des représentants en assurance de
dommages, le représentant doit aviser son client de tous les frais qui ne sont pas inclus
dans le montant de la prime d’assurance. Cette information doit être mentionnée au client
et acceptée par celui-ci au moment de la transaction.
272 Introduction au droit de l’assurance – agent et courtier en assurance de dommages et expert en sinistre
Réponse 3
Avant de rencontrer un assuré, Hakim, un représentant en assurance de dommages, vérifie
toujours ses dossiers. En consultant celui de Pierre, il y remarque une réclamation déposée
le mois passé et qui n’est pas encore réglée. Au cours d’une conversation avec l’assuré, il
lui fait part de ses observations. Il sous-entend que l’expert en sinistre a fait preuve
d’incompétence et qu’il manque sûrement de jugement pour ne pas avoir encore déterminé
le montant de l’indemnité. Il conseille vivement à Pierre de demander à l’assureur de
remplacer l’expert à son dossier le plus tôt possible. Hakim a-t-il bien agi ?
➔ Justification
En vertu de l’article 31 du Code de déontologie des représentants en assurance de
dommages, le représentant ne doit pas dénigrer, dévaloriser ou discréditer un autre
représentant.
Chapitre 6 • La déontologie du représentant en assurance de dommages 273
Réponse 4
Yan est agent d’assurance, c’est-à-dire un représentant en assurance de dommages
employé d’un assureur. Il reçoit un avis de convocation de la Chambre de l’assurance de
dommages à la suite d’une plainte de Patricia, gestionnaire des avoirs de Gestab inc. l’un
de ses clients. Patricia a porté plainte au syndic, car elle juge que Yan ne lui a pas fourni
les protections adéquates pour les propriétés résidentielles de Gestab inc. ; elle est aussi
d’avis que les primes sont beaucoup trop élevées au regard des couvertures accordées.
Yan est toutefois en mesure de démontrer que toutes les couvertures sont adéquates et
que les primes conviennent par rapport aux protections accordées. Il contacte donc Patricia
et lui demande de retirer sa plainte. En contrepartie, il déduira un montant sur les primes
du prochain renouvellement.
Oui, parce qu’il a fait tout ce qu’il pouvait pour éviter que la situation dégénère encore
plus.
Oui, parce que sa proposition est à l’avantage de la plaignante.
Non, parce qu’en baissant le montant de la prime, il ouvre la porte à d’autres
contestations concernant les montants des primes antérieures.
Réponse Non, parce qu’il n’avait pas le droit, dans cette situation, d’intervenir auprès de la
plaignante en exerçant des pressions sur elle et en lui offrant des avantages en
contrepartie de l’abandon de la plainte.
➔ Justification
En vertu de l’article 36 du Code de déontologie des représentants en assurance de
dommages, le représentant ne doit pas intervenir auprès du plaignant ou de la personne
qui a demandé la tenue d’une enquête lorsqu’il est informé d’une enquête ou d’une plainte
le concernant, sauf dans l’exécution de son mandat, le cas échéant.
274 Introduction au droit de l’assurance – agent et courtier en assurance de dommages et expert en sinistre
Réponse 5
Tamika, une représentante employée d’un assureur, fréquente depuis quelques semaines
Justin, propriétaire d’une rutilante voiture sport et grand amateur de vitesse. Sa police
d’assurance automobile vient à échéance la semaine prochaine, et il demande à Tamika
de lui faire une proposition pour couvrir son véhicule. Elle consulte Nicole, au service de la
souscription, pour qu’elle établisse la prime.
Bien que Justin l’ait mise au courant du fait que son permis de conduire avait été révoqué
il y a deux ans à la suite d’une multitude d’excès de vitesse, Tamika se garde bien d’en
informer la souscriptrice, et elle ne mentionne pas non plus sa relation avec Justin. Elle
souhaite éviter des soucis à son amoureux (qui lui a assuré ne plus avoir commis d’excès
de vitesse depuis), tout en étant persuadée que l’information n’est pas pertinente pour son
employeur.
Le comportement de Tamika est conforme au Code puisqu’elle ne peut savoir que les
excès de vitesse sont encore nombreux, elle ne fréquente Justin que depuis peu.
➔ Justification
En vertu de l’article 10 du Code de déontologie des représentants en assurance de
dommages, le représentant doit éviter de se placer, directement ou indirectement, dans
une situation où il serait en conflit d’intérêts. De plus, selon l’article 29 du Code, « le
représentant en assurance de dommages doit donner à l’assureur les renseignements qu’il
est d’usage de lui fournir ».
a) Oui, car des billets pour des spectacles ne sont pas considérés comme une
rémunération représentant une valeur importante.
Non, il faudrait que la rémunération soit en argent afin de l’inscrire dans un registre.
Oui, il est commun d’agir ainsi dans l’industrie de l’assurance.
Réponse Non, il n’est pas permis de rémunérer une personne pour obtenir ce genre
d’informations.
➔ Justification
En vertu de l’article 6 du Code de déontologie des experts en sinistre, l’expert en sinistre
ne doit pas verser, offrir de verser ou s’engager à verser à une personne qui n’est pas un
représentant une rémunération, des émoluments ou tout autre avantage, sauf dans les cas
permis par la loi.
Chapitre 7 • La déontologie des experts en sinistre 303
Réponse 2
Un assureur mandate Guylaine, experte en sinistre indépendante, afin qu’elle enquête sur
un sinistre majeur. Guylaine propose une facturation selon un taux horaire, en expliquant
brièvement à l’assureur la répartition des coûts de ses services.
a) Oui, car c’est à l’assureur de bien clarifier l’entente de rémunération avant de l’approuver.
Non, car Guylaine avait le devoir d’informer l’assureur avant de facturer ces frais
additionnels.
Réponse Non, Guylaine devait informer promptement l’assureur que des frais additionnels
seraient facturés, et celui-ci devait les avoir acceptés au même moment.
Oui, si Guylaine est en mesure d’expliquer et de justifier ces frais additionnels.
➔ Justification
En vertu de l’article 41 du Code de déontologie des experts en sinistre, l’expert en sinistre
doit, s’il a conclu avec un mandant un contrat prévoyant une rémunération sur une base
horaire, fournir à ce mandant toutes les explications nécessaires à la compréhension de
son relevé de rémunération et des modalités de paiement.
304 Introduction au droit de l’assurance – agent et courtier en assurance de dommages et expert en sinistre
Réponse 3
Avant de rencontrer un assuré, Léon, expert en sinistre indépendant, vérifie toujours le
dossier qui lui est confié. En consultant le contrat d’assurance de Pierre, victime d’un
sinistre, il remarque certaines irrégularités. Au cours de son premier contact avec l’assuré,
il lui fait part de ses observations. Il sous-entend que son courtier en assurance de
dommages a fait preuve d’incompétence et qu’il manque sûrement de jugement pour lui
avoir fait souscrire un tel contrat. Léon ne se gêne pas pour dénigrer le travail du courtier
et conseille vivement à Pierre de changer de représentant le plus tôt possible.
➔ Justification
L’expert en sinistre se doit de mettre en lumière les lacunes dans le contrat, mais en vertu
de l’article 50 du Code de déontologie des experts en sinistre, il doit le faire sans dénigrer,
dévaloriser ou discréditer un autre représentant.
Chapitre 7 • La déontologie des experts en sinistre 305
Réponse 4
Marc est un expert en sinistre indépendant. Il reçoit un avis de convocation de la ChAD à
la suite d’une plainte déposée par Patricia, gestionnaire de l’un de ses clients assureurs.
Patricia a porté plainte au syndic, car elle juge que Marc lui a transmis une facture
d’honoraires beaucoup trop élevée.
Marc est toutefois en mesure de prouver que toutes les dépenses sont justifiées et que ses
honoraires correspondent aux services rendus. Il contacte donc Patricia et lui demande de
retirer sa plainte. En contrepartie, il déduira un montant de ses honoraires.
a) Oui, parce qu’il a fait tout ce qu’il pouvait pour éviter que la situation ne dégénère
encore plus.
Oui, parce que sa proposition est à l’avantage de la plaignante.
Non, parce qu’en baissant le montant de sa facture d’honoraires, il ouvre la porte à
d’autres contestations des montants de factures antérieures.
Réponse Non, parce qu’il n’avait pas le droit, à ce moment-là, d’intervenir auprès de la plaignante.
➔ Justification
En vertu de l’article 57 du Code de déontologie des experts en sinistre, l’expert en sinistre
ne doit pas intervenir auprès du plaignant ou de la personne qui a demandé la tenue d’une
enquête lorsqu’il est informé de celle-ci ou d’une plainte à son sujet, sauf dans l’exécution
de son mandat, le cas échéant.
306 Introduction au droit de l’assurance – agent et courtier en assurance de dommages et expert en sinistre
Réponse 5
Victor, expert en sinistre employé par un assureur, est chargé de régler la réclamation d’un
assuré à la suite du vol de son automobile. L’assuré explique qu’il avait ajouté au véhicule
des enjoliveurs achetés usagés d’un particulier et qu’il n’a pas de facture. Il produit
cependant une photographie prouvant la présence des enjoliveurs sur son véhicule, et le
vendeur confirme à Victor l’achat des enjoliveurs et leur prix.
Victor, désirant protéger les intérêts de son employeur, insiste néanmoins pour que l’assuré
produise une facture prouvant l’achat des enjoliveurs, sans quoi il refusera d’indemniser
l’assuré pour ces garnitures.
a) Oui, parce qu’il fait tout ce qu’il peut pour s’assurer de la légitimité de la réclamation.
Oui, parce qu’il ne doit protéger que les intérêts de son employeur, l’assureur ;
si l’assuré veut voir ses intérêts protégés, il n’a qu’à retenir les services d’un expert en
sinistre indépendant.
Réponse Non, puisque le témoignage de l’assuré, la production de la photographie et le
témoignage du vendeur peuvent constituer des preuves de possession suffisantes.
Non, puisque c’est à l’assureur de démontrer que l’assuré ne possédait
pas l’équipement faisant l’objet de la réclamation.
➔ Justification
En vertu de l’article 27 du Code de déontologie des experts en sinistre, l’expert en sinistre
doit agir honnêtement et équitablement en respectant les droits de chacune des parties. Il
doit donc appliquer les dispositions du contrat d’assurance en toute objectivité,
diligemment et efficacement. Il est abusif de la part de l’expert d’exiger de l’assuré, afin
qu’il soit indemnisé, qu’il présente une facture d’achat originale des enjoliveurs achetés
d’un particulier, alors que l’assuré a fourni une photographie démontrant clairement que le
véhicule en était muni et que le vendeur en a confirmé le prix d’achat. Les photographies
et les témoignages constituent des preuves de possession suffisantes, dans la mesure où
ils sont crédibles et ne peuvent être mis en doute.
Chapitre 7 • La déontologie des experts en sinistre 307
Réponse 6
Nadia, experte en sinistre qui travaille pour un assureur, fréquente depuis quelques
semaines Justin, propriétaire d’une rutilante voiture sport. Celle-ci est volée alors qu’elle
se trouvait stationnée tout près de l’immeuble où habite Justin. Josette, directrice des
sinistres, mandate sa collègue Nadia pour régler cette réclamation, sans connaître le lien
qui unit Nadia et l’assuré.
Or, le permis de conduire de Justin avait été révoqué pour une deuxième fois au cours des
trois dernières années pour cause de conduite en état d’ébriété.
Réponse Le comportement de Nadia n’est pas conforme puisqu’elle s’est placée en situation de
conflit d’intérêts et n’a pas dénoncé la situation à son employeur ; le comportement
de Josette est conforme puisqu’elle ne connaissait pas le lien qui unit Nadia et
l’assuré.
Le comportement de Nadia n’est pas conforme puisqu’elle s’est placée en situation de
conflit d’intérêts et n’a pas dénoncé la situation à son employeur ; le comportement
de Josette n’est pas conforme non plus puisqu’elle se doit de bien connaître les
experts en sinistre qui travaillent pour le service qu’elle dirige.
Le comportement de Nadia est conforme puisqu’elle a droit au respect de sa vie
privée ; le comportement de Josette est conforme puisqu’elle doit respecter la vie
privée des employés sous sa responsabilité.
➔ Justification
En vertu de l’article 9 du Code de déontologie des experts en sinistre, l’expert en sinistre
doit éviter de régler les réclamations d’amis ou de membres de la famille, car son jugement
à l’égard des parties pourrait en être défavorablement affecté. Dans ce cas, Nadia a
privilégié les intérêts de son nouvel ami de cœur au détriment de ceux de son employeur.
Puisque Josette ne connaissait pas le lien qui unit Nadia et l’assuré, aucun reproche ne
peut lui être adressé. Il en serait autrement si elle avait eu connaissance de ce fait et avait
décidé d’en faire fi.
308 Introduction au droit de l’assurance – agent et courtier en assurance de dommages et expert en sinistre
Réponse 7
La voiture usagée d’Éric est lourdement endommagée dans un accident de la route.
Dominic, l’expert en sinistre employé par l’assureur d’Éric, est responsable du dossier.
Voulant que l’assuré soit satisfait du délai de traitement de sa réclamation, il entre en
contact rapidement avec un débosseleur et l’autorise à effectuer les travaux de remise en
état du véhicule sans avoir préalablement obtenu une évaluation des dommages.
Finalement, le coût des réparations excède largement la valeur du véhicule et, par le fait
même, le montant d’assurance.
a) Non, Dominic a été négligent en ne s’assurant pas que le coût des travaux à être
Réponse
effectués ne dépasserait pas la valeur du véhicule.
Non, Dominic aurait dû convenir préalablement avec le débosseleur que l’excédent
du coût de réparation serait réclamé à l’assuré.
Oui, Dominic a veillé aux intérêts de l’assuré qui était très satisfait des courts délais
dans le traitement de sa réclamation et de pouvoir récupérer rapidement son véhicule.
Oui, car c’est le débosseleur qui aurait dû avertir Dominic que le coût des travaux
excéderait la valeur du véhicule.
➔ Justification
Dominic a exercé ses activités de façon négligente en ne s’assurant pas que le coût des
travaux à être effectués n’excéderait pas la valeur du véhicule et, par le fait même en
n’obtenant pas l’accord de son client avant de confier le mandat. Considérant l’état d’usure
du véhicule avant l’accident et la gravité des dommages subis, l’expert en sinistre aurait
dû savoir que les travaux allaient excéder considérablement le maximum de la couverture
de la police. Dominic contrevient ainsi aux articles 10 et 58, par. 1º du Code de déontologie
des experts en sinistre.
Chapitre 7 • La déontologie des experts en sinistre 309
Réponse 8
Marie, experte en sinistre indépendante, se voit confier son premier dossier de réclamation
douteuse. L’enquête préliminaire semble démontrer qu’Henri pourrait être impliqué dans
l’incendie de son propre véhicule. Henri conteste son implication et affirme qu’au moment
du sinistre, il se trouvait au restaurant avec Nicolas, un collègue de travail. Marie rencontre
Nicolas, qui dément l’affirmation d’Henri et soutient qu’il ne le fréquente pas en dehors des
heures de travail.
Marie se rend compte, quelques mois plus tard, qu’elle n’a pas rencontré le témoin
approprié et qu’Henri parlait plutôt d’un autre collègue portant le même prénom. Personne
d’autre que Marie n’est au courant de cette situation.
Réponse Elle doit informer son assureur de responsabilité professionnelle et son mandataire
afin qu’un complément d’enquête soit mené et que la décision de l’assureur soit
modifiée, au besoin.
Elle doit ignorer l’information tardive, la décision de l’assureur ayant dûment été
communiquée à l’assuré.
➔ Justification
En vertu de l’article 38 du Code de déontologie des experts en sinistre, l’expert en sinistre
ne peut éluder ou tenter d’éluder sa responsabilité professionnelle ou celle du cabinet ou
de la société autonome où il exerce ses activités. Marie doit donc faire face à sa
responsabilité potentielle et agir équitablement au bénéfice de l’assuré, qui a pu être lésé
par cette erreur.
EXEMPLE
Élias, qui circule sur le trottoir, est blessé lorsqu’une brique se détache d’un immeuble, propriété de
Norah. Élias pourra poursuivre Norah en vertu de l’article 1467 C.c.Q. et prouver la ruine de
l’immeuble de celle-ci. Élias aura également l’option de poursuivre Norah en tant que gardienne du
bien, au sens de l’article 1465 C.c.Q. ; dans ce dernier cas, il bénéficiera d’une présomption de faute.
Afin de s’exonérer de cette présomption, Norah devra prouver qu’elle n’a commis aucune faute.
EXEMPLE voisin
Le chien de Youri mord gravement Jasmin, un facteur, lorsque ce dernier se rend à son domicile. À
partir du moment où Jasmin établit qu’il a subi des dommages causés par le chien de Youri, celui-ci
sera automatiquement tenu responsable et devra indemniser Jasmin. Youri ne pourra pas
s’exonérer en prouvant qu’il n’a pas commis de faute.
De plus, il faut que cette personne acquitte les droits exigibles en vertu du
232
Règlement sur les droits, les cotisations et les frais exigibles .